ROYER-COLLARD
« O la belle morale, en vérité, qui change avec le spectateur 1 Hobbes, au moins, ne changeait qu'avec la- législation ; il prenait à la lettre le mot de Pascal : Vérité en deçà des Pyrénées, erreur au delà ; mais, depuis l'Escaut jusqu'aux Pyrénées, il me soumettait k un code de morale uniforme. •
Jules Simon.
Vérités (livre des trois) , ouvrage de Charron (1594). Ce livre, dédié à Henri IV, est une réponse au Traité de l'Eijlise du calviniste Du Plessis-Mornnv. C'est un manifeste moitié politique, moitié religieux, tendant k exhorter le parti protestant à suivre l'exemple du roi de Navarre, converti au catholicisme. Les trois vérités que Charron veut démontrer sont : 1° qu'il y a un Dieu ; 2° que, de toutes les religions, la chrétienne est la seule' vraie; 3° qu'entre les diverses communions chrétiennes la catholique romaine est la seule véritable. L'auteur traite brièvement les deux premiers -points, mais il développe k loisir la thèse principale, dont la conclusion directe ou indirecte est la même que celle de la Satire Ménippée , la nécessité du rétablissement de l'autorité royale. Le christianisme de Charron (prêtre de profession, il faut bien se le rappeler) ne paraîtrait pas être aux yeux des théologiens anciens ou modernes d'une parfaite orthodoxie. Bayle a remarqué que le disciple de Montaigne a une doctrine ou du moins une méthode équivoque ; il n'affaiblit jamais les objections qu'il expose, et l'insuffisance de ses réponses est peut-être calculée. En démontrant contre les athées la première vérité, l'existence de Dieu et tes principaux attributs de la divinité, Charron insiste sur les difficultés et les impossibilités de concevoir cette idée de l'infini; il dit formellement, non sans précautions oratoires, qu'il y a une sorte de négation absolue du Dieu Providence, de la personne divine, de la cause première. Même daus l'exposition des dogmes, Charron est sceptique par méthode; sa logique s'exerce avec plaisir k mettre en évidence les preuves de la faiblesse et de l'incapacité humaine ; il propose le doute, le pyrrhonisme (tout en protestant contre Je mot), comme la règle de la sagesse et comme la préparation à une vraie piété , k une foi que l'on doit attendre de l'action divine. Son esprit ne ressent aucune impatience de la certitude définitive, et son âme n'éprouve aucun tourment de l'indécision de la croyance. Chez Pascal, il y a doute aussi, mais réaciion de la volonté et du sentiment contre le scepticisme. On sent, en arrière de la théologie de Charron, un système philosophique dans lequel sa pensée se complaît; une sorte de stoïcisme moral, inaccessible au vulgaire, c'est-à-dire aux esprits médiocres de tout rang et de toute robe. Cette doctrine s'est formulée plus nettement dans le livre de la Sw/esse. Le livre des Trois Vérités eut en 1595 une seconde édition, dans laquelle l'auteur répond aux critiques des protestants. Prédicateur ordinaire de l'évêque de Cnhors, à qui l'ouvrage avait plu, Charron dut être un témoin oculaire du massacre des 4,000 on 5,000 protestants par lequel le roi de Navarre commença à rétablir l'autorité du roi de France, après le siét;e et la prise de la cité où le dernier lieutenant de Vercingétorix avait jadis résisté à César.
Vérité (RECHERCHE DE LA), où l'on traite do la nature de I esprit do 1 humme et de I uiago qv il en doit fuire pour éviter l'erreur dunt les science*, pur 'Mutebranrhe ( 1674-1078 , 4 vol.). Cet ouvrage eut successivement six éditions, fut traduit en litin, en anglais, en grec vuigaire. Malebranche y traite successivement des cinq chefs auxquels il rapporte toutes nos erreurs : les sens, l'imagination, l'entendement pur, les inclinations ou mouvements naturels de l'esprit, les passions; il consacre un sixième livre k la méthode qu'il faut suivre pour éviter l'erreur et trouver la vérité. Dans le premier livre, Mulebranche examine les principales erreurs où nous jettent les sens, et pose cette règle qu'il ne faut jamais juger par les sens de ce que les choses sont en elles-mêmes, mais seulement du rapport qu'elles ont avec noire corps, parce qu'en effet ils ne nous sont point donnés pour connaître la vérité des choses en elles-mêmes, mais seulement pour la conservation de notre corps. « il ne faut pas s'imaginer, dit-i), qu'il y ait beaucoup k souffrir dans la recherche de la vérité ; il ne faut que se rendre attentif aux idées claires que chacun trouve eu soi-même L'exactitude de l'esprit n'a presque rien de pénible ; ce n'est point une servitude comme l'imagination la représente; et si nous y trouvons d'abord quelque difficulté, nous en recevons bientôt des satisfactions qui nous récompensent abondamment de nos peines; car enfin il n'y a qu'elle qui produise la lumière et qui nous découvre la- vérité. » Le second livre traite des erreurs de l'imagination ; Malebrauche y maltraite fort l'imagination et les moralistes qui, en écrivant, veulent plaire k la folle du logis. • Il devrait être houleux à des philosophes, dit-il, et à des personnes qui sa pi-
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quent d'esprit, de rechercher avec plus de soin ces manières agréables que la, vérité même et de se repaître plutôt l'esprit de la vanité des paroles que de la solidité des choses ; c'est au commun des hommes, c'est aux âmes de chair et de sang k se laisser gagner par des périodes mesurées et par des figures et des mouvements qui réveillent les passions, »
Le troisième livre est consacré aux erreurs de l'entendement pur, lesquelles sont rapportées à la limitation de notre esprit, à son défaut d'étendue, à son inconstance, au peu de fermeté qu'il déploie dans son action, k l'idée vague de l'être en général, qui est une des principales, causes des vaines absiractions données pour des explications par la philosophie traditionnelle. Dans ce même livre se trouve exposée la théorie de la Vision £>i Dieu (v. Malebranche), qui a inspiré k Faydit ce vers plaisant :
Lui qui voit tout en Dieu n'y voit pas qu'il est fou.
« Dieu, dit Malebranche, est le lieu des esprits, comme l'espace est le lieu des corps. Nous voyons tout eh Dieu , c'est-à-dire que toutes nos idées, ou du moins nos idées générales, ont leur source en Dieu, dans sa « substance efficace, • qui, en nous affectant, nous en donne la perception. Notre volonté n'est que le mouvement que cette substance efficace nous imprime par les idées vers le bien. • Il est aisé de voir que, si les idées, qui sont ce qu'il y a de plus essentiel en nous, se trouvent dans la substance de la divinité, nous nous y trouvons nous-mêmes, nous en faisons partie ; si l'âme n'a aucune force propre, si Dieu produit tout en elle, il est clair que l'amour qui la portera vers lui, ne venant que de lui-même, comme tout le reste, sera indépendant d'elle. Ainsi le système de Malebranche tend à rendre passive la volonté comme l'entendement. « Les créatures, dit-il, n'ont point de forée propre; Dieu fait tout dans les esprits comme dans les corps. C'est de sa puissance que les esprits reçoivent toutes leurs modifications; c'est dans Sa sagesse qu'ils trouvent toutes leurs idées; c'est par son amour qu'ils sont agités de tous leurs mouvements réglés.» 11 ne reste dune à l'homme que la liberté de pécher, c'est-àdire d'arrêter à des objets particuliers, à de faux biens, le mouvement réglé qui le porte vers le bien en général, qui est Dieu même. Il n'est pas facile de comprendre comment un être qui n'a point de force propre peut avoir mémo la force négative de résister k l'impulsion divine. Si donc les créatures n'ont point de force propre, qu'ont-eltes? que sontelles? De la k leur nier la réalité de l'être et à ne voir en elles que des modes de l'être universel, il ny a qu'un pas. Malebranche, il est vrai, ne le franchit pas
Le quatrième et le cinquième livre nous montrent la manière dont nos inclinations et nos passions augmentent ou d.iniiiueiit la grandeur, changent la couleur, allèrent les proportions et ht forme des objets que notre esprit considère. Enfin, le dessein du sixième et deruier livre est d'essayer de rendre à l'esprit toute la perfection dont il est naturellement capable, en lui fournissant les secours nécessaires pour devenir plus attentif et plus étendu, et en lui prescrivant les règles qu il faut obs rver dans la recherche de la vérité pour ne se tromper jamais et pour apprendre avec le temps tout ce que l'on peut savoir.
La Recherche de la vérité est remarquable par l'originalité des vues, la'finesse et la nouveauté (les observations, l'élégance, la grâce et les charmes du style. « Ou y admire, dit le P. André, la beauté du dessein, l'ordre des matières, la chute de ta méthode, la majesté du style, la naïveté des traits, la pureté du langage, la finesse des railleries, la profondeur des réflexions, une connaissance de l'homme sans exemple, le fond de la nature découvert, nos facultés approfondies, les choses les plus abstraites recouvertes des couleurs sensibles ; raison, esprit, beaux sentiments, belles images, agrément partout. »
< Il règne eu ce bel ouvrage, dit Fontenelle, un grand art de mettre les idées abstraites dans leur jour, de les lier ensemble, de les fortifier ensemble par leur liaison. Il s'y trouve même un mélange adroit de quantité de ehoses moins abstraites qui, étant facilement entendues, encouragent le lecteur à s'appliquer aux autres, le mutent de pouvoir tout entendre et lui persuadent qu'il entend tout k peu près. La diction, outre qu'elle est pure et châtiée, a toute la dignité que les matières demandent et toute ta grâce qu'elles peuvent souffrir. •
« Si le P. Malebrauche, dit k son tour ■Montesquieu, avait été un écrivain moins emhameurç sa philosophie serait restée dans le fond d'un collège comme daus une espèce de monde souterrain. ■
« Maiebrauche, dit enfin Voltaire, moins pur que Cicérou, mais plus fort et plus rempli d images, me parait un grand modèle du style fleuri, et plui à Dieu qu'il eût établi des vérités aussi solidement qu'il a exposé se3 opinions avec éloqueuee. »
Vérité dan* le vin (LA) OU les Désagréments de la gnlanierio, comédie en un acte et en prose, p;ir Ooné (imprimée en 1768). Celle pièce appartient a ce que Colle appelle sou Théâtre de sueiété. Il laut dire ici que ce familier du duc d'Orléans écrivait pour
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l'amusement du prince, son protecteur, et de sa cour, des parades ou bouffonneries licencieuses qu'il serait impossible de faire représenter sur un théâtre public. L'auteur s'exerçait à peindre les mœurs de la bonne compagnie, qui ressemble si bien quelquefois à ia mauvaise. La Vérité dans le vin est le chef-d'œuvre de ce genre dramatique clandestin. Toutefois, il ne faudrait pas tirer de ces prémisses la conséquence que la présente pièce soit foncièrement immorale. La peinture est indécente, mais le but est moral : l'auteur a voulu montrer la punition de la galanterie dans ses propres excès. Dans cette intention, il a chargé de ridicules saillants les deux femmes galantes qu'il a introduites dans son tableau, et il fait passer celle qui est le principal personnage parles dégoûts les plus cruels et les plus humiliants. Mme Dupuis est en visite chez la présidente ; elle lui demande si le président s'occupe du mariage projeté entre la fille du magistrat et l'héritier des Dupuis. Puis la voilà jasant, discourant, décidant sur les aifaires intimes de la présidente. Elle l'engage à congédier sou petit abbé, sans sou ni maille, pour s'attacher à un amant sérieux, par exemple le petit prince allemand dont elle a commencé l'éducation. M1»6 Dupuis ne met aucune méchanceté à ses officieuses remontrances ; la présidente aurait la partie belle à jeter des pierres dans son jardin. Celte dernière ne sait trop comment se tirer de la situation ; elle tient à l'abbé, et elle juge nécessaire de rompre avec lui ; d'autre part, l'abbé est le neveu et le successeur auprès de la présidente d'un vieux milord qui doit léguer sa fortune à la fille du président. Milord croit être le père de la jeune personne. L'ubbé , survenant au beau milieu de cette crise intérieure, met maladroitement tous les torts de son côté ; il rend les lettres reçues ; c'est lui qui a rompu le premier. Le dépit ravive l'amour de la présidente, et la possession de ses lettres relève sa fierté. Le mari tombe là en pleine querelle; sur ses instances réitérées, l'abbé veut tout conter au président; la femme s'y oppose; le président ajourne a huitaine la confidence et annonce à sa femme son intention de marier leur fille à l'abbé, devenu capitaine de dragons et légataire universel de milord. La femme, fort embarrassée, invoque toutes sortes de raisons pour démontrer l'impossibilité de ce mariage. Le président enrage etsortavec l'abbé, qui va faire un déjeuner aux huîtres; milord vient s'expliquer avec la présidente. M""> Dupuis accourt pour demander raison d'un manque de parole que rien ne justifie; sa pétulance familière et indiscrète contraste agréablement aveu la lourdeur et l'imbécillité du gros Anglais. L'abbé rentré avec une pointe d'ivresse joyeuse et bavarde ; le président, tout à fait ivre, le suit ; la présidente cède la place aux deux amis. L'abbé, voyant que son compagnon a le vin triste, s'avise de vouloir l'égayer par une singulière confession. De fil en aiguille, il démontre bu président qu'on a fait de lui un Sganarelle et qu'il doit cet honneur à lui, l'abbé. Ces aveux dissipent l'ivresse du mari, dûment convaincu. Mais la présidente a tout entendu; sa défense est prête; elle retourne contre l'abbé ses batteries; Hère et pure, elle pardonne à son mari. Les deux époux conviennent de marier leur . fille au jeune Dupuis- Cette peinture de la société élégante au temps de Louis XV est naturelle et vraie; c'est un tableau d'une gaieté originale et franche, plein d'esprit, de verve et u'eutraiu comique. La seene d'ivresse entre l'abbé et le président e.^t excessivement plaisante. Si cette pièce à la vive allure pèche par la licence des idées, elle se fait absoudre par le mente du style.
Vérité «uapecie (la), comédie espagnole
d'Alarcull. V. MENTEUR.
Vérité (la). Il a été publié une infinité de journaux sons ce titre. Nous citerons seulement : la Vérité ( 1790) ; la Vérité en riant, en vaudevilles (1790); la Vérité maîtresse d'école des vrais sans-culottes (1790) ; la Vérité pour le peuple, la Vérité toute nue, également de 1790 ; la Vérité, journal de la cour et de la ville (1827); la Vérité démocratique, par A. Warin (1848) ; la Vérité, par Pin to, organe de la philosophie libertiste (1850) ; la Vérité sans chemise (1850); la Vérité pour fous (1857), parle fameux pamphlétaire Eug. de M. recourt. Eu 1871, il a été également publie à Paris un journal de ce nom, qui fut supprimé par l'étal de siège en 1872.
Vérité, lconogr. Dans son Dictionnaire iconoloyique (1779), de Prézel donne les indications suivantes au sujet des différentes manières dont on a représenté la Vérité. « Elle est représentée presque nue, avec un soleil au-dessus de la tête ou sur la poitrine. La Vérité a un soleil, parce qu'elle esi amie de la lumière ou plutôt parce qu'elle est elleîuèmo la lumière qui écarte les nuages de l'erreur. Lorsqu'on lui a fait tenir une palme, on a voulu marquer que la Vérité est toujours triomphante. On lui a aussi donné un miroir, et ce symbole lui convient très-bien, parce que, ainsi que le miroir, ede nous présente le» objets tels qu'ils sont. ■ Nous consacrons ci-apres un article spécial au laldeau dans lequel un artiste contemporain, M. Jules Lefebvre, a représenté la Venté sortant d'un puits et élevant au-dessus de sa tête un miroir. En 1562, Jobst Amman a gravé sur bois
le Temps retirant la Vérité de l'abîme de l'obscurité. Une composition d'Antoine Coypel, la Vérité retirée du puits par Minerve, a été gravée en 1715 par L. Desplaces. On trouvera au mot temps la description du célèbre tableau de N. Poussin, le Temps dérobant la Vérité aux atteintes de l'Envie et de la Discorde, et celle du tableau de Rubens, le Temps faisant triompher la Vérité religieuse. Un autre tableau de Rubens, le Triomphe de la Vérité, fait partie de la série des peintures relatives à Marie de Médicis: on y voit la Vérité, soutenue par le Temps et s'élançant vers le ciel, où Marie de Médicis et Louis XIII se réconcilient. Ce tableau a été
fravé par A. Loir et dans le recueil de Lanon (III, pi. 65). Une peinture de D. Parodi, le Temps découvrant la Vérité, décore la voûte d'une des salles du palais royal à Gênes. Le même sujet a été peint par G. de Ferrari dans une salle de l'ancien palais Doria (aujourd'hui palais du Municipe), dans la même ville. Des estampes représentant le Triomphe de la Vérité ont été gravées par Benoit Audran (d'après A. Dieu), par B. Dietterlin, etc. Un sculpteur contemporain, M. Ottain, a exposé au Salon de 1870 une figure de marbre, la Vérité s'élevant au-dessus des nuages et se dégageant des voiles qui l'enveloppent. » M. Prouha a sculpté la Vérité vengeresse (Salon de 1861) ; M. Taluet, la Vérité chassant la Calomnie ( fronton du théâtre d'Angers) ; M. J. Félon, la Vérité et l'Histoire (façajle du nouveau Louvre). Des statues de la Vérité ont été exécutées aussi par le Bernin (tombeau du pape Alexandre VII, à Saint-Pierre de Rome), Auguste Dumont (au Palais de justice de Paris), Cavelier (v, ci-après). L'abat-voix de la chaire à prêcher de l'église Saint- Roch, à Paris, est surmonté d'une sculpture de Challe qui représente la Vérité catholique écartant le voile de l'Erreur. Cochin a dessiné, pour le frontispice de Y Encyclopédie du xvm° siècle, une composition représentant la Vérité aux prises avec la liaison et l'Imagination. « Audessous de ce groupe, dit Diderot (Salon de 1765), une foule de philosophes spéculatifs; plus bas, la troupe des artistes; les philosophes ont les yeux attachés sur la Vérité ; la Métaphysique orgueilleuse cherche moins à la voir qu'a la deviner; la Théologie lui tourne le dos et attend la lumière d'en haut.»
Vérité (la), tableau de M. Jules Lefebvre ; au inusée du Luxembourg. La déesse a pour temple le fond d'un puits aux pierres verdissantes et disjointes, où s'accrochent çà et là quelques plantes, et où tremble dans une flaque d'eau un vague reflet de la lumière d'en haut. Nue et frissonnante, elle attend, les pieds dans l'eau, qu'il plaise à quelque sage ou à quelque rêveur de venir se pendre à la corde du puits et ramener le seau sur la margelle. Le bras gauche, replié contre le corps, se rattache de la main à la corde ; la main droite, élevée au-dessus de la tète, tient un miroir de métal d'où jaillit une lumière blanche qui éclaire les seins fermement accusés. « Sur le fond sombre de la muraille humide, dit Th. Gautier, l'artiste a découpé en blancheur le corps sculptural de sa ligure. Le mouvement du bras droit détermine une grande ligne onduleuse, qui va du poignet au talon et donne une tournure grandiose et majestueuse à la déesse. Des cheveux d'un châtain roux, tombant par masses opulentes, glissent sur les épaules après avoir soutenu de leur ton vigoureux la pâleur morte du visage, auquel M. Lefebvre a imprimé une expression sérieuse et presque triste. Le corps est idéalisé non pas jusqu'à la convention, mais juste ce qu'il faut pour faire comprendre qu'on a devant soi une allégorie, biais une temme simplement déshabillée, plus de détails devraient rappeler la vie, mais la tête est tout à fait réelle et fait même naître l'idée d'un portrait. ■ Suivant M. Paul de Saint-Victbr, il y aurait quelque puérilité à représenter la Vérité dans un puils, et ce sujet, en tout cas, seraitpeu digne de la grande peinture ; ce critique s est montré d'ailleurs fort sévère pour la ligure de M. Lefebvre. Il a reproché aux ligues de manquer de beauté; aux jambes, d'être incorrectes ; aux hanches, de décrire une courbe violente ; à la tête, de n'avoir pas le caractère auguste, élémentaire, héroïque, qui convient à un être abstrait incarné. Le jugement émis par M. Marius Chaumehn (l'Art contemporain, p. 384) fait la part des défauts et celle des qualités : • La longue ligne que le corps décrit du côté droit est élégante et hardie. Lescarnations sont modelées avec beaucoup de finesse, mais elles sont d'une couleur absolument fausse : le sang ne court pas sous l'épiderme. La tète est assez vivante, mais elle est dépourvue de tout caractère idéal ; c'est le portrait d'une femme qui n'est pas laide, ce n'est pas le type auguste, surhumain de la Vérité immortelle. »
Le tableau de M. Lefebvre a'été popularisé par la gravure, la lithographie et la photographie.
Vérité (la), statue de marbre de M. Cavalier ; au musée du Luxembourg. Debout, le fiont surmonté d'une éloile d or, la Vérité élève, du la main droite, un miroir où tous peuvent se voir tels qu'ils sont, beaux ou laids, puis ou infâmes. De sou bras gauche replié, elle rejette eu arrière sa draperie et se découvre aux hommes dans toute son imposante nu-
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dite. Cette statue a été exposée au Salon de 1853 et a reparu à l'Exposition universelle de 1855. Elle a été diversement appréciée. « La Vérité de M. Cavelier, a d:t Th. Gautier, est une grande femme, d'une beauté saine et robuste.. Rien de voluptueux dans cette nudité austère. Elle offre avec candeur à la pure lumière du jour sa beauté froide, lavée dans l'eau crue du puits, son séjour habituel, et se présente aux hommes sans intention de les séduire. Sa tranquille fierté, sûre de vaincre avec le temps, ne cherche pas de molles poses, de provocantes attitudes. En modelant cette figure, M. Cavelier parait s'être souvenu de la célèbre définition de Platon : « Le beau » est la splendeur du vrai; » car il a fait entrer dans l'idéal indispensable au marbra une plus forte proportion de nature que la statuaire ne le comporte ordinairement. » M- About a reproché à cette statue d'avoir trop de roideurdans sa pose et trop peu de fermeté dans sa chair, de porter son miroir comme* pour le planter dans le ciel, d'avoir des draperies tiraillées et des formes peu arrêtées. Suivant M. Du Camp, le mouvement de la figure, d'une extrême simplicité, est bien compris et ne laisserait rien à dévirer si la tête de la statue n'était d'une inintelligence manifeste; vue de profil, la statue est réellement belle ; mais, de face, elle paraît épaisse et comme engorgée des pieds k la tête; la draperie est lourde. Malgré ces défauts, cette œuvre a de la grandeur et du style.
VERJURE s. f. (vèr-ju-re — rad. verge). Techn. Inégalité des fils d'une étoffe. Il V. vkrgeure, qui est la vraie orthographe.
VERJUS s. m. (vèr-ju — de vert, et de jus). Vilic. Variété de vigne à fruit âpre et acide; fruit de cette vigne : Planter du verjus. Ceuiltir du verjus. Verjus confit. Verjus à l'eau-de-vie. Dans bien des pays, on se sert de raisin vert en guise de verjus. (V. de Bomare.) Le suc de verjus n'est pas difficile à préparer. (Parmeiuier.)
— Suc acide que l'on tire du verjus ou da tout autre raisin qui est cueilli vert : Sauce au verjus. Cerneaux au verjus.
Sentez -vous le citron dont on a mis le juB, Avec des jaunes d'œufe mêlés dans du verjus ?
Bon.E&tJ.
— Raisin cueilli encore vert : Ne manges pas cette grappe de raisin, c'est du vkrJBS. (Acad.) u Vin extrêmement aigre : Ce n'est pas du vin, c'est du verjus.
— Loc. fam. Etre aigre comme verjus, Etre fort acariâtre :
Sa femme était aigre comme un verjus; Mais, entre nous, la vôtre l'est bien plus. Voltaire.
!l Mettre quelqu'un à la pile au verjus, Se répandre en médisances sur son compte. Il C'est jus vert ou verjus, Se dit de deux choses entre lesquelles il n'y a aucune différence, verjus signifiant jus vert.
— Encycl. Le raisin ne produit pas seulement du vin ; avant sa maturité, on peut en extraire un suc acide auquel on donne le nom de verjus et qui entre dans la préparation d'un grand nombre de mets, préférablement au vinaigre; ainsi, dans la fabrication des moutardes de premier ordre, il donne à la pâte cette saveur que l'on n'obtient jamais avec le vinaigre; dans certaines cuisines, il remplace le jus de citron ; enfin, on en préparé des conserves cunnues également sous le nom de verjus. Le verjus se fait le plus communément avec des raisins verts cueillis dans les vignes après les vendanges, ei dont la maturité est tardive ; d'autres proviennent de treilles spéciales, dont le raisin ne mûrit pas dans la région où il est planté. On en exprime le jus, soit sous un pressoir, soit à l'uide d'un mortier. Ce jus repose quelques jours dans des cuvettes; là il se purge, soit en bouillant comme du moût , suit en écumant , et lorsqu'il a bien rejeté ses parties malpropres, on le me#dans une futaille qui est exclusivement destinée à cet usage, et où il se conserve longtemps si l'on a soin d'y mêler un peu de sel. Le verjus de pommes s'exprime et se conserve de la même manière; cependant on écrase le plus souvent ces fruits sous un moulin, et leur produit veut être écume et salé. Le sel que l'on jette dans le verjus pour la conservation de ce aernier serait insuifiiant, si on n'avait pas la précaution de couvrir ia surface du liquide d'une légère couche d'huile. Voici une recette qui permet de le conserver presque indéfiniment :
On expose, sur plusieurs assiettes de faïence bien vernissées, le verjus au soleil jusqu'à ce qu'il soit desséché ; l'extrait qui en resuite, conservé dans des bouteilles bien fermées, peut, dans toutes les saisons et à la dose de quelques decigranimes, communiquer la saveur agréable du verjus à tous les mets qui en comportent ordinairement l'emploi.
Pour avoir pendant toute l'année des verjus plus délicats que les précédents, on conserve des raisins verts dont on ne tire la liqueur qu'au fur et a mesure des be&uins. Ces raisins se conservent parfaitement dans la lie du verjus de raisin ; pour mieux les préserver de la corruption, ou les sale à haute dose et on se garde soigneusement de toucher jamais dans le vase avec la main, avec du fer ou du cuivre ; mais on les tire du
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liquide à l'aide d'un crochetde bois ou d'instruments d'argent. Le raisin le plus propre à cette opération est Yaygras du Languedoc, que Pline appelle la vigne insensée, et auquel on donne, entre autres noms, ceux de bourdelas, de verjus, de poumestré et de bumasta.
Ses belles grappes n'atteignent presque jamais, sous nos climats, qu'une demi-malurite ; mais, dans le Midi, elles mûrissent parfaitement et elles deviennent même assez agréables à manger. M. le comte Odart, qui l'a étudié, dit, dans son Ampélographie ; « Toutes les parties de ce cépage annoncent une vigoureuse végétation , ses forts bourgeons, ses volumineux fruits à gros grains oblongs, ses amples feuilles; aussi son aspect me semble-t-il la meilleure démonstration de la vanité de cette opinion de quelques savants, de la dégénération progressive, de l'affaiblissement et même de l'extinction des espèces fruitières. »
Les anciens fabriquaient le verjus d'une autre façon que nous. Ils avaient coutume d'exposer les raisins non mûrs au soleil pendant quelques jours, et d'en exprimer en- Suite le jus dans des cuves où on le laissait à découvert jusqu'à ce qu'il se -fût épaissi. Dioscoride, qui en faisait un grand usage, en recommande l'emploi pour les maladies de la gorge et des gencives. Ce même verjus constituait une sorte de vin antipestilentiel ; mais les anciens ne semblent point avoir employé ce suc k relever leurs ragoûts. Chez nous, le verjus remplace le vinaigre et tient le milieu entre cet acide et le jus de citron. A la campagne, dans les pays vignobles, on n'emploie même jamais le vinaigre tant que dure la première maturité du raisin ; on extrait le verjus de grappes que l'on coupe a la vigne, et cet acide communique aux mets une délicatesse que le vinaigre ne possède pas.
VERJUS (Louis de), comte dk CrÉCY, diplomate français, né à Paris en 1629, mort en 1709. Pendant les guerres de la Fronde, il seconda le cardinal de Retz et devint ensuite secrétaire du cabinet du roi. Après avoir rempli une mission en Portugal, il fut envoyé (lt>69) en Allemagne pour négocier l'alliance des princes protestants contre la maison d'Autriche, assista à la diète de Ratisbonne (1679), où il se distingua par une habileté consommée, et concourut (1697) au traité de Ryswick, qui rendit la paix à I Europe. Ce traité, qui faisait cesser l'effusion du sang et qui préparait la succession d'un fils de France au trône d'Espagne, fut cependant reçu par l'opinion publique comme un affront à la dignité nationale; et Verjus, ainsi que les autres plénipotentiaires français, qui n'avaient cependant agi que d'après les inspirations du souverain, furent accablés d'épigrammes et de raillerie-;. Au milieu de ses graves occupations, ce diplomate n'avait cessé de cultiver les lettres, et l'Aacadémie le reçut au nombre de ses membres en 1679. On a de lui quelques pièces dans les recueils du temps. On lui a attribué une Uëfiitalion d'un libelle adressé à M. te prince d'Osnubruck (Paris, 1674) ; c'est une réponse piquante à i'ecrit intitulé la Sauce au Verjus, par le baron de Lisola, ambassadeur -d'Autriche, avec lequel il avait eu de vifs démêlés lors de sa mission en Allemagne.
VERJUS (Jean de), prédicateur français, frère du précédent, né en 1630, mort en 1663. Il montra, dès son enfance, un goût des plus vifs pour les études sérieuses, fut reçu, fort jeune, docteur en Sorbonne et ne tarda pas à se ranger paimi les prédicateurs les p. us renommes de son époque. Il était conseiller et aumônier du roi, lorsqu'il fut enlevé par une mort prématurée. — Son neveu, François de Verjus, prêtre de l'Oratoire et plus tard évêque de Grasse, publia, sous le titre de Panégyriques de M. de Vrrjus (Paris, 1664), un recueil que son oncle avait laissé manuscrit et qui renferme des éloges de la sainte Vierge et de plusieurs saints, des discours, un panégyrique de saint Louis, en latin, et dh erses autres pièces françaises et latines.
VERJUS (Antoine de), théologien français, frère' ides précédents, né à Paris en 1632, mort en 1706. Il entra, en 1651, dans la compagnie de Jésus, professa les humanités au collège de Quimper, suivit, en 1672, son frère en Allemagne et devint, plus tard, directeur des missions françaises du Levant, dont il activa le développement par tous les moyens qui étaient en Sun pouvoir. Ou a de lui ; Vie de Michel Le Nobteiz (Paris, 1666, in-8») ; Sélects orationes puneyyricx patrum societatis Jesu (Lyon, 1667, 2 voi, in 12); Vie de saint François de Borgia (Paris, 1672, in~l°).
VERJUTÉ, ÉE (vèr-ju-té) part, passé du v. Verjuter. Préparé au verjus : Sauce ver-
JUTEE.
— Acide comme du verjus : Vin blanc
VERJUTÉ.
VERJUTER v. a. ou tr. (vèr-ju-té — rad. verjus;. Assaisonner avec du verjus : Verjuter un»-sauce. Verjuter des cerneaux.
VËRKER s. m. (vèr-kèr). Jeux. Sorte ûe trictrac allemand, introduit en France sous la Régence, et appelé aussi back-Gammon.
VEKKHOTOUHIÉ, ville de Russie, #ou-
VERL
▼ernement et à 671 kilom. N.-E. de Perm, sur la Toura; 3,200 hab. Forges, tanneries; mines rie cuivre et d'or ; commerce actif avec l'Asie. Les environs produisent peu de blé, mais les fruits de cèdre ycroissent en grand nombre; on les récolte pour les envoyer dans l'intérieur de la Russie et pour en faire une huile'fort agréable au goùt.Cette ville a été bâtie par les ordres du czar Fédor 1er Ivanovitch.
VERKOL1E (Jean), peintre hollandais, né à Amsterdam en 1650, mort à Delft en 1693. Il était fils d'un serrurier et exerça lui-même cette profession pendant son enfance. Une blessure qu'il se fit à la jambe le retint pendant trois ans au. lit; sa seule distraction, pendant cette longue maladie, était de copier des images et des estampes. Ce fut ainsi qu'il devint peintre. Rendu k la santé, il étudia avec ardeur, reçut pendant six mois seulement les leçons de Lievens et peignit un grand nombre de portraits, quelques morceaux d'histoire, des assemblées, des fêtes, etc. Sou dessin est correct, sa couleur harmonieuse et sa composition pleine de charme et de grâce. Il a aussi gravé à la manière noire, art dans lequel il s'était formé presque sans maître, comme dans la peinture. Le Louvre possède de lui un tableau qui représente une scène d'intérieur.
VERKOL1E (Nicolas), peintre flamand, fils du précédent, né à Delft en 1673, mort dans la même ville en 1746. 11 s'est également distingué comme peintre et comme graveur. Il a composé, entre autrns tableaux, des Scènes de nuit qui sont d'un effet saisissant. Le Louvre possède de lui Proserpine cueillant des fleurs pendant que Plulon se prépare à l'enlever. Ses dessins à l'encre de Chine et a la plume sont aussi très-recherchés.
VERI.AC (Bertrand), littérateur français, né à Montpellier en 1757, mort en 1819. Peu d'hommes ont eu une existence aussi agitée que la sienne. Successivement professeur d'anglais au collège de la marine de Vannes, avocat au présidiiil de Nîmes, commis au bureau des colonies, à l'époque où Monge était ministre de la marine, professeur à l'école centrale de Vaucluse (1797) et, enfin, commissaire de police k Bois-le-Due (1810), puis a Anvers, il fut arrête bientôt après comme coupable d'avoir écrit des satires contre l'empereur; mais le manuscrit de ces pièces de vers n'ayant pas éié découvert, on se contenta de l'exiler k Airas. Aprèslesévénements de 1814, il revint à lJuris et y fit imprimer ses satires contre Napoléon; mais effrayé, bientôt après, par le retour de l'empereur, il se réfugia à Gand , rentra en France à la seconde Restauration et finit par mourir k l'hôpital. Nous citerons, parmi ses écrits : Poèmes et poésies (Nîmes, 1782); Moyens de se perfectionner dans la connaissance de la langue française (178G); la Voix du citoyen (1789); Hnmonn et Corbett (1789, 2 vol. in-12); deux Mémoires à l'Assemblée nationale (1790), relatifs au Nouveau plan d'éducation pour toutes les classes de citoyens, que Veiluc avait traduit du docteur Price (1790); Observations sur le nouveau système monétaire et réfutation du mémoire de l 'exministre Claviére relatif à son projet d'une nouvelle refonte des monnaies (1793, in-8°); Relation de mes voyages- (1814); Jiègne de Bonaparte, quatorze satires en vers fraitçais, par un imitateur de Juvéual, recueil qui, malgré son titre, ne contient que sept satires (181 4) ; Histoire de mes voyages en France, en Hollande, en Belgique et en Angleterre (Bruxelles, 1815, m-8u), etc. Verlac avait, en outre, traduit de l'anglais les Observations sur les princes d'Aikin, la Morale naturelle ramenée aux principes de la physique de Bruce, la Connaissance de soi-même de Mason, etc.
VERLAT (Charles), peintre belge, né kAn-* vers en 1824. Elève de M. de Keyser et de l'Académie des beaux-arts d'Anvers, il s'adonna k la fois à la peinture d'histoire et à celle de genre, puis s'occupa d'une façon toute particulière de représenter, des animaux. Plusieurs tableaux de lui, notamment le Tintoret instruisant sa fille et les Deux amis, avaient commencé à le faire connaître dans son pays, lorsqu'il se rendit k Paris pour y perfectionner son talent et finit par s'y fixer. Au Salon de 1848, il exposa Deux loups se disputant une proie et une Elude arabe; en 1852, Gérard Uov dans l'atelier de Bcubrandt ; en 1853, Bûcheron attaqué par un ours. Buffle surpris pur un tigre; ces tableaux furent remarqués et lui valurent une 3U médaille. A l'Exposition universelle de 1855, M. Verlat affirma son talent par plusieurs tableaux : Gndefroy de Bouillon à l'assaut de Jérusalem; Jlenard guettant des perdreaux ; Canard échappé; Chien et chat. Ces scènes d'animaux, prises sur le vif et fort bien peintes, lui firent décerner une 2= médaille. Il a exposé depuis : Chevaux français gros percherons ; Un coup de'collier; ie Chant du matin ; lu Passage dangereux; lu Pienurd et les raisins (1857); Chien de bei\ger défendant son troupeau contre un aigle; Chasse au chevreuil; Convoitise (1859); Au loupt (1861), un de ses meilleurs tabieaux ; le Mauvais réveil; Une Singerie; Chasse aux faisans (1863); Taureau se défendant contre des loups; Un froid de chien (1864) ; Bertrand et Maton; Vierge (1865); C'3*se aux
VERM
chiens lévriers dans les bruyères; Plus lourd que l'air (1866); le Christ mort au pied de la croix; la Vierge et l'Enfant Jésus, etc., à l'Kx position universelle de 1867; la Sainte Famille; Un jour de deuil (1868); Chien en arrêt (1869). Depuis cette époque, M. Verlat n'a plus rien exposé k nos Salons de peinture. Cet habile artiste, qui a obtenu une médaille de l'e classe à Bruxelles, est officier de Tordre de Léopold et membre de la Légion d'honneur (1868).
VER LE s. f. (vèr-le — du îat. virgula, diminutif de virga, verge). Sorte de jauge servant k mesurer les capacités.
VERLION s. m. (vèr-li-on — de ver, et de lion). Entoin. Genre d'insectes diptères, de la famille des brachystomes, tribu des leptides, dont l'espèce type habite le centre et le midi de la France.
— Encycl. Le verlion est un insecte d'un gris brunâtre, avec quatre bandes sur le thorax. On le trouve dans le centre et le midi de la France. Il dépose dans la terre ses œufs, qui sont blancs, allongés et arqués. La larve qui en sort est mince, cylindrique et susceptible de s'infléchir dans tous les sens; elle vit de proie et se creuse dans le sable de petits entonnoirs. Pour cela, elle courbe et débande ensuite son corps comme un ressort, et rejette ainsi le sable ou la terre sèche k l'extérieur. Dès qu'un insecte tombe dans ce trou, elle relève brusquement la tête, entoi tille sa proie et la dévore; puis elle en rejette la dépouille. Ses ipœurs rappellent ainsi celles du fourmi-lion. Elle vit' trois ans avant de se transformer en nymphe,
VERLUSIE s. f. (vèr-lu-zî). Entom. Genre d'insectes hémiptères héléroptères , de la tribu des conides, dont l'espèce type est commune en France.
VERMAND, bourg de France (Aisne), cheflieu de cani., arrond. et à 12 kilom. N.-O. de Saint-Quentin, sur un petit, ruisseau; pop. aggl., 861 hab. — pop. tôt., 1,238 hab. Vermand est une localité fort ancienne, qui doit son origine à un camp romain, .dont on voit encore de beaux restes presque au centre du village. L'enceinte <ie ce camp, un des mieux conservés dans toutes sei parties et classé au nombre des monuments historiques, est une ellipse assez régulière, dont le grand axe est d'environ 500 mètres. Dans l'église paroissiale de Vermund, on reniai que de beaux, fonts baptismaux. Les Allemands y furent battus par le général Faidherbe le 18 janvier 1871.
VERMANDOIS, en latin Pagus Vermandensis ou Veromanduofum Ager, petit pays de l'ancienne France, dans la Picardie, au N.-O. de la Thiérache. Il avait pour chef-lieu Saint- Quentin et pour ville principale Vertnand, qui donna son nom au pays. Habité, sous les Romains, par les Véromanduens, ce pays fut érigé en comté par Charlemagne, eu faveur de son deuxième fils, Pépin, roi d'Italie, dans la famille duquel ce comté resta jusqu'à la fin du xte siècle. A cette époque, il passa à diverses familles, et, en 1185, Philippe-Auguste s'en empara et le réunit au domaine de la couronne. 11 est aujourd'hui partagé entre les départements de l'Aisne et de la Somme.
VERMANDOIS (Héribert ou Herbert 1er, comte dk), mort en 943. Il descendait de Pépin, roi d'Italie, deuxième fils de Charlemagne, et appartenait ainsi à la maison royale de France. Il vengea sur le comte de Flandre le meurtre de son père (902), entra dans la conjuration des grands vassaux contre Charles le Simple, attira, après la bataille de Soissons, ce malheureux prince dans son comte de Vermandois, s'empara, par une indigne trahison, de sa personne et le conduisit prisonnier à Château -Thierry. Le roi Raoul, auquel il avait rendu de grands services, lui refusant l'investiture du comté de Laon, il le menaça de tirer Charles de^rison et le conduisit, en effet, au château d'Eu, où les seigneurs normands vinrent lui prêter hommage. Raoul, effrayé, consentit k la demande d Herbert, qui renferma alors son royal prisonnier k Péronne, où il mourut en 929. Plus tard.il se déclara pour Louis d'ûutre-mer contre Hugues le Grand, puis changea de nouveau de parti, an gré de ses intérêts, et perdit une partie de ses Etats, qu'il se préparait k reconquérir lorsque la mort l'enleva.
VERMANDOIS (Raoul, comte de), dit le Vnillniu. lils de Hugues de France, petit-fils de Henri 1er, roi de France, né vers 1094, mort en 1152. Il soutint Louis le Gros dans sa lutte contre les grands vassaux, emporta d'assaut (1112) le Puiset, après avoir vaincu Thibaut, comte de Blois, qui défendait cette forteresse, et eut l'œil percé d'une flèche k l'assaut du château de Livry (1130). Elevé l'année suivante à la dignité de grand sénéchal, il partagea dès lors les soins du gouvernement avec Suger, C'est. à lui que fut confié le commandement des troupes laissées en France lorsque Louis le Jeune partit pour la deuxieme'cruisade. L'histoire lui reprocha d'avoir dépouille sa sceur du comté d'Amiens et a noté le scandale de son divorce; mais, sur la tin de sa vie, Raoul acheta l'absolution de l'tëglise par ses libéralités.
VERMANDOIS (Louis de Bourbon, comte dk), lils naturel de Louis XIV et de la du-
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chesse de La Vallière, né à Paris en 1667, mort h Courtray en 1683. Légitimé en 1669 et nommé amiral de France la même année, en remplacement du duc de Beaufort, il fit sa première et son unique campagne en 1683 et succomba peu de temps après « à une indigestion d'eau-de-vie,» a dit M"«.du Montpellier. L'histoire n'aurait point retenu le nom de ce prince, si un libelle, publié à Amsterdam en 1745, n'avait voulu le faire passer pour le personnage mystérieux, connu sous le nom de Masque de fer. Cette fable a été victorieusement réfutée par Sainte- Foix et par une foule d'autres historiens.
VERME (Jacob), condottiere italien, né k Vérone vers le milieu du xivo siècle. En 1376, il s'enrôla dans les bandes d'Albéric deBarbiuno, puis il entra au service de Galéas Visconti, qu'il servit avec autant de bravoure que de fidélité. Ce prince, en mourant, le désigna pour faire partie du conseil de régence pendant la minorité de ses fils. En 1404, Verme se rendit k Venise et reçut le commandement de l'armée de la république qui combattit François de Carrare. 11 fit ce dernier prisonnier, et, comme il avait contre lui une haine implacable, il demanda au conseil des Dix de le meure à mort, ainsi que sa famille. — son fils Thuddèe Vekmb, acquit également une assea grande réputation Connue condottiere.
VERMEIL, EILLE adj. (vèr-mèll, è-lîe; Il mil. — ou lat. oermiculus, dimin. de vermis , proprement petit ver, puis teinture écarlate, cochenille. Le mot s'est appliqua surtout à la couleur que l'on donne k l'or pour rendre son feu plus vif, et qui est composée en grande partie de vermillon, puis k l'argent doré). Q ii est d'un ro-'ge un peu plus foncé que l'incarnat : Rose viCRMliiLLE. Teint vermbil. Buuche vermkillk. Lèvres viiRMiiii-LKS. Souvent le fruit que l'insecte a piqué ou que le bec de l'oiseau a entamé est le plus vermeil ou le plus savoureux. (G. Sand.)
Ces chanoines vermeils et brillants de santé S'engraissaient d'une longue et sainte oisiveté.
Boileau.
Certain renard gascon, d'autres disent normand, Mourant presque de faim, vit au haut d'une treille Des raisins, Htiûrs apparemment, Et couverts d'une peau vermeille.
La Fontaine.
— Chir. Plaie vermeille, Plaie dont les chairs sont d'un beau rouge, au lieu d'être livides.
— Techn. Vernis vermeil ou substantiv, Vermetï, Vernis rouge qu'on emploie pour donner de l'éclat aux dorures.
— s. m. Argent doré ; Vase en vermeil. Service en vurmkii,.
— Annél. Nom vulgaire du lombric.
— s. f. Miner. Vermeille occidentale, Grenat pyrope. U Vermeille orientale, Télésie. Il
- Vermeille hyacinthe, Espèce de zircon.
— Econ. rur. Terrain où il y a beaucoup de vers.
— Encycl. Pour transformer l'argent en vermeil, on la dore ordinairement avec un amalgame d'or et de mercure, dans la proportion de 8 grammes d'or et de 30 grammes de mercure. Nous indiquons d'autres procédés dans notre article dohurk de l'argent.
VERMEIL, aventurier français qui vivait au xvue siècle. 11 était originaire de Montpellier, servit d'abord en Hollande, où il acquit uans la défense des places des connaissances qu'il utilisa, en 1622, au siège de Montpellier, Il partit ensuite pour l'Orient dans l'intention d'y temer les hasards du commerce ; n'ayant pas réussi dans ses affaires à Constautinople, il se rendit en Ethiopie et gagna les bonnes grâces de l'empereur de cette contrée par lacounaissance qu'il avait des pierreries, ainsi que par ses connaissances en artillerie. U reçut de ce prince le commandement d'une armée de 10,000 hommes, avec laquelle il remporta une grande victoire sur un prince voisin. En récompense, l'empereur d'Ethiopie le nomma son premier ministre et général en chef de ses armées. Vermeil continua k jouir de la faveur de son souverain jusqu'à sa mort, arrivée vers le milieu du xvu® siècle.
VERMEILLE (mer) , nom sous lequel on désigne fréquemment ie golfe de Californie (Amérique du Nord), dans l'océan Pacifique. Elle est située entre la Nouvelle-Californie au N.-E., la Vieille-Californie à l'O. et la Sonora et le Cinaloa à l'E., par 23°-320 30' de latit. N. et par 109° 40'-117u 87' do longit. O. La mer Vermeille a environ 1,200 kilom. du N. au S. et une largeur moyenne de 140 kilom. Son entrée, entre le cap Palmo à l'O. et le port Mazatlan à l'E., a environ 150 kilom. Ses côtes sont dentelées et (accidentées. Elle reçoit au N. le rio Colorado, k l'E. le rio Hiaqui, le rio Mayo et le rio del Fuerte, Dans ses eaux profondes, on trouve un grand nombre d'îles, dont les plus importantes sont San-Ignacio, Santa-ineZ, Tiburon, Sau-Fiaucisco, Carmen, S.ui-Jose. Ou s'y livrait jadis k la pêche des perles sur la plus vaste échelle ; mais cette pécbe a beaucoup diminué d'importance. La mer Vermeille, ou golfe de Californie, fut découverte en 1532. L année suivante, Feruand Coriez l'explora entièrement, ce qui lui lit donner le nom de mer de Cortez,
VERM
VERMEILLER s. m. (vèr-mè-llé ; U mil. — rad. vermeil), Annél. Nom vulgaire du lombric ou ver de terre.
VERMEtREN (Augustin), fabuliste flamand, né k Dendermonde en 1656, mort k Bruges, où il était prieur du couvent des Cannes, en 1703. Il a laissé sous ce litre : la Fabuliste moral (Gand, 1710, tn-4»), un recueil de fables, en vers flamands, imitées de* celles d'Esope, de Phèdre et de La Fontaine.
VERMEJO (rio) ou RIO-GIUMDE, rivière de l'Amérique du Sud. Elle naît dans la Bolivie.au N.-O. deTarija, coule k l'E.-S.-E., au S., puis de nouveau à i'E,-S.-E. et se jette dans le Paraguay, au-dessus de son confluent avec le Parana, après un cours d'environ 1,000 kilom. Ses principaux affluents sont le Dorado, le San-Lorenzo, etc.
VERMENTON , petite ville de France (Yonne), ch.-l. de cane, arrond. et k 23 kilom. S.-të. d'Auxeire, sur la rive droite de la Cure; pop. aggl., 1,974 hab. — pop. tôt., 2,332 hab. Commerce de vins et de bois; construction des trains de bois qui descendent à Paris par l'Yonne et la Seine. Celte ville, agréablement bâtie au pied d'une colline, possède une belle église paroissiale, construction gothique du XIe siècle; l'une des deux tours qui surmontent la façade est fort remarquable. Aux environs se trouvent les célèbres grottes d'Arcy. V. ce mot.
VERMER1A, nom latin de Verberie.
VERMERSCH (Eugène) et non VËRMËSCH,
journal. s e, né k Lille eu 1845. Il fit sus études dans sa ville natale et envoya k l'Echo du Nord des pièces de vers qui annonçaient un talent gracieux et facile. Etant venu à Paris pour y suivre les cours de l'Ecole de médecine, il ne tarda pas k renoncer k la carrière médicale et se tourna entièrement vers les lettres. Il eollubora alors k divers journaux du quartier Latin, lit paraître quelques brochures, quelques petits recueils de vers, devint, en 1SS6, rédacteur en chef du Hanneton, journal des toqués, et y publia sous ce titra : les Hommes du jour, mie série de portraits en vers et en prose, esquisses légères et rapides, spirituellement crayonnées et qui eurent du succès. Voici, pour en donner une idée, le portrait de Courbet :
11 entre ! le voilà, superbement coiffa1 D'un large panama qu'il pose h la patère. Il fait, Q Moniaignac, tressaillir ton cafél Dtus .' cece Deus! Tremble sous son pas, terre!
Veimersch écrivit également dans le Figaro, où il continua k faire des portraits en prose plus développés, mais non moins piquants. Le due de Brunswick, se croyant diffamé par un des articles de Vermersch, intenta au Figaro un procès qui eut un certain retentissement. En outre, l'auteur des Hommes du jour collabora k V Eclipse, au Paris-Caprice, à Y Almanach du quartier Latin de G. Marotteau et fit paraître, eu 1S69, la Lanterne en vers de bohème. Pendant toute cette période de Sa vie littéraire, M. Vermersch se montra un pur dilettante, un épicurien sans opinion, un adepte de la vie de bohème, chantant en stroplies agréables le moos éeuimmt et les Clarus du bal Bullier. Après la révolution du 4 septembre 1870, voyant que l'heure des mièvreries raffinées était passée et qu'un ardent patriotisme enflammait les masses , Vermersch changea les cordes de sa lyre, entraà la rédaction du Cri du peuple de Jules Vallès et devint aide ambulancier k la suite du prélat Bauer. Le 7 murs 1871, il eut l'idée de ressusciter le' Père Duchéue et d'emprunter k la feuille qu'Hébert rédigeait eu 1793 le langage orduner et bas qui, grâce au progrès des mœurs, n'a plus rien de commun aujourd'hui avec celui du peuple. Vermersch apporta dans la rédaction de cette petite feuille, qui parut chaque jour, une remarquable habileté de pasticheur et infiniment de verve. Mais, dès le 5' numéro, ello fut supprimée par un arrêté du général Vinoy. Le lendemain de l'insurrection du 18 mars 1871, le Père Duchêne reparut. Au supplément du Grand Dictionnaire , nous consacrerons uu article spécial k cette feuille malsaine qui fit appel k toutes les passions mauvaises et provoqua tous les excès. Vermersch, du fond du bureau de son journal, car il n'eut garde de prendre un fusil, défendit successivement le Comité central, Cluseret au pouvoir, Rpssel au pouvoir, Delesciuze au pouvoir, provoqua le peuple au pillage, demanda l'arrestation et la mort de Chaudey, la mort des otages, l'incendie des monuments, exhalant tour k tour sa «"grande joie » et sa • grande colère, » traitant de j... f... et d'ignobles lâches les membres de la minorité delà Commune et émaillant chaque ligne de sa prose, qui suait le sang, de f et de n... de Dieu. « Ces pastiches hideux, dit Claretie, étaient composés non point par quelque exalté dont la souffrance avait pu faire un furieux, non point par quelque Domine du peuple dont la lecture des terribles numéros d'Hébert avait pu bouleverser le cerveau, mais par un fantaisiste et un amuseur, alignant ces vociférations lugubres comme il rimait jadis des verselets badins, et provoquant au meurtre de Ctiaudey ou applaudissant k l'assassinat de ClémeiuThoinas, comme il donnait à Paris-Caprice des historiettes du demi-monde parfumées de poudre de riz. Cet Hébert, ce dictateur de l'opinion
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fangeuse, portait des gants blancs, soupait aux restaurants à la mode, chez Roze, le cuisinier fameux de la rue Grange-Batelière, et vivait, connue celui dont il était le plagiaire, en muscadin, tout en écrivant en fort de la halle. » Lors de l'entrée des troupes de Versailles à Paris, pendant que Uelescluze, Vennorel, etc., allaient chercher la mort sur les barricades, Verrnersch allait se cacher dans une maison déserte, puis chez un de ses amis et, quelques mois plus tard, il parvenait à gagner l'Angleterre. Là il fonda, en janvier 1872, le Vermersch-Journal, dans lequel il écrivit ces lignes : «Ouvrir le champ à la Révolution, forcer la Banque avec un bataillon de francs-tireurs, mettre l'embargo sur tous les papiers déposés dans toutes les études des notaires et dus avoués et à la conservation desquels toutes les fortunes de l'Europe sont intéressées, confisquer les propriétés des lâches et les faire passer aux patriotes, mettre les citoyens qui s'}' seraient fait tuer jusqu'au dernier, si elles avaient été à eux, dans les maisons des aristocrates, et mater sur la place de la Concorde, en pleine lumière, la réaction murmurant et conspirant, tel était le programme que nous avions rêvé. ■ Ce programme n'avait rien de commun avec eelui des républicains, dont, fort heureusement pour l'honneur de la cause, Verrnersch ne faisait point partie. Une lettre trouvée dans les papiers de Hugelmann, l'agent bonapartiste, montre que c'est ailleurs que l'ex-Pere Duchêne portait ses vœux et ses espérances : «Je me suis décidé à aller voir Verrnersch, qui m'avait fait demander plusieurs fois de l'aller voir. Il désirerait que l'empereur le subventionnât et m'a de-, mandé si je pouvais le faire trouver avec quelque personnage de l'entourage de l'empereur. Jusqu'à présent, il était subventionné par un nommé Leroi qui, paraît-il, se fatigue, n'ayant pas beaucoup d'argent et le journal n'en rapportant pas. J'irai dimanche a Chiselhurst et je verrai à transmettre la demande de Verrnersch. • Le Vermersch-Journal disparut au bout de quelques semaines et fut remplacé par le Qui Vive, qui fut accueilli avec la même indifférence et qui semblait avoir pris à tâche, par ses élueubrations odieuses, de déshonorer le parti républicain. Du reste, dès cette époque, Verrnersch était fort mal vu de ses compagnons d'exil, qui apprirent a l'apprécier à sa juste valeur. A la suite d'un article qu'il publia contre ses anciens amis politiques- dans un journal de Londres, Edmond Vaillant, ancien membre de la Commune, l'ayant rencontré le 24 mars 1874, au moment où il sortait du British Muséum, le provoqua et lui appliqua une correction manuelle, à laquelle Verrnersch répondit en citant Vaillant devant le tribunal de police, où ce dernier fut condamué à une amende de .30 shillings. Vers cette époque, l'ancien rédacteur en chef du Père Duchêne a épousé, à Londres, une des filles de Karl Marx. Il a été condamné à mort par contumace, par le 3e conseil de guerre de Versailles, le 20 novembre 1871. Verrnersch a pub ié, entre autres écrits : le Lalium moderne (1864, in-s») ; De l'ostracisme littéraire (1865, in-8°); Printemps du cœur (1865, in-32), recueil de pièces en vers plus ou moins anacréontiques ; Saltimbanques et pantins (1865, in-12): Lettres à Mimi (1866, in-12) ; les Hommes du jour (1868, 2 séries, in-18) ; les Incendies (1871) ; Histoire de ta Commune et des principaux membres du gouvernement (1872). Il a publié en outre, à Londres, un certain nombre de brochures sur le capital, le salaire, etc.
VERMET s. m. (vèr-raè -=~ dimin. du lat. oeroiM, ver). Moll. Genre de mollusques gastéropodes peclinibranches, type de la famille des veriuétides, comprenant plusieurs espèces, dont la plus connue habite les mers du Sénégal : La coquille des vermets présente l'aspect général du tube des serpules. (E. Baudement.) Les vbrmbts vivent fixés. (A. Rousseau.)
— Encycl. Le genre vermet présente les caractères suivants : animal vermiforme, conique, à tête peu distincte, obtuse, proboscidit'orme, portant deux tentacules médiocres, ocuiés extérieurement à la base ; orifice respiratoire en forme de trou, situé au côté droit du manteau et contenant les branchies, ne formant qu'une seule rangée; pied cylindrique, avec deux longs filaments tentaculifères eu avant et un opercule mince, souvent épineux ; pas de verge, l'animal se fécondant lui-même. Coquille lubuleuse, conique, mince, libre on adhérente, irrégulière, cloisonnée à l'intérieur; ou\erture droite, circulaire k bords tranchants. Adamson, en créant ce genre, a bien démontré qu'il se rapportait à l'embranchement des mollusques, malgré les apparences du test, qui ont trompé Linné et ses successeurs, et qui les avaient conduits à confondre les vermets avec les serpules, auxquelles ils ressemblent si on les étudie u'une manière superficielle. De l'ensemble des observations il résulte que l'animai a beaucoup d'analogie avec celui des troclioïdes. Il ne marche pas et n'a pas, par conséquent, de pied proprement uit; mais la partie qui constitue la queue chez le plus granu nombre des gastéropodes se reploie en dessous et se porte jusuu en avant de la tête, où son extrémité se renneeri une masse garnie d'un opercule mince, parfois épineux, et, lorsque l'animal rentre dans sa coquille , c'est
cette masse, ayant habituellement divers appendices, qui en ferme l'entrée. Les branchies sont du côté gauche du corps, et le côté droit est occupé par le rectum et par le canal spermatique , qui transmet également les œufs au dehors. La coquille est tubuleuse, formant un tube ressemblant beaucoup à celui des serpules. Une particularité qui peut servir à distinguer un tube de vermet de relui d'une serpule, c'est que, si l'on pratique une section de ces tubes pour en voir l'intérieur, on reconnaît que ceux du premier sont cloisonnés et que ceux de la seconde sont tout à fait libres. C'est ordinairement par l'entrelacement d'autres coquilles de la même espèce que le tube des vermets se fixe aux corps sous-marins, mais quelqucfoisaussi parce qu'il est enveloppé en partie par des lithophytes ou des madrépores. Le type est le vermet loinbrical, qui habite les mers du Sénégal, où il est commun et forme des groupes par entrelacement. Les vermets fossiles sont nombreux, mais ils ont été confondus avec les serpules ; ils sont très-abondants dans les terrains crétacés et tertiaires.
VERMÉTIDE adj. (vèr-mé-ti-de — de vermet, et du gr. eidos, aspect). Moll. Qui ressemble ou qui se rapporte au genre vermet.
— s. m. pi. Famille de mollusques gastéropodes pectinibranches, ayant pour type le genre vermet.
VER MEULEN (Jean), théologien belge.