VERRERIE
— Ouvrages de verre : Marchand, de verrerie. Boutique de verrerie,
VERRES (C.Lieinius),le plus fameux concussionnaire dont l'histoire ancienne fasse mention, né à Rome vers 119 av. J.-C, Sa jeunesse fut déshonorée par les débauches les plus infâmes, de mêmeque son âge mûr fut souillé par tous les crimes. Questeur de Carbon en Cisalpine (86), il déserta et s'enfuit dans les rangs du parti de Sylla en emportant la caisse militaire, reçut du dictateur les biens de quelques proscrits (84) , passa en Asie comme lieutenant de Dolabella (82). et fut chargé de conduire la guerre contre les pirates, dont il dépassa les déprédations. Couvert de forfaits, il n'en fut pas inoins nommé préteur urbain (70). Dans cette charge importante, qui lo mettait à la tète de toute la justice civile de Rome, il se signala par une vénalité fort commune à cette époque, mais qui n'avait peut-être jamais été poussée plus loin. Mais c'est surtout dans sa préture eu Sicile (75-72) qu'il exerça ces brigandages qui ont rendu son nom à jamais fameux. Les villes soumises à d'énormes contributions, les sommes détournées de leur destination; les maisons particulières, les monuments publics, les temples dépouillés de toutes leurs richesses, de leurs ornements, des œuvres d'art en or, en argent, en marbre et en bronze ; les citoyens livrés au supplice ; tels furent les truits caractéristiques de cette administration , ou plutôt de cette tyrannie qui écrasa pendant trois ans les malheureux Siciliens. On assure que Verres avait envoyé successivement à Rome six vaisseaux chargés des richesses extorquées par lui. La plupart des villes de la Sicile l'accusèrent k sa sortie de charge et choisirent Cicéron pour leur défenseur. Mais le concussionnaire uppuyé par les Metellus, une foule de clients, et dont la cause était d'ailleurs celle de l'aristocratie romaine, bravait hautement l'opinion, se riait des poursuites intentées contre lui et disait avec impudence qu'il avait divisé le produit de ses trois années de brigandages en trois parts : une pour sou avo°at, l'autre pour ses juges et la troisième pour lui-même. Après avoir fait écarter un certain Q. Csecilius, ancien questeur de Verres qui prétendait se charger de l'accusation dans le but secret de la faire échouer, Cicéron partit en Sicile pour recueillir des preuves légales et revint au bout de cinquante jours, bien résolu de poursuivre avec la plus grand» vigueur la punition de crimes dont il avait pu constater de près l'énormité. Craignant que le coupable n'échappât a la faveur d'un long procès et voulant frapper l'esprit des juges, il renonça à traiter la cause avec étendue et proauisit immédiatement, après un court exorde, une masse accablante de preuves irrécusables et des témoignages écrasants, qu'il accompagnait de brèves explications. L'impression fut telle que le célèbre Hortensius, avocat de Verres, renonça à prendre la parole et engagea son client i» s'exiler sans attendre l'issue du procès. Il dut restituer toutefois une somme de 45 mil-
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lions de sesterces aux Siciliens, faible partie de ses déprédations. Cicéron composa alors à loisir cinq mémoires, qu'on a nommés la Seconde action contre Verres (v. Verkinks). Exilé en 72, Verres ne revint ii Rome qu'au bout de vingt-quatre ans, lors de la loi de César qui rappelait les bannis. Il fut prosurit en 43 pour avoir refusé délivrer au triumvir Antoine des vases de Corinthe qu'il avait en sa possession.
Voici l'appréciation que M. Ampère fait du caractère de Verres :
« Verres, dont Cicéron a immortalisé les rapines, était un collecteur maniaque. Il flt d'abord une expédition en Grèce, dépouillant littéralement les temples, puis il s'abattît sur la Sicile, dont il était préteur. Là, ses larcins se rirent avec une incroyalile audace et une sorte de régularité administrative. Verres avait à son service deux artistes pour découvrir les chefs-d'œuvre et éclairer sa rapacité. Il empruntait un vase d'or à un prince de Syrie pour le montrer, disait-il, à ses ouvriers, et ne le rendait pas; il arrachait un anneau du doigt du possesseur. Un citoyen de Messine, nommé Héius, avait rassemblé dans un sanctuaire privé une foule de chefsd'œuvre de l'art grec. Verres força Héius à les lui vendre k vil prix. Verres paraît avoir été connaisseur. Quand un vase orné de bas-reliefs lui avait plu, il s'en emparait, détachait les bas-reliefs et renvoyait le vase ; mais il aimait aussi le vol pour le vol , et il ■ déroba les clous d'or du temple de Minerve, qui est devenu la cathédrale de Syracuse. ' Les objets volés par Verres furent apportés à Rome. Iî les étala dans le Forum, d'où ils disparurent bientôt pour aller orner ses jardins et ses villas; c'est ainsi que plusieurs statues grecques, dérobées par lui, ont pu Servir d'originaux à d'autres statues qui sont restées à Rome... L'avidité de Verres fut punie par celle d'Antoine, car les vases corinthiens qui restaient au voleur, ce qui prouve qu'on ne l'avait point forcé k restituer, tentèrent l'indigne ami de César et le portèrent k mettre l'ancien préteur de Sicile sur les listes de proscription du triumvirat. Antoine lui-même a été flétri comme spoliateur par Juvénal et associé k la honte de sa victime. •
VEHHI (Gabriel, comte), jurisconsulte italien, né à Milan en 1696, mort en 1782. Ses premiers travaux littéraires iefirentadmettre, dès l'âge do neuf ans, dans l'Académie des Arcades. Les connaissances qu'il avait acquises en jurisprudence lui valurent le titre de conseiller du grand-duc Côme III et le firent nommer par Marie-Thérèse successivement avocat général du lise, sénateur, régent du conseil suprême d'Italie à. Vienne et conseiller d'Etat (1774). On a de lui, entre autres écrits : Apparalus ad historiam juris Mediolanensis antiquiet nooi (Milan, 1747).
VEHHI (Pierre, comte), célèbre économiste italien, tils du précédent, né k Milan en 1728, mort en 1797. Après avoir servi comme capitaine dans un régiment autrichien , il rentra dans sa ville natale , où il s'occupa avec ardeur des sciences économiques. Un mémoire qu'il présenta au ministre de Kaunitz ameDala suppression des fermiers généraux, aussi onéreux au gouvernement qu'aux peuples, et lui valut le titre de membre du conseil suprême des finances en 1763. En 1771, il publia des Méditations sur l'économie politique (in- 8°), ouvrage où les vrais principes de cette science sont exposés pour la première fois, celui d'Adam Smith n'ayant pas encore paru. Sept éditions en furent fuites en inoins de deux ans. Cb. Mingard en donna une traduction française en 1773 (in-12). Verri devint successivement vice-président de la cour des comptes (1772), conseiller d'Etat (1773), directeur de la Société patriotique de Milan , fondée par- Marie-Thérèse pour l'encouragement de l'agriculture, de l'industrie et du commerce. 11 créa , avec les hommes les plus distingués de l'Italie, le journal le Café, qui eut bientôt, une réputation égale au Spectateur d'Audison. C'est sur ses sollicitations que Beoearia lit son Truite des délits et des peines, et, pour l'y encourager, il composa lui-même un essai vigoureux contre les iniquités de la torture. Le mouvement imprima en Lombardie k l'esprit de reforme finit par inspirer de l'ombrage il la cour de Vienne; Sous le prétexte d'une réorganisation du duché, elle priva Verri de tous ses emplois (1786). Bonaparte, lors de sou entrée à Milan eu 1796, l'appela au nombre des membres de la municipalité, honneur dont il ne jouit pas longtemps. On a de lui, outre les écrits déjà cités : biscours sur ta douleur et le plaisir, trad. en français (in-12); Elementi di commercio ; Siorùi di Alilano (1783-1798, 2 vol. in-8°) ; Opère filosoficâe (1784, 2 vol. in-12); Scritli iuediti, publies a Lugano.
VERRI (le comte Alexandre), littérateur italien, frère du précédent, né k Milan en 1741, mort en 1.816. U suivit quelque temps ia carrière du barreau et se livra ensuite tout entier k la culture des lettres. En 1766, il accompagna Beccaria dans son voyage a Paris, s y lia avec les philosophes, surtout avec d'Holbach, Diderot, Helvétius, adopta leurs théories et continua à les professer jusqu'à sa mort. Après avoir parcouru l'Angleterre et l'Italie, il se fixa définitivement à Rome. Deux tragédies qu'il donna au théâtre, Guléas Sforce et Pauthée, île réussi-
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rent pas. Il n'eut pas plus de succès dans une tentative de traduction abrégée de 1'/liade en prose italienne, malgré les notes intéressantes dont il l'accompagna. Voici par quelles considérations étranges il s'était décidé k cette entreprise : « La superstition, dit-il, domine trop dans Y Iliade; la morale en est détestable. C'est un poème unique au inonde, j'en -conviens; mais pourquoi n'en soutient -on pas la lecture sans fatigue? Pourquoi n'en voit-on pas la fin sans quelque plaisir?» Un roman intitulé Sapho, dans lequel il peint avec grâce les mœurs de la Grèce, fut fort bien accueilli par le public. Il en existe plusieurs traductions françaises; mais les Nuits romaines, qu'il publia en 1780, achevèrent sa réputation. C'est un tableau animé de l'ancienne Rome, plein d'intérêt et de couleur locale. En y mettant en scène les plus illustres Romains, il se sert souvent, dans le récit, de leurs propres expressions, et l'introduction de latinismes dans la. langue italienne donne quelquefois une grande vigueur au style de l'auteur; mais on peut aussi lui reprocher une désagréable affectation d'élégunce. Avec leurs"qualités et leurs défauts, les Nuits romaines ont été mises, en France, au nombre des livres recommandés pour l'enseignement de l'italien. La meilleure traduction qui en a été donnée en français est celle de Lestrade (fStïet 1826,2 vol. in-8°). Alex. Verri concourut, en 1810, pour le prix proposé par Napoléon à l'Académie de la Crusca. Le sujet qu'il avait choisi était la Vie d'Erostrate; mais l'ouvrage abondait tellement en pensées hardies, en allusions à Bonaparte , que les académiciens , qui le jugeaient seul digne d'être couronné, se trouvant placés entre une injusiiee et la' colère du souverain, se tirèrent d'embarras en supprimant le prix. Lestrade a aussi traduit ce livre (1818, in-12). On a encore de Verri : Essai sur l'histoire générale de l'Italie (1826-1827). Il fut un des collaborateurs du journal le Café.
VERIU (le comte Charles), agronome et homme d'Etat italien, frère des précédents, né à Milan en 1743, mort en 1823. Il s'est acquis des droits à la reconnaissance de ses concitoyens en propageant parmi eux les meilleures méthodes de culture, surtout celte du mûrier, si importante dans le Milanais, pour lequel l'industrie de la soie est une des principales sources de richesse. Appelé k une préfecture en 1802, nommé ensuite conseiller d'Etat, puis chargé, en 1808, d'orga- .niser la Romagne en départements, il présida, en 1814,1e gouvernement provisoire qui s'installa à la chute du royaume d'Italie, puis rentra dans la vie privée. On a de lui : l'Art du cultiver les mûriers, traduit en français (1820, iu-8°); Culture de la vigne; Esiai d'agriculture pratique, etc.
VERR1E (la), bourg et commune de France (Vendée), cant. de Mortagne-sur-Sèvre, arrond. et à 51 kilom. de La Roche-sur- Yon;pop.aggl.,59lhab.— pop. tôt., 2,127 hab. Papeterie, tilature de lin; fabrication de toiles d'emballage.
VERRIER s. m. (vè-rié — rad. verre). Ouvrier qui fait du verre, des ouvrages de verre. U Celui qui vend des ouvrages de verre.
— Courir comme un verrier déchargé, Courir légèrement et très-vite.
— Eoon. domest. Ustensile de ménage dans lequel on range les verres à boire.
— Miner. Savon des verriers , Manganèse.
— Adjeetiv. Peintre verrier, Peintre sur verre.
— Hist. Gentilshommes verriers, Gentilshommes qui travaillaient à la fabrication du verre.
— Encycl. Pathol. Les verriers, ou ouvriers qui fondent le verre et lui donnent, étant liquide» les formes propres a certains usages, , sont sujets à diverses maladies, qui sont dues, non pas aux matières qu'ils emploient, mais au feu, indispensable k la fusion des matériaux qui doivent constituer le verre. La violence de ce feu tient les ouvriers dans une atmosphère d'une température très-élevée, de sorte qu'ils sont obliges de travailler vêtus d'un simple caleçon, sans chemise, et encore sont-ils brûlants , couverts de sueur, haletants et dans une sorte d'état fébrile continu. Ce feu violent et permanent les rend secs, hâves et les exténue. Les verriers qui travaillent à la lampe ne sont pas aussi tourmentés que ceux qui emploient le verre tandis qu'il est en fusion, parce qu'il ne leur faut qu'un degré de chaleur faible, en comparaison de celui du four. Mais ils ont d'autres incommodités provenant delà fumée des lampes, dont ils respirent une partie, quelque précaution qu'ils prennent; ils sont sujets à rendre des crachats colorés par le noir de fumée qui voltige autour d'eux et dont il pénètre une partie dans les voies respiratoires, ce qui gêne celles-ci a la longue et dispose ces artisans à l'asthme et k la phthisie. Au surplus, l'accident des crachats noircis par la fumée des chandelles et des lampes arrive k tous ceux qui restent longtemps près de ces lumières, et plus d'une fois les médecins sont consultés par des gens qui sont effrayés d'expectorer des mucosités de cette couleur qui ne reconnaissent pas d'autre source. Les verriers qui soufflent Ie3 bouteilles ou autres vases creux éprouvent
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une fatigue considérable par ce genre de travail. Leurs joues, à la longue, s'amincissent et forment de chaque côté de la bouche, lorsqu'ils soufflent, des poches volumineuses fort remarquables , que l'on peut comparer à celles de certains singes. La couleur vive et lumineuse du verre en fusion, autant que la chaleur extrême du four, fatigue la vue de ces artisans; parce qu'ils sont obligés d'avoir le regard fixé sur cette matière pour l'employer; aussi ont-ils les yeux rouges, chassieux, fatigués. Ramazzini dit qu'ils perdent de leur volume par l'évuporation d'une partie de leurs humeurs, ce qui n'est peutêtre pas très-exact. Uestplus probable qu'ils sont enfoncés dans l'orbite, par suite de la maigreur propre k tous les verriers. Nous croyons que des lunettes k verres verts pourraient les préserver, en partie du moins, de ces inconvénients. La chaleur intense dans laquelle vivent les verriers et qui les tient dans une température fort au-dessus de celle de l'atmosphère ne peut manquer de leur être nuisible; les liquides et les solides de leur corps sont soumis k ce calorique abondant et éprouvent une évaporation de leurs parties les plus ténues ; les premiers s'épaississent forcément, deviennent, par conséquent, moins fluides, plus acres, par la concentration de leurs particules composantes; ce sont ici des effets physiques que la vitalité ne peut empêcher entièrement k cause de l'extrême intensité de la cause productive, et que l'habitude même, quelque puissante qu'elle soit, n'affaiblit qu'en partie. Il en résulte que les maladies qui atteignent ces ouvriers ne peuvent être que plus intenses, plus graves, plus aiguës, par la détérioration des liquides et la sécheresse des solides. de l'organisme. Un autre effet qui ne nuit pas moins aux vei-riers , c'est le passage à un air froid ou pluvieux, auquel ils vont imprudemment s'exposer pour se délivrer de'la chuleur qui les dévore. L'eau froide, qu'ils boivent dans la même intention, est tout aussi nuisible. Ce sont là deux causes très-fréquentes des maladies qui frappent ces ouvriers. Mérat, qui a eu l'occasion de donner des soins k quelques-uns de ceux de la verrerie de Sèvres, attribuait leurs maux à l'imprudence de s'être exposés au froid le corps couvert de sueur. Il ajoute que, d'un certain nombre qu'il a soignés, les uns sont morts phthisiques, les autres sont restés atteints de maux chroniques du larynx, d'autres n'ont dû leur retour à un meilleur état de santé qu'k la cessation de leur travail habituel. Il convient donc, pour remédier, eu partie du moins, k ces inconvénients, que les ouvriers prennent quelques précautions indispensable;:.
Ils devront, par exemple, se vêtir avant de quilter le fourneau de travail, et n'aller que graduellement k l'air extérieur, en restant quelque temps dans une pièce d'une température mixte entre celle de leur laboratoire et celle du dehors. Ils devront porter de la laine sur la peau en quittant leur travail. Ils éviteront surtout de boire des lampées d'eau froide pour étancher la soif qui les dévore. Fourcroy, dans une note sur le chapitre de Ramazzini qui concerne les verriers, indique comme une boisson plus salutaire pour eux le posca, c'est-k-dire i'oxyerut; une sorte de grog, ou d'eau dans laquelle on verserait une cuillerée k bouche d'eau-de-vie par pinte, serait préférable, par la propriété
3u'a ce mélange de modérer la production e la sueur. Quelque soin que l'on prenne, ■ d'ailleurs, la profession de verrier n'en est pas moins une des plus dangereuses que l'on connaisse.
— Hist, Gentilshommes verriers. En 1448, les gentilshommes verriers obtinrent des privilèges' fort étendus pour leurs hoirs ou successeurs. En Lorraine particulièrement, avant son annexion k la France, les verriers étaient, pour ainsi dire, nobles de race ou anoblis. Leur noblesse tenait à la profession même qu'ils exerçaient, soit comme chefs d'usine , comme Jehan Brysonale et Jehan Hennezel, soit comme • ouvriers deniouraut ez verrières et ouvrant le verre, » tels que Nicolas Mengin, Guillaume du Tyson, Jehan Son fils, et les autres impétrants des lettres patentes de 1448. Dans la France proprement dite, dit M. de Beaupré, les gentilshommes verriers formaient aussi une classe particulière entre les autres nobles, et, comme en Lorraine , ceux-ci affectaient de les dédaigner, témoin cette épigraimne de Maynard contre le poëte Saint-Amand , dont les ancêtres étaient des verriers :
Votre noblesse est mince, Car ce n'est pas d'un prince, Daphnis, que vous sortez. ' Gentilhomme de verre.
Si voua tombez a terre, Adieu vos qualités.
A entendre les verriers , quoiqu'ils n'eussent pas échangé leur noblesse contre tel blason surmonte de la couronne de comte ou de marquis; quoiqu'ils se qualifiassent de chevaliers, exigeant les plus grands respects des ouvriers sous leurs ordres , la bourgeoisie ne leur accordait pas, k beaucoup près, la même considération qu'au gentilhomme campagnard, dont la vie s'écoulait oisive et inutile au fond d'un manoir délabré. Du reste,, la manière d'être et de vivre de ces artisans, si l'on en croit Florentin Thierriat, n'était pas de nature k diminuer
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le dédain qu'on leur portait : • ... La plupart sans éducation, pauvres et mal vêtus, quelquefois même réduits en état de domesticité, ils se vengeaient du dédain que leur montrait l'autre noblesse sur les roturiers, qu'ils appelaient grossièrement des sacrés mâtins; ceuxci leur donnaient le nom de hazis, c'est-àdire hâves, desséchés, parce que le travail des verriers les tient exposés k l'ardeur insupportable du feu des fours... «Quoi qu'il en soit, par suite des grands avantages et prL viléges qui étaient attachés k cette industrie, le nombre des verriers , tant maîtres qu'ouvriers ouvrant le verre, s'était considérablement accru avec le temps; l'art avait fait des progrès, et ceux qui l'exerçaient n'avaient plus besoin d'encouragements. Lès franchises de noblesse, d'ailleurs, octroyées dans l'origine à quelques verriers, étaient devenues ruineuses pour l'Etat par leur trop grande extension. Les ouvriers des autres professions ne voyaient pas sans jalousie ces gentilshommes verriers vivre sans payer d'impôts. Les paysans surtout , auxquels ils se montraient en guenilles et en sabots, tantôt travaillant et soufflant la bouteille à l'ardeur de la flamme, sans autre vêtement qu'une espèce de chemise de femme, ne pouvaient pas comprendre en quoi cette existence était moins roturière que la leur et ne pouvaient admettre que ces ouvriers d'usine pussent être exempts des charges qui pesaient si lourdement alors sur la population agricole. Aussi, dans plus d'une commune, la plupart des verriers furent-ils portés au rôle de la taille. On songea donc, vers la fin du xvis siècle, à revenir aux anciens principes sur le fait de la noblesse. On s'avisa de ne plus voir dans les maîtres veri'iers que de,s fabricants qui faisaient, avec plus ou moins de bonne foi, trafic et marchandise des produits de leurs usines, et dans les ouvriers verriers que des gens salariés. On se demanda enfin pourquoi les uns et les autres seraient exempts des contributions qui pesaient sur le peuple en général. De là des débats dont les tribunaux d'alors retentirent, car cette époque est précisément celle où, dans le but apparent de rendre à la noblesse son ancien lustre, mais en réalité pour soulager le peuple en diminuant le nombre de-» privilégies, on recherchait activement les usurpateurs de noblesse et de titres nobiliaires. En effet, dans la Lorraine, par exemple, le gouvernement ducal avait préludé à, cette recherche par plusieurs ordonnances contenant, entre autres dispositions, défense aux nobles de fabriquer (27 octobre 1522), sous peine d'être taillables comme les roturiers et soumis aux mêmes recherches, et à toutes personnes de'porter et exercer l'état de noblesse qu'elles n'eussent, au préalable, fait vérifier leurs titres en la chambre des comptes (il juin 1573). Une autre ordonnance, en date du 30 décembre 1585, interdit également k toutes personnes, sans exception des anoblis et issus de nobles, de changer et aliéner en façon quelconque leurs surnoms, d'altérer le nom de leurs aïeux par l'adjonction de la particule nobiliaire de, du, te, la, ■ et semblables mots qui ne servent qu'à obscurcir la famille dont ils sont sortis, ou par celle de la seigneurie forgée à leur fantaisie , » etc. Enfin, après une longue lutte, il fut décidé , de guerre lasse, que la
Erolession de uerrierne supposait pas la notasse et ne la conférait aucunement, mais qu'elle n'y dérogeait point. Cette décision, qui fut généralement admise dans le duché de Lorraine comme par toute la France, obtint la sanction du souverain. Ala requête qui fut présentée à Henri IV par les verriers de la forêt de l'Argonne, troublés , comme on vient de le voir, par la décision précitée, ce prince répondit, au mois de juillet 1603 , par des lettres patentes, portant en leur faveur maintien , quand ils sont d'extraction noble, du droit dont ils avaient joui précédemment de faire le commerce de verrerie Sans déroger; de plus, par un règlement du 14 décembre 1604, i! fut arrêté que tous ceux qui ne seraient pas nobles d'origine ou issus aes anciens concessionnaires ne pouvaient réclamer que les immunités des ignobles.
« Ainsi fut fixé en France, dit M. de Beaupré, l'état des verriers, quant au fait delà noblesse. On ne tint désormais pour nobles que ceux qui étaient de noble extraction ou qui descendaient des anciens verriers lorrains, et ils contiuuèrentde jouir des privilèges attachés k la noblesse, non pas parce qu'ils étaient verriers, mais quoique verriers. La distinction du parce que et du quoique ne date pas, comme on voit, de la révolution de 1830. >
VERRIER (Eugène)) médecin français, né k Provins (Seine-et-Marne) en 1824. Il se fit recevoir docteur à Paris en 1863, apiès avoir été interne des hôpitaux. Depuis cette époque, le docteur Verrier s'est livré k l'enseignement libre des accouchements et s fondé un dispensaire dans la rue des Canettes. On lui doit les ouvrages suivants : Historique de l'art des accouchements (Paris, ISol , in-8°); Vu forceps-scie des Belges (1S63, iu-4*>) ; De la mort subiie des enfants nouveau-nés (1864, in-8°); Quelques indications de l'opération césarienne (1864, in - 8U) ; Parallèle entre te céphalotribe et le forceps-scie (1866 , in- 18); Quelle part doit-on attribuer au traumatisme dans les maladies puerpérales (1866, in-8°);
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Manuel pratique de Vart des accouchements, précédé d'une préface du professeur Pajot (18S6 , in-18). Ce manuel, divisé en cinq parties, est écrit avec précision, avec méthode et reflète exactement l'enseignement officiel du professeur Pajot, avec lequel l'auteur s'est identifié, Liions encore : Lettres sur l'enseignement médical en Belgique (1867, in-8°); Guide du médecin praticien et de la sage-femme (1875, in-18), etc.
VEBRIÈBE s. f. (vè-rië-re — rad. verre). Cuvette pleine d'eau, dans laquelle on met les verres,
— Vitre qu'on met devant des tableaux, des châsses, des reliquaires, pour les .conserver, n Vieux en ce sens, il On a dit aussi
VKRR1NB.
— Vitrail d'église : Les visrrières de Notre-Dame, de la Sainte-Chapelle. \\ On a. àil
aUSSi VERRINK.
— Hortic. Cloche ou caisse de verre qui sert à couvrir les plantes délicates. Il On dit aussi VBRRINK,
VERRIÈRES, village et comm.de France (Seine-ei-Oise), cani. de Palaiseau, anond. et à 15 kilom. S.-.E. de Versailles, près de la Bièvre; 1,130 liab. Tuileries, briqueteries. Belle église paroissiale du xviio siècle; aux environs, château des Mignons et nombreuses villas; colline boisée. Verrières est mentionné dans un titre du temps de Chniiemagno sous le nom de Verdrarw. En 1815, le bois do Verrières, dit Buisson de Verrières, vaste, percé de routes et très-fréquenté par les chasseurs et les promeneurs parisiens, vit un engagement sanglant entre nos troupes et les années alliées. Le 1°' juillet, au moment où les deux partis combattaient à Volizy, d'autres délaeheinems étaient aux prises près du bois de Verrières. Le général Kxelmans, qui se portait en personne sur Versailles, rencontra les Prussiens à cetie hauteur; aussitôt il donna l'ordre de l'attaque. « Le 50 et le 13« de dragons, dit un historien', les chargèrent en tète avec la plus grande intrépidité; le eo de hussards et le 20» de dragons les prirent en flanc. En vain ils voulurent opposer de la résistance à l'élan; culbutés sur tous tes points, les Prussiens prirent la fuite du côté de Versailles et laissèrent la route cou-verte de leurs morls et de leurs blessés. Le général Ëxelmans se mit aussitôt à leur poursuite et, malgré la rapidité de leur course, il entra aussitôt qu'eux à Versailles et les en chassa, » Le bois de Verrières est un des plus agréables des environs de Paris.
VERRILLON s. m. (vè-ri-llon; Il mil. — rad. verre). Instrument de musique fait de touches de verre qu'on frappe avec des baguettes drapées.
VERRIN s. m. (vè-rain), Mécan. Syn. de
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VERRINA (Jean -Baptiste), conspirateur génois, mort en 1547. Fort iche, il sut se rendre populaire, gagna des partisans" à Jean - Louis Piesque , à qui il fournit de l'argent pour acheter des galères, et complota avec lui de renverser André Duria pour s'emparer du pouvoir et replacer la république de Gênes sous le protectorat de la France. Verrina fut 1 âme de la conjuration qu'appuyait secrètement François I" et réunit amour de lui un grand nombre de mécontents. Le complot éclata dans la nuit du 2 janvier 1547. Les conjurés étaient maîtres de l'arsenal et de plusieurs portes de Gènes, lorsque Fiesque, en montant sur sa galère, tomba à la mer ut se noya. Verriua, à cette nouvelle, manqua de résolution et, au lieu de se meure à la tête des conjurés, se retira à Montobbio, où il fut assiégé et pris. Il eut lu tète tranchée.
VERR1NE s. f. (vè-ri-ne — rad. verre).
Syn. de verrière. Il Verrine d'Allemagne, Petits fragments de verre Suulïlé dont on saupoudre îles imageset des surtuuts de table.
— Tcchn. Tube de verre avec lequel on fait des baromètres.
— Bot. Nom vulgaire de la prêle des champs.
Verrine» (LES), nom sous lequel on désigne i<îs ui-.uours et les mémoires de Cicéron dans, l'affaire de Verres 171 avant J.-C.). Les Siciliens avaient charge Un ôron, leur ancien questeur, dont ils avaient garilé un excellent souvenir, de poursuivre leur vengeance contre Verres, qui avait traité la Sicile en pays conquis. Le grand orateur eut d'abord à vaincre l'opposition d'un certain Cœcilius, revendiquant pour lui-même le droit d'accusation dans le but d'étouffer l'ulfaire. Le discours fort vif, dont il accabla ce complice de Verres, est comme la préface des Verrinea. Elles sont divisées en deux parties. Dans la première action, Cicéron se borne à faire comparaître les témoins, à produire les pièces, à éclairer les faits par des réflexions judicieuses; c'est de ta procédure plutôt qu'un plaidoyer. Les plaidoyers suut dans la seconde action ; mais Cicéron n'eut même pas besoin de les prononcer. Verres s'était exilé , après les accablantes dépositions des tnioins et lus preuves irrécusables fournies par Cicéron ; mais il put lire dans son exil les invectives dont le grand orateur l'eût foudroyé; il put contempler avec elfroi l'immortel tableau de ses déprédations et de ses crimes. Les plaidoyers, au nombre de cinq, sont in-