‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 15Chapitre 653 sur 1042 · V. Meuliîn · texte numérisé non relu

V. Meuliîn

VERMEYN (Jean-Cornélius), peintre hollandais, né à Berwiok au commencement du xvic siècle, mort en 1559. Il était fils d'un peintre, qui lui apprit tes premiers principes île sou art; ses talents naissants attirèrent l'attention de Charles-Quint, qui prit le jeune artiste en affection et se fit suivre par lui dans ses voyages, notamment à l'expédition contre Tunis. Vermeyn a représenté le Siège et la Vue de cette ville, qui comptent parmi ses toiles les plus estimées. On cite encore de lui : une Nativité; un Christ; le Portrait de sa tille costumée en Turque ; le Portrait de l'artiste exécuté par lui-même, et qui a été grave plus tard par Thomas Galle, etc. Vermeyn avait une barbe tellement longue, qu'il était obligé de la relever pour ne pas marcher dessus. Aussi l'avait-on surnommé «Font, de la Barbe,

VERMICELLE s. m. (vèr-mi-sè-le ; quelques-uns prononcent ver-mi-chè-le, fausse imitation de la prononciation italienne — ital. vermicelli , proprement petits vers, du lat. vermis, ver, à cause île la forme de cette pâte). Pâte à potages en forme de fils plus ou moins déliés : bros vermicelle. Vermicelle blanc fin, Poliige au vermicelle. Depuis quelques années , ta consommation du vermicelle s'est élevée de plus d'un tiers. (P. Vinçard.) il Potage fait avec cette pâte : Vermicelle au gras. Vermicelle au lait, au beurre. Vermicelle à l'oseille, à la purée. Une soupière, une assiette de vermicelle.

— Rein. Vermicel, qui est aussi donné par l'Académie, n'est plus usité.

VERMICELLERIE s. f. (vèr-rai-sè -le-rî — rad. vermicelle), fabrique de vermicelle : Dans quelques vermicelleries, la presse est mue par lu vapeur ou à l'aide d'un cheval. (P. Vinçard.)

— Encycl. Le mot vermicellerie comprend l'ensemble des opérations nécessaires pour la fabrication des pâtes dites pâtes d'Italie. On peut faire des pâtes avec toutes les espèces de farines qui servent à faire du pain. Les meilleures sont les farines de blé. Les vermicelliers font moudre haut les blés pour les mettre en gruau la plus .possible ; c'est la manière de moudre qui produit la semoule, base de toutes les pâtes. L'eau dont on se sert. pour pétrir la semoule doit être très-pure; elle doit dissoudre le savon; de l'eau surchargée de sels calcaires donnerait de la pâte qui n'aurait pas de liant et se briserait en cuisant. On met ordinairement 12 livres d'eau pour 50 de semoule. Il faut convertir la semoule en pâte. On ta pétrit à l'eau chaude avec force et rapidement afin de lui conserver la chaleur. Lorsque la pâte est pétrie, on la ramasse sur le devant du pétrin, ou la couvre de deux linges, puis on monte dessus et on la foule avec les pieds pendant quelques minutes. Après quoi l'ouvrier la brie pendant deux heures consécutives. La brie est un morceau de bois de 10 à 12 pieds de longueur, plus gros d'un bout que de l'autre; elle a un côté tranchant k 1 extrémité par laquelle elle est attachée au pétrin. L'ouvrier est assis à moitié sur l'autre extrémité de la brie, c'est-à-dire qu'il a la cuisse droite sur cette extrémité, qu'il tient aussi de la main droite, tandis qu'il frappe prestement du pied gauche contre terre afin de s'élever avec la brie et de lui donner le mouvement; on continue ainsi jusqu'à ce que la pâte soit suffisamment écrasée. La pâte faite, on la réduit soit en lanière, soit en vermicelle, etc.; pour cela on la place dans une presse verticale; le patin qui porte l'extrémité de la vis entre juste dans uu vase cylindrique en cuivre ou eu fer, que l'on nomme cloche; ou met dans le fond un crible percé de petits trous de |la grosseur que doit avoir le vermicelle; la cloche est enveloppée d'un réchaud, daus lequel on tient de la braise allumée. On remplit la clocha de pâte, que la chaleur fait

devenir liquide; l'action de Ja presse fait sortir cette pâte en filets, que l'on refroidit aussitôt au moyen d'un ventilateur au fur et à mesure qu'elle sort. Lorsque les filets ont acquis la longueur d'un pied, on les prend à la main et on les casse, et, en les déposant sur un papier ou un carton, on leur donne la forme qu'on leur voit dans le commerce. Le macaroni sort du moule en lanière, et c'est en rapprochant les bords que l'on en fait des tuyaux. La forme des pâtes d'Italie varie à l'infini, et il suffit, pour cela, de changer le moule et de procéder de la manière indiquée. Celte industrie a pris de grandes proportions, et il y a aujourd'hui d importantes usines de pâtes d'Italie où toutes les opérations se font au moyeu de machines mues par l'eau ou la vapeur.

VERMICELLIER s. m. (vèr-mi-sè-lié — rad. vermicelle). Celui qui fabrique du vermicelle et d'autres pâtes alimentaires.

VERMICHEL s. m. (vèr-mi-chèl — ancienne prononciation du mot vermicel ou vermicelle). Argot. Veine du corps plus ou moins saillante.

VEHM1C1DE adj. (vèr-mi-si-de — du lat.

vermis, ver; c&dere, tuer). Mat. méd. Qui tue les vers. Pâte vermicide. Poudre vermicide.

VEKMICULAGE s. m. (vèr-mi ku-la-je — rad. vermicule). Archit. Travail vermicide, qui représente des traces de vers : Ce corps de logis est d'un ordre rustique plein de bossages et de vermiculages. (Th. Gaut.) t; On dit aussi vermiculure s. f.

VERMICULA1RE adj. (vèr-mi-ku-lè-re — du lat. vermiculus, petit ver). Qui ressemble à un ver, qui a la forme d'un ver.

Anat. Eminences vermiculaires. V. vermiforme.

— l-'hysiol. Mouvement vermiculaire, Contractions progressives des fibres circulaires d'un canal, affectant l'apparence du mouvement de progression d'un ver.

— Pathol. Pouls vermiculaire', Pouls inégal, petit, peu sensible, il On dit aussi vurmiculant.

— s. m. Moll. Syn. de vermet, genre de mollusques.

— Aunél. Genre d'annélides fossiles, peu connu.' ,

— s. f. Bot. Nom vulgaire do l'orpin acre.

— Genre de champignons, du groupe des sphéropsidés , comprenant des espèces qui croissent sur les végétaux vivants.' Il Vermiculaire brûlante, Nom vulgaire de l'orpin brûlant.

VERMICULANT adj. m. (vèr-mi-ku-lan — du lat. vermiculus, petit ver). Pathol. V. vermiculaire.

VERMICULATION s. f. (vèr-mi-ku-la-si-on — du lat. vermiculus, petit ver). Travail vermicuié.

VERMICULE s. m. (vèr-mi-ku-le — du lat. vermiculus, petit ver). Poram. Syn. de trh.ocoline, genre de foruminileres.

VERMICULÉ, ÉE adj. (vèr-mi-ku-lé — du lat. vermiculus, peut ver). Qui imite des traces de vers; se uit surtout aes ouvrages d'architecture : Bossages vermiculés.

VERM1COLEUX, EUSE adj. (vèr-mi-ku- Ieu, eu-ze — du lat. vermiculus, petit ver). Hist. nat. Se dit d'une surface marquée de petites lignes colorées irrégulieres.

VERMICULITE s. in. (vèr-mi-ku-li-te — du lat. vermiculus, petit ver, et du gr. lit/tos, pierre). Zool. Nom donné aux coquilles ou tests fossiles en forme de tuyau allongé et contourné.

— s. f. Miner. Variété de talc que l'on trouva aux Etats-Unis, et qui a pour propriété caractéristique de se diviser au feu en prismes déliés , qui s'allongent et se contournent comme des vers.

rëRMICULURE s. f. (vèr-mi-ku-lu-re — du lat. vermiculus, petit ver). Archit. Nom donné'à des refouilleinents de forme vermiculaire qu'on pratique sur le parement des pierres dans certaines constructions, surtout dans les soubassements des édifices.

VERMIFORME adj. (vèr-mi-for-me — du lat. vermis, ver, et de forme). Hist. nat. Qui a la forme d'un ver,

— Anat. Eminences vermifoxmes ou vermiculaires. Saillies allongées, cylindriques, ayant la forme d'un ver, que l'ou remarque l'une sur la face supérieure, et l'autre sur la face inférieure du cervelet.

— s. m. pi. Mainm. Groupe peu naturel de mammifères carnassiers, comprenant les genres qui out une forme allongée, comme les belettes, les putois, etc.

VERMIFUGE adj. (vèr-mi-fu-je — du lat.

vermis, ver; fugo, je chasse). Méd. Se dit des médicaments propres à détruire les vers qui s'engendrent dans le corps : Poudre vermifuge. Biscuits vermifuges. L'utuès est drastique par son acidité, et vermifuge par son amertume. (Raspail.)

— s. m. Substance vermifuge : L'ail est le vermifuge le plus puissant et le plus inoffensif que je connaisse. (Raspail.)

— Bot. Hja. de flavérik, genre de composées.

— Encycl. Thérap. Les vermifuges sont

extrêmement nombreux, de nature fort différente, et chacun d'entre eux possède un mode d'action qui lui est, pour ainsi dire, particulier. Cependant tous ceux qui sont réputés les meilleurs agissent d'une manière locale par leur contact immédiat avec les vers intestinaux. Un agent qui n'agirait que sur les tissus en général ne saurait être un bon vermifuge; il pourrait être tout au plus prophylactique : tels sont les toniques qui, en diminuant la sécrétion du mucus intestinal, diminuent aussi l'aliment des vers intestinaux qui s'en nourrissent. Les vermifuges ne peuvent être employés que contre les vers qui habitent le tube digestif, comme le ténia, les ascarides lombricoïdes, les trichocéphales; car leur action étant locale, on conçoit qu'elle serait impuissante contre les éebinocoques, par exemple. Certains agents thérapeutiques , sans être des vermifuges proprement dits, contribuent cependant à expulser les vers d'une manière mécanique; tels sont les purgatifs et les vomitifs. L'ingestion de ces agents produit sur te tube digestif des secousses et des contractions péristaltiques qui détachent les vers de la muqueuse intestinale et les expulsent au dehors ordinairement vivants; tels sont : le jalap, la rhubarbe, le séné, la giatiole et tous les autres purgatifs et vomitifs en général.

Il est des: substances qui, Sans être vermifuges, tuent cependant les vers quand elles sont prises en grand» quantité; tels sont le lait, le sucre, le miel et toutes les matières sucrées en général. Les vers sont très-t'rinnds de ces substances, et, si l'on en fait prendra en abondance à l'individu qui les nourrit, ils s'en gorgent et meurent d'indigestion, absolument comme les sangsues crèvent pour avoir absorbé trop de sang. C'est sur cette théorie qu'on s'est fonde lorsqu'on a conseillé un bain de siège au lait pour faire sonir au dehors le ténia ou les ascaride-, du rectum. Ce moyen a réussi quelquefois, mais on comprend combien ii est douteux, et parfois même dangereux, car la quantité de sub.-tanccs qu'il faudrait administrer serait plus nuisible au sujet qu'aux vers intestinaux. La mousse de Corse, le poiypode de chêne, la fougère mâle, etc., paraissent n'agir que de la façon dont nous venons de parler; aussi faut-il en administrer une forte dose et la donner en nature autant que possible.

Certaines substances détruisen.t les vers intestinaux sans qu'on puisse se rendre bien compte de leur manière dagir; tels sont certains gaz, l'eau froide et la glace, que quelques médecins regardent comme excellents vermifuges. Les huiles d'olive, d'amandes douces, agissent de la même façon; l'huile de ricin doit avoir une double propriété, celle d'asphyxier, comme les autres huiles, et celle de purger; aussi est-elle uu excellent vermifuge.

Après les moyens dont nous venons de parler viennent les vermifuges proprement dits, ayant ta propriété de tuer les vers par leurs principes acres, volatils ou atneis; tels sont : I ail, l'oignon, le poireau, t'assa fœtida, la valériane, i'angelique, le pétrole, la térébenthine et ses préparations, le camphre, le suc de papayer, les huiles essentielles, le vin, i'aicool, l'éther, etc.; parmi les amers considérés comme de véritables poisons se trouvent l'absinthe, l'armo.se, la inaroute, la tanaisie, la camomille, la rue, la fuineterre, le brou de uoix, le simarouba, le semen-conira, l'aloès, le quassia, le quinquina, le fiel de bœuf, etc. Le règne minéral nous fournit encore des vermifuges, et ce ne sont pas les moinï nombreux; no.is citerons l'étain, le fer, le mercure, les acides citrique, acétique, lartrique, le sel marin, le sel ammoniac, tes eaux alcalines et sulfureuses.

— Art vétér. Les médicaments doués de la vertu d'enyourdir, de tuer et quelquefois d'expulser des cavités où ils sont contenus, les vers parasites et autres eutozoaires qui vivent a l'intérieur des animaux domestiques, ainsi que les epi/uaires qui vivent a la surface de leur peau, sa réduisent à peu près tous à ceux qui suivent :

lo Essence de térébenthine. Elle s'administre en suspens. on dans un jaune d'oeuf étendu d'eau ou dans l'eau-de-vle faible, à la dose de 16 à 64 grammes en deux breuvages , pour les grands animaux, et à celle de 2 a 4 grammes pour .es petits, également en deux breuvages.

2<> Ether sulfurique. L'éther k grande dose est encore un excellent vermifuge. La dose doit être, pour les grands animaux, de 32 à 64 grammes , et pour les petits de 2 à 4 grammes. On le donne dans un demi-litre ou un verre d'infusion aromatique froide.

30 Huile empyreumatique. Cette huile provient de la distillation des matières animales. La plus anciennement connue était celle de Dippel, que l'on obtenait par la distillation de m ràpnre de corne de cerf. Dans la médecine vétérinaire, l'huile empyreumatique de Cbabert, ainsi nommée parce qu-r ce savant vétérinaire en a surtout préconisé l'usage, s'obtenait en distillant à feu nu les parties solides des animaux et princip ilement la corne. Cette préparation a été abandonnée. Aujourd'hui, les fabricants de chlorhydrate d'ammoniaque livrent en abondance et à bon marché au commerce une huile pyrogéaèe,

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qu'ils obtiennent par la calcination des os et de la corne des animaux. En pharmacie, on distingue cette huile en huile rectifiée et en huile non rectifiée. I.a première a des vertus anthelminthiques, il est vrai, mais beaucoup moins prononcées que la seconde. Cette dernière, a laquelle on a donné plus spécialement le nom d'huile empyreumatique de Chabert, jouit de grandes propriétés vermicides. Cette huile, introduite à dose élevée»dans l'estomac des chiens, excite des nausées ei le vomissement. Dans les animaux comme le cheval et les ruminants, qui ne peuvent pas vomir, *îlle irrite le canal intestinal, cause des co- ïiques, de l'anxiété, des bâillements, l'accélération de la respiration et de l'irrégularité dans le pouls. Mais la propriété la plus remarquable de l'huile empyreumatique est d'engourdir et de tuer les vers intestinaux du genre ascaride et du genre strongle, qui habitent les petits et les gros intestins. Les larves d'oestres qui se rencontrent dans l'estomac du cheval résistent quelquefois à son action. Pour l'administrer, on la mélange à l'eau-de-vie ou k une décoction de plantes aromatiques. On peut en faciliter beaucoup l'administration eu l'unissant au lait ou à un jaune d'œuf, qu'on délaye ensuite dans l'eau. On la donne à la dose de 16 à -18 grammes pour les grands animaux, et de 8 à 16 grammes pour les petits. L'huile empyreumatique, par l'odeur désagréable qu'elle répand, est utilisée très-fréquemment pour éloigner les mouches des plaies pendant les beaux jours. Pour atteindre ce but, on barbouille les plaies à l'aide d'un pinceau ou d'une plume avec cette huile.

4° Huile de cade. On peut donner cette huile à l'intérieur comme vermicide, à la même dose que. l'huile empyreumatique ; mais elle est généralement négligée. Les bergers du Midi s'en servent pour guérir la gale du mouton. Elle produit un très-bon effet, mais elle a l'inconvénient de tacher la laine d'une manière indélébile. L'huile de cade pure ou associée à la graisse dans diverses proportions, selon les indications, est employée avec beaucoup de succès contre le psoriasis des animaux, maladie désignée encore sous les noms de molandres, solandres, noir-museau et dartres eroùteuses.

5° Prolochlorure de mercure, ou mercure doux. Ce médicament est vermicide et vermifuge; il possède la double propriété de tuer et d'expulser les vers intestinaux des genres ascaride et strongle, parce qu'il est anthelminthique et purgatif. Sa dose est de 8 à 16 grammes pour le cheval; pour le bœuf et la vache, elle est de 4 k 8 grammes; pour le porc, le veau, le moilton et le chien, la dose est de 0 gr,01 à 0 gr,08. On peut le faire prendre en suspension dans un liquide visqueux ; mais il vaut mieux l'incorporer au miel, k la poudre de racine de fougère, et le faire prendre en pilules. Le porc et le chien prennent parfaitement ce médicament dans du lait.

6" Ecorce de racine de grenadier. Cette écorce est usitée pour tuer particulièrement les vers ténias. Elle expulse aussi les strongles et les ascarides. On propare des décoctions concentrées et des extraits de cette écorce pour l'administrer. Sa dose est variable selon les animaux'. Elle est de 82 à 128 grammes pour les grands animaux, et de 32 à 48 grammes pour les petits. Elle dé4 termine souvent le vomissement et la purgation dans les carnivores.

î° Poudre de fougère mâle. C'est au mois d'août qu'il faut récolter la racine de fougère ; on la moud et on la cons'rve dans un lieu sec. En hiver, en automne ou ai printemps, cette racine est presque inerte. On peutdonuercette poudre en décoction dans l'eau au cheval, aux bêtes bovines et canines. La dose est de 250 grammes pour le cheval, de 128 grammes pour les bœufs et les vaches, et de 32 à 64 grammes pour le mouton , le veau et le chien. On doit toujours, six heures après l'administration de la poudre, donner un purgatif. La poudre engourdit et tue les strongles, les ascarides et les ténias.

8° Semen-contra. Plusieurs vétérinaires distingués disent avoir employé avec un gr.ind succès le semen-contra contre les vers ascarides, lombricoïdos et les strongles armés du canal intestinal du cheval. La dose est de 16 à 32 grammes pour les poulains, du 32 à 96 grammes pour les chevaux adultes et vieux, en infusion dans 1 litre d'eau ou bien en poudre S"us la forme de pilules, ou sous celle d'élecluaire. Il est inutile de donner un purgatif vingt-quatre heures après l'administration. On peut continuer ces doses pendant plusieurs jours. Pour les chiens, la dose est de 8 à 16 grammes dans du lait ou dans une infusion miellée.

9° Mousse de Corse, La mousse de Corse est un mélange confus de plus de vingt espèces de plantes qu'on nomme algues marmes,qui croissent sur les rochers des bords de la mer, autour des lies de la Corse et de la Sardaigne. El.e peut être administrée & très-haute dose sans nuire à la santé des animaux. On la fait infuser dans l'eau pendant trois quarts d'heure, et on donne celte infusion en breuvage. La dose est de 32 k 64 grammes dons 0 1»', 4 d'eau. On peut aussi la taire infuser dans du lait, que les chiens alors prennent seuls; ou bien édulcorer l'infusion aqueuse avec du miel ou du sucre.

10° La suie de cheminée renferme toujours

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une huile pyrogénée ou empyreumatique, qui donne à cette substance, facile k se procurer partout, la propriété anthelminthique. On peut l'administrer avec succès aux jeunes poulains, aux veaux, aux agneaux et aux chiens. Après l'avoir bien broyée et passée à travers un linge ou un tamis de crin, on la délaye dans otU,l a o ''',2 d'eau-de-vie, et on ajoute le tout dans une décoction d'armoise ou de toute autre plante -aromatique; ou bien on l'associe au miel et à une poudre inerte pour en composer des pilules. La dose est de 64 à 96 grammes pour les grands animaux, et de 16 a 32 grammes pour les petits.

VERMIGL1 (Pierre), célèbie théologien protestant italien. V. Martyr (Pierre).

VERM1GLIOI.I (Jean-Baptiste), antiquaire italien, né a Pérouse en 1769, mort vers 1840. I! fit d'excellentes études classiques à Orvieto et, de retour dans sa ville natale, s'y occupa de recherches sur l'archéologie de sa province. Il devint ensuite professeur d'archéologie à Pérouse, puis conservateur du cabinet des Antiques de cette ville. On a de lui : De l'antique cité d'Arna (Pérouse, 1800, in -8°); les Inscriptions antiques de Pérouse avec une dissertation sur l'origine de cette ville (Pérouse, 1804, 2 vol. in-4°J; Pantographie de Pérouse au xvie siècle (Pérouse, 1806, in-S°); Des monnaies de Pérouse (1816, in-8°); Leçons élémentaires d' archéologie (1821, 2 vol! in-8°); Bibliographie historique de Pérouse (1825, in-4").

VERM1GRADE adj. (vèr-mi-gfa-de — du lat, vermis, ver ; gradior, je inarche). Zool. Qui marche comme un ver.

— s. m. pi. Echin. Groupe d'holothurides vermiformes.

VERMILARVE s. f. (vèr-mi-lar-ve — du lat. vermis, et de larve). Eiitom, Larve qui a la forme d'un ver.

VER MI LÉO s. m. (vèr-mi-lé-o — du lat. vermis, ver ; leo, lion). Entom. Nom scientifique du genre verlion.

VERMILIE s. f. (vèr-mi-11 — dimin. du lat. vermis, ver). Annél. Genre d'annélides tubicoles marins.

— Encycl. Les vermilies se distinguent des serpules et des spirorbes par un opercule testacé et circulaire qui ferme entièrement l'ouverture du tube. Ce caractère avait fait regarder d'abord les vermilies comme des mollusques, qui devaient se ranger à côté des vermets. Lamarck a reconnu qu'il devait constituer un genre d'annélides tubicoles, voisin des serpules. On connaît un certain nombre d'espèces vivantes, qu'on trouve sur les coquillages et les autres corps sous-marins; elles sont généralement de petite taille ; il y a aussi plusieurs espèces fossiles des terrains crétacés et tertiaires, et il est probable qu'on devra y en rapporter d'autres, classées maintenant parmi les serpules. Les auteurs anciens ont donné aux vermilies fossiles le nom de vermiculites,

VERMILINGUE adj. (vèr-mi-lain-ghe — du lat. vermis, ver; lingua, langue). Zool. Qui a la langue verraiforme.

— s. m. pi. Mamm. Famille de mammifères édentés, comprenant les genres k langue extensible et protiae.iile, tels que les fourmiliers, les pangolins et les oryetéropes.

— Erpét. Groupe de reptiles sauriens à langue contractile, comprenant les caméléons et les genres voisins.

VERMILLAGE s. m. (vèr-mi-lla-je; Il mil. — rad. verntitler). Ane, coût. Droit que l'on payait pourmener des cochons paître et fouir dans un bois.

VERMILLE s. f. (vèr-mi-lle ; Il mil. — du lat. verrais, ver). Pèche. Corde garnie d'hameçons et de vers, dont on se sert pour pêcher les anguilles. .

VERMILLER v. n. ou intr. (vèr-ini-llé ; Il mil, — du lat. vermis, ver). Se dit du Tianglier et du cochon qui fouillent la terre avec leur boutoir pour y trouver des vers, des racines.

VERMILLON s. m. (vèr-mi-llon ; // mil. — rad. vermeil). Cinabre ou sulfure rouge de mercure pulvérisé : Vermillon naturel. Vermillon artificiel.

— Par ext. Couleur semblable a colle du. cinabre : Le vermillon du ledit. Le vkrmillon des joues. Le vermillon des lèvres.

— Argot. Anglais, à cause du teint coloré qu'ont ordinairement les -personnes de cette nation.

— Ornith. Espèce de gobe-mouches.

— Bot. Nom vulgaire de la phytolaque décandre. u Vermillon de Provence ou d Espagne, Ndm vulgaire du carlhame des teinturiers.

— Arboric. Variété de poire d'un rouge foncé.

'— s. f. Erpét. Nom vulgaire d'une tortue de Madagascar.

— Encycl. On appelle ainsi en chimie une poudre rouge, couleur de carmin et de feu, obtenue, à ce que l'on croit, par le broiement et la division extrême, soit a l'aide de l'eau, de l'urine ou de l'eau-de-vie, du cinabre artificiel ou sulfure rouge de mercure. On rencontre aussi dans la nature une variété de sulfure de mercure appelée vulgairement

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fleur de cinabre ou vermillon natif. On a essayé en France la préparation du vermillon, en broyant le cinabre dans l'eau et enlevant les parties les plus grossières ; cette trituration ne permet pas d'obtenir un produit aussi beau que celui de Hollande et de Chine ; Chaptal prétend qu'en te broyant dans l'urine on lui donne le même éclat. Parmentier raconte que , la préparation du vermillon étant un secret chez les Hollandais, ce chimiste essaya d'en former en prenant 100 parties de cinabre bien divisé qu'il plaça dans une capsule de verre à l'ombre, et qu'il recouvrit de quelques centimètres cubes d'eau pure, avec la précaution d'agiter ce mélange avec un tube de verre pendant un mois. Après sept ou huit jours, l'oxyde changea sensiblement de couleur et prit une nuance trèsagréable. Durant environ vingt-cinq jours, l'éclat du rouge augmenta graduellement et acquit la plus grande beauté. Lorsque la matière ne lui présenta plus de changement de couleur, il décanta l'eau et sécha la poudre à une douce chaleur. Ce produit, comparé au vermillon de Hollande et de Chine, lui parut aussi beau et aussi brillant que celui préparé par le procédé secret. Le sulfure de mercure pouvant varier par rapport aux proportions de ses composants, il ne faut employer k la formation du vermillon que le cinabre factice, qui est formé, d'après les- chimistes français, de 100 parties de mercure et 10 parties de soufre.

Celui de Chine est toujours le plus estimé pour sa beauté; sa couleur est même très-solide et résista k presque tous les agent*. On falsifie celui de Hollande, qui sert en peinture, avec de la brique, du minium et du colcotar. On le sépare de ces matières éirangères par la sublimation et l'alcool. Le vermillon pur possède les mêmes propriétés médicales que le cinabre ; on l'emploie dans la poudre tempérante de Stahl, à la place de ce dernier, pour lui donner une couleur plus riche et plus éclatante. On s'en servait autrefois pour le rouge des dames ; on y a renoncé sagement, et il est remplacé par la belle couleur rouge extraite de la fleur du carthame ou safran bâtard, appelé vermillon d'Espagne et de Portugal. On nommeaussi vermillon commun le minium, deutoxyde rouge de plomb, réduit en poudre impalpable, que l'on emploie dans la peinture en rouge. Le vermillon n'a guère plus d'usage que dans les arts ; il sert aux anatomistes pour colorer la matière des injections fines que l'on porte dans les artères pour la préparation ou l'étude des «aisseaux du corps humain.

VERMILLONNER v. a. ou tr. (vèr-mi-Honé; Il mil. — rad. vermillon). Enduire, peindre de vermillon : Vermillonner les joues d'une actrice.

— v. n. ou intr. Véner. En parlant du blaireau, Fouir la terre pour y trouver des vers, des racines : Le sanglier vermille, le blaireau vermillonne.

Se vermillonner v. pr. Se mettre du vermillon, au rouge, du fard : Cette vieille femme se vermillonne tous les jours.

TERMINA, fils de Syphax, roi de Numidie. Il se signala pendant les premières guerres de son père contre Masinissa; mais, lorsque ce dernier appela les Romains à Son aide, il fut battu et fait prisonnier avec Syphax, et o] un le triomphe de Scipion l'Africain, l'an 203 avant J.-C. Plus tard, Vermina fut rétabli par les Romains dans la souveraineté de la partie de la Numidie qu'ils n'avaient pas donnée à Masinissa. Un des fils ou des petits-lils de Vermina y régnait encore soixante ans plus tard.

VERMÎNATION s. f. (vèr-mi-na-si-on — lat. verminatio ; de vermis, ver). Pathol. Pullulation des vers intestinaux.

VERMINE s. f. (vèr-mi-ne — d'un type adjectival verminus, venu de vermis, ver). Nom collectif des insectes malpropres, nuisibles, incommodes -. Enfant dévoré de vermine. Logement infecté de vermine. Dois rongé par la vermine.

— Fig. Vices ou défauts nombreux dont une personne ou une chose est infectée : Il n'avait pas précisément de vices, niais il était rongé d'une vermine de petits défauts dont on ne pouvait l'épurer. (Chuteaub.)

11 est assez de main:!, chercheuses de termine,

Qui savent éplucher un écrit malheureux,

Comme un pâtre espagnol épluche un ehien lépreux.

A. de Musset.

Il Ce qui ronge, ce qui détruit progressivement : L'envie est la vermine de la gloire. (Sallentin.)

— Pop. Canaille, vile populace, personnes méchantes et nuisibles; se dit quelquefois d'une seule personne: £a vermine de la ville. La vermine du quartier. Père Socquard , votre fille est une vermine, et je la vaux bien, entendez-vous! (Balz.)

— Argot. Avocat.

VERMINEUX, BUSE adj. (vèr-mi-neu, euze — du lat. vermis, ver). Méd. Qui est produit, entretenu par des vers intestinaux : Maladie vbrminbcsk. Fièvre vkrmineuse.

Abcès vermineux. Ulcère vehmineux. De la première à la septième année, l'enfant est exposé aux affections vermineuses. (Chomel.)

VERMINIËKE s. f. (vër-mi-niè-re — rad, vermine). Tas de vermine, li Vieux u.ot.

VERM '

— Econ, rur. Fosse que l'on prépare pourfaire développer des vers ou larves d'insectes, qu'on destine k la nourriture de la votaille.

VERMIRHYNQUE s. m. (vèr-ml-rain-ke — du lat. vermis, ver, et du gr. rugehos, bec). Ornith. Qui a un bec vermjforme.

VERMIS s. m. (vèr-miss — mot lat. qui sïgnif. ver). Anat. Nom donné à plusieurs parties du cervelet qui ont un aspect vermiforme.

— Encycl. Trois parties du cervelet por-" tent le nom de vermis : 1<> Vermis supérieur (processus vermiformis superior , éminenco vermiculaire supérieure), saille de la substance du cervelet sur la ligne médiane de sa face supérieure (lobe médian); elle est sillonnée transversalement et comme divisée en anneaux, d'où son nom d'émineiïce veiiuiforme.

20 Vermis inférieur (vermis inferior, éminence vermiculaire inférieure, pyramide lamineuse de Malacarne), saillie sillonnée transversalement, que l'on voit au fond de la scissure médiane inférieure du cervelet et dépendant aussi de son lobe médian,

3" Vermis postérieur, saillie médiane, sillonnée transversalement, que l'on voit au fond de l'échancrure postérieure du cervelet.

, VERMISSEAU s. m. (vèr-mi-so — - lat. vermieellus, forme accessoire de vermiculus, dimin. de vermis, ver). Fetit ver, petite larve vermiforme :

Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau

— Kig. Etre faible et vil :

, . . Vermisseaux que nou* somme» 1 Comme le ciel se rit des vaine projeta des hommes.

Reonard.

— Zool. Vermisseau de mer, Nom vulgaire des serpules et d^s vermiculaires : Aucun coquillage n'est moins attaché à sa coquille que tes vermisseaux de mer. (D'Argenville.) La figure des vermisseaux de mer uan'e suivant les espèces. (V. de Bomare.)

VERMIVORE adj. (vèr-mi-vo-re — du lat.

vermis, ver; voro, je dévore). Zool. Qui se nourrit de vers : Oiseau vermivork.

— s. m. Ornith. Genre de passereaux, de la famille des sylviadées, formé aux dépens des sytvies. il Syn. de rubikitk, autre genre de passereaux.

VERMOIS s. m. (vèr-moi — rad. vermeil). Argot. Sang.

VERMOIS (le), en latin Vermensis Pagus, petit pays de l'ancienne France, dans la cidevant province do Lorraine. Il fait actuellement partie de l'arrond. de Toul.

VERMOND (Matthieu-Jacques db), ecclésiastique français, né vers 1735, mort à Vienne (Autriche) dans les dernières années du xvnio siècle. Fils d'un chirurgien -de village, il étudia la théologie, fut reçu docteur eu Sorbonne et devint bibliothécaire du collège Mazarin. En 1769, sur la recommandalion de Lomônie de Brienne, il fut choisi pour aller a Vienne enseigner la langue française à l'archiduchesse Marie-Antoinette, qui venait d'être fiancée au dauphin, depuis Louis XVI. Lorsque la jeune princesse vint en France (1770), l'abbé Vermond l'y suivit et fut attaché à sa personne en qualité de lecteur. Sur la recommandation de Marie- Thérèse, qui connaissait le caractère léger et frivole de sa tille, il s'attacha, mais sans succès, à lui donner des goûts plus sérieux et à l'empêcher de se livrer à ces incartades qui devaient si promptement la déconsidérer. Brusque jusqu'à la rudesse, disposé à tout blâmer, il n'obtint par ses mercuriales aucun résultat satisfaisant et, à diverses reprises, il se plaignit de ce que la dauphine ne tenait aucun compte de ses avis. De son côté, le dauphin n'avait aucun goût pour lui. Lorsque Marie - Antoinette fut devenue reine (1774), elle continua, au grand déplaisir de Vermond, de se compromettre, et celui-ci, après avoir menacé à deux reprises de se retirer, finit par quitter la cour lorsque la faveur de Mme de Polignac fit scandale (1779). Mais quelques mois plus tard, sur la demaude de sa mère, Marie-Antoinette rappeta auprès d'elle l'abbé Vermond, qui reçut de riches dotations, lit nommer son frère médecin-accoucheur de la reine et exerça dès lors beaucoup plus d'influence sur l'esprit de son ancienne élève. Ce fut par ses conseils qu'elle révéla, dit-on, au roi l'affaire du collier et qu'elle lui demanda une vengeance publique, dont l'éclat eut un si fâcheux retentissement pour elle. 11 la poussa aussi à patronner la candidature de Brienne au ministère des finances, et lorsque celui-ci fut arrivé au pouvoir (1787), il devint lui-même un personnage et prit une part active aux affaires de l'Etat. Au début de la Révolution, il entretint la reine dans la haine funeste* qu'elle manifesta contre le régime nouveau, se rendit lui-même odieux au peuple et jugea prudent de quitter Versailles eu juillet 1789. Après avoir passé' quelque temps à Valeuciennes, il se rendit à Coblentz, où il prit part aux intrigues des émigrés, puis k Vienne, où il termina sa vie.

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VEBMOND (Paul), pseudonyme du journaliste Eugène Guinot. V. Guinot.

VERMOft'T (Etat de), un des Etats unis de l'Amérique du Nord, borné au N. par le Canada, fi l'E. par la rivière Connecticut, qui le sépare du New-Hampshire, au S. parle Massachusetts, et séparé à l'O. en grande partie de l'Etat de New-York par le lac Champlain, entre 42° 44'-45» de latit. N. et 73° 58'-75« de longit. O.; 2,642 kilom. carrés; 195 kiiom. sur 100 kilom. ; 320,000 hab. Capitale, Montpellier. Les montagnes Vertes, qui le traversent du N. au S,, sont la continuation de la" grands chaîne orientale des Alleghany connue sous le nom de montagnes Bleues. Dans

et se perd vers la frontière de l'Etat. Tous les cours d'eau qui coulent dans l'intérieur de l'Etat'sont de peu d'étendue et descendent des montagnes Vertes. Les principaux sont : le White-river, le Passumpsie, le Missisque, le Lamoil, l'Onion et l'Otter. Les principales masses d'eau du pays sont situées à ses extrémités, le Connecticut à l'E. et le lac Champlain à l'O. Le climat du Vermont est changeant, mais sain. Le thermomètre Fahrenheit y varie de 25° au-dessous de 0° à 90° au-dessus. L'hiver y dure depuis le commencement de décembre jusqu'à la fin de mars. En avril et en mai, le temps est doux et entremêlé de grosses pluies. En été, la chaleur du jour est quelquefois excessive , mais les nuits y sont toujours fraîches. Les gelées y commencent en septembre, et la neige y tombe en novembre. Le sol, excepté dans les montagnes, est généralement riche et gras et produit en abondance des grains et des légumes. Les montagnes et les hauteurs fournissent d'excellents pâturages pour les bêtes à cornes. Le terrain est meilleur en prairies qu'en labour. L'ours, le lynx du Canada et le chat sauvage apparaissent quelquefois dans les parties les plus septentrionales de l'Etat, mais ils ont été presque complètement détruits partout. Le fer y est abondant; on trouve aussi en quelques endroits du plomb, du zinc et du cuivre. Les pyrites de sulfure de fer, dont on fait de. la couperose verte (deutosulfate de fer), se rencontrent à Strafford et à Shrewsbury. On trouve en abondance des marbres de bonne qualité à Middleburg, Swanton, Bennington, etc. Cet Etat se divise en quatorze comtés, et les villes principales sont: Montpellier, Burlington, Middleburg, Bennington, Rutland, Brattleborough et Windsor. L agriculture et le pâturage sont la principale industrie. On y cultive le froment, le maïs, le seigle, l'avoine, etc. On y trouve en abondance de la viande de bœuf, du beurre et du fromage. La laine y est un produit principal, et le sucre d'érable s'y récolte en quantités considérables. Bêtes à cornes, moutons et chevaux y abondent. Le lac Champlain offre des facilités pour le commerce entre las Etats de Vermont, de New-York et le Canada. On exporte un grand nombre de chevaux, bœufs et moutons. Le bois de construction, le marbre, le bœuf, le porc et le fromage figurent dans les exportations. L'industrie manufacturière n'est pas trèsdé iveloppée; cependant le fer, le coton et la laine sont travaillés dans une certaine me- I sure. Le lin et la laine sont manufacturés } dans l'intérieur des familles. On trouve des collèges à Middleburg et à Burlington, et une université à Norwich. On prétend que la moyenne de l'éducation générale est plus élevée dans le Vermont que dans aucun autre Etat. Le Vermont fut d'abord exploré par les Français du Canada; mais le premier établissement y fut fondé au fort Dummer par une émigration venue du Massachusetts. Au commencement de la guerre de l'Indépendance, le congrès n'osa pas admettre le Vermont dans la confédération ; mais, k partir de 1791, il fit partie de l'Union. Sa première constitution date de 1777. Celle qui est aujourd'hui en vigueur est du 4 juin 1793 ; mais elle a été amendée depuis. Le pouvoir exécutif est délégué k un gouverneur, un lieutenant-gouverneur et 12 conseillers élus pour un an par le peuple, et le pouvoir législatif se compose d un Sénat de 30 membres et d'une Chambre de 230 représentants, également élus pour un an. Tout citoyen âgé de vingt et un ans, et résidant depuis une année dans l'Etat, est électeur. L'Etat envoie au congrès 2 sénateurs et 3 représentants. Une institution particulière à cet Etat, c'est un conseil de 13 censeurs élu& par le peuple tous les sept ans, et chargés de rechercher si la constitution a été observée et si les autorités législatives et executives ont rempli leurs devoirs.

VERMONTÉE s. f. (vèr-mon-té — de Vermont, n. pr.). Bot. Syn. de bla.ch.wklue, genre d'homalinées.

VEHMOllEL (Auguste-Jean-Marie), journaliste fiançais, membre de la Commune de Paris, né à Denicé (Rhône) le 21 juin 1641, mort k Versailles le 20 juin 1871. Son père, qui était professeur, dirigea ses premières études, l'éleva dans des sentiments d'une extrême piété, puis l'envoya au collège des jésuites de Mongré, près de Villefranche. Doué d'une intelligence rapide et précoce, Auguste Vermorel lit des études tellement brillantes qu'à quinze ans et demi, pourvu d'une dis-

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pense d'âge, il fut reçu bachelier. Peu de temps après, il vint à Paris pour y étudier le droit. Tout en suivant les cours de l'Ecole , le jeune homme, qui était un infatigable travailleur, se mit a étudier les philosophes, les économistes, les maîtres de la littérature et apprit seul l'anglais de façon à le savoir assez bien pour traduire des romans dans la collection des romans étrangers. Il n'avait pas encore dix-huit ans lorsque M. de Calonne, directeur de la Bévue contemporaine, lui fit faire des comptes rendus d'ouvrages dans l'Athengum français. Il fit ensuite des courriers de Paris dans un petit journal, la Mode de Paris, et composa un drame et un vaudeville qui ne devaient point être joués. En 1860, il publia Ces daines (in-32), description malsaine des mœurs interlopes de quelques femmes du quartier Latin, avec photographies de Pierre Petit. Par la suite, il retira de la circulation ce petit livre, qu'il regrettait vivement d'avoir publié. Au mois de janvier 1861, Vermorel fonda la Jeune France, journal littéraire et philosophique. Ce journal, rédigé par des hommes jeunes et, ardents, fit de fréquentes incursions dans la politique, obtint une grande vogue et devint l'objet des sévérités du parquet. Bientôt, Vermorel fut condamné à un mois de prison, et la direction du journal passa en d'autres mains à partir du dix-huitième numéro. Le 8 juin suivant, Auguste Vermorel devenait rédacteur en chef de la Jeunesse, qui continuait la Jeune France et qui cessa de paraître au huitième numéro, à la suite d'une condamnation a deux mois de prison que subit Vermorel. A cette époque, il se fit recevoir licencié en droit et, après avoir subi' trois mois de détention à Sainte- Pélagie, il devint, en 1862, secrétaire de la rédaction dans un journal hebdomadaire politique, la Semaine universelle. Cette même année, il publia un roman, Deeperanza (1862, in-12), dans lequel il s'attacha à peindre la courtisane, et qu'il réédita sous ce titre : les Amours funestes (1863, in-12), en même temps qu'il faisait paraître un second roman, les Amours vulgaires (1863, in-18). Vivant en ascète, entièrement adonné à l'étude, Vermorel, à cette époque, semblait, selon l'expression de M. Claretie, vouloir enfermer l'humanité dans un cercle en quelque sorte monastique, lui montrant le salut dans la virginité du corps et de l'âme, poussant ses aspirations vers un idéal confus, mêlé de christianisme et de libéralisme, de protestations contre 4e mouvement qui entraîne le monde et d'aspiratidns vers une société nouvelle. A cette époque, il fit la connaissance de M. Jules Simon et de Frédéric Morin. Ce dernier le fit nommer en 1863 rédacteur en chef du Progrès de Lyon. Un article qu'il publia dans ce journal fit suspendre la publication du Progrès pour un mois. Vermorel revint alors à Paris et entra, en 1864, à la rédaction de la Presse, où il écrivit sous la direction de M. Emile de Girardin, qu'il suivit à la Liberté en 1866. A cette époque,Vermorel était devenu un fervent admirateur de Proudhon. Il se livrait sans relâche à l'étude des questions politiques, économiques et sociales, cherchant ardemment des solutions qui lui échappaient, entrevoyant le mal, mais ne trouvant point le remède. 4Sn 1866, il quitta la Liberté pour devenir rédacteur en chef du Courrier français, journal politique hebdomadaire, qu'il rédigea avec Georges Duchêne. Pour faire les fonds nécessaires à cette publication, Vermorel avait fait souscrire dans la classe ouvrière des actions de 100 francs et s'était engagé à faire du Courrier français un organe socialiste et radical. Le 18 juin 1867, le journal devint quotidien. Vermorel mit a le faire vivre une activité dévorante et pendant quelque temps le rédigea presque seul. Il montra surtout alors ce qu'il y avait en lui de puissance et de facilité de travail. Il écrivait sans cesse, sans fatigue, avec un calme lymphatique et souriant qui ne le quittait point, menant la vie d'un ascète, se donnant à peine le nécessaire, travaillant sans feu pendant les plus grands froids, n'éprouvant aucun besoin, ne se donnant aucun plaisir. Le Courrier français s'occupa surtout des questions ouvrières, préconisa les sociétés coopératives et déclara vouloir se placer en dehors de tous les partis et de toutes les influences qui dominaient la presse. Le journal ne tarda pas a devenir très-agressif, et son tirage s'en accrut. La querelle de Vermorel avec MM. de Cassagnac nt alors beaucoup de bruit. Grossièrement insulté par M. Paul de Cassagnac, Vermorel déclara qu'il porterait désormais sur lui un revolver et qu'à la moindre agression de ce dernier il lui brûlerait la cervelle. Comme il était homme à exécuter à la lettre ce qu'il venait d'avancer, son trop fougueux adversaire se le tint pour dit et n'eut garde de recommencer. Mais si Veunorel attaquait les hommes de l'Empire, il n'attaquait pas avec moins d'ardeur plusieurs députés de l'opposition, et cette singulière conduite ne tarda pas à le rendre quelque peu suspect. Cependant, les procès pleuvaient sur le Courrier français. Celui qui eut le plus de retentissement fut intenté par la princesse de Metternich, qui fit condamner Vermorel à deux mois de prison. Le journal, par suite de diverses condamnations, avait à verser plus de 15,000 francs d'amendes ; il manquait d'argent. Vermorel eut recours à M. Pillaut, qui-

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lui fournit les fonds nécessaires. Mais une partie des actionnaires et des rédacteurs se sépara alors de Vermorel, et, à la suite d'un procès celui-ci quitta le Courrier français, qui fut adjugé a M. de Schryver (3 avril 1868). A cette époque, Vermorel, adepte du socialisme dégagé de toute forme politique, fut accusé d'avoir transigé avec les ministres de l'Empire et de s'être laissé persuader par M. Rouher qu'ils poursuivaient ensemble le même but. Pendant presque toute l'année 1868, Vermorel purgea à Sainte-Pélagie les condamnations dont il avait été frappé. Il envoya de sa prison des articles à la Liberté et y composa deux ouvrages, les Hommes de 1848(1868, in-8°) et les Hommes de 1851 (1868, in-8°). Rendu à la liberté, il prit une part active aux éleotions de 1869, notamment à celle de Henri Rochefort dans la 1" circonscription. Au mois de décembre de- la même année, il devint le principal rédacteur de la Déforme, journal fondé par M. Malespine. Il s'y fit remarquer par une violence de langage telle qu'on en vint à dire qu'elle était feinte, et loin de lui en savoir gré, les socialistes et les républicains accusèrent publiquement Vermorel de jouer dans la presse le rôle d'un agent provocateur. On prétendit qu'il avait des relations intimes et secrètes avec M. Rouher et la police, et Henri Rochefort ne craignit point de se faire lui-même l'écho de ces accusations en le» répétant à la tribune du Corps législatif (17 janvier 1870). Dans une lettre publiée le lendemain, Vermorel protesta avec énergie, mit Rochefort au défi de prouver son due, demanda la formation d'un jury d'honneur et désigna pour faire partie de ce jury neuf citoyens, entre autres M. Charles Beslay, demandant à son adversaire de désigner un nombre égal de citoyens. Rochefort laissa cette sommation sans réponse. Le 21 janvier Suivant, Vermorel était condamné à six mois de prison et 1,000 francs d'amende pour un article publié le 12 du même mois dans la Réforme, laquelle, à la suite d'une nouvelle condamnation, cessa peu après de paraître. Il était en prison à Sainte-Pélagie, lorsque la révolution du 4 septembre 1870 lui rendit la liberté. Vermorel récommença alors la publication du Courrier français; mais il cessa bientôt de le faire paraître pour s'engager dans l'artillerie de la garde nationale. Le 3 octobre suivant, H. Rochefort publia une lettre dans laquelle il déclara qu'à la suite des informations prises par lui à la préfecture de police, il avait acquis la conviction que les accusations portées par lui contre Vermorel étaient absolument erronées. Pendant le siège, celui-ci poursuivit constamment de ses attaques dans les clubs les membres du gouvernement de la Défense et les hommes de 1848, les anciens députés de l'opposition sous l'Empire, qu'il n'avait cessé de vilipender depuis 1865. Il n'était point orateur, il parlait avec trop de volubilité; mais son attitude à la tribune était grave, son argumentation serrée, et nul mieux que lui ne savait déterrer dans les collections de journaux des citations propres à accabler un adversaire. A la suite de la journée du 31 octobre, il fut arrêté, subit plusieurs mois de détention préventive et fut acquitté par le 3° conseil de guerre en février 1871. Après les élections pour l'Assemblée nationale, il voulut fonder un nouveau journal, mais il en fut empêché par un arrêté du général Vinoy, interdisant la publication de toute nouvelle feuille. Mais, après l'insurrection du 18 mars 1871, il fit paraître l'Ordre (20 mars), qui n'eut que quatre numéros. Il s'y proposait d'y concilier les partis en présence, de rassurer la bourgeoisie effrayée et d'amener un accommodement entre Paris et Versailles. 11 écrivit ce journal presque seul. Le 26, il fut élu membre de la Commune dans le XVIII" arrondissement par 13,784 voix et fit partie, le 30 mars, de la commission de justice. Le 4 avril suivant, lorsque la rupture fut complète entre, Paris et Versailles et la guerre civile engagée, il fut appelé à faire partie de la commission executive avec Cournet, Delescluze, Tridon, Vaillant, Félix Pyat , et il y siégea jusqu'au 20 avril. Dès cette époque, il ne voyait pas sans une secrète épouvante la tournure que prenaient les choses et la désastreuse influence de Félix Pyat, qui poussait aux mesures les plus exagérées, sauf à disparaître et à se sauver, selon son habitude, lorsque l'heure des périls suprêmes serait arrivée. Ils furent bientôt l'un et l'autre en hostilité déclarée. Pyat attaqua violemment dans le Vengeur Vermorel, qu'il appela un « bombyx à lunettes, » un « papillon polychrome qui butine sur toutes sortes de Heurs, royauté et république. » De son côté, dans l'Ami du peuple, qu'il venait de fonder et qui dura peu, Vermorel stigmatisa, le 23 avril, n la lâcheté hypocrite et la violence secrète • de celui qu il appelait • un conspirateur en chambre. » Il l'accusa hautement devant la Commune (22 avril) de blâmer dans le Vengeur la suppression de plusieurs journaux, lorsqu'il avait pris luimême l'initiative de cette suppression. En même temps, il se rangeait avec Beslay et autres dans la minorité modérée qui ne voulait pas de la dictature des néo-jacobins, vota contre la validation des élections complémentaires du. 16 avril, quel que fût le nombre des votants, protesta contre les actes d'odieux arbitraire commis par Raoul Ri-

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gault, qu'il contribua à faire remplacer par Cournet, et se prononça contre l'institution du comité de Salut public (1er mai). Ce n'est qu'un mot, dit-il, et le peuple s'est trop longtemps payé de mots. • Après avoir protesté contre cette » institution aussi inutile que fatale, > il signa la déclaration en guise de

firotestation que Beslay rédigea "au nom de a minorité. Dans un nouveau journal, supprimé dès son apparition, [a. Justice, qui parut sans signature, Vermorel essaya de rappeler les esprits à la modération. Plein d'amertume et de découragement, devenu suspect, un instant il songea à la fuite. Rendezvous fut pris pour son départ; mais il se ravisa et ne voulut pas avoir l'air de déserter, Après avoir encore une fois protesté avec indignation contre les préparatifs d'incendie, il alla, pendant que Félix Pyat se cachait, offrir sa poitrine aux avant-postes. Après l'entrée des troupes de Versailles, il alla chercher la mort sur la barricade du Château-d'Eau et tomba frappé d'une balle au haut de la cuisse. Arrêté peu après, il fut conduit à Versailles et transféré presque aussitôt de la prison Saint-Pierre à l'hôpital militaire. En proie à de cruelles douleurs, il montra ce calme surprenant qui était resté un des traits de son caractère. Au docteur chargé de panser sa plaie, il demanda fréquemment qu'on le laissât s'en aller en paix. Ayant demandé un jour le nom des membres de la Commune qui avaient été tués ou arrêtés : « Et Félix Pyat? fit-il en souriant, il n'est pas pris? — Non. — L'homme qui pousse et l'homme qui- fuit...; lâche et sinistre personnage, > murmura-t-ii. Sa mère, qui était accourue à Versailles, s'installa à son chevet, et lorsqu'une résorption purulente se manifesta par une fièvre violente, elle fit venir un prêtre qui assista à ses derniers moments. Outre les écrits précités, des articles dans la Nouvelle Bévue de Paris, sous le pseudonyme de Robert Staey;- dans le Grand Dictionnnaire universel du X1X& siècle, où il a donné les articles coopération, équilibre européen, etc., on doit à Vermorel : les Mystères de la police (1864, in-12) ; la Police pendant la Révolution et l'Empire (1864, in-12); la Police contemporaine (1864, in-12), ces trois écrits sans nom d'auteur; Mirabeau, sa vie, ses opinions et ses discours (1864, 5 vol. in-32); des éditions des Œuvres de Danton, de Marat, de Robespierre, de Vergniaud, de Gensonné, etc.; le Parti socialiste (1870, in-18); Qu'est-ce que la République? (1871, in-S°), etc.

VERMOULER (SE) v. pr. (vèr-mou-lé. — De vermoulu, signifiant proprement moulu par les vers, oubliant que moulu vient de moudre, on a formé se vermouler). Commencer à être piqué des vers, devenir vermoulu : Bois qui commence à se vermouler.

VERMOULU, UE (vèr-mou-lu, fi — de ver et du part, passé moulu). Rongé des vers : jBoî's vermoulu. Armoire, table vermoulus. Un escalier de bois vermoulu conduisait au premier étage. (Balz.) H Bien que ce mot serve de participe au verbe se vermouler, il appartient proprement au verbe inusité se vermoudre.

VERMOULURE s. f. (vèr-mou-lu-re— rad.

vermoulu). Traces que les vers laissent dans ce qu'ils ont rongé : Il y a de la vermoulure dans ce bois. (Acad.) 8 Poudre de bois qui sort des trous faits par les vers.

— Chir. Carie humide des os.

VERMOUT ou VERMOUTH s. m. (vèr-

mou; plusieurs prononcent vèr-moutt — de vert , et de wioilr),Vin blanc dans lequel on a fait infuser de l'absinthe et différentes substances amères et toniques : Vkrmout de Turin. Boire un verre de vkrmout avant son déjeuner, avant son diner. i On écrit quelquefois VBRMUT.

— Encycl. Nous ne connaissons pas l'origine du vermout, nous ne savons rien sur l'antiquité de ses parchemins; mais ce qu'il ne nous est pas permis d'ignorer, c'est que, depuis vingt ans environ, il partage avec l'absinthe, sa cousine germaine, le triste honneur de contribuer à l'abrutissement de la nation française, quoiqu'à un moindre degré cependant. Ses prétendues vertus apéritives ont su s'insinuer dans les bonnes grâces de tant de personnes, que la vogue en est devenue à peu près universelle. Au lieu d'un bain dans l'Eurotas, on prend un verre ou deux de vermout avant dtuer, et il paraît qu'après cela on peut tenir tête à Gargantua. Nous ne connaissons pas de préjugé aussi radicalement faux que celui-là, et nous pouvons dire : Experto crede; oui, nous avons fait l'épreuve de tous ces merveilleux pourvoyeurs de l'appétit, et voici le résultat constant qui s'est produit : après un verre, on dîne passablement ; après deux verres, on dîne fort mal ; après trois verres, on ne dîne plus du tout. Il ne faut pas être un logicien de la force de Proudhon pour tirer de là cette conclusion : donc, moins on prend de ces breuvages à drogues, mieux on dîne; et, en poussant les conséquences jusqu'au bout, on en arrive tout naturellement à se dire que, pour bien diner, il faut se mettre à table avec un estomac libre de tout engagement, A'utra consequeuce que pas un homme de bonne foi ne contestera : un seul verre de vermout, et à plus forte raison d'absinthe, fait perdre au vin ses qualités les plus pré-

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cieuses, les plus agréables. Plus d'arôme, >lus de bouquet, plus de velouté ; les vins ' es plus délicats se tranforment en piquette I et le suresnes peut impunément affronter la concurrence du chambertin. C'est un simple fait que nous constatons ; nous n'avons' nullement la pensée de morigéner les amateurs de vermoul et encore moins la prétention de faire passer une vogue, une mode ; nous aimerions mieux avoir à détourner la chute du Niagara.

Le véritable vermout se prépare en Italie, principalement à Turin. Les connaisseurs préfèrent cependant celui de l'Ile d'Elbe, qui n'en fournit qu'une petite quantité. Cette liqueur a pour base un bon vin blanc, dans lequel on fait macérer de l'absinthe et des plantes aromatiques, qui lui communiquent une saveur sui generis. Autrefois, on ne servait le vermoul qu'au milieu du repas, et il partageait avec le rhum et le cognac les honneurs du coup du milieu ; aujourd'hui que les vieilles traditions s'en vont avec les dieux rejoindre les neiges d'antan, cette liqueur ne se déguste plus guère qu'au moment de se mettre à table, ou, ce qui est la méthode la plus véritablement gastronomique, une heure ou deux avant le repas. C'est du moins l'habitude suivie en Russie, en Suède, en Danemark, tous pays où le vermout jouit de la plus haute considération. Assurément, ce n'est pas ce goût qui a inspiré a Voltaire son fameux vers:

C'estdu nord aujourd'hui quenoutfviôntla lumière. Et cependant la vieille habitude française du coup du milieu engendrait, d'après Grimod de La Reynière, des résultats qui frisaient le merveilleux ; après le verre de ver- ■moût, on sentait renaître les mêmes dispositions qu'en se mettent à table, et le second service était accueilli avec le même enthousiasme que, le premier; on aurait pu jouer encore sa partie dans le concert masticatoire des chanoines du Lutrin:

Cependant, loin du bruit, les chanoines a table Immolent trente mets a leur faim indomptable.

Le véritable vermout d'Italie s'expédie en Allemagne, et de là dans les Etats du Nord; la France n'en reçoit, comparativement, qu'une faible quantité; mais cela n'empêche pas notre pays d'en consommer plus peutêtre que les autres Etats; voici comment les débitants procèdent pour s'en procurer sans payer de frais de transport.

Ûa prennent :

"Vin blanc du Midi .... 20 litres.

Sirop blond do raisin. . . 2 »

Alcool 3 4

Essence de vermout ... 1 flucon.

On verse l'essence dans l'alcool, on mélange, le tout; on laisse reposer deux mois; on colle et on soutire après clarification ; on laisse encore deux mois en fût, on colle de nouveau, ou met en bouteilles et après six mois de bouteille on peut boire. Il ne serait peutêtre pas difficile d'établir une différence entre le véritable vermout et cette imitation, mais les consommateurs ne se montrent pas plus difficiles sur ce sujet que sur bien d autres.

VERN, bourg et commune de France (Maine-et-Loire), cant. du Lion-d'Angers, arrond. et à -11 kilom. 8. de Segré, sur le ruisseau de l'Hommée;pop. uggl., 702 hab. — pop. tôt., 2,234 hab. Carrières et fours a chaux, briqueteries, fabrication d'huile ; commerce de bestiaux, porcs, grains, sangsues, charbon de bois.

VERN, bourg et commune de France (111eet-Vilaine), cant., arrond. et à 8 kilom. S.-E. de Rennes , sur un petit affluent de la Seiche; 1,600 hab. Commerce de céréales, beurre, fil, toile, bois et cidre.

VERNA (Jean-Baptiste), médecin italien qui .vivait dans la première moitié du xviiio siècle. 11 fit ses études médicales à Naples, y fut reçu docteur , alla s'établir d'abord à Meifi, puis dans la Pouille, puis, en 1714,11 fut appelé à occuper à Padoue la chaire de médecine pratique. On a de lui deux bons ouvrages : grinceps acutorum morborum pleuritis (Venise, 1713, in-4»); Princeps medicaminum omnium phlebotomia (Padoue, 1716, in-4°).

VERNACULAIRE adj. (vèr-na-ku-lè-le — du latin vernaculus, indigène, né ou produit dans le pays; de verna, esclave né dans la maison du maître, 'pour vesigena, proprement né dans la muison). Qui est du pays, propre au pays : Langue vernaculaire, Nom VKR-.

NACOLAIRE.'

VEUNAGE (Michel-Louis), médecin, né aParis en 1697,mort en 1773. Reçu docteur a l'âge ' de. vingt et un ans, il acquit bientôt une grande réputation. En 1752, il fut l'un des médecins qui guérirent de la petite vérole le dauphin, (ils de Louis XV, et fut anobli. Voltaire a fait en beaux vers l'éloge de ce médecin dans un de ses discours philosophiques. On n'a de Vernage qu'un seul ouvrage, des 04servations sur la. petite vérole naturelle et artificielle (Paris, 1773, in- 12).

VERN AILLE s. f. (vër-na-lle ; Il mil.). Miner. Syu. de tblésih.

vernal, ALE adj, (vèr-nal, a-le — lat.

vernalis; de ver, printemps, Scandinave var, vor; suédois var). Qui appartientau, printemps : Equinoxe vernal. Fièvre, éruption

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vernalb. Les fleurs VERNAI.ES. Il PI. VKB- NAUX.

— Astron. Point vernal, Point équinoxial du printemps.

VERNANSAL (Gui-Louis;, peintre français, né à Fontainebleau en 1648, mort en 1729. Il étudia son art dans l'atelier de Le Brun et fut admis, en 1687, à l'Académie, dont il devint professeur en 1704. Il était déjà parvenu à la vieillesse, lorsqu'il se mit à voyager. En 1716, se trouvant à Bonn, il exécuta pour l'électeur de Cologne le dessin de la fresque qui décore le plafond de la galerie du palais de cette ville. De 1720 à 1722, il travailla à Padoue, où il exécuta plusieurs tableaux , et pendant un voyage à Romô il fit deux tableaux représentant la Madeleine, qu'on voit à l'église de Notre-Dame-des-Miracles. On cite parmi les œuvres les plus remarquables de cet artiste : la Révocation de l'édit de Nantes, son tableau de réception à l'Académie, qui se trouve aujourd'hui au musée de Versailles; Jésus-Christ ressuscitant la fille de Jaîre, au musée du Louvre ; Sainte Bathilde vendue au maire du palais Archambault, devenant la femme de Clovis II, au musée d'Orléans; enfin, parmi ses nombreuses peintures qui ornent différentes églises de Padoue : V Immaculée conception ; le Christ crucifié se détachant le bras de la croix pour toucher et guérir une plaie à saint Pelieyrino Lariosi; la Nativité et la présentation de la Vierge; la Nativité de la Vierge {avec la date 1720); la Nativité de Jésus-Christ (1722); la Flagellation; le Paradis; Jésus-Christ au jardin des Oliviers.

VERNANTES, bourg et commune de France (Maine-et-Loire), cant. de Longue, arrond. et à 23 kilom. S.-E. de Baugé, sur un affluent du Lathan; 2,000 hab. Fours à chaux,, usines , carrières de tuffeau. Au N. - E. du bourg , près du Lathan , on voit les belles ruines de l'abbaye cistercienne de Louroux, fondée en 1121 par Foulques Y, comte d'Anjou. L'aspect imposant de ces ruines arrêta en 1815 les prussiens, qui les prirent pour une forteresse. L'ancien enclos de l'abbaye a été converti en parc, qui a pour entrée un porche à pignon, flanqué de deux tourelles et percé d'une large porte ogivale, près de laquelle se trouvent les ruines de l'ancienne église abbatiale; une partie du chœur est encore debout. Les stalles et les vitraux ornent l'église paroissiale de Vernantes. Sur le territoire de la commune, on remarque le château de Jalesnes, construction du xvie siècle, entouré d'un beau parc clos de murs et bordé de fossés larges et profonds.

VERNATION s. f. (vèr-na-si-on — rad.

vernal). Bot. Disposition des feuilles dans le bourgeon, au moment qui précède leur premier développement.

— Encycl. Sous le nom primitif de vernation, comme sous la dénomination plus moderne de foliation, on a confondu deux choses bien distinctes, savoir le développement des feuilles d'un végétal, ce qui constitue la feuillaison, ê't la disposition des feuilles rudimentaires dans le bourgeon, qu'on appelle aujourd'hui préfoliation, préfoliaisoit oupréfeuillaison. C'est à qe dernier point de vue seulement que nous avons à considérer ici la vernation. Ces feuilles non encore développées tendent k occuper dans le bourgeon le moins de place possible ; pour cela, elles se pressent, se replient, se recouvrent les unes les autres, et c est en cela que consiste, a proprement parler, la préfoliation. Celle-ci dépend nécessairement de la manière dont ces feuilles seront placées sur le rameau, et aussi de la forme et delà disposition de leurs nervures; cela est si vrai qu'il suffit souvent devoir des feuilles sur un rameau pour pouvoir dire avec certitude quel a été leur mode ou leur genre de préfoliation. 11 est donc évident, comme le fait observer avec raison Auguste de Saint-Hilaire, que les différences présentées par cette dernière peuvent avoir, pour la détermination des genres et des espèces, une grande importance, puisqu'elles sont le résultat d'autres différences qui en ont généralement beaucoup.

En général, il y a beaucoup plus d'uniformité-dans la pré foliation des endogènes que dans celle des exogènes, parce qu'il y en a davantage aussi chez les premières quant à la disposition respective de leurs feuilles développées et à celle de leurs nervures. La préfoliation des dicotylédones ou exogènes est susceptible d'une foule de modifications.; toutefois, ainsi que l'a fait remarquer da Candolle, on peut les faire toutes rentrer dans les trois cas suivants: ou .les jeunes feuilles n'offrent ni courbures ni plicatures sensibles et sont uniquement appliquées les unes contre les autres ; ou elles sont .pliées et courbées , de manière que leur sommet s'appliqua sur leur base,; ou bien enfin elles sont pliées ou roulées sur leur nervure longitudinale, qui reste droite.

C'est à ce dernier mode que se rapporte la préfoliation du plus grand nombre de plan tes ; c'est aussi celui qui présente. le plus de modifications secondaires. Ainsi, les teuille3

Eeuvent être pliées de telle sorte que leurs ords se correspondent parfaitement de chaque côté, comme dans le seringat; ou plisfiées eu longueur, de manière à imiter les plis d'un éventail, comme dans les groseil-

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Hers ; ou roulées en spirale sur elles-mêmes, comme dans l'abricotier ; ou avoir seulement j leurs bords roulés, tantôt en dedans ou en ; dessus, comme dans le poirier, tantôt en de- | hors ou en dessous, comme dans le romarin. Quelquefois les feuilles sont enroulées en forme de crosse ou de volute, comme dans les fougères ; d'autres fois elles sont pliées, de haut en bas, mais plusieurs fois, sur ellesmêmes, comme dans l'aconit. .

Si maintenant, au lieu de considérer les feuilles isolément, nous les observons dans leurs positions réciproques, nous voyons qu'elles peuvent se toucher par leurs borda sans se recouvrir, ou se recouvrir seulement par leurs bords ou dans une partie de leur hauteur, ou bien se toucher par leurs bords opposés ou leurs faces voisines, ou enfin chevaucher complètement ou à moitié l'une sur l'autre. Ces observations ne s'appliquent pas exclusivementaux feuilles dans les bourgeons, mais aussi aux boutons à fleurs. V.

PRÉFLORAISON.

VERNAXZA (Joseph), baron DBFRENEY,antiquaire et philologue italien, né à Albe en 1745, mort en 1822. Il étudia le droit à Turin, remplit ensuite divers emplois administratifs et, après l'expulsion des jésuites en 1773, fut nommé gardien de leurs archives. Le hasard ayant mis entre ses raainS l'ouvrage de Terreno, intitulé V Adélaïde illustrata, son attention se trouva ainsi attirée sur les antiquités de son pays, pour lesquelles il sentit bientôt un goût si vif qu'elles devinrent l'objet unique de ses études. Il eut à subir quelques persécutions de la part des autorités républicaines, après l'entrée des Français en Italie; mais, sous l'Empire, il fut nommé conservateur de la bibliothèque de Turin et professeur d'histoire et de littérature. La Restauration sarde le priva de son emploi de bibliothécaire, mais il conserva sa chaire, où il avait su s'attirer l'affection de ses élèves et qu'il occupa avec succès jusqu'à sa mort. On a de Vernazza : Mémoire sur une table d'airain contenant une lettre d'Adrien, découverte dans l'île de Sardaigne; Essai sur les anciens peintres du Piémont, Eléments de géographie à l'usage du Piémont; Dissertation sur les monnaies de Suse ; De l'antiquité du siège épiscopal d'Alba avec la vie du poète Vida; Dissertation sur ta patrie de Christophe Colomb; Histoire des ordre* réunis de Saint-Maurice-et-Saint-Lasare; Catalogue des manuscrits en parchemin des archives des dominicains à Alba, etc.

VERNE s. m. (vèr-ne — peut-être du lat. verna, sous entendu arbor, arbre printanier; de ver, printemps. Diez préfère le rattacher au celtique : kymrique gwern, marais, d'où la combinaison coed gwern, littéralement arbre de marais). Bot. Nom vulgaire de l'aune dans certaines provinces.

— s. f. Techn. Partie de la bascule à laquelle est attaché le seau qui sert à vider 1 eau d'une ardoisière.

VERNE (Jules), littérateur français, né à Nantes le 8 février 1828. Lorsqu'il eut terminé ses études dans sa ville natale, il sa rendit a Paris pour y faire son droit. Comme il avait beaucoup d'imagination et d'esprit, M. Verne songea d'abord à écrite pour le théâtre. Il débuta par les Pailles rompues (1850, iii-8°), comédie en un acte et en vers qui fut représentée au Vaudeville, puis il écrivit, en collaboration avec M. Michel Carré, des livrets d'opéras-comiques en un acte: Colin-Maillard (l$53, in-12); les Compagnons de la Marjolaine (1855, in-12); l'Auberge des Ardennes (1860, in-12). L année suivante., il lit jouer au Vaudeville Onze jours de siège, comédie -en trois actes et en prose, en collaboration avec M. Ch. Wallut (1861, in-12). M. Jules Verne était peu connu lorsqu'il publia, dans le Magasin d'éducation et de récréation d'Hetzel, Cinq semaines en ballon, voyage de découvertes, qui parut peu après en volume (1863, in-8°). Par cet ouvrage qui eut un succès des plus vifs, M. Jules Verne créait un genre nouveau, le roman scientifique et géographique, et y apportait de rares qualités qui ont rapidement fondé sa réputation : l'invention pour varier et dramatiser les sujets, l'observation morale, le goût et l'esprit logique pour choisir des personnages appropriés à l'action et les y diriger en maintenant leur caractère à travers toutes les péripéties et les incidents, un art de mise en scène, un talent descriptif des plus remarquables, enfin de sérieuses connaissances scientifiques. Depuis Cinq semaines enbalton, M. Jules Verne a publié un grand nombre de récits attachants et curieux a tous les points de vue, qui ont obtenu le plus grand et le plus légitime succès. Plusieurs de ces ouvrages d'une invention ingénieuse et piquante et au fond, d'une portée si sérieuse, ont été couronnés par l'Académie française. Dans son rapport de 1872, le secrétaire perpétuel de cette compuguie, M. Patin, disait, en :parlant des .récits de M. Verne : « Les merveilles usées de la féerie y sont remplacées par un merveilleux nouveau, dont les notions récentes de la science font les frais. L'intérêt, habilement excité et soutenu, y tourne au profit de l'instruction. On en rapporte, avec le plaisir d'avoir appris, le désir de savoir, la curiosité scientifique. » Ces ouvrages, écrits .pour la jeunesse, ont la rare bonne fortune da plaira à tous les âges. La

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plupart ont paru d'abord dans le Magasin d'éducation, puis ils ont été édités par Helzel en volumes in- 18 et ijj,-8° illustrés. Nous citerons, parmi ces nombreux récits : Voyage au centre de la terre (1861) ; De la terre à la lune, trajet direct en quatre-vingt-dix-sept heures (1865); le Désert de glace, aventures du capitaine Ê altéras, un de ses plus émouvants récits : Autour de la lune; les Enfants du capitaine Grani ; Découverte de la terre (1870) ;les Anglais au pôle nord (1870) ; Vingt mille lieues sous les mers (18*0); Une ville flottante (1871); Vile mystérieuse, les naufragés de l'air (1870); Voyage autour du monde tn quatre-vingts jours (1872), qui parut d'abord dans le journal le Temps et qui est un clés plus- spirituels récits de M. Verne-, le Pays des fourrures (1873) ; Aventures de trois Russes et de trois Anglais dans l'Afrique australe (1874; le Docteur Ox; Maître Zacharius (1874); le Chancellor (1875); l'Abandonnée, deuxième partie de l'Ile mystérieuse (1875) ; le Secret de Vile, troisième partie de Vil» mystérieuse (1875), etc. Enfin, on doit à M. Verne : Géographie illustrée de la France (1867-1868, in-8<>), avec Th. Lavallée; Un neveu d'Amérique (1873), spirituelle comédia jouée au théâtre Cluny, et leTour du monde en quatre-vingts jours, draine en cinq actes et quinze tableaux, en collaboration avec Dennery. Cette pièce, tirée du roman portant le même titre, a été représentée pour la première fois au théâtre de la Porte-Saiul-Martin le 8 novembre 1874 et a. eu plus de trois cents représentations.

VERNE (Léger-Marie-Philippe Tranchant, comte de La), tacticien français. V. La Verne.

VERNÈDE (Jean-Scipion), théologien protestant, né en 1714, mort en 1779. 11 exerça les fonctions pastorales à Maastricht et à Amsterdam, On lui doit : les Psaumes de David, trad. en vers français (Amsterdam, 1756, in-12) ; Sermons sur la Providence (Amsterdam, 1771 in-8<>) ; Sermons sur divers sujets intéressants de dogme et de morale (Amsterdam, 1799, 2 vol. m-8°). — Son fils, Jucques ' Vbrnède, né à M:\estricht, en 1754, mort il La Haye en 1808, fut pHsteur de l'église wallonne de cette dernière ville. On a de lui des Sermons détachés et Sermons d l'usage des chrétiens affligés (Leyde, 1807, in-8°),

VEKNBGUiiS, village et commune France (Bouches-du-Rbône), cant. d'Eyguières, arrond. et à 62 kitom. E. d'Arles, sur le penchant de la colline de Puech-de-Valoni; 560 hab. Ce village est encore en partie entouré de vieilles murailles et dominé par les ruines d'uu ancien château fort, près desquelles on voit les restes d'un temple antique d'ordre corinthien, classé au nombre des monuments historiques. Cet édifice, de construction romaine, était jadis précédé d'un péristyle composé de quatre colonnes de face et d'une colonne en retour sur chaque flanc. La façade entière, le côté droit et la colonne en retour de ce côté n'existent plus ; te colonne du côté gauche est seule debout; le fût en est cannelé et le chapiteau orné de sculptures délicates. L'édifice avait lS^.SOde lonfueur sur 8 mètres de largeur. Sur le palier 'un grand escalier qui précède le temple on a placé un autel antique, portant sur ses quatre faces des sculptures représentant les principales divinités du paganisme. Sur le haut de la colline de Puech-de-Valoni, on trouve plusieurs tombeaux antiques, creusés dans le roc et fermés d'un couvercle semblable à ceux des sarcophages romains.

VERNEILH-PUIRASEAU (Charles-Joseph, baron de), historien et homme politique français, né près de Nontron, mort en 1839. Il venait dé terminer ses études de droit quand la Révolution éclata. Nommé peu après président du tribunal de Nontron, il fut élu en 1791 député à l'Assemblée législative, où il joua un rôle très-obscur; non réélu à la Convention, il traversa sans encombre, la Terreur et devint chef de bureau au ministère de l'intérieur, puis président du tribunal civil de Périgueux. Préfet de la Corrèae en 1800, préfet du Mont-Blanc, député de Nontron eu 1809, Verneilh tourna le dos à l'Empire lors de nos premiers revers, et, à la' rentrée des Bourbons, il attendit prudemment les événements. En 1819, il devint le candidat du gouvernemeut dans la Dordogne et figura aux diverses législatures des règnes de Louis XVIII et Charles X. Il fut également en faveur sous le règne de Louis- Philippe, dont il se montra zélé partisan en 1830. On doit à Verneilh : Projet de code rural (Paris, lSl4,in-i°); Statistique du département du Mont-Blanc (Paris, 1809, in-4»); Histoire politique et statistique de l'Aquitaine (1823, 3 vol. in-8°) ; Mémoires historiques sur la France et sur la Révolution (1831, in-8*).

VERNEILH-PUIRASEAU (FélixDE), archéologue français, fils du précédent, né en 18.19, mort eu 1864. Possesseur d'une fortune indépendante, il put satisfaire sans obstacle la goût qu'il avait pour les études archéologiques, et fit dans ce but un grand nombre de voyages en France et en Orient. On a de lui t Etude sur la cathédrale de Cologne; Lettres à M. Vitet sur les influences bysantines; l'Art du moyen âge et les causes de sa décadence d'après M. Renan (1862); différents Mémoire* dans les Annotes archéologiques, te Bulletin de la Société archéologique au Limousin, etc.

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VEltiNEIt (Jean), astronome allemand. V.

W'kiîner.

VERNEREY (Jean), en latin Ternereta* ou Pondirllnnus, littérateur français, né k Passonfoiitaine, près de Pontarlier, vers 1540, mort vers 1580. Après avoir complété ses études à Paris, il alla en Italie et fréquenta les universités de Bologne, Pavie et Padoue. Il soutint avec succès des polémiques seolastiques et des luttes oratoires. Ses ouvrages sont : Animadversiones in Mich. Poletum (Pavie, 1565, in-40); Compendiosa inslitutio in universam dialeclicam ex Aristotele, Rivio,aliisque auctoribus recentiaribiis collectam (Pavie, 1565, in-4°); Disputalio adversus Marium Nizolium (Lyon, 1 575, in-so).

VERNES (Jacob), théologien protestant suisse, né à Genève en 1728, mort dans <;ette ville en 1791. Admis au ministère en 1751, Vernes eut l'idée de publier un recueil périodique, et il consulta Rousseau, qui chercha vainement à l'en dissuader. Lu mésintelligence" commença entre eux lors du procès de YEmile. Veines, alors pasteur du village de Céligny, ajUaqua'son ancien ami dans ses Lettres et dialogues sur le christianisme as J.-J. Rousseau. U n'est pas facile de s'expliquer ces attaques, car le pasteur de Céligny n'était rien moins qu'un calviniste rigide, et de plus il était l'intime ami de Voltaire. Vernes fut nommé pasteur à Genève en 1770 ; en 1782, le parti populaire l'exila: mais.il obtint, en 1789, la permission de rentrer dans sa patrie. Nous citerons de lui : • Thèses ethico-theologicie, etc. (Genève, 1758, in-40); Choix littéraire (Genève, 1755-1760, 24 vol. in-S») , recueil de vers et de prose ; Lettres sur le christianisme de J.-J. Rousseau. (Genève, 1763, in-8°) ; Dialogues sur le christianisme de J.-J. Rousseau (Genève, 17G3, in-8») ; Réponses à quelques lettres de J.-J. Rousseau (Genève, 1763, in-8») ; Confidence philosophique (1772, in-8°); Catéchisme (nu, in-so), souvent réimprimé; Sermons (Lausanne, 1790, in-80), etc.

VERNES (Jacob), littérateur suisse, fils du précédent, né en 1762. Séuebier lui attribue un Recueil de poésies fugitives (Neuchâtel, 1782, in-80) et une comédie en trois actes le Mariage de Figaro (Bruxelles, 1784, in-12). MM. Haag pensent que c'est aussi lui qui publia avec dom Malherbe : Testament du publiciste patriote ou Précis des observations de l'abbé de Mably sur l'histoire de France (La Haye et Paris, 1789, in-12). On ignore l'époque de sa mort.

VKRNES-DE-LOZE (François), littérateur suisse, frère du précédent, né en 1765, mort en 1834. Il a écrit un assez grand nombre d ouvrages, parmi lesquels nous citerons: le Voyageur sentimental ou Ma promenade à Yverdun (Dresde, 1781, iii-8»), souvent réimprimé; la Franciade, poëme en seize chants (Lausanne, 1789, 2 vol. in-8«) ;le Francinisme ou la Philosophie naturelle (Londres, 1794 in-12); Adélaïde de Clureuce (Paris, 1795' 2 voi. in-8°); le Voyageur sentimental eu France sous iîoiespwTe (Genève, 1799, 2 vol. in- 12); la Création, poème en six chants (Paris, 1804, in- is); Théâtre de mite et de société, précédé de contes moraux et des Novateurs gascons (Paris, 1820, 2 vol. in-8"); Nouveaux contes moraux en prose et en vers (Paris, 2 vol. in-12) ; Tdomore ou le Sauvage civilisé (Paris, 1827, 3 vol. in-12) ; V Homme religieux et moral (y ans, 1829, in-80), réédité sous ce litre : {'Homme politique et social (1831) ;Seymour (Paris, 1834,2 vol. in-80).

VERNET-LES-BA1NS, village et commune de France (Pyrénées-Orientales), cant., arrond. et à 14 kiloin. S. de Prudes, au pied du Canigou, sur les deux rives du ruissseau du Castell ; 880 hab. Sources thermales sulfureuses et établissement de baius. Suivant M. Anglada, l'existence des bains du Vernet remonte k 1377. Ils appartenaient h cette époque à l'abbaye de Saint-Martin-de-Canigou, et un établissement thermal y existait déjà. Le grand bassin destiné aux bains était alimenté par trois sources. Au commencement du xvme siècle l'établissement thermal du Vernet ayant été détruit par un incendie, le docteur Banère acquit des religieux dé Saint-Martin la propriété des bains ; un nouvel établissement fut construit (1788), et depuis cette époque la découverte de nouvelles sources n'a fait qu'apporter au Vernet d'autres éléments de prospérité.

Le village, depuis que ses eaux sont devenues célèbres, a pris un accroissement rapide. Son église ne renferme plus que de faibles vestiges d'une antiquj chapelle romane.

Les eaux du Vernet sont thermales et sulfureuses; on compte six source» principales; .«ource du Vaporariuin, source de la Comtesse, source Elisa, .-ource Castell, source du Torrent, source Ursule, Le débit en vingtquatre heures est, a l'établissement principal, de 1,104 hectolitres. La température des eaux varie de 28" à 290 et de 32<> a 40°. Leurs caractères particuliers sont les suivants : eaux incolores et limpides, odeur et saveur sulfureuses, onctueuses au toucher, déposant une plus ou moins grande quantité de glairine. Elles s'emploient en boissons, bains, douches et inhalations et agissent comme la plupart des eaux sulfureuses, de préférence sur la peau et les muqueuses. Elles ne s'exportent pas. L'analyse chimique k laquelle on

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les a soumises les a fait classer dans les eaux sulfureuses k basede soude. M. le docteur Henri y a même trouvé des traces de fer et d'iodure.

Les établissements thermaux sont au nombre de trois :

l» Thermes des Commandants, ainsi nommés parce qu'ils appartenaient à d'anciens commandants de Villefranche. L'établissement proprement dit renferme cinquante chambres pour les baigneurs et contient en outre tous les accessoires d'un hôtel. Toutes les parties sont maintenues par la source des douches à une température qui varie entre 150 et 18». Une chapelle de style gothique se trouve à l'intérieur même de l'établissement.

2» Etablissement de la Source-Mère. Il est consacré aux malades pauvres et reçoit environ soixante personnes, qui peuvent suivre un traitement complet en bains, douches et vapeurs, sans sortir de la maison.

3° Thermes Mercader. Ces thermes, qui doivent leur nom aux sources nouvelles découvertes en 1832 par M. Mercader, sont situés à 150 mètres environ de la grande place du Vernet. L'établissement se compose de plusieurs maisons isolées, pouvant recevoir ensemble jusqu'à cent vingtbaigneurs. Les cabinets de bain sont garnis de baignoires en marbre blanc d'Italie, alimentées par quatre sources. Un second bâtiment situé au bas du jardin anglais, sur le bord de la grande route contient, outre des baignoires de marbre blanc, un vaporarium, une grande salle de douches et un salon sulfuraire. Enfin un troisième bâtiment n'est guère qu'un casino de jeux.

VERNET-LA-VAREINNE, bourg et commune de France (Puy-de-Dôme), canton da Sauxillanges, arrond. et à 20 kilom. S.-E. d'Issoire; pop. aggl., 323 hab. — pop. tôt., 2,216 hab.

VERNET (Antoine), peintre français, chef d'une nombreuse famille de peintres illustres, né k Avignon en 1689, mort dans la même ville en 1753. Il n'étair, à proprement parler, que peintre décorateur et il ne sortit jamais de sa ville natale. Il y avait encore au siècle dernier, dans divers hôtels d'Avignon, des dessus de porte avec panneaux décoratifs d Antoine Vernet; ils ont fini par disparaître. Sa spécialité était de peindre des armoiries, des ligures, des scènes champêtres sur les panneaux des chaises à porteurs; le musée d'Avignou possède en ce genre quelques beaux spécimens de son talent.

Il eut de sa femme, Marie-Thérèse Garnier, qu'il avait épousée en 1711, vingt-deux enfants, dont treize, seulement survécurent. Quatre de ses fils furent peintres : Claude- Joseph Vernet, dont la biographie suit; Antoine-Ignace Vkrnet, né en 1726, mort postérieurement à 1779, qui cultiva le même genre que son frère aîné et signa comme lui ses tableaux : J. Vernet; on ne connaît guèro de lui qu'une Eruption du Vésuve, gravée en 1779 par Verroter ; il passa la plus grande parue de sa vie en Italie et mourut à Naples; François-Gabriel Vernet, né en 1728; il est l'auteur d'un tableau que l'on voit dans l'église Saint-Agricol , à Avignon ; Antoine- François Vernet, né en 1730, peintre de paysage et de marine, comme ses trois frères. Le musée d'Avignon possède de lui deux tableaux; de Lorraine et Tardieu en ont gravé trois autres : VOnde tranquille, Y Onde agitée et le Rocher dangereux; il mourut k Paris, où il s'était établi marchand d'estampes. Une fille d'Antoine Vernet épousa un statuaire, Honoré Guibert, qui fut membre de l'Académie et sculpteur des bâtiments du roi. Les enfants de Guibert- Vernet et ceux d'Ignace Vernet ont été presque tous peintres, sculpteurs, orfèvres et ont ainsi continué dans une ligne collatérale; l'illustration de leur oncle, Claude-Joseph Vernet et de ses fils.

VERNET (Claude-Joseph), célèbre peintre de marine, fils dAntoine Vernet, né u Avignon en 1714, mort au Louvre en 1789. Il peignit d'abord avec son père des dessus de porie, des écrans, des panneaux de voiture et de chaise à porteurs, et révéla ses aptitudes dausce genre secondaire. Des groupes de fruits et de fleurs qu'il peignit pour la salle k manger d'un prélat d'Avignon rendirent même, dit-on, Antoine Vernet jaloux du talent de son lils, par lequel il se voyait dépassé. Il ne lui en fournit pas moins les fonds nécessaires pour aller perfectionner en Italie ses études artistiques, et Joseph Vernet s'embarqua à Marseille avec 200 livres dans sa poche; il avait dix-huit ans. L?. vue de la nier et une tempête qui assaillit le navire lui révélèrent sa vocation ; c'est durant la traversée de Marseille à Civita-Vecchia que, curieux de contempler attentivement les phénomènes nouveaux pour lui qui s'offraient à ses yeux, il se lit attacher au mât ds navire, afin de ne rien perdre de l'horreur du spectacle, épisode resté célèbre dans les fastes de l'art. Arrivé à Rome en 1732, il entra dans l'atelier d'un peintre de marine, Bernardino Fergioni, fréquenta aussi celui d'un Français, Manglaid, et se lia avec deux des maîtres de l'époque, Solimène et Panini. Il étudia avec eux les ruines de Rome, les paysages des environs, ceux des côtes de la Méditerranée, du golfe de Naples, se sou-

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ciant peu des modèles et puisant directement ses inspirations dans la nature ; ce fut son originalité dans une époque où dominait l'art conventionnel. Il ne fut pas tout d'abord apprécié à sa valeur. Comme il lui fallait vivre, il vendait alors a vil prix une foule de petits tableaux que plus tard les amateurs se disputèrent; mais on ne tarda pas à reconnaître ce qu'il y avait de justesse et de vérité dans ses marines, où surtout les effets de lumière étaient rendus' avec une sorte de magie, et ses Coups de vent, ses Tempêtes, ses Brouillards, ses Clairs de lune, ses Calmes, ses Heures du jour devinrent très-recherch is. Joseph Vernet resta vingt-deux ans en Italie, vivant ainsi de la vente de ses petites toiles, qu'il peignait rapidement, et de quelques commandes de prélats ou de grands seigneurs; il peignit pour le palais Rospigliosi et pour la galerie Farnèse d'admirables paysages dans le goût de Salvator Rosa. Quoique resté éloigné de la France, il n'en fut pas moins reçu membre de l'Académie en 1745 et exposa aux Salons des années suivantes. Diderot lui consacra quelques pages enthousiastes: a Vingt-cinq tableaux, s'écriet-il au Salon de 1765, et quels tableaux t C'est comme le Créateur pour la célérité, c'est comme la nature pour la vérité. Ou dirait de Vernet qu'il commence par créer le pays et qu'il a des hommes, des femmes, des enfants en réserve dont il peuple sa toile comme on peuple une colonie ; puis il leur fait le temps, le ciel, la saison, le bonheur, le malheur qu'il lui plait. C'est le Jupiter de Lucien, qui, las d'entendre les cris lamentables des humains, se lève de table et dit : « De la grêle en » Thrace! > et l'on voit aussitôt les arbres dépouillés, les moissons hachées, le chaume des cabanes dispersé : « La peste en Asie I » et l'on voit les portes des maisons fermées, les rues désertes et les hommes se fuyant : ■ Ici un volcan 1 ■ et la terre s!ébranle sous les pieds, les édifices tombent, les animaux s'effarouchent, les habitants des villes gagnent la campagne : • Une guerre là|I ■ et les nations courent aux armes et s'entr'égorgent: 1 En cet endroit une disette! 1 et le vieux laboureur expire de faim sur sa porte. Jupiter appelle cela gouverner le monde, et il a tort; Vernet appelle cela faire des tableaux, et il a raison. Ce qu'il y a d'étonnant, c'est que l'artiste se rappelle ces effets à 200 lieues de la nature et qu'il n'a de modèle présent que dans son imagination ; c'est qu'il peint avec une vitesse incroyable; c'est qu'il dit : ■ Que la lumière se fasse I • et lu lumière est faite : • Que la nuit succède au • jour et Je jour aux ténèbres! » et il fait nuit, et il fait jour; c'est que son imagination, aussi juste que féconde, lui fournit toutes ces vérités; c'est qu'elles sont telles que celui qui en fut spectateur froid et tranquille au bord de la mer en est émerveillé sur la toile ; c'est qu'en effet ces compositions prêchent plus fortement la grandeur, la puissance, la majesté de la nature que la nature même, il est écrit: Cœli enarrant gloriam Dei ; mais ce sont les cieux de Vernet, c'est la gloire de Vernet. • Ces éloges "pourraient passer aujourd'hui pour, hyperboliques; ils témoignent de la révolution opérée par Joseph Vernet dans l'art du paysage. Bien avant que Diderot écrivit ces lignes et des qu'il eut sigaalè l'artiste lors de ses premiers envois de Rome, d'éminents amateurs lui avaient adressé de nombreuses commandes. Peu de touristes anglais quittaient l'Italie sans emporter quelques-unes de ses Vues de Tivoli, Paysages d Atbano, Paysages de Lariccia, Eruptions du Vésuvet Golfes de Naples, etc., qui lourmillent dans son œuvre, car J. Vernet, tout en ayant une facilité prodigieuse, s'est beaucoup répété. Lorsqu'il eut été admis à l'Académie de peinture, le frère de Mme de Pompadour, dont la favorite avait lait, sous le nom de marquis de Marigny, un directeur général des bâtiments du roi, vint exprès à Rome pour voir Vernet et lui coufier une suite de tableaux représentant tous les ports de France. U décida le peintre à revenir (1753), et, cette même année, Vernet envoya au Salon un Port de mer au soleil couchant, qui arracha à Diderot des cris d'admiration; il a péri avec le château de Saint-Cloud, dans les galeries duquel on l'a longtemps admiré-. La commande que lui coudait Marigny consistait en vingt-deux tableaux qui devaient être payés 6,000 livres chacun et représenter les ports d'Amibes, de Toulon (trois tableaux), de Marseille (deux tableaux), de Cette, de Bandol, de Bayonne, de Bordeaux (deux tableaux), de Rocùefort, de l'île d'Aix avec une des îles de Ré et d'Oleron (deux tableaux), de La Rochelle, de Belle-lsle, de Port-Louis et de Lorient, de Brest (deux tableaux), de Saint-Malo, du Havre et de Calais. Marigny dressa même k ce sujet l'itinéraire du peintre et lui indiqua les points de vue k reproduire; on voulait, en effet, réunir une sorte de panorama de la plus grande exactit-jde, pouvant servir de document pittoresque sur les principaux ports de France. C'eït encore l'intérêt qu'ont pour nous ces tableaux de Vernet, indépendamment de leur mérite artistique; ce sont de véritables monuments historiques où l'on retrouve non-seulement la topographie exact-e des ports au xviue siècle, niais les costumes, les usages et les physionomies de l'époque. J. Vernet n'en a peint que quinze, dont douas seulement ont passé du cabinet du roi au mu -

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sée du Louvre ; la suite fut arrêtée par la pénurie des finances livrées aux dilapidations ruineuses de la favorite. Ce sont : Vue de l'entrée du port de Marseille (1754) ; Vue de l'intérieur du port de Marseille, prise du pavillon de l'horloge du parc (1754); Vue du golfe de Bandol (1755); Vue du port neuf de Toulon, prise de l'angle du parc d'artilterie (1756) ; Vue de la ville et de la rade de Toulon (1756); Vue du vieux port de Toulon (1756) ; Vue de la rade d'Antibes (1756) ; Vue du port de Cette (1757); Vue de la ville et du port de Bordeaux, prise du côté des Satinières (1758) ; Vue de la ville et du port de Bordeaux, prise du château Trompette (1759); Vue de la ville et du port de Buyonne (1761) ; Vue du port et de la ville de Rayonne, prise de l'allée de Bouf fiers (1761) ; Vue du port de La Rochelle (1762); Vue du port de Rochefort (1762); Vue de la ville et du port de Dieppe (1765); ce dernier ne figurait pas dans l'itinéraire tracé par Marigny. Les autres tableaux de J. Vernet, recueillis au musée du Louvre, sont : le Naufrage (1753); Effet de clair de lune (1759); le Malin ou la Pêche (1762) ; le Midi ou la Tempête (1762) ; le Soir .ou le Coucher du soleil (1762); la Nuit ou le Clair de lune (1762) ; le Malin (1765) ; la Nuit (1765); le Torrent (1765) ; les Baigneuses (1772>; le Retour de la pêche (1772); Construction d'un grand chemin (177 4) ; Cuscatetles de Tivoli; Vue des environs de Rome; Un port de mer, effet de clair 'de lune; Port de ma; effet de brouillard; le Midi ou le Calme; le Soir ou là Tempête ; Effet de soleil couchant par un temps brumeux (marine) ; Effet de clair de tune (marine) ; le Midi (marine) ; Effet de soleil couchant (marine); Vue des environs de Marseille; autre Vue des environs de Marseille; Vue du pont et du château Saint-Ange, à Rome; Vue du ponte Rotto, à Rome; tous ces derniers tableaux, non datés, proviennent du cabinet du roi.

Pour les autres oeuvres de J. Vernet, le catalogue complet serait difficile k établir et ne présenterait pas une grande utilité. Bornons-nous k mentionner huit grands tableaux de 9 pieds de hauteur sur 6 de largeur, que le financier Joseph de La Borde lui commanda pour décorer son château de La Ferté- Vidame; ce sont les plus grands que l'artiste ait exécutés et ils comptent parmi ses chefsd'œuvre ; on y admirait surtout deux Nuits, dont l'une est illuminée par un feu d'artifice à la lueur duquel se dessine la silhouette d'une ville ; Vernet a obtenu 1k l'un des effets les plus magiques de sa peinture. Il aimait beaucoup les feux d'artiiiee et n'en manquait pas un; on dit même que c'est lui qui inventa le bouquet, dont les Ruggieri du xvme siècle ne s,'étuieut pas encore avisés. Un grand nombre de ses tableaux sont dispersés dans les musées de Londres, de La Haye, d'Amsterdam, de Berlin, de Vienne, de Varsovie, de Saint-Pétersbourg; on en trouve également dans presque tous nos musées de province, spécialement à Avignon, qui possède, en outre, la plus belle collection d'estampes d'après le maître, deux cent soixante-huit pièces; à Caen, k Cherbourg, k Dijon, k Lille, k Lyon, k Marseille, k Montpellier, k Nîmes, k Orléans et k Tours, Ce sont toujours des effets de soleil levant ou couchant, des tempêtes, des calmes, desbrouillards, des paj'sages terrestres ou maritimes aux différentes heures du jour ou de la nuit, thèmes favoris de J. Vernet et dans lesquels il savait déployer une étonnante variété.

« On a dit avec raison, dit M. H. Delaborde, que Poussin était le peintre des hommes sérieux; on peut dire de Joseph Vernet qu'il est le peintre des gens desprit, mais d'un esprit un peu superficiel. Ses tableaux doivent satisfaire suns doute les intelligences pressées qui veulent comprendre une couvre d'art au premier coup d'œil et y lire tout de suite k livre ouvert ; il est moins probable qu'ils contentent les intelligences amies du recueillement et de l'étude, celles qui aiment à voir au delà du fait, et qui préfèrent les intentions profondes aux intentions facilement exprimées. On reconnaîtrait peut-être dans le talent de l'artiste plus d'adresse que de science, plus de sagacité que d'imagination, plus de magie que de vraie puissance; mais on ne saurait eu tout cas refuser k ce talent l'estime qui lui est due et contester la légitimité du succès attaché depuis plus d'un siècle aux ouvrages de Vernet. Ce qui les caractérise surtout, ce qui eu constitue la supériorité véritable, c'est une juste proportion entre les entraînements de la verve et la reproduction servile de la réalité... Les paysages de Vernet, où la recherche du naturel s'unit à des coutumes un peu conventionnelles de la pensée, indiquent, la réaction encore tempérée de l'esprit moderne contre ies doctrines et les formes du passé; c'est ce qui reud ces tableaux oignes d'attention et d'étude, et l'auteur doit garder à nos yeux sa double importance de peintre habile et de précurseur du mouvement qui s'opère aujourd'hui. Le rôle de précurseur, en effet, lui appartient beaucoup plutôt que celui d'un initiateur souverain... Les principes qu'il avait importés en France dirigent encore notre école de paysage; elle ne fait que les appliquer avec une plus stricte exactitude, uue logique plus inflexible, d

VBRNBT (Antoine -Charles -Horace, dit

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f.arle), fils du précédent, né à Bordeaux en 1758, mort ii Paris en 1835. 11 n'étudia quo peu de temps dans l'atelier de Son père, ses goûts le portant !i f.iire antre chose que des marines, et entra tout jeune dans l'atelier de Lépicié. A vingt et un ans, i! remporta la second prix de Rome sur ce sujet : Abigaïl apporte des présents à David (1779), et trois ans plus tard le premier prix : la Parabole de l'enfant prodigue. 11 avait cependant montré des dispositions précoces, mnis il aimait mieux vivre avec les grands seigneurs, amis de son père, monter à cheval et suivre les courses dont la mode commençait en France, que se livrer a des études sérieuses; d'ailleurs, il n'aimait peindre que des chevaux et passait ses journées dans les écuries et les manèges. Un Cheval de course, qu'il offrit à son père au jour de l'an 1780, fut son premier essai sérieux dans ce genre où il devait devenir maître. En Italie, il s'adonna à l'étude des peintres de bataille, et spécialement de Salvator Rosa; mais, par un contraste singulier avec ses dissipations antérieures, à force d'entrer dans les églises pour les visiter, il lui prit l'envie d'y rester et de se l'aire prêtre. 11 abandonna" complètement la peinture et se. plongea dans la religion. Lagrenée, alors directeur de l'Académie, instruisit Joveph Vernet de la situation d'esprit de son fils et rit rappeler celui-ci en France. Il n'avait séjourné qu'un an à Rome au lieu d'y rester durant les cinq années réglementaires. Cette crise prit fin et le jeune artiste se remit au travail. Il voulait produire une grande oeuvre et choisit pour sujet le Triomphe de Paul-Emile, vaste composition qui lui permettait de jeter sur la toile un pêle-mêle de chevaux, de chars et d'armures. Il mit cinq années a ébaucher ce tableau, dont il changeait sans cesse les dimensions pour y introduire de ' nouveaux épisodes, et il le présenta en 1789 à l'Académie de peinture comme tableau de réception. Deux ans auparavant, il s'était marié avec Fanny Moreau, fille du graveur du cabinet des estampes, que l'ébauche de cette vaste toile avait vivement impressionné. Toutes les humeurs noires du peintre s'envolèrent alors et il revint aux plaisirs de la vie parisienne; les courses de chevaux, k-s bals masqués, les dîneurs du Veau qui tette le revirent comme autrefois. En peinture, il abandonna le genre académique qu'il avait inauguré dans le Triomphe de Paul- Emile et dépensa son talent facile en petits sujets de genre représentant surtout des chevaux et des épisodes de courses; il ne cultiva guère l'académie que dans de grands dessins : Courues de ehars aux funérailles de Patrocle, la Mort d'IIippolyle, Vainqueur aux courses de chars revenant avec sa compagne, compositions correctes, mais froides, qui ont l'inconvénient de montrer des Grecs nus ou en coutumes homériques sur des pur sang anglais, tirés des écuries à la mode. La Révolution venue, il «'y jeta d'abord avec empressement et se lit nommer officier des . grenadiers de la garde nationale; il était, au t) août, de garde aux Tuileries et fit partie des bataillons qui, refusant de tirer sur le peuple, évacuèrent le château; comme il se retirait, il fut blessé a la main par une balle. Mais quand le mouvement s'accéléra, il refusa de le suivre, et sous la Terreur il eut la douleur de voir sa sœur, mariée à l'architecte Chalgrin, condamnée a mort comme 6tispecte de modéraïuisme. Elle monta sur l'éehafaud le S thermidor an IL Carie Vernet avait en valu supplié son collègue David d'intervenir pour elle ; David lui répondit : « J'ai peint Brutus; je ne solliciterai pas Robespierre. ■ De là entre les deux artistes une antipathie qui subsista longtemps. Avec le Directoire, Carie Vernet reprit ses crayons et composa celte amusante série des incroyables et des Merveilleuses, légères caricaturesque la gravure et fa lithographie ont popularisées et qui, malgré leurs spirituelles exagérations, reproduisent avec une exactitude suffisante les modes et les travers de cette curieuse époque. Il dessina aussi pour Debucouri, qui les grava, des Etudes de chevaux, au nombre de quatre-vingts pièces; elles eurent une vogue prodigieuse. Sous le Consulat, ce fut par des dessins de batailles qu'il consolida sa réputation, et il en avait déjà donné un grand nombre, gravés par Duplessis-B&rtaux et d'autres artistes, publiés sous le titre de Tableaux historiques des campagnes et révolutions d'Italie, loisque l'idée lui vint d'aborder ces sujets en peinture; il débuta dans ce genre au Salon de 1804 par la Bataille de Marengo. Durant la campagne d'Italie, il avait accompagné le premier consul sur la plupart des champs de bataille et dessiné sur le terrain les épisodes qu'il voulait reproduire. « Plus hardi que Van der Meulen, moins gêné par l'étiquette, dit M. L. Lagrange, c'est au cœur de l'action qu'il se plaçait, montrant aux spectateurs non plus seulement les dispositions générales des lignes, mais le mouvement réel des troupes, le drame passionné auquel concourent les hommes et les chevaux, les généraux et. les soldats. Ce cadre vivant était si bien approprié à ce qu'il fallait peindre que, malgré les efforts épiques de Gros, l'art n'a plus changé depuis, et ions les peintres de batailles modernes, à commencer par Horace Vernet, , n'ont pu faire mieux que de se conformer au programme tracé par la Bataille de Marengo.

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Afin de se rendre plus familiers les différents personnages du drame, Carie étudiait dans dos tableaux de moindre dimension les actions particulières qui forment comme le réseau de l'action générale. C'étaient des marches, des combats singuliers, des trains d'artillerie. La encore il inaugurait une peinture toute nouvelle, le genre militaire. Bien plus, il fut un des premiers à y introduire un élément qui y joue encore un grand rôle, l'élément oriental. Carie a peint et dessiné le mameluk dans toutes les positions difficiles, témoin cette Sortie, popularisée par la gravure, où l'on voit le malheureux cavalier lancé au galop sur un pont-levis qui se brise; ou bien il le montre au repos, sous sa tente, son cheval près .de lut; car le cheval arabe, devenu un type classique de l'art contemporain, c'est Carie Vernet qui l'a peint le premier, donnant ainsi le branle à ce mouvement qui devait entraîner vers l'Orient et son fils Horace, et Becamps, et Delacroix. » Les tableaux qui suivirent la Htttaille de Marengo furent : le Matin d'Austerlitz (Salon de 1808) ; le Bombardement de Madrid et la Bataille de ltiooti (Salon de 1810). Cependant, quel que soit le mérite de ces grandes compositions, le talent facile de Carie Vernet se déploie plus à l'aise dans des petits sujets familiers, comme sa Calèche partant pour la promenade, Calèche partant pour la chasse, les Exercices de Franconi (Salon de 1808) ; la Ilevue sur la place du Carrousel (Salon da 1810), excellent tableau, auquel l'exactitude des costumes et des portraits donne une grande valeur historique; le musée du Louvre en possède un dessin à la sèpia qui vaut presque le tableau; la Chasse de l'empereur (Salon de 1812). Au Salon suivant (1814), le peintre, qui n'avait pas de parti pris a l'égard des souverains, exposa' un Portrait du duc d'Angoulème et une Chasse de Louis XVIII à Rambouillet (1818); en même temps le caricaturiste, mis en bonne humeur par les types bizarres que l'invasion amenait a Paris, livrait au ridicule nos bons amis les ennemis, comme les appelait Bélanger, dans mie amusante série d'estampes :* Militaires anglais, Tambours russes, Officiers prussiens, la Promenade anglaise, le Cosaque galant, les Anglais à Paris, la Partie déplaisir, les Adieux d'un Musse à une Parisienne, etc. Tous ces types sont vivants; Carie Vernet trouva du premier coup de crayon la silhouette grotesque qu'ont depuis cent fois reproduite les dessinateurs quand ils ont voulu se moquer du gros Goddam bouffi de son importance, de 1 Anglaise étriquée et aux longues dents, du Cosaque s'exerçant à la galanterie et du Prusssien faisant des grâces. La lithographie, qui commença précisément à devenir pratique vers cette époque, offrit à son crayon un moyen de propagation rapide dont il fqt un des premiers à comprendre toutes les ressources, et ce qu'il publia en quelques années de scènes de mœurs, de scènes militaires, de caricatures politiques, d'épisodes de courses ou de chasses, d études de chevaux et de cavaliers atteignit un chiffre prodigieux. Le cabinet des estampes de la Bibliothèque nationaleareeueilliquatre cent trente et une pièces de ce genre et ce n'est certainement pas tout l'œuvre de Carie Vernet; les plus populaires sont: la Danse des chiens, le Jour de barbe d'un charbonnier, la Toilette d'un clerc de procureur, la Houle de Poissy, les Joueurs de boule; soixante-quatre pièces sont consacrées à l'illustration des Fables de La Fontaine.; une centaine aux Cris de Paris, étonnante série d'études de types populaires. Ces pochades, qui ne lui coûtaient aucun travail, ne l'empêchaient pas de composer encore quelques toiles de genre, comme le Chien du duc d'Enyhien (1821), et de grands tableaux, comme la Prise de Pampelune (1824), exécutée dans le genre de ses grandes batailles de l'Empire, et la Chasse au. daim dans les bois de Meudon (1827), le seul tableau de lui que possède le musée du Louvre,

Un voyage à Rome qu'il fit pour accompagner son fils Horace, nommé directeur de F Académie en 1829, remplit les dernières années da sa vie; de retour en Fiance en 1833, on le vit encore caracoler au bois de Boulogne, malgré ses soixante-quihze ans ; il vivait toujours en jeune homme, passait ses soirées au café de Foy, au plafond duquel il avait peint une hirondelle restée eô» lèTjre, et ébauchait même, pour clore sa carrière artistique, une grande composition:

Louis XVI II allant rendre grâce à Dieu dans l'église Notre-Dame, lorsqu'il fut emporté par une fluxion de poitrine.

VERNET (Horace), l'un des grands peintres de la Fiance, fils du précédent, né au Louvre, a Paris, le 30 juin 1789, mort le 1? janvier 1863. Son enfance s'écoula dans l'atelier de sou père, qui était le rendezvous politique des libéraux de l'époque. Dernier rejeton d'une dynastie glorieuse, le jeune Horace fut gâté comme tous les héritiers présomptifs. Son éducation se fit à bâtons rompus, car sou père avait pour lui une faiblesse prodigieuse. C'est au galop qu'il visita les ateliers de Carie Vernet, de Moreau, son grand-père maternel, de Chalgrin, son oncle, de Vincent, le maître aime qui a fait tant de peintres remarquables. A l'Ecole des beaux-arts, il n'avait aucune assiduité, et ce fut sans succès qu'il se présenta au con-

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cours du grand prix. « Inconstant, mais enivré par l'adresse de ses doigts, dit M. Beulé, il se jouait tour à tour avec le crayon, avec le burin, avec le pinceau ; trouvant plus aisé de deviner que d'apprendre, plus doux de produire que de se discipliner. Il saisissait vivement ce qui flattait ses instincts et dédaignait ce qu'il n'avait point saisi » De 1807 à 1814, Horace Vernet se mit à imiter ce qu'il avait vu : il peignit des marines, des chevaux, il se mit a graver des planches de modes, il dessina des caricatures, des charges de la vie militaire. Ces genres divers, qui n'accusaient encore qu'une certaine souplesse, lui valurent -les faveurs de la cour, plusieurs méduiUes et la croix d'honneur en 1814. L'impératrice Marie-Louise et le roi Jérôme étaient admirateurs des œuvres du jeune artiste. Ils lui commandèrent plusieurs petits tableaux, qui lui étaient payés déjà de 8.000 à 10,000 francs, et, grâce aux nombreux amis de sa famille, il était déjà populaire, quand une circonstance vint mettre le comblé k son heureuse fortune. En 1822, tout ce qu'il présenta 'au Salon fut refusé. « On allégua, dit M. Beulé, les cocardes tricolores qui blessaient les yeux ; on aurait dû alléguer les sujets qui troublaient tant de cœurs mal affermis dans l'obéissance. Mais on eut tort de provoquer un homme résolu, amoureux de la lutte, bien trempé pour la soutenir. Horace déclara que son exposition se ferait..., et l'atelier de l'artiste suffit à sa vengeance; tout bon Français avait juré d'y étouffer. Quels éloges I quel enthousiasme I quels transports commandés surtout par la politique 1 ceux qui n'avaient jamais eu de regard pour la peinture étaient les admirateurs les plus fervents.;. »

On voyait à cette exposition particulière : la Mort de Poniatowski , le Grenadier de Waterloo, ie Soldat laboureur, le Cheval de trompette, le Chien du régiment, les Batailles de Jemtnapes et de Valmy, la Bataille de Montmirail, la Dernière cartouche et un tableau d'autobiographie, l'Intérieur d'un atelier. Après avoir obtenu un véritable triomphe, le jeune maître alla visiter l'Italie avec so'n père. « Pendant son séjour à Rome, dit le biographe que nous avons déjà cité, en face de chefs-d'œuvre dont il était trop tard pour s'inspirer, il regretta les heures perdues de sa jeunesse; il comprit qu'à cet âge la docilité est une puissance, la tradition une force décuplée, la mémoire un trésor qui doit s'emplir de lignes idéales et de belles formes, plutôt que refléter la mobilité d'un monde qu'on retrouve toujours, et que le style enfin, qui ne s'improvise pas, mais qu'il faut conquérir, est le sceau de la véritable grandeur. » Rentré à Paris vers 1825, il y trouva le roi Charles X animé de meilleures dispositions. Le gouvernement avait compris que l'on ne saurait être hostile impunément à un artiste populaire. Le portrait du prince lui fut commandé; on lui donna en même temps la décoi'ation d'un plafond du Louvre, celui qui représente Jules II commandant les travaux du Vatican. Horace Vernet put exposer ensuite sans obstacle le Pont a'Arcole, la Revue du Champ-de-Mars (1827) ; l'Evasion de Lavatelte,la. Dernière chasse de Louis XVI, Edith cherchant te corps de Sarold (1328). L'année suivante, comme gage d'une paix durable, Horace Vernet fut nommé directeur de l'école de Rome, sur la présentation de l'Académie. « Dès lors, pour ne pas déplaire au roi, il cessa d'exalter les victoires de la République et de l'Empire et peignit du pittoresque : les Brigands et les carabiniers, la Confession du brigand, la Chasse dans tes-marais Pantins, la Rencontre de Raphaël et de Michel-Ange et l'Arrestation des princes par l'ordre d'Anne d'Autriche... ■ Louis-Philippe régnait quand il revint à Paris. 11 put donc, sous ce gouvernement, se livrer a toute l'exaltation de son chauvinisme. Aussi le voyons-nous envoyer successivement aux Salons léna, Friedland, Wagram, qui sont moins des batailles que des épisodes, des anecdoctes héroïques servant de prétexte à autant de portraits de Napoléon.

A cette époque,- la mort lui prit son père et il en ressentit un chagrin profond. Pour essayer de se distraire, il alla voir l'Afrique. La disposition' de son esprit ne lui lit voir autre chose dans ces contrées que le pays des légendes bibliques , et il tenta d'abord quelques tableuux dans ce genre difficile. Il fut rappelé à Paris par le roi Louis-Philippe, qui lui confia l'exécution d'une suite de peintures pour la galerie -de Constantine, an palais de Versailles, Durant les six années qu'il consacra à Ce travail, de 1836 à 1842, il revint eu Afrique plus d'une fois, vivant au camp parmi les officiers, suivant les expéditions, préparant les matériaux de son Siège de Constantine et de la Smala, la plus considérable de ses to'iles. Mais à la tin de ses travaux, en présentant la carte à payer au bon roi Louis-Phi.ippe, qui aimait compter, Horace Vernet eut une iliscussiou très-vive, qui lui fit quitter la France immédiatement. Son dépit, très-naturel, très-légitime, dit-on, le conduisit en Russie, où l'empereur l'avait appelé déjà plus d'une fois.

Pour bien connaître Horace Vernet, il faut le suivre en Russie. Citons quelques lignes de sa correspondance intime (io juillet 1842) : ■ J'ai été encore ici, écrit-il, 1 objet de l'attention générale. L'empereur, après m'a-

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voir tenu la main pendant longtemps et m'avoir parlé de tout ce qui s'était passé pendant les manœuvres, s'est retourné pour dii

il que j'ai reçu ici de la je me flatterait trop si je

» le camp. ■ l.'accuei part de tout le monde . . .

n'étais accoutumé à en recevoir un semblable partout... Ingres a fuit fiasco ici. La société, qui tôt ou tard fait la part du mérite de chacun, n'ayant pas été excitée par une claque, a laissé mourir un succès mûri sous cloche. Le grand air l'a tué... La peinture de Ingres joue un rôle qui ne le ferait pas rire s'il savait comment on l'arrange ici... ■

Le Portrait en pied et un Portrait équestre de l'empereur Nicolas, quelques portraits de .personnages de la cour et une grande Prijj de Varsovie, où le peintre malmène les pauvres Polonais, le Carrousel du mois de mai 1842 et la Prise de Wola sont les travaux qui occupèrent ses loisirs à Saint-Pétersbourg. Une grande douleur l'attendait à sa rentrée en France, la mort de sa fille, Mme Paul Delaroche.

Peu après cette catastrophe, Horace Vernet exposa son fameux Portrait du Père Philippe, Va Smala, la Bataille d'/s/.y (1845- 18461, puis la Prise de Home par les Français (1851). Malgré l'affolement du public pour l'auteur, ce tableau fut déclaré inférieur aux autres œuvres du maître ; mais le succès lui revint comme autrefois avec Joseph vendu par ses frères, le Retour de la chasse au lion, une Chasse au mouflon dans le Maroc et là Messe de Kabylie, qui parurent successivement. Un Portrait équestre de l'empereur Napoléon III et un Episode de la guerre de Crimée furent les derniers morceaux de quelque importance qui signalèrent les dernières années de sa carrière.» L'Exposition universelle de 1855, dit M. Beulé, lui ménageait un triompha qui est rarement accordé aux vivants. Non-seulement l'admiration publique fut assurée par l'ensemble des œuvres de Vernet, mais un jury de peintres choisis dans tons les pays de l'Europe, c'est-à-dire une assemblée de rivaux, lut décerna la grande médaille d'honneur; c'était comme un jugement anticipé de la postérité. Dès lors le monde n'avait plus rien à lui promettre, la mort plus rien à lui ravir. Il l'attendait de pied ferme, et quoiqu'elle ait été précédés des douleurs les plus cruelles, d'opérations répétées, d'une agonie de plusieurs moi3, il souffrit stoïquement, mourut en soldat.» Il fut nommé grand officier de la Légion d'honneur (7 décembre 1862) et les insignes furent déposés sur son lit de mort. Ainsi -finit, le 17 janvier 1863, un homme dont la renommée ne s'effacera jamais. Son œuvre fut immense, populaire, et cependant il trouva parfois de bien dures critiques.

Gustave Planche écrivait en 1855 : " Il y> a en France un nom très-populaire que je n'ai pas même écrit en parlant de l'Ecole française. J'entends dire que mon silence estinal interprété; on va jusqu'à me reprocher de méconnaître les gloires nationales... Avoir omis dans le tableau de l'Ecole française M, Horace Vernet, est-ce donc un si grand crime?... H ne faut pas confondre la discussion avec l'achalandage, et ceux qui me reprochent mon silence me paraissent dominés par une étrange préoccupation ; à leurs yeux, tout ce qui réussit doit être loué. Je ne partage pas leur avis... Le succès de M. Horace Vernet est un fait que je n'entends pas contester. Mais les faits, de quelque nature qu'ils soient, sont soumis à la discussion. On peut nier ou affirmer la légitimité du succès ; on peut allor plus loin, sans trahir la cause de la vérité ; on peut considérer les artistes applaudis, mais dont le talent n'a pas une valeur réelle, comme placés en dehors de la discussion. Or, il me semble que M. Horace Vernet est précisément dans celte condition;sa popularité n'établit pas sa supériorité... Quand il voudra bien peindre une bataille autrement conçue que la Smala, je ne • serai pas le dernier à le vanter.; mais tant qu'il n'aura pas renoncé à ses habitudes d'improvisation et d'escamotage, nous aurons le droit de ne pas le prendre au sérieux. »

Cette critique est excessive ; nous lui préférons l'appréciation plus équitable de Théophile Gautier : « Il faut savoir beaucoup de gré à ceux qui abordent l'histoire de leur temps et l'expriment eu y ajoutant une proportion d'art suffisante. M. Horace Vernet a ce mérite rare de n'avoir pas fait, comme tant d'autres, des guerriers à cuirasse d'airain, à casque classique surmonté d'une aigrette rou^e, à bouclier orné d'un bas-relief circulaire, mais d'avoir représenté tout bonnement des soldats avec shako, bonnet à poil, buffleteries, giberne, sac, guêtres, capote ou dotman, selon l'uniforme, tels qu'ils sont eu effet et que chacun peut les voir à la parade ou à la bataille. Quand il a voulu peindre des cavaliers, il ne les a pas campés tout nus sur les coursiers de marbre de Phidias, comme c'est l'habitude ; mais il leur & mis entre les jambes des chevaux de régiment fort peu historiques, harnachés d'après l'ordonnance et auxquels un instructeur de l'école de Saumur ne trouverait rien à reprendre. Rien n'a l'air plus simple en apparence, et rien n'est plus difficile. La poésie des temps modernes n'est pas toute faite comme celle des temps anciens ; il faut la

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deviner, la dégager et inventer des formes pour la rendre. M. Horace Vernet aura cette gloire d'avoir été de son époque, lorsque tant d'artistes, d'un mérite supérieur peut-être, se renfermaient dans la sphère de l'idéal et n'en descendaient pas, vivant abstraitement aux siècles de Périclès, d'Auguste et de Léon X. Il n'a pas eu comme eux d'illustres modèles, des traditions sacrées, des règles certaines; il lui a fallu tout créer, dessin, couleur, arrangement, pour peindre ce héros collectif qu'on appelle l'armée, et qui vaut bien Achille ou Hector, quelque admiration qu'on professe d'ailleurs pour ces personnages homériques. Sans doute M. Horace Vernet ne saurait être comparé, pour le style et le coloris, au* grands maîtres d'Italie, de Flandre ou d'Espagne; mais il est original, moderne et Français, Ce sont là des qualités dont il faut tenir compte, quand même on leur en préférerait d'autres. •

Le musée du Luxembourg possède d'Horace Vernet deux de ses meilleurs tableaux : la Barrière de Clichy ou Défense de Paris en 1814, petite toile pleine de vérité et de mouvement, que beaucoup de critiques préfèrent à ses plus vastes compositions; elle a été peinte en 1820 ; Raphaël au Vatican (Salon de 1833), scène épisodique à laquelle ce peintre a donné de trop grandes dimensions. 11 s'est inspiré de l'anecdote racontée par Quatremère de Quincy. « Michel-Ange, rencontrant Raphaël dans le Vatican avec ses élèves, lui dit: «Vous marchez entouré d'une

• suite nombreuse ainsi qu'un général. — Et «vous, répondit Raphaël au peintre du Juge- *menl dernier, vous marchez seul, comme le

• bourreau. • Quelques musées de province possèdent aussi des tableaux d'Horace Vernet : son Mazeppa (inusée d'Aviguon) ; le Portrait du frère Robutien (musée de Caen). Mais c'est à Versailles que se trouvent la plupart de ses grandes œuvres : la Bataille de Bauvines, la Bataille de Fontenoy, commandées par Charles X, et qui devaient primitivement être des plafonds, au Louvre ; te Puât a" Aréole, la Campagne de France (peints en 1827); la Bataille d'lénat\a. Bataille de Friedland, la Bataille de Wagram (1835); le Siège d'Anvers (1836); la Campagne de Constautine, composée de trois immenses épisodes ; les Kabyles repoussés des hauteurs de Coudiat-Ati, les Colonnes d'assaut se mettant en mouvement, la Prise de Constanline (iS36- 1841); la Smala (1845); la Bataille d'Isly (1846). Nous avons consacré des articles spéciaux a la plupart de ces tableaux (v. Constantine, Isly, Smala, etc.) Sept autres grands tableaux : la Batailte de Jemmapes, la Bataille de Montmirait, la Bataille de Bauau, la Bataille de Valmy, l'Arrestation des princes en 1680, Camille Desmoulins arborant la cocarde nationale et le Duc d'Orléans se rendant à l'Hôtel de ville, faisaient partie de la galerie du Palais-Royal, saccagée en février 1843.

Vernet (i/ atelibr d'Horace), tableau d'H. Vernet. V. atelier.

VERNBT (Jacob), théologien protestant suisse, né à Genève en 1698, mort dans cette ville en 1789. Après avoir séjourné à Paris en 1720, Veruet lit un voyage en Italie et visita Naples, Rome, où il vil Montesquieu, qui lui couda plus tard le soin de faire im- Drimer à Genève son Esprit des lois, et Florence, où il fut reçu, en 1788, membre de l'Académie de Cortone. Nommé en 1730 pasteur de Jussy, puis, l'année suivante, pasteur de Sacconex, il abandonna un moment ses fonctions pour entreprendre un nouveau voyage dans 1 intérêt des malheureux Vaudois et parcourut la Hollande, l'Allemagne et l'Angleterre. De retour au bout d'un an, il reprit ses fonctions. L'église de Genève le choisit pour pasteur en 1734» Vernet fut suc-' cessivement recteur de l'Académie, professeur de belles-lettres et d'histoire et professeur de théologie (1756). Il mourut, laissant la réputation d'un savant théologien et d'un critique habiio. Parmi ses nombreux ouvrages, nous citerons : Pièces fugitives sur l'eucharistie (Genève, 1730, in-8°J ;• Traité de la vérité de la religion chrétienne (1730, iu-8") ; Anecdotes ecclésiastiques, contenant la police et la discipline de £ Église chrétienne depuis son établissement jusqu'au xie siècle, par Giannone (Ainsi,, 1738, in-8û); Dialogues socratiques (1746, in-12), souvent réimprimé; Instruction chrétienne (Neuveville, 1752, 4 vol. in-8°); Abrégé d'histoire universelle (1753, in-12) ; Lettres critiques d'un voyageur anglais sur l'article Genève du Dictionnaire encyclopédique {Utroeht, 1766, 2 vol. iû-8°); Réflexions sur la religion, tes maturs et te culte (Genève , 1769, iii-8o), etc.

VERSET, acteur comique fiançais, né eu 1790, mort le 8 mai 1848. (Jomiue Déjazet, il commença sa carrière dramatique au petit théâtre des Capucines; à sa première apparition sur les planches, il fut tellement ébloui par l'éclat des lumières et les applaudissements des spectateurs, qu'il tourna le dos à la salle et s'enfuit. Bientôt cependant il reprit confiance et, après avoir fait partie d'une troupe de jeunes amateurs, il fut engagé aux Variétés pour jouer les amoureux. A ce théâtre, il prit une place distinguée à côté de Poiier, Tiereelin et Brunet. Talma aimait, dit-on, à observer ces quatre talents inimitables, formés en même temps, et dont le plus jeune était Vernet, qui se tit une po-

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sition très-bien rétribuée aux Variétés quand les trois autres se retirèrent. Artiste correct plutôt qu'excentrique, favori d'un publie de choix, du public qui préfère la comédie à la farce, il faisait rarement recette, malgré ses qualités réelles; il était gai , mais souvent sans chaleur. Toutefois , n'eût-il créé d'autre rôle que celui de Gaspard dans le Père de la débutante , qu'il mériterait d'être compté parmi les premiers acteurs de son temps. Son nom est aussi resté associé à une longue liste de brillantes créations, parmi lesquelles nous mentionnerons : Prosper et Vincent, Madame Gibou et Madame Pochet, Mathias l'invalide, Phœbus, Ma femme et mon parapluie, etc. Vernet avait ceci de remarquable que chaque rôle nouveau lui fournissait l'occasion de paraître sous un masque qu'on ne lui connaissait pas encore. Chez lui, jamais d'uniformité, toujours la diversité; Phœbus ne rappelait point l'artiste jouant Ma femme et mon parapluie ; pas plus que le Père de la débutante ne rappelait Mathias l'invalide. La goutte, dont il est mort, le força de prendre sa retraite quand il n'avait pas encore usé toute sa jeunesse., Cependant, il reparut par intervalles sur la'scène à laquelle il est toujours resté fidèle; malgré l'âge et une maladie de cœur, il codserva encore assez de verve originale pour se faire applaudir de temps à autre par les admirateurs de son talent ; mais il se borna à reprendre ses anciens rôles et n'aborda que rarement de nouvelles créations.

VERNET DE BBADL1EC (Camus de), favori de Charles VII. V. Beaulieu.

VERNEU1L, village et commune de France (Oise), cant. de Pont-Sainte-Maxence, arrond.età 10 kilom. deSenlis,à50kiloii].N.-E. de Paris; 1,070 hab. Fabrication de boutons de soie. On y voit l'es ruines d'un château du XVIe siècle, qui fut érigé en marquisat par Henri IV pour Henriette d'Entragues, et en duché-pairie par Louis XIV en 1652, en faveur d un fils naturel de la marquise d'Entragues et de Henri IV; ce château passa en 1682 aux Bourbon-Condé.

VERNEUIL, en latin Vernolium, ville de France (Eure), ch.-i. de cant., arrond. et à 50 kiloro. S.-O. d'Evreux, sur l'Avre et sur l'Iton ; pop. aggl., 3,270 hab. — ■ pop. tôt., 3,896 hab. Fonderie de cuivre , carderie, scierie mécanique; fabrication de flanelles, clous, coutils ; tanneries, tuileries, nombreux moulins à blé. Commerce de bestiaux, laines et cuirs. Cette petite ville est agréablement située dans une vallée charmante et bien arrosée ; autrefois place forte importante, elle était défendue, indépendamment du château, par trois autres forteresses solidement construites sur pilotis et environnées de tous côtés par de larges et profonds fossés. Toutes les fortifications de Verneuil ont été démolies et de belles promenades ont été établies sur l'emplacement des anciens remparts. Il ne reste plus guère aujourd'hui que le donjon du château, connu sous le nom de tour Grise, élevé au bord de la rivière de l'Avre et classé au nombre des monuments historiques. On remarque encore à Verneuil la belle et ancienne église de la Madeleine, que domine une tour élevée, ornée de gracieuses sculptures; l'église Saint- Jean, qui sert de halle, conserve encore quelques riches sculptures. La ville de Verneuil est très-ancienne; elle fut consumée parle feu en 1134; Henri 1er, duc de Normandie, la fit rebâtir et la fortifia. Louis VII l'assiégea eu 1174 et ne s'en empara qu'après un mois de la plus vigoureuse résistance. En 1204, Philippe-Auguste l'emporta d'assaut et , peu après, lui octroya une charte de commune. En 1356, les Anglais prirent Verneuil et lincendierent presque complètement ; les Français reprirent cette place en 1424. Le duc de Bedford, informé de ce succès, se porta bientôt avec son armée sous les murs de Verneuil, et offrit la bataille aux Français, qui furent défaits après un combat qui dura deux jours. La place tomba au pouvoir des vainqueurs, qui la perdirent en 1449. Pendant les troubles civils du-xvi" siècle, Henri IV prit et perdit trois fois la ville de Verneuil; enfin, en 1594, elle se soumit définitivement au vainqueur d'ivry. En 1632, 'Louis XIII fit démolir une partie des fortifications de Ver- I neuil. Louis XIV, après l'entreprise du baron des Essarts, ordonna la destruction de la \ tour; rnuis, ainsi qu'il arriva fréquemment à I la même époque, entre autres exemples pour les châteaux de Coucy et de Pierrefonds, la solidité à toute épreuve du donjon fit que cet ordre ne put être exécuté dans son entier, faute de moyens suffisants. La mine elle-même fut impuissante. C'est à cette circonstance qu'un des plus curieux monuments de l'histoire doit d'être encore debout aujourd'hui.

Verneuil (BATAILLE DE), gagnée par le duC

de Bedford sur les généraux de Charles VII le 17 août 1424. Tandis que le « roi de Bourges > perdait si gaiement son royaume, les Anglais mettaient à profit sa criminelle indolence pour achever leur conquête. Le duc de Bedford mit le siège devant Ivry, dernière place que conservât Charles VII sur les contins de la haute Normandie, et les assiégés, après (in mois de résistance , promirent de livrer la place s'ihvn'étaient pas secourus avant l'Assomption de Notre-Dame. Mais, !

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pendant ce temps-là, les capitaines français s'emparaient de Verneuil par ruse. A cette nouvelle, Bedford, déjà maître d'ivry, se lança sur leurs traces et expédia à lord Douglas, duc de Touraine, commandan t des Ecossais au service de la France, un héraut pour lui mander « qu'il venoit pour boire avec lui et qu'il se voulût arrêter afin qu'ils bussent ensemble. > A cet insolent message, Douglas répondit avec une sanglante ironie : • Qu'il soit le très-bien venu ; je suis venu exprès du royaume d'Ecosse pour le trouver et rencontrer enfin en France, puisque je ne l'ai pu trouver en Angleterre. Qu'il se veuille donc hâter d'approcher. >(Berry.)

Toute l'armée française fut disposée en une' seule masse d'infanterie et deux ailes trèsjinégales; les Anglais se formèrent dans le même ordre. En avant et sur les ailes ils rangèrent leurs archers ; derrière, les hommes d'armes, et ils couvrirent leur front par une rangée de pieux aiguisés. Douglas voulait différer la bataille ; mais le vicomte de Narbonne engagea follement l'action, et les autres capitaines se virent forcés de le suivre. Quand on en vint aux mains, Français et Ecossais, a ia suite de leur impétueux élan, se trouvaient déjà hors d'haleine, tandis que les Anglais avançaient « lentement et sagement en bel arroi sans se trop échauffer. » Tandis que les deux corps de bataille sa heurtaient dans un choc terrible, les deux ailes françaises, chargées de tourner l'ennemi et de le prendre par derrière, s'ébranlaient pour exécuter ce mouvement. L'une fondit sur les archers anglais, qu'elle força à reculer sans pouvoir toutefois les entamer ; mais, au lieu de poursuivre cet avantage, les Italiens qui la composaient se mirent à piller les bagages. L'autre aile , trop faible pour faire réussir à elle seule le mouvement, ne put empêcher les 2,000 archers de venir prêter main-forte au principal corps de bedford. La lutte devint alors acharnée et sanglante, car les Français voyaient s'échapper une victoire qu'ils avaient cru jusqu'alors tenir entre leurs 'mains. En vain ils multiplièrent les prodiges de valeur; les archers anglais, lestes et adroits, vrai type de l'infanterie moderne , triomphèrent des pesants hommes d'armes ; la gendarmerie , impropre à toute manœuvre d'ensemble, ne put rendre pour ainsi dire aucun service. Bientôt la déroute fut complète dans l'armée française, qui abandonna la champ de bataille jonché de morts et de mourants, car la victoire avait été vaillamment disputée ; mais l'ordre, la tactique, le sang- froid triomphèrent encore une fois d'une aveugle impétuosité.

t L'élite de l'armée franco-écossaise périt dans la funeste journée de Verneuil : le comte de Douglas, le connétable de Buchan, les comtes d'Aumale, de Tonnerre, de Ventadour, le vicomte de Narbonne, tous les grands seigneurs furent tués, excepté le duc d'Alençon, son frère le bâtard d'AÎençon et le maréchal de La Fayette, qui tombèrent vivants au pouvoir de l'ennemi; 4,000 à 5,000 Franco-Ecossais demeurèrent sur la place; on fit peu de prisonniers; la victoire avait coûté aux Anglais 1,600 hommes d'armes. Le corps du vicomte de Narbonne , un des meurtriers de Jean sans Peur, fut accroché à une potence par ordre de Bedford ; plusieurs chevaliers normands, qui étaient retournés à ta cause française après avoir prêté serment au roi anglais , furent exécutés «par justice. » (Henri Martin.)

Les premiers résultats de la bataille furent la prise de Verneuil, qui se rendit à Bedford, la conquête de tout le Maine et la reddition des dernières forteresses dauphinoises de Picardie.

VERNEUIL (Catherine-Henriette de Balzac d'Entragues, marquise de), maîtresse de Henri IV, née à Orléans en 1579, morte à Paris en 1633. Henriette d'Entragues avait pour père François de Balzac, seigneur d'Entragues, gouverneur d'Orléans, et pour mère Marie Touchet, l'unique amour du héros tragique de la Saint- Barthélémy , du sanglant Charles IX. C'est au château de Malesherbes, résidence de la famille d'Eutragues, que Henri IV vit celle qui faillit devenir reine de France. Comment et par qjii y fut-il amené? Par le hasard, eu revenant de Btois peut-être; mais plus probablement , il fut attiré par la famille d'Henriette. Dès que le roi vert-galant est pris au trëbuchet qu'on lui a tendu, nous voyons cette famille se montrer vénale jusqu'au cynisme. Le rouge monte au front quand on lit ta discussion et puis ta conclusion du honteux marché. De l'argent, beaucoup d'argent, voilà ce que demanda d'abord cette rouée de dix-neuf ans, et le roi lui fait compter la somme, énorme pour l'époque, ûe 100,000 écus par Sully, qui a résisté autaut qu'il a pu le faire j puis, après ce premier don de joyeux avènement, on exige une promesse de mariage. Ceci était plus grave, et le roihésite ; mais on tient ferme , on n'aura rieu si on ne donne tout, et l'amant enivré, fasciné, cède et écrit cette fameuse promesse, pièce singulière, conservée aux manuscrits de la Bibliothèque nationale et qu'on sera curieux, croyons-nous, de relire ici :

• Nous, Henry quatrième , par la grâce de Dieu, roi de France et de Navarre, promettons et jurons devant-Dieu, eu foy et parole de roy, à messire François de Balzac, sieur

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d'Entragues, chevalier de nos ordres, que nous donnant pour compagDe damoiselle Henriette-Catherine de Balzac, sa fille, au cas que dans six mois , à commencer du premier jour du présent, elle devienne grosse et qu elle en accouche d'un fils, alors et à l'instant nous la prendrons à femme et à légitime épouse, dont nous solemniserons le mariage publiquement et en face de nostre saincte Eglise, selon les solemnités en tel cas requis et accoustumez. Pour plus grande approbation de laquelle présente promesse, nous promettons et jurons comme dessus de la ratifier et renouveler soubs nostre seings, incontinent aprez que nous aurons obtenu de nostre sainct père le pape la dissolution du mariage entre nous et dame Marguerite de France, avec. permission de nous remarier où bon nous semblera. En tesmoing de quoy nous avons escrit, signé la présente. Au tiois de Malesherbes, ce jourdhui premier octobre 1599.

> HbnRT. a

Un mois après, en novembre , le roi obtenait l'annulation de son mariage avec Marguerite de France; mais, oublieux des engagements qu'il venait de signer, il chargeait son connétable (Montmorency), son chancelier (de Betlièvre), Sully et Villeroy de négocier son mariage avec la princesse Marie de Florence.

Il fallait arracher aux parents d'Henriette cette dangereuse promesse de mariage, d'autant plus dangereuse que la condition en était remplie. Henri fit face, avec son intrépidité et sa souplesse gasconnes, à toutes ces difficultés. IJ essaya d'essuyer les larmes de sa maîtresse éplorée avec le don du marquisat de Verneuil. Le 19 octobre, il apprenait que son mariage avait été célébré à Florence et faisait ordonner aux villes de tout préparer pour l'arrivée de la reine, et. le même jour, 19 octobre, il acoordait à Henriette une lettre de créance pour un agent spécial qu'il envoyait à Rome, avec des pièces capables d'invalider le mariage toscan et d'établir que le roi n'avait pu canoniquement s'engager avec la Florentine, étant engagé avec la Française.

Toute son habileté, toute sa souplesse, disons le mot, toute sa rouerie gasconne n'auraient pu tirer Henri IV de 1 embarras dans lequel l'avait jeté sa folie amoureuse, si une catastrophe imprévue n'était venue l'y aider. Henriette d'Eatragues, effrayée par un violent coup de tonnerre, accoucha d'un enfant mort.

La maîtresse, dès lors , fut oubliée un instant , et toutes les galanteries du roi se tournèrent vers la Florentine. Mais bientôt le vert-galant fut fatigué de celle qui étuit devenue sa femme, et Henriette attendait l'heure propice pour se rapprocher de lui, et elle y réussit sans peine. La reine accoucha, le 27 septembre 1601, de Louis XIII, et un mois après, le 27 octobre, la marquise mit au monde Gaston-Henri.

Autre coïncidence assez singulière : ie 22 novembre 1602, Marie de Méaicis accoucha d'Elisabeth de France. Le 21 janvier 1603, à deux mois de distance , la marquise de Verneuil accouchait de Gabrielle-Angélique, qui épousa plus tard Bernard de Nogaret, duc d'Epernon.

De 1600 à 1603, si l'on veut parcourir ie livre intime, le journal au jour le jour d'Henriette d'Entragues, on n'y trouvera que perfidies, trahisons. Elle se fait aimer de Bellegarde, elle se l'ait aimer du prince de Joinvillejet, lorsqu'on veut ouvrir les yeux de l'amant sur les infidélités de la maîtresse, celle-ci sait tourner les dénonciations à la confusion des dénonciateurs. Henri IV est furieux d'abord, mais sa fureur tombe devant les protestations d'innocence de celle qu'il aime; le vieux céladon finit toujours par oublier et pardonner.

Parfois cependant, Henri, tout fasciné et enchaîné qu'il est, semble y voir clair, et il a des velléités de révolte. Ainsi nous le montre une lettre écrite à son fidèle et grand ministre : • Mon amy, je vous confesseray qu'outre ce que je vous ai dit des causes de la mauvaise humeur où vous aviez jugé que j'estois, que je vis hier au soir M"ae de Verneuil, de laquelle je me separoy fort mal et en grande colère, pour deux causes principalement : la première pour ce qu'elle veut maintenant faire la fine, la rusée et la rencherie avec moy, comme si c'estoit par dévotion et scrupule de conscience, ce que je crois procéder .plutost de quelques nouvelles amourettes avec -de certaines gens dont j'ai entendu parler et dont la condition me desplaist; la seconde, pour ce que luy ayant parlé des advis que j'ai eus de ses intelligences avec son frère et les autres faiseurs de menées contre ma personne et mon Estât, elle m'a respoûdu avec une -fierté merveilleuse et mine desdaigueuse, voire sousteuu que tout cela estoit faux absolument; mais qu'à mesure que je vieillissois, je devenois si méfiant et si soupçonneux qu'il n'y avoit plus moyen de vivre avec moy, et que le plus grand bien et faveur que je luy .pourrois faire seroit de ne la voir plus en particulier. »

Rien n'était plus vrai que ce que la maltresse de'Henri IV déclarait absolument faux. En effet, les conspirateurs furent arrêtes et traduits en justice. Le i« février 1605, l'ar-

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rfil fut rendu. M. d'Entragues et le comte d'Auvergne furent condamnés à avoir la tête tranchée, et il y eut un « plus ample informé . a l'égard de la marquise.

Henri commua les peines de mort en prison perpétuelle et permit à la marquise de se retirer en sa terre de Verneuil, en attendant {ce qui eut lieu sept mois après, le 16 septembre 1605) qu'il lui accordât des lettres d'abolition , déclarant innocente la coupable et portant défense au procureur de poursuivre « le plus ample informé. »

Henri IV subissait toujours 1 ascendant d'Henriette. Il voulait être sans cesse à ses pieds, près d'elle, et quand les devoirs de sa charge de roi l'en empêchaient, il lui écrivait un, deux, trots, jusqu à quatre billets dans la journée. • Mon cher cœur, lui disait-il, je ne saurois passer un jour sans vous faire ressouvenir dé moy, qui vous ayme peut estre plus que je'ne dois. Je ne m'en repens, mais, au contraire, je veux vous aimer plus que je ne fis jamais; mais aussi je le veux estre de vous sans exception ny modification. • |

« Enfin, dit Tallemant des Réaux, le roy rompit avec Mme de Verneuil ; elle se mit à faire une vie de Sardanapale; elle ne songeoit qu'à la mangeaille, qu'à des ragousts. Elle devint si grosse, qu'elle en estoit monstrueuse. Mais elle avoit bien de l'esprit. Peu de gons la visitaient. On luy osta ses enfants; sa fille fut nourrie auprès des filles de France. •

Après la mort de Henri IV, la marquise de Verneuil fut soupçonnée d'avoir été la complice morale de l'assassin. Elle fut for- -mellement et solennellement accusée par une femme de ses familières, la d'Escoman, •qui devait expier par une détention perpétuelle l'héroïque témérité de sa dénonciation. Cette voix de la d'Escoman, qui la poursuivit toujours depuis, sortant de dessous terre, est arrivée jusqu'à nous. Quelques historiens ont ajouté foi a ce témoignage qu'aucune * crainte, qu'aucune rigueur ne put faire taire. Cependant, nous devons reconnaître que cette accusation ne fut jamais appuyée de preuvcs sêrisuscS"

Henriette passa la dernière partie de sa vie à intriguer vainement pour trouver un mari. Elle avait obtenu du duc de Guise une promesse de mariage et s'était empressée de faire publier les bans ; mais le duc de Guise nia sa signature, argua de faux contre le contrat de mariage. Henriette eut beau étaler l'acte en original chez le comte de Sotssons, en présence du cardinal de' Joyeuse et du duc d'Epernon, personne n'osa lui donner raison, personne n'osa la plaindre. Elle alla cacher dans la retraite sa rage et peut-être ses remords. Elle ne mourut que vingt-trois ans après, a l'âge de cinquante-quatre aDV

VERNEUIL (Philippe-Edouard Poulmstib* ne), naturaliste, né à Paris en 1805, mort en 1873. Il étudia d'abord le droit, se fit recevoir licencié, puis entra comme employé au ministère de la justice (1833). Peu de temps après, Verneuil s'adonna d une façon toute particulière à l'étude de la géologie et de la paléontologie et fit pour s'instruire dans ces sciences des voyages sur les bords du Rhin, en Turquie, en Crimée (1836) et en Russie. Ses travaux et ses écrits lui valurent bientôt la réputation d'un savant distingué ; il fut nommé président de la Société ' de géologie (1852), membre de la Société philomatiqtie, correspondant de la Société géologique de Londres et membre libre de f Académie des sciences (1854). Indépendamment de Communications et de Mémoires insérés dans le Recueil et le Bulletin de la Société de géologie, on lui doit: Mémoire sur les fossiles des bords du Rhin (1842), en collaboration avec M. d'Archiac; Mémoire géologique sur la Crimée (1837) ; le deuxième volume de la Géologie de la liussie d'Europe (1845, 2 vol.), en collaboration avec le comte Alfr. de Keyserling et sir R.-T. Mnrchison ; Observations sur quelques brachyopodes de file de Gothland; Coup d'œil sur la constitution géologique de plusieurs provinces de l'Espagne (1857, in-4°), aveu M. Collomb; Description des fossiles du néocomien supérieur de Utrillas et de ses environs ( 1868 et suiv., in-4»), avec M. G. de Lorrière, etc.

VERNEOILLINE s. f, (vèr-neu-lli-ne ; 11 mil. — de Verneuil, géologue français). Foram. Genre d'hélicostègues,dela famille des turbinoïdes, comprenant des espèces fossiles des terrains crétacés.

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syrttpi de cassia usu epilogismus (Dôle, 1629, in-8°). Il a laissé en manuscrit un grand Traité de botanique.

VERNI, IE (vèr-ni, I) part, passé du v. Vernir. Couvert d'un vernis : Peinture fraichement vernie. Chaussure vernie.

VEBNICIE s. f. (vèr-ni-sî — du lat. vernis, vernis). Bot. Syn. d'ÉLÉocoQUE, genre d'euphorhiacées. *

VEBNIC1FÈRE adj. (vèr-ni-si-fè-re — de vernis, et du lat. fera-, je porte). Bot. Qui produit du vernis : Végétaux verniciferes.

"VERNIER s. m. {vèr-nié — nom de l'inventeur). Petite règle ou petit arc de cercle divisé en un nombre de parties égales, supérieur d'une unité au nombre des plus petites divisions que contient, pour le même espace, la règle ou l'arc de cercle dont on se sert pour mesurer des longueurs ou des arcs, et servant à lire facilement des fractions de la plus petite division adoptée, par exemple des dixièmes de millimètre, si la règle est divisée en millimètres, ou des dixièmes de seconde, | si l'arc est divisé en secondes.

— Encvcl. Voici ce que dit Daguin à propos du vernier, dans son Cours de physique : \ t Quand une longueur est considérable, il I suffit ordinairement d'y porter une règle re- 1 présentant l'unité adoptée, par exemple le mètre ou l'une deses subdivisions, d'observer combien de fois cette unité tout entière y est contenue et combien des subdivisions les plus petites tracées sur la règle sont renfermées dans la fraction qui reste. Mais, quelque petites que soient les dernières subdivisions de l'unité, il arrivera le plus souvent que l'extrémité de la longueur à me3urer ne coïncidera pas exactement avec l'un des traits de division. Il restera alors une fraction de la subdivision la plus petite à évaluer par estime, ce qui peut suffire quand on n'a pas besoin d'une grande précision. Dans le cas contraire, on mesure cette fraction au moyen du vernier. » ,. , ,■ A

Le vernier est devenu 1 appendice obligé de toute bonne règle divisée, droite ou circulaire. C'est une petite règle mobile le long de la grande et dont les divisions sont plus petites d'une fraction simple, connue, dont le numérateur est toujours 1 et le dénominateur ordinairement 10. Supposons, pour fixer les idées, que la grande règle, d'ailleurs droite, soit divisée en millimètres, que le tierm'er ait une longueur de 0™,009 et qu il porte dix divisions égales, de sorte que cha-

VERNEY (Pierre), médecin français, né à Semur. U vivait dans la première moitié du xvie siècle et fut professeur en médecine et astrophile (astrologue) a Metz. On a de lui .* Emmanuel, pronostication aphoristique, personnelle et perpétuelle du divin et maître des médecins, Bypocras (Lyon, sans date [vers 1520], in-4°), et le Livre des principes, pr évitions ou pronostiques du divin Bypocras (Lyon, 1539, in-8<>).

VERNBY (Pierre), médecin français, né a Dôle vers 1577, mort en 1630. 11 fit ses études médicales à Paris et dans sa ville natale, fut député, en 1606, à Venise pour y étudier la préparation de la thériaque et revint ensuite exercer son art a Dôle, où il fut nommé plus tard professeur de langue grecque, puis d'anatomie. Le seul de ses ouvrages qui ait été imprimé est l'Antidote apologêtie de la pette, suivi d'un petit traité en latin, De recto

cune de ces divisions vaille — de millimètre;

si le 0 du vernier est en coïncidence avec une division de rang m quelconque de la règle, ses divisions 1, 2, 3, ..., 8, 9, 10 seront en retard sur les divisions m-f-l, *" + 2, m + 3, ..., m + 8, m + 9, m-\- 10 de la règle

de L, 1, i, ..., 1, 1, H de millimètre. Si

10' 10 10' ' 10' 10' 10 on fait avancer le vernier de 1, 2, 3. ..., 8, 9, 10 dizièmes de millimètre, ses divisions 1, g, 3, 3, ..., 8, 9, 10 viendront se placer successivement en face des divisions m +- l, m + 2, m + 2, ..., m + 8, m + 9, m-f 10 de la règle; et, réciproquement, si la plèœe division du vernier est en coïncidence avec une division de la règle, son zéro sera en avance de p dixièmes de millimètre sur la division précédente de la règle ; enfin, si la plthle et la (p + l)ième divisison du vernier tombent dans un même intervalle de la règle, son zéro auraété avancé d'un peu plus de p dixièmes de millimètre et d'un peu moins de (p + 1) dixièmes.

Cela posé, supposons qu'ayant à mesurer une longueur aB on ait trouvé qu'elle contenait m millimètres de A jusqu'à un point C très-rapproché de l'extrémité B, plus un reste CB moindre qu'un millimètre, la mième division de la règle étant en C, on poussera le vernier jusqu'à ce que son zéro parvienne en B, et il suffira de lire le rang de celle de ses divisions qui approchera le plus d'une division de la règle pour avoir le nombre de dixièmes de millimètre contenus de C en B.

Avant l'invention du vernier, on se servait, pour la mesure exacte des petites longueurs, d'un autre instrument appelé nonius, du nom de son inventeur, un mathématicien portugais; mais l'emploi du nonius était moins commode que celui du vernier, et il est aujourd'hui généralement abandonné. Seule- • ment, il arrive quelquefois que, tout en se servant du vernier, on lui applique par erreur le nom de nonius.

VERNIE» (Pierre), géomètre, inventeur de l'instrument qui porte son nom, né à Ornans, dans le comté de Bourgogne, vers 1580, mort dans la même ville en 1637. Fils d'un mathématicien distingué, il fut capitaine commandant du château de sa ville natale pour le roi d'Espagne et directeur général des monnaies au comté de Bourgogne. On a de lui ; Construction, usage et propriétés du quadrant nouveau de mathématiques (Bruxelles, 1631). C'est dans ce traité qu'est décrit l'instrument auquel on adonné le nom de vernier (v. plus haut), et qui a quelques rapports avec celui qu'avait inventé.Nonius. On attribue aussi à Vernier un Traité de l'artillerie resté manuscrit.

VERNIER (Théodore), comte DE Mont-

VERN

Orient, jurisconsulte et homme podtique français, né a Lons-le-Saunier en 1731, mort à Paris en 1818. H était avocat en 1789, lorsque le bailliage d'Aval (Jura) le nomnm député aux états généraux, où il s occupa spécialement de finances, de subsistances et de législation. Réélu par ses concitoyens représentant à la Convention, il vota pour le bannissement de Louis XVI et pour 1 appel an peuple. Sa modération le rattachait au parti de la Gironde. L'un des 73 qui protestèrent contre la journée du 31 mai, il passa en Suisse pour échapper à la proscription, revint prendre son poste en décembre 1794, présida la Convention dans la séance orageuse du 10' prairial et, brisé, de fatigue, céda le fauteuil à Boissy d'Anglas; qui s immortalisa alors par son héroïque lermete. . Vernier passa au conseil des Cinq-Cents, devint sénateur après le 18 brumaire, auquel H avait contribué, tomba en disgrâce par suite de son opposition aux projets (le Bonaparte, vécut dans la retraite sous 1 Empire et fut élevé à la pairie par Louis XVI1Ï. On a de lui : Eléments de finances (1789, in-8<>) ; Caractère des passions (1796, in-8"; 1807, 2 vol. in-8°) ; Notices et observations pour faciliter la lecture de Montaigne (1810, 2 vol. m-8°); Abrégé analytique de la vie et des ouvrages de Sénèque (1812, in-8»),

VERNIER (Jean-Amê), harpiste et compositeur français, né à Paris en 1769, mort au milieu du xix° siècle. A quatre ans, il commença à étudier la musique et le violon, et, a onze ans, il jouait avec succès un concerto pour cet instrument au- Concert spintuel.il avait, en outre, dans l'intervalle, appris à jouer de la harpe et, en 1787, exécuta au même concert une sonate de harpe au il avait luimême composée. En 1795, il devint harpiste du théâtre Feydeau et passa de là, en 1813, a l'orchestre de l'Opéra, où il succéda à Dalvimare, et dont il fit partie jusqu'en 1838, époque de sa retraite. Parmi les nombreuses compositions de cet artiste, nous citerons : des Sonates pour harpe et violon et pour hafpe seule ; des Trios, des Duos, des Airs «fines, des Pots-pourris pour harpe seule ou avec accompagnement d'autres instruments ; des Préludes, des Rondeaux, des Momances, etc.

VERNIER (Valéry-Lucien -François), littérateur français, né à Lille en 1828. Ses débuts littéraires datent de 1856, époque a laquelle il publia dans la Revue des Deux- Mondes tes fragments d'un roman en vers qui parut en 1857, sous le titre de: Aline, journal d'un jeune homme. Deux ans plus tard, il fonda, avec Zacharie Astruc et Arthur Louvet, une petite revue littéraire bimensuelle, le Quart d'heure, qui se fondit plus tard dans Y Artiste, où M. Vernier eut a taire la critique des théâtres. On a encore de M. Vernier, qui a collaboré à la Revue internationale, a. la Revue nouvelle et à d'autres recueils littéraires : la Chanson de Margot, vaudeville en deux actes (1859); Greta, roman (1861, in-iï); Comment aiment les femmes, recueil de nouvelles (1862, m-iB) ; les Femmes excentriques (1862, in-12); le Fou de province (1863, in-8°), comédie en cinq actes; Une Lucrèce de ce temps-ci, roman (1864, in-12); les Filles de minuit (1865, in-12), etc

VERN

VERN1N (Pierre-Jean), homme politique et magistrat français, né à Melun dans la seconde moitié du xvilie siècle, mort en 1845. U était, au moment de la Révolution, lieutenant général du présidial de sa ville natale. Elu député du tiers état aux états généraux de 1789, il y vota pour la fusion des trois ordres, l'égalité de l'impôt, l'abolition des privilèges et la constitution civile du cierge. 11 ne se représenta pas lora des élections à l'Assemblée législative; mais, après te 9 thermidor, il fut envoyé au conseil des Cinq- Cents, où U siégea jusqu'en 1798. H rentra alors dans la magistrature et, sous l'Empire, fut nommé conseiller à la cour impériale de Riom, où il devint plus tard président de chambre. *

VERNINAC DE SAINT-MAtJR (Raymond DE), diplomate et littérateur français, né à Cahors en 1762, mort en 1822. U se fit connaître dans sa jeunesse par des poésies légères, insérées dans YAlmanach des Muses, et qui, jointes à un extérieur agréable, lui procurèrent quelques succès de salon. La Révolution, qu'il accueillit comme le signal des réformes, donna à son esprit une direction plus sérieuse. Il publia en 1790 des Re: cherches sur tes cours et les procédures criminelles d'Angleterre, d'après Blackstone (in-8«). En juin de l'année suivante, il fut l'un des trois commissaires envoyés par Louis XVI dans le comtat d'Avignon pour apaiser les troubles qui déchiraient ces contrées. Pendant cette mission, il se montra favorable au parti patriotique et fit à l'Assemblée constituante, le 12 septembre, un rapport tout contraire à celui de son collègue Lescène-Desmaisons. Nommé, en 1792, ministre de France en Suède, il arriva à Stockholm le 16 mai, deux jours après les funérailles de Gustave 111. La Suède ayant rappelé son ambassadeur à la suite de la mort de Louis XVI. Verninac dut revenir à Paris. En 1795, il remplit les fonctions d'envoyé extraordinaire de la République auprès delà Porte.il signala son arrivée à Constantinople (26 avril; par des innovations hardies. Dans sa première

visite au sultan, il se fit précéder d une musique militaire et escorter d'un détachement de troupes françaises, la baïonnette au. bout du fusil; il exigea que l'empereur lui donnât le nom de citoyen, mot qui n'a pas d équivalent en turc et qu'il fallut dire en français; enfin, il établit à Constantinople un journal dans notre langue et favorisa la création de clubs républicains, destinés soit & entretenir le feu sacré parmi nos compatriotes, soit a inculquer aux musulmans les idées de la France. Le résultat diplomatique de sa mission fut l'envoi à Paris d'un ambasssadeur permanent, Séid-Ali-Effendi. Remplace par . Aubert-Duboyet, dans les premiers jours de novembre 1796, il fut arrêté à Naples et gardé à vue quelques mois. Peu après son retour, il épousa la fille du ministre des relations extérieures, Charles Delacroix. Le gouvernement consulaire lui confia la préfecture du Rhône, qu'il occupa seulement dix-sept'mois (2 avril 1800-5 novembre 1801J. Son zèle à concilier les esprits, sa sollicitude éclairée pour les intérêts du département luj ■ ont valu la reconnaissance des Lyonnais. Il quitta ce poste pour remplir celui de ministre plénipotentiaire en Suisse. Il eut une grande part a l'organisation de la république Su Valais, et la diète.du pays lui accorda, pour lui et sa famille, le titre de citoyen vafaisan; mais Verninac, rappelé à eause de ses sentiments républicains (1805), se retira dès lors de la carrière des emplois. On a oe lui : Recueil de poésies fugitives (Paris, 1787, in-18) ; Description physique et politique du département du Rhône (1802, in-8°).

VERNINAC DE SA1NT-MAUR (Raymond- Jean-Baptiste), marin et homme politique français, fils du précédent, né en 1794, mort en 1873. Il entra en 1812 dans la manne, devint lieutenant de vaisseau en 1824 et prit part à l'expédition d'Alger en 1830. Nommé capitaine de corvette en 1833, Verninac fut désigné, sur la demande de Champollion le jeune, pour aller chercher sur le Luxor, en Egypte, un obélisque qu'il fit transporter de Thèbes en France et qu'il amena, en remontant la Seine, devant la place de la Concorde, à Paris, le 8 avril 1834. En 1842, il re- • eut le grade de capitaine.de vaisseau et prit ensuite une large part aux études oui furent faites pour appliquer la vapeur à la mariue de guerre. Il était en croisière devant Naples lorsque éclata la révolution de 1848. Nomme sous-secrétaire d'Etat au ministère de la marine le 6 juin 1S48, il devint ministre le 17 août suivant. Se trouvant en présence d un budget considérablement réduit, il prescrivit la suppression de toute dépense qui n aurait pas pour unique objet de naviguer et de combattre. Le 16 décembre suivant, le général Cavaignac le promut contre-amiral, et il suivit, le 20 décembre, le chef du pouvoir executif dans la retraite. 11 fut ensuite gouverneur de la Réunion (1849), puis gouverneur des établissements français dans 1 Inde, hn 1856, il fut rappelé, mis dans le cadre de réserve et, depuis lors, il vécut dans la retraite. Le contre-amiral Verninac avait été membre du conseil général du Lot de 1848 à 1852. 11 appartenait par tradition de famille au parti républicain modéré.

VERNIO - CON - MERCATALE , bourg du royaume d'Italie, province et district de Flo- Tenee, mandement de Mercataie ; 1,000 hab. VERNIQUET (Edme), habile architecte, né à Châtillon-sur-Loire en 1727, mort a Paris en 1804. Il construisit dans sa province, la Bourgogne, un grand nombre de ponts, a usines, de châteaux et d'églises, vint, en 1774, à Paris, où il acheta la charge d'agent vç-yer, devint architecte du Jardin du roi et «leva, sous la direction de Bulïon, la plus grande partie de cet établissement. Le plus beau titre de gloire de Verniquet est son magnifique plan de Paris, en 72 feuilles grand atlas, a l'échelle d'une demi-ligne par toise. Ce grand ouvrage, terminé en 1799, lui demanda vingthuit ans de travail; il n'y travaillait que la nuit, à cause des obstacles de tout genre que lui opposait la circulation pendant le jour. C'est le premier plan de ville exécuté dans cette dimension. Il a depuis servi de guide aux embellissements de la capitale. Verniquet s'était aidé des travaux trigonométriques de de Lalande et des observations de LacaiUe, Cassini et de Lagrive ; il perfectionnait encore son œuvre gigantesque, lorsqu il mourut en 1804. L'illustre de Lalande, directeur de l'Observatoire en l'an IV, qualifiait le plan de Verniquet « l'ouvrage le plus parfait qui ait jamais été exécuté en ce genre. » Le plan original qui a servi pour graver l'atlas se voyait à l'Hôtel de V'He. Parmi les plans de Paris qui ont pour base le plan de Verniquet, nous citerons : les plans de Picquet, dont le plus ancien remonte à 1804 ; le plan en six feuilles de Mangot, Jacoubet et Bailly, dédié à M. Chabrol de Volvic, préfet de la Seine sous la Restauration, et le plan de Jacoubet, formant un atlas de cinquantequatre feuilles, dressé et gravé de 1831 a

VERNIR v. a, ou tr, (vèr-nir — rad, eerm-j), Enduire de vernis : Vernir un tableau. Vernir des meubles. Vernir de la faïence, de la porcelaine. Vernie des cuirs. VbrHir un parquet.

— Fi1'. Donner une apparence flatteuse, brillante à: Les éloges des journaux vernis-

VERN

sent les auteurs et leurs ouvrages d'an éclat gui s'éteint aux yeux des lecteurs. (Boiste.)

VERNIS s. m, (vèr-ni — d'un type vitriiiiuhi, dérivé de vitrinus, adjectif de vitrum, ■verre. Ce mot signifie ainsi proprement matière semblable au verre. Comparez l'allemand g/asiren, vernir, de glas, verre, et l'italien vitritire, espagnol vedriar, vernir, vernisser). Enduit transparent dont on couvre ]a surface de certains ouvrages, pour les préserver de l'action de l'air, de l'humidité, de la poussière, ou pour leur donner de l'éclat : Vicrnis à i esprit-de-vin. Vernis à l'essence. Vernis gras. Mettre du vkrnis, une couche de vernis sur un tableau, sur des peintures, sur des meubles.

— Fig. Eclat, apparence brillante ; apparence en général : Couvrir ses vices d'un vbrnis d'élégance, de politesse. Cette a/faire lui a donné un vilain vernis. La modestie est une sorte de vurnis gui donne du lustre aux talents. (Acad.) Diderot appelait les beaux-arts le vernis des bonnes mœurs. (J. Janin.)

— Techn. Glaçure plombifère transparente, dont on couvre les poteries : La glaçure des paieries communes et celle des faïences fines sont des vernis; elle contient quelquefois , dans ces dernières., une certaine proportion d'acide borique, il Vernis en carton, Sulfure de plomb très-pur. l| Vernis sec, Sulfure de plomb impur. '

— Bot. Nom vulgaire d'une espèce de sumac, h Nom vulgaire d'une espèce de badamier. Il Vernis de la Chine, Nom vulgaire de l'augie dé Chine. Il Vernis du Canada, Nom vulgaire du sumac vénéneux. Il Vernis du Japon, Nom vulgaire de l'ailante glanduleux.

— Encycl. Techn. ùes vernis s emploient, de même que la peinture à l'huile, pour préserver certains objets du contact de l'atmosphère et, en outre, pour donner aux couleurs un brillant qu'elles ne possèdent'pas naturellement. L'application du vernis est surtout nécessaire lorsque l'emploi de la peinture a donné lieu iil'embu; les parties de peinture embue restent, en effet, constamment ternes et mates.

Les vernis sont des liquides plus ou moins visqueux et colorés, résultant de la dissolution d'une résine ou d'une gomme -résine dans divers véhicules, dont la nature varie suivant la consistance que l'on veut donner à ces compositions et l'usage auquel on les destine. Après l'application, le véhicule s'évapore et la résine reste étendue sur le corps en couche mince et transparente.

Les vernis doivent, en général, jouir des propriétés suivantes :

10 Après la dessiccation, ils doivent rester brillants, sans aspect gras ni terne.

2» Ils doivent adhérer fortement à la surface des corps et, par suite, ne pas s'écailler.

3° Ils doivent conserver longtemps ces qualités, sans s'écailler ni perdre leur éclat.

4° Leur dessiccation doit être aussi rapide que possible, sans que la dureté de la pellicule résineuse en soit diminuée.

Les vernit sont différents, suivant le but à remplir; on fait usuge de vernis gras, de vernis à l'alcool et de vernis à l'essence.

Les vernis gras sont le résultat de la dissolution d'une résine dans une huile volatile. Ils s'emploient pour les surfaces exposées à la pluie ou à la gelée. Les meilleures résines pour la composition de ces vernis sont le succin et le copal. Le véhicule est l'huile de lin cuite. On y fait entrer encore quelques matières secondaires, telles que de la sandaraque, du mastic, de là térébenthine, etc.

11 est des vernis gras bien préparés qui, s'ils sont bien appliqués, résistent à l'action de l'eau bouillante. Us peuvent être colorés en jaune, en rouge, en noir ou différemment par l'action de divers ingrédients. On les distingue aisément des autres parce qu'ils sont plus visqueux, et n'exhalent pus, ou à un moindre degré, l'odeur d'essence de térébenthine.

Les veunis â l'alcool sont ceux qu'on emploie le plus généralement; ils sont le résultat de la dissolution d'une ou plusieurs résines dans l'alcool.

Les vernis à l'essence sont composés d'une ou plusieurs résines incorporées dans l'essence de térébenthine. On en l'ait rarement usage dans la peinture en bâtiments, k cause de 1 odeur forte et pénétrante qu'ils répandent et de leur lenteur à sécher. Ils sont généralement employés pour recouvrir les nietaux.

Les remis s'appliquent soit à nu sur les corps que l'on veut garantir, soit sur une peinture dont on les a préalablement couverts et dont on veut augmenter le brillant et l'intensité. Dans tous les cas, ils doivent être parfaitement incolores et transparents, ou bien offrir la même nuance que le corps ou la peinture que l'on veut vernir.

Les vernis pour tableaux sont des vernis à l'essence. La toile sur laquelle on peint étant extrêmement sensible, en raison de son peu d'épaisseur, aux variations de la température, un vernis trop rigide se fendillerait facilement ou masquerait bien vite la peinture qu'il doit conserver et faire valoir. Tingry

VERN

donne la recette suivante pour la composition de ces vernis .-

Masiic inondé et lavé 24

Térébenthine de Venise pure . . 3

Camphre pulvérisé 1

Verre blanc pilé ■ . . . . 10

Essence de térébenthine distillée. 72

On obtient un autre bon vernis à tableaux en dissolvant du copal tendre dans le double de son poids d'essence de térébenthine; on ajoute 30 à 40 grammes de camphre par kilogramme de résine, pour rendre "ce vernis plus souple.

L'application d'un vernis exige des précautions spéciales, dont dépend la réussite de l'opération :

10 Le remis doit être renfermé dans des vases bien bouchés, placés dans un endroit frais. On n'en extrait chaque fois que la quantité strictement nécessaire.

2° Le vernis doit être posé à l'abri de la poussière et étendu à grands traits, régulièrement et rapidement. 11 faut éviter de revenir avec la brosse sur les parties déjà couvertes et aussi de laisser des endroits non vernis, qui formeraient tache.

3° 11 faut étendre le vernis en couches minces et d'une épaisseur régulière. Si l'on n'est pas satisfait d'une première couche, on peut en poser une seconde et plusieurs autres de suite, mais en attendant que chacune soit parfaitement sèche avant de procéder à l'application de la suivante.

4° Si le vernis est trop épais ou ne s'étend pas bien, on l'éclaircit, s'il est à l'alcool, avec de l'alcool rectifié, et avec de la térébenthine si c'est un vernis gras.

5° Les vernissages doivent se faire à une température modérée , ni trop chaude ni trop froide.

6" Lorsque le vernis s'applique immédiatement sur des boiseries, ces dernières doivent, au préalable, être polies par un frottage à la pierre ponce, au papier de verre, à la prèle ou à la peau de chien de mer. On polit même quelquefois les peintures.

7<J Si le vernis appliqué devient terne, inégal ; si, enfin, l'on n'en espère pas un bon effet, le moyen le plus facile et le plus prompt d'y remédier est de l'enlever pour tout recommencer. Le vernis frais s'enlève rapidement avec de l'esprit-de-vin, lorsqu'il est à l'alcool, et de l'essence quand il est à l'huile.

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