‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 15Chapitre 602 sur 1042 · SOI · texte numérisé non relu

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aux sièges de Chnrleroi, de Dixmude (1683), de Luxembourg (1684), de Philippsbourg et de Manheim (1688), k la bataille de Fleurus, k la prise de Mons et de Namur, à la batnilie de Nerwinde, etc. En 1696, il servit en Italie, revint en Flandre l'année d'après et suivit plus tard en Espagne Philippe V, qui le prit pour aide de camp et le nomma brigadier de ses armées. De 1704 à 1715, il fut maréchal général. des logis à l'urinée des Flandres et à l'armée du Rhin, combattit à Ramillies, à Oudenarde, à Malplaquet, à Denain, ainsi qu'aux sièges de Douai, du Quesnoy, de Bouchain, de Landau et de Fribourg, et fut promu maréchal de camp en 17 18, puis lieutenant général en 1734.

VASSAL (Jean-Baptiste de), comte dbMont* viel, général français, frère du précédent, né en 1673, mort en 1735. Entré en 1686 au service, il fit successivement les campagnes d'Allemagne (1690), d'Italie (1691-1696) et d'Espagne (1696-1700), passa alors de nouveau en Italie et, après y avoir assisté à tous les sièges et combats jusqu'à la bataille de Turin (1706), revint en Espagne où il prit part k la bataille d'Alinanza et au siège de Lerida (1707). On le retrouve en 1708 k l'armée de Piémont, en 1710 à celle des Flandres, avec laquelle il prit part aux sièges de Douai, du Quesnoy et de Bouchain. Promu, en 1719, brigadier d'infanterie, il servit encore aux sièges de Saint-Sébastien, de Fontarabie et crUrgel et prit sa retraite en 1730, avec le grade de lieutenant général.

VASSALAT s. m. (va-sa-la — rad. vassal). Etat de vassal. Il Peu usité.'

— Etat de sujétion : Il lui faut le vaSsalat générât des travailleurs, l'universalité de ta misère. (Proudh.)

VASSALBT s. m. (va-sa-lè — dimin. de vassal). Féod. Petit vassal, il On disait aussi

VASSKLET.

VASSAL1-EAND1 (Antoine-Marie), mathématicien italien, né à Turin en 1761, mort en 1825. 11 fit ses études au collège royal des provinces, où'il eut Beccaria pour professeur de philosophie, et, après avoir reçu les ordres en 1785, il obtint une chaire de philosophie à Tortone. Il se livra, à cette époque, k des recherches sur les aérolithes, dont il expliqua la chute d'une façon plus satisfaisante qu'on ne l'avait fait jusqu'alors. Il s'occupa aussi tout particulièrement d'électricité, inventa un électromètre supérieur à celui de Volta et fut conduit par ses études sur l'état des sciences chez les anciens à affirmer qu'ils avaient connu les moyens d'attirer et de détourner la foudre. Nommé en 179S professeur de physique k l'université de Turin et chargé, en même temps, de rédiger des manuels scientifiques U l'usage des écoles royales-, il tourna plus particulièrement son attention, à dater de cette époque, vers l'étude de la météorologie. 11 uvait inventé un baromètre et un thermomètre qui, joints à une horloge, marquaient eux-mêmes les variations passagères de l'atmosphère, ce qui le conduisit aux découvertes les plus intéressantes sur l'influence des météores sur, les trois règnes. Vassali conserva sa chaire après l'entrée des Français à Turin, et, en 1798, il fit partie du congrès des savants étrangers convoqués à Paris pour rétablissement d'un système uniforme des poids et mesures. Mais, à l'approche des armées austro-russes, il dut quitter Turin, où il revint, en 1800, après la bataille de Marengo. Il y reprit ses cours, devint, en 1805, membre de la consulte législative, dans laquelle il fit preuve d'une courageuse indépendance, et fut nommé secrétaire du grand conseil de l'université. Mis à la retraite en 1814, avec le titre de secrétaire perpétuel de l'Académie des sciences de Turin, il fut, cinq ans plus tard, nommé directeur du musée d'histoire naturelle et de l'observatoire de cette ville et conserva cet emploi jusqu'à sa morf. Il était, en outre, depuis 1798, membre correspondant de l'Institut de France. Vussali est uu des hommes qui honorent lo plus sa patrie. Il a embrasse, pour ainsi dire, l'ensemble des connaissances humaines. Le nombre de ses écrits s'élève à cent soixante, composés en italien, en latin ou en français. Nous ne citerons que les suivants : Conjectures sur 'l'urt d'établir des paratonnerres chez les anciens Romains (1791); Lettres sur le galvanisme (1799); Mémoires et notices historiques de l'Académie des sciences de Turin de 1762 à 1809; Annales de l'observatoire de Turin de 1809 à 1818; Rapport sur le tremblement de terre de Pignerol ( 1 808) ; la Météorologie turinoise ou Résultats des observations faites de 1757 à 1817 (Turin, 1817, in-4°).

VASSALITÉ s. f. (va-sa-li-té — rad. vassal). FéoJ. Condition de vassal. Il Arrière- vassalité, Condition de l'arrière- vassal.

— Fig. Etat de servilité , de sujétion : Mon bonheur?... Il s'explique par une servi~. lité absolue, par 'la vassalité du chien de basse-cour. (Bulz.)

VASSALITIQUE adj. (va-sa-li-ti-ke — rad.

vassal). Féod. Qui a rapport k la vassalité : Hommage vassautique. 11 Peu usité.

VASSE ( Cornélie - Pétronille - Bénéficie "Wouters, baronne du), femme de lettres belge, née à Bruxelles eu 1737, morte à Paris en 1802. Jeune encore, elle avait épousé le baron de Vasse, avec lequel elle parcourut

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une partie de l'Europe , et, à la mort de son mari, se trouvant en France dénuée de toute ressource, elle se décida à tenter la fortune littéraire. On lui doit : Aveux d'une femme galante (Paris, 1782, in-12) ;l'Ari de corriger et derendre les hommes constants (1783, in-12); la Belle Indienne (1798, 2 vol. in-12) et diverses traductions d'ouvrages anglais.

VASSE (Abraham) , artiste et littérateur français, né à Dieppe en 1<£Ù6, mort dans la même ville en 1859. Entré vers 1820 dans l'administration des douanes,'!! y passa vingt ans, habita quelque temps Givet, nuis alla s'établir en Belgique, où il ne s'occupa plus que de littérature et d'art, et enfin revint finir ses jours dans sa patrie. Ses principaux ouvrages sont : De l'administration des douanes, par rapport aux employés, et de son influence sut ses administrés (Dieppe, 1838, in-8°) ; Excursion en Belgique, voyage à fiochefort et a la grotte de H an par le cours de la Lesse, etc. (Bruxelles, 1846, in-8°, fig.) ; Vingt années de la vie d'un employé (Charleville. 18-18, in-12) ; Proposition de l'affranchissement des droits de douane en faveur de Givet (Charleviile, 1848, in-S°); De l'extinction du paupérisme (Bruxelles, 1849, in-12); le Libre échange immédiat ayant pour conséquence la paix universelle (Bruxelles, 1858, m-8o),etc.

VASSEBOURG (Richard), historien français du xvia siècle. V, Vasbourg.

VASSELAGE s. m. (va-se-Ia-je — rad.

vassal). Féod.jEtat, devoirsde vassal. Il Droits de vasselage, Droits du seigneur sur le vassal. Il Vasselage actif, Droits féodaux sur l'héritage en fief, il Vasselage passif, Devoirs du vassal. || Vasselage lige, Vasselage entraînant l'obligation de défendre le seigneur à main armée.

— Fig. Etat de sujétion servile ; Le vasselage et l'ilotisme sont encore la politique de l'Europe. (A. Martin.)

— A signifié Courage, bravoure.

— Faire vasselage à, Rouer de coups, en parlant d'une personne subordonnée :

• II forme le dessein

De s'en aller, le lendemain, Convaincre sa moitié, lui faire un vasselage Dont il fùtàjamais parle".

La Fontaine.

Il Vieille locution, qui explique le provençal bacelar, battre, souffleter; bacel, soufflet et battoir.

VASSELIER (Joseph), littérateur'français, né à Rocroi en 1735, mort à Lyon en 1798. Etant premier commis de la direction des postes de Lyon en 1769, il acquit la bienveillance de Voltaire en facilitant la circulation de ses écrits et correspondit amicalement avec lui. Chaque année, Vasselier allait passer quelques jours chez son illustre ami, et il était accueilli à bras ouverts. Vasselier cultivait les lettres, mais il travaillait pour son plaisir, en amateur, non en vue du profit ou de la renommée, et il se contentait philosophiquement du suffrage de ses amis. Ou possède de- lui : Epitre sur la paix (1783, in-S°) ; Poésies, précédées de la vie de l'auteur, avec son portrait (Paris, 1799, in-18), contenant des Contes, des Chansons et des Mélanges.

VASSEL1N (Georges-Victor), pubiieiste, né a Paris en 1767, mort en 1801. Avocat et docteur en droit, favorable aux idées libérales qui déterminèrent la Révolution, il s'opposa énergiquemeut aux excès qui déshonorèrent la cause populaire et, le 10 juin 1792, amena une députation à l'Assemblée législative pour protester contre la formation d'un camp de 20,000 hommes près de Paris. Au milieu de la désorganisation générale, Vusselin eut l'heureuse pensée d'ouvrir à son domicile un cours de législation qui, pendant la fermeture de l'Ecole de droit, rendit de véritables services. On lui doit : Théorie des peines capitales ou Abus.et dangei-s de la peine de mort et des tourments (1790, in-8<>); Adresse d'un citoyen français à ses représentants, sur la constitution de 1793; Respect à la propriété, ou le Seul point de ralliement des représentants aux représentés et des gouvernés aux gouvernants (Paris, 1796, in-8°); Mémorial révolutionnaire de la Convention ou Histoire des résolutions de France depuis leSO septembre 1792 jusqu'au 26 octobre 1795; Coursélémen taire de droit civil (1801-1802, in 8°). Il avait, en outre, rédigé pendant quelque temps un journal intitulé le Cri public ou ie Journal des frères et amis, qui fut supprimé le 18 fructidor an V.

VASSET s. m. (va-sè). Moll. Troque de Pharaon.

VASSETJR s. m. (va-seur). Féod. Vassal, dans la coutume de Blois.

, VASSEUR (Le), nom de divers personnages. V. Levasseur.

-VASSIF (Ahmed), homme d'Etat et historien turc, né à Bagdad vers 1740, mort en 1806. Entré dans l'administration de la guerre en 1770, il fut fait prisonnier l'année suivante par les Russes, à la prise d'Iénikulé, devint ensuite maître du divan, et, s'étant acquitté d'une mission difficile auprès du général Roumiantzof, il eut dès lors une part active aux affaires publiques. Successivement ambassadeur en Espagne

VASS

(1779), président de la chambre des comptes d'Anatolie (1780) et premier président de la comptabilité (l78l), il fut disgracié après la paix de 1792 et exilé à Mitylène. Plus tard, il fut rappelé par Sélim III, qui le nomma d'abord secrétaire d'Etat et historiographe de l'empire, puis reis-effendi ou ministre des affaires étrangères, fonctions dont il se démit en 1S06. Vassif était l'un des hommes les plus instruits' de l'empire ottoman ; outre le turc, il possédait à fond l'arabe et le persan. On a de lui des Annales de l'empire ottoman, qui vont de 1752 à 1802 ; mais la première partie, qui ne s'étend pas au delà de 1775, a seule été imprimée (Constantinople, 1804). Ces Annales renferment des documents précieux sur cette période de l'empire ottoman. VASSILI, princes russes. V. Vasili.

VASSILLACCIII (Antoine), dit lAlien.o,

peintre italien d'origine grecque, né en 1556 dans l'île de Milo, mort en 1029. Elève de Paul Véronèse, il excita par son talent naissant la jalousie de son maître, qui lui ferma son atelier. Vassillacchi travailla alors seul, surtout d'après les œuvres du Tintoret, dont il chercha a s'approprier la manière. Malgré son talent il ne parvint jamais à une grande réputation, parce qu'il travaillait trop rapidement. Aussi, <res nombreuses peintures qu'il a exécutées k Venise et dans plusieurs autres villes d'Italie, ne eita-t-on guère aujourd'hui que son Epiphanie, qui lui avait été commandée par le conseil des Dix.

VASSIVE s. f. (va-si-ve). Econ, rur. Ensemble des agneaux d'une bergerie, qui n'ont pas plus de deux ans : Mener paître la vassive.

VASSIVEAU s. m. (va-si-vô — rad. vassive). Econ. rur. Dans le Berry, Agneau' de deux ans.

VASSIVIER s. m. (va-si-vié — rad. va$swe). Econ. rur. Nom donné, dans le Berry, au berger qui conduit la vassive.

VASSOLE s. f. (va-so-le). Mar. Chambranle à rainure dont on entoure les éeoutilles, pour recevoir le caillebotis. Il On dit aussi gatiole et vassale.

VASSOR (Michel Le), historien français du xvne siècle. V. Levassor.

VASSOULT (Jean-Baptiste), théologien et philologue français, né a Bagnolet vers 1667, mort en 1745. Après avoir reçu les ordres, il devint professeur de grammaire et de belleslettres des pages du roi et occupa cet emploi près de cinquante ans. Il fut, en outre, aumônier et confesseur de la dauphine et prédicateur de la maison du roi. Il avait entrepris une traduction des œuvres de Tertullien, mais il n'en a publié que l'Apologétique (Paris, 1714, in-4°; 1715, 2e édit. in-12). On lui doit, en outre, les Psaumes de David en forme de prière (1733, 2° édit.).

VASSY, bourg de France (CalvadoS), cheflieu de cant., arrond. et à 17 kilom. E. de Vire; pop. aggl., 711 hab. — .pop. tôt., 2,822 hab. Filature de laine ; commerce de bestiaux, volailles et chanvre. Belle église paroissiale de plusieurs époques; les parties les plus anciennes datent du xme siècle.

VASSY- SUR-BLAISE, en latin Vassiacum, ville do France (Haute-Marne), chef-lieu d'arrond. et de cant., à 60 kilom. N.-O. de Chaumont; pop. aggl., 2,664 hab. — pop, tôt., 3,112 hab. L'arrondissement comprend 8 cantons, 145 communes et 75,599 hab. Tribunal de iro instance ; collège communal. Fabrication de ciment renommé-; forges et hauts fourneaux. Commerce de lainages, vins, bois. Cette petite ville est agréablement située sur la rive droite de la Biaise; elle est bien bâtie, les rues en sont propres et ornées de fontaines. On y voit une belle promenade publique. La ville possédait jadis un château dont les derniers vestiges ont depuis longtemps disparu. Quant à son ancienne enceinte fortifiée, il est aisé d'en retrouver les ruines ; elles consistent dans une tour, dite tour des Vicaires, dans quelques débris de constructions et dans les anciens fossés, aujourd'hui convertis en jardins. Le principal édifice de Vassy est son église paroissiale. Le sanctuaire, les transsepts et la tour appartiennent au xi<! siècle ; les chapelles latérales, au xve et au xvie. Le portail, un de3 plus magnifiques morceaux de sculpture du xme siècle, a subi des dégradations nombreuses à l'époque des guerres de religion. Il faut encore citer la tour du Clocher, carrée et entièrement romane. A l'intérieur de l'église on voit un bel autel en marbre et des boiseries provenant de l'abbaye de Saint- Urbain, un retable ayant appartenu à l'abbaye de Boulancourt et deux reliquaires. Les autres édifices de la ville sont : l'hôtel de ville et l'hospice, construits en 1750 ; le collège communal, la salle de spectacle, les halles et un beau pont sur la Biaise. L'origine des forges et hauts fourneaux qui, encore aujourd'hui, abondent dans Vassy remonte aux deux forges que les comtes de Champagne y exploitaient dès le xie ou le xu» siècle.' — Histoire. D'après quelques historiens, Vassy occupe l'emplacement d'une cité des Vadicasses brûlée par Caracalla en 211. Sous les Mérovingiens , Vassy était une villa royale souvent visitée par les rois de la première race. Ce n'est qu'au vue siècle que son existence est consacrée historiquement par

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la charte de fondation de l'abbaye de Monteriender. En 1308, Vassy. envoya des députés aux états généraux et, en 1506, de nouveaux privilèges et franchises lui furent octroyés par l'autorité royale. En 1544, la ville eut à soutenir un siège contre les impériaux; enfin, en 156*2,6116 fut ensanglantée par l'épisode des guerres de religion si connu sous le nom de massacre de Vassy, et dont nous allons rendre compte avec quelque détaij. Le duc François de Guise venait de visiter Sa mère, la douairière Antoinette de Bourbon, dans sa résidence de Joinville, et se rendait à Paris. Il prit sa route par Vassy, dans le diocèse de Châlons, dont l'évêque avait essayé inutilement d'expulser le ministre huguenot nouvellement installé dans la première de ces deux villes. Guise, entoiTré d'une nombreuse escorte militaire, entra k Vassy un dimanche, à l'heure du prêche. Il avait formé le projet d'interdire aux protestants le droit dose réunir pour prier et de fermer le prêche d'autorité, et cela au mépris de l'édit de janvier. Aussi, dès qu'il fut arrivé, il envoya quelques-uns de ses gens sommer le ministre et les notables protestants de venir le trouver. Les envoyés du duc pénétrèrent dans la vaste grange qui servait de temple et remplirent leur message avec la brutalité grossière qui distingue la valetaille des grands et les soudards avinés. Les réformés, ainsi assaillis à l'improviste, essayèrent de-se barricader et de repousser la force par la force. Mais alors les arquebusiers du duc , au nombre de 300 ou 400, armés jusqu'aux délits, arrivèrent sur le théâtre du tumulte, qui devint bientôt sanglant. Au bruit do cette lutte inégale, le duc accourut « pour réparer le désordre, » prétendit-il dans la suite pour sa justification; mais, en réalité, sa présence ne fit que l'accroître. Un de ses officiers ayant été atteint de quelques pierres, et lui-même ayant reçu une blessure à la tète, la rage de ses gens ne connut plus de limites. Ils envahirent la grange et massacrèrent tout ce qui leur tomba sous la main, poursuivant dans la rue et jusque sur le toit les malheureux protestants. Le carnage dura une heure, entière. Soixante personnes, tant hommes que femmes, restèrent mortes sur la place, et plus de deux cents furent grièvement blessées. Non content de cet exploit, Guise emmena prisonnier le ministre tout sanglant, ainsi que le prévôt de la ville, coupable d'avoir toléré 1 exercice de l'édit de janvier.

A la nouvelle de ce sauvage attentat, un cri d'horreur et de colère courut d'un bout de la France k l'autre parmi les protestants, tandis que les prédicateurs catholiques glorifiaient le massacre du haut de leurs chaires. Guise avait, suivant eux, suivi l'exemple de Moïse, ' qui commanda de tuer sans exception tous ceux qui avaient adoré le veau d'or, • et de Jéhu, qui fît mourir par le même zèle deux rois, cent douze princes et « manger aux chiens la reine Jézabel, »

Théodore de Bèze et un autre député protestant se rendirent à la cour, qui se trouvait alors à Monceaux, en Brie, afin de demander justice contre les violateurs de l'édit de janvier. Mais ce fut peine inutile; Guise fut soutenu par le roi de Navarre lui-même, auquel il avait cependant voulu couper la gorge naguère, et le prince parla fort durement à de Bèze, qui lui fit cette fière réponse : « Il est vrai, sire, que c'est à l'Eglise de Dieu d'endurer les coups et non d'en donner; mais souvenez-vous que c'est une enclume qui a déjà usé beaucoup de marteaux. »

En 1591, Vassy, dont la majeure partie de la population était demeurée fidèle à la religion réformée, fut mis au pillage par les ligueurs de Chaumont. L'édit de Nantes, à la lin du xvno siècle, en recommençant la persécution, chassa de Vassy les protestants qui y avaient de nouveau formé une église ; la dispersion qui s'ensuivit entraîna la ruine de la ville, qui ne s'est plus relevée depuis cette époque.

VASTANGUE s. f. (va-stan-ghe). Ichthyol.

Nom vulgaire d'une raie, appelée ausssi pas- TliNAGOB.

VASTE adj.(va-ste — lat. vastus, désert, ravage,mot qui appartient h la même famille que l'anglo-saxon westen, désert, wesle, tvest, désert, ravagé, ancien allemand toosli, Scandinave vast, wxst, mer. La racine de tous ces mots paraît se trouver dans le sanscrit vas ou vast, tuer, d'où vasra, la mort, vasu, sec, stérile, et aussi vasuka, vasira, sel, sel marin ; car au sel s'attachait la notion de stérilité). Très-é tendu : Une vaste plaine. La vaste mer. Un vastb horizon.

Dans ces vastes hauteurs, où mon œil s'est porté, Je n'ai rien découvert que doute et vanité.

Lamap.ti.nb.

— Qui s'étend au loin :

Craignez les bois et leur vaste silence.

La P'oktaine.

— Fig. Qui a de grandes proportions, qui a une action très-étendue, qui embrasse beaucoup de choses diverses : De vastes conceptions. Un vaste projet. Une vaste érudition. Pour peu gue le sujet soit vastk et compliqué, il est bien rare qu'on puisse l'embrasser d'un coup d'ail. (Bull-.) Le bonheur social est plus difficile qu'autrefois, par ce que, aujourd'hui, les désirs sont plus vastes. (A. Karr.)

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