‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 15Chapitre 645 sur 1042 · L. VÉRON · texte numérisé non relu

L. VÉRON

« Frédéric II sortit la tête haute, en faisant résonner l'éperon sur le pavé, pour aller reprendre le cours de son règne à la tête de sa garnison. « Cet homme-là a beau faire, » dit Voltaire, ce ne sera jamais qu'un roi : • Et incessu patuit... deus (le dieu). — Le > texte porte dea, ■ repartit Maupertuis dans un élan de pédantisme. «

Eug. Pelletan.

VÉRAIRE s. m. (vé-rè-re.)! Bot. V. varaire

et VÉRATRE.

VÉRAISON s. f. (vé-iè-zon). Etat des fruits et surtout des raisins qui commencent à prendre la couleur qu'ils ont quand ils sont mûrs.

VÉRAMIER s. m. (vé-ra-mié). Bot. Genre de plantes, de la famille des composées.

VÉRANDA ou VÉRANDAH s. f. (vé-randa).

Galerie légère qui règne sur toute la longueur des habitations de l'Inde et de l'extrèine Orient, et qu on imite en Europe dans certains édifices.

VERANDA, dans la mythologie du Nord, nom d'une des trois grandes cornes; elle personnifiait le présent.

VÉRANTINE s. f. (vé-ran-ti-ne). Chim. Matière résineuse qui accompagne l'alizarine et la rubianine, dans le dédoublement du rubian.

— Encycl. La vérantine est une matière pulvérulente, rougeâtrc, sublimable en partie par la chaleur, soluble dans les alcalis. M. Schunck, qui l'a découverte, la représente par la formule C14H505; Gerhardt admet CWH^O14, formule qui correspond à de l'alizarine, plus de l'eau :

C*ohi*01* = 2C20H6O6 + 2HO.

VèratUine. Alizarine. Eau

VERANZIO (Antoine), prélat et diplomate hongrois, né à Sebenico en 1504, mort en 1573. Il appartenait k une illustre famille de la Dalmatie. Après avoir fait ses études, il vint à la cour de Hongrie, où il gagna les bonnes grâces d'Etienne Broderie et de Martinusius, ministres du roi Jean Zupolya 1er. . Ce prince confia k Veranzio, à dater de 1528, plusieurs missions importantes, le prit pour secrétaire et le nomma prévôt de Bude. Plus tard, il fut envoyé successivement auprès de Sigismond, roi de Pologne, des papes Clément VII et Paul II, de François 1er, roi de France, de Henri VIII, roi d Angleterre, et de l'empereur Ferdinand 1er. Sous le règne de Jean Zapolya II, il remplit deux nouvelles missions en Pologne, fut nommé, eu 1549, évèque de Cinq-Eglises et conseiller d'Etat par le nouveau roi de Hongrie, Ferdinand, devint, en 1553, ambassadeur de ce prince en Turquie et conclut en 1567, avec le sultan Sélim II, une paix, avantageuse. Il fut nommé peu après archevêque de Gran, primat et vice- roi de Hongrie, couronna roi de Hongrie l'archiduc Rodolphe et reçut du pape le chapeau de cardinal quelque temps avant samort. l! a laissé un grand nombre d'ouvrages qui sont demeurés manuscrits, à l'exception de la Vila Pétri Berislai (Venise, 1620). Veranzio avait aussi traduit les annales turques connues sous le titre de Tarikhi-Ali-Khan ; c'est de cette traduction, qui n'a pas été imprimée, que Leunclavius a tiré ses Annales suitanorum othmanidorum et pandectas historié turcicS (Francfort, 1588, ïa-io).

VERANZIO (Fauste), philologue et philosophe hongrois, neveu du précédent, mort dans la première moitié du xvue siècle. Il était évêque inpartibusdo Canadium et écrivit plusieurs ouvrages, parmi lesquels nous citerons : Dictionnaire en cing langues (Ve-

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nise, 1595); Logica nova, suis instrumentis formata et recognita (Venise, 1616, in-4"); Machins nous, addita declaralione laiina, g allie» , hispanica et germanica (Venise, inl'ol.). Veranzio avait écrit aussi une Histoire de Dalmatie, qui, d'après une disposition de son testament, fut mise avec lui dans son cercueil.

VERA-PAZ (SAN-DOMlNGO-DE-tA-) ou CO-

BAN, ville de l'Amérique centrale, dans la république de Guatemala, ch.-l. du département du même nom, à 230 k,ilom. N.-E. de Guatemala-la-Nueva; 12,500 hab., presque tous Indiens. Fabrication de toiles.

VERA-PAZ (département de), division administrative de la république de Guatemala.

11 est borné k l'E. par le golfe de Honduras, auN. par la presqu'île il eYucatan; 50, 000 hab. Ch.-l., Vera-Paz. Sol marécageux ; belles forêts; récolte de coton. Commerce de bois de gaïac et de coton.

VEUABB (Antoine), imprimeur -libraire français, né dans laseconde moitié du xvo siècle, mort vers 1513. Les détails exacts font défaut pour la biographie de cet éditeur. Il prit pour enseigne : A saint Jehan l'Evangëliste, et les frontispices de ses ouvrages indiquent les diverses rues qu'il habita. Ve- Tard possédait également une échoppe au Palais de justice. Parmi les principaux livres qu'il a édités, on cite : le Décaméron de Boccaca (Paris, U85, in-fol.), traduction française de Laurent; les Loups ravissants de Robert Gobin (vers 1503); plusieurs éditions du Roman de la Rose, des Chroniques de Monstrelet et de la Légende dorée.

VÉRAT s. m. (vé-ra). Canon en usage au xvi<= siècle, et qui lançait des boulets de

12 livres. Il On l'appelait aussi quart dis canon.

VÉRATRATE s. m. (vé-ra-tra-te). Chim.

Genre de sels que l'on extrait delà graine de cévadille, et dont le plus important est le sel d'hydrogène ou acide vératrique.

— Encycl. Les vératrates sont des sels qui répondent k la formule C9H9M'0* et probablement aussi k la formule C»H»M'ïO*. Le plus important de ces sels, le véralrate d'hydrogène ou acide vératrique, a été extrait par Merck, en 1839, des graines de cévadille, puis étudié par le même chimiste et par Schrôtter. Pour le préparer, on épuise les semences de cévadille pur de l'aleool acidulé au moyen de l'acide sulfurique, on précipite la solution alcoolique par un lait de chaux, on filtre, on évapore la liqueur filtrée, on mélange la solution claire de véralrate calcique ainsi obtenue avec de l'acide sulfurique ou avec de l'acide chlurhydrique et on abandonne le tout dans un lieu froid. L'acide vératrique se dépose alors en cristaux et peut être purifie par dissolution dans l'alcool et par un traitement au noir animal.

L'acide vératrique cristallise, par l'évaporation spontanée de ses solutions alcooliques, en petits épis incolores ou en prismes à quatre pans. Il présente une réaction légèrement acide, se dissout peu dans l'eau froide, mieux dans l'eau bouillante, facilement dans l'alcool, surtout à chaud, pas du tout dans l'éther. A 100". ses cristaux abandonnent leur eau de cristallisation et deviennent opaques, A une température plus élevée, ils fondent en un liquide clair, et l'acide se sublime ensuite sans se décomposer.

Le chlore et le brome agissent violemment sur l'acide vératrique, en formant des produits de substitution visqueux et ineristullisables. L'acide sulfurique concentré ne paraît agir que très-faiblement sur l'acide vératrique, et le perohlorure de phosphore est sans action. L'acide azotique très-concentré le dissout et laisse déposer, lorsqu'on ajoute de l'eau à la solution, un acide nitrovératrique C9H9(Az02)0* qui se dissout facilement dans l'alcool,, cristallise au sein de ce liquide en petites lamelles jaunes et fond à 1000 en se décomposant. Ce composé, bouilli avec de l'acide azotique, se convertit en acide dinitrovératrique, qu'on sépare très-difficilement de l'acide mononitré.

Distillé avec un excès de baryte, l'acide vératrique perd une molécule d'anhydride carbonique CO2 et se convertit en véral-rul (J8HIO02. C'est un acide monobasique, mais probablement diatotnique et peut-être triatomique.

Les vératrates alcalins sont cristallisablcs, très-solubles dans l'eau, mais non déliquescents. Le sel de plomb est insoluble. Le sel d'argent C9II9AgO* est un précipité blanc, légèrement soluble dans l'eau.

— Véralrate d'éthyle C9H9(C2H*)0*. On obtient ce corps en faisant passer un courant de. gaz ohlorhydrique k travers une solution modérément concentrée d'acide vératrique dans de l'acide très-concentré. On distille la liqueur saturée de gaz chlorhydrique et l'on ajoute de l'eau au produit de la distillation ; l'éther vératrique se dépose sous la forme d'une niasse cristalline rayonnée, très-friable, d'une densité de i,ui à is°, inodore, mais possédant une saveur légèrement amère, brûlante et quelque peu aromatique. L'eau le dissout peu, l'alcool le dissout facilement; par l'évaporation spontanée de sa solution alcoolique, il se dépose en aiguilles brillantes. Il ne se volatilise pas sans se décomposer; chauffé à l'air, il bruîe avec

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une flamme lumineuse. Lorsqu'on le chauffe avec une lessive alcoolique de potasse, il se saponifie.

VÉRATRE s. m. (vé-ra-tre — lat. veratrum, dérivé, selon quelques-uns, de verlere, changer, tourner, lequel représente la racine sanscrite tiart, tourner. Les anciens attribuaient à cette plante la propriété de rétablir l'esprit des aliénés. Coissen croit que vera- Irum vient de verare, dire la vérité, comme verytrix, diseuse de bonne aventure, et signifie proprement ce qui rétablit la vérité; cette plante aurait été ainsi désignée parce qu'elle était censée purifier le cerveau et rétablir l'intelligence). Bot. Genre de plantes, de ta famille des iuélanthacées ou colchicacées, type de la tribu des vératrées, comprenant plusieurs espèces, qui croissent dans les régions montagneuses de l'hémisphère nord : Le vératre blanc jouait un rôle important dans L'ancienne médecine. (P. Duchartre.)

— Encycl. Les vératres sont des plantes vivaces, à feuilles ovales ou lancéolées aiguës, marquées de fortes nervures ; à fleurs hermaphrodites, ou polygames par avoitement, groupées en panicules terminales, et auxquelles succèdent des capsules à trois loges polyspermes. Les espèces peu nombreuses de ce genre habitent surtout l'Europe et l'Amérique du Nord, où elles croissent dans les régions montagneuses. La plus remarquable est le varaire blanc, vulgairement nommé ellébore blanc, varasco, veratre, etc. C'est une plante à racine charnue, tubéreuse, fusifortne, grisâtre, pivotante; la tige, haute de 1 mètre à l^O, porte des feuilles alternes, ovales, d'un vert clair; elle se termine par une* grande panicule rameuse de fleurs blanc verdâire, munies de bractées.

Cette plante croît dans l'Europe centrale et méridionale; elle habite surtout les pâturages élevés des régions montagneuses. On ne la cultive guère que dans les jardins botaniques ; elle est digne néanmoins de figurer dans les parterres, sinon pour ses fleurs, du moins pour l'élégance de Son port et de son feuillage. Ou la place au milieu des platesbandes, ou parmi les arbustes des derniers rangs des massifs, ou entre les rochers, ou dans le voisinage des fabriques, etc. Elle croit en tout terrain, mais végète mieux dans un bon fond légèrement ombrage. On la propage de graines semées dans une planche bien préparée et exposée au levant; le jeune plan est repiqué à demeure au bout de deux ans et reste encore un an ou deux avant de fleurir. Couitue ce procédé est très-lent, on préfère multiplier la plante par les éclats des vieux pieds, enlevés en hiver, et seulement une fois tous les trois ou quatre ans sur le même individu, La plante fleurit au milieu de l'été.

Dans les localités où le varaire blanc est abondant, ou récolte ses racines à l'automne, pour les usages médicaux; on les dépouille des fibrilles et de la terre qui y est attachée; puis on les fait sécher, quelquefois après les avoir divisées eu tronçons. Ces racines nous arrivent surtout de la Suisse; elles sont noires et ridées à l'extérieur, blanchâtres au dedans. L'analyse chimique y a constaté de l'amidon, du ligneux, de la gomme, une matière colorante jaune, de la stéarine, un acide volatil, de la veratrine à l'état de gallate acide et une autre base organique appelée jervine. Cette racine a une odeur nauseaoonde, assez forte pour exciter des vomissements chez ceux qui la récoltent, et qui est un indice de ses propriétés énergiques.

La racine de varaire blanc est émétique et purgative, même à petites doses; appliquée k l'exiérieur, sous forme de suppositoire ou autrement, elle peut provoquer des vomissements, et, respires par le nez, des hémorragies nasales, on dit même (il y a sans doute ici quelque exagération) des métrorrhagies, l'avortemeni, des suffocations et, enfin , la mort. Les anciens l'employaient dans une foule de maladies; les modernes l'ont préconisée comme propre à rétablir l'équilibre des fonctions organiques dérangé par un ébianlemeut du système nerveux.

Réduite en poudre, cette racine a été vantée contre la gale et les autres maladies de la peau ; on l'applique sur le sacrum, soit en nature, soit sous forme de pommade, pour faciliter la menstruation. La teinture a été administrée à l'extérieur contre les taches hépatiques. Enfin, cette racine a été vantée comme vermifuge, sternutatoire, antisypbilitique; on a été jusqu'à la conseiller contre l'hydropisie et même la folie, d'après cette opinion que le varaire blanc serait l'ellébore des anciens. La médecine houiceopathique emploie cette racine, surtout fraîche, contre un grand nombre de maladies. L'art vétérinaire l'a employée avec succès, en décoction, pour guérir la gale des moutons.

A haute dose, la racine de varaire blanc est un poison très-violent. 11 suffit de l'introduire dans les veines, ou même de l'appliquer sur la chair dénudée pour que ses principes délétères soient rapidement absorbés. Les symptômes de cet empoisonnement sont les suivants : respiration pénible, ralentissement du pouls, nausées, vomissements, crachements abondants, difficulté à marcher et à se tenir debout, tremblement des mem-

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bres, convulsions et, enfin, la mort. A l'autopsie, on trouve les poumons lourds, gorgés de sang et marqués de taches brunes; la vésicule biliaire et le foie gonflés ; des lésions du système nerveux et de vives inflammations locales, notamment dans l'appareil digestif. Le suc sert à empoisonner les armes.

Le varaire noir est regardé par plusieurs auteurs comme une simple variété du précédent, dont il diffère par sa taille un peu plus petite, ses feuilles plus grandes, ses bractées plus courtes, ses fleurs d'un pourpre noirâtre, disposées en une panicule terminale rameuse à la base et simple au sommet. On le trouve dans les pâturages montagneux de l'Europe centrale et jusqu'en Sibérie. Sa racine possède les mêmes propriétés que celle du varaire blanc; mais elle est k peine employée en médecine. Le principe colorant jaune y est plus abondant. Ces deux plantes, dans les pâturages, sont très-nuisibles aux bestiaux.

Nous citerons pour mémoire le varaire officinal, originaire du Mexique, et le varaire cévadille. V. cévadille.

VÉRATRÉ, ÉE adj. (vé-ra-tré — rad. veratre). Bot. Qui ressemble ou qui se rapporte au vératre.

— s. f. pi. Tribu de la famille des colchicacéesou mélanthacées, ayant pour type le genre vératre. Il Syn. de mélanthacées, d'après plusieurs auteurs.

VÉRATR1N s. m. (vé-ra-train). Chim. Substance résineuse extraite du vératre.

VÉRATRINATE s. m. (vé-ra-tri-ns-te — rad. veratrine). (Jhim. Sel tonné par la combinaison de I"acide vératrique avec une base : Vkratrinatb d'oxyde d'éthyle.

VERATRINE s. f. ( vé-ra-tri-ne — rad.

vératre). Chim. Alcaloïde découvert dans le

vératre.

— Encycl. La veratrine C32H3SAz20s est une base organique qui se rencontre dans les semences de cévadille '{ueratrum sabadilla), dans l'ellébore blanc (veratrum album) et probablement dans d'autres espèces du genre veratrum.

— Préparation. i<> On fait un extrait alcoolique de graines de cévadille mondées do leur enveloppe et pulvérisées, et l'on dissout cet extrait dans l'acide sulfurique étendu. La solution est traitée par le charbon animal, puis précipitée par un alcali (100 parties de ces graines donnent 9 parties d'alcaloïde). Le précipité renferme, outre la veratrine, de la sabadilline et d'autres produits." Ou le redtssout dan» l'acide sulfurique étendu et l'on ajoute k la solution de l'acide azotique aussi longtemps que de nouvelles additions de ce réactif déterminent la formation d'un précipité blanc poisseux. Ou précipite ensuite le liquide filtré par une lessive de potasse étendue. Le précipité est desséché, puis dissous "dans l'alcool absolu, et la solution est évaporée. Il reste un résidu qu'on fait bouillir avec l'eau, qui laisse de la veratrine impure. On dissout celle-ci dans l'éther, on filtre et l'on évapore le liquide filtré. La veratrine pure reste comme résidu.

2° On fait bouillir avec de l'eau les semences pulvérisées de cévadille, en aiguisant la liqueur d'un peu d'acide chloihydnque,et l'on évapore la liqueur jusqu'en consistance sirupeuse. On ajoute de l'acide chlorhydrique à ce sirop aussi longtemps quecet*oide y fait naître un précipité, puis ou filtre et l'on ajouta un excès de chaux à la liqueur filtrée. Il se forme un précipité qu'on dessèche et qu'on épuise pur de l'alcool bouillant; on évapore la solution alcoolique, ou dissout le résidu dans l'acide acétique étendu et l'on précipite la liqueur par l'ammoniaque. Le précipité est purifié par dissolution dans l'éther. Par cette méthode, 5 kilogrammes de graines de cévadille donnent de 10 à 15 grammes de veratrine.

30 Deloadre prépare la veratrine pure en épuisant les graines de cévadille mondées par l'eau chargée d'acide chlorhydrique,dauS uu appareil à déplacement. On lave finalement à l'eau et l'on précipite l'extrait par un excès de potasse. Le précipité est lavé, desséché, chauffé avec deux fois son poids d'éther pendant quatre heures dans un vase clos. La solution éthérée, filtrée, abandonne, en s'évaporant, la veratrine sous la forme d'une masse jaune.

— Propriétés. Ordinairement la veratrine se présente sous la forme d'une poudre cristalline blanche ou d'un vert blanchâtre. Par l'évaporation de sa solution alcoolique, elle cristallise, toutefois, eu longs prismes à base rhombe , qui s'effleurissent au contact de l'air en prenant l'aspect de la porcelaine et en devenant friables. Elle est inodore, mais la plus petite quantité de ce corps que l'on introduit dans les narines produit un violent éternument, accompagné de mal de tête et de malaise général. Elle est très-àore et trèsvénéneuse. Prise k petite dose, elle purge et fait vomir. 08r,003 de cette base ont suffi pour tuer un jeune chat en cinq minutes. On l'emploie cependant en médecine pour l'usage externe et même k l'intérieur, mais alors à dose très-faible. On la dit fébrifuge. Elle est insoluble dans l'eau et les liquides alcalins, très-soluble dans l'alcool et encore plus soluble dans l'éther. Sa solution bleuit le tournesol.

VERÂ.

La vératrine desséchée à lOO» répond, d'après Merck, k la formule C»WîAz!OS. Elle t'ond facilement quand on la chauffe et se décompose à une température plus élevée. Pourtant, en chauffant avec beaucoup de soin, on peut en volatiliser de petites quantités en évitant la décomposition. L'acide sulfurique concentré colore d'abord la vératrine en jaune, puis en rouge carmin lin et finalement en violet. D'après Vasiner, une partie de vératrine communique une teinte améthyste à 3,000 parties de cet acide. L'acide azotique concentré se colore d'abord en écarlate, puis en jaune par la vératrine. L'a- - cide chlorhydrique concentré dissout la vératrine, spécialement, à chaud, en formant une solution d'un violet foncé, d'où se séparent des gouttelettes huileuses.

— Sicls dk vÉRATRrsK. La vératrine se dissout facilement dans les acides étendus en formant des sels incolores qui ont une saveur âpre et brûlante et une action toxique. 11 parait exister deux classes de sels de vératrine; Couerbe, en effet, a obtenu des sels cristalliaables, renfermant 2 molécules d'acide chlorhydrique ou i molécule d'acide sulfuriqua pour l molécule de base, tandis que G. Merck n'a obtenu que des sels gommeux inciistallisables, contenant la moitié moins d'acide.

Les solutions des sels de vératrine sont sans action sur la lumière polarisée. Plusieurs d'entre eux donnent, avec les carbonates, les hydrates et les phosphates alcalins, des précipités à peu près insolubles dans un excès de réactif. Une solution d'un sel de vératrine, mélangée avec de l'acide tartrique, donne un précipité parle bicarbonate sodique, mais n'en donne pas par le bicarbonate potassique.-Les solutions concentrées donnent des précipités jaunes avec les chlorures aurique et platinique, un précipité blanc avee l'iodure de potassium , un précipité rouge tendre avec le sulfocyanate potassique, un précipité brun de kermès avec la teinture d'iode et un précipité jaune de soufre avec l'acide picrique.La teinture de noix de galle trouble les solutions neutres et fait naître un abondant précipité blanc par une addition ultérieure d'acide chlorhydrique.

D'après Weigelin, on pourrait obtenir la vératrine sous deux modifications, dont l'une serait très-soluble dans l'eau. 11 donne à cette base la formule CB2H66Az20t5 qui, selon lui, répondrait mieux aux analyses que la formule donnée plus haut.

— Chloraurate de vératrine

C32H52Az208HCl,AuC13. ■ Ce sel cristallise, par le refroidissement de sa solution alcoolique, en minces cristaux jaunes d'un éclat soyeux.

VÉRATRINIQUE adj. <vé-ra-tri-ni-ke — rad. vératrine). (Jhim. Se dit d'un acide extrait des graines du vératre cévadilie.

VÉRATROL s. m. (vé-ra-trol). Chim. Nom donné ii un phénol diatomique qui résulte de la distillation de l'acide vératrique avec la baryte.

— Encycl. Le véralrol C8H10O! est un corps qui prend naissance lorsqu'on distille l'acide vératrique avec un excès do baryte à une douce chaleur. C'est une huile incolore, d'une agréable odeur aromatique et d'une densité de 1,086 k 15<>. Il se solidifie à + ir?<> et bout entre 202" et 205°.

Le véralrol ne parait pas se combiner aux bisulfites alcalins. Les alcalis et les acides faibles ne l'altèrent pas. Avee le potassium, il forme une masse gélatineuse sans dégagement d'hydrogène. Le chlore le décompose en donnant naissance à un produit cristallin d'abord, qui se transforme en une masse onctueuse pur l'action ultérieure du chlore.

Le brome convertit le vératrol en dibromovératrol OTlSErW, qui forme des cristaux blancs prismatiques, insolubles dans l'eau, facilement soiubles dans l'alcool et l'éther, fusibles à 92" et volatilisables sans décomposition à. une plus haute température.

L'acide azotique agit fortement sur le vératrol en formant d'abord du nitrovératrol C81ia(Ai(0^02, qui cristallise dans l'alcool en lames jaunes. Par une action ultérieure, cet acide donne naissance au diuitrovérutrol (j8H8(Az02;20a, qui forme de longues aiguilles jaunes , peu soiubles dans l'eau, facilement soiubles dans l'alcool, fusibles k 100" et susceptibles de se volatiliser sans décomposition au-dessus de cette température. "~

VERAU (Augustin), philologue espagnol du xvuiu siècle. 11 était originaire de l'Ile de Ténéritté, entra en 1768 dans l'ordre des bénédictins et devint lecteur de philosophie au couvent d'Orotara. On a de lui : le Petit art de la grammaire latine; l'Art métrique ou Poésie latine ; le Cicérone espagnol et latin; Atectoro-Machia, poème héroï-comique latin.

VJÏUAUX, rivière de France (Creuse). Elle prend sa source près de Cresoat, se dirige du S. au N. et, après un cours de 22 kilom., se jette dans la petite Creuse, au-dessous de Boussac.

VERAZZANl (Jean) , navigateur florentin, nè^vers la tin du xvo siècle. Chargé par François 1er d'un voyage de découverte sur les côtes de l'Amérique septentrionale, il re-

VERB

connut une étendue de pays de 700 lieues, depuis le 30« degré de latit. jusqu'à Terre- Neuve, dont il prit possession au nom du roi de France. On croit qu'il fut dévoré par les sauvages. La relation de ses voyages, qu'il avait envoyée à François 1er, se trouve dans l'Histoire générale des voyages. On y voit qu'il avait cherché un passage par le Nord pour aller aux Indes orientales.

VERBAL, ALE adj. (vèr-hal, a-le — du lat., verbum, parole). Qui se fait de vive voix, et non par écrit : Promesse verbale. Ordres verbaux. Dans tous les pays régis par les lois anglaises, les batteries sont toujours précédées de beaucoup d'injures verbales, parce qu'on y dit que les injures ne cassent pas les os. (Brill.-Sav.)

— Rapport verbal, Rapport, ordinairement écrit, qu'on fait dans une société savante, mais qui ne doit pas être suivi d'une décision,

— Pratiq. Procès-verbal ou simplement Verbal. V. procés-vërbat,.

— Diplom. Note verbale, Note donnée a un ambassadeur, à un cabinet étranger, par écrit, mais sans signature, et par conséquent dépourvue de tout caractère officiel.

— Gramm. Qui est propre au verbe :

Forme verbale. Terminaison verbale, ii Qui vient d'un verbe : Nom verbal. Il Adjectif verbal. Adjectif tiré du verbe et ayant la forme du participe présent, il Racine verbale ou prédicative, Racine exprimant un prédicat, un attribut.

VERBALEMENT adv. (vèr-ba-Je-man — rad. verbal). De vive voix", et non par écrit : Promettre verbalement.

VERBALISATION s. f. (vèr-ba-li-za-si-on

— rad. verbal). Pratiq. Action de verbaliser.

VERBALISER v. n. ou intr. (vèi'-ba-li-zé

— rad. verbal). Pratiq. Dresser procès-verbal : Verbaliser contre un braconnier. Il Dire des raisons ou des faits pour les faire consigner dans un procès-verbal : Les deux parties se sont trouvées à la levée des scellés et ont verbalisé fort longtemps. (Acad.)

— Fam. Faire de grands discours inutiles, qui n'aboutissent à rien, Il Vieux en ce sens.

VERBALISME s. m. (vèr-ba-li-sme — rad.

verbal). Méthode d'enseignement qui s'attar che à apprendre lés mots, plutôt qu'à faire naître les idées. Il Peu usité.

VERBANUS LAC US , nom ancien du LAO, Majeur.

VERBASCÉ, ÉE adj. (vèr-bass-sé — du lat. verbascum, molène). Bot. Qui ressemble ou qui se rapporte à la molène.

— s. f. pi. Tribu de la famille des personnées, ayant pour type le genre molène, et considérée par plusieurs auteurs comme devant former une famille distincte.

— Encycl. Les verbascées sont des plantes bisannuelles , rarement vivaces, ordinairement tomeiHeuses ou laineuses, à feuilles alternes, crénelées ou sinuées, souvent décurrentes. Les fleurs, groupées en panicules ou en épis terminaux, ont un calice persistant, à cinq divisions; une corolle presque potacée, à cinq divisions inégales, caduque ; cinq étamines, à filets inégaux insérés sur le tube de la corolle ; un ovaire à deux loges multiovulées , surmonté d'un style simple terminé par un stigmate indivis ou bilobé. Le fruit est une capsule à deux loges polyspermes; les graines renferment un embryon entouré d'un albumen charnu, épais. Cette famille, intermédiaire entre les personnées et les solanées, ne renferme que le seul genre molène (verbascum). Les espèces assez nombreuses de ce genre sont mucilagineuses et ont des propriétés émollientes.

VERBASCINE s. f. (vèr-bass-si-ne — rad.

verbascum). Chim. Principe actif du bouillonblanc ou verbascum.

VERBASCUM s. m. (vèr-bass-komm — mot lat.). Bot. Nom scientifique du genre molène : Les chardons étoiles et tes vigoureux verbascums étouffent sous leurs larges feuilles les gazons anglais. (B. de St-P.)

VERBA VOLANT, SCRIPTA MANENT (Les

paroles s'envolent, les écrits restent), Adage latin qui se cite souvent en français. Notre langue l'a même enrichi d'une variante triviale et assez irrévérencieuse envers le beau sexe: «Les écrits sont des mâles, les paroles sont des femelles. »

« Une chose qui me désole encore, c'est le prodigieux commerce de lettres que Voltaire entretient avec des gens qui ne désirent ses lettres que pour les aller lire dans les cafés. Je sais que, quand on a reçu une lettre de lui, on n'a rien de plus pressé que de l'aller lire à tous ceux qui veulent l'entendre, et il est bien difficile d'écrire toujours des choses faites pour le public. Il écrit trop, et ses lettres lui font tort; il y a toujours à perdre à les prodiguer, et, de toutes les façons de sa prodiguer, celle des lettres est la plus dangereuse : Verba volant, scripta manent. » Mme du Châtelet.

■ Hein I me dit-il, vous paraissez mépriser les vers de province; pardieul vous avez raison, ils né valent pas mieux que ceux que

VERB

vous faites à Paris. — D'accord, mais. nous ne les récitons pas. — Vous faites pis, vous les imprimez : Verba volant... » •

Frédéric Soulié.

« Aux arts de la parole, qui ont pour principe le son et qui réclament l'exercice momentané de l'organe de l'ouïe, le mouvement; aux arts de l'écriture, qui subsistent comme monuments de l'histoire, de la civilisation des peuples, la forme immobile : Verba volant, scripta manent. »

(Revue de Paris.)

VEItBAZ ouVERBITZA, VUrpanus des Romains, rivière de la Turquie d'Europe, dans la Bosnie. Elle descend du versant septentrional des Alpes Dinariques, au mont Vranja, coule au N. , baigne Janitza, Banialouka et se jette dans la Ssve, à 25 kilom. E. de Gradiska, après un cours de £05 kilom.

VERBE s, m. (vèr-be — lat. verbum, parole, mot qui appartient à la même famille que l'ombrien verfale, verbal; le gothique vaurd. l'allemand toort , l'anglais word, mot, parole ; le gothique gavaurdi, discours, homélie; le lithuanien oardas, nom, et l'ancien prussien wirds, mot. On a rattaché ces formes à la racine sanscrite vardh, couper, le mot étant l'expression d'une idée propre , un élément entier et distinct du discours. Curtius rapporte au même groupe les mots grecs ereâ, er ornai, dire , parler, pour .Fera, Feromai; rêtos , dit, pour Frétas; rhêior, éolien brétor, orateur, etc. Il croit que la racine commune est dans le sanscrit bra, bravimi, parler. Corssen pense que la racine commune est dans le sanscrit ghar, briller, qui aurai t produit une forme secondaire g/ivar, et dont le gh initiai serait tombé, comme dans plusieurs autres cas). Parole, signe ex11' térieur de la pensée; langage, idiome : Le verbe embrasse tous les temps et crée te souvenir et la prévision. (Ballanche.) L'homme veille, et son verbe incessamment évoque, perpétue la flamme de vie. (Michelet.)

A la matière même un verbe est attaché.

G. de Nerval.

— Fig. Manifestation extérieure : La politique a été jusqu'à ce jour aussi fautive que les gouvernements dont elle est le verbe. (Protulh.)

— Fam. Avoir te verbe haut, Avoir une voix fort élevée en parlant. || Fig. Décider avec hauteur, parler avec présomption.

— Tbéol. Intelligence divine, considérée par les chrétiens comme une personne de la Trinité , et identifiée par eux avec Jésus- Christ : Dieu engendre le Verbe éternellement en se contemplant lui-même. (Boss.) Le Verbe, en entrant dans le sein d'une femme, a daigné se faire semblable à nous. (Chateaub.)

— Hist. relig. Ordre du Verbe-Incarné, Ordre de femmes, fondé au xvne siècle.

— Gramm. Mot qui sert à affirmer que l'attribut convient au sujet, et qui, en outre, exprime ordinairement les circonstances de modes, de temps, de personnes et de nombre, et contient souvent l'attribut lui-même : Conjuguer un verbe. La parole n'est possible que par le verbe. (J. de Maistre.) Le verbe matais est invariable. (Dulaurier.) Les mots des langues-monosyllabiques sont à la fois substantifs et verbes. (A. Alaury.) il Verba actif au transitif, Verbe exprimant une action qui est reçue par le complément, qui passe du sujet dans le complément. Il Verbe absolu, Verbe qui renferme un sens complet et n'a besoin d'aucun régime exprimé ou sous-eutendu, || Verbe abstrait, Nom donné par quelques grammairiens au verbre être, appelé par d'autres verbe substantif. Il Verbe adjectif ou attributif, ou concret, Verbe que l'on regarde comme le résultat "de la combinaison de la copule avec un adjectif ou un autre attribut, comme j'excelle, qui équivaut à je suis excellent, \\ Verbe anomal ou irrégulier, Verbe qui ne se conjugue pas en entier comme 'celui que l'on a choisi pour type dans la conjugaison à laquelle il appartient. Il Verbe auxiliaire , Nom donné aux verbes être et avoir, lorsqu'ils servent à former les temps composés des autres verbes, comme j'ai aimé, j'étais venu, etc. : Quand vous voudrez du style lapidaire, commencez par retrancher les verbes auxiliaires et les articles: (Volt.) il Verbe de certitude, Une des formes du verbe' hébreu, il Verbe défectif ou défectueux, Verba qui n'est pas usité à tous les modes ou k to.us les temps de tous les inodes, ou à toutes les personnes de tous les temps. Tel est le verbe gésir. Il Verbe déponent, Verbe latin qui, avec la forme passive, a le sens actif, comme otiVqiî, admirer. Il Verbe dominant , Verbe arabe qui exprime l'action. Il Verbe faible, Verbe dont la conjugaison, dans toutes ses parties, est conforme au type : Le verbe fort répond au verbe irrégulier, le verbe faible au verbe régulier. (Ë. Littiè.) H Verbe fort, Verbe irrégulier, dont la conjugaison n'est pas conforme au type : On a introduit dans la conjugaison de la tangue d'oïl la distinction des verbes en forts et en faibles. (E. Littré.)

Il Verbe fréquentatif j Verbe qui, par su terminaison, indique une répétition fréquente de l'action que le radical exprime ; ainsi crachoter est le fréquentatif de cracher, il Verbe impersonnel ou wiipersonnet, Verbe qui, n'ex-

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primant qu'une action impersonnelle, comme il pleut, il neige, il faut, etc., n'est pas susceptible des modifications de personnes et ne s'emploie qu'à la troisième personne d.u singulier, avec le sujet vague il , qui n'est pas proprement un sujet. Ce verbe n'a pas de sujet ou de personne logique, ce qui explique la première dénomination ; il n'a qu'une seule personne grammaticale, ce qui lui a fait donner la deuxième, Il Verbe impersonnel ou unipersonnel accidentel, Verbe qui n'est pas toujours employé impersonnellement, comme : Il risque, il arrive, Use peut, etc. Il Verbe impersonnel ou unipersonnel essentiel. Celui qui ne s'emploie qu à la troisième personne du singulier, comme il tonne, il faut, etc. Il Verbe inchoalif, Celui qui exprime une action commencée et qui se continue, comme les verbes latins en asco, esco, isco, et les verbes français grisonner, engraisser, vieillir, s'endormir,etc. u Verbe méditatif. Celui .,ui exprime qu'on se prépare k l'action ou qu'on la désire, comme les verbes latins en urio, Il Verbe moyen, Forme des verbes grecs qui participe de l'actif et du passif, et qui a tantôt le sens actif, taniôt le sens réfléchi, il Verbe neutre ou intransitif, Verbeattributif dont l'action n'est pas transitive, et qui, par conséquent, n'a pas de régime direct, u Verbe obéissant, Verbe arabe qui exprime l'effet ou l'impression de l'action sur la personne ou lu chose qui en est l'objet. Il Verbe parfait, Verbe hébreu régulier, qui icnserve partout trois letires radicales, sans aucune lettre quiescente. Il Verbe passif, Forme particulière des verbes, qui exprime que le sujet reçoit l'action faite par un autre, comme amor en latin, en fiançais je suis aimé. Il Verbe pronominal, Verbe qui se conjugue avec deux pronoms de la même personne et qui prend toujours l'auxiliaire être, comme je me flatte, je nie trompe, je m'éveille. Il Verbe simplement pronominal ou pronominal passif, Verbe qui se conjugue avec un second pronom, sans indiquer une action du sujet sur lui -même ou une action réciproque, mais bien un sens purement passif, comme se dire pour Etre dit; se faire pour Etre fait, etc. Il Verbe pronominal réfléchi, Celui qui exprjine que l'action est faite et reçue par le sujet, les deux pronoms désignant la même personne, comme : Je me lave; je me soumeis, etc. H Verbe pronominal réciproque, Celui qui indique que les personnes désignées par le sujet font l'une sur l'autre l'action marquée par le verbe, connus : Nous nous battons; ils $e saluent. U Verbe pronominal réciproque direct, Verbe pronominal réciproque, dont le second pronom est employé comme régime direct : Ils se sont tués. Il Verbe pronominal réciproque indirect, Verbe réciproque dont le second pronom sert de régime indirect : Ils se sont dit des iuju* res. il Verbe quiescent, Verbe hébreu comptant, parmi ses radicales, une lettre quies-. cente. Il Ver6e réciproque, Nom d'une des formes ou voix du verbe turc, exprimant réciprocité d'action. Il Verbe redoublé, Un des noms des verbes sourds. Il Verbe réduplicatif, Verbe qui exprime une action répétée deux ou plusieurs fois , ou la répétition d'une même action, tels que refaire, rechanter, recommencer , etc. il Verbe régulier, Verbe qui se conjugue entièrement comme celui qui est donné pour type de la conjugaison k laquejie il appartient. Il Verbe sourd, Verbe hébreu trililteie,dont la troisième radicale est semblable à la deuxième, u Verbe substantif, Nom donné au verbe être, parce que seul il exprime l'aftirmatiou pure, absolue, substantielle, sans aucune des idées d'attribution qui sont toujours contenues dans les autres verbes. Il Verbe usurpatif, Verbe qui exprime que l'on va faire la chose, que l'on agit en la faisant. Il Nom de verbe, Adverbe ou expression elliptique, remplaçant la fonction de quelque verbe, ou indiquant l'ellipse d'un verbe.

— Encycl. Théo], Le dogme de la divinité de Jésus-Christ, en dehors du christianisme lui-même, a deux sources. Comme Messie, Jésus réalise une idée mosaïque; comme Verbe, une idée platonicienne. Ce n'est pas le lieu d'expliquer comment le christianisme se rattache au platonisme autant qu'à la révélation juive.

Toutefois, l'idée divine attachée au mot Verbe est bien antérieure au platonisme. Verbe (logos en grec) signifie parole. L'homme, avant d'arriver à la parole, a, suivant toute probabilité, longtemps vécu muet dans les bois, au même titre que beaucoup d'autres animaux. Les circonstances qui lui ont donné l'empire de la nature sont k peu près inconnues, mais il a toujours eu une haute idée du privilège que la parole donnait, et plus on remonte le cours des âges, plus on trouve profond le sentiment des privilèges que la possession de la parole confère. Aussi, dans les premiers temps, le verbe se confond avec la sagesse. Le verbe est une sorte de faculté à part, qui est le lot d'un petit nombre, et il renfermait primitivement toute ta gloire que plus tard on accorda k la poésie, a l'éloquence et k tous les arts dont la parole est le principe ou l'organe. C'est une histoire à peu près impossible k refaire aujourd hui et qui se confondrait avec celle de la pensée. Les In* dous avaient naturellement fait du verbe un dieu. Les religions de lu Perse ont eu le même respect pour la parole. ■ Le Verbe créateur, Honover, dit Crtruzer (Retigions du

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l'antiquité, 1. II), était personnifié, dans le culte d'Ormiizd, sous trois aspects divers et en quelque sorte dans trois degrés on instants successifs. On te considérait d'abord comme un esprit de lumière et de vie qui anime toute chose, qui opère et combat purtout, de toute éternité. Dans un second degré, le Verbe prenait un corps et devenait un arbre nommé Hom( arbre de vie, couronne du règne végétal, qui possédait de merveilleuses propriétés. Un morceau de cet arbre sacré était nécessaire dans tous les sacrifices. Dans le troisième degré, le Verbe vivant devient homme; il devient l'annonciateur même du Verbe Hom, appelé encore Homanes , qui prêcha la parole sous le grand Dsehemschid et fut le premier fondateur du magisrae. »

Il ne serait pus difficile d'établir comment . l'idée du Verbe est venue de l'Inde par la Perse dans les traditions syriennes et juives comme dans la philosophie de Platon.

Quoi qu'il en soit, saint Jean, dans son Evangile, appliqua la théorie du Verbe au Christ incarné : Et Verbum caro factum est. Les Evangiles synoptiques, antérieurs à l'Evangile de saint Jean, s'abstiennent d'énoncer cette doctrine. L'idée théologique du Verbe est née de la combinaison des doctrines platoniciennes avec les idées chrétiennes dans le sein du christianisme grec et des adeptes de l'école d'Alexandrie. D après ces théories, Dieu se manifeste dans trois sphères : dans le monde physique et du dehors, dans le coeur humain et dans les idées ou si l'on veut la raison. La conception rationnelle de Dieu, d'après les chrétiens platoniciens, est la plus pure. Cette conception est le Verbe ou Logos, C'est, dit saint Jean, qui formule le premier cette théorie, • la vérité éternelle qui éclaire tout homme vivant en ce monde. » C'est encore la pensée de Dieu, le lien des idées entre elles.

Suivant Platon et Ie3 Pères grecs, le Verbe est donc proprement la lumière qui éclaire Dieu, sa manifestation dans l'intelligence humaine, sa forme intellectuelle, comme la parole est la forme extérieure de la raison humaine. Celte lumière de Dieu est personnifiée dans Jésus-Christ, médiateur entre Dieu et l'homme. Le Verbe , c'est-à-dire Jésus-Christ, est l'intermédiaire placé entre le Père du monde et la création. Jésus-Christ, considéré comme Verbe de Dieu, est l'auteur de la révélation.

Saint Justin le martyr, philosophe platonicien.converti au christianisme, établit que toute sagesse humaine dérive du Verbe, en est une communication. On objectait que la sagesse humaine était antérieure a l'apparition du Verbe. Saint Justin répond "que le Père engendre le Verbe de toute, éternité, que, par conséquent, le^Verbe existait avant qu'il se fit chair et qu'il a pu inspirer les sages, car le Verbe a paru « lors de la plénitude des temps. • Le gnostique Cérinthe regardait l'union du Verbe divin avec l'humanité, dans la personne de Jésus-Christ, comme accidentelle et momentanée. Le Verbe émanant de Dieu s'était un moment uni à Jésus, puis s'était retiré de lui avant la passion, après avoir opéré les miracles qui furent la consécration de la mission du Christ.

Origène, qui avait beaucoup étudié Platon et avait une haute idée de la grandeur de Dieu , était scandalisé de voir mettre le Verbe au même rang que Dieu lui-même. Selon lui, le Fils était, à ce point inférieur au Père, qu'il ne devait pas être l'objet de la prière des chrétiens, mais un simple intermédiaire: il ne fallait pas prier le Fils, mais pur le Fils.

Cependant, le fractionnement de l'unité divine en trois personnes, qui, indépendamment de ses origines orientales, était une sorte de réaction païcnue contre le monothéisme, fit surgir au iv-e siècle une réaction violente dont Arius fut l'organe. Les plus fermes esprits du christianisme virent réellement un retour à la pluralité des dieux dans la tendance des théologiens du temps à distinguer plusieurs personnes en Dieu, ce Xjui explique le succès étonnant de l'arianisme. Tout cela prouve que le dogme catholique était encore en voie de formation. Quoi qu'il en soit, Arius partit du principe qu'il y avait un Créateur et des créatures. Le Verbe, ne pouvant k aucun titre se confondre uvec le Créateur, était à coup sûr une créature. Cette créature était, si l'on veut, Supérieure aux autres, un intermédiaire entre Dieu et l'homme, un révélateur. 11 avait été créé avant toute autre créature, en d'autres termes, avant l'origine des siècles; mais pourtant il était une créature de Dieu, et, par conséquent, il lui était inférieur de la même manière qu'une œuvre quelconque est conçue inférieure à l'ouvrier qui l'a faite.

Ces questions-la remuèrent durant plus de cent ans le monde intellectuel et religieux ; elles occasionnèrent des révolutions politiques dans l'empire romain, et elles ont laissé une trace profonde dans la théologie catholique..

Le concile œcuménique de Nicée (325) eut pour objet principal de réagir contre cette espèce de rationalisme qu'Arius voulait introduire dans le sein du christianisme. Les doctrines du philosophe furent condamnées solennellement, la divinité du Verbe décrétée comme un dogme absolu, en même temps que la divinité du Saint-Esprit et l'existeuce de

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trois personnes en Dieu. Durant des années , il s'établit une controverse incroyable sur deux mots, l'un êjuiitrio;, signifiant consnbstantiel au Père , et l'autre ojiowis'.os, exprimant l'idée d'une substance similaire, mais non la même. Les ariens, partisans d'ô(ioioûffioç, succombèrent. Dans cette lutte byzantine, le Verbe triompha avec les attributs qu'il a conservés depuis dans le dogme catholique.

On ne sait pas au juste où aurait mené le triomphe de la doctrine d'Arius contre la divinité du Verbe. Peut-être le monde occidental fût-il devenu une sorte de Chine, ou, si l'on veut, une société philosophique, sceptique, raisonneuse et en définitive incroyante. Dans tous les cas, le moyen âge eût été autre ; on n'aurait vu ni la souveraineté politique de l'Eglise et du pontife romain, ni les croisades, ni l'esprit chevaleresque, ni la plupart des institutions religieuses qui ont rendu cette époque si originale.

Aujourd'hui, la doctrine du Verbe n'est plus qu'une lettre morte. Dans le mouvement général qui entraîne la civilisation hors du christianisme, ce n'est plus qu'un événement historique, une crise de l'histoire de la pensée.

— Hist. relig. Ordre du Verbe-Incarné. Cet ordre fut fondé en 1625 par Jeanne-Marie Chezard de Matel ou de Martel, dans le but d'honorer le mystère de l'incarnation, du Fils de Dieu, de réparer les outrages que les Juifs lui avaient prodigués dans le cours de sa vie mortelle et les offenses qu'il reçoit dans le sacrement de l'eucharistie, de la part des hérétiques et des mauvais chrétiens. Bien que cet ordre eût été approuvé par le pape Urbain VIII, il rencontra de grands obstacles dans son établissement. Après toute espèce de vicissitudes, un monastère fut fondé à Avignon, un autre à Grenoble. En 1644, la reine Anne d'Autriche invita la fondatrice, malgré l'opposition des ursulines et des filles du Saint-Sacrement, à venir instituer un couvent de son ordre à Paris. Cette niaison fut l'occasion de nombreux démêlés entre l'ordre du Verbe- incarné et l'abbaye de Saint-Gerinain-des-Prés ; elle tut supprimée par ordre du Parlement en 1670, en même temps que plusieurs autres communautés, dont les titres de fondation n'étaient pas en règle. Tous ses biens furent donnés à l'hôpital général de Paris, et les religieuses qui l'habitaient furent transportées dans la maison de la Crèche, au faubourg Saint-Marcel, designée pour servir de retraite aux religieuses des congrégations supprimées. Ce couvent fut acquis en 1672 par les religieuses de Panthemont.

— Grainm. Le verbe est l'élément essentiel et indispensable de toute proposition, le lien de nos idées, la manifestation et l'affirmation de nos jugements; pour tout dire en un mot, il est l'âme du discours. Sans le verbe, en effet, la proposition n'existe pas et le discours est pour ainsi dire mort. Avec le verbe, au contraire, le discours est animé, il vit dans la proposition, qui n'est autre chose que l'énoncé d'un jugement ; or le verbe est précisément, comme nous venons de le dire, la manifestation et l'affirmation de nos jugements. C'est en raison de cette importance particulière du verbe que les grammairiens des peuples sémitiques, ceux des Hébreux et des Arabes, ont prétendu faire de l'espèce de mot dont il s'agit la source étymologique, le fondement radical de toutes les autres. Nous verrons plus loin ce qu'il faut penser de cette opinion.

Ce qui forme le caractère propre; l'essence du verbe, a longtemps été débattu par les philosophes et les grammairiens. Arislote a cru que e'était l'idée de temps; Buntorfa pensé que c'était l'idée de personne jointe à celle de temps. Scaliger s est imagine que le verbe avait surtout pour fonction d'exprimer ce qui se passe, par opposition à ce qui est permanent. D autres enfin ont voulu quelewôs exprimât toujours l'action ou la passion.

«La fonction propre du verbe, dit M. Vaïsse, est de manifester 1 activité de l'intelligence , de servir delien entre les deux termes d'un jugement, de faire connaître le rapport que nous avons perçu entre tel objet et telle qualité, de traduire, comme 1 a dit l'abbé Sicard, le oui de l'esprit, d'affirmer enfin. Autant de jugements l'esprit porte, autant de verbes le langage emploie. Entre cette phrase : Cet écolier laborieux sera récompensé, et celle-ci : Cet éeblier est laborieux, il sera récompensé, il y a cette différence que, dans la première, où il n'y a qu'un seul verbe, j'exprime simplement mon jugement sur la conséquence du travail de l'écolier, ne relatant que comme un fait admis son amour du travail, tandis que, dans la seconde, où il y a deux verbes, j exprime et mon jugement sur ses dispositions au travail, et celui que je porte sur ce qui doit résulter de ces mêmes dispositions.»

« Le verbe, dit aussi le savant M. Egger, est le véritable signe du jugement. Partout où il y a un verbe, il y a un jugement et ane proposition; partout où le verbe manque, il n'y a que des notions isolées, des idées sans lien ou du moins des alliances de mots incomplètes. Précisément parce que le verbe est nécessaire 'au discours, il peut être sousentendu dans beaucoup de phrases et l'esprit le supplée avec une extrême facilité. Dans

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la phrase : Auguste succéda à Jules César, et Tibère à Auguste, il y a deux propositions, quoiqu'il n'y ait qu'un seul verbe exprimé; le second ver be est sous-entendu. Les locutions comme debout/ en avant! sous-entendent chacune un verbe à l'impératif et n'en sont pas moins claires pour cela. Il en est de même dans les locutions comme heureux ceux gui, etc., pour ceux-là sont heureux gui, etc. D'un autre côté, même quand le verbe n'est pas sous-entendu, il n'est pas toujours exprimé dans la phrase par un mot distinct. A vrai dire, le seul signe particulier du jugement dans le langage est le verbe que nous appelons par excellence verbe substantif: einai, esse, être, qui marque dans la proposition le rapport du sujet et de l'attribut; mais le verbe s'unit si naturellement avec l'attribut que presque tous les verbes que l'on rencontre dans l'usage sont des verbes attributifs : J'aime pour je suis aimant, Je crains pour je suis craignant, etc. »

Le verbe, qui constitue, parmi les catégories grammaticales, celle de l'ordre le plus relevé, se retrouve dans toutes les langues ; mais l'expression de l'affirmation, qui en est la partie essentielle, est d'autant plus dégagée de l'expression d'idées accessoires que le peuple dans ia langue duquel on l'étudié a fait plus de progrès intellectuels. C'est ainsi que le verbe substantif ou abstrait être, le dernier terme de l'analyse de la pensée , manque longtemps au langage de l'enfance , tout comme il parait manquer aux langues des populations qui en sont encore à l'enfance de la civilisation. Nos enfants disent, dans leur parler incomplet : Maurice sage, Raoul gentil, pour Maurice est sage, Raoul est gentil, de la même manière que les nègres de nos colonies disent dans leur informe jargon : Hier, nègre paresseux; Demain, maître colère. Le verbe ne parait point exprimé dans ces locutions tout anomales. Le langage des enfants et le jargon des nègres non-seulement ne possèdent pas le verbe substantif, mais encore n'emploient les autres verbes qu'a l'infinitif, c'est-à-dire sous une forme qui n'appartient pas logiquement au verbe. « Est-ce a dire, demande M. Vaïsse, qu'il y ait des langages sans verbes? Nullement; car ici l'accent supplée à la flexion grammaticale; le ton sur lequel sont prononcés l'adjectif ou l'infinitif représente, pour l'un , l'addition du verbe substantif, et pour l'autre la flexion de l'indicatif. Les langues, aujourd'hui si analytiques, furent sans doute autrefois ce que nous voyons être encore le langage des enfants et des populations les moins développées sous le rapport de l'intelligence. Il est donc' inexact de dire que les hoirtmes, pour abréger le discours, ont fini par réunir sous un seul mot l'affirmation et l'attribut; ear c'est au contraire après avoir longtemps confondu dans une seule expression ces deux éléments de la proposition qu'on a fini par les distinguer. »

Le verbe, écho naturel de chaque pensée, de chaque mouvement, de chaque action, est originairement monosyllabique, comme les racines elles-mêmes ; mais ce n'est plus sous cette l'orme absolue qu'il apparaît dans la plupart des idiomes, où il offre une trèsgrande variété de formes grammaticales.

Placé dans des rapports variés, influencé par une foule de circonstances, il est généralement appelé à marquer par des terminaisons particulières :

1° La nature même et le caractère particulier de l'affirmation et comme les diverses qualités du jugement ou les divers états de 1 âme de celui qui juge, le vœu ou le désir par l'optatif, la volonté par l'impératif, etc. C'est ce que les Grecs appelaient ek/cliseis et les Latins modi, d'où notre mot français modes.

20 Le temps auquel l'action se rapporte. 3° La personne du sujet de la proposition. 4° Le nombre, selon que le sujet est au singulier ou au pluriel, et dans quelques langues au duel.

5° L'état du sujet, selon que le sujet est actif ou passif, ou l'un et l'autre à la fuis. Ces différences s'appellent, chez nous, des voix. Les terminaisons particulières qui marquent ces différents caractères de modes, de personnes, de temps, de. nombre et de voix, sont généralement des racines démonstratives ou pronominales accolées ou fondues avec la racine verbale elle-même.

L'ensemble de ces terminaisons, arrangées dans un certain ordre, constitue cet harmonieux système qu'on appelle la conjugaison. Dans la langue chinoise , qui est monosyllabique et à racines pures, le verbe n'est reconnu comme tel .que par sa place dans ia phrase; il ne se distingue en rien de tous les autres mots de la phrase; l'actif et le passif ne différent que par leur pftice; quelquefois aussi le passif doit être exprimé par un détour; par exemple: Voir protection, c'est-àdire être protégé, Kian pao. Le mode et le temps peuvent être reconnus à l'aide des mots environnants; le nombre et la personne ne s'expriment jamais dans le verbe chinois. •

Une particularité du verbe dans les langues sémitiques, c'est qu'il y est susceptible de la distinction des genres ; de sorte que, sans l'emploi des pronoms, on reconnaît à la forme du verbe si son sujet, à la seconde personne, du moins, comme à la troisième, est

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un homme on une femme. Ces langues ont, en outre, la propriété de rendre par un simple al'fixe le pronom personnel, qui sert au verbe de régime ou complément direct.

Elles distinguent aussi dans les verbes une grande abondance de formes. Les grammairiens arabes portent à quinze le nombre des formes diverses par lesquelles peut passer un radical verbal, qui prend ainsi successivement les sens actif, passif, réfléchi, réciproque, causatif, désidératif, intensitif, etc. Le verbe hébraïque n'a que dix. formes , dont sept principales et régulières et trois secondaires et exceptionnelles.

Outre les formes active, moyenne et passive, le sanscrit distingue aussi dans ses verbes le désidératif, l'intensitif, le causatif et le déterminatif.

Dans les idiomes modernes, les verbes sont souvent divisés en transitifs ou actifs, intransitifs ou neutres, passifs, pronominaux ou réfléchis, défectifs ou irréguliers et impersonnels. On distingue aussi des verbes auxiliaires, qui servent pour former certains temps des autres verbes. V. chacun de ces mots.

Dans notre langue, tout verbe à un mode personnel s'accorde en nombre et en personne avec son sujet; cette règle ne souffre d'exception ou n'a besoin d'explications particulières que si le sujet est un collectif ou l'un des pronoms ce, nous, vous, qui, ou s'il est composé de plusieurs mots.

Le verbe être est le seul qui puisse recevoir un accord exceptionnel quand il a pour sujet ce. V. à cet égard la note sur ÊTRE.

Quand les pronoms nous, vous, employés comme sujet, ne représentent qu'une seule personne, ils imposent toujours la pluralité du verbe, bien que les autres mots, en rapport avec eux se mettent nu singulier : Madame, VOUS ÊTKS trop BONNE; A'OUS 110US SOM- MES transporta sur te lieu même du crime. Pour ce qui regarde le sujet gui, v. la note sur les pronoms conjonctifs.

Pour les sujets composés, on peut d'abord poser la règle générale suivante : si chacun des éléments dont le sujet est formé désigne un objet différent et si, lorsqu'on énonce le verbe, on a présente à l'esprit l'image multiple de tous ces objets, sans qu'aucun des éléments résume, efface ou exclue entièrement les autres, le verbe se met au pluriel, et, en cas qu'il y ait diversité de personnes, il se met à celle de ces personnes qui a la priorité sur les autres : Homère et Virgile feront toujours les délices de ceux gui aiment la poésie, Toi et ton frère avez mangue de prudence en cette circonstance. Dans ce dernier exemple et dans tous les cas où il y a diversité de personnes, on pourrait placer devant le verbe un pronom qui résumerait les sujets divers : Toi et ton frère, vous avez mangue de prudence. Si le verbe qui s'accorde ainsi avec tous les éléments d'un sujet composé était à un temps composé et que te participe dût varier, celui-ci se mettrait aussi au pluriel, et de plus il prendrait le genre masculin toutes les fois que, parmi les éléments du 'sujet, il s'en trouverait un seul de ce genre : Paul et Virginie s'étaient assis à l'ombre d'un sycomore. Le féminin ne serait employé qu'au cas où tous les éléments du sujet seraient féminins sans une seule exception : Ma sœur, ma cousine et une jeune fille de leurs amies étaient parties ensemble.

Quand les divers éléments du sujet sont des synonymes ou quand ils ne font qu'exprimer le même objet sons des points de vue différents, le verbe s'accorde avec un seul d'entre eux, avec celui qui est le plus voisin : Son zèle, son activité est au-dessus de tout éloge. En pareil cas, les éléments synonymes ne sont ordinairement joints par aucune conjonction ; il arrive pourtant quelquefois qu'ils sont joints par la conjonction et, ainsi qu'on le voit dans cette phrase de Thomas : L'art et le talent des sophistes consistait à trouver des arguments pour toutes tes causes.

Quand on veut faire entendre que les éléments du sujet doivent être considérés un à un, et non plusieurs ensemble, le verbe s'accorde encore seulement avec l'élément le plus voisin : Chaque arbre et chaque plante sera l'objet d'une étude particulière. C'est là ce qui peut justifier l'emploi d'un verbe au singulier après l'un et' l'autre; on donne alors à cette locution le sens de chacun, tandis qu'on lui donne le sens de fous deux quand on met le pluriel.

Lorsque l'un des éléments du sujet est un mot qui résume ou ed'ace tous les autres, c'est avec lui seul que le verbe s'accorde : Le père, la mère, les enfants, toute la famille était plongée dans la désolation; famille résume les trois substantifs précédents. Votre intérêt, votre ho7meur, Dieu exige ce sacrifice; il y a ici trois mots placés par gradation, et l'importance du mot Dieu, qui est le dernier, efface et fait en quelque sorte oublier les deux autres. Aucune voix alors, pas même celle de Robespien-e, m'avait l'entraînement de la voix de Danton. (Lamart.) Ici, c'est aucune voix qui résume, qui comprend la voix de Robespierre.

Enfin, lorsque le dernier des éléments est précédé de la conjonction ou, de et peut-être ou de quelque autre expressioti du même genre, cette conjonction ou ces expressions marquent presque toujours qu'il faut consfdérer l'un des éléments seul à l'exclusion deï

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autres, sans qu'on puisse dire quel est celui auquel il faut s attacher de préférence, et alors l'accord se fait seulement avec le dernier élément : Due pomme ou une poire est son dessert ordinaire; La prudence et peut-être la peur te tint éloigné du danger. Mais il arrive quelquefois que la conjonction ou, au lieu de marquer une exclusion complète, montre seulement que les divers éléments n'agissent que dans des circonstances différentes, et alors le verbe se met au pluriel : Le maire ou l'adjoint font les mariages civils; Le cure' ou le vicaire célèbrent les mariages religieux.

Il peut arriver quelquefois que le verbe dont le sujet est composé .d'éléments réellement divers se trouve suivi de certaines expressions qui montrent que l'esprit a réuni ces divers éléments pour n'en faire qu'un tout, et alors on peut mettre le singulier, comme on le voit, deux fois dans cette phrase de Voltaire : Sous un sénat aristocratique, si l'égalité entre tes membres et le maintien de l'autorité du corps est l'intérêt général gui meut les sénateurs, la conservation de leurs biens et la sûreté de leurs personnes est celui qui anime les citoyens. Le même cas se présente souvent quand le sujet est composé de plusieurs infinitifs. V. la note sur le mot infinitif.

Quand les éléments du sujet sont unis par ni, le verbe se met au pluriel pour s'accorder avec l'ensemble toutes les fois que l'action peut, sans absurdité, être attribuée simultanément à plusieurs êtres; au contraire, le verbe s'accorde avec l'élément le plus rapproché quand l'action ne peut être faite que par un seul être a la fois : Ni l'or ni la grandeur ne nous rendent heureux , plusieurs choses peuvent, nous rendre heureux; Ni votre père ni le mien ne sera nommé maire de ce village, l'un d'eux seulement pourrait être nommé.

Quand les éléments du sujet sont unis par comme, de même que, ainsi q ue, plus que, etc., le verbe s'accorde ordinairement avec ce qui ' précède la conjonction, et il est sous-entendu pour ce qui la suit : L'Océan, comme la terre, est peuplé d'innombrables habitants; c'est-àdire l'Océan est peuplé comme la terre est peuplée.

Telles sont les règles générales sur l'accord du verbe avec son sujet; quant aux règles particulières concernant l'accord avec les collectifs, on peut voir la note sur ce mot.

VERBEECQ (Philippe), peintre et graveur hollandais, né vers 1599, mort après 1639. On manque de détails sur sa vie, et on ne connaît aujourd'hui aucune' de ses toiles. 11 ne nous esc parvenu de lui que des gravures à l'eau-forte, exécutées dans le style de celles de Rembrandt, auquel Verbeecq était antérieur. Ces gravures, que les amateurs estiment beaucoup, sont au nombre de six, savoir : EsaU vendant son droit d'aînesse; un Homme à genoux devant un roi d'Orient; Berger assis au pied. d'un arbre, avec la marque du graveur et la date de 1619 ; Buste de' jeune femme; Buste d'homme; Figure d'un jeune homme debout, avec le nom du graveur et la date de 1639. On ne connaît pus tl'œuvre de Verbeecq exécutée postérieurement à cette date.

VERBÉNACÉ, ÉË adj. {vèr-bé-na-sé — du lat. verbena, verveine, que Goissen rattache à la racine sanscrite vardk, croître. V. verveine). Bot. Qui ressemble ou qui se rapporte à la verveine.-

— s. f. pi. Famille de plantes dicotylédones, ayant pour type le genre verveine : Les propriétés des verbénacées en médecine n'ont pas une grande importance. Les verbÉnacéi;s ont de très-grands rapports avec les labiées, (Th. de Berneaud.)

— Encyçl. La famille des verbénacées renferme des arbres , des arbrisseaux et de3 plantes herbacées, à feuilles ordinairement opposées, quelquefois composées. Les fleurs, groupées en corymbes ou en épis terminaux, plus rarement solitaires k l'aisselle des feuilles, présentent un calice inonosépale, tubuleux, k cinq dents, persistant; une corolle monopétale, tubuleuse, ordinairement irrégulière et comme bilabiée; quatre étamines hypogynes, didynames, quelquefois réduites à deux; un ovaire libre, à deux ou quatre loges, renfermant chacune un ou deux ovules, surmonté d'un style simple, terminé par un stigmate bifide ou en tête.' Le fruit est une baie ou un drupe, contenant un noyau k deux ou quatre loges souvent monospermes; l'embryon est droit et entouré d'un albumen mince 'et charnu. .

Cette famille, qui u des affinités avec les jasminées et les labiées, comprend. un assez •grand nombre de genres, groupés en deux trilius, et dont nous citerons les principaux. I. VkhbÉnÉKS: feuilles simples, inflorescence indélinie, ovules dressés; genres verveine, stachytarpha, lippia, zapanie, aloysie, lantana, citharexylon, duranta, pé'trea, priva, cassélie, spielmannie , etc. — II. Viticées : feuilles souvent digitées, inflorescence délinie, ovules pendants; genres gattilier (vitex), cornulie, giueline, clérodenuron, volkamérie, égiphile, premna, callicarpe, teck (tectonu) , caryoptéris, etc. Les verbénacées sont répandues surtout dans les régions tropicales des deux continents; elles sont plus ra-

VERB

res sous les zones tempérées. Plusieurs sont employées en médecine; elles possèdent généralement des propriétés excitantes. Beaucoup d'entre elles sont .cultivées comme plantes d'agrément; mais îa plupart exigent la serre chaude ou tempérée.

VERBÉNA1RE s. m. (vèr-bé-nè-re — hit.

verbenarins; de verbena, verveine). Antiq, rom. Chef des féciaux, qui portait une branche de verveine.

VERBÉNÉ, ÉE adj. (vèr-bé-né — du Int.

verbena, verveine). Bot. Qui ressemble à la verveine. ,

— s. f. pi. Tribu de la famille des verbénacées, ayant pour type le genre verveine,

VERBÉNINÉ, ÉE adj. (vèr-bé-ni-né - du lat. verbena, verveine). Bot. Qui ressemble à la verveine.

— s. f. pi. Classe de plantes dicotylédones, comprenant les verbénacées et quelques familles voisines.

VERBÉRATION s. f. (vèr-bé-ra-si-on — du lat. verberare, fouetter). Physiq. Vibration de l'air qui produit le son. Il Vieux mot.

VERBERIE, en latin Verberiacum, bourjr et commune de France (Oise), cant. de Pont- Sainte- Maxence,arrond. et à 16 kilom. N.-O. de Senlis, sur la rive gauche de l'Oise ; 1,400 hab. Fabrique d'alun et de couperose, huile, fécule, tuiles et briques; papeterie. Verberie ne possède plus qu'une seule église. Il reste cependant quelques traces de l'ancienne chapelle Notre-Dame. L'église paroissiale , classée au nombre des monuments historiques, appartient à plusieurs époques - Son transsept est roman , son choaur du xno siècle ; le portail, la nef, les bas-côtés, le transsept nord sont du xive siècle. L'orgue est fort ancien. Quant à l'ancien palais des rois de France, c'est en vain qu'on en chercherait k Verberie le moindre vestige. Sur le port de Verberie, à la ferme du château, on voit encore l'ouverture d'un profond sonterrain destiné jadis à servir de retraite aux habitants en cas d'invasion ennemie. Les jardins de l'ancien palais royal de Verberie s'étendaient le long de l'Oise, parallèlement au palais jusqu'au parc, nue le château d'Herneuse .séparait de la forêt de Cuise. Au petit hameau de Rhuis, à peu de distance de Verberie, on trouve une pierre druidique. Des fouilles récentes ont amené aux alentours la découverte de haches nombreuses en silex. Rhuis possède également une curieuse église du xne siècle.

Verberie était, à l'époque de la monarchie mérovingienne, une des douze agglomérations principales que l'on comptait dans le royaume de Soissons. Les rois francs y avaient un pu.lais et y résidèrent fréquemment. Charles- Martel y mourut, et son fils Pépin y convoqua une assemblée générale de la nation, connue sous le nom de premier concile de Verberie (752). 11 fut reconstruit entièrement vers 80S par Charlemagne. Cest là que Charles le Chauve célébra, en 856, les noces de sa tille Judith avec le roi d'Angleterre Ethelwulf et que le même roi signa, en 869, un traité avec le cjief normand Bioern. Philippe le Bel, Philippe le Long, le roi Jean et Charles V résidèrent à plusieurs reprises à Verberie. Quant à la ville proprement dite, elle avait pris peu à peu une extension rapide ; elle se composait en 1309 de quatre quartiers : le château, la ville, le bourget et le bourg. Elle possédait déjà trois églises : Saint- Waast, Saint-Germain (aujourd'hui détruites) et Saint-Pierre (demeurée paroisse), plus une chapelle. Les Anglais et les Navarrais saccagèrent une partie de la vilie et du palais au xive siècle. Charles V lit réparer le palais. Charles VI, en 1414, y séjourna près d'un mois. En 1429, le comte de Huntington s'empara de la ville qu'il mit au. pillage; mais le maréchal de Boussac ne tarda pas à la reprendre. Verberie se trouva désignée au nombre des forteresses dont Charles VII prescrivit l'entière démolition eu 1431. Elle fut sous François 1er ! eiitourêe de nouvelles murailles. Ces murailles existaient encore au xvme siècle, et cinq portes donnaient accès à la ville. En 1815, les armées prussienne et anglaise s'arrêtèrent à Verberie et y commirent de nombreux dégâts. Quatre conciles furent tenus à Verberie. Dans le premier, convoqué par Pépin qui y assista (753), on publia vingt et un canons, dont la' plupart concernent les mariages incestueux ou plus exactement entre parents rapprochés. On décida notamment qu'un conjoint libre ayant épousé un conjointesclave pouvait faire annuler son mariage et se remarier. Au concile de 853, le roi Charles rit relire les eaphuluires qu'il avait fuit publier dans celui de' Soissons. Deux autres conciles furent convoqués le 25 octobre 863 et le 24 avril 869. Dans le premier, ou rétablit Rothade dans son évêché de Soissons; dans le second, on jugea Hincmar de Laon, qui en appela au pape.

VERBÉSINAIRE s. f. (vèr-bé-zi-nè-re — rad. verbésine). Bot. Section du genre verbésine.

VERBÉSINE s. f. (vèr-bé-zi-ne — du lat. verbena, verveine). Bot, Genre de plantes, de la famille des composées, tribu des sénécionées,type du groupe des verbésinées, comprenant une cinquantaine d'espèces, qui croissent en Amérique.

— Eucycl. Les verbésines sont des herbes

VERB

ou des sous-arbrisseaux, à feuilles alternes ou opposées, généralement amples et rudes au toucher. Les fleurs sont réunies sur des capitulas solitaires ou groupés en corymbes paniculés, entourés d'un involucre formé da deux ou plusieurs rangées d'écaillés à peu près égales; elles sont tubuleuses au centre et ligulées à la circonférence; les fruits sont des akènes aplatis, ailés et pourvus de deux arêtes, disposés sur un réceptacle muni de paillettes. Ces végétaux croissent dans l'Amérique centrale, et plusieurs sont cultivés dans nos jardins. Par la rapidité de leur croissance, l'ampleur et l'élégance de leur feuillage, ils sont recherchés pour décorer les pelouses des jardins pittoresques. On remarque surtout les verbésines gigantesque, pinnatifide et safranëe, originaires du Mexique.

VERBÉSINE, ÉE adj. (vèr-bé-zi-né — rad. verbésine). Bot. Qui ressemble ou qui se rapporte à la verbésine.

— s. f. p!. Groupe de plantes, de la famille des composées, tribu des sénécionées, ayant pour type le genre verbésine.

VERBEUX, EUSE adj. (vèr-beu, eu-ze — lat. verbosus ; de verbum, parole). Qui abonde en paroles, qui est diffus : Eloquence vuabeuse. Avocat verbeux. Les inutilités verbeuses prodiguées dans nos histoires contribuent beaucoup à en rendre la .lecture dégoûtante, surtout pour les amateurs des anciens. (Laharpe.)

VERBIAGE s. m. (vèr-bi-a-je — d'un verbe hypothétique verbier, qui représente un type iatin varbicare, fait de verbum, parole). Abondance de paroles futiles, inutiles : L'écolier écoute en classe le verbiage de son régent. (J.-J. Rouss.)

VERBIAGER v. n. ou intr. (vèr-bi-a-jé — rad. verbiage. Prend un e après le g devant a et o .• Je verbiageai ; nous verbiageons). Fam. Faire des verbiages, employer beaucoup de paroles pour dire peu de chose : // verbiagea «n peu avant de s'en ouvrir. (StSim.) Il Peu usité.

VERBIAGEDR, EUSE adj. (vèr-bi-a-jeur, eu-ze — rad. verbiage). Fam; Qui fait des verbiages, qui emploie beaucoup de paroles pour dire peu de chose : J'ai à vous avouer que j'ai été, moi, beaucoup trop verbiaguck sur l'histoire de la dernière guerre. (Volt.) Ne sachant que lire, je pris i'Héloïse de Rousseau; il y a des endroits fort bons, mais ils sont noyés dans un océan d'éloquence vcrbia- Geusb. {Mme Ou Deffaut.)

VERBIESLES, village et comm. de France (Haute-Marne), cant., arrond. et à 7 kilom. S. de Chaumont, sur la rive gauche de la Marne; 240 hab. On y voyait autrefois l'abbaye du Val-des-Ecoliers, fondée en 1211 par quatre docteurs de l'Université da Paris; il ne reste plus que la maison abbatiale.

VERBIEST (le Père Ferdinand), jésuite, missionnaire, astronome, né k Bruges ou près" do Courtrai vers 1630, mort à Pékin en 1688. U se rendit en Chine eu 1659 et fut appelé à Pékin par le Père Adam, qui l'associa à ses travaux astronomiques. Jeté en prison avec tous ses confrères à la mort de l'empereur Chun-ti, il partagea leurs dangers pendant la minorité de Khang-sti; mais, à la majorité de ce prince, de nouvelles difficultés étant survenues dans la rédaction dn calendrier, la même cause qui avait déjà valu la faveur de la cour à plusieurs pères jésuites amena l'érargissement des missionnaires et lit élever le Père Verbiest aux dignités dont avaient joui le Père Terentiu:; et le Père Schall. Favorisé de l'amitié de l'empereur, il fut placé à la tète du tribunal des mathématiques et chargé à la fois de la rédaction des éphémérides et de la direction des fonderies de canons. U fit aussi améliorer l'observatoire et' le garnit d'instruments apportés d'Europe, Verbiest a publié sous la nom de Nuiihoui-ji», qu'il avait adopté, un grand nombre d'ouvrages de mathématiques et autres, en langue chinoise.

VERBIGÈNES, peuple de l'Helvétie , le même que les Urbigènes.

VEUBOECKHOVEN (Eugène- Joseph), peintre belge, né k Warneton (Flandre occidentale) en 1799. Son père, sculpteur à Bruxelles, lui donna les premières leçons de dessin et de sculpture, et il commença par modeler en cire ou en argile des chevaux et d'autres animaux. Sa vocation l'ayant plus tard porté vers la peinture, il renonça à ce premier genre d'études; mais les connaissances qu'elles lui avaient procurées lui furent très-utiles, surtout pour donner aux animaux, qui forment presque toujours le sujet principal de ses toiies, cette proportion et cette exactitude de f urines qui ont fait la réputation de l'artiste. Il lui arriva très-souvent de modeler en argile l'animal qu'il voulait peindre avant de le représenter sur toile, et.c'est peut-être h'cetie habitude qu'il dut de tenir sans conteste le premier rang parmi les peintres d'animaux de notre époque. On admire surtout ses moutons, ses ours et ses chevreuils, dont il a su reproduire avec une fidélité vraiment merveilleuse le caractère et les mœurs. Son exécution est extrêmement soignée, même dans ses toiles les plus petites. U a parfois travaillé en commun avec d'autres peintres, notamment avec de Notter l'aîné, sur les tableaux duquel il peignait les animaux et les

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hommes. C'est une toile de ce genre, le Marché aux bestiaux de Gand (1821), qui posa les bases de sa réputation. Elle u'a plus fait que croître depuis cette époque. Ses œuvres sont fort recherchées des amateurs, qui les payent un prix très-élevé. En 1834 , le baron de Rothschild de Paris lui achwta 10,000 fr. un Troupeau dans un paysage d'automne, et, depuis lors, aucune de ses grandes toiles ne s'est vendue au-dessous de ce prix ; beaucoup l'ont même dépassé. Parmi ses œuvres les plus remarquables, on cite : Troupeau de moutons surpris par l'orage (au musée de Leipzig); Empsael, étalon arabe (1824) ; Chevaux attaqués par'des loups (1836); Troupeaux dans la. campagne de Borne (1845); Brebis et agneaux ou la Bonne mère (1855); Souvenirs d'Ecosse (1857); Moutons, coqs et poules (1861), etc. On lui doit aussi des Etudes à l'eau-forte (Bruxelles, 1839, 22 planches) et deux recueils de lithographies originales : hludesde paysage (Bruxelles, 1839, 15 planches) et Etudes d'animaux (Bruxelles, 1844, 13 planches). Un grand nombre de ces toiles ont figuré aux Expositions de Bruxelles et de Paris. Il a obtenu en France des médailles de 20 classe (1824), de ire classe (1841), une médaille de 3» classe k l'Exposition universelle de 1855 et la croix de la Légion d'honneur en 1845.

VERBOBCK110VEN (Charles-Louis), peintre belge, frère du précédent, né àWarneton en 1802. Il fut l'élève de son frère, dont il adopta d'abord la spécialité ; mais plus tard il se consacra presque exclusivement à la peinture de marine. On cite, parmi ses toiles : Bâtiments pécheurs séchant leurs voiles au mouillage, Marée montante, Nauirês pécheurs en vue du fort de Lillo,près d'Amsterdam; Vue du port de Flessing, tableau qui a flgurô à l'Exposition universelle de 1855 ; Vue prise aux environs de'Gand (1869), etc.

VERBONNÀ1S (le), en latin Verbonensis Pagus, petit pays de l'ancienne France, dans le royaume de Lorraine, près de Nancy.

VERBOQUET. s. m. (vèr-bo-kè). Constr.

Cordage attaché k un fardeau que l'on élève, pour le maintenir. Il On dit aussi vbrbbouquet,

VERBOSITÉ s. f. (vèr-bo-zi-té — rad. verbeux). Défaut de ce qui est verbeux ; Verbosité d'un avocat. Verbosité d'un plaidoyer. Le ministre de Injustice n'apporte que trop souvent à la chambre le sans-façon de la basoche, l'intempérance des gestes,'la vbubositb du langage et l'enflure du palais. (Cormeu.)

VERBOUISSET s. m. (vèr-boui-sé — du prov. verd, vert; bouisset, buisson). Bot. Nom vulgaire du fragon, en Provence et en Languedoc. H Plusieurs dictionnaires ont donné verbouiilet, ce qui est une fausse leçon.

VERCE1L, la Vercellx des anciens, en italien Vercelli, ville du royaume d'Italie, province et à 19 kilom. S.-O. de Novare, cheflieu de district et de mandement, sur la Sésia et le chemin de fer de Turin a, Miian ; 25,000 hab. Archevêché, collège royal, séminaire théologiqua, école de médecine, bibliothèque, musée ; filature et tissage de soie. Commerce de grains, vins, soie et surtout de riz qu'on récolte dans les campagnes voisines. Depuis le mois d'avril jusqu'au mois de septembre, tout le territoire de Verceil ressemble à un vaste marais; le sol est couvert de rizières; les divers canaux qui arrosent la plaine entretiennent dans l'air una humidité insalubre. Verceil est une ville assez importante, généralement bien construite ; ses rues sont larges et régulières. On y remarque quelques beaux édifices dont ies principaux sont : la cathédrale, construction du xivo siècle, renfermant deux belles chapelles, dans l'une desquelles on expose à la vénération des fidèles la dépouille mortelle de saint Eusèbe, patron de la ville; l'église Saint-Christophe, ornée d'excellentes fresques; l'église Sainte- Marie-Majeute, dont le pavé en marbre représente les principaux traits de la vie de Judith; l'hôpital, le théâtre et plusieurs palais. Dans la bibliothèque de la cathédrale, on conserve un manuscrit du ive siècle, contenant le livre des Evangiles, copié, dit-on, par saint Eusèbe , et qui est la plus ancienne traduction manuscrite da ce livre. Cette ville est très-ancienne. Dans l'antiquité, elle était la capitale des Libici, dans la Gaule Cisalpine; plus tard, elle devint un municipium fortifié des Romains. Marius et Catulus y défirent les Cimbres l'an 101 av. J.-C. (v. ci-après). Au moyen âge, Verceil eut différents maîtres et constitua pendant quelque temps une république. Elle passa," au xve siècle, sous la domination des ducs de Milan, puis de la maison de Savoie, et fut prise et démantelée en 1704 par les Français, auxquels les alliés la reprirent en 1708. En 1796, elle fut réunie à la Franco et resta, jusqu'en 1814, le chef-lieu du département de la Sésia. Pendant la guerre d'Italie en 1859, Verceil fut cruellement rançonnée par les Autrichiens, dont la délivra rapidement l'intervention des Français. En 1050, le papa Léon IX convoqua à Verceii un concile qu'il présida. Qn y condamna les doctrines de Berenger et le livre da Jean Scott sur l'eucharistie.

Verceil (bataillb de), dans laquelle Marius extermina les Cimbres l'an 101 av. J.-C. Un déluge da barbares, Cimbres et Teutons, s'étaient précipités des bords de la Baltique

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vers «as frontières de la république romaine, s'étaient accrus de deux peuplades, gauloise et helvétique, et avaient écrasé tous les généraux envoyés pour les combattre. C'était peut-être fait de Rome si, au lieu de se diriger vers l'Espagne, ils fussent entrés en Italie ; niais ils se divisèrent : les Cimbres prirent un détour pour pénétrer en Italie par îaCarniole. tandis que les Teutons et les Gaulois marchaient vers la Ligurie. Marius, qui commandait l'armée romaine des Gaules, laissa tranquillement défiler ces derniers devant son camp, puis se mit à leur poursuite et les extermina dans les plaines d'Aix (102 av. J.-C). Il courut ensuite joindre ses troupes victorieuses à celles de Catulus, son collègue, qui, désespérant de défendre contre les Cimbres les défilés des Alpes, était redescendu en Italie et s'était réfugié derrière î'Adige. Mais les barbares avaient forcé le passage du fleuve et inondaient les campagnes, où ils commettaient d'effroyables ravages. Ils avaient appris vaguement la défaite des Teutons; mais leur orgueil sauvage se refusait à y croire, et ils envoyèrent à Marius des ambassadeurs chargés de demander pour eux et pour leurs frères des terres et des villes où ils pussent s'établir. Marius leur demanda ironiquement quels étaient ces frères dont ils parlaient. Ils répondirent que c'étaient les Teutons. A ces mots, les Romains éclatèrent de rire et Marius dit aux députés : » Laissez là désonnais vos frères et ne vous inquiétez pas de leur sort; ils ont la terre que nous leur avons donnée, et ils la conserveront éternellement. » Les Cimbres irrités s'écrièrent d'une voix menaçante qu'il se repentirait de cette insulte et qu il en serait bientôt puni par les Teutons eux-mêmes, dès qu'ils seraient arrivés. « lis le sont, répliqua Marius, et il serait peu' honnête de vous en retourner avant d'avoir saiuè et embrassé vos frères. » En même temps, il fit amener les rois teutons chargés de chaînes. Cette vue transporta les Cimbres de rage et ils regagnèrent précipitamment leur camp, où ils allumèrent dans le cœur de leurs compatriotes une soif d'implacable vengeance. Ils marchèrent aussitôt contre les Romains, et Boïorix, leur roi, s'approchant avec quelques cavaliers, provoqua Marius à fixer le jour et le lieu du combat. Le consul répondit que les Romains n'avaient pas l'habitude' de prendre conseil de leurs ennemis pour combattre, mais que cependant il voulait bien satisfaire sus désirs. Us convinrent donc de livrer bataille à trois jours de là dans la plaine de Ve.rceil. Au jour indiqué, l'infanterie des barbares se rangea en bataille dans la plaine, formant une phalange carrée qui présentait autant de front que de profondeur et dont chaque côté couvrait 30 stades de terrain. Leurs cavaliers, au nombre de 30,000 environ, portaient des casques qui se terminaient en gueules béantes ou en mufles de bêtes sauvages, surmontés de panaches gigantesques en forme d'ailes, ce qui ajoutait encore à la hauteur de leur taille et leur communiquait un aspect étrange et sauvage. Ils étaient de plus cou verts de cuirassés et de boucliers d'un métal étincelant. Chacun d'eux tenait deux javelots destinés k être lancés de loin; mais, dans la mêlée, ils se servaient d'épées longues et pesantes.

La lutte ne tarda pas à s'engager avec le plus effroyable acharnement; cette multitude d'hommes en mouvement souleva un tel nuage de poussière que les deux armées combattirent pendant quelque temps sans presque s'apercevoir. Marius avait pris habilement ses dispositions de manière que les barbares reçussent en plein visage les rayons ardents du soleii. Eblouis par cette lumière éclatante, accablés par une chaleur à laquelle leur climat froid ne les avait point habitués, les Cimbres, couverts de sueur et tout haletants, combattirent sans ordre et sans énergie, dès que leur premier élan se fut calmé, sous cette température brûlante. Ils opposèrent néanmoins, par leur masse même, une longue résistance au choc impétueux des Romains, qui ne se lassaient pas de revenir à la charge. Ceux-ci parvinrent enfin à rompre les premiers rangs de leurs ennemis, qui étaient liés les uns aux autres par de longues chaînes fixées à leurs boucliers, et pénétrèrent par cette brèche ouverte jusqu'aux plus épais bataillons des Cimbres, dont ils tirent une épouvantable buucherie. Les barbares essayèrent de chercher un refuge vers leurs retranchements; mais alors se passa une scène qui frappa de terreur les Romains euxmêmes. Les femmes cimbres, vêtues de noir et montées sur des chariots, repoussaient et frappaient impitoyablement les fuyards, c'està-dire leurs pères, leurs frères, leurs époux. On les vit, dans leur fureur sauvage, étouffer leurs enfants, les lancer sous les pieds des chevaux ou sous les roues des chariots et se poignarder ensuite elles-mêmes. Une d'entre elles, après avoir atiaché ses deux enfants à ses deux talons, se pendit ensuite au timon de son chariot. Les hommes,. placés entre la rage aveugle de leurs femmes et la fureur implacable des Romains, se mettaient autour du cou des nœuds coulants, qu'ils attachaient aux cornes ou aux jambes des boeufs; puis ils piquaient Ces animaux pour les faire courir, et périssaient ainsi étranglés ou brisés dans cette course désordonnée. Et cependant, malgré le grand nombre de ceux qui se donnèrent ainsi la mort, les Romains, las de tuer, nreot encore flO,000 prisonniers; plus de

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120,000 cadavres gisaient sur le champ de bataille. Cette grande victoire valut à Marius le surnom de troisième fondateur de Rome, et la république crut avoir pour jamais triomphé des hordes barbares.

VERCEILLOIS, OISE s. et adj. (vèr-sèl!oi,oi-ze; Wmll,).Géogr. Habitant de Verceil; qui appartient à cette ville ou à ses habitants -, Les VerceîlloiS. Les mœurs veRCEILloises. Il On dit au&si verceixin, inb.

VERCEL, bourg de. France (Dotibs), cheflieu de cant., arrond; et à 25 kilom. S. de Baume-les-Dames; pop. flggl., 1,023 hab. — pop. tôt., 1,156 hab. Fromageries, tuileries; fabrication de pain d'épice. Commerce considérable de bestiaux.

VERCELL.33, ville de l'empire romain, dans la Gaule Cisalpine, aujourd'hui Verceil.

.VERCELLONE (Jacques), médecin italien, né à Sordevolo en 1076, mort à Asti en 1735. Il vint faire ses études médicales à Montpellier, reçut des leçons particulières de Chirac, puis alla exercer la médecine à Milan, à Bologne et à Rome, et fut nommé médecin adjoint de l'hospice des incurables dans cette dernière ville. On lui doit plusieurs ouvrages, notamment : De glandulis œsophagi congtomeralis, humore vero digestivo et vermibus (Asti, 1711, in-4°); Specimina duo, alterum anatotnico-physicum conlinens inventa nova circa deglutitionem, vera digestionis instrumenta, et circa vermes; alterum medico-praciicum de pudendorum morbis ex lue venerea (Asti, 1715, in-40),

VERCELLONE (Carlo), théologien italien, né à Sordevolo, dans le diocèse de Biella (Piémont), en 1814. Elevé au collège de Biella, il entra en 1829 dans la congrégation des barnabites de Turin et étudia d'abord la philosophie dans cette ville, puis la théologie à Rome, où il devint directeur des études théologiques au collège de sa congrégation. Ses travaux ont eu principalement pour objet la critique du texte.de la Bible. Son principal ouvrage en ce genre est celui qui a pour titre : Varix tectiones vidgataz latxns editionis Bibliorum (Rome, 1860-1864, t. 1er et II), On estime aussi beaucoup ses Disserlazioni academiche di vario argumenta (Rome, 1864), qui doivent être suivies d'un autre recueil analogue. En 1856, le pape le chargea d'éditer la Biblia e codice Vaticano (Rome, fg57, 5 vol.), qui avait été entreprise par A. Mai et à laquelle il fit lui-même beaucoup de corrections nouvelles. Il a en outre publié, aux frais de la curie romaine, la dernière édition de la Vulgate de l'Ancien et du Nouveau Testament (Rome, 1861) et il a travaillé en 18G8 a une nouvelle édition de la Bible du Vatican, dont il était chargé par Pie IX. A l'occasion du cinq-centième anniversaire de sa fondation , 1 université de Vienne a octroyé au Père Vercellone le diplôme honoraire de docteur en théologie.

VERCHÈRE s. f. (vèr-chè-re). Agrie. Nom de la jachère, dans certaines provinces.

VERCHÈRE DE REFFYE (Jean-Baptiste- Auguste-Philippe-Dieudonné), officier français, né vers 1820. Elève de l'Ecole polytechnique et de l'Ecole d'application de Metz, il entra dans l'artillerie; officier d'une remarquable intelligence et travailleur infatigable, il s'occupa d'une façon particulière du perfectionnement des bouches à feu. M. Verchère était chef d'escadron lorsque, sous l'Empire, il créa un type de canon de 7 et inventa, selon* les uns, perfectionna, selon d'autres, un nouvel engin d'artillerie, la mitrailleuse. Nommé directeur des ateliers de Meudon, il reçut une subvention mensuelle de 2,000 francs sur la cassette du chef de l'Etat pour faire des essais de mitrailleuses, de canons, mais ne tou-' cha personnellement aucun supplément de solde. Ce fut sous .la direction de M. Verchère que furent construites secrètement à Meudon les mitrailleuses dont on fit pour la première fois l'essai pendant la guerre de 1S70-1871; mais le manque de munitions' et d'artilleurs habitués à leur maniement empêcha de tirer de cette arme tout l'effet qu'on en attendait. Au début de la guérie, M. Verchère de R'etfye, devenu lieutenant-colonel, fut envoyé à Tarbes pour y organiser une fonderie de canons se chargeant par la culasse. Laissant à Paris ses premières pièces et les instructions nécessaires pour en établir de nouvelles, il permit ainsi à la défense de se créer une artillerie de plus de mille bouches à feu. Depuis cette époque, il n'a cessé de diriger la fonderie de canons de Tarbes, entièrement occupé d'apporter des perfectionnements à notre artillerie, dont la guerre de 1870 avait démontré l'insuffisance. Après avoir longtemps construit ses canons en acier, il est revenu à l'emploi du bronze. Le canon dont il est l'inventeur et qui porte son nom est un canon de 7, à quatorze rayures, se chargeant par la culasse. L'âme, dont le diamètre est de 0^,085, a une longueur de im,875. Le projectile est un obus long et, chargé, il pèse en tout 6lsii,9. A la suite d'expériences qui furent laites à Calais du mois de novembre 1S72 jusqu'au mois de mars 1873, et qui donnèrent les résultats les plus satisfaisants, le canon Reffye fut adopté définitivement pour notre armée, et une commande de douze cents pièces fut faite k l'atelier de construction de Tarbes. M. Verchère de Reffye a été nommé colonel le 31 décem-

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bre 1S73. Officier de la Légion d'honneur depuis le 28 décembre 1S68, i! avait été promu commandeur le 16 août 1872, à la suite d'essais faits sur son canon à Trouville devant M. Thiers, alors président de la république.

VERCHOCK s. m. (vèr-chok). Métrol. Mesure de longueur usitée en Russie, et équivalant à 001,04445.

VERCI (Giovanni-Batista-Matteo) , historien, savant et littérateur italien, né à Bassano en 1739, mort à Rovigo en 1795. Il n'est connu que par ses ouvrages, dont les principaux sont : Abrégé historique de Bassano (Venise, 1770, in-40); Histoire de Deli (Venise, 1771, in-8°); Notices sur la vie et les ouvrages des' écrivains de Bassano (Venise, 1775, in-80) ; Lettre sur les échecs (Venise,,

1778, in-8°) ; Histoire des Ezzelin (Bassano,

1779, 3 vol. in-8°) ; Epitre sur les monnaies de Vérone, et particulièrement sur celles gui furent frappées pour les Ezzelin (in-Su) ; Histoire de la Marche Trévisane (Venise, 17S6- 1790, 20 vol. in-8°). C'est la production la plus considérable de ce savant écrivain.

VERCINGÉTORIX s. m. (vèr-sain-jé-torikss). Magistrat suprême, chez les Gaulois. Les Romains ont pris ce mot pour un nom propre et l'ont appliqué à un personnage illustre, dont le vrai nom est resté inconnu.

VERCINGÉTORIX, le plus célèbre des chefs gaulois qui défendirent contre César l'indépendance de leur patrie, mort l'an 46 avant J.-C. Le mot Vereingétorix est l'altération latine du celtique ver-Uenn-kedo-righ: le grand chef de cent têtes ou le grand chef de cent chefs ; ce n'est pas le nom du héros, ce n'est que son titre. Son nom est resté inconnu. Il appartenait à. la plus puissante famille de l'Arvernie et était fils de Celtill, un moment chef de la confédération gaélique et condamné à mort pour avoir voulu s emparer du pouvoir absolu. César essaya de se concilier le jeune chef et lui conféra le titre d'ami ; c'était sa tactique de gagner par des faveurs les princes gaulois dont il voulait faire, suivant l'énergique expression d'A médée Thierry, une pépinière de petits tyrans. Peut-être redoutait-il secrètement ce jeune homme, doué de brillantes qualités, aussi remarquable par son intelligence des choses^de la guerre que par Sa beauté corporelle et sa vigueur, et qui avait su prendre sur tous un grand ascendant, summx potentix adolescens, dit-il brièvement dans ses Commentaires,

Héritier de la vaste clientèle de son père, le fils de Celtill repoussa constamment les avances de César et ne cessa dans les assem- 'blées, dans les fêtes religieuses, d'exciter ses" compatriotes contre les Romains. Lorsque le signal du soulèvement, parti de l'entrepôt des Carnutes sur la Loire, Genabum, où la garnison romaine fut massacrée, fut arrivé le. soir même en Arvernie, il appela aux armes toute la population et jusqu aux serfs des campagnes. En même temps, il envoyait des émissaires de tous côtés, aux cités et aux peuplades de la Gaule. Presque toutes répondirent à son appel et l'acclamèrent vereingétorix de la confédération.

Le moment était propice, ou le semblait, à une insurrection. Après la sixième campagne, dirigée principalement contre les Eburons, que César n'avait vaincus qu'en ravageant horriblement tout leur pays, le proconsul, retourné en Italie, y était retenu par les troubles de la république. Milon venait de tuer Clodius, et Pompée était seul consul pour rétablir l'ordre. Le plan du chef gaulois était de profiter de cette situation et d'attaquer k la fois, en l'absence de leur général, les légions qui hivernaient dans le Nord et la province. Il avait compté sans la prodigieuse célérité de César. A peine la nouvelle du soulèvement lui était-elle parvenue, qu'il avait ' traversé l'Italie, franchi les Alpes, puis les Cévennes, malgré les neiges, dans lesquelles il lui avait fallu faire des chemins à. l'aide du pic, et, pendant que le chef gaulois marchait vers le Nord, il tombait au milieu de l'Arvernie et la ravageait. Le vereingétorix accourut au secours de ses compatriotes ; c'était un mouvement prévu par César, qui, Se dérobant k l'ennemi, laissa quelques troupes dans les montagnes et se dirigea, k peine escorté, vers ses légions. En quelques jours, quoique l'hiver ne fût pas encore achevé, il avait réuni autour de lui toute son armée a Ageudicum, et, marchant sur Genabum révolté, il l'enleva par un coup de main, dans la nuit même qui suivit son arrivée sous les murs de la ville, et menaça la capitale des Bituriges, Avarieum.

Vereingétorix, obligé de lever le siège de la Gergovie des Boïens, alliés de César (probablement Moulins), suscite aux confédérés une résolution héroïque : incendier le pays pour isoler et aifamer l'armée romaine. On lui obéit; vingt mille villages bituriges sont livrés aux flammes le même jour, et l'exemple est imité dans d'autres parties de la Gaule. Cependant, le héros se sentit faiblir quand il s'agit du sort d'Avaricum (Bourges), une des plus riches cités de la Gaule, la plus belle peut-être; il accueillit les supplications des habitants et jeta dans la ville un corps d'élite pour la soutenir. Cette pitié causa son premier échec. César, en effet, s'étant porté rapidement sous les murs d'Avaricum, en rit le siège et, malgré la valeur déployée par les habitants, l'emporta d'assaut. Tout fut mas-

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sacré et les soldats romains trouvèrent dans le butin d'abondantes ressources en mémo temps que des approvisionnements considérables.

L'échec, cependan(r,n'étaitpas irréparable ; le prestige de Vereingétorix n'en fut aucunement diminué; c'était contre son premier avis que l'on s'était obstiné à conserver Avarieum, et d'autre part les Romains n'avaient pu entamer l'anmée gauloise, fortement retranchée derrière des marais. César dut se mettre en route à sa poursuite, sans jamais pouvoir livrer bataille ; VercingiUorix se dirigeait sur Gergovie. La ville gauloise, perchée comme un nid d'aigle sur des rochers inaccessibles, défia tous les assauts des Romains; dans l'un d'eux périrent quarante- ;nx centurions. Ce fut au tour de César de battre en retraite ; il remonta l'Allier, se frayant un passage, la hache à la main, à travers des . forêts impénétrables et harcelé sans cesse par la cavalerie de Vereingétorix. Toute la Gaule était soulevée, les neutres eux-mêmes devenaient hostiles, et il y avait k peine sur cet immense territoire deux ou trois points où les légions fussent en sûreté. Nul doute que César, s'il n'avait laissé dans le Nord Labienus et deux légions occupés à réduire les Parisii et Lutèce, ne se fût réfugié dans la province. Noviodunum (Nevers), où il avait amassé d'énormes provisions et un matériel considérable, venait d'être brûlé par les Gau- ' lois; il fut obligé de poursuivre encore sa marche.

Labienus rejoint, la situation était aussi critique ; l'ennemi , insaisissable , faisait le vide partout devant les légions. César ne demandait à cet ennemi qu'une seule faute, celle de vouloir lui barrer le chemin et se mesurer corps à corps avec lui. Vereingétorix la commit. Craignant que les Romains, qu'il croyait à moitié détruits déjà, ne lui échappassent, il se décida, près de la Saône, à livrer une bataille définitive ; il la perdit. La lutte fut acharnée; César, engagé de sa personne, faillit être fait prisonnier et abandonna son épée sur le terrain. Il la retrouva quelque temps après, dit Plutarque, suspendue dans un temple des Arvernes. Le soir do la déroute, les débris de l'immense armée gauloise, près de 100,000 hommes, se renfermaient dans Alésia (v. ce mot), dernier rempart de la liberté. *

Lorsqu'après le siège de la ville et la défaite de l'armée de secours Vereingétorix vit que la grande cause était perdue, il convoqua l'assemblée des chefs. Calme et comme s'il n'entendait ni les gémissements niles'récriminations, il prit la parole en termes graves et dignes, dont César nous a conservé sinon le texte même dans sa rudesse native, au moins le sens général et la physionomie. « Vous m'êtes témoins, dit-il, que je n'ai point entrepris cette guerre dans un intérêt personnel, mais pour le salut de notre'patrie et pour la liberté commune. Vous save? que je n'ai rien épargné pour le succès de notre cause; toute m'a fortune, toute mon activité, toute mon intelligence lui ont été sacrifiées; tout a été inutile, La Gaule est vaincue; les dieux se sont prononcés pour nos ennemis; vous savez qu ils n'épargnent pas les vaincus. Si vous étiez moins affaiblis, si tant de braves ne couvraient aujourd'hui cette plaine, peut-être vous proposerais-je un nouvel effort, mais la Gaule est épuisée et les courages sont anéantis. Il nous faut seulement examiner de quelle manière on pourra opérer la reddition de la ville avec le moindre dommage pour les habitants. C'est surtout envers moi que César nourrit une haine profonde; c'est moi qui ai appelé la Gaule à la délivrance, c'est moi qui ai fait sortir du sol ses vaillantes années; c'est moi qui, assiégé ici avec vous, ai convié les Gaulois à venir livrer une dernière bataille qui, du moins, si elle nous a écrasés, n'a pas été facilement gagnée par les Romains. Je pense donc que c'est moi que César désire ardemment tenir en son pouvoir et que, si vous me livrez volontairement à lui, sa colère sera bjen adoucie pour vous. La vie n'est rien pour moi sans la liberté; j'en fais avec joie le sacrifice, heureux si patina mort je puis vous préserver tous. » Cette proposition, qui eût été la veille encore 'rejetée avec une généreuse indignation, fut acceptéa avec empressement par ses compagnons d'armes, que la peur avait avilis. Quelques-uns pleuraient; à peine ileux ou trois rel'usèreut-ils l'otfre de Vereingétorix ; le plus grand nombre se suspendait à cet espoir comme à une dernière branche de salut. Ils envoyèrent donc des députés à César qui, après avoir ordonné aux assiégés de livrer leurs armes et leurs chefs, alla se placer dans le retranchement, sur un tribunal élevé en avant du camp, pour recevoir la soumission des vaincus. Là, on mit bas les armes et on amena les chefs. <i Tout à coup, dit M. Henri * Martin, un cavalier de haute taille, couvert d'armes splendides, monté sur un cheval magnifiquement caparaçonné, arrive au galop droit au siège de César. Vereingétorix s'était paré comme la victime pour le sacrifice. Sa brusque apparition, son imposant aspect excitent un mouvement de surprise et presque d'eifroi. 11 fait tourner son cheval en cercle autour du tribunal, saute a terre, jette ses armes au pied du vainqueur et se tait. Devant la majesté d'une telle infortune, les durssoldats de Rome se sentaient émus; César se montra au-dessous de sa fortune; il tut

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implacable envers l'homme qui lui avait fait perdre, un seul jour, le nom d'invincible. H éclata en reproches sur ses bienfaits méprisés, son amitié trahie, et livra le héros de la Gaule aux liens des licteurs, Vercingétorix, réservé aux pompes outrageantes du triomphe, dut attendre six années entières que le lacet d« bourreau vint affranchir sou âme et 1 envoyer rejoindre ses pères dans le cercle céleste. Le but de son martyre fut atteint, ou moins en partie; ses Arvernes furent sauvés; la liberté de 20,000 Captifs, Eduens et Arvernes, fut le prix de la soumission des deux peuples. > Vercingétorix, tel que César lui-même l'a

physionomies de notre histoire. Presque seul parmi les autres chefs gaulois, il a montré un véritable sens politique, des manœuvres combinées, une tactique militaire, la seule qui pût faire échec aux Romains, et une grande vigueur d'exécution. Son patriotisme et son abnégation n'ont pas été dépassés. Nous avons dit plus haut que son nom véritable était resté inconnu; on ignore de même ses traits. Les médailles d'or portant son nom, qui ont été découvertes et qu'on croyait frappées ù son effigie, représentent la tête de Bel, le dieu gaulois, et au revers le cheval lancé au galop.

Une gigantesque statue, oeuvre d'Aimé Millet, lui (i été élevée, en 1865, à Alise-Sainteïteine, sur l'emplacement présumé de l'Alésia gauloise. Uiie souscription a été ouverte à. Clermont pour lui en élever une a Gergovie, où le héros gaulois vit reculer devant lui les légions romaines V. l'article suivant.

Vercingétorix, statue colossale, par M. Aimé Millet; sur le plateau d'AKse-Saiute-Reine (Côte-d'Or). Debout, les deux mains appuyées sur son épée nue dont la pointe touche le sol, le héros regarde avec une placidité Hère, la tête légèrement tournée a gauche. Cette figure colossale a été exécutée en cuivre repoussé par MM. Monduit et Béchat, d'après le modèle de M. Millet, et a été érigée sur le plateau où Napoléon III a prétendu retrouver le théâtre de la résistance suprême du peuple gaulois. Les critiques ont été à peu près unanimes à signaler l'insignifiance de cette œuvre gigantesque.» Le Vercingétorix de M. Millet, a ait M. Ch. du Mouy {Revue contemporaine), est l'effort estimable, mais malheureux, d'un artiste saisi d'une ambition supérieure à ses moyens. 11 fallait le génie énergique et "audacieux d'un Puget, d'un Pigalle, d'un Rude ou de tout autre émule des Michel- Ange et des Verruchio pour symboliser d'une façon à la fois éloquente et précise, poétique et claire, le double sentiment que représente forcément le chef de la résistance des Gau- • les, le dernier soldat de l'indépendance nationale aux prises avec la conquête romaine. Cette conquête n'était pas seulement celle (te la force, c'était aussi celle de la civilisation. 11 y eut dans le désespoir résigné de Vercingétorix, venant arrêter son cheval devant César triomphant et descendant tristement et fièrement, quelque chose du sentiment prophétique des destinées de son pays sous ce nouveau joug... Le Vercingétorix de M. Millet est un type vulgaire de soldat gaulois dans l'attitude d'une sorte de repos découragé. Mais rien dans ce masque, d'une fausse et conventionnelle énergie, qui sente le héros; rien qui rappelle' ce guerrier aux yeux bleus, aux longs cheveux fauves, qui vint si noblement, si tristement, devant le proconsul victorieux, rompre sur son genou son épée inutile. Aucun souffle d'épopée, aucun vent prophétique ne soulèvent cette chevelure inculte, et je ne lis ni l'autorité du commandement ni l'éloquence du désespoir dans ces joues anguleuses et sur ces lèvres sans caractère que surmonte Une moustache pendante. «Après avoir dit que, dans les ateliers, le colosse en cuivre destiné au plateau d'Alise avait été surnommé le « monument des chaudronniers, » W. Biirger {T. Thoré) s'est ' exprimé ainsi : « La vérité est que la gronde et patriotique figure du défenseur de la Gaule contre l'empire romain n'a pas été poétiquement sentie pur M. Millet. Ce long tuyau de cuivre ne signifie rien du tout. Peut-être que l'art de notre époque comprendrait mieux César que Vercingétorix. » Et l'éminent critique ajoute cette piquante anecdote : « L'autre jour, nous étions plusieurs artistes à causer devant cette œuvre creuse, quand arrive Préault, l'auteur fantastique de tant de monuments gigantesques, improvisés dans la conversation... Tout à coup, comme dans la chanson du Misant Arope ."

Si le foi m'avait donné; etc., voilà Préault qui dit : « Si l'empereur m'a- « vait donné à taire ce Vercingétorix, je lui » aurais dit : Sire, je pars pour l'Auvergne.

• Vous me concédez un pic de montagne. Je » vais choisir ce puy volcanique, dominant le » cœur de la France, pour le transfigurer en » acropole de la civilisation gauloise. Je ferai ■ circuler de la base jusqu'au sommet une » voie en spirale assez large pour laisser pas- » sage a une armée ou k des flots de peuple, t De distance en distance seront espacées

• comme des sentinelles du sanctuaire, des

• statues de guerriers gaulois : 10 mètres de j haut. Sur le faite de la montagne, un pié- » destal composé avee les ttrmures, ustensi-

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» les et objets symboliques de la vie de nos « aïeux, flanqué de quatre statues allégori- » ques, le Druide, le Brenn.le Barde et Vel- » léda, autrement l'inspiration, la force, la > poésie, la philosophie : 10 mètres de haut. » Et sur le piédestal, la statue équestre de » Vercingétorix, figure de 20 mètres sur un » cheval en proportion ; Vercingétorix, les » bras étendus, criant l'appel aux armes. » Tout en airain, bronze, fer, granit, en ma- «'tière sombre et qui se rouille, image du » passé !... » Il allait toujours, et les statues de 10 mètres ne lui coûtaient rien. Toujours est-il qu'à présent Vercingétorix est fait par Préault, et peu importe le fantôme sonore de M. Millet. »

Un artiste de notre temps, qui possède au plus haut degré le sentiment du colossal, M. Bartholdi, a repris en partie l'idée de Préault, ou du moins a conçu une idée analogue ; il a exposé au Salon de 1S70 le modèle d'une statue équestre de Vercingétorix, pour le plateau de Gergovie. Cette figure, d'une tournure hardie et pittoresque, d'un mouvement fougueux et passionné, est restée k l'état de projet.

Les études (?) de Napoléon III sur Vercingétorix, Alise, Gergovie ne pouvaient manquer de provoquer des sculptures et des peintures, consacrées au héros gaulois. M. J. Navlet a peint : le Dernier combat de Vercingétorix sous les murs d'Alésia (Salon de 1861) ; M.- Emile Lévy, Vercingétorix se rendant à César (Salon de 1861); M. Ehrmann, Vercingétorix-appelant les Gaulois à la défense d'Alise (Salon de 1869), etc. Après la guerre de 1870, M. Chartrousse a exposé, sous ce titre : les Martyrs de la patrie, un beau groupe représentant Vercingétorix et Jeanne Darc.

VEUCONSIN (Eugène)7auteur dramatique, né à Paris en 1825, 11 débuta par une petite pièce intitulée : A la porte, qui fut jouée à la salle Erard en 1861, puis donna, l'année suivante, Une dette de jeunesse, comédie en un acte, eu prose, avec E. Lesbazeilles. Il a fait représenter successivement : en 1S64, C'était Gertrude, comédie en un acte, à deux personnages, restée au répertoire du Vaudeville; en 1865, En wagon, saynète en un acte; Vermouth et Adélaïde, comédie en un acte, qifi eut du succès; au Vaudeville, le 16 octobre- 1S68, les Erreurs de Jean, comédie en un acte; au même théâtre, le 7 août 1869, les Rênes de Marguerite, comédie en un acte; au Gymnase, le 5 octobre, la 'Matrone d'Ephèse, comédie en un acte, en vers; au Vaudeville, le 24 janvier 1870, les Curiosités de Jeanne, comédie en un acte; au Gymnase, le 18 mai 1875, Quête à domicile^ comédie en un acte; au Palais-Royal, le 3 juillet, Ici, Médor ! comédie en up acte. On a encore de lui, en collaboration avec M. Auguste Lefrano, les Roués innocents, comédie-vaudeville (in-18). Ce sont des tableaux de chevalet que tous ces petits actes pétillants d'esprit, bâtis sur la pointe d'une aiguille.

VER-COQUIN s. m. (vèr-ko-kain). Entom.

Nom vulgaire de la larve de la pyrala et de divers autres insectes qui rongent la vj^ne.

— Econ, rur. Sorte de frénésie ou de vertige qui atteint certains animaux, et qtie l'on attribue à la présence d'un ver qu'ils ont dans le cerveau, lj Nom donné au ver lui-même, que les naturalistes appellent cémue.

— Fara. Fantaisie, caprice : C'est son vercoquin qui te prend, la tête lui tourne. (Acad.) Quand une fois les femmes ont mis ce vercoquin amoureux dans leurs têtes... (Brantptue.)

VERCORS(le),en latin Vertacomacorus Pagus, petit pays de l'ancienne France, dans le bas Dauphiné, eompris actuellement dans le département de la Drôme, arrond. de Die.

VERCROYSSE-GŒTHALS(Jaûques-Joseph- Ignaue -Hyacinthe), érudit belge, né à Courtrai en 1759, mort en 1838. Après avoir fait de bonnes études, il entra dans le commerce et dirigea avec beaucoup de succès une grande fabrique de fil k dentelle. Consacrant ses loisirs à des travaux, d'érudition et de bibliographie, il sauva de la destruction les archives de Courtrai et conserva aussi, en en faisant l'acquisition, plusieurs ouvrages précieux. 11 a lui-même publié : Annales de tu ville et de la chdtellenie de Courtrai (1814- 1815, 2 vol. in-8°) et Chronicon JEgidii dans son Histoire de César (1817, .in-8°). Vercruysse-Gœthal3 était membre de l'Institut des Pays-Bas et de plusieurs autres sociétés littéraires.

VBRDAGE s. m. (vèr-da-je — rad. vert).

Ane. coût. Garde de bestiaux paissant dans un bois.

— Agric. Récolte enterrée en fleur, pour servir d'engrais.

VERDAGON s. m. (vèr-da-gon — rad. vert). Vin extrêmement vert : En 1725, le vin ne fut que du vekdagon. Il Vieux mot.

VERDAL s. m. (vèr-dal — rad. vert). Bot. Variété de vigne.

VERDALE s. f. (vèr-da-Ie — rad. vert).

Ornith. Nom vulgaire du bruant, en Languedoc. Il On dit aussi VHrdat.

— Arboric. Variété d'olive qui est très-verto avant la maturité.

VERDANGE s. f. (vèr-dan-je — rad, vert), Ornith. Nom vulgaire du bruant et du co-

chevis, en Périgord.

VERDÂTRE adj. (vèr-dâ-tre — rad. vert).

Qui tire sur le vert : Couleur vkrdâthk. Teint verdâtre. La femelle du rossignol pond ordinairement cinq œufs d'un brun verdâtrk. (Buff.) Avez-vous jamais remarqué cette couleur mate, livide et vicrdàtris qu'on appelle un teint d'envieuse? (Mme e. de- Gir.)

VERDAU s. m', (vèr-do). Entom. Nom vulgaire de la chenille de deux espèces d'alucites qui rongent les grains.

VERDAOD, AUDE adj. (vèr-dô, ô-de — rad. vert). Qui est un peu vert, qui n'est pas bien mûr : Pommes verdaudes.

VERDE s. m. (vèr-de). 'Ornith. Nom vulgaire du martin-pécheur.

VERDE (sierra), chaîne de montagnes de l'Amérique du Nord, dans la partie septentrionale du Mexique, où elle forme la continuation des montagnes Rocheuses qui, dans le continent nord-américain, séparent le versant de l'Atlantique de celui du Pacifique. La sierra Verde s étend en(re les Etats mexicains de Sonora et de Chihuahua sur une longueur de près de 550 kilom', et présente deux sommets remarquables", l'un au N. sur la limite du Nouveau-Mexique (Etats-Unis), le mont Florido (3,950 mètres); l'autre au S., le mont Buza, à I'O. de Chihuahua (4,203 mètres).

VERDÉ-DEL1SLE (Henri), médecin français, né vtrs la fin du xvme siècle. Reçu, en 1818, docteur à Paris, il y a exercé la médecine depuis cette époque et fit partie, sous l'Empire, du service médical de la princesse Mathilde. On a de lui : la Petite vérole (1838, in-go), ouvrage dans lequel il regarde cette maladie comme l'agent thérapeutique des affections scrofuleuses et tuberculeuses, et où il se prononce en même temps contée ta vaccine ; Traité pratique et théorique du choléra (1848, in-8°); De la dégénérescence physique de l'espèce humaine déterminée par le vaccin (1855, tn-so). — Sa femme, Marie-Eve- Alexandrine Pérignon, née à Paris en 1805, a étudié la peinture sous la direction de son père et sous celle de Gros, et s'est fait connaître par. un grand nombre de portraits et de toiles de genre qui ont figuré à différents Salon.'*. Nous citerons, entre autres ; la Lecture de la Bible; Charles Vil et Agnès Sorei; Rubens enfant; Aendes-vous de chasse- Pensée ; Souvenir.

Verdead s. m. (vèr-do — rad. vert). Bot. Variété du poirier sauvage. Il On dit aussi

VERDIEAU.

VëRDÉE s. f. (vèr-dê — rad. vert). Petit vin blanc de Toscane, dont la couleur tire sur le vert.

VERDELET, ETTE adj. (vèr-de-lè, è-te — duhin. de vert). Qui tire sur le vert.

— Fam. Qui conserve de la vigueur : Petite vieille encore verdelette.

— Vin verdelet, Vin un peu vert, qui n'est pas complètement fait.

— s. m. Techn-. Nom donné par les tanneurs k des trous presque imperceptibles que présente parfois le cuir, et qui proviennent des piqûres de divers insectes.

— Ornith. Nom vulgaire du bruant jaune. VERDELIER s. m. (vèr-de-Iié — rad. vert).

Bot. Nom vulgaire de l'osier.

VERDELIN (Madeleine dis Brémond d'Ars, marquise de), née au château d'Ars (Saintonge)eu 1728, morte en 1810. Elle était fille de Charles de Brémond, comte d'Ars, et elle épousa en 1750 le marquis de Verdelin, qui était fort riche, mais âgé de soixanteTquatre ans. La correspondance de Mme de Verdelin avec Rousseau, qu'elle eut occasion de connaître k Montmorency et dont elle ne cessa d'être l'amie dévouée en dépit des rebuffades de l'ombrageux philosophe, a été publiée par M. G. Streckeison-Moulton, tome II de l'ouvrage intitulé : J.-J, Rousseau, ses umis et ses ennemis (Paris, 1865, in-8»); elle finit en 1772. Mme de Verdelin devint veuve en 1763.

VERDELLE S. f. (vèr-dè-le — rad. veri). Entom. Espèce d'alucite , dont la chenille cause de grands ravages dans les plants de pêchers.

— Erpét. Espèce de lézard.

verdelot s. m. (vèr-de-lu). Ornith, Syn.

de VERDALE*.

VERDEN, en latin Ferda, ville de Prusse, province de Hanovre, .cercle et à 80 kilom. S.-O, de Stade, sur la rive droite de l'Aller, chef-lieu d'un ancien duché de son nom • 5,000 hab. Gymnase; grenier public de réserve. Fabrication de fil et de tabac ; brasseries, distilleries. On y remarque une belle cathédrale du xine siècle. On y fait quelque commerce et elle est'l'eutrepôt des marchandises expédiées de Hambourg en Westphalie. Dans le voisinage se trouvent les sources minérales de Uhimûller. En 780, Charlemagne fit massacrer en ce lieu 4,500 Saxons qui avaient pris les armes contra lui.

VERDÈRE s. m. (vèr-dè-re). Ornith. Syn.

de VERDIER.

VERDEREULE s. f. (vèr-de-reu-le). Ornith. Syn. de verdier.

VERDERIE s. f, (vèr-de-rl — rad. verdier). Etendue de bois soumise k la juridiction. d'un verdier. il Juridiction même au verdier.

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VERDERIN s. m. (vèr-de-rain — rad. vert). Ornith. Passereau du genre gros-bec, qui habite Saint-Domingue.

VERDEROLLE s. f. (vèr-de-ro-Ie). Ornith.

Nom vulgaire de la Sylvie palustre.

VERDEROUX s. m, (vèr-de-rou — de vert, et de roux). Ornith, Espèce de tangara, qui habite la Guyane.

VERDES (îles), îles de l'Océanie (Muluisie), dans la mer de Mindoro, près des Philippines, par 9» 33' de latit. N. et 116<> 46' de longit. E.

VERDET s. m. (vèr-dè — rad. vert). Hist, Nom donné à des volontaires royalistes qui, après le 9 thermidor et en igtâ, commirent de grands excès dans le midi de la France.

— Chim. Nom vulgaire de l'aeétate de cuivre, appelé aussi vert-de-gris.

— lohthyol. Poisson du genre ésoce, qui vit dans les fleuves des Etats-Unis.

— Entom. Nom vulgaire d'un coléoptère du genre trictie.

— Agric. Maladie du maïs causée par un champignon parasite.

— Vitic. Variété de raisin cultivée en Roumanie. Il Vin blanc de Toscane, qui est d'une teinte verdâtre : Je iiltai des fruits du duc et bus quelques coups d'un verdet dont ce prince les avait accompagnés. (Le Sage.) Il On dit aussi Verdék s. f.

— Encycl. Hist. Les verdets, ainsi nommés à cause de la couleur verte de leur costume, qu'ils avaient adoptée en souvenir des Suisses massacrés en défendant l'ancienne monarchie, paraissent avoir pris naissance quelque temps avant la 9 thermidor. C'étaient alors des compagnies militaires organisées secrètement dans le midi de la France, notamment à Toulouse, et composées de royalistes ardents. A partir de l'époque que nous venons de mentionner, les verdets commencèrent à révéler leur existence par quelques excès- Ce soulèvement fat ensuite comprimé par Napoléon, qui maintint le calme dans les départements du Midi jusqu'à sa chute, mais sans avoir pu étouffer entièrement la fermentation royaliste. Les vei'dets reparurent donc en 1815, et cette fois la tête levée, car ils portaient la livrée du comte d'Artois ; ils n avaient plus besoin d'invoquer le souvenir des Suisses. Recrutés dans la lie de la population, mais comptant parmi leurs chefs quelques gentilshommes qui espéraient se frayer ainsi un chemin aux honneurs et aux pensions, ils inaugurèrent bientôt la honteuse et sanglante série de leurs exploits. Pendant cinq mois, ils tinrent le département du Gard sous l'affreux régime de la terreur blanche. Leurs bandes, grossies par une foule d'individus étrangers à toute opinion politique, mais attirés par l'espoir du pillage, marchèrent d'abord sur Nîmes, où elles massacrèrent tous les soldats de la garnison; puis elles enfoncèrent les maisons des habitants signalés comme bonapartistes ou républicains et leur firent subir le mémo sort. Pendant plusieurs jours, la malheureuse ville fut soumise à toutes les horreurs du vol et de l'assassinat. Ces sanglantes exécutions s'étendirent ensuite aux localités voisines. Les verdets mettaient k rançon ou pillaient les villages, incendiaient les maisons de campagne, arrachaient les vignes et coupaient les. oliviers, exerçuient,en un mot, le plus effroyable brigandage. Ces ignobles bandits, qui s intitulaient volontaires royaux, avaient pour principaux chefs Servan,Truphéme et Trestaillons, trois assassins de profession", dont les noms conservent encore une triste célébrité dans le pays. Un officier, retiré du service depuis quinze ans, possédait une maison que convoitait la sceur de Trestaillons ; il fut assassiné, sa femme chassée, et la sœur du brigand put s'installer dans la propriété des victimes.

A Uzès, des scènes du même genre eurent lieu, plus atroces peut-être encore, car elles furent inspirées par un sentiment religieux. Un certain Graffuu, réunissant quelques-uns de ces scélérats, les conduisit à l'assaut des maisons appartenant aux protestants riches. Les propriétaires furent massacrés, les femmes jetées par les fenêtres et lé pillage organisé. Les meurtriers arrachent ensuite de la prison six individus connus comme bonapartistes, les conduisent en face de la Souspréfecture et les massacrent froidement.

Les habitants des campagnes, justement effrayés, s'armèrent enfin pour repousser les attaques de ces misérables ; mais le gouvernement royal les considéra eux-mêmes comme rebelles et donna i'ordre à ce Graffan de marcher contre eux. Ce digne chef se porta alors avec 100 hommes sur le village de Saint- Maurice, où il entra après une décharge générale qui tua une sentinelle, s'empara de six habitants, qu'il amena triomphalement k Uzès, et, les fit fusiller sur la place de l'Esplanade, sous les yeux mêmes du sous-prét'et, qui ne tenta aucun effort pour sauver la vie de' ces malheureux. Cet exploit valut à Graffan le glorieux surnom de Quatretaillons, qui désignait sa supériorité sur Trestaillons.

Mais ce qui restera l'éternelle honte du gouvernement de la Restauration, c'est qu'il était défendu aux journaux de flétrir et même de signaler ces actes d'infâme brigandage; bien plus, M. Voyer d'Argenson, ayant voulu appeler Ik-dessus l'attention de la Chambre

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des députés, se vit rappelé à l'ordre au milieu d'un tumulte indescriptible.

Les bandits, sûrs de l'impunité, continuèrent le cours de leurs atroces expéditions, jusqu'à ce qu'enfin l'autorité et surtout l'intervention directe du duc d'Angoulême vinssent mettre un frein à cette licence suns nom. Toutefois, pendant longtemps encore, les verdets bravèrent toutes les mesures prises contre eux, arrêtant arbitrairement les citoyens et peuplant les prisons au gré de leur haine et de leurs caprices.

Les scènes que nous venons de rapporter se produisirent également à Toulouse, où le général Rjimel tomba victime de ces forcenés, auxquels il avait refusé de livrer le mot d'ordre. Enveloppé par une multitude stupide, il fut séparé de son escorte et tomba presque aussitôt percé de coups. Néanmoins, il respirait encore ; recueilli par quelques habitants, il aurait pu être sauvé, lorsque les assassins, revenant à la charge, envahirent la maison où il avait été déposé et l'achevèrent, sans qu'on ait jamais songé depuis à poursuivre les meurtriers.

On vit un instant reparaître les verdets lors de la réaction royaliste qui suivit la mort du duc de Berry en 1820; heureusement, cette triste résurrection n'eut qu'une existence de quelques jours.

VERDET (Marcel-Emile), mathématicien français, né à Nîmes en 1824, mort en 1866. Reçu en 1842 le sixième à l'Ecole polytechnique et le premier à l'Ecole normale, il opta pour cette dernière, fut reçu, trois ans plus tard, agrégé de physique et devint successivement examinateur d'admission à l'Ecole polytechnique, maître de conférences de physique à l'Ecole normale et professeur de la même science à l'Ecole polytechnique (18G3). Outre un grand nombre d'articles publiés dans différents journaux et recueils scientifiques, on a de lui : Recherches sur les phénomènes d'induction produits par les décharges électriques (1848) ; Leçons de chimie et de physique (18G3, in-8»).

VERDEUR s. f. (verdeur — rad. vert).

Etat du bois qui n'est pas encore sec.

— Défaut de maturité des fruits : Manger des pommes , deç abricots dans leur verdeur.

Il Apreté du vin : L'éducation et une raison plus mûre tourneront ses défauts en vrais talents; c'est du vin dont la verdeur se change en force. (Eén.) Le plomb uni aux acides fait un sel fort doux gui corrige au goût la verdeur du vin; mais c'est un poison pour ceux qui le boivent. (J.-J. Rouss.) Il Force du vin :

Villandry priserait sa sève et sa verdeur,

Boilbau.

— Fig. Jeunesse et vigueur : Dans la verdeur de l'âge. Il Fougue et fraîcheur : Achille, çui était en la première et imberbe verdeur de son adolescence... (Montaigne.) || Acreté de paroles : La verdeur de swréponse fit taire les critiques. (Acad.)

VERDI, 1E (ver-di) part, passé du v. Verdir, Devenu vert, rendu vert: Les femmes cachaient leurs visages, fatigués et verdis par le juur naissant , sous la soie de leurs capuchons. (P. Féval.) Cette grande nef est toute pavée de pierres lumulaires verdies de mousse. (V. Hugo.)

VEHD1 (Giuseppe), célèbre compositeur italien, né k Roucole, près de Parme, le 9 octobre 1814, Fils d'un pauvre aubergiste, il reçut d'abord les leçons de Ponersi, 1 humble organiste de la localité, qui lui fit apprendre l'harmonie et le coutre-point. Grâce à la protection d'Antonio Barezzi, il put se rendre en 1833 k Milan, où pendant trois ans il recul des leçons de Lavigna, alors maestro al cembalo du grand théâtre de la Scala. Ce fut en 1839, après six ans de luttes, qu'il parvint à faire représenter son premier opéra, Oberto, conte ai San Bonifazio, qui fut exécuté avec succès sur le théâtre de la Scala le 17 novembre 1839. Sur ces entrefaites, il perdit une jeune femme qu'il aimait beaucoup. En ce moment il composait, sur la demande du directeur de ce théâtre, un opérabouffe, Un giorno di regno. Verdi, tout entier k la douleur, ne put qu'ébaucher cet ouvrage, dont l'échec fut complet, ce qui lit rompre rengagement que le directeur de la Scala avait signé avec lui pour trois opéras nouveaux. Verdi resta près d'un an sans écrire ; cependant, il finit par se remettre k l'oeuvre et composa son Nabucodonosor, qui, exécuté à la Scala durant le carnaval de 1842,obtintun véritable triomphe. Dès lors, le jeune maître prit place parmi les meilleurs compositeurs de la jeune Italie. Successivement, il ht représenter 1 Lombardi, k Milan (1843) ; Ernani, k Vienne (1844) ; / Due Foscari, à Rome (1844) ; Oiouanna d'Arco, k Milan (1845) ; Alzira, au théâtre Sun-Carlo, à Naples (1845), et Attila, k Venise (1846), qui réussit complètement k la Fenice. Au mois de mars 1847, il donna au théâtre de la Pergola, k Florence, son opéra de Macbeth, qui obtint un succès d'enthousiasme. Verdi fut rappelé plus de trente fois à chacune des trois premières représentations, et on lui offrit une couronne de laurier en or. Ces hommages s'adressaient moins encore k l'œuvre, fort belle du reste, qu'à l'artiste patriote qui avait su donner au sentiment national ses accents les plus énergiques. Appelé k Londres cette même année, il y lit représenter, au mois de juillet, I Masnadieri,

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dont il avait écrit le rôle principal pour la célèbre Jenny Lind, et qui fut interprété, en outre, par Gardoni et Lablache. Le 26 novembre 1847, son opéra des Lombardi, traduit en fançais par Royer et Vaëz , fut joué sur la scène de l'Opéra, à Paris, sous le titre de Jérusalem, avec un assez grand succès. Au milieu des agitations de 1848, Verdi donna 11 Corsaro, qui éprouva un échec complet k Trieste; la Battaglia de Legnano, glorification d'un grand fait historique italien, fut interdite à Rome après la première représentation. En 1849, il lit jouer Luisa Miller à Naples; puis, en 1850, k Trieste, Sti/feiio, représenté également sous le titre de Guglielmo Veltingrode. ■ A l'époque où Verdi commençait d écrire pour le théâtre , dit M. Denne-Baron, l'influence delà littérature étrangère et des nouvelles théories sur l'art avait excité les compositeurs italiens k rechercher l'expression violente des passions et k délaisser la peinture des sentiments aimables et délicats pour celle des sombres emportements de l'âme. Esprit sérieux, doué d'une riche imagination, Verdi devint le chef de la nouvelle école; sa musique est accentuée et dramatique; c'est par la vigueur, l'énergie, la verve, une certaine âpreté, par de puissants effets de sonorité, qu'il conquit une immense popularité dans son pays, où jusqu'alors on n avait presque jamais réussi que par le charme, la suavité et l'abondance des mélodies. • Bientôt Rigolelto, tiré du Roi s'amuse de Victor Hugo et représenté k Venise en 1851, vint marquer une transformation dans le talent de Verdi. Le Trouvère (Il Trovatore) , son chef-d'œuvre, représenté k Rome pendant le carnaval de 1853, et dont l'admirable Miserere devint k cette époque comme l'écho puissant de l'Italie opprimée, fut suivi, la même année, de la Traviala, dont le sujet est emprunté à la Dame aux Camellias de Dumas et qui fut donnée à Venise. Au mois de juin 1855, durant l'Exposition universelle, Verdi fit représenter k Paris les Vêpres siciliennes, dont le livret est de Scribe et qu'il avait écrites expressément pour notre première scène lyrique. Parmi les autres opéras de Verdi, nous citerons : Aroldo, \'Assedio di Arlem, Giovannade Guzman, Il Finto Stanislao, Simone Boccanegra, Una vendetta in domino, le Roi Léar. Il fit représenter, en outre, au Théâtre-Italien de Paris, le Ballo in maschera, tiré de l'opéra de Gustave 111 de Scribe, et, en 1863, la Forza del destina, donné d'abord k Saint-Pétersbourg, puis à Madrid; ce dernier ouvrage est, avec le Trouvère, qui a popularisé en France le nom de Verdi, 1 ouvrage de ce maître qui donne au plus haut degré l'idée de sa qualité dominante, la grandeur et l'énergie du sentiment dramatique. En 1865, trois opéras de Verdi furent représentés k Paris suc le Théâtre- Lyrique avec un grand succès, Rigotetlo, Macbeth et la Traviata, sous le nom de Violetta. En 1867, il fit représenter au Grand- Opéra de Paris une de ses œuvres les plus soignées au point de vue de l'orchestration, Don Carlos, en cinq actes, dont Méry et du I.ocle écrivirent le livret. En février 1870, l'Athénée représenta, sous le titre des Brigands, une traduction de son opéra les Masnadieri. Sur la demande du vice-roi d'Egypte, il composa un opéra, Aida, dont M. Mariette écrivit le libretto et qui fut joué au Caire en décembre 1872. Depuis lors, le célèbre compositeur a écrit, pour la célébration de l'anniversaire de la mort de Manzoni, une Messe de requiem qui eut en Italie un succès considérable et qui a été exécutée au théâtre de l'Opéra- Comique, à Paris, eu juin 1874. Enfin, k la fin d'avril 1876, le célèbre compositeur a fait représenter dans la même ville, au Théâtre-Italien, son opéra d'Aïda, en quatre actes et sept tableaux, paroles de Ghislanzoni, et il a conduit lui-même l'orchestre aux premières représentations.

Verdi est un des plus grands compositeurs de l'Italie moderne ; k la musique amoureuse, langoureuse, brillante des Bellini, des Rossini , etc., il a voulu substituer une musique virile, pleine d'énergie et de grandeur. 11 a répondu aux puissantes aspirations de son pays -ver.s la liberté. Aussi , tandis que son génie était encore contesté en France, la popularité de Verdi était immense en Italie; depuis 1849, pendant les dix dernières années du régime autrichien, le cri de ralliement des patriotes italiens était Viva Verdi, cri qui n avait rien de séditieux en apparence et qui signifiait: «Vive Victor-Emmanuel, roi d'Italie. »

Elu, en 1859, membre de l'Assemblée nationale de Parme, qui prononça la déchéance îles Bourbons et l'annexion au Piémont , Verdi, chaud patriote, fut un des députés qui allèrent porter k Victor-Emmanuel le résultat du scrutin des populations. En 1861, il devint membre de la Chambre dos députés iialienne, où l'envoyèrent les suffrages de Burgo-Sun-Donnino. Il a pris une part active aux travaux de celte assemblée , bien que, si l'on en croit M. Fetruccelli délia Gattina, le célèbre compositeur eût donné tous ses opéras pour pouvoir faire uu seul discours..., qu il n'a jamais fait. Pendant une partie de l'année, il habite dans son beau domaine de Bussetto (province de Parme), et il s'adonne avec amour k l'agriculture tout en s'occupant avec sollicitude d'améliorer la vie morale et matérielle des paysans. Le 21 novembre 1874, Verdi a été nommé par Victor-

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Emmanuel membre du Sénat. Membre correspondant de l'Académie des beaux-arts de Paris depuis 1859, il a succédé comme associé étranger à Meyerbeer le 15 juin 1864 et a été nommé commandeur de la Légion d'honneur en avril 1875.

VERDIAU s. m. (ver-dio — rad. vert). Bot. Nom vulgaire du saule pourpre.

VERDICT s. m. (vèr-diklt — mot anglais d'introduction romane, et qui représente le latin vere dictum, véritablement dit. L'allemand dit de même wahr-spruch). Jurispr. Réponse faite par le jury aux questions posées par la cour : Verdict qualifie avec une heureuse précision 1$ sentiment qui doit présider aux délibérations du jury et dicter ses jugements. (Arnault.) Le résumé artificieux et passionné d'un président d'assises peut déterminer seul, tout seul, un verdict de mort. (Cormenin.)

— Jugement rendu en matière quelconque : Les lords, comme juges de paix, rendent leur verdict sur l'honneur seulement, et non sous serment. (Ledru-Rollin.)

VERDIE (Mestre ou Maître), poëte bordelais, mort dans la première moitié du xixe siècle. Il n'est connu que par des poésies écrites en patois bordelais, et parmi lesquelles nous citerons : Lou Sabat dou Medoc; Antony lou dansaney ou la Rebue dos Champs-Etijséyes de Boudeou; Cadichoime é Mayan ou La Doyenne des Fortes-en-gule d'aou marcat, etc.

. VERDIEAU s. m. (vèr-dio). Bot. Variété de poirier sauvage.

VERDIER s. m. (vèr-dié — de verd, qui est l'ancieue forme de vert. Comparez gruger, officier ou juge en matières forestières, du moyen haut allemand gruo, vert). Eaux et for. Officier établi pour commander aux gardes d'une forêt éloignée des maîtrises, et qui connaissait des délits dont l'objet n'excédait pas cinquante sous.

— Ornith. Passereau du genre gro5-bec, qui habite nos contrées : Le verdier habite toute l'année nos campagnes. (V. de Bomare.) Les vehdiers sont très-faciles à élever. (Mauduyt.) il Nom vulgaire de quelques espèces de

•bruants.

— Erpét. Nom vulgaire de la rainette.

— Ichthyol. Nom vulgaire d'un poisson du genre scombre.

— Encycl. Ornith. On a donné le nom de verdier k un genre d'oiseaux qui a pour caractères: le bec presque de la longueur de la tète, fort épais à sa base , un peu comprimé sur les côtés, k mandibule supérieure voûtée jusqu'à la pointe, qui est échancrée et un peu plus longue que l'inférieure ; les narines basales, arrondies, cachées par les plumes du front; les ailes allongées, aiguës, la queue moyenne, très-fourchue; les tarses épais, de la longueur du doigt médian; les doigts et les ongles allongés, ceux-ci effilés, courbés et très-aigus. Ce genre renferme six espèces de l'Europe, de l'Asie et de l'Afrique. Le verdier ordinaire, type du genre, passe l'hiver dans nos bois; il se met k l'abri des intempéries de la mauvaise saison sur les arbres toujours verts, et même sur les charmes et les chênes touffus, qui conservent encore leurs feuilles quoique desséchées. Au printemps, il fait son nid sur les mêmes arbres et quelquefois dans les buissons. Ce nid est grand et presque aussi bien fait que celui du pinson ; il est composé d'herbes sèches et de mousse en dehors, de crin, de laine et de plumes en dedans. Quelquefois il l'établit , dans les gerçures des branches, lesquelles gerçures il sait agrandir avec son bec ; il sait aussi pratiquer tout autour un petit magasin pour les provisions.

La femelle pond cinq ou six œufs, qu'elle couve avec beaucoup d'assiduité , et elle so tient sur les œufs, quoiqu'on en approche d'assez près, en sorte qu'on la prend souvent avec ses petits; dans tout autre cas, elle est très-défiante. Le mâle paraît prendre beaucoup d'intérêt k tout ce qui regarde la famille future; il sa tient sur les œufs alternativement avec la femelle, et souvent on le voit se jouer autour de l'arbre qui porte le nid, décrire en voltigeant plusieurs cercles dont ce nid est le eentre,s'élever par petits bonds, puis retomber comme sur lui-même en battant des ajles avec des mouvements et un ramage fort gais. Lorsqu'il arrive ou qu'il s'en retourne, c'est-k-dire au temps de ses deux passages, il fait entendre un cri fort singulier, composé de deux sous, et qui en allemand lui a fait donner plusieurs noms, dont la racine commune signifie une sonnette; on prétend, au reste, que le chant de cet oiseau se perfectionne dans les métis qui résultent de son union avec le serin. Les verdiers sont doux et faciles k apprivoiser ; ils apprennent à prononcer quelques mots, et aucun autre oiseau ne se façonne plus aisément k tirer le petit chariot dans lequel on leur place le grain destiné k leur nourriture, lorsqu'ils Sont en captivité; ils s'accoutument à manger sur le doigt, k revenir a la voix de leur maître, etc. Ils se mêlent eu automne avec d'autres espèces pour parcourir les campagnes. Pendant lhiver, ils vivent de baies de genièvre; l'été, ils se nourrissent de toutes sortes de graines, mais ils semblent préférer le chènevis. Ils mangent aussi des chenilles, des fourmis, des sauterelles.

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Le seul nom de verdier indique assez qufl le vert est la couleur dominante du plumage; mais ce n,'est point un vert pur; il est ombré de gris, de brun sur la partie supérieure du corps et sur les flancs, et il est mêlé de jaune sous la gorge et la poitrine ; le jaune domine sur le haut du ventre, les couvertures inférieures de la queue et des ailes et sur le croupion ; il borde la partie antérieure et les grandes pennes de l'aile, et aussi les grandes pennes latérales de la queue. Toutes ces pennes sont noirâtres et lu plupart bordées de blanc k l'intérieur; le bas-ventre est de cette dernière couleur, et les pieds d'un brun rougeâtre.

Lu femelle a plus de brun ; son ventre est presque entièrement blanc, et les couvertures inférieures de la queue sont mêlées de blanc, de brun et de jaune.

VERDIER (César), médecin et anatomiste français, né k Modères, près d'Avignon, en 1683 , mort à Paris en 1759. Après avoir fait ses études médicales k Montpellier, il vint k P;a-is et fut reçu maître en chirurgie en 1724. L'année suivante, il fut nommé démonstrateur aux écoles de chirurgie, poste qu'il occupa avec beaucoup d'éclat pendant vingtcinq ans, au bout desquels il donna sa démission en faveur de J.-J. Sue. Verdier a publié un seul ouvrage : Abrégé d'anatomie dit corps humain (Paris, 1725, 2 vol. in-12), qui dut k sa clarté et k s:i précision d'être longtemps un ouvrage classique. On lui doit aussi un beau Mémoire sur les hernies de la vessie, lu à l'Académie de chirurgie , dont il fut membre.

VERDIER (Jean), médecin et instituteur français, né k La Ferté-Bernard (Sarthe) en 1735, mort à Paris en 1820. D'abord attaché comme médecin k Stanislas, roi de Pologne, il vint se fixer k Paris vers 1770, après la mort de ce prince, et fonda un établissement d'orthopédie en même temps qu'une institution dans laquelle était enseignée tout particulièrement la gymnastique. Verdier soigna Louis XVI durant sa détention. En 1794, il fut dépêché k Compiègne pour y étudier les symptômes d'une épidémie qu'il arrêta. A l'établissement de l'Académie de législation, il fut nommé professeur de médecine légale. On a de lui un grand nombre d'ouvrages, dont les principaux sont : Essai sur la jurisprudence de la médecine en France (Paris, 1763, in-12); Jurisprudence générale de la médecine en France (Paris, 1762, 2 vol. in-8°); la Jurisprudence particulière de la chirurgie en France (Paris, 1764, 2 vol. in-12); Recueil de mémoires et d'observ'ations sur ta perfectibilité de l'homme par les agents physiques ou moraux (Paris, 1772, in-12); Recueil deuxième, contenant un nouveau tableau d'éducation physique (1774, in- 12) ; Cours d'éducation à l'usage des élèves destinés aux premières professions et aux grands emplois de l'Etat (Paris, 1777, in-12); Calendrier d'éducation et d'économie faisant partie dû cours d'éducation ( 1788, in -12) ; Journal de médecine populaire, d'éducation et d'économie (in -8°), dont il parut huit cahiers; Tableaux analytiques et critiques de la vaccine et de la vaccination (1801, in-8°) ; Tableau analytique de ta grammaire générale appliquée aux langues savantes (1803, in-12); Y Art d'étudier et d'enseigner tes langues française et latine, séparément et conjointement (1804, in-12); la Craniomanie du docteur Gall anéantie au moyen de t'unatomie et de la psychologie de l'âme (1808); Système de la langue latine, pour en rétablir l'usage particulier, par la double traduction (iti-12); Y Art de discourir grammaticalement ou Grammaire générale du discours purement grammatical (ni-12) ; Recueil des mots variables français et latins (in-12), etc.

VERDIER (Suzanne Allut, dame), femme de lettres française, née en 1745, morte en 1812. Elle montra dès l'âge de dix ans des dispositions vraiment remarquables pour la poésie, mais ce ne liit qu'après son mariage avec un riche négociant d'Uzès qu'elle fit ■ connaître ses compositions au public. Une do ses idylles, la Fontaine de Vaucluse, lui valut les suffrages de Laharpe,qui écrivit, k ce sujet : «.

Et Verdier, dans l'idylle, a vaincu Deshoulièrea. Couronnée trois fois par l'Académie des jeux Floraux, Mme Verdier fut nommée plus tard maître de cette société. Elle faisait, en outre, partie de l'Académie des Arcades, k Rome, de celle du Gard et de l'Athénée de Vaucluse. Indépendamment d'un grand nombre de pièces de vers, qui ont été insérées dans les Almanachs des Muses de 1775, 1777, 1785, 1786 et 1787, la Notice des travaux de l'Académie du Gard pour 1807 et 1810 renfermo des fragments des Géorgiques languedociennes, poème en quatre chants, 1 œuvre la plus considérable qui ait été entreprise par Mme Verdier.

VERDIER (Jean-Antoine, comte), général français, né k Toulouse en 1767, mort en 1839. Engagé en 1785 dans le régiment de LaFère,il devintsuccessivement, pendant la Révolution, lieutenant, capitaine, puis aide de campd'Augereau. A l'armée des Pyrénées- Orientales, il emporta sur les Espagnols le camp retranché de Llers. A l'armée d'Italie, il prit la redoute de Maledano et fut nommé général de brigade. Blessé et mis hors de combat k Arcole, il suivit Bonaparte en Egypte, figura à la bataille des Pyramides, au

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siège de Saint-Jean-d'Acre et reçut .e titre de gouverneur de Dumictto. Sa di-fense héroïque du Caire lui valut le jrrade de général de division. Rappelé en Fiance, il alla eomimuider une division en Italie; nuis il se distingua successivement dans la guerre d'Autriche , en Toscane, en Sicile, à Heilsberg, à Friedlaiid. Il passa ensuite en Espagne, où il prit Girone, fit en 1812, avec la grande armée, la campagne de Russie, et, après la désastreuse retraite de Moscou, retourna, en Italie se mettre à la tète du corps d'armée franco-italien et se signala au combat du Mincio.La Restauration maintint dans ses grades Verdier, qui, pendant les Cent- Jours, fut chargé par Napoléon de commander la 8° division militaire. A leur seconde rentrée, les Bourbons le mirent à lu retraite, et il vécut dans l'obscurité jusqu'à l'avènement de Louis-Philippe, qui le réintégra dans les ca- ' dres de réserve.

VERDIER (Henri), comte de Lacoste, homme politique et littérateur fiançais, né à Nîmes vers 1770, mon k Paris en 1821. En 1783, il se montra partisan enthousiaste des girondins, fut décrété d'accusation, mis hors la loi et figura sur la liste des émigrés. Rentré en France après le 9 thermidor, il fut nomme membre du Corps législatif, puis devint chef de division aux archives de la police générale. En 1815, Verdier figura parmi les représentants, et, après Waterloo, il vota l'un des premiers la déchéance de Napoléon. A la seconde Restauration, il fut attaché à la rédaction de la Quotidienne. On a de lui : Washington ou les Hep résait les, pièce en trois actes (Paris, 1813, in-8°) ; Appel aux promesses de l'empereur (1815, in- go); Alfred le Grand (1817, 2 vol. in-12); Quelques scènes de la vie des femmes (1817, 3 vol. in-12); CAroiiiques allemandes (1818, 6 vol. in-12).

VERDIER (Pierre-Louis), chirurgien français, né à La Ferté-Bernard en 1780, mort vers 1860. Il fut reçu officier de santé k Faris en 1SU et inventa plusieurs appareils orthopédiques ingénieusement construits. Le premier eu France, il a établi les instruments de chirurgie eu caoutchouc et a fait construire un modèle de mannequin très-commode pour la démonstration des accouchements. Il a publié : Notice sur un appareil compressif de l'artère iliaque externe dans le cas d'anévrisme inguinal (1818); Mémoire sur une hernie sus-pubienne entero-épiploïque très-volumineuse (1819); Traité pratique des hernies, déplacements et maladies de la matrice (1840, 1 vol. in-8<>).

VERDIER (Marcel), peintre, né à Paris en 1817, mort dans la même ville en 1856. Trèsjeune, il étudia la peinture, prit des leçons d'Ingres, suivit les cours de l'Ecole des beaux- arts, et, après avoir fait des éludes assez incomplètes, il envoya des portraits aux Salons de 1831, de 1836 et de 1837. En même temps, il s'adonnait k la peinture religieuse et historique. Lieux grands tableaux, une Sainte famille, la Première pensée du crime, et trois portraits lui valurent une 3« médaille au Salon de 1837. il exposa ensuite l'Eunuque baptisé par Philippe et le portrait de Léon Gozlan (1840) ; le portrait a'E. de La Bédoltière et des portraits de femmes(l84l);S«tH'e Madeleine repentante, Mort d'Archimède (1842); portrait de jl/lle Garrigue (1845); les Femmes et le secret, Napolitaine, Jeune fille (1847) ; Fantaisie, Balançoire, la Ueoineresse, et des portraits (1848), qui lui firent décerner une 2e médaille ; Une mère après les journées de juin 1848, l'Homme entre deux âges et ses deux maîtresses, les portraits de Dressant, 'de Flocon, de Dupont- Blondel, etc. (1849) ; Saint Laurent, Bouquetière, Jeune fille, Femme, des portraits (1850); le Découragement de l'artiste, le Départ des conscrits (1852); Scène de jacquerie moderne, à Clame.cy (1853). Enfin cet artiste envoya k l'Expositiou de 1855, avec quelques portraits, la Première pensée du crime, qui avait déjà figuré au Salon, de 1837. Verdier était uu artiste plein de fougue, mais incomplet.

VERDIER (Aymar), architecte français, né à Tours vers 1819. Il prit des leçons de H. Labrouste et s'est particulièrement adonné à des études archéologiques, M. Verdier s'est fait connaître en envoyant au . Salons de remarquables dessins, pour la plupart représentant des niuiiumeuts gothiques. Nous citerons de lui : Etudes sur iéytise de l'abbaye de Saint-Leu d'Esserant (1846); Château de Pierrefonds, Cathédrale de liouen (1847) ; Hôpital d'Anyers, Maisons de Provins, Fermede Meslay, liestes de l'abbaye de Ctuny, maison de Ctuny, Hôpital de Beaune, Grande salle du château de Jlibeauoitté (1848); Salle capitulait^ de l'ancienne cathédrale de Noyon; Maisons à Cluny (1855); Eylise Saint- Martin-uux-Bois,Eylise de Plailty (1859); Eglise de Beaumont (1865). M. Verdier a obtenu une médaille de Inclusse en 1849, un rappel en 1859 et la croix de la Légion d'honneur en 1860.

VERD 1ER- DO CLOS (Thomas- Denis), médecin et chirurgien, frère de Jean Verdier, né à La Ferle-Bernard en 1744, mort en 1813. Il étudia d'abord la chirurgie sous les yeux de son père, puis à l'université de Nancy, où il fut reçu maître en médecine et en chirurgie. 11 servit en Corse comme chirurgien militaire et, de retour ea France, se fixa dans sa ville natale. Verdier s'attacha

VERD

particulièrement à l'étude des épidémies et fournit plusieurs mémoires à la Société royale de chirurgie, dont il était membre associé. Il fut'snccessivumeiit maire, juge de paix", juge au tribunal civil de la Sarthe, directeur du jury et président de canton. On lui doit les deux ouvrages suivants : Breviarium medici clinici, Histoire d'une symphyséolomie pratiquée .avec succès pour la mère et pour l'enfant (1787, in-8<>).

VERDIER-1IECRT1N (Jean-François), médecin, fils de Jean Verdier et neveu du précédent, né k Paris en 1767, mort en 1824. Il fit ses études médicales a Paris et servit d'abord comme chirurgien des années. Reçu docteur en 1804, il devint médecin d'un arrondissement de Paris et collabora à VEncyclopédie méthodique, en même temps qu'à un journal de médecine populaire et d'éducation. On lui doit, en outre, les ouvrages suivants: Discours sur un nouvel art de développer la belle nature et de guérir les diffor'iités au moyen d'exercice? aidés pur les machines mobiles de M. Tiphaine (1784, in-8°); Discours sur le devoir et le besoin d'aimer (1800, inr!2); Discours et essai aphoristique sur l'allaitement et l'êducationphysiguedesenfants[HOi, in-8°), etc.

VERDIÈRE s. f. (vèr-diè-re — rad. vert). Oruiih. Nom vulgaire du proyer.

VERD1LLON s. m. {vèr-di-llon ; Il mil.). Techn. Petite tringle ou baguette servant à fixer le commencement de la chaîne dans la rainure du rouleau de derrière, ou le commencement du tissu dans la rainure du rouleau de devant. H On dit aussi viirouillon. li Levier servant à détacher les blocs d'ardoise.

VERDIN s. m. (vèr-dain — rad. vert). Ornith. Espèce d'étourneau , qui habite la Cochinchine. (1 Nom vulgaire du verdier.

VERD1NÈRE s. f. (vèr-di-iiè-re — dimin.

de verdin). Orniih. Espèce' de pinson de l'Amérique du Sud.

VERDIOLE s. f. (vèr-di-o-le). Ornith. Espèce de gobe-mouches.

VERDIQUE adj. (vèr-di-ke — rad. nerf).

Chim. Se dit d'un acide extrait d'un graud nombre de végétaux, et qui verdit à l'air.

VERDIR v. a. ou tr. (vèr-dir — rad. vert). Rendre vert : La lumière verdit les feuilles. L'envie verdît le teint.

— vx. n. ou intr. Devenir vert : Le plaisir de voir verdie de vastes prairies et croître de belles moissons est la véritable vie de l'homme. (Volt.)

— Se couvrir de vert-de-gris : Si on n'a pas soin de nettoyer souvent le cuivre, il verdit. (Acad.)

VERDISSANT, ANTE adj. {vèr-di-san, ante — rad. verdir.) Qui verdit, qui devient vert.

Les feuilles, a l'envi fraîches et'parfumees, Reparaissent autour des rameaux verdissants.- Boulat-Patt.

VERDISSEMENT s. m. (vèr- di-se-man — rad. verdir). Action de verdir :

Dons des verdissements de feuilles monstrueuses...

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