‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 15Chapitre 616 sur 1042 · VEGA · texte numérisé non relu

VEGA

boschi s'en est beaucoup servi pour sa Bibliothèque modënaise. Voici ses principaux écrits : Ilecueil d?s peintres, sculpteurs et architectes de Modène (1662); Histoire de Modène (1667); Vies et éloges des cardinaux de Modène (1663); les Docteurs modénais en philosophie et en droit (1665); Cent aventures plaisantes (1663); Catalogue des évêques de Modène (1669, in-4°).

VEDRIN, village de Belgique, province et à 4 kilom. de Namur ; 1,860 hab. Exploitation importante de plomb argentifère, de soufre et d'argile réfractaire.

VEDRO s. m. (vè-dro). Métrol. Mesure de capacité usitée en Moldavie et en Valachie, et-équivalant, dans le premier de ces pays, à 15i't,2, et dans le second, à l2bt,8S. Il Mesure de capacité, valant l2iî',299.

VKEN (Othon van), en latin Oito Veniu»,

célèbre peintre hollandais, né à Leyde en 1550, selon Houbraken, ou en 1556, d'après de Piles et autres, mort en 1629, d'après Houbraken, ou en 1634, selon d'autres. Fils d'un bourgmestre de Leyde, il étudia les belleslettres sous la direction de Lampsonius, apprit le dessin avec Isaac Claes, et reçut de Joost Van Wingen des leçons de peinture. Après avoir demeuré trois ansdans le palais du cardinal Gioosbeck, prince-évêque de Liège, il partit pour Rome, où il entra dans l'atelier de Federigo Zucchero. Il passa huit ans en Italie, parcourut ensuite l'Allemagne et alla se fixer à Bruxelles, où Alexandre Farnèse, duo de Parme et gouverneur des Pays-Bas, lui donna les titres d'ingénieur en chef et de peintre de la cour d'Kspagne. Après la mort de Farnèse, il alla habiter Anvers, où il exécuta une foule do tableaux pour les églises et les principaux édifices de cette ville, et où il fonda une école de peinture, dont Rubens fut l'un des élèves les plus assidus. Il fut chargé de construire les arcs de triomphe élevés pour recevoir l'archiduc Albert à son entrée à Anvers, et ce prince fut si satisfait de la beauté de ces travaux, qu'il appela l'artiste à Bruxelles, où il le nomma intendant de la Monnaie. On cite au nombre des toiles les plus remarquables de Van Veen : une Cène dans la cathédrale de Leyde : une Nativité dans celle de Bruges ; Jésus-Cnrist au milieu des pécheurs convertis, dans celle d'Anvers ; six petits tableaux allégoriques représentant le Triomphe de l'Eglise romaine, conservés à la pinacothèque de Munich ; la Résurrection de Lazare, qui se trouvait au musée du Louvre dans les premières années de ce siècle, mais qui fut rendue, en 1815, aux commissaires des Pays-Bas ; mais le même musée possède une toile représentant l'artiste et sa famille. Van Veen avait de plus exécuté un grand nombro de portraits, ceux, entre autres, d'Alexandre Farnèse, de l'archiduc Al bert et de sa femme, de l'infante Isabelle, etc. Cet artiste était aussi un littérateur intelligent et instruit. Il a laissé plusieurs ouvrages, dontles plus remarquables sont ; Bellum Batavorum cum Romanis (Anvers, 1612, avec 40 estampes) ; Quinti Boratii Èmblemata (Anvers, avec 103 pi.) ; Vita sancli 2'homiB Aquinalis, 32 imaginibus illustrais; Hislorta lûspaua septem infanlium Larat cum iconibus (40 pi.) ; Amorum emblematu. (l608,in-4°) ; Amoris divini emblemata(\Glô, in-4°). van Veen laissa deux filles, Gehtrudk et CoRNBLtB, qui se distinguèrent par leur talent dans la peinture. Gertrude exécuta un portrait de son père, qui a été reproduit par la gravure.

VEEN (Gilbert van), graveur hollandais, frère du précédent, né à Leyde vers 1566, mort en 1628. On manque de détails sur sa vie. On sait seulement qu'il passa ses seize dernières années à Anvers où il grava les principales œuvres de son frère. On regarde comme son travail le plus remarquable la gravure d'une Irise, en cinq feuilles, d'après Balthazar Peruzzi, représentant la Promesse de mariage d'isaac et de Rébecca. On cite encore avec éloge du même artiste ses portraits d'Ernest, duc de Bavière, d'Alexandre Farnèse et du sculpteur Jean de Bologne.

VEEN (Martin vas), dit Heemskerk, peintre hollandais. V. Heemskerk.

VEENDAM, ville du royaume de Hollande, dans la province et à 29 kilom. N.-E. de Groningue ; 6,400 hab. Gymnase ; fabrication de calicots.

VEEKE, ville du royaume de Hollande, dans la province de Zélande, sur la côte orientale de l'île do Waleheren, où elle a un port de commerce et de pêche, à 7 kiloin. N.-E. de Middelbourg ; 2,000 hab.

VÉGA, s. ni. (vè-ga). Astr. Nom de l'une des étoiles de la Lyre.

— Encycl. Véga ou a de la Lyre est une belle étoile de première grandeur, située au sommet d'un grand triangle à peu près équilatéral, dont Arcturus et la Polaire forment les deux autres sommets. Pour la trouver avec exactitude, menez une ligne droite de l'étoile polaire à Arcturus ; sur le milieu da cette ligne élevez une perpendiculaire dirigée à l'opposite de la Grande Ourse; cette perpendiculaire rencontrera Véga près de la voie lactée.

Dans la liste des étoiles de première grandeur, Veja occupe le huitième rang ; c'est une des plus rapprochées de notre système

VÉGÈ

planétaire; aussi a-t-U été possible de calculer, à quelques millions de lieues près, sa distance ii la terre. Su parallaxe est évaluée à 0™,27. Son éloignementde la terre, expiimê en fayons de l'orbite terrestre, est évalué à 1,330,700 ; exprimé en millions de lieues, à 58,830,000. Enfin, sa lumière met vingt et un ans pour franchir la distance qui nous en sépare. Par l'effet du mouvement de la précession des équinoxes, Véga est appelée à remplacer dans 12,000 ans d'ici, et à 50 près, l'étoile polaire. ,

VEGA (la), ville de l'Ile Saint-Domingue. V. Conception-dh-la-Vega.

VEGA-DE-R1VADEO, bourg d'Espagne, province et à 95 kilom. N.-O.d'Oviedo, au confluent de deux petites rivières qui se jettent près de la dans le golfe de Gascogne, et gui forment un petit port de commerce; 2,700 hab. Fabrication de papier, tissus de laine, toiles, navigation, commerce de cabotage.

VEGA (Christophe de), médecin espagnol, mort en 1573. Il fut professeur à l'université de Alcala de Henarez, et médecin de don Carlos. Ses ouvrages eurent un grand succès; en voici la liste : Commentaria in Hippocratis prognostica addilis annolationibus in Galeni commentariis (Alcala, 1553, in-8) ; De euratione caruncularum {1553, in-8°) ; Comment aria in libros Galeni île differentiis febrium (1553, in-8«); Demetkodo medendi libri très (Lyon, 35B5, in-fol.).

VEGA (Thomas-RodrigueDK), médecin portugais, né à Evora vers 1530, mort à la fin du xvio siècle. Il fut professeur à l'université de Coïmbre. On a de lui : Commenturiorum in Galenum tomus primus (Anvers, 1564, in-fol.) ; De febrium differentiis (Coïmbre,

1577, in-4°) ; Practica medica, accedit tractatus de fpntanellis et cauteriis (Lisbonne,

1578, in-8o).

VEGA (Georges, baron de), mathématicien allemand, né en 1756 à Sagoritza (Carinthie). mort en 1802. Après avoir fait partie du corps du génie de la marine, il passa, peu de temps après, dans l'artillerie. Un 1784, il fut nommé lieutenant et professeur dans le second régiment de cette arme, et, lors de la création du régiment des bombardiers, y fut également attaché comme professeur, avec le grade de capitaine. Promu en 1800 lieutenant-colonel, il reçut la même année le titre de baron, et semblait appelé à obtenir un rapide avancement, lorsque, le 2û septembre 1802, on le trouva mort dans le Danube. Ce ne fut que trente ans plus tard que l'on découvrit qu'il avait été assassiné par un meunier. Le baron de Vega avait fait avec distinction les campagnes contre les Turcs et contre la France, et avait publié plusieurs ouvrages qui ont contribué aux progrès des sciences mathématiques et qui sont encore fort estimés de nos jours. Les Tables de logarithmes (Leipzig, 1783, 2 vol.), notamment, surpassent en correction toutes celles qui avaient été publiées k l'époque. On a encore de Vega : Leçons sur les mathématiques (Vienne, 1786, 4 vol.); Manuel de.lrigonométrie logarithmique (Leipzig, 1793), souvent réédité ; Thésaurus logarithmorum (1794) ; Introduction àla chronologie (Vienne, 1801) ; Système naturel des mesures, des monnaies et des poids, publié après sa mort par Kreil (1803).

VEGA (Garcias Lasso ou Garcilasso de La), poète espagnol. V. Garcias Lasso.

VEGA Y VAKGAS (Sébastien Garcias Lasso du La), capitaine espagnol. V. Garcias Lasso.

VEGA (Garcias Lasso ou Garcilasso le La), historien péruvien. V. Garcias Lasso.

VEGA-CARPIO (Félix LOPB de), célèbre poëte espagnol. V. Lope.

fi

VEGECE (Flavius Vegetius Renatus), le lus célèbre des écrivains militaires latins. 1 vivait sous le règne de Valentinien II vers la lin du ivo siècle de notre ère. On itroit qu'il appartenait à une familfe considérable et qu'il habitait Constantinople. L'ouvrage que nous avons de lui est intitulé :De re militari libri V. C'est un extrait de ce qu'il y a de plus intéressant sur la discipline militaire des Romains dans les écrits antérieurs. II y traite des levées, de l'instruction des soldats, de l'ordonnance de la légion, de ses chefs, des armes, des grandes opérations de la guerre, de l'attaque et de la défense des places, de la marine, etc. L'une des meilleures éditions de Végèce est celle do Deux-Ponts (1806). Turpin de Crissé en a donné des commentaires très-estimés. La plus ancienne traduction française que l'on en connaisse a été imprimée en 1488; il en existe encore d'autres publiées par Bongars (Paris, 1772, in-12) etparNisard dansla collection des classiques latins (Paris, 1849).

VÉGÈCE (Publius), écrivain latin, quelquefois confondu avec le précédent. Il est auteur d'un traité de l'art vétérinaire (Artis veterinaris ... libri quatuor) imprimé pour la première fois à Mie, en 1528. La meilleure édition est celle de Gesner (Manheim, 1781). Saboureux de La Bonneterie en a donné une traduction française dans le tome VI des anciens ouvrages relatifs à l'agriculture (1775).

VÉGÈCE (Ange), en italien Angelo Vcgoeio, célèbre eulligruphequi vivait an xvie siècle. C'était^ un Grec réfugié, qui vint en rrunce sous'le règne de l'rançois 1er ; son

VÉGÊ

écriture fut admirée par tous les hommes de lettres et sa réputation ne tarda pas à devenir européenne. Parmi les élèves qu'il forma, on distingue notamment le célèbre cailigraplie anglais Henri Stephens. Le nom d'Angelo servit bientôt à exprimer l'idée de la perfection calligraphique, et de là se forma cette locution familière encore en usage aujourd'hui : « Ecrire comme un Ange,» dans le sens où l'on dit, par exemple : « Peindre comme un Raphaël ou comme un Miobel-Ange. •

VEGESACK, bourg de l'Allemagne du Nord, dépendance de la république et' à 22 kilom. N.-E. de Brème, sur le Weser et dans une enclave de la province prussienne de Hanovre ; 2,400 hab. Navigation très-active, chantier de construction, tonderiede fer, entrepôt de marchandises, station de pilotes pour la navigation des bouches du Weser.

VÉGÉTABILITÉ s. f. (vé-je-ta-bi-li-té — rad. végélable). Faculté de végéter. -

— Faculté de nourrir des végétaux : Un laps d'un siècle ne rendra pas à ces terres la végétabilitb. (V. Borie.)

VÉGÉTABLE adj. (vé-jé-ta-ble — rad. végéter). Qui végète, qui peut végéter; qui est de la nature du végétal : Les corps VÉGÉTA- BLES.

— Couvert de végétaux : Les oasis sont des espèces d'Iles végétables, au milieu de l'océan des sables. (Thiers.) il Peu usité.

— s. m. Corps végôtable, végétal : La circulation du sang dans les animaux et de la sève dans les végétables a changé pour nous la nature. (Volt.) Il Inus.

VÉGÉTAL s. m. (vé-jé-tal — ce mot est un dérivé du lat. vegelus, qui signifie proprement qui croît, du verbe vegere, croître, lequel se rattache à la racine sanscrite uag ou ug, croître). Plante, être organisé, dépourvu de sensibilité et do motilité volontaire : Il semble que le végétal n'est que l'ébauche de l'animal. (Bichat.) Les végétaux absorbent du calorique autant et plus que les animaux. (Raspail.)

— Encycl. V. PLANTE, PHYSIOLOGIE VÉGÉ- TALE, PHYSIQUE VÉGÉTALE.

VÉGÉTAL, ALE adj. (vé-jé-tal, a-le — rad. végétal s. m.). Relatif, propre aux végétaux : Les productions végétales. Le règne végétal. La physiologie végétale. L'histoire de nos plus importants médicaments végétaux a été siugultèrementéclairciepar les botanistes. (Cuv.) C'est, en dernière analyse, au règne végétal que notre terre doit sa population animée. (P. Duehar;re.)

— Propre au développement des végétaux : l)e la terre végétale.

— Règne végétal, Grande classe d'êtres comprenant tous les végétaux.

VÉGÉTAL1FORME adj. (vé-jê-ta-li-for-me

— de végétal, et de forme). Hist, nat. Qui a la forme d'un végétal : PofyptVvÉGÉTALiFORME.

Il Peu usité.

VÉGÉTALITÊ s. f, (vé-jé-ta-Ii-té — rad.

. végétal). Propriétés caractéristiques, nature

des végétaux : La terre dépend du monde,

mais la vkgétalité et l'animalité dépendent

de la terre. (E. Littré.)

— Premier degré de la vitalité, caractérisé par la nutrition et la reproduction, qui est commun aux végétaux et aux animaux.

VÉGÉTANT, ANTE adj. (vé-jé-tan, an-le

— rad. végéter). Qui végète : Les plantes sont des êtres végétants, mais inanimés.

— Par ext. Qui se développe par l'addition d'une matière empruntée : Les œufs que pondent les hippobosques sont, pour ainsi dire, des œufs végétants, gui grossissent par une incubation parasite. (Raspail.)

VÉGÉTATIF, IVE adj. (vé-jé- ta-tiff, i-ve

— rad. végéter). Qui détermine la végétation : Le principe végétatif. La vertu végétative.-

— Qui est commun aux animaux et aux végétaux : La nutrition et la reproduction sont des fonctions végétatives.

— Vie végétative, Phénomènes vitaux communs aux animaux et aux végétaux. Il Fig. Vie matérielle, bornée aux phénomènes île l'existence purement animale : Notre vie était toute végétative en apparence, mais nous existions par le cœur et par le cerveau. (Balz.)

— Agrie. Poudre végétative, Matière fécale réduite en poudre pour servir d'engrais.

Il On l'appelle plus souvent poudrette.

VÉGÉTATION s. f. (vé-jé-ta-si-on — lat.

vegetatio, de vegetare, croître, pousser, fréquentatif du verbe vegere, croître). Développement progressif du végétal : La science est parvenue à étendre la puissance de la végétation-. (Th. de Berneaud.) On sait qu'un temps d'orage est très-propre à hâter la végétation. (V. de Bomare.) La chaleur est une condition nécessaire de toute végétation. (A. Maury.)

— Par ext. Végétaux : Couvrir sa cheminée, au mois de janvier, de végétations forcées, de fleurs pûtes et sans odeur, c'est moins parer l'hiver que déparer le printemps. (J.-J. Rouss.) La végétation est, dans les campagnes, un puissant agent d'assainissement. (Lélut.)

— Pathol. Production charnue morbide souvent indolente : Végétations syphilitiques. Exciser des végétations.

YEGU

— Chim. Production chimique affectant des formes arborescentes.

VÉGÉTER v. n. ou intr. (vé-jé-té — lat. vegetare, proprement croître, pousser, de ve-

?ere, croître. Change ë en è devant une sylabe muette : Je végète, qu'ils végètent; excepté au fut. de l'ind. et au prés, du cond. : Je végéterai, lu végéterais). Croître, prendre son développement naturel, en parlant des végétaux : Pour les plantes, végétkk c'est vivre. (Acad.) L'arbre des forêts, entier dans son essor, vit plus longtemps que l'arbre êlêlé de nos jardins. (Virey.)

— Par ext. Prendre son développement naturel, en parlant des corps organisés : Réaumur, dont !a main si savante et si sûre

A purce" tant de fois la nuit de la nature, M'ajpprendra-t-il jamais par quels subtils ressorts L'éternel artisan fait végéter les corps î

Voltaire.

— Fig. Vivre d'une vie inerte, misérable ou obscure : Vous vous trompez vous-même quand vous dites que vous voudriez vous borner à végéter ; c est comme si vous disiez que vous voudriez vous enntiyer (Volt.) La vie des gens qui pensent est dix fois plus courte que celle des gens qui vbgbtrnt. (Galiani.) La démocratie est la oie de la société ; hors de ta démocratie, l'homme civil végète et s'éteint. (Aug. Thierry.)

A Paris on existe, en province on végète.

A. Duval.

Il Vivre d'une vie purement animale ; Ce vieillard ne comprend plus, ne pense plus; il ne fait plus que végéter.

VÉGÉTO-ANIMAL, ALEadj. Hist. nat. Qui tient de la nature du végétal et de celle de l'animal; qui appartient au règne végétai et au règne animal.

VÉGÉTO MINÉRAL, ALE adj. Qui tient du végétal et du minéral ; qui appartient simultanément aux deux règnes.

— Pharm. Eau végéto-minérale, Acétate de plomb étendu d'eau.

VÉGÉTO -SULFURIQUE adj. Chim. Se dit d'un acide particulier qui se produit lorsqu'on fait agir l'acide sulfurique sur des matières végétales.

VËGEZZ1-RUSCALLA (Juvénal), publiciste italien, né a Turin en 1799, mort vers 1865. Fils du trésorier de Napoléon I«r pour l'Ita-, lie, il entra dans le commerce à l'âge de quatorze ans, et passa comme employé, en 1818, au minisLère des affaires étrangères, où: il devint secrétaire en 1836. Après avoir assisté au congrès de Vérone, il fut nommé inspecteur général des prisons, et publia divers écrits sur la question des prisons et du régime pénitentiaire. Il donna sa démission après l'adoption par le parlement du régime cellulaire, dont il était l'adversaire convaincu. A partir de 1854, Vegezzi-Ruscalla fut un collaborateur assidu à. la liivista conlemporanea de Turin, à laquelle il a donné d'excellents articles de philologie, d'ethnographie, d'économie politique, etc. Lié avec M. de Cavour, et en même temps l'un des écrivains en vue du mouvement libéral et indépendant, il fut, en 1860. envoyé au parlement par le collège de Scandiano; mais il ne prit jamais part à la politique active.

VEGIO (Maffeo-), poète italien. V. Maf-

KEO.

VEGLIA, la Curicta des Romains, Ile de l'empire d'Autriche, sur les côies de laDalma-, lie, dans le golfe de Quarnero, par 45° Ur de latit. N., et 12» il' de iongit. E. Elle s'étend •le long du canal de Morlacca, qui la sépare du continent, sur une longueur de 35 kilom. sur 22 de largeur. Superficie, 1,300 kilom. carrés ; 20,000 hab. Chef-lieu Veglia, petite ville avec un port de commerce sur la côte S.-O, et un évèché suffragant de Goritz. La surface de l'île est montagneuse, rocailleuse, stérile au N. et à l'Ë., mais fertile sur les autres points. On y trouve de belles forêts, des pâturages qui nourrissent de nombreux troupeaux de moutons et de chèvres ; l'île produit aussi du vin et de la soie. Exploitation de carrières de marbre. Pêche abondante sur les côtes.

VEGLIE, bourg du royaume d'Italie, province de la Terre d'Otrante, district de Brindisi, mandement de Salice Sabutino ; 2,200 hab.

VEGNI (Léonard), érudit et inventeur italien, né k Chianciano en 1734, mort en 1801. Il s'adonna de bonne heure à l'étude des mathématiques, de l'archéologie, des beaux-arts, apprit l'architecture à Bologne et se passionna ensuite pour les langues. Possesseur d'une propriété appelée les Bains de Saint- Philippe, il y trouva en abondance du tartre dépose par les eaux et eut l'idée d'employer cette substance à l'art plastique, pour prendre des empreintes en creux. Il perfectionna sa découverte qui fit, pendant quelque temps, grand bruit dans le monde artistique. On a de lui un certain nombre d'articles sur les beaux-arts, la philologie, l'agronomie, etc., qui ont paru dans diverses revues et publications du temps.

VÉGOBRE (Charles de Manokl, sieur de), jurisconsulte français. V. Manokl.

VEGUEYBAL, canal de France (Bouchesdu-Rhônu), qui commence à l'étang des Baux, à 4 kiiom. S.-E. de Fontvielle, dessèche dej marais, passe ii l'E. d'Arles, suit le bord du

VEHE

Rhône et, après un parcours de 31 kilom., aboutit k l'étang de Ligagnan.

- VÉHÉMENCE s. f. (vé-é-man-se — lat. vehementia ; de vehere, porter). Violence, mouvement impétueux : La véhémenck du vent.

— Fig. Vivacité, ardeur impétueuse : La véhémknce des passions. La véhémence du discours nuit à la bonté de la doctrine. Télémaq ne disait ces parole» avec une autorité et une véhémence qui entraînaient tous les cœurs. (Fén.)

— Encycl. Littér. Nous citerons, parmi les orateurs chez lesquels on trouve des modèles de véhémence, Démosthène, Bossuet, le Père Bridaine, Mirabeau , Fox. ■ Démosthène, dit Laharpe, n'a point fait usage du pathétiquo touchant, comme Cicéron ; ses sujets ne l'y portaient pas; mais il a supérieurement manié le pathétique véhément. ■ Quelle rapidité, quelle vigueur il déploie, par exemple lorsque, dans la première Philippique, il veut entraîner les Athéniens à rougir d'eux-mêmes I » Votre manière de combattre Philippe ressemble tout a fuit au pugilat des barbares. L'un d'eux est-il frappé, il ne pense qu'au coup qu'il vient de recevoir; le fiappe-t-on ailleurs, il y porte aussitôt la main ; mais parer les coups et en porter à son tour, il ne le sait et n'en est pas capable. Ainsi de vous : apprenez-vous que Philippe est dans la Chersonèse, décret pour secourir la Chersonèse; aux Thermopyies, décret pour les Thermopyles ; sur quelque autre point, vous courez, vous montez, vous descendez k sa suite. Oui, vous manœuvrez sous ses ordres, n'arrêtant vous-mêmes aucune mesure militaire importante, ne prévoyant absolument rien, attendant la nouvelle du désastre d'hier ou d'aujourd'hui. Autrefois, peut-être, vous pouviez impunément vous conduire ainsi ; mais la crise approche et exige une autre manière d'agir, •

Dans le discours que Mirabeau prononça le £6 septembre 1789 , au sujet des finances , on a souvent relevé ce mouvement oratoire d'une admirable véhémence : « Eh, messieurs, à propos d'une ridicule motion du Palais-Royal, d'une risible insurrection qui n'eut jamais d'importance que dans les imaginations faibles ou dans les desseins pervers de quelques hommes de mauvaise foi, vous avez entendu naguère ces mots forcenés : Catilina est aux portes de Borne, et l'on délibère! Et certes il n'y avait autour de nous ni Catilina, ni périls, ni factions, ni Rome. Aujourd'hui, la banqueroute, la hideuse banqueroute est là; elle menace de consumer vous, vos propriétés, vos familles, votre honneur; et vous délibérez I > Fin parlant de la vigueur et de l'impétuosité qui caractérisèrent l'éloquence de Mirabeau, on ne saurait oublier sa réponse à de Brézé. Quand le roi eut ordonné à l'Assemblée de se séparer : « Je demande, avait dit Mirabeau h ses collègues, qu'en vous couvrant de votre ■dignité vous vous renfermiez dans la religion de voire serment; il ne nous permet de nous séparer qu'après avoir l'ait la constitution. • Alors de Brézé, grand maître des cérémonies, s'avança et fit entendre ces paroles d'une voix mal assurée : « Messieurs, vous avez entendu les ordres du roi. < Mirabeau lui répliqua, suivant la tradition populaire : < Allez dire à votre maître que nous sommes ici par la volonté du peuple, et que nous n'en sortirons que par la puissance des baïonnettes. • Mais les paroles de Mirabeau, telles que les donne la rédaction du Moniteur, tout en gardant un sens analogue, n'ont ni cotte vivacité ni cette roideur. Les voici : • Oui, monsieur, nous avons entendu les intentions qu'on a suggérées au roi; et vous, qui ne sauriez être son organe auprès des états généraux, vous qui n'avez ici ni place ni droit de parler, vous n'êtes pas fait pour nous rappeler son discours. Cependant, pouréviter toute équivoque, je déclare que, si l'on vous a chargé de nous faire sortir d'ici, vous devez demander des ordres pour employer la force, car nous ne quitterons nus places que parla puissance des baïonnettes. >

L'orateur anglais Fox a été , suivant James Mackintosb, celui'des orateurs modernes qui a réuni au plus haut degré la raison, la simplicité, la véhémence de Démosthène : « il a été, en un mot, l'orateur le plus démosthéniquequi se soit rencontré depuis l'antiquité. » Nous choisirons, comme exemple de la véhémence oratoire de Fox, celui de ses discours» qui intéresse le plus la France. C'est la réponse qu'il adressa en 1790 k Burke pour défendre contre ses attaques les principes de la Révolution française. Il avait déjà soutenu ouvertement ces principes et regardait la constitution nouvelle de la France comme le plus glorieux monument de liberté que la raison humaine eût élevé dans aucun temps et dans aucun pays. Quand il se leva pour répondre k Burke : « Il semble, dit-il, que c'est un jour privilégié, où chacun peut se lever et insulter le gouvernement qu'il lui plu». Quoique personne n'ait dit un mot sur les troubles de la France, mon honorable ami vient de prendre la parole et de flétrir de gaieté de cœur ces mémorables événements. 11 aurait pu traiter, ce me semble, le gouvernement de la Chine, ou celui de la Turquie, précisément de la même manière et avec autant d'opportunité... Sur cette révolution, je tiens k mon sentiment, et je ne rétracte pas une syllabe de ce que j'ai dit. Je pense que

VEHI

VEHS

c'est un des événements les plus glorieux du monde... Si je louais la conduite du premier Brutus, si j'appelais l'expulsion des Tarquins un acte généreux et patriotique, serait- il juste de dire que je médite rétablissement du consulat dans mon pays? Si je répétais l'éloquent panégyrique de Cicéron sur le meurtre de César, la conséquence serait-elle que je suis venu ici avec un poignard sur moi pour tuer quelque grand homme ou quelque orateur ? Si vous dites qu'admirer une action c'est vouloir l'imiter, montrez qu'il y a quelque analogie dans les circonstances. » Ce discours célèbre causa la rupture de Fox et de Burke, après une intimité de vingt-deux ans. La véhémence est assez rare dans l'éloquence de la chaire. Les sujets qu'on y traite et le but qu'on s'y propose s'accommodent mieux en général du pathétique touchant. Bossuet seul, parmi les grands prédicateurs, en fournirait de nombreux exemples ; chez Bossuet l'impétuosité s'allie au sublime. Parmi les orateurs secondaires; le Père Bridaine a dû sa réputation surtout à sa véhémence. On en cite plusieurs traits, et surtout cette apostrophe à la partie la plus jeune de son auditoire : « Et sur quoi vous fondez-vous, mes frères, pour croire votre dernier jour si éloigné? Est-ce sur votre jeunesse? Oui. répondez-vous, je n'ai encore que vingt tins, que trente ans. Ah I ce n'est pas vous qui avez vingt ou trente ans, c'est la mort qui a déjà vingt ou trente ans d'avance sur vous. » La véhémence de cet orateur singulier se traduisait même par des actes. Un soir, après un sermon dont le sujet était la brièveté de la vie, il dit à ses auditeurs : « Je vais vous reconduire chacun chez vous, a Et il les emmena au cimetière.

Un des prédicateurs renommés que nous avons entendus dans ces derniers temps a eu la véhémence à, un haut degré, le Père Ventura, Parmi nos orateurs politiques contemporains, MM. Berryer, Jules Favre et Gambetta se sont fait admirer assez souvent par des mouvements d'une entraînante véhémence.

VEHEMENT, ENTE adj. (vé-é-man, an-te — lat. vehemens, mot venu de vehere, porter, traîner, qui représente la racine sanscrite vah, porter, deveuue en zend vaz, en grec ocheâ, eu gothique vigan, en ancien slave vesli; en lithuanien weszti et wèzu, etc. Cette racine a produit un grand nombre de dérivés de divers genres, qui s'appliquent surtout aux véhicules de toute espèce). Impétueux, violent; ne s'emploie guère qu'au figure : Caractère, esprit véhément. Passion véhémente. L'ibis a un appétit véhément de ta chair des reptiles. (Bun.) Démoslhène a supérieurement manié le pathétique véhément. (Laharpe.)

— Qui a le caractère véhément, les passions véhémentes : Nous sommes véhéments danslousnos désirs. (Boss.) il Vigoureux, énergique, en parlant d'un orateur, d'un écrivain : Le véhément Bridaine a déchiré plus de cœurs et fait couler plus de larmes gîte le savant et profond Bourduloue. (Marmontel.) Juvénal est le plus véhément et le dernier des satiriques latins. (Boissonade.) U Se dit également du style : Un style véhément. Une éloquence

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