THET
pouvant plus, lui mandait-il, être témoin de sang- froid des actes du tyran son beau- frère ; il aila vivre libre parmi les Locriens, où sa femme le rejoignit plus tard. Thesta, restée seule à Syracuse, courut quelque danger ; Denys la lit rechercher et lui demanda impérieusement en quel lieu s'était réfugié Polyxène. « Crois-tu, lui répondit cette courageuse femme, que j'aie pu connaître le départ de mon mari sans l'accompagner dans sa fuite, et ne serais-je pas plus glorieuse d'être nommée partout la femme de Polyxène banni que d'être appelée ici la sœur du tyran?» Denys n'osa faire périr sa sœur, et Thesta put, quelque temps après, s'échapper à son tour de Syracuse et se rendre auprès de son mari. Ils survécurent l'un et l'autre au tyran et virent l'avènement de son fils, Denys II, qui continua de régner avec des vicissitudes diverses pendant dix ans encore, jusqu'à ce que ses mauvaises mœurs , son ivrognerie et le mépris où il était tombé amenassent sa chute.
THEST1DS, roi d'Etolie, fils de Mars ou, selon d'autres, d'Agénor. Il épousa Laophonte ou Déidamia, dont il eut plusieurs fils, qui périrent en combattant contre Mégare, et des filles, notamment I.éda, qu'il donna en mariage à Tyndarus, chassé de Sparte.
THESTIOS, roi de Thespies. V. Thespius.
THESTOR s. m. (tè-stor). Entom. Genre d'insectes lépidoptères diurne3, formé aux dépens des papillons.
THESTOR, un des Argonautes, à qui sa science avait valu d'être nommé aussi Idmou. Il eut deux fils, Calchas et Alcmaon, et deux filles, Leucippe et Théonoé. Cette dernière ayant été enlevée par des pirates qui la vendirent à Icarus, roi de Carie, Thestor partit fiour se mettre à sa recherche, fut jeté par a tempête en Carie et devint l'esclave du roi de ce pays. Peu après, Leucippe alla consulter l'oracle de Delphes, qui lui répondit que, pour retrouver son père et sa sœur, elle devait parcourir le inonde sous les habits d'un prêtre d'Apollon. Arrivée en Carie, Leucippe fut aperçue par sa sœur Théonoé qui, ne la reconnaissant point, s'éprit du jeune prêtre, voulut lui faire partager son amour et, sur son refus, donna l'ordre à un esclave de tuer Leucippe. Or, cet esclave était Thestor, qui reconnut alors ses deux filles. Le roi de Carie, informé de cette aventure, renvoya dans leur pays, chargés de présents, Thestor et ses deux enfants.
THÈTE s. m. (tè-te — gr. thés, même sens). Antiq. gr. Nom donné à Athènes aux mercenaires qui composaient la quatrième classe des citoyens.
— Encycl. Les thèles sont désignés dans YOdyssée (IV, 644 ; XVIII, 356) comme des hommes libres qui travaillent pour vivre, et ils y sont distingués des dmôes, ou esclaves. C'est surtout dans l'organisation de la population athénienne, telle qu'elle fut établie par Solon, que le mot thète se trouve employé. Jusqu'à ce législateur, la naissance avait fait les droits et les privilèges des citoyens ; il fonda les droits et les devoirs des citoyens, non plus sur la naissance, mais sur la propriété plus ou moins considérable. Dans ce dessein, il établit quatre classes de citoyens : les pentacosiomédimniens , qui avaient un revenu d'au moins 500 médimnes, soit en grains, soit en fruits, soit eu liquides; les cavaliers, qui avaient un revenu de 300 médimnes au moins et qui étaient regardés comme, pouvant nourrir un cheval ; les zeugites, qui avaient un revenu de 150 médimnes au moins et étaient regardés comme pouvant posséder un attelage de bœufs (zeugos) ; en dernier lieu les thètes, classe qui renfermait tous ceux dont le revenu n'atteignait pas 150 médimnes. Les thèles étaient donc les plus pauvres des citoyens d'Athènes ; mais ils étaient citoyens et, comme tels, concouraient à former l'assemblée du peuple, participaient au vote des lois, à l'élection des magistrats, des généraux, des juges et de tous les fonctionnaires, aux discussions pour la paix et la guerre, pour la levée des impôts, etc. Seulement, s'ils possédaient le droit d'élection, ils n'avaient pas l'éligibilité, ils n'étaient pas admis aux emplois publics, qui étaient réservés aux trois premières classes. En compensation, ils. ne payaient pas d'impôt, et toutes les charges de l'Etat pesaient sur les trois autres classes seules. On rencontre cependant chez les auteurs grecs certaines expressions qui pourraient taire croire à une taxe sur les thètes; mais les érudits sont d'accord pour les expliquer dans un sens différent.
THETFORD, Sitomagus des Romains, bourg et paroisse d'Angleterre (Norfolk), au confluent de l'Ouse et de la Thet, à 46 kilom. S.-O. de Norwich, 130 kilom. N.-N.E. de Londres; 4,218 liab. Brasseries, fonderie, fabrique de machines ; commerce considérable de grains. L'Ouse, qui y est navigable, y donne lieu à un important commerce de blé et de houille. Patrie de Thomas Paine. Cette ville, autrefois très-considérable, est aujourd'hui bien déchue de son ancienne splendeur ; on y remarque cependant quelques débris d'édifices, notamment du palais de Jean de Gand et de l'abbaye de Bigod , la porte du Saint- Sépulcre, la chapelle du couvent de Canute, la vieille église Saint-Pierre , bâtie en cailloux noirs, l'hôtel do ville et la grande