‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 15Chapitre 654 sur 1042 · V. PEINTURE EN BÂTIMENTS, ENDUITS, etc · texte numérisé non relu

V. PEINTURE EN BÂTIMENTS, ENDUITS, etc

— Bot. Sous le nom vulgaire de vernis, on a confondu plusieurs végétaux de genres très-différents et n'offrant presque que le seul caractère commun de fournir des sucs résineux ou "gommo-résineux qui servent à la préparation des vernis. Ainsi, nous trouvons désignés sous ce nom : l» plusieurs sumacs (r/(|is vernix, copallinum, succedaneum, toxicodendron, etc.) ; 20 une espèce de badamier (terminalia vernix), qui est l'ignan des Malais, et non, comme on l'avait cru d'abord, le toi-chu des Chinois ; c'est un petit arbre au port triste, au feuillage sombre, qui croît dans les terres fortes et marécageuses de l'île de Java et donne un très-bon vernis, séchant trèsvite ; 3° le vernis de la Chine (augia sinensis), bel arbre à feuilles ternées, grandes, luisantes, entières, alternes et longuement pétiolées. Originaire de la Chine et des îles voisines, il y est cultivé dans un double but : pour son fruit, qui est de moyenne grosseur et d'un goût exquis, et pour le vernis qu'on en retire par des incisions longitudinales pratiquées sur la tige. Celui-ci est de deux sortes ; le nianl-si, qui est noir et très-rare ; le roangsi, jaune et beaucoup plus commun. On fait cette récoite deux fois par an; à l'aide d'un grand feu allumé autour, on augmente la fluidité du vernis et on le reçoit dans des vases ad hoc. Ce vernis a une odeur fétide, assez analogue à celle des tanneries, mais nullement délétère, comme l'avaient cru quelques voyageurs.

L'arbre vulgairement nommé uernis du Japon est un ailante, et nous compléterons ici ce que nous en avons dit à l'article ailante. C'est un grand et bel arbre, dont le port rappelle celui du noyer. Sa tige, droite et régulière, se divise en rameaux nombreux formant une cime arrondie et portant des feuilles grandes, iinparipennées, d'un beau vert. Les fleurs, polygames, verdâtres, répandent une odeur forte et même désagréable; les fruits sont des samares aplaties, allongées et membraneuses. Cet arbre croit dans l'Asie orientale, en Chine, au Japon, aux Moluques. C'est en 1751 qu'il a été introduit en Europe. On le prit d'abord, à cause de son aspect extérieur, pour l'espèce de sumac qui produit le vernis; mais, en 1771, il fut cultivé au Jardin des plantes de Paris et mieux "étudié ; on reconnut alors qu'il devait former un genre nouveau. Aujourd'hui, il est répandu à peu près partout comme arbre d'ornement ou d'avenue ; il commence même k s'introduire dans les forêts. La faculté de drageonner, qu'il possède à un très-haut degré, le' rend précieux pour repeupler les vides et les clairières des taillis. iSa culture est on ne peut plus facile. Il croît dans tous les sols et à toutes les expositions ; il végète mieux toutefois dans les terres fraîches, profondes et de consistance moyenne. Il se propage trèsaisément par graines, par drageons et par boutures de tiges ou de racines; il supporte très-bien la transplantation, même à un âge avancé. Par la rapidité de Sa croissance, il

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permet d'avoir de très-bonne heure do belles avenues.

Le bois de cet arbre est assez dur, blanc jaunâtre, veiné et satiné, d'un tissu fin et serré, susceptible de prendre un beau poli. Il n'est jamais attaqué parles insectes; mais il a le défaut d'être cassant et de se tourmenter ou de se contourner lorsqu'on le met en œuvre avant qu'il soit parfaitement sec. On l'emploie avec avantage pour la charpente légère, l'ébénisterie, les ouvrages de tour, le charronnage, la menuiserie, etc. Il brûle facilement, même sans être très-sec, et fournit un excellent chauffage; le charbon qu'on en obtient est aussi très-est'.mé. L'écorce renferme un principe mucitagineux si abondant, que sa décoction file comme celle de la graine de lin. Elle contient aussi une matière colorante qu'on a pu fixer sur des étoffes de laine, mais qui n'est pas très-belle. Enfin, on y a trouvé divers principes qui permettent de l'employer en médecine comme vermifuge et éméto-catharlique. Elle expulse très-énergiquemfnt le ténia, comme font le cousso et la racine de grenadier, mais sans fatiguer l'estomac ainsi que ces vermifuges. Les feuilles participent aux propriétés de l'écorce; mais on en a trouvé un emploi bien plus avantageux pour la nourriture d'une espèce de ver à soie, le bombyx cynthia, qu'on peut regarder aujourd'hui comme parfaitement acclimaté en France.

VERNISSAGE s. m. (vèr-ni-sa-je — rad.

vernisser). Techn. Action de vernisser; résultat de cette action : Le vernissage des poteries.

VERNISSÉ, ÉE (vèr-ni-sé) part, passé du v. Vernisser. Couvert d'un vernis : Pot de terre vernissé.

— Par anal. Lustré, brillant et comme couvert d'un vernis : Bans le Nord, les / eitilles des sapins, des cèdres, des genévriers sont petites, lustrées et vernissées. (B. de St-P.) Les yeux d'une jolie gourmande sont brillants, ses lèvres vernissées , sa conversation agréable, tous ses mouvements gracieux. (Brill.-Sav.) Bientôt, du haut des monts, les vautours au col

[chauve, Les corbeaux vernissés, les aigles à l'œil fauve Accourront tout allègres...

Th. Gautier.

VERNISSER v. a. ou tr. (vèr-ni-sé — rad. vernis). Techn. Vernir, en parlant de poteries : Vernisser des vases -de porcelaine. Vernisser des pots, des marmites de terre.

— Rem. Ce mot n'est qu'une forme altérée du verbe tierwV, et même le participe présent et les temps qui en sont dérivés sont les mêmes pour les deux formes. Toutefois, l'usage a restreint l'emploi de vernir à l'application des couvertes sur les poteries.

VERNISSEUR s. m. (vèr-ni-seur — rad.

vernisser). Techn. Celui qui fait des vernis ou qui les applique.

VERNISSURE s. f. (vèr-ni-su-re — rad.

vernisser). Techn. Application d'un vernis.

VERN01S (A.-G.-Maxime), médecin français, no à Logny (Seine-et-Marne) en 1809. Il vint étudier la médecine k Paris, se fit recevoir interne des hôpitaux et s'appliqua d'une façon toute particulière à l'étude des maladies des enfants. Reçu docteuren 1837, il devint bientôt après médecin du bureau central, puis fut successivement nommé médecin des salles d'asile et des salles communales du Ile arrondissement, de l'hôpital Necker, membre du conseil d'hygiène, médecin consultant de Napoléon III et officier de la Légion d'honneur (1859). Depuis 1861, M. Vernois est membre de i'Academie de médecine. Ce savant a rédigé, en 1844, le bulletin scientifique de la Réforme, et il est, depuis plusieurs années, rédacteur des Annales d'hygiène publique. On lui doit, en outre, plusieurs ouvrages Irès-estimés : Etudes physiologiques pour servir à l'histoire des bruits des artères (1837, in-4°) ; Analyse complète et raisonnée de la matière médicale de Samuel Hahnemann (1837) ; De l'état fébrile chronique (1S38); Mémoire sur les dimensions du cœur chez l'enfant nouveau-né (1840); Du diagnostic analomique des maladies du foie (1844); Du lait chez la femme (1853, iii-8"); De l'action des poussières sur la santé des ouvriers charbonniers et mouleurs en brome (1858, in-80); Traité pratique d'hygiène industrielle et administrative (1860, 2 vol. iu-8«), son ouvrage capital, contenant d'intéressantes éludes sur les établissements et les industries insalubres; De la main des ouvriers et des artisans au point de vue de l'hygiène et de la médecine légale (1862, in-8°); litude sur la prophylaxie administrative de la rage (1863, in-8°);*-De la^ fabrication des pains à cacheter en pâte (1864, in-8»); Etat hygiénique des lycées de l'Empire en 1867 (1868, in-S°) ; Application de la photographie à la médecin", légale (1870, in-8"); Codex hygiénique des lycées et collèges de l'Empire (1S70, in-8"), etc.

VERNOLE, bourg du royaume d'Italie, province de la Terre d Otran te, district de Lecce, chef-lieu de mandement; 3,183 hab.

VERNON, en latin Veronum et Verno, ville de France (Eure), ch.-l. de cant., ai- rond, et à 35, kilom. N.-E. d'Evreux, sur la rive gauche de la Seine ; pop. aggl., 5,664 hab. — pop. tôt., 7,961 hab. Bibliothèque publique ; fabrication de plâtre, chaux ; taillanderie, teinturerie, marbrerie. Commerce de

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grains, vins, pierres de taille. Vernon est dans une belle .situation, au milieu d'une plaine fertile arrosée par la Seine, que l'on y passe sur un pont de vingt-deux arches ; la ville est en général assez mal bâtie, formée de rues étroites et tortueuses, mais arrosées pour la plupart d'eau courante. Vernon na possède plus de son antique château fort qu'une tour en pierre, remarquable par la hauteur et l'épaisseur de ses murailles et servant aujourd'hui de dépôt aux archives de la ville. On chercherait vainement trace des fortifications extérieures. L'église de Vernon est classée au nombre des monu- . ments historiques ; on fait remonter la construction de son chœur jusqu'en 1052. La nef appartient au XIV" siècle ; les chapelles sont du xvo siècle. L'aspect intérieur de la nef est d'une grande majesté; elle -contient un très-beau tombeau en marbre blanc, une élégante chaire gothique en bois sculpté et plusieurs précieuses tapisseries des Gobelins. Après l'église Notre-Dame, nous mentionnerons : la chapelle de l'hospice ou Hôtel-Dieu, fondé par saint Louis, qui possède une tribune supportée par des colonnes torses d'un beau travail, en bois sculpté; la bibliothèque communale, riche de 6,000 volumes ; le théâtre ; l'ancien collège ; le parc de construction des équipages militaires, avec des ateliers considérables; la caserne du train, et enfin des magasins renfermant le matériel roulant de plusieurs armées. Les promenades de Vernon se composent des anciens boulevards, plantés de tilleuls et faisant le tour de la ville et du cours ; vaste quadrilatère où se. tient la grande foire annuelle du 8 septembre et dont une allée conduit à l'avenue de ia Maisonnette, à la forêt de Vernon et au parc du château de Bizy. Ce château s'élève sur le penchant d'un coteau qui domine le bassin de Vernon. C'est un édifice moderne, sur l'emplacement duquel existait encore au siècle dernier une des plus belles résidences de la province. Le château de Bizy, bâti par le maréchal de Belle-Ile, fut détruit pendant la Révolution, àTexception des écuries. Le parc est un des plus beaux de France. Vernon communique par un pont de pierre avec Vernonnet, village situé sur la rive droite du fleuve et qui possède les ruines d'une ancienne église antérieure au x»e siècle ; on y remarque surtout un portail de l'époque de Henri II et décoré de bas-reliefs d'un déli- ' cieux travail. Sous le nom du camp de César, on désigne une sorte d'enceinte située un peu au-dessus de Vernonnet et qui dut, au moyen âge, servir à une station de Normands.

— Histoire. Vernon était au xie siècle un château tort, autour duquel s'éleva une ville qui dut sa rapide extension à sa situation sur les rives de la Seine. Cette place tomba au pouvoir de Philippe I", roi de France (1086). Vernon, peu de temps après, fut repris par l'Angleterre, etHenri I", en augmentant les fortifications de la place, lit élever un château sur l'emplacement de la grande tour actuelle qui en formait le donjon. Vernon passa des mains des ducs de Normandie dans celles de Louis VIII, fils de Philippe-Auguste, qui réunit ia ville au domaine royal. Le traité qui rendit nu roi Jean la liberté, après la bataille de Poitiers, fit passer Vernon de nouveau sous la domination anglaise (1360). Les Français le recouvrèrent quatre ans plus tard, niais le reperdirent en 1419. Enfin, trente ans environ après, les Anglais étaient définitivement expulsés de Normandie, et ce fut à Vernon que se tint, après la eonquêie, lu première réunion des états (1452). Ap,rès la mort de Henri III, Vernon se rallia a la Ligue; mais le succès de Henri IV à Ivry fit presque aussitôt rentrer la ville sous l'obéissance royale.

VERNON, bourgdes Etats-Unis d'Amérique, dans l'Etat de New-York, à 27 kilom. O. d'Oneida, sur la rivière de ce nom ; 4,000 hab.

VERNON, bourg des Etats-Unis, dans l'Etat de Connecticut, à 80 kilom. N.-E. de Hartford; 3,500 hab. Manufactures de coton et de laine.

VERNON (Thibaut de), écrivain du Xii« siècle, chanoine de Rouen. 11 est assez difficile de prêcher les dates de sa naissance et de sa more. Il vécut vers le milieu du xn« si«cle et est connu par des traductions eu vers des Vies des saints et pur quelques autres petits poèmes. On lui attribue quelques-unes de cea légendes en vers, traduites selon toute apparence du latin, renfermées dans un manuscrit de la Sorbonne, sur la foi d'un contemporain de ce Thibaut, qui parle de lui comme avant traduit du latin, avec élégance, les Vies des saints; il y a plus d'apparence encore Qu'il est l'auteur d'un petit poëme, contenu dans le même manuscrit et qui porte pour titre le Miracle du clerc de liuueii. Un clerc, voué à la sainte Vierge, oublie ses vœux jusqu'à vouloir épouser une jeune fille qu'il aime; une apparition de la sainte Vierge Ij fait renoncer aux passions mondaines. Le chanoine Thibaut voulut peut-être conserver dans cette composition naïve quelque galant souvenir de sa jeunesse. Un autre poeine qu'on lui attribue également, l'Aventure du chevalier, porte l'empreinte de la même dévotion et de la même naïveté; un chevalier, rebuté par sa maîtresse, s'adresse à la vierge Marie, qui le guérit de son amour. Ces petits

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poèmes sont composés on vers 3e huit et do douze sillabcs.

VERNON < Pierre du), poëte français du xae siècle, dont il n'est resté qu'une seule composition, traduite du latin, les Enseignement» d'Arislote. Ce poème, d'un peu plus de deux mille vers, est une correspondance imaginaire entre Alexandre et le philosophe grec, où, sous une forme un peu sèche, sont résumés des préceptes de morale et de bon gouvernement. Par moment, on croirait lire un recueil de proverbes et de sentences. Le poète, par la bouche d'Arislote, énumère les qualités qui font le bon prince, l'avertit d'avoir a remplir ses devoirs de religion, à rendre la justice, a honorer les savants ; il compare le règne d'un bon prince à une pluie bienfaisante qui ranime les arbres, la verdure, gonfle les fruits. C'est dans les derniers vers du poème que l'auteur du Glossaire roman, Raynouard, a découvert le nom de Pierre de Vernon :

De cest livre de Pierre ad nun K'estreit est de ces de A. Bernun.

Mais ce vers peut aussi bien signifier que Pierre a traduit un livre de A. Bernon, ou qu'il est lui-même de la famille de A. Bernon. Cependant les auteurs de ['Histoire littéraire de la France lui ont consacré une notice sous ce nom de Pierre de Vernon.

VERNON (Edouard), amiral anglais, né a Westminster en 1684, mort en 1757. Fils d'un secrétaire d'Etat, il entra dans la marine, malgré la volonté de son père, lit ses premières armes au combat naval de Vigo (1702), assista à la bataille de Malaga, devint capitaine de vaisseau a vingt-deux ans et contre-amiral à vingt-quatre, fut envoyé à cette époque en croisière dans les mers des Indes occidentales, et y causa des dommages sérieux au commerce français. En 1727 il entra au Parlement, où il siégea jusqu'en 1741 et où il se fit remarquer par son opposition constante au ministère. Dans l'intervalle, il fut promu vice-amiral (1739) etenovyê aux Antilles, avec ordre de détruire les établissements espagnols. Il s'embarqua en juillet, arriva le 80 novembre devantPorto-Bello.dont il s'empara le surlendemain, mais qu'il fut forcé d'abandonner, faute de forces suffisantes pour l'occuper- d'une manière durable. Le succès qu'il obtint dans cette expédition lui valut une immense por pularité en Angleterre. Il fut chargé, deux ans plus tard, de diriger avec Wentworth l'expédition contre Curthagèije, et telle était la confiance que l'on avait dans ses talents militaires, que l'on fit frapper à l'avance une médaille destinée à conserver le souvenir de la prise de cette ville. On sait que Vernon fut obligé d'en lever le siège ; mais cet échec ne diminua en rien sa popularité, et il fut à une grande majorité réélu au Parlement, par trois bourgs électoraux k la fois. En 174e, k la suite d'un différend avec le conseil de l'amirauté, il fut rayé des cadres de la marine ; il n'en continua pas moins à siéger au Parlement jusqu'à sa mort.

VERNON (Léonard Gay de), conventionnel montagnard, né à Saint-Léonard (Limousin,) en 1748, mort k Vernon, près de Limoges, en 1822. Il était avant la Révolution, curé de Compuignac, près de Limoges," accepta la constitution civile du clergé et fut élu évêque constitutionnel de Limoges, puis député k l'Assemblée législative, où il siégea k l'extrême gauche. Il fut du nombre des ecclésiastiques qui s'étaient ralliés avec ardeur k la cause de la Révolution. Le 5 avril 1792, l'évéque Torné ayant proposé qu'il fût interdit aux ecclésiastiques de porter l'habit et les insignes religieux hors de l'exercice de leur ministère, Guy-Vemon appuya son collègue et confrère, dont la motion fut adoptée.-Tous les députés appartenant au clergé mirent alors leur calotte dans leur poche. L'évéque de Limoges rit mieux : il détacha sa croix épiscopale et la déposa sur le bureau comme don patriotique, annonçant qu'il se contenterait désormais d'une croix de bois. Réélu à la Convention, il prit place à la Montagne, vota lu mort du roi sans appel ni sursis, combattit les girondins et, lors du mouvement anticatholique de brumaire an II (novembre 1793), renonça aux fonctions ecclésiastiques, en déclarant qu'il ne voulait plus d'autre titre que celui de citoyen. Il fut ainsi l'un des premiers piètres qui donnèrent l'exemple de cet acte viril.

Au 9 thermidor, il se prononça contre Robespierre, lutta néanmoins contre la réaction thermidorienne, entra au conseil des Cinq- Cents lors de la mise en vigueur de la constitution de l'an 111, remplit ensuite des fonctions diplomatiques, fut nommé commissaire du Directoire auprès de l'administration de la Somme et donna sa démission lors de l'usurpation de Bonaparte au 18 brumaire.

Plus lard, il accepta l'emploi de sous-directeur de l'Ecole polytechnique et fut exilé comme régicide lors de la deuxième Restauration. Il se relira alors à Vilvorde, près de Bruxelles, et obtint en 1819 l'autorisation de revenir en France.

VERNON (Simon-François, baron Gaï de), général français, frère du précèdent, né à Saint-Léonard eu 1760, mort en 1822. Il entra à l'Ecole du génie, devint capitaine en 1790, construisit eu 1792 la tête de pont de Cassel, puis fut envoyé k l'armée du Nord avec io grade d'adjudant général. Ses rela-

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tions d'amitié avec Custine le firent emprisonner. Après le 9 thermidor, Vernon recouvra la liberté, puis fut attaché comme professeur à l'Ecole polytechnique, où il remplit les fonctions de sous-directeur jusqu'en 1813. A cette époque, il fut chargé de défendre la place de Turgiiu, qu'il renditle 1er janvier 1814. A partir de ce moment, il vécut dans la retraite. On lui doit : Exposition abrégée du cours de géométrie descriptive appliquée à la fortification (Paris, 1802, in-4°); Traité élémentaire d'art militaire et de fortification (I8u5, 2 vol. in-4"). — Son fils, le baron Jean- Louis-Camille Gay de Vbhnon, né k Saint- Léonard (Haute-Vienne) en 1796, entra dans l'armée, devint officier d'état-major, aide de camp du général Gouvion Saint-Cyr, nuis quitta le service. Il a publié : Considérations sur les chevaux limousins (1840, in-8°) ; Mé~ moire sur les opérations militaires des généraux en chef Custine et Houcliard (1844, in-8°); Vie du maréchal Goùvion Saint-Cyr (1857, in-8»). — Le iils du précédent, le binon Fian- Çois-Simon-Marie-Jules Gay de Vernon, né à Saint-Léonard (Haute-Vienne) en 1822, a également suivi la carrière des armes et est devenu officier de cavalerie. On lui doit : Essai historique sur l'organisation de la cavalerie légère, suivi d'une notice sur te 8e de chasseurs (1853, in-8°) ; Historique du 2« régiment de chasseurs à cheval (1865, in-8"), etc.

VERNON (Robert), le véritable fondateur de la Galerie nationale de peinture a Londres, né en 1774, mort en 1849. La Galerie nationale, fondée en 1824, ne comptait en 1847 que 41 tableaux, sur lesquels un tiers à peine était l'œuvre d'artistes anglais. C'était donc moins une galerie nationale qu'une galerie des œuvres des vieux maîtres de l'Italie et de la Hollande. C'est k Vernon que l'Angleterre doit de posséder aujourd'hui un vrai musée de peinture anglaise. Il avait consacré presque toute sa vie et la majeure partie de sa fortune à former une collection de toiles des meilleurs artistes; cette collection renfermait k la fin 157 tableaux, qui, sauf 2, avaient été peints par des artistes anglais, la plupart contemporains. En 1847, le possesseur en fit don au gouvernement, qui l'a fait placer k Marlborough House, où l'on a érigé aussi un buste du généreux donateur.

VERNONIE s. f. (vèr-no-nî — de Vernon, botan, angl.). Bot. Genre de plantes, de la famille des composées, type de la tribu des vernotiiées, comprenant environquatre cents espèces, qui croissent pour la plupart dans 1 les régions tropicales ; ta vernonie de New- York est une grande et belle plante. (P. Duchartre.)

— Encycl. Les vernonies sont des plantes vivaces, à feuilles généralement alternes, glanduleuses ; les fleurs, tubuleuses, sont groupées en petit nombre, en capitules entourés d'un involucre formé de plusieurs rangées d'écaillés étroites plus courtes que les fleurs; les fruits sont des akènes surmontés d'une double aigrette. Ces plantes sont originaires de l'Amérique du Nord, et plusieurs espèces sont cultivées en plein air dans nos jardins. Ce sont en général des végétaux de

frande taille, qui se recommandent par la eauté de leur port, l'ampleur de leur feuillage et l'abondance de leurs fleurs. Ils sont d'ailleurs très-rustiques et se propagent aisément de graines, et mieux d'éclats de pied. On distingue surtout la vernonie de New- York, la vernonie élevée et la vernonie éminente, qui se rencontrent assez fréquemment dans nos jardins pittoresques, et la vernonie anthelminthique , employée comme vermifuge.

VERNONIE, ÉE adj. (vèr-no-ni-é — rad.

vernonie)'. Bot. Qui ressemble ou qui se rapporte k la vernonie. tl On dit aussi vernoniacé, ÉE.

— s. f. pi. Tribu de la famille des composées, ayant pour type le genre vernonie.

VERNOOX, bourg de France (Ardèche), ch.-l. de caiit., arrond. et à 36 kilom. S.-O. de Tournon ; pop. nggl., 1,448 hab, — pop. tôt., 3,240 hab. Moulimige des soies. Centre d'un important commerce de draps qui se fabriquent dans les villages voisins. L'église paroissiale est ornée d'un beau portail gothique. Aux environs, ruines du donjon de la Tourette.

VERNCLZ (Nicolas de), surnommé Veruuinui, érudit et poète belge, né à Robelmont (Luxembourg) en 1583, mort k Louvain en 1649. 11 fit ses études k Trêves et k Louvain, entra dans l'enseignement, professa la rhétorique, la langue latine et devint successivement président'du collège du Luxembourg, licencié en théologie, chanoine de l'église Saint-Pierre, historiographe du roi d'Espagne et de l'empereur. En outre, k trois reprises, il fut nommé recteur de l'université. Parmi ses nombreux ouvrages, nous citerons: De arte dicendi (Louvain, 1619, in-12); Institutionum politicarum lib. IV (1624, infol.) ; Institutionum SSconomicarum libri II (1626, in-fol.); Dissertalionum politicarum décades II (1629, in-12) ; Historia avstriaca (1651, in-12); Epitome historiarum (1654,

VERNY, ancien bourg de France (Moselle), ch.-l. de cant., arrond. et à 13 kilom. S. de Metz, près du ruisseau de Morfoulaîue ; 540 hab. Il a été cédé k la Prusse par le

VBRO

traité de Francfort (10 mai 1871). Brosseries, distilleries, huilerie, vinaigrerie.

VERNY (Charles-François), poète français, né k Besançon en 1753, mort en 1811. 11 fi' de bonnes éludes au collège de Besançon et apprit seul l'anglais et l'italien. Admis dans les aides, il ne tarda pas k donner sa démission. Sous l'Empire, il fut employé dans les fourrages k l'armée du Rhin, puis passa dans les bureaux de l'administration k Paris, sans cesser de cultiver les lettres. Il retouchait les productions de sa jeunesse et se disposait kles rééditer, quand la mort le surprit. On lui doit les ouvrages suivants : Idylles sentimentales, suivies de Mes vœux (Genève, 1787, in-8<>); lioxane, poème héroï- comique, en cinq chants, suivi de Pièces fugitives (Besançon, 1788, in-8"); Stances sur le 14 juillet 17S9 (1789, in-8») ; le Départ d'un volontaire du Jura, idylle (Besançon, 1792, in-8"), etc.

VEROCCIIIO (Andréa dkl), peintre et sculpteur florentin. V. Verrocchio.

VEROCZE, bourg de Hongrie. V. Wero*

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