VELP
VELOUTER v. a. ou tr. (ve-lou-té — rad. velours).' Donner l'apparence du velours à : Le duvet de la première jeunesse veloutait ses joues rondes et vermeilles. (E. Sue.)
L'air est joli, sans doute,
Frais comme un coin de parc que la mousse velouté
Rolland et du Boys.
I! Donner de la douceur, du moelleux ;i : En mai, l'amour velouté le gosier des oiseaux en même temps que les pétales des fleurs. (Toussenel.)
Se velouter v. pr. Devenir velouté : Ses joues fermes et pleines se veloutaient du
r v. pr.
et plein plus frais incarnat. (E. Sue.)
VELOUTIER s. m. (ve-lou-tié). Ouvrier qui fait du velours.
— Bot. Nom d'un arbrisseau qui croît dans l'Ile de France : Le paille-en-queue, après des pointes de deux cents lieues en mer, revient chaque soir coucher sous le veloutier gui cache sa nichée. (G. Sand.)
VELOUTINE s. f. (ve-lou-ti-ne — rad. velours). Comm. Etoffe de soie, souvent ornée de dessins brochés en or ou en argent, que l'on fabriquait au dernier siècle pour faire des robes de toilette, ainsi que des ameublements. Il Poudre de riz spéciale préparée au bismuth, et donnant à la peau une sorte de velouté.
VÉLOZE s. f. (vé-lo-ze — du lat. vetox, véloee). Argot. Poste aux chevaux.
VELPEAU ( Alfred-Louis-Armand-Marie) , célèbre chirurgien français, né à La Brèche (Indre-et-Loire) en 1795, mort à Paris en 1867. Son père, simple maréchal ferrant, lui •apprit son métier et l'employa, à sa forge. Presque seul, l'enfant parvint à lire et à écrire. Ayant découvert dans le tiroir d'une vieille table un Traité d'hippiatrique et un ouvrage intitulé : le Médecin des pauvres, il se mit à les lire avec passion, les relut et se pénétra s"i bien de leur contenu, qu'un beau matin il se mit à donner des consultations aux campagnards du voisinage. Il acquit même une certaine réputation et attira sur lui l'attention d'un de ses voisins, riche fermier qui , voyant que du bambin on pourrait faire quelque chose, proposa à son père de lui faire partager les leçons que recevaient ses propres enfants. Le jeune Velpeau profita si bien de ces leçons, que son bienfaiteur eut l'idée d'en faire un médecin. Le père -céda enfin, et, en 1816, Velpeau partit pour Tours. D'abord attaché à l'hôpital de la ville, il employa tout sou temps à s'instruire ; latin, français, histoire, géographie, mathématiques, il apprit tout ceia, sans compter la médecine ! Quinze mois d'un travail opiniâtre lui valurent une place d'interne. Plus tard, après de brillants examens, le titre d'officier de santé lui fut accordé avec 200 fr. d'appointements ; il résolut alors d'aller à Paris compléter ses études. Dès ce jour, il commença une vie de privations et de souffrances; il amassa de petites économies, qui vinrent se grossir peu à peu du produit des visites faites à quelques clients; au bout de deux ans, il partit pour la capitale. Arrivé à Paris, le jeune Velpeau recommença avec plus d'ardeur que jamais sa vie de labeur et de privations. La majeure partie de ses économies servit à acheter des livres. Tout son temps était partagé entre l'hôpital, les cours de l'école et les amphithéâtres de dissection. Cependant, ses ressources étaient à bout. Les médecins de Tours, ses anciens maîtres, lui envoyèrent des secours. Enfin, eu 1821, ses travaux furent récompenses. Il fut couronné à l'Ecole pratique et obiint, il la suite d'un brillant ' concours, une place d'aide d'anatomie. En 1823, il lut reçu docteur et ouvrit plusieurs cours & l'Ecole pratique. Il enseigna tour à tour l'anatomie, la pathologie chirurgicale et la médecine opératoire. Nommé chirurgien de la Pitié en 1830, il fut élu deux uns plus tard membre de l'Académie de médecine et devint en 1835, à la suite d'un concours très-remarquable, professeur de clinique "chirurgicale. En 1842, il succéda au baron Larrey, comme membre de l'Institut. Velpeau n'était pas un orateur; il n'enjolivait pas sa phrase : la netteté et la concision lui suffisaient. Chaque fuis qu'il prenait la parole, on l'écoutait avec attention, tant il rendait ses discours intéressants par l'immense savoir qu'il y développait et par l'extrême logique de ses raisonnements. Il excellait à ramener sur son vrai terrain une discussion dévoyée par des orateurs plus soucieux d'un succès de phrases que de l'intérêt de la science. Clinicien hors ligne, son diagnostic était rapide et sûr, sa inain habile et ferme, maigre l'accident (une piqûre anatomique) qui le priva presque entièrement de l'usage de son index. C'est surtout comme professeur que Velpeau était un homme vraiment remarquable. A une expérience personnelle, solide et étendue, il joignait une étude approfondie des travaux d'autrui. Malgré sa grande fortune, l'illustre docteur vivait très-simplement et très-frugalement. Cela se comprend si l'on songe aux habitudes de sobriété et de privations même qu'il contracta dès son enfance et qu'il conserva toute sa vie. Velpeau avait la manie du calembour ; elle le suivait partout, à l'école, à l'hôpital, où chaque matin ses élèves recevaient la douche, de son répertoire. Cette manie du calembour ne le