V. Teseo AmbroSio
THÉSIE s. f. (té-zl). Bot. Syn de thbsion.
THESIGKR (sir Frédéric), homme politique et magistrat anglais. V. Chelmsford.
THÉS1GNY (François-Denis Drcu-lier de), auteur dramatique, né à Paris vers 1760, mort en 1825. Il suivit la carrière des finances, devint trésorier de France et acquit une grande fortune, qu'il perdit en partie pendant la Révolution. Arrêté alors comme suspect, il recouvra la liberté après la chute de Robespierre, continua à se livrer à ses goûts pour le plaisir, s'éprit de MHb Desmarres, une des plus charmantes comédiennes du temps, l'épousa, mais divorça bientôtavec elle. Il a composé, soit seul^ soit en collaboration, plusieurs pièces qui ont été représentées avec plus ou moins de succès au Vaudeville. Nous citerons de lui : la Petite Métromanie, comédie en un acte (an VI, in-s»), avec Chazet; V Angletmanie, en deux actes, jouée l'an VII ; le Beaunois ou Un tour à Paris, en un acte, joué en l'an XI, avec Chazet; VUn pour l'autre, en un acte (1802, in-8«), avec Maurice Séguier : Catinat à Saint- Gratien, en un acte (1802, in-8»), avec Th. de la Madelaine ; les Usuriers, en un acte, avec Maurice Séguier; le Voyage aux mines de Sainte- Marie, en un acte (1803).
THÉSION s. m. (té-zi-on). Bot. .Genre de plantes, de la famille des santalacées, comprenant plusieurs espèces, qui croissent en Europe et au Cap de Bonne- Espérance.
THÉSIOSYRIS s. m. (té-si-o-si-riss). Bot. Section du genre thésian, comprenant les espèces qui croissent au Cap de Bonne-Espérance.
THÉSIS s. f. (té-ziss — mot gr. dérivé de titkêmi, je dépose). Prosod. anc. Temps faible du pied.
— Anc. mus. Temps faible de la mesure, qui s'indiquait par le frappé, lequel indique aujourd'hui le temps fort, il Passage de l'aigu au grave.
— Encycl. De même que dans la mesure, en musique, il y a le temps fort et le temps ou les temps faibles, de même, dans la prosodie des anciens, chaque pied présentait un temps fort, c'est-à-dire une syllabe sur laquelle la voix s'élevait, une syllabe plus fortement accentuée, et un ou plusieurs tempsfaibles, c'est-à-dire une ou plusieurs syllabes sur lesquelles la voix s'abaissait, une ou plusieurs syllabes prononcées plus faiblement. Le syllabe fortement accentuée, ou temps fort, portait le nom A'arsis (v. ce mot). La syllabe ou les syllabes moins fortement accentuées, ou temps faibles, avaient le nom de thésis. Il y avait arsis sur chaque première syllabe d'un pied; il y avait thésis sur toutes les autres. Le spondée, ne comprenant que deux syllabes, se composait exclusivement d'une arsis et d'une thésis. Le dactyle, comprenant trois syllabes, se composait d'une arsis et de deux thésis. Les pieds de quatre syllabes avaient une arsis et trois thésis. Il nous suffira de prendre pour exemple le plus connu des vers de l'antiquité, l'hexamètre héroïque. Comme il était formé de six pieds, il avait nécessairement six arsis, puis un nombre de thésis qui dépendait du plus ou moins grand nombre de spondées ou de dactyles. Nous citerons ici les deux premiers vers des Bucoliques de Virgile, en soulignant les arsis :
fitjre, lu patute recabans sub tegmiaa fagi, Syheatrem tenui rniuum medilaris aimiia.
On trouve quelques exemples, mais trèsrares, de la thésis influant sur la quantité : ce sont des trochées formant le quatrième pied de l'hexamètre, et dont la thésis, tombant sur un repos, devient longue.
Le mot thésis a été aussi employé autrefois dans la langue musicale. On disait d'un chant, d'un contre-point, d'une fugue, qu'ils étaient per thesin (par thésis), quand les notes montaient du. grave à l'aigu. Lorsque, au contraire , elles descendaient de l'aigu au grave, on disait que c'était per arsin. Ce que nous appelons aujourd'hui fugue renversée ou contre-fugue, c'est-à-dire celle dans laquelle la réponse se fait en sens contraire au sujet, était nommée autrefois fugue per arsin et thesin (par arsis et thésis).
THESKERÉ s. m. (té-skè-rè). V. tescaret.
THESMOPHORE adj. (tès-mo-fo-re — ^r. thesmophoros, législateur ; de thesmos, 'oi ; phoros, qui porte). Mythol. gr. Epithète donnée à Cérès.
— s. Législateur, législatrice : La tbes- MOPHORS du Nord assembla, en 1767, des députés de toutes les provinces. (Volt.)
THESMOPHORIES s. f. pi. (tè-smo-fo-rl — gr. ihesmoplioria; de thesmophoros, thesmophore). Antiq. gr. Fêtes qui se célébraient dans l'Attique, en l'honneur de Cérès thesmophore,
— Encycl. Les thesmophories étaient, sous quelques rapports, la fête de la propriété foncière. Hérodote pense qu'elles vinrent d'Egypte en Grèce et furent instituées par
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Danavis et ses filles vers le xw siècle avant notre ère. On y portait en procession les tables de la loi constitutive de la propriété, tables qu'on attribuait k Cérès et qui étaient déposées à Athènes dans l'Aréopage ; les livres sibyllins de Rome passaient pour n'en être qu'une imitation. Lanzi a cru reconnaître sur un vase antique les emblèmes des thésmophories. C'est une scène où figure Cérès voilée, entourée de plusieurs femmes dont les unes paraissent la consoler, les autres la servir. Près d'elle est Triptolème, debout, armé d'une iance, et à quelque distance, en haut, est assis Céléus, tenant la perche de l'arpenteur, emblème du partage des terres et de la propriété. Aux piedsdu groupe principal se voient un trépied, un bassin et un miroir. Au-dessus de la scène plane le génie des mystères de l'Attique, Bacchus, avec une bandelette ; une autre peinture de ce vase montre Cérès déployant le volume sacré de ses lois au-dessus du jeune Bacchus, son élève , debout devant elle et tenant une corbeille de fruits. Une tête de femme sort d'une fenêtre, sans doute celle d'une prêtresse attentive à ce grand spectacle. Ici donc se trouvent réunies dans une même épiphanie les deux divinités auxquelles les anciens rapportaient les bienfaits divers de l'agriculture et des institutions sociales qui en découlaient (Creuzer). Sur une médaille syrienne de Démétrius Soter, on voit Cérès revêtue du double caractère de la déesse qui nourrit les hommes et leur donne des lois. Elle est portée sur un trôno soutenu par des femmes ailées ; d'une main elle tient une corne d'abondance et de l'autre un style.
On célébrait les Ihesmophories k Athènes et à Eleusis au mois de pyanepsion (octobre). On les célébrait aussi sur le promontoire Colias, où, suivant la tradition, Vénus avait un temple à côté de celui de Cérès.
Les thesmophories étaient proprement la fête des semailles et peut-être de la fécondité des femmes. Le temple où elle avait lieu à Athènes s'appelait Thesmophorion. Les femmes seules y étaient admises, et il était défendu aux hommes d'y assister sous peine de mort. Chaque tribu de l'Attique choisissait, dit Creuzer, deux femmes chargées d'assister aux thesmophories. Elles devaient être nées d'un mariage légitime et légitimement mariées elles-mêmes ; le droit d'élection appartenait à leur sexe. Les hommes qui possédaient un capital de trois talents étaient tenus de fournir k leurs épouses l'argent nécessaire pour subvenir aux frais qu'entraînait la célébration de la fête ; c'était un des services publics imposés aux citoyens d'Athènes. Le but même et le caractère des thesmophories s'accordent avec le témoignage formel des anciens et établissent que cette fête devait avoir pour ministres des femmes mariées. En effet, nous savons que c'était une fête des semailles d'automne, et les expressions qui désignent les semailles aussi bien que le labour s'appliquaient également au mariage. La génération et les semailles d'automne étaient des idées et, pour ainsi dire, des faits connexes que les thesmophories étaient destinées à consacrer dans leur connexité même, ainsi que le souvenir de la fondation des lois civiles.
Cependant on voit des vierges participer à la célébration de cette fête de l'hymen. Lucien appelle prêtresse de la déesse thesmophore « une femme qui n'a jamais éprouvé le contact d'un homme. • Ailleurs, il oppose les prêtresses de Cérès Thesmophore aux hétaïres. Il est donc probable que plusieurs cérémonies de la fête étaient confiées à des vierges. On faisait ainsi la part de la virginité honorée à Dodone dans la personne des vestales et dans d'autres fêtes antiques. « La virginité ou du moins une continence
Jiériodique, dit Creuzer, plus ou moins proongée, est une des conditions qu'imposent à leur culte les divinités mêmes qui donnent la fécondité, <
On se préparait aux thesmophories par l'abstinence et la privation du commerce charnel entre époux. Ces deux abstinences duraieut neuf jours et neuf nuits, suivant Ovide. Pendant cette neuvaine, les femmes étaient tenues de s'asseoir sur le sol; durant les fêtes, les femmes s'asseyaient sur des plantes qui étaient censées éraousser l'aiguillon de l'amour, telles que \'agmis castus et la conyse, fort usitée dans la pharmacie antique. On parle aussi de branches de pin et du fruit de la grenade, dont il était défendu aux femmes de goûter durant les thesmophories, qui duraient quatre jours. Au contraire, l'usage de l'ail était prescrit ainsi que celui de l'asphodèle, plante de l'espèce du lis et consacrée à Cérès ; on la semait sur les tombeaux. Il est déjà question dans Homère d'une prairie d'asphodèles qui existe aux enfers. 11 n'est pas de plante k laquelle les anciens aient reconnu des vertus plus puissantes et en plus grand nombre : de là, sans doute, la vénération dont jouissait cette plante merveilleuse.
Dioscoride et Pline ne tarissent pas sur son mérite. «Elle guérit du venin des serpents et des scorpions; elle favorise la menstruation et on l'emploie avec succès pour les inflammations des testicules et des seins. »
Ces détails suffiront à faire connaître le vrai sens des thesmophories; c'était la fête de la végétation et de la fécondité. Le génie hellénique avait déployé autour d'elle tou-
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tes les ressources de son imagination et son goût pour l'adoration des forces productives de la nature.
Du reste , les thesmophories paraissent n'être qu'une importation pure et simple des fêtes nocturnes de Sais, décrites par Hérodote. La lune, envisagée comme la déesse de la fécondité passive, en était l'origine. De là ces vases en forme de mamelle ou de demilune, modelés sur le sein nourricier de la déesse, en usage en Egypte, et qu'on retrouve dans les thesmophories grecques. « C'était un usage consacré par la religion de Bacchus, si intimement unie, dit encore Creuzer, à celle de Cérès Thesmophore, et dans les récits de l'antiquité et sur les monuments, d'appliquer sur les seins nus des femmes certains vases larges et profonds de l'espèce des phiales. Nous savons d'un autre côté que les anciens avaient une sorte de vase appelé mamelle, soit k cause de sa forme, soit a raison de la manière dont on s'en servait, et que ce nom d'origine reculée, ainsi qu'un autre analogue, était usité chez les habitants de Paphos. Enfin, il nous est raconté qu'Hélène avait dédié à Minerve une coupe d'ambre jaune faite d'après la mesure de son sein. • Les relations intimes des thesmophories et du culte de Sais en l'honneur de l'agriculture sont d'ailleurs connues par une foule de monuments.
Thcamophorion, édifice d'Athènes. V. thbs-
MOPHORIKS.
THESMOPHYLACE s. m. (tè-smo-fi-la-se — du gr. thesmophulax ; àethesmos, loi, etde phulax, gardien). Antiq, gr. Nom que donnaient les Athéniens à onze magistrats chargés de faire exécuter les jugements rendus par les tribunaux et les assemblées du peuple.
— Encycl. V. Onze (les).
THESMOTHETE s. m. (tè-smo-tè-te — gr.
thesmothetés ; de thesmos, loi, et de tithêmi, je pose). Antiq.gr. Nom donné à six archontes chargés de préparer et de proposer les modifications a apporter aux lois.
— Encycl. Les thesmothetés n'étaient pas des législateurs, au sens rigoureux de ce mot, et ils auraient été plus justement appelés « gardiens des lois. » C'étaient eux qui se trouvaient chargés de la révision annuelle de toutes les lois; qui recherchaient s'il n'y avait pas entra elles des contradictions, et si le texte ne présentait pas des superfluités ; qui examinaient si on ne laissait pas subsister dans les recueils publics quelque ancienne loi abrogée. Leur rapport était soumis à l'assemblée du peuple, et, après la délibération de cette assemblée, on chargeait des corrections à faire un comité législatif, dont les membres choisis dans ce but portaient le nom de nomothètes.
Une autre fonction très-importante des thesmothetés consistait à faire des enquêtes, à recevoir des informations, en suite desquelles ils déféraient certaines causes aux tribunaux, et donnaient publiquement connaissance du jour où viendrait chaque cause. Ils ne jugeaient pas eux-mêmes, mais ils étaient une sorte de grand jury ou de cour d'enquête. Si, par exemple, ils apprenaient qu'un citoxen n'avait pas payé ses contributions ou devait quelque somme à l'Etat, ils étaient obligés de le traduire en justice, et, faute de le faire, ils perdaient leur droit à entrer dans l'Aréopage après avoir accompli leur année de magistrature. C'étaient les thesmothetés qui informaient en cas d'injure contre les personnes, contre le sénat ou un tribunal, en cas de complots pour renverser la forme démocratique du gouvernement. Ils avaient encore à informer quand un citoyen cohabitait avec une étrangère, quand un homme donnait en mariage la fille d'un autre comme sa propre fille, quand une personne élevait une fausse accusation d'adultère. Le devoir des thesmothetés était de porter ensuite ces informations devant le peuple ou devant le sénat, et, quand une condamnation intervenait, ils déféraient le jugement à un tribunal, qui le confirmait ou en ordonnait la révision. La charge des thesmothetés comprenait en outre la ratification des traités avec les Etats étrangers, des conditions selon lesquelles ces Etats traiteraient les Athéniens et selon lesquelles leurs nationaux seraient traités sur le territoire de la république athénienne.
THESPÉSIE s. f. (tè-spé-zî — du gr. théspesios, divin). Bot. Genre d'arbres, de lu famille des malvacées, tribu des hibiscées, comprenant des espèces qui habitent l'Asie et l'Océanie tropicale.
THESPIEN, IENNE s. et adj. (tè-spi-ain, i-è-ne). Géogr. anc. Habitant de Thespie ; qui appartient à cette ville ou à ses habitants : Les thkspiuns. La population thespienne.
JuïlOll THESPIKNNE.
THESPIES (Thespis), aujourd'hui Neocorio ou Mrimo-Castro, ville de la Béotie, située au pied de l'Hélicon. Elle était spécialement consacrée aux Muses. Les Thespiens prirent part k la défense du défilé desThermopyles et se firent héroïquement tuer k côté des Spartiates de Léonidas. Thespies, une des plus anciennes villes de la Béotie, fut, comme Platée, la rivale de Thèbes, et refusa de s'allier aux Perses. Plusieurs fois prise et ruinée, elle se releva chaque fois, et elle avait même acquis une certaine importance du
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temps de Strabon, qui la cite comme une des localités les plus remarquables de la Béotie. Elle est encore mentionnée par Pline, par Ptolémée, par Pausanias et parHiéroclès au xi» siècle après J.-C.
L'emplacement de Thespies est au lieu nommé Lefka, au pied de la colline d'Erimo-Castro, auprès d'une source abondante qui coule par cinq bouches et forme le ruisseau de Kanavari. « Leake, dit le Guide en Orient, a trouvé les fondations d'une enceinte oblongue et ovale, d'une construction solide et régulière, d'environ 808 mètres de circonférence; de plus, toute la région S.-E. est couverte de ruines et de pierres helléniques, qui semblent les restes de maisons particulières bâties hors de la ville. L'emplacement des anciens temples est sans douta marqué par les églises, qui contiennent quelques fragments de colonnes et d'architraves.»
THESPIS s. m. (tè-spiss — mot gr. qui signifie deoin}. Entom. Genre d'insectes orthoptères coureurs, de la famille des mantiens, réuni par plusieurs auteurs, comme simple section, au genre mante, et dont l'espèce type habite la Guyane.
— Bot. Genre de plantes, de la famille des composées, tribu des astérées, comprenant deux espèces, qui croissent dans l'Inde.
THESPIS, le créateur de la tragédie chez les Grecs, né dans le bourg d'Icarie, en Attique. Il vivait dans le vie siècle av. J.-C. Dans les temps primitifs, et jusqu'à l'époque de Solon, le théâtre n'existait pas. Aux fêtes de Bacchus, on chantait des hymnes qui peignaient le délire de l'ivresse, et des bacchants et des faunes, rangés autour des images obscènes qu'on portait en triomphe, y répondaient pardes chansons lascives ou des traits satiriques contre les spectateurs. Dans les campagnes, cette fête avait un caractère encore plus désordonné. Des vendangeurs barbouillés de lie, ivres do joie et de vin, montaient sur des chariots et se poursuivaient d'injures et de railleries grossières. Thespis avait vu que l'acteur qui chantait les hymnes en l'honneur de Bacchus formait une sorte de dialogue avec le chœur. Cela lui donna l'idée d'introduire dans ce chœur un personnage qui, pour le délasser et lui donner le temps de reprendre haleine, récitait une aventure de quelque personnage illustre. Peu à peu, il traita des sujets tirés de l'histoire nationale, et le chœur ne joua plus qu'un rôle secondaire. Le théâtre était fondé. C'est vers le même temps que Susarion, par la représentation de farces satiriques, donnait naissance à la comédie. Banni d'Athènes par la sévérité de Solon, qui voyait un danger moral dans ces fictions dramatiques, Thespis
Promena son chariot dans les campagnes de Attique, couvrit d'un masque de toile le visage de ses acteurs, d'abord barbouillé de lie, composa des actions dramatiques et ouvrit la voie au grand Eschyle. On aies titres de quelques-unes de ses pièces : Penthée, les Prêtres, les Jeunes gens, les Jeux funèbres de Pélias ou Phorbas; mais aucun fragment n'est parvenu jusqu'à nous. Les quelques vers qu'on cite de Thespis, et qu'on trouve dans les Fragmenta tragicorum grxcorum de Didot, ne sont pas de lui, mais d'un grammairien grec qui eut l'idée de refaire ses pièces.
THESPICS ou THESTICS, fils d'Erechthée, roi de Thespies, en Béotie. Il eut cinquante filles, les Thespiades, qu'il livra à Hercule, son ami. Une d'entre elles ayant refusé de céder aux désirs du héros, il la fit prêtresse du temple qui lui avait été élevé à Thespies, en l'obligeant à rester vierge. Quant k ses autres sœurs, elles devinrent toutes mères d'un fils, et ces enfants allèrent pour la plupart s'établir en Sardaigne sous la conduite d'iolas.
THESPBOTIE, ancienne contrée de l'Epire occidentale, k l'O. d'Ambracie et le long de la mer. Ses villes principales étaient Buthrotum et Onchesme. Cette contrée était arrosée par l'Achéron et le Cocyte. Dodone et son célèbre oracle se trouvaient en Thesprotie.
THESSALIE, primitivement Hémonie, contrée de la Grèce septentrionale, bornée au N. par le mont Olympe, à l'B. par le Pinde, au S. par le mont CÊta et à l'E. par le Pôlion et l'Ossa. Comprise aujourd'hui dans l'empire ottoman, elle forme le livah de I,arisse ou Ienitscher, dans I eyalet de Janina, pour la partie au N. de l'Othrys ; on y compte environ 330,000 hab., dont 6,000 juifs et £0,00i) musulmans. La partie entre l'Othrys et l'Œta appartient au royaume de Grèce, où elle forme l'éparchie de Phthiotide, dans le nome de Phthiotide-et-Phocide ; Zeitoun est le ch.-l. de l'éparchie et de tout le nome. « La chaîne du Pinde, qui traverse la partie O., forme, dit le Dictionnaire géographique universel, le partage des eaux entre la mer Ionienne, k laquelle elle envoie l'Aspropotamos (Aeheloûs), et l'Archipel, qui en reçoit la Salembria (Pénée). Les côtes, très-irrégulières et généralement escarpées, présentent les caps Kissovo, Zagora, Saint-Georges, et surtout le grand golfe de Volo, formé par une longue presqu'île qui le sépare de l'Archipel et du canal de Trikeri. La Salembria, qui arrose les plaines du milieu de cette province, la parcourt entièrement et en est la principale rivière; elle s'y grossit de la Tricala et du Saranta-Poros, à gauche, du
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Fanari et An Sataldgé, à droite; c'est vers l'embouchure de ce cours d'eau qu'est la fameuse vallée de Tempe, resserrée entre les monts Olympe et Kissovo (Ossa). La partie S. est baignée par l'Hellada, qui dépend du bassin du golfe de Zeitoun. Le climat est délicieux et le sol très-fertile; l'huile et la soie y viennent surtout en abondance, et c'est la Thessalie qui fournit la plus grande partie des soies qui entrent dans le commerce de Salonique. L'industrie s'exerce particulièrement dans des fabriques de coton filé rouge. » La Thessalie, appelée Yaniah par les Turcs, a joué un très-grand rôle dans la haute antiquité. Les Thessaliens ont été civilisés avant tous les autres Grecs. L'agriculture, favorisée par la fertilité du sol, y avait fait de grands progrès; les chevaux et les bœufs de la Thessalie étaient considérés à cette époque comme les plus beaux de l'univers. Les Thessaliens inventèrent, dit-on, l'art de t'équitation, ce qui fit donner le nom de Centaures k quelques peuplades thessaliennes, surtout à celles qui habitaient le mont Pélion et le mont Ossa. C'était dans la Thessalie que les anciens Grecs allaient chercher les plus beaux produits des arts manufacturiers. Elle était subdivisée en plusieurs districts; Hwstœotis, Pélasgiotis, Magnesia, Thessaliotis, Phthiotis, Perrhœbia, Dolopia, Aniana ou Œtœra et Malis. On distinguait dans la société politique des Thessaliens quatre classes, dont deux étaient formées des conquérants. C'étaient les grandes familles descendant des anciens rois de la race d'Hercule, dont l'autorité, quelque temps maintenue après la conquête, avait fait place à une oligarchie multiple: celles des Ateuades, à Larisse; des Créontides, à Pharsale, et des Scopades, k Cranon. Au-dessous d'eux était le vulgaire des Thessaliens, ne pouvant se vanter d'une origine héroïquo et n'ayant reçu qu'une petite portion du territoire couquis, mais exerçant, à titre de partie du peuple conquérant, le droit de voter dans l'élection des magistrats. Il y avait deux classes également parmi les vaincus : les uns jouissaient de la liberté personnelle, mais payaient un tribut pour les terres qu'on leur,^ avait laissées et n'avaient aucun droit politique; les autres, appelés pénestes (pauvres), formaient une classe analogue à* celle des ilotes à Sparte. Soumis aux rois de Macédoine, les Thessaliens ont toujours suivi depuis cette époque le sort des Macédoniens et sont tombés avec eux, après la bataille de Cynocéphales (197 av. J.-C), sous la domination romaine. Constantin rit de la Thessalie une province particulière, dépendant de la préfecture d'Illyricum. Elle passa ensuite sous le sceptre des empereurs de Byzance, puis, au commencement du xme siècle, sous celui des empereurs latins. C'est en NGO qu'elle tomba au pouvoir des Turcs. Dans le grand nombre de ses villes, il faut mentionner, comme historiquement remarquables et généralement importantes par les ruines qui en subsistent encore : Pharsale, Larisse, Hé; raclée, Gomphi (aujourd'hui les ruines de Skumbos), Troca (aujourd'hui Trikkula), Oloosson (aujourd'hui Elassona), Gonnos (Lykostomo), Gyrton (avec les ruines de Tatari), Cranon (Paleos-Larissa), Lanna (Zituni), Hypata (Neopatra), appelée aussi Hypati (aujourd'hui Patrazik).
THESSALIEN, IENNE s. et adj. (té-sa-liain, i-è-ne). Géogr. Habitant de la Thessalie; qui appartient à ce pays ou k ses habitants : Les Thessaliens. La population thessaliënnb.
— s. m. Gramm. Variété du dialecte éolien.
THESSALONICIEN, IENNE S. et adj. (tèssa-lo-ni-si-ain, i-è-ne), Géogr. anc. Habitant de Thessalonique ; qui appartient k cette ville ou à ses habitants . Les Thessaloniciens. La
population THESSALONIC1ENNE.
Thesinicmicieiis (ire ET 26 ÉPÎTIîËS DE SAINT
Paul aux). "V. Epître.
THESSALONIQUE.appelée d'abord Therma, à cause des sources thermales qui abondent dans ses environs, ville de la Turquie d'Europe (Macédoine), sur le golfe Thermaïque ; 70,000 hab. environ. La ville de Therma fut prise par les Athéniens au début de la guerre du Péloponèse et rebâtie en 315 par Cassandre, qui lui donna le nom de sa femme, Thessalonique, sœur d'Alexandre, Cette ville, sous la domination romaine, devint la capitale de toute la Macédoine ; elle servit de quartier général au sénat et au parti de Pompée. Plus tard, elle reçut le titre de cité libre, en récompense de sa fidélité k Octave et Antoine, et fut pendant longtemps la capitale de tout le pays compris entre l'Adriatique et la mer Noire. Sa population dépassait 200,000 hab.j au m» siècle, elle fut érigée en colonie romaine. Tout le monde connaît le massacre de Thessalonique ordonné par Théodose et la pénitence publique que saint Ambroise imposa k cet empereur. Thessalonique fut prise et pillée en 904 par les Sarrasins, en 1185 par les Normands, sous la conduite de Tancrède, et enfin, en U30, par les Turcs, qui ia possèdent encore aujourd'hui.
Thessalonique, située au fond du magnifique golfe du même nom, s'élève en amphithéâtre au-dessus de la mer. Son vieux château, ses blanches murailles garnies de tours, ses maisons étagées sur les flancs de la colline, ses élégants minarets lui donnent un aspect pittoresque ; mais les rues sont étroites,
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sinueuses, sales et bordées de chétives maisons, pour la plupart en bois. Grâce à la profondeur et à la sécurité de son port, elle est l'entrepôt principal du commerce de la Macédoine et lune des échelles les plus importantes de l'Orient. On y remarque plusieurs monuments intéressants que nous allons décrire.
La citadelle ou château des Sept-Tours, qui domine la ville, est une construction vénitienne qui repose sur des soubassements helléniques. « A l'intérieur, dit M. Isambert, se trouvent des fragments' de colonnes en vert antique, appartenant sans doute à un temple de Jupiter, et les débris d'un arc de triomphe. Une inscription nous apprend que ce dernier monument fut élevé sous le règne de Mar*-Aurèle, en l'honneur d'Antonin le Pieux et de sa fille Faustine.
Les murailles, qui ont environ 8 kilom. de circuit, reposent sur des fondations cyclopéennea ; elles datent du moyen âge et se composent de débris antiques de toute espèce. Ces murailles crénelées et garnies de tours forment autour de la ville une ceinture d'une blancheur éblouissante. La ville est encore défendue du côté de l'E. et de l'O. par deux ravines profondes qui descendent de la citadelle jusqu'à la mer,
Thessalonique est coupée de l'E. à l'O. par la grande rue du Bazar. Si l'on en juge par les deux arcs de triomphe dont on voit encore les débris à ses deux extrémités, cette nie suit la même direction que l'antique Via Egnalia, qui mettait en communication la Thrace et la Macédoine avec les bords de l'Adriatique.
L'arc de Constantin, situé près de la porte de Callamarie et a l'extrémité E. de la grande rue, a été élevé en l'honneur de Constantin, après sa victoire sur Licinius ou sur les Sarmates. Cet arc, à moitié ruiné, était bâti en brique et recouvert de plaques de marbre, sur lesquelles on distingue quelques bas-reliefs représentant des chameaux.
A l'autre extrémité de la rue et près de la porte Vardar se trouve un second arc, qui rap- pelle probablement la victoire d'Octave et d'Antoine à Philippes. Sa base est enfoncée dans le sol ; i) mesure environ 5n»,60 de hauteur sur 3<n,60- de largeur. On y remarque un basrelief représentant un Romain couvert de sa toge et debout près d'un cheval. Une inscription fort curieuse, que l'on peut encore déchiffrer, donne une liste des politàrques ou chefs de la ville.
Près de la rue du Bazar et dans le quartier juif^ s^élève le Sureth-Maleh, ou Propylées de l'Hippodrome. Ces ruines remarquables se composent de quatre colonnes corinthiennes, dont l'architrave supporte des cariatides. Les juifs croient que ces figures ont été pétrifiées par enchantement et les appellent las Iticantadas. La Rotonde, maintenant convertie en mosquée, était primitivement un temple, bâti sous Tiajan et consacré au culte des dieux Cabires. Ce monument, comme son nom l'indique, est de forme circulaire et rappelle le Panthéon de Rome. L'extérieur du dôme est revêtu de mosaïques.
La mosquée de Sainte-Sophie, ancienne église chrétienne, représente sur une échelle moins vaste le même plan que Sainte-Sophie de Constantinople. Selon la tradition, elle fut aussi construite sous le règne de Justinien, par l'architecte AnthémiUs. On y montre au voyageur crédule une chaire en vert antique, dans laquelle saint Paul aurait prêché pendant son séjour à Thessalonique.
La mosquée de Saint-Diinitri, autrefois l'église métropolitaine, est remarquable par son architecture et par une double rangée de colonnes en vert antique.
La mosquée d'Eski-Djuma occupe l'empla- ' cernent du temple de Vénus Thermaïque. On y remarque encore six colonnes doriques du pronaos enclavées dans le mur.
Plusieurs conciles ont été tenus à Thessalonique. En 519, Dorothée, évêque de cette ville, souscrivit, dans un concile tenu avec la plupart de ses sufiVagants, le formulaire du pape Hormisdas, en présence du comte Licinius. Peu de temps après, Dorothée, qui n'avait souscrit que par hypocrisie, déchira ce même formulaire et déclara publiquement qu'il ne l'approuverait jamais. Au concile de 649, Paul de Thessalonique, attaché au monouiélisine, dressa une exposition de sa doctrine qu'il envoya au pape saint Martin avec une lettre synodale pour la défendre. Le pape, pour toute réponse, lui envoya deux députés qu'il avait chargés d'une profession' de foi catholique avec ordre de la lui faire signer, sous peine d'anathème. En 650, les légats du pape saint Martin étant arrivés à Thessalonique, Paul assembla un nouveau concile dans lequel il signa l'écrit du souverain pontife, mais après en avoir retranché l'anathème et omis le mot de naturelle, dont le pape s'était servi en parlant de la volonté et de l'opération de Jésus-Christ; il le remit ensuite aux légats, qui s'en déclarèrent satisfaits.
THESTA. sœur de Danys l'Ancien, tyran de Syracuse. Elle vivait vers l'an 405 av. J.-C. Plus jeune que son frère de quelques années, elle épousa un des plus généreux citoyens da Syracuse, nommé Polyxène, qui, ainsi qu'elle, n avait aucun goût pour la tyrannie. Trèsriche et possédant de grands biens en Grèce et en Italie, il s'échappa de Syracuse, ne