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VERODUNENSES ou VERODUNI, peuple de la Gaule romaine, dans- la province de la Belgique I", k l'E. des Mediomatrices et au N. des Leuci. Capitale, Verodunum, aujourd'hui Verdun.
VÉRODUNOIS, OISE s. et adj. (vé-ro-dunoi, oi-ze). Géogr. anc. Habitant de Verdun, autrefois Verodunum; qui appartient k cette ville ou k ses habitants.
VEROLANUOVA, bourg du royaume d'Italie, province et k 29 kilom. S.-O. de Brescia, ch.-l. de district et de mandement; 4,800 hab.
VÉROLE s. f. (vé-ro-le. — Ce mot, qui s'écrivait autrefois vairole, vient de vair, bigarré, comme variole, du primitif latin varius). Pathol. Maladie contagieuse, qui se communique surtout par le contact des organes génitaux : Gagner la vérole, une vérole. Le parlement de Paris, toujours zélé pour le bien public, fut le premier qui donna un arrêté contre la vérole, en 1497. (Volt.) Il Grosse vérole, Ancien nom de la même maladie, il Petite vérole, Nom vulgaire de la variole et des cicatrices qu'elle laisse souvent : Avoir la petits vérole. Avoir le visage marqué, gâté de petite vérole. La vaccine préserve de la petite vérole, (Arad.) La petite vérole est la bataille de Waterloo des femmes; le lendemain, elles connaissent ceux qui les aiment véritablement. (Bals.) Il Petite vérole volante, Nom vulgaire de la varicelle, tl Petite vérole confluente, Celle dont les pustules sont nombreuses et voisines, n Petite vérole naturelle, Celle qui se développe spontanément. Il Petite vérole artificielle, Celle qu'on communique par la vaccination.
— Moll. Petite vérole, Nom vulgaire d'une coquille du genre porcelaine.
— Encycl. V. variole et syphilis.
VÉROLE, ÉE adj. (vé-ro-lé — rad. vérole). Qui a la vérole : Homme vérole. Femme vbholée.
— Substantiv. Personne atteinte de la vérole : On peut assurer que, quand trente mille hommes combattent en bataille rangée contre des troupes égales en nombre, il y a environ vingt mille véroles de chaque côté. (Volt.)
VEROLENGO, 'bourg du royaume d'Italie, province, district et k 26 kilom. N.-E. de Turin, mandement de Chivasso; 5,600 hab.
VÉROLETTE s. f. (vé-ro-lè-te — dim. de vérole, qui s'est dit pour petite vérole). Pathol. Syn. de varicelle.
VEROLI, anciennement Verulss ou Veru- Ivm, ville du royaume d'Italie, province et k 11 kilom. N.-E. de Frosinone; 3,600 hab. Evêché suffragant de Frosinone.
VÉROL1E s. f. (vé-ro-ll). Féod. Droit en vertu duquel le seigneur contraignait ses vassaux a venir moudre au four banal.
VÉROLIQUE adj. (vé-ro-li-ke— rad. vérole). Qui appartient, qui a rapport k la vérole :
Pustule VÉROLRlUB.
VÉROMANDUENS, en latin Veromandui, peuple de la Gaule romaine, dans la province de la Belgique lie, au S. des Atrêbales et des Nerviens, au N. des Suessiones et des Rémi. Capitale Augusta Veromanduorum, aujourd'hui Saint-Quentin.
VÉRON s. in. (vé-ron). Ichthyol. Nom vulgaire d'un poisson du genre able, devenu pour quelques auteurs le lype d'un genre particulier : En général, le véron a le dos d'une teinte olivâtre. (V. de Bomare.) Il On écrit aussi vairon.
— Encycl. Les vérons forment un genre voisin des ohevennes, mais facile k distinguer par des écailles très-petites, les nageoires dorsale et anale très-courtes k leur base, les dents pharyngiennes disposées sur deux séries, l'interne de deux dents trèspetites, l'externe de quatre ou cinq dents terminées en crochet. Le véron commun ou lisse est l'espèce type et la plus répandue. 'Sa taille ne dépasse pas 0m,V ; il a la corps arrondi sur les côtés et tout couvert d'une peau d'apparence gaufrée ; le museau épais et arrondi, la mâchoire supérieure k peine saillante. < Dans le temps ordinaire, dit M. Blanchard, le véron a le dos verdàtre ou bronzé, les cotés marqués de taches et de
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bandes noirâtres et pointillés de la même couleur, les parties inférieures grisâtres ; * m uis au printemps, et surtout k l'époque du frai, le dos prend des tons bleus métalliques, chatoyants ; une bande longitudinale du même bleu se dessine sur les flancs ; les lèvres, la gorge, la base des nageoires et quelquefois même une partie du ventre deviennent d'un rouge écarlate. « Ces couleurs éclatantes ont valu au véron, dans certains pays, le nom d'arlequin : on l'appelle aussi, dans' d'autres localités, gendarme, viroun, erling, vergnole, loque, gravier, etc.
Le véron est commun dans presque toutes les eaux douces de la France et d'une grande partie de l'Europe ; on le trouve dans les lacs, les étangs, les rivières, les fossés, mais surtout dans les petits ruisseaux herbus, où il vit en compagnie des loches, des chabots et des épinoohes. Il recherche particulièrement les euux limpides k fond graveleux ; les eaux stagnantes lui sont funestes. 11 nage avec grâce et se rapproche souvent des bords. 11 se nourrit d'insectes, de vers, de conferves, de débris de toutes sortes. Malgré sa petitesse, il est très vorace. « Plusieurs fois, dit Crespon, je me suis amusé k leur jeter de petits rouleaux de papier, après lesquels ja les ni vus s'acharner et les avaler. » Le véron devient à son tour la proie des truites et d'autres poissons, et mémo des oiseaux aquatiques. On l'emploie comme appât pour la truite, la perche et le brochet. Sa chair, peu estimée dans certains pays, est recherchée dans d'autres, où elle passe pour délicate ; on la mange en friture.
C'est en mai et juin, dans les petits cours d'eau, qu'a lieu le frai du véron; il s'ébat alors sur les graviers, jusqu'au point de troubler l'eau. Généralement, il dépose sa ponte k quelques centimètres de profondeur. Ses œufs, petits, libres et isolés, sont entraînés par le courant et vont se loger dans les interstices du menu gravier. Le chabot étant la seule espèce qui ose se risquer k une aussi faible profondeur, les œufs du véron échappent ainsi'k la principale cause de destruction, ce qui, joint k l'extrême fécondité de cette espèce, explique sa prodigieuse multiplication. Dans certaines eaux, le fond en est couvert. Il y a donc avantage k le propager pour servir de nourriture aux espèces plus grandes et plus recherchées.
VÉRON (François), controversiste, né à Paris vers 1575, mort k Charenton en 1649. Entré chez les jésuites, il s'appliqua avec un zèle excessif k la conversion des réformés et obtint même, à cet effet, par lettres patentes du 19 mars 1622, l'autorisation de prêcher sur les places publiques et de disputer avec tous sans obstacle. Quand l'âge vint ralentir son ardeur , il se retira k Charenton, dont la cure lui avait été conférée. Le clergé français, reconnaissant de ses efforts, lui avait alloué une pension de 600 livres et avait payé l'impression de ses ouvrages. Ses principaux écrits sont : Actes de la conférence de Caen (Caen, 1629, in-12) ; Méthode de traiter les controverses de religion (Paris, 1638, in-fol.); De la primauté de l'Eglise (1641, in-S°); Bègle générale de la foi catholique (1645, in-fo!.).
VÉRON (Louis-Désiré), publiciste français, docteur en médecine, administrateur et homme politique, né k Paris le 5 avril 1798, mort dans la même ville en septembre 1867. Fils d'un marchand papetier, il commença ses études dans une institution dirigée pur un ex-prètre et les acheva en suivant comme externe les cours d'un lycée. Etudiant en médecine k partir de 1816, nommé premier interne des hôpitaux en 1821, il fut attaché successivement k la Charité, k l'hôpital Saint-Louis et k celui des Enfants trouvés. Reçu docteur en médecine en 1823, il commença k rédiger des Cahiers, où il consigna ses observations médicales. Le premier de ces cahiers a seul paru souj ce titre : Observations sur les maladies des enfants ; altérations organiques, muguet (1825, in-8°).
En 1824, le docteur Véron fut nommé médecin des musées royaux ; mais bientôt, k la suite d'une saignée manquèe et de quelques déboires, il renonça complètement k la médecine et chercha sa place parmi les journalistes. Il eut alors l'occasion de faire la connaissance du pharmacien Regnault, l'inventeur de la pâte pectorale qui porte ce uom. Regnault étant mort sans laisser aucune ressource, ses amis, dans le but de venir en aide k sa femme et k ses enfants, eurent l'idée de faire de la pâte en question un objet de spéculation. -Le docteur Véron s'associa k cette entreprise, y apporta 40,000 francs qui composaient tout son patrimoine et devint commanditaire de la maison de commerce dont M. Frère, pharmacien, fut le gérant. Ses relations avec les organes de lu publicité parisienne lui permirent de donner tout k coup une grande notoriété k ce produit pharmaceutique, dont la vogue fut considérable. Tous les associés et eu particulier le docteur Véron firent une excellente uffa ire.
De la Quotidienne, où il écrivait chaque semaine une revue politique, le docteur Véron passa au Messager des Chambres, dont il rédigea le feuilleton théâtral. Mais sa carrière littéraire, selon lui, datait de 1829 seulement, lorsqu'il fonda la Bévue de Paris, où se produisirent beaucoup de jeunes talents.
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Deux années après, il en quitta la direction pour prendre celle de l'Opéra. Ce théâtre devenait, par suite de la révolution de Juillet, une entreprise particulière ; il cessait d'être une sorte d'apanage de la maison du roi. Le titulaire devait donc l'exploiter à ses risques et périls. M. Véron, grâce aux appuis que la Jîevue de Paris lui avait créés, l'emporta sur plusieurs concurrents; il obtint son privilège le 1er mars 1831 et prit possession le ierjujn suivant, jour où l'on représentait pour la première fois Guillaume Tell, réduit à trois actes. On a beaucoup vanté son habileté à propos de son passage à l'Opéra; la vérité est que là comme partout il fut plus heureux qu'habile. En effet, il arrive; il trouve une troupe admirable, jeune, vaillante, modestement payée, et une subvention de 810,000 fr. L'ancienne administration ne lui lègue qu'un seul ouvrage k représenter, et cet ouvrage c'est Robert le Diable. On sait quel succès immense, prodigieux eut Robert le Diable. Sur les ailes de Taglioni, la Sylphide alla aux nues; la Juive, montée un peu avant la retraite du docteur Véron, fut encore un succès. En 1835, Véron abdiqua dans toute sa gloire; du sérail à la politique, il n'y eut qu'un pas pour lui : il rêvait la députatiori. Le voilà donc candidat de l'opposition à Landerneau en 1838. Il échoue. Cette même apnée, il est l'ait chevalier de la Légion d'honneur, non comme directeur de l'Opéra, mais comme médecin.
Battu sur le terrain électoral, Véron voulut avoir un journal k administrer. Le Constitutionnel était descendu à trois mille abonnés, il se mourait; le docteur Véron entreprit de le guérir, et cela, dit-on, sur les instances de M. Thiers. Il achète donc deux actions de ce journal à demi expirant sous les traits acérés des petits journaux ; il en devient administrateur et gérant signataire, et prend dans cette position une part très-aetive à la coalition du cabinet. du io mai 1839, improvisé sous la présidence du marécFial Soult. Quand M. Thiers parvint au pouvoir, comme président du ministère du 1" mars 1840, il voulut récompenser les services rendus k son parti par le docteur Véron; mais celuici préféra rester au Constitutionnel, où il soutint constamment les idées politiques de M. Thiers jusqu'à la chute de la royauté. Dans ses mains, le Constitutionnel était redevenu florissant; aucun sacrifice ne lui avait coûté pour en arriver là. A peine au fauteuil directorial, le docteur Véron paya 100,000 francs le Juif errant, dont la Presse et les Débats se disputaient la publication. Il y avait là une audace apparente, qui fut couronnée d'un plein succès. L'engouement pour Eugène Sue, dont les Débats achevaient les Mystères de Paris, était extrême alors; aussi, les premières lignes n'avaient pas encore paru, que vingt mille affamés s étaient fait inscrire pour en avoir les prémices. D'un seul coup, le Constitutionnel avait reconquis, sinon son influence, au moins une clientèle suffisante pour affermer sa quatrième page 300,000 francs à un fermier d annonces.
Après l'avènement de la seconde République, le Constitutionnel se hâta de souscrire en laveur des blessés de Février pour une somme de 12,000 francs. Mais bientôt il se mit à attaquer vivement les idées nouvelles et les hommes qui, comme Ledru-Rollin, caractérisaient le mieux le mouvement populaire. Il ne tarda pas à appuyer la candidature h la présidence de Louis -Napoléon Bonaparte. En 1852, le gouvernement présenta le docteur Véron comme son candidat officiel dans l'arrondissement de Sceaux. Il fut nommé, il fut même réélu en 1857. M. le député Véron, malgré sa nouvelle qualité, continuait cependant k diriger le Constitutionnel ; mais ce journal suivait alors une ligne politique qui le rendait impopulaire et voyait chaque jour diminuer le nombre de ses abonnés. Alors le docteur Véron entama des négociations secrètes ayant pour but de joindre à la possession du Constitutionnel celle du Pays, mais le Pays, ou plutôt M. Mirés, qui en était le propriétaire, au lieu de se laisser acheter par le docteur, trouva moyen d'acquérir sa propre feuille, c'est-à-dire le Constitutionnel, au prix de 1,900,000 francs. Certains actionnaires qui n'avaient point pris part au traité intervenu suscitèrent au docteur Véron un long procès dont, après diverses péripéties, il sortit enfin victorieux. C'est ainsi qu'il se retira, non sans quelque regret, sous sa tente, préparant ses Mémoires, qui parurent en 1851 (6 vol. in-8o). Sous le titre de Mémoires d'un bourgeois de Pa7-is, cet ouvrage, dans lequel l'auteur parle beaucoup de lui et un peu des événements et des dîners auxquels il a été mêlé, eut un certain succès de curiosité. Il s'en fit trois éditions successives. On en parla beaucoup dans les gazettes. En somme, on s'attendait à mieux que cela; on attendai tries révélations palpitantes.de piquantes indiscrétions, quelques bonnes friandises politiques, littéraires, gastronomiques et gaîantes;etil advintqu'on n'y trouva que ce qui courait les champs de la chronique et de l'histoire. L'année suivante, le docteur Véron publia un roman de mœurs intitulé : Cinq cent mille francs de rente (1855, 2 vol. in-8°); puis Quatre ans de règne. Où allons-nous? un volume de politique; Y Eloge de Regnard, sujet de prix proposé par l'Académie française et publié en 1858 dans le Constitutionnel .{nos des 10 et 11 septembre); enfin, les Théâ-
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très de Paris depuis 1806 jusqu'en 1860, illustré (1860, in-18). Il a donné en 1866 les Nouveaux mémoires d'un bourgeois de Paris, depuis le 10 décembre 1848 jusqu'aux élections générales de 1863 ; enfin le Second Empire, (1 vol. in-8<>).
VERON (Eugène), écrivain et journaliste, né à- Paris en 1825. Admis à l'Ecole normale en 1846, il en sortit en 1849, se fit recevoir agrégé es lettres en 1850 et fut chargé de professer la rhétorique. Après l'établissement de IjEmpire, M. Eugène Véron, qui appartenait au, parti républicain, quitta l'Université et se fit professeur libre à Paris. Après avoir collaboré à la Revue nationale, a. la Revue de l'instruction publique, au Courrier du dimanche, etc., il prit la rédaction en chef de la Liberté, de l'Hérault, puis alla vers 1868 rédiger le Progrès de Lyon, dans lequel il montra un vigoureux et remarquable talent de publiciste. En 1871, M. Véron quitta ce journal pour fonder dans la même ville la France républicaine; mais ce vaillant journal fut supprimé par arrêté du général, commandant l'état de siège le 11 juillet 1873. En mai 1876, il a ressuscité , avec M. Ballue,
Y Avant-garde, journal républicain qui paraît à Paris. On lui doit un certain nombre de brochures et d'ouvrages , parmi lesquels nous citerons : Duprogrès intellectuel dans l'humanité (1862, in-8°); la Liberté et lesassoeiations ouvrières (1864, in-16); les Associations ouvrières de consommation, de crédit et de production (1865, in-12) ; le Progrès et les événements de Paris (1871, in-8°); les Elections et la politique à coups de fusil (1871, in-S°) ; Histoire de l'Union centrale (1874, in-18) ; Histoire de l'Allemagne depuis la bataille de Sadowa (1875, in-8°J; la Troisième invasion (1875, in-ful.), etc.
VÉRON (Pierre), littérateur et journaliste, né à Paris en 1833. Au sotir du collège, il renonça k la carrière de l'enseignement, qu'il s'était d'abord proposé de suivre, et s'adonna entièrement k la littérature. Il collabora à la Revue de Paris, k la Chronique, ot ne tarda pas à se faire remarquer par la verve de son style et surtout par une étonnante fécondité, qui lui permit de fournir une quantité innombrable d'articles au Monde illustré, à
Y Illustration, au Courrier de Paris, au Journal amusant, au Petit Journal, à Y Avenir national, k l'Opinion nationale, au Charivari, etc. Attaché à la rédaction de ce dernier journal en 1858, il en devint, après la mort de Louis Huart, le rédacteur en chef, et il en a conservé depuis lors la direction. M. Véron ne s'est pas borné à donner des articles, pour la plupart satiriques et mordants ; il a, notamment dans le Charivari, défendu la politique républicaine, et il a publié en même temps un grand nombre d'ouvrages humoristiques et fantaisistes sur les mœurs du temps. Nous citerons de lui : Réalités humaines, poésfes (1857, in-18) ; Paris s'amuse (1861, in-12) ; les Gens de théâtre (1862, in-12) ; les Marchands de santé (1862, in-12) ; les Marionnettes de Paris (1862, in-12) ; les Souffreplaisir (1862, in-12); l'Année comique (1861 et 1862, jn-12); la Comédie du voyage (1863, in-12); le Roman de la femme à barbe (1863, in-12); Avez-vous besoin d'argent ?(l864,ïni2) ; Monsieur Personne (1864 , in-12) ; Maison Amour et C»e (1864, in-12) ; \a.Foireaux grotesques (1865, in-12); la Famille Hasard (1865, in-12) ; le Pavé de Paris (1865, in-12) ; Sauvé, mon Dieu! (1865, in-\2), vaudeville en collaboration avec H. Rochefort ; Par-devant M. le maire (1866, in-12) ; la Comédie en plein vent (1866, in-12) ; la Mythologie parisienne (1867, in-12); Monsieur et madame Tout-le- Monde (1867, in-12); les Pantins du boulevard (1868, in- 12) ; Y Age de fer-blanc (186s, in-12); les Phénomènes vivants (1868, in-12); Poésies (l870,in-8°); le Carnaval du dictionnaire (1874, in-12) ; là. Boutique à treize (1875, in-12); le Panthéon de poche (1875, in-12); le Sac à malices (1875, in-12) ; les Dindons de Panurge (1875, in-12); Paris à tous les diables (1875, in-12), etc.
VERON (Jean-Pierre-Nicolas Ducommon, dit), littérateur français. V. Docommun.
VÉRON DE FAR1NCODRT (Louis-Marie- Alexandre), général français, né à Langres en 1786, mort en 1847. Entré en 1804 comme volontaire dans les chasseurs à pied de la garde impériale, il se distingua àAusterlitz, k Friedland, à Chaves (Portugal), où il fut fait prisonnier. Mis en liberté après une détention de treize mois, il prit part k la campagne de Russie, se fit remarquer k la Aloskowa,àSmolensk,àDresde,àBautzen, et obtint, après cette dernière affaire, le titre de baron. En 1814, Parincourt fut l'un des derniers combattants de la bataille de Paris. Rallié aux Bourbons en 1816, il devint successivement lieutenant-colonel et colonel, fit la campagne d'Espagne (1823) et emporta d'assaut, au siège de Cadix, le fort qui dominait la place. A la révolution de 1830, mis en solde de congé, puis en traitement de réforme, il fut rétabli en 1832 par Soult sur les cadres de l'armée, avec le grade de général de brigade.
VÉRON DE FORBONNAIS (François), publicista français. V. Forbonnais.
VÉRON-RÉVIILE (Antoine-Armand), magistrat français, né à Neuf-Brisach en 1815, mort k Bordeaux en 1871. Il lit ses études de droit, exerça que.'quc temps la profession
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d'avocat, puis entra dans la magistrature. Il fut en dernier lieu conseiller à la cour d'appel de Colmar, puis à celle de Bordeaux. On' lui doit un Essai sur les anciennes juridictions d'Alsace (Colmar , 1857, in-8°) et une Histoire de la Révolution française dans le département du Haut-Rhin (1865, in-R").
VÉRONAIS, AISE s. et adj. (vé-ro ne, è-ze). Géogr. Habitant de Vérone; qui appartient k Vérone ou à Ses habitants : Les Véronais. Lapopulat ion véronaise. il On dit
aussi VBRONOIS, OISE.
— Hist. Pâques véronaises, Massacre des Français à Vérone, le lundi de Pâques 1797.
VÉRONE, la Verona des Romains, nommée aussi Verona par les Italiens, ville forte du royaume d'Italie, ch.-l.de la province, du district et des deux mandementsde son nom, sur les deux rives de l'Adige, k 108 kilom. O. de Venise, à 150 kilom. E. de Milan, par 45° 26' de latit. N.et go 38' de (ongit.E. ; 60,000 hab. Evèché suffrugant de Venise; résidence des autorités supérieures de la province ; cour suprême de justice ; tribunal de lr« instance ; société des sciences et des arts; académie de peinture et de sculpture ; académie d'agriculture, commerce et arts; lycée, 3 gymnases , 2 bibliothèques publiques; maison royale d'éducation pour les demoiselles; musée de peinture; observatoire astronomique; arsenal. Vérone est une des plus importantes places fortes de l'Italie ; elle forme l'angle N.-E. du fameux quadrilatère, contre lequel l'Autriche, naguère maîtresse de la Vénétie, pensait que viendraient se briser tous les efforts de ses ennemis. Les fortifications formidables dont les Autrichiens ont entouré cette place ont pour base la vieille enceinte bastionnée. «On l'a munie sur la rive droite, dit M. Baude, à qui nous empruntons ces détails, de huit bastions disposés d'après le système Carnot, avec des contrescarpes sans revêtement, pour faciliter les sorties. Le fort de San-Procule, k l'O., couvre l'entrée de la rivière dans la ville, dont il est très-rapproché; le fort de Hess, un peu plus éloigné, en couvre la sortie. Un vaste système de forts détachés , de 3 kilom. de longueur sur 2 kilom. de largeur, entoure la ville sur la rive droite et en fait un immense camp retranché, capable de recevoir une armée entière. » L'armée autrichienne qui battit les Italiens k Cuslozza en 1866 était campée sur cet emplacement. Les forts détachés se composent de fortes redoutes, espacées entre elles de 600 mètres environ. Ces redoutes ont en général la forme d'un trapèze, dont la grande base est tournée vers l'extérieur. Sur la rive gauche, l'ancienne muraille, construite par l'empereur Gallien, réparée et pourvue de tours crénelées au moyen âge, a été fortifiée de nos jours par des bastions qui forment six fronts réguliers. En outre, sur cette même rive gauche, vers l'E., un dernier contre-fort des Alpes du Tyrol porte le château San-Felice. Eu avant de cette citadelle, on a construit sept fortins détachés, qui grimpent et descendent la double croupe du contre-fort. Les ponts qui font communiquer les deux parties de la ville ont des parapets crénelés et sont munis de bastilles k leurs extrémités. Six portes fortifiées, trois sur la rive droite et trois sur la rive gauche, donnent accès dans la ville. Tel est k peu près l'ensemble des fortifications de cette importante place de guerre. Malgré tout cet appareil militaire, 1 industrie est assez active à Vérone; On y trouve de nombreuses moulineries de soie, des fabriques de soieries, toiles, tissus de laine, cordages; des tanneries, teintureries. Le commerce y a surtout pour objet la soie, les vins, les grains et les huiles.
La ville de Vérone est située dans une plaine élevée de 71 mètres au-dessus du niveau de l'Adriatique. L'Adige entre dans la ville au N.-O. et en sort au S.-E., en décrivant dans l'intérieur un large circuit, dont la convexité est tournée au N. C'est dans ce repli du lleuve que s'étend la partie la plus importante de la ville. L'autre partie, située sur la rive gauche, porte le nom de Véronette. Quatre ponts de pierre mettent en communication les deux parties de Vérone, dont la circonférence est de 12,720 mètres. L'intérieur se compose de rues larges, régulières et bordées de belles constructions. Les plus importantes sont la rue Stradone, qui va de la place Brk, située au centre de la ville, à la porte Neuve ; la via Pallone et le Corso. Parmi le3 places publiques, nous mentionnerons la piazza Brà, la plus grande de Vérone, bordée à l'E. par l'amphithéâtre, au S.-O. par le théâtre philharmonique et sur les autres points par des palais ; la piazza dei Signori, où se trouvent les anciennes demeures des Scaliger, et la piazza del Erbe, jadis forum de la république.
— Monuments. « Vérone, dit un écrivain contemporain , avec ses vieilles murailles flanquées de tours, ses ponts dont les parapets sont des créneaux, ses longues et larges rues et ses souvenirs du moyen âge, a une sorte de grand air qui impose. » Ses antiquités se composent d'un amphithéâtre ou arène, d'un théâtre antique, en moins bon étal que le précédent, et de quelques arches du pont délia Pietra, où se reconnaissent aisément les procédés de construction romaine. L'amphithéâtre, un des plus remarquables monuments de la magnificence des empereurs, est
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bâti en lourds quartiers de pierre. Après avoir été longtemps enseveli en quelque sorte sous des constructions vulgaires, il en fut déblayé seulement au xviie siècle. Ainsi tombe l'hypothèse souvent avancée par les historiens que l'amphithéâtre de Vérone donna au Dante, par ses divisions, l'idée des cercles de l'enfer, dont il devait faire une application si heureuse dans sa Divine comédie. ■ De forme ovale, ainsi que le Colisée de Rome, nous apprend M. du Pays, le monument antique a extérieurement 156 mètres de longueur et 125 mètres de largeur. L'arène, ou la place vide du milieu, a 75 mètres sur 45. A l'intérieur de cette arène régnent quarante-cinq rangs de gradins, où, lors de la fête donnée à l'empereur François Ier, 50,000 personnnes purent trouver place. Aux extrémités du grand axe de l'ellipse, il y a deux grandes portes, et au-dessus de chacune de ces portes une plate-forme ou tribune fermée par une balustrade. L'enceinte extérieure a été presque entièrement détruite. Un grand nombre de vomitoires sont aujourd'hui occupés par des magasins, des boutiques de forgeron et de marchands de vieille ferraille. > Il faut également comprendre dans les antiquités de Vérone l'arc de Leoni, attribué k 1 époque de Vespasien, et la porte Borsa ou Borsari, construite sous les Antonins.
Vérone possède une série d'églises et de palais, qui tous méritent au moins une mention.
Eglises. La cathédrale, placée sous l'invocation de santa Maria Matricolare, s'élève sur l'emplacement d'un temple de Minerve, dont les matériaux servirent k la construction de l'édifice primitif. Elle fut rebâtie eu 1187 et modifiée au xive et au xv« siècle. Son porche, orné de colonnes soutenues par des griffons , présente les statues des paladins Olivier et Roland. Une belle rotonde k colonnes, oeuvres de San-Micheli, précède le chœur. A l'intérieur, on remarque surtout les détails de sculpture des pilastres et les belles fresques exécutées en 1533 par Torbido il Moro, sur les dessins de Jules Romain. Une Assomption du Titien, une Adoration des mages de Libérale et Deux apôtres de Carotto méritent également d'être signalés. La cathédrale correspond avec l'oratoire San-Gio vanni-in-Fonte , qui possède d'admirables fonts baptismaux en marbre, d'un seul bloc. Le palais de l'archevêché et la bibliothèque capitulaire sont également voisins de la cathédrale.
Après la cathédrale viennent les églises suivantes : l'église Santa-Anastasia, commencée en 1261 et dont la façade est demeurée inachevée. La décoration des voûtes se compose d'arabesques- peintes. Une fresque représentant Y Enfant Jésus et saint Georges, et qui orne une des principales chapelles, esc attribuée a Giotto. La même chapelle contient le tombeau de Cavalli (1390). La chapelle Pellegrini possède d'intéressants bas-reliefs en terre cuite (xve siècle) et un autre tombeau. Les principaux ouvrages de peinture qui ornent encore Santa-Anastasia sont : un Sain; Martin, de Carotto; une Vierge entre saint Augustin et saint Thomas d'Aauin, par Morone; une Vierge trônant parmi les saints, par Girolamo dei Libri ; diversesscènes de la passion du Christ, par Libérale; le Miracle de san Gimignano, par l'Aldighieri ; une Vierge, un Saint Nicolas, une Sainte Cécile, de l'Orbatto; enfin les portraits de Mastino II délia 5ca/«,etde sa femme Taddea Carrera, par le même.
L'église San-Zenone est supérieure k la précédente au point de vue architectural. Fondée par Pépin, fils de Charlemagne, elle fut restaurée en 961 et terminée vers 1178. Le chœur seul date du xve siècle. La façade en marbre, aux ornements d'une grande délicatesse, présente un porche k colonnes précédant la porte principale, que surmonte une rose k meneaux flamboyants. Les côtés de l'édifice sont en assises successives de brique et de marbre. Les sculptures d'ornementation de la façade représentent, entre autres sujets, la roue de la Fortune et une chasse dont le personnage principal est le roi Théodoric. A l'intérieur, la nef de San-Zenone est d'un aspect majestueux. L'église est surmontée d'un beau clocher, élevé en 1045, et correspond avec l'ancien cloître qui possède encore plusieurs tombeaux, entre autres celui du roi Pépin.
Parmi les curiosités et objets d'art que renferme San-Zenone, nous citerons, dans le chœur, les statues de saint Zenon et de saint Pioculus, plusieurs fresques fort anciennes, une entre autres découverte en 1859 au-dessus de la porte de la sacristie et attribuée à Stefano (la Zeoio, et une autre d'un bénédictin de la famille Capéllo (1397). Quant aux tableaux proprement dits, nous citerons seulement, au fond de l'abside, une Vierge au milieu des anges, par Mantegua, et deux tableaux de saints. Ces trois œuvres, qui forment une espèce de triptyque, avaient été transportées k Paris en 1797, avec d'autres non moins importantes. Ces dernières n'ont pus été restituées, et on peut, notamment, Voir encore aujourd'hui nu musée du Louvre un Christ entre tes larrons, qui faisait partie de l'ensemble. Mentionnons enfin le monument sépulcral d'Attilia Valeria.
L'église de San-Bernardino, construite k la fin du xv« siècle, transformée en magasin
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militaire pur les Autrichiens, conserve encore aujourd'hui sa nouvelle destination. Elle possède encore des fresques de Giolrino et un Crucifiement, par le même. A cette église touche la chapelle Pellegrini, qui passe pour le chef-d'œuvre de San-Micheli. La sacristie' contient une Visitation, de Barca, et une Déposition du Christ, de Brusasorci.
Les autres églises de Vérone sont : San- Pietro-Mariire, séparée de Santa-Anastasia par le monument funéraire gothique du comte de Castelbarco, placé en équilibre sur le milieu d'un mur, au-dessus d une porte cintrée; Santa-Eufemia, dont le portail est du xv« siècle et l'intérieur moderne; on y voit des fresques de Stefano da Zevio et plusieurs tableaux de Carotto, Ridolfi, Torbido, Carlo Caliari, etc.; Santa-Trinita, aujourd'hui magasin militaire, mais qui conserve encore ses fresques de Brusasorci ; Santa- Maria-della-Scala, où l'on remarque des peintures de la plupart des maîtres déjà, cités; le poète Maffei, mort en 1755, y a son tombeau ; San-Fermo-Maggiore, construite au xive siècle et qui possède une crypte, ouverte en 1605. L'église possède de très-anciennes fresques, une peinture de Paul Véronèse, aujourd'hui malheureusement à peu près ruinée, représentant la Vierge et les saint s, une Cène de Dandoli, plusieurs tableaux de Libérale, Torbido, Bonsignori, Brusasorci et deux dernières fresques, l'une signée Pisanello, l'autre sans nom, représentant un Crucifiement et découverte en 1856, sous l'épaisse couche de badigeon qui l'avait masquée si longtemps. Cette dernière est un chef-d'œuvre. San-Fermo-Maggiore contient deux tombeaux des Alighieri, descendants du Dante, et le mausolée des Brenzoni. San-Tomaso-Cantaarense, c'est-à-dire Saint-Thomas-de-Cantorbéry, fondée en 1316, doit sa façade E. à San-Micheli. Convertie en caserne sous la domination autrichienne, cette église est aujourd'hui rendue au culte. Elle a conservé plusieurs tableaux de l'Orbetto , de Torbido, de Brusasorci, etc. L'église Santi-Nâzaro-e- Celso possède une façade du xve siècle ; elle possède des fresques de Brusasorci, etc. L'ancien couvent attenant à l'église est aujourd'hui occupé par une fabrique, dans le jardin de laquelle se trouve une chapelle souterraine ornée d'autres fresques qui paraissent remonter au vie ou tout au moins au vue siècle. Sunta-M»ria-in-Organo est un édifice construit sur les dessins et après la mort de San-Micheli , vers U81. On y remarque, entre autres peintures, une Sainte Françoise Romaine, du Guerehin , et une Vierge au milieu des saints, de Girolamo dei •Libri ; il faut citer encore les belles marqueteries exécutées en 1499 par Fra Giovanni. L'église San-Giovauni-in-Valle possède une crypte où l'on voit encore deux tombeaux contemporains de Constantin. San-Stefano, cathédrale au xi° siècle, a perdu son caractère primitif, à la suite de restaurations; les peintures de l'intérieur sont dues à Carotto, a Brusasorci, à Giolfino et à l'Orbetto; la crypte en croix latine, fort ancienne, contient le tombeau de Placidia, fille de Vulentinien III. Enfin, San-Giorgio possède le fameux Martyre de saint Georges de Paul Véronèse ; une des chapelles de l'église conserve un tableau non moins remarquable, signé du Tiutoret. Citons encore un tableau à compartiments , de Carotto , représentant Saint Rock et Saint Sébastien, une Vierge au milieu des anges et des sainis, de Girolamo dei Libri (1529), plusieurs autres peintures de Brusasorci et Farinati, etc.
Nous ne quitterons pas les églises sans dire quelques mots du cimetière et surtout du fameux tombeau de Juliette, l'amante de Roméo. Ce tombeau, qui n'a aucun caractère d'authenticité, est une sorte de sarcophage provenant de l'ancien cimetière des franciscains. Le prétendu tombeau de Juliette est la première curiosité que les touristes demandent à visiter. Quant au cimetière proprement dit de Vérone, il est tout moderne et a été dessiné par Barbieri ; il se compose d'un vaste quadrilatère entouré de portiques à colonnes, imitant lo dorique, et derrière lesquels régnent des galeries destinées à recevoir les monuments funéraires.
Palais. Les principaux palais do Vérone sont : le palais de la Gran-Guardia, nouvelle caserne monumentale, ornée de magnifiques colonnes corinthiennes; le palais du Conseil, édifice du xve siècle, orné extérieurement dos statues de Pline le Jeune, Cornélius Népos et Catulle. Plusieurs salles de ce palais .sont aujourd'hui occupées par deux cents tableaux environ, provenant d'anciennes églises, aujourd'hui supprimées; le palais Maffei; la maison des Marchands, élevée en 1301 et dont la grande tour a été construite par Can Signorio, podestat de Vérone. La construction du Pilier est due aux Vénitiens, dont il affirmait la domination (1524). Comme sa métropole, Vérone possédait aussi, sur une de ses principales places publiques, un lion de bronze, qui ne fut enlevé qu'en 1799. Parmi les palais construits par San-Micheli , nous citerons le palais Canossa, dont la cour se termine en terrasse donnant sur l'Adige ; le palais Bevilacqua, devenu l'école communale des jeunes filles, et le palais Pompéi, légué en 1833 par le dernier héritier de ce nom à la ville de Vérone. Le roi Victor- Emmanuel s'y arrêta la 18 novembre 1866, Uans tous ces palais, l'étage inférieur ou
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soubassement est ordinairement a bossages, et le rez-de-chaussée est percé d'arcades. Les autres palais de Vérone sont : le palais Giusti, où se trouvent un jardin magnifique, une terrasse d'où l'on embrasse tout le champ de bataille de Custozza et un labyrinthe ou le président de Brosses assure s'être égaré pendant près d'une heure {Lettres sur l'Italie) ; le palais Ridolfi, qui possède une l'rea-, que de Ricci, représentant le couronnement de Charles-Quint à Bologne.
Nous devons encore mentionner, pour clore la liste des monuments : le Castello-Vecehio (vieux château), construit au bord de l'Adige en 1350 et relié a la rive opposée par un pont étroit impraticable aux voitures ; le théâtre philharmonique, sous le péristyle duquel soilt rangés les fragments antiques du musée lapidaire, ouvert en 1617, sous les auspices de l'Académie ; la statue du Dante, placée nu centre de l'ancienne place des Seigneurs, ainsi nommée des résidences des Scaliger; les tombeaux des Scaliger, situés devant la petite église de Santa-Maria-1'Antica; la bibliothèque du chapitre, fondée au ixe siècle par l'archidiacre Pacico, et où furent découvertes par Pétrarque les Lettres familières de Cioéron, et par Niebuhr les lnstitutes de Gaïus ; enfin sept théâtres : le théâtre Filharmonico (opéra), le théâtre Castellani (comédie), le théâtre dell'Acadernia Vecchia, le théâtre Salvi, le théâtre Nuovo, le théâtre Moranda et deux salles de spectacle de jour.
Parmi les hommes célèbres nés à Vérone, nous citerons : Catulle, Pline l'Ancien, Cornélius Népos, Paul Véronèse.
— Histoire. Vérone (Veronaen latin et en italien) fut fondée au iv« siècle avant J.-C. par les Euganiens. Aux Euganiena succédèrent les Etrusques, puis les Gaulois Cénomans et Vénètes. Sous la domination romaine, elle devint, l'an 46 de notre ère, un important municipe. Philippe l'Arabe y mourut l'an 249. En 402, Stilicon battit complètement aux environs les Visigoths. Odoacre et Théodoric y fixèrent successivement leur résidence et en firent la' capitale de leurs Etats. Sous la monarchie lombarde, Vérone devint le chef-lieu d'un des grands duchés dont se composait cette monarchie. Charlemagne eu fit une marche importante. Sous l'un des descendants de Charlemagne, la ville devint la capitale du royaume d'Italie. Othon le Grand, en 952, la réunit à l'empire. Enfin, en 12B1, elle réussit à se constituer en république indépendante, joua un rôle important dans les deux ligues lombardes et finit par tomber sous la tyrannie des Ezzelin de Komano, podestats qui maintinrent leur joug pendant trente-cinq années. Aux Ezzelin succédèrent les Sculiger (délia Scala), qui gardèrent le pouvoir cent vingt-sept ans. En 1783, Vérone se soumit au duc de Milan, Visconti, puis, en 1404, passa aux mains des Carrare de Padoue. Enfin, elle se donna à Venise , dont elle suivit dès lors la fortune. La ligue de Cambrai lit tomber, de 1509 à 1516, Vérone au pouvoir de l'empereur Maximilien, mais le traité de Noyon la rendit à l'Italie et aux Vénitiens. Comme Vérone est moins une plaee susceptible de supporter un siège qu'un camp de refuge pour une armée, Bonrfparte s'en servit en 1796 comme d'un pivot autour duquel il manœuvra avec succès pour couvrir le blocus de Mantoue, en repoussant les armées de secours qui arrivaient par le Mincio, le lac de Garde et l'Adige. Le jour de la deuxième fête de Pâques, le 17 avril 1797, et les jouis suivants, les soldats de la République française qui se trouvaient à Vérone y furent massucrés, et l'on donna à ce massacre le nom de Pâques véronaises. Cette même année, les Autrichiens s'emparèrent de la ville, dont ils restèrent maîtres jusqu'en 1801. Quatre ans plus tard , le traité de Prôsbourg attribuait Vérone à la France,' et elle demeura jusqu'en 1815 le chef-lieu du département de l'Adige. A cette époque, elle retomba sous le joug de l'Autriche. C'est à Vérone que se tint en 1822, entre les membres de la Sainte- Alliance, le célèbre congrès auquel assista Chateaubriand , et dont il a écrit l'histoire. V. ci-après congres de Vérone. En 1848, Radetzti, chassé de Milan, y trouva un refuge, y refit son armée et s'appuya sur ce camp formidable, qui fait partie du fameux quadrilatère, pour reprendre l'offensive contre les troupes de Charles-Albert. Enfin, en 1S65 , l'armée autrichienne, en s'appuyant sur cette place forte, arrêta la marche de l'armée italienne à la bataille de Custozza. Cotte même année, Vérone fut cédée, avec la Vénétie, par l'Autriche à l'Italie.
Vérone (congres pe), congrès célèbre, qui se tint dans la ville de ce nom en 1822, et auquel prirent part presque tous les souverains de l'Europe en personne, membres de la Sainte-Alliance. Là se rendirent successivement; l'empereur et l'impératrice d'Autriche, accompagnés du prince de Metternich et d'un véritable bataillon de diplomates; l'empereur de Russie, Alexandre 1er, avec le comte deNeSSelrode, le comte Pozzo di Borgo et un grand nombre d'autres personnages de distinction ; le duc de Wellington et tout un personnel diplomatique; le roi de Prusse, suivi de ses deux fils, les princes Guillaume et Charles , du comte Bernstorf et du baron de Ilumboldt; la duchesse de Parme, veuve de
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Napoléon, en compagnie du comte deNieperg, son chambellan, son chevalier d'honneur et... son époux, moins le titre officiel et le sacrement; le grand-duc et la grande-duchesse de Toscane; le duc et la duchesse de Modène; le roi de Naples; le roi de Sardaigne. Louis XVIII, que la goutte clouait sur son fauteuil aux Tuileries, s'était fait représenter au congrès par le comte deMontmorency, par Chateaubriand, qui a écrit l'historique de ce congrès (2 vol. in-8°), et par MM. de Caraman, de La Ferronnayset de Rayneval, le duc de Rauzan,'le comte de Boissy et le comte d'Aspremont.Cinq affaires différentes, sans parler de quelques questions secondaires, furent agitées au congrès de Vérone : 1" la traita des nègres ; 2<> les pirateries dans les mers de l'Amérique et les colonies espagnoles; 30 les démêlés de l'Orient entre la Russie et la Porte; 4» la position de l'Italie ; &o les dangers de la révolution d'Espagne par rapport à l'Europe et surtout par rapport à la France. Toutefois, dans ces affaires croisées, la France n'eut à exprimer son avis que sur la traite des nègres, les colonies espagnoles' et la guerre éventuelle d'Espagne, si l'intervention de la France était décidée. Quant aux démêlés de la Russie et de la Porte, ils furent l'objet de conférences particulières entre les cabinets de Londres, de Saint-Pétersbourg, de Vienne et de Berlin, et la position de l'Italie fut discutée par les délégués des parties intéressées, c'est-àdire Rome, Naples, la Toscane, Parme, Modène, le Piémont, le Milanais et les Etats lombards-vénitiens.
Cette pompeuse réunion de représentants de toutes les puissances de l'Europe se sépara vers le milieu de décembre, sans avoir rien conclu, et si ce n'était la solennité de la circonstance , on pourrait caractériser le congrès de Vérone en lui appliquant ces deux vers de La Fontaine :
J'ai maints chapitres vus, Qui pour néant se sont tenus.
Tout ce qu'on peut en retenir, c'est que Chateaubriand y soutint la nécessité de 1 intervention de la France eu Espagne , intervention qui amena la guerre d'Espagne de 1823, dont Chateaubriand se vante d'avoir été le principal auteur.
VÉEONÈSB (Paolo Caliari, dit Paul), illustre peintre de l'école vénitienne, né à Vérone en 1528, raortàVeniseen 1588. Son père, Gabriele Caliari, était sculpteur, et il apprit d'abord à modeler, puis il entra dans l'atelier de son, oncle, Antonio Basile, et révéla pour la peinture de grandes aptitudes. Après s'être exercé longtemps d'après les gravures d'Albert Durer et les dessins du Parmesan, il fut emmené à Mantoue par le cardinal Hercule Gonzague, qui lui confia une partie de la décoration du dôme de la cathédrule ; il passa de là à "Vicence, où il exécuta divers travaux pour les églises, et enfin à Venise où il se fixa ver3 1554. Des peintures qu'il fit l'année suivante pour l'église de Saint-Sébastien : un Christ sur la croix, le Martyre de saiut Sébastien et les plafonds de la sacristie, le placèrent immédiatement au rang des premiers artistes de son époque, et son triomphe fut complet lorsque, à la suite d'un concours ouvert par les procurateurs de Saint-Marc pour la peinture du plafond de la bibliothèque, ses rivaux lui décernèrent eux-mêmes la chaîne d'or proposée en prix. Un petit nombre seulement de ses tableaux sont datés et l'on n'a des documents certains que sur ceux qu'il peignit dans toute sa maturité, ce qui permet difficilement de s'orienter au milieu de la quantité prodigieuse de ses œuvres; on considère cependant comme ses premiers ouvrages une Madone avec saint Jean-Baptiste et saint Zenon (à San-Fermo-Maggiore de Venise), la Guérison de la belle-mère de saint Pierre (musée du Louvre), la Tentation de saint Antoine (cathédrale de Mantoue), Y Histoire d'Esther, en trois tableaux (plafond de la sacristie de l'église Saint-Sébastien) ; il a peint pour la même église, à une époque indéterminée, Saint Sébastien, saint Marc et saint Marcellin, plus une de ses grandes Cènes : le Souper chez Simon le lépreux, dans le réfectoire du couvent. Les peintures dont il fut chargé au palais ducal, à la suite du concours de 1555, sont de magnifiques allégories : la Musique, représentée sous les traits de trois ^sunes femmes d'une ravissante beauté; la Géométrie, Y Arithmétique et l'Apothéose de l'honneur. Il fut ensuite chargé de peindre pour la salle du Grand-Conseil : Frédéric Barberousse baisant larnain de l'antipape Octavien, vaste composition entourée de quatre grandes figures allégoriques qui a péri dans l'incendie du palais eu 1576.
Les grandes peintures auxquelles Paul Véronèse doit, à l'étranger, presque toute sa réputation, ces magnifiques Cènes où il a déployé sa véritable magie de coloriste, sont de quelques années postérieures. Ces compositions, dont une seule représente l'épisode connu sous le nom de Cène, dernier repas de Jésus avec ses disciples, sont au nombre de quatre principales; ce sont les Noces de Cana, peintes en 1663 pour le réfectoire du couvent de Saint-Georges-Majeur et que possède le musée du Louvre ; le Souper chez Simon le lépreux, peint en 1570 pour le couvent de Saint- Sébastien ; le Souper chez Simon le pharisien, peint en 1573 pour les Pères servites, et le Souper chez Léoi, peint la même année pour
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les dominicains de Saints-Jean et Paul. » On sait, dit M. Viardot, que, sous prétexte de ces Cènes évangéliques, Véronèse peignait tout simplement les festins de son époque avec l'architecture et les costumes^ de Venise au xvie siècle, avec concerts, danses, pages, enfants, bouffons, chiens et chats, fruits et fleurs. On sa.t aussi que les personnages rassemblés dans ces vastes compositions formaient d'ordinaire une réunion de portraits. L'étendue démesurée du cadre et ce nombre inusité-des personnages constituent, pour disposer ces groupes et diversifier les attitudes, pour répandre l'air et la lumière, pour éviteï la confusion, la monotonie, l'abus des clairs ou des ombres, de telles difficultés que l'imagination s'en épouvante. Ainsi, même en faisant toutes réserves sur la manière de concevoir et de rendre les sujets, manière évidemment défectueuse comme contraire aux sentiments religieux et à la vérité historique, même en dépouillantces compositions, où tout est insensé et ravissant, de leurs noms évangéliques pour les appeler simplement des repas vénitiens, on ne peut trop louer dans ces grandes machines de Véronèse la somptueuse et magnifique ordonnance théâtrale, la beauté des encadrements d'urchitecture, la vérité et la variété des portraits, la recherche et l'élégance des ornements, la justesse et l'ampleur du dessin, le charme et la vivacité de sa couleur d'argent, opposée à l'or de Titien et à la pourpre deTintoret; enfin la connaissance profonde et la pratique consommée de toutes les qualités qui forment l'art de peindre. » Les Noces de Cana appartiennent au musée du Louvre depuis le traité de Campo- Formio ; en .1814 , les commissaires autrichiens renoncèrent à les enlevfr, malgré leur haute valeur (on les estime 750,000 trimes), dans la crainte que le transport ne les détériorât, et demandèrent à la place un tableau de Lebrun ; le Repas chez Simon le pharisien est également au Louvre, où il fait face, dans le salon carré, aux Noces de Cana; il fut donné à Louis XIV par la république de Venise en 1662 et décora a Versailles le salon d'Hercule ; le Souper chez Simon le lépreux esta l'Académie des beaux-arts de Venise; enfin, le Souper chez Lëvi (même musée) attira au peintre en 1573, quelque temps après son exécution, de singuliers désagréments restés inconnus jusqu'à ce que M. Yriarte découvrit dans les archives de Venise un document fort curieux : c'est l'interrogatoire do Paul Véronèse par les inquisiteurs. Il dut comparaître devant le terrible tribunal pour répondre à une accusation d'hérésie résultant de ce qu'il avait peint dans cette immense toile un serviteur saignant du nez, un apôtre se curant les dents, avec une fourchette, des hallebardiers allemands mangeant et buvant au bas d'un escalier, un bouffon, un nain le perroquet au poing, un chien de chasse ■ et autres niaiseries, ■ comme dit le procès-verbal.Véronèse dut faire amende honorable et fut condamné à effacer de son tableau tous les personnages secondaires, ainsi qu'à corriger les autres dans le sens des récits évangéliques. Il faut rattacher au même genre, affectionné par le peintre, le Repas donnépar saint Grégoireà des pauvres, grande toile de dimensions presque aussi colossales que les Noces de Cana et qui est aujourd'hui à Vicence dans le palais Chierati. Paul Véronèse l'avait peinte pour le réfectoire du couvent de Santa-Maria-di-Monte-Berico, près de Vicence ; elle fut malheureusement mise en pièces par les Croates eu 1848 et recousue plus tard tant bien que mal ; des répétitions en petit des Noces de Cana, avec quelques changements de détail dans les groupes et dans les architectures, se voient aux musées de Madrid, de Dresde, de Darmstadt et de Milan ; le palais royal de Gènes, le musée Balbi, le musée de Turin et le musée Brera, à Milan, possèdent des doubles du Repas chez Simon te pharisien; une Cène se trouve dans l'église Saint-Julien, de Venise. Lorsque le palais ducal eut été en partie brûlé, en 1576, Paul Véronèse fut appelé à concourir pour une large part aux restaurations. L'œuvre qu'il y accomplit en quelques années est immense. Il peignit dans la salle du Grand- Conseil Y Apothéose de Venise, vaste composition allégorique où Venise, représentée sous les traits d une admirable blonde, portant le sceptre en main et vêtue d'une rone blanche laméo d'or, est entourée d'une multitude de figures; c'est l'œuvre capitale du maître ; elle occupe le centre du plafond de la salle et est accompagnée de deux autres compositions moins vastes : la Défense de Scutari et la Prise de Smyme; dans la même salle, sur le mur du fond, s'étend une grande fresque, le Retour du doge André Contarini après sa victoire sur les Génois en 1378; dans la salle de la Boussole, Véronèse avait peint un admirable plafond , Jupiter foudroyant lesVices; il a été détaché et envoyé au musée du Louvre; dans la salle du conseil des Dix, une allégorie , le Temps faisant apparaître la Ven7e',d'aprèsquelques critiques d art, et, d'après d'autres, le Passé et le présent ; dans la salle de l'Anticollége, l'Enlèvement d'Europe, peinture célèbre dont il existe une répétition à Rome, musée du Capitale ^ dans la salle du Collège, le Sauveur dans une gloire, plus un plafond en trois compartiments : Saint Marc, la Foi, la Justice et la Paix et huit autres tableaux : le Commerce, la Vigilance, la Prudence, la Douceur, la Persévé-
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rance, l'Innocence, le Courage et la Fortune ; cîmis la chambre au bibliothécaire, une Adoration des mages; dans la salle des chefs, un Ange chassant tes Vices.
Toutes ces compositions, si considérables qu'elles soient, ne forment que la moindre
fiartie de l'œuvre de Paul Véronèse. Le paais ducal possède encore de lui trois grands tableaux -.Venise entourée d'Hercule, de Cérès et de Génies, le Christ au jardin des Oliviers, V Institution du rosaire par saint Dominique; toutes les églises de Venise ont de lui des ouvrages importants : la Résurrection, une Madone et les anges, la Vierge et quelques saints (k San-Franoesco-della-Vigna); Saint Luc écrivant son évangile (k Saint- Luc) ; Saint Jérôme dans le désert (à Saint- André) ; la Sainte-Famille (à Saint-Barnabe); Saint Laurent, saint Marc et saint Augustin, les Quatre vertus théologales, les Quatre docteurs de l'Eglise (à Saint-Jacques); le Mariage de la Vierge (à Saint-Paul); l'Adoration des mages (à Saint-Sylvestre); une Cène, le Christ mort soutenu par des anges (k Saint- Julien) ; la Chute de la manne (aux. Saints- Apôtres); une Nativité (à Saint-Jean et Paul); le Mariage mystique de sainte Catherine (k Sainte-Catherine), etc. L'église Sainte-Justine, de Padoue, possède un de ses chefsd'œuvre, le Martyre de sainte Justine, dont le peintre a souvent fait des répétitions.
Nous nous contenterons de citer les principales toiles de Paul Véronèse, éparsesdans les divers musées de l'Europe. Ce sont, à l'Académie des beaux-arts de Venise, outre les tableaux dont nous avons déjà parlé : la Vierge sur le trône avec l'Enfant Jésus; une Annonciation ; la Sainte Christine fouettée de verges; Victoire remportée par- les Vénitiens sur les Turcs; le Couronnement de la Vierge; une Assomption ; Saint Marc et saint Matthieu; au musée des Offices , à Florence : une Sainte Famille; la Madone; Esther devant Assuérus; le Martyre de sainte Catherine; une Annonciation; [a Création, paysage excellent, et son Portrait; au palais Pitti : Présentation de Jésusau temple; les Trois Maries au tombeau; Jésus prenant congé de Marie et, divers portraits, parmi lesquels celui de sa femme, qui se trouve également au Louvre ; au musée do Gênes : leMartyre de sainte Justine; Judith; au musée Bréra, il Milan : Saint Corneille, pape; grande Adoration des mages; l'institution du baptême; Jésus au jardin des Olioiers; a Naples, musée des Etudes : Couronnement d'un doge de Venise; le Christ et te centurion ;à Rome, musée du Vatican : Sainte Hélène; au palais Quirinal : Saint Sébastien; au musée de Turin : Moïse sauvé des eaux; le Hepas chez Simon le p/ia- ' risien, répétition avec des changements du I tableau du Louvre; la Reine de Saba devant Salomon, vaste composition que l'on place presque au même rang que les Noces de Cana ; au musée du Louvre, outre les trois grandes toiles dont nous avons déjà parlé : les Anges faisant sortir de Sodome Lot h et ses filles; Suzanne au bain; l'Evanouissement a" Esther ; la Vierge, l'Enfant Jésus; Sainte Catherine et saint Benoit; la Vierge, l'Enfant Jésus et saint Joseph; Jésus sur le chemin du Calvaire; le Christ entre les larrons; les Pèlerins d'Emmaùs; un Portrait de femme, qui n'est autre que celui de la femme de Paul Véro- , nèse. Au musée de Berlin : le Christ mort, la Présentation au temple, Moïse sauvé des eaux, Mars et Minerve, Apollon et Junon, le l'emps et l'Hérésie; au inusée de Dresde : l'Adoration des mages, les Noces de Cana, la Fa- '< mille Concilia présentée à la madone, Portement de croix, le Calvaire, la Résurrection, le Bon samaritain, le Cenlenier de Capharnaùm, Moïse sauvé des eaux, Suzanne et tes vieillards, la Sainte Famille, Jésus à Emmaûs; au musée de Francfort : Mars etVénus, le Ma~ j riage mystique de sainte Catherine; k la pina- j cothèque de M u nich : la Justice et ta Prudence , la Churité, lu. Foi et ta Piété , la Force et la \ Tempérance , le Repos en Egypte, la Mort de Cléopdtre, la Femme adultère, Jésus et le centurion , l'Amour ; au musée de Vienne, vingttrois tableaux dont les principaux sont : la Femme adultère, Jésus et ta Samaritaine, l'Annonciation, Judith emportant la tête d'Holopherne, Vénus et l'Amour, le Christ et t'hémorroisse ; Adam et Eve, Nessus enlevant Déjanire, Vénus et Adonis, la Mort de Lucrèce, les portraits de Marc-Antoine Cornaro et de Catherine Cornaro; k Londres, National-Gallery : quatre tuiles dont la plus considérable est la Famille de Darius aux pieds d'Alexandre^ immense composition qu'on admira longtemps à Venise dans le palais Pisani et que le gouvernement anglais acheta 350,000 francs; au musée de Hampton-Court : une Adoration, des mages, le Mariage mystique de sainte Catherine, Mars etVénus, le Denier de César. Les musées de Belgique et de Saint-Pétersbourg ne possèdent du maître que des esquisses ou des répétitions insignifiantes de ses grandes œuvres.
« Cette magnificence d'imagination qui, dit M. Ciuizot, Se fait remarquer dans toutes les compositions de Paul Véronèse, fut pour ses contemporains un grand sujet d'admiration et d'éloges... Mais la magnificence de Paul Véronèse fut toujours de la dignité. Ces vases brillants, ces vêtements somptueux, ces édifices superbes dont il a décoré la plupart rie ses tableaux ne sont pour lui que les accessoires indispensables d'une idée; la grandeur do son génie est beaucoup plus encore dans
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l'espace qu'il embrasse et dans le sujet qu'il conçoit que dans la manière dont il le remplit ; et cette grandeur s'augmente singulièrement du peu qu'elle lui a coûté. Il semble en effet que, pour prodiguer tant de richesses, il n'ait eu qu'à les concevoir par la pensée, tant elles s'ordonnent facilement et naturellement dans sa composition, tant elles se produisent rapidement sous son pinceau, tant l'harmonie de toutes ces parties si nombreuses, si brillantes, si hardies, semble attester un seul jet, comme elle saisit en un seul coup d'œil. Un bonheur si particulier est un de ces dons de la nature, une de ces propriétés du génie qui ne se transmettent point; et l'on peut dire avec Zannetii que « quiconque n'est pas sûr » que son génie soit sorti de la même étoile » que celui de Paul, ne doit pas se risquer à imi- • tersamanière. ■ Destinée surtout k produire d'admirables effets dans les grands tableaux et les vastes perspectives, cette manière de Paul Véronèse a su cependant s'approprier aussi à des ouvrages de moindre dimension, où sa hardiesse parait d'autant plus étonnante qu'elle s'applique à des objets qui sembleraient ne pouvoir être rendus que par une grande finesse de pinceau. »
VÉRONICÉ, ÉE adj. (vé-ro-ni-sé — du lat. veronica, véronique). Bot. Qui ressemble ou qui se rapporte au genre véronique.
— s. f. pi. Tribu de la famille des personnées, ayant pour type le genre véronique.
VÉRON1CELLE s. f. (vé-ro-ni-sè-le). Moll. Genre de limaces à corps nu.
VÉRONIQUE s. f. (vé-ro-ni-ke — mot de formation hybride : du latin t>er«.î,vrai, et du gr. eikân, image). Hist. relig. Linge avec lequel, selon la légende, une femme de Jérusalem essuya le front de Jésus, quand, couvert de sueur et de sang, il montait au Calvaire, et sur lequel resta imprimée l'image du Sauveur.
— Bot. Genre de plantes, de la famille des personnées, type de la tribu des véronicées, comprenant environ cent soixante espèces, répandues dans les régions tempérées et froides des deux hémisphères, et dont une trentaine se trouvent en France: La véronique petit chêne est une très-jolie espèce, commune dans les lieux herbeux. (P. Duchartre.) La Véronique aquatique croit dans les fontaines et les eaux courantes. (Th. de Berneaud.) Il Véronique des jardiniers, Nom vulgaire du lychnis fleur-de-coucou, u Véronique femelle, Nom vulgaire de la linaire bâtarde.
— Encycl. Hist. relig. On donne ce nom à une image de la figure de Jésus-Christ, empreinte sur un linge qu'on garde dans l'église de Saint-Pierre de Rome. Quel est ce linge? On dit que, dans le trajet du palais de Caïphe au Golgotha, une des femmes de Jérusalem qui suivaient le Christ essuya la figure de ce dernier avec un linge. Il n est personne qui n'ait vu cette scène représentée dans les églises catholiques, sur un des tableaux du chemin de la croix. Quelques-uns croient que ce linge qui servit k essuyer la face ensanglantée et couverte de sueur du Christ est celui que l'on conserve k Rome. Cette opinion est devenue populaire, grâce à la peinture qui a souvent représenté la véronique soutenue par un ange ou aux mains d'une femme. Quelques auteurs ecclésiastiques, s'appuyant sur un passage de saint Jean, croient que ce linge est le suaire qui servit à recouvrir le cadavre du Christ dans le sépulcre.
> Quoi qu'il en soit, dit Bergier dans son Dictionnaire de théologie, le premier monument dans lequel il est parlé de cette image est un cérémonial dressé l'an 1143 par Benoist, chanoine de Saint-Pierre de Rome, et dédié au pape Célestin II, que le Père Ma* billon a publié dans son Mussum italicum, mais il en est fait mention dans des lettres ou dans des bulles de plusieurs papes postérieurs. On ne sait pas en quel temps on a commencé à l'honorer. ■
On donne le nom de sainte Véronique à la femme de Jérusalem qui, d'après la tradition populaire, recueillit sur un linge l'image du Christ. Mais l'Eglise n'a jamais reconnu l'existence de cette sainte.
— Bot. Les véroniques sont des plantes herbacées ou des sous-arbrisseaux, à feuilles généralement opposées, au moins les inférieures, les supérieures passant par degrés à la forme de bractées; les fleurs, solitaires k l'aisselle des feuilles, ou réunies en grappes lâches ou spiciformes, présentent un calice k quatre ou cinq divisions ; une corolle presque rotacée, à quatre ou cinq lobes étalés, inégaux; deux étamines saillantes, insérées sur le tube de la corolle; un ovaire libre, surmonté d'un style et d'un stigmate simples; le fruit est une capsule k deux loges polyspermes. Les espèces très-nombreuses de ce genre sont répandues dans presque toutes les régions du globe ; elles croissent Sur les montagnes et les coteaux, dans les bois, les prés, les champs incultes et cultivés, au bord des eaux, ou même dans les sols inondés. La France en possède prés de cinquante espèces indigènes, et beaucoup d'autres exotiques, mais cultivées en plein air dans les jardins. Nous mentionnerons ici les plus intéressantes.
La véronique officinale, vulgairement etimproprement nommée véronique mâle, thé d'Europe, etc., est une plante vivace, à souche ra initiée et fibreuse; les tiges, hautes de
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0>n,15 à o™,30, cylindriques, roides, rameuses, très-velues, couchées et souvent radicantes k la base, redressées au sommet, portent des feuilles opposées, presque sessiles, ovales on oblongues, un peu aiguës, dentées, velues; les fleurs, d'un bleu pâle, plus rarement d'un blanc rosé, munies de bractées, sont disposées en grappes lâches, axillaires; la capsule est petite, ciliée et pubescente. Cette plante est très-commune en Europe ; elle croît sur les coteaux boisés, dans les lieux secs, les pâturages, au bord des chemins ombragés, le long des haies, etc. On ne la cultive que dans les jardins botaniques; elle se propage très-facilement degraines semées en terre légère, ou d'éclats de pied faits au printemps ou h l'automne.
On récolte la véronique officinale quand elle est en pleine floraison ; on rejette les racines, les feuilles rouges ou noirâtres; puis on en fait de petites bottes, qu'on dispose en guirlandes sur des ficelles pour les faire sécher k l'étuve ou au soleil; on peut la conserver avec ses fleurs, si elles ne sont pas trop avancées. La plante ne perd pas sensiblement ses propriétés par la dessiccation. Elle est k peu près inodore; mais sa saveur est amère, chaude et fortement styptique. Elle renferme un principe extractif et une petite proportion de tannin. On en prépare un sirop, une eau distillée qui est très-peu aromatique, un extrait aqueux, un extrait alcoolique, qui est plus amer. Toutes ces préparations sont très - rarement usitées aujourd'hui ; on n'emploie guère que l'infusion aqueuse.
« La véronique, dit A. Gautier, est tonique et faiblement astringente. On la croit diurétique et béchique ; mais ces deux dernières propriétés sont plus contestables, et on ne doit chercher à les utiliser que lorsqu'on n'a besoin, pour provoquer l'expectoration ou l'écoulement des urines, que de produire une légère stimulation indirecte des poumons ou des reins. En suivant cette règle, on peut l'employer dans l'asthme, la toux opiniâtre, la phthisie pulmonaire et quelques rétentions d'urine ; on peut aussi l'essayer dans les maux de tête opiniâtres et les douleurs d'estomac qui ne sont pas produites par la débilité. Mais Son action paraît beaucoup trop faible pour être d'une grande utilité dans les affections scorbutiques, et il faut lui préférer les plantes antiscorbutiques ordinaires. »
Ces modestes propriétés ne suffisent pas pour justifier l'immense réputation dont la véroniqiie officinale a joui dans l'ancienne médecine. Les vertus qu'on lui attribuait étaient tellement merveilleuses que J. Frank l'avait surnommée la reine des herbes. D'après cet auteur enthousiaste, elle pouvait guérir toutes les maladies. On la préconisait surtout contre les affections de poitrine, les catarrhes chroniques, le crachement de sang, les ulcères du poumon, la jaunisse, les obstructions, les coliques néphrétiques, les fièvres intermittentes, etc. On l'a prescrite aussi contre les affections calculeuses ; toutefois Murray fait observer que, par ses propriétés astringentes, elle doit plutôt condenser les calculs que les dissoudre. On la vantait encore contre la gale, les dartres , les ulcères, la pituite, les suffocations, etc. Tout cela est à peu près oublié aujourd'hui.
La véronique officinale, proposée par Hoffmann, il y a environ deux siècles, pour remplacer le thé, est encore quelquefois employée sous ce rapport, surtout dans les campagnes, ce qui lui a valu le nom vulgaire de thé d'Europe ; on a proposé aussi d'y ajouter des feuilles de béhen et de botrys. Tous les bestiaux mangent volontiers cette plante ; les moutons et les chevaux la recherchent particulièrement; comme ell<? peut d'ailleurs prospérer dans les plus mauvais terrains, il y a tout avantage, sinon à la propager, du moins k la conserver dans les pâturages. Comme plante d'ornement, elle n'a qu'un mérite fort secondaire; néanmoins, elle produit un bon effet dans les gazons, quand elle est en fleurs ; elle est très-rustique et végète fort bien k l'ombre ; aussi est-elle susceptible d'occuper une petite place dans les jardins paysagers.
La véronique k épis est une plante vivace, k tige roide, haute de o^ïO à 0m,30, portant des feuilles k peine pubescentes, les inférieures ovales ou oblongues, crénelées, les supérieures lancéolées ; les fleurs, 'groupées en longues grappes compactes et spiciformes, sont ordinairement d'un bleu vif, plus rarement roses ou blanches. Celte plante croit dans les bois, les terrains sablonneux, les pâturages secs; elle est très-abondante dans certaines localités. Ses propriétés ne diffèrent pas sensiblement de celles de l'espèce précédente. Toutefois elle est moins recherchée par le bétail ; les vaches et les moutons sont les seuls qui la mandent ; ses fleurs plaisent beaucoup aux abeilles. C'est une fort jolie plante, qui mérite d'être propagée dans les jardins et les parcs, pour orner les terrains en pente, les rocailles, et en général toutes les parties accidentées, découvertes et qu'on ne peut pas cultiver; on la propage comme la précédente.
La véronique petit chêne ou véronique germandrée est vivace, à tiges un peu couchées, rameuses, velues, a fleurs bleues, veinées de rouge, en grappes longues et presque spiciformes. Elle est très-commune dans les bois et les pâturages secs et fleurit au milieu de l'été. La véronique teucriette lui ressemble
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beaucoup; mais elle s'en distingue aisément, k première vue, par sa taille plus grande; elle croit dans les mêmes lieux. La véronique serpolet se reconnaît à ses feuilles ovales, crénelées, glabres, et à ses fleurs blanches rayées de (bleu; elle est répandue dans toute l'Europe et se trouve dans les champs incultes, les jachères, le long des haies, sur les berges des fossés, etc. Ces trois espèces possèdent à peu près les mêmes propriétés que la véronique officinale. Elles plaisent beaucoup aux animaux domestiques, notamment aux chevaux et aux moutons. Elles figurent très-bien aussi dans les jardins d'agrément.
La véronique blanchâtre a des tiges longues d'environ om,50, des feuilles oblongues ou lancéolées , couvertes d'un duvet d'un blanc argentin, et des fleurs bleues, en grappes quelquefois rameuses. Elle est vivace et croit dans l'Ukraine. D'après Pallas, on la fait brouter par les bestiaux, pour les guérir de la gale; le même auteur assure que son suc est caustique et peut, si on l'applique sur la peau, déterminer la vésication. Nous citerons encore lesvéroniques maritime, des montagnes, scutellée, à longues feuilles, paniculée, couchée, saxatile, etc., qui sontvivaces, et, parmi les espèces annuelles, les véroniques agreste, champêtre, à feuilles de lierre, voyageuse, printanière, cymbalaire, digitée, précoce, etc. Les propriétés que nous avons déjà indiquées se retrouvent, mais k un moindre degré, dans ces diverses plantes, qui se recommandent aussi comme plantes fourragères ou d'ornement, les dernières surtout, qui se développent et fleurissent de très-bonne heure.
La véronique beccabunga, appelée aussi vulgairement véronique cressonnée ou aquatique, cresson de cheval, etc., s'éloigne notablement de ses congénères, tant par sa végétation que par ses propriétés. C'est une plante vivace, k tiges longues de 0m,50 environ, cylindriques, fistuleuses, charnues, épaisses, fermes, glabres, couchées et radicantes, portant des feuilles opposées, pétiolées, ovales ou oblongues, dentées, charnues, glabres, luisantes, et des fleurs violettes ou d'un beau bleu, disposées en grappes axillaires ordinairement opposées. Elle croît dans les lieux humides et marécageux, au bord des fossés et des ruisseaux. On ne la cultive guère que dans les jardins botaniques; elle mérite pourtant de figurer dans les jardins paysagers, où elle contribuerait k orner le bord des eaux. Elle se propage très-facilement de graines ou d'éclats, et, comme ses tiges traînantes s'enracinent pour ainsi dire k chacun des nœuds inférieurs, il en résulte qu'un seul pied peut, dans le courant d'un été, garnir un assez grand espace.
On emploie, en médecine, les feuilles et les sommités fleuries de cette plante ; on choisit les pieds qui croissent au bord de l'eau, et non dans l'eau même, ces derniers étant moins actifs ; c'est de la plante fraîche qu'on se sert toujours, parce que ses propriétés disparaissent par la dessiccation. D'abord peu sapide, elle acquiert, au moment de la floraison, une saveur acerbe et amère , puis acre et piquante, qui rappelle un peu celle du cresson et qu'elle doit k une huile essentielle, analogue à celle de quelques crucifères. Cette plante, que les personnes étrangères aux études botaniques confondent souvent avec le Cresson de fontaine, possède quelques-unes des propriétés de ce dernier. On 1 a. vantée comme antiscorbutique ; son suc clarifié a été administré comme excitant et diurétique, A l'extérieur, elle passe pour détersive et résolutive. Les gens de la campagne l'emploient souvent, en cataplasmes, contre les panaris et les ulcères.
Dans quelques pays, on mange la. véronique beccabunga en salade, comme le cresson, ou cuite en guise d'épinards; sa saveur ne plaît pas généralement au premier abord, mais on s'y habitue. Tous les bestiaux la mangent; il y avantage k la recueillir pour la leur donner, dans les endroits où elle est abondante. En tous cas, elle peut servir k faire de la litière et à augmenter la masse des fumiers. Les mêmes observations s'appliquent k la véronique mouronnée ou mouron d'eau, qui se distingue de la précédente par ses tiges droites, grêles, rameuses, ses feuilles lancéolées dentées et Ses fleurs bleues plus petites, mais surtout par sa taille plus grande; elle croît aux mêmes lieux.
La véronique élégante est tin arbrisseau rameux, haut de l k 8 mètres, k feuilles opposées, charnues, grandes, persistantes, et k fleurs nombreuses, pourprées, de diverses nuances suivant les variétés et disposées en grappes spiciformes. Cette belle plante, originaire de Ja Nouvelle-Zélande, petit croître en plein air dans le midi et l'ouest de la France; elle forme d'élégants buissons toujours verts et presque constamment fleuris. Sous le climat de Paris, trop peu rustique pour résister aux hivers, elle exige la serre froide. Il lui faut un sol substantiel, riche eu terreau de feuilles ou de fumier, et des arrosements copieux. On la multiplie de semis faits au printemps sur couche chaude sous châssis, ou en serre chaude, et mieux de boutures sur couche tiède et sous cloche. « A l'automne, dit M. L. Neumann, on les relève avec soin pour les mettre en pots et les rentrer dans le jardin d'hiver ou dans la serre tempérée, qui, plus chaude et plus saine, est préférable ; on doit, après les avoirempotés,
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les placer sous châssis chauffés K 10*, h 12» centigrades, pour les faire reprendre, en les privant pendant quelques jours de lumière et d'air; puis on les habitue graduellement au milieu où elles doivent continuer à fleurir. ■
La véronique k feuilles de saule se distingue de la précédente par sa taille plus petite, ses feuilles lancéolées, plus longues et moins larges, et ses fleurs légèrement violacées, disposées en longues grappes. Elle croit aussi à la Nouvelle-Zélande. Le .croisement de ces deux espèces a produit de nombreux hybrides, parmi lesquels on range la véronique d'Anderson, à fleurs d'un bleu violacé très-brillant, parfois blanchâtre, et la véronique de Lindley, à fleurs d'un blanc lilucé, en longs épis cylindriques, pendants. La véronique remarquable, à fleurs blanches, en grappes co- "ryiubiformes, de la Nouvelle-Zélande, et la véronique perfoliée, à fleurs d'un bleu tendre, originaire de l'Australie, sont aussi de belles plantes. Toutes ces espèces se cultivent comme la véronique élégante.
Parmi "les autres espèces exotiques, nous citerons, comme pouvant être cultivées en plein air sous nos climats : la véronique de Syrie, plante annuelle, à fleurs bleu clair ou lilas pâle, propre à faire de jolies bordures ou à orner les jardinières d'appartement; la véronique de Virginie, à fleurs blanches, petites, mais très-nombreuses; la véronique à feuilles de gentiane, a. fleurs d'un gris de lin veiné de bleuâtre, originaire du Caucase; les véroniques à feuilles pennées et à feuilles incisées, à fleurs bleues, qui croissent toutes deux en Sibérie, etc.
VÉRONIQUE (sainte), religieuse italienne, née dans le Milanais en 1445, morte en 1497. Elle entra dans un couvent d'augustines et se signala pur ses austérités. En 317, le pape Léon X lui donna le titre de bienheureuse. L'Eglise catholique l'honore le 13 janvier.
VÉRON1TE s. f. (vé-ro-ni-te). Miner. Variété de baryte, appelée vulgairement terrb de VÉRONE.
VEKON1US, nom latin de I'Aveyron.
VEROT s. m. (vé-ro), Vitio. Cépage bourguignon, qu'on appelle aussi vhrrot et tressor.
VÉROTER v. n. ou intr. (vé-ro-té — rad. ver). Pêche. Chercher des vers pour la pêche.
VÉROTIER s. m. (vè-ro-fiè — rad. véroter). Pêche. Celui qui fouille le sable pour y trouver les vers qui servent d'appât.
VÉROTIS s. m. (vé-ro-ti — rad. ver). Pêche. Espèce de ver rouge, dont les pêcheurs se servent comme d'appât.
VERPE s. f. (vèr-pe). Bot. Genre de champignons, du groupe des morilles.
VERP1LL1ÈRE (La), bourg et commune de France (Isère), ch.-l. de cant., arrond. et il 29 kiloin, N.-E. de Vienne; pop. aggl., 1,125 hab. — pop. tot.j 1,243 liab. Fabrique de sucre de betterave. Ancien château.
VEBPLANCR (Gulian-Croinmalin), littérateur américain né à New-York vers 1785. Il suivit les cours du«oollége de Columbia, se fit recevoir avocat, visita l'Europe , où il passa plusieurs années, et, à Son retour dans sa patrie^ fut élu membre de la législature de New-York. 11 commença à se faire connaître en IBIS dans la littérature, en faisant des conférences publiques d'histoire et de belles-lettres et en écrivant des pamphlets politiques, en prose et en vers, sur les questions d'actualité. En 1825, la ville de New- York l'envoya au congrès, où il siégea pendant huit ans. On a de lui : Essais sur la nature et les usages de l'évidence variée de la religion révélée (New- York, 1824, in-8°); Essai sur lu doctrine des contrats (New-York, 1855, in-8") ; le Talisman ^New-York, 1827- 1829), annuaire littéraire, écrit en collaboration avec Sand et Biyant, et réédité sous le titre de Mélanges (New-York, 1833, 2 vol. iîi-80) ; Discours et adresses sur des sujets tirés de l'histoire, des arts et de la littérature américaine (New-York, 1833, in-12). M. Verplanck a, eu outre, donné une belle édition des Œuvres de Shakspeare (1844-1S47, 3 vol. in-8<>, illustrés), i enrichie, dit M. Vapereau, auquel nous empruntons les éléments (le cette notice, de notes et de commentaires curieux, dont plusieurs tendent à justifier, comme étant de pure origine anglaise, certaines expressions de conversation que l'on appelle aujourd'hui en Angleterre des américanismes. »
VERPOORTENN (Guillaume!, théologien protestant allemand, né à Lubeck dans la première moitié du xvne siècle, mort à Cobourg en 1685. D'abord surintendant à Lubeck, il devint, en 1632, surintendant général à Cobourg, et il acquit la faveur du duc Ernest. Verpoortenn forma le projet de constituer, un tribunal de douze théologiens, chargé de tranchur les querelles qui pourraient s'élever entre les diverses sectes protestantes. Le duc, ayant adopté cette idée, envoya le surintendant à Stockholm, puis à. Uresile afin de la faire agréer au roi de Suède et à l'électeur do Saxe ; mais son projet parut impraticable et ne fut point mis k exécution.
VEBPOORTENN (Philippe-Théodore), philologue allemand, (ils du précèdent, né k Cobourg en 1657, mort en 1712. Il professa la
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langue grecque, et la poésie à Wittemberg et a Altdorf. On a de lui : Regnum Salaminium in Cypro (Cobourg, 1704, in-4°); De ducatibus in veteri Germaniz regrtu heredilariis (1707. in-4°); De peregrinorum avud veteres Gr&cos condilione (1708, in-4<>) ; (jvidii Nasonis Tristium libri V et epislolarum ex Ponto libri JV, sc/ioliis explanati (17 12, in-8°).
VERPOORTENN (Albert-Menon), historien allemand, frère du précédent, né à Gotha en 1672, mort en 1752. Il suivit aussi la carrière de l'enseignement et professa successivement k Cobourg et k Dantzig. On a de lui : Commentatio historica de Martino Ducero (Cobourg, 1709, in-8°); Histoire de la Déforme dans le du cité de Cobourg (Cobourg, 17?2, in-8°); Dissertotiones ad theologiam maxime exegeticam et philologiam sacram pertinentes (Cobourg, 1733).
VERPUNTE s. f. (vèr-pon-te). Pain de sucre manqué.
VERQUETTE s. f. (vèr-kè-te). Ornith.
Nom vulgaire de la draine, dans le Bugey.
VERQUEUX s. m. (vèr-keu). Pèche. Sorte de verveux, dont on se sert peur prendre les
aloses.
VERRAILLE s. f. (vè-ra-lle; Il mil. — ditnin. de verre). Comm. Menus objets de verrerie.
VERRAIN s. m. (vè-rain). V. vérin.
VERRAT s. m. (vèr-ra — du lat.' verres, qui est pour verses, et signifie proprement mâle ; de la racine sanscrite varsh, pleuvoir, arroser et engendrer, proprement répandre la liqueur séminale. De là aussi le sanscrit varsha, varshan, varshabha , taureau , étalon,et oarshni, bélier). Cochon domestique mâle, non châtré : La chair du verrat, ou cochon domestique mâle, est encore plus mauvaise que celle du, sanglier. (Buff.)
— Loc. fam. Ecumer comme un verrat, Ecumer do colère.
— Ichthyol. Un des noms vulgaires du maquereau. Il Verrat de mer, Nom vulgaire du capros sanglier.
— Encycl. Econ. rur. Le verrat n'a pas d'autre utilité que celle de la propagation de l'espèce. Les petits verrats sont en état d'engendrer dès l'âge de deux mois et demi; mais il est rare qu'on leur permette d'user de ces dispositions précoces , parce qu'un accouplement aussi prématuré pourrait conduire h l'abâtardissement des races. Il ne faut pas non plus tomber dans l'excès contraire, et l'on doit laisser le verrat saillir dès l'âge de huit mois ; quelquefois on retarde l'accouplement jusqu'à l'âge d'une année.
« Aux époques de l'accouplement , dit M. Elisée Lefevre, le verrat doit recevoir une nourriture choisie, mais pas trop abondante; car il ne s'agit point de l'engraisser, mais de développer sa vigueur et sa gaieté ; un peu de grain, de l'avoine, du sarrasin, du seigle produisent fort bien l'effet désiré. Quand on le tient enfermé, il peut saiilir jusqu'à quatre truies par jour; il rendrait beaucoup moins de services si on le laissait vaguer librementavec le troupeau ; ses forces se perdraient dans des luttes inutiles et l'on n'aurait pas le moyen de constater avec certitude l'époque de l'accouplement des truies, ce qui est indispensable k savoir, attendu qu'elles exigent beaucoup de surveillance quand approche le temps où elles doivent mettre bas. Quoique lo verrat soit fort lascif, l'accouplement se fait avec lenteur; le Coït se prolonge trois à quatre minutes avant l'émission de la semence; on reconnaît que l'animal a accompli son œuvre à l'interruption soudaine de ses mouvements et à l'étourdissement subit dont il semble frappé. » Le choix d'un verrai est une chose a considérer et assez difficile à faire. « Pour être reconnu bon, dit M. Beugnot, indépendamment de toutes les qualités corporelles qui annoncent de la vigueur, il faut qu'il ait ta tête grosse, les yeux petits et ardents, les oreilles grandes et pendantes, lu groin court et camus, le cou grand et épais, le dos droit et large, le corps court, ramassé, plutôt carré que long, le ventre ovale, les fesses larges, les testicules gros, les jambes courtes et fortes, les soies épaisses, noires, rudes et en quelque sorte hérissées sur le dos. Un cochon mâle ainsi conformé peut suffire k vingt femelles ; . cependant, il vaut mieux ne lui en donner que seize, afin d'avoir une race plus robuste. • M. Joigneaux ajoute le judicieux conseil qui suit .- « Pour qu'il ait de la constance à imprimer de bonnes qualités k ses produits, il est essentiel de ne pas le choisir parmi des cochons bâtards; il faut le prendre dans une race fixe, aussi ancienne que possible. •
« Les verrats, dit le vieil Olivier de Serres, auront le corps court et ramassé Ils
ne durent pas aussi longtemps en service que la truie, à cause de leur naturel excessivement chaud, qui les fait tost envieillir, n'estant propres à engendrer passé leur quatrième ou cinquième au, ayant commencé d'entrer en charge en même temps que la truie. Devant lequel temps, ne leur faut permettre saillir les truies, bien qu'à Cela soient aptes dès le sixième mois, pour l'intérêt de l engeance, qui demeure petite, sortant de bestes trop jeunes , suivant la raison des brebis et des chèvres. >
Le mâle devient souvent féroce dès sa
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deuxième année , et, quoiqu'on ait observé que sa force reproductive peut durer jusqu'à sa dixième année, il ne faut cependant pas le livrer k la reproduction après l'âge de quatre à cinq ans. V. cochon.
VERRE s. m. (vè-re — du lat. vitrum, même sens). Corps solide, transparent, que l'on obtient en soumettant à la fusion un sable siliceux mêlé de potasse ou de soude : Verre blanc. Vbrrb de couleur. Verre de Bohême. Quand on veut graver te verre, oh o recours à une pointe de diamant. (J. Simon.) Il Objet fait de cette matière : Un vkrrb de montre. Un vkrrb de lampe. Un verre de pendule. Les verres d'une lunette. Mettre une gravure sous verre. Tllumination en verres de couleur. Il Vase à boire fait de verre : Vbrrb uni. Verrk taillé. Verre à pied.
Vbrrb à liqueur. Boire à plein verre. Rincer les verres.
Le ciel a mi« l'oubli pour tous au fond du verre-
A. DE MUSSST.
Mon verre n'est pas grand, mais je bois dans mon
[verre.
A. de Musset.
Le génie a besoin de liberté pour vivre ; Il faut un large terre il l'homme qui s'enivre.
A. Bart>ier.
Le tierre en main, galment je me confie Au Dieu des bonnes gens.
BÉmNOBR.
Il Contenu d'un verre': Verre d'eau. Vkrre de vin. Après le troisième vbrrb, le meilleur vin n'éoeille plus qu'une sensation obtuse. (Brill.-Sav.)
— Pop. Verre de montre, Derrière. Ii Casser le verre de sa montre, Tomber sur son derrière.
— Verre isoscèle , . Lentille à courbures égales et symétriques.
— Verre périscopique, Verre de lunette concave d'un côté et convexe de l'autre.
— Verre dalle. Gros verre dont on se sert pour donner du jour aux sous-sols et servir en même temps de dalle.
— Verre soluble, Silicate de soude solub!e, dont on se sert pour durcir les pierres tendres.
— Verre gras, verre peu transparent.
— Verre double, Verre très-épais.
— Verre à camphre, Petite fiole contenant du camphre, du nitrate de potasse et du sel, dont on s'est servi pour indiquer les changements atmosphériques.
— Petit verre, Liqueur alcoolique qu'on boit dans un verre de petite dimension : Boire sa demi-tasse et son PETIT verre.
— Papier, de verre, Papier enduit de poudre de verre, dont on se sert pour polir.
— Maison de verre, Maison ou il n'y a rien de secret, dont tout le monde connaît l'intérieur.
— Choquer le verre, Trinquer, faire toucher, en signe d'amitié, son verre plein contre celui d'une personne avec qui l'on boit.
— Boire dans le verre de quelqu'un, Vivre avec lui sur le pied de la plus grande familiarité.
— Chose, personne à mettre sous verre, Chose, personne délicate, mignonne, qu'on craindrait de briser, de salir, de froisser par le moindre contact.
— Prov. Qui casse les verres les paye, Celui qui cause du dommage doit le réparer.
— Manège. Œil de cheval cul de verre, Celui qui est marqué d'une tache opaque annonçant la cataracte.
— Constr. Verre dormant, Châssis à verre dormant, Châssis garni de carreaux de verre, qui ne peut s'ouvrir, il On disait autrefois VERRE mort,
— Métrol. Mesure de capacité usitée à Lausanne, valant 0lit,i35.
— Ane. physiq. Verre ardent, Lentille qui fait converger les rayons solaires à son foyer et y produit une grande élévation de température.
— Bot. Verre à boire, Nom vulgaire d'un agaric qui est assez commun aux environs de Paris.
— Miner. Verre de Moscovie, Nom donné h un mica lamelleux, qui vient de la Russie, et que l'on emploie comme verre de vitre sur les vaisseaux. Il Verre d'antimoine, Protosulfure d'antimoine grillé et fondu. Il Verre d'arsenic, Oxyde d'arsenic, tl Verre de cuivre, Oxydule de cuivre. Il Verre de plomb, Carbonate de plomb. Il Verre volcanique, Obsidienne.
— Encycl. Hist. 11 serait inutile de faire ressortir ici les immenses services que le verre a rendus au progrès du bien-être, des arts et de la science, en un mot à la civilisation considérée sous tous les aspects. Le verre nous fournit la plupart de nos vases domestiques et la protection la plus agréable et la plus efficace contre l'intempérie des saisons , s'opposant à l'envahissement du froid et du vent et laissant pénétrer librement les rayons du soleil. La physique et la chimie lui doivent- la plupart de leurs instruments. L'astronomie n'existerait pas sans lui, ou du moins serait restée k l'état rudimentaire où l'avaient laissée les anciens. Le verre nous a livré le secret de l'intiniment grand et celui, en même temps, de l'infiniment petit. Mais pour donner de si admira-
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blés résultats, cette précieuse matière avait besoin d'être fabriquée avec la perfection que lui ont donnée les arts modernes. Connu depuis les siècles les plus reculés, le verre est resté, presque jusqu'à nos jours, tantôt une simple matière de luxe, tantôt un pur objet de curiosité. Pour tirer de lui toute l'utilité qu'on pouvait en attendre, deux choses étaient nécessaires, que les anciens n'ont pu réaliser : le couler pur et le tailler.
La découverte du verre fut très-probablement due au hasard. « Aucuns, dit Bernard de Palissy, racontent que les enfants d'Israël ayant mis le feu en quelque bois, le feu fut si grand qu'il eschauffa le nitre avec le sable , jusqu'à le faire couler et distiller le long des montagnes et que dès lors on chercha à faire artificiellement ce qui avoit esté fait par accident pour faire le verre. Autre» (Pline) disent que l'exemple fut pris sur lo rivage de la mer là où quelques pirates estant descendusàbordet voulantfaire bouillir leur marmite et n'ayant aucuns chenets ou landiers prtndrent des pierres de nitre sur lesquelles ils mirent de grosses bûches et grande quantité de bois, qui causa un si grand feu que lesdites pierres se vindrent à liquéfier, et estant liquéfiées descoulèrentsur lesablon,qui fut cause que-ledit sablon estant entremeslé avec le nitre fut vitrifié comme le nitre et le tout fit une matière diaphane et vitreuse ». Il est plus probable que l'art de la vitrification a été découvert en même temps que celui de cuire les briques et les poteries, lequel, comme on sait, remonte aune époque excessivement reculée.
Les plus anciennes langues ont, en effet, des expressions pour nommer te uerreet certains ustensiles faits avec cette matière. Il s'appelle en sanscrit sikchya, forme originaire de plusieurs mots qui expriment la même substance dans le persan shichah, dans le kourde scusca, dans le slave stikloc, dans le lithuanien stiklos, dans le gothique stilkls, dans l'ancien allemand siklo, etc. Il est certain que les Juifs, les Mèdes et les Perses connaissaient le verre. Il est prouvé que les Ethiopiens pratiquaient l'art de la vitrification, et, en outre, que les habitants de l'Inde auruient été assez habiles pour imiter avec le verre les pierres précieuses. D'après M. de Paw, la première fabrique de verre connue aurait été établie à Diospolis, capitale de la Thébaïde. M. Boudet, dans son ouvrage sur V Art de la verrerie en Egypte, exprime la pensée que la vitrification a dû être découverte à Thebes ou à Memphis, par les prêtres de Vulcain. Dans tous les cas, il est prouvé que les Egyptiens, qui ont su dès les temps les plus reculés composer des émaux de diverses couleurs, ont beaucoup perfectionné les diverses branches de la vitrification. Malgré les assertions de Pane, on a pendant longtemps nié que les anciens se fussent servis du verre pour en faire des miroirs. Aujourd'hui le fait est reconnu vrai. Sous les Romains, les Egyptiens conservèrent leur supériorité dans l'art de fabriquer le verre, et, d'après Vopiscus, • l'empereur Auréliense faisait payer par eux un tribut d'objets en verre. » Il y avait même à Alexandrie une grande manufacture de verres, qui alimentait le monde entier. On doit supposer que les Grecs, en raison de leurs nombreuses relations avec l'Egypte, ont connu la vitrification.
Pourtant le verre n'est nulle part clairement désigné par leurs écrivains. Un passage des Nuées d'Aristophane, passage d ailleurs assez obscur, semblerait prouver que les Grecs ont connu , non-seulement le verre, mais les propriétés des lentilles convergentes. Il s'agit dans le passage d'une substance qui, placée entre le soleil et un acte écrit, serait capable de brûler l'écriture.
Dès les temps les plus reculés, on a connu non-seulement l'art de produire le verre, mais celui de le souffler, de le travailler, de lui donner toutes les formes et les couleurs possibles. Cet art était déjà fort avancé à l'époque indéterminée où il fut importé en Italie. Les Romains paraissant avoir apporté d'Asie le secret de cette fabrication. Leur première verrerie fut, dit-on, établie près du cirque Flaininien. Martial signale un établissement du même genre dans le voisinage du mont Cœlius, près du quartier occupé par les charpentiers. M. Le Viel, dans son histoire de l'Art de la peinture sur verre, donne sur la fabrication du verre à Rome des détails intéressants : • Entre les partisans les plus distingués du verre parmi les Romains, dit-il, nous reconnaissons Néron, Adrien et ses successeurs jusqu'à Gallien. Trebellius Pollion, dans la vie de cet empereur , dit qu'il se dégoûta du verre connue d'une composition trop abjecte, trop vulgaire, et ne voulut plus boire que dans des vases d'or. » Mais le même auteur qui nous a transmis cette histoire nous apprend aussi que les verreries , qui avaient commencé à tomber eu décadence sous cet empereur, se relevèrent de leur chute sous Tacite, qui honora les verriers d'une estime particulière. Alexandre Sévère, ennemi des désordres que le luxe et la débauche avaient occasionnés sous le règne d'Héliogabale, mit la verrerie au rang des arts somptueux, sur lesquels il établit des impôts. Des le siècle suivant, on vit les empereurs Constantin et Constant exempter des charges et impôts publics les verriers et tous, les ouvriers qui employaient le verre, exemple qui fut suivi par
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Théodose le Grand, par tous ses successeurs et même par nos rois, qui ajoutèrent de plus grands privilèges. >
Mais quels étaient les ouvrages en uerreque l'on fabriquait dans les verreries romaines ? Les écrivains sont, à ce sujet, peu prodigues de renseignements. Senèque raconte que de son temps un homme se considérait comme très-pauvre si le plafond de sa maison n'était recouvert de plaques de verre. Strabon déclare que les ouvriers romains avaient trouvé des procédés nouveaux pour travailler et
f>our peindre le verre. Au temps de Pline, es Romains savaient teindre, souffler, travailler au tour et même ciseler le verre. Notre musée du Louvre possède des urnes en verre de fabrication romaine, qui pourraient bien être de cette époque; elles sont d'assez grandes dimensions. Les petits vases, dits improprement lacrymatoires, sont innombrables. On faisait aussi des coupes, qui se vendaient au poids de l'or, » Néron, toujours au dire de Pline, alla jusqu'à en payer une 6,000 sestercef. » Mais les vases en verre les plus estimés étaient, suivant Martial, les vases qu'il appelle calices audaces. On en faisait avec un treillis de «erre en filets de diverses couleurs. Achille Tatius, écrivain grec du ivo siècle, qui a écrit un roman intitulé les Amours de Leucippe et deClitophon, fuit boire son héros dans une de ces coupes comparables à celle du célèbre Glaucus, en verre ciselé, à travers lequel on voyait une treille qui semblait avoir pris naissance dans le fond ets'élevait jusqu'aux bords qu'elle couronnait de son feuillage. Les pampres de la treille étaient entremêlés de grappes vertes lorsque la coupe était vide, et mûres et vermeilles quand elle était pleine de vin. On a découvertdans les catacombes de Rome unegrande quantité de coupes et d'aiguières en verre, dont le fond présente des figures en or.
Les verreries de la Gaule avaient de la réputation même du temps des Mérovingiens. On lit dans la Vie de saint Benoit Bissope, abbé d'un monastère , en Angleterre, mort vers 690, qu'après avoir fait bâtir son couvent il vint en France chercher des ouvriers pour lui construire une église en pierre, et des verriers pour lui clore en vitres son église, son réfectoire et son cloître. Les ouvriers verriers qu'il amena enseignèrent aux Anglais un art qui leur était inconnu. Ces verriers ne se bornaient pas k fabriquer des vitres pour les fenêtres, ils faisaient des coupes et des plats et autres ustensiles de table. Fortunati, dans une pièce de vers adressée à la reine Radegonde, décrit un festin où chaque espèce de mets fut servi dans des plats de matières différentes : les viandes, sur des plats d'argent; les légumes, sur des plats de marbre; la volaille, sur des plats de verre; les fruits, dans des corbeilles peintes, et le lait dans des poteries noires en forme de marmite. Saint Benoit û'Aniane se servait d'un calice de verre pour dire la inesse. Enfin, parmi les objets donnés k l'abbaye de Fontenelle ou Saint-Wandrille, par Ansegise, il est question d'un hanap de verre et de deux coupes de uerre ornées d'or. Dans une charte de 1338, donnée par Humbert, dauphin de Viennois, en faveur d'un certain Guionet, il abandonnait à ce dernier une partie de la forêt de Chamborant pour y établir une verrerie, k condition que Guionet lui fournirait tous les ans, pour sa maison : 100 douzaines degobeletsen forme de cloche; 12 douzaines de petits gobelets évasés; go douzaines de hanaps ou coupes à pied ; 12 amphores, etc. On n'a rien de précis sur l'époque où a dû être inventée la fabrication des verres de vitres. Senèque, le premier, fait allusion à l'usage des vitres aux fenêtres. On s'en servait de son temps, cela paraît incontestable ; depuis combien de temps? il ne s'en explique pas. Pourtant on est forcé d'admettre que, dès les premiers siècles de l'ère chrétienne, les Romains se sont servis de vitres. Vinckelmann a découvert un châssis avec des tables de eerrek la fenêtre d'une maison d'Herculanum. Gellet Massois ont fait d'excellentes études sur ce sujet, l'un dans son Pompeiana, l'autre dans ses Antiquités de Pompéi, Les vitres, à cette époque, se posaient dans une rainure et étaient retenues, de distance en distance, par des boutons tournants se rabattant sur les vitres pour les fixer. Après la chute de l'empire, l'art de la vitrification fut négligé et tomba en Occident dans un état complet de décadence. Mais la fabrique d'Alexandrie, en Eg3'pte, et plusieurs autres sur divers points de la Syrie et de la Grèce continuèrent de prospérer. Le. calife Mostanser- Biilah possédaitau xicsiècle plus de 20,000 vases de verre, unis ou ciselés, des miroirs innombrables et de larges bassins sur lesquels se dessinaient des figures et des feuillages. La verrerie ne .redevint en honneur en Europe que lorsque Venise et Murano créèrent une fabrique, c'est-à-dire vers le uu> siècle. Au xv« siècle, devant les progrès surprenants de Murano et de Venise, les produits des verreries orientales cessent d être recherchés. Le xve siècle est la période brillante des vases et surtout des glaces de Venise. L'Allemagne, vers la fin de ce même siècle, rivalisa aveu l'Italie. La Bohême commença alors sa fabrication et le monde fut inondé de coupes d'un surprenant travail el d'une beauté de matière qui n'a pas été surpassée.
En France, l'usage du verre était répandu
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depuis très-longtemps. Grégoire de Tours raconte comment un voleur, étant entré dans une église pour la dévaliser et n'y ayant rien trouvé, s'avisa de desceller et d'emporter les vitres. Les vitres étaient fabriquées trèsprobablement en France, car un vieux texte nous apprend que la France possédait des verriers k cette époque et que l'Angleterre nous en emprunta quelques-uns. Toutefois, cette industrie végéta fort obscurément dans notre pays jusqu au temps de Henri II. Ce priuce , frappé de l'importance qu'avaient prise les verreries vénitiennes, attira dans ses Etats un habile ouvrier, fort au courant de la fabrication vénitienne, et lui confia la construction d'une verrerie à Saint-Germainen-Laye. Malheureusement, les guerres civiles firent abandonner cette manufacture. Les tentatives de Henri IV ne réussirent guère mieux. Colbert fut plus heureux et parvint à fonder d'importantes manufactures de glaces. Jusque-là, les diverses fabriques établies par des particuliers ou par des princes, k Bezu, à Rontreux, à Londelle, k Stellet, etc., n'avaient guère produit que de la verrerie fort médiocre. Toutefois, Philippe de Caquerey, vers 1330, avait inventé la fabrication des plats de verre. Colbert donna une grande iia-
ftulsion à l'industrie verrière en appelant d'I taie des ouvriersd'un talent consommé. Le coulage des glaces, cette découverte décisive et qui seule pouvait permettre de produire de très-grandes pièces, fut inventé par Abraham Thévart en 1676. Ce fut lui qui fonda plus tard (1691) l'établissement de Saint-Gobain, où la fabrication des glaces n'a pas cessé de faire des progrès. La lutte fut dès lors impossible, pour la fabrication des glaces, avec l'industrie française ; mais les Allemands nous restèrent supérieurs pour la fabrication des verres de Bohême, et les Anglais dans celle des cristaux massifs. Cette infériorité partielle a duré presque jusqu'à nos jours. On luttait néanmoins avec une incroyable énergie pour en sortir. L'état de verrier avait pris une telle importance aux yeux du gouvernement français, qu'il se crut obligé d'établir une noblesse particulière, les gentilshommes verriers , en faveur de ceux qui l'exerçaient. Le travail de Saint-Gobain était exclusivement confié aux membres de cette espèce de caste. L'émulation, poussée à ce degré, enfanta des prodiges, surtout lorsque les progrès de la physique et de la chimie eurent ouvert un champ plus vaste aux inventeurs. Parmi les chefs-d'œuvre sortis de Saint- Gobuin, il nous suffira de signaler la fameuse lentille, la plus grande qui ait été produite; elle avait 2 mètres de diamètre et 0™,067 d'épaisseur. De nos jours, la lutte Se continue avec une ardeur croissante, et la fabrication du verre a pris, dans la plupart des Etats du globe, un développement tout à fait inattendu. La France seule fabrique annuellement 20 millions de verres à vitre, dont 11 millions pour l'exportation. Les pays qui lui font concurrence dans cette spécialité sont ia Belgique et l'Angleterre. Nos principales usines sont établies dans les départements de la Loire, du Rhône, du Nord et de Meurthe-et-Moselle. Dans la fabrication des glaces, la France n'a pas de rivales sérieuses ; , la Belgique, l'Angleterre, la Russie essayent ' à peine de lutter contre elle. Les établisse- i ments de Saint-Gobain et de Chauny, dans I l'Aisne, de Cirey, dans la Meurthe, de Mont- j luçon, dans l'Allier, semblent pouvoir défier toute concurrence. Toutefois, il serait injuste t de ne pas citer l'usine belge de Jeumont, qui n'est guère en arrière des nôtres. La fabrication française, dans cette partie, produit annuellement 150,000 mètres carrés, ce qui représente une valeur de 6,700,000 francs. La gobeleterie , longtemps inférieure en France, commence k se relever par le goût des formes, qui rapproche de plus en plus la verrerie commune de la cristallerie. Les départements du Nord, de la Loire, des Bouches-du-Rhône, de la Gironde, de Meurtheet-Moselle et de la Seine font de louables efforts pour lutter contre la Belgique, l'Angleterre, la Bavière et la Bohème. Pour la fabrication des bouteilles, nous n'avons pas de rivaux. La France possède vingt-cinq fours produisant 125 millions de bouteilles, soit environ 100 millions de kilogrammes, dont 57 millions pour l'exportation. Une pareille production ne laisse que peu de place k la concurrence étrangère. La cristallerie française est une industrie toute récente, mais qui a pris déjà une prodigieuse extension. La France fabrique 4,500,000 kilogrammes de cristaux, dont la moitié au moins est destinée à l'exportation. Elle trouva une concurrence très-sérieuse dans les verres de Bohême, qui ont sur nos cristaux l'avantage de leur extrême légèreté. Enfin, la fabrication des verres d'optique, que la vulgarisation de la science tend k développer de plus en plus , donne eu France pour 40,000 kilogrammes de produits, représentant une valeur de 400,000 francs.
— Chim. Le verre est un silicate plus ou moins complexe, c'est-à-dire un sel résultant de la combinaison de la silice ou acide silioique aveu des bases. La silice est une substance fort commune, qui se trouve dans le grès, dans le quariz, dans le sable. Cette substance, sous l'influence d'une haute température, entre en fusion, se combine avec des oxydes métalliques, tels que Ja potasse.
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la soude, l'oxyde de plomb, la chaux, ia magnésie, l'alumine, devient transparente et produit le verre. Le verre à vitres est un silicate de soude et de chaux. Le crown-glass, employé pour les instruments d'optique, est un silicate de potasse et de chaux. Le fiintglass, employé au même usage, mais dont on fait aussi une foule d'objets de luxe, est un mélange de silicate de potasse et d'oxyde de plomb (v, cristal). Le verre k bouteilles ne diffère du lierre k vitres que par une faible addition d'alumine et de sesquioxyde de fer. Les émaux doivent le plus souvent leur opacité k une petite addition d'oxyde d'étain. Enfin les verres colorés doivent leur -coloration à des oxydes métalliques. On comprend de reste que, pour des matières si diverses, le poids spécifique soit très-variable. Voici le tableau des densités, d'après M. Dumas :
Flint-glass 2,3 k 3,6
Verre de Bohême ancien. 2,396
Crown-glass 2,487
Glaces coulées 2,488
Glaces soufflées 2,500 k 2,564 .
"Verre k vitres 2,642
Verre à bouteilles 2,732
Cristaux de Bohême .... 2,892
Cristal pkunbeux 2,9 k 3,3
Le verre est toujours assez fusible, peu altérable à l'air, transparentet incolore, si la base n'est pas colorée, insoluble dans l'eau et dans presque tous les acides, très-dur, rayant la plupart des corps, fragile, k cassure particulière, brillante, appelée cassure vitreuse, élastique et sonore. Sa densité varie de 2,5 à 3,6. Ce sont les bases de plomb qui fournissent les verres les plus denses et .les plus fusibles, celles de chaux qui donnent les moins denses. Bien avant de se fondre, le verre a la propriété de se ramollir k la chaleur et de devenir pâteux, ce qui permet de lui donner toutes les formes. Le verre maintenu longtemps à une très-haute température devient beaucoup plus dur, moins fragile et opaque; il se dévitrifie et constitue ce qu'on nomme la porcelaine de liéaumur. Si on chauffe le verre jusqu'à la fusion et qu'on ie refroidisse subitement, il subit une espèce de trempe qui ie rend très-cassant; les larmes bataviques en sont un exemple curieux. Dans les verreries, on est même obligé, pour éviter ce résultat, que le simple refroidissement par l'action de 1 air suffirait à produire, de faire refroidir le verre très-lentement en le mettant dans des fours chauffés au rouge sombre ; c'est ce qu'on appelle l'opération du recuit. Les verres qui se brisent trop facilement sont ceux qui* ont été mal recuits. L'air humide altère lentement la transparence du verre en agissant sur le silicate alcalin qui entre dans sa composition. On remarque cet effet sur nos vitres et sur nos glaces; on le remarque surtout sur les verres antiques trouvés dans les ruines ; ces verres sont souvent comme recouverts d'un vernis métallique et Sont devenus tout à fait opaques. L'eau bouillante altère le verre bien plus rapidement; elle devient alcaline si on y abandonne un morceau de verre et la réaction est d'autant plus prompte que l'eau est plus chaude. Les verres où dominent les silicates alcalins sont attaqués par les acides ; ceux où domine l'acide silicique sont attaqués par les alcalis . C'est ainsi que l'acide du vin suffit pour attaquer le tierce k bouteilles, et beaucoup pensent que cette action ne s'exerce pas sans une réaction favorable qui aide k faire vieillir le vin.
— Teehn. Les procédés de fabrication du verre sont aussi variés que les produits de cette fabrication; il est donc difficile de donner des notions générales sur la manière d'opérer, et nous exposerons brièvement les moyens spéciaux employés pour obtenir la fusion de la matière et confectionner les objets, en passant en revue les diverses catégories de produits. Notons cependant que, quel que soit le mode de fabrication adopté, le manuel opératoire du verrier comprend : l» la pulvérisation des matières vitririables ; ïo la fritte (v. ce mot)? 3<> la fusion ; 4U le travail du verre; 5» le recuit. Les fours de fusion généralement usités sont de forme rectangulaire. Ils contiennent de quatre k dix pots ou creusets, disposés sur des banquettes au-dessus de la grille. Ces creusets, de forme conique, tantôt arrondis, tantôt ■ovales, ont généralement 0m,95 de hauteur; on les charge chacun de 600 kilogrammes de matière frittée, c'est-k-dire calcinée et condensée ainsi par l'élimination des parties volatiles. Le feu doit être mené vivement. 1 kilogramme de matière exige l'emploi de 6 kilogrammes de houille. Quand la matière entre en fusion, il s'en dégage des bulles gazeuses, qui deviennent ensuite de plus en plus rares. On agite souvent la matière avec un morceau de bois, pour activer le dégagement des gaz. Quand les bulles deviennent rares et volumineuses, on abandonne la matière à elle-même et l'on modère le feu pour faire prendre au verre une consistance qui permette de le travailler. L'opération de la fusion a une durée variable, suivant la nature des matières, mais elle n'est guère inférieure k huit heures ni supérieure à douze.
Le recuit, opération commune k tous les genres de fabrication, s'opère par deux méthodes différentes. Dans la première, on introduit les pièceâ k recuire dans un four, qu'on chauffe ensuite au rouge et qu'on laisse refroidir en obturant toutes les issues. Cette
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façon d'agir entraîne d'énormes pertes de temps. Dans l'autre système, le four est remplacé par une longue galerie chauffée au rouge sombre en son milieu seulement. Les objets k recuire sont placés sur des chariots reliés les uns aux autres comme les voitures d'un chemin de fer, et qu'on amène graduellement d'une extrémité k l'autre de la galerie, ce qui permet d'opérer d'une façon continue.
— Verre à vitres et tubes. La potasse et la soude conviennent également pour la confection de ce verre; mais le carbonate de soude est généralement préféré à cause de son bas prix. On y fait entrer les substances suivantes : silice, soude, chaux, dans des proportions variables, suivant !a qualité du «erre qu'on veut obtenir. Voici les analyses des' verres les plus intéressants à connaître :
Très- Très- Verre
tendre. Dur. dur. anglais.
Silice .... 687 697 693 690
Soude. ... 177 152 113 ' 111
Chaux. ... 96 133 172 125
Alumine. 40 18 S2 14
Tous ces verres k la soude se distinguent aisément des verres k la potasse. Ils sont plus faciles k travailler, mais légèrement colorés en vert; on y ajoute quelquefois un peu de peroxyde de manganèse pour corriger ce défaut et un peu d'acide arsénieux pour rendre le mélange plus homogène.
Il existe pour la fabrication du verre à vitres deux méthodes opératoires. Nous allons d'abord décrire l'ancien procédé. Le principal outil du verrier qui fabrique le verre à vitres est un tube de fer nommé canne; il est long de in>,50 à 2 mètres et muni d'un manche de bois. Un aide recueille avec la canne une quantité suffisante de matière en fusion, la tourne et la retourne sur une plaque de fer nommée mabre. Ce travail s'appelle la paraison. L'aide passe ensuite la canne au maître, qui commence k souffler dedans, en ayant soin de tourner sans cesse son instrument pour que le poids de la matière n'altère pas la forme du ballon. Quand la masse est suffisamment dilatée, l'ouvrier soude une seconde canne dans le fond de la cloche de verre et détache la première. La cloche se trouve ainsi avoir une ouverture dans sa partie inférieure. On agrandit cette ouverture k l'aide d'une planche qu'on y introduit. L'ouvrier continue cependant k^'aire tourner la canne, et le verre prend bientôt la forme d'une cloche à melon, qui s'évase de plus en plus par l'effet de la rotation, et finit même par Se transformer en un disque circulaire. L'ouvrier dépose alors la plaque sur un lit de cendres chaudes et en détache la canne par un léger choc. Les tables de verre ainsi préparées, très-belles d'ailleurs, très-planes et par conséquent d'un bel éclat, se prêtent malheureusement mal au débit de la matière et offrent k leur centre Un renflement fort gênant ; aussi k ce procédé en préfère-t-on aujourd'hui uD autre plus commode, mais donnant des produits plus défectueux. <
Dans la nouvelle manière d'opérer, quand l'ouvrier a produit une boule de verre suffisamment grande, il l'allonge en lui imprimant, tout en soufflant, un mouvement d'oscillation semblable k celui d'un balancier, puis en l'élevant au-dessus de sa tête et lui imprimant un mouvement de rotation trèsrapide. Quand le cylindre est suffisamment allongé, il en chauffe le fond, y pratique une ouverture k l'aide d'une pointe et imprime de nouveau un mouvement de balancement. On agrandit l'ouverture avec une planche, et la calotte inférieure finit par disparaître. Toutes ces opérations n'exigent qu'un travail de huit minutes. Le manchon adhèrent k la canne est ensuite posé sur un chevalet. On détacha la canne eu touchant son extrémité avec une tige de fer froide, on entoure la partie supérieure du cylindre avec un fil de verre chaud et, sur la partie qu'il a chauffée, on passe rapidement une tige de fer froide; la calotte sa détache aussitôt. On ouvre ensuite le cylindre soit k l'aide d'un diamant, soit en chauffant et refroidissant ensuite brusquement la ligne selon laquelle doit se faire l'ouverture,
L'étendage du cylindre s'opère k l'aide de fours spéciaux. Dans la méthode généralement adoptée aujourd'hui, les mandions à étendre sont disposés sur des pierres réfractaires portées par des chariots roulant suides rails, qui les conduisent du four k étendre dans le four k refroidir. Si l'on veut obtenir une grande perfection de travail, on dispose au haut du four une plaque en terra réfractaire, qu'on abaisse, au moment voulu, sur la plaque de verre déjà étendue ; on produit ainsi des tables parfaitement planes.
S'il s'agit de fabriquer des tubes, après avoir obtenu un cylindre terminé par une calotte, on soude sur cette calotte une seconde canne; puis, l'ouvrier et son aide tirant chacun de son côté, la matière s'allonge en un tube, qu'il ne s'agit plus que de diviser selon la longueur voulue, et on recuit Îe3 tronçons.
— Verre à bouteilles. Le bas prix auquel on livre les bouteilles exige, dans leur fabrication, de grandes économies. Comme la dépense la plus sérieuse, dans cette fabrication, est celle du combustible, on a dû rechercher, pour produire du verre à bouteilles, les ma-
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tières les plus fusibles. La substitution du sulfaté de sonde au carbonate de soude contribue puissamment a ce résultat. Quant aux matières minérales, on emploie autant que possible les plus communes, comme tes sables, les cendres, les vases, les basaltes, etc. Chaque fabricant a sa formule, et il est absolument impossible de donner une recette quelconque. Toutefois, il est utile de mettre sous les yeux du lecteur les résultats de quelques analyses des verres h bouteilles les plus connus; ce sera au fabricant à utiliser les matières qu'il aura sous la main, de façon k réaliser, sinon les mêmes compositions, au moins des compositions analogues.
Verre Verre de Sou- de Saintvigny. Etienne.
Silice 600
Chaux £23
Baryte »
Soude et potasse . . 31
Magnésie
Alumine so
Oxyde de fer 40
— de manganèse. 12 Acide phosphorique. 4 Pertes io
Verre
d'Ëpi-
nal.
Tous ces verres à bouteilles sont colorés en vert par le protoxyde de fer.
La fusion des matières, un peu plus rapide, diffère en cela seulement de la fusion du verre h vitres. Le soufflage s'opère de la même manière; mais lorsque la bulle approche des dimensions voulues, l'ouvrier l'introduit dans un moule et lui donna )a forme définitive, en continuant à souffler et à tourner. 11 la retire ensuite, la renverse verticalement , enfonce je fond, coupe le goulot, y place le cordon et la porte au four à recuire.
— Verre à gobeleterie. Les matières employées pour cette fabrication sont : le sable fin la chaux, le sulfate ou le carbonate de soude; le dernier est préféré pour les verreries fines. Quant aux manipulations, elles ne diffèrent en rien de celles qu'on pratique poulies bouteilles. Généralement, la forme de chaque objet lui est donnée par un moule; toutefois, quand cette forme est très-simple, les ouvriers habiles arrivent à la produire à 1 aide de certains tours de main.
— Verre à glaces: Ce verre est k base de soude et de chaux, mais la proportion de la soude y est plus considérable. Voici le mélange qu'on emploie à la fabrique de Saint- Gobain :
Sable très-blanc et très-pur. ... 300
Carbonate de sonde ï00
Chaux éteinte à l'air ' 4S
Groisil (rognure! et débris de verres
brlslis) 300
L'analyse du verre à glaces a donné :
Silice . . 759
Soude 175
Chaux 3g
Alumine 2S
1,000 ~ La masse vitreuse passait autrefois dans d/îiix creusets : d'abord dans un creuset conique, puis dans un creuset plus petit, carié appelé cuvette. On a reconnu aujourd'hui l'inutilité de ce transvasement. On verso donc directement la pâte, à l'état fluide, sur une
Sable siliceux blanc. . .
Carbonate de potasse . .
Carbonate de soude . . .
Carbonate de chaux . . .
Borax
Minium
Peroxyde de manganèse.
Arsenic
La composition pour le flint-glass est la
„,.... , BoMcmps.
Saule siliceux blanc . . . 2G1
Minium 2ci
Potasse (ire qual.). ... go
Borax • 18
Nitre »
Manganèse ,
Acide arsénieux •
Déjuis des opérations précédentes.
On sait que c'usi avec le crown-gluss et le flint-glass employés concurremment que l'on obtient les lentilles achromatiques.
— Cristal, strass, émail. V. ces mots.
— Verres colorés. On colore le verre soit
Guinaud.
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table de bronze chauffée, munie de rebords qui arrêtent la masse incandescente ; puis on fait passer dessus un cylindre de fonte qui l'étenri uniformément ; enfin on pousse la glace, encore rouge, dans un four où elle se refroidit. Il ne reste plus que le polissage, lequel comprend trois opérations : le douci ou dégrossi, qui consiste à la frotter avec une glace plus petite, enduite d'une bouillie de grès très-fin; le savonnage, qui se fait comme le douci avec de l'émeri très-fin, et le poliment, qui a pour but de faire succéder k la matité le brillant et la transparence. On le pratique avec de lourds polissoirs revêtus de feutre et avec du eolcotar délayé dans de l'eau. Les glaces sont vendues nues ou étamées. V. Étamage.
Tel est le procédé universellement adopté aujourd'hui pour la fabrication des glaces. Ce procédé a permis de produire des pièces d'une très-grande étendue, ce qui était impossible lorsqu'on les fabriquait par les procédés usités pour la fabrication du verre à vitres. La grande réputation des glaces de Venise était cependant fondée en grande partie sur leurs dimensions relativement considérables. Le procédé des manchons, que Venise pratiqua longtemps toute seule, fut importé en France en 1665. Le coulage des glaces, tel qu'on le pratique aujourd'hui, a été imaginé par Thévart en 1688. Le soufflage des glaces, à la manière de Venise, n'est complètement abandonné en France que depuis soixante ans et continue h. être employé dans quelques autres pays, notamment à Venise, où l'on met une sorte d'amour-propre à ne pas innover.
— Verre de Bohême. Ce verre se fait itvfcc le silicate de potasse, et non de soude. Il se distingue surtout par sa légèreté et sa quasiinfusibilité. On peut fondre dedans les autres Verres. Voici la Composition des plus beaux verres de Bohème :
Quartz pulvérisé 100
Carbonate de potasse raffiné 64
Chaux caustique 24
Nitre (parfois) 1 on 0
Acide aisénieux (parfois). 0,50, ou 0,25.
L'effet de l'acide aisénieux est de décolorer parfaitement la masse et de faciliter l'affinage. Le nitre exerce à peu près la mémo influence. Cette fabrication exige une trèsgrande dépense de combustible et est restée jusqu'à présent propre à la Bohème, à cause de ses grandes forêts de sapins qui fournissent le combustible à bas prix. Ce pays possède, d'ailleurs, en abondance toutes les autres matières premières.
— Verre d'optique ou flinl-glass et crown~ glass. La composition est la même que celle du verre de Bohême. Les difficultés sonttrèsgramles pour obtenir ce verre doué de la perfection demandée par les opticiens et par Ie3 astronomes. Ces produits sont d'origine anglaise, mais M. Guinaud les a perfectionnés en France, et MM. Guinaud fils et Bontemps, de Choisy-le-Roi, ont encore perfectionné les procédés de M. Guinaud père. Ils ont obtenu, en 1840, les deux prix de 6,000 francs proposés par la Société d'encouragement pour la fabrication du crown-glass et du fliiit-glass. Cette fabrication se fait dans un fourneau de fusion à un seul creuset couvert, qu'on appelle moufle, et pouvant recevoir une charge de 150 à 250 kilogrammes. Voici la composition du mélange pour le crown-glass :
D'après Bontemps en 1840.
D'après
Bon-
D'aprèa
"temps en
Guinaud
dans toute sa masse, soit seulement dans quelques parties. Laris l'un et l'autre cas, la matière vitreuse a la propriété de dissoudre l'uxyde métallique qui la colore, sans perdre sa transparence. Pour produire un verre coloré dans toute sa masse, on mêle la matière colorante dans le creuset; si 1 on ne veut colorer que la partie superficielle, on emploie divers procédés qui varient selon les objets; le plus digne de remarque est celui qui consiste à plonger successivement la canne dans un pot de tierre blanc et dans un pot de verre coloré, ou ut'ce versa. On obtient ainsi ce que l'on appelle des verres doubles. V. vitrail.
Voici le tableau des principales couleurs employées pour la décoration des verres, avec l'indication des matières qui servent à les produire :'
inium, oxyde da fer.
Améthyste ....*. Peroxyde de manganèse et nitre.
Bleu céleste .... Oxyde de cuivre.
— de cobalt. . . Oxyde de cobalt ou sm'alt.
Hyacinthe ..... Oxyde de fer ou de nickel.
Jaune <1 antimoine. Verre d'antimoine et minium.
Jaune orangé . . . Verre d'antimoine, min
Jaune vordàtre. . . Oxyde d'urane.
Jaune topaze. . . . Poussier de charbon.
n°lli' Peroxyde de manganèse, oxyde de cuivre, oxyjo de cobalt.
«|Jaie Phosphate de chaux. >
Rouge ancien, . . . Protoxyde de cuivre.
Rubis. ....... Quartz, minium, nitre, potasse,
vert bouteille . . . Oxyde de fer.'
Vert d'herbe .... Protoxyde de chrome.
Vert d 4merau.de. . Oxyde de nickel, oxyde d'urane.
VERR
— Verres gravés. V. gravure,
— Verres taillés. La plupart des verres usuels sont simplement coulés; mais tes verres fins sont taillés. Le procédé employé pour leur faire subir cette opération semble, à première vue, extrêmement grossier et tout à fait disproportionné avec le but qu'on vent atteindre; l'habileté des ouvriers en tire cependant des effets vraiment inattendus. Le seul instrument employé à la taille des verres est la meule montée sur un tour. On opère successivement avec des meules en fer, en grès et en bois, en interposant progressivement, entre la meule et le verre à graver, du sable, de l'émeri de plus en plus fin et de la potée d'étain. L'ouvrier, selon le besoin, attaque son ouvrage tantôt avec la tranche légèrement arrondie de la meule, tantôt avec l'angle de l'une'des bases. Il va sans dire que la pièce doit être largement et constamment arrosée d'eau.
— ■ Verres filigranes ou rubartés. Ces verres présentent, dans leur épaisseur, des filets diversement colorés et entrelacés. On dispose d'abord dans un moule les baguettes de verre qui doivent former les filets; on souffle h. l'intérieur du moule, préalablement chauffé, une pièce qui engage les tubes dans sa masse, on retire le tout, on le chaude de façon à ramollir les baguettes pour achever leur incorporation et l'on achève la pièce comme une pièce ordinaire.
— Verres millefiori. Ces sortes da boules, dans lesquelles on voit comme des bouquets de fleurs, des guirlandes, etc., s'obtiennent avec des tubes d'émail formés eux- mémos d'autres petits tubes et arrangés de manière
. a former de petits bouquets. On coule à l'entour le cristal en fusion nécessaire pour former la boule.
— Verre filé. Pour obtenir un fil de verre aussi long qu'on le désire, on expose a la lampe d'émailleur une baguette de verre; dès qu'elle est rouge, on fixe l'une des extrémités sur un dévidoir qui tourne très- vite, et l'on obtient en très- peu de temps un écheveau de fil de verre extrêmement fin et flexible, qu'on peut travailler comme un til ordinaire. On eu a fait parfois des aigrettes et même des tissus pourornements d'église, en combinantes fils de verre avec la soie.
— B.-arts. Peinture sur verre. V. vitrail.
— Allus. littér. El comme elle n l'éclat du «erre, Elle on a la frngilHé, Vers de Polyencte (acte IV, scène 11). Polyeucte a brisé les idoles et doit mourir. Pauline veut le voirune dernière fois, et le martyr chrétien, qui redoute cette entrevue, cherche à se fortifier contre la séduction, dans le monologue fameux du quatrième acte :
Source délicieuse, en misères féconde.
Que voulez-vous de moi, flatteuses voluptés? Honteux attachements de la chair et du mande, Que ne me quittez-vous, quand je vous ai quittés! Allez, honneurs, plaisirs, qui me livrez la guerre: Toute votre (lilicit^.
Sujette à l'instabilité1, En moins de rien tombe par terre, El comme elle a l'éclat du verre.
Elle en a la fragilité.
Ces trois derniers vois sont empruntés textuellement à une odo de l'évoque Godeau, qui les avait traduits lui-même d'une pensée de Publius Syrus :
Fortuna vitreti est; tuncqxmmsplendet, frangilur.
Dans l'application, ces vers rappellent l'instabilité de la fortune, de tout ce qui ne brille que passagèrement :
«...Mais hélas! te plus honnête homme est pétri de l'argile commune à tous les descendants du proscrit de l'Eden, et quand, par un accident, sa vertu « tombe par terre, » . . . Comme eHe a Véelat du verre.
Elle cii a la fragilité. •
MOLfcRI et AM. GOUBT.
Vcree d'eau (le) ou les Effort ci les cii„.c,,
comédie en cinq actes et en prose, de Scribereprésentée au Théâtre-Français le 17 novembre 1840. La scène se passe en Angleterre, au commencement du xvme siècle. La reine Anne, dont le frère est exilé et ne peut être rappelé que par un bill du Parlement, se voit par cette cause obligée de subir la tyrannie de la duchesse de Marlborough, car le parti v/big, maître du Parlement et de l'armée, a pour chef le général do Murlborough, mari de la duchesse. Cette dernière s'oppose de tout son pouvoir à ce que la reine reçoive le marquis de Torcy, ambassadeur de Louis XIV, chargé par son souverain de négocier une paix honorable. Heureusement pour le repos de l'Europe, la duchesse a un ennemi très -actif, Henri de Saint-Jean, vicomte de Bolingbroke, ancien ministre, membre de la Chambre des communes et journaliste. Une lutte acharnée s'établit donc entre la duchesse et Bolingbroke. Ce dernier a pour protégés deux jeunes amoureux, Masham , enseigne du régiment des gardes, et Abigaïl, parente éloignée de la duchesse et que la reine a attachée à sa personne. Or, Masham tue en duel lord Richard, le cousin de Bolingbroke, qui devient, par cette mort, pair d'Angleterre et millionnaire. C'est déjà beaucoup; mais la fortune de Bolingbroke ne s'arrête pas en si bon chemin, et il découvre que Masham, qui n'aime qu'Abigaïl, est aimé à la fois de la reine et de
VERR
la duchesse. Le rôle de Bolingbroke est tout tracé. Il révèle à la reine qu'elle a une rivale et l'engage à donner un rendez-vous à Masham. Le signal convenu est un verre d'eau qu'elle demande àladuchesse. Celle-ci, avertie par Bolingbroke, laisse échapper le plateau dans un accès de jalousie, et l'eau se répand sur la robe de la reine, qui saisit ce prétexte pour rompre avec sa favorite. La duchesse, furieuse, prend bientôt une revanche et surprend Masham dans l'appartement de la reine. Mais Abigaïl laisse croire qu'il est venu pour elle, etïa reine, touchée de ce dévouement, consent à l'union des deux amants. Bolingbroke devient ministre, et lit paix est signée avec la France, grâce à un verre d'eau répandu. Cette donnée paradoxale admise, on doit convenir que l'auteur en a tiré un parti merveilleux. La critique fit remarquer le sans gêne avec lequel Scribe traitait l'histoire en métamorphosant la reine Anne, mère de treize enfants, en jeune fille; le cinquième acte parut faible, mais le charme des quatre premiers le protégeait ; le style, ce coté parfois faible de Scribe, était plus soigné qu'à l'ordinaire et ne manquait pas même d'une certaine élévation. Le Verre d'eâu est resté au répertoire, et cela s'explique facilement. Le public veut, avant tout, être amusé, et, en dépit de toutes les critiques, Scribo possédait l'inappréciable mérite d'amuser quand même.
VERRE, ÉE adj. (vè-ré — rtid. verre). Se dit des matières qu'on a saupoudrées de verre . " en poudre, et dont on se sert pour polir : Papier VERRE. J'otYe VBRRKK.
VERRE s. m. (vè-ré). Mamm. Nom vulgaire du verrat, dans quelques pays.
VERRÉE s. f. (vè-ré — rad. verre). Contenu d'un verre plein : Une vkrrék d'eau fraîche. Une vkrr.ee de tisane.
VERRÉENNES s. f. pi. (vèr-rê-è-ne). Hist Fêtes qui furent instituées h. Messine, en l'honneur de Verres, lorsqu'il était préteur en Sicile.
VERRERIE s. f. (vè-re-rt — rad. verre). Art de fabriquer le verre : La vbrrisrib a fait de grands progrès, n Fabrique où l'on fait le verre : Etablir une verrerie. Visiter une