‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 15Chapitre 607 sur 1042 · VAU.B · texte numérisé non relu

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Loire, etc. En général, on exagère un peu la gloire de Vauban dans la science de la fortification en rattachant exclusivement à son nom la révolution qui s'est opérée depuis l'invention de l'artillerie. L'opinion, comme il arrive pour tous les grands hommes, lui attribue, par une. sorte de synthèse d'entraînement, non-seulement ce qu'il a vraiment créé, mais encore les progrès qui appartiennent à ses devanciers et même à ses successeurs. Sans parler des étrangers, notamment des Italiens, Errard , sous Henri IV, de Ville, Pngan avaient fait faire un grand pas à l'architecture militaire. Mais nul n'avait considéré la défense du pays à un point de vue plus élevé que l'ingénieur de Louis XIV. Son mérite consiste surtout dans la sagacité avec laquelle il a su rattacher l'art de la fortification à la stratégie, chercher les rapports des places de guerre entre elles, tirer du sol même et des eaux une défense simple et peu coûteuse, coordonner les places à la nature du terrain, à celle du pays, aux routes de terre et d'eau, etc., toutes choses inconnues avant lui. Quant à la liste de ses inventions particulières , elle est immense : les feux croisés, le tir à ricochet, les boulets creux, les cavaliers de tranchée, les parallèles, les places d'armes, etc. On connaît tous ces admirables travaux de défense qui ont inscrit si profondément son nom sur notre territoire et qui, au témoignage (te Napoléon, ont plusieurs fois sauvé la France dans les grandes crises de l'invasion étrangère. Notre frontière du Nord, la plus -mal défendue parla nature, est presque tout entière fortifiée de sa main ; il faut citer encore Besançon, Briançon, Toulon, Mont-Louis, Saint-Jean-Piedde-Port, Bayonne, Rochefort, Brest, Belle- Isle, etc.

Mais ce qui n'a pas moins de grandeur que les travaux de l'illustre ingénieur, c'est le sentiment qui les inspirait, c'est l'esprit de sagesse et d'humanité qui était la règle de toutes ses actions, c'est ce respect de la vie humaine, cette horreur du sang versé qu'on s'étonne de trouver développés avec tant d'énergie chez un des maîtres de l'art de la destruction. Noble inconséquence d'une belle âme! celui dont le métier était de tuer les hommes ne songeait qu'à épargner leur sang ; celui qui ménageait si peu sa vie n'était préoccupé 'que de la conservation de celle de ses semblables. Ce sentiment se manifesta chez lui dès ses débuts dans la carrière des aimes et demeura le mobile de toute sa vie. Si, parmi les spécialités de son art, il a choisi la fortification, c'est qu'il entrait dans ses plans généraux de rechercher et de mettre en usage les «voies les moins ensanglantées, ■ suivant ses propres expressions, et que les forteresses ne doivent avoir d'autre but que de « diminuer la consommation des hommes. ■ Toutes ses créations particulières étaient conçues dans le même esprit, et jamais on ne le vit, comme tant d'autres généraux, sacrifier les hommes pour mettre en relief une ambitieuse personnalité. Toujours, an contraire, il étudia et mit en pratique les moyens de diminuer les horreurs de la guerre et d'en atténuer les sanglantes conséquences. Quelque éminent qu'ait été ce grand homme dans les annales militaires, on peut affirmer qu'il se fût élevé au moins aussi haut dans la carrière de l'administration publique et qu'il eût fait plus et mieux que Sully s'il n'eût été réduit à l'impuissance par la coalition du ceux qui vivaient des abus qu'il voulait réfurmer. II ne put que présenter des projets admirablement conçus et qui annonçaient la plus profonde connaissance des maux, des besoins et des ressources du pays, en même temps qu'un désir ardent de soulager les misères dont les populations étaient écrasées et dont if mit sous les yeux du roi ie douloureux tableau. Quarante années d'études et de méditations lui ont appris qu'un dixième de la population mendie son pain et que, sur les neuf autres dixièmes, cinq végètent dans la plus profonde misère et trois vivent dans une situation embarrassée par les dettes et les procès. H attribue cet état de choses aux effroyables exactions des gens de finance, des collecteurs d'impôts, des traitants, des soustraitauis, qu'il flétrit du nom de harpies, et dont le nombre, dit-il, a seroit suffisant pour remplir les galères. » Comme remède, il proposait la suppression des tailles, des aides et de tous les autres droits, et les remplaçait pur un impôt unique, uniforme, d'une perception facile, d'un produit sûr et qui eût été supporté par toutes les classes de l'Etat. C'est ce qu'il appelait la dixme royale. Cette dîme était partagée en deux branches .- l'une portait sur les terres et levait un dixième de leurs produits; l'autre portait sur le commerce et l'industrie. Il prouvait que par ce nouveau système il triplait les revenus du roi et diminuait de plus de moitié les charges du peuple. Mais comme en ramenant l'ordre et la justice dans la levée des impôts il ruinait du même coup une armée de puissants déprédateurs, on persuada facilement àLouis XIV que ce projet était le renversement de la monarchie, et celui que Saint-Simon proclame * le plus honnête homme de son siècle > tomba dans la disgrâce d'un maître qu'il avait servi avec tant de dévouement et de génie. Son livre fut même condamné. Il en mourut de chagrin peu de temps après (1707), d'après Saint-Simon. 11 est difficile de le croire, et d'ailleurs ce ne serait pas à la

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floire de Vauban, qui avait toujours eu son ranc parler avec le roi, IJ y avait déjà plusieurs années que ses conseils n'étaient plus écoutés. Ainsi, le malheureux siège de Turin avait été conduit contrairement à tous ses avis, que Louis XIV ne savait plus faire prévaloir. Tki reste, au moment de sa mort, Vauban avait soixante-quatorze ans et souffrait depuis plusieurs années d'un catarrhe qui lui rendait le travail très-pénible. Il faut encore rappeler a l'honneur de ce grand homme qu au moment de la révocation de l'édit de Nantes, il adressa trois mémoires au roi pour s'opposer à cette mesure, aussi stupide qu'odieuse, et pour réclamer la liberté de conscience. Sous le titre modeste de Mes oisivetés, il avait laissé douze volumes in-folio de notes précises sur toutes les parties de l'art militaire, sur la navigation, l'administration civile, le clergé, les finances, l'agriculture, le commerce, les colonies, etc. Restés manuscrits dans les archives de la famille, ces écrits s'égarèrent en partie. On a formé avec les fragments retrouvés trois volumes, qui ont été publiés à Paris (1811-1843), On a encore de Vauban un Traité de l'attaque et de la défense des places. Le Testament' politique qu'on a sous son nom est de Bois-Guillebert. En 180S, le cœur de ce grand homme a été placé aux Invalides, en face du tombeau de Turenne. Fonlenelle, Carnot, Noël ont prononcé son Eloge.

VAUBAN (Antoine Le Prestre, comte de), général français, cousin du grand Vauban, né en 1659, mort, à Béthune en 1731. Entré au service vers 1678, il débuta comme ingénieur au siège de Besançon, puis il prit part à tous ies sièges que dirigea son parent, et. commanda seul ceux de Courtrai, de Huy et quelques autres. Maréchal de camp en 1702, il détermina la- reddition de Brisach, devint lieutenant général et contribua à la défense dï Lille. En 1714, il conduisit les travaux du siège de Barcelone et , en récompensa de ses longs services, vit ériger sa terre de Saint-Servien (Maçonnais) en comté de Vauban.

VAUBAN (Jacques-Anne-Joseph Le Pres- TRii, comte de), petit-lils du précédent, né à Dijon en 1754, mort en 1816. En 1770, il entra comme sous-lieutenant dans les dragons de La Rochefoucauld, devint ensuite sous-lieutenant dans la gendarmerie de Lunéville , suivit Roehambeau en Amérique comme aide de camp, et il était colonel du régiment Orléans-infanterie au moment de la Révolution. Il émigra, alla rejoindre à Coblemz le comte d'Artois, qui le nomma son aide de camp, porta les armes contre sa patrie dans l'armée des princes et fit la campagne de 1792. L'année suivante, il suivit le comte d'Artois en Russie, alla ensuite en Angleterre, d'où il s'embarqua eu 1795 pour l'expédition de Quiberon, qui faillit lui coûter la vie. Il remplit diverses missions pour son parti, rentra en France sous le Consulat, fut arrêté en 1806 et retenu longtemps prisonnier au Temple. Parmi ses papiers, on avait saisi le manuscrit de ses Mémoires historiques pour servir à l'histoire des guerres de la Vendée (Paris, 1806-1815, in-8°), où il accusait avec amertume la plupart de ses compagnons d'armes k'Quiberon et même les princes. Le gouvernement se hâta de publier ces Mémoires ; le comte de Vauban se vit dès lors en butte à la haine de son propre parti et fit de vains efforts pour rentrer en grâce sous la Restauration. Quoique réimprimé plusieurs fois, son ouvrage est'devenu fort rare. — Son frère puîné , Pierre» François Le Prestre, comte de VaUBAN, né en 1757, mort en 1845, fit partie de l'armée de Coudé, dans laquelle il obtint le grade de lieutenant-colonel. Il passa ensuite au service de l'Angleterre, résida sept ans à Lisbonne avec le grade de capitaine et rentra vers 1803 en Franco, où il fut pendant plusieurs années contrôleur des postes.

VAUBAN (Antoine-Jean-Baptiste Lis Prkstre, vicomte de), frère des précédents, né à Neuville en 1758, mort en 1832. Entié au service en 1775, il servait comme capitaine dans le régiment dont son frère aîné était colonel, lorsque éclata la Révolution. 11 émigra, lui aussi, en 1791, servit dans l'année de Coudé, entra en 1793 comme major dans l'armée russe, fit sous les ordres de Souvarow, la campagne d'Italie, et rentra en 1800 dans sa patrie. Il avait pris du service en iS09, dans l'armée impériale, avec le grade de capilaine de chasseurs de montagnes, mais, dès l'année suivante, il y renonça et vécut dans la retraite jusqu'à sa mort. — Son fils, Edmond- Sébastien -François- Joseph Le Prkstre, comte nu Vauban, né k Besançon en 1805, est devenu général de brigade et membre du comité des fortifications',

VACBECOURT, bourg de France (Meuse), chef-lieu de canton, arrond. et k 22 kilom. N. de Bar-de-Duc, sur l'Aisne. Pop. aggl., 916 hab. — Pop. tot.j 946 liab. Tuilerie, tannerie, fabrique de faucilles, commerce de fer.

VACDEB.T (Luc), théologien français, né à Noyon en 1644, mort à Paris en 1716. Il entra chez les jésuites, professa la rhétorique et la philosophie, se livra ensuite à la prédication et devint recteur, puis préfet des pensionnaires au collège Louis-le-Grand. On a de lui, entre autres ouvrages -.Exercices d?

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piété (Paris, 1699); Traité de la communion (Paris, 1704, in- 12) ; la Dévotion à Notre Seigneur J.-C. (Paris, 1706, 2 vol. in-12) ; le Saint exercice de la présence de Dieu (Lyon, 1829, in-24).

VAOBIER s. m. (vô-bié). Bot. Syn. de

HAKÉA.

VAUBLANC (Vincent-Marie ViÉNOT comte de), homme politique français, né à Saint- Domingue en 1750, mort à Paris en 1845. Envoyé en France pour faire ses études, il entra à l'école militaire en 1770 et en sortit avec le grade de sous-lieutenant. En 1791, il quitta le service et fut élu par le département de Seine-et-Marne membre de l'Assemblée lé-

fislative, où il se fit remarquer par la fougue e son royalisme et par un genre d'éloquence que Condorcet, son collègue, caractérisait ainsi: «Il existe dans toute assemblée de ces orateurs bruyants à tête creuse, qui produisent un grand effet avec des niaiseries redondantes. » Obligé de se cacher pendant la Terreur, Vaublanc reparut après le 9 thermidor, présida ia section Poissonnière dans la levée de boucliers du 13 vendémiaire contre la Convention, et fut, pour ce fait, condamné à mort par côn^imace. Néanmoins, il entra au conseil des Cinq-Cents à la fin de 1796, en prêtant le serment de haine à la royauté; mais, enveloppé dans la proscription du 18 fructidor, il dut chercher son salut dans la fuite. De retour en France après le 18 brumaire, il entra au Corps législatif, vota avec empressement pour la transformation du consulat en empire (1804), et reçut la préfecture de la Moselle, qu'il conserva jusqu'en 1814. Il changea aussitôt de couleur au retour de Louis XVIII, qui lui donna la préfecture des Bouches-du- Rhône en 1815, et, peu après, le portefeuille de l'intérieur. A force d'exagération, il voulut faire oublier ses palinodies. Il se sépara de ses collègues, qu'il trouvait trop tièdes, se fit le très-humble servant de ia majorité de la Chambre introuvable, épura son département et accomplit ces fameuses éliminations de l'Institut, qui lui valurent le surnom de Maupeou do in littérature. Le roi, qu'il compromettait par ses violences, (e remplaça dans le cabinet, et le nomma, pour le consoler, membre du conseil privé (7 mai 1816)."Les électeurs du Calvados l'appelèrent à lu Chambre en 1820. Assis sur les bancs de l'extrême droite, il n'y joua qu'un rôle assez obscur. On lui doit quelques ouvrages d'un mérite douteux. Voici les principaux : Tables syn chronique s de l'histoire de France (181 8 et 1819, in-8»), la moins superficielle de ses productions"; le Dernier des Césars ou ia Chute de l'empire romain d'Orient (1819, in-8°), poëme en douze chanis ; Mémoires sur la Révolution de France (1832, 4 vol. in-S<>); Fastes mémorables de la France (1838, in-8°); Souvenirs (1839, ï vol. in-8<>).

VAUBLANC (Jean-Baptiste-Bernard Viénot, chevalier de), administrateur français, frère du précédent, né à Saint-Domingue en 1761, mort en 1812. Elevé à l'école militaire de Paris, il revint n seize ans dans sa patrie, prit part à la guerre de l'indépendance américaine, et, de retour en France en 1703, devint adjudant général à l'armée du Rhin. Sous l'Empire, il parvint au grade de général de brigade, et, lors de la création des inspecteurs en chef aux revues, fut l'un des premiers appelés à ces fonctions, qu'il remplit pendant la guerre d'Espagne et -de Portugal, de façon a contenter à la fois les soldats français et les populations envahies. 11 déploya, en la même qualité, un zèle et une activité remarquables pendant l'expédition de Russie, mais il mourut à Wilna pendant la retraite.

VAUBLANC (Vincent-Victor-Henri, vicomte de), historien français, fils du précédent, ne à Montpellier en 1S03. Il fit une partie de ses études au collège Louis-le-Graud à Paris, et, grâce à la protection de sou oncle, l'ancien ministre, fut l'un des six premiers auditeurs au Conseil d'Etat nommés en 1S24, époque du rétablissement de ce titre. Il rentra dans la vie privée en 1830, par fidélité a. la branche aînée, et consacra ses loisirs forcés à des recherches et à des travaux historiques. « En 1836, dit M. Vapereau, auquel nous devons les éléments de cette courte uotice, il accepta de passer une année en Allemagne auprès du prince royal de Bavière, puis resta attaché à sa personne comme chambellan et grand maître de la maison de la reine. • On a du vicomte de Vaublanc : la France au temps des croisades (1844-1847, 4 vol. in-8°, avec planches dessinées d'après des manuscrits du xii» et du Xnte siècle) et Un coup d'œil dans Paris (1861, in-8u).

VAUBOIS (Claude-Henri Belgrand, comte de), général français , né à Châteauvillain (Haute-Marne) en 1748, mort en 1839. Il était, avant la Révolution, capitaine d'artillerie, et devint rapidement général de division. Appelé à l'armée des Alpes, il fît le siège de Lyon en 1793, enleva, le 14 septembre de l'année suivante, le fameux poste des Barricades sur les Piémontais, commanda l'aile gauche dans la première campagne d'Italie sous Bonaparte et rendit de trèsgrands services dans le Tyrol. Lors de l'expédition d'Egypte, le général en chef lui confia la garde de Malte avec 4,000 hommes seulement. Il réussit pendant deux ans à tenir

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tête a une population insurgée de 100,000 , âmes et aux attaques incessantes des Anglais, des Russes, des Napolitains et des Portugais. Enfin, mis dans l'impossibilité d'avoir aucune communication avec la France, après avoir perdu la moitié de son monde et avoir rejeté huit sommations, il consentit à rendre la place le 5 septembre et en sortit avec les honneurs de la guerre. Pendant son héroïque défense, il avait reçu le titre de sénateur. Plus tard il fut nommé comte. Vaubois vota en 1814 la déchéance de l'empereur, et fut élevé à la pairie par la Restauration.

VAUBONNE (le marquis de), général allemand, né dans le Comtut-Venaissin en 1645, mort en 1715. Il servit d'abord dans l'armée française, puis entra au service de l'empereur d'Allemagne et franchit rapidement les grades inférieurs. En 1703, il commanda dans ' le Trentin un corps de cavalerie opposé au duc de Vendôme. Fait prisonnier en 1704, il fut envoyé à Alexandrie et chercha a livrer cette ville au duc de Savoie. Son dessein ' ayant été découvert, il fut jeté dans un cachot et ensuite conduit en France. Echangé plus tard, il assista, en nos, k la prise de Gnete, où il fut grièvement blessé, fut promu général de cavalerie en 1713 et venait d'être appelé au gouvernement du royaume de Naples, lorsqu'il se tua en se précipitant d'un troisième étage, dans un accès de démence.

VAUCANSON (Jacques dk), célèbre mécanicien fiançai^, né k Grenoble en 1709, mort à Paiis en 1782. Le génie de la mécanique se révéla chez lui dès l'âge le plus tendre. On cite de son enfance des faits évidemment exagérés dans les détails, mais qui reposent, sans doute, sur un fond de réalité. L'examen d'une horloge à laquelle il ne pouvait toucher lui aurait suffi pour en construire une en bois, qui marquait assez exactement les heures. 11 aurait exécuté pour une chapelle d'enfants de peiils auges qui agitaient leurs ailes et des prêtres automatiques qui accomplissaient divers mouvements. Comme on parlait en sa présence de la'néoessité d'une machine hydraulique pour donner de l'eau k Lyon, il en imagina, dit-on, une qu'il fut bien surpiis de retrouver, en arrivant à Paris, k la Samaritaine du pont Neuf. Vaucanson se livra pendant quelques années à des études régulières et approfondies sur l'anatomie, la mécanique et la musique. Il commença ensuite cette série de eliefs-d'œuvre automatiques qui ont rendu son nom si populaire : le Joueur de flûte, le Joueur de tambourin et de galoubet, le Joueur d'échecs, les Canards, qui barbotaient, allaient chercher le grain, ravalaient, de telle façon qu'il subissait dans leur corps une sorte de trituration imitant la digestion animale.

Son joueur de flûte était de grandeur naturelle; il était assis et porté sur un piédestal de 4 pieds 1/2 de hauteur sur 3 pieds 1/2 de largeur. Les panneaux supérieurs de six soufflets, reposant sur le fond du piédestal, étaient successivement soulevés par descordes passées dans des gorges disposées en excentriques le long d'un axe horizontal placé au-dessus. Des poids convenables tendaient constamment à rabaisser ces panneaux, de façon k obliger l'air introduit k s'échapper dans des tuyaux qui se réunissaient en un seul conduisant à la bouche de l'automate. Les lèvres du Auteur pouvaient s'ouvrir plus ou moins, s'approcher ou s'éloigner du trou de la flûte, et une petite languette mobile permettait encore d ouvrir complètement ou de fermer en partie le passage laissé à l'air par l'ouverture des lèvres. Les doigts, terminés par des bouts en peau, pouvaient fermer ou laisser ouverts les différents trous de la flûte. Ces différents mouvements se transmettaient k l'aide de chaînes d'acier tirées par des leviers, sur lesquels venaient agir, par les extrémités opposées, des lames élastiques fixées k un arbre animé d'un mouvement continu | de rotation et transporté en même temps dans la direction de son axe par un jeu de vis, de sorte qu'à chaque tour la même lame, fixée au cyliudre, pût produire un effet nouveau.

Le joueur de tambour, habillé en berger, était porté droit par son piédestal; il jouait une vingtaine d'airs, menuets, rigodons ou contredanses. Le mécanisme était k peu près pareil à celui du joueur de Où te.

Le cardinal de Fleury, sentant tous les services qu'on pouvait tirer, pour le progrès des art3 industriels, d'un génie capable d'aussi admirables combinaisons, lui confia l'inspection des manufactures de soie. Il ne tarda pas à perfectionner plusieurs machines employées dans cette industrie, notamment le moulin k organsiner, un métier à tisser les étoffes façonnées, des machines k apprêts, etc., dont les modèles sont au Conservatoire des arts et métiers. S'étant attiré par ses simplifications la haine des ouvriers en soie de Lyon, il construisit pour se venger , épigramme de génie et chef-d'œuvre de mécanique, une machine au moyen de laquelle un âne exécutait une étoile k fleurs. 11 lit encore pour la représentation de Cléopâtre, de Marmontel, un aspic qui s'étauçait en sifflant sur le sein de la reine d'Egypte. Tout le inonde connaît cette réponse d'un plaisant du parterre, consulté sur le mérite de cette tragédie médiocre : « Je suis de l'opinion de l'aspic. ■ En 1746, Vaucanson avait été reçu membre de l'Académie des sciences. La collection de

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machines qu'il avait formée avait été par lui léguée k la reine. Mais cette princesse né parait pas avoir fait grand cas de ce legs précieux, dont les pièces furent dispersées et pour la plupart perdues pour la France. L'AlIem.igne a longtemps possédé les automates les plus célèbres, le Auteur, le joueur d'échecs, etc.

VAUCEL (Paul-Louis du), théologien français, né k Evreux vers 1640, mort en 1715. 11 embrass'a fort jeune l'état ecclésiastique, devint Tami et le secrétaire de l'abbé Feydeau et de Pavillon, évêque d'Alelh, et fut exilé à Saint-Pourçain en 1677. Quatre ans plus tard, il passa en Hollande et s'y lia avec Arnauld, qui l'envoya, l'année suivante, à Rome pour y être l'agent du parti janséniste. Vaucel demeura, en cette qualité, un grand nombre d'années k Rome, sous le nom de Vallonî, et entretint avec Arnauld une correspondance assidue. On a de lui ; un Traité de la régule, en latin (1689, in-4"); une lielation de ce gui s'est passé louchant la régale à Aleth et à Pamiers (1G81, in- 12) et des éditions de différents ouvrages théologiques.

VAUCELLES, hameau de France (Nord), commune de Crèvecoaur, cant. de Marcoing, arrond. et k 8 kilom. de Cambrai; uo hab. On y voyait uutrefois une abbaye de l'ordre de Clteaux, fondée en 1132 par saint Bernard, et dont il ne reste plus qu'un cloître en ruine. Le 5 février 1556, une trêve y fut signée entre Henri II et Charles-Quint.

VAUCHÀMPS, village et eomm. de France (Marne), cant. de Montmirail, arrond. et à 34 kilom. S.-O. d'Epernay; 390 hab. Succès remporté par les Français sur les Prussiens, le 14 février 1814.

VADCHELET (Auguste-Théophile), peinlre, né à Passy le 7 mars 1802. Elève d'Aboi de Pujol et de Hersent, il remporta un des ceux grands prix de Rome en 1829. Le sujet du concours était Jacob refusant de laisser partir Benjamin. Toutefois, il ne fit point le voyage de Rome et resta à Paris. Il exposa en 1861 la Première naissance, tableau qui fut remarqué pour la grandeur du style et la fermeté de l'exécution et qui lui valut une 2e médaille. Vauchêlet envoya ensuite aux expositions : la Pauvre fille et deux portraits (1863) ; l'Assomption de ta Vierge et quatre portraits (1834); le portrait du prince Poniatowski (1835) ; les portraits du maréchal de Stainville, du général Lecourbe (1836); la Mort de. la Vierge (1837); la Mort des saints ' Donatien et liogatien (1839) ; la Charité chrétienne (1846), excellente toile qui valut à l'artiste une médaille de ire classe; le portrait de Louis Visconii (1855) ; Portrait (18C6) ; YBomme soutenu par la religion (1868). On lui doit, en outre : la Capitulation de Magdebourg, le Combat d'Ocafia, etc., au palais de Versailles ; des peintures décoratives : la Force modératrice, la Puissance fuvorisant le bien, la Prudence empêchant le mal, dans la grande salle du palais du Luxembourg ; les Prophètes Daniel et Etéchiel, à l'église Saint- Germain-l'Auxeirois (18G6), etc. Cet artiste avait été décoré de la Légion d honneur en

VAUCHELLE (André-Jean, baron), administrateur français, né k Versailles en 1779, mort en 1860. Nommé, en 1801, adjoint aux commissaires des guerres, il servit en Allemagne jusqu'en 1806 et fut, k cette époque, envoyé k l'armée de Naples, dans laquelle il était inspecteur aux revues lors de la Restauration. Il revint alors en France, fut, de 1824 k 1830, professeur d'administration militaire à l'école d'état-major et, sous le règne de Louis-Philippe, devint successivement intendant militaire à Strasbourg, conseiller d'Etat et chef de l'administration des affaires de l'Afrique au ministère de la guerre ; il fut, en Outre, maire de Versailles en 1848. On a de lui un Cours d'administration militaire (1831, 3 vol. in -8"), qui a eu, en 1853, une 3e édition.

VAUCHER (Jean-Pierre-Etienne), botaniste suisse,«ié à Genève en 1763, mort dans 1s même ville en 1841. Il embrassa la carrière pastorale, puis ouvrit un pensionnat et devint professeur d'histoire ecclésiastique k l'Académie, dont il fut nommé recteur en ;818. Vaucher s'était ardemment épris de la iotaniqueet il consacrait tous ses loisirs s l'étude de cette science. Il a laissé : Hiitoire des conferues d'eau douce (1803, l vol. ir-4°) ; Monographie des orobanches (1826) ;J/istoirephysiologiquedespluntesd'Ewope(V-Àex\çe, 1804, 4 vol. grand in-8°) ; Souvei&s d'un pasteur genevois (Genève, 1S42, i.r-8°).

VAUCHÉRIE s. /. (vô-ché-rl — de Vaucher, botan. gsnevois). Bot. Genre d'algues' filamenteuses, type de la tribu des vauché- ■ riées, comprenant une vingtaine d'espèces, qui croissant pour la plupart dans les eaux douces, cjurantes ou stagnantes.

— Ercycl. Ce genre se distingue surtout parles filaments tubuleux contenantdes gra- Ejles verts, baignant dans un liquide où ils s'agitent jusqu'à ce qu'ils aillent se fixer sur les corps environnants, où ils développent de nouveaux filaments. Ces algues habitent les eaux, stagnantes. Nous citerons particulièrement la vauchérie murale, qui vit dans les eaux douces et ne fructifie qu'aux époques des grandes pluies, et la vauchérie commune.

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qu'on rencontre dans les tonneaux d'arrosement des jardins potagers, ainsi que dans les flaques d'eau pluviale et jusque dans les vases conservés dans les laboratoires pour servira des études microscopiques.

VAUCHÉRIE, ÉE adj. (vô-ché-ri-é — rad.

vauchérie). Bot. Qui ressemble ou qui se rapporte k la vauchérie,

— s. f. pi. Tribu d'algues, ayant pour type le genre vauchérie.

VACCLUSB (fontaine de), fameuse source naturelle, située k 28 kilomètres d'Avignon, dans un site des plus pittoresques; elle est non moins célèbre par les souvenirs poétiques qui s'y rattachent. La fontaine est située au fond d'une gorge profonde, dans la chaîne de monts qui relie le Ventoux au Lubéron. En approchant de cette gorge, on remonte une vallée sinueuse, bordée de rochers, où la Sorgue, petite rivière dont la merveilleuse source est k Vaucluse, serpente entre des prairies, forme de petites lies et vivifie des usines. Au-dessus du village de Vaucluse, la vallée se courbe en demi-cercle, puis s'enfonce entre d'énormes falaises de rocs calcaires dénudés et se termine tout k coup par une vaste roche rougektre, très-escarpée. Sons cette roche s'ouvre un gouffre, sorte de volcan aquatique, dont les irruptions sont fréquentes, dont la profondeur et la direction sont inconnues ; c'est la principale source de la Sorgue. Les roches et les pierres que la source a vomies ont formé au pied de la falaise une haute dune qui cache d'abord la bouche du gouffre; on ne l'aperçoit qu'en la trouvant k ses pieds. L'inclinaison du sol de cette caverne permet d'y descendre à une certaine profondeur et jusqu'au niveau de l'eau. Cette eau est parfaitement limpide, mais elle est si profonde qu'elle paraît notre, ce qui ajoute à l'effroi qu'inspire le lieu ; elle est calme, immobile ; il semble qu'il lui soit impossible de remplir la vaste capacité de la voûte qui la couvre, de franchir la barrière qui l'entoure de toutes parts; mais si de longues pluies ou la fonte des neiges sur les monts voisins versent de nouvelles eaux dans cet immense réservoir dont ce gouffre est le débouché, l'eau s'émeut, monte, bondit et s'élèverait peut-être k une très-grande hauteur; mais, arrivée k la bouche du gouffre, elle franchit la digue qu'elle-même s'est formée, bondit sur les rochers, forme une cascade superbe et roule en mugissant dans le lit ordinaire de la Sorgue. Ce phénomène s'opère quelquefois avec un fracas épouvantable; il a souvent changé la disposition intérieure du gouffre. Dans son état ordinaire, la fontaine de Vaucluse jaillit par un grand nombre de sources. La quantité de ses eaux est toujours en proportion du degré d'humidité de l'atmosphère, de la chute des pluies et des neiges sur les montagnes environnantes. La hauteur de la bouche du gouffre est de 100 mètres au-dessus du niveau de la mer ; celle du rocher, qui la domine, est de 240 mètres, et celle du mont, dont, cette falaise est le premier étage, est de~654 mètres. L'eau de la source de Vaucluse est toujours assez abondante pour former une petite rivière; sa température est basse et invariable (10° Réaumur), sa limpidité parfaite, sa qualité excellente. Enfin* elle rend au pays qu'elle traverse des services immenses, relativement surtout au peu d'étendue de son cours. On a expliqué 'a formation souterraine de cette source en: supposant qu'elle pouvait provenir des eaux qui s'engouffrent dans les abîmes de la chaîne du moeAVentoux, dont plusieurs sont éloignés âe p.^t même de 12 lieues de la fonta.me.,A<!\;ite un î^it qui dorwo à c^'te opinion me certaine force bifâïïsisupposeruo bien Jong cours souterrain. En 1783, un vaste ablue s'étant ouvert à 9 lieues de Vaucluse, dxns les montagnes supérieures,' des débris Je matériaux engouffrés avaient pu être transportés, k travers les conduits souterrains, jusqu'k la fontaine, dont les eaux, auparavant très-claires, ne tardèrent pas à étro fortement colorées par une teinte rougeâtre, ce qui dura près d'un mois. Il n'est pas surprenant qu'un pareil site, embelli par une cascade continue, rivalisant avec les chutes' de l'Arno, ait toujours eu le privilège d'attirer une foule de visiteurs de tous les pays. Pétrarque y vint en 1313, encore enfant. A la vue de celte magnifique solitude : ■ Si jamais je suis libre, s'écria-t-il, au séjour des cités on me verra préférer cet agreste asile. «Plus tard, en effet, en 1337, il se souvint de Vaucluse et s'y retira. C'est là qu'il composa la plus grande partie de ses poésies.

VAUCLDSE (département db), division administrative de la région S.-E. de la France, formée en 1790 du Comtat-Venaissin, de l'ancienne principauté d'Orange, de la viguerie d'Apt et du comté de Sault, et tirant son nom de la célèbre fontaine de Vaucluse, illustrée par Pétrarque. Ce département est compris entre ceux de la Drôme au N,, des Basses- Alpes k l'E., des Bouches-du-Rhône au S., où la Durance forme la limite, et à 10. celui du Gard, dont il est séparé par le Rhône. Sa périphérie est à peu près celle d'un ovale, dont le grand axe, d'environ 110 kilom., est dirigé du N.-O. au S.-E.; le petit axe, du S.-O. au N.-E., mesure environ 60 kilom. Superficie, d'après L'Annuaire de Vaucluse, 356,640 hectares, dont 160,980 en terres labourables, 28,970 en vignes, 5,683 en prairies naturelles,

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3j625 en autres cultures arborescentes, 63,720 en pâturages, laudes et bruyères, 86,783 en bois, forêts, étangs, cours d'eau, etc. Au point de vue administratif, le département de Vaucluse est divisé en quatre arrondissements : Avignon, ch.-l.; Apt, Carpentras et Orange, comprenant ensemble 22 cantons, 150 communes et 263,451 hab. Il forme le diocèse d'Avignon; il ressortit à la cour d'appel de Nîmes, k l'académie d'Aix , k la 26» conservation des forêts.

La nature a divisé le sol du département en deux régions bien distinctes, pays de plaines et pays de montagnes. La région montagneuse est beaucoup plus étendue que cello des plaines. Celle-ci, en effet, ne comprend

âne la vallée du Rhône, depuis l'entrée de ce euve dans le département, à La Palud, jusqu'à Avignon, et la surface de l'angle obtus au sommet duquel la Durance et le Rhône mêlent leurs eaux. Cette région des plaines peut se diviser en trois bassins : celui d'Orange au N., celui d'Avignon à Carpentras au milieu, et celui de Cavaillon au S. Tout lo reste du dépai-tementdoitètre regardé comme pays de montagnes. La région montagneuse de Vaucluse comprend deux chaînes, qui ne sont. que les prolongements de deux contreforts des Alpes ; la première, celle de Lure, sépare le département des Basses-Alpes do celui de la Drôme et vient expirer k Malaucène, dans la partie N.-E. du département de Vaucluse; la seconde, celle de Lubéron, part des Basses-Alpes et, se dirigeant parallèlement au cours de la Durance, se prolonge jusqu'au territoire du Cheval-Blanc, commune du canton de Cavaillon, près de la Durance. Les points culminants sont : le Ventoux (1,909 mètres), le Lubéron (1,760 mètres), la montagne de Saint-Saturnin (1,387 mètres), la montagne de Vaucluse (654 mètres). Toutes ces montagnes, presque nues et stériles, n'offrentque très-peu d'intérêt; aucun fleuve, aucune grande • rivière n'y prennent leur source. Un grand nombre de vallées, il est vrai, s'enfoncent au milieu d'elles; mais la plupart ne sont que des vallons très-courts et fort étroits, ou plutôt des ravins où coulent entre les montagnes les torrents qui en descendent; il faut cependant mentionner la vallée de Sault, située k l'E. du mont Ventoux et mesurant environ 10 kilom. de longueur sur 2 à 3 de largeur. Le sol de Vaucluse, généralement formé de terrains tertiaires, renferme des mines de houille et de lignite, des pyrites de fer dans l'arrondissement d'Apt, de l'ocre jaune et rouge dans les montagnes, de la tourbe dans la plaine delà Sorgue, de l'argile k brique réfractaire et k creuset, et surtout de belles carrières de pierre k bâtir; sous ce rapport, peu de départements sont mieux favorisés. Parmi les cours d'eau qui arrosent, fertilisent et quelquefois dévastent le département de Vaucluse, nous citerons : le Rhône, la Durance, le Lez, l'Ouvèze, l'Auzon, la Sorgue, l'Aigues, le Sablon, la Nesque, le Coulon et le Brégoux. Mentionnons aussi les belles sources de Vaucluse, du mont Serein, d'Angel, etc., les sources minérales de Vacqueyras, d'Aurel, d'Ansouis, de Sault et de Velleron.

Le climat de Vaucluse est sain, tempéré et ne laisserait rien k désirer si le terrible mistral, par son souffle violent et destructeur, n'y jouait pas si souvent le rôle de fléau. Les plus grands froids de l'hiver font rarement' descendre le thermomètre au-dessous de 10° ; ces froids durent généralement très-peu, un mois, un mois et demi au plus; ils sont secs et sans brouillards ; aussi tombe-t-il très-peu ds neige dans la région des plaines. Pendant .I'*Î3, le thermomètre monte jusqu'k 30» et même 32°; les chaleurs de cette saison y sont excessives et durent ordinairement six semaines k deux mois. Les pluies y sont rares .en hiver et en été, insuffisantes au printemps et abondantes en automne. Les vents dominants sont ceux du S., du S.-E. et du N.-O. (bise ou mistral). La culture des céréales, et surtout du froment, est assez répandue dans le département; néanmoins elle ne suffit pas k la consommation. On sème les céréales en automne ou au printemps, à la volée et k la main, et on récolte k la faucille vers la fin de juin ou au commencement de juillet. On bat au fléau ou on dépique au rouleau, rarement on se sert des machines k battre. Le dépiquage se fait immédiatenent après la récolte. L'une des principales cultures de ce' département est la garaiïce. Catte plante trouve, surtout aux environs d'Avignon, un sol et un climat qui favorisent extrêmement sa végétation. On en attribue l'importation à un Persan^ Althen, auquel la ville d'Avignon, par reconnaissance, a élevé une statue au haut du rocher qui la domine. La garance, qui, comme on sait, donne une belle matière colorante rouge, exige d'abondantes fumures et des travaux de défoncement, d'entretien, de récolte, considérables. Elle ne produit qu'à la deuxième ou troisième année et demande, par conséquent, une avance de capitaux considérable; néanmoins, sa culture est largement rémunératrice. Elle alimente,, k Avignon et k Carpentras, des fabriques de garance en poudre d'une importance considérable, et donne lieu k un grand commerce d'exportation. La culture fourragère est peu étendue; cependant elle a fait quelques progrès par suite du développement donné k l'irrigaj-ion dans les derniers temps. Le froment le seigle, le méteil, l'orge, le maïs, l'avoine,

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les plantes sarclées se succèdent dans les cultures, le plus souvent sans assolement régulier, au moins en ce qui concerne la petite culture. Dans la grande culture, on suit quelquefois l'assolement quinquennal, avec céréales d'hiver, céréales de printemps, trèfle ou sainfoin, céréales d'hiver, jachère .nue ou cultivée. Dans les vallées fertiles, la culture du chanvre a une certaine importance. Les prairies naturelles, bien irriguées et fumées, donnent souvent trois coupes: la première, la plus importante, au mois de mai; la seconde en juillet; enfin,.la dernière en septembre. La luzerne, le trèfle, le sainfoin sont les plantes ordinaires des prairies artificielles; elles ne sont d'un bon produit que lorsqu'on peut les irriguer. Le département de Vaucluse fournit des vins de bonne qualité, notamment ceux de Sorgues et de Châtenuneuf-du-Pape. On cite encore avec éloge les vins de liqueur de Grenache, Mazan, Baumes, etc. La production annuelle est, en moyenne, de 400,000 hectolitres de vins de toutes sortes. Le figuier, le pêcher, le poirier, le prunier, l'abricotier, l'amandier, l'oranger, le grenndier et plusieurs autres arbres fruitiers réussissent merveilleusement. L'olivier est cultivé en grand. Placé dans un sol sec, il végète bien, mais perd ses fruits si une sécheresse survient. Dans un sol frais et bien entretenu, il donne des récoltes abondantes, lié mûrier est cultivé pour la nourriture des vers à soie, mais cette culture est bien moins importante que celle de l'olivier. Le sol ne lui convient pus toujours parfaitement. Outre la culture principale de la garance, on trouve encore ça et là celle de diverses autres plantes tinctoriales, telles que le safran, la gaude, le nerprun des teinturiers. Les légumes prospèrent surtout aux environs de Cavaillon ; ailleurs, ils ont beaucoup à souffrir de la sécheresse. Les principales essences forestières sont : le chêne vert, le chêne kermès, la pin d'Alep, le pin pignon, le pin sylvestre, le charme, le hêtre, Te bouleau. La plupart des travaux se font à la main, faute de bétail. Le matériel agricole laisse beaucoup à désirer. On ne rencontre guère que dans les grandes exploitations un certain nombre d'instruments perfectionnés, tels que la charrue Dombasle, la défonceuse Bonnet, les hersesrouleaux, scarificateurs, fouilleurs et semoirs. Le nombre des animaux domestiques du département de Vaucluse est très-restreint; on le verra par les chiffres suivants, que nous fournit la plus récente statistique orflcielje : chevaux, 7,613; poulains, 652 ; bœufs, 1,365; vaches, 732 ; moutons, 176,476 ; porcs, 42,802. On cultive avec des mules, qui sont les principaux animaux de trait. L'espèce chevaline a une certaine valeur. Un assez grand nombre de chevaux appartiennent à la race de la Camargue. L'espèce ovine donne lieu à un élevage peu lucratif, mais qui fournit le seul moyen efficace d'utiliser, d'une manière telle quelle, les terres vagues, les landes et tes montagnes. L'apiculture fournit un produit notable, mais elle est fort arriérée. Le miel est d'excellente qualité. L'éducation des vers à soie forme encore une des branches importantes de l'industrie du département de Vaucluse. L'industrie manufacturière de Vaucluse est représentée par des chiffres imposants: les faïenceries d'Apt produisent annuellement 200,000 kilogrammes de faïence ; le lavage, le tissage des laines produit plus de 2 millions de francs; les verreries, distilleries, pa- . peteries, fabriques de sucre de betterave, produits chimiques, les usines à garance, les teintureries, les filatures de coton, le moulinage de la soie, les fonderies de métaux, etc., atteignent aussi des chiffres considér&feit. Le commerce du département, facilité' par la navigation du Rhône, par le chemin de fer de Paris à Marseille et par un réseau complet de bonnes routes, a principalement pour objet les blés, les farines, légumes secs, vins, eaux-de-vie, fruits, soies, garances, bestiaux, volailles, laines, truffes noires, amandes, bois de chauffage, etc.

Ce département possède un assez grand nombre de canaux servant à l'irrigation, dont quelques-uns très-anciens, notamment celui qui passe à Cavaillon, créé au vie siècle ; le Durançole, qui arrose Cabedan et Avignon; enfin, celui de Crillon.qui fertilise unegrantie étendue de territoire autrefois totalement stérile.

VAUCLUSE, er. latin Vallis Clusa, village et commune tla France (Vaucluse), cant. de l'isle, arrond. et à 29 kilom. E. d'Avignon; 500 hab. Filature de soie, fabrique de garance, papeterie ; belle église paroissiale, construction romaine du xie siècle; à l'intérieur, on voit la tombe primitive qui renfermait les dépouilles mortelles de saint Véran, patron du village. Aux environs.de Vaucluse, sur le penchant d'une colline dominant le cours de la Sorgue, se dressent les ruines d'un château du xmB'sièole, appelé improrement château de Pétrarque. Le poète haitait une petite villa située un peu plus bas, au pied du roc. Cette villa n'existe plus, et son emplacement est occupé par une usine. L'Athénée de Vaucluse a érigé non loin de là une colonne en l'honneur de Pétrarque. A 2 kilom. S.-E. du village, se trouve la célèbre fontaine de Vaucluse, à laquelle nous avons consacré un article spécial.

VAUCLUS1EN, IENNE S. et adj. (vô'klu-

Bi-ain, i-è-ne). Géogr. Habitant de Vaucluse

VAUD

ou du département de Vaucluse; qui appartient à' ces pays ou à leurs habitants : Les Vauclusiens. La population vauclusiknne.

VAUCOULEURS, bourg de France (Meuse), chef-lieude cant., arrnnd. età lSkilom, S.-E. de Commercy, sur la basse Meuse; pop.

aggl., 2,408 hab. — pop. tôt., 2,670 hab. Forges, tanneries, fabrication de cotonnades, siamoises, toiles à carreaux , bonneterie ; commerce de bestiaux. Aux environs est la fonderie de Thusey, où ont été coulées les colonnes rostrales qui décorent la place de la Concorde, à Paris. Vaucouleurs évoque, comme Domrémy , le souvenir de Jeanne Darc. Ce fut à Vaucouleurs que se rendit tout d'abord la célèbre pastoure lorsqu'elle eut conçu le dessein de porter secours à Charles VII; ce dessein, elle le communiqua au sire de Baudricourt, alors gouverneur de la place, et ne quitta Vaucouleurs qu'après avoir été par lui présentée au duc de Lorraine, Charles II, résidant à Nancy. Suivant une tradition locale, la population de Vaucouleurs, remplie d'enthousiasme pour l'héroïne, tint à honneur de l'équiper a ses frais et lui fournit de plus une escorte de quelques hommes d'armes. Le souvenir de Jeanne Darc fait pâlir tous les autres; aussi nous bornerons-nous seulement à mentionner que Vaucouleurs fut, à l'époque du moyen âge, une ville fortifiée et protégée par un château dont il ne reste aucune trace. Au xie et au xiie siècle, les empereurs d'Allemagne et le3 rois de France y tinrent quelques conférences relatées dans l'histoire de l'époque.

C'est à peu de distance de Vaucouleurs que s'élevait autrefois le château des quatre fils Aymou ; il n'en reste plus que des ruines assez pittoresques, entre autres celles d'une chapelle; ces ruines sont aujourd'hui enclavées dans une ferme qui, réunie a une petite agglomération de maisons champêtres, porte le nom de Burniqueville. Entre Toul et Vaucouleurs se trouve une belle prairie ; c'est là que se passa, eu 1299, la fameuse entrevue entre Philippe le Bel et Albert d'Autriche, où le roi de France renonça à ses droits sur la Lorraine et sur l'Alsace, et l'empereur d'Autriche à ses droits sur le royaume d'Arles. Vaucouleurs est la patrie de Mme Du Barry et du géographe Delisle.

VAUCOUR s. m. (vô-kour). Techn. Sorte do table placée devant le tour du potier, et sur laquelle il prépare la terre.

VAUCRER v. n. ou intr. (vô-kré — du ba3 lat. vangare, lat. vagare, vaguer, errer). Mar. Naviguer au hasard.

VAUD (canton de), le Pagus Urbigenus des anciens, nommé ~Waadtland par les Allemands, un des 22 cantons ou Etats de la confédération helvétique, le 190 par ordre d'admission, le 4e par son étendue et le 30 par sa population, situé dans la région S.-O. de la Suisse, entre 46<> 18' - 46° 55' de latit. et entre 3° 43'-4» 47' de longit. E. Ce canton a pour limites au N. le canton et le lac de Ncuchâtel.à l'E. les cantons de Fri bourg, de Berne et du Valais, au S. le. Rhône et le lac de G^enève, qui le sépare de la Savoie, à l'O. le canton de Genève et la France. Le disstrict.yaudois d'Avenches est enclavé dans le territoire fribourgeois au S., kl lac de Morat et à i'E. du lac de Neuctiâtel; superficie, 3,223 kilom. carrés; 231,700 hab., dont 211,686 protestants et 17,592 catholiques. Chef-lieu, Lausanne. On y parle français et divers dialectes.

La forme générale de^c/s canton est à peu près celle d'un trianglejWirt .' un ac s grands c4l4."iVC'ltt base s'éwînd ûaiis>1fl.sens jJu laede 'Genève et tJWivvron 90 kilom. ilb 'fugueur ; celui qui part de l'extrémité occidental.) de ce même tac et aboutit au lac de Neuchàtel.dans la direction duS.-O.au N.-E., est à peu p'.ès de même longueur; la longueur du troisième côté, qui se dirige du S. au N., parallèlement au territoire du canton de Fribourg, n'a guère que 60 kilom. L'aspect général de ce pays présente des plaines, des coteaux et des montagnes qui, au S.-E., sur les confins ' du Valais, s'élèvent jusqu'à la limite des neiges. La chaîne du Jura parcourt le canton do Vaud dans la direction du S.-O. au N -E., et c'est dans ce canton que cette chaîne présente ses points les plus élevés, parmi lesquels nous signalerons le mont Tendre (1,600 mètres). Le Jorat, moins élevé, se détache des Alpes au N. du lac de Genève, dont il suit quelque temps les bords, et dont i! sépare le bassin d'avec la vallée de la Broie, et va s'appuyer au N.-E. contre le Jura. Mais les parties tes plus montagneuses du canton de Vaud sont, au S.-E., celles qui sont couvertes par les ramifications des Alpes Bernoises et des Alpes du Valais. Le point culminant est le massif des Diablerets, qui s'élève à 3,106 mètres au-dessus du niveau de la mer. C'est là que l'on trouve les seuls glaciers du canton de Vaud. La plus grande partie du lac de Genève et près de la moitié de ceux de Neuchâtel et de Morat dépendent du territoire vaudois. Le Rhône le baigne sur sa limite S.-E., avant de tomber dans le lac Léman ; le reste du pays est arrosé par pluseurs petites rivières, dont les principales sont laSarine, la Broie et l'Orbe. Le climat, âpre dans les montagnes, est assez doux dans le reste du pays, surtout dans le voisinage du Léman, dont les bords sont couverts de vignobles, d'amandiers, de figuiers

} VAUÏ)

et de toute so,tte d'arbres fruitiers. Le sol du canton est dii reste généralement fertile partout où il est! susceptible de culture. Malgré les progrès ùotables que l'agriculture y a faits depuis quelques années, le canton ne produit pas suffisamment de céréales pour la consommation de ses habitants; mais les récoltes de plantes oléagineuses, lin, chanvre, tabac et fourrages, d'un grand nombre de plantes médicinales et du vin. donnent lieu à uuo exportation très-importante. Les montagnes sont en très-grande partie couvertes de pâturages et de chalets, et l'on y prépare d'excellents fromages. Presque tous les villages, même dans la plaine, ont une fruitière, c'est-à-dire un chalet commun où tous les particuliers portent leur lait pour le convertir en fromage et en beurre. On compte environ 65,000 bêtes à cornes et 25,000 chevaux dans le canton. On y trouve aussi quelques richesses minéralogiques : des mines de fer en exploitation ; des carrières de .marbre, de grès, de pierre meulière, de gypse ; des mines de houille, d'asphalte, de soufre, de sel gemme. Les eaux minérales du canton n'ont pas beaucoup de célébrité; cependant nous devons mentionner les soinces d'Alliaz, d'Yverdun et de Saint-Loup et les sources salées de Bex. L'industrie manufacturière n'est pas très-importante ; elle compte seulement quelques tanneries, des draperies, des filatures et teintures de coton, des manufactures de tabac et les établissements d'horlogerie des vallées de Joux et de Sainte-Croix. Lé commerce consiste dans l'exportation du fromage, du beurre, du bétail et du tabac.

Le territoire du canton de Vaud, successivement possédé par les Francs, les rois de Bourgogne Transjurane, les empereurs d'Allemagne, les ducs de Zaïhringen et, de 1273à 1536", par la maison de Savoie, fut assujetti ensuite au canton de Berne ; il ne forma un canton indépendant qu'en 1798. La constitution qui le régit date de 1S31 ; elle fut modifiée en 1845. D'après cette constitution, le gouvernement est une république représentative et démocratique. Le peuple se réunit eu assemblées de communes ; tout citoyen âgé de vingt-trois ans a droit de suffrage dans ces assemblées. L'exercice de la souveraineté et du pouvoir législatif, excepté celui du pouvoir constitutionnel, que le peuple s'est réservé, est Confié à un grand conseil composé de 195 membres, qui sont élus pour quatre ans par les assemblées électorales des communes et qui choisissent entre eux un président pour un an. Ce grand conseil s'assemble deux fois par an à Lausanne. Il nomme les députés à la diète fédérale et les principaux fonctionnaires. Le haut pouvoir exécutif et administratif est exercé par un conseil d'Etat composé de 9 membres élus par le grand conseil et dans son sein. Au point de vue administratif', le canton de Vaud est divisé eu îe'districts, 60 cercles ou cantons et 388 communes. Chaque district est administré par un préfet et a sou tribunal, de même que • chaque cercle possède son tribunal cantonal ou justice de paix. Les établissements destinés à l'instruction publique sont : des écoles primaires dans toutes les communes, des écoles industrielles et des collèges pour l'enseignement secondaire; enfin, l'Académie de Lausanne, divisée en quatre Facultés : théologie, droit, lettres et sciences. On y trouve aussi des écoles normales pour former des instituteurs et des institutrices.

VAUDAIRE s. m. (vô-dè-re). Nom donné, en Suisse, à un vent du midi très-violent.

VAUDCHAMP (Jeanne), compagne de l'abbé Delille, née à Saint-Dié ( Lorraine ) vers 1765, morte en 1823. Fille d'un musicien, elle apprit un peu de musique et vint à Paris, où Delille la rencontra un jour, dansantet jouant de la guitare près de l'église Saint-Germainl'Auxerrois (1786). L'académicien causa avec la jeune fille, qui lui plut, et peu après celleci était installée chez lui, au collège de France. Lorsque, pendant la Révolution, Delille quitta Paris, elle le suivit partout, d'abord a Saint-Dié, puis en Suisse, <*u Allemagne, en Angleterre, et revint avec lui en V'rance. Réinstallé dans sa chaire au collège

' db. France, Delille reprit ses travaux poétiques à l'instigation de Jeanne Vaudchamp, qui prit, à partir de 1806, le nom de Mme Delille ei lui fit une vie des plus dures. On raconte qu'elle l'enfermait pour qu'il travaillât, qu'elle Ici imposait un certain nombre de vers à faire car jour, qu'elle le privait d'un plat ou deux s'il n'avait pas fait sa tâ'jhe, et qu'il lui arrivai*.. même de le battre s'il tentait île résister, A cetw intolérable conduite de l'irascible Jeanne, l'ïx-abbé opposait à peu

jirès constamment un trtline inaltérable. Comme il était aveugle, il '.ui obéissait en

' quelque sorte comme un enfant et, chose curieuse, il ne cessait de l'accable- de louanges, l'appelait son Antigone et célébrait en vers ses vertus privées. En mouiant, il lui laissa, par donation, tout ce qu'il p&ssédait. Jeanne montra du reste un grand attachement à sa mémoire. Celui que, vivant, ète uvait traité comme un écolier devint pour elle, lorsqu'il fut mort, un homme de génie, et elle demanda a être enferrée auprès de lui.

VAUDEMONT, village et commune de France (Meurthe-et-Moselle), canton de Vézelise, arrondissement et à 36 kilom. S.-O. de

VAUD

Nancy; 320 hab. Titre d'un ancien comté. On y voit quelques ruines romaines et la tour des Sarrasins , bâtie par Brunehaut. L'église paroissiale, au nombre des monuments historiques, renfermait les mausolées de plusieurs personnages illustres/Erigé en 1070, par Henri IV, empereur d'Allemagne, le comté de Vaudemont avait pour chef-lieu Vézelise; il passa successivement de la mai- Son de Joinville à celle de Lorraine, dont tes firinces cadets en furent titulaires pendant ongtemps. Charles IV le donna à son fils naturel Charles-Henri, qui en prit le titre.

VAU-DE-ROUTE (À) loc. adv. Dans une déroute complète, avec grande précipitation et grand désordre : Les gardes de Darius, qui étaient à sa gauche, fuyant k vau-deroute, avaient abandonné le chariot. (Vaugelas.) Il Vieille loc.

— Fig. En complète déconfiture :

Il vint chez moi; sa bourse était à vau-de-route.

Dufresnt.

vaudeville s. m. (vô-de-vi-le — de vau pour val, et de Vire, patrie d'OJivier Basselin, l'inventeur de ce genre de poëme). Littér. Chanson de circonstance, populaire et satirique : Un recueil de vauduvillics est indispensable à gui lient bien connaître l'histoire. (Ménage.) Il y a des gens qui ressemblent aux vaudevilles, qu'on ne chante qu'un certain temps, (La Rochef.) 11 Vieux mot. On avait dit d'abord vau-db-viee.

— Théâtre. Pièce entremêlée de couplets: Les vaudevilles sont aujourd'hui de charmantes comédies, pleines d'esprit, qui demandent beaucoup de talent, (Bulz.) Pour amuser son public, M. Scribe a mis l'histoire universelle en vaudevilles, comme Benserade mettait l'histoire romaine en rondeaux. (P. da St-Victor.)

— Encycl. Le vaudeville est né dans les vaux de Vire. Ces vaux de Vire sont deux vallées à l'ouest de la ville de Vire, en Normandie. Deux jolies rivières, la Vire et la Virène, les arrosent et font tourner depuis cinq à six siècles lu roue des moulins à foulon, paisiblement assis sur la berge. L'un de ces moulins, celui qui est le plus près du pont des Vaux, sous le château des Cordeliers, porte le nom de Moulin Basselin. C'est là que vécut au xve siècle, du temps de' la

I grande, guerre anglaise, un enfant du pays, ' foulant ses draps, buvant et chantant, Oli- I vier Basselin, le créateur du vaudeville (v.

Basselin). On appela ses chansons les vaux- ! de-Vire, du lieu où il avait chanté; ce nom,

défiguré dès le xvi" siècle, se changea en

vaudeville.

Le vaudeville fut donc d'abord une chanson

gaie et maligne. Vauquelin de La Fresnaye

a dit dans son Art poétique, en conservant le

nom primitif :

Les vaux-de- Vire,

Qui sentent le bon temps, nous font encore rire.

Boileau a fait du vaudeville un enfant de la satire :

D'un trait de ce poSrae, en bons mots si fertile, Le Français, né matin, forma le vaudeville, Agréable indiscret qui, conduit par le chant, Passe de bouche en bouche et s'accroît en marchant. La liberté1 française en ses vers se déploie : Cet enfant du plaisir veut naître dans la joie.

Au milieu des troubles de la Ligue et de la Fronde, le vaudeville, qui s'était jusque-là manifesté a l'occasion de tous les événements remarquables, se donna libre carrière et atteignit parfois à l'extrême licence. Les victoires ou les déroutes des partis, les intrigues galantes de la cour, tomes les anecdotes et toutes les médisances devenaient le .sujet de quelque vaudeville. La plupart des mazarinades furent des vaudevilles.

Il y eut cependant, même à cette époque, et i! y a toujours eu des vaudevilles qui n'étaient point satiriques et restaient tout simplement bachiques, comme celui-ci de François Maynard :

Ça, qu'on me donne une bouteille Pleine de ce vin qui réveille Les esprits les plus languissants.

Le nectar lui cède la. gloire, Et les dieux, pour en venir boire.

Se travestissent en passants.

Je demande sur toutes choses,

Garçon, que les portes soient closes

A qui voudra parler à moi.

Loin d'ici factions et brigues;

Si la couronne a des intrigues, «

Laissons-les au conseil du roi.

C'était sur le pont Neuf que se chantaient d'abord, en général, les vaudevilles, de même que les complaintes et les cantiques. Le fameux Savoyard dont parle Boileau, et qui se nommait Philippot, selon Bross'ette, attirait la foule avec des vaudevilles comme Toinon ta belle jardinière ou la Comédienne Sellerose, dont le refrain peut il peine se citer :

Ne gagnant plus rien sur la Seine, Elle trafique sur le Rhin.

Quand une de ses chansons avait fait for- "mne à Paris, ce rapsode du pont Neuf, mendiant et aveugle comme Homère, à qui on le comparait plaisamment, allait la débiter dans les autres villes de France. Vers la même époque, un cocher, qui s'était fait poète et chanteur, après avoir conduit le carrosse d'un magistrat nommé Verthamont,

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chantait près de la Samaritaine en costume de cocher. Il excellait dans la complainte.

Les airs de vaudevilles, de complaintes et de cantiques reçurent bientôt, du lieu où ils étaient chantés, le nom de ponts-neufs. Ces aïrs, pour la plupart anciens et tous populaires, s'entendirent ensuite sur le théâtre et remplirent des pièces entières. Mais, avant de' montrer comment le vaudeville devint une œuvre théâtrale, achevons en quelques mots l'histoire du vaudeville chanson, qui ne cessa d'exister qu'après 1789. Piron, Panard et Collé furent, au xvme siècle, les plus joyeux rimeurs de vaudevilles. UAlmanach des Muses publiait sou vent des vaudevilles. Ce genre survécut même aux premières années de la Révolution. Le recueil royaliste intitulé les Actes des Apôtres est plein de ces chansons épigrammatiques. François Marchant publia la Constitution en vaudevilles (1792), et un poète inconnu fit une plaisanterie plus ou moins piquante sous ce titre : la République en vaudevilles (1793). Au théâtre, les opéras-comiques, autres enfants du vaudeville, se terminèrent assez souvent, dans leur origine, par un vaudeville, Des comédies furent aussi terminées par des couplets portant le titre de vaudeville final. Beaumarchais, a fini par un vaudeville le Mariage de Figaro.

Comment, d'une chanson, le vaudeville de- 'vint-il lui-même une comédie, l'un des genres les plus goûtés et les plus français? Cette transformation s'opéra aux théâtres de la foire. Après la suppression de la troupe du Théâtre-Italien en 1697, les. entrepreneurs des jeux de la foire crurent pouvoir s'approprier des fragments empruntés aux pièces de ce théâtre. Ils engagèrent des acteurs capables de jouer ces fragments, construisirent de véritables salles de spectacle, et, à force de persévérance, à l'aide d'arrangements avec le Théâtre-Français et avec T'Opéra, ils eurent le droit de jouer des comédies entremêlées de musique et de ballets. En 1712, Le Sage, Fuzelier et Dorneval commencèrent a composer des pièces avec vaudevilles ; cependant, elles ne reçurent pas le nom de vaudeville, mais portèrent dès cette époque celui d'opéra-comique. Le Sage a publié le Théâtre de la Foire ou V Opéra- Comique, contenant les meilleures pièces gui ont été représentées aux foires de Saint-Germain et de Saint-Laurent, avec une table de tous les vaudevilles et autres airs, etc. (Paris, 1721- 1737, 10 vol. in-12).

Lorsque Jean Monnet devint, en 1743, directeur de l'Opéra-Comique, il releva ce théâtre et s'attacha des auteurs de talent, tels que Piron, Vadé et Favart. En 1753, après le séjour en France des chanteurs italiens nommés bouffons, Vadé, mettant à profil leur exemple, forma le projet de rejeter les anciens vaudevilles et de faire composer pour ses pièces de la musique nouvelle. C'est dans ce but qu'il composa les Truqueurs, dont il contia la musique à d'Auvergne. Sedaine, Anseaume, Favart et d'autres suivirent la même voie ; ils eurent pour collaborateurs Duni, Grétry, Philidor, Monsigny, etc. La pièce en vaudevilles, qu'on avait faussement appelée opéra-comique, lit ainsi place au véritable opéra-comique. A peine là musique nouvelle chassait les vieux airs de vaudeville que des auteurs créaient un nouveau genre, en développant le dialogue et en le coupant par quelques couplets. Ce genre nouveau, tel qu'il est venu jusqu'à nous dans sa forme générale, avec des variations successives, est précisément celui qui a définitivement gardé le nom de vaudeville. Il se joua d'abord dans la même salle que l'opéra-comique j les airs simples et joyeux, les naïfs pontsneufs s'y mêlaient aux airs les plus jolis des opéras-comiques. En 1792, quand la liberté des théâtres fut proclamée, deux des auteurs qui avaient obtenu le plus de succès en ce genre, Piis et Barré, lui consacrèrent dans la rue de Chartres une scène spéciale, qu'ils nommèrent théâtre du Vaudeville. Piis et Barré s'associèrent Radet et Desfontaines. Leurs ouvrages et ceux de Prévost d'Iray, de Philippon La Madelaine, du vicomte de Ségur, etc., très-légers de fond, mais avec des détails gracieux et de piquants couplets, réussirent complètement. De jolies arlequinades, Arlequin afficheur, Colombine mannequin, lui durent en grande partie leur succès. Il réussit de même dans des parodies où il imitait d'une façon extraordinaire Tuhna, tellesque Arlequin taquin et Arlequin cruello, parodies de Lucrèce et i'Othello. Les premières pièces qui, outre les arlequinades, attirèrent la foule au Vaudeville furent : la Itevanche forcée, lu Matrone d'Ephèse, le Petit sacristain, Piron avec ses amis, Honorine ou la Femme difficile à vivre.

Après la Révolution, aux vaudevillistes que nous avons déjà nommés sa joignirent Armand Goull'é, Georges Duval, Dieulafoi, Gersiu, Dupaty, Du Marsan, Sewrin, Joseph Pain, Bouiily, etc. Les pièces le plus en' vogue lurent : u\ Jtevue de l'an VI, la Soirée de deua: prisonniers, la Leçon de botanique, Fanchou la vielleuse, Amour et mystère, Lautara, le Pauvre diable, les Deux Edmond, la lielle au bois dormant, Gaspard l'avisé. Les nouveaux auteurs de vaudevilles, sous la Restauration, furent : Désaugiers, Rougemont, Moreau, Théaulon, Danois, Bayard, Mélesville et Serite. Depuis longtemps, des théâtres rivaux exploitaient ce genre, entre autres le théâtre des Variétés, le théâtre du

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Palais-Royal et le Gymnase. C;est aux Variétés que Scribe donna, avec/Saintine, un vaudeville fameux, MOurs et le pacha, et avec Dupin le Combat des montagnes. Au Gymnase, le vaudeville fut également inauguré par Scribe ; ce dernier y donni), le Colonel, le Gastronome sans argent, Y Artiste, le Mariage enfantin, la Ménage de garçon, le Secrétaire et le cuisinier, Frontin piari garçon, Michel et Christine, les Grisettes, la Pension bourgeoise, le Baiser au porteur, le Coiffeur et le perruquier, la Haine d'une femme, 1 Héritière, la Mansarde des artistes, le Charlatanisme, les Premières amours, la Quarantaine, la Demoiselle à marier, le Mariage de raison, Simple histoire, le Diplomate, la Marraine , Malvina , Louise ou la Réparation, Une faute, Geneviève ou la Jalousie paternelle, etc. Toutes ces pièces sont d'un ^enre délicat et modéré dont Scribe est le créateur. Ce genre a été jugé ainsi par M. Sainte- Beuve : ■ La nature humaine prise du boulevard Bonne-Nouvelle n'est peut-être pas très-large, très-profonde, très-généreuse en pathétique ou en ridicule, mais elle est trèstine, très-variée et très-jolie. Je la maintiens même fort ressemblante à titre de nature parisienne. En somme, cette comédie est l'idéal pas trop invraisemblable d'une époque sans idéal; c'est bien là le roman U hauteur d'appui de toute notre vie de balcon, d'entre-sol, de comptoir; toute la classe moyenne et assez distinguée de la société ne rêve rien de mieux. Nul aussi bien que M. Scribe n'en a saisi et reproduit les traits distinctifs tout en nuances, Rassortiment de positif, d'intrigue et de jouissance, l'industrialisme orné, élégant... Il y a dans les situations qu'il offre une gentillesse d'esprit et, le dirai-je, de sensualité honnête qui ravissent le public. »

Le Palais-Royal est la maison du vaudeville bouffon, du grotesque et de la charge. Il suffit de rappeler les créations d'Alcide Tousez, Sainville, Grassot, Hyacinthe, Ravel, Levassor et cet amusant répertoire d'auteurs qui, comme Labiche et Lefranc, ont poussé le comique jusqu'à l'outrance.

On a porté à plus do 1,800 le nombre des vaudevilles qui ont été joués sur la scène du Vaudeville. On obtiendrait peut-être un nombre quatre fois plus fort en y ajoutant les pièces jouées aux Variétés, au Gymnase et au Palais-Royal. N'est-ce pas la une indication bien curieuse de la fécondité qui, depuis cent ans, a signalé l'esprit fiançais? Mais ce n'est pas tout; dans bien d'autres théâtres, à la Galté, aux Folies-Dramatiques, aux Délassements, à Déjazet, au Luxembourg, à Beaumarchais, même au Petit-Lazari, il y a eu des productions du même genre , sans compter les pièces faites spécialement pour les spectacles de la banlieue. On peut donc dire que la postérité du vaudeville a été innombrable , et malgré les succès plus ou moins durables, plus ou moins éphémères d'autres genres dramatiques plus nouveaux, on ne peut prévoir où elle s arrêtera, tellement le vaudeville est approprié au caractère et à l'esprit français.

Vaudeville (les dîners du), recueil de chansons, avec musique imprimée (Paris, Huet, an V [1797], an X [1802], 9 vol. in-18). Le 2 fructidor an V, dans un dîner chez Juliet, acteur de l'Opéra-Comique et restaurateur, dix-sept chansonniers et vaudevillistes, Barré, Piis, Deschamps, Desfontaines, Radet, les doux frères Ségur, Léger, Monnier, Rozière, Demautort, Despréaux, Bourgueil, Prévost d'Iray, Desprez , Chéron et Cainbon, résolurent de ressusciter les dîners du Caveau. Barré était le seul qui eût fait partie du second Caveau, présidé par Crébillon le fils.

Les règlements de la nouvelle société furent rédigés et approuvés en chanson :

ART. iCr.

Les auteurs du Vaudeville Et ses administrateurs De ce plan vraiment utile Se déclarent les auteurs; Et, sûrs que le jus bachique Inspire le bon couplet, Pont le serment authentique • De dîner au cabaret.

ART. u.

Ce serapar an douze fois, Sans sa femme et sans son amie; Le jour sera le deux du mois, L'heure sera deux et demie.

En entrant, avant toute affaire, Dans un vase chacun mettra Un sujet de chanson a faire Qu'ensuite au sort on tirera ; Puis il faudra (quoique poète) Taire ce sujet , et, sans nom, Que le mois d'après on remette La chanson Comme on l'aura faite.

Champ libre au genre erotique.

Moral, critique

Et bouffon;

Mois jamais de politique,

Jamais de religion

Ni de mirliton, etc.

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ART. vu. ,

Pour être admis on sera pfcre De trois ouvrages en couplets, Dont deux au moins (clause sévère) Auront esquivé les sifflets. . .

A cette époque du Directoire, on n'était que trop léger. Le 18 fructidor vint appor- , ter quelque trouble dans cette gaieté uni- . verselle, qui n'empêchait pas les royalistes de conspirer contre la République; mais l'impulsion était donnée, on la saisit chez Juliet, qui d'ailleurs était bon patriote.

Ce sont ces chansons, faites sur un mot donné et apportées chaque mois par les dineurs jusqu'en nivôse an X, qui, réunies, forment les 9 volumes intitulés : les Dîners du Vaudeville. Ils contiennent cinquante-deux dîners à seize ou dix-sept chansons chacun. Aux premiers fondateurs se réunirent bienj tôt quelques nouveaux élus, l.oujon, Armand Goufïé, Chazet, Emmanuel Dupaty, Dieula- I foi, Philippon La Madelaine, etc. Les dîners 1 furent remplacés, quelques années après, par le Caveau moderne, à peu près régi par les . mêmes règlements , mais dont les dîners, ■ c'est-à-dire les chansons, n'ont pas été re- | cueillis. Napoléon Bonaparte était passé empereur. La police impériale était ombrageuse et le maître n'était pas gai.

' Beaucoup de ces chansons ne laissent pas que d'être fort jolies, quoique faites sur un mot donné, ce qui gène un peu la verve. On y remarque surtout celles de Barré, d'Ai- , mand Gouffé et des deux frères Ségur.

1 Vaudeville (théâtre du), théâtre de genre, situé d'abord rue de Chartres, puis place de la Bourse, actuellement boulevard des Capucines, à l'angle de la rue de la Chaussée-d'Antin. La première installation de ce théâtre

; eut lieu pendant la période révolutionnaire. En 1791, la Coinédie-ltalieune ayant été for-

i cée de congédier ses acteurs et de ne garder que ses chanteurs, la troupe remerciée se di-

I visa; une partie fonda le théâtre du Marais; l'autre, sous la conduite de l'acteur Rozières et des vaudevillistes Piis et Barré, loua, rue de Chartres, près du Louvre, une salle, con-

, nue sous le nom de Vauxhali d'hiver, qu'elle

I fit aménager en théâtre par l'archiiecte'Lenoir. La nouvelle salle prit le nom de théâtre du Vaudeville et fut inaugurée le 12 janvier 1792 par les Deux panthéons, de Piis. Une nouvelle pièce, la Chaste Suzanne, excita des orages par les allusions royalistes qu'on voulut y reconnaître en faveur de Marie-Antoinette. I! y eut des rixes, des arrestations, et finalement les sieurs Barré, Radet et Desfontaines furent envoyés en prison. L'Empire interdit au Vaudeville la représentation de ce genre de pièces politiques et actuelles ; force fut au théâtre de chercher une nouvelle veine. Il crut l'avoir trouvée dans la représentation de petites comédies épisodiques, où un personnage illustre était inis en scène anecdotiqueinent. Le Vaudeville vécut longtemps sur cette invention. En 1838, la salle de la rue de Chartres fut détruite par un incendie. Le Vaudeville prit alors possession d'une salle construite par l'architecte De'uret, place de la Bourse, et qui portait le nom de théâtre des Nouveautés. Peu à peu le Vaudeville abandonna le genre auquel il devait son titre, et l'on n'y joua guère que des comédies. C'est dans cette salle que furent représentés : la Dame aux camellias, les Filles de marbre, les Faux bonshommes, la Famille Benoiton, etc.

Ce théâtre semblait toujours poursuivi, sauf quelques exceptions, par une chance fâcheuse. En onze ans, de 1840 à 1851, il ferma sept fois. Les grands succès le relevèrent, et, depuis, quelques autres pièces de MM. O. Feuillet, Barrière et Victorien Surdon ont réussi à le maintenir d'aplomb.

Eu 18G8, chassé de la place de la Bourse par l'expropriation, le Vaudeville s'est installé sur le boulevard des Capucines. La nouvelle salle est une des plus jolies qua possèdent les théâtres de genre. Sa façade, très-étroite et n'occupant que la largeur d'un pan coupé, à l'intersection du boulevard et de la rue de la Chaussée-d'Antin, est à peina monumentale; mais les aménagements intérieurs, les dégagements pour l'entrée et la sortie ont été combinés avec soin. L'éclairage est opéré par un plafond lumineux, èomme au Théâtre-Lyrique. Toutes les loges sont précédées d'un salon; le foyer, qui occupe tout le premier étage et dont les fenêtres donnent accès sur un large balcon, est d'une grande élégance. Ce théâtre, depuis son installation nouvelle, n'a pas encore enregistré de grands succès. Si l'on excepte les représentations bruyantes de Ltabagas, celles de Miss Multnn et du Procès Veauradieux, c'est à peine s'il a fait parler de lui; il n'a "guère vécu que de reprises. Ajoutons qu'aujourd'hui son titre de théâtre du Vaudeville est assez mal justifié, car on y joue surtout des comédies et même des drames.

VAUDEVILLISTE s. m. (vô-de-vi-li-ste — rad. vaudeville). Auteur de vaudevilles, de comédies mêlées de couplets : Dans une petite pièce d'un vaudevilliste qui a des prétentions à la littérature, j'entendais le jeune premier se plaindre de Voltaire, dont la lecture lui avait desséché le cœur. (T. Delord.)

VAUDOIS, OISE s. et adj. (vô-doi, oi-ze). Géogr. Habitant du canton de Vaud ; qui appartient à. ce pays ou à ses habitants : Les Vaudois. La population vaudoise.

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— Hist. relig. Membre d'une secte du xiia siècle. |] Nom donné aux sorciers, dans quelques provinces.

— s. m. Patois du canton de Vaud. x

— s. f. Ichthyol. Syn. de vandoise.

— Encycl. Hist. relig. Les vaudois sont célèbres par la pureté de leurs mœurs et les horribles persécutions dont ils furent victimes. Ils tirent leur nom de Pierre Valdo ou de Vaux, leur fondateur. Cet honnête hommej né au commencement du xno siècle, près de Lyon, était un riche marchand, qui se dépouilla de ses biens pour les donner aux pauvres. Ayant vu dans l'Evangilo, dit M. J. Bastide, que les disciples immédiats du Christ formaient une société fort différente de celle qu'il avait sous les yeux, en ce que nul n'y possédait rien en propre, il jugea que le meilleur moyen de ramener les hommes à cette société « selon le cœur de Dieu » était de mettre sous les yeux de tous, traduit en langue vulgaire, le livre de la loi chrétienne. Pierre Valdo prétendit, en outre, que tout homme qui observe les commandements du Christ est prêtre et apôtre, et que tout laïque qui pratique la pauvreté volontaire possède un pouvoir plus réel et plus légitime de remplir les fonctions sacerdotales et de prêcher l'Evangile que les prêtres écartés de la pauvreté apostolique.il disait aux prêtres: a Votre force doit résider dans le renoncement et la pauvreté. 0 vous donc qui êtes riches, vous n'êtes point les successeurs' et les héritiers des Douze. » Le clergé , menacé dans ce qu'il avait de plus cher, poussa un cri d'alarme. Les papes, les abbés, les évoques possédaient de grands biens, des fiefs, des bénéfices; ils pratiquaient la simonie, ils faisaient la guerre. Les vaudois dirent aux papes, aux abbés, aux évoques : Vous êtes rejetés et réprouvés; c'est nous, étant puis et de bonne volonté, qui sommes l'Eglise. Puis, interprétant eux-mêmes l'Evangile que leur chef avait traduit, ils rejetèrent le purgatoire et les prières, trop souvent vénales, que l'Eglise fait pour les morts, les indulgences, les fêtes et l'invocation des saints, le culte de la croix, des images et des reliques, le baptême des enfants, la confirmation , l'extrême-onction et le mariage. Donnant l'exemple des vertus qu'ils prêchaient, ils faisaient de nombreux prosélytes dans le peuple, parmi les gens simples; mais ils en faisaient aussi parmi les barons, « empressés, dit M. Bastide, de saisir un prétexte pour abaisser les seigneurs ecclésiastiques en les dépouillant de leurs terres. » Le pape, après avoir excommunié les vaudois, invita le roi de France à les exterminer. Leroi de France, Philippe-Auguste, était bien lui-même exepmmuniéen qualité de bigame, mais c'était raison de plus pour exterminer les vaudois, en manière d'expiation. De plus, cette œuvre pie fournissait' au roi Très-Chrétien l'occasion de ruiner un assez grand nombre de seigneurs suzerains qui trempaient dans l'hérésie. Le roi rit raser plus de trois cents châteaux où se tenaient des assemblées de vaudois. Plus de sept mille de ces honnêtes gens furent massacrés dans le Berry. Ce qui échappa au fer et au feu fut dispersé. Valdo se relira dans les Pays-Bus. Une partie des vaudois se réfugia en Bohème ; mais le gros de la troupe se suspendit, intrépide, au flanc des Alpes, et le petit peuple y vécut, paisible et ignoré, jusqu'au temps de François 1er. Ce r0i Très-Chrétien, se sentant fort honteusement et fort dangereusement malade, songea en 1540 à acquérir quelques mérites pour l'autre monde et condamna les vaudois à être massacrés. L'année suivante, il les gracia, on ne sait trop pourquoi. Mais en 1545, le roi étant près de mourir, l'arrêt fut définitif. C'est le clergé qui l'arracha au roi. On lui envoya le capitaine Paulin de La Garde, qui représenta à Sa Majesté que les vaudois étaient fort dangereux, qu'ils fabriquaient de la poudre et qu'ils formaient véritablement un avant-poste de l'empereur. • Il parait, raconte Michelet,que Paulin voulut un ordre écrit. Le cardinal de Tournon éorivit et présenta à la signature du malade une révocation de la grâce accordée en 1541. Le roi signa sans lire, comme il faisait le plus souvent. Au reste, cette signature n'était pas tout. Il fallait celle du secrétaire d'Etat; le cardinal fit signer Laubespin. Il fallait celle du procureur du roi au grand conseil , il refusa ; celle au moins de son substitut, il refusa; et il fallait encore que le enancelier mît le sceau , il refusa. Le hardi cardinal y mit un sceau quelconque et donna cette pièce informe à l'huissier du parlement de Provence, qui était à la porte, attendant celte arme de mort. Elle n'eut pas suffi cependant; elle n'autorisait pas l'exécution militaire. Au-dessous de la signature, d'une écriture tout autre que celle de Ja pièce, quelqu'un, on ne sait qui, écrivit l'ordre qui livrait ce peuple aux soldats. Cette pièce informe ordonnait une complète extermination. Le président d'Oppède y procéda à la tête d'une troupe de galériens, la plupart repris de justice, endurcis aux guerres barbaresques. » Plusieurs des dix-sept villages vaudois étaient près d'Avignon, en terra papale; mais le légat d'Avignon offrit luimême l'autorisation de massacrer sur le territoire du saint-père. Après une courte hésitation, la troupe catholique se rua, furieuse, pilla, massacra, viola aveu une effroyablq

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impétuosité. « Vingt-cinq femmes, raconte Michelet, échappées, cachées dans une caverne, sur la terre du pape, y furent, par ordre du légat, enfermées, étouffées. Cinq ans après, on retrouva leurs os. Il y eut huit cents maisons brûlées, deux mille morts (au moindre calcul), sept cents forçats. Les sol-" dats, au retour, vendaient k bon compte aux passants les petits garçons et les petites filles dont ils ne voulaient plus. • Les vaudois étaient anéantis ; mais le sang des martyrs est fécond : bientôt allait paraître Calvin,

VAUDOISIE s. f. (vô-doi-zl). Hist. relig. Assemblée de vaudois.

VÀUDON COURT (Frédéric-François-Guillaume, baron de), général et écrivain militaire français, né à Vienne (Autriche) en 1772, de parents français, mort en 1845. Venu en France en 1782, il obtint un emploi au ministère de la guerre et partit en 1791 avec un bataillon de volontaires de la Moselle. L'année suivante, il servit dans un corps franc que ce département avait levé pour faire débloquer Thionville. Nommé commandant de ce corps en 1793, il enleva successivement la ville de Hombourg, la forte position de Carlsberg et celle de Landstuhl, reçut six blessures au combat de Pirmasens et fut fait prisonnier (14 septembre). Echangé en 1795, il lit la campagne d'Italie sous Bonaparte et devint en 1800 colonel commandant en chef l'artillerie cisalpine, directeur du matériel et des arsenaux de l'Italie. Vaudoncourt, qui s'était distingué dans la campagne de 1809, sous le prince Eugène, obtint le gouvernement de Raab, défendit cette ville contre l'archiduc Jean et reçut le grade de général de brigade, avec le titre de baron du royaume d'Italie. Ayant accompagné le viceroi en Russie, il tomba entre les mains de i'ennemi. De retour en France en 1814, il fut élevé au grade de général 'de division par Napoléon pendant les Cent-Jours, organisa à Metz la résistance contre les alliés et fut condamné à mort par contumace à la rentrée de Louis XVIII. Il se rendit en 1816 à Munich, où il passa quatre ans auprès du prince Eugène. La révolution de Naples de 1820 lui inspira l'espoir de rétablir le royaume d'Italie en faveur de ce prince. Il parvint à rallier à son projet, la cour de Russie et même celle de. Piémont, k laquelle il offrait des avantages. Il prit donc, à Turin, le commandement en chef de l'année sarde; mais un échec éprouvé à Novare par un général piémontais lit échouer l'entreprise, et Vaudoncourt dut chercher un refuge en Angleterre. L'amnistie de 1825 le rappela à Paris, Dans les journées de Juillet 1830, il combattit dans les rangs du peuple, a la tête des quartiers des Tuileries et du Louvre. Laissé à l'écart par le gouvernement nouveau, il se ' retira à la campagne, occupé' de travaux littéraires. On a de lui : Histoire des campagnes d'Annibal en Italie (1812, 3 vol. in-4» et atlas) ; Mémoires pour sei'vir à l'histoire de la guerre entre la France et la liussie en 1812 (1816, in-4o, planches) ; Histoire delà guerre soutenue par les Français en Allemagne en 1813 (2 vol. in-4°); Mémoires sur la campagne du vice-roi en Italie en 1813 efl814 (1817, in-4<>, atlas) ; Histoire des campagnes de 1814 et de 1815 en France (1826, 5 vol. in-8°); Histoire politique et militaire du prince Eugène Beauharnais (1827-182S, 2 vol. in-8°). Tous ces ouvragés sont estimés nu point de vue stratégique. Vaudoncourt est le fondateur du Journal des sciences militaires.

VAUDOU s. m. (vô-dou). Culte africain que les nègres ont importé en Amérique. Il Dieu qui est l'objet de ce culte. H Individu qui pratique ce culte, il Pi. vaudous ou vaudoux.

— Adjectiv. Qui a rapport aux vaudous ou à leur culte : Cérémonie vaudou.

— Enoycl. Dans plusieurs Etats de l'Amérique, et particulièrement aux Etats-Unis, les vaudous forment parmi les noirs une société secrète, une sorte de franc-maçonnerie placée sous l'invocation d'un être tout-puissant et surnaturel qui gouverne toutes les choses d'ici-bas. Cet être a pour symbole une espèce de couleuvre, qui révèle aux hommes ses volontés par. l'intermédiaire d'un grand prêtre ou d'une grande prêtresse, qui reçoivent les noms de roi ou de reine. Un procès des plus curieux, qui s'est déroulé devan t la cour prévôtale de la Nouvelle-Orléans au mois d'août 1863, pendant la lutte fratricide engagée entre le Sud et le Nord, a amené, pour la première fois en Amérique, les vaudous devant la justice: il a permis aux profanes de recueillir quelques renseignements sur l'organisation et sur les mystérieuses cérémonies de la société. La police de la Nouvelle-Orléans avait été mise sur la trace d'une réunion solennelle, où ne devaient assister, sous la présidence de la reine, que les initiés du grade le plus élevé dans la hiérarchie vaudou. Cette cérémonie se renouvelle une fois tous les ans. Le but est d'appeler la vengeance du ciel sur les adhérents de la grande et puissante société des vaudous qui ont pu manquer d'une façon quelconque à leurs engagements dans le courant de l'année. Celte société avait joué, disait-on, un rôle important dans les événements qui s'étaient accomplis k la Nouvelle-Orléans depuis un an; elle avait été amenée k prendre une part indirecte, mais très-active,a une guerre

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qui devait avoir pour résultat l'émancipation de la race noire. S'il n'y avait pas eu d'insurrection servile dans la basse Louisiane, c'était, prétendait-on, à l'influence des vaudous que l'on en était redevable. En revanche, les vaudous avaient pris l'engagement d'obtenir du ciel l'affranchissement des esclaves et le châtiment des maîtres méchants. La grande cérémonie annuelle empruntait donc, cette fois-là, un cachet particulier aux événements politiques, et un très-grand nombre de nègres, informés du jour où elle aurait lieu, devaient, dans des réunions d'un ordre inférieur ou particulier, se livrer à des invocations et aux pratiques superstitieuses prescrites par la grande prêtresse. Mais il y avait eu des indiscrétions, et la police était au courant de tout. Au jour indiqué, vers dix heures du soir, huit officiers de police pénétrèrent inopinément dans le sanctuaire inviolable et se trouvèrent en présence de cinquante femmes nues comme notre mère Eve, dont deux seulement,. très-connues, paraît-il, à la Nouvelle-Orléans, appartenaient k la race blanche. Elles exécutaient en ce moment, avec un entrain frénétique, la ronde des vaudous, pendant que la grande prêtresse se livrait, aux invocations particulières a cette vieille superstition qui compte tant d'adeptes parmi les peuplades d'Afrique, d'où elle s'est répandue dans le nouveau monde. Au milieu de la salle, dit le rapport de police, « était un vase dont le contenu était pour le moins aussi varié que celui du chaudron des sorcières de Macbeth. Le mélange était en partie liquide, orné de substances sans nom. • Autour du vase, dans trois plats d'urgent, plusieurs couleuvres relevaient nonchalamment la tête. Le tout était entouré de plusieurs centaines de bougies, et aux quatre coins de la salle brûlaient sur un foyer des parfums excitants. L'entrée de la police au milieu de ce sanctuaire causa, on le conçoit, le plus grand trouble, et les officiers eux-mêmes, trop empressés, manquèrent une occasion peut-être unique de pénétrer à fond les mystères du vaudou. Ils arrêtèrent une vingtaine dïnitiéesqui compa eurent, le 30 juillet, devant la cour prévôtale. Elles étaient, on le pense bien , plus vêtues qu'au moment où elles accomplissaient les mystères sacrés. Environ 2,000 négresses et autant de nègres encombraient les avenues de la cour, la place et les rues voisines. Les avocats chargés de la défense demandèrent un délai, quelle juge accorda. L'affaire fut reprise le 6 août et se ' termina le 8. Les avocats invoquèrent en faveur de leurs clientes la liberté de conscience inscrite dans la constitution. Les mormons, les convulsionnaires, les millénaires sont tolérés; pourquoi, disaient-ils, les vaudous ne le seraient-ils pas? Le principal chef d'accu- 1 sation reposait sur le témoignage d'un oflij cier de police qui prétendait que les réunions de la société des vaudous avaient un caractère séditieux et sécessioniste. Toutes les preuves fournies démontrèrent que les hauts dignitaires du' vaudou avaient puissamment contribué au maintien dé la tranquillité, et le fait le mieux constaté fut l'influence qu'exerce cette association mystérieuse sur la population noire. La reine , ou grande prêtresse, a un pouvoir dont on était loin de soupçonner l'étendue. Les esclaves, plus que la population de couleur libre, professent pour elle, sans la connaître, un culte superstitieux, et il est hors de doute que, depuis deux ans que la lutte se trouvait engagée, elle eût pu, à son gré, faire éclater la guerre servile dans la Louisiane. Ajoutons ce détail, qui peint bien les mœurs de cette grande Amérique, où l'on n'a pas peur, comme chez nous, de la liberté. Lorsqu'il eut été démontré que la principale accusation, celle de sédition, n'était point fondée, le juge se montra plein de déférence pour les inculpées, et, après leur avoir donné quelques conseils pour les engager k modifier quelques-unes (le leurs pratiques extravagantes, il prononça leur acquittement au milieu d'applaudissements immenses, qui longtemps retentirent dans la salle et au dehors.

VAUDOYER (Antoine - Laurent - Thomas) , architecte et archéologue, né k Paris en 1756, mort dans la même ville en 1846. Après avoir servi quelque temps dans les dragons de Lambesc, il étudia l'architecture sbus Antoine Peyre et remporta en 1783 le grand prix de Rome. Fejidant son séjour dans cette ville, il se lia avec Percier et Fontaine et adressa à Paris, entre autres envois, une remarquable restauration du théâtre de Marcellus. De retour en France (1787), il épousa la fille de Lagrenée et adopta avec chaleur, en 1789, les idées nouvelles. Membre du conseil des bâtiments civils, il fut chargé sous le Consulat d'installer l'institut dans le collège des Quatre-N'ations, et succéda en 1823 k son ancien maître, comme membre de l'Académie des beaux-arts. 11 était architecte de l'Institut et secrétaire archiviste de l'Ecole des beaux-arts. « C'était, dit M. Oh. Blanc, un homme tout d'une pièce, un pur bourgeois, un caractère droit, inflexible, un esprit sentencieux et réglé. • Vaudoyer construisit des maisons particulières d'un agencement irréprochable et d'un style distingué. On lui doit quelques ouvrages qui attestent une remarquable érudition archéologique : Idées d'un citoyen français sur te lieu destiné à la sépulture des liommes Mus-

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très de France {\191, in- 12); Restauration des piliers du Panthéon français, présentée au ministre de l'intérieur /e-ier pluviôse an VI (Paris, 1798)'; Description du théâtre Marcellus à Rome, rétabli dans son état primitif d'après les vestiges gui restent encore, mémoire joint aux plans, coupes, élévation et détails mesurés à Rome (Paris, 1812); Funérailles de M. Poyet, discours (Paris, 1824, in-4°), etc. VAUDOYER (Léon), architecte, fils du précédent, né à Paris le 7 juin 1803, mort dans la même ville le 10 février 1872. Formé à une discipline sévère, il n çnt des leçons d'architecture de son père et d'Hippolvte Lebas, fut admis en 1819 à l'Ecole des beauxarts, obtint le second prix en 1824 et remporta en 1829 le grand prix d'architecture. Son morceau de concours, représentant un Paljis pour l'Académie de France à Home, est un excellent projet qui révèle autant d'imagination que de savoir. Cette même année, étant encore élève, il concourut pour le monument qu'on voulait élever par souscription au général Foy, et il obtint le prix. Son père se chargea de veiller k la construction de ce monument au cimetièredu Père-Lachaise. Pendant ce temps, Léon Vaudoyer se rendait k la villa Médicis, où il se liait intimement avec Duc, Duban et H. Labrouste. Pendant son séjour k Rome, il fit à Paris de remarquables envois : les Arcs de Trajan, a. Bénévent et à Ancône; lai'orie d'Auguste, a Fano; la Porte Majeure, les Aqueducs de Claude et une magnifique restauration du Temple de Vénus à Home, admirable temple périptère qui avait été construit sur les dessins de l'empereur Adrien. Ce dernier envoi, qui date de 1830, fit le plus grand honneur au jeune artiste. Le 28 novembre 1831, fut inauguré k Paris le monument du général Foy, dont nous avons donné ailleurs la description (v. Foy). Ce tombeau, objet de louanges unanimes, fut reproduit en bronze, en cristal, en albâtre, et mit Léon Vaudoyer tout à fait en évidence. Cependant, à son retour de Rome (1832), il ne fut point employé par le gouvernement; mais il construisit de nombreux monuments funéraires et ouvrit un atelier d'où sont sortis des artistes de talent, tels que Davioud, Esperandieu, Renaud, etc. En 1845, il fut nommé architecte du Conservatoire des arts et métiers. Vaudoyer déploya un remarquable talent pratique en transformant en une école industrielle le vieux prieuré de Saint-Martindes-Champs. Il adapta de nouvelles constructions aux bâtiments monastiques, rit une belle bibliothèque de l'ancien réfectoire, éleva des laboratoires, des amphithéâtres, etc., et construisit sur la rue Saint-Martin la belle porte d'entrée en plein cintre, flanquée de deux cariatides dues k Elias Robert, et surmontée d'un fronton. En 1854, k la suite d'un concours, il fut chargé de construire la cathédrale de Marseille, le plus vaste et un des plus remarquables monuments religieux de ce siècle. Pendant dix-sept ans, cette église fut presque l'unique préoccupation de Vaudoyer : il chargea son habile élève, M. Espérandieu, de conduire les travaux de ce monument que lui-même ne devait point achever. Membre de la commission des travaux historiques, il fut chargé particulièrement de l'entretien des portes Saint-Denis et Saint-Martin, etc. Chevalier de la Légion d'honneur en 1849, officier en 1855, il succéda en 1868 k Lebas comme membre de l'Académie des beaux-arts. A l'Exposition universelle de 1 855, il avait obtenu une première médaille en exposant des Etudes d'architecture sur la Renaissance en France. Les quinze dessins qu'on vit de lui représentaient le plan de la ville d'Orléans, l'hôtel de ville fit l'Hôtel -Dieu d'Orléans, des maisons de commerçants, de seigneurs, l'hôtel de ville de Beaugency, etc. Ils furent très-admirês pour l'exactitude, la virile fermeté des lignes. Vaudoyer était occupé, avec Duc et Léfuel, à juger un concours à l'Ecole des beaux arts, lorsqu'il tomba foudroyé par une attaque d'apoplexie. « Esprit gaulois et romain tout ensemble, dit M. Charles Blanc , Vaudoyer préférait la force k la grâce et les déductions rigoureuses de la logique aux raffinements de l'atticisme. L'architecture était pour lui l'art des beautés relatives, locales et climatéiiques. Il aimait l'ampleur, la rondeur romaines plus que la subtilité grecque. Il rencontrait la poésie et ne la cherchait point. Bien qu'il dessinât k merveille, il ne voulait pas que l'architecte se complût k dessiner pour le plaisir d'enchanter les yeux au risque de tromper l'esprit. » Les dessins de Vaudoyer, dans lesquels on retrouve son œuvre complet, ont été exposés à l'Ecole des beauxarts en février 1873.

VAUDRE s. m. (vô-dre). Bot. Nom donné k la guède, en Normandie.

VAUDREMER (Emile), architecte, né à Paris le 6 février 1829. Elève d'Abel Blouet et de Gilbert, il suivit les cours de l'Ecole des beaux-arts, devint en 1853 sous-iuspeeteur des travaux exécutés k l'église Saiut-Philippe-du-Roule, sous la direction de Baltard, en 1854 sous-inspecteur aux Halles centrales, et remporta, cette même année, le grand prix d'architecture. M. Vaudremer passa cinq ans k l'Académie de France k Rome, puis revint k Paris en 1859. Il fut alors nommé auditeur au conseil général des bâtiments civils, inspecteur des travaux exécutés k l'E-

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cola des beaux-arts sous la direction de Duban et inspecteur des travaux exécutés aux archives de l'Empire. En 1860, M. Vaudremer devint architecte de la ville de Paris. L'année suivante, il commença la construction dja la maison d'arrêt et de correction de la Santé a Paris, travail aussi remarquable qu'important, qui mit tout k fait en évidence le jeune architecte. Les dessins de cette prison, envoyés au Salon de 1865, valurent une médaille k M. Vaudremer, qui fut en outre décoré lors de l'achèvement de cet édifice (1867). En 1862, M. Vaudremer avait commencé k élever l'église Saint-Pierre de Montrouge k Paris, laquelle fut terminée en 1869. Cette même année, il fut nommé membre du jury d'architecture k l'Ecole des beaux-arts. En 1873, il prit part au concours pour la reconstruction de l'Hôtel de ville de Paris et son projet fut primé. Cette même année, il remporta des médailles k l'Exposition de Vienne. Nommé en 1874 architecte du gouvernement pour les édifices diocésains de Beauvais, il fut ehargé de la construction du nouvel évêohé de Beauvais. Depuis lors, il a été nommé membre du conseil général des bâtiments civils pour les années 1874-1875 et architecte en chef des édifices religieux de la ville de Paris (1876). M. Vaudremer a pris .rang parmi nos architectes les pins remarquables. Outre les mo-. numents précités, on lui doit la construction du groupe scolaire de la rued'Alésiak Paris; le monument commémoratif de la bataille de Champigny, plusieurs constructions privées et un grand nombre de monuments funéraires, notamment, au cimetière Montparnasse, le tombeau de M. Pierre Larousse, mort le 3 janvier 1875, avant l'achèvement du Grand Dictionnaire, mais après en avoir préparé tous les matériaux. Enfin, M. Vaudremer a exposé k nos Salons des dessins d'architecture qui ont été fort remarqués : les Plans de ta maison d'arrêt de la rue de la Santé (1865); Intérieur de l'église de Sienne; Intérieur de l'église Saint- Marc (1866) intérieur de la chapelle Palatine à Païenne; Travée de Saint -François-d' Assise ; Travée de la cathédrale de Pise (1867) ; Intérieur de la chapelle Palatine à Palerme (1869); Vue de Capri; Vue de Viterbe (1870), etc.

VAUDREUIL (Louis-Philippe de Rigaud, comte du), marin français, né k Québec en 1691, mort à Rochefort en 1763. Il servit d'abord au Canada, 'dont son père, le marquis Philippe de Vaudreuil, fut gouverneur de 1703 à 1725, et ne vint en France qu'après la mort de son père (1725). Promu capitaine de vaisseau en 1738, il assista, comme commandant de V Intrépide, au combat livré aux Anglais le 25 octobre 1747, au N.-O. du cap Finistère, et s'y signala tellement, que Louis XV, pour perpétuer le souvenir de son courage, fit exécuter un tableau représentant l'Intrépide luttant avec la flotte anglaise, tableau dont il lit don k Vaudreuil, et dont on voit une copie au musée de Versailles. Vaudreuil fut, en outre, promu chef d'escadre et, plus tard (1753), lieutenant général.

VAUDREUIL (Louis-Philippe Rigaud, marquis du), marin et homme politique français, fils du précédent, né k Rochefort en 1724, mort k Paris en 1802. Entré duns la marine, il sacrifia son vaisseau au combat d'Audierne, pour sauver un convoi qu'il escortait, et tomba au pouvoir des Anglais. Rendu à la liberté, il prit une part active au combat d'Ouessant (1778), puis, nommé chef d'escadre, il alla conquérir k la France l'importante colonie du Sénégal (1779). Après avoir enlevé aux Anglais 8 millions de prises dans ces parages, il se signala dans la campagne d'Amérique, sous le comte d'Estaing. De retour en France k la paix de 1783, il fut promu au grade de lieutenant général. En 1789, il siégea aux états généraux comme député du bailliage de Castelnaudary, et, dans la nuit des 5 et 6 octobre, il exposa courageusemeut sa vie pour sauver la famille royale. Emigré eu Angleterre en 1791, il revint en France après le 18 brumaire et mourut dans une retraite absolue deux ans après son retour.

VAUDREUIL (Joseph-François DE Paule, comte Dis), général français, de la famille des précédents, né à Saint-Domingue en 1740, mort en 1817. Il fit ses premières armes pendant la guerre de Sept ans et devint successivement aide de camp du prince de Soubise, officier supérieur de gendarmerie et lieutenant général. Il fut, en outre, nommé grand fauconnier de France, suivit, en 1782, le comte d'Artois au siège de Gibraltar, et, en 1789, émigra en même temps que ce prince, dont il fut le fidèle compagnon d'exil. A la Restauratinii, il fut nommé pair de France et gouverneur du Louvre.

VACUREUIL (Jean-Louis de Rigaud, vicomte de), officier français, cousin du précédent, né en 1762, mort en 1816. Il entra dans l'armée k quinze ans, fit la guerre de l'indépendance américaine, comme aide de camp du chevalier de Chasiellux, puis revint en France et fut nommé colonel en 1785. Ayant émigré au commencement de la Révolution, il porta les armes contre son pays en 1792, prit part k l'expédition de Quiberon et parvint k échapper au désastre. De retour en Angleterre, il fut atteint par une cruelle maladie et mourut peu après la seconde Restauration.

VAUDREUIL (Alfred ou RigauJ», vicomte

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de), diplomate français, fils du précédent, né en Ecosse en 1799, mort en 1834. 11 vint en France avec les Bourbons en 1814, servit quelque temps dans l'armée, puis entra en 1816 dans la diplomatie. Secrétaire de légation à La Haye et k Cassel, secrétaire d'iimbassade k Londres, puis à Lisbonne (1827), il remplit dans cette dernière ville les fonctions de chargé d'affaires par intérim, puis fut nommé premier secrétaire d'aulbassa'lo à Londres (1-828). Après la révolution de juillet 1830, il fut nommé chargé d'affaires à Weimar (1830),' où il entra en relation avec Goethe, et passa en 1832 k Munich, où il remplit les mêmes fonctions jusqu'à sa mort.

VAUDREY (Claude-Nicolas), général français, né k Dijon en 1784, mort au château de Cessey en 1857. Elève de l'Ecole polytechnique, puis de l'Ecole de Metz, il fut envoyé en Calnbre comme lieutenant d'artillerie en 1806. Trois ans plus lard, il fit la campagne d'Autriche, fut fait prisonnier, recouvra la liberté, devint chef d'escadron en 1813 et combattit en 1813 et 1814. A la bataille de Waterloo, Vaudrey commanda l'artillerie du 3« corps. Licencié après la seconde rentrée des Bourbons, il reprit du service en 1817 et fut nommé colonel après la révolution de Juillet. Il commandait le 4e régiment d'artillerie a Strasbourg, lorsqu'il entra dans le complot formé par Louis Bonaparte pour renverser Louis-Philippe. Il essaya vainement d'entraîner son régiment, fut traduit devant la cour d'assises du Bas-Rhin, qui l'acquitta, et "fut mis en retrait d'emploi. Lorsque, le 10 décembre 1848, Louis Bonaparte devint président de la république, Vaudrey fut rétabli par ordre sur les cadres de l'année et nommé successivement aide de camp du président, général de brigade, gouverneur du Louvre et des Tuileries. Après le coup d'Etat du 2 décembre, de nouvelles faveurs furent prodiguées k l'ancien conspirateur, qui devint sénateur, général de division et grand officier de la Légion d'honneur.

VAUFRENAGE s. m. (vô-fre-na-je). Féod.

Droit que le seigneur de Talmont levait sur les vaisseaux, qui jetaient l'ancre dans le port de cette ville.

VAUGE (Gilles), théologien français, né près de Vannes en 1870, -, mort en 1739. Entré dans l'Oratoire en IC87, il enseigna les belles- lettres dans plusieurs collèges de cette congrégation et devint plus lard professeur de théologie au séminaire de Grenoble. On a de lui: Catéchisme de Grenoble, souvent réimprimé ; le Directeur des âmes pénitentes (2 vol. in -12); Traité de l'espérance chrétienne contre l'esprit de pusillanimité (Paris, 1732, 3" édit,), etc.

VAUGELAS (Claude Favre de), célèbre grammairien français, né à Chambéry en 1585, mort k Paris en 1650. Il était le second fils du président Favre et vinfde bonne heure à PariSj où il eut pour protecteur, dès son arrivée, Gaston, duc d'Orléans, qui le fit gentilhomme ordinaire de su maison, puis son chambellan. Ce prince étant tombé en disgrâce, Vaugelas lui resta fidèle, et le cardinal de Richelieu le punit de son attachement à ce prince en lui retirant une pension de 2,000 livres que Louis XIII avait accordée au père et dont le fils avait la jouissance. L'étude lui offrit ses consolations et il s'acquit rapidement le renom d'un homme

firofondément versé dans la connaissance de a langue française et la parlant fort correctement ; aussi ïitMl partie de l'Académie française lors de sa création. Aimant la linguistique, il travailla toute sa vie à épurer la langue française, dont il devint l'arbitre. D'après lui, un mauvais raisonnement taisait moins de tort qu'un mauvais mot. Fort assidu aux séances académiques, toutes consacrées alors k des discussions grammaticales, il notait soigneusement les points en litige, poulies étudier k loisir et trouver la solution. Telle fut l'origine des Remarques sur la langue française (1647). Une circonstance heureuse rendit k Vaugelas la faveur de Richelieu et la pension qu'on lui avait enlevée. On travaillait au Dictionnaire, mais lentement, faute d'une bonne direction ; le grammairien fut chargé de cette direction et s'acquitta de l'emploi k la satisfaction générale. Le cardinal récompensa Vaugelas de son zèle. Celuici alla le remercier : « Eh bien 1 dit Richelieu, vous n'oublierez pas dans le Dictionnaire le mot pension. — Non, monseigneur, répliqua spirituellement Vaugelas, et encore moins celui de reconnaissance. • Les Remarques qui valurent k l'académicien le nom d'Oraelo de la langue fruii$ai*e furent critiquées par Dupleix, Ménage et La Mothe Le Vayer-, mais elles furent défendues chaudement par Patru et parle Père Bouhours : ■ Quelques-unes peuvent être puériles, dit Pellisson, mais la matière en est, en général, excellente et le styie merveilleux, surtout daus la préface, qui est un vrai chef-d'œuvre ; de plus, il y a, dans tout le corps de l'ouvrage, je ne sais quoi d'honnête homme, tant de franchise et d'ingénuité qu'on ne saurait s'empêcher d'en aimer l'auteur, i

Après l'Académie, l'endroit que Vaugelas fréquentait le plus était le fameux hôtel de Rumbouillet; il s'y lia avec Voiture, Karet, Conrart, Chapelain, etc. Il ne sut jamais faire de vers français, mais il réussissait assez bien dans la poésie italienne. Son au-

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leur de prédilection fut, qui le croirait? CoSffeteau. Sa vénération pour l'Histoire romaine de ce prélat allait si loin, qu'on disait plaisamment que, selon lui, il n'y avait pas plus de salut hors de l'Eglise que de l'histoire romaine. Sa traduction de Quinte- Curce, fruit d'un travail de trente années, fut imprimée pour la première fois en 1647 (in-4°) ; elle eut du succès presque autant que les Remarques. Balzac a dit, en parlant de cet ouvrage : ■ L'Alexandre de Quinte- Curce est invincible, et celui de Favre est inimitable. » Malgré sa vie réglée, Vaugelas mourut pauvre. Son attachement au duc d'Orléans l'avait mis dans la iriste nécessité de contracter des dettes qu'il ne put jamais acquitter. Après sa mort, il fallut que, pour rentrer en possession de son dictionnaire, l'Académie plaidât contre de nombreux créanciers qui avaient mis la main sur tous les manuscrits de l'auteur.

VAUGEOIS (Jean-François-Gabriel), antiquaire français, né à Tourouvre (Orne) en 1752, mort a Laigle en 1839. Il entra- dans les ordres et devint vicaire dans le diocèse de Chartres. Plus tard, Vaugeois prêta serment k la constitution civile du clergé et fut choisi comme grand vicaire par Grégoire, évêque constitutionnel de Blois. Enfin, il quitta la prêtrise, suivit la carrière judiciaire et fut nommé (messidor an VIII) président du tribunal criminel de Namur, puis conseiller k la cour de Liège. Rentré dans la vie privée (1814), il alla habiter chez un de ses frères k Laigle, en Normandie, et se voua aux recherches archéologiques.

"Vaugeois a écrit divers mémoires intéressants, qu'il publia dans les Bulletins de la Société des antiquaires de France, notamment : Lettre à M. Êloi Johanneau snr la pierre du Diable à Namur (1809); Mémoire sur les pierres couplées de lu forêt de Saint-Sever (1825) ; Coup d'œil sur quelques-unes des voies romaines qui traversent l'arrondissement de Marianne (1830); Notice abrégée du journal d'un voyage archéologique et géologique fuit en 1820 dans les Alpes de la Savoie et dans les départemenlsméridionaux de la France (1821).

VAUGEOIS (Hippolyte), romancier français, né k la fin du siècle dernier; n'est guère connu

3ue par ses ouvrages. lia publié sous le voile e l'anonyme et avec un collaborateur également anonyme : le Brigand de Langerooge, ou les Ruines mystérieuses, par les deux ermites de Langerooge (Paris, 1814, 3 vol. in-12). Seul, il a donné deux autres romans : lo Brigand saxon ou les Souterrains du comte de Honstein ; Aventures d'un jeune officier revenant des prisons de ta Bohême (Paris, 1825, 2 vol. in-12).

VAUGHAN (Jean), jurisconsulte anglais, né près de Transcoed au commencement du xviie siècle, mort en 1774. Il acquit une glande réputation comme avocat, devint membre de la Chambre des communes en 1640 et s'y fit remarquer comme un ardent défenseur de l'absolutisme royal. Pendant le protectorat de Cromwell, Vaughan vécut dans la retraite. Lors de la restauration de Charles II, il fut nommé lord chief-justice aux common pleas, fonctions qu'il remplit jusqu'à sa mort.

VAUGHAN (B.), économiste anglais du xvuio siècle. On ne sait rien de sa vie, sinon qu'il était membre du Parlement. On a do ■ lui : Des principes du commerce entre les nations, traduit en français par Gérard de Rayneyal (Paris, 1789, iii-80), et De l'étal politique et économique de la France sous la constitution de l'an III. Ce dernier ouvrage, écrit primitivement en anglais, ne fut pas imprimé dans cette langue, mais il en parut une traduction allemande, que le ministre protestant Blaohon traduisit en français (Strasbourg et Paris, 1796, in-8°).

VAUGHAN (Charles-Richard), publiciste anglais, né dans la seconde moitié du xvmo siècle. Il se trouvait dans lo nord de l'Espagne en 1808, et il y suivit toutes les péripéties du siège de Saragosse, qu'il a racontées dans une Relation du. siège de Saragosse (Londres, 1809), qui obtint six éditions la même année. A côté de déclamations furibondes contre l'ambition française, on trouve dans ce livre un récif fidèle des événements du siège et des considérations assez justes sur les probabilités de l'avenir.

VAUGHAN (Robert), publiciste et littérateur anglais, né a Londres en 1803, mort en 1868. Il lit ses études théologiques à Bristol, fut nommé chapelain de Kensington, puis professeur d'histoire ancienne et moderne au collège de l'université de Londres. Devenu en 1842 proviseur du collège de Manchester, il se démit de ces fonctions, en 1857, k cause de l'affaiblissement de sa santé. De 1844 k 1865, il dirigea la Revue trimestrielle anglaise, qu'il avait fondée et qu'il sut maintenir au niveau des meilleures publications de ce genre. Outre les nombreux articles qu'il y a insérés, oh a de lui : la Vie et tes opinions de Jean de Wicle/f (1828, 2 vol. in-8°), ouvrage que l'auteur remania complètement vingt-cinq ans plus tard; Mémoires sur ta dynastie des Stuarls (1831,2 vol. in-8°) ; les Causes de la corruption du christianisme (1834, in-8°); Réflexions sur l'état passé et sur l'état actuel des partis religieux en Angleterre (1838, iu-12'jj le Protectorat d'Oli-

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vier Cromwell et l'état de l'Europe pendant , la première partie du règne de Louis XIV (1838, 2 vol. in-80) ; Histoire de l'Angleterre sous la maison des Siuarts. ouvrage qui fait partie de la Bibliot/ièque des connaissances utiles (1840, 2 vol. in-8u) ; le Congrégationalisme ou Y Organisation des Eglises indépendantes considérée par rapport à l'état et aux tendances de la société moderne (1842, in-12) ; la Chaire moderne considérée daus ses rap- . ports avec l'état de la société (1842, in-12); , Y Age des grandes villes ou la Société moderne envisagée dans ses rapports avec l'intelligence, la morale et la religion (1843, in-12) ; le Siècle et le christianisme (1849, in-12); Essais (1849, 2 vol. in-8<>), atc.

VAUGHAN (Thomas de), célèbre alchimiste anglais. V. Philalkthh.

VAUGIRARD, en latin Vallis Gerardi, ancienne commune de France (Seine), au S.-0. de Paris, autrefois contiguë au mur d'octroi de la capitale, comprise actuellement dans le mur d'enceinte et annexée depuis 1860 au XVe arrondissement. Sa population avant l'annexion était de 27,000 hab. (v. Paris). Vaugirard a son histoire distincte de celle de Paris. Cette histoire remonte, d'après les anciens chroniqueurs, au xii0 siècle environ. A cette époque, on commença a élever sur le terrain alors inculte qui, depuis, en composa le territoire, quelques étables k bœufs. De là lui vint le premier nom sous lequel on le désigna: Valboistron ou Vauboitron, du latin Vallis Bostronisl ou Bosturonim ; ces derniers mots sont composés eux-mêmes de bas et de stare et indiquent, en effet, des stations de bœufs, c'est-k-dire des étables. Le poète Abbon se sert fréquemment, pour rendre cette dernière expression, du motiostar, de basse latinité. A cette époque, Vaugirard, ou plutôt Valboistron, relevait de l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés, comme dépendance du village d'Issy, dont Childebert avait gratifié saint Germain , évêque de Paris, |ot que ce prélat avait cédé en 558 k ladite abbaye, y compris Valboistron. Le premier bienfaiteur du lieu fut l'abbé de Saint- Germain, Gérard' de Moret; il lui donna de nombreux privilèges et y ht construire une vaste maison k l'usage des religieux convalescents. Les ruines d'une chapelle érigée vers la même époque, et qui ne fut abattue qu'en 1704, se voyaient naguère encore au bout de la rue des Vignes. Dès ce jour, Valboistron changea son nom primitif contre celui de Valgérard, puis Vaulgérard, dont l'usage a fait enfin Vaugirard. En 1342, sous le règne de Philippe de Valois et par ordonnance épiscopale, Vaugirard fut érigé en paroisse, k la char ge de payer k la cure d'Issy une légère.redevance. L'église nouvelle, placée d'abord sous l'invocation de la Vierge, fut dépossédée de cette dédicace lors 0a l'arrivée des reliques de saint Lambert, lequel devint le patron de Vaugirard. Cependant, Vaugirard n'était encore en 1350 qu'un hameau de 300 âmes tout au plus. Il souffrit beaucoup de la guerre de Cent ans, et un proverbe a longtemps été populaire pour désigner une personne quise trouve dans un grand em- . barras. • Il ressemble au greffier de Vaugi- ! rard, • tel était ce proverbe basé sur ce que, k j cette malheureuse époque, le greffier était logé tellement k l'étroit, que nul ne pouvait pénétrer dans sa cellule sous peine d'obstruer le jour et la lumière indispensables k son ministère. Il faut croire que jusqu'à François le* Vaugirard n'eut qu'une mince importance, puisque le roi-chevalier ne manquait jamais dans sa correspondance.avec Charles- Quint, qui se 'qualifiait orgueilleusement de cent titres pompeux, de se dire simplement • roi de France et comte de Vaugirard,» plaisanterie railleuse, devenue célèbre. Mais si la commune avait encore peu de poids, le site . n'était pas sans agrément. Il n'en esquiva I pas pour cela les railleries de La Fontaine, qui, dans sa fable le Singe et le Dauphin, voulant citer une localité infime, a écrit :

Notre Magot prit pour ce coup

Le nom d'un port pour un nom d'homme.

De telles gens il est beaucoup

Qui prendraient Vaugirard pour Borne.

Au xvii° siècle, Vaugirard n'était guère encore composé, il faut le dire, que de cabarets ; en 1709 on n'y comptait même, suivant Dulaure, que 98 feux ; il n'y en avait que 115

; en 1745-; mais, peu après, la population suivit

' une progression croissante, qui a toujours continué depuis.

i Quant aux annales vraiment historiques de Vaugirard, nous pouvons mentionner plus d'un souvenir digne d'attention que le nom de cette localité évoque. Le plus ancien se rapporte à l'époque de la domination romaine. C'est dans les plaines de Grenelle et de Vaugirard que durent camper les Gaulois nos pères, lorsque commandés par Camulogène ils livrèrent k Labienus, lieutenant de César, campé de l'auire côté du ileuve, le terrible

; combat qui décida du succès des armes romaines. Plus tard, quand l'empereur Julien habitait le palais des Thermes, il était gardé k Lutèce par un camp dont les retranchements s'étendaient jusqu'à l'emplacement que couvre le Vaugirard actuel. Divers objets d'antiquité, trouvés depuis dans des fouilles, déterminent d'ailleurs, k n'en pas douter, le passage k Vaugirard des aigles romaines. Voici, notamment, ce qu'on lit dans la des-

VAUG

cription de Paris de Germain Brice: « A cinq cents pas environ de la barrière de Vaugirard, on trouva en 1626 un tombeau antique ; c'était une pierre creusée de 7 k 8 pieds de longueur et de 2 pieds k peu près de largeur ; une auire pierre qui couvrait ce tombeau était ornée d'un bas-relief qui représentait un chariot traîné par quatre boeufs, sur lequel il y avait un tonneau. Le charretier qui le conduisait tenait un fouet en main et avait sur la tète une espèce de froc semblable k celui d'un cordelier. On trouva dans ce tombeau quatre ou cinq œufs de terre et quantité de. petits poissons de la grosseur - d'un goujon, mais personne ne put découvrir ce que cela pouvait signifier. » Sous la royauté franque, vers 907, Vaugirard fut souvent traversé par Charles le Simple se ' rendant avec sa cour k son palais d'Issy, et quelques historiens estiment q^ue plus d'un grand officier de ce palais avait k Vaugirard sa maison de plaisance. En 1250, Vaugirard fournitson contingent à la croisade, en même temps que Vanves et Issy, dont il dépendait encore, comme nous l'avons vu. Plus tard, en 1346, lorsque le roi Edouard d'Angleterre, après être venu camper aux portes de Paris, plia bagage et gagna le Nord (où peu de temps après devait se livrer la désastreuse bataille de Crécy), le roi Philippe VI, dit Chateaubriand , ■ désespéré d'avoir laissé échapper sa proie, se mit à sa poursuite. Il envoya offrir la bataille k Edouard, ou dans la plaine de Vaugirard s'il y voulait venir, ou entre Pontoise et Franconville s'il se voulait arrêter et l'attendre. Edouard fit répondre qu'il n'avait pas de conseil k prendre d'un ennemi. Il continua sa route. • Les défaites de Crécy et de Poitiers eurent, comme on sait, pour toutes les communes avoisinant Paris, les conséquences les plus néfastes. Peu k peu, cependant, Vaugirard sereconstitua et ce fut dans ce lieu, encore isolé, que vers 1560,, sous François II, se tinrent le plus souvent les assemblées secrètes des protestants. Ce fut là que fut décidée la conjuration d'Amboise. Eu 1589, le 31 juillet, un moine qui se rendait k Saint-Cloud auprès du roi Henri III prêt k marcher sur Paris, qui était au pouvoir de la Ligue, fut arrêté k Vaugirard par un poste de troupes au service du roi de Navarre ; mais le moine ayant justifié d'un sauf-conduit en bonne forme, signé du premier président de Harlay et du comte de Brienne, le baron de La Guesle, un des chefs protestants, prit en croupe Jacques Clément, car c'était lui, et le conduisit ainsi de Vaugirard k Suint-Cloud. On sait le reste. C'est k Vaugirard que le peuple arrêta Cléry, lo'valet de chambre de Louis XVI (10 août 1792) ; il fut presque aussitôt relâché après avoir fraternisé avec la foule, toujours facile k duper. Deux ans plus tard, un événement funèbre dont la plaine de Grenelle fut le théâtre eut son contre-coup k Vaugirard : la poudrière de Grenelle, dirigée par le chimiste- Chaptal et qui approvisionnait presque seule les armées do la République, fit explosion. Toutes les maisons de Vaugirard tremblèrent sur leur base. Trois piliers de son église dévièrent et on dut les assujettir avec des barres de fer, afin d'empêcher l'écroulement. C'est k Vaugirard que se forma, deux ans plus tard (179G), dans les nombreux cabarets de cette localité, la conjuration dite de Grenelle, tramée contre le Directoire par les hommes de 93. Dans la nuit du 9 au 10 septembre, les conjurés, quittant Vaugirard, se portèrent en tumulte sur le camp de Grenelle récemment établi et y jetèrent d'abord Je désordre ; mais, bientôt repoussés, ils furent tués ou arrêtés pour la plupart. On trouva k Vaugirard, dans l'auberge du Soleil d'or, située vis-k-vis de la rue de la Procession, une grande quantité d'armes, telles que sabres, pistolets, -cannes k lance, poignards, etc. En 1815, après Waterloo, les troupes impériales concentrées sur la rive droite de la Seine passèrent sur la rive gauche et allèrent camper entre Montrougo et Vaugirard en attendant leur retraite qui s'effectua, comme on sait, au delà de la Loire. Elles furent, aussitôt après leur départ, remplacées par les Anglo-Prussiens, qui rirent subir k la commune des vexations sans nombre, pillant tout ce qu'ils trouvaient k leur convenance. En 1830, Vaugirard ne resta pas en arrière du mouvement libéral qui s'accomplissait; ce fut 1k qvi'eut lieu l'arrestation du cardinal de Rohan, prêt k fuir et qui y eût peut-être trouvé la mort sans la courageuse intervention du chimiste fayen, qui ne craignit pas d'offrir au prélat l'hospitalité. En 1832, le choléra sévit k Vaugirard avec une intensité extrême, et le désespoir des habitants amena une scène odieuse : un malheureux écrivain public, désigné par l'ignorance soupçonneuse comme une des causes du fléau, c'est-k-dire comme ayant empoisonné les sources, fut lapidé et mis en pièces par une foule furieuse, malgré la résistance, un peu molle sans doute, du commissaire de police. Depuis cette époque, aucun incident marquant n'est venu signaler cette commune k l'attention. Elle avait acquis une grande extension et formait un véritable quartier de Paris de fait, sinon de nom, lorsqu'elle fut, comme nous l'avons dit, incorporée k la capitale. Il existe une histoire très-complète et très-intéressante de Vaugirard par un ancien curé du lieu, l'abbé Gaudreau (Dentu, l848,in-8°).

VAUL

VAUG1RAUD (Pierre-René-Marie, comte de), marin français, né aux Sàbles-d'Olonhe en 1741, mort en 1819. Entré dans la marine a quatorze ans, il se distingua au combat d'Ouessant (1779) et remplaça sur le vaisseau amiral le commandant blessé. Nommé major, il déploya mi grand courage dans la fatale bataille du 12 avril 1782, ou le comte de Grasse se laissa battre par Rodney. Vaugiraud émigra en 1791 , servit contre la Fiance ei assista à la défaite de Quiberon. En 1814, il rentra en France. Créé vice-amiral et envoyé aux Antilles comme gouverneur, il y arriva au moment où ia population, apprenant le retour de l'empereur à Paris, arborait le drapeau tricolore. Vaugiraud se couvrit d'infamie en livrant la Martinique et ia Guadeloupe aux Anglais. A la nouvelle delaseconde Restauration, il s'abandonna sur les patriotes k toute la violence de son zèle royaliste, au point que le gouvernement dut le rappeler pour calmer l'effervescence que sa conduite excitait dam> ces malheureuses colonies. A son retour, Louis XVIII lui lit défendre de paraître devant lui, et il mourut quelques mois après du chagrin que lui causa cette disgrâce méritée.

VAUGNERAY, bourg de France (Rhône), ch.-l. de cant., arrond. et k 14 kilom. 0. de Lyon-, pop. aggl., 582 hab. — pop. tôt., 1,977 hab.

VAUGONDY (Gilles et Didier Robert de), géographes français. V. Robert de Vaugondy.

VAUJOURS, village et commune de France (Seine -et-Oise), cant. de Gonesse, arrond. et k 43 kilom. S.-E. de Pontoise, au fond d'une vallée; 1,440 hab. On y voit un beau château qui a appartenu à Mlle de La Vallière. En. 1752, Vaujours fut érigé en duché, en faveur de Mme de Pompadour.

VAULADELLE (Achille TesaiLLE de), historien et homme politique fiançais , né à Châtel-Censoir (Yonne) en 1799. Il fit ses études à Moulins, puis fut pendant quelque temps employé au cabinet du préfet de l'Yonne. S'étant rendu à Paris, il collabora à divers journaux de l'opposition, fit reparaître en 1824 le Nain jaune, dont l'existence fut éphémère, puis participa à la fondation du journal intitulé le Pour et le contre. Après la chute de Charles X, M. de Vaulabelle collabora à la Révolution de 1830, au Messager, dont il fut rédacteur en chef, et passa en 1S38 au National, où ses articles se' faisaient remarquer par l'esprit de modération et la fermeté des vues. Tout en se livrant k ses travaux de journaliste, M. de Vaulabelle s'occupait d'histoire contemporaine. Il publia d'abord l'Histoire moderne de l'Egypte depuis le départ des Français (Paris, 1835-1836, 2 vol. in-S") ; puis il employa plusieurs années à écrire son Histoire des deux Restaurations jusqu'à l'avènement de Louis- Philippe, dont la première édition parut en 1844 et années suivantes (6 vol. in-S°) et qui a été plusieurs fois rééditée depuis en s vol. iiî-8o. Cet ouvrage, auquel nous avons consacré un article spécial (v. Restauration), fonda la réputation de M.deVaulabelle et est encore aujourd'hui considéré comme la meilleure histoire qu'on ait écrite sur cette époque. Après la révolution de 1848, M. de Lamartine offrit k M. de Vuulabelle, depuis longtemps connu comme appartenant au parti républicain, le poste d'ambassadeur à Londres et celui de Berlin, mais il refusa. Les électeurs de l'Yonne l'envoyèrent peu après siéger k l'Assemblée constituante, où il lit partie du comité de constitution et présida le comité d'instruction publique. Membre de la gauche modérée, il vota pour le bannissement de la famille d'Orléans, pour une Chambre unique, contre l'abolition de l'impôt du sel, contre l'amendement Gré vy, le droit au travail, etc. Nommé, par le général Cavaignac, ministre de l'instruction publique le 5 juillet 1848, il réorganisa le service des inspections , voulut qu'on passât plus de temps dans les collèges k étudier l'histoire et les langues vivantes et donna sa démission le 13 octobre 1848. Après" la nomination de Louis Bonaparte comme président de la république, il rit partie de 1 opposition modérée, vota contre 1 expédition de Rome, contre l'amendement Râteau, pour la suppression des clubs, pour l'abolition de l'impôt des boissons, etc., et ne fut pas réélu en 1849 k l'Assemblée législative. Depuis lors, il a vécu dans la retraite, s'oeeupant d'achever et d'améliorer son histoire de la Restauration et préparant d'autres ouvrages historiques, qui n ont point encore été publiés.

VAULABELLE (Eléonore), littérateur français, frète du précédent. V. Cordier (Jules).

VAULCHIER (Matthieu), traducteur français , né près de Lons-le-Saunier. 11 vivait au xvie siècle et devint, sous le surnom, de Frni.cUc-Coiuté, l'un des rois d'annes de l'empereur Charles-Quint. Il a traduit en français le Commentaire de la yuerre d'Allemagne de Louis d'Avila, (Anvers, 1550,

VAU-L'EAU (A) Iqc. adv. Au gré du courant de l'eau : La barque s'en allait k vaul'eau.

— Fig. En déroute, k la débapdade : Les

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haines mollissent^ les rancunes s'en vont k vau-l'eau. (Th. Gaut.)

..... Tout est à vau-l'eau;

Voiture est mort; adieu la muse antique.

gAR.RhZDt-

VAULESARD, géomètre français qui vivait au xvne siècle. U avait imaginé un cadran particulier, qu'il nommait analemmattque, où les points horaires étaient inscrits sur la circonférence d'une ellipse et où le style était mobile le long de la méridienne. Lalande s'est occupé de cette invention de Vaulesiud et a donné la démonstration de sa méthode. L'auteur s'était borné à une simple description publiée en 1644.

VAULTIER (Alphonse), marin français, né kSaiiit-Ld (Munche) en 1748, mort k Saint- ■ Waast-la-Hougue en 1817. Entré de bonne heure dans la marine, il Ht, dès l'âge de vingt-deux ans, comme lieutenant, plusieurs voyages k l'Ile-de-France et dans les Indes. Embarqué ensuite comme auxiliaire sur la frégate la Surveillante, il soutint contre le vaisseau anglais le Québec un combat mémorable dans lequel il fut grièvement blessé. Il devint ensuite capitaine de vaisseau, commandant du port de Cherbourg, et fut, en l'an XI, promu contre-amiral. Il commanda, en cette qualité, l'année suivante, une division de l'escadre de Brest, et,' mis en disponibilité en l'an IV, il se retira k Saint-Waastla-Hougue, où il termina son existence.

VAULTIER ( Marie - Claude -Frédéric - Etienne), littérateur français, né k Barbery, (Calvados) en 1772, mort k Caen en 1843. Il servit dans la marine, qu'il abandonna pour se livrer à l'enseignement, professa la rhétorique au collège de Caen, et occupa la chaire de littérature à la Faculté des lettres de la même ville.

Vaultier a beaucoup écrit sur son département; quelques-uns de ses travaux ont paru dans les Mémoires de l'Académie de Caen et de la Société des antiquaires de Normandie, dont il était membre, Ses principaux ouvrages sont : Essai de poésies sacrées (Caen, 1829) ; De la poésie lyrique en France; Origine et premiers développements, jusqu'à la fin du xih<= siècle ; Fragments d'études sur les poêles français du xvio siècle (Caen, 1834); Mémoires sur les .vaux-de- Vire d'Olivier Basselin et de Jean Le Houx (Caen, 1834, in-8°); Recherches historiques sur l'ancien pays de Cinglais au diocèse de Bayeux' (Caen, 1836, in-S°, carte); Histoire de la ville de Caen depuis son origine jusqu'à nos jours (Caen, 1843, in-12); Souvenirs de l'insurrection normande, dite du libéralisme, en 1793 (Caen, 1858, in-8<>), publiés par M. Georges Mancel, avec une Notice sur Vaultier.

VAULX, village de France. V. Vaux.

VAULX-CERNAY , ancienne abbaye cistercienne de France, dans le Hurepoix, entre Rambouillet et Chevreuse; elle fut fondée en 1128.

VAULX-CERNAY (Pierre de), historien français. V. rrERRB.

VAUME (Jean-Sébastien), médecin français, né k Arlon (Belgique) en 1746, mort vers 1840. Après avoir terminé ses études médicales k Paris, il fut envoyé comme" chirurgien aide-major à l'armée de Corse. En 1776, îï retourna en Belgique et suivit le prince de Ligne avec le titre de chirurgien-major de son régiment, puis il alla se fixer à Bruxelles, qu'il quitta en 1792 pour s'établir à Paris, où il devint médecin de l'hôpital du Roule. Vaume a combattu à outrance la vaccine au profit de l'inoculation et s'est montré trèshostile k Broussais. C'est à lui qu'on doit l'invention des dragées mercurielles. Ses principaux écrits sont : Les dangers de la vaccine (Paris, 1801, in-so); Traité de l'inoculation de la variole (1825 , in-S°) ; Traité de la fièvre putride (1796, in-8°); Dissertation sur le mercure (1812, in-12).

VAUNÉANT, ANTE adj. (vô-né-an — de valoir et néant). Qui ne vaut rien, qui est sans valeur morale : La noblesse peut tomber en homme vitieitx. vaunéant et en soi trèsvilain. (Charron.) il Vieux mot.

— Substantiv. Vaurien : Le mercredi 8, fut pendu et estranglë} en la place de Grève, à Paris, un vrai vau.neant nommé La Noue,

m de profession et qui avait espousé une

garce, atteint et convaincu d'inceste avec la sœur de sa femme. (L'Estotle.)

VAUPLATE s. f. (vô-plate). Grand fût, en bois très -épais, dout on fait usage en Normandie

VAUQUELIN, marin français, né à Caen en 1726, assassiné, en 1763. Embarqué par son père dès l'âge de dix ans, il se forma à la vie rude et périlleuse du marin, soutint, en 1745, un combat glorieux contre une frégate anglaise, fut chargé par le ministère de reconnaître les ports de l'Angleterre et s'acquitta de cette mission avec tant de courage et d'habileté, qu'on lui donna le commandement de ta frégate YAréthuse, destinée k aller secourir Louisbourg. Il se couvrit de gloire dans cette expédition et traversa k son retour tome la flotte anglaise. On lui donna de nouveau le commandement de trois frégates, avec lesquelles il reraoma, malgré la station anglaise, le fleuve Saint-Laurent et secourut Québec (1759), dont il'retarda ainsi

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la capitulation. Au moment où la ville allait tomber au pouvoir des Anglais, il voulut uu moins sauver ses frégates, descendit le fleuve pour gHgner la mer et fut attaqué par des forces trois fois supérieures aux siennes. Après la plus héroïque défense et sur le point d'être pris, il permit k son équipage de se sauver dans les chaloupes. Quant k lui, déterminé k s'engloutir plutôt que de se rendre, il resta seul sur son bâtiment et y mit le feu. Transportés d'admiration, les Anglais le sauvèrent malgré lui. Un tel héroïsme rit enfin passer par-dessus les considérations de naissance, et il fut promu, en 1763, au grade de lieutenant de vaisseau. Après avoir rempli une mission aux Grandes Indes, il fut calomnié par des ennemis jaloux de son élévation, condamné aux arrêts et assassiné chez lui, sans qu'on eût jamais su qui avait préparé et exécuté le crime.

VAUQUELIN (Louis-Nicolas), célèbre chimiste français, né k Saint-Andrè-des-Berteaux, près de Pont-1'Evêque (Calvados), le 16 mai 1763, mort au château des Berteaux le 15 octobre 1829. Son père, un petit cultivateur, ne put lui donner d'autres maîtres que l'instituteur du village ; mais sa mère savait l'exciter au travail et, son bon esprit aidant, il eut bientôt appris tout ce que pouvait lui enseigner le maître d'école. Il alla chercher fortune à Rouen, à l'âge de quatorze ans. Un apothicaire le prit comme garçon de laboratoire. Cet apothicaire donnait des leçons de chimie k quelques apprentis, et Vauquelin, debout derrière les bancs des élèves, écoutait avec avidité, prenait des notes k la dérobée, les classait et les gravait dans sa mémoire. Il commençait k se trouver presque heureux lorsque son maître, l'ayant surpris k son travail, lui arracha ses cahiers en lui défendant de recommencer sous peine de renvoi. Vauquelin, ne pouvant plus supporter la vue de ce brutal, se rendit k Paris, sans autre pécule qu'une pièce de 6 francs. Il parvint k s'y placer chez un pharmacien; mais il tomba malade, son maître le congédia et Je pauvre enfant n'eut d'autre asile que l'Hôtet-Dieu, Au sortir de l'hôpital, sans ressources, sans savoir comment il vivrait le lendemain, il suivait la rue Saint-Denis, en pleurant k chaudes larmes, après plusieurs rebuts, lorsqu'il trouva enfin de l'humanité chez un pharmacien nommé Chéradame. Cet excellent homme le prit à son service, s'attacha k lui et, voyant son zèle pour 1 étude (Vauquelin s'était mis en tête d'apprendre le latin), le recommanda à Fourcroy, son parent, qui le prit avec lui. Vauquelin devint par degrés l'aide, l'élève,le compagnon .assidu de 1-ourcroy dans tous ses travaux, entin son ami intime. Leurs deux noms resteront unis dans l'histoire delà science, comme leurs existences se sont pour ainsi dire confondues pendant plus de vingt-cinq ans dans une intimité qu'aucun nuage ne viut troubler.

Fourcroy s'occupa d'abord de compléter l'éducation de son élève ; puis,k mesure qu'il se formait, il l'introduisit dans la société des savants; enfin il le fit d'abord entrer ii l'Académie des sciences; puis, les événements politiques l'ayant porté au pouvoir, il le fit nommer successivement inspecteur des mines, professeur k l'Ecole des mines et k l'Ecole polytechnique (1795) , professeur au Collège de France (1801), essayeur des matières d'or et d'argent (1802), membre de l'Institut, directeur de l'Ecole de pharmacie (1803), professeur de çhimieauMuséum, puis à. la Faculté de médecine, enfin membre du conseil des arts et manufactures. La reconnaissance de Vauquelin fut entière. La postérité lui a fait sa part dans les découvertes où le plus souvent il réalisait seul les recherches méditées en commun; mais son ambition presque exclusive était de concourir efficacement k la gloire de son ami. Après l'avoir perdu, il a recueilli dans sa maison ses sœurs pauvres et âgées et les a entourées de soins et de prévenances jusqu'à leur mort.

Les mémoires que les deux amis publièrent en commun sont au nombre de plus de soixante; ils se rapportent à la composition de l'eau par la combustion du gaz hydrogène (Annales de chimie, t. VIU et IX) ; à l'étude de l'urée (Mémoires de' V Institut, t. Il et IV; Annales de chimie, t. XXXI et XXXU ; Annales du Muséum, t. II) ; à. l'analyse des calculs et concrétions animales et végétales (Mémoires de l'Institut, t. IV; Annales de chimie, t. XXXII; Annales duMuséutn, t. IV); k l'analyse des os (Bulletin delà Société philomatique, 1803; Annales du Muséum, t. XII et XIII; Journal de physique, t. LXX; Annales de chimie, t. LXU); à des recherches sur les combinaisons de l'acide sulfureux (A?inales de chimie, t. XXIV), sur la strontiane (Mémoires de l'Institut, t. II; Annales de chimie, t. XXI) ; sur les métaux unis au platine (Mémoires de l'Institut, t. VI; Annales du Muséum, t. III, IV et VII; Annales de chimie, i. XUX et L) ; sur l'arragonite (Annales du Muséum, t. IV). « Dans ces écrits, dit Cuvier, on reconnaît h la fois les vues étendues de Fourcroy, le désir de tout attaquer, de tout connaître, qui formait un des caractères de son esprit, et le sang-froid, l'activité calme mais soutenue et toujours ingénieuse par laquelle Vauquelin l'aidait k atteindre son but. •

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Les mémoires auxquels Vauquelin a travaillé seul et qui ne portent que son nom suffiraient, au reste, pour lui assigner une place très-distinguée parmi les chimistes. Ces mémoires sont au nombre de plus de cent quatre-vingts et embrassent non-seulement presque toute la chimie, mais la plupart des points des autres sciences cjui y ont rapport. « Personne, dit Cuvier, n a mieux montré ce que peut l'homme qui se dévoue tout entier k une science, qui lui donne tout son temps, toutes ses facultés. » U était chimiste non-seulement chaque jour de sa vie, mais pendant la durée de chaque jour; toute recherche lui convenait, pourvu qu'elle eût quelque rapport avec la chimie. Il se proposait rarement de lui-même les questions élevées dont la solution peut influer sur les grandes doctrines scientifiques, et c'était en quelque sorte pour analyser qu'il analysait ; mais comme tout se lie :dans la nature, il n'est presque aucun des résultats auxquels il est parvenu qui n'ait conduit k perfectionner quelque procédé de fabrication, k compléter quelque théorie, à rectifier des opinions erronées ou k découvrir des vérités plus générales. Ses incessantes recherches ont répandu les lumières les plus inattendues sur la minéralogie et la métallurgie, sur la physique animale et végétale, sur la pharmacie et la matière médicale.

Les expériences qu'il présenta en 1791 k l'Académie, à l'occasion de Sa candidature, établirent que la respiration des insectes et animaux k sang blanc produit les mêmes effets sur l'air que celle des animaux supérieurs (Annales de chimie, t. XII); l'examen comparatif de la coquille de l'œuf, des excréments de la poule et de la substance dont elle se nourrit (Annales du Muséum, t. XVIII, et Annales de chimie, t. LXXXI) contribua à faire écarter l'ancienne théorie de la domination des forces vitales ; l'analyse des cheveux (Mémoires de l'Institut, t. VIII, et Annotes de chimie, t. LVIU). celle du chyle (Annales du Muséum, t. XVIII, et Annales de chimie, t. LXXXI), les études sur les rapports entre le sperme des animaux et la poussière fécondante des végétaux (Journal de physique, t. XXXIX; Annales de chimie, t. IX et LXIV; Annales du Muséum, t. V et X; Mémoires de l'Institut, t. VIII), les recherches sur le mucus animal (Mémoires de l'Institut, t. IX; Aiinaies dit Muséum, . t. XII; Annales de chimie, t. LXVll), l'analyse des substances qui composent le cerveau, lamoelle épinière et les nerfs (Annales du Muséum, t. XVIII; Annales de ckimie, t. LXXXI), jetèrent un jour nouveau sur les points les plus intéressants de la chimie animale.

La chimie végétale lui est encore plus redevable ; nous citerons ses analyses des sèves (Journal de la Société des pharmaciens, 1797 et 1799 ; Annales de chimie, t. XXXI ; Journal de physique, t. Xl.IX).des sèves propres de certains arbres (Mémoires de l'Institut, t. VII et VIII; Annales de ch'imie, t. XLIII, XLIX, LIV eî LVII; Annales du Muséum, t. IX), des remèdes végétaux (Bulletin de la Société philomalique,\~$S ; Annales de chimie, t. LXXU et LXXX; Annales de chimie et de physique, t. III ; il/e'wioires du Muséum, t. UI ; Journal de pharmacie, t. I", III et IV), des farines et autres substances alimentaires tirées du règne végétal (Annales du Muséum, t. XIV; Mémoires du Muséum, t. U et VI; Annales de chimie, t. LXXI) ; ses études sur la casse (Annales de chimie, t. VI), sur le tamarin {Allantes de chimie, t. V), sur l'ellébore (Annales du Muséum, t. VIII), sur la belladone (Annales de chimie, t. LXXI1), sur le quinquina (Annales de chimie, t. LIX), sur les soudes (Annales de chimie, t. XVIII), sur les daphnés (Annales du Muséum, t. XIX; Annales de chimie, t. LXXXIV ; Journal de pharmacie, t. X), sur les solauums (Mémoires du Muséum, l. XII) , entin sur l'ipêcaouana (Annales de chimie et de physique, t. XXXVIII et Journal de pharmacie, t. XlV).

Mais c'est surtout dans le règne minéral que Vauquelin a obtenu les résultats les plus importants pour la science. Son nom se trouve intimement lié k celui d'Haûy, que les analyses de Vauquelin aidèrent puissamment k développer ses théories crisiallographiques. Les découvertes de la glucine et du chrome, d'ailleurs, se recommandent assez d'elles-mêmes.

« Rien, dit Cuvier, ne pouvait être plus simple que le genre de vie de Vauquelin. Arrivé, par l'impulsion d'autrui, d'un état voisin de l'indigence k une fortune très-considérable, et qui augmentait d'autant plus rapidement qu'il na connaissait aucun besoin personnel, décoré successivement et sans aucune sollicitation de sa part de toutes les marques d'honneur, il ne connut jamais la pénible nécessité de fatiguer les gens en place ou leurs subalternes. U n'avait rien changé des habitudes de sa jeunesse. Chaque année il retournait k son village, où il retrouvait sa vieille mère, sans laque Je il ne sel laissait jamais inviter quels que fussent le rang et l'opulence de ceux qui désiraient l'avoir, A Paris, il ne faisait pas plus de façon avec l'empereur qu'avec ie moindre des pharmaciens assidus k ses cours. Il fut victime, en 1824, d'un étrange abus de pouvoir. A la suite de quelque tumulte des étudiants en médecine, la Faculté fut cassée, puis recon-

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slituée, et son nom, avec ceux de Jussieu, de Pinel et de Dubois, fut écarté. »

La perte tle celle de ses chiures à laquelle il tenait le plus, parce qu'elle lui avait, pour ainsi dire, été léguée par Fourcroy,lui causa de vifs regrets. En 1827, il fut nommé député par le collège électoral de Lisieux. Sa santé s'étant altérée, il se rendit dans son pays natal et s'éteignit au château des Berteaux que le nouveau propriétaire s'était empressé de mettre à sa disposition.

« Malgré les innombrables recherches, dit Cuvier, malgré les découvertes intéressantes et singulières dont il a enrichi les sciences, on ne saurait égaler Vauquelin à Davy. Toutefois, les sciences ne lui devront peut-être pas une reconnaissance moins durable. Si celui-ci a plané comme un aigle sur la vaste étendue de la physique et de la chimie, Vauquelin a porté la lumière dans leurs recoins les plus obscurs. Si le nom de Davy est écrit en tête de tous les chapitres, celui de Vauquelin paraîtra dans tous les paragraphes. »

Vauquelin a pris la plus grande part k la rédaction du dictionnaire de chimie et de métallurgie de l'Encyclopédie méthodique ; le seul ouvrage séparé qu'on ait de lui est le Manuel de l'essayeur, qu'il publia en l'an VII, pour l'administration des monnaies, et qui a été souvent réimprimé depuis.

VAUQUELIN DE LA. FRESNAYE (Jean), littérateur fiançais, né en Normandie en 1536, •mort en 1606. Avocat du roi, puis lieutenant général, il l'ut enfin nommé président au bailliage de Oaen. On a de lui un Art poétique français, et cinq livres de Satires, qui offrent des traits de ressemblance avec les compositions analogues de Boileau, mais qui sont loin de la réputation qu'ils avaient du vivant de Vauquelin. Cependant Boileau s'en est servi utilement, mais il n'a point daigné nommer leur auteur. Vauquelin s'est aussi exercé dans la poésie légère et a publié des fables, des contes, des épigrammes. Voici un apologue dont s'est emparé La Fontaine :

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