VÉHÉMENTE
— Sya, Véhément, emporté, fougueux, etû, V. EMPORTÉ.
VÉHÉMENTEMENT adv. { vé-é-man-teman — rad. véhément). Très-fort, beaucoup : Ce parfumeur était véhémentement soupçonné de guérir tes oncles riches quand ils se disaient malades. (Balz.) Le capitaine a écarté les accusations de vol et de trahison qui pesaient véhémentement sur lui. (X. Saintine.)
VÊHICULAIRE adj. (vé-i-ku-lè-re — rad.
véhicule). Qui est relatif aux moyensde transport. Il Peu usité.
— Antiq. rom. Course véhiculaire, Sorte de poste par relais qu'Auguste avait établie dans l'empire, pour recevoir rapidement des nouvelles des provinces.
VÉHICULE s. m. (vé-i-ku-le —latin vehiculum, mot qui vient de vehere, porter, et qui appartient a la même fumille'que le sanscrit vaha, vâha, vahya, vahana, vûhika, char, dont la racine est vah, porter). Moyen de' transport par terre ou par eau ; Les habitudes nomades suggérèrent de bonne heure à l'homme l'invention des véhicules destinés à le transporter. (A. Maury.) t — Moyen de faire passer un objet d'un lieu dans un autre : L'air est te véhicule du son. Les artères et les veines sont les véhicules du sang.
— Liquide qui tient en solution ou en suspension une substance nutritive ou médicamenteuse : Le mucilage doit sa qualité nutritive aux diverses substances auxquelles il sert de véhicule. (Brill.-Sav.) L'eau favorise la digestion et fournit un véhicule aux humeurs. (L. Cruveilhier.)
— Fig. Moyen de transmission, de propagation : Les mots sont les véhicules des idées. (F. Bastiat.) L'imprimerie est le plus puissant VÉHICULE de la pensée 'humaine. (Dupin.)
— Philos. Grand véhicule, Petit véhicule, Noms des deux principales écoles bouddhistes.
— Encycl. Pharm. Un véhicule doit toujours faciliter l'action et l'administration du médicament. Il a une influence thérapeutique positive, soit que, par sa nature, il puisse éu:e mieux supporté, mieux absorbé par les
tissus avec lesquels on veut mettre l'agent principal en contact , soit qu'il se charge mieux de cet agent, qu'il ait pour lui plus d'affinité, soit, en un mot, qu'il soit plus propre à remplir sa mission. L eau, l'alcool, l'éther, le vin, la bière, le vinaigre, les essences, les huiles sont à peu près les seuls véhicules employés en médecine. L'eau est le véhicule le plus employé. De fait,*elle dissout un nombre considérable do corps soit à froid, soit à chaud. Apres elle vient l'alcool, puis l'éther, dont l'emploi est beaucoup plus restreint. Le choix du véhicule est subordonné à l'emploi de tel ou tel médicament. Il est donc de toute importance que le médecin connaisse la solubilité des substances médicamenteuses dans les véhicules employés.
— Philos. Grand et petit véhicule. On désigne ainsi les deux principales écoles du, bouddhisme. Elles remontent l'une et l'autre à une très-haute antiquité. Il est difficile de préciser exactement les différences qui les distinguent. Le fond, qui est l'adoration infinie du Bouddha, est le même; seulement, cette adoration se traduit par des rites différents et des interprétations diverses de sa doctrine. Elles ne reconnaissent pas comme canoniques et orthodoxes les mêmes ouvrages. Le grand véhicule (maha-yàna) a cinq séries de livres sacrés, et le petit véhicule en a neuf. La dénomination de petit véhicule donnée à la seconde école semble indiquer une infériorité quelconque vis-à-vis de l'autre. C'est que, en effet, les partisans du petit véhicule paraissent mettre un peu au second plan de leur enseignement les spéculations métaphysiques du bouddhisme, qui sout l'objet principal du grand véhicule. La doctrine de celui-ci jouit d'une plus grande estime chez les lettrés et les docteurs que la doctrine du petit véhicule. En général, c'est une croyance répandue parmi ces derniers que l'enseignement du petit véhicule ne suffit point pour acquérir le norvana, et que ses sectateurs, après leur mort, auront encore à subir une transmigration. Hiouen-Thiang, quij dans son voyage, s'étend beaucoup sur cette partie religieuse, parle du petit véhicule avec 'un grand mépris. Il oppose sans cesse aux idées vulgaires et aux principes étroits du petit véhicule les spéculations hardies du grand véhicule. On peut conclure que la doc- .trine du premier ne s'occupe que de la morale et de Ja discipline du bouddhisme, auxquelles ont été jointes quelques-unes des légendes les plus grossières. Cependant, le petit véhicule a. presque autant de sectateurs que la doctrine rivale. lise trouvait, du temps d'Hiouen-Thiang, répandu dans toutes les parties de la presqu'île où avait pénétré- le bouddhisme. Ce qu'il y a de remarquable dans ces deux doctrines, c'est que, malgré la guerre d'argumentation qu'elles se font sans cesse, elles vivent à coté l'une de l'autre dans une tolérance parfaite. Partout, elles coexistent sans se combattre autrement que par les armes de la polémique. Chacune d'elles pratique partout librement son culte sans être inquiétée ou gênée par sa rivale. Cependant, les sectateurs et les religieux des deux doctrines ne se demandent pas volontiers l'hospitalité entre eux, quoique, au besoin, ils se l'accordent. Ainsi Hiouen-Thiang, quoique partisan du grand véhicule, alla demeurer dans un couvent appartenant au petit véhicule. Peut-être ne iïiut-il point attribuer cette répugnance qu'ils ont à se demander réciproquement l'hospitalité à une haine profonde et enracinée, mais à la différence des règles qui régissent la vie religieuse chez les sectateurs de ces doctrines. Le petit véhicule ne tolère que trois aliments; la sobriété est une des vertus qu'il recommande le plus. Elle lui est imputée à faute par le grand véhicule, qui y voyait un souvenir des austérités brahmaniques, sévèrement blâmées par le Bouddha. Les sectateurs de cette, dernière école mangent indistinctement de tous les mets.
Il y a quelquefois, parmi les sectateurs de l'une et de l'autre école, des conversions à l'école rivale. Ces conversions se font ordinairement en faveur du grand véhicule, bien qu'on cite quelques exemples de sectateurs du grand véhicule qui se sont convertis à la doctrine du petit; mais ces exemples sont rares. Quelques docteurs de la loi enseignent les deux doctrines, tout en préférant celle du grand véhicule.
VEHME s. f. (vè-me). V. tvehme.
VEHMIQUE adj. (vè-mi-ke). V. WEhmique.
VEHSB (Charles-Edouawl), historien allemand, né à Freiberg, en Saxe, en 1802. Fils d'un riche industriel de cette ville, il rit ses études à l'Ecole des mines, d'où il sortit pour aller suivre des cours de droit aux universités de Leipzig et de Gœttingue. En 1825, il entra aux archives de Saxe, à Dresde, se fit recevoir, l'année suivante, docteur en droit et, six ans plus tard, fut nommé archiviste. Mais, poussé par le goût des aventures, il donna sa démission en 1838 et partit pour les Etats-Unis, qu'il parcourut pendant une année. Il fit ensuite le tour de l'Europe, ouvrit à Dresde des cours libres, qui furent fort suivis, sur l'histoire politique, littéraire et artistique de l'Europe, passa les années 1851 et 185S en voyages en Allemagne, en Suisse, à Paris et à Londres, et vint se fixer à Berlin en 1853, Ayant inséré dans son Histoire
VEIK
des cours allemandes des personnalités fort piquantes sur un'prince de la maison royale de Prusse, il fut impliqué dans un procès de presse, qui se termina par sa condamnation à six mois d'emprisonnement; il lui fut, en outre, interdit de séjourner en Prusse. En août 1856, il se retira à Sisach, près de Bâle, et y obtint, l'année suivante, le droit de bourgeoisie. 11 partit peu de temps après pour l'Italie, habita successivement Nice, Gènes, Florence, Rome, et revint à Freiberg en 1862. Devenu presque aveugle, il résida à Florence à partir de 1867. Parmi ses ouvrages, nous citerons : Histoire de l'empereur Othon le Grand (Zittau, 1828) ; Tables de l'histoire universelle et de l'histoire de la civilisation (Dresde, 1834); Cours d'histoire universelle (Dresde, 1842) ; Shakspeare politique, philosophe et poète (Hambourg, .1841); histoire des cours allemandes depuis la déformation (Hambourg, 1S51-IS58, 48 vol.), ouvrage qui se partage en six sections, savoir : 10 la Prusse (6 vol.); 2° l'Autriche (11 vol.); 3° la maison de Brunswick (5 vol.); 4° la Bavière, le Wurtemberg, Bade et la Hesse (5 vol.); 50 Ja maison de Saxe (7 vol.); 6» les petites cours allemandes, les cours des princes médiatisés et les cours ecclésiastiques (14 vol.). C'est là l'œuvre capitale de M. Vehse, auquel elle a valu autant d'admirateurs que de critiques. Il en existe des traductions dans plusieurs langues vivantes.
VEICHNAVA s. m. (vè-chna-va). V. vêch-