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tij.ulés : De la préture' urbaine; De l'administration de la justice en Sicile; Des affaires de blé; Des statues et œuvres d'art; Des supplices. Celui qui les lit est loin de regretter que leur auteur n'ait pas voulu perdre un sujet oratoire aussi riche que rémunération des crimes de Verres. Dans le premier de ces mémoires, Cicéron peint la vie politique et privée de l'accusé et ses prévarications pendant qu'il exerçait la préture à Rome ; le second porte sur les mêmes méfaits durant son administration en Sicile ; le troisième contient l'énumération de ses dilapidations dans les approvisionnements ; le quatrième relate toutes les œuvres d'art dont il avait dépouillé la Sicile ; enfin, le dernier énumère les condamnations capitales et les meurtres dont Verres s'était rendu coupable. Ces deux derniers discours sont particulièrement remarquables par l'énergie du'style et la richesse de l'expression. Le quatrième présente un vif intérêt au point de vue de l'histoire de l'art. Un auteur moderne, l'abbé Tréguier, en a tiré le sujet d'un mémoire très-curieux intitulé Galerie de Verres.
Les Verrines durent faire une impression d'autant plus vive sur les Romains, qu'elles leur fournirent l'occasion d'assister à. un brillant tournoi entre Cicéron et Hortensius, qui défendait Verres. « C'est, dit Cicéron, la lutte la plus vive que j'aie jamais soutenue contre Hortensius.» Les deux orateurs étaient liés alors d'une amitié étroite, mais l'intérêt de leurs clients les emporta l'un contre l'autre à se dire ces petites méchancetés qu'entre avocats on échange volontiers et qui njsmpêchent nullement de se serrer la main, la cause une fois plaides. Ainsi Hortensius ayant dit, à propos de certaines observations de son adversaire, dont le sens lui paraissait équivoque : « Je ne sais pas deviner les énigmes. — Pourtant, répondit Cicéron, tu as le sphinx chez toi. • Tout le monde savait qu'Hortensius. avait reçu de son client un sphinx d'i-voire , objet d'art fort précieux et un des produits des déprédations du préteur. Ce n'était même, disait-on, que par l'appât de ce salaire que cet orateur avait, faisant taire ses répugnances, consenti à prêter à Verres l'appui de son talent. Cicéron et Hortensius publièrent, comme on sait, les discours qu'ils devaient prononcer, ce que la fuite de Verres les dispensa de faire. Celui d'Hortensius fut complètement éclipsé par celui de son éloquent rival. L'immense supériorité de Cicéron tenait à une rare réunion de précieuses qualités. C'était une merveilleuse adresse à se concilier, dès les premières paroles, la bienveillance des juges et à exciter leur attention. C'était une habileté consommée dans l'art d'ordonner les parties de son discours et de disposer les faits de la manière la plus favorable au succès de sa cause. C'était une argumentation vive, serrée et' pressante.
Nous citerons un passage d'une éloquence sublime, tiré du discours sur les Supplices, ou plutôt nous en donnerons une idée, parce que la citation dépasserait les bornes de notre ouvrage. Verres avait fait jeter dans les fers, n/in de le dépouiller de ses biens, Gavius, citoyen romain. Gavius réclame en vertu dece titre; c'est alors que Verres lui fait arracher ses vêtements et ordonne qu'on le frappe de verges. «Je suis citoyen romain , ■ s écrie Gavius, et la lanière sifflante s'abat sur son dos; «Je suis citoyen romain, » répèie-l-il d'une voix brisée, et les coups de lanière scandent chaque syllabe ; «Je suis citoyen romain, »inurmure-t-il d'une voix mourante; et comme il n'expirait pus assez vite au gru do son bourreau sous les coups de ses sicaires, il le fait attacher sur une croix, le visage tourné du côté de Rome , comme par dérision. Gavius rend eutin le dernier soupir en laissant s'échapper avec sou dernier souffle celte dernière protestation : « Je suis citoyen romain. > Jugez quelle tempête aurait soulevée cet admirable morceau s'il eût été prononcé devant le peuple romain, si lier de Sun litre et si jaloux do sea dioitsl Quel triste retour sur nous-mêmes devons-nous l'aire en le lisant, lorsque nous songeons qu'une pareille atrocité se passait en public 1 A quel degré d'avilissement peut réduire les hommes la terreur du despotisme I
VER11IO (Antonio), peintre italien, né à Lecce en 1639, mort en 1707. Il lit ses études à Venise et adopta la manière des maîtres de cette école. Apres avoir travaillé dans plusieurs villes d'Italie, il visita le midi de la France et exécuta k Toulouse un tableau pour le maitre-autel des carmélites. Il se rendit en>uite en Angleterre sur l'invitation du roi Charles II, qui le chargea de décorer le château de Wiudsor de fresques, aujourd'hui eti grande partie détruites. Bien qu'elles fussent médiocres, Charles II en fut fort satisfait, combla l'artiste de faveurs et lui donna un logement au parc de Saint-James. Verrio jouit aussi de la laveur de Jacques II, qui lui lit peindre la chapelle catholique de Windsor; mais il refusa de travailler .pour Guillaume III et renonça à l'emploi de peintre de la cour. Plus tard sa vue s'étant affaiblie, il obtint une pension de la reine Anne. C'était.un homme aidées bizarres; dans un de ses tableaux, qui représente la guérison des malades par le Christ, il s'est placé luimême avec deux autres personnages de l'é-
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poque au nombre de ceux qui regardent Jésus opérer, et ils sont coiffés tous les trois des énormes perruques qui étaient alorà a la mode.
VERHIUS FLACCUS (Marcus), grammairien latin qui florissait dans les premières années du i«r siècle de notre ère. Longtemps esclave, il ouvrit une école à Rome et acquit une telle réputation qu'il fut choisi par Auguste comme précepteur de ses petits-fils (Caïus et Lucius Agrippa). Il mourût sous Tibère, dans un âge très-avancé. Il avait composé un certain nombre d'ouvrages, dont le plus fameux est un traité De verborum signtficatiaite. Il nous en reste un extrait fait vers le nie ou le ive siècle par le grammairien J. Pompeius Festus, extrait qui a été réduit encore par l'abrégé de Paul Diacre. On a aussi de lui des fragments d'un calendrier romain que Suétone et Macrobe citent souvent, efrqtii est connu sous le nom de Fastes préneslins, dont quatre tables furent découvertes en 1770 et publiées neuf ans plus tard par Foggini. Los fragments de Verrius Flaccus sont ordinairement imprimés a la suite de Pompeius Festus. L'une des meilleures éditions est celle de Egger (Paris, 1838).
VERROCCHIO (Andréa dh'Cioni, surnommé
del), célèbre sculpteur, peintre, orfèvre et architecte, né à Florence, non en 1432, comme l'ont écrit la plupart des biographes, mais en 1435, comme il résulte d'un document authentique publié parties annotateurs de la dernière édition de Vasari (1870, t. XIV, p. 41), mort àjVenise en 1488. Il appartenait a la famille des Cioni; mais, s'étant formé k l'art de l'orfèvrerie sous la direction de Giuliano Verrocchio, il prit le nom de ce maître. Il travailla ensuite sous la direction de l'illustre sculpteur Donatello. Il s'appliqua avec ardeur, dès sa jeunesse, à l'étude des sciences, et principalement de la géométrie. Les ouvrages qui fondèrent sa réputation furent des pièces d'orfèvrerie, qu'il exécuta, pour l'église Santa-Maria-del- Fiore. Vasari signale, entre autres, deux coupes ornées, l'une d'une Danse d'enfants, l'autre d'animaux et de feuillages: 11 fut ensuite chargé d'importants travaux de ciselure et d'orfèvrerie pour le baptistère de San-Giovanni. Son habileté en ce genre décida le pape Sixte IV (1471-1484) à le'faire venir à Rome et k lui confier le soin d'exécuter, pour la chapelle pontificale, des statues û'Apéires en argent et d'autres ouvrages de même inétal. Vasari raconte que, pendant le séjour qu'il fit alors à Rome, Verrocchio s'enthousiasma à la vue des statues antiques, et se décida à abandonner l'orfèvrerie pour se livrer entièrement à la statuaire. Il est possible que ce soit, en effet, Rome qui ait inspiré à l'artiste florentin le goût de faire des statues de marbre; mais il avait, sans nul doute, appris de Donatello à travailler le bronze et avait acquis, en ce genre, assez de réputation pour être chargé de faire les figures qui ornent le mausolée de Giovanni et de Piero de' Medici, dans l'église de San- I.orenzo, grand ouvrage duquel Vasari luimême a dit ; «On ne saurait rien faire de mieux: Delta quai opéra non si puo, né di bronzo, ne di getio, far meglio. » Le biographe Aréiin prétend bien que Verrocchio aurait exécuté ce mausolée après avoir travaillé, à Rome, pour lo pape Sixte IV ; mais la chose ne semble pas possible, si l'on remarque que ce pape monta sur le trône en 1471, et que le tombeau de Giovanni et de Piero de' Medici fut achevé en 1472. Quoi qu'il eu soil, le séjour de Rome dut certainement être très- profitable à l'artiste florentin; la vue de la statue équestre, en bronze, de Maic-Aurèle, lui suggéra peutêtre l'idée du chef-d'œuvre qui! consacra, dans la suite, à Coileoni, et dont nous reparlerons tout à l'heure. Ce fut à Rome même, dans l'église de la Miuerva, qu'il exécuta l'une de ses plus importantes sculptures de marbre, le tombeau de la femme de Giovanni-Frniicesco Tornâbuoni, gentilhomme de Florence; il lit, pour ce tombeau, les statues de trois Vertus et un bas-relief représentant la jeune dame lloreutine mourant en couche. Ce dernier morceau se voit aujourd'hui au musée des Offices; les statues et le monument qu'elles décoraient ont, d'uiileurs, disparu de l'église de la Minerva. La commune de Pistoja ayant ouvert,' en 1474, un concours pour 1 exécution du tombeau du cardinal Nieeolo Furtegucrri, mort l'année précédente, le modèle présenté par Andréa obtint le plus grand nombre de suffrages ; mais le prix de 350 ducats que demandait l'artiste, étant bien supérieur à la somme que la commune avait décidé de consacrer à ce tombeau, l'exécution des travaux subit d'assez grands retards, et peu s'en fallut que Piero del Pollaiolo n'en fut chargé définitivement. Andréa fit les figures de 1 Espérance et de Dieu le Père pour ce monument, qui fut achevé, après sa mort, par Lorenzo Lotto. A Florence il fît, pour décorer l'escalier du palais, une statue de David, en fcronze, qui a été transportée dopuis dans le musée des Offices ; il exécuta, pour la résidence des Mé'dicis, un bas-relief de marbre représentant la Vierge avec l'Enfant, et lit deux têtes en métal, l'une à' Alexandre le Grand et l'autre de Darius, que Laurent de Médicis, le vieux, envoya en présent au roi Mathias Corvin ; mais le plus bel ouvrage que Florence ait
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fardé de lui est un groupe en bronze de Incrédulité de saint Thomas, qui appartient à l'église d'Orsanmiehele. La renommée de Verrocchio engagea les Vénitiens à confier à ce maître l'exécution d'une stâioe équestre de Bartolommeo Coileoni de Bergame, pour, orner la place de l'église de San-Giovanni-e- Paolo. L'artiste était sur le point de couler en bronze la figure du cheval, lorsque la Seigneurie de Venise décida de charger Vellano de Padoue du soin de faire la figure du cavalier; dès qu'il en fut informé, Andréa brisa les jambes et la tête de son modèle, et repartit pour Florence. La Seigneurie, irritée de cette audace, fit prévenir Verrocchio que, s'il s'avisait jamais de revenir à Venise, . il pouvait s'attendre à avoir la tête coupée. A quoi Verrocchio répondit : « Je me garderai bien d'y retourner; je sais trop bien que'la Seigneurie n'a pas le pouvoir de faire remettre une tête aux gens qu'elle a décapités, et encore moins de remplacer une tête comme la mienne ; je lui suis supérieur sous ce rapport, car il me serait aisé de remettre à mon cheval une tête nouvelle, plus belle encore que l'ancienne. » Cette fière réponse plut à la Seigneurie; Andréa reçut un saufconduit et rentra à Venise ; il refit son modèle et commença les travaux de la fonte, mais il mourut avant de les avoir terminés. Par son testament, il supplia humblement la République da charger son élève, Lorenzo di Credi, du soin de finir cette grande œuvre; mais lu République, sans égards pour le3 vœux de ce grand maître, confia cette besogne à Alessandro Leopardo. Le monument de Coileoni est un chef-d'œuvre de noblesse et d'élégance; le cheval a da belles formes et mie allure à, la fois vraie et épique ; le cavalier, revêtu de son armure, a une attitude noble, grave et fière. Le piédestal en marbre, que décorent six colonnes corinthiennes, est un modèle de bon goût.
Verrocchio cultiva aussi la peinture ; toutefois ce ne fut guère qu'en manière de distraction, Vasari ne cite de lui que deux tableaux entièrement terminés; le premier,' représentant la Vierge assise au milieu de# saints personnages, a été gravé dans YBtruria pittrice; le second, représentant le Baptême du Christ, fait partie de la galerie de 1 Académie des beaux-arts de Florence. C'est dans ce dernier ouvrage que Léonard da Vinci, encore tout jeune, peignit un ange dont la beauté parut si extraordinaire k Andréa Verrocchio, que, honteux .de se voir surpassé par un enfant, il jeta les pinceaux pour ne plus les reprendre. Outre Léonard do Vinci et Lorenzo di Credi, il faut citer le Pérugin parmi tes nombreux disciples sortis de l'école du Verrocchio. «En comparant les ouvrages du maître avec ceux de pareils disciples, dit M. Reiset, on no peut s'empêcher de remarquer les traces profondes qu'avaient laissées, dans l'imagination de ces derniers, les premiers enseignements do . leur jeunesse. Chez Pérugin, saus doute, l'affinité est moins visible , et d'autres influences se font également sentir dans sa manière; mais, en ce qui concerne Léonard et Lorenzo di Credi, l'analogie est flagrante. Nous avous eu plusieurs fois l'occasion d'examinor des dessins d'Andréa del Verrocchio (le Louvre en a quatre), et nous y avons toujours remarqué une ressemblance toute pau» ticulière avec ceux de Léonard. C'est la même plume fine et ferme, le même amour da la précision, la même recherche curieuse et approfondie des formes du cheval, parfois' aussi la même fantaisie de caricature. • Vasari, qui cite plusieurs beaux dessins du Verrocchio, a fait remarquer, avant M. Reiset, que Léonard s'était plu à imiter les airs detète et l'arrangement des cheveux de certaines figures de femmes de son maître.
A l'habileté dont il fit preuve dans la pratique des différents arts du dessin, Andréa Verrocchio joignit des talents remarquables on musique et en mécanique. Les restes de cet artiste ômineni furent transportés da Venise à Florence, et furent ensevelis dans l'église de Saint-Ainbroiso.
VERROTs. tn.(vè-ro). Zool. Nom vulgaire da la courtilière et des vers de terre.
— Vitic. V. VKROT.
VERROTERIE s. f. (vè-ro-te-rt — rad.
verre), .\lenu3 objets de verre.
— Encycl. La verroterie se fabrique dans les verreries par les mêmes procédés que le verre; cependant, elle demande des ouvriers spéciaux. Les ouvriers en verroterie sont presque des artistes, car'il n'est pas donné à tout le monde de réussir dans cette fabrication ; les Frauçais et les Italiens sont ceux qui réussissent le mieux et qui produisentles travaux les plus achevés comme goût.
La verroterie trouve un facile débouché dans tous nos ports de mer, où on l'expédie par énormes quantités sur touJ.es les plages de l'Afrique, de l'Amérique et de l'Océanie. L'Algérie, àelle seule, nous eu demande pour des millions chaque année. A peine débarquée à Alger, la verroterie est enlevée par les Arabes de l'intérieur, qui vont la revendre jusque dans le Soudan. Il en est de mémo au Sénégal, où bien des tribus ne connaissent les Français que comme fabricants et marchands do verroterie, et non comme gens civilisés, comme législateurs et comme lettrés.
D'ailleurs, les sauvages des autres conti-
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nents ne sont pas les seuls à consommer notre verroterie ; on voit sur tous nos marchés, dans toutes nos foires des marchands de verroterie qui vendent aux habitants des campagnes des boutons, des boucles d'oreilles, une foule d'autres ornements de verre qui plaisent aux femmes comme tout ce qui brille.
VERROU s. m. (vè-rou — du lat. veruculum, petite broche, diminutif de veru, pique, broche à rôtir). Pièce de métal qui -va et vient entre deux crampons, et que l'on pousse pour fermer une porte ou une fenêtre : Petit verrou. Verrou de sûreté. Tirer le verrou. Porte fermée au verrou.
Ni les soins défiants, les verrous, ni les grilles Ne font pas la vertu des femmes ni des filles.
Molière.
— Verrou de nuit, Petit verrou qui est placé en dedans d'une serrure, et que l'on t'ait aller et venir au moyen d'un bouton à coulisse mû à la main
— Sous les verrous : En prison. La pensée est libre sous les verrous comme dans les champs. (De Jouy.) il Tenir quelqu'un sous les verrous, Le tenir enfermé. Il Tirer les verrous sur soi, S'enfermer chez soi : Il y a certaines pertes dont on ne doit point se consoler et qui empêchent de recevoir le monde; il faut
TIRER LES VERROUS SUR SOI. (M=" de SéV.)
— Venir baiser le verrou, Se soumettre, par allusion à la coutume qui, en cas d'absence du seigneur, permettait au vassal de baiser seulement le verrou de son manoir, pour lui rendre hommage.
— Porter l'épée en verrou, La porter horizontalement.
— Techn. Mécanisme au moyen duquel le plombier renverse le mouvement des cylindres du laminoir.
VERROUILLER v. a. ou tr. (vè-rou-llé ; Il mil. — de verrouil, ancienne forme du mot verrou). Fermer au verrou : Verrouiller la porte de sa chambre.
— Enfermer, claquemurer :
Vingt fois pourtant on me verrouille Dans les cachots, de par le roi.
BÉRÀHOER.
Se verrouiller v. pr. S'enfermer au verrou. || S'enfermer, se claquemurer : A Londres, le dimanche, on s'enferme chez soi et on s'y verrouille pour que le dimanche n'entre pas. (A. Vacquerie.)
VERROA, ville forte du royaume d'Italie, province, district et à 40 kilom. N.-E. de Turin, mandement de Brusasco, sur un rocher escarpé, près de la rive droite du Pô ; 3,000 hab. En 1610, cette place soutint pendant trois moisun siège contre les Espagnols sous les ordres du duc de Feria et les contraignit à battre en retraite.
VERRUCAIRE s. f. (vèr-ru-kè-re —du lat.
verruca, venue). Bot. Genre de lichens, type de la tribu des verrucariées, comprenant un grand nombre d'espèces, qui croissent sur les arbres et les pierres, y formant des excroissances qu'on a comparées à des verrues. Il Genre d'algues. Il Nom vulgaire do l'héliotrope d'Europe, appelée aussi herbe aux verrues.
— Encycl. Les verrucaires sont des lichens à thalle crustacé, membraneux ou cartilagineux, uniforme et le plus souvent limité; les péritlVces sont isolés, entiers ou dimidiés, nus ou immergés dans la croûte, carbonacés ou friables, rarement membraneux, noirs, pourvus d'un ostiolesimple et eu forme de papille, ou simplement percés d'un pore au sommet et renfermant un nucléus gélatineux et blanchâtre ; les thèques sont en massue, accompagnées de nombreuses paraphyses, et renferment six à huit sporidies ovoïdes ou en forme de nacelles ; elles ont des cloisons transversales. Ce genre renferme un grand nombre d'espèces, répandues dans tous les pays, et qui croissent sur les écorces,'les rochers, les pierres ou la terre nue. Plusieurs ressemblent à des sphéries.
VERRUCARIÉ, ÉE adj. (vèr-ru-ka-ri-é — rad. verrucaire). Bot. qui ressemble ou qui se rapporte à la verrucaire.
— s. f. pt. Tribu de lichens, ayant pour type le genre verrucaire : La couleur noire est la couleur dominante des apoihécions des
VERRUCARIEES. (F. Foy.)
VERRUCARITE s. m. (vèr-ru-ka-ri-te — du lat. verruca, verrue). Bot. Genre de végétaux fossiles.
VERRUCIFÈRE adj. (vèr-ru-si-fè-re — du lat. verruca, verrue; fero, je porte). Hist. nat. Qui porte des verrues, des excroissances en forme de verrues.
VERRTJCIFORME adj. (vèr-ru-si-for-me
— du lat. verruca, verrue, et de forme). Hist. nat. Qui a la forme d'une verrue.
VERRUCULAIRE s. m. (vèr-ru-ku-lê-re
— du lat. verrucula, petite verrue). Bot. ttenre d'arbrisseaux, de la famille des malpighiacées, tribu des malpighiées ou aptérygiées, dont l'espèce type croît au Brésil.
VERRUCULE s. f. (vèr-ru-ku-le — du lat. verrucula, dimin. de verruca, verrue). Petite verrue; petite excroissance en forme de verrue.
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VERRUCULEUX, EUSE adj. (vèr-ru-kuleu, eu-ze — rad. verruculé), Hist. nat. Qui est muni de verrucules, de petites verrues.
VERRUEs. f. (vè-ru — lat. verruca, même sens). Petite tumeur dure, qui vient surtout au visage et aux mains : Les verrues, lorsqn' elles deviennent grosses, doivent être enlevées ou brûlées. (Robin.)
— Fig. Superfétation, vice, défaut : Tayme tendrement Paris, jusques à ses verrues et ses taclies. (Montaigne). Dans nos campagnes, nos paysans en sont encore à la sorcellerie ; que d'efforts. pour extirper définitivement les verrues qui couvrent encore la face de la civilisation ! (E. Texier).
— Hist. nat. Petite proéminence arrondie, qui existe à la surface de certains organes.
— Bot. Herbe aux verrues. V. verrucaire.
— Encycl. Méd. On donne le nom à<s verrue a. une petite excroissance cutanée, arrondie, indolente, à surface ordinairement granuleuse ou fendillée, se développant sur certaines régions de la peau oudes muqueuses. Ces petites tumeurs, dont la substance est dure et comme cartilagineuse ou cornée, envoient des racines dans toute l'épaisseur du derme et jusque dans le tissu cellulaire sousjacent. Il est rare de ne pas en observer plusieurs sur le même individu. Elles résultent d'une hypertrophie des -papilles vasculaires du derme, sans ulcération, avec hypertrophie de l'épiderme correspondant, dont les cellules se soudent plus ou moins fortement, comme dans la'corne, au point d'être quelquefois l'origine de cornes cutanées (Ch. Robin). Les verrues, dont la couleur est ordinairement plus pâle que celle des surfaces sur lesquelles elles sont implantées, prennent différents noms, selon la forme
Qu'elles affectent. Ainsi, lorsqu'elles sontrenées à leur sommet et supportées par un pédicule allongé et rétréci, on les appelle poireaux; si elles sont aplaties, à large base, comme on les rencontre ordinairement aux mains, ce sont les verrues proprement dites. Lorsqu'elles sont allongées, terminées en pointe, on les nomme acrochordons ; ces dernières ce rencontrent surtout à la face et au cou. On les observe à tout âge, mais plus fréquemment dans l'enfance et surtout chez les sujets à peau fine et délicate, à cheveux blonds ou roux. Leur développement est dû presque toujours à une irritation de la peau, si ce n'est à un état syphilitique. Dans ce dernier cas, elles ne sont que le symptôme d'une affection plus grave (v. syphilis). Le traitement des verrues comprend : les fric-* tions avec certains agents irritants, la ligature, l'excision et la cautérisation. On frictionne deux ou trois fois pur jour la surface des verrues avec le sel ammoniac, la poudre de sabine, l'eau de chaux, les sucs de citron, l'oignon cru, les sucs d'euphorbe, etc.; mais ce traitement ne réussit que lorsque la couche épidermique n'est pas encore trèsépaisse. La ligature ne peut être employée que pour les verrues pédiculées, c'est-à-dire les poireaux. Elle se pratique en embrassant un nœud de fil ciré à la base de chacune des tumeurs, aussi près que possible de la surface du derme, E'excision se pratique avec des ciseaux courbes sur le plat; mais cette opération étant insuffisante pour détruire les racines, il est presque toujours nécessaire d'y ajouter la cautérisation par le nitrate d'argent. Il en résulte une légère suppuration qut détruit tout ce qui avait pu rester de la verrue. Lorsqu'on veut se servir des caustiques, c'estordiuairemeiitaux acides que l'on a recours ou aux caustiques liquides. Les acides nitrique et sulfurique sont les plus employés. Pour s'en servir, on taille un morceau de bois aigu en forme de curedent, dont on plonge la pointe dans le caustique. Une petite goutte de liquide reste adhérente au bois, et c'est cette gouttelette qu'on porte sur la verrue. Les cautérisations ainsi pratiquées ne doivent être faites qu'à deux jours d'intervalle.
— Art vétér. Les verrues se montrent aussi sur la peau des animaux. Quelquefois elles sont tout à fait superficielles; le plus souvent elles prennent-naissance dans le corps muqueux du derme, où elles s'implantent par des lilaments blanchâtres, denses et à demi fibreux. Leur forme varie ; quelquefois, leur superficie est inégale, raboteuse, grenue ; ce sont les véritables verrues; d'autres fois, elles sont aplaties, d'une couleur plus foncée, dures au toucher et unies à leur surface ; ce sont celles qu'on nomme particulièrement poireaux. Ces productions, rarement solitaires, sontpresque toujours réunies^en plus ou moins grand nombre et se montrent sur toutes les parties du corps. Dans le cheval, les verrues occupent le plus souvent la tête, les ars, la peau du ventre, celle du prépuce, la tête du pénis et le bas des membres. Dans le chien, ce sont les parties de lu génération et la gueule qui sont ordinairement le siège de ces végétations. Celles qui se manifestent à la surface du paturon et de la couronne, chez les monodactyles, dans une partie ou dans toute l'étendue de ces régions, sont quelquefois disposées en tas et forment unemasse charnue, bourgeonnée, que l'on nomme communément grappes. Plusieurs de ces boutons portent une pellicule grisâtre; quelquesuns laissent suinter une sérosité acre et fé-
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tide; ils indiquent constamment une désorganisation plus ou moins avancée de là peau, sont ordinairement une suite des eaux aux jambes, les accompagnent quelquefois, même souvent, et convertissent cette maladie en une affection très-rebelle et rarement curable. Celles de ces productions qui occupent la surface du scrotum sont petites, isolées et ne pénètrent pas bien avant. Il en est qui couvrent l'extrémité du péuis, entraînent celui-ci par leur poids et laissent suinter une sérosité d'une odeur très-désagréable.
Les didactyles sont en général moins sujets aux verrues que les monodactyles. On accuse de leur production la malpropreté, les contusions, les blessures, les meurtrissures, les inflammations de la peau, l'état des téguments dans certaines de leurs maladies, les 'piqûres des mouches et autres insectes, etc.; mais les véritables causes sont inconnues. La situation ou le siège, l'étendue ou le caractère de ces excroissances les rendent plus ou moins graves.
Les verrues ne peuvent guérir qu'à l'aide des moyens chirurgicaux. Quelquefois des verrues ont pu disparaître spontanément; mais c'est l'exception, et l'on ne doit pas attendre cette terminaison problématique. Les moyens à employer pour détruire les verrues sont : la ligature, l'extirpation et la cautérisation. Lorsque ces petites tumeurs sont à base étroite ou pédicuiée, la ligature est la meilleure méthode pour les enlever. On se sert à cet effet d'une soie ou d'un gros fil ciré, qu'on serre le plus qu'il est possible, afin de détruire la vie dans la partie située au-dessous de la ligature. 11 faut avoir soin de ne pas couper le corps verruqueux en le serrant; la compression n'ayant plus lieu, il végéterait de nouveau. L'extirpation ou l'amputation convient à celles de ces productions dont la base est large. Ou les excise avec le bistouri ou des ciseaux. Mais, comme la tumeur se reproduit facilement si l'on n'a pas enlevé ou détruit complètement les radicules, il faut cautériser la racine le plus profondément possible, jusqu'à ce qu'on l'oit pourainsi dire charbonnée. Au surplus, le degré de cautérisation doit être mesuré sur la nature des parties sur lesquelles on opère, comme sur la nature de celles qui les environnent.
Quelquefois on cherche à détruire ces tumeurs par la cautérisation, surtout quand elles sont larges et d'une faible élévation. Alors on fait surtout usage des acides, que l'on porte sur la tumeur à l'aide d'un pinceau quelconque, après l'avoir entourée d'un corps gras pour protéger les téguments voisins. On y revient, s'il le faut, à plusieurs reprises ; la tumeur se change peu a peu en un détritus qui, en tombant, laisse une petite plaie dont la guérison est facile. Enfin, quand la tumeur est tombée par amputation ou par cautérisation, on panse la plaie avec de l'alun calciné ou de l'égyptiac, et on empêche ainsi le retour de la maladie.
VERRUE (Jeanne-Baptiste d'Albert de Luynes, comtesse de), née le 1S septembre 1670, morte le 18 novembre 1736. Jeanne de Luynes était tille de Louis-Charles, duc de Luynes, et d'Anne de Rohan, sa seconde femme. Le 5 août 1683, elle fui mariée à Joseph Scaglia, comte de Verrue, maréchal de camp au service de la France. Les deux époux furent heureux pendant plusieurs années; mais un jour arriva où quelqu'un se mit à la traverse de ce bonheur. Nous allons rapporter ici les paroles de Saint-Simon : « M. de Savoie, qui voyait souvent la jeune Verrue par la charge de la douairière, la trouva à son gré ; elle s'en aperçut gt le dit à son mari et à sa belle-mère, qui se contentèrent de la louer et qui n'en firent aucun compté. M. de Savoie redoubla de soins et donna des fêtes, contre sa coutume et ses goûts. La jeune Verrue sentit que c'était pour elle et fit tout ce qu'elle put pour ne pas s'y trouver ; mais la vieille s'en fâcha, la querella, lui dit qu'elle voulait faire l'importante et que c'était une imagination que lui donnait son amour-propre. Le mari, plus doux, voulut aussi qu'elle fût de ces fêtes et dit que, sûr d'elle, quand bien même M. de Savoie en serait amoureux, il ne convenait ni à son honneur ni à sa fortune qu'elle marquât rien. M. de Savoie lui lit parler. Elle 1b dit à son mari et à sa belle-mère et fit toutes les instances possibles pour aller à la campagne passer du temps. Jamais ils ne voulurent et commencèrent à la rudoyer, si bien que, ne sachant plus que devenir, elle fit la malade, se lit ordonner les eaux do Bourbon et manda au duc de Luynes, à qui elle n'avait osé écrire sa dure situation, qu'elle le conjurait de se trouver à Bourbon, où elle avait a l'entretenir des choses qui lui importaient le plus sensiblement, parce qu'on ne lui permettait pas d'aller jusqu'à Paris.
» M. de Luynes se rendit à Bourbon en même temps que sa fille, conduite par l'abbé de Verrue, frère du père de son mari, qu'on appelait aussi l'abbé Scaglia, du nom de sa maison. Il avait de l'âge ; il .avait liasse par des emplois considérables et par des ambassades et devint enfin ministre d'Etat. M. de Luynes, grand homme de bien et d'honneur, frémit au récit de sa fille du double danger qu'elle courait par l'amour de M. de Savoie et par la folle conduite de la belle-mère et
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du mari; il pensa à faire aller sa fille k Paris pour y passer quelque temps, jusqu'à ce que M. de Savoie l'eût oubliée où se fût pris ailleurs.
» Il crut qu un vieillard rompu dans les affaires, comme était l'abbé Verrue, entrerait dans cette vue et la ferait réussir. Il lui en parla; mais il n'avait garde de se douter qu'il se confessait au renard et au loup, qui ne voulait rien moins que dérober sa brebis. Le vieil abbé était devenu fou d'amour de sa nièce. Il n'avait donc garde de s'en laisser séparer. Après le départ du duc de Luynes, le vieillard amoureux découvrit sa passion, qui, n'ayant pu devenir heureuse, se tourna en rage. Il maltraita sa nièce tant qu'il put, et, de retour à Turin^ il n'oublia rien auprès de la belle-mère et du mari pour la rendre malheureuse. Elle souffrit encore quelque temps ; mais la vertu cédant enfin à la démence et aux mauvais traitements domestiques, elle écouta M. de Savoie et se livra à lui pour se délivrer des persécutions. Voilà un vrai roman, s'écrie Saint-Simon, mais il s'est passé de notre temps, au vu et au su de tout le monde. »
Le duc de Savoie et la comtesse de Luynes vivaient à la cour de -Savoie ou plutôt dans le château de Rivoli, loin des yeux indiscrets, loin du bruit. Bientôt la nouvelle maltresse voulut, par distraction, puis par goût, se mêler aux choses de la politique. M. de Savoie ne fit rien sans la consulter. > Elle domina la cour de Savoie, dont le souverain était à ses pieds, dit Saint-Simon, avec des respects infinis comme devant une déesse.» Ce pouvoir et une certaine hauteur qui lui était naturelle lui attirèrent la haine. On tenta de l'empoisonner; M. de Savoie lui donna d'un contre- poison qui, heureusement, se trouva propre au poison qu'on lui avait donné. Elle guérit; sa beauté n'en souffrit pas, mais il lui en resta des incommodités fâcheuses.
A quelque temps de là, elle eut a surmonter une épreuve plus terrible encore ; elle fut atteinte de cette maladie si cruelle alors, la petite vérole. Toujours épris comme au premier jour, M. de Savoie ne la quitta point, la servit comme eût fait une garde-malade et continua à l'aimer, quoique l'impitoyable virus eût ôté à Jeanne de Luynes une grande partie des grâces de son visage.
Deux enfants étaient nés des amours de Jeanne et de M. de Savoie, une fille et un fils; tous deux furent reconnus par leur père et comblés de bien dès le berceau. Un jour, cette maîtresse adorée s'ennuya de l'amour, des richesses, de la puissance que son amant mettait à ses pieds; elle se trouva rassasiée, lasse et désira reprendre sa liberté. Elle écrivit à son frère, le chevalier de Luynes, qui servait dans la marine et se trouvait alors à Toulon, de venir la chercher.
Au jour indiqué, le chevalier de Luynes arriva. Quelques heures après, le frère et la sœur sortaient de Turin ; bientôt ils franchissaient la frontière de Savoie que l'exilée volontaire ne demiit plus repasser. Arrivée à Paris, Jeanne de Luynes alla frapper au couvent des feuillantines de la rue Sainl-Jucques. Mais celle qui, pendant près de quinze ans, avait été reine en Piémont, n'était point faite pour la vie du cloître, et bientôt elle sortit du couvent des feuillantines. Sa famille, aussi bien du côté des Luynes que du . côté des Chevreuse, avait d'abord refusé de la voir ; bientôlils accourent vers elle, et avec eux ils entraînent tout ce que Pans avait alors de beaux esprits et de haute noblesse. La cour tint à honneur d'être reçue chez elle, et Dubois, Fleury, le régent et le roi luimême lui faisaient leuroour. C'est que Mn»e de Verrue tenait grande maison, « faisoit grande chère, » dit Saint-Simon; spirituelle, instruite, elle avait fait de son hôtel un vrai n:usée tout peuplé de tableaux, d'antiquités, d'objets d'art; tous les ans, elle consacrait 100,000 livres à sa bibliothèque. On alla chez elle par curiosité. On y fui retenu par toutes les qualités brillantes et pleines de séduction dont elle était douée, « La régence qui commença sur ces entrefaites, dit P. de Musset, ayant relâché les mœur*, » on fit plus que d'oublier la jeunesse de Mme de Verrue ; on en parla comme d'une chose fort eu son honneur. Elle inventait chaque jour de nouveaux divertissements pour elle et ses intimes, et ce tourbillon dura jusqu'à sa mort. D'abord elle reçut plus d'épicuriens et de gourmands que de beaux esprits; cependant elle finit par épurer son monde et donna, dans ses dernières années, ues soupers aux poètes et aux philosophes, qu'elle protégea comme une souveraine. Elle fut, sous Le rapport, l'émule de M'»6 de Tencin, et, si elle n'eut pas le même esprit, elle leiupoita en générosité, à cause de sa grande fortune. L 'habitude des dissipations devint chez elle une seconde nature et elle ne songea qu'aux jouissances d'un luxe effréné. Elle fit taut iju'ou l'accabla de compliments et de madrigaux, et qu'on lui donna le surnom de UnutB de Volupté.
Eile-inêtue semblait heureuse ue cette renommée d'insouciance, d'etouruerie, de philosophie épicurienne, et voici l'epitaphe qu'elle s'était composée elle-même :
Ci-git dans une paix profonde Cette Dame de Volupté Qui, pour plus grande sûreté, Fit son paradis en ce monde.
La comtesse de Verrue mourut à Paris le
VERS
18 novembre 1736. Outre quatre enfants qu'elle avait eus de son mari (tué k la bataille d'Hochstœdt, en août 1704), elle eut de son amant un fils, Vietor-François-Philippe-Benolt, marquis de Su.se, mort sans alliance, et Victoire-Françoise, née le 9 février 1690, légitimée en 1701 et mariée, le 7 novembre 1714, avec le prince de Carignan, dont un des descendants directs, Charles-Albert, monta en 1831 suc le trône de Sardaigne.
VEBRULïE s. f. (vèr-ru-ll). Ornith. Genre d'oiseaux, de la famille des oolombidées.
VERBUQUEUX, EOSEadj. (vèr-ru-keu, eu- 2e — rad. verrue). Qui est de la nature des verrues : Tumeur VERRUQ.UKUSE.
— Hîst, nat. Dont la surface présente des verrues, dés excroissances en forme de verrues : Coquille verrcquëuse. Tige verru-
QUEUSK.
VERS prép. (vèr — lat. versus, mot qui signifie proprement tourné , et qui vient, comme le substantif versus, vers, de verlcre, tourner, de la racine sanscrite vart, même sens). Du côté de; dans la direction de ; k peu près à : VERS l'orient. Vgrs le nord. Se diriger vers la frontière. Tourner les yeux. vers te ciel.
— A peu près au temps ou k l'heure de : Vers midi. Vers le printemps. Vers le milieu du dernier siècle. Vers lu fin de l'Empire, tant le mande détestait te despotisme impérial. (Chuteaub.)
— Sert à indiquer un but, une direction morale : Le parti démocratique est seul en proijràs, parce qu'il marche viîrs le monde futur. (Chuteuub.) Le sage, pour faire monter ta foule jusqu'à lui, doit se pencher viiRS elle. (Viilemr)
VERS s. m. (vèr — du lat. versus; de veriece,' tourner, qui représente la racine sanscrite vart , même sens. Comparez, pour la liaison des idi-es entre vertere et versus, le grec strophe, vers, strophe, du verbe strepheiu, tourner). Assemblage de mots mesurés et cadencés selon certaines régies : VKRS grecs. Vers latins. Vers français, italiens, espagnols. Vers de douze, de dix syllabes. Vers badins. Vi;rs burlesques. Comédie, épiire, conte eu vers. Faire, composer des vers. Lire, réciter, déclamer des vers. Je ne suis qu'un atome, je ne suis rien, mais si je savais avoir fait un inauvais vers, j'irais tout à l'heure me pendre à la Grève. (Santeuil.) Quel supplice que d'entendre déclamer pompeusement un froid discours et prononcer de médiocres vurs avec toute l'emplrase d'un mauvais poéie! (La Biuy.) Les premières annales des peuples ont été écrites en vers. (Chateaub.) Le mensonge et les vers de tout temps sont amis.
La Fontaine.
On peut être honnête homme et faire mal des vers.
PiaoH.
Nul art n'a précédé l'art sublime des vers.
*■ Lebrun.
Un vers n'est jamais bfen quand il peut être mieux. C. Desmooljns.
— Talent poétique; poésie; manière -de faire des vers : Avoir le vers facile. Tourner bien le vers. Le vers, c'est te fard sur la joue de la pensée, la lumière sur le châssis peint, te complément de i'illusion scénique. (Th. Guut.)
— Vers libres. Vers de mesure inégale et à rimes mêlées. Il Vers blancs, Vers non rimes, dans le* lu lignes où la rime est en usage : Zei'vERs blancs sont nés de l'impuissance de vaincre la di/ficutte, (Volt.) || Vers appariés, Vers arabes dans lesquels la rime change de deux vers un deux vers. Il Grands vers, Vers alexandrins. Vers héroïques, V ers franchis de douze syllabes. Il Petits vers, Petites pièces de poésie sur des sujets légers. i( Vers politiques, Chez les Grecs modernes, Vers rimes de treize syllabes.
— Poôuq. Léman des vers, Passion qui entraîna k faire des vers :
C'est là que j'ai trouvé quelques amis bien chers, Possédés comme moi de ce démon des ver*