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e. Va - t'en voir s'ils vien -nentt
Ja~a=*=j
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Jean ! Va t'en voir s'ils vien - nentt
DEUXIÈME COUPLET
Un abbé1 qui n'aime rien
Que le séminaire, Qui donne aux pruivres son bien
Et dit son bréviaire.
Va-t'en voir, etc.
TROISIÈME COUPLET
Un magistrat curieux
De jurisprudence.
Et qui, devant deux beaux yeux,
Tient bien la balance.
Va-t'ec voir, etc.
QUATRIÈME COUPLET
Une fille de quinze ans, D'Agnès la pareille,
Qui pense que les enfanta Se font par l'oreille.
Va-t'en voir, etc.
CINQUIÈME COUPLET
Une femme et son époux.
Couple bien fidèle ; Elle le préfère a tous,
Et lui n'aime qu'elle.
Va-l'en voir, etc.
SIXIÈME COUPLET
Un chanoine dégoûté* Du .bon jus d'octobre;
Un auteur sans vanité, Un musicien sobre*
Va-t'en voir, etc. •
SEPTIÈME COUPLET
Un Breton qui ne boit point, Un Gascon tout bote,
Un Normand franc de tout point, Un Picard sans tête.
Va-t'en voir, etc.
HUITIÈME COUPLET
Une femme que le temps
A presque flétrie, Qui voit des appas naissante
- Sans aucune envie.
Va-t'en voir, etc.
NEUVIÈME COUPLET
Une belle qui, cherchant
Compagne Adèle, La choisit en la sachant
Plus aimable qu'elle.
Va-t'en voir, etc.
Dixième couplet.
Un savant prédicateur,
Comme Bourdaloue, Qui veut toucher le pécheur
Et craint qu'on le loue.
Va-t'en voir, etc.
ONZIÈME COUPLET
Une nonne de Longcharnps,
Belle comme Astrée, Qui brûle, en courant les champs,
D'être recloltrée.
Va-t'en voir, eto.
DOUZIÈME COUPLET
Un médecin sans grands mots,
D'un savoir extrême, Qui n'ordonne point les eaux,
Et guérit lui-même.
Va-t'en voir, etc.
TREIZIÈME COUPLET
Et, pour bénédiction,
Nous aurons un moine Port dans la tentation
Comme saint Antoine.
Va-t'en voir s'ils viennent, Jean,
Va-t'en voir s'ils viennent.
VATER (Chrétien), médecin allemand, né à Interbock en 1651, mort à Witlemberg en 1732. Il professa dans cette dernière ville et il a laissé : De morbis classiariorum et nàvigantium (Wittemberg, l7iis, in-4°); Semioiif.a medica (Francfort, 1721, in-4«); Institutionesmediess (Wittemberg, 1722, in-4°); Physica experimentalis sysiernatica (1734, in-4u).
VATER (Abraham), médecin et analomiste allemand, fils du précédent, né k Wittemberg en 1684, mort en 1751. Reçu docteur à Wittemberg, il entreprit un voyage scientifique en Allemagne, en Hollande et en An- . gleterre. A son retour, en 1717, il fut nommé professeur de médecine à Wittemberg, passa deux ans après à, la chaire d'anatomie, puis obtint, en 1737, celle de pathologie et, en 1746, celle de thérapeutique. Parmi ses nombreux écrits, nous citerons les suivants : De succi neroei secretione mechaniea (Wittemberg, 1711, in-4<>); De methodo nova transplantandi variolas per imitionem (1710, in-4»); Catalogus plantarum imprimis exoticarum hortî Academici V'tebergensis (1721, in-4") ; De chirurgim antiquitaie ac dignitate et collegiorum chirurgicorum utililate (l728,in-4<>); De utililate observationis ùi medicina (1728, in-40), etc.
VATER (Jean-Séverin) , philologue allemand, né à Altenbourg en 1771, mort en 1826. Il étudia d'abord la philosophie et la théologie à léna, puis se rendit, en 1792, à Halle, où il prit ses grades en 1795. Nommé, l'an-: née suivante, professeur extraordinaire de théologie à l'université d'Iéna, il s'y adonna a l'étude comparée des principales langues anciennes et modernes. En 1800, il devint professeur de théologie et de littérature orientale k Halle, et, sans renoncer & ses recherches linguistiques, s'occupa de l'examen critique de l'histoire ecclésiastique et des premiers livres de l'Ancien Testament. A la mort d'Adelung (1806), qui n'avait encore donné que le premier volume de son Mithridate, ce fut Vater que l'on choisit pour continuer ce grand ouvrage de linguistique, dont les trois derniers volumes, furent publiés à Berlin de 1808 a 1S17. Dans l'intervalle, Vater était devenu professeur de théologie à Kcenigsberg et bibliothécaire à l'université de cette ville. Il y continua ses travaux avec un zèle infatigable jusqu'en 1820, époque à laquelle il alla, reprendre ses cours a. Halle, où il professa- jusqu'à sa mort. Parmi ses nombreux ouvrages, nous citerons : Animadversiones et lectiones ad Aristotetis libros très rheloricorum (Leipzig, 1794); Coup d'œit sur ce qui a été fait leptus récemment en Allemagne pour la philosophie des langues (Gotha, 1799); Essai d'une grammaire générale (Halle, 1801); Manuel de grammaire hébraïque, syriaque, chaldéenne et arabe (Leipzig, 1802); Tableaux synckronistiques de l'histoire ecclésiastique depuis l'origine du christianisme jusqiïaux temps modernes (Halle, 1803); Manuel de grammaire générale (18O6); Archives générales d'ethnographie (1808) ; Grammaire polonaise (lS07)f Grammaire russe (1808) ; i,inguarum totius orbis index alphabeticus (Berlin, 1815): Analectes de ta connaissance des langues (Leipzig, 1820-1881, 2 parties) ; Langue des anciens habitants de la Prusse (Brunswick, 1821) ; Tableaux comparatifs des langues primitives de l'Europe et de celles du sud-ouest de l'Asis, avec des grammaires albanaise, géorgienne ou grousienne et galloise ( Halle , 1822) ; Histoire universelle et chronologique de l'Eglise chrétienne depuis le commencement de la Héjormation (Brunswïck, 1823), etc.
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VATÉRIE s. m. (va-té-rl). Bot. Genre d'arbres, de la famille des diptérocarpées, comprenant six espèces, qui croissent dans l'Inde.
— Encycl. Les «alertes sont des arbres à fleurs panioulées, à cinq pétales, à étamines nombreuses. Ils croissent dans l'Inde. L'espèce la plus remarquable est celle qui porte spécialement le nom de vatérie de l'Inde. C'est un arbre a écorce résineuse, à feuilles alternes, grandes, épaisses; le fruit est une capsule uniloculaire, trivalve, renfermant trois graines. On le trouve, surtout au Malabar. Son bois rouge est employé pour les constructions. Sa résine sert, dans le pays, à divers usages; ainsi, on l'emploie en guise d'encens; on l'administre aussi à l'intérieur comme astringente, après l'avoir fait fondre dans l'huile de sésame. D'après quelques auteurs, elle remplacerait le copal pour les vernis;'mais ce fait ne parait pas bien prouvé.
VATHY, ville de la Grèce moderne, dans la nomarchie des îles Ioniennes, chef-lieu de l'île de Theaki (l'ancienne Ithaque), sur la côte orientale, où elle a un petit- port de commerce ; 3,000 hab. Vathy s'élève dans une anfractuosité du golfe de son nom, à l'extrémité d'une petite plaine couverte de vignes et d'olivers, point le plus fertile et le mieux cultivé de l'île. La ville ceint d'une ligne de maisons blanches le cirque dessiné par la côte; elle est la résidence d'un protopapa grec et fait un petit commerce d'exportation.
VATHY, ville de la Turquie d'Asie, dans le pachalik des lies, sur la côte septentrionale de l'Ile de Samos, dont elle est le chef-lieu, avec un bon port de commerce; 2,900 hab. "Vathy se compose de deux' parties, la ville haute et la ville bosse ; cette dernière s.'étend autour du port et présente seule quelque animation. Exportation de vin muscat ; élève de bétail.
VATICAN s. m. (va-ti-kan — mont et palais de Rome). Gouvernement pontifical : Le Vatican adhère à ce projet de réforme.
— Fig. Foudres du Vatican, Moyens ré-
fressifs dans l'ordre spirituel, employés par autorité pontificale, comme bulles d'excommunication, interdits, etc. : Les foudres du Vatican se sont éteintes dans les mains de ceux gui frappèrent les peuples et les rois. (Boiste.)
Viiiicnn (le), palais des papes, à Rome.
— Histoire et description. Il paraît que, dès l'antiquité, le quartier du Vatican attirait les amateurs de miracles. Si nous en croyons Aulu-Gelle et Varron, le nom même
- de Vatican ( Vaticanus) serait dérivé deliatidma-i oracles, et aurait été donné a ce quartier à cause des devins qui s'y étaient installés et qui y donnaient des consultations aux Romains. A cette époque, la colline et la. vallée du Vatican étaient situées hors de l'enceinte de Rome. Caligula et Néron convertirent en jardins une partie du Vatican ; le second de ces empereurs y fit construire un cirque destiné à son propre usage. <t II fit enclore dans la vallée du Vatican un terrain où il conduisait des chevaux, dit Tacite. Des spectateurs choisis furent seuls admis d'abord, mais bientôt le peuple romain fut invité. La foule exaltait Néron; car cette foule, avide de plaisir, aimait à retrouver ses goûts dans ses princes. Cet avilissement public, loin de le dégoûter, comme on s'y attendait, l'excita. Croyant atténuer son déshonneur en déshonorant les autres , il fit monter sur la scène les descendants des familles nobles que l'indigence réduisait à se vendre. Il força même par de grands présents les chevaliers d'une haute distinction à s'engager pour les combats de l'arène. » Néron ensanglanta ce même quartier par des jeux plus sinistres. Après l'incendie de Rome, qu'il avait ordonné, il attribua ce crime aux chrétiens et leur fit infliger les supplices les plus atroces, en présence des citoyens dont les maisons avaient été brûlées et qui étaient venus chercher un refuge sur la rive droite du Tibre, dans les jardins de l'ignoble César. «On insultait, dit encore Tacite, les chrétiens qui allaient mourir et l'on s'en amusait; on les couvrait de peaux de bêtes pour les faire déchirer par les chiens; on les attachait sur des croix; quelquefois même on les allumait comme des torches pour servir, quand le jour tombait, à éclairer la nuit. Néron avait prêté ses jardins à ce spectacle, et, en même temps, il donnait des jeux dans le cirque, se mêlant parmi le peuple en habit de cocher et conduisant des chars. • Le quartier du Vatican était très-insalubre; Héliogabale y fit exécuter d'importants travaux d'assainissement.
Quelques auteurs croient que Constantin .le Grand, après avoir érigé, sur la rive droite du Tibre, la basilique qui y subsista jusqu'au xve siècle, fit construire à côté un vaste palais pour l'habitation des souverains pontifes; d'autres attribuent cette construction à saint Libère, et quelques-uns au pape saint Symmaque, vers l'an 498. Ce qui est certain, c'est qu'à l'époque où Charlemagne vint a Rome se faire couronner par Léon III il habita un palais bâti en cet endroit. On sait, d'autre part, que, ce palais étant tombé en ruine. Célestin III et Innocent III le firent restaurer vers, la fin du xne siècle. A cette époque,
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d'ailleurs, la résidence ordinaire des papes était le Latran.
Ce ne fut qu'après le retour d'Avignon (1377) que le Vatican devint le palais favori des pontifes. Le premier conclave y fut tenu après la mort de Grégoire XI. Jean XXIII (Ulû-Un) fit communiquer le palais avec la forteresse de Saint-Ange au moyen d'une galerie couverte. Nicolas V entreprit de faire du palais du Vatican une sorte da caravansérail de la chrétienté. « Il projeta, dit Vasari (Vita di Antonio Bernardo Rossellini), d'édifier un palais qui surpassât en magnificence, en grandeur et en commodité tous ceux du monde chrétien et qui servit d'habitation non -seulement au souverain pontife et aux cardinaux, mais encore t toutes les personnes attachées par un emploi quelconque à la cour pontificale...; il se proposait, en outre, d'y faire construira des appartements particuliers pour les souverains et les princes qui viendraient à Rome, une salle d'apparat pour le couronnement des papes, urie autre pour la réunion des conclaves, des chapelles, des bibliothèques, des terrasses, des fontaines... » L'historien ajoute : » Cet édifice, auquel je ne sais s'il faut donner le nom de palais, de château ou de cité, eût été certainement la plus jjrande merveille du monde. Quelle haute idée n'eût- on pas conçue de la sainte Eglise romaine, en voyant son chef, le souverain pontife, entouré de tous les ministres de Dieu , habitant la ville de Rome et réunis ici comme dans le plus saint monastère ! » La mort de Nicolas V (1447) empêcha l'exécution de ce projet grandiose, pour lequel Bernardo Rossellini, de Florence, avait été chargé de dresser .des plans. Le Vatican reçut toutefois, sous le règne de ce pape, des embellissements et des agrandissements très-notables. Sixte IV, qui monta sur le trône en 1471, ne se montra pas moins zélé que Nicolas pour accroître la splendeur de la résidence pontificale; il fit -construire la chapelle Sixtine et la grande bibliothèque par l'architecte florentin Baccio Pintelli. En 1490, Innocent VIII chargea Antonio de! Pollaiolo d'édifier la villa du Belvédère à quelque distance du palais. Quelques années après, Alexandre VI fit l'appartement Borgia. Jules II, à peine monté sur le trône (1503J, conçut l'idée de rattacher les bâtiments du Belvédère à ceux du Vatican; Bramante, qu'il chargea de l'exécution de ce projet, y déploya beaucoup de goût et de science (v. la biographie de Bramante). Le même architecte commença les Loges qui entourent la cour de Saint-Damase. Après sa mort (1514), elles furent continuées sous la direction de Raphaël et décorées par ce grand artiste et par ses élèves avec une rare magnificence. Ce fut sous Jules II et sous Léon X que le divin Sanzio exécuta ses immortelles peintures des Chainbre3 du Vatican. Paul III lit construire par Antonio da San-Gallo la chapelle Pauline et, entre cette chapelle et la Sixtine, une grande salle qu'on appelle la salle Royale. Pie IV, Grégoire XIII et Sixte-Quint contribuèrent aux agrandissements du Vatican ; l'aile septentrionale et l'aile orientale des Loges furent construites sous ces deux derniers papes par Cristoforo Roncalli et Domenico Kontana. Sixte-Quint fit bâtir, en outre, la galerie transversale où est la bibliothèque. Sous Urbain VIII, le Bernin construisit l'escalier royal. Clément XIV et Pie VI firent de nouvelles constructions pour établir le musée qui a reçu, d'après eux, le nom de musée Pio-Clémentin. Pie VII organisa le musée Chiaramonte et fit construire en 1817 , par l'architecte allemand Raphaël Stern, une nouvelle galerie transversale (Braccio Tfuovo), décorée de colonnes en granit et en marbres précieux, qui ceûta 2,500,000 francs et fut inaugurée en 1822. Grégoire XVPcréa le musée étrusque et le mussfl égyptien. Enfin, Pie IX a fait vilrer les Loges de Raphaël, fermer le quatrième côté de la cour de Saint-Damase et construire l'escalier qui y monte.
D'après ce qu'on vient de lire, on conçoit que le Vatican n'est pas un monument homogène; c'est la réunion de palais, de salles, de chapelles, de galeries appartenant à différentes époques, un amas de constructions diverses et disparates, un ensemble confus au milieu duquel sont enchâssés de véritables bijoux architectoniques et des trésors de peinture et de sculpture. Bonanni (Templi Vatican! historia) prétend que le Vatican contient 13,000 chambres, en y comprenant les souterrains. On y compte 20 cours, 8 escaliers principaux et 200 escaliers de service. Vu extérieurement, ce vaste palais manque tout à fait de caractère monumental. Du côté par où on l'aborde, il est masqué par la colonnade de la place Saint-Pierre. En plan, il forme un carré long qui s'étend du sud au nord, à la droite de la colonnade et de la basilique de Saint-Pierre. Les deux grands côtés de ce carré sont formés par les galeries construites par Bramante pour réunir le vieux palais du Vatican à la villa du Belvédère ; ce palais et cette villa, avec leurs agrandissements successifs, forment aux deux extrémités du carré des massifs très- irréguliers. Enfin, l'espace découvert compris entre les deux longues galeries du Bramante est divisé par les galeries transversales du Braccio- NuovO et delà bibliothèque en trois parties : la plus grande, qui est la plus rapprochée du •Vatican, a gardé le titre de cour du Bclvé-
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dère; la partie centrale, entre le Braccio- Nuovo et la bibliothèque, est peu étendue; la troisième est occupée par un jardin qu'on nomme le jardin délia Pigna, à cause d'une énorme pomme de pin en bronze, placée devant une niche, et qui provient, dit-on, du Panthéon. Une porte ouverte sous la galerie de la bibliothèque conduit dans le grand jardin pontifical (Giardino pontificio) qui s'étend à l'ouest du palais, sur les pentes de la colline du Vatican et d'où l'on jouit d'une trèsbelle vue sur le dôme de Saint-Pierre. Dans ce jardin s'élève une ravissante villa, construite par Pizzo Ligorio pour Pie IV et que l'on nomme la villa Pia ou le casino du pape. Cette délicieuse construction, ornée de peintures du Baroche, de P. Zueehero et de Santi di Tito , est aujourd'hui très-délabrée, malgré les restaurations dont elle a été l'objet sous Léon XII.
Le palais du Vatican a trois étages : le premier et le deuxième étage sont occupés dans presque toute leur étendue par les musées et les bibliothèques, sauf dans les bâtiments qui sont réservés au souverain pontife et qui s'élèvent du côté de la nlace Saint- Pierre, autour de la cour de Saint-Damase. L'escalier principal, nommé l'escalier Royal (Scala regia), se trouve au bout de la galerie de droite de la colonnade de Saint-Pierre, près de la statue équestre de Constantin le Grand ; il g. deux rampes et est bordé par des colonnes ioniques qui décrivent une perspective imposante. Ce bel escalier, où les halletjardiers du pape, en costume du moyen âge, montent la garde, conduit au premier étage, dans la salle Royale, qui sert de vestibule aux chapelles Pauljne et Sixtine. On remarque dans cette salla des ornements exécutés par Pierino del Vaga et Daniel de Volterre et des fresques relatives à l'histoire de l'Eglise par Vasari, Orazio Satnmachini, Taddeo et Frederico Zueehero, Francesco Salviati, Girolamo Sicciolante.
Nous avons consacré à la chapelle Sixtine (v. ce mot) un article spécial, dans lequel nous avons parlé des peintures fameuses exécutées en ce lieu par Michel-Ange et d'autres grands maîtres; nous croyons devoir reproduire ici la description que M^e Louise Colet a faite de l'aspect que présente cette chapelle le jour où le souverain pontife y officie: «A gauche de la salle Regia s'ouvre la porte de la chapelle Sixtine; une portière de velours fripé retombe des'sus; deux gardes se tiennent de chaque côté; dans l'intérieur sont rangés une vingtaine d'autres gardes, dont cinq gardes nobles, lesmassiers et les chambellans du pape. Tous ces hommes, à la mine ennuyée, sont revêtus d'uniformes ternis. La chapelle se déroule en une seule galerie sans division de nef et de colonnade. A droite, en entrant, sont les bancs destinés aux femmes; à gauche, ceux des hommes, et, au milieu de cette travée de gauche, se dresse une tribune en échafaudage pour les souverains étrangers ou les princes. La partie réservée au public est séparée de celle qui est réservée au clergé par de légers piliers carrés en marbre blanc, dont l'entablement supporte huit candélabres en bois doré. Au milieu s'ouvre une porte en chêne sculpté avec des fleurs de lis. La tribune des chantres, placée à droite, du côté des femmes, est en bois doré, ainsi que le pupitre qui soutient la musique chantée par des êtres invisibles.... Ces chanteurs sont-ils jeunes ou vieux? On l'ignore; mais aux notes aiguës et légères qui éclatent, tanl dans les solos que dans les morceaux d'ensemble, on dirait des voix de vierges cloîtrées implorant l'Amour. Pas de tendresse, aucune inflexion molle, mais un désir inassouvi et désespéré.... .On sait à quelle mutilation les papes soumettaient ces interprètes de la musique sacrée. On n'en fait plus, assurent les autorités romaines; on en fait encore quelques-uns par contrebande, prétendent les frondeurs.... » Ces lignes ont été écrites en 1S64.
La chapelle Pauline est loin d'offrir le même intérêt que la Sixtine. On y voit deux fresques de Michel-Ange : la Conversion de saint Paul et le Crucifiement de saint Pierre, qui ont beaucoup souffert de la fumée des cierges. Les autres peintures ont été exécutées par F. Zucearo et par L. Sabbatiui. Pendant la semaine sainte, de belles cérémonies ont lieu dans cette chapelle.
La salle Ducale, qui communique avec la salle Royale, a sa voûte ornée d'arabesques par Sabbatini et par Raffaellino da Reggio; elle n'est séparée des Loges que par un corridor; mais ce n'est pas par là qu'on arrive ordinairement dans ces galeries célèbres ; un escalier de 118 marches, qui se trouve au fond de la cour de- Saint-Damase, y conduit directement. Les Loges du premier étage, construites par Bramante et décorées par Jean d'Udine, dépendent de l'appartement Borgia, où l'on admire des fresques du Pinturicchio ; les Loges du deuxième étage ont été illustrées par Raphaël et sont contiguSs aux Chambres (Stanze), où l'immortel artiste a peint, avec ses élèves, Y Incendie du Bourg, la Dispute du saint sacrement, l'Ecole d'Athènes, le Pâmasse, Héliodore chassé du temple, la Messe de Bolsène, Saint Léon arrêtant Attila, la Bataille de Constantin, etc. Les Chambres, au nombre de quatre (dites de l'incendie du Bourg ou de la tour Borgia, de la Signature, d'Héliodore et de Constantin),
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sont situées au-dessus de l'appartement Borgia et ont leurs fenêtres sur la cour du Belvédère. Les articles spéciaux que nous avons consacrés aux Loges et aux Chambres (v. ces mots) nous dispensent d'entrer ici dans de plus amples détails. La Chambre de Constantin communique avec une salle dite antichambre des Stanze ou salle des clairs-obscurs (Sala de' ckiaroscuri), qui conduit elle-même, d'un côté à la galerie des Loges et de l'autre à la chapelle de Saint-Laurent. Cette chapelle, construite par Nicolas V, est décorée de fresques très-intéressantes, dues au pinceau de Fra Angelico et représentant la Vie de saint Etienne. V. au nom de ce saint la description de ces peintures.
— Musées. Edifié aux époques de la toutepuissance pontificale, le Vatican semblerait aujourd'hui bien vide si son immensité n'était peuplée par des milliers de chefs-d'œuvre de 1 a'rt antique et de l'art moderne. Depuis le xvme siècle, les divers papes qui se sont succédé sur le trône de saint Pierre ont tous contribué plus ou moins activement à former les merveilleuses collections qui suffiraient pour faire de ce palais l'édifice le plus intéressant du monde. Nous allons passer succinctement en revue ces collections, dont les morceaux les plus importants ont été l'objet de descriptions spéciales dans ce Dictionnaire.
— Musée Pio ■ Clémenlin. Ce musée est placé au nord du Vatican, dans les bâtiments du Belvédère, à l'extrémité des galeries du Bramante; il a reçu son nom des papes Clément XIV et Pia VI, qui l'ont formé au xvme siècle et qui ont commencé par y réunir les antiques acquis par Jules II, Léon X, Clément VU et Paul III. Pie VI s'est particulièrement appliqué à développer ce musée; il passe pour lavoir enrichi de. plus de deux mille morceaux. C'est à lui aussi qu'est due la construction de plusieurs des salles dans lesquelles les objets sont exposés, et c'est par ses ordres que les Visconti ont publié et décrit les principales œuvres de cette collection sans rivale [Museo Pio-Clementino, in-fot.). Deux vestibules, l'un carré, l'autre rotid, forment l'entrée du musée : dans le premier se trouvent le fameux Torse du Belvédère, fragment d'une incomparable beauté, et le tombeau de Scipion Barbatus; dans le second, il n'y a pas de morceau b en saillant, mais les visiteurs ne manquent jamais de s'y arrêter pour contempler, du haut du balcon, le panorama de la ville de Rome, panorama splendiile qui a fait donner le nom de Belvédère à cette partie du Vatican, Une salle voisine du vestibule rond est dite !a Chambre de ftléléagre, k cause d'une admirable statué du chasseur mythologique, qui en fait le principal ornement: Près de cette chambre est un escalier en spirale, construit par le Bramante et qui a servi de modèle pour ceux du Quirinal et des palais Borghèse et Barberini. Du vestibule rond on entre dans la-cour octogone du Belvédère, qui a été construite par Clément XIV et qui est entourée d'un portique soutenu par seize colonnes de- granit. Sous ce portique sont rangés des sarcophages, des baignoires, des autels et des bas-reliefs antiques, presque tous de la [dus grande beauté, et aux quatre angles, dans quatre niches ou cabinets, sont isolés le Laocoon, l'Apollon du Belvédère, Se Mercure ou l'Antinous du Belvédère, chefs-d'œuvre fameux entre tous, et deux morceaux de Canova, le Persêe et les Lutteurs. De la cour du Belvédère on communique avec la galerie des Statues, qui occupe l'ancienne villa d'Innocent VIII et qui a été restaurée et agrandie à la fin du siècle dernier; c'est là qu'on admire aujourd'hui l'Apollon Sauroctoneet le Cupidon de Praxitèle, les statues des poètes comiques Ménandre et Posidippe, l'Ariane endormie, etc. Deux petites pièces contigues a cette galerie, la salle des Bustes et le cabinet des Masques, contiennent: la première, des bustes d'empereurs romains et quelques statues, parmi lesquelles on remarque celle de Jupiter; la seconde, une mosaïque représentant trois groupes de Masques et d'intéressants bas-reliefs. De la galerie des Statues on passe dans la salle des Animaux, ainsi nommée parce qu'on y a réuni une nombreuse collection d'animaux sculptés avec une vérité surprenante. Un vestibule qui coupe cette dernière salle en deux mène de la cour du Belvédère dans la salle des Muses: celle-ci est octogone et est soutenue par seize colonnes de marbre de Carrare, à chapiteaux antiques, provenant da la villa Adriana; elle renferme les célèbres statues des Muses et d'Apollon Musagète, trouvées à
■ Tivoli, et les hennés de plusieurs philosophes et auteurs grecs.
La Salle ronde date, comme la précédente, avec laquelle elle communique, du règne de Pie VI et fut construite sur le modèle du Panthéon par Michel-Ange Simonetti. Elle est éclairée par dix fenêtres et par "une ouverture circulaire. Sa coupole est soutenue par dix pilastres de inarbre, et son pavement est formé par une mosaïque antique trouvée à Otricoli. Au milieu de cette salle s'élève un bassin de porphyre rouge, unique pour sa grandeur et sa beauté, qui était autrefois placé devant les thermes de Dioclétien; autour se dressent plusieurs statues colossales, un AntinoUs, une Cérès, une Junon {jadis au palais Barberini), un Hercule (en bronza doré), les statues de plusieurs empereurs, les masques de la Comédie et de la Tragédie, un
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très-beau buste colossal de Jupiter, etc. De la Salle ronde, située à l'extrémité N.-O, du Vatican, on revient vers le midi et l'on entre dans la Salle a, la croix grecque, qui doit son nom au plan sur lequel elle a été construite sous Pie VI par Simonetti. La porte, haute de 6m,50, est décorée de deux figures colossales de style pseudo-égyptien, qui soutiennent l'entablement et qui proviennent de la villa Adriana; le pavé est orné de belles mosaïques antiques. Les deux principales curiosités de cette salle sont les sarcophages en porphyre rouge de sainte Hélène et de sainte Constance, dont la restauration seule a coûté près de 500,000 francs. En sortant de la Salle a la croix grecque, on arrive à l'escalier principal du musée, construit par Simonetti. 1! est orné de balustrades en bronze massif et de trente-deux colonnes antiques en granit rouge oriental, en brèche coralline et en brèche de Goni; deux de ces colonnes, en porphyre noir, uniques en leur genre, encadrent une sorte de balcon ménagé sur la Salle à la croix grecque. L'escalier a quatre rampes ; les deux plus spacieuses, au centre, moment iu jardin délia Pigna au premier étage du musée Pio-Clémentin et au second étage, où se trouve le musée Etrusque; les deux autres/moins larges, mais plus longues, mènent à la salle de la Bigue et à la Galerie de3 candélabres, qui forment les deux dernières divisions du musée Pio-Cléineiitin. La salle de la Bigue, construite en forme de rotonde par Giuseppo Camporesi, doit son nom a un char antique (b.iga) en marbre, dont le siège était jadis conservé dans le chœur de l'église San-Marco ; tout autour sont rangées des statues, parmi lesquelles on distingue un Ihicchus indien, un Alcibiade, un Discobole ( d'après celui de M vron ) , une Diane chasseresse, un Guerrier (qu'on a cru être Phocion), un. Cocher du cirque (auriga), etc. Entin, la Galerie des candélabres, . située au deuxième étage, contient une quantité de candélabres,, de colonnes, d'urnes, de cratères, d'autels, de sarcophages antiques et quelques bustes et statues.
— Musée Chiaramonli. Ce musée, qui a reçu le nom de famille de Pie VII, par qui il fut construit, se compose de sculptures antiques comme le musée Pio-Clémentin ; il comprend deux divisions : le musée ou corridor Chiaramonti proprement dit, qui occupe la partie du corridor oriental du Bramant© la plus rapprochée du Belvédère, et le Braccio-Nuovo, qui réunit ce corridor à celui de l'O. Le corridor Chiaramonti a chacune de ses parois divisée en trente compartiments, où sont disposés avec goût les statues, bustes et bas-reliefs. Les morceaux les plus remarquables de cette collection sont : les statues de Tibère, de Jules César, du Sommeil, de Mercure, de Cupidoii (imité de celui de Praxitèle), de Silène, il' Ariane; les bustes de Cicéron, de Marius, de Scipion l'Africain, à' Auguste jeune, de Julie, de Domitius JEnobarbus, etc. Dans le Braocio-Nuovo, on distingue les statues d'Auguste, de Claude, de Titus, de Lucius Verus, d'Euripide, de Dé~ mosthène, de Minerve Poliade, d'un Faune (imité de Praxitèle), de la Fortune, de Mercure, d'un Esclave dace, de la Pudicité, de Silène portant Bacchus enfant, d'un Athlète ou coureur s'essuyant avec un strigilè (Apoxyomenos); les bustes de Commode, de l'rajan, d Adrien, de Marc-Antoine, de Lipide, de Salluste (?) ; une cariatide que l'on croit provenir du temple de Pandrose, à Athènes; un superbe vase en basalte noir, décoré de thyrses et de masques bachiques; deux masques de Méduse, de grandeur colossale, etc.
— Galerie lapidaire. Ce musée, créé par Pie VII, et à l'organisation duquel présida le savant Gaetano Marini, occupe la partie du corridor oriental du Bramante la plus rapprochée des Loges et précéda ainsi le musée Chiaramonti, dont il est séparé par une simple grille. Il contient plus de trois mille inscriptions païennes ou chrétiennes , des sarcophages, des cippes, des autels funéraires, des urnes, etc. C'est une mine précieuse de renseignements pour l'histoire et l'archéologie.
— Musée Egyptien. Ce musée, commencé par Pie VII, fut ouvert par Grégoire XVI. 11 est placé à l'extrémité du jardin délia Pigna et communique avec la Salle à la croix grecque. Il occupe plusieurs chambres et contient une grande quantité d'objets soit d'origine égyptienne, soit de style pseudoégyptien.
— Musée Etrusque Grégorien. Û'està Grégoire XVI qu'est due la formation de ce mutée, qui est placé au deuxième étage, audessus du musée Egyptien. Il se compose de monuments découverts dans les nécropoles de l'Etrurie et principalement dans celles de Vului. C'est la collection la plus précieuse pour l'étude de l'archéologie italique ; elle n'occupe pas moins de treize salles et renferme des urnes funéraires en terre cuite et en albâtre, dont quelques-unes contiennent encore les restes mortels, des portraits recueillis dans les tombeaux, des fresques, des inscriptions, des vases peints, des coupes, des patères, des ustensiles divers, des miroirs, des bijoux, des statues de bronze, etc.
— Musée Profane, Cette collection, qui occupe un cabinet situé à l'extrémité de la galerie occidentale du Bramante, prés de l'es-
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calier principal du musée Pio-Clémentin, se compose d'ustensiles antiques en métaux divers, de petites idoles et statuettes en bronze, de bijoux, d'inscriptions sur plaques en bronze ou sur tuyaux de plomb, de basreliefs en ivoire, etc.
— Musée Sacré. Ce musée est placé, ainsi que les quatre collections suivantes, dans les salles de la galerie occidentale du Bramante les plus voisines de l'appartement Borgia. Il a été fondé par Benoit XIV et considérablement enrichi par Grégoire XIV. Il renferme une grande quantité d objets appartenant aux rites chrétiens primitifs et provenant pour la plupart des catacombes :" anneaux, diptyques en ivoire et en bois, lampes, ciboires, calices, vases cinéraires en verre, inscriptions et bas-reliefs de sarcophages, etc.
— Cabinet des papyrus. C'est une pièce trèsélégante, ornée de fresques pur R. Mengs et renfermant de précieux manuscrits du ve au vma siècle.
— Chambre des Noces Aldobrandines. Cette salle, dont la voûte a été peinte par le Guide, doit son nom à la célèbre fresque antique dite des Noces Aldobrandines (v. ce dernier mot), découverte en 1806 sur le mont Esquilin, et qui, jusqu'à l'époque des fouilles de Pompéi, a été regardée comme le plus précieux spécimen de la peinture des anciens. D'autres fresques antiques, païennes et chrétiennes, sont placées dans cette chambre.
— Salle des peintures byzantines. Grégoire XVI a réuni dans cette pièce un certain nombre de tableaux qui datent pour la plupart du xme et du xiv6 siècle, mais dont quelques-uns ont été exécutés -par dos maîtres italiens du xve siècle, tels que Musaccio et Fra Angelico.
— Cabinet des médailles. Il contient une grande quantité de monnaies et de médailles romaines et gréco-romaines. Des pièces d'une grande rareté ont été dérobées en 1849 par un des conservateurs et ont été fondues.
— Galerie des tableaux ou Pinacothèque.
Cette collection ne renferme qu'une cinquantaine de tableaux, mais tous du premier ordre; elle est distribuée dans cinq salles situées au troisième étage, derrière les galeries des Loges. Voici la liste des principaux chefsd'œuvre qu'elle contient : la Transfiguration, la Madone de Foligno, le Couronnement de la Vierge, les Mystères (Annonciation, Nativité et Présentation) et les Vertus théologales (grisaille), par Raphaël ; la Communion de saint Jérôme, du Dominiquin ; le Martyre de saint Erasme, de Poussin ; la Vision de saint Jiomuald, d'Andréa Sacchi; le Martyre des saints Processe et Martinien, par Valentin ; la Mise au tombeau, du Caravage; la Légende de saint Nicolas, par Fra Angelico ; un Saint Sébastien et le portrait d'un doge, par le Titien; Sixte IV donnant audience à Platina, par Melozzo de Forli; le Christ mort, par Crivelli; le Repos en Egypte, une Annonciation et \'Extase de sainte Micheline, par le Baroche; le Martyre de saint Pierre et une Madone, du Guide; la Résurrection du Christ et la Nativité,' p&r le Pérugin; une Sainte Famille, du Garofalo; une Pietà, de Mantegna-, une Sainte Hélène, de Paul Véronèse ; un Saint Thomas, du Guerchin, etc.
— Galerie des Arazzi. Cette galerie, placée au deuxième étage du corridor occiden- (al du Bramante, renferme la précieuse suite des tapisseries {arazzi) exécutées d'après les cartons de Kaphael pour la décoration de la chapelle Sixtine, et qui représentent les actes des apôtres. Nous en donnons la description au mot ARAZZI.
— Bibliothèque du Vatican. Nicolas V doit être regardé comme le fondateur de cette bibliothèque fameuse; il réunit 9,000 manuscrits. Son successeur, Calixte III, en dispersa malheureusement une partie. Sixte IV et Sixte V organisèrent définitivement cette collection, qui reçut au xvuo siècle des accroissements considérables par suite de l'acquisition ou de l'annexion des manuscrits de Fulvius Ursinus, du couvent des bénédictins de Bobbio, en Piémont, de la bibliothèque Palatine, de la bibliothèque d'Urbin, de la bibliothèque de Christine de Suède, de la bibliothèque Ottoboniana, de celle du marquis Capponi, de 102 manuscrits grecs provenant du couvent de Saint-Basile, à Grotta-Ferrata. Actuellement, la bibliothèque du Vatican renferme environ 2,400 manuscrits , tant orientaux que grecs ou latins, et environ 50,000 imprimés.
Vatican (concile du). Nous avons vu, au concile de Trente (v. ce mot), l'aristocratie catholique favoriser les empiétements de la papauté dans l'Eglise et lui préparer, par ses complaisances à son égard, les degrés vers l'absolutisme. Nous allons la voir, au concile du Vatican, lui ouvrir elle-même la porte- du palais où désormais la papauté trônera en souveraine ; ce sera l'inauguration officielle de la monarchie catholique. Quant a la démocratie de la primitive Eglise, il y a longtemps qu'il n'en est plus question et que tout se fait Sans elle. En 1854, Rome définissait d'elle-même, après une constatation, pour la forme, des adhésions de l'aristocratie épiscopàle dispersée, le dogme nouveau de l'immaculée conception. En 1864, elle lançait cette bulle audacieuse, Quanta cura, avec son Syl-
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labus (v. ce mot), double affirmation d'une autorité papale absolue et d'un divorce irrévocable entre cette autocratie et toutes les libertés, entre cette autocratie et la civilisation.-
Ce fut dans ces conditions que le saint-père convoqua en l'année 1S6S, la vingt-troisième de son règne, par sa lettre/am vos omnes, le concile du Vatican, dernière assemblée de l'aristocratie catholique, jusque-là indépendante, qui va se donner à elle-même le coup mortel en inaugurant la monarchie catholique.
Nous suivrons ici à peu près la même marche que nous avons suivie dans notre article sur le concile de Trente, et, pour le concile du Vatican, ouvert le 8 décembre 1869, nous considérerons :
lo Les .relations du pape et du concile avec les Etats politiques.
20 Les relations du concile avec la papauté.
3° Les relations des dissidents avec la papauté.
4° Les décréta dogmatiques rendus par le concile.
— I. Relations de la papauté et du concile avec les Etats politiques. Dans la bulle d'indiction du concile du Vatican, Jam vos omnes, après avoir convoqué directement les évoques de tout l'univers catholique pour le 8 septembre de l'année suivante (18G9), en les menaçant des peines portées par les canons s'ils ne s'y rendaient point, Pie IX dit : « Nous avons l'espoir que Dieu, qui tient le cœur des hommes <>n sa main, écoutera favorablement nos vœux et fera, par sa grâce et son ineffable miséricorde, que les souverains et les chefs de tous les peuples, particulièrement les princes catholiques, connaissant chaque jour davantage les très-grands biens qui découlent en abondance de l'Eglise catholique sur la société humaine, et sachant que cette Eglise est le plus solide fondement des empires et des royaumes, non-seulement n'empêcheront d'aucune manière nos vénérables frères les évêques et les autres personnes ci-dessus mentionnées de venir au concile, mais qu'ils se plairont, au contraire, à les favoriser, à les aider et à coopérer, avec le plus grand zèle, comme il convient à des princes catholiques, à tout ce qui peut contribuer à la plus grande gloire de Dieu et au bien du même concile... ■
A la date indiquée, près de huit cents Pères se trouvaient au Vatican. Les gouvernements avaient tous laissé liberté complète aux évêques de s'y rendre de tous les coins de la terre; cela ne les concernait point; cela était en dehors de leur compétence. Un seul gouvernement fit exception; ce ne fut ni le Turc, devenu trop faible pour en avoir l'audace, ni le Chinois, trop étranger à la civilisation européenne pour en avoir l'idée ; ce fut l'autocrate gréco-russe, le czar des Russies; celui-là ne permit à aucun des évê- ■ques de son empire, à quelque communion qu'il appartint, uni ou non uni, de quitter ses États pour aller au concile.
Pendant le concile, le pape et les évêques restèrent dans leur palais du Vatican, absolument indépendants de toute influence temporelle; ils firent ce qu'ils voulurent, sans qu'aucune puissance politique s'y ingérât.
La majorité du concile venait, le 18 juillet 1870, d'accorder à la papauté cette autorité monarchique qu'elle ambitionnait depuis tant de siècles. La minorité s'était retirée, comme nous le raconterons bientôt, et les Pères restant, au nombre d'à peu près 550, continuaient leurs travaux; ils tenaient leurs congrégations préparatoires pour une cinquième session qui devait avoir lieu, et ces études préparatoires duraient depuis environ trois mois. Mais alors survinrent les événements politiques qui enlevèrent Rome au pape pour en faire la capitale du royaume d'Italie, et Pie IX suspendit- le concile par sa lettre apostolique Postquam Dei munere, datée du 20 octobre 1870. Il est bon de citer le passage important de cette lettre :
«... Après quatre sessions publiques et solennelles, nous avons donné et promulgué, avec l'approbation du saint Concile, des constitutions salutaires et opportunes en matière de foi; et d'autres, qui ont trait soit à la foi, soit a la discipline ecclésiastique, ont été examinées par les Pères, et elles pourraient être bientôt promulguées et sanctionnées par la suprême autorité enseignante. Nous avions la confiance que tous ces travaux, grâce aux études communes et au zèle de l'assemblée, auraient progressé et suivi un cours facile et prospère qui les eût conduits à la fin désirée; mais l'iuvasiqn sacrilège et subite de cette auguste cité, notre siège, et du reste des provinces de notre domaine temporel, par laquelle contre toute loi et avec une perfidie et une audace incroyables ont été violés les droits inébranlables de notre principat civil et du siège apostolique,' nous a mis dans une telle situation, que, Dieu le permettant ainsi dans ses inscrutables jugements, nous sommes absolument placé sous une domination et une puissance ennemie. Dans ce lamentable état des choses, nous trouvant empêché de plusieurs façons dans le libre et prompt exercice de la suprême autorité, qui nous a été divinement conférée, et sachant très-bien que les Pères du concile du Vatican ne pourraient pas
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avoir, à cause de la situation présente, dans notre auguste ville de Rome, la liberté, la sécurité et la tranquillité nécessaires pour traiter régulièrement avec flous les affaires de l'Eglise ; jugeant d'ailleurs que les besoins des fidèles, au milieu des calamités si grandes et si notoires de l'Europe, ne permettent point à tant de pasteurs de s'éloigner do leurs églises; par ces motifs, voyant avee une grande douleur de -notre âme les choses arrivées au point de nous empêcher de continuer en ce moment le concile du Vatican, après mûre délibération, de notre propre mouvement," en vertu de notre autorité apostolique, nous, par la teneur des présentes, le suspendons et le déclarons suspendu jusqu'à un autre temps, plus opportun et plus commode, qui sera détermine par ce siège apostolique, et nous prions Dieu, auteur et vengeur de son Eglise, afin que, tous les empêchements ayant enfin disparu, il rende le plus tôt possible à son épouse très-fidèle la liberté et la paix... »
— IL Relations du concile avec la papauté. Nous avons vu l'aristocratie épiscopale, au concile de Trente, malgré ses excessives complaisances envers le pontife romain, gar- • der pourtant encore une certaine indépendance et ne lui point céder sur des points graves où elle sentait son droit compromis.
Nous avons raconté sommairement la longue discussion qui s'établit entre le concile de Trente et les trois papes successifs, représentés par leurs légats, sur le droit de proposition ou de poslulalum,et nous avons vu que les Pères ne cédèrent point sur cet objet; que ce fut, au contraire, la papauté qui céda, lors de la troisième reprise (1503), à l'occasion du fameux Proponentibus legaits.
Nous avons vu que le concile de Trente, loin d'astreindre ses membres au secret durant sa tenue, avait décrété la publicité de ses assemblées et de ses sessions et avait invité tout le monde à chercher avec lui la solution des problèmes;
Nous avons vu le concile de Trente s'organiser lui-même dans son personnel, choisir et nommer ses officiers, malgré la tentative de la cour romaine pour s'adjuger cette nomination, en un mot constituer, comme le fait toute assemblée délibérante, ses bureaux,' ses congrégations , leur président et ses assesseurs, etc.
En résumé, c'est le concile lui-même qui, h Trente, a fait son règlement d'organisation conciliaire. Les choses se passèrent d'utio tout autre manière au concile du Vatican. Pie IX se hâta, sur tous les points réglementaires, de prendre les devants sans consulter les Pères du concile. Dès le '27 novembre 1869, il donna, par sa lettre Inter multipliées, le règlement et la réponse à toutes les questions d'organisation, en vertu de son autorité apostolique et sans aucune consultation ni délibération préalables.
Citons quelques-uns des passages importants de cette incroj'able lettre de réglementation par autorité papale, violemment, usurpée sur les droits séculaires des conciles.
i Comme nous n'ignorons pas avec quel zèle , quelle attention et quelle sollicitude nous devons pourvoir à régler, d'après la sainte.discipline et les précédents de nos Pères, tout ce qui peut assurer le maniement, la gestion et l'accomplissement d'une affaire si importante^ ; par ces motifs, en vertu de notre autorité apostolique, nous décrétons ce qui suit et nous ordonnons que tous, dans ce saint concile, s'y conforment.
■ Bien que le droit et la charge de proposer les affaires qui doivent être traitées dans le saint concile œcuménique et de demander l'avis des Pères n'appartiennent qu'à nous et à ce siège apostolique..., nous statuons que les propositions seront faites (par les Pères) dans les conditions suivantes : 1» elles seront mises par écrit et soumises privômenc à une congrégation particulière, composée tant de nos vénérables frères les cardinaux de la sainte Eglise romaine que de Pères du concile, et qui doit être instituée par nous; 2° la congrégation particulière qui aura reçu ces postutata en fera diligemment l'examen, et elle soumettra à notre jugement son avis pour l'admission ou le rejet, afin que nousméme, après mûre délibération, décidions si ces postulata doivent être déférés au concile.
» La prudence nous avertit ici de prescrire, pour toute la célébration du concile, le lien du secret, qui a dû être imposé plus d'une fois dans les conciles précédents... En conséquence, nous défendons à tous et à chacun des Pères, aux officiers du concile, aux théologiens, aux canonistes, à quiconque prêtera aide, en quelque manière, aux Pères ou aux officiers dans les affaires du concile, de' divulguer ou de faire connaître à qui que ce soit, en dehors du concile, les décrets et tout ce qui sera proposé pour être examiné, non plus que les discussions et les avis des différents membres, etc. On fera même prêter serment aux officiers que cette loi du secret sera scrupuleusement gardée par eux.
■ Comme il est d'une haute importance de déléguer des ministres et ofliciurs nécessaires et aptes, conformément à la coutume et à la discipline conciliaires, pour tous les actes qui, dans ce synoda, doivent s'accomplir selon toutes les règles, tenant compte de ces sortes de ministères, nous choisissons et nommons... *
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Suivent les désignations personnelles des custodes, des secrétaires, des notaires, des scrutateurs, des promoteurs, des maîtres des ■cérémonies, de ceux qui devaient présider les congrégations, etc.
C est ainsi que, pour la première fois dans l'Eglise, malgré les insinuations contraires de Pie IX, qui s'autorisait de traditions imaginaires, on vit la papauté s'empresser d'organiser tout dans le concile, et que celui-ci n'eut qu'à fonctionner servilement sous un maître qui avait, d'avance, accaparé tous les droits.
Il s'éleva des protestations assez nombreuses; mais ces protestations, quiauraient suffi, d'après les traditions conciliaires, pour infirmer tout ce qu'aurait fait un tel concile, si elles avaient fortement persisté, furent si molles, en fin de compte, qu'elles s'effacèrent et perdirent leur vertu.
— III. Relations de la papauté et de la majorité du concile avec les dissidettts. Pie IX avait à considérer trois grandes fractions du christianisme: les Eglises schismatiques orientales grecques et l'Eglise gréco-russe ; les Eglises hérétiques protestantes d'Allemagne, d'Angleterre, de l'Amérique du Nord, etc., et les catholiques indépendants, tels que ceux qu'on appelle en France les gallicans.
En ce qui concernait les deux premières < fractions, Pie IX les invita à venir au concile; il faut le reconnaître et lui en tenir bonne note. Mais dans quel sens les invitat-il ? Un fait important le fit comprendre.Voici ce fait : un docteur protestant d'Ecosse , nommé Cumming, frappé de cette invitation, en écrivit à l'archevêque catholique de Westminster pour lui demander si, dans le concile, la discussion serait ouverte aux dissidents tant protestants que schismatiques; et l'archevêque de Westminster en écrivit deux fois à Pie IX en termes assez favorables à cette hypothèse. Or Pie IX répondit à ces deux demandes par deux lettres. Voici les passages caractéristiques.
Dans la première, Pie IX dit à l'archevêque : « Nous avons voulu dire que la primauté, non-seulement d'honneur, mais encore de juridiction, conférée à Pierre et à ses sucees- ' seurs par le fondateur de l'Eglise, est placée en dehors des hasards de la discussion. C'est là, certes, le pivot sur lequel tourne toute la question entre les catholiques et les dissidents, quels qu'ils soient, et de cette dissidence découlent, comme de leur source, toutes les erreurs des non-catholiques... Si, par conséquent, celui qui vous a questionné veut bien considérer soit la croyance que maintient l'Eglise par rapport à l'infaillibilité de son propre jugement dans la définition de ■ tout ce qui touche à la foi et aux mœurs, soit ce que nous-même avons écrit, disant que la primauté et le magistère de Pierre ne doivent point être remis en doute, il apercevra tout de suite que l'on ne saurait donner place dans le concile à aucune défense d'erreurs condamnées et que nous ne pouvions inviter les non-catholiques à une discussion, mais que nous les avons simplement pressés de profiter de ce concile, etc. ■ Le reste signifie : « pour se soumettre au pontife romain, i L'archevêque de Westminster insista, et Pie IX répondit de nouveau : « Nous apprenons maintenant que quelques dissidents ont compris nos paroles de manière à croire qu'il ne leur reste aucun moyen d'exposer les difficultés qui les tiennent séparés de l'Eglise catholique et que tout accès auprès de nous leur est à peu près interdit... Jamais, certes, nous n'avons voum imposer silence à ceux qui, égarés par une mauvaise éducation et so croyant dans la vérité, pensent que leur dissidence avec nous repose sur des arguments puissants qu'ils voudraient, à cause de cela, faire sérieusement examiner par des hommes sages et prudents ; bien que cela ne puisse se faire dans le sein du concile, il ne manquera poini.u'huuimes versés dans les sciences divines et désignes par nous, auxquels ils pourront ouvrir leur âme, exposir avec confiance tous les motifs de leurs propres sentiments, de telle sorte que du ciioc d'une discussion entreprise seulement dans le désir de découvrir la \èrite ils soient à même de recueillir une lumière plus abondante qui les guide vers elle... » ,
Restaient les catholiques indépendants , cei.x qui voulaient que l'autorité de l'Eglise en corps lut supérieure à celle du pape. Il se 'trouvait au concile du Vatican de 130 à f60 evêquet appartenant à ce parti, parmi lesquels se faisaient remarquer iM.DarGoy, archevêque de Pans, Al. Uupanloup, évéque d'Orléans, M. Maret, eveque in partibu\ du chapitre de Sami-Denis, etc. Mais le plus grand nombre n'étaient pas Français; il y eu avait d Allemagne, de la Suisse, uo l'Amérique, etc., en un mot de tous les pays les plus civilisés du monde; en sorte qu il fut observé que, si l'on niellait eu compte la qualité des contrées et la population des uiocoses, le poids de ce côté emportait la balance.
Dès les commencements de la tenue du concile (3 janvier 1870), une proposition pour la définition de l'infaillibilité personnelle du pape fut rédigée par les plus ardents ultramontains et fut offerte par eux à la signature de tous les membres. Leurs intrigues réussirent à la faire signer par un assez grand nombre, et ce fut contre cette première entreprise que s'élevèrent les protestations des
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12, 15 et 18 janvier, remises collectivement le 23 au saint-père. Il y avait même, à cette date, un projet de proclamation de l'infaillibilité par acclamation ; mais ces protestations en rendirent impossible la réalisation et le firent échouer. Cependant Pie IX employait tous les moyens imaginables pour gagner des adhérents. Le 20 février, par exemple ; il rendait un décret par suite duquel il ne laissait, disait-il, aux évèques que « la liberté du bien, > en ordonnant que, sur la demande de dix voix, la discussion fût fermée à tout opposant. Ce sera par application de ce décret que, le 23 mars, M. Strossmayer sera chassé" de la tribune pour quelques doutes émis par lui relativement à la thèse des ultramon tains ; et le lendemain le saint-père, dans un discours mystique très-exalté, s'écriera « avec un geste de dédain et un accent suWime,i au dire de l'Univers religieux : ■ Il y en a qui craignent la révolution ! Quelle faute ils font ! Ils cherchent les applaudissements des hommes I Nous, mes enfants, cherchons l'approbation de Dieu... C'est le combat des évêques : défendre la vérité avec le vicaire de Jésus-Christ, et n'avoir pas peur. Mes enfants, ne m'abandonnez pas! (cris : Non! Non!) ; attachez-vous à moi, soyez avec moi, unissez- vous au vicaire de Jésus - Christ I (nouveaux cris : Oui! Oui! saint-père). •
Le 6 mars, la commission des vœux, composée par le pape lui-même, mit en délibération le postulalum que les ultramontains avaient fait signer dès le 3 janvier. Voici le texte de ce postutalum: « Les Pères soussignés demandent très-humblement au saint synode œcuménique du Vatican qu'il veuille bien affirmer par un décret, eu termes formels et qui excluent toute possibilité de douter, que l'autorité du pontife romain est souveraine et, par suite, exempte d'erreur, lorsqu'il prononce sur les choses de la foi et des mœurs, et qu'il enseigne ce qui doit être cru et tenu, ce qui doit être rejeté et condamné par tous les fidèles de Jésus-Christ. >
Ce postulatum était suivi d'un exposé des raisons théologiques sur. lesquelles les infaillibilistes avaient toujours appuyé leur thèse. On donnait huit jours aux Pères du concile pour présenter leurs observations, et la curie romaine ordonnait une neuvaine à la madone miraculeuse de saint Luc pour obtenir de Dieu qu'il dissipât « l'esprit de ténèbres, » ainsi que l'appelait Pie IX, des évêques opposants. Mais la résistance était vive et l'acclamation -annoncée n'arrivait pas. Enfin, le 29 avril, la majorité n'y tenant plus prit une résolution radicale par l'organe de la curie romaine; il fut décidé, d'autorité, qu'on passerait outre au programme qui avait été tracé au concile par les commissions préparatoires, et qu'on aborderait immédiatement le chapitre Xf, ayant pour objet la primauté du pontife romain.
Enfin vint le 13 juillet, jour de la congrégation générale. On lut dans cette congrégation, pour la dernière fois, le schéma de l'infaillibilité, rédigé (censément) comme il devait l'être dans la constitution elle-même. Or, les termes de cette rédaction, tels qu'ils furent exhibés dans cette congrégation du 13, ne sont pas absol ument semblables à ce qu'ils sont devenus dans la constitution Pastor sternus, dont nous parlons plus loin : les paroles de la- fin qui disent que « les définitions du pontife romain, sur la foi ou les mœurs, sont irréformables, » ne portent point qu'elles sont irréformablçs « par elles-mêmes et non par suite du consentement de l'Eglise, » ex sese, non autem ex eonsensu Ecclesiœ, ainsi qu'elles le portent duns la constitution Pastor xlernus; et ce fut avec l'absence de cette addition qu'elles furent votées dans cette congrégration du 13 par tous les membres moins 220, dont 70 absents, 62 qui dirent : Ptacet juxta modum, et 88 qui dirent : Non placet.
Cependant, sans qu'il yeût eu aueuneautro discussion dans l'intervalle, eut lieu cinq jours après (18 juillet) la proclamation solennelle de la session ; et dans cette proclamation furent ajoutés les mots, si importants au point de vue théologique : Ex sese, non autem ex eonsensu Ecclesim. C'est ce qui fit dire au Père Gratry que le concile « n'avait étéqu'un guetapens suivi d'un coup d'Etat. »
Le 16 juillet, jour où les opposants, au nombre de 55, se retirèrent du concile après la délibération et déclaration dont nous avons parlé, les Pères qui formaient la majorité protestèrent de leur côté par un acte authentique dans lequel ils déclaraient jouir d'une pleine liberté. Cet acte fut signé en salle conciliaire.
Quant aux opposants, après avoir rédigé leur déclaration et l'avoir signée au nombre de 55 seulement, tous reprirent le chemin de leur pays. Il n'en resta que deux qui eurent la fermeté de paraître au concile et de voter : Non placet, contrairement aux 533, qui répondirent: Placet. Quelques esprits malins ont même supposé, à cette occasion, que ces deux votes négatifs furent donnés en vertu d'une convention priseavec le souverain pontife et ne furent qu'un jeu ayant pour but de prouver que les votes avaient été libres.
— IV. Décrets dogmatiques rendus par le concile du Vatican. Le concile du Vatican ne porta, dans ses quatre sessions accomplies, que deux constitutions, dont l'une fut publiée dans la troisième et l'autre dans la quatrième. La première est la constitution Dei filins;.
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elle a pour titre : Constitution dogmatique sur la foi catholique. La seconde est la constitution Pastor eeternus; elle porte pour titre : Première constitution dogmatique sur l'Eglise de Jésus-Christ. Le mot première semble indiquer qu'elle doit être suivie de plusieurs autres ou au moins d'une seconde sur le même objet.
La constitution Dei filius pose d'abord le principe d'un progrès dans l'Eglise en précision, en développement, en interprétation des dogmes, avec cette seule restriction que le progrès ne sorte pas de l'unité doctrinale, quil n'aille point, dans ses développements, a la contradiction de ce qui a été défini dans le passé.
Le chapitre h, De la révélation, débute par cette proposition : « L'Eglise tient et enseigne que Dieu, principe et tin de toutes choses, peut être connu avec certitude par les lumières naturelles de la raison humaine , au moyen des choses créées. »
On lit dans le chapitre iv, De fide et ratione : « 11 existe un ordre double de connaissances, distinct non-seulement dans son principe, mais aussi dans son objet; dans son principe, parce que, dans l'un, nous connaissons parla raison naturelle, dans l'autre par la foi divine ; en son objet, parce qu'on dehors des choses auxquelles la raison naturelle peut atteindre, il y a des mystères cachés en Dieu, proposés à notre croyance, que nous ne pouvons connaître que par la révélation divine... Lorsque la raison éclairée par la foi cherche soigneusement, pieusement et prudemment, elle trouve, par le don de Dieu, quelque intelligence des mystères, tant par l'analogie des choses qu'elle connaît naturellement que par le rapport des mystères'entre eux et avec la fin dernière de l'homme, quoiqu'elle ne devienne jamais apte à les percevoir comme les vérités qui constituent son objet propre... La foi et lu raison se prêtent un mutuel secours ; la droite raison démontre les fopdemeiHS- de la foi et, éclairée par sa lumière, elle développe la science des choses divines... Quoique la foi soit au-dessus de la raison (c'est-à-dire en tant que faisant connaître des vérités supérieures en excellence aux vérités naturelles), il ne peut jamais y avoir de véritable désaccord entre la foi et la raison ; car c'est le même Dieu qui révèle les mystères et communique la foi qui a répandu dans l'esprit humain la lumière de la raison, et Dieu ne peut se nier lui-même, ni le vrai contredire jamais le vrai. «
Le concile proclama ensuite la liberté pour chaque . science, dans sa sphère, d user de ses principes et de sa méthode. • Loin, dit-il, (chap. v), que l'Eglise soit opposée à l'étude des arts et des sciences humaines, elle la favorise et la propage de mille manières; car elle n'ignore ni ne méprise les avantages qui en résultent pour la vie des hommes; bien plus, elle reconnaît que les sciences et les arts, venus de Dieu, le maître des sciences, s'ils sont bien traités, conduisent à Dieu, avec l'aide de sa grâce, et elle ne défend pas assurément que chacune de ces sciences, dans sa sphère, se serve de ses propres principes et de sa méthode particulière; elle reconnaît cette juste liberté... »
Le reste de la constitution Dei filius porte sur des doctrines anticatholiques que l'Eglise avait toujours rejetées de son symbole. On y condamne l'athéisme, le matérialisme, le panthéisme et les doctrines qui y conduisent, le rationalisme au sens du naturalisme exclusif (ratianalismus sive naturalismus), dans tous les détails par lesquels il nie l'ordre surnaturel. Toutes ces condamnations n'offrent rien de nouveau ni qui soit digne de remarque; il est évident qu'un concile catholique ne pouvait se conduire autrement.
Passons maintenant à la constitution Pastor sternus, sur l'Eglise. Fille commence par reprendre l'énoncé dont s'est servi le concile de Trente par rapport à l'interprétation des Ecritures sacrées. Après une série d'explications qui composent le préambule et les chapitres 1, h, m et iv, elle conclut ainsi qu'il suit : i Nous enseignons et définissons comme un dogme divinement révèle que lo pontife romain, lorsqu'il parle ex cathedra (de sa chaire), c'est-à-dire lorsque, remplissant la charge de pasteur et docteur de tous les chrétiens, en vertu de sa suprême autorité apostolique, il définit une doctrine de foi ou de morale devant être tenue par l'Eglise universelle, jouit pleinement, par l'assistance divine qui lui a été promise dans la personne du bienheureux Pierre, de cette infaillibilité dont le divin Sauveur a voulu que son Eglise fût pourvue en définissant une doctrine touchant la foi ou les mœurs, et, par conséquent, que de telles définitions du pontife roinaiu sont irréformables par elles-mêmes et non par suite du consentement de l'Eglise. » Voici le texte original : Sacro approbunte concilia, docemus et divinitus revelatum dogma esse definimus, romanum pontificem, cum ex cathedra loquitur, id est, cum omnium christianorum pastoris et doctoris munere fungens, pro suprema sua apostolica auctoritate, doctrinaux de fide vel mortbus ab universa Ecclesia tenendam définit, per assistentiam divinam, ipsi in beato Petro promissam. ex infallibilitate pollere, qua divinus Jiedemptor Ecclesiamsuam in definienda doctrina de fide vel moribus instructam esse voluit; ideoque ejus modi romani pontificis
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definitiones ex sese, non autem ex eonsensu Ecclesiœ irreformabiles esse.
On doit remarquer que le concile répète deux fois dan3 cette conclusion suprême, une fois par rapport au pape et une fois par rapport à l'Eglise, la restriction doctrina de fide vel moribus, pour indiquer qu'il ne s'agit point de toute espèce de doctrine, mais seulement des doctrines qui touchent la foi et les mœurs- Or, il faut reconnaître que, dans cette délimitation de l'infaillibilité papale au cercle des choses qui sont de foi et de morale, il n'est pas jeté une seule fois le moindre mol tendant à indiquer qu'il s'agirait de choses qui seraient déclarées par l'autorité comme étant de foi ou de morale," mais que toujours la formule est précise, indicative et sans restriction pour dire nettement qu'il s'agit de choses qui sont, par le fait et de leur nature, de foi ou de morale.
Que suit-il de là? Il s'ensuit <jue, d'après le concile du Vatican lui-même, toutes les fois que la raison et le bon sens verront elairement qu'il ne s'agit pas de choses qui appartiennent par leur nature à la foi ou à la morale chrétienne, mais qu'il s'agit de choses qui leur sont étrangères, telles que politique, économie, philosophie, histoire, sciences quelconques, excepté la théologie, le pape aura beau définir ou condamner, sa définition ou condamnation, ne rentrant pas dans lo cercle de sa compétence déterminée. par le concile, pourra être considérée comme non avenue. Si, parmi les catholiques de bonne foi, il s'en trouve quelques-uns qui ne soient pas disposés à abandonner toutes les conquêtes de l'esprit moderne, c'est par là seulement que le décret sur l'infaillibilité papale pourra leur paraître acceptable.
La constitution Pastor ttternua déclare encore que la pontife romain est investi par le Christ d'une autorité qui s'étend sur tous les autres^uccesseurs des apôtres « soit séparés, soit tous réunis, » sive seorsum singulis, sive omnibus simul; il est déclaré investi, d'autorité divine, • d'un pouvoir ordinaire sur toutes les autres Eglises, super omnes alias (Ecclesias) ordinariœ potestalis obtinere principatum; • il est déclaré investi d'un pouvoirquiest « vraiment épiscopal et immédiat, quie vere episcopalis est... immediatam esse,' ce qui fait de lui l'évêque universel; il est le tribunal supérieur • auquel on peut recourir dans toutes les causes qui sont de la compétence ecclésiastique, in omnibus causis ad examen ecclesiasticum spectantibus; » il est le tribunal sans appel, < duquel il n'est point permis d'appeler au concile œcuménique. »
Pour terminer là notre exposé des décrets du concile du Vatican, il ne nous reste qu'à jeter un coup d'œil général sur la condition actuelle de l'Egiise au sein de l'humanité. Pendant trois siècles, l'Eglise est d'abord une démocratie pure; elle ne répudie solennellement de son giron aucune do ses familles; généralement, elle n'excommunia pas.
Mais la voici qui, devenant aristocratie à Nicée, se met à chasser les ariens; c'est une moitié de son être dont elle se rapetisse. Pendant trois cents ans environ de son règne aristocratique le plus pur, elle s'amoindrit encore en répudiant les nestoriens, les eutychéens, les monophysites, les monothélites et plusieurs autres familles asiatiques. Trojs cents ans plus tard, elle déclare schismatiques les Eglises grecques ; encore uno moitié de son domaine qu'elle met à l'écart en se rapprochant de la monarchie. Au temps de la Reforme et du concile de Trente, elle s'approche encore davantage de la monarchie et rejette une nouvelle moitié d'ellemême dans l'Occident. Enfin, en se faisant monarchie pure au concile du Vatican, elle exclut de son sein tous ceux de ses enfants qui n'avaient point encore désespéré de son retour à la démocratie. C'est de là que sont nés ceux qui se disent les vieux catholiques (v. ce mot).
L'Egiise catholique, ainsi raccourcie à la taille u'un seul, qui peut dire et qui dit : « L'Eglise, c'est moi, i peut-elle reprendre vie? Non. Elle ne peut que mourir. Comment comprendre que cette monarchie qui va de plus en plus s'enfoncer dans la direction tracée par le Syltabus, et qui ne peut désormais que répeter le non possumus à la civilisation moderne, puisse accorder sa vie aveu celle du monde courant à si grands pas dans la voie démocratique ? Elle ne peut que s'isoler dans des ténèbres de plus en plus solitaires, qui deviendront son tombeau.
VATICINATEUR s. m. (va-ti-si-na-teur — lat. vutteinator ; de vaticinari, prophétiser). Devin, prophète; astrologue. Il Vieux mot.
VATICINATION s. f. (va-ti-si-na-si-on — lat. outicinutio; de vaticinari, prophétiser). Prédiction de l'avenir, prophétie poétique : En célébrant leurs solennels sacrifices, ils s'adonnaient à la vaticination. (Et. Pasquier.) Il Vieux mot.
VATICINER v. n. ou intr. {va-ti-si-né — lat. vaticinari; de vates, prophète, proprement poète. Ce mot se rattache sans doute à la racine sanscrite vad, parler, énoncer, produire un son, résonner). Prophétiser, prédire l'avenir, il Vieux mot.
VATIMESML (Antoine-François-Henri Lbfebvre du), magistrat et homme d'Etat français, né à Rouen en 1789, mort en 1860. Son père, conseiller au parlement de Normandie,
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l'envoya terminer ses études k Paris, où il fit ensuite son droit. Inscrit nu barreau de cette ville en 1811, il fut nommé l'année suivante conseiller auditeur à la cour d'appel de Paris. Au commencement de la Restauration, à laquelle il fit acte d'adhésion chaleureuse, il devint substitut près le tribunal de la Seino (octobre 1S15) et commença à se faire connaître par les nombreux réquisitoires qu'il prononça en matière politique. Substitut a la cour d'appel (ISIS), il se signala par l'ôpretô et la sévérité de ses conclusions, notamment dans les poursuites intentées à Cugnet de Monturlot au sujet des régiments suisses (1818), à l'abbé de Pradt relativement à ses écrits contre la loi électorale (1820), aux inculpés traduits devant le jury k l'occasion des troubles de juin (1821). Il fut nommé premier substitut du procureur général en 1821 et attira encore l'attention par ses réquisitoires contre tes auteurs du complot militaire du 19 août et contre le poiStc Barthélémy, à l'occasion de la mort de Napoléon. En récompense de son zèle réactionnaire, de Vatiraesuil fut nommé, le 3 janvier 1822, secrétaire général du ministère de la justice. Chargé, comme commissaire du roi, de soutenir le projet de loi sur la presse devant la cour des pairs, il parvint à faire distraire de la juridiction du jury un grand nombre de délits. A cette même époque, dit-on, dans son ardeur cléricale, il exigea des billets de confession de ceux qui aspi raient à entrer dans la magistrature. En 1824, de Vatimesnil devint avocat général k la cour de cassation et conseiller d'Etat. A ce dernier titre, il. prit part au travail de révision des lois votées sous la République et l'Empire, à la rédaction d'un projet de loi sur lu propriété littéraire, etc. Nommé ministre de l'instruction publique dans le cabinet Martignao (10 février 1828), de Vatimesnil, qui jusqu'alors avait appartenu au parti des ultra, montra des vues plus larges et rendit de réels services. Bien que porté par la camarilla, qui se souvenait qu'il avait dit : « Le peuple ne peut pas vouloir ce qui n'est pas conforme à ses besoins, et le souverain seul est le juge suprême des besoins de la nation, ■ le nouveau ministre parut se rallier k l'idée d'accepter franchement un gouvernement constitutionnel et de ne pas repousser quand même les vues des libéraux. Il rouvrit le cours d'histoire de Guizot, fermé depuis six ans, créa k la Faculté de droit de Paris des chaires de droit administratif et de droit des gens, institua des chaires de langues vivantes, améliora le traitement des professeurs de collège, demanda qu'on limitât le «ombre des écoles secondaires ecclésiastiques et qu'on soumît les établissements des jésuites au régime universitaire, publia un rapport sur la réorganisation de l'instruction primaire, alors dans le plus pitoyable état (1828), etc. 11 n'en fallut pas davantage pour qu'il s'attirât le blâme de la cour et les attaques de la faction cléricale. Après la chute du ministère Mactignac (8 août 1829), qu'il suivit dans sa retraite, Charles X lui accorda une pension de 12,000 francs, mais ne voulut pas lui donner le titre de ministre d'Etat. Aux. élections de juin 1830, il fut élu député klafois & Saint-Flour et k Valenciennes. Après la révolution de juillet 1830, il fit partie des députés qui demandèrent it Louis-Philippe d'accepter la lieutenanee générale du royaume. De Vatimesnil se rallia à la royauté nouvelle et s'abstint de prendre la parole et de voter lorsque la Chambre prononça la déchéance de la branche aînée (7 août 1830) et vntason bannissement (1832). En 1831, il prononça undiscours contre le divorce, et, l'année suivante, il fut chargé de faire un rapport sur la loi électorale. Non réélu député en 1834, jl rep'rit à Paris la profession d avocat. Plaidant, en janvier 1838, dans une affaire de séparation de corps, il fut frappé au visage, en pleine audience, par un nommé Dausse, contre qui il plaidait et que le tribunal condamna à deux mois de prison. A partir de ce moment, il renonça à plaider et se borna à être avocat consultant. De Vatimesnil devint en quelque sorte le défenseur en titre' du clergé et des congrégations religieuses, en faveur desquelles il publia un Mémoire sur l'état légal en France des associations religieuses non autorisées (1845, in-8°). Il devint en outre vice-président du' comité électoral de la liberté religieuse. Après la révolution de 1848, il posa sa candidature, mais ne fut point élu. Plus heureux lors des élections pour la Législative, il fut envoyé à la Chambre par les électeurs du département de l'Eure. Il y fit partie des chefs de la majorité réactionnaire à qui on donna le nom de Burgraves, et s'associa à tous les votes qui eurent pour objet de frapper la liberté et la /République. A la même époque, il rit des rapports remarquables sur le régime hypothécaire, l'expropriation forcée et l'iulministraxtion communale. Lors du coup d'Etat du 2 dêdécembre 1851, de Vatimesnil fit partie des représentants du peuple qui protestèrent contre cet attentat k la mairie du Xe arrondissement. Incarcéré au Mout-Vulérien, il recouvra peu après la liberté et rentra dans la vie privée. Ce fut lui qui rédigea en 1852 la consultation dans laquelle plusieurs avocats de Paris protestèrent contre les décrets du 22 janvier, confisquant les biens do la famille d'Orléans. Depuis lois, il ne lit plus parler de lui. Outre des articles insérés dans