‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 15Chapitre 615 sur 1042 · VEDI · texte numérisé non relu

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Mazurier s'est placé en vedette sur le dos de l'homme- affiche à Londres. Au Cirque-Olj'mpique, les chevaux obtiennent, seuls l'honneur de la vedette ; on se presse dans l'arène quand on lit sur l'affiche les noms de Phénix, du Régent et d'Aboukir. »

Rien n'est plus ridicule, aujourd'hui, que les prétentions des acteurs de Paris à l'égard de la vedette. Ces messieurs., et ces dames font de la mise en vedette une question fort importante, à ce point qu'elle est traitée jusque dans ses plus petits détails dans divers articles de l'engagement qui lie un artiste avec un théâtre. Non-seulement certains comédiens exigent que leur nom soit toujours placé en vedette sur l'affiche; mais, comme ils savent n'eue pas toujours seuls à jouir de cet avantage, ils arrêtent qu'ils seront placés soit en premier, soit en second, soit en troisième, selon l'importance qu'ils veulent bien s'accorder, et enlin ils vont jusqu'à spécifier que les lettres qui serviront à imprimer leur auguste nom ne pourront pas avoir en hauteur moins d'un nombre de millimètres ou de centimètres déterminé par eux. Cette folie est telle, et poussée ù .un tel excès par nos artistes parisiens, que souvent il est arrivé qu'un directeur n'a pu engager un comédien qu'il désirait, tout en faisant à celui-ci tous les avantages qu'il demandait, parce qu'il était dans l'impossibilité, par suite de conventions antérieures avec d'autres artistes, de mettre son nom en vedette sur l'affiche comme il l'eût voulu. Nous pourrions citer à cet égard des noms propres, et édifier le lecteur sur les petites passions burlesques des comédiens ; mais nous pensons que ceci ne l'intéresserait que médiocrement , et nous voulons d'ailleurs rester dans les limites que nous impose le bon goût. 11 n'en est pas moins vrai que la vedette est devenue l'un des plus graves soucis de nos directeurs de théâtre, grâce aux exigences toujours croissantes des comédiens à ce sujet, à leurs prétentions inouïes, enfin à leur orgueil immodéré.

VÉDIANTIENS, peuple de la Gaule ancienne, dans la province romaine des Alpes- Maritiines, au N. des Néiusiens et au S. des Vagienni. Leur capitale était Cemelio, près de Nice.

VÉDIE s. f. {vé-dî).Entom. Genre d'insectes lépidoptères nocturnes, de là tribu des géométrides.

VÉDIQUEadj. (vê-di-ke— rad. Ve'rfnJ.Qui appartient aux Vëdas: Le Zeus homérique est un être beaucoup plus humain que l' Indra védique. (A. Maury.) Il On écrit aussi vèdi-

— Linguist. Sanscrit védique ou substantiv. védique, Langue dans laquelle sont écrits les Vëdas ; Le zend possède un temps cuiijonctif que n'a pas le sanscrit védique (A. Maury.)

— Encycl. Linguist. Le védique ou sanscrit védique e>t la langue antique et populaire parlée dans les Védas. L'idiome des Vëdas comparé à la langue qui l'a suivi, le sanscrit classique, et que l'on trouve à de longs siècles d'intervalle dans les Codes de Manou et de Yàdjna Valkya, dans les poèmes épiques et dans les commentaires, a des caractères particuliers qui le distinguent. Cet idiome primitif, tout" en étant la source des progrès ultérieurs, a son originalité propre qui le sépare de tout ce qui est venu après lui pour le compléter, l'assouplir et le changer.

La langue des Védas, fort riche déjà pour la formation des mois et pour la force' significative des racines, est très-pauvre en ce qui concerne la structure des propositions et des phrases, ou plutôt elle ne sait pas encore user avec aisance de ses aptitudes, elle n'est point encore façonnée, assouplie par la culture littéraire du discours. « Capable déjà de grandes beautés, d'admirables effets de langage dans les détails de la pensée et du style, il semble qu'elle ignore absolument l'art de composer un ensemble : ponere tolum nescit, comme dit le poète, et ici j'entends par tatum, non pas seulement tout un ouvrage, toute une poésie, quelque courte qu'on lu suppose ; elle ne sait point encore ce que c'est qu'une phrase, une période; il est rare qu'elle joigne et combine les propositions, bien qu'elle ait déjà dp nombreux moyens de le faire et que la plupart des termes qui servent de jointures aux idées et aux mots soient déjà tout créés, tout trouvés; elle ne sait pas encore ce qu'elle peut, elle n'use point encore de ces ressources qu'elle léguera aux générations suivantes et k beaucoup d'autres idiomes, ou que ces idiomes ont puisées à la même source qu'elle, et dont, bien des siècles après, les deux langues nommées classiques par excellence et les langues modernes sauront tirer un si admirable parti. Pour résumer brièvement ina pensée, lorsqu'il ne s'agit que de réunir les parties radicales et élémentaires des mots, ou de joindre les mots entre eux, un à un, par la seule force des cas, par exemple, il n'y a point, de langue, je crois, à quelque point de développement qu'on la yrenne, dans toute la famille des idiomes indo-européens, oui ait une aussi grande puissance de combinaison, une aussi grande force de synthèse que l'idiome et la phrase védique. Si, au lieu des mots et de leurs éléments, nous considérons cette unité plus

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complexe qui s'appelle la proposition, elle en est encore, bien souvent à juxtaposer au lieu de joindre et de coordonner. Cette puissance, unie à cette faiblesse ou plutôt à cette inexpérience, est bien le caractère distinctif, le cachet de la langue que le peuple parle et chante, de la langue qui a toujours été uniquement populaire. Le peuple est comme 1 enfant : pour les détails de la pensée, pont le premier mouvement, la conception tantôt gracieuse, souvent profonde, sublime même a son insu, le savant, l'artiste en fait de langage n'ont rien à lui apprendre et peuvent souvent beaucoup apprendre de lui ; mais ne demandez ni à l'enfant ni au peuple de combiner, de développer, de suivre un long raisonnement, d'enehaînerentre elles beaucoup d'idées ; la suite en toutes choses, dans la pensée comme dans la conduite, est le propre de la maturité, et, en général, pour le langage, le peuple, je le répète, est enfant. »

Ainsi les mots sont parfaitement composés dans leurs éléments intrinsèques et les rapports qui les unissent entre eux sont puissants. Mais cette combinaison déjà fort savante ne va pas au delà, et elle ne s'étend même pas des mots jusqu'à la proposition qu'ils forment. La phrase est à peine construite, bien qu'on ait de reste tous les matériaux nécessaires pour la construire. A plus forte raison ne sait-on point enchaîner les propositions entre elles pour en composer un tout qui rende une pensée complète, avec les nuances et les développements indispensables à une entière clarté. Les mots trèsexpressifs, chacun pris à part, sont juxtaposés plutôt qu'unis et les propositions encore plus isolées les unes des autres, se suivent sans presque se tenir entre elles. Aussi l'on arrive le plus ordinairement à la fin de chacun (la ces hymnes sans avoir pu y saisir l'ensemble des idées; l'esprit a pu élre charmé, ébloui même, il n'est jamais satisfait. L'art de la composition fait, absolument défaut, et nos habitudes intellectuelles, formées par l'étude assidue de modèles classiques, en sont vivement choquées. D'ailleurs, ce n'est pas que cet art de la composition manque essentiellement au génie indien, qui plus tard au contraire a pousséjusqu'à l'abus la culture de cette partie du style; la langue sanscrite est la seule qui. ait ces monuments singuliers qu'on appelle des kâri/câs, résumés ultra-synthétiques où la combinaison des idées est aussi régulière que concise. Mais à l'époque où les Védas furent composés, ces aptitudes du génie" indien ne se sont pas encore révélées, et le lyrisme puissant de ces hymnes s'exprime avec un désordre d'inspiration que rien ne dirige ni ne tempère. C'est là ce qui explique eu partie l'obscurité trop fréquente dans laquelle se perd le Véda et qui restera peut- être toujours impénétrable. C'est là ce qui explique aussi comment un des quatre Védas, le Sâma, n'est qu'un centon formé avec les fragments des autres. On. a pu emprunter, sans beaucoup île discernement, un vers à tel hymne, un vers à tel autre; on a réuni ces morceaux mis côte à côte, et l'ensemble nouveau qu'ils ont composé n'est ni plus factice ni plus irrégulier que les hymnes originaux d'où on les a tirés pièce à pièce. Le Sôma-Véda n'est pas moins sacré que le Rig-Véda, bien qu'il ne fasse que le répéter en le disloquant. Cette absence de composition tient donc plutôt à l'inexpérience qu'à l'inaptitude. A ses débuts, le génie indien ne sait pas encore tout ce qu'il peut, et, dans l'enthousiasme qui le transporte et qui l'enivre, il ignore les facultés dont il est doué et dont il fer^ plus tard un usage exagéré.

De la langue des Védas, pour ne parler que de sa descendance immédiate et directe, il est sorti comme un double courant, et elle avait en elle tout ce qu'il fallait pour servir de source à l'un et à l'autre, pour les alimenter tous deux ; d'une part, une langue cultivée et savante, le sanscrit; de l'autre, des idiomes exclusivement ( opulaires, c'est-àdire parlés par le peuple dans le sens restreint du mot, non plus par tout le inonde, mais surtout par les castes inférieures d'une société qui n'était plus homogène comme au temps où nous reportent les hymnes du lîig- Véda. Nous avons vu plus haut en quoi l'idiome des hymnes était synthétique, en quoi analytique (en tant du moins qu'il juxtaposait, comme nous l'avons dit, aulieu de lier], on dirait que cette double natureest devenue comme un double héritage, qui s'est partagé entre ies deux rejetons. Le sanscrit, la langue parfaite, artificielle, purifiée (c'est le triple sens du mot et il désigne en même- temps les hommes des trois castes supérieures), le sanscrit, comme par privilège, a pris pour lui cette énergie de synthèse et de cohésion dont nous avons parié; le prâcrit, mot collectif indiquant des dialectes populaires et signifiant à la fois naturel et vulgaire, en même temps qu'il désigne les hommes des classes inférieures et dégradées, le prâcrit s'est fait sa part tout autrement : il u préféré les tendances analytiques, les a étendues à la syntaxe intérieure, à la structura des mots, à tous les. détails de la pensée et de l'expression. On reconnaît la fraternité, la commune origine des idiomes quand on cherche et retrouve, sous la diversité de forme et d'orthographe, l'identité des radicaux ; mais, dans la mise en œuvre de ces matériaux identiques, les dilFérences sont

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capitales et très-notables et appartiennent à deux systèmes fort divers de pensée et de langage. Mais ce n'est point le lieu de nous étendre sur le contraste que présentent ces deux rejetons d'une même souche.

Maintenant que nous avons caractérisé d'une manière générale l'idiome védique, nous allons nous attacher en détail aux éléments qui le forment. Les racines purement védiques et qui n'ont point passé, avec le reste de l'héritage, k la langue postérieure, sont en très-petit nombre. La plnpart des racines sont demeurées dans le sanscrit or- I dinaire, qui en a modifié l'emploi et quelque- I fois le sens, mais qui les a conservées avec ; un soin vigilant et une pieuse vénération. Il résulte des recherches patientes de M. Ad. Régnier sur ces racines, que la langue des Védas, tout en différant de celle qui lui a succédé, a été moins altérée cependant qu'on ne serait tenté de le croire. D'abord les noms qu'emploie le Véda sontrestés pour la phipart en usage. 11 en est à peu près de même des adjectifs, des verbes et des pronoms. Bien plus, les moyens de dérivation, les suffixes sont presque identiques, ce sont toujours les voyelles simples a, i, ou, qui, dans la constitution dérivative des mots, ont le rôle le plus actif, et ce rôle, elles l'ont gardé non-seulement dans le sanscrit ordinaire, mais on en découvre encore des traces évidentes., quoique effacées, dans les dernières branches de la famille, et même dans nos idiomes tout usés qu'ils sont. Après les suffixes voyelles, les formatives les plus fréquemment employées dans le Véda comme dans la langue ordinaire, ce sont les semivoyelles, la sifflante et les consonnes n, m et t. Les superlatifs sont fréquemment en ishtha, les comparatifs des particules sont en ara et leurs superlatifs en ama. D'une autre part, les mots indéclinables, les préfixes, sont plus nombreux dans la langue védique qu'ils ne l'ont été postérieurement. Leur forme est plus nette et les dérivés qu'ils produisent sont plus abondants ; ils ont plus de vie propre et de fécondité. Les préfixes verbaux n'ont presque pas varié quant à la forme et i quant au sens. Seulement ces préfixes sont en général moins étroitement unis aux verbes Qu'ils modifient et ils en sont plus indépendants qu'ils ne l'ont été par la suite. « Ainsi, comme le dit très-bien M. Ad. Régnier, de l'époque védique à l'époque classique le lexique n'a pas subi de ces altérations qui changent radicalement les idiomes et qui font une langue distincte et nouvelle. L'arbre a grandi, il est plus touffu, mais c'est toujours le même tronc, à la même place, sous le même ciel. Ce n'est point une branche détachée qui, replantée ailleurs et reprenant racine sous un autre climat, aurait consiiluè peu à peu, sans perdre ses caractères génériques, une espèce différente, •

C'est peut-être sous le rapport de la conjugaison que le védique s'éloigne le plus de la langue ordinaire. Chose assez singulière, les verbes, dans l'idiome des Védas, se présentent avec l'abondance la plus variée. Plus tard, le verbe a presque entièrement disparu , de la phrase sanscrite ; dans les Védas, au contraire, il tient à peu près autant de place que dans le grec et le latin, presque autant de place que dans nos propres langues. La Véda affectionne surtout les temps généraux, c'est-à-dire ceux qui adjoignent directement les désinences à la racine, sans l'insertion de lettres formatives, caractères distinctifs des différentes classes. De plus, le Véda possède un type d'aoriste qui n'est qu'à lui et qui forme une huitième espèce de ce temps, outre les sept espèces qui sont demeurées dans le sanscrit habituel. L'idiome védique fait pour les verbes un emploi très-fréquent de toutes ces ressources diverses, tandis que le sanscrit classique est arrivé de degré en degré à les négliger et à les perdre complètement.

Le contraste est frappant, quelles que soient d'ailleurs les causes de cette atténuation bizarre de la langue. M. Ad. Régnier croit trouver une explication de ce fait ticsremarquable dans le caractère même du peuple indien, et comme, selon lui', le verbe est surtout destiné à exprimer l'action, le peuple indien étant le moins actif des peuples, lo verbe a disparu de sa langue en même temps que l'activité de la race s'éteignit pour se perdre dans les abstractions les plus vides de toute réalité et dans les rêveries d'un mysticisme incurable. La langue, suivant M. Ad. Régnier, n'aurait fait que refléter ici comme toujours les habitudes et les dispositions du peuple qui la parlait; et l'emploi du verbe aurait cessé précisément dans la même mesure où l'esprit, indien serait lui-même devenu de plus en plus incapable, d'agir. • Au contraire, dans les Védas, ajoute le savant philologue, l'emploi très-varié des verbes est un principe d'harmonie, et quoique la langue paraisse encore peu assouplie à certains égards, un principe de mouvement et de vie. »

VEDRIANI (Louis), historien italien, né à Modène en IGOl, mort dans la même ville en 1670. Il fut, <iit-on, forgeron dans sa jeunesse, puis il étudia lu théologie à Ferrure, embrassa la vie religieuse à l'âge de quarante ans, et se livra aux recherches historiques. Ha publié quelques ouvrages estimés, bien qu'incorrects et parfois inexacts. Tira-

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