‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 15Chapitre 67 sur 1042 · THET · texte numérisé non relu

THET

salle du château. Durant l'Heptarchie, cette ville fut la capitale des Angles orientaux ; dans le xno siècle, elle avait un évêché, qui fut ensuite transféré à Norwich. Elle est surtout célèbre pour avoir possédé un grand nombre d'établissements religieux. On n'v comptait pas moins de vingt églises et de huit monastères.

THÉTHYE S. f. (té-tl). Zooph. V. TÉTHYE.

THÉTIDIE s. f. (té-ti-dt — de thëtis, et du gr. eidos, aspect). Entom. Genre d'insectes lépidoptères nocturnes, de la tribu des phalénides, dont l'espèce type habite l'Espagne et l'Algérie.

THÉTIS s. m. (té-tiss). Poétiq. Mer personnifiée :

Sous un nouveau Xerxès, Thétis croit voir encore Au travers de ses flots promener les forets.

J.-B. Rousseau.

— Astrott. Nom d'une planète télescopique.

— Moll. Genre de coquilles bivalves.

— Encycl. Astron. Thétis est la 17e des petites planètes qui circulent entre Mars et Jupiter. Découverte le 17 avril 1852 par Luther, elle offre l'apparence d'une étoile de îoe gran-. deur. Voici le tableau de ses principaux éléments :

Moyen mouvement diurne. . . 912"59

Durée de la révolution sidérale. 1,420.1,13

Distance moyenne au soleil. . 2,47

Excentricité 0,13

Longitude du périhélie. . . . 259°!2'44" Longitude moyenne de l'époque 214<>30'40"

Longitude du nœud ascendant. 125°25'55"

Inclinaison 5° Zb'ïi"

Epoque en temps moyen de

Paris 21 avril 1856

THÉTIS, divinité marine do la Grèce et la plus célèbre des Néréides, c'est-à-dire des filles de Nérée et de Doris. Elle épousa un simple mortel, Pelée, et fut mère d'Achille.

On a souvent confondu cette déesse (St-riç) avec TijOii;, Téthys, épouse de l'Océan, dont Thétis est quelquefois donnée comme la tille. Chez nos poëtes, Thétis est considérée comme la mer, et M™' Deshoulières dit dans ce sens qu'elle portera la gloire de Louis XIV des lieux où se lève

L'astre qui mesure

Les jours et les nuits...,

Jusqu'en ces climats

Où, sans doute las

D'éclairer le monde,

Il va chez Thétis

Rallumer dans l'onde

Ses feux amortis.

La même confusion a été faite dans le joli madrigal do Saint-Aulaire :

La divinité qui s'il muse A me demander mon secret.

Si j'étais Apollon, ne serait pas ma Muse ; Elle serait Thétis..., et le jour finirait. Mais l'erreur n'est pas aussi considérable qu'on pourrait le croire. Thétis est une personnification féminine de l'Océan, dont son père Nérée est une personnification masculine, tandisque Téthys est l'épouse de l'Océan et la mère des Océanides.

• A côté d'Amphitrtte et en tête des autres déesses marines se place, dans la mythologie homérique, dit M. Maury, Thétis, représentée comme habitant dans une grotte, au fond des mers. Cette circonstance a donné à penser qu'elle était une personnification des eaux mêmes. Car, dans la physique des premiers âges, on supposait que les eaux de l'Océan s'échappent, à la manière des eaux de source, d'une grotte ou cavité souterraine. De là peut-être l'étymologie de son nom (Oiu, sortir, courir); 1 épithète d'oAoïriSvï), qui lui est donnée, indique une personnification de la mer (ôiî), qui coule, (ûw) qui arrose. »

Thétis a pour compagnes les Néréides, dans lesquelles se personnifient le mouvement des vagues, leur couleur et leur aspect. Nérée, leur père, dont le nom reparaît sous la forme de Nélée, par le changement fréquent de r en l, comme celui de Naïades (qui n'est qu'une forme de Néréides, obtenue par la chute de la même lettre r), se rattache à un thème primitif qui signifie couler, et il est également une personnification des eaux; aussi le donne-t-on pour père à Thétis, à la place de l'Océan.

Thétis n'était pas une des déesses les moins vénérées chez les Grecs, peuple essentiellement maritime; elle était particulièrement honorée en Laeouie. Elle avait a Sparte un temple célèbre par une statue talistnanique qui était donnée comme son image. Ce temple avait été bâti par Anaxandre, roi de Lacédémone, dans une circonstance que fait connaître Pausanias. Anaxandre, dit cet auteur, faisant la guerre aux Messéniens révoltés, prit en Messénie quelques femmes, entre autres Cleo, prêtresse de Thétis, qui lui fut demandée par sa femme Léandris. Celleci, ayant trouvé entre les mains de la prisonnière une statue de bois représentant Thétis, porta, sous l'inspiration d'un songe, son mari k ériger un temple à cette déesse. La statue en bois de Thétis, ou plutôt sa statuette (c'était sans doute une de ces figurines que les dévots du paganisme portaient sur eux, comme ceux du christianisme leurs médailles bénites et leurs scapulaires), fut conservée pieusement dans un endroit secret du temple.

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Les alcyons, oiseaux amis des vagues dt> la mer, étaient consacrés à Thétis, dilectx Thetidi alcyones, dit Virgile. André Chénier s'est souvenu du vers de Virgile au début de son élégie de la Jeune Tarentine ; Pleurez, doux alcyons 1 O vous, oiseaux sacrés. Oiseaux chers a Thétis, doux alcyons, pleurez!

Thétis n'est donnée par Apollodore que comme la dixième des Néréides. Cependant le même auteur lui accorde une place à part lorsqu'il raconte que Vulcain, « tombé en Leranos et boiteux de cette chute, fut sauvé par Thétis. » D'elle, poursuit Passerat dans sa naïve traduction d' Apollodore, fut amoureux Jupiter et en jouit, après qu'elle se fut changée en mainte forme pour luy eschapper. Mais quand il aperçut qu'elle estoit grosse, il se hasta de l'engloutir a cause qu'elle disoit qu'après avoir eu une fille elle auroit un garçon qui seroit maistre et seigneur du ciel. Craignant que cela n'advint, il la dévora... » Telle aurait été l'origine de la naissance d'Athéné. Dans ce récit, où peut-être faudrait-il lire Thémis ou Métis au lieu de Thétis, la mère d'Athéné est identique avec la Titanide, fille de l'Océan, qui est aussi donnée comme la mère de Pallas Tritonia.

Apollodore raconte encore d'une autre façon l'issue des amours de Jupiter et de la Néréide : Pelée, dit-il, après avoir épousé Antigone, se maria encore à une autre ; « ce fut à Thétis, fille de Nérée, pour laquelle avoir en mariage Jupiter et Neptune jadis eurent débat ensemble. Néanmoins Jupiter ne poursuivit plus oultre quand il ouit ce qu'elle prophécisoit, à savoir que ce qui naistroit d'elle seroit plus fort et plus puissant que son père. Plusieurs disent que Jupiter estant sur le poinct de coucher avec elle fut averty par Prométhée que ce qui en naistroit devoit commander au ciel. D'autres maintiennent que ce fut Junon qui luy desconseilla de s'aoointer de Jupiter, qui par despit voulut qu'elle ne fust mariée qu'à un homme mortel. Pelée pria Chiron de luy enseigner le moyen de la prendre et contraindre de demeurer avec luy. Car pour s'eschapper elle se changeoit en diverses sortes, maintenant en feu, tantost en eau, puis en beste sauvage. Mais Pelée s'en estant une fois saisi ne la voulut jamais lascher qu'elle n'eust repris la première forme. Les dieux se trouvèrent k leurs noces, qui se firent sur le mont Pélion, et donnèrent chascun leur présent aux nouveaux mariés. Chiron donna à Pelée une lance de fresne; Neptune deux chevaux, Balius et Xanthus, qui estoient immortels; Vulcnin une espée, et les autres quelque autre chose. Thétis eut de Pelée un beau fils qu'elle désira rendre immortel. Et pour parvenir à son intention, de nuit, au desçu de son mary, elle le couvroit tout de feu, bruslant ce qui estoit en luy de mortel du costé de son père. Et de jour l'oignoit d'ambroisie. Peleus, qui espioit curieusement ce que fïiisoit sa femme, avisa son fils au milieu du feu et s'escria hautement. Adoncques Thétis, voyant qu'elle avoit failly à son entreprise, laissa là l'enfançonet s'en retourna avec les Néréides...»

Une tradition, dont le Seus historique est assez clair, voulait que, Lycurgue, fils de Dryas, roi d'un peuple qui habitait près du fleuve Stryinon, ayant chassé Baochusetenchaînè ses prêtresses, le dieu asiatique eût été contraint de s'enfuir vers Thétis, c'est-àdire par mer.

Thétis est elle-même représentée, ainsi que ses sœurs les autres Néréides, comme protectrice des Argonautes, grâce à la prière de Junon.

Lucien, dont l'ironie est universelle, n'a pas manqué de plaisanter sur l'inquiétude que Prométhée met au cceur de Jupiter à l'endroit de ses nmours projetés avec Thétis. D'après la version adoptée par le critique de Samosate, Jupiter, prévenu à temps des suites que doit entraîner sa passion, la réprime prudemment:

Prométhée. Si je te dis où tu vas en ce moment, te paraîtrai-je pour le reste uu prophète digne de foi?i

Jupiter. Pourquoi pas?

Prométhée. Tu vas trouver Thétis, pour coucher avec elle.

Jupiter. Tu as deviné ; mais que s'ensuivrat-il? Car il me semble que tu vas me dire la vérité.

Prométhée. Garde-toi bien, Jupiter, d'avoir commerce avec la Néréide ; si elle devient grosse de tes œuvres, son enfant te traitera comme tu as traité Saturne.

Jupiter. Tu veux dire qu'il me détrônera.

Prûjikthéis. Puisse cela ne jamais arriver, Jupiter I mais c'est l'issue qui menace tes amours avec elle.

Jupiter. Adieu donc, Thétis.

On sait avec quel Soin jaloux Thétis chercha à dérober son fils Achille au destin qui lui avait été prédit par un oracle s'il prenait part à la guerre de Troie. Achille, dans Ylphigême de Racine, rappelle ces préoccupations maternelles :

Pour qui, sourd à la voix d'une mère immortelle Et d'un père éperdu négligeant les avis, Vais-je chercher la mort tant prédite à leur fllsî

Elle le cacha en vain dans l'île de Scyros, sous le déguisement que l'on connaît. On peut voir dans Homère avec quelle tendre sollicitude elle veilla sur lui durant toute cette

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