‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 15Chapitre 610 sur 1042 · VAUX · texte numérisé non relu

VAUX

Nommé lieutenant général en 1759, il força le prince Ferdinand a lever le siège de Gœttingue et, en 1709, soumit, en deux mois, la Corse révoltée. En 1783, il obtint le bâton de maréchal.

Vam-Prnslin CHÂTEAU DE) , Situé UU N.-E.

de Melun (Seine-et-Marne), près du village de Mainey. Ce château, reconstruit par l'ordre de Fouquet, surintendant des finances, est le chef-d'œuvre de l'architecte Levau. Il était entouré d'un parc de 800 arpents, dessiné par Le Nôtre. Le surintendant y donna à Louis XIV une fête magnifique, i Ce palais, dit Voltaire (Siècle de Louis XIV), et les jardins, qui avaient coûté à Fouquet 18 millions, valent aujourd'hui 3 millions et demi. Fouquet avait bâti le palais deux, fois et acheté trois hameaux, dont le terrain fut enfermé dans «es jardins immenses, regardés alors comme les plus beaux de l'Europe. Les eaux jaillissantes de Vaux, qui parurent depuis au-dessous du médiocre, après celles de Versailles , de Marly et de Saint -Cloud, étaient alors des prodiges. » Le château est bien conservé. • Ce monument, dit M. Ad. Joanne, dans son excellent Guide aux environs de Paris, est empreint d'un cachet de noblesse et de grandeur qui frappe vivement l'imagination. La sculpture y a prodigué les ornements, mais avec une mesure parfaite, et la richesse n'y dégénère jamais en profusion. Les magnincénees du dedans répondent à celles de l'extérieur. La décoration des appartements a peu changé depuis Fouquet.

Les peintures sont de Charles Lebrun et de Mignard. Un seul détail suffira pour donner une idée de la munificence du surintendant : il faisait à Lebrun 10,000 livres de pension par année, et lui payait, en outre, chaque tableau comme s'il n'eût pas eu de pension. Ce beau château est entouré d'un large fossé rempli d'eau et revêtu en maçonnerie. On y entre par un pont-levis. On en sort également par un pont-levis du côté du jardin. La cour d'honneur est précédée d'une vaste avant-cour, fermée du côté de l'avenue par une large grille que soutiennent des Ternies de grandeur colossale. Le parc a 800 arpents. » On sait que Fouquet (v. ce mot) fut arrêté quelques jours après la magnirïque fête qu'il avait donnée à Louis XIV dans sa splendide habitation de Vaux-Praslin.

Vam-do-Viro (les) d'Olivier Basselin, poëte normand de la fin du xive siècle. On connaît l'étyinologie du mot vau-de-vire, d'où l'on a tiré par corruption vaudeville. Ce" mot signifie vallée de Vire; Vire, petite ville de Normandie, était la patrie d'un joyeux buveur, qui donna à ses chansons bachiques le nom de son pays. Olivier Basselin était un parfait ivrogne, qui pour boire vendait tout son bien. Mais s'il sacrifia tout pour la bouteile, la bouteille le lui rendit en joyeuses inspirations. Quelques-uns de ses vaux-de-vire sont d'uno gaieté vive et spirituelle que n'eût p.is.désavouée Désaugiers, auquel il a servi de modèle. Ce portrait. d'un avare est d'un fort bon comique :

Dedans la maison fermée Tous les jours il se- cachait, Sa cheminée il bouchait, Craignant perdre la fumée.

Mais quant est de son breuvage Ayant cidre à plein tonneau, Il ne buvait que de l'eau ; S'il est mort, est-ce dommage? '

Quand il parle de sa liqueur chérie, les mots abondent sous sa plume :

Quand suis sans verre ou breuvage, C'est sans coque un limaçon; Sans livrée, c'est un page; C'est un écolier sans leçon; C'est un chasseur sans sa trompe, Sans baguette un lansquenet; C'est un navire sans pompe.

C'est un berger sans flageolet, C'est un soudard sans panache, C'est sans fifre un tambourin, C'est un charpentier sans hache, C'est un orfèvre sans burin.

On comprend que, pour un tel buveur, le plus grand des hommes, c'était Noé. Aussi l'u-t-il célébré avec amour :

Que Noé fut un patriarche digne!

Car ce fut lui qui nous planta la vigne Et but premier le jus de son raisin,

O le bon vin ! Mais tu estais, Lycurgus, mal habile, Qui ne voulust qu'on beust vin en ta ville; Les buveurs d'eau ne font pas bonne fin,

Û le bon vin !

Le vin n'est point de ces mauvais breuvages, Qui beus par trop font faillir les courages; J'ay, quand j'en boys, le courage herculin.

O le bon vinl Puisque Noé, un si grand personnage, De boire bien nous a appris l'usage.

Je boiray tout; fais comme moi, voisin!

O le bon vin!

Adam eut un grand tort aux yeux de maître Basselin :

Adam, c'est chose notoire.

Ne nous eut mis en tel danger Si, au lieu du fatal manger.

Il se fust plustost pris à boire. .

Vaux

L'apostrophe d'Olivier à son nez est classique :

Gros nez, qui te regarde à travers un grand verra

Te trouve encore plus beau ; Tu ne ressembles point au nei de quelque hère

Qui ne boit que de l'eau.

Tout cela est d'une bonne gaieté de table et d'un esprit très-français.

VAOXCELLES (l'abbé Simon-Jérôme Bourlet de) , prédicateur et littérateur français, né à Versailles en 1734, mort en 1802. 11 fit ses études au collège de Beau vais et embrassa l'état ecclésiastique. 11 prononça devant la cour plusieurs oraisons funèbres, qui lui valurent la réputation de l'un des peiniers orateurs sacrés de son temps et de riches bénéfices; le comte d'Artois lui confia la direction de sa bibliothèque. Après le 9 thermidor, il concourut à la rédaction de la Quotidienne, ■ puis, avec Laharpe et Fontanes, à celle du Mémorial, partagea leur proscription à la suite du 18 fructidor, émigra et revint en France en 1799. On a de lui.: Eloge de d'Aguesseau (1760, in-8°); Oraison funèbre de Louis, dauphin de France (1766); Oraison funèbre de Louis XV (1774, in-4«) ; Opuscules philosophiques et littéraires {1796, in-12); Neckeriana ou Lettres sur les mélanges de il/'ne Necker (1798, in-S°); une édition de Madame de Sévigné (1S01, 10 vol. in-12), précédée d'une charmante notice sur cette femme célèbre; un commentaire sur les Oraisons funèbres de Bossuet (1805), dont il avait fait, pendant quinze ans, sa lecture habituelle, etc.

VAUXELLES (le P. Biaise), théologien français. V. Honoré de Sainte-Marie.

VAUXHALL s. m. (vo-ksal —de Vaux, corruption de Faulk, nom propre, et de l'anglais hall, salle, ce mot ayant désigné d'abord un jardin public, avec une salle de danse et de concert, qui fut ouverte à Londres à la fin du xviio siècle , par un entrepreneur nommé Faulk). Nom donne à des jardins publics avec bals et concerts, créés à Paris et ailleurs, à l'imitation du Vauxhall de Londres.

Vouiliull, célèbre jardin public de Londres, situé à .lîeanington-Lane, sur la rive droite de la Tamise, près de Vauxhall Bridge et de la station de Vauxhall (South-Western Railway). Les étymologistes se sont exercés sur les origines de cette dénomination et ont cru la trouver dans le nom d'un Français, Vaux, qui, au xvue siècle, aurait eu l'idée d'ouvrir dans ces jardins un lieu public de réunion. Ce M. Vaux n'a pas laissé de traces dans l'histoire. L'étymologie la plus probable est ceHe-ci : au xvie siècle, le quartier do Lambeth,qui forme maintenant un des bourgs électoraux de Londres et dont dépend le Vaushall, n'avait pas encore été annexé à la capitale ; les jardins et les constructions qui s y rattachaient, situés en dehors de la ville, formaient comme un petit bourg, fort anciennement baptisé du nom du baron Foulques ou Faulk de Brend, gentilhomme normand de la suite de Jean sans Terre, qui prit possession de cet emplacement lors de la conquête et y fit bâtir un château. L'étymologie du mot est donc Faulk's hall, par corruption Vauxhall.

Les jardins furent ouverts pour la première fois en 1661, sous le nom de New spring gardens (Nouveaux jardiDS du printemps); mais celui de Vauxhall a fini par prévaloir. La vogue ne s'y attacha réellement qu'au xvme siècle, loçs d'une réouverture eh 1732; ils devinrent, dès lors, un lieu de réunion pour la société élégante. Leur nouveau propriétaire, un certain Jonathan Tyers, avait déployé dans la décoration des salles, dans l'ornementation des jardins un très-grand luxe; il avait fait peindre pour ses pavillons dos tableaux de genre par Hogarth, et un sculpteur français, Roubillac, alors en renom, avait sculpté pour lui quelques morceaux, entra autres une Statue de Hœndel, qui fut érigée devant l'orchestre. La topographie du Vauxhall se prête d'ailleurs merveilleusement à des fêtes de nuit; les jardins sont fort vastes, d'une superficie d'environ 4 hectares et plantés de longues allées ombreuses, d'arbres séculaires; les illuminations leur donnent un aspect féerique. Des kiosques, des pavillons, des rotondes, des serres de fleurs s'élèvent ça et là; il y a à la fois salle de bal et salle de concert, restaurant et café, théâtres de marionnettes et d'ombres chinoises, exercices d'acrobates, de clowns, de jongleurs, de boxeurs; courses de bagues et de chevaux de bois, ballets, feux d'artifice, etc.; tous les genres de divertissements réunis. Pour un Français habitué à la chorégraphie des bals Mabille ou du Jardin Bullier, l'aspect des salles de danse du Vauxhall anglais est curieux; la danse anglaise, qui ne connaît ni le pied levé à la hauteur de l'œil, ni les gentillesses du cavalier seul, a une sorte de gravité lugubre très-comique à voir. Lors des expositions da Londres, les étrangers ont essayé, mais sans succès, d'introduire un peu de fantaisie dans ces exercices de croque-morts; l'Anglais est resté réfractaire. Une des bonnes plaisanteries de l'administration du Vauxhall en 1851 consistait à persuader aux étrangers qu'ils ne pouvaient entrer sans un faux nez, que, du reste, on fournissait pour la somme da 3 francs. M. Edmond Texier, qui raconte ce mauvais tour, dit que, le contrôle une fois

VAV A

passé, on était libre do mettre son faux nez dans sa poche : ce n'était qu'une rubrique de l'industrialisme anglais.

La vogue du Vauxhall anglais a excité en France l'esprit d'imitation. Paris et quelques autres villes ont vu s'élever d'assez médiocres établissements, pâles copies de l'original qu'ils avaient la prétention d'égaler. Le plus connu est le Vauxhall parisien de la rue de la Douane, ancienne salle de danse du quatrième ordre, qui a pris cette dénomination ambitieuse vers 1848, s'est transformé en bal Pilodo, puis, par un nouvel avatar, est^redevenu Vauxhall comme devant. Il n'y faut pas chercher les allées ombreuses et les grands arbres du Vauxhall anglais; ils sont remplacés par une cour sablée, où s'étalent de maigres mélèzes, dans des caisses^ de bois peint. Cependant on y trouve, à côté de la salle de danse, où un orchestre bruyant, trèsfourni en cuivres, invite à des mouvements désordonnés, un promenoir, un estaminet, le cigare étant une des nécessités de la vie, des salles de jeux, billards, toupies, loteries de porcelaine et même un jeu du trou-madaine, que les archéologues croyaient perdu depuis Molière; une salle de concert, un théâtre de marionnettes, un salon de lecture de journaux, etc. Mais le Vauxhall parisien ne peut avoir que bien difficilement la clientèle élégante de son homonyme anglais; la rue de la Douane est trop loin de Paris.

VAUZELLES (Matthieu de), magistrat français, né a Lyim vers 1490, mort dans la même ville en 1561. Docteur en droit, il devint successivement juge-mage, échevin, recteur de l'aumône générale, avocat du roi près la sénéchaussée de Lyon, avocat général au parlement de Dombes, enfin premier avocat général. On lui doit : Traité des secondes noces et Traité des péages (Lyon, 1550, in-4°).

VAUZELLES (Jean dk), littérateur français, frère du précédent, né à Lyon, mort dans la même ville en 1557. Il embrassa l'état ecclésiastique et fut nommé curé de Saint- Romain, prieur commendataire de Montrottier, maître des requêtes de Marguerite de Navarre et aumônier de François 1er. On a de lui : Histoire des quatre évangélistes (Lyon, 1526, in-8°); le Blason de la mort (1537, in-8"); et les traductions de quatre ouvrages de l'Arétin": De V Humanité de Jésus-Christ, la Passion de Jésus- Christ , les Psaumes de la pénitence, la Uenèse.

.VAUZELLES (Jean-Bapliste de), magistrat français, né a Brioudeen 1792, mort en 1859. Procureur du roi à Tours sous la Restauration, il donna sa démission à cette époque, plutôt que de manquer aux devoirs de sa charge en obéissant au ministre de la justice, qui lui avait ordonné de suspendre des poursuites dirigées contre un personnage influent. Il rentra dans la magistrature en 1829, coMime conseiller à la cour royale de Caen, et, appelé l'année d'après aux mêmes fonctions à celle d'Orléans, fut nommé, en 1849, président de cette dernière. On lui doit les ouvrages suivants : Essai d'un traité sur la . justice universelle ou les Sources du droit (1824, in-S°); Des Jésuites et de ta cour de Home par le chancelier Bacon (1826, in-8°); Procès de Bacon devant la Chambre des pairs en 1621 (1820, in-8°); Histoire de la vie et des ouvrages de François Bacon de Verulam, suivie de quelques-uns de ses écrits traduits pour la première fois en français (1833, 2 vol, in-8°).

VAUZELLES (Louis, dit Ludovic de), magistrat et littérateur, fils du précédent, né à Paris en 1828. Lorsqu'il eut fait ses études de droit à Paris, il entra dans la magistrature, devint successivement substitut . du procureur impérial k Montargis (1852), puis a Tours (1854), substitut du procureur général a Orléans (1856), et il est, depuis 18C2 , conseiller à la cour d'appel de cette ville. M. de Vauzelles a consacré ses loisirs à la littérature. Nous citerons, parmi ses écrits, au style lourd et pâteux : Poésies (1853, in-S»); deux essais de tragédie antique , Alceste (1SGO, in-18) et Polyxène (1862, in-18); Vie de Jacques, comte Vinlimille, littérateur et savant du xvie siècle (1865, in-8<>) ; Marc de Vintimille ou les Chevaliers de Rliodes, drame en cinq actes (1866, in-S0); Anciennes et nouvelles poésies (1869, in-8°); Notice sur Matthieu de Vauzelles (1871, in-8°) ; les Pécheurs de Menton (1874, in-8«), en vers, etc.

VAV s. m. (vav). Philol. Lettre des alphabets hébraïque et neski, équivalente à notre v. Il Lettre numérale qui vaut 6 en hébreu et 5 en neski. li Conjonction hébraïque. Il Vav copulatif, Vav qui ne sert que de .copule, il Vav conversif, vav qui, outre la force copulative, a la propriété de changer le futur en passé.

VAVAIN s. m. (va-vain). Navig. Gros cà: ble employé en mer et sur les rivières.

VAVANGUA s. m. (va-van-ga — mot indigène). Bot. Syn. de vanguier , genre de rubiacêes.

VAVAO , groupe d'Iles de l'Océanie (Polynésie), faisant partie de l'archipel des Amis, par 18° 38' de latit. S. et par 176" 20' de Iongit. 0. L'Ile la plus importante du groupe est Vavao, qui a environ 18 kilom.- de longueur Sur 8 kilom, de largeur. On y débirque

' VAVI

principalement au port de Valdes et au mouillage dit del Refugio.

VAVASSAL s. m. (va-va-sal). V. vavas-

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