‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 15Chapitre 662 sur 1042 · DÉSAUGIERS · texte numérisé non relu

DÉSAUGIERS

— Art vétér. Syn. de vertige, maladie du cheval.

— Moll. Genre de gastéropodes pulmonés, formé aux dépens des maillots, et comprenant plusieurs espèces répandues en Fiance.

— Syn. Vorilgo, boutade, caprice, etc. V. CAPRICE.

VERTOQUER v. a. ou tr. (vèr-to-ké). Réparer, en parlant d'un tonneau.

VERTOT (René Aubert, abbé de), historien, né au château de Bennetot (pays de Cauxjen 1655, mort en 1735. Ilembrassala vie religieuse, malgré l'opposition de sa famille, et fut successivement capucin sous le nom de frère Zacbnrie, chanoine régulier de Prémontré, mathurin, membre de l'ordre de Cluny ; puis, fatigué de la vie du cloître, dont les austérités avaient affaibli sa santé, il embrassa l'état ecclésiastique et devint curé de Croissy-la-Garenne, près de Marly. Ces divers changements furent appelés dans le monde, les «révolutions de l'abbé deVertot,» par une allusion plaisante aux titres de la plupart de ses ouvrages. Dans les loisirs de la modeste position qu'il occupait, il se livra à l'étude des lettres, fut encouragé par Fontenelle et l'abbé de Saint- Pierre dans s<m dessein d'écrire i'iiistoire, et publia en 1680 son Histoire des résolutions de Portugal, qui eut un succès considérable. Mme de Sévigné en fit le plus bel éloge; le Père Bouhours, le critique le plus accrédité du temps, assurait qu'il ne connaissait pas en français un plus beau style ; Bossuet disait; « C'est une plume taillée pour écrire la vie de Turenne. » Mais Vertot, loin de chercher le bruit et l'enivrement des succès, ne songeait' qu'à s'éloigner davantage de la capitale et obtint une cure près de Rouen, où il trouva, avec un revenu plus considérable, le calme nécessaire à ses études. Son Histoire des révolutions de Suède (1696) eut un succès plus éclatant encore. Cinq éditions parurent coup sur coup, et les principales langues de l'Europe en donnèrent des traductions. Nommé membre de l'Académie des inscriptions en 1701, il vint se fixer a Paris deux ans plus tard, donna un certain nombre de dissertations et fit paraître en 1710 son Traité de la mouvance de Bretagne, où il combattait avec une grande vivacité les prétentions d'indépendance de cette province. Ce fut à cette occasion qu'il eut avec l'illustre Fréret une querelle scientifique et qu'il ne craignit pas de dénoncer à l'autorité les opinions de son adversaire, qui fut mis à la Bastille, Mais son œuvre favorite, celle à laquelle il travaillait avec le plus de passion, est l'Histoire des révolutions de la république romaine (1719), livre écrit avec un grand talent de narration, un style élégant et rapide, mais qui manque de critique et de vues philosophiques. Acceptant la Rome primitive telle que l'avaient faite les légendes épiques, les traditions et même les récits des historiens, il ne chercha pas à démêler la vérité au milieu des fictions de la poésie. Ces fictions plaisaient d'ailleurs à sa vive imagination ; il aimait k raconter et à peindre ; l'histoire lui apparaissait sous son aspect dramatique, et c'est avec raison qu'on a dit qu'il écrivait les révolutions de Rome comme Corneille composait ses tragédies. On ne trouve pas non plus dans ces récits tout littéraires ce qu'on nomme la couleur locale, e'est-k-dire le véritable aspect des temps, des lieux et des personnages. Mœurs, sentiments, caractères, tout prend sous la plume élégante de l'auteur une physionomie moderne et surtout française. Ces imperfections étaient, au reste, communes à tous les historiens de l'époque. Quoi qu'il en soit, cet ouvrage excita un véritable enthousiasma dans le monde des lettres ; les savants et les plus grands personnages français et étrangers félicitèrent l'abbé de Vertot, et le

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due d'Orléans le nomma secrétaire des commandements de la duchesse, son épouse. Cependant, quels que soient les éloges que l'on ait donnés à Vertot, on est forcé de reconnaître qu'il est plus écrivuin qu'historien ; le scrupuleux détail des événements lui importait moins que leur effet dramatique, et il en donna un jour la preuve par une réponse qui est restée célèbre. Ayant été chargé d'écrire YHistoire de l'ordre de Malte, qui parut en 1719, i! écrivit k un chevalier pour lui demander des renseignements précis sur le fameux siège de Rhodes. Ces renseignements se faisant attendre, Vertot n'en continua pas moins son travail, qui êtuit fini lorsque les documents arrivèrent. La conscience de l'écrivain ne se trouva nullement gênée par la divergence qui pouvait exister entre son récit et la vérité, et il répondit à sou correspondant : • J'en suis fâché, mais mon siège est fait. » (V. siège.) Ainsi le bon abbé appliquait à l'histoire le précepte de Quintihen : Scribitur ad narrandum, non ad probandum ; il écrivit pour intéresser, et non pour instruire. C'était aussi quelquefois l'opinion de Voltaire, qui répondit un jour au reproche qu'on lui faisait d'avoir falsifié un fait historique : (Oui, sans doute; mais avouez que c'est beaucoup mieux comme cela. >

VERTOC, bourg de France (Loire-Inférieure), ch.-I. de cant., arrond. et à 9 kilom. S.-E. de Nantes, sur une éminence dominant la Sèvre ; pop. aggl., 795 hab. — pop. tôt., S,588 hab. Elevé de bestiaux, salaisons et fabrication de conserves alimentaires. L'église paroissiale possède une riche façade; le choeur et l'ancienne croisée du transsept datent du xie siècle.

VEHTPHÉ (Jenny), dame Carmouchb, actrice française, née à Bordeaux en 1797, morte à Paris en 1865. Elle parut dès l'âge de cinq ans sur l'un des théâtres de sa ville natale, auquel son oncle était attaché comme maître de ballet. Amenée deux ans après à Paris, elle apprit à chanter les couplets de Brazier et de Désaugiers, puis elle s'essaya au théâtre des Capucines, témoin des débuts précoces de Virginie Déjazet et de Verngt, et situé sur l'emplacement de l'ancien couvent des religieuses de ce nom. De ce théâtre, qui a disparu depuis pour faire place à la rue de la Paix, la petite actrice vint figurer dans les rôles d'enfant au Vaudeville de la rue de Chartres, où Vertpré, son père adoptif, se faisait alors remarquer. Elle y créa notamment un rôle de rosière dans la Petite gouvernante, vaudeville de Moreau et Gentil. Elle parut aussi au théâtre des Jeunes-Artistes, situé sur le boulevard Saint-Martin, à l'angle de la ruedeLancry ; elle sauva même la vie k ce petit théâtre. Plusieurs petites scènes 's'étaient trouvées un beau jour frappées de mort par décret impérial. Celle où déjà se faisait applaudir la petite Jenny se vit menacée. Bien avisé, son directeur habilla l'enfant en Amour, lut mit un placet dans la main et la dirigea vers la Malmaison, où Napoléon se trouvait alors. La petite ambassadrice revint k Pari3 toute barbouillée de confitures et munie de l'autorisation que sollicitait le directeur. Jenny Vertpré suivit plus tard une troupe qui alla donner des représentations en Russie. Pendant la retraite de Moscou, elle se vit séparée de ses compagnons. Recueillie par un général, elle fut ramenée en France dans un fourgon d'artillerie, en compagnie de vivandières blessées, A Paris, elle retrouva son père adoptif, dont elle prit le nom de guerre (son nom véritable était Botte, ainsi qu'on le verra ci-après). Ce nom de Vertpré, qu'elle n'a plus quitté au théâtre, devint rapidement célèbre. Engagée k la Porte-Saini-Martin, elle y eut, selon l'expression de M. Auguste Villemot, « le dernier sourire de la grande armée, avant "Waterloo. » Ce fut pendant les Cent-Jours qu'elle créa sur ce théâtre lo rôle de la servante de Palaiseau dans la Pie voleuse, mélodrame de Caignez et Daubigny, qui a fait verser en ce temps-là à nos mères « toutes les larmes que leur avaient laissées les malheurs de la France. » Moëssard, cet acteur k qui f Académie a décerné autrefois un prix Montyon, Moessurd, l'historiographe de la Porte-Saint-Martin, racontait que, le jour de la seconde entrée des alliés, la Pie voleuse était affichée. Il y eut udo recette de 1,800 francs, et, l'heure du spectacle sonnée, ou ferma soigneusement les portes du théâtre, afin que le bruit des canons, roulant sur le pavé des boulevards, ne troublât pas cette petite fête. ■ Cette anecdote m'a beaucoup frappé, dit M. Villemot; elle ne fait certes pas honneur k notre patriotisme, et je serais heureux de rencontrer un contradicteur, d'autant mieux que je renvoie au vertueux Moëssard la responsabilité de la légende. » Le spirituel • feuilletoniste du Temps avait tort d'émettre un doute ; las registres de la Comédie Française, portent k la uate du dimanche 9 juillet, que Louis XVIII est rentré à Paris ce jour-là, entre quatre et cinq heures du soir, ■ au milieu d'une foule immense et des plus vifs applaudissements,* et que le Théâtre-Français donna le Vieux célibataire et le Barbier de Séville, et fit 1,456 fr. 91 de recette. Après lit Pie voleuse vinrent les Petites DanaXdes, de Désaugiers et Gentil, où Jenny Vertpré joua le rôle de l'Amour, k côté de Potier, qui venait d'immortaliser lu création du Père Sournois. Citons

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encore la Créole, la Servante justifiée, le Chaperon rouge, le Petit Jehan de Saintrë, YAnneau de la reine Berthe, et enfin Biquet à la houppe, pièces dont le succès revient en grande partie à son gracieux talent et à sa gentillesse. On se ferait difficilement, aujourd'hui, une idée de la vogue étonnante dont jouissait alors Jenny Vertpré, ou plutôt la petite Jenny, comme on l'appelait assez ordinairement. Il faudrait se reporter aux journaux et aux almanachs du temps qui n'ont de phrases aimables que pour elle. Sa taille exiguë la faisait comparer à une miniature ; elle était un objet d'art ni plus ni moins, quand elle n'était pas ■ une petite fée pétrie de la main des Grâces, si jolie qu'il semble qu'elle dédaigne d'être belle. » C est ainsi que fêtée, adulée et adorée, elle prit des années sans grandir et passa un beau jour aux Variétés. La Chercheuse d'esprit, Sans tambour ni trompette, mais surtout Ninetle à la Cour placèrent la jeune actrice au premier rang et la mirent définitivement à la mode. Les critiques parlant d'elle avaient adopté cette définition : « C'est MUo Mars, vue par le gros bout de la lorgnette. » Bientôt même on ne l'appela que « la petite Mars des Panoramas,» et plus tard «la Mars du Vaudeville. » La Fille mal gardée, la Vieille de seize ans et la Neige comptent encore parmi ses triomphes de cette époque. Cette dernière pièce ne lui fournit pas seulement une jolie création, elle lui valut un mari. En effet, le spirituel Carmouche, le second des deux auteurs de la Neige, l'épousa en 182*. Déjà les écrivains dramatiques en vogue travaillaient à son intention, lorsque Scribe jeta les yeux sur elle ; lié par traité avec ie Gymnase, il ne lui était pas permis de produire pour d'autres scènes; sur ses instances, la nouvelle idole du public fut enlevée des Variétés et attachée au Gymnase, où elle devint la rivale de Léontine Fay et une des interprètes favorites de l'auteur de la Camaraderie. Elle y créa Mme Pinchon du Mariage impossible, Pauline, la Lune de miel, la Marraine, la Demoiselle à marier, la Chatte métamorphosée en femme, les Premières amours, et brilla surtout dans le Mariage de raison.

Jenny Vertpré, par un caprice inexpliqué, alla prendre à Londres la direction du théâtre de Saint-James. Déjà, pendant ses congés annuels, la comédienne avait conquis de nombreuses sympathies à Berlin, en Hollande et en Belgique, mais rien n'approchait de l'enthousiasme qu'excitait sa personne en Angleterre ; aussi la nouvelle directrice ne pouvait manquer de réussir de nouveau, celte fois-ci derrière la toile. D'incomparables artistes, la Malibran en tête, s'empressèrent de lui prêter leur concours. Le spleen la prit, et, en 1837, Dumanoir, qui, venait de prendre la direction des Variétés, la rappela à ce théâtre. Elle y fit sa rentrée par le rôle du chevalier d'Eon, reprit quelques-unes de ses meilleures créations et compta un assez beau succès encore, la Dame de la halle. Mais déjà, de loin en loin, le feuilleton lui adressait quelques critiques ; elle vieillissait, et de nouvelles étoiles apparaissaient au ciel dramatique. La comédienne, si pétulante et si vive naguère , souffrait d'une affreuse maladie, un cancer, qui nécessitait de fréquentes et douloureuses opérations. Parfois, en scène, sa lèvre, prête à lancer un trait, s';irrêtait crispée ; ses yeux, au lieu d'un joyeux éclair, répandaient des larmes silencieuses. Même dans ses plus beaux jours, elle avait été souffreteuse; niais, à la voir si séduisante, si spirituelle et si folle avec son bonnet et son tablier de grisette, si étourdie et si impertinente, on l'admirait, on l'applaudissait. Un jour pourtant, elle partit et la foule n'entendit plus parler d'elle. Une seule fois elle reparut en public; c'était au mois d'octobre 1844, à Morsangsur-Seine, dans une représentation donnée au profit des pauvres. Mlle Dupont, l'ex-soubrette de, la Comédie-Eraneaise, et Raehol étaient cette fois-là au nombre des acteurs.

Retirée à Passy depuis quelques années, Jenny Vertpré s'y livrait aux pratiques d'une dévotion minutieuse et dépensait une partie de su fortune pour les pauvres. Villemot, qui avait applaudi Jenny Vertpré dans ses beaux jours, la revit à Versailles, traînée dans une petite voiture à bras, et, pensant à son rôle d'Amour dans les Petites Bauaïdes, « l'Amour des Petites Danaïdes, dit-il, est mort aux bras de la religion. Voilà ce que j'appelle des contrastes. Ce petit être joli, espiègle, spirituel, qui s'agite sur des planches en chantant tout ce que lui souffle le diable ; puis, cette femme vieillie, épouvantée de ce qui a été le charme de sa vie, croyant voir sa robe de comédienne flamber aux flammes de l'enfer, et finalement demandant pardon à son curé d'avoir été belle et aimée 1 Heureusement, ce repentir des jolies femmes leur vient toujours sur le tard et n'en corrige pas les jeunes. » — L'acteur Vertpré, père adoptif de Jenny Vertpré, le même dont nous parlions plus haut, se faisait remarquer au Vaudeville par sa distinction dans les premières années de ce siècle. Les rôles nobles, les personnages historiques représentés par lui acquéraient une réalité parfaite pour le spectateur. Pourtant, il lui avait fallu du travail et de la persévérance pour vaincre la nature et la rendre docile à ses efforts. De l'esprit, de l'intelligence et une grande habi-

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tude de la scène, telles sont les principales qualités que lui reconnaissent les recueilset journaux contemporains. Une particularité du talent de ce comédien, c'est qu'il avait combattu l'invraisemblance du chant en parlant, pour ainsi dire, le couplet et ne lui laissant de la musique que le strict nécessaire. Vertpré, dont le nom était Botte, avait été précepteur au collège de l'abbé Dubois, où M. Charles Maurice, qui nous fournit cette anecdote, étudiait en 1790, à Ménilinontant. Le jour de sa présentation aux élèves, il leur proposa de deviner son nom ; l'un d'eux répondit : « Pantoufle. — Vous n'en êtes pas si loin que vous croyez, » répliqua-t-il, et il se déclina. Vertpré est devenu fou en scène, en jouant un vaudeville intitulé Fontenelle.

VERTRON (Claude-Charles Guyonnst de), littérateur français, né vers le milieu du xvue siècle, mort à Paris en 1715. Destiné à la magistrature, il acheta une place d'avocat général au parlement de Metz, qu'il fut obligé d'abandonner, ne pouvant exécuter les conditions du marché. 11 vécut alors en véritable galantin , courtisant les dames, hantant les salons. Il nous apprend qu'il dansait i joliment, » jouait du luth et pouvait causer en plusieurs langues. Protégé par le duc de Saint-Aignan, il fut membre des Académies d'Arles et de Nîmes, de celle des Bicovrati de Padoue, etc., et devint même historiographe de Louis XIV. On a de cet écrivain : Parallèle de Louis le Grand avec les princes gui ont été nommés grands (Paris, 1685, in-12); réédité, cet ouvrage reparut en 1686 soùs le titre de Nouveau Panthéon ; la Nouvelle Pandore ou les Femmes illustres du règne de Louis le Grand (Paris, 1698, 2 vol. in-12), réédité en 1701, sous le titre de Recueil de pièces académiques en prose et en vers des personnes illustres du règne de Louis te Grand, et en 1721 sous celui de : les Femmes illustres du règne de Louis le Grand; Prières et affections pour servir d'exercice pendant la sainte messe, etc. (Paris, 1728, in-12, fig.).

VERTU s, f. (vèr-tu — lat. virtus, proprement valeur guerrière; de vir, homme courageux). Disposition de l'âme qui éloigne du mal moral : La vertu est qualité plaisante et guye. (Montaigne.) La vertu est une habitude de vivre selon la raison. (Boss.) Les premiers jours du printemps ont moins de grâce que la vertu naissante d'un jeune homme. (Vauven.) Il n'y a point de vertu sans force, et le chemin du vice est la lâcheté. U.-J. Rouss.) La vertu peut se définir l'équilibre des affections. (Proudh.) La vertu est si difficile que nous l'avons appelée ta vertu, c'està-dire la force par excellence. (Lacordaire.) Beaucoup croient que la vertu consiste à être sévère pour les autres. (A. Karr.) La solide vertu n'admet pas de faiblesse.

Corneille.

La vertu sans argent est un meuble inutile.

Boileau.

11 faut de par le monde une vertu traitable.

Molière, N'affectez point les éclats D'une vertu trop austère ; . La sagesse atrabilaire

Nous irrite et n'instruit pas ; C'est à la vertu de pliure ; Le vice a bien moins d'appas,

Voltaire.

n Les poSt.es personnifient souvent la vertu :

Hercule, fatigué de sa tâche éternelle, S'assit un jour, dit-on, entre un double chemin. Il vit la Volupté qui lui tendait la main : 11 Buivit la Vertu, qui lui sembla plus belle. A. de Musset.

— Personnes vertueuses" : La vertu sait se passer d'admiration. (La Bruy.) L'austérité est le faste de la vertu. (M™» Riccoboni.)

La vertu se contente et vit & peu de frais.

Boileau.

La vertu dans les fers est toujours la vertu.

Gresset.

— Disposition particulière à un genre de devoirs, de bonnes actions: Vertus guerrières. Vertus civiles. Vertus privées. Ce n'est pas une de mes vertus. Les vertus d'éclat ne sont pas le partage des femmes, mais bien les vertus simples et paisibles. (Mme de Lambert.) L'amour du travail est la vertu de l'homme en société. (Mme Roland.)

L'estime et le respect sont de justes tributs Qu'aux plus fiers ennemis arrachent les vertus.

.Corneille.

Le silence est l'esprit des sots,

Et l'une des vertus du sage.

iBONNARD.

— Pudicité, chasteté des femmes : Au milieu d'une société corrompue, elle a su conserver sa vertu. Une femme coupable peut encore aimer ta vertu, mais il ne lui est plus permis de la prêcher. (M">e de Staël.) Combien certains maris payent cher la vertu que leurs femmes veulent bien garder t (Chassuy.) Le plus sûr moyen pour une femme de garder sa vertu, c'est de ne pas trop s'y fier. (E. Alletz.)

— Propriété, qualité, aptitude, efficacité : Les vertus des plantes. La vertu d'un êlixir, d'un baume. Le théâtre a une grande vertu pour la correction. (Mol.) Le lait a la vertu d'entretenir à lui seul la formation du sang

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pendant toute une période de la vie. (L. Cruveilhier.)

— Dragon de vertu, Femme qui affecte une vertu farouche :

Ces dragons de vertu, ces honnêtes diablesses Se retranchent toujours sur leurs sages prouesses.

Molière.

— N'avoir ni force ni vertu, Se dit d'un homme sans caractère, sans énergie.

— Faire de nécessité vertu, Se résoudre à faire de bonne grâce une chose qui est désagréable, pénible.

— Vertu de ma viet Sorte d'exclamation populaire.

— Prix de vertu. V. Montyon.

— Prov. Face d'homme porte vertu, La présence d'un homme est utile dans les affaires où il est intéressé.

— Hist. relig. Ordre desdames esclaves delà vertu. V. Dames... (ordre des) [t. VI, p. 44j.

— Théol. Vertus chrétiennes, Celles qui portent à pratiquer les devoirs de lu vie chrétienne, il Vertus intellectuelles, Celles qui perfectionnent le jugement pour la connaissance de la vérité religieuse. Il Vertus cardinales, Celles qui sont considérées comme le fondement de toutes tes autres ; ce sont : la prudence, la force, la tempérance et la justice. Il Vertus théologales, Celles qui ont Dieu

pour objet immédiat et qui sont : la foi, l'espérance et la charité,

— Ecrit, sainte. Les Vertus, Le cinquième chœur des anges, dans la hiérarchie céleste.

— Alchim. Vertu céleste, Chaleur naturelle ou feu interne de la matière.

— Jeux. Nom donné, pendant la Révolution, par certains fabricants de cartes, aux figures qui remplaçaient les dames et qui représentaient des vertus, telles que la justice, ia prudence, la force, la tempérance, l'union, etc.: Quatorze de vertus. Avoir une tierce, une quinte à la vertu de cœur.

— Loc. prép. En vertu de, En conséquence ; à cause du droit, du pouvoir de; par l'effet de : En vertu de telle loi. En vertu D'un arrêt, D'un jugement. Nul être intelligent ne peut aimer le mai naturellement ou en vertu de son essence. (J. de Maistre.) Bien ne se produit en vertu de rien, (proudh.)

— Syn. Vertu, Itoun&ieté, honneur, etc.

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