‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 15Chapitre 626 sur 1042 · V. Paterculus · texte numérisé non relu

V. Paterculus

VELLEJUS (André Sc-ERENSEN, dit), érudit danois, né à Vejle en 1542, mort à Ribe en 1016. Après un voyage en Allemagne en compagnie de Tycho-Brahé, il fut nommé prédicateur de la cour de Danemark, chanoine de Ribe et historiographe de la cour. Ses principaux écrits sont : Antechrislus Homumis (Copenhague, 1571); Ceniuria canlilenarum Datiicarum (Ribe, 1591); Anciennes poésies amoureuses et historiques des Danois (Copenhague, 1657) ; Historia. Canuti ducis, dans le tome IV des Scriplores rerum Danicarum, etc.

VELLE-la interj, (vè-le-la — de vois, dele, et de la). Véner, Cri par lequel le piqueur annonce qu'il a vu la bèta que l'on chasse.

VELL

VELLERON, bourg et commune de France (Vaucluse), cant. de Pernes, arrond. et à 18 kilom. de Carpentras, sur un mamelon au pied duquel coule une branche de la Sorgue de Vaucluse; 1;653 hab. Usine à. broyer des chiffons; importante fabrique de plâtre; minoteries, carrières de pierre, mines d'argile exploitées pour la poterie et la briqueterie; vin de bonne qualité. Velleron s'élève sur l'emplacement d'un camp fortifié construit par jEmilius Lepidus, lieutenant de Jules César. En 950, celte localité lit partie d'un marquisat qui passa aux comtes de Toulouse par le mariage de Raymond Taillefer avec Emise, petite-fille de Boson. Velleron^ fut inféodé en 1232 à la maison de Pons d'Astoan. En 1668, la seigneurie de Velleron fut érigée en marquisat par le pape Clément IX en faveur de François de Cambis, baron de Brantès. L'ancien château de Cambis sert aujourd'hui d'hôtellerie. A l'est de Velleron, Sur la route de Carpentras à Cavaillon, se trouve l'établissement de bains dit de Notre- Dame-de-Santé. Les eaux, magnésiennes, ferrugineuses, jaillissent perpendiculairement d'une profondeur de plusieurs mètres et dégagent à "leur sortie de terre une quantité considérable d'acide carbonique. Elles se prennent indifféremment en boisson et en bains et sont recommandées contre les dyspepsies, les embarras gastriques, les constipations opiniâtres, les engorgements du foie, les bronchites chroniques, les maladies cutanées chroniques, etc. L'établissement des bains, construit sur les plans de M. Reboul, se compose de deux galeries et est très -fréquenté. La saison des eaux commence le 15 juin et linit dans le courant de septembre.

On remarque aux environs de Velleron : Le

Thor et son ancienne église, Vénasque et son

fameux baptistère, le château de Saumanes,

' la fontaine de Vaucluse et l'abbaye de Sé-

nanque.

VELLERON ( Joseph - Louis - Dominique , marquis dk Canbis-), historien français. V. Cambis- Velleron.

VELLÉTIE s. f. (vèl-lé-si). Moll. Genre de mollusques gastéropodes, du groupe des ancyles.

VELLETRI, autrefois Velitrs , ville des Etats de l'Eglise, dans la comarca et à 3 J ki-y loin. S.-E. de Rome; 13,000 hab. Evêché. Quoique mal bâtie, cette 'ville se présente sous un aspect assez pittoresque, à cause de sa position sur une haute colline. Les rues en sont étroites et tortueuses, comme il arrive dans presque loutes les villes anciennes; mais on y voit quelques fontaines publiques d'une assez belle construction. Le palais public mérite une attention, ainsi que le palais Lancelloti, qui, placé sur le sommet de la colline, domine la ville et se distingue par un bel escalier, par î'èlègante distribution du jardin et par les belles vues dont on y jouit. On y voit aussi un vieux théâtre et la colonne du pape Urbain Vil!, sur la place du Marché. Aux environs, nombreuses traces de monuments anciens.

Vclleci-i (la Pallas de). V. Pallas.

VELLICATION s. f. (vèl-li-ka-si-on — lat. vellicatio; de vellicare, pincer). Action de pincer, de tirer l'oreille, d'agacer. Il Vieux mot.

VELL1NI (Giovanni Ricuzzi), érudit italien. V. Camebs (Jean).

VELLOCASSES , peuple de la Gaule romaine. V. VÉLIOCASSES.

VELLORE ou VELAU, ville forte de l'Indouttan anglais , dans la présidence et à 128 kilom. S.-O. de Madras, dans l'ancienne province de Karnatic ; 15,000 hab. Fabrication, de toile de coton ; commerce de coton et d'indigo. La ville, défendue par trois forts, possède quelques beaux palais, des baraquements spacieux et un quartier militaire. A quelques kilomètres de la ville se trouvent de vastes réservoirs d'irrigation, qui se rompirent le % mai 1871. Les eaux se précipitèrent sur la ville, où elles causèrent do grands ravages, détruisirent des maisons et causèrent la mort d'un millier d'habitants.

VELLOSIE s. f. (vèl-lo-zl — de Velloso, botan. portug.). Bot. Genre de plantes, type de la famille des vellosiées, comprenant do nombreuses espèces, qui croissent presque toutes au Brésil. -

VELLOSIE, ÉE adj. (vèl-lo-zi-é — rad.

vellosie). Bot. Qui ressemble ou qui se rapporte au genre vellosie.

— s. f. pi. Famille de plantes inonocotylédones, ayant pour type le genre vellosie, et réunie par plusieurs auteurs, comme simple tribu, aux broméliacées.

VELLUTELLO (Alexandre), littérateur italien, né àLueques. 11 vivait au xvie siècle. Dès sa jeunesse, les. œuvres de Pétrarque devinrent l'objet particulier de ses études, et, désireux d'écrire la biographie de ce poète, il se rendit à Avignon et à Vaucluse, dont il compulsa les archives. Il écrivit alors une Vie de Pétrarque, qu'il plaça en tête de son édition des Sonnets de ce poète (Venise, 15Î5, in-4°). Cette Vie a servi pendant près de trois siècles de source principale, pour ne pas dire unique, à ceux qui ont écrit sur l'amant de Laure; mais, depuis que l'abbé de Sade a relevé les erreurs dont elle fourmillait, elle a perdu toute autorité. On doit en-

VÉLO

core à Vellutello un Commentaire sur la Divine comédie de Dante (Venise, 1544, in-4°], souvent réédité, et qui est d'une grande utilité pour l'interprétation de plusieurs passages obscurs de ce poërnê.

VELLDTI (Donato), chroniqueur italien, né à Florence en 1313, mort en 1370. Il appartenait à l'une des plus anciennes familles de Florence. Après avoir étudié le droit, il devint juge à Colle et, en 1342, fut nommé par Gauthier, duc d'Athènes, l'un des prieurs de cette ville. Gauthier ayant été chassé dès l'année suivante, ce futVelluti qui contribua le plus à faire adopter les sages réformes introduites dans le collège des prieurs. Nommé en 1350 gonfalonier de justice, il exerça ces fonctions jusqu'à sa mort et sut sauvegarder les intérêts du peuple florentin dans les nombreux différends que Florence eut avec les^ villes et les principautés voisines. En proie à une cruelle maludie, la goutte, pendant les trois dernières années de sa vie, il chercha une distraction dans les travaux littéraires et écrivit l'histoire de son siècle. Ces mémoires demeurèrent inédits jusqu'au milieu du Xvmo siècle; mais il en circula de nombreuses copies, qui en firent apprécier toute la valeur, et, dès la tin du xvno siècle, l'Académie de la Crusca les déclara « texte de langue. • Manni les publia sous oe titre : Cronica di Firenze di Donato Vettuti, dall' anno t 1300, ùi circa, fino al 1370 (Florence, 1731, in-4<>).

VELLV( Paul-François), historien français, né à Crugny, près de Reims, en 1700, mort en 1759. Elève des jésuites, il entra dans la compagnie en 1726 et en sortit vers 1740. Il conserva cependant des relations avec les pères et vint professer dans leur collège de Louis-le-Grand, à Paris. C'est pendant les loisirs que lui laissaient ses fonctions qu'il commença la rédaction d'une Histoire gênérate de France, dont il publia les deux premiers volumes en 1755 et qu'il conduisit jusqu'au huitième volume, que la mort l'empêcha d'achever. Cette histoire , qui a été continuée avec plus de talent par Villaret et Garnier , est une compilation laborieuse, . mais qui manque de critique et de méthode et où se fait sentir une connaissance peu approfondie des sources; l'auteur travaille presque toujours de seconde main, et il a conservé l'habitude de placer des discours imaginaires dans la bouche de ses principaux personnages. Cet ouvrage semble avoir dû le succès dont il jouit à une certaine époque, principalement à son style, qui a une tournure plus moderne que celui des histoires publiées antérieurement. Il peut cependant être toujours consulté avec fruit pour ce qui concerne les rois capétiens jusqu'à Philippe le Bel. V. Francs (histoire de), par Velly.

VÉLO s. m. (vé-lo — du lat. velox, rapide)- Argot. Postillon.

VÉLOCE adj. (vé-lo-se — lat. velox. V. vélocité). Très-rapide : Coureur véloce. Il Peu usité.

VÉLOCER v. n. ou intr. (vé-lo-sé — rad. véloce). Néol. Se livrer à l'exercice du vélocipède.

VÉLOCIFÈRE S. m. (vé-lû-si-fé-re — du lat. velox, véloce; fera, je porte). Voiture publique d'une marche rapide : Un vélocikèrb nous conduisit en cinq heures à Milan. (H. Beyle.)

— Ancien nom du vélocipède.

— Ornith. Espèce de ganga.

VÉLOCIMANE s. m. ( vé-lo-si-mn-ne — de véloce, et du lat. manus, main). Appareil de locomotion, spécial pour les enfants, en forma de cheval, monté sur quatre roues, dont les deux premières sont mises en mouvement au moyen d'une manivelle.

VÉLOCIPÈDE s. m. (vé-lo-si-pè-de — du lat. velox, véloce; pes, pied). Appareil porto sur des roues, sur lequel on se place à califourchon et qu'on met en mouvement avec les pieds : Une course de vélocipèdes.

— Encycl. L'invention du vélocipède ne date pas de nos jours , mais les conditions dans lesquelles elle s'est produite étaient peu de nature à en assurer le succès. Il existe à la Bibliothèque nationale une estampe représentant des incroyables du Directoire se promenant sur des véhicules marchant d'après le même système que les vélocipèdes, mais si lourds et si mal construits qu'il n'est pas possible de les appeler de ce nom, dont la signification première est légerà la course. Les vélocipèdes sont restés longtemps sans recevoir de modifications importantes dans leur forme; mais l'attention se porta sur co véhicule il y a quelques années, et des constructeurs habiles n'ont cessé, depuis lors, de le perfectionner; celui que nous allons décrire est déjà dépassé aujourd'hui, mais le système est toujours resté le même. Le voyageur, assis sur un siège, agit comme s'il marchait sur des pédales très-mobiles O, articulées au bout d'une manivelle qui meut une roue R. De cette façon, la pédale O se présente toujours horizontalement sous le pied.

Tout l'appareil est simplement porté sur deux roues R et R', situées dans le même plan vertical. Se tenir sur ce véhicule parait,

VELO

au premier abord, difficile. Il n'en est rien, et, après quelques essais, on arrive à une Stabilité parfaite, à condition de rouler assez vite.

Le siège A est installé sur un ressort flexi--

VELO

ble r, porté sur une barre pq, laquelle reposa sur les essieux par les montants pt, //S.

Une manette M sert à la direction de la roue R; elle sert en même temps à manœuvrer un frein, C'est un ressort suspendu par

Fig. i.

une chaînette d; si on tourne la manette en f, la chaînette s'enroule et on applique sur R une portion plus ou inoins longue du ressort cC.

Il y a des personnes qui ont une aptitude particulière et pour ainsi dire naturelle pour se tenir en équilibre ,sur le bicycle. L'exercice du vélocipède bicycle devrait être imposé dans tous les gymnases, car il est un de ceux qui peuvent familiariser le plus et le mieux l'enfant et le jeune homme avec les lois de l'équilibre corporel; c'est comme une introduction à l'habileté et à la grâce dans tous les autres exercices du corps. Il équivaut presque à l'escrime, quand on s'y exerce alternativement de l'une et l'autre main.

Le travail développé dans l'acte de locomotion du vélocipède est moindre qu'on ne se le figure en général. En moyenne, la fatigue est à peu près égale à celle de la marche pendant le même- temps; mais, comme on fait beaucoup plus de chemin, cette fatigue se trouve être moindre relativement a la distance parcourue. L'habitude a d'ailleurs ici une grande influence. Il faut aussi faire entrer en ligne de compte l'état du temps et celui de la route. Le vélocipède n'exerce activement que le triceps crural et, supportant tout le poids du corps, il supprime ce tassement de la colonne vertébrale qui se renouvelle à chaque pas pendant la marche. Celle-ci détermine plus de lassitude générale. En somme, il est prouvé que la fatigue déterminée par le vélocipède se dissipe beaucoup plus vite que la fatigue occasionnée par la marche.

En Angleterre, il a été beaucoup écrit'sur la matière; mais en France, soit que les vélocipédistes ue comptent pus parmi eux d'écrivains, soit que les hommes aptes a écrire sur cette question s'en soucient peu, à peine si l'on peut trouver un article publié de loin en loin dans quelque revue à peu près ignorée des masses, telle que les Mondes, de l'abbé Moigno, et l'Association scientifique de France. Cette dernière publiait en 1874 ce paragraphe : « Les médecins français et anglais ont eu à traiter, pendant ces temps det- - uiers, une grande variété de blessures résultant d'accidents de vélocipède, dont quelquesunes provenaient des nouveaux dangers qu'offrent ces instruments, lesquels consistent dans la position élevée du cavalier, mais plus particulièrement dans ses relations avec les lois de l'équilibre, La blessure la plus commune a été la dislocation des extrémités supérieures, et notamment du radius. Quelques fractures du cubitus ont aussi été constatées, avec de graves foulures aux poignets. »

Vers le commencement de 1872, des vélocipédistes s'organisèrent en brigades pour porter les dépêches de la Bourse au bureau central des télégraphes, rue de^ Grenelle; cette institution dura jusqu'à la hude 1875, époque où un bureau spécial de dépêches télégraphiques fut installé à la Bourse, en communication directe avec le bureau central. La distance à parcourir était, aller et retour, d'à peu près 6 kilomètres. Le trajet, y compris le temps d'expédier les dépêches, était de vingt- cinq minutes, et le veloceman ou véiocipédiste touchait 2 fr. 50 pour prix de sa course.

Pendant la durée du procès de l'ex-maréchal Bazaine, quelques journaux employaient des vélocipédistes. La distance, qui est de Su kilomètres de Versailles & Paris , était parcourue en quarante-cinq minutes et la course était payée 25 francs.

Des concours de velocemen, avec récompenses pécuniaires et honorifiques, ont lieu bien plus fréquemment en Angleterre qu'en France ; cela explique la supériorité de nos voisins en ce genre d'exercice. En septembre 1875, pendant la durée de l'Exposition de géographie, un grand concours international de velocemen a été organisé dans le jardin des Tuileries et ce sont les Anglais qui ont gagné le prix.

Un bon veloceman est aussi à l'aise sur sa moulure qVunécuyer du cirque sur sou che-

val favori. C'est comme un Centaure d'une nouvelle espèce. On en voit qui, sans crainte de perdre l'équilibre, jonglent des deux mains avec trois ou quatre balles; d'autres qui jouent du violon ou de l'accordéon; d'autres qui se tiennent debout sur la selle exiguë et même se dressent les pieds en l'air et les mains appuyées sur la barre du gouvernail, tandis que le vélocipède continue de rouler par la vitesse acquise.

Un jour, après les luttes de vitesse, on imagina les courses de lenteur, comme fiche de consolation pour ceux qui ne parvenaient jamais à décrocher le moindre prix dans les premières. Il arriva ceci : que ce furent les lauréats de la vitesse qui gagnèrent encore les prix de lenteur. On croyait avoir voulu jouer à qui perd gagne, mais l'on s'était aperçu aussitôt qu'il faut beaucoup plus d'habileté pour conserver l'équilibre avec une allure de marche solennelle que pour exécuter une course de vent soufflant en tempête. L'extrême lenteur est la pierre d'achoppement du véiocipédiste ; elle est en même temps la pierre de touche de son art.

VÉLOCIPÉDER v. n. ou intr. (vé-lo-si-pédé — rad. vélocipède). S'exercer à monter sur un vélocipède.

VÉLOCIPÉD1STE s. (vé-lo-si-pé-di-ste — rad. vélocipède ). Personne qui se livre à l'exercice du vélocipède. D On dit aussi ïb-

LOCIPBDEUR, EUSB. '

VÉLOCIPÉDOMANTE s. f. (vé-lo-si-pé-doma-nî — de vélocipède, et de manie). Manie du vélocipède.

VÉLOCITÉ s. f. ( vé-lo-si-té — lat. velocitas ; mot dérivé de velox, léger, prompt, rapide). Grande vitesse ; Je descendis dans la prairie avec cette vélocité des pieds qui défie celle du cheval échappé. (Balz.) La voiture continuait à courir avec une effrayante vélocité. (Alex. Duin.Jt

— Fig. Extrême promptitude ; La vélocité de la pensée. Le temps nous emporte avec une vélocité si vive, qu'il dote d'une espèce d'antiquité ce que l'homme a fait et écrit il y a quelques années d peine. (Lerminier.)

— Syn. Vélocité, activité, célérité, etc. V. ACTIVITÉ.

VELONNÉE s. f. (ve-lo-né). Syn, de vallonnés.

VÉLOR1TE s. f. (vé-lo-ri-te). Moll. Genre d'acéphales, de la famille des cardiacés.

VELOT s. m. (ve-lo — dim'm. de veau).

Petit veau, dans certains départements.

— Techn. Peau de veau mort-né.

VELOURS s. m. (ve-lour '— de l'ancien français, velous, villuse, venu du latin villosus, velu. L'italien dit velluto ot l'espagnol veludo pour velours; ces formes sont les correspondantes du français velu et viennent du latin villutus, qui est, du reste, de la même famille que villosus, velu. D'un diminutif veluet vient sans doute le root anglais velvet, velours. Un autre diminutif se trouve dans le vieux français velluau, qui représente probablement le bas latin veiludellum, étoffe de soie velue. Quant au verbe velouter, il est fait d'après l'italien vellutare, de velluto, velours, à moins qu'il ne soit librement déduit de l'ancien français velous, comme taluter de talus). Comm. Etoffe de soie, de coton ou de laine, a double chaîne, rase d'un côté et le plus souvent velue et douce au toucher de l'autre : Une robe, un manteau de velours. Doux comme du velours, il Velours à deux, à trois, à quatre poils, Velours dont le velouté est formé de fils à deux, trois ou quatre brins. Il Velours ras, Velours sans velouté. Il Velours plein, Velours' sans figures.

Il Velours d'Utrecht, Velours à long poil et avec figures, pour meubles. Il Velours fifjwé, Velours avec dessins sur le fond. Il Velours cannelé, Velours avec raies alternativement rases et veloutées. Il Velours épingle, Velours ras et portant des raies très-fines et trèsrapprochées. Il Velours de gueux, Etoffe en coton et fil, très-solide, mais très-prompteinent fanée.

• VELO

— Par anal. Objet extrêmement doux au toucher : Le vblours d'une pêche. Une peau de velours. Que ton rasoir soit bon du moins! — Il est de velours ; vous n'en sentirez que le vent. (Piron.) Il Objet qui produit sur les sens une impression douce, comme celle qile l'on éprouve en touchant du velours : L'une d'elles -priait souvent, l'autre chantait avec une voix de velours. (Chateaub.) C'est un velours, un baume pour l'estomac. (E. Sue.)

— Pop. Liaison faite au moyen d'un s ou d'un s doux, dans des cas où il n'existe pas de liaison de ce genre, comme lorsqu'on dit : H n'est point-s'à moi. Donnez-moi-z'en.

•— Patte de velours, Patte d'un chat qui retire ses griffes : Ce chat fait patte de velours et ne griffe jamais, il Faire patte de velours, Caresser ceux à qui l'on cherche à nuire.

— Chemin de velours ou simplement Velours, Voie facile et agréable : -

Veut-on marcher vers les célestes tours, Escobar fait un chemin de velours.

La Fontaine.

— Prov. Habit de velours, ventre de son, Pour se parer de beaux habits, il est des gens qui font maigre chère.

. — Jeux./ouer sur le velours, Jouer sur son gain.

— Hist. nat. Réunion de poils serrés, mous, courts et ras, que présente la surface de certains organes. .

— Ichthyol. Dents en velours. Dents de poisson fines, nombreuses et serrées.

• — Entom. Velours noir. Nom vulgaire du hanneton humerai, il Velours jaune, Espèce de dermeste. Il Velours vert, Nom vulgaire du gribouri soyeux et de la cicindèle champêtre. ^

— Moll. Velours anglais, Nom marchand d'une coquille du genre cône.

— Bot. Poils courts, mous et serrés qui couvrent certains organes.

— Enoycl. Le velouj-s est de fabrication ancienne dans l'Inde; on croit que les Romains le connaissaient; du moins purent-ils en voir et en rapporter quelques pièces lorsque l'empire poussa ses armes victorieuses jusqu'en Asie : mais ils ignorèrent sans doute les procédés de fabrication. Les textes précis se rapportant au velours sont d'une date beaucoup plus récente; dans le langage des fabliaux, c'est le veluei, le veleuit ou le veluyau; dans la langue populaire, le velous, que les chartes latines traduisent par villosus, vetiuetuna, velluvium et même vellonus. L'origine indienne de l'étoffe est quelquefois rappelée dans ces chartes par une épithète. La règle des templiers constate qu'il y avait des ornements de velours attachés à certains vêtements (xiu" siècle) ; un canon du concile de Sens parle d'aumusses de satin et de velours, almutias de cendeto seu de velveto, et d'un vêtement de velours rouge, porté par les prêtres (1320) ; l'inventaire de la Sainte- Chapelle consacre une mention particulière à une toile de velours bleu semé de fleurs de lis d'or: Item, una toaillia parafa de velveto yndo ad flores lilii aureos (1363), ce que l'inventaire fiançais traduit par : Une touaille parée develluyau ynde (couleur d'azur) à fleurs de lis d'or. Le velours, fort rare jusqu'au xvie siècle, était alors une étoffe du plus grand luxe; il ne s'employait que dans les vêtements royaux ou pontificaux et les ornements d'église. On faisait des paremenls d'autel de velours rouge, des reposoirs de velours noir; on eu reliait les manuscrits les plus précieux. Boniface, évêque de Mayenee, rapporte qu'il se servait de pièces de velours pour essuyer les pieds et les mains des pauvres dans la cérémonie du vendredi saint. Encore au milieu de xvie siècle, l'envoi de quelques pièces de velours était considéré comme un don tort riche. C'estcequ'on litdjus le Diseours de la vie et de la mort de Frégose, abbé de Saint-Bénigne, de Dijon (1540) : Ad nos misil egregium munus trium pannorum sericeorum quos velutos vocamus , triplicis coloris. Les anciennes peintures montrent le velours associé au drap (à la panne, comme on disait nutrefois) dans les manteaux fleurdelisés des rois; les bonnets de velours de saint Louis et de Louis XII ont été rendus populaires. A dater des guerres d'Italie, le velours devint beaucoup plus commun en France; Charles VIII, François 1er portèrent des costumes entiers de riche velours, et, sous Henri III, on fut obligé de comprendre cette étofi'e dans les lois somptuaires : aux états de Blois de 1576, il fut défendu aux valets de porter des vêtements de velours.

Venise et Gênes eurent longtemps le monopole de l'importation du velours en Europe, tant que l'on se contenta de l'aller chercher sur les marchés de l'Asie, et de sa fabrication lorsque l'Italie voulut rivaliser avec l'Inde et la Chine pour la production de celte précieuse étoffe. Florence, Milan, Lucques, Genève possédaient au xv» siècle les seuls métiers à tisser le velours connus en Europe, avec ceux de Gênes et de Venise. De Genève, cette fabrication passa à Lyon en 1536, diton ; la première manufacture y fut établie par Turquett'e et Narris et atteignit en peu de temps un très-haut degré de prospérité. L'Allemagne et la Hollande ne durent qu'à la révocation de l'édit de Nantes l'importation chez elles de cette industrie; ce furent des réfugiés français qui y divulguèrent les

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procédés de fabrication et fondèrent des établissements à Spitalfield et a Harlem (1685). Au siècle suivant , Manchester et Amiens élevèrent une industrie rivale, celle du velours de coton, mais Lyon est resté supérieur, même à, Gênes, pour la production du velours de soie et surtout du velours ciselé.

— Fabrication. La fabrication du velours est très-compliquée, comme celle de toutes les étoffes de soie ; le même métier tisse, brode et dessine les ornements. L'Indien produit des pièces merveilleuses, en plein air, sous un arbre, aux branches duquel il suspend les fils de la chaîne, pour les élever et les baisser alternativement; un cadre de bambou sur lequel il étend la trame, un trou creusé dans la terre pour placer ses jambes, une navette avec laquelle il entrelace les fils complètent cet appareil primitif; pour élever et abaisser les fils de la chaîne, il se , sert de deux brides, placées au pouce de chaque pied. L'ouvrier européen, admirablement outillé, n'arrive pas à donner k son ouvrage plus de fini et de délicatesse; seulement, il fait beaucoup plus vite. On se sert indifféremment pour la fabrication du velours du métier à bras ou du tissage mécanique; le métier ne diffère en rien, quant à la carcasse, de ceux des autres étoffes de soie à la tire.

Le velours a deux chaînes; celle qui est inférieure forme le bâti ou te corps de l'ê* toife; celle qui est supérieure sert pour le poil qui s'entrelace avec la trame et la chaîne inférieure; la première est nommée chaîne de pièce, l'autre est nommée peluche, et c'est elle qui donne le velouté. La chaîne et la peluche de velours sont ordinairement en organsin ; les fils de peluche sont moins nombreux que ceux de la chaîne, mais chaque poil est composé de plusieurs brins, dont le nombre varie de un et demi à six. La richesse de l'étoffe dépend du nombre de ces poils, qui doivent être droits, serrés et cacher entièrement le fond ; sa beauté dépend aussi de leur uniforme égalité. On dit du velours de, deux, trois, quatre, cinq et six poils, d'après le nombre des fils de peluche qui est passé entre les dents du peigne. Le velours de trois poils est le plus usité ; c'est même le terme dont on se sert en espagnol pour désigner le velours en général {terciopelo). . . La fabrication du velours il l'aide du métier à bras comprend quatre opérations : 1« l'armure, c'est-à-dire le liage des fils, chaîne et traîne qui doivent composer le tissu ; un pointé figure ce liage sur un papier quadrillé appelé mise en carte; 2° le remettage ou reutrage des fils dans les mailles des lisses; 3° l'embrevage ; ce travail consiste à établir au moyen de cordons une relation entre quatre systèmes de leviers dont on fait usage dans le métier k bras, et qui sont destinés a mettre les lames en fonction ; i° le marchage, ou cadence alternative du pied droit et du pied gauche de l'ouvrier sur les leviers communiquant le mouvement à tout le système, leviers que l'on nomme marches ou pédales. Dans le tissage mécanique, l'embrevage et le marchage sont remplacés par la misa en tapettes de l'armure, ou application de tapettes de levée et tapettes de rabat sur les disques d'un tambour transmettant au moyen de leviers spéciaux les mouvements alternatifs de levée et de rabat à un équipage mécanique.

Les marches étant mises en action et les fils de la chaîne alternativement élevés et abaissés, la navette est lancée et, en passant sur tes fils de la peluche, elle les serre sur la moitié de la chaîne; un battant frappé contre la trame accomplit l'entrelacement de la trame et de lu chaîne et forme la boucle de peluche autour d'une baguette qui occupe toute la largeur du tissu, et qui est placée en dessous des fils de la peluche et eu dessus des fils de la chaîne. Les boucles de peluche, coupées au rabot, forment le velouté ; cette opération exige de l'adresse et de l'habileté de main; la plus petite déviation produit une inégalité dans la surface du velours et gâte toute "une pièce. A cet effet, le tisseur opère avec deux baguettes, dont l'une reste toujours dans l'étoffe, tandis qu'il coupe les boucles nouées sur l'autre, sans quoi lesfilsde la peluche étant coupés se trouveraient libres d'un côté, et le tissu se désagrégerait. La baguette sur laquelle on vient de couper est remise en place et, quand elle est assurée par quelques coups de navette, on coupe sur l'autre, et ainsi de suite. Autrefois, on ne formait guère que trente-huit ou quarante boucles ou insertions de navette par décimètre carré; aujourd'hui, grâce aux améliorations apportées, on en fait jusqu'à soixante, ce qui donne à l'étoffe une épaisseur et, par conséquent, une richesse plus grande.

Le velours, k ne prendre même que le velours de soie, offre un grand nombre de variétés. On appelle velours unis ou velours pleins ceux qui n'ont ni figures ni rayures; velours ras, celui dont la chaîne supérieure n'est pas coupée; velours cannelé ou épingle, celui qui est divisé en deux raies, l'une en velours plein, l'autre en velours ras; ces raies courent dans la direction de la trame; elles sont faites k des intervalles égaux, en laissant sans les couper un certain nombre do boucles; velours figurés, ceux dont le tissu offre divers ornements, sans que le lond soit différent de la façon, c'est-à-dire dont toute

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la superficie est veloutée. Les velours a fond différent de. ht façon forment une catégorie spéciale de velours riches, sous le nom de velours ciselés^à ramages, à fond d'or, etc. Les fonds de ces velours sont en satin ou en gros de Naples; les fleurs, les broderies, les ornements sont en velours plein. On exécute à fond d'or ou d'argent en remplaçant le satin pur un tissu lamé de l'un ou de l'autre de ces métaux. Les plus belles pièces de velours a ramages sorties des manufactures de France furent fabriquées à Saint -Maur, près de Paris, par le sieur Charlier, pour le compte de Louis XIV. Elles revenaient à 1,000 livres l'aune; on en fit quelques tentures de portière h Versailles. Les velours rayés ont des raies de diverses couleurs, soit toutes veloutées, soit partie velours et partie satin. On fait aussi du velours à deux faces, c'està-dire velu sur ses deux côtés, et même on • peut faire que chaque endroit ait une couleur différente; la chaîne dépendant du poil de peluche, chaque couleur qui le fournit peut donner une nuance nouvelle. MM. Jannin et Faisan, manufacturiers de Lyon, ont imaginé un métier qui permet de tisser deux pièces à la fois l'une contre l'autre, les deux envers en dehors, les deux endroits réunis parle fil de chaîne qui, coupé ensuite, forme le poil. Ce procédé était depuis quelque temps employé à Tarare et à Saint-Etienne pour la fabrication des peluches de soie, niais son application à la fabrication du velours présentait des difficultés heureusement surmontées aujourd'hui.

Les velours de coton sont d'origine anglaise. Ils furent introduits en France en 1740, mais ce n'est qu'en 1768, époque à laquelle la navette volante fut introduite à Amiens et les machines perfectionnées, que le velours de coton fut fabriqué en France avec économie. Les velours de coton diffèrent des velours de soie, en ce que le velouté ne se produit pas par un poil, mais par une trame qui enverge au tissu. Comme nous l'avons déjà fait remarquer, ils sont toujours moins beaux et leurs couleurs sont ternes et peu solides. On en distingue plusieurs espèces, les velours lisses, les velverettes et les velours à côtes ou à demi-câtes.

— Velours de laine. On doit distinguer les velours de laine et de poil de chèvre. Ils ont leur trame et leur première chaîne en fil de lin ou de chanvre.

On les connaît sous les diverses dénominations de pannes, tripes, velours d'Utrecht. Dans le velours d'Utrecht, le velouté est en poil de chèvre. La traîne est quelquefois aussi en laine, mais la chaîne est toujours on fil.

On fabrique des velours d'Utrecht rayés, unis, gaufrés ou imprimés en différentes couleurs.

On les emploie à garnir les meubles et les voitures. On en faisait aussi des tentures d'appartement avant que l'on fît usage du papier.

C'est dans la catégorie des velours de laine que se rangent les velours moquette.

Les velours moquette ont la chaîne de lin, la trame de coton et le velouté en poil de chèvre, lls.diffèrent d'ailleurs du velours d'Utrecht, parce qu'ils ne sont pas coupés,' mais frisés.

Les velours chinés ou velours à dessins sont des velours de soie travaillés d'une façon particulière ; ces velours, comme les tapisseries des Gobelins, imitent la peinture, avec toute sa vivacité et sa variété de couleurs. On tisse des tableaux et des portraits en velours chiné.

Lyon tient la tète de la fabrication pour les velours ornés ; c'est de ses manufactures que sortent les pièces les plus riches. Aux Expositions universelles de 1851, 1855, 1807, ses velours noirs à fleurs roses, ses velours orange, cerise, verts, violets, verts et or, ses étoffes brochées de velours pour robes, ont surpris les étrangers par leurs magnificences. Ni l'Italie ni la Hollande n'ont pu rivaliser. Quelques-unes de ces belles pièces étaient pourtant dues tout entières à de simples ouvriers; le travail du velours n'est pas exclusivement du domaine, des manufactures; cette industrie permet le travail domestique, bien plus moralisateur que celui de l'atelier , et beaucoup d'ouvriers lyonnais possèdent des métiers à bras. On a tenté en 1848 un essai d'association des ouvriers tisseurs de velours, association qui a réussi et qui a exposé de fort belles pièces dès 1855. En France, Avignon, Nîmes, Tours et Toulouse fabriquent aussi des velours remarquables.

En Italie, Gênes a toujours une grande renommée, acquise depuis des siècles, pour la fabrication des velours unis, ainsi que Milan, Venise et Naples. La Hollande produit des velours légers, que Lyon et Avignon ont été fort longtemps à égaler; la consommation de cette sorte de velours, eu usage surtout pour les vêtements, est assez considérable; c'était une redevance que nous étions obligés de payer à l'étranger. Crevelt fabrique des velours à bas prix, de très-peu de solidité. Dans les tieJours d'Allemagne, on emploie pour le velouté des peluches inférieures, que l'on teint à la gomme, pour en augmenter le lustre et l'épaisseur; l'étoffe tissée puiuît avoir le même poids, le même brillant que les beaux velours, mais ce n'est qu'une apparence fouineuse} elle esttrès-inférieure,

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comme usage et comme solidité. Toute la production anglaise est concentrée à Manchesteret on n'y fabrique absolument, comme à Amiens, que du velours de coton. Quant aux Indes et à la Chine, qui les premières ont vu naître cette industrie et dont les produits ont pu être comparés à ceux de l'Europe dans nos grandes Expositions, elles sont restées à peu près au point de départ. L'Indien, avec la même patience qu'autrefois, tisse de riches pièces de velours uni qui peuvent soutenir le parall'ele avec celles de nos meilleures fabriques; le Chinois, tout aussi patient, n'atteint guère qu'une uniforme médiocrité.

VELOURS-MAURIENNE s. m. Comm. Gros drap qu'on fabrique dans la vallée de Maurienne, en Savoie.

VELOUTÉ, ÉE (ve-lou-té) part, passé du v. Velouter. Qjii a les dessins et les ramages du velours, bien que le fond soit d'une étoffe différente : Du satin velouté. Il Qui imite le velours : Une tenture de papier velouté.

— Qui offre au toucher la douceur du velours : La peau veloutée de la pèche. Il Qui fait sur les sens une impression douce et analogue à celle que l'on éprouve en touchant du velours : .Un regard velouté. Des sons veloutés. Une liqueur veloutée. Les descriptions du Paradis perdu ont quelque chose de doux, de velouté, de vaporeux, d'idéal comme des souvenirs. (Chateaub.) Au lieu des paysannes goitrSuses du Valais, on rencontre à chaque pas, dans le Piémont, de belles vendangeuses, au tebit pâle, aux yeux veloutés; au parler rapide et doux. (Alex. Dum.)

— Se dit des membranes qui sont couvertes de petits poils ou filets très -serrés, qui leur donnent l'apparence du velours : La membrane veloutée qui tapisse l'estomac.

— Vin velouté, Vin généreux Un peu chargé en couleur, mais d'une saveur molle, et sans âcreté.

— Art culin. Crème veloutée, Crème cuite qui sert d'entremets.

— Techn, Se dit des pierres dont la couleur est à la fois limpide et foncée.

— s. m. Qualité de ce qui est velouté : Le velouté d'une étoffe. Le velouté de ta pêche,

— Fig. Douceur : Le velouté de la voix. Quelle magie que celle du bonheur/ Quel velouté il répand sur toutes choses.' (B. d'Aurevilly.) Il Délicatesse : La vie parisienne lui enlève bientôt le velouté de ta conscience. (Balz.)

— Comm. Galon en velours.

— Art culin. Sauce particulière, qu'on prépare d'avance, et qu'on mêle en petite quantité à diverses sauces : Ajoutes une cuillerée de VELOUTÉ.

— Encycl. Art culin. Le velouté est peutêtre, de toutesles sauces de la grande cuisine, celle qui exige le plus de soin et ie plus de dépenses; c'est pourquoi la plupart des ménages bourgeois ne connaissent point cette sauce et la remplacent par un roux blanc. Le velouté, conservé au frais, sert à préparer ou à améliorer les sauces employées pour les entrées. Il existe trois sortes de veloutés,

— Velouté gras. « Ayez, dit Gouffé, 3 kilogrammes de sous-noix de veau et deux poules dont vous aurez retiré les filets; beurrez une casserole, dans laquelle vous mettez deux oignons et les viandes dessus ; ajoutez 1 demi-litre de bouillon; faites suer k feu doux, en évitant que les viandes ne se colorent; mouillez avec 7 litres de bouillon ; faites bouillir, éeumez, puis ajoutez 5 grammes de sel, 3 grammes de mignonnette, 3 grammes de sucre, un bouquet garni et deux carottes moyennes; laissez sur le feu jusqu'à entière, cuisson des viandes; retirez les viandes sur un plat et saupoudrez-les de sel; passez la cuisson à la serviette et dégraissez entièrement; faites un roux blanc avec 400 grammes de farine et 400 grammes de beurre clarifié; mouillez avec la cuisson des viandes et tournez jusqu'à ébuliilion. Au premier bouillon, mettez sur le coin du fourneau. Laissez mijoter pendant deux heures; dégraissez deux fois pendant l'opération, et une dernière fois avant de passer le velouté à

Tétuinine. •

— Velouté maigre. « Ayez, dit le même auteur, 4 kilogrammes de poisson, grondins, merlans, brochets; mêlez-les dans une casserole ; ajoutez deux oignons ordinaires , deux clous de girofle, un bouquet garni, deux carottes moyennes, l demi -litre de vin blanc, £0 grammes de sel, 50 grammes de mignonnette; faites suer à feu doux pendant quinze minutas; mouillez aveu une bouteille de vin blanc et 4 litres d'eau; faites bouillir, écuinez et laissez mijoter sur le coin du fourneau jusqu'à entière cuisson du poisson. Passez à la serviette, puis faites un roux blanc avec 350 grammes de beurre et 350 grammes de farine. Mouillez le roux; faites réduire eu tournant Sur le fourneau pendant un .quart d'heure; passez à l'étamine. >

— Velouté de poisson, dit waterfish. « Mettez, dit encore Gouffé, dans une casserole 1 demi-litre de poivrade et 1 demi-litre de velouté maigre ; faites bouillir, puis liez avec 60 grammes de beurre; ajoutez une cuillerée à bouche d'estragon haché. »

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