‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 15Chapitre 601 sur 1042 · V. Huoo · texte numérisé non relu

V. Huoo

Il faut, d'un peu de miel, avec dextérité, Couvrir les bords du vase où l'on boit la santé. C. Delaviohb.

... Le vase d'or qui renferma le baume, Après qu'il s'est brisé, garde encor son arôme.

A. Barbier.

— Fig. Récipient moral : Notre cœur i un vase qui peut corrompre tout ce qu'il r çoit. (Nicole.)

Le cœur d'un homme vierge est un vase profond : Lorsque la première eau qu'on y verse est impure, La mer y passerait sans laver la souillure.

A. DB JlOSSET.

— Vase de nuit, Vase dont on se sert pour satisfaire les besoins naturels pendant la nuit.

— Archéol. Vases étrusques, Nom donné k des vases de terre peints que l'on trouve en Toscane. Il Pop. Syn. de vase de nuit.

— Ecrit, sainte. Parties sexuelles de l'homme ou de la femme. H Vase de, Personne remplie de : Un vase de miséricorde. Un vase D'iniquité. Il Vase d'élection, Elu, personne d'une grande sainteté : Je regarde jl/lle de Grignan comme un vase d'élection. (Mm° de Sèvignè.) La femme est un vase d'élection, dans lequel Dieu a renfermé des trésors d'amour et de foi, (Belouino.)

— Liturg. Vases sacrés, Vases uniquement réservés pour les usages du culte, et particulièrement Vases employés dans l'administration des sacrements.

— Hist. relig. Vases de sang, Petits vases, pleins d'une matière rougeâtre, qu'on trouve auprès de certaines sépultures chrétiennes, dans les catacombes île Rome. Il Ordre du Vase de lis de la suinte Vierge, Ordre religieux et militaire, fondé, dit-on, en 1410, par Ferdinand, infant de Castille, pour combattre les Maures. 11 n'est parvenu aucun texte contemporain sur cette institution.

— Aruhit. Pièce décorative qu'on pose d'ordinaire sur une base, et qui a la forme d'un grand vase, il Vase de chapiteau, Partie intérieure du chapiteau corinthien, sur laquelle se développent les feuilles d'acanthe. Il Vase d'amortisssement, .Vase destiné à terminer certaiues décorations de façade, (I Vase d'enfai.ement, Vase qui couronne le faite d'un édifice, || Vase de treillage, Imitation de vase faite avec des verges pliées de fer ou de bois.

U Vase de théâtre, Vase d'airain que les anciens plaçaient en face de la scène, pour répercuter la voix des acteurs et en augmenter la portée. *

— Teehn. Ornement que l'on ajoute au haut d'un pilastre de rampe. Il Ornement qui termine ia partie libre d'un croissant de cheminée.

— Astron. Nom d'une petite constellation de l'hémisphère austral, qu'on appelle aussi coupe.

— Physiq. Vases communicants, Vases dont les capacités communiquent entre elles par

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est re-

des tubes ou des ouvertures, et qui servent à.l'étude de l'équilibre des liquides,

— Moll. Vase Jacqueline ou Vase àpuiser, Nom vulgaire d'une espèce de murex.

— Hortic. Corolle affectant la forme d'un vase : Le vask de cette tulipe est trop ouvert.

Il Forme donnée aux arbres fruitiers , qui consiste k redresser les branches en cercle, de sorte que l'ensemble représente un vase.

Il On dit aussi buisson.

— Syn. Vaie, vaisseau. V. VAISSEAU.

Encycl. Hist. et B.-arts.Le vase est un

des premiers objets de l'industrie humaine dans lesquels l'homme ait cherché k prouver son sens esthétique et son amour de la beauté manifestée par la réalisation de formes abstraites. Même dans une civilisation peu avancée, voisine encore de l'état sauvage, on trouve des essais de main d'homme tendant à orner les objets les plus usuels. Le pâtre se plaît k sculpter le vase de bois dans lequel il recueille le lait de ses chèvres ; le potier décore de dessins grossiers l'argile qu il pétrit ; peu k peu l'art se perfectionne, se dégage et, d'accessoire qu'il était, devient l'objet principal. Les vases prennent alors toutes les formes; il en est fait de toutes les matières, en bois, en terre, en pierre, en marbre, en métal ; on les sculpte, on les peint. Le cristal de roche, les pierres fines, le porhyre, l'onyx, l'agate, l'ambre, l'argent et or sont creusés, battus, taillés, fondus, tournés en vases, tantôt pour les usages domestiques, tantôt pour les cérémonies religieuses ou civiles, tantôt pour la décoration des édifices ou des jardins. Quelle que soit sa destination, le vase est toujours resté œuvre d'art en même temps qu'objet d'utilité. C'est que l'usage auquel il est destiné n'exige presque jamais, à part certains cas, une forme déterminée et spéciale; il suffit qu'il offre une capacité quelconque pour pouvoir être employé; la seule différence de forme que nécessite l'emploi est tout d'abord dans les proportions qui déterminent la contenance, puis dans l'évasement ou la rétrécissement. Tantôt le oase doit être large du haut, quand il est fait pour qu'on y puisse puiser facilement, ou quand il est destiné k demeurer immobile ou à recevoir des matières qui ne peuvent so répandre k cause de leur état de solidité plus ou moins parfait; tantôt le haut, au contraire, doit être rétréci et former goulot quand le vase est destiné k recevoir des liquides et à être transporté d'un lieu k un autre lorsqu'il est rempli. Voilà quelles sont les deux catégories de vases dont le genre d'utilité indiqua une forme différente; la matière employée ii leur confection implique à son tour certaines formes en raison de la cohésion, de la résistance de cette matière et du poids des liquides que le vase doit contenir. Mais cette dernière nécessité laisse encore k l'artiste une assez large carrière où peut s'exercer sa fantaisie. C'est cette latitude qui u permis a l'homme d'appliquer tout d'abord k cet objet son génie artistique et les formes dont le type existait dans son imagination.

Nous diviserons les vases en deux catégories, les vases sculptés et les vases peints.

— Vases sculptés. Quoique ta plupart des grands vases sculptés qui nous sont restés des anciens paraissent n'avoir été faits que pour la décoration des temples, des thermes, des palais, des jardins, il n est pas vraisemblable qu'on ne les ait'poiut, dans l'origine,tout ornés qu'ils étaient, destines à quelque service utile. Les grands cratères étaient nécessaires dans les banquets; ils étaient ordinairement en bronze ou en argent. Dans quelques temples, il y avait d'énormes cratères de marbre ou plus communément de terre cuite, destinés au service dès convives qui prenaient part aux festins des sacrifices. Homère, faisant la description d'un antre sacré dédié aux nymphes, k Ithaque, parle des cratères de pierre qui s'y trouvaient [Odyssée, XII, 105 et 350). Toutefois, les vases en matière dure telle que le marbre ou le bronze, ornés de bas-reliefs, ne servaient, chez les anciens, qu'à lu décoration des monuments et des jardins, comme ils le font encore chez les modernes. On en voit dans ce genre un très-beau k Rome, au musée Pio-Clémentin. C'est, à proprement parler, dans son ensemble un monument composite , car il a pour support le devant d'un taureau a genoux sur une base et portant une cymaise sur laquelle est placé, le vase. C'est de l'architecture et de la 'sculpture mêlées, suivant la belle manière des anciens, qui souvent unissaient ces deux arts dans le même ouvrage. Le taureau de ce monument rappelle l'usage très-antiqua de mettre sur des piédestaux des simulacres de boeufs. On sait parla Bible que douze de ces animaux furent employés à soutenir le labrum ou mer de fonte'(»iare/i"i7e), de 10 coudées d'un bord àl'autreetqui était de forme circulaire. Cette mer était posée sur douze bœufs, dont trois regardaient le septentrion, trois l'occident, trois le midi et trois l'orient; et la mer était portée par ces bœufs, tout le derrière de leur corps étant caché dans la mer (Mois, 1, III, oh. vu, verset 25). Ils étaient de la sorte disposés en quatre groupes, qui reposaient sans doute sur une base carrée, ayant, comme l'indique l'historien sacré, la partie antérieure du corps exposée k la vue, et celle de derrière perdue dans la masse du piédestal, comme dans le monument dont il s'agit.

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Cette manière d'embellir de figures sculptées, d'hommes ou d'animaux, des supports de tout genre plaisait beaucoup aux anciens, et il est très-rare de trouver des autels triangulaires en marbre qui ne soient supportés par trois animaux sculptés sous les angles inférieurs. Tantôt ils imitaient la nature, tantôt c'étaient des chimères ou des griffons.

Le vase qui est placé sur cette belle base est lui-même très-beau et eût pu, k raison des sculptures dont la surface est ornée, convenir au cabinet zoologique d'Aristote ou d'Elien composant leurs Traités des animaux. On y voit représentés des oiseaux, des poissons et des insectes, exécutés d'un style délicat, très-fin, mais sans sécheresse ; une cigogne de la petite espèce, ayant dans le bec un papillon ; des paons et trois cygnes, si le dernier à droite n est pas plutôt une oie sauvage de l'espèce dite par les anciens vulpanser.

Nous ne voulons indiquer ici que les monuments de cette nature dignes d'être considérés comme étant du premier ordre et ayant servi de modèle aux modernes'. Tel est un autre beau Base très-grand, de marbre noir égyptien, mais évidemment de travail grec, haut, avec son pied moderne en marbre gris, de 6 palmes un tiers, et qui fut trouvé à la fin du siècle dernier dans le jiirdin de Saint-Andrè-de-Montecavallo. Il était endomtnngé par le feu et rompu en une infinité de fragments. Mais on l'a restauré avec tant d adresse et de bonheur, qu'il parut digne d'être compris dans le nombre des monuments cédés à la France par le traité de Tolentino. Les sculptures dont il est orné indiquent qu'il a dû être consacré à quelque temple de Bacehus, et la matière dont il est formé, mal à propos nommée basalte égyptien, semble indiquer qu'il a été fait en Egypte par quelque artiste grec au temps des derniers Ptolémées ou de la reine Cléopâtre. La forme en est très-élégante et la sculpture est d'un goût exquis. Les anses, doubles, qui se croisent l'une sur l'autre et qui s'appuient sous le bord supérieur, représentent chacune un double rameau flexible de férule grecque, plante consacrée aux fêtes de Bacehus ou bacchanales. La panse du vase est ornée de quatre masques dionysiaques et de quatre masques tragiques, de telle sorte qu'à un masque tragique succède un masque dionysiaque, et vice versa. Huit thyrses, ornés à la cime de pommes de pin et de txnix ou banT delettes, séparent les masques les uns des autres. Les masques ou mascarons étaient des ornements dont on décorait ordinairement les cratères destinés au vin, et qu'on ornait aussi de symboles bachiques. Beaucoup de beaux vases de marbre n'ont pas d'autres ornements. La pomme de pin au sommet de ces thyrses fait peut-être allusion au mélange des mystères de Cybèle avec ceux de Bacchus, dont parle Euripide dans les Bacchantes (v. 88 et suiv.etv. 120et suiv.). Une frisa composée de ces ornements que les architectes nommenfdes palmettes entoure le vase immédiatement au-dessus des masques et des thyrses; enfin, un rinceau d'acanthe régulier, surmonté d'agréables arabesques, embrasse le tour supérieur du vase immédiatement sous le bord renversé.

Un vase parfaitement semblable à celui-ci pour la matière, la forme et les ornements a été longtemps employé à contenir l'eau des fonts baptismaux dans la cathédrale de Naples. 11 est assez curieux que beaucoup de ces monuments antiques qui avaient servi aux usages religieux des païens, et surtout ceux qui portent les symboles si faciles à reconnaître du dieu du vin, aient été longtemps employés par les chrétiens dans leurs églises. Tel est, par exemple, le vase antique en marbre de Paros qu'on jugea bon, comme celui de Naples, pour servir de fonts baptismaux à l'église cathédrale de Gafite. 11 est d'un admirable travail. Il a environ 4 pieds de hauteur et la forme d'une cloche. Le sujet des bas-reliefs est la naissance de Bacehus. Le bord du vase est entouré d'une guirlande de pampres ; sur le ventre, on voit le jeune Bacehus que Mercure remet entre les bras d'Ino; une troupe de satyres et de bacchantes est représentée dansant en signe d'allégresse. On y remarque un jeune satyre qui joue de deux flûtes en même temps. (Jet ouvrage est d'un travail achevé et d'une correction de dessin vraiment digne des beaux temps de la Grèce. Une inscription en nomme l'auteur, Salpion, sculpteur athénien.

Nous avons dans ce grand genre, au musée du Louvre, un très-beau morceau : c'est le vase si connu sous le nom de vase Borghèse. Sa forme est différente ; mais, comme si l'histoire de Bacehus devait faire presque exclusivement les frais des bas-reliefs qui décorent les vases antiques, c'est encore une composition bachique qui en orne les flancs : on y voit Bacehus s'appuyant sur une bacchante qui joue de la lyre ; de jeunes satyres dansant et jouant de la flûte pendant qu'une ménade joue du tambourin; enfin, le vieux Silène, ivre et chancelant, qu'un jeune satyre prend et soutient par le milieu du corps. On a souvent reproduit et la forme et la scène bachique de ce vase, soit en marbre, soit en pierre, pour la décoration des grands parcs et des jardins.

Nous signalerons encore, parmi les vases célèbres dans un autre genre et composés d'une autre matière, le vase connu sous le

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nom de vase Barberin't ou vase Portland. Celui-ci est une vitrification dont le fond est bleu, orné de bas -reliefs en pâte de verre d'un blanc mat représentant Thétis et Péiée. On ne sait si ce vase, d'ailleurs d'une grande beauté, est l'ouvrage d'un artiste grec. Les figures, d'un travail exquis, sont d'une pureté admirable. On a quelques fragments de vases en pâte de verre au cabinet des médailles de Paris, un entre autres représentant Persée délivrant Andromède, dont les figures se détachent également en blanc sur un fond bleu.

Les trépieds sculptés en marbre ou en bronze étaient aussi fréquemment surmontés d'un vase. Tel est le trépied d'Ap.ollon du musée du Louvre. Ce trépied est sculpté en marbre pentélique. Il fut trouvé en 1775 dans les fouilles entreprises près d'Ostie, au lieu qu'occupait l'ancienne colonie Ostiensis. Il fit partie des objets d'art cédés à la France par le traité de Tolentino.

Les trois pieds qui supportent la coupe ou cratère présentent une forme de pilastre et sont un peu rétrécis par en bas, comme le sont assez souvent les pilastres des hermès. Ils ont pour chapiteaux un crâne ou tète de bœuf, ce qui indique que la destination devait être de servir aux sacrifices. Ces trois supports s'appuient sur des pattes de lion ou de griffon, ornement ordinaire de l'extrémité inférieure" des meubles. Le tour du vase est orné de quatre griffons et de quatre dauphins. Entre les griffons, on voit une espèce de pot d'où s'élève une flamme. Au-dessus est placée une couronne de laurier. Elle forme le toiur qui environne le bord supérieur du cratère, dont la partie qui parait à jour entre les trois pieds est ornée de trois têtes de Gorgone, peut-être pour exprimer la terreur que l'oracle du dieu devait inspirer aux profanes mortels.

Un autre vase célèbre est le fameux vase d'agate connu sous les noms divers de coupe de Ptolémée, Base de Mithridate, vase de Saint-Denis, et qui est dans le trésor de cette dernière église. On l'a nommé vase de Ptolémée parce qu'il a appartenu à Ptolémée XI, roi d'Egypte , mari de Cléopâtre ; vase de Mithridate, parce que le roi de Pont était grand amateur de vases précieux et en avait formé une très-riche collection dont on suppose que celui-ci a fait partie ; enfin, vase de Saint-Denis, parce que, rapporté d'Italie par Charlemagne, il fut donné à 1 abbaye de Saint- Denis par Carloman (Charles III), avec une inscription portant : « O Christ, Karl, III de ce nom sur le trône des Francs, t'a consacré ce vase. » Il est difficile de concevoir comment ce vase bachique a pu être considéré comme un objet sacré par les chrétiens du moyen âge, k moins qu'ils n'aient pris le trapézopbore, ou buffet antique chargé de vases, qui y figure porté par deux sphinx et abrité sous un grand voile attaché à deux arbres autour desquels s'enlace une vigne, pour la table des communiants; le ciste mystique d'où sortent le serpent bachique et la panthère, animal inséparable du culte de Bacehus et qui boit le vin resté au fond d'une coupe, comme des mythes chrétiens dont l'explication nous échappe. Quoi qu'il en soit, il est certain que ce beau vase d'agate, d'un travail très-fin, reçut dès le ixe siècle une destination religieuse : c'est là que les reines de France buvaient l'ablution, après avoir communié, le jour de leur couronnement dans l'abbaye de Saint-Denis. Il resta dans le trésor de Saint-Denis jusqu'à la Révolution. Un décret de l'Assemblée nationale le fit transporter en 1790 au cabinet des médailles à Paris, où, lé 16 février 1804, il fut voté avec d'autres pièces antiques. Les voleurs furent arrêtés en Hollande et le tout rapporté à Paris, mais le pied du vase, qui était d'or, avait été fondu et ne put être retrouvé.

Le dernier duc de Brunswick possédait un vase également précieux, connu sous le nom de vase de Mantoue, et qui, dans les croyances populaires, n'était autre que la sainte ampoule dont Samuel se servit pour oindre SaUl. C'est tout simplement, comme le précédent, un vase bachique de la plus grande beauté. Il est en onyx ; sa' forme générale est celle d'une urne allongée, dont le ventre légèrement renflé est orné de figures en relief représentant des scènes bachiques; des femmes vêtues de longues robes conduisent des animaux enchaînés. La matière et le travail font de ce vase un véritable chefd'œuvre, et l'art antique n'a rien produit de ( plus partait. Après avoir longtemps appartenu a'u trésor de la cathédrale de Mantoue, il était passé en Allemagne et avait été adjugé, comme part de butin, pendant la guerre de Trente ans, à l'un des aïeux du duc de Brunswick.

— Vases peints. Les vases d'argile, appelés, Suivant la nature de l'argile qui sert à leur confection et l'émail dont on les recouvre, poteries, faïences, porcelaines, biscuits, sont les premiers vases qu'ait produits l'industrie humaine, et, dès l'antiquité, on possédait le secret d'une sorte de vernis diversement coloré, qui servait à en recouvrir soit l'ensemble, soit seulement quelques parties. Ainsi les poteries grecques et campaniennes sont des poteries tendres, lustrées, cuites à une basse température et recouvertes d'un enduit vitreux, mince, résistant, lustré, formé de silice rendue fusible par un alcali. La

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surface de ces vases était ornée de figures généralement noires sur fond rouge, ou rouges sur fond noir. > Les vases peints, dit Champollion, sont au nombre des monuments les plus curieux, les plus élégants, les plus instructifs qui nous soient parvenus de 1 antiquité. La beauté des formes, la finesse de la lhatière, la perfection des vernis, la hardiesse des compositions, la variété des sujets et leur intérêt pour l'histoire donnent aux vases une importance peu commune parmi les productions de l'art des anciens, a La plus grande partie des vases peints qui ont été retrouvés depuis 1690, époque à laquelle on a commencé à se livrer à ces sortes d'investigations , provient des fouilles faites dans le sol de l'ancienne Grande-Grèce, de Nola, de Capoue, de Naples, de Paestum et de toute la Sicile. On en tira cette conséquence trop hâtive qu'ils étaient le fruit exclusif d'un art toscan, et on les désigna sons le nom de vases étrusques (v. étrttsqok). Depuis on a trouvé des vases peints k Athènes, à Mêgare, à Milo, en Aulide, en Tauride, à Corfou et dans les îles de la Grèce. De plus, la connaissance toute nouvelle du vieux style hellénique a fait restituer immédiatement à la Grèce un art dont la roideur et l'archaïsme avaient offert à des yeux peu exereés les caractères de l'art étrusque.

Mais, quel que soit le pays où on les trouve, les poteries grecques ont toutes les mêmes caractères généraux de façonnage, de décoration, de forme et de coloration qui affirment en quelque sorte leur origine et auxquels les antiquaires savent fort bien les reconnaître. Elles en présentent, enoutre, d'autres d'une importance secondaire, qui sont comme autant de marques de fabrique et proviennent des procédés et des usages particuliers propres aux diverses localités.

Samos, Egine et Athènes paraissent avoir été les premiers centres principaux de l'industrie des poteries. D'après tous les historiens nationaux, ce furent même des ouvriers et des artistes formés dans ces trois villes qui initièrent les autres cités de la Grèce et les colonies grecques aux divers perfectionnements de la céramique. Comme cela est arrivé partout, beaucoup de fabriques embrassèrent la production de toutes sortes de poteries en général, tandis que, par suite de circonstances locales qui nous sont inconnues, d'autres s'en tinrent à certaines variétés spéciales, qu'elles parvinrent ainsi à monopoliser. Enfin, ainsi que c'est encore l'usage de nos jours, d'autres possédèrent des secrets, c'est-k-dire des procédés particuliers de façonnage, de coloration, etc., qui assuraient à leurs produits une' supériorité marquée sur ceux des fabriques rivales. C'est ainsi que les amphores de Corcyre et de Cos passaient pour les meilleures et les plus belles. Les lécythes d'Athènes, qui étaient ornés de sujets peints sur fond blanc avec des couleurs terreuses très -variées, jouissaient d'une réputation universelle. On recherchait les poteries d'Egine à cause de leur légèreté, et celles de Ténédos à cause de leur ténuité et de leur élégance; ces dernières étaient si fragiles que, quelque soin qu'oîi mit à les emballer, il était très-difficile de les transporter au loin. Les potiers de Sparte faisaient les vases à boire appelés collions, avec une habileté qu'on ne trouvait dans aucun autre lieu. 11 en était démêmede ceux de Chio pour les coupes nommées eylices, et de ceux de Samos pour les coupes dites cotylisques. Dans les colonies de l'Italie méridionale et de la Sicile, les fabriques les plus renommées étaient celles de Capoue, de Paestum, de Nola, d'Agrigente, de Métaponte, etc. Au nord de l'Afrique, Cyrène .possédait agssi des céramistes d'un grand mérite. Cette ville est célèbre dans l'histoire de la céramique grecque, it cause de la coupe d'Arcésilas, trouvée à Vulci, dans l'ancienne Eirurie, laquelle représente Arcésilas, roi de la Cyrénaïque,chauté par Pindare, faisant poser sur le pont de son navire et placer dans la cale des espèces de bourriches remplies d'assa fœtida.

Toute une série de ces vases porte, pour les antiquaires, le nom de vases de Nicosthènes. Ce sont des vases à peintures noires sur fond rouge, émanant de la fabrique italo-grecque de Nicosthènes. Nicosthènes, à en juger par ■le nombre de vases qui nous restent de lui, dut en faire une prodigieuse quantité. Ils se distinguent par une forme particulière : ce sont de petites amphores garnies d'anses larges et plates. Les anses aussi bien que la panse du vase sont elles-mêmes enrichies de peintures. Les sujets affectionnés par Nicosthènes sont en générafdes sujets mythologiques, tels 'que Hercule, Bacehus et Mercure, Une danse bachique, Combat de Thésée et de l'Amazone, etc.

L'usage de ces vases devait être très- varié, comme leur forme et leur grandeur. La plupart de ceux que l'on a retrouvés et qui ornent les galeries publiques ont été tirés des sépultures antiques. Nous pouvons donc affirmer que ces vases servaient aux cérémonies funèbres. A Nola, par exemple, où les tombeaux sont bâtis eh brique et forment une chambre sépulcrale enduite de stuc, un petit vase est près de la tète du mort; d'autres sont entre ses jambes, autour de lui ou suspendus aux murs par des crochets en bronze. Il y a ordinairement un vase en aiguière dans sa patère. Mais beaucoup de vases peints ont

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dû se refuser, par la nature même de leur ornementation, à tout usage funèbre. C'est que ces objets servaient également aux usanes domestiques, aux cérémonies religieuses. Quelques-uns n'étaient qu'un ornement pour l'intérieur des habitations ; • tels sont, dit Champollion, les plus grands, destinés par leur volume, leur poids et leur forme à rester à la même place, et ceux même d'une moindre proportion qui n'avaient point de fond et ne pouvaient rien contenir. »

Les formes des vases grecs dérivent en général de la forme de l'œuf ou de celle d'une cloche renversée ; certains ont la forme d'une corne; ce sont les ry thons ; on nomme diotas les vases k deux anses, et patères ceux qui ont la forme d'un disque. Les formes en sont généralement d'une grâce exquise , les anses posées avec goût, parfois très-ornées et élégament recourbées en col de cygne. Les couleurs sont appliquées de deux manières qui constituent deux genres particuliers de Bases. Les uns sont couverts au dedans d'une couleur noire; le dehors est un fond jaune ou rouge et les figures y sont tracées en noir en manière de silhouettes. Ce sont les Bases du plus vieux style. Les accessoires portent des retouches lourdement faites en blanc. Le second mode de peinture caractérise une époque postérieure. Il consistait à couvrir tout le Base de la même couleur noire, en ménageant la place et la forme des figures, qui se trouvaient alors de la couleur rouge de la terre. Les détails, tels que les cheveux, les yeux, les vêtements, sont finement dessinés k petits traits noirs. Les contours sont généralement d'une hardiesse étonnante. Elles ne pouvaient être exécutées qu'avec la plus grande célérité, remarque très-justement un archéologue distingué ; la terre absorbait très- vite les couleurs, et, si cette ligne avait été interrompue, la reprise devenait sensible.

Chaque vase peint n'a ordinairement qu'un sujet, lequel occupe tantôt un seul côté de la panse, tantôt, au contraire, toute la surface de cette pause. Quand la peinture n'est que d'un côté, et c'est là cas le plus fréquent, il y a un revers assez généralement insignifiant et composé de deux ou trois figures de vieillards qui instruisent un jeune homme ou lui présentent quelque instrument ou ustensile. Parfois aussi une bacchanale compose ce revers. Quelques vases ont deux rangs de peintures sur la panse. On dit alors qu'ils sont k deux registres.

Les sujets représentés sur les Bases grecs sont infiniment variés. Ils peuvent cependant se réduire à trois classes qui les renferment tous : i° sujets mythologiques ; 2° sujets héroïques; 3» sujets historiques.

« Les sujets mythologiques se rapportent, dit Champollion, à l'histoire de tous les dieux, et leurs aventures très-humaines y sont reproduites sous mille formes. La connaissance de !a mythologie grecque peut seule en expliquer les personnages et les circonstances; mais elle ne suffit pas toujours, et ce n'est pas trop quelquefois de tontes les ressources d'une érudition profonde. Toutefois, il est reconnu que la plus grande partie des peintures des vases est relative à Bacehus, à ses fêtes et à leurs mystères. On y voit sa naissance, son enfance, son éducation, tous ses exploits, ses débauches, ses banquets et ses jeux; ses compagnons habituels, ses pompes religieuses, les lampadophores agitant leurs longues torches, les dendrophores élevant des branches d'arbre, ornées de guirlandes et de tablettes ; les initias se préparant aux redoutables mystères; enfin, les cérémonies particulières à ces grandes institutions et les circonstances relatives 'à leurs dogmes et à leur but.

i Les sujets héroïques représentent également les actions des héros de l'ancienne Grèce, Hercule, Bellérophon, Cadmus, Persée et Andromède, Actéon, Dauaiis, Médée, les Centaures, les Amazones, etc.; et la Théséide ou mythe de Thésée ne fut pas moins fertile pour les artistes que l'Héracléide même ou mythe d'Hercule.

■ Les sujets historiques commencent avec la guerre de Troie, et les peintres comme les poètes trouvèrent dans cet événement un vaste champ pour exercer leurs talents et leur imagination. Les principaux acteurs de ce drame mémorable reparaissent sur les Bases, ainsi que les circonstances qui furent, pour les princes qui y prirent part, le résultat de leur présence devant Ilion; mais il est k remarquer que l'ensemble de ces sujets historiques ne s'étend pus en deçà des Hèraclides. On peut considérer comme appartenant à la classe des vases historiques les peintures relatives à des usages publics' ou domestiques, les travaux intérieurs, les jeux, les repas, les représentations scéniques, les combats d'animaux, la pêche, la chasse et les sujets funéraires; sous ce rapport les Bases peints sont d'un intérêt tout particulier pour l'étude des mœurs et des usages de l'ancienne Grèce, et de ceux que les Romains adoptèrent d'elle par imitation,

• On doit placer ici une remarque importante, relative à la variété des sujets mythologiques, héroïques et même historiques. Ces sujets, tes premiers et les seconds surtout, semblent former une mythologie et une histoire héroïque à part de celle des poëtes et des prosateurs grecs. On voit sur les vases

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dts personnages inconnus aux écrivains, des scènes entières qui le sont aussi et qui ne s'expliquent par aucune tradition écrite, ou nui sont figurées avec des circonstances que 1 histoire n'a pas connues ou ne nous a pas conservées. On juge par là combien l'étude approfondie des vases peints peut ajouter encore a ce que l'antiquité classique nous apprend des temps primitifs de la Grèce. On a au reste remarqué aussi que la mythologie des poètes n'est pas toujours conforme à celle des prosateurs; et, parmi les poètes même, celle des lyriques diffère souvent de ce qu'ont écrit les poètes tragiques. Le temps peut expliquer ces anomalies importantes; les traditions devaient s'altérer, et il put arriver une époque, celle des grands écrivains de la Grèce, par exemple, ou, dans cette confusion, il s'établit une espèce d'éclectisme qui laissait au poète, au mythographe, etc., la liberté de choisir, parmi ces traditions, soiî celle qui convenait le plus au but et à la nature du poème, soit celle qui paraissait la plus vraisemblable, i.es vases peints, les plus anciens surtout, qui sont antérieurs à ces écrivains, nous en apprennent donc plus ou nous apprennent autre chose que leurs ouvrages; c'est ce qui donne à l'étude de ces monuments un intérêt si grand et un charme réel ; ils représentent d'ailleurs authentiquement la véritable histoire de l'art chez les Grecs, depuis son origine jusqu'à sa perfection. ■

Une chose singulière, c'est qu'aucun des écrivains de l'antiquité n'a nommé un peintre de vases ; mais on trouve sur les vases les noms de plusieurs des artistes qui les ont exécutés, tels que ceux de Taléidès, Lasimon, Euphronias, Hiéron, Epictétos, Phintias, Asteaï, etc. Chacun de ces noms est accompagné du mot titolij«v ou du mot typoçtv (faisait, peignait, ou a fait, a peint). Quelquefois ces deux mots ou leurs variantes se Usent sur le même vase. Dans ce cas, le premier se rapporte au potier et le second au peintre. D autreT inscriptions ont pour objet de faire connaître les personnages et les scènes représentés. D'antres enfin sont des pensées morales, en prose ou en vers.

Le mot xakii (beau) ou son féminin se voit sur une foule de vases accompagné presque toujours d'un nom d'homme ou de femme. Il parait que le peintre l'écrivait d'abord en exécutant le vase, et qu'on y ajoutait ensuite le nom, et ce qui prquve que les choses se passaient ainsi, c'est qu'où possède des vases où le mot «aWç est seul. Quelle était, aux yeux des Grecs, la signification de ce mot ? Guattani a pensé qu'il était écrit par l'artisan au-dessus de celle des ligures de son vase qui obtenait le plus de suffrages quand il l'exposait en public; mais il faudrait pour cela que le nom propre écrit sur le vase fût aussi celui du personnage au-dessus duquel il se trouve, ce qui n'arrive pas. L'opinion admise généralement aujourd'hui est celle de Mazocchi. D'après cet antiquaire, xalôs est une simple expression d'amitié, d'attachement ou de reconnaissance à l'adresse de la personne dont le nom l'accompagne, et ce nom appartient à celui à qui He vase a été donné en cadeau. Au lieu de xiùo;, on écrivait quelquefois xtxiçl, salut, quand le donataire était un jeune homme. On trouve encore sur certains vases les deux mots xaWç, nalnj, beau, belle, ce qui fait supposer un cadeau de noce, et, si ces deux mots sont suivis de deux noms propres, ces noms sont incontestablement ceux des fiancés. Enfin, dans quelques circonstances, on écrivait «aloxâ-[d)o<, beau et brave, ce qui était le conïble de l'éloge de la personne.

La détermination de l'âge des vases peints de fabrication grecque a donné lieu a plusieurs systèmes contradictoires. D'Hancarville a cru pouvoir les attribuer aux Pélasges, opinion qui ne repose sur aucun fondement sérieux. D'autres savants les croient contenlporains d'Homère. Enfin, l'abbé Mazzola, qui a fait, des poteries trouvées en Campanie, une étude très-approfondie, a soutenu qu'elles étaient antérieures au chantre de VIliade. Les antiquaires les plus sages admettent aujourd'hui que les vases peints les plus anciens sont du vie siècle avant notre ère, et ils les divisent, d'après leur âge, en trois séries ou époques. Les vases de la première époque, c'est-à-dire ceux dont la fabrication est regardée comme la plus reculée, ont les ornements et les figures exécutés en noir ou en blanc sur fond rouge, avec une grande roideur dans la pose et Tes contours. Ceux de la seconde époque ont le* fond noir; leurs figures, d'un dessin plus correct, sont réservées ou plutôt réchampies sur fond jaune et rehaussées de violàtre et de rouge briqueté. Enfin, les poteries de la troisième époque, qui sont les plus modernes, se reconnaissent à la perfection de leur peinture et à leur grande légèreté ; elles ont généralement le fond noir. On ignore l'époque à laquelle on cessa d'en faire, mais on suppose que ce fut de bonne heure, peutêtre un peu avant la guerre sociale. Quoi qu'il en soit, Pline, l'historien de l'art chez les anciens, ne dit pas un mot de ces magnifiques produits de la céramique. Sénèque paraît être le premier qui en ait fait mention. Il raconte que les colons établis à Capoue par Jules César détruisaient les plus anciens tombeaux, pour bâtir des maisons de campagne, et aussi par.fj qu'ils y trouvaient

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des vases antiques (aliquantvm vasculorum operis aniigui reperiebant).

Les premiers vases peints ont été découverts en Italie au xvne siècle. Depuis cette époque, on en a trouvé, dans ce pays seulement, plus de 150,000, et l'on n'a pas encore exploré tous les tombeaux. En même temps que le goût de ces remarquables poteries s'est développé, il s'est formé des faussaires qui ont inondé de leurs produits les cabinets des gouvernements et des particuliers. Il existe plusieurs espèces de ces faux vases peints. « Le vase est antique, mais les peintures sont modernes. On a ajouté des. détails et des inscriptions aux peintures antiques. Sur un vase noir, on a enlevé la glaçure par places pour découvrir la couleur de la terre, et on y a peint des figures. Les différences du style du dessin, la multiplicité des détails, les ongles indiqués aux doigts de la main et du pied trahissent cette fraude. L'épreuve qu on fait subir aux couleurs des vases faux est aussi très-concluante ; si le faussaire a employé des couleurs détrempées dans l'eau ou de l'alcool, il suffit de passer de l'eau ou de l'esprit-de-vin pour les faire disparaître; les couleurs antiques, ayant été cuites avec le vase, résistent à cette épreuve. » (Champollion.)

Pour nous résumer, l'aspect seul des vases grecs et campaniens prouve à quel point l'amour de la forme et le sentiment artistique étaient développés chez les peuples de l'antiquité, puisque les ouvrages de simples et grossiers artisans peuvent, ajuste titre, être considérés par nous, aujourd'hui encore|, comme des œuvres d art. La fabrication de la faïence permit de compliquer bien plus encore les ornements et la décoration des vases, grâce à l'application des émaux qui permettaient de les recouvrir de peintures véritables et de dessins de toutes nuances. Avec Lucca delîa Robbia et Bernard Palissy, on imagina d'imiter, dans l'ornementation des vases, des objets naturels, fruits, fleurs, insectes, etc, ajoutant à la réalité du relief la réalité de la couleur. Ces deux maîtres montrèrent, dans la conception et l'exécution de leurs œuvres, un goût sûr et de la plus grande pureté. Plus lard, quand on eut remplacé l'imitation des fleurs, fruits et insectes par des ornements de fantaisie auxquels on conserva une coloration qui se rapprochait de la réalité, on arriva à produire' des vases très-riches, très-ornementés, mais d'un caractère beaucoup moins séduisant et d'un goût beaucoup moins pur que les précédents. Les uns et les autres n'étaient plus, comme les poteries anciennes, des objets de première nécessité, mais des objets de luxe, bien que présentant encore un certain caractère d'utilité.

Les vases de métal précieux connus de l'antiquité, tout en étant d'un emploi assez rare, devinrent plus nombreux cependant et furent destinés soit, au service du culte, soit à l'usage domestique, soit à l'ornement. Ils donnèrent lieu à une industrie nouvelle, l'orfèvrerie, qui devint une des plus importantes de la Renaissance. Ici, la valeur et la durée de la matière employée rendaient, en quelque sorte, nécessaire la perfection du travail et la richesse de l'ornementation. L'un et l'autre permirent à l'art de la ciselure de se développer et nous donnèrent des artistes tels que Benvenuto Cellini.

Dès la Renaissance, le vase devint un motif d'ornementation et de décoration architecturales; à cette époque même on en usa à profusion. La coutume, déjà établie , de placer des fleurs naturelles dans des vases de. faïence destinés à ce seul usage, permit aux artistes de se livrer plus librement encore à leur fantaisie et aux architectes d'utiliser ce genre d'ornementation^ Sous Louis XIV, on donna aux vases décoratifs une très -grande importance et on en fit de véritables œuvres sculpturales, les couvrant de bas-reliefs, les enrichissant de guirlandes, de têtes d'animaux et de rinceaux en forme d'anses. Dans ce genre, les vases de Lepautrt: sont restés comme des modèles merveilleux de goût, de richesse, de proportion et d'exécution. Sous Louis XVI, on fit subir aux vases les modifications qu'exigeait le style, leur conservant l'importance qu'ils avaient acquise dans la décoration architecturale, mais leur donnant une forme telle qu'ils pussent recevoir des fleurs. Depuis ce temps , les vases ont été employés de la même manière, recevant dans la forme les changements propres aux différents styles qui se sont succédé. La métallurgie moderne, en livrant à la consommation des vases décoratifs de fonte, coulés dans des moules, a rendu commun ce genre d'ornementation des jardins.

— Liturg. Les vases sacrés sont ceux qui, dans l'exercice du culte, servent à consacrer et à renfermer les hosties ou le vin ; tels sont les calices, les ciboires, les pyxides, les patènes. Ces vases ne peuvent être employés à cet usage qu'après avoir reçu la bénédiction de l'évêque. Cette coutume de n'employer que ces vases au sacrifice remonte fort loin ; il en est fait mention dans le sacramentaire du pape Gélase, écrit au vo siècle, et dans celui de saint Grégoire.

Le prêtre seul peut toucher aux vases sacrés ; la main d'un laïque les profanerait. A tout le moins faut-il au laïque qui les touche une permission spéciale de l'évêque;' c'est

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ainsi qu'il est fait exception à la règle générale en faveur des sacristains. Les protestants n'ont pas de vases sacrés ; ils ne font aucune difféi-ence entre les vases qui servent à leur culte et les vases d'un usage ordinaire.

— Vases communicants. La théorie des vases communicants , qui est due a Galilée, a pour objet de rechercher les conditions d'équilibre des liquides, pour le cas particulier où ils sont contenus dans des vases communiquant entre eux. Elle est fondée sur les principes ordinaires de l'hydrostatique relatifs à la pression des fluides.

Pour réduire le phénomène à sa plus grande simplicité , considérons d'abord un seul liquide contenu dans deux vases ayant une paroi commune percée d'un orifice. Soient

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Fig. 1.

(fig. l) V et V deux vases qui communiquent par l'orifice O, et remplis de liquide. L'équilibre étant supposé établi dans la masse de ce liquide, tous les points d'une tranche horizontale AB passant par l'orifice supportent évidemment la même pression , comme s'il n'y avait qu'un seul vase. Il en résulte que la pression est aussi la même en tous les points d'un autre plan horizontal quelconque CDE traversant les deux vases; car si, par exemple, la tranche CD supportait une pression différente de celle supportée par la tranche DE, ces deux pressions inégales, s'exerçant, par l'intermédiaire du liquide interposé, sur la tranche AB, empêcheraient celle-ci de conserver l'équilibre que nous lui avons supposé. Il en résulte encore qu'un même liquide atteint le même niveau dans »les vases communicants, car si le niveau était CD dans un vase et IK dans l'autre, la tranche DE serait plus pressée guo CD, ce que nous venons de démontrer impossible.

Si l'on verse dans chaque vase un liquide différent, deux phénomènes se présentent :

]o Si leurs densités sont sensiblement différentes, « les deux liquides restent séparés, et leur surface de séparation est horizontale. »

S» Les niveaux étant différents, • les hauteurs des niveaux des liquides au-dessus de la surface de séparation sont en raison inverse des densités de ces liquides. •

Ces deux phénomènes peuvent évidemment se démontrer par l'expérience. Le premier est une de3 conditions de l'équilibre des liquides en contact. En effet, supposons que le plan de séparation de deux liquides L, V

Fig. 2.

puisse être incliné suivant MN (fig. â); il en résultera que la pression ne sera plus la même dans toute l'étendue de la tranche horizontale MP. Si, par exemple, le liquide L' est moins dense que le liquide L, le point M, au-dessus duquel il n'y a que du premier liquide, sera moins pressé que le point P, audessus duquel se trouve une égale hauteur de deux liquides superposés; par suite, l'équilibre ne pourra avoir lieu. Il faut donc, pour qu'il y ait équilibre , que la surface de séparation des deux liquides soit horizontale. La tranche liquide qui est à la surface de séparation, étant horizontale et en équilibre, supporte la même pression en tous ses points. Soient S l'étendue de cette tranche, d et d' les densités des deux liquides, h et h' les distances de leurs niveaux à la surface de séparation. Celle-ci supporte (v. pression) de la part d'un liquide une pression égale à Shd, et, de la part de l'autre, une pression égale à Sh'd'. Dans l'état d'équilibre, ces deux pressions sont égales; donc Shd = Sh'd', d'où

Ces principes sont indépendants de la forme des vases mis en communication. Ils rencontrent de fréquentes applications dans la nature et dans l'industrie. Us expliquent la ten-

dance des liquides à prendre leur niveau, tendance qui est utilisée dans les instruments appelés niveaux d'eau, dans l'emploi des écluses sur les canaux de navigation, dans les puits artésiens, etc.

VASE s. f. (va-ze — hollandais wase, mot qui appartient à la même famille que le gothique valo , eau, ancien haot allemand wazar, anglo-saxon vase, allemand wasser, eau, le lithuanien vandu et l'ancien slave voda, même sens. Ces divers termes se rattachent probablement à la racine sanscrite vad, vand, qui est la forme primitive de la racine «rf, und, mouiller, arroser, couler). Boue qui se dépose au fond des eaux : S'enfoncer dans la vase. Le riz de l'Asie vient en abondance, dans les vases du Gange. (B. de St-P.)

— SyO. Vnio, boue, bourbe, etc. V. BOUE.

— Encycl. Agric. La vase ou limon qui se dépose au fond des eaux résulte de la décomposition des végétaux qui y croissent et des animaux qui y vivent, ainsi que des terres fines qui y sont entraînées parles pluies. Les vases d'eau douce, si abondantes dans certaines localités, forment un excellent engrais, et il y aurait partout avantage à les recueillir ; mais bien souvent on néglige ce soin, à moins qu'on n'y soit amené par un autre motif, comme la nécessité d'approfondir ou de nettoyer un étang ou un ruisseau. La vase, dans bien des cas, a une action plus intense et plus durable que celle du meilleur fumier; mais cette action est plus lente; il faut que la vase soit élaborée par une exposition plus ou moins prolongée à l'air libre. Il vaut mieux encore la mélanger avec de la chaux vive ou la stratifier avec des terres végétales, en un mot en faire un compost. Les vases s'appliquent le plus ordinairement sur les sols légers, les terres siliceuses ou calcaires ; on peut aussi les employer avec avantage sur les sols tourbeux ou les terres de bruyère, mais seulement quand elles sont sèches ou que le sol a été durci par une forte gelée. Elles ont une double action chimique et mécanique. Les vases de mer forment un engrais plus énergique encore, mais qui ne peut être d'un emploi aussi général que le précédent. Quand elles sont riches en argile, elles modifient avantageusement les terres légères et siliceuses; on a constaté que leurs effets sont plus sensibles dans l'intérieur que sur le littoral.

VASE, ÉE, adj. (va-zé — rad. vase). Couvert, mêlé ou sali de vase : Terres vasées. Foins vases.

VASEAU s. m. (va-zô — rad. vase s. m.). Tech. Sorte de sébile en bois qui reçoit les têtes d'épingles, à mesure qu'on les coupa.

VASEUX, EUSE adj. (va-zeu, eu-ze — rad. vase). Qui contient de la vase ; qui est formé de vase : On bassin vasisux. Un fond vaseux.

— Fig.. Sale, vile, honteux : Il se tripote dans les bas-fonds cinqvanie industries vasuusks que vous ne soupçonnes pas. (E. Augiei). Il Peu usité.

VASI (Joseph), dessinateur et graveur ita* lien, né en Sicile en 1710, mort en 1782. H vint étudier à Rome et y séjourna pendant la plus grande partie de sa vie. Cet artiste, qui forma plusieurs élèves , notamment Piraiiesi. a laissé sur les monuments de cette ville plusieurs ouvrages parfaitement gravés et remarquablement écrits : Délie magnificenze di Borna antica et moderna, avec texte du P. Bianchini (Rome, 1761,10 vol. in-fol.); Tesoro sacro, cioè le basilic/te, le cfiiese, i cimite.rj e i santuarj di Borna (1778,2 vol.); llinerario di Roma (1777); Prospetlo d'Alma citlà di Borna (1765), etc.

VASICOLE adj. (va-zi-ko-le — de vase, et du lat. colo, j'habite). Zool. Qui habite la vase.

VAS1DUCTE s. m. (va-zi-du-kte —du lat.

vas, vase, vaisseau; ducior, qui conduit). Bot. Faisceau vasculaire qui court entre les deux enveloppes de la graine, et fait communiquer le hile et lachalaze : Le vasiductb est souvent peu apparent à l'extérieur; on ne le découvre alors que par la dissection. (F. Hœfer.)

vasiÈRB s. f. (va-zi-è-re — rad. vase). Endroit vaseux.

— Pêche. Parc à moules.

— Techn. Syn. de vasais.

VASIET s. m. (va-zi-è). Bot. Syn. de vaciet.

VASIFORME adj. (va-zi-for-roe — de vase, et de forme). Hist. nat. Qui a la forme d'un vase.

VASIL1 ou BASILE l", grand prince de Russie, né en 1236, mort en 1276. Il était fils d'Iaroslav II, frère d'iaroslav III, auquel il succéda avec 1 appui des Tartares. Il dut, pour ce service, accompagner le khan dans une campagne en Lùhuanie. C'est sous son règne (1774) que se tint le concile national de Vladimir.

VAS1L1 11, grand prince de Russie, fils et successeur de Dmitri IV, né en 1372, mort eu U25. Appelé au trône en 1389, il eut fréquemment à lutter contre son beau-père Vitold, grand-duc de Lithuanie, et soutint dans Moscou un long siège contre un des généraux de Tamerlan, qu'il n'éloigna qu'à prix

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d'or (HOS). On a justement reproché à ce prince sa cruauté.

VASILI III, dit l'Aveugle, grand prince de Russie, (ils du précédent, né en 1415, mort en 1462. Il succéda à son père en 1425, fut plusieurs fois dépossédé, d'abord par son oncle Jouri Dmitriévitch.qui mourut en 1434; puis par le khan de Kazan , qui le fit prisonnier dans une grande bataille (1446) et no lui rendit la liberté que moyennant une énorme rançon ; enfin par Dmitri Chemiaka, fils d'Iouri, qui lui fit crever les yeux et qui fut chassé lui-même de Moscou par les habitants indignés. Grâce aux fautes de ses adversaires, Vasili recouvra son autorité, qu'il conserva jusqu'à sa mort.

VASILI IV, grand prince de Russie, fils et successeur d'Ivan III et petit-fils du précédent, né eu 1479, mort en 1505. Ce fut lo premier grand prince de Russie qui prit le titre d'autocrate. 11 lutta contre la féodalité, abolit les franchises municipales de Novgorod et de Pskov et jeta les fondements du pouvoir absolu. Il prit Smolensk aux Lithuaniens, mais il se laissa enlever Moscou, sa capitale, par les Tartares (1521), qui lui imposèrent un tribut; toutefois, il ne tarda pas a reprendre l'avantage sur les barbares et leur imposa tnème un khan de son choix. Peu de temps avant sa mort, il embrassa la vie monastique. '

VASII.l V CHOU1SKI, czarde Russie, descendant de Vladimir le Grandj, né en 1553, mort en 1612. Il fut d'abord régent de l'empire pendant la minorité de Kédor II (1605). Ce prince ayant été chassé parle fauxDmitri, Vasili renversa l'usurpateur et garda le pouvoir pour lui-même, malgré les rébellions, qu'il contint au moyen des secours de trouves que lui envoya le roi de Suède Chares IX. Mais il fut moins heureux dans sa guerre contre le roi de Pologne Sigisraond, auquel il fut livré (1609) par les Moscovites. Il mourut prisonnier à Varsovie. '

VAS1L1KO, ville de la Grèce moderne, dans la monarchie d'Argolide et Oorinthie, à 16 kilom. N.-O. de Corinthe, près du golfe de ce nom; 2,300 hab. Non loin, auS.-E., sont les ruines de l'ancienne Corinthe.

VASIL1-POTAMO, littéralement le fleuve royal [liasilipotamos en grec moderne), rivière de la Grèce, duus le Péloponèse ou Morée. Elle prend sa source dans les montagnes d'Arcadie, coule au S., entre dans la Laoonie , baigne les ruines de l'ancienne Sparte et se jette dans le golfe de Laconie ou de Murothonisi après un cours de 180 kilom, On lui donne quelquefois le nom d'Iri, C'est l'Eurotas des anciens. Voici comment Pouqueville décrit ce fleuve célèbre : « Le fleuve royal coulait alors à plein canal ;... je descendis de cheval pour dessiner le paysage qui s'offrait a mes regards. Tout me ravissait, vallons, bocages, coteaux, montagnes, et je suivis à pied la rive droite du neuve ~ui est toujours orné de ses grands roseaux, e ses lauriers-roses, et auquel il ne manque que des cygnes amoureux pour compléter les récits que les poètes ont faits de ses bords enchanteurs. Un calme profond, l'air suave du matin, le bruit des cascades du fleuve royal rendaient ma promenade délicieuse.

J'étais dans une sorte de ravissement, lorsque j'aperçus de l'autre côté de l'Eurotas des Tchacons (nom moderne des Spartiates, dérivé du mot sakon) qui coupaient des roseaux. >

VASIO, ville de la Gaule romaine, dans la Viennoise, chez les Voconces, dont elle était la ville principale. Patrie de Trogue-Pompée. C'est aujourd'hui Vaison.

VAS1SHTHA, célèbre poète et brahmane indou, qui vivait à une époque difficile à déterminer. Dans l'histoire brahmanique, il est regardé comme le plus saint et le plus instruit des douze grands riskis ou voyants à qui Brahma a permis de voir les hymnes du Véda, et il est en outre le chef de quatre des quarante-neuf gotras ou familles principales parmi les brahmanes. La rivalité qui éclata entre lui et Viçvâmitra est devenue fameuse. Ce dernier, appartenant à la caste des guerriers, le visita pendant une chasse dans son ermitage et voulut lui volet- une vache merveilleuse ; mais celle-ci se défendit si bien qu'il dut renoncer à son projet. Viçvâmitra, voulant expier sa conduite passée, se livra à toutes sortes d'austérités et devint brahmane à son tour. Dans une cérémonie qui eut lieu à la cour du roi Ayodhya, Vasishtha officia comme grand prêtre , tundis que Viçvâmitra remplit les fonctions de simple prêtre. Celui-ci en conçut une implacable haine contre Vasishthu, qui se montra au contraire envers lui plein de modération et ne cessa d'engager les siens à .oublier l'animosité dont il était l'objet. Vasishtha a composé un des dix mandatas du Rig- Véda, cent deux hymnes du septième mandata, des commentaires sur le rituel, etc. Ses hymnes ont été comparées aux psaumes de David et aux odes de Pindare pour l'éclat des images et la vigueur de l'inspiration. On les trouve dans le Rig-Véda, traduites par Langlois (t. III, p. 27-184).

VASISTAS s. m. (va-zi-stass. — Ce mot,

dont le peuple a fait aussi vayistas, vient de

l'allemand was ist das, qu'est-ce, qu'est-ce

.qu'il y a? C'est proprement une petite fenê-

YASO

tre pour voir ce qui se passe). Partie mobile pratiquée dans une porte ou une fenêtre, pour donner de l'air au besoin : Elle passa sa tête au vasistas d'une des fenêtres. (Alex. Dum.) il Panneau mobile qui s'adapte à la porte d'une voiture.

— Hist. Nom que l'on donna, sous la Terreur, à la lunette de la guillotine. Il Mettre la tête au vasistas, Etre décapité.

VASLES, bourg et commune de France (Deux-Sèvres), cant. de Menigoute, arrond. et à 20 kilom. de Parthenay, sur l'Auzance; pop. aggl., 275 hab. — pop. tôt., 2,568 hab. Métiers à étoffes; fours k chaux, tuileries.

VASOLYMPHE s. m, (va-zo-lain-fe — du Iat. vas, vase, vaisseau, et de lymphe). Anat, Vaisseau lymphatique.

VASO-MOTEUR adj. et s. m. (va-zo-moteur — du Iat. vas, vaisseau, et de moteur). Anat. Se dit des nerfs qui président au mouvement des vaisseaux sanguins.

— Encycl. Les nerfs vaso-moteurs ne sont nulle part complètement isolés. Dans les cavités thoracique et abdominale, ils sont associés aux nerfs viscéraux proprement dits ; dans le reste du corps, ils sont unis aux nerfs rachidiens. Leur origine apparente est dans les ganglions du grand sympathique. Pour les nerfs viscéraux, cela est évident; les nerfs des artères de l'intestin, de l'estomac, du foie, etc., viennent du ganglion cœliaque; les nerfs du poumon et du cœur, du plexus cardiaque, etc. Quant aux nerfs vasomoteurs du tronc et des membres, ils proviennent des ganglions de la chaîne du grand sympathique. Les nerfs vasculaires de la cuisse naissent de la région lombaire et de la partie inférieure de la région dorsale de la moelle; ils remontent même quelquefois jusqu'à la septième vertèbre dorsale. Ceux de 1 épaule et du bras descendent parfois jusqu à la cinquième ou sixième vertèbre dorsale ; ceux de la jambe et du pied viennent de la région lombaire et de la région sacrée; ceux de l'avant-brus et de la main viennent de la partie inférieure de la région cervicale et de la partie supérieure de la région dorsale du grand sympathique et sont unis aux origines des nerfs du plexus brachial. Quant aux nerfs vaso-moteurs de la tête et du cou, ils émergent de la moelle avec les racines des deux premières paires dorsales.

La science n'est pas encore complètement fixée sur l'existence des nerfs vaso-moteurs. Quelques auteurs se refusent à admettre l'existence de ces régulateurs de la circulation sanguine. Mais, nâtons-nous de le dire, l'expérience et l'observation semblent devoir confirmer l'opinion de ceux qui admettent ces nerfs chargés de présider aux variations si multiples et si délicates du courant sanguin dans toutes les' portions du système circulatoire.

Que les fonctions circulatoires soient sous l'influence du grand sympathique, rien n'est mieux démontré. Coupez sur un lapin le nerf grand sympathique au cou , au-dessus du ganglion cervical supérieur, et, peu de temps après, vous verrez les vaisseaux de l'oreille du côté opéré se tuméfier, se dessiner nettement sous la peau et la température de la partie s'élever. Les vaso-moteurs qui animaient la tunique musculaire des vaisseaux étant séparés de leur centre, les fibres musculaires de cette tunique sont paralysées et la tension sanguine amène rapidement leur dilatation, c'est-à-dire l'engorgement et la congestion des parties. (Cl. Bernard.) En extirpant sur des chiens, des chats et des lapins le plexus solaire et les ganglions semi-lunaires , on constate , entre autres phénomènes, que la muqueuse de l'estomac et de la partie supérieure de l'intestin grêle est fortement injectée et que cette ablation entraîne même des épanchements sanguins sous-muqueux. En coupant sur des grenouilles le plexus ischiatique au point ou il sort de la moelle, les vaisseaux du membre inférieur se dilatent visiblement. (Cunning, Pincus et Samuel.)

La chaleur animale et les sécrétions étant liées étroitement à la vitesse du courant sanguin et à l'énergie des combustions iutravasculaires, on conçoit qu'il y ait des relations bien établies entre l'état des nerfs vasomoteurs et la chaleur animale et les sécrétions. Aussi, lorsqu'on pratique la section d'une moitié de la moelle vers le milieu de la région dorsale, on constate une augmentation de température dans le membre du côté paralysé. On a souvent observé, à la suite de la section ou de la destruction d'une partie plus ou moins étendue de la moelle, une élévation de température telle que celle des parties paralysées dépassait de 5", 8" et même 12° celle des parties non paralysées. L'influence des nerfs vaso-moteurs sur les sécrétions n'est pas moins grande. Lorsqu'on les supprime et qu'on empêche leur action, les tuniques des vaisseaux se paralysent et, ne pouvant plus opposer à la tension sanguine une résistance suffisante, elles laissent passer les éléments liquides du sang plus facilement au travers de leur paroi ; l'élaboration est activée et le produit de la sécrétion se forme en quantité plus considérable qu'à l'ordinaire. Lorsque, sur des lapins, on retranche le plexus solaire, l'animal est bientôt atteint de diarrhée. Lorsqu'on leur extirpe les ganglions cervicaux, on voit

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des épanchements séreux dans le péricarde et ailleurs. Après la section de ces ganglions sur des chevaux, on observe que la partie correspondante de la face et de l'encolure est mouillée par une sueur abondante. Les glandes salivaires et lacrymales, quoique placées hors des cavités splanchniques, éprouvent, comme les autres, l'influence du grand sympathique. Cette influence ne s'exerce pas seulement sur la quantité, mais encore sur la qualité des sécrétions.

Quand on coupe les nerfs pneumogastriques du cou suivant la méthode ordinaire, le suc gastrique conserve ses propriétés caractéristiques; mais quand on les coupe au niveau de l'anneau œsophagien, ce suc perd, entre autres, son pouvoir de coaguler le lait. Or, entre ces deux expériences, il y a celte différence que, dans la première, on respecte les branches pectorales-du grand sympathique qui vont à l'estomac avec le pneumogastrique, et que, dans le second, ces branches sont coupées avec les pneumogastriques eux-mêmes. ,

La congestion, l'inflammation, et en général tous les phénomènes dus à une accumulation du sang dans une région ou à l'accélération du sang, s'expliquent par les nerfs vaso-moteurs. On coupe à un lapin le nerf grand sympathique du côté droit à la région cervicale , puis on introduit dans chaque oreille , par une plaie pratiquée à dessein, une petite perle de verre sur laquelle on recoud la plaie . La température do l'oreille droite est de 37", celle de l'oreille gauche n'est que de 20°. Au boDt de six jours , l'oreille droite n'est presque plus gonflée, l'oreille gauche est fortement tuméfiée. Au bout de douze jours, la plaie de l'oreille droite s'est ouverte par déchirure des bords de la plaie, qui est sèche et sans gonflement. Le gonflement de l'oreille gauche a, au contraire, notablement augmenté, et il s'est formé dans son intérieur un vaste abcès purulent. On coupe & droite, sur un lapin, le grand sympathique du cou et, quand les vaisseaux du globe oculaire sont dilatés, on verse de l'acide acétique concentré sur les deuxtyeux. Ils se troublent à l'instant et une conjonctivite violente éclate. Pendant dix jours, on ne remarque aucune différence. Plus tard, on voit la conjonctive droite reprendre son état normal, tandis que la gauche reste longtemps malade. Au bout de quatre semaines , la cornée est encore si trouble qu'on n'aperçoit pas la pupille.

La paralysie locale des vaso - moteurs amène donc la congestion des parties où elle a lieu, et l'excitation de ces vaso-moteurs ,1a fait cesser. La paralysie de tous les vaso-moteurs de l'organisme amène la fièvre. La fièvre est une accélération du courant sanguin due à un relâchement général des vaisseaux, lequel relâchement est dû à son tour à ta paralysie ou à la faiblesse des vaso-moteurs. La sulfate de quinine guérit la fièvre, parce qu'il excite et raffermit l'action de ces nerfs et ramène ainsi les vaisseaux à leur calibre normal.

En galvanisant les filets du grand sympathique qui se rendent à la rate, et, par suite, en réduisant le volunw des vaisseaux qui y sont contenus, M. Cl. Bernard a vu cet organe se contracter et diminuer de volume. L'électricité agit comme le sulfate de quinine et comme le froid sur i&s'vaso-moteurs. Elle les excite, et, sitôt qu'ils sont excités, le volume des vaisseaux sanguins diminue. Les médicaments dits antiphlogistiques son t ceux qui agissent comme excitants des vaso-moteurs et les aident à rétablir le couraut sanguin dans sa régularité et sa tension normales, en même temps qu'à remédier aux troubles de calorification et de sécrétion.

VASON s. m. (va-zon — rad. vase). Techn, Motte d'argile préparée pour le moulage ou le tournage.

VASON s. m. (va-zon). Mythol. ind. Nom donné à des génies, au nombre de huit, qui constituent une classe secondaire.

VASOUDEVA, fils de Soura et de Marousa et père du dieu Crichna, dans la mythologie indienne. Il était directeur des domaines do Mathourâ. Il eut plusieurs épouses, entre autres ttohini et Dèvaki, sœur du roi Kansa. Vasoudeva eut l'adresse de soustraire à la fureur du dieu Kansa ses deux enfants Bala- Rama et Crichna, que les oracles annonçaient comme devant un jour donner la mort à leur oncle. Il les fit élever au milieu des bergers, jusqu'au moment où leur destinée dut s'accomplir. Ils revinrent alors a Mathourâ, tuèrent le tyran, rétablirent leur aïeul sur le trône et coururent ensuite à d'autres exploits. Vasoudeva et Dévaki jouissaient avec modestie des triomphes de leurs enfants, qui, toujours pleins de respect pour eux, leur faisaient hommage de leur gloire. Vasoudeva expira de chagrin à la mort de Crichna.

VASQUE s. f. (va-ske — d'un adjectif vasieus, provenu du latin vas, vase, à moins que vasque ne soit pour vasche et ne représente le diminutif latin vascutum, petit vase). Archit. Bassin rond, peu profond, ordinairement évasé sur le bord, qui reçoit et laisse déborder les eaux d'une fontaine : Figurezvous une fontaine monumentale , dont les vasques portent sur les épaules des dieux aquatiques. (Th. Gaut.)

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VASQUEZ (Gabriel), casuiste espagnol, né dans la Nouvelle-Castille en 1551, mort en 1604. Attaché à l'ordre des jésuites, il professa la théologie à Madrid, à Rome et à Alcala. Sa doctrine avait de graads rapports avec celle d'Escobar. Ses contemporains l'avaient Surnommé l'Anguilin de l'Eapague et la Lumière de la théologie. Ses Œuvres ont • été publiées à Lyon en 1620 (10 vol.).

VASQUEZ (Alphonse), peintre espagnol, né à Rome vers 1575, mort en 1645. Il vint tout enfant à Séville, où il fit ses études artistiques et où il résida la plus grande partie de sa vie. C'est aussi dans cette ville que se trouvent la plupart de ses œuvres, parmi lesquelles nous citerons : Saint Louis Éeltran, fresque; une Madeleine; un Christ mort avec la Vierge ; Saint Jean ; Saint François d'Assise, toile qui se trouve;, ainsi que les trois précédentes, dans la sacristie du couvent de la Merci; une Vie de saint Baymond, en plusieurs tableaux, dans le cloître principal du même couvent ; le Mauvais riche, qui appartient à la famille d'Aleala, etc. Une grande correction de dessin, la grâce et la pureté des formes sont les principales qualités des œuvres de Vasquez, qui dénotent, en outre, dans leur auteur une science profonde de l'anatomie. — Jean-Baptiste Vasquez , qui vivait à Séville vers la même ' époque que le précédent, et qui était proba- | blement de la même famille, cultiva avec I succès la peinture et la sculpture. On cite, j comme la plus remarquable de ses œuvres : ! la Vierge donnant une grenade à l Enfant Jésus, qui s'amuse avec un chardonneret, toile qu'il exécuta pour l'autel de Notre-Dame-dela-Grenade, à Séville.

VASQOEZ DE CORONADO (François), voyageur espagnol du xvio siècle. Il était depuis plusieurs années au Mexique, lorsque le vice-roi de cette contrée, Antoine de Mendoza, l'envoya explorer les contrées découvertes par Marcos de Niza. A la tête de 150 cavaliers et de 200 fantassins, Vasquez s'avança à 300 lieues vers le nord ; mais il ne rencontra partout qu'un pays aride et pauvre et revint à Mexico sans avoir établi nulle part de colonie espagnole, et après avoir perdu les deux tiers des hommes de son expédition. On ne sait ce qu'il devint à dater de cette époque. La relation de son voyage, qui a été imprimée dans la Collection Ternaiïx, est d une exactitude remarquable, et certains sites qu'il a décrits sont encore de nos jours faciles à reconnaître.

VASSAL, ALE s. (va-sal, a-le — bas latin vassalus. En basse latinité , vassi signifia d'abord les gens attachés au service de l'empereur, du roi, d'un prince, d'un grand, d'une communauté : homines régis, homines principis, homines conventus. Le bas latin vassus

Erovient du celtique : kymrique gwas, jeune omme, garçon, serviteur, valet ; armoricain gwâz, homme, domestique, sujet; irlandais gas, jeune homme, garçon', valet d'armée, goujat). Féod. Personne qui tient un fief d'un seigneur et relève de lui : Dans le fond, je suis un bon homme; mes cure's, mes vassaux, mes voisins sont très-contents de moi. (Volt.) Souvent les vassaux dictèrent la loi à leur souverain. (Bignon.) U Grands vassaux, Vassaux qui relevaient du roi. Il Vassal direct, Celui qui tenait directement son fief de son suzerain, il Arrière-vassal, Celui qui tenait son fief d'un vassal. On disait aussi vavassëur. Il Vassal tenant verge, Vassal revêtu de l'autorité judiciaire.

— Fig. Personne qui est sous la dépendance de quelqu'un ou de quelque chose : JVe soyez le vassal d'aucune âme, ne relevez que de vous-même. (Balz.) Mes jambes sont des vassales tout à fait infidèles. (Champfleury.) Tout glorieux est notre vassal ; il nous paye tribut. (A. d'Houdetot.)

— s. f. Mar. Syn. de vassolb.

— Encycl. Les vassaux, tout d'abord , n'étaient point de condition servile, comme on pourrait le supposer; ils étaient au contraire seigneurs possédant des fiefs et n'étaient liés au suzerain que par la religion du serment. Ce n'est qu'abusivement que le mot de vassal 'impliqua, vers la fin de la féodalité, une idée de servitude et de roture. Dans l'origine, les nobles seuls étaient vassaux, car eux seuls recevaient des fiefs d'un grand seigneur ou d'un roi. Les devoirs du vassal et les droits du suzerain variaient suivant le rang des deux parties, Suivant les coutumes des provinces, etc.

De quelle époque exacte date la vassalité? C'est ce que nous ne saurions dire. On a prétendu que la chose existait avant le mot. Cependant l'expression vassal (vassalus) était employée dès la première race ; mais déjà la vassalité existait depuis longtemps.

« J'ai parlé, dit Montesquieu dans son Esprit des lois (liv. XXVIII, ch. xvi), j'ai parlé de ces volontaires qui, chez les Germains, suivaient les princes dans leurs entreprises; le même usage se conserva après la conquête. Tacite les désigne par le nom de compagnons; la loi salique, par celui d'hommes qui sont sous la loi du roi; les formules de Marculfe, par celui d'antrustions du roi; nos premiers historiens, par celui de leudes; les suivants, par celui de vassaux et de seigneurs. ■

Lors de la conquête des Gaules par les

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barbares du Nord, les chefs de ces troupes sauvages donnaient à ceux qui leur juraient fidélité une partie de leurs domaines. Celui qui s'était ainsi lié envers un roi ou un chef avait d'abord pris le nom de leude, et, dès avant la race capétienne, ces leudes avaient tenté de se rendre indépendants ou tout au moins d'acquérir l'hérédité. Charles-Martel et Charlemagne, changeant le nom de leude en vassal, ne donnèrent plus de bénéfices qu'à titre précaire.

Les auteurs de la basse latinité désignent les vassaux par les noms de fidèles, de consortes, eonjuges, comités, comitiiones, tnitites, bénéficiant, konorati, noms qui prouvent que les vassaux étaient de fidèles militaires , pour ainsi dire inséparables1 de leurs seigneurs. Les vassaux prirent un peu plus tard le nom d'homme lige, homme de fief, homme. Etre l'homme de quelqu'un, c'était être son vassal.

Le vassal rendait la justice et percevait les droits au nom du suzerain. Il était obligé au service militaire, et c'est de là que, dans le x« siècle, il prenait souvent le titre de miles au lieu de celui de vassalus.

Lorsqu'un vassal offensait gravement son seigneur, soit dans sa personne, soit dans son honneur, il commettait le crime de félonie et ses biens étaient confisqués. Le vassal et le seigneur avaient, toutefois, des devoirs réciproques. Le vassal devait honneur et fidélité; le suzerain devait protection. Le vassal était obligé d'assister aux audiences du bailli de son seigneur et de lui donner conseil. Lorsque les vassaux avaient quelque procès entre eux, ils avaient le droit d'être jugés par leurs pairs, présidés par le suzerain ; cet usage, -tombé en désuétude, ne fut observé'que pour les grands vassaux, auxquels le nom de pairs fut conservé.

Le vassal devait, le plus souvent, une redevance a son seigneur; il la lui payait en nature ou en espèces ; mais il se trouvait des fiefs qui ne devaient rien que l'hommage. Il se trouvait même des vassaux qui jouissaient de certaines prérogatives. Aiusi, le seigneur de Bonnes (Charente), vassal d'Aubeterre, ne devait hommage k son suzerain que lorsque celui-ci se mariait. Après le serment, il avait le droit d'emmener la haquenée sur laquelle l'épousée du suzerain avait été conduite à l'église, et il jouissait, de plus, de la bizarre prérogative de toucher la jambe de la nouvelle mariée, pour voir, dit une vieille charte, si elle l'avait bien faite.

Lorsqu'un vassal ne payait pas exactement ses redevances, on pouvait saisir ses meubles. 11 devait un dénombrement de son fief à son suzerain à chaque fois que celui-ci lui en faisait Ja réclamation. Le législateur avait eu en vue d'empêcher le vassal de diminuer son fief. D'ailleurs, le fief se perdait-pour plusieurs causes ; lorsque le vassal portait 1% main sur sou seigneur, lorsqu'il se révoltait, lorsqu'il lui refusait hommage, lorsqu'il refusait de le suivre à la guerre , il pouvait être condamné à perdre le fief; il devenait vassal immédiat du seigueur suzerain. Le vassal pariant pour la guerre, à la suite de sou seigneur, menait avec lui ses arrièrevassaux.

Les lois féodales, les capitulaires distinguaient quatre sortes de vassaux *

Ceux du roi, ceux des évêques , ceux des grands seigueurs et ceux des leudes ; ces derniers étaient les arrière-vassaux.

Ces différents vassaux avaient leur discipline et leurs règles particulières; tous étaient dans la dépendance de ceux dont ils relevaient et conduits par eux k la guerre.

On dounait en France le nom de grands vassaux aux seigueurs qui relevaient direc- * tement du roi, comme les douze pairs, les ducs de Normandie, de Bourgogne, d'Aquitaine, de Gascogne, les comtes ne Champagne, de Bretagne, de' Flandre, de Toulouse, etc.

Les grands vassaux jouissaient d'un privilège assez singulier : lorsqu'ils étaient accusés de quelque crime et qu'ils étaient obligés de s'en purger, ils pouvaient se faire représenter par uu de leurs hommes, qui jurait à leur place.

Dana le principe, ces grands vassaux n'avaient été que des envoyés, des délégués qui se rendirent presque indépendants. Le prince leur donnait des terres dans les provinces pour en jouir à titre de bénéfice civil. Ces donations n'étaient pas perpétuelles, mais elles ne pouvaient être révoquées sans causes légitimes.

Jusqu'à Charles le Chauve (840), il n'y eut d'autres vassaux que ceux de la couronne.

Les grands vassaux avaient tous les droits de la souveraineté; leur sang était réputé si noble qu'ils ne pouvaient être punis de mort que pour crime de trahison, lis se distinguaient en vavasseurs majeurs et vavasseurs mineurs; mais plus tard, vers le règne de saint Louis , le titre de vavasseur ne fut plus donné qu'à des vassaux de peu d'importance.

Les Assises de Jérusalem peuvent être regardées comme la charte la plus détaillée de la vassalité.

Les princes s'étaient créé des vassaux immédiats ; ils se firent ensuite des vassaux médiats, en permettant aux nobles dé se créer de même des vassaux, ce qui est l'origine des sous-inféodations des arrière-fiefs, des arrière- vassa ux.

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Alors on entendit, par le terme de vassal, celui qui tient un fief mouvant d'un autre seigneur, à la charge de l'hommage.

Au ixe et nu Xe siècle, on vit la France tomber en lambeaux, chaque seigneur voulant avoir des vassaux; chacun en e.ut, excepté le serf. Les noms de grands vassaux, de vassaux liges (sous-vassaux) datent du commencement de la troisième race. Les vassaux libres étaient ceux qui étaient dispensés de se rendre en personne à la guerre et qui pouvaient s'y faire représenter.

Lorsque la monarchie eut anéanti, sous Richelieu, la petite féodalité, le roi seul pouvait faire marcher ses vassaux et arrièrevassaux à la guerre, ce qu'il faisait quelquefois, mais très-rarement, par la convocation du ban et de l'arrière-ban.

Les devoirs du vassal se réduisirent alors à quatre choses :

îo Faire foi et hommage en personne ; 2o payer les droits; 3» fournir au seigneur un aveu et dénombrement du flef ; 4° comparaître aux plaids du seigneur et par-devant ses officiers quand il était assigné.

La vassalité disparaissait et ne présentait plus rien de semblable à ce qu'elle avait été dans le passé. Ainsi, le souverain devenait, par l'acquisition d'un arrière-fief, le vassal de son propre sujet. C'était pour obvier sans doute à cet inconvénient que l'on avait consacré, dans la jurisprudence française, que « la roi ne doit aucune foi et hommage pour un arrière-fief mouvant (relevant) d un vassal. «

A la Révolution, la vassalité n'avait plus aucune raison d'être et ne consistait plus qu'en quelques génuflexions et quelques serments que l'on essayait de ne prêter que le plus rarement possible. D'ailleurs, la constitution de la vassalité était devenue si confuse et si arbitraire, qu'un noble, vassal d'un autre pour un fief, se trouvait en même temps être son suzerain pour un autre fief.

Tuuui (les grands), étude historique en cinq actes et avec prologue de M. Victor Séjour; représentée kl'Odéon le 10 février 1859. Le héros est Louis XI, cette sombre et originale figure, rendue si populaire au théâtre par la belle création de Casimir Delavigne. Le sujet est la lutte déoisive qui se livre entre la féodalité, frappée à mort sous ce règne terrible et grandiose, et la monarchie mise pour toujours hors de page. Les défauts, les vices mêmes du roi contribuent autant que ses qualités à ce triomphe, et telle ' est l'importance des services rendus au pays par ce prince dissimulé, hypocrite, cruel, que la postérité ne voit plus les moyens employés derrière les résultats et est prête, par reconnaissance, à tout envelopper dans une même admiration. La physionomie de Louis XI est une de celles qu'on altère le plus facilement on la mettanten relief; aussi est-il dangereux de la détacher du cadre que lui fait sou époque et de la suite des événements qui l'éclairant. C'est ce que semblait avoir, compris l'auteur des Grands vassaux en embrassant dans son drame toute la durée du règne de Louis XI aux dépens de l'intérêt dramatique qui ne pouvait que perdre à un tel éparpillement. Mais pourquoi, en suivant pas à pas une aussi longue histoire, l'a-t-il altérée sur tant de points en y mêlant l'élément romanesque avec une invraisemblance dont une simple analyse peut à peine donner une idée? La bataille de Montlhéry vient de se livrer; Paris est assiégé par les grands vassaux, et nous sommes à l'une des portes de la ville -gardée par des bourgeois et des hommes d'aunes. Là, tout le monde se donne rendez-vous, amis et ennemis; chacun entre, chacun sort, sans qu'on sache comment ni pourquoi. Voici les espions du roi, notamment Tristan, encore inconnu, mais qui tout à l'heure recevra publiquement la dignité de bourreau; voici, déguisés en gardes bourgeois, deux princes coalisés, le duc de Nemours et le comte d'Armagnac, qui accusent le roi de s'être enfui sous prétexte d'aller chercher des secours en Normandie et qui proposent, avec l'appui de plusieurs notables, d'ouvrir les portes à Charles de Bourgogne; à leurs côtés, en costume de colporteur, se trouve une femme qui jouera un des principaux rôles, la daine Larouche, la maîtresse de Louis XI. Elle donne avis de l'arrivée prochaine du roi et, voyant que le duc de Nemours sort pour avertir le comte de Charolais, elle envoie un homme d'armes au roi pour presser son retour ; voici enfin, au milieu du tumulte, le roi lui-même qui annonce ses renforts, entend les murmures se changer en acclamations et charge son nouveau grand prévôt de pendre les notables et de décapiter d'Armagnac. Le second acte nous montre l'humiliation de Louis XI au château de Conflans, sans que nous devinions, après la scène triomphale qui précède, comment le monarque se trouve réduit à cette extrémité. Les princes coalisés se taillent leur part sur la carte de France. D'Armagnac, échappé des mains de Tristan, est au milieu d'eux, et Louis XI eu manteau royal est sommé d'accepter dans une heure leurs conditions. Plutôt que de se laisser dépouiller de presque tout son royaume, il va s'en remettre encore une fois au jugement des armes. Mais la colporteuse survient qui lui annonce que tout espoir est perdu, que les princes ligués sont maîtres de toutes les

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villes; que Paris même menace l'arméô royale. Elle lui représente toute défense comme inutile et le décide à céder devant le nombre et la force, à cacher le lion sous la peau du renard. 11 vaincra un à un et parla ruse tous ses ennemis réunis en ce moment pour l'accabler. Le roi s'y résigne ; il échange son manteau royal contre un simple habit de laine et jure de ne reprendre les insignes de la royauté qu'après en 'avoir reconquis le pouvoir.

Nous retrouvons le roi au troisième acte sous le costume 'd'un marchand chez la dame Larouche, auprès d'une jeune et jolie fille, dont il est le père, et qui se plaint des longues absences de ses parents. Un jeune seigneur, Raoul de Baudricourt, vient la consoler dans sa solitude; elle a eu à peine le temps de le cacher à l'arrivée de son père, et l'inquiétude de ses regards a bientôt fait deviner la vérité au marchand soupçonneux.

Le roi, qui a craint que ce ne fût un meurtrier, se rassure en apprenant que ce n'est qu'un amoureux et, ayant fait sortir sa fille, il le soumet k une singulière épreuve : • Aimez-vous le roi? « lui demande-t-il. > Non I répond le jeune homme qui est au service de Charles de France, et pour trois raisons : il est avare, lâche et cruel. » Alors, le faux marchand se fait fort de lui prouver qu'aucune des trois raisons n'est fondée. D abord il lui montre le contrat qui assure à Charlotte, au nom du roi, une magnifique dot et, entre autres biens, le comté du Roussillon. Puis il le provoque et se bat avec lui. Charlotte rentre avec sa mère qui s'écrie : « Arrêtez ! c'est le roi. » Raoul tombe à genoux, et Louis XI achève sa démonstration en lui pardonnant et en lui promettant sa fille, s'il sert bien le père. Cette scène épisodique, qui serait d'un grand effet au boulevard, n'a rien k démêler avec l'histoire. Ce n'est qu'un hors-d'œuvre brillant et invraisemblable. Le quatrième acte ramène les événements et les personnages historiques; Charles de France, duc de Guyenne, a réuni dans une vallée des Pyrénées les anciens chefs de la ligue du Bien public pour former avec eux une nouvelle coalition. La dame Larouche vient déguisée en marchande de fagots travailler encore k déjouer leurs projets. Raoul, Tristan, Louis XI lui-même, Charlotte, tout le monde arrive sous divers déguisements. Le roi se fâche contre son futur gendre, qui se refuse à exécuter des ordres contraires à l'honneur; la comtesse de Roussillon demande en vain grâce pour son fiancé. D'Armagnac est sur le point de prendre toute la petite cour déguisée d'un seul coup de filet. Il ne s'empare que de Charlotte et de sa mère. Puis Louis XI et son frère se rencontrent, et, quand le duc de Guyenne se croit maître du roi, celui-ci s'écrie : « A moi, France 1 ■ et par un magique coup de théâtre toute la montagne se couvre de ses soldats. Louis XI pourtant ne fuit arrêter personne. Il se réconcilie avec son frère; mais il le fait empoisonner séance tenante par d'Annugnac.

Au dernier acte, Louis XI va mourir à son château de Plessis-lez-Tours, pendant qu'on assiège dans Lectoure d'Armagnac, le dernier des grands vassaux. Daine Larouche est encore là pour servir son royal amant. On apprend qu'elle s'est laissée prendre et qu'elle va être pendue si le siège n'est pas levé. Malgré les supplications et le désespoir de la comtesse de Roussillon, Louis XI donne l'ordre de presser le siège, lorsque paraît Raoul, amenant la mère de Charlotte qu'il a délivrée et d'Armagnac vaincu. Le roi ordonne le suppliée du rebelle et meurt en s'applaudissant de tout ce qu'il a fait pour la France.

Voila le roman trop peu historique, ou le chapitre d'histoire trop romanesque que M. Victor Séjour a eu la maladresse de mettre en drame pour une réapparition de l'acteur Ligier. C'était une malheureuse inspiration de refaire un Louis XI de circonstance pour un acteur qui avait déjà trouvé dans la personnification de ce roi le plus brillant succès de sa longue carrière. 11 y a d'ailleurs du mérite de style, de beaux effets de scène et du mouvement dans les Grands vassaux; mais l'histoire y semble altérée à plaisir,

VASSAL (de), nom d'une ancienne famille du Quercy, dont plusieurs membres ont joué un rôle dans l'histoire. Les plus connus sont les suivants :

VASSAL (Fortanier de), prélat et diplomate français, né à Vailhac dans les premières années du xive siècle, mort en 1361. Entré de bonne heure' dans l'ordre des franciscains, il alla étudier la philosophie à Paris, y fut reçu, en 1333, docteur en Sorbonde et devint successivement vicaire général (1342) et général (1343) de son ordre, ' archevêque de Ravenne (1347) et patriarche de Giado (1351). Il fut, en outre, chargé de missions importantes par différents papes et venait d'être promu cardinal, lorsqu'il mourut de. la peste à Padoue. 11 a laissé des Commentaires sur l'Ecriture, sur les livres de la Cité de Dieu et sur le Maître des sentences.

VASSAL (Jacques de), marquis de Mont- Viisl, général français, né en 1659, mon en 1744. Lieutenant au régiment du roi en 1680, il prit part à toutes les campagnes qui eurent lieu en Hollande de 1683 à 1693, assista

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