‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 15Chapitre 605 sur 1042 · VATO · texte numérisé non relu

VATO

le Correspondant et !e mémoire précité, on lui doit une traduction du traité de Sénèquë intitulé De la Clémence, qui fait partie de la collection Panckoucke (1832).

VATINIDS (P.), démagogue romain, l'un des plus fougueux partisans de César, né à Rome vers 94 av. J.-C. Nommé questeur l'un 62, il S'enrichit par ses déprédations en Espagne. Elu tribun du peuple en 58, il soutint, contre Bibulus , César , dont il fut un des lieutenants dans les Gaules, et obtint la préture en 53, k l'exclusion de Caton. Vatinius leva des troupes pour César pendant la guerre civile et remporta une victoire sur un lieutenant de Pompée en Illyrie. Pour prix de ses succès, il obtint le consulat en 40 et le triomphe en 42,

VATIQUE s. m. (va-ti-ke). Bot. Genre d'arbres, de ia famille des diptôrocarpées, comprenant quatre espèces, qui habitent l'Inde et îa Chine.

VÀTKE (Jean-Charles-Guillaume), philosophe et théologien allemand, né à Bchndorf,. province de Magdebourg, en 1806. Il étudia, de 1824 k-1830, k Halle, Gœttingue et Berlin, la théologie, la philosophie, l'histoire, ta philologie, et, sous l'influence de son professeur Gesenius et de la lecture des œuvres de do Wette, it s'adonna à des recherches sur la Bible, sur l'Ancien Testament en particulier. En 1830, il prit ses grades à l'université de Berlin, où il occupa, sept ans plus tard, la chaire de théologie. It appartient à l'école do Hegel et de Sehleiermaelier et a su réunir d'une façon très-originale la recherche philologique et critique à i'exavnen purement spéculatif dans son ouvrage intitulé la Re- UgiOR de l'Ancien Testament (Berlin, 1835, tome 1er), qui est le premier où la matière ait été soumise à une critique logique et qui souvent conclut à la négative. On lui doit encore un autre écrit essentiellement philosophique ,: la Liberté humaine dans ses rapports avec le péché et la miséricorde divine (Berlin, 1841),

VA-TOUT s. m. Jeux. Au brelan et autres jeux de renvi, Vade ou renvi de tout l'argent qu'on a devant soi : Faire va-Tout. Gagner un va-tout. Faire, gagner son va-tout. Tenir le VA-TOUT. Il PI. VA-TOUT.

— Fig. Jouer son va-iout, Tout hasarder.

VATODT (Jean), historiographe et académicien français, né à Villefranche (Rhône) en 1792, mort k Claremont (Angleterre) en 1848. It fit avec succè3 ses études classiques au collège Sainte-Barbe. En quittant les bancs, il devint le secrétaire intime de Boissy d'Anglas, préfet de la Charente, et habita Angoulème jusqu'en 1814. Naturellement, la Restauration s'empressa de remercier le préfet et son secrétaire. -Pendant la courte période des Cent-Jours, M. Boissy d'Anglas, nommé commissaire extraordinaire dans lo Midi, lit donner k Vatou^ la sous-préfecture de Libouriie. Lors de la seconde Restauration, Vatout eût été infailliblement destitué s'il n'eût, par bonheur, rendu quelques services k M. Decazes, qui, par gratitude, l'attacha it son cabinet. Nommé sous-préfet à Semur en 1819, Va tout fut, après un an d'ex ercice, destitué par ie prince d'Angoulême. En 1822, M. Stanislas Girardin obtint pour lui la place de bibliothéoàire'du duc d'Orléans (depuis Louis-Philippe). Il sut égayer par ses gauloiseries un peu salées les soirées intimes du Palais-Royal, et le prince le prit en amitié pour son esprit et sa belle humeur.

La révolution de juillet 1830 fit du plaisant de cour un personnage •politique. En 1831, deux collèges électoraux, Rulïec et Semur, envoyèrent siéger k la Chambre des députés Vatout, qui opta pour Semur. Pendant dixhuit ans, l'ami du roi mena une véritable existence de coq en pâte. Et, chose dont on doit lui savoir gré, il ne se laissa point éblouir par sa position. Il possédait au suprême degré l'art d'obliger; il pouvait, à sa volonté, servir ou nuire : il obligea souvent et ne nuisit jamais.

Le 17 janvier 1848, Vatout fut nommé membre de l'Académie française. La révolution du 24 février mit ie roi en fuite. Vatout suivit l'exilé et ne prononça point son discours de réception k l'Académie. Il succomba quelque temps après à une gangrène des reins occasionnée par la présence d'un calcul.

Vatout a composé plusieu rs ouvrages, parmi lesquels nous citerons : les Aventures de la fille d'un roi racontées par elle-même (Paris, 1820-1821, 3 part. in-8°); De C Assemblée constituante (Paris, 1822, in-8°); Catalogue historique des tableaux appartenant au duc d'Orléans (Paris, 1823-1826, 4 vol. in-8<>) ; la Nièce d'un roi (Paris, 1824, in-8°); Galerie lit/iographiée des tableaux du ducd'Orléans {Pnns, 1824-1829, 2 vol. in-fol.) ; les Polissons (Paris, 1827, in-8<>); Histoire du Palais- Royal (Paris, 1830, in-S°); l'Idée fixe, roman (1830, 2 vol. in-8°) ; la Conspiration de Cetlamure, roman (1832, 2 vol. in-8°) ; Souvenirs historiques des résidences royales de France (1837- 1846, 7 vol. in-8°). D'après Guérard, les tomes ierktV appartiendraient aM. lCsteban,et les trois derniers seraient de M. de Beauplan. Mais c'est k deux chansonnettes que Vatout doit sa notoriété le. plus réelle. 11 est vrai que ces deux compositions sont d'une saveur étrange, dont les titres donneront l'idée. La première s'appelle VEcu de France, l'autre s'intitule le M aire d'Eu. Nous avons reproduit

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cette dernière (v. Mairk d'Eu); VEcu de France ne peut braver la publicité.

VATB1QUET, trouvère normand du xive siècle, né k Couvains, près d'Argentan. 11 devint ménestrel en titre du comte de Blois et composa (de 1319 à 1327) quantité db poésies morales et instructives. Ces rimes, intitulées Ditiès ou Dits, sont adressées aux princes, aux seigneurs de la cour et au roi. Vatriquet nous apprend, dans l'un de ses Ditiès, « que le ménestrel trouvère ne recevait jamais d argent en rémunération de ses talents, mais seulement des habits, et qu'il n'en était pas de même pour le trouvère jongleur, que l'on payait toujours en argent.

VATROUILLE s. f. (va-trou-l!e ; Il mil.). Mar. Tampon de laine attaché au bout d'une perche, dont on se sert pour laver le navire. Il On dit aussi vadrouillh.

VATKY (l'abbé René), littérateur français, né k Reims en 1697, mort k Paris en 1754. Fils d'un commerçant, il commença sous la direction d'un oncle, qui était prêtre, ses études, qu'il termina dans un séminaire do Paris, et entra ensuite dans les ordres. Il employa ses loisirs k la lecture approfondie des uuteurs grecs et latins et accepta le modeste canonicat de Saint-Etienne-des-Grès pour consacrer plus de temps aux lettres. Nommé membre de l'Académie des inscriptions, il remplit gratuitement la chaire de littérature grecque au Collège de France. Il mourut des suites d'une attaque d'apoplexie. Vatry a publié un assez grand nombre de mémoires dans le Recueil de l'Académie des inscriptions.

VATTEL (Emmerichs de), jurisconsulte et diplomate allemand, né k Cou vet, principauté de Neuchâtel , en 1714, mort k Neuchâtel en 1767. Fils d'un ministre protestant, il fit ses humanités k Bâle et k Genève , puis il suivit des cours de droit et de philosophie. A cette époque, tous les ouvrages de Leibniz donnaient lieu à de savantes controverses. Vattel ne resta pas étranger à la lutte; il prit hautement parti pour le grand philosophe et soutint avec ardeur son* système, ses théories et sa méthode. En 1741, Vattel se rendit k Berlin, où il fut as:*fcz mal accueilli par Frédéric II, qui ne lui donna aucun emploi. Vattel se rendit k Dresde (1743), où l'appelait le comte de Bruhl, qui avait. apprécié son talent, et entra dans la diplomatie. Sa connaissance du droit des gens et des traités lui permit de rendre d'importants services à son protecteur. En 1746, Auguste III le nomma d'abord conseiller d'ambassade et l'année suivante ministre plénipotentiaire à Berne. C'est pendant cette mission qu'il mit la dernière main k son livre Sur le Droit des gens. En 1758, rappelé k Dresde, il fut nommé conseiller privé, et sous ce titre il prit la direction des affaires les plus importantes du pays. Entièrement dévoué à ses fonctions, Vattel altéra sa santé par un travail excessif. S'étant rendu à Neuchâtel pour prendre un peu de repos, il y mourut quelques jours après. Les plus grands honneurs furent rendus k la mémoire de l'homme d'Etat dont la vie avait été consacrée au bien public. On trouve de lui dans divers recueils des monographies très-intéressantes sur des points controversés de droit public ou de droit international. Enrîn, il a laissé un ouvrage très-estimé : le Droit des gens ou Principes de la loi naturelle appliquée à la conduite et aux affairas des nations et des souverains (Leyde, 1758, 2 vol. in-4°), souvent réédité.

VATTEVILLE (Jean,DE), prélat et aventu- ' rier français, né k Besançon vers 1013, mort k l'abbaye de Baumes (Franche-Comté) en 1702. Saint-Simon, dans ses curieux Mémoires, retrace tout entière la vie de ce prêtre étrange : «Les Vatteville, dit-il, sont des gens de qualité de Franche-Comté. Ce cadet-ci se fit chartreux de bonne heure et, après sa profession, fut ordonné prêtre. Il avait beaucoup d'esprit, mais un esprit libre, impétueux, qui s'impatienta bientôt du joug qu'il avait pris. Incapable de demeurer plus longtemps soumis à de si gênantes observances, il songea k s'en affranchir. Il trouva moyen d'avoir des habits séculiers, de l'argent, des pistolets et un cheval k peu de distance. Tout cela peut-être n'avait pu se pratiquer sans donner quelque soupçon. Son prieur en eut, et, avec un passe-partout, va ouvrir sa cellule et le trouve en habit séculier, sur une échelle, qui allait sauter par-dessus les murs. Voilà le prieur k crier: l'autre, sans s'émouvoir, le tue d'un coup de pistolet et se sauve. À deux ou trois journées de là, il s'arrête k un méchant cabaret seul dans la campagne, parce qu'il évitait tant qu'il pouvait de s arrêter dans les.lieux habités, met pied à terre, demande ce qu'il y a au logis. L'hôte lui répond : « Un gigot et un chapon. — Bon, ré-

* pond mon défroqué, mettez-les à la bro-

• che. » L'hôte lui veut remontrer que c'est trop des deux pour lui seul et qu'il n'a que cela pour tout chez lui. Le moine se fâche et lui dit qu'eu payant c'est bien le moins d'avoir ce qu'on veut, et qu'il a assez bon appétit pour tout manger. L'hôte n'ose répliquer et embroche. Comme ce rôti s'en allait cuit, arrive un autre homme k cheval, seul aussi, pour dîner dans ce cabaret. Il en demande, il ne trouve quoi que ce soit que ce qu'it voit prêt à être tiré de la broche. Il demande combien ils sont lk-dessus, s'il n'est pas possible d'ei avoir une petite part, et

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