‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 15Chapitre 599 sur 1042 · V. Padouan · texte numérisé non relu

V. Padouan

VAROUNA, dieu des eaux, dans la mythologie indienne, fils de Kasiapa ot d'Aditi. On

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Je regarde comme le bienfaiteur et le pnri- .jeateur dos hommes, l'irrigateur et le fertiïi^ateur des terres et des plantes, et le protecteur de la navigation. Il retient, dit-on, captSyes au fond des eaux les âmes des pécheurfc, qui ne doivent revenir sur la terre qu'apra? de longues épreuves et lavées da toutes levurs souillures. Autour de lui se groupent des\serpents et des crocodiles. On le peint en blanc ; il est porté sur un poisson et, dans saNjnain droite, il tient une corde. Cette corde \st terminée par un nœud, qui serre tout ce\ qu'il saisit. Le séjour de Varouna a 800\milles de circonférence et est l'ouvrage de. Viswacarma, l'architecte des dieux. Au milieu est un grand bassin d'eau limpide. Varouna et sa femme Varouni sont placés sur un teône de diamants.

VAROONI. femme du précédent, déesse dea eaux, dans la mythologie indienne.

VARPIÉ s. m. (var-pié). Agric. Plaque de fer qu'on place sur l'oreille de la charrue.

VARRE s. f. (va-re). Pêche. Sorte de harpon, dont on se sert en Amérique pour la pêche de la tortue.

VARRER v. a. ou tr. (va-,-é— rad. varre). Pêche. Harponner avec la varre : Varrer une tortue.

— v. u. ou intr. Pêcher à la varre. .

VARRETÉE s. f. (va-re-té). Pêche. Ganse servant à joindre deux filets.

VARREOR s. m. (va-reur — rad. narrer).

Pêcheur à la varre ; pêcheur qui jette la varre pour harponner les tortues.

VARRO, nom de divers personnages romains. V. Varron.

VARRON (Terentius Vakro), consul romain 1 qui vivait dans la seconde moitié du 1110 siècle av. J.-C. Il était fils d'un boucher et avait été boucher lui-même. Après avoir passé par diverses»magistratures, il se présenta pour le consulat, au moment où le peuple romain, lassé du système de temporisation de Fabius dans la guerre contre Annibal, accusait hautement les patriciens des désastres de la patrie et demandait à grands cris un consul plébéien. Varron fut, en effet, nommé, et on lui donna pour collègue le patricien Paul-Emile. Tous deux partirent avec de nouvelles levées et marchèrent contre Annibal. Varron remporta un premier avantage sur un parti de Carthaginois, ce qui, au rapport des historiens accoutumés a dénigrer systématiquement les élus da la plèbe, lui inspira une présomption sans bornes, Après divers mouvements,- les armées se trouvèrent en présence près de Cannes, en Apulie. Paul-Emile, disciple de Fabius, voulait qu'on se contentât de harceler Annibal, sans hasarder de bataille générale; mais Varron, suivant les recommandations du peuple et du sénat, suivant le vœu de l'armée, humiliée de sa longue inaction, insistait pour tenter une action décisive et finit par l'emporter. On sait le résultat de cette fameuse journée de Cannes, où plus de 50,000 Romains furent massacrés, dont 80 sénateurs, 21 tribuns légionnaires, le consul Paul-Emile, etc. Varron se retira à Venusia et parvint à rallier environ 10,000 fuyards. Lorsqu'il revint à Rome, abattu de confusion et de tristesse, le sénat et le peuple allèrent le recevoir aux portes de la ville et le remercièrent de n'avoir pas, dans une si grande calamité, désespéré du salut de la république et d'être revenu se mettre à la tète des affaires. Suivant quelques historiens, on lui offrit même la dictature; mais il la refusa, effaçant ainsi sa faute ou son malheur par su modestie, et il passa le reste de sa vie dans la douleur et la retraite.

VARRON (Marcus Terentius VARRo),polygraphe romain, né à Rome en 116, mort en 27 av. J.-C. Après avoir commencé ses études à Rome, sous la direction du grammairien jEliusStilo, il alla les continuer à Athènes, où il eut pour principal maître le philosophe académicien Antiochus d'Ascalon. II dut consacrer, un assez grand nombre d'années à acquérir la masse prodigieuse de connaissances qu'il étula plus tard dans ses ouvrages, car il se trouvait encore a Athènes lorsque Cicêron, qui était de dix ans plus jeune que lui, vint à son tour dans cette ville " pour y étudier sous les mêmes maîtres. Ce fut à cette époque que commença entre eux deux cette étroite amitié que la mort seule devait rompre. De retour a Rome.Varron suivit quelque temps lacarrière du barreau, fut associé aux publicains ou fermiers des revenus de la république et remplit quelques magistratures, telles que la questure etf'édilité. En 67,il futl'un des treize lieutenants de Pompée pendant la guerre contre les pirates, et il remporta une couronne rostrale. Pendant la guerre civile, il demeura fermement attaché au parti de Pompée, qui le choisit pour un de ses lieutenants en Espagne. Il eut sous ses ordres deux légions, avec le titre de gouverneur de l'Espagne Ultérieure. Ses collègues ayant été forcés de se rendre, Varron dut aussi aller faire à Cordoue sa soumission à César et se rendit alors à Dyrrachiura, auprès de Pompée, qui l'accueillit assez froidement. Pendant le séjour de César en Egypte, en l'an 47, Antoine pilla la villa de Varron à Casinum, et ce fut là que ce dernier perdit une grande partie de ses livres et même de ses propres écrits.

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Après la défaite de Pompée, Varron r< nonça k se mêler plus longtemps aux affaire publiques et revint en Italie, où il se réconcilia peu de temps après avec César. CeUffi-ci le chargea même de réunir des livres (grecs et latins pour plusieurs bibliothêques/mbliques qu'il se proposait de fonder. I^s trois années qui suivirent furent l'époqufe la plus paisible de la vie de Varron ; maiâ( après lu mort de César (44 av. J.-C), il fiât placé sur les listes de proscription des trjnimvirs, auxquels le signalaient ses graryfles richesses. Plus heureux que Cicéron, il raussit à échapper à la mort, mais une paofae de ses précieuses bibliothèques fut/ irrévocablement perdue. Après la bataille/a' Aetium, il revint se fixer à Rome, où il ysemble avoir été en grande estime auprès/ d'Auguste, qui lui confia la haute surveillance de la bibliothèque fondée par Asinïus Pollion. Il conserva jusqu'au dernier moment toute son activité, et, a en croire Pline, il écrivait encore dans sa quatre-vingt-huitième année. Il mourut nonagénaire ou mêsie centenaire, si l'on prend k la lettre l&s'mots de Valère-Maxime : SiBculi tempus sBqvavit.

Varron fut l'un des hommes les plus extraordinaires qui aient jamais vécu. Il fut incontestablement le plus érudit de tous les Romains; mais son érudition ne fut pas seulement une érudition de cabinet; il avait acquis, durant sa carrière publique, l'expérience pratique des hommes et des choses, et ce fut en prenant pour base les solides connaissances qu'il s'était ainsi procurées qu'il écrivit ses ouvrages, retiré dans ses paisibles villas, dont il avait fait autant de bibliothèques et de musées. L'un des derniers défenseurs des anciennes mœurs romaines, il avait étendu ses recherches à toutes les branches de la science : langue, religion, mœurs, droit, institutions politiques, etc. Aussi ses écrits ont-ils été la source principale à laquelle ont puisé, pendant la période impériale, les grammairiens, les historiens, les jurisconsultes et jusqu'aux Pères de l'Eglise. La fécondité de Varron fut vraiment extraordinaire ; le philologue allemand Ritschl, s'appuyant sur un catalogue de saint Jérôme qui nous a été conservé, calcule qu'il avait écrit 620 livres, formant 70 ouvrages diiférents. De ce nombre k peine croyable, il ne nous reste qu'un traité en trois livres, De re ruslica,vm des meilleurs traités d'agriculture que nous ait laissés l'antiquité (publié dans les Scriptores rei rustics de Schneider ; traduit en fiançais par Rousselet, dans la seconde collection Panckoucke, 1843); cinq livres du De lingua latina, traité de la langue latine, de ses etymologies, etc., publiés par H. Estienne (1569) et par Egger (Paris, 1837); des fragments de ses Satires Àfénippées, mélange de prose, de vers, de grec, de latin, imitées du cynique Ménippe et qu'ont imitées k leur tour les auteurs français de la Satire Méuippée; ils ont été publiés par CEhler sous ce titre : Satirarurn Mentppearum reliquis (Quedlimbourg, 1844,in-8°) ; et des fragments de son ouvrage le plus considérable, celui que l'antiquité appréciait le plus, Jierum humanarum et divinarum antiquilates, vaste répertoire de toutes les connaissances de son temps, concernant l'ethnologie, la géographie, la chronologie, les gouvernements et les institutions, les religions et la philosophie. Cet ouvrage renfermait toute l'histoire de la civilisation antique. Il en existait encore un manuscrit au xiv" siècle, et Pétrarque raconte l'avoir eu entre les mains. C'était probablement le seul, et il aura disparu. Un ouvrage dont la perte est aussi regrettable est le Livre des images ou Bebdomades, dans lequel Varron avait réuni, en cent un livres, les biographies de tous les hommes célèbres do 1 antiquité; en tête de chacune figurait une efiigie dessinée d'après les statues ou les médailles.

VARRON (PubliusTerentius Varbo Atacinus), poète latin, né en Gaule, à Narbonne, d'une famille romaine, vers 82 av. J.-C, mort l'an 37 de la même ère. Il s'exerça avec succès dans la poésie didactique et dans la poésie épique, publia des imitations des postes grecs, un poème, De Bello Sequanico (sur la guerre de César contre les Séquaniens), et s'essuya même dans la satire. Mais il ne reste de lui que quelques fragments, réunis dans les Paetss latini minores de Werndorff. •

VABBONIE s. f. (va-ro-nl — de Varron, agronome latin). Bot. Genre d'arbres, de la famille des cordiacées.

VARRONIEN, 1ENNE adj. (va-ro-niain, iè-ne). Philol. Qui appartient à Varron. Il Comédies varroniennes, Comédies de Plaute recueillies par Varron.

VARROY (Henri-Auguste) , ingénieur et homme politique français, né k Vittel (Vosges) en 1826. Admis, a dix-huit ans, à l'Ecole polytechnique, il en sortit le premier en 1846, entra k l'Ecole des ponts et chaussées, qu'il quitta également le premier de la promotion en 1849. M. Varroy, nommé ingénieur en Alsace, tut attaché aux travaux de régularisation du Rhin jusqu'en 1860. De 1860 k 1863, il construisit le chemin de fer de Lunéville à Saint-Dié, puis prit part à la création du réseau des chemins de fer d'intérêt local dans l'Est. Il remplissait à Nancy les fonctions d'ingénieur en chef des ponts et chaussées depuis lo mois de mars 1870 lors-

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que, le 8 février 1S71, les électeurs de la Meurthe l'envoyèrent siéger, par 64,357 voix, à l'Assemblée nationale. Bien connu pour ses opiuions républicaines, M. Varroy siégea à gauche et appuya constamment la politique propre k fonder définitivement la république. A diverses reprises.il prit la parole, notamment sur le conseil supérieur dé l'enseignement public, sur l'impôt du sel, sur les chemins de fer de l'Est, sur la prorogation des fouvoirs du président de la République, sur admission à titre définitif des princes d'Orléans dans l'armée, sur les grandes et les petites compagnies de chemins de fer, etc. Il a voté contre les préliminaires de paix, pour la loi municipale et la loi départementale, contre l'abrogation des lois d'exil et la validation de l'élection des princes d'Orléans, pour la proposition Rivet, contre le pouvoir constituant de l'Assemblée, contre la pétition des évoques, pour la proposition Feray, contre la dissolution des gardes nationales, pour le retour de l'Assemblée à Paris; lors de la lutte entre la majorité et M. Thiers, il se prononça pour ce dernier (24 mai 1873), proposa un amendement à la proposition de prorogation des pouvoirs du maréchal Mac- Mahon et vota contre le septennat (19 novembre 1873). Constamment opposé au gouvernement de combat, il contribua à la chute de M. de Broglie (16 mai 1874), vota en juillet suivant les propositions Périer et Maleville demandant l'organisation des pouvoirs publics et la dissolution de l'Assemblée. Enfin, en 1875, il vota la constitution républicaine du 25 février, contre la loi sur 1 enseignement supérieur, etc. Le 30 janvier 1876, M. Varroy a été nommé sénateur dans le département de Meurthe-et-Moselle. Il est depuis le 8 octobre 1870 conseiller général de ce département. Or. a de lui quelques brochures sur des ehemins de fer d'intérêt local.

VARSI, bourg du royaume d'Italie, province et district de Panne, mandement de Fornovo-di-Taro ; 3,300 hab.

VARSOVIE, en polonais Warszawa (Varchava), en allemand Warschau, ville de la Russie d'Europe, capitale jusqu'en 1867 de l'ancien royaume de Pologne et du gouvernement de son nom, jadis de toute la Pologne, située presque en totalité sur la rive gauche et en partie (quartier de Praga) sur la rive droite de la Vistule, à 1,123 kilom. de Saint- Pétersbourg et à 2,093 kilom. N.-E. de Paris par chemin de fer, par 52°13'5" de latit. N. et 18°4l'45" de longit. E. La population, qui était de 70,000 hab. en 1870, s'éleva, en 1875, à 285,823 hab. et, avec la garnison russe, à 302,475. Siège des autorités civiles et militaires du gouvernement de son nom; archevêché gréco-russe ; archevêché catholique; consistoires protestants ; grand rabbin ; tribunaux civils, criminels et commerciaux; préfecture de police ; consulats d'Angleterre, d'Autriche, do Belgique, de France, d'Allemagne, des Etats-Unis et de Suisse. Varsovie (y compris Praga) est divisée en 13 arrondissements et 100 rewirs.

— Situation et aspect général. La ville proprement dite est située sur la rive gauche de la Vistule. Sur la rive droite se trouve le quartier du faubourg de Praga, célèbre par le massacre qui y eut lieu en 1794. La ville proprement dite est reliée à Praga par un magnifique pont en fer, terminé en 1864 et jeté sur la Vistule, qui est très-large en cet endroit. Varsovie a une largeur moyenne de 4 kilom. sur 8 kilom. de longueur et 21 kilom.de circonférence. « C'est sur la rive droite de la Vistule qu'il faut se placer, dit M. Rambaud, pour contempler le splendide panorama de Varsovie, les innombrables clochers d'églises et de couvents, la majestueuse coupole de l'église luthérienne, les tourelles de la cathédrale de Saint-Jean, la masse imposante du château royal, dont les terrasses s'avancent jusque sur le grand fleuve; la citadelle Alexandre avec sa tête de pont sur la rive droite, les cheminées d'usines qui se profilent sur l'horizon parmi les flèches d'églises latines et les coupoles arrondies des églises grecques; les massifs d'arbres des jardins de Saxe et de Lazienski, tout ce qui peut témoigner, dans une ville de 300,000 habitants, qu'elle a été la capitale d'un des plus puissants royaumes de la chrétienté et qu'elle est encore la troisième ville de l'empire russe. »

Il y a peu de villes dont l'aspect soit plus pittoresque et le séjour plus agréable; aussi quelques-uns l'ont-ils appelée » un petit Paris. » . Le caractère vif et léger de la population explique l'animation extrême que présentent les rues; les magasins, les brillants équipages, les toilettes élégantes des femmes rappellent Paris. Les Varsoviennes sont renommées pour leur beauté.

— Edifices religieux. La plus remarquable des églises de Varsovie est la cathédrale de Saint-Jean. • Elle est de construction fort originale, dit M. Rambaud ; la façade s'élève haute et étroite comme une tour, couronnée à son sommet de cinq tourelles dentelées; en avant, un porche et des chapelles; k droite et à gauche, les contre-forts indispensables à toute cathédrale gothique ; mais ce n'est pas tout : cette église, qui semblé une élégante forteresse, se relie étroitement sur sa gauche à une énorme construction massive, carrée, à trois étages, au front de laquelle court une balustrade qui s'appuie aux an-

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gles sur de petites tours trapues; à l'intérieur, une chaire aux fines sculptures, une voûte soutenue par d'élégants arceaux; malheureusement, toute cette splendeur artistique du xme siècle, toutes ces ogives, toutes ces nervures ont été recouvertes uniformément, vers 1840, d'un épais badigeon de couleur grise. » Le tableau du maître-autel, dû à J. Palina jeune, porte le titre de Protection de la sainte Vierge et contient trois sujets différents : lo la sainte Vierge entourée d'anges; 2° saint Jean-Baptiste; 3° la résurrection de Piotrowin par l'évêque saint Stanislas. La cathédrale de Saint-Jean renferme lemonument funéraire du comte Malachowski, par Thorwaldsen ; trois tombeaux en marbre, exécutés par F. -M. Laboureur, et un grand nombre de statues.

Parmi les autres églises de Varsovie, nous citerons : l'église russe de la Trinité (ancienne église des piaristes, transformée en 1835), dans le style de la Renaissance ; l'église luthérienne, de la seconde moitié du xvnie siècle, un des plus beaux monuments de Varsovie ; l'église russe de Saint-Alexandre-NeWSki, construite en 1846 ; l'église catholique de Saint-Alexandre; l'église Sainte- Croix, construite en 1682-1696, qui passe pour la plus belle après la cathédrale; l'église Saint-Marc, dans laquelle se trouvent des peintures de Smuglewicz ; enfin, l'église de la Transfiguration (ancienne église des Capucins), qui contient des tableaux deCzechowiez et un sarcophage renfermant le cœur du roi Jean Sobieski.

— Monuments. Le château royal, situé au nord de la ville sur une hauteur, a été construit par Sigismond III, agrandi pnr Auguste II et terminé par Stanislas-Auguste ; il a été dépouillé par les Russes, après l'insurrection de 1830, des richesses artistiques et

. littéraires qu'il contenait et qui furent transportées à Saint-Pétersbourg. Les autres principaux palais de Varsovie sont : l'ancien palais Radziwill ; l'ancien palais Krasinski, bâti dans le style italien, aujourd'hui palais du sénat; l'ancien palais Bruhl, aujourd'hui résidence du gouvernement de Varsovie; l'ancien palais des primats, aujourd'hui occupé par le commissariat militaire russe ; le palais des quatre anciens ministères ; la bourse, le bureau de la douane ; la monnaie, l'arsenal, la banque, la poste; le grand théâtre, pouvant contenir 2,500 spectateurs ; les grandes casernes, l'école militaire, le palais de l'artillerie, le palais de l'archevêché, l'hôpital militaire, le palais de justice, la trésorerie, l'ancien palais de l'université, le palais de l'ancienne Société philomathique et divers palais particuliers, entre autres les palais Potocki, Zamoyski, Tarnowski, Pac, Raczynski, Sapieha, Branicki, etc.

En avant du château royal s'élève une colonne de marbre blanc d'un seul bloc, qui est haute de 29 pieds; le piédestal en a 15, et au sommet apparaît la statue de Sigismond III, coulée en bronze et dorée; elle a elle-même il pieds d'élévation. La statue de Copernic, due à Thorwaldsen, se trouve k côté de l'église de Sainte-Croix. Citons encore la statue de Paskevitch,qui est en quelque sorte une insulte permanente aux vaincus.

La citadelle, située dans l'intérieur de la ville, est disposée de manière à pouvoir bombarder Varsovie en cas d'insurrection. Elle serait impuissante à la protéger contre un

' siège.

Aux portes de la ville se trouvent les palais du Belvédère et de Lazienski et l'Observatoire; plus loin, à 8 kilom. environ de Varsovie, le palais de Willanow.

— Places, rues. Varsovie possède 12 places et 233 rues; les portes de la ville sont au nombre de 10. Les principales places sont celles de Saxe, de Staremirsto (vieille ville), de la Bourse, de Marywil, du Théâtre, la place Krasinski et la place Sigismond. Le champ de Mars de Varsovie est trèsgrand ; 100,000 hommes, dit-on, pourraient y camper k leur aise.

— Jardins, promenades, environs de 'Varsovie. Varsovie renferme beaucoup de promenades, de lieux de réunion publics. Le jardin de Saxe est plus vaste et plus beau que celui des Tuileries à Paris. Le jardin Krasinski es^moins grand et moins élégant. Plusieurs squares ont été créés dans ces dernières années. L'avenue du Belvédère, située aux portes de la ville et longue de 2 kilom., est bordée dans toute sa longueur de trois rangs de marronniers et conduit à Lazienski, bois charmant avec un lac, au.milieu duquel s'élève un palais; c'est l'Isola bella en miniature. On y remarque une statue équestre de Jean Sobieski, des divinités païennes, un amphithéâtre avec les statues des sages de la Grèce, et les casernes d'où sortit la révolution de 1830. Vers l'ouest, on trouve sur une montagne accidentée le jardin botanique, avec un édifice dont le rezde-chaussée est destiné aux serres chaudes et dont le sommet sert d'observatoire. De lk on arrive au Belvédère, palais moderne, avec un jardin anglais, des kiosques, des minarets et des pièces d'eau. On passe la barrière et, à quelques pas de là, on trouve le Mokotow (mon coteau), maison de plaisance, avec jardin anglais; puis la Krolikarnia (garenne), jolie campagne avec un château d'architec-

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tnre moderne, contenant une galerie de tableaux.

Le château de Willanow (ville neuve), à environ 8 kilom. de Varsovie, a été construit sous Jean III Sobieski. Il contient une galerie de tableaux et une bibliothèque et est situé dans un parc orné de chênes remarquables par leur grosseur.

Dans une autre direction se trouvent la villa Marymont, avec palais, beaux étangs, institut agronomique, et le bois de Bielany, qui sert, le lendemain de la Pentecôte , de but à une promenade traditionnelle des Varsoviens et qui a quelque analogie avec notre Longchamp.

— Instruction. L'université, supprimée eu 1830, a été rétablie en 1861 sous le nom d'Ecole principale; en 1869, elle a été mise sur le pied des universités russes, c'est-à-dire qu'on en a proscrit, comme dans tous les autres établissements d'instruction, la langue nationale, et les études doivent s'y faire dans la langue officielle, La nouvelle université, au commencement de l'année scolaire 1873- 1874, comptait, outre 197 auditeurs libres, 667 étudiants. Parmi les autres établissements d'instruction publique et privée, nous citerons: l'institut de filles Alexandre-Marie, 7 gymnases de garçons, 4 gymnases de filles, 2 progyninases de garçons, l'école municipale dite des trois classes, 1 progymnase de filles a trois .classes, l séminaire d'instituteurs, 32 écoles de garçons, 89 écoles de filles, 5 écoles pour les deux sexes, l école vétérinaire, 1 école de dessin, 1 institut de sourds-muets et d'aveugles, 1 école de commerce et 12 écoles professionnelles. En 1874, il y avait en tout k Varsovie 172 établissements d'instruction, fréquentés par 20,770 élèves (13,7 par 100 hab.), dont 13,374 garçons et 7,396 filles.

— Etablissements et sociétés littéraires, scientifiques, artistiques, commerciaux et de bienfaisance. Après l'insurrection de 1830, le gouvernement russe frappa k coups redoublés sur les établissements consacrés aux lettres, aux sciences et aux arts. La bibliothèque de la société des Amis des sciences fut transportée k Saint-Pétersbourg. La bibliothèque publique, fondée en 1815, spoliée également en 1830, renfermait 150,000 volumes et des cabinets de minéralogie, de numismatique , d'histoire naturelle , avec 2,000 plantes exotiques, recueillies dans le jardin botanique. Au commencement de 1875, la nouvelle bibliothèque de 'l'université impériale de Varsovie possédait 90,833 ouvrages. On y trouve des cabinets de physique, de chimie, de physiologie, de pathologie, de chirurgie, etc. Varsovie possède, en outre, un cabinet de botanique, un cabinefde zoologie, enfin un observatoire astronomique.

Parmi les musées de Varsovie, nous citerons le musée des beaux-arts, la galerie des comtes Ossolinski et les collections d'art que renferme le palais Potocki. Des expositions artistiques ont lieu chaque année.

Varsovie possède une bourse, un hôtel des monnaies, la banque de Pologne et une société de crédit foncier. Elle est le siège d'un grand nombre de sociétés financières et industrielles.

On compte à Varsovie 8 hôpitaux publics et 16 hôpitaux privés. Les sociétés et établissements de bienfaisance sont extrêmement nombreux. La plus importante des sociétés de bienfaisance, la Société de bienfaisance de Varsovie, a fondé 19 asiles.

— Communications. Une ligne de chemin de fer relie Varsovie k Saint-Pétersbourg, une autre à Bromberg et k Berlin, une troisième par Terespol et Brzesc-Litewski k Moscou, Kiev et Odessa; enfin, une quatrième à Vienne, avec bifurcation sur Cracovie. Leinberg, Jassy et Bucharest. Des bateaux k vapeur font le trajet' de Varsovie à Plock; ils ont transporté 12,386 voyageurs en 1874.

— Industrie, commerce. Eh 1874, Varsovie possédait 267 fabriques et établissements industriels ; leur produit était de 16,647,000 roubles et ils employaient 9,983 ouvriers. On y trouve des fabriques de tabac, d'huile; des distilleries, des brasseries, des moulins à vapeur, des fabriques de machines k vapeur et autres, de produits chimiques, de savon, de pianos, des tanneries, etc. La laine est un des principaux articles du commerce de Varsovie, qui est considérable. La principale foire de la ville est la foire aux laines, qui a lieu en juin. Les principaux débouchés sont la Prusse et l'Autriche.

— Histoire. Suivant les uns, le mot de Varsovie (Varchava) ne serait autre chose qu'une variante du mot verc/iova, varsa, varckera, uarsevia, etc., appliqué dans les pays slaves k beaucoup de localités et qui signifie lieu élevé. D'autres croient que ce nom a été donné à la ville parce qu'elle aurait été fondée par des priuces tchèques de la famille des Verchovtsys; mais la première étymologie est la plus généralement acceptée. C'est en 1224 qu'il est pour la première fois fait mention de Varsovie dans les chroniques polonaises. En 1339, cette ville, déjà entourée de murailles, avait un grand nombre de maisons, une place, des marchés, deux églises, une école, etc. Bile prit plus d'importance sous Casimir, qui y établit sa résidence et appela ses États duché de Varsovie. En 1379, Varsovie devint la capitale d'un des

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Etats entre lesquels fut partagée la Pologne. La ville fut ravagée par des incendies en 1378 et en 1431. Le duché de Mazovie ou de Varsovie, dont elle était la capitale, ayant été réuni au reste de la Pologne en 1526, Varsovie devint un simple chef-lieu de province. En 1569, elle fut érigée en capitale du royaume. L'établissement de la cour, des administrations et d'une foule de grands seifneiirs à Varsovie donna un élan remarquable l'accroissement de la ville, Au xvii» siècle, on voit Praga, jusque-là simple village, devenir une petite ville et son commerce faire concurrence à celui de Varsovie. Pendant les guerres de la Pologne contre la Suède, Varsovie tomba deux fois au pouvoir des Suédois (1655, 1656}, qui démantelèrent ses fortifications , brûlèrent ses faubourgs et y firent de grands ravages. La peste de 1708- 1710 mit le comble aux malheurs de Varsovie. La ville fut dépeuplée ; un grand nombre de maisons et de palais restèrent sans habitants, et l'herbe poussa dans les rues. Sous Auguste II, la ville se releva un peu; ce prince, ainsi que ses successeurs, Auguste III et Stanislas-Auguste, l'ornèrent de nombreux monuments. Ce tut à Varsovie que fut conclu, en 1705, le traité entre Charles XII et Stanislas Leczinsky. Après la mort d'Auguste III, les Russes occupèrent Varsovie (1764) et firent nommer roi Stanislas- Auguste. Ils en furent expulsés en 1794 par les habitants insurgés. Varsovie fut alors assiégée par les Prussiens (12 juin-6 sept.) qui ne purent s'en emparer, puis par les Russes, com- 'mandés par Souvarow, qui prirent la ville (23 novembre) et firent un horrible massacre des habitants de Praga. Lors du troisième

Îiartage de la Pologne, Varsovie échut à a Prusse. A la suite de la bataille d'Iéna (1806), elle fut occupée par les troupes françaises et polonaises, et en 1807, par le traité de Tilsitt, elle devint la capitale d'un nouvel Etat appelé duché de Varsovie. En 1813, Varsovie tut envahie par les Russes. Les traités de 1815 en firent la capitale du nouveau royaume de Pologne. Pendant quinze années, Varsovie jouit d'une paix profonde et répara ses ruines. Le 29 novembre 1830, elle se souleva contre les Russes; mais ce fut pour retomber sous leur joug lo 8 septembre 1831. Sous Catherine 1!, les bibliothèques et les musées avaient été saccagés et leur contenu transporté à Saint-Pétersbourg. Nicolas 1er reprit en 1832 ces procédés barbares. Non-seulement les bibliothèques et les musées de Varsovie furent la proie de l'avidité russe, mais encore l'université, les écoles supérieures et divers établissements scientifiques et littéraires furent fermés et les sociétés savantes dissoutes. En 1850 (15 septembre) eurent lieu à Varsovie des conférences entre l'Autriche, la Russie et la Prusse, relativement aux affaires d'Allemagne. En 1860 eut lieu une entrevue des souverains de ces trois Etats. L'année suivante, Varsovie fut le théâtre d'agitations politiques et de massacres. Depuis 1867, le siège de la plupart des administrations du royaume de Pologne a été transporté de Varsovie à Saint-Pétersbourg; mais la ville n'en a pas moins continué à croître en importance et en richesse. Dans les dix dernières années surtout, d'importants travaux d'édilité l'ont transformée.

Varsovie a été le théâtre de nombreuses diètes. Plusieurs conciles ont été tenus dans cette ville, notamment le concile provincial de 1561, sous Jean Przerembski; celui de 1634 , sous Jean Wezyk , archevêque de Gnesen, dans lequel on condamna, avec l'approbation du saint-siége, une traduction polonaise de la Bible; enfin, le plus important de tous, celui de 1643, que présida Mathias Lubienski, archevêque de Gnesen ; on y prépara les matières de discipline qui devaient être soumises, deux ans plus tard, aux conférences de Thorn. Georges Tyszkiewicz, évêque de Samogitie, fut chargé par le concile d'aller à ces conférences représenter les catholiques et de défendre leurs intérêts communs.

Yaraovle (sièges de). Deux siégea surtout, soutenus par l'héroïque et malheureuse ville de Varsovie, ont leur place marquée dans l'histoire sanglante de la Pologne.

I. Lorsque la Prusse, l'Autriche et la Russie eurent résolu le partage de la Pologne, chacune de ces puissances se mit en mesure d'appuyer par la force des armes l'esprit de brigandage qu'elle essayait en vain de dissimuler sous des dehors hypocrites .Tandis que 15,000 Autrichiens se concentraient sur la frontière de la Galicie, Frédéric-Guillaume, roi de Prusse, allait mettre le siège devant Varsovie (14 juillet 1794). Pendant près de deux, mois, ce prince multiplia en vain les attaques contre les intrépides Varsoviens ; bientôt des insurrections du côté de la Prusse et les mouvements des confédérés lithuaniens l'obligèrent à lever le siège (6 septembre). Les Polonais n'eurent pas longtemps à se réjouir de ce succès. Catherine II, démasquant hautement ses projets, lit entrer ses troupes en ligne, et deux armées, commandées l'une par le sauvage Souvaroff, l'autre par le comte de Fersen, envahirent la Pologne. A cette terrible nouvelle, Kosciusko, l'immortel héros populaire, se porta à la rencontre des Russes; malheureusement il n'avait à leur opposer que 7,000 hommes et Î2 pièces d'ac-

VARS

tillerie. Le mouvement de Fersen, cherchant & opérer sa jonction avec Souvarotf, affaiblit encore les forces polonaises en les forçant à une division. Kosciusko, laissant 3,000 hommes et 10 canons au général Poninski pour observer Souvaroff, vola avec le reste de ses troupes au-devant de Fersen, qui avait 17,000 hommes sous ses ordres et 90 pièces d'artillerie. Kosciusko reconnut aussitôt le péril de sa position et envoya à Poninski l'ordre de le rejoindre en toute hâte ; mais il était trop tard. Le 10 octobre, à Maciejovice, date et nom néfastes pour la Pologne, les Russes commencèrent l'attaque au point du jour. Les Polonais occupaient une hauteur qui dominait le camp russe. Siérakowski commandait le centre, Kuminski l'aile droite et Kniazié-wicz l'aile gauche. Quant à Kosciusko, il était partout, communiquant a, tous la flamme ardente de son héroïsme et de son courage, le désir de vaincre et le mépris de la mort.' Deux fois, les Russes s'élancent à la prise de la redoute où se sont retranchés les Polonais; ils font entendre des hourras sauvages et engagent une lutte effroyable; mais, deux fois repoussés, ils battent en retraite, laissant des monceaux de cadavres sur leurs pas. Alors Fersen, déployant lui-même une valeur intrépide, les rallie et les ramène à lfattaque en colonnes serrées. Le combat se ranime alors, non plus à coups de canon, non plus à coups de fusil, mais à la baïonnette. On s'aborde avec furie, on se prend corps à corps; Eusses et Polonais s'étreignent avec rage, roulent ensemble dans le sang et ne lâchent prise qu'avec la mort; chaque pouce de terrain est vingt fois pris et repris dans cette lutte furieuse, et cependant les Polonais, malgré l'écrasante supériorité de leurs ennemis, ne désespèrent pas de la victoire tant que le regard enflammé de Kosciusko planera au-dessus d'eux. C'est alors qu'un coup de lance fait jaillir le sang de l'héroïque défenseur de la Pologne; déjà un cri de détresse court de rang en rang, les courages vont faiblir. Mais Kosciusko n est pas tumbé ; étouffant ses souffrances, il se précipite impétueusement vers la cavalerie qui commence à faiblir et rallie ses escadrons en désordre. Alors la fureur des combattants redouble; les Russes, écrasant les Polonais sous le nombre, massacrent sans pitié les nobles défenseurs de la patrie. Néanmoins, leur victoire ne fut complète que lorsque Kosciusko fut tombé entre leurs mains. Renversé de son cheval qui s'était cabré, et atteint d'uu'coup de sabre à la tête, l'héroïque général, privé de connaissance, fut entouré et pris par les Cosaques. Il ne put donc pas crier, comme l'ont prétendu les historiens russes dans un but facile à deviner : Finis Poloniœ! Pour la suite du récit de ces événements, v. Praga. II. La révolution française de 1830 eut son contre-coup en Pologne; le 29 novembre suivant, une conspiration formidable éclata à Varsovie. Le préfet de police et un général russe furent assassinés, et le grand-duc Constantin n'échappa lui-même à la mort qu'en se réfugiant, à la faveur d'un escalier dérobé, dans les appartements de la princesse sa femme, que les- conjurés eurent la délicatesse inopportune de ne pas visiter. Le mouvement révolutionnaire ne tarda pas à se communiquer à toute la Pologne, et laguerre dura, avec des vicissitudes diverses, pendant presque toute l'année suivante. Les années russes inondaient la Pologne, et Varsovie, le foyer de la révolution, s'attendait à les voir promptement apparaître devant ses murs. En effet, le feld-maréchalPaskévitch vint assiéger Varsovie au mois d'août 1831 ; il avait avec lui des forces formidables : 118,000 combattants et 400 pièces d'artillerie. Les Polonais ne comptaient pas plus de 20,000 hommes de troupes régulières dans l'enceinte delà ville. Le 4 septembre, Paskévitch lit offrir aux habitants, en retour de leur prompte soumission, l'oubli du passé et des assurances pour l'avenir; ses propositions furent rejetées, et les Russes en appelèrent à la force des urines. Le 6 septembre, à cinq heures du matin, ils ouvrirent un feu terrible sur toute la ligne, afin de forcer les troupes polonaises à se diviser; toutefois, ils dirigèrent leur principale attaque contre le fort de Wola, établi aux portes de Varsovie et qui était défendu par le général Sowinski, ayant sous ses ordres Pierre Wysocki, le premier auteur de la révolution. Ce point n'était défendu que par 1,660 hommes et 10 'canons, et cependant il résistait depuis deux heures aux ravagea de 60 pièces d'artillerie russes, lorsque de nouvelles troupes vinrent prendre part à l'attaque. Alors 115 pièces de gros calibre battirent en brèche le fort Wola, qui, criblé de boulets et de bombes, broyé par cette épouvautable artillerie, succomba à midi au milieu d'un horrible carnage, où Sowinski trouva une mort héroïque ; Wysocki, couvert de blessures, fut fait prisonnier.

Le restant de la journée et la nuit tout entière furent consacrés à des pourparlers entre les autorités polonaises et le feld -maréchal ; mais ils n'aboutirent à rien, et, à l'expiration de la trêve, le canon recommença k tonner avec une nouvelle force depuis une heure de l'après-midi jusqu'à la nuit; on sentit la terre trembler à 3 lieues à la roude, au tonnerre effroyable de 350 bouches à feu vomissant le fer et la flamme sans interruption. Les négociations recommencèrent, et

VART

le comte Krukoviecki, président de la diète, pressentant l'inutilité de la résistance et l'effroyable carnage qui en serait inévitablement la suite, alla même jusqu'à offrir à Paskévitch de se soumettre sans condition. Mais il fut désavoué à l'instigation de Wladislas Ostrowski, maréchal delà chambre des nonces, et dut donner sa démission de président de la diète. Il n'avait cependant obéi qu'à ta force des choses et à uu sentiment d'humanité.

Pendant toutes ces agitations intérieures, le canon russe ne cessait d'ébranler les murs de Varsovie ; déjà même l'ennemi avait pénétré jusque dans la ville, et le faubourg de Czystè était tout en feu; alors Krukoviecki, agissant en sa qualité de général d'infanterie, fit franchir la Vistule aux troupes polonaises et les accompagna au faubourg de Praga, dans l'espoir d'épargner à la capitale les horreurs d'un massacre imminent. Mais alors les négociateurs russes refusèrent de traiter avec le nouveau gouvernement, et il fallut que Krukoviecki revînt à Varsovie pour terminer les négociations. Toutefois, se considérant comme déchu de son autorité, il refusa de signer aucun acte. Il se borna à prier le général de Berg d'user de son influence auprès du grand-duc Michel pour que celui-ci voulût bien prendre Varsovie sous sa protection ; puis le généralissime Malaehowski et le nouveau président du gouvernement, colonel Zielinski, arrêtèrent avec le même général russe une convention militaire aux ternies de laquelle le pont de la Vistule et le faubourg de Praga seraient remis aux assiégeants.

. Le 8 septembre 1831, date sinistre pour la Pologne, les Russes rentrèrent à Varsovie, d'où ils avaient été chassés l'année précédente. L'Europe avait assisté avec une impassibilité aussi impolitique que lâche et criminelle au drame sanglant qui venait de. se dénouer, et comme si cette honte n'eût pas suffi, un maréchal de France, Sébastiani, i ministre des affaires étrangères, lui trouva ! sa formule, dans les paroles qu'il osa pro- I noncer à la tribune des députés et qui n'é- ! taient qu'une infâme ironie: « Messieurs, l'ordre règne à Varsovie! •

VARSOVIE (duché db), Etat de l'Europe centrale, créé en 1807, eii exécution de l'article 5 du traité de Tilsitt, détruit par les traités de Vienne en 1815. Ce duché était borné au N. et à l'O. par la Prusse, au S. par la Galieie, dont le séparait la Vistule; à l'E. par la Pologne russe, dont il était séparé par le Boug et le Niémen. Il avait pour capitale Varsovie et pour souverain Frédéric- Auguste, roi de Saxe. Composé de la presque totalité des provinces enlevées à la Pologne pur la Prusse eu 1772, 1793 et 1795, le duché de Varsovie avait 2,200,000 hab. en 1807 et une superficie d'environ 101,500 kilom. cariés. A la suite de la guerre de 1809 contre l'Autriche, à laquelle il prit part, le duché de Varsovie s'accrut du pays compris entre la Vistule, le Boug et la Pilitza, ce qui porta son territoire à environ 153,800 kilom. carrés et sa population à 3,780,000 hab. Envahi par les Russes à la suite de la campagne de Russie en 1812, le duché de Varsovie cessa d'exister de fait et fut anéanti définitivement en 1815 par les traités de Vienne.

VARSOVIE (gouvernement de), subdivision administrative de la Pologne russe, formé eu 1867 d'une partie de l'ancien gouvernement de Varsovie. Ce gouvernement, qui a 14,245 kilom. carrés et 811,471 hab. (1S74), est situé entre ceux de Plock au N.-O., de Lomza au N., de Siedlce à l'E., de Radoin au S. et de Piotrkow au S.-O.

Les fabriques du gouvernement de Varsovie étaient en 1873 au nombre de 1,403, avec 14,964 ouvriers, et d'un produit de 16,219,006 roubles. Les fabriques les plus importantes sont celles de sucre, de tissus de laine, de briques, de bougies et de savon , de papiers, et les moulins. On y cultive les céréales, les pommes de terre, les betteraves, etc. Le gouvernement est subdivisé en 13 districts, savoir : ceux de Varsovie, Blonie, Gora-Kulwarya, Gostynin, Grojcy, Kutno, l.owicz, No-wominsk, Radymin, Radziejew, Skierniewice, Sohouzew, Wloclawek. -

VARSOVIEN, IENNE s. etadj. (var-so-viain, i-è-ne). Géogr. Habitant de Varsovie ;

2ui appartient à cette ville ou à ses habitants : es Varsoviens. Lapopulaiion varsoviënne, — s. f. Chorégr. Sorte de danse polonaise.

VARTAN ou VARDANE, dit le Graud,

prince d'Arménie, mort en 451 de notre ère. Il gouverna l'Arménie pendant un interrègne, de 415 à 418, puisse rendit auprès du roi de Perse, Bahram, etobtint de ce prince qu'Ardaschès deviendrait roi de son pays. Ardaschès s'étant rendu odieux à ses sujets fut déposé vers 128, et l'Arménie fut gouvernée par un administrateur persan. Dans ce nouvel état de choses, Vartan reçut le commandement des troupes. En 442, le roi de Perse, Jezdedjerd II, ayant voulu contraindre les Arméniens à embrasser le culte de Zoroastre, éprouva une vive résistance. Il fit venir de force à sa cour les principaux chefs arméniens et les contraignit k abjurer. Mais, de retour en Arménie, Vartan souleva les Arméniens contre la Perse et battit les Persans sur les bords du Cyrus ; mais il périt on combattant sur les frontières de l'AderbaWjan,

VARU

VARTAN, vertabied ou docteur arménien, mort au monastère de Kaloudsor en- 1271. Il n'est connu que par ses écrits, qui le placent à un rang éminent parmi les savants de son pays. Les plus remarquables de ces écrits sont: une Histoire d'Arménie depuis la création du monde jusqu'à l'an 1267 de notre ère, ouvrage qui n'a jamais été imprimé ; des Fables, dont une partie a été publiée, texte et traduction française en regard, par J. M. Saint-Martin, sous ce titre : Choix de fables arméniennes du docteur VaWaii (Paris, 1825, in-8°) ; Géographie courte et abrégée, publiée en 1728, à Constantinople, par Diratsou-Mourad et traduite par le même Saint- Martin dans le tome II de ses Mémoires sur l'Arménie; des Commentaires sur l'Ancien Testament, sur le cantique des cantiques, etc. ; des poèmes roulant exclusivement sur des sujets religieux ; différents traités sur des points de liturgie, etc. Aucun de ces derniers écrits n'a été imprimé ; mais les manuscrits en sont conservés à la Bibliothèque nationale de Paris.

VARTHÉMIE s. f. (var-té-ml — de Varthemo, voyageur). Bot. Genre de sous-arbrisseaux, de la famille des composées, tribu des astérées, dont l'espèce type croit en Perse.

VARTIGOÉ interj. (var-ti-ghé). Sorte de juron autrefois usité parmi les paysans, et qui était adopté dans l'ancienne comédie.

VARTIA s. m. (var-ti-a). Nomdonaé à des ermites indous qui vivent d'aumônes.

VARTOMANUS (Luigi Varthema ou Barthema, dit), voyageur italien, né à Bologne vers 1480, mort dans la première moitié du xvie siècle. Après avoir étudié la pyroteclmio, il s'occupa de la fonte des canons et se rendit en Orient avec l'intention d'y exercer cette industrie. A Damas, il se fit incorporer dansune bande de mameluks et pénétra jusqu'à La Mecque ; puis il-parcourut l'Arabie Heureuse, les Indes orientales, Ceylan, Malacca, Java, Sumatra et, après une absence de.sept années, revint en Italie en passant par le Portugal. A partir de son retour, Vartomanus rentra dans l'obscurité. On sait seulement qu'il écrivit la relation de ses voyages en italien vulgaire et qu'il la dédia à Agnesina Feltria Colonna, comtesse d'Albi et duchesse de Tagliacozzo; mais cette relation • originale est aujourd'hui perdue ; en revanche, les reproductions et les traductions qui en ont été faites abondent. Nous nous contenterons d'indiquer ici l'édition italienne la plus ancienne, qui a paru sous ce titre : Itinerario de t. Varthema Bolognese nello Egypte, nella Surria, nella Arabia déserte et felice, nella Persia, nella India et nella Etkiopia (Bologne, 1510, in -4°), et la traduction française de Louis Temporal, intitulée : les Voyages de Loys de Bartheme, Bolognais (Lyon, 1556,in-fol.j.

VARUNE s. f. (va-ru-ne — de Varuna , nom mythol.). Grust. Genre de crustacés décapodes'brachyures,de la famille des catometopes, tribu des grapsoïdiens, dont l'espèce type habite l'océan Indien.

VARUS s. m. (va-russ — mot lat. qui signifie cagneux). Chir. Forme particulière du pied bot, la plus fréquente de toutes, et dans laquelle le pied est renversé sur son bord externe et contourné de façon que sa pointe regarde en dedans.

— Encycl. V. pied bot, tome XII, page 968.

VARDS (Publius Attius), général romain, mort l'an 45 av. J.-C. Partisan de Pompée, il prit, en Italie, en Afrique et en Espagne, de 49 à 45, une part active aux combats livrés sur terre et sur mer contre César. En Espagne, où il s'était réfugié après la bataille de Thapsus, il commandait une partie de la flotte pompéienne, avec laquelle il fut battu à Carteja. Il trouva, peu après, la mort k la bataille de Munda.

VARUS (Publius Quinctilius), général romain, célèbre surtout par la défaite que lui infligea le chef germain Arminius, né vers l'an 58 av. J.-C, mort en l'an 9 de notre ère. Son père, S. Quinctilius Varus, d'abord lieutenant de Pompée contre César, puis de Cassius et de Brutus contre Antoine, ne voulut pas survivre à la ruine de la liberté et, après la bataille de Philippes, se fit tuer par un de ses affranchis. Puulius Quinctilius, loin de suivre ce fier exemple, se rallia à Octave et fut nommé consui I an 13 av. J.-C, avec Claudius Tiberius Nero, le futur Tibère ; au sortir de sa charge, il obtint le proconsulat de Syrie. Il y succédait à Saturnius, vers la fin du règne du grand Hérode, et présida l'assemblée qui se tint k Jérusalem contre Antipater. Ce dernier était accusé do plusieurs crimes atroces, entre autres d'avoir cherché k empoisonner son père. Varus fut d'avis qu'on incarcérât ce parricide et qu'on le tint en prison jusqu'à ce qu'Auguste eût été prévenu de l'affaire et qu'on eût obtenu la permission de le faire mourir. Pendant quelque temps, il favorisa Arehélails, empêcha que Sabinus, gouverneur de Judée, ne se saisit des trésors de ce prince et réprima cruellement une sédition soulevée dans Jérusalem par les exactions de ce gouverneur. Il brûla Emmaus, qui s'était révoltée, fit crucifier 2,000 Juifs, auteurs de cette rébellion, et envoya à Auguste-, pour qu'il

Varù

prononçât son arrêt contre aux, quantité de personnages de qualité qui en étaient les chefs et tous parents d'Hérode. La violence qu'Archélaùs avait exercée contre les habitants de Jérusalem, un peu après la mort de son père, détermina Varus à tourner toute son amitié vers Philippe, qui était d'un esprit doux et tempéré. Sur son avis, Philippe se rendit à Rome, porteur de lettres de recommandation que Varus lui avait remises pour Auguste et qui devaient aussitôt lui gagner l'estime et l'affection du prince. Varus resta proconsul de Syrie pendant onze ans. D'après quelques historiens, il se montra administrateur habile et modéré ; d'après d'autres, au contraire, c'était un homme violent, sans capacité et d'une avidité redoutable. Cette dernière opinion paraît plus fondée. Velleius Paterculus dit qu'il entra pauvre dans une province riche et qu'il sortit riche d'une province pauvre. Envoyé, en l'an 6 de notre ère, comme gouverneur de la basse Germanie, il s'y conduisit en homme habitué à pressurer les peuples riches et efféminés de l'Orient et crut pouvoir tenir la même conduite, vis-à-vis de nations belliqueuses, pauvres et jalouses de leur liberté. Il froissa leur orgueil national en leur imposant les formes de la jurisprudence romaine et ne réussit qu'à provoquer contre les Romains un immense soulèvement, dont Arminius, le Hermann des ballades germaniques, fut le chef. Il avait avec lui trois légions, quelques troupes légères et de la cavalerie, environ 35,000 hommes, avec lesquels il alla s'établir sur la rive occidentale du Weser. Trompé par les chefs germains et par Arminius lui-même qu'il reçut dans son camp et qui lui firent de solennelles protestations de fidélité, il s'affaiblit en envoyant de côté et d autre des détachements pour contenir quelques villages signalés par eux comme hostiles, et commit l'imprudence de renvoyer chez eux ces précieux otages ; ils quittèrent Varus sous le prétexte de se mettre à la tête de leurs contingents et de lui amener des renforts. Le soulèvement éclata aussitôt. La marche de Varus est peu connue ; on présume qu'il dut se diriger du N. au S., des environs de Minden vers Detmold. Pour suivre cette route, il lui fallut traverser les défilés de Teutobourg ou Teutberg (Teutoburgiensis saltus), qui s étendent du N.-E. au S.-E., sur un espace de plus de 120 kilomètres. Dès que les légions se furent enfoncées dans ces' défilés, les Germains tombèrent sur leur arrière-garde et l'anéantirent. Varus, changeant d'itinéraire, résolut alors de se porter sur la Lippe, ou Drusus avait établi une station fortifiée ; l'armée s'engagea dans des marais impraticables, combattit sous bois, toute la journée, ses innombrables assaillants et, dans ce deuxième jour de bataille, éprouva les pertes les plus sensibles. Vers le milieu du troisième jour, ce qui restait des légions romaines réussit enfin à sortir de cette région inextricable etdébouchadansla plaine qui s'étend entre les gorges de Teutberg et celles d'Ems ; mais les Germains les y avaient devancés, et les soldats, épuisés de fatigue, soutinrent si mal le premier choc que Varus, légèrement blessé dès le début de l'action, désespéra tout à fait du salut de l'armée. Il était, dit Velleius Paterculus, plus disposé à mourir qu'à combattre; il se perça de son épée, et la plupart de Bes lieutenants l'imitèrent. Les soldats, restés sans chefs, ne purent que se battre au hasard; beaucoup se firent tuer, les autres se rendirentet n'en furent pas moins égorgés; toute l'armée fut anéantie. Les Romains n'avaient point éprouvé un pareil revers depuis la défaite de Crassus par les Parthes. La nouvelle de ce désastre affligea profondément Auguste ; il laissa croître sa barbe et ses cheveux, et souvent, pendant de longues insomnies, on l'entendait crier : ■ Varus, Varus, rends-moi mes légions! »

Six années après, Germanicus devait venger, et au même endroit, l'honneur des armes romaines. Il pénétra jusqu'au fond des forêts où gisaient san3 sépulture les restes des soldats de Varus. « Au milieu du champ de bataille, dit Tacite, on voyait des ossements blanchis, épars ou entassés, suivant qu'on avait fui ou combattu ; des monceaux d'arbres brisés, des membres de chevaux, des têtes d'hommes attachées aux troncs des arbres. Dans les bois voisins, on apercevait les autels barbares sur lesquels les vainqueurs avaient égorgé les tribuns et les centurions des premières compagnies. Quelques témoins de cette fatale journée, échappés du carnage, montraient les lieux où l'on tua les lieutenants, ceux où l'on prit les aigles, celui où Varus reçut la première blessure, celui où ce chef infortuné s'acheva de ses propres mains... Enfin, après six ans d'abandon, les ossements de trois légions sontïecueillis par toute l'armée. Incertain s'il renfermait dans la terre des parents ou des étrangers, chacun s'intéressait à ces tristes restes comme à ceux d'un proche ou d'un frère... Germanicus posa le premier gazon Bur le tombeau qui fut élevé, honorant ainsi les^ morts par ce devoir pieux et s'associant à l'affliction des vivants. La vue de ces dépouilles funestes enflamma Germanicus du désir de la vengeance, et dans la sanglante bataille d'Idistavisus il sacrifia aux mânes des victimes toute l'armée germaine. »

Dans sa Messénienne sur Waterloo, Casi-

VASA

mir Delavigne a rappelé ainsi le souvenir de Varus :

Cachez-moi ces soldats sous le nombre accablés, Domptés par la fatigue, écrasés par la foudre. Ces membres palpitants dispersés Bur la poudre.

Ces cadavres amoncelés !

Eloignez de mes yeux ce monument funeste

De la fureur des nations :

O mort! épargne ce qui reste ;

Yarus, rends-nom nos légions]

t Interrogé sur les motifs de la haine implacable vouée par lui à la claque, M. Wagner s'est écrié : « Je ne serais pas digne d'Arminius, mon illustre aïeul, si je refaisais pas une guerre acharnée aux Romains. » De son côté, le préposé aux succès de l'Opéra, qui se voit à la veille de rester sans emploi, comble le directeur de reproches. Partout où va l'infortuné directeur se dresse devant lui le spectre de laclaque, qui lui crie d'une voix lugubre : ■ Varus, Varus, rends-moi mes légions! •

(Figaro.)

« L'espoir de voir son Gaspard reparaître l'avait soutenu jusqu'à la nuit tombante; mais les étoiles s'allumèrent au ciel, et Gaspard ne revint pas. L'infortuné Levrault tomba dans une mélancolie sombre. Il allait de chambre en chambre, maudissant les La Roehelandier et redemandant son vicomte à sa fille, comme le vieil Auguste ses légion/ « à Varus. »

Jules Sandeau.

t Quoi ! dans l'unique but de restituer aux fidèles le droit de communier sous les deux espèces, des royaumes soulevés, la Germanie en feu; une série d'épouvantables massacres, de combats fabuleux, d'embrasements; et, pour conserver la mémoire de toutes ces fureurs, les campagnes, comme après le désastre de Varus, couvertes des ossements blanchis de tant de légions!... Or, telle devait être, dans son principe et ses effets, la guerre dont le procès de Jean Hua contenait le germe sanglant.»

Louis Blanc.

VARVOOTE s. f. (var-vou-te). Pêche.

Sorte de filet à manche, appelé aussi guideau.

VARY-REVARY interj. (va-ri-re-va-ri).

Véner. Cri par lequel on avertit les chiens que la bête a fait un retour.

YARZI, bourg du royaume d'Italie, province de Pavie, district de Bobbio, à 31 kilom. S.-E. de Voghera, ch.-l. de mandement; 2,500 hab.

VARZO, bourg du royaume d'Italie, province de Novare, district d'OssoIa, mandement de Domo-d'Ossola ; 2,050 hab.

VARZY, ville de France (Nièvre), ch.-l. de cant., arrond. et à 16 kilom. S.-O. de Clamecy, près du ruisseau de Sainte-Eugénie ; pop. aggl., 2,122 hab. — pop. tôt., 2,946 hab. Collège communal, bibliothèque publique. Fabriques de toiles et de cuirs; manufacture de faïence ; aux environs, forges et hauts fourneaux. L'église paroissiale, classée au nombre des monuments historiques, est une remarquable construction du xme siècle , à trois nefs avec transsept et large sanctuaire; les deux extrémités des bras de la croix sont surmontées de deux tours carrées ; la façade principale est percée au-dessus du portail d'une superbe fenêtre rayonnante. Mentionnons, avec les bâtiments du collège, l'hospice et l'hôtel de ville.

VASA s. m. (va-za). Ornith. Espèce de perroquet, qui habite Madagascar.

VASA ou WASA, ville de Finlande. V.

NlCOLAÏSTADT.

VASA ou TV'ASA, dynastie suédoise, qui tirait son nom d'un château près de Stockholm et qui a fourni à la Suède sept souverains. Elle a pour tige Gustave Vasa, qui délivra son pays de la domination du Danemark (1523). V. Gustave, Eric, Siqismond, etc.

VA5-ABERRÂNS s. m. (va-za-bè-ranss — mots lat. qui signif. vaisseau qui s'écarte). Anat. Nom donné à un petit diverticule de l'épididyrae.

— Encycl. Le vas-aberrans a Om,os ou om.03 de long. On le rencontre quelquefois vers la queue de l'épididyme. C'est un canal couché le long de l'épididyme, terminé d'un côté en cul-de-sac, et s'ouvrant de l'autre dans le canal de l'épididyme, auniveau.de la queue ou à l'origine du canal déférent." Son calibre est à peu près le même que celui du canal de l'épididyme; cependant, vers son embouchure, il se rétrécit un peu. Vers son extrémité fermée il est enroulé; lorsqu'on le déroule, on peut voir qu'il présente, en général, une longueur de 0«n,05 à û^,l et qu'il peut atteindre jusqu'à 0">,25. Ses usages sont inconnus. Certains auteurs l'ont considéré comme un vestige du corps de Wolf ; Sappey croit que ce canal est un simple diverticule de l'épididyme, au même titre que les diverticules qu'on rencontre sur le trajet

VASA

des canalicules séminifères, du canal déférent et des vésicules séminales.

VAS Al S s. m. (va-zè — rad. vase). Techn. Réservoir disposé à la tête d'un marais salant, pour recevoir les eaux des hautes marées. Il On dit aussi vasiére.

VASANTAKI-YATRA s. m. (va-zan-ta-kiia-tra). Hist. relig. Fête du printemps, qui dure quinze jours, chez les Indous.

VASANTOTSAVA s. m. (va-zan-to-tsa-va).

Hist. relig. Premier jour de la fête du printemps, chez les Indous.

VASARD adj. m. (va-zar — rad. vase). Mar. Se dit d'un fond formé de vase : Un fond

VASARD.

VASARHELY, ville de l'empire d'Autriche, dans la Hongrie, comitat de Csongrad, à 25 kilom. N.-E. de Szegedin, sur le canal Carolin et les marais du Hod ; 6,000 hab. Gymnase calviniste; récolte de vins, tabac, fruits ; élève considérable de bestiaux.

VASARHELY (MAROS-), ville de l'empire d'Autriche, dans la Transylvanie, à 72 kilom. S.-E. de Klausenburg, sur la rive gauche du Maros, ch.-l. du cercle de sou nom; 15,000 hab. Cour d'appel des pays hongrois et szeklers; lycée, gymnase, bibliothèque publique. Récolte et commerce de tabac, vin, fruits et grains. Vasarhely est défendu par un château fort et possède une belle église gothique.

VASARHELY (SOMLYO-), ville de l'empire d'Autriche, dans la Hongrie, comitat et à 54 kilom. O. de Veszprim, près d'un petit affluent du Raab; 15.800 hab. Récolte et commerce de vins estimés.

VASARI (Giorgio), peintre et critique d'art célèbre, néàArezzoen 1512, mort à Florence en 1574. Il appartenait à une famille qui comptait déjà quelques artistes célèbres. Il était arrière-petit-fils de Lazare Vasari, l'imitateur heureux de Pietro Francesca, et petitfiTs de Giorgio Vasari, l'auteur admiré de ces vases de terre cuite que possède le musée de Florence, et qui rivalisent avec les plus belles productions de l'art étrusque. Après avoir terminé dans sa ville natale de bonnes études littéraires, il vint à Florence, où Michel-Ange et Andréa del Sarto' furent ses premiers maîtres ; il suivit ensuite les leçons du Rosso et du Priore. Le cardinal de Médicis, sur la recommandation de Michel- Ange, le prit avec lui et, afin que ses études ne laissassent rien à désirer, l'emmena à Rome. Vasari, étudiant ensemble tous les genres, se livra au travail avec une activité fiévreuse. Architecture, peinture, statuaire, gravure absorbèrent toutes ses heures de jour et la moitié de ses nuits. Le cardinal, ravi de tant d'énergie dans une intelligence si multiple, crut un instant qu'il y avait en son protégé des facultés exceptionnelles, et il fit part à Michel-Ange de cotte conviction. Mais Michel-Ange ne parut satisfait qu'a moitié. Il blâma un jeune homme si bien doué de ne faire que copier. « Il est bon, ditil, de savoir ce que les autres font; mais il n'est pas bon de le faire après eux. » Vasari n'avait encore travaillé en effet que d'après Raphaël, Michel-Ange et tous les maîtres du temps ; il s'était exercé à reproduire diverses statues antiques; il avait aussi travaillé à la villa Médicis, qui fut détruite par l'incendie un siècle plus tard, et, à l'exemple du grand Florentin, il avait essayé de s'y montrer à la fois peintre, architecte et sculpteur. 11 est probable qu'il fut informé des critiques de Michel- Ange, soit par ses amis, soit par le cardinal lui-même. Il parut en comprendre la justesse, et il tenta des efforts véritables

fiour quitter la voie de l'imitation ; il vouut être original. La première œuvre qui fut le résultat de cette résolution fut une Adoration des mages, pour le monastère des Camaldules de Rimini; elle est actuellement au musée de Florence, mais dans un triste état, à cause des restaurations nombreuses qu'elle a subies. Ce tableau est d'un arrangement éclairé, plein de goût. Deux autres tableaux, une Assomption, pour l'église de Monte-San-Savino, et une Descente de croix, pour les Camaldules, furent également remarqués (1538). Il exécuta ensuite à Bologne, pour l'église San-Michele-in-Bosco, un Abraham et les anges (aujourd'hui au musée de Florence) et un Saint Grégoire à table avec douze pauvres (musée de Bologne), puis la Conception, qu'on voitencore à San-Apostolo, à Florence (1540); une de ses meilleurs œuvres est la décoration à fresque d'une maison qu'il avait achetée à Arezzo. De 1542 à 1544, il séjourna à Rome, où il avait été appelé par Bindo Altoriti, et peignit une Descente de croix, que Michel-Ange, cette fois, trouva fort belle, et une Conception pour l'église de Carminé, à Lucques.Vasari avait déjà un atelier comptant de nombreux élèves.

Avec le concours de cette pléiade de jeunes praticiens, il entreprit la construction et la décoration du vaste monastère des olivétains de Naples, et il acheva cet immense travail en deux années. Plusieurs centaines d'ouvriers y furent employés, et il eut une trentaine de collaborateurs pour la peinture, la sculpture, l'ornementation. Dans ses Mémoires, il est fait longuement mention de cette colossale entreprise. « Ces décorations, dit-il, montrèrent pour la première fois à ce pays ce qu'était le goût moderne. > Cette observation est

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juste; le monastère des olivétains offre, en effet, une sorte de résumé éclectique des diverses écoles de la Renaissance. Cette œuvre, par son étendue et par son importance, commença la réputation de l'auteur. Elle fut suivie de travaux qui ne pouvaient passer inaperçus, entre autres les fresques immenses de la salle de la chancellerie au Vatican, représentant les phases principales de la Vie de Paul III, Les décorations étaient à peine achevées que le grand -duc de Florence, Cosuie 1er, fit faire au peintre les sollicitations les plus pressantes pour le décider à venir près de lui, à sa cour. Vasari s'y rendit avec toute sa famille en 1553. « A cette époque, dit-il lui-même avec un certain égoïsme, ceux des sculpteurs et des peintres dont la concurrence aurait pu être dangereuse pour moi étaient morts ou trop vieux pour travailler. • Vasari montre dans celte phrase de quel homme pratique l'artiste était doublé chez lui. Venu au déclin de la Renaissance, ayant acquis dans les ateliers des maîtres un goût délicat et une grande habileté de main, seul il avait gardé quelque chose du faire magistral, de la grandeur épique de ces temps merveilleux dont il marque la fin. Aussi sut- il habilement profiter de cette position exceptionnelle. Avec une activité prodigieuse et avec l'aide de praticiens exercés, qu'il dirigeait avec intelligence, il entreprit plus de travaux que n'en avaient eu Raphaël et Michel-Ange réunis. Citons, entre autres, la décoration tout entière, à Florence, du palais des Offices et celle du Palais- Vieux, dans lesquelles se déroule en nombreux épisodes l'histoire des Médicis. La chambre de Clément VII est la plus connue. On y voit le Pape couronnant l'empereur Charles-Quint. Ces travaux, comprenant architecture, peinture et sculpture, furent l'occasion de triomphes magnifiques rappelant ceux de Raphaël ( 1555-1560). Vinrent ensuite : le Festin d'Assuérus, que l'on voit à Arezzo , la Décollation de saint Jean, à Saint-Jean de Rome, sans parler des innombrables portraits qui sont dispersés dans les principaux musées d'Europe. Mais, dans cette dernièçe spécialité, il fut moins heureux que dans les fresques et dans les ta- ■ bleaux ; le musée de Florence possède de lui une série de portraits dite Galerie des Médicis, qui ne sont que des peintures soignées. Pas une de ces figures ne s'élève au-dessus d'une étude sur nature faite avec un soin suffisant. Bottari cependant n'a pas craint de dire que « les portraits de Giorgio Vasari sont aussi beaux que les plus beaux de Giorgione. » Vasari, d ailleurs, les a jugés plus sévèrement. Bans vingt endroits de sa pro- ■ pre histoire, il cherche à en justifier les défauts, en leur donnant pour cause une trop grande promptitude d'exécution. A la même période de sa vie appartiennent : les Noces de Cana, le Prophète Elisée, Saint Benoit (à Saint-Pierre de Péiouse), une Assomption (à la Badia de Florence), la Cène, le Portement de croix, la Descente du Saint-Esprit, Y Incrédulité de saint Thomas (Santa-Croce, à Florence), une Sainte Famille (palais de la Gheradesca), Saint Luc peignant la Vierge (à l'Acailémie de Saint-Luc), un Crucifiement et une Résurrection (Sainte-Marie-Nouvelle), la Vision du comte Hugues, une Nativité de la Vierge (Académie des beaux-arts).

Au milieu de tous ses travaux et spécialement de 1542 à 1550, Vasari trouva lé temps d'écrire l'ouvrage célèbre auquel il doit aujourd'hui la plus grande partie de sa notoriété : les Vies des plus excellents peintres, sculpteurs et architectes ( Florence , 1550, 3 vol. in-4<>); une seconde édition (1568, 3 vol. in-4o et 80 planches) présenta une refonte considérable dans le texte primitif, -et enfin l'impression de toutes les notes de Vasari, d'une foule de chapitres qu'il avait provisoirements ajournés a plus que doublé l'ouvrage dans les dernières éditions (Milan, 1807-1811, 16 vol. in-8», et Florence, 1850- 1860, 20 vol. in-18). On peut reprocher aux Vies des peintres quelques inexactitudes et des traces nombreuses de partialité; l'auteur n'a pas assez fait abstraction des haines d'écoles qui divisaient alors les artistes, comme elles les divisent encore aujourd'hui, et il donne trop souvent jour à ses animosités personnelles; mais il avait rassemblé les documents les plus curieux, les plus rares; il connaissait à fond tous les grands artistes de la Renaissance, les particularités les plus intimes de leur vie, et, si son livre n'existait pas, la plus belle période de l'art italien serait pour nous pleine de ténèbres. C'est toujours à Vasari qu'il faut avoir recours pour l'étude de l'art au xvie siècle.

Sur la fin de sa vie, le maître, dont l'âge n'avait ni modéré l'ardeur ni affaibli la main, entreprit encore de grands travaux. Il alla à Rome'décorer.sur la prière de Grégoire XIII, la Sala Regia du Vatican ; il y peignit la Bataille de Lépante (1571) et trois Scènes de la Saint -Barthélémy (1572); on voit que le pape ne perdait pas de temps pour faire glorifier, dans son propre palais, le sanglant attentat dont les protestants venaient d être victimes en France. Revenu à Florence cette même année 1572, Vasari se mit à peindre la coupole de la cathédrale, et ia mort le surprit avant l'achèvement de ce dernier travail.

Le Louvre possède de Vasari quatre tableaux d'une belle exécution : la Salutation ange ligue, une de Bes premières œuvres ; H

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l'avait peinte pour un couvent d'Arezzo, dans lequel il flt entrer sa sœur en 1536; Saint Pierre marchant sur les eaux, la Cène et la Passion, ces trois derniers d'une date incertaine; plus cinq grands dessins : les Corybantes faisant retentir l'air du son de leurs instruments en accompagnant la déesse Ops, qui est assise sur un char traîné par des lions ; Léon X donnant l'investiture du duché d'Urbin à son neveu Lorenzino de Médicis ; Léon X conférant à son frère les droits de citoyen romain et le titre de gonfalonier de l'Eglise, etc. Les deux autres sont les carton3 des décorations du palais ducal de Florence. Parmi les autres tableaux, sans date et dispersés dans les musées et dans les églises, nous nous contenterons de citer : Saint Georges tuant le dragon, la Vierge et plusieurs saints (église d'Arezzo), le Martyre de saint Etienne (à Saint-Etienne de Pise), le Martyre de saint Jean-Baptiste {a Sun-Giovanni-Decollato de Rome), un Saint Jean (église de la Madeleine, à Messine), la Charité et une Madone (musée de Madrid), un Christ mort (musée de Dresde), Saint Pierre et saint Paul, Portrait de Cosme /or (musée de Berlin), une Sainte famille (pinacothèque de Munich), les Trois Grâces (musée de Vienne).

Comme architecte, outre les divers travaux mentionnés dans le courant de cet article, il construisit encore l'église délia Madonna-Nuova, a Cortone; le couvent et l'église des chevaliers de Saint-Etienne , à Pise, et acheva, k Florence, la bibliothèque Laurentienne, commencée par Michel-Ange.

YASATENS1S ACER, nom latin du Baza-

DATS.

VASATES, peuples de la Gaule romaine, dans la Novempopulanie, entre les Biturigeà Vivisques au N.-E.,!esNitiobriges auN,-0-, les Elusates au S. et les Cocosates à l'O. Leur ville principale était Vasates, aujourd'hui Bazas. Leur territoire correspond à peu près au département de Lot-et-Garonne.

VASA-VASORUM s. m. pi. (va-za-va-zorotnm ■ — mots lat. qui signif. vaisseaux des vaisseaux). Anat. Petits vaisseaux qui portent le sang dans les parois des artères.

— Encycl. Les vaisseaux se distribuent dans la tunique externe des artères, où ils forment des mailles arrondies et serrées. Quelques vaisseaux pénètrent dans les couches externes de la tunique moyenne, ainsi que l'a observé le savant bistologisté allemand KBUiker, Les vasa-vasorum sont fournis par l'artère elle-même, qui nourrit sa propre paroi, ou par de petites artères voisines.

VASBOURG ou VASSEBOURG (Richard), historien français) né à Saint-Mihiel vers 1482, mort vers le milieu du xvne siècle. Elève du collège de la Marche, à Paris, il y devint régent ,• procureur et principal et fut pourvu en dernier lieu .d'un archidiaconat à Verdun. On a de lui, sous ce titre : Antiquités de la Gaule Belgique depuis Jules César jusqu'à François /« (Paris, 1549, 2 vol. in-fol.), un ouvrage qui prouve, que l'auteur possédait des. connaissances fort étendues, mais qu'il était aussi d'une crédulité sans bornes et manquait presque entièrement de l'esprit de critique. Outre les faits intéressant la Belgique, les Antiquités renferment les biographies des papes, des empereurs, des rois de France et d'Angleterre, etc.

VASCO (Jean-Baptiste), économiste italien, né k Moadovi en 1733, mort en 1796. Cadet de famille, il était destiné k l'Eglise et se laissa enfermer dans un séminaire; mais, quand il eut reçu les ordres, il dévoila hardiment les vices de quelques membres du clergé, et renonça k la carrière ecclésiastique pour s'occuper d'économie politique et de la filature de la soie. On lui doit , entre autres ouvrages : Félicité publique chez les cultivateurs de leurs propres terres (1769 ou 1770), traduite en français par Bréard de L'Abbaye ; la Liberté de l'intérêt (Milan, 1792, in-80).

VASCO DE GAMA , célèbre navigateur.

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