‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 15Chapitre 628 sur 1042 · VELT · texte numérisé non relu

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quittait même pas à l'Académie, où, quelques jours avant sa mort, un de ses collègues lui demandant pourquoi, arrivé à un âge où il aurait dû se reposer, il travaillait toujours ; • «Vous mourrez àla brèchel •ajoutait-il. — i Pourquoi ne mourrais-.je pas à La Brèche? J'y suis bien né 1 > reprit l'illustre vieillard. On sait s'il a tenu sa parole. ■ Que pensez-vous, monsieur , du système d'Epieure î disait-il un jour, tout en examinant une tumeur pour laquelle on venait le consulter. — Mais je pense qu iladubon, «réponditle consultantsurpris. Velpeau saisit une lancette et pratiqua rapidement plusieurs mouchetures superficielles. Le patient de se récrier. • J'étais bien sûr que vous vous vantiez," reprit Velpeau avec le malin sourire qui lui était habituel. Mais si l'illustre chirurgien se laissait aller à cette innocente manie, c'est à tort, si nous en croyons M. Béclard, qu'on l'a accusé d'insensibilité. On parlait unjourdevant lui de l'apparente insensibilité des chirurgiens. « L'homme que j'opère, dit Velpeau, sait que l'opération est pour lui la seule voie de salut, l'espoir le soutient et cette pensée me domine moimême; mais un pauvre enfant ne suit rien, rien que souffrir; aussi, toutes les fois que je porte sur lui l'instrument, mon cœur se déchire. » Velpeau succomba à une affection aiguB de la prostate.

Il a collaboré au Dictionnaire de médecine et de chirurgie pratiques et à un grand nombre de recueils périodiques. 11 a, en outre, pu . blié les ouvrages suivants : Nouveaux éléments de médecine opératoire (4 vol. in-S", avec atlas in-4°; 2« édit., Paris, 1839) ; 2'raité complet de l'art des accouchements ou- Tokologie théorique et pratique, avec un abrège des maladies qui compliquent la grossesse, le travail et les couchis et celles qui affectent les enfants nouueau-nés (Paris, 1833, 2 vol. in-S») ; Des convulsions ches les femmes pendant la grossesse, pendant le travail et après l'accouchement (Paris, 1834, 1 vol. in-8°) ; Embryologie et ovologie humaine (Paris, 1833, in-8°) ; Du slrabisnie (Paris, 1S4Ï, in-8u) ; Manuel pratique des maladies des yeux (Paris, 1843, in-18); Recherches anatomiques, physiologiques et pathologiques sur les cavités closes naturelles ou accidentelles de l'économie animale (Paris, 1843, in-8°); De l'opération du trépan dans les plaies de tête (Paris, 1834, in-8°) ; Manuel d'anatomie chirurgicale topographique (in-18; 2c édit., Paris, 1862), en collaboration avec Béraud ; Leçons orales de clinique chirurgicale (Paris, " I840-1S4 1, 3 vol. in-8°); Mémoire sur tes unus contre nature dépourvus d'éperon (Paris, lS36,in-S°); Traité des maladies du sein et de la région mammaire (Paris, 1842, 3 vol. in-8°); Leçons sur le diugnostic et le traitement des maladies chirurgicales (Paris, 1866, in-s°).

VELSIQUE, bourg de Belgique, province de la Flandre orientale, arrond. et à 14 kilom. E. d'Oudeuarde; 3,000 hab. Tissage de lia et de coton.

VELTAGE s. m. (vèl-ta-je — rad. velte). . Techn. Jaugeage opéré avec la velte.

— Mar. Action de velter.

VELTE s. f. (vèl-te). Métrol. Ancienne mesure de capacité pour le vin, qui variait suivant la localité, et valait à Paris 7!»t,45. Il Mesure d'Anvers pour les liquides, valant lSLit,66. Il Jauge pour les tonneaux.

VELTER v. a. ou tr. (vèl-té — rad. velte). Jauger avec la velte : Velter un tonneau,

— Mar. Attacher au moyen d'une velture. Il On dit aussi valter.

VELTEUR s. m. (vèl-teur — rad. velter). Techn. Ouvrier chargé de mesurer à la velte, de velter ou jauger les tonneaux.

YELTHEIM (Auguste-Ferdinand, comte de), minéralogiste, géologue, botaniste et archéologue allemand, né dans le duché de Magdebourg en 1741, mort à Brunswick 411 1801. Il étudia la minéralogie à l'université de lieluisiaidt, fut nommé en 1766 sous-inspectèur des mines du Harz et, après la mort de sa femme, se retira dans ses terres. En 179S, il* fut arraché à sa solitude par les électeurs du duché de Mugdebourg, qui le choisirent pour député. Son château de Harbke était bien connu des savants, qui y trouvaient à leur disposition une belle bibliothèque et de nombreuses collections niiuéralogiques, géologiques et artistiques. Les principaux ouvrages de Veltheim sont : Traité de minéralogie (Brunswick, 1781, in-fol.); Réformes dans la minéralogie (Helmstœdt, 1793); Anecdotes sur la cour de France, en particulier dans les temps de Louis XI V et du ilégent (Strasbourg et Brunswick, 1795, 30 édit., in-8°). Les œuvres complètes de Veltheim ont paru sous le litre de : Recueil de traités historiques, archéologiques et minéralogiques (Helmsiœdt, 2 vol. gr. in-s°).

VELTHEIMIE s. f. (vèl-tè-ml — de Veltheim, botaii. allem.). Bot. Genre de plantes bulbeuses, de la famille des liliacées, tribu des hyacinthées, comprenant deux espèces, qui croissent au Cap de Bonne-Espérance.

— Encycl. Les vellheimies, rangées d'abord parmi les alétris, sont des plantes bulbeuses, à feuilles radicules lancéolées, ondulées sur les bords, à hampe terminée par une grappe de fleurs cylindriques , tubuleuses, penchées ou pendantes. Ce genre comprend un petit nombre d'espèces, qui croissent au Cap de Bonne-Espérance et qu'on cultive

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dans nos jardins d'agrément. La veiltheimie à 'feuilles vertes a une grappe grosse et bien fournie de fleurs longues de o«>,04 à 0m,05, d'un rose vif mêlé de pourpre. La veltheimie glauque en diffère par son feuillage glauque, ses fleurs plus petites et moins nombreuses. Ces plantes se cultivent en orangerie, où on les multiplie par caîeux. Les fleurs sont trèsbelles et souvent précoces, mais d'une odeur peu agréable.

VELTHEM ou VELTHE1M (Jean), artiste dramatique allemand, né a. Halle vers 1640, mort dans les premières années du xvme siècle. Après avoir fait ses études à Halle, il forma dans cette ville, vers 1670, une troupe théâtrale, qui se composait d'étudiants, et introduisit sur la scène allemande les pièces de Molière, dont il traduisit ou fit traduire les œuvres pour la première fois en 1694. Il visita successivement Berlin, Hainbourg,Nuremberg, Breslau, Francfort et Leipzig, et remit partout en honneur l'art dramatique, qui était si universellement méprisé à celte époque en Allemagne.

VELTHUYSEN (Lambert), dit Vel.i...»!...,

théologien protestant hollandais, néàUtrechi en 1C22, mort dans la même ville en 1685. 11 étudia k l'université de su ville natale la philosophie , la théologie , la médecine , et pratiqua quelque temps l'art médical, puis il se jeta dans les spéculations théologiques. Elu député par les principaux, de la ville prés les assemblées eeclésiatiques, il défendit si énergiquement les droits de ses mandants qu'il se créa de nombreux ennemis, dont les intrigues amenèrent sa destitution. Ses ouvrages ont été publiés sous le titre de : Velthusii opéra omnia duabus partibus {Rotterdam, 1080, in-4>>).

VELT1S s. m. (vèl-tiss). Bot. Syn. de centaurée, genre de carduacées.

VELTURE s. f. (vèl-tu-re). Mar. Ligature qui unit le haut d'un mât inférieur et le pied du niât supérieur. || On dit aussi valtuue.

VELTWYCK. (Gérard), orientaliste et homme d'Etat belge, né à Utrecbt vers la fin duxv» siècle, mort en 1555. Issu d'une famille d'origine juive, il s'appliqua à l'étude de l'hébreu et du clialdéen, devint en 1528 recteur des écoles de Louvain et y acquit une telle réputation de savoir que Charles- Quint l'appela auprès de lui, lui donna le titre de conseiller et le chargea de plusieurs négociations importantes, notamment d'une ambassade à Constantinople en 1545. Quatre ans , plus tard, Veltwyok devint trésorier de l'ordre de la Toison d'or. On a de lui un poème en hébreu intitulé : Schévilé tohn (les Sentiers du désert) [Venise, 1539, in-4<>], dans lequel il fait une critique aussi vive que juste des rites judaïques. On lui attribue encore, un autre ouvrage, qui* a pour titre : Derechemnoua (le Chemin de la foi) ^Padoue, 1563].

VELU, UE adj. (vo-lu, û — lat. villutus, de villus, poil, qui, malgré la différence des formes, appartient à lu même famille que le sanscrit urna, laine, et ura dans ura-bltra, bélier, c'est-à-dire porte-laine, lesquelles formes viennent de la racine var, couvrir, d'où la forme secondaire ûrnu, couvrir. Ainsi ûma est pour varva et ura pour tiaro). Couvert de poils : Des Iras velus. Une poitrine velue. Un homme velu comme un ouïs. La peau d'E* saù était velue comme celle d'un chevreau. Un fruit vei.u. Une tige velue. Des feuilles velues. Les pêches des espuliers sont veluks et comme cotonneuses. (Raspail.) Les tiges fibreuses et VELUES de la pariétaire se couvrent de feuilles en forme de lances. (H. Berthoud.)

— A signifié Moisi : Du fromage velu.

— Constr. Pierre velue, Pierre non dégrossie, telle qu'elle vient de la carrière.

— s. m. Etat de ce qui est velu : Le velu d'une feuille.

— Véner. Peau qui couvre le bois d'une bète fauve, lorsqu il pousse. U On dit aussi velue s. f.

— lehthyol. Nom vulgaire d'un poisson du genre baliste, qui habite les mers d'Amériujie.

— s. f. Entom. Nom vulgaire de la chenille de la chélonie enja.

VELUETTE s. f. (ve-!u-è-té — rad. velu). Bot. Nom vulgaire île la piloselle.

VÉLUM s. m. (vé-lomm — mot lat. qui sigitif. voile). Grande tente couvrant un amphithéâtre ou un vaste espace quelconque.

VÉLUTlNEs. f. (vé-lu-ti-ne).Moll. Genre de mollusques gastéropodes pectinibrauches, de la famille des capuloïdes, dont l'espèce type vit sur les côtes de France et d'Angleterre : La vélutink doit prendre place ptus près des cabochons que des sigarets. (E. Baudetneut.)

VELVENTINE ou VELVANTINE s, f. (vèlvun-ti-ne). Comm. Genre de velours en coton, uni : La velventinb est, de tous les velours coton, celui qui imite le plus le velours soie. (Bezon.)

— Adjectiv. : Le rapport d'armure pour le velours vëlvkntine est de huit coups, (Bezon.)

VELVERETTE S. f. (vèl-ve-rè-te). Comm.

Genre de velours en coton : liobe de velverette. Fabrique de velvehette.

— Adjectiv. : Pour les velours velveret-

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TES, qui se font sur quatre lisses, le rapport d'armure est de six coups. (Bezon.)

VELVET s. m. {vèl-vè — anglais velvet, velours). Comm. Sorte de-velours de coton. Il On dit aussi vklventine s. f.

VELVÉTIQUE adj. (vêl-vé-ti-ke — rad.

velvet). Pathol. Se dit d'une altération des cartilages articulaires, caractérisée par leur ramollissement, dû à la fissuration de leur substance dans le sens vertical , de sorte qu'ils ressemblent a du velours ayant les hbres perpendiculaires k la direction de la surface articulaire.

VELVOTE s. f. (vèl-vo-te). Bot. Nom vulgaire de la linaire bâtarde et de la véronique des champs.

VEMME s. m. (vè-me). lehthyol. Nom vulgaire d'un poisson du genre corégone.

VENAFUO, ville du royaume d'Italie, province de Molise, district et à 19 kiloin. S.-O. d'Isernia, ch.-l. de mandement; 4,400 hab. Siège d'évéché, avec cathédrale remarquable. Cette ville fut, dit-on, fondée par Diomède et portait dans l'antiquité le nom .de Venafrum.

VENAISON s. f. (ve-nè-zon — du latin venatio, chasse; de venari, chasser, que plusieurs étyinologistes rattachent à la racine sanscrite vên, désirer, aimer. Bopp, cependant, croit que venari est contracté de vednari et appartient k la mémo famille que le sanscrit ui/à(Z/ia, chasseur, proprement celui qui frappe, qui blesse, de la racine vyadh, frapper, d'où vyadha, vyadhaita, action de blesser). Chair de bête fauve ou rousse, comme daim, cerf, sanglier, etc. : Un pâté de venaison. Un goût de venaison. Il Graisse de bète fauve ou rousse : Ce daim n'était pas en venaison. Tous les ans, le renne, comme le t cerf, se charge de venaison. (Buff.)

— Basse venaison, Lièvre et lapin.

VENA1SSIN , INE adj. (ve-nè-sain, i-ne).

Géogr. Qui appartient à Venasque ou à son territoire : La population venaissine.

VENA1SS1N (COMTÀT-). V. comtat D'AVI- GNON.

VÉNAL, ALE adj. {vé-nal, a-lo — lat. venalis, dé venus, achat, en usage seulement k l'accusatif venum et au datif veno ou venui. Le latin venus est sans doute le même mot que le grec duos, ànê, achat, prix d'achat, marchandise, d'où ônesmai, j'achète. Pott rapporte ces formes k une racine sanscrite van ou ban, que les grammairiens indiens expliquent par vyapriti, commerce, affaire.'et qui, d'après Rosen, signifie également acheter et vendre, suivant Westergaard agir, faire, et, dans le Rig- Véda, offrir, donner, etc. Benfey et Kuhn écartent l'opinion de Pott et rattachent le latin venus, ainsi que le grec onos, ànê, au sanscrit vasna, prix, salaire, substance, richesse, qui appartient probablement à la même racine que vusu, vastu, or, richesse, savoir la racine vas, soit dans l'acception de briller, soit dans celle d'aimer). Qui s'achète, qui se transmet il prix d'argent : Une charge vénale. Des offices vénaux. L'instruction peut être vénale, l'éducation ne peut guère l'être sans danger. (Mm« Mouinarson.)

— Intéressé, mettant un prix k des services ordinairement gratuits , ou faisant, pour de L'argent , des choses que réprouve la conscience : Un homme vénal. .Une âme, une conscience vénale. Une plume vénale. L'égoUute rend tes âmes vénales, et le premier banquier qui passe peut en acheter des centaines sans se ruiner. (Trév.) Si le gouvernement se trouvait, par hasard, entouré d'hommes corrompus et vénaux, il peut encore se sauver en les repoussant des fonctions publiques. (Barère.)

Va, je Buis autrement que les femmes vénales : Je hais l'esprit commun et les phrases banales.

Foksard.

— Valeur vénale, Valeur pécuniaire, commerciale : La valeur vénale des objets d'art est impossible à bien déterminer,

— Syn. Vénal, mercenaire. V. MERCENAIRE.

VÉNALEMENTadv. (vé-na-le-man — rad .

vénal). Dune manière vénale : Acquérir vÉnalhment une charge. Les avares ne font rien que vénalkment et dans l'espoir du gain. (Riehelet.)

VÉNALITÉ s. f. (vé-na-li-té — rad. vénal). Qualité de ce qui est vénal : Vénalité des offices. La vénalité en amour ne se borne pas aux filles du bazar. (Fourier.) L'avidité qui suit te luxe amène la vénalité des suffrages. (Rulhières.)

— Encycl. Vénalité des offices, La. vénalité des offices était un des principes constitutifs de l'aDcienne monarchie. Eu 1512, Louis XII, manquant de ressources pécuniaires pour Soutenir la guerre eu Italie, vendait des offices de finances et même quelques offices du judicature. Son successeur, François 1er, abusa de cette ressource financière. La vénalité Aen offices de judicature paraissait un usage odieux; elle livrait au plus offrant et dernier enchérisseur des fonctions qui demandent surtout de la science et de la probité. Aussi provoqua-t-elle, dès le xvue siècle, de vives réclamations. Bodin, dans son traité De la République, et Montaigne, dans ses Essais, s'élèvent beaucoup contre ce tia-

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fle scandaleux. François Hotman alla encore plus loin {Franco- G allia, ch. xxi) ; il ravala la vénalité des offices par une comparaison ignoble. Il assimilait le trafic des offices, que l'on achetait en gros et que l'on revendait en détail, au commerce des bouchers qui achetaient un bœuf, le dépeçaient et en vendaient les morceaux {sicuti lanii bovem opimvm pretio emptum post in macella per partes venditant). Ces attaques amenèrent d'utiles réformes. La vénalité ne fut pas détruite , mais elle fut soumise a des conditions de moralité et de capacité (Ordonnance de Moulins, 1566, art. 12). Avec ces garanties, dues surtout an chancelier de L'Hospital, la vénalité des offices eut d'heureux résultats. Elle contribua à former ce3 familles parlementaires où la science, la probité et le patriotisme étaient héréditaires. Elles devinrent bientôt à peu près propriétaires de leurs charges par la paulette et opposèrent au despotisme la seule barrière qui pouvait l'arrêter dans l'ancienne organisation de la France. On ne doit donc pas s'étonner de trouver Montesquieu parmi les partisans de la vénalité des charges (Esprit des lois , liv. V, ch. xix). Une conséquence avantageuse de cette institution fut le progrès du tiers état. Les familles plébéiennes enrichies par le commerce purent s'élever aux dignités parlementaires. Dès le commencemfntduxvie siècle, Claude de Seyssel signalait les rapides progrès de cet ordre dans son Traité de la monarchie (Ir© partie, ch. xvii, et Ile partie , ch. xx). i Chacun, disait-il, peut du dernier état parvenir au second, par vertu et par diligence, sans grâce ni privilège. » Ce second état, qui était la magistrature, donnait souvent l'avantage sur la noblesse placée au premier rang. « On voit tous les jours, disait le même écrivain, les officiers et les ministres de la justice acquérir les héritages et seigneuries des barons et nobles -'hommes, et iceux nobles venir à telle pauvreté qu'ils ne peuvent entretenir l'état de noblesse.» Et en effet, avant la fin du xvie siècle, le tiers état s'éleva à un degré de force et de puissance qu'attestent les relations des ambassadeurs vénitiens, qui étudiaient avec sagacité la constitution de la France et la jugeaient avec impartialité (Relation des ambassadeurs vénitiens, t. ior, p. 487, dans la collection des Documents inédits de l'histoire de France), Dans la suite, la vénalité des offices donna lieu à. de graves abus. On créa des charges inutiles pour multiplier les ressources de la fiscalité. Après la mort de Colbert (1683), les ministres abusèrent de cette ressource dangereuse ; on créa des offices de crieurs héréditaires d enterrements (janvier 1690), de vendeurs d'huîtres (août 1691), de contrôleurs des perruques, de contrôleurs visiteurs des suifs, etc. La vénalité atteignit aussi les charges militaires. « Cette vénalité, dit Saint-Simon, est une grande plaie dans le " militaire et arrête bien des gens qui seraient d'excellents sujets. C'est une gangrène qui ronge depuis longtemps tous les ordres et toutes les parties de l'Etat. » Le Journal de Dangeau prouve à quel point la vénalité des offices avait pénétré dans les mœurs; il y avait des dédits, comme pour toutes les ventes. On y lit, à la date du 16 février 1693 : « Calvau, qui avait acheté le régiment du marquis de Créqui, n'a pas pu payer les 50,000 francs dont ils étaient convenus pour le prix du régiment, parce que l'homme k qui il vendit sa charge dans la gendarmerie n'a pas pu lui donner les 35,000 francs dont ils étaient convenus pour la charge. Il u payé 1,000 écus au marquis de Créqui pour le dédit, et celui avec qui il avait traité pour sa charge les lui a payés aussi pour le dédit. < Dans le Journal de Barbier, on trouve des détails trop intéressants sur cette question de la vénalité des offices pour les omettre ici (t. UI, p. 276-277) : » 11 falloit, il y a cinquante ans, consigner 100,000 livres au trésor royal dix ans avant, pour avoir une charge à son tour. Il y avoit d'anciens conseillers de grand'chatnbre qui avoient acheté leur charge plus de 150,000 livres il y a environ quatre-vingts ans, dans un temps où l'écu étoit à 3 livres, c'est-à-dire le marc d'argent a 27 livres. La valeur du marc est actuellement de 54 francs, double Je la valeur qu'il avoit en 1701. Aujourd'hui, les charges de conseiller au parlement sont k 34,000 livres, et il y en a plusieurs k vendre. Il en coûte 8,000 livres pour la réception ; en sorte qu'un père qui veut donner à son fils rétablissement le [dus honorable pour un bourgeois qui prend le parti de la robe le fait pour 42,000 livres, et il trouve également un bon mariage... La dernière charge de conseiller au Chàtelet, qui estoit de 30,000 livres il y a vingt ans, et que j'ai vue bien plus chère dans ma jeunesse, a été vendue 5,000 livres. C'est néanmoins une fort jolie charge pour des-fils de marchands et autres bourgeois de cette espèce; la réception est de 7,000 livres. Voilà le changement dans les charges qui ne produisent rien, caries charges de- la cour des comptes se soutiennent bien et sont même augmentées. Une charge de maître des comptes est de 150,000 livres; celle d'auditeur des comptes, que j'ai vue autrefois k 40,000 livres, est de 70,000 et de 80,000 livres; encore n'y entre pas qui veut. Le premier président Nicolaï est difficile pour l'agrément, et les fils de maîtres ont la préférence. La raison est que ces charges,

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qui forment un établissement, rapportent au moins le denier de l'intérêt légal de l'argent. Les charges de la cour des aides se soutiennent un peu, quoique diminuées. Les charges de président valent environ 80,000 livres et rapportent 3, 500 livres par an; celles de conseiller, 45,000 livres et rapportent 1,400 ou 1,500 livres. Les- charges des maîtres de requêtes, qui ne rapportent rien, k la vérité, mais qui, d'un autre côté, sont tes charges à la mode pour être en cour, approcher des ministres, avoir des bureaux, des intendances de province et pouvoir parvenir aux grandes places de conseiller d'Etat et même plus haut, ne valent pas plus de 80,000 livres. Je les ai vues à 120,000, et 140,000 livres. • L'Assemblée constituante supprima la vénalité des offices par un décret du mois d'août 17S9.

VÉNANA s. m. (vé-na-na). Bot. Syn. de brexib, genre de plantes, de Madagascar.

VENANCE (Jean-François Dougados, connu < sous le nom de), capucin et général français. V. Douoados.

VENANSAULT, village et comm. de France (Vendée), canton, arrond. et à 7 kilom. N.-O. de La Roche-sur- Yon ; 1,720 hab. Au hameau do Fontenettes, on voit les ruines d'une- abbaye de bénédictins, fondée en 1210, et une source d'eau minérale ferrugineuse froide.

VENANT, ANTE adj. (ve-nan — rad. venir). Qui vient : Elle est toujours allante et venante. (Mm° de Sév.)

— Bien venant, Qui vient bien, qui fait des progrès considérables : Un enfant bien venant. Une plante BIEN venante. Il Payé, servi régulièrement : Que pensez-vous de quelqu'un qui n'a point de bien et qui refuse d'épouser une honnête et fort jolie femme, avec 15,000 livres de rente bien venantes ? (Mariv.)

— Comm. Houille tout venant, Houille telle qu'elle sort de la mine, sans avoir été triée et classée.

— Substantiv. Personne qui vient : Les allants et les venants.

— A tout venant ou A tous venants, A toutes les i-ersonnes qui viennent, au premier venu, à tout le monde : Ouvrir sa bourse A

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