CRÉPITANT
— Bot. Se dit des petites cavités, en forme de vésicule, dans lesquelles s'amassent des liquides spéciaux.
— s. m. Zooph. Genre de polypiers bryozoaires, type de la famille des vesiculariens.
— Encycl, Phys. Etat vësiculaire. V. spbéroïdal,
VÉSICULARIEN, IENNE adj. (vé-zi-ku-lari-ain, i-è-ne — rad. vësiculaire). Zooph. Qui ressemble ou qui se rapporte au genre vësiculaire.
— s. m. pi. Famille de polypes bryozoaires, ayant pour type le genre vésiculairé.
VÉSICULATION s. f. (vé-zi-ku-ia-si-on — rad. vésicule). Production de vésicules.
VÉSICULE s. f. (vé-zi-ku-le — lat. vesicula, dimin. de vesica, vessie). Anat. Sac membraneux semblable à une petite vessie : Vésicule du fiel. Vésicule ombilicale. Vésicules séminales. Vésicules ovariennes ou vésicules de Graaf. n Vésicule blaslodermique, Blastoderme. Il Vésicule pulmonaire , Dilatation de l'extrémité des canalicules respiratoires. || Vésicules de JVaboik, Follicules du col de la matrice, qui sont dilatés en forme de petits kystes.
— Ichthyol. Vésicule aérienne, Vessie natatoire des poissons.
— Bot. Cavité close, il Renflement plein d'air, qui, dans les plantes aquatiques, forme une sorte de vessie natatoire.
— Encycl. Anat. Vésicules de Graaf. Les vésicules de Graaf ou vésicules ovariennes sont de petits corps sphériques contenus dans l'ovaire de la femme et renfermant un ovule dans leur intérieur. Ces vésicules ont un volume très-variable, qui correspond aux diverses périodes de leur évolution. On en trouve dans lu profondeur de l'ovaire qui n'ont que 0m,001 ou 0^,002 de diamètre; d'autres, au contraire, ayant acquis un certain développement, viennent faire Saillie à la surface de 1 ovaire, dont elles soulèvent les tuniques ; ellei ont jusqu'à û™,01 de diamètre et peuvent même acquérir le volume d'un œuf de pigeon. Les vésicules de Graaf présentent ù considérer une partie enveloppante ou coquille et un contenu ou noyau. La coquille se compose ; 1° de parties étrangères à la vésicule et qui appartiennent à l'ovaire même, parties qua la vésicule distend à l'é-
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poque des règles et dont elle se forme une espèce de tégument; 2° d'une capsule propre à la vésicule et qui se divise en deux couches, l'une externe et l'autre interne. La couche externe est mince, transparente, rétractile, résistante, élastique, peu vasculaire; la couche interne est plus épaisse, plus opaque, plus molle, non rétractile et très-riche en vaisseaux capillaires. Sa surface interne est tapissée par un épithélium pavimenteux, dont les cellules se juxtaposent et s'unissent de manière à former, en s'appliquant contre la face interne de la capsule, une couche continue, délicate, qu'on a improprement appelée membrane granuleuse. C'est dans un point limité de cette membrane, point toujours dirigé du côté de la surface libre de l'ovaire, que viennent s'accumuler un grand nombre de cellules, de manière à former une espèce de noyau, nommé cumulus proligère, au centre duquel se trouve l'ovule. Le reste de la cavité vésiculairé est rempli par un liquide jaunâtre, albuminoïde, coagulable par la chaleur et l'alcool, et au sein duquel nagent des granulations et des gouttelettes graisseuses. Les vésicules de Graaf, à peine visibles chez les toutes jeunes tilles, acquièrent un développement considérable à l'époque de la puberté. Jusque-là cachées au centre du stroma, elles n'étaient pour ainsi dire qu'une partie constituante de l'ovaire. A partir de cette époque, on en voit quelques-unes, quinze ou vingt environ, qui semblent plus volumineuses que les autres. Elles grossissent peu à peu et se rapprochent de la surface extérieure de l'ovaire. Bientôt, au moment où la jeune fille devient nubile, il en est une qui semble acquérir un surcroît de vitalité. Elle slhypertrophie et forme à la surface de l'ovaire une saillie qui devient de plus en pjus considérable; elle atteint Je volume d'une cerise et même d'une noix. Ce développement considérable est dû à. une sécrétion surabondante du liquide intérieur qui distend de plus en plus les parois de la vésicule, A mesure que ce développement fait des progrès, les enveloppes vésiculaires s'amincissent, deviennent transparentes et offrent une résistance de moins en moins grande. Arrivée au terme de son accroissement, la capsule ovarienne, sous l'influence d'une surexcitation provoquée parle rapprochement des sexes ou la maturité de l'œuf, se rompt tout à coup et laisse échapper l'ovule qui entraîne avec lui, dans la trompe de Fallope, la masse du cumulus proligère dont il est entouré. En même temps a lieu une petite hémorragie avec l'écoulement du liquide renfermé dans la vésicule. Un second travail s'opère encore dans les organes génitaux, et l'ensemble de ces phénomènes donne lieu à. la menstruation (v. ce mot). L'ovule, une fois sorti de la vésicule, s'achemine lentement vers l'utérus, où il se développe s'il est fécondé. Dans le cas contraire, il est expulsé au dehors. Après la rupture d'une vésicule, les parois se rétractent; il se forme une cicatrisation lente pendant laquelle on aperçoit, sur le point de l'ovaire qu'elle occupait, une petite masse à laquelle on a donné le nom de corps jaune. — Bot. On emploie souvent ce mot, en botanique, pour désigner certaines cavités closes ou organes creux, de natures très-diverses; c'est alors simplement un diminutif de vessie et un synonyme plus ou moins exact de lacune. De Candolle a cherché à préciser la signification un peu vague de ce terme en l'appliquant aux renflements remplis d'air que présentent certaines plantes aquatiques et qui constituent pour elles des sortes de vessies natatoires, propres à les soutenir sur l'eau, comme on l'observe dans les frondes de quelques varechs ou dans les pétioles de la inacre. Il oppose ainsi les vésicules, qui se forment sur les organes foliacés, aux ampoules que présentent les racines ou les organes souterrains.
VÉSICULEUX, EUSE adj. (vé-zi-ku-leu, eu-ze — rad. vésicule). Hist. nat. Qui est reuilé à la manière d'une vessie, d'une vésicule.
— s. m. pi. Entom. Tribu d'insectes diptères, de la famille des lanystomes, comprenant les genres panops, ogcode, etc.
VÉSICULIFÊRE adj. (vé-zi-ku-li-fè-re — de vésicule, et du lat. fera, je porte). Hist. nat. Qui porte ou contient des vésicules.
— s. f. Bot. Syn. d'ŒDOGONiE, genre d'algues.
VÉSICULIFORME adj. (vé-zi-ku-li-for-me — de vésicule, et de forme). Hist. nat. Qui a la forme d'une vessie.
VÉSIGAs. f. (vé-zi-ga). Art culin. Mets très-recherché des Russes et qui se compose principalement de l'épine dorsale d'une espèce d'esturgeon,
VÉSIN (Marie-François-Emile), homme politique français, né à ùLpnrepos (Aveyron) en 1803. Procureur du roi à Rodez en 184S, il donna sa démission après les événements de Février. On ne voulut pas l'accepter, mais la violence des attaques de Vèsin contre le gouvernement provisoire le fit révoquer peu après. 11 posa alors Sa candidature a la Constituante, fut élu le second sur dix, et fit dans cette assemblée une opposition opiniâtre aux hommes et aux institutions de Février. Il soutint le gouvernement présidentiel, fut réélu à l'Assemblée législative (1S49) et y persista dans la même ligue de conduite qu'a
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la Constituante; mais il désapprouva la politique de l'Elysée et, après le coup d'Etat du 2 décembre, rentra dans la vie privée.
VÉSINE s. f. (vé-zi-ne). Vent du sud-ouest qui règne dans la vallée de l'Aigues, affluent du Rhône.
VÉSINET (le), village du département de Seine-et-Oise, à 4 kilom. de Saint-Germain, érijfé en commune en IS75; 1,500 hab. Le Vésinet, quoique né d'hier, a son histoire et même sa légende. Le bois du Vésinet, Vesim'olum, reste de la forêt d'Iveline, qui couvrait jadis la plus grande partie de l'Ile-de- France, s'appelait jadis le bois de la Trahison. Etienne Pasquier, vieil écrivain du xvie siècle, nous apprend qu'il existait alors sous ses ombrages une mare traversée par un chemin passant. Lorsqu'on jetait dans l'eau une branche d'arbre prise à gauche, elle s'enfonçait; si on répétait la même expérience à droite, la branche surnageait. Un autre écrivain, André Duchesne, rappelle la même légende et y joint une explication au moins plausible de ce nom de bois de la Trahison, aux allures funèbres : « A une lieue de Saint-Germain, tirant vers la ville de Paris, dit-il, se voit un bois taillis au milieu duquel y a un chemin passant, dont d'im côtà prenez une branche, elle flottera sur l'eau, ainsi que tout autre bois; de l'autre, prenez une autre branche, elle ira au-dessous de l'eau comme une pierre, et l'appelle le commun peuple pour cette cause le bois de la Trahison, disant que pour une trahison qui avoit été autrefois commise Dieu l'avoit voulu châtier de cette façon. Quelques historiens tiennent que ce fut de ce Ganelon qui trahit la maison des Ardennes, les pairs de France et les plus belliqueux capitaines de Charlemagne. Et voit-on encore dans ce bois une grande table de pierre, sur laquelle ils content que fut conçue et formée l'infortune de cette journée tant mémorable de Roncevaux. • Il va sans dire que cette légende n'a d'autre importance historique que celle d'une hypothèse que rien ne justifie et qu'on chercherait vainement trace aujourd'hui dans le bois du Vésinet de la fameuse tuble de marbre. Ce qui est certain, c'est que Le Vésinet eut longtemps la réputation la plus désastreuse ; jusqu'au xvmo siècle, c'était un terrain d'un difficile passage, où les voyageurs couraient risque de leur-bourse et même de leur vie. En 1688 notamment, MM, de Fieubet, conseiller au parlement de Paris, et de Courtin, ancien ambassadeur, y furent complètement dévalisés. Le Vésinet était cependant le domaine, ainsi que Le Peiq, d'une sainte maison, l'abbaye de Saint- Wandrille. Son bois, alors considérable , aujourd'hui presque entièrement défriché, fut plus d'une fois parcouru par la chasse du grand roi, ainsi que l'établit ce passage du Journal de Dangeau : « Le 24 avril 1693, le roi alla à la volerie dans la plaine du Vésinet. Le roi d'Angleterre et le prince de Galles y étaient, mais la reine d'Angleterre n'y vint point; elle était indisposée depuis quelques jours. Madame et Mme la duchesse y étaient achevai. On prit un milan noir, et le roi ht expédier une ordonnance de 600 livres pour le chef du vol. Il en donne autant tous les ans au premier milan qu'on prend devant lui; autrefois, il donnait le cheval sur lequel il était monté et sa robe de chambre. •
Le bois du Vésinet vit aussi, vers la même époque, un promeneur presque quotidien dans le célèbre abbé de Vertot, qui était curé du- Croissy et aimait à se recueillir dans le bois du Vésinet; c'est là qu'il élabora le plan de son Histoire de la conjuration de Portugal. Au xvma siècle. Le Vésinet devint peu U peu un centre habile ; le cardinal de Noailles y ordonna d'importants défrichements et y Ht construire une chapelle ; mais à la suite d une querelle naissante entre les cures voisines du Pecq et de Chatou, a qui posséderait le nouveau hameau, il fut décidé, en 1726, que Le.Vésinet dépendrait delà paroisse du Pecq. Le Vésinet traversa alors une longue période d'années sans offrir d'autre épisode marquant que l'assassinat du banquier Pinet, caissier générai de cette terrible et coupable association secrète, dite le Pacte de famine. Pinet fut assassiné dans le bois du Vésinet, suivant toute apparence, par des complices intéressés à sa perte, car le plus profond mystère n'a cessé de planer sur cette sanglante aventure.
La fondation, en 1855, de l'asile du Vésinet appela rapidement sur cette localité l'attention des spéculateurs, qui songèrent ày établir une colonie. Sous la direction d'une compagnie iinancière formée en 1S56, de nouveaux défrichements eurent lieu, d'élégantes villas s'élevèrent, et aujourd'hui ces villas, multipliées, agglomérées, ont fini par former un village véritable dont l'importance ne fera que s'accroître. L'asile une fois constitué, c'est par vote d'échange que la compagnie obtint oe l'Etat la cession de ce qui restait du bois primitif. « Aujourd'hui, dit un écrivain spécial, le bois du Vésinet mesure 450 hectares ; il a été partagé en parcs se reliant les uns aux autres par 50 kilomètres de routes carrossables, circulaires, sinueuses, aux combes accidentées et gracieuses, par des ponts rustiques posés sur de larges rivières, sur la panie étroite des lacs, et servant à rattacher entre elles de belles lies et de riantes oasis. La partie de
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terrain consacrée aux routes, esplanades, pelouses, lacs et rivières, s'élève k 120 hectares. La canalisation se développe sur 50 kilomètres de parcours. Deux machines hydrauliques, de la force de 60 chevaux chacune, ont été bâties en face de Port-Marly, sur les rives de la Seine, pour le besoin des prises d'eau. Elles fournissent environ 8,000 mètres cubes d'eau par jour, pendant quinze heures de travail, en élevant l'eau à 32 mètres. » Les travaux marchèrent avec une telle rapidité qu'au bout de deux ans, en 1860, lu compagnie put inaugurer sa fondation par une fête à laquelle furent conviées les diverses notabilités de l'administration, de la finance, de l'industrie, de la presse et des arts. M. Mabile, évêque de Versailles, figura à cette solennité et bénit les machines hydrauliques. La fête se termina par un banquet donné dans file du Grand-Lac. Aujour- • d'hui, la compagnie du Vésinet fonctionne encore et n'a cessé, depuis sa formation, de viser au problème d'une transformation analogue à celle des bois de Vincennes et de Boulogne, mais sur une plus grande échelle et dans un but plus vaste. D'ici à quelques années. Le Vésinet formera une des localités les plus importantes en même temps qu'une des plus agréables des environs de Pans. On a inauguré au Vésinet un champ de courses de chevaux, encore peu fréquenté, mais destiné avnnt peu à devenir un des éléments de prospérité de la colonie naissante.
— Asile du Vésinet. L'asile du Vésinet, situé vers l'extrémité sud-ouest du bois du Vésinet, h 1 kilomètre du chemin de fer de Paris k Saint-Germain, a été institué, en exécution des décrets du 8 mars 1855 et du il août 1859, pour recevoir les ouvrières convalescentes. L'asile du Vésinet avait été primitivement destiné aux ouvriers blessés dans le cours de leurs travaux ; mais en présence des heureux résultats obtenus dans l'asile de Vincennes, réservé aux hommes, on reconnut bientôt la nécessité et la justice d'accorder de semblables avantages aux convalescentes sortant des hôpitaux ; tel fut l'objet du décret du 28 août 1858, qui affecta l'asile du Vésinet k sa destination actuelle,
Inauguré le 29 septembre 1859, l'asile du Vésinet se compose d'un vaste bâtiment central, reliant deux ailes, en retour u'équerre, qui embrassent la cour d'honneur et dont les ditféi entes parties sont mises en communication par des galeries couvertes. Au rez-dechaussée du pavillon principal se trouvent les réfectoires; au premier étage sont deux ouvroirs séparés par la chapelle, qui occupe le pavillon central. Le rez-de-chaussée et les deux étages des ailes situées à la droite de la cour d'honneur renferment les bureaux, les appartements de l'administration, les cuisines, les iniirmeriesetdivers autres services. Les chambrées de convalescentes , contenant de 2 à 11 lits, occupent le rez-de-chaussée et les deux étages des ailes de gauche ; des cabinets de toilette, alimentés d'eau chaude et d'eau froide, sont à l'usage des convalescentes. L'asile est entouré d'un parc clos de murs, d'une étendue de 40 hectares. Situé dans un des sites les plus agréables des environs de Paris, cet établissement, entouré de bois et de verdure, offre aux convalescentes épuisées par la maladie un refuge salutaire, où, sons l'influence d'un air pur et d'une vie confortable, elles ne tardent pas à recouvrer leurs forces.
Les hôpitaux, les bureaux de bienfaisance, les sociétés de secours mutuels envoient leurs convalescentes k l'asile du Vésinet ; on y reçoit aussi les ouvrières travaillant chez les fabricants, industriels ou patrons qui ont passé des abonnements avec l'asile. Enfin, les ouvrières convalescentes résidant dans le département de la Seine et ne rentrant dans aucune de ces catégories sont admises à l'asile moyennant un prix de journée dont il leur est facile d'obtenir le dégrèvement. Les convalescentes, conduites des hôpitaux au chemin de fer dans un omnibus spécial, trouvent k lu station de Chalou l'omnibus de l'asile. A leur arrivée , elles revêtent l'uniforme de la maison, et, après avoir été examinées par l'interne de garde, elles sont distribuées dans les différents services. L'emploi de leur journée est ainsi réglé : les convalescentes se lèvent k six heures un quart, font leur lit, nettoient la chambre et se rendent dans les cabinets de toilette qui leur sont réservés; à sept heures un quart, elles vont a- la chapelle faire la prière, puis descendent au réfectoire pour le premier déjeuner-, à huit heures a lieu, dans les chambres, la visite du médecin; à dix heures un quart se fait le déjeuner; à deux heures, distribution de pain pour la collation; k quatre heu- Tes un quart, prière à la chapelle ; k cinq heures, dîner; à huit heures, coucher général. Les convalescentes ont la jouissance du parc pendant toute la journée; elles doivent seulement être rentrées à quatre heures; le travail est complètement facultatif; les ouvroirs sont ouverts aux convalescentes qui désirent travailler. Celles qui se sentent fatiguées peuvent se mettre au lit , dans la journée, en avertissant la sœur surveillante; sur leur demande, les convalescentes peuvent être employées, pour le service de l'asile, aux travaux de la lingerie, de la cuisine, de la buanderie, etc. Pendant l'été, les plus valides font, après le dîner, des prome-
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nades hors de l'enceinte de l'asile, sous la conduite d'une sœur.
L'asile possède une bibliothèque d'environ 2,000 volumes.
De même qu'à l'asile de Vincennes, l'alimentation, sans être recherchée, est abondante et aussi variée que possible ; toutes les denrées alimentaires sont de première qualité; le pain et le vin sont excellents. Le régime tient compte de la situation toute particulière des nourrices et leur alloue des parts plus fortes que celles des autres convalescentes.
L'asile renferme 450 lits, dont 50 berceaux ; ce chiffre est insuffisant, on est quelquefois obligé d'établir des lits supplémentaires. L'infirmerie compte 20 lits, destinés à recevoir trois catégories de malades : 1<> les femmes qui arrivent à l'asile à un degré de convalescence assez peu avancé pour exiger encore des soins multipliés et minutieux, et qui, par suite, ne peuvent être astreintes kla.discipline commune; 2° les convalescentes d'affections chirurgicales nécessitant des pansements nombreux et soigneusement faits; 3° les convalescentes frappées, pendant leur séjour à l'asile, soit par une maladie intercurrente, soit par une rechute. Le personnel du service médical comprend un médecin en chef, un médecin adjoint et trois internes.
L'asile du Vésinet est administré, sous l'autorité du ministre de l'intérieur, par un directeur, responsable, assisté d'une commission consultative. Le personnel administratif se compose d'un directeur, d'un receveur économe, de deux commis d'administration et de deux commis de comptabilité, d'un aumônier, de quinze sœurs hospitalières de l'ordre de la Sagesse, etc. Les ressources financières de l'asile se composent : du prélèvement de 1 pour 100 sur les travaux entrepris dans le département de la Seine ; d'une subvention annuelle provenant du legs Montyon; des prix de journées payés par les convalescentes payantes; de la rente de la donation de 20,000 francs faite par M. Aubert, ancien chef de bureau à l'imprimerie nationale. Depuis sa fondation jusqu'en 1866, l'asile a reçu près de 23,000 ouvrières. Les professions qui ont donné le plus de convalescentes sont les couturières, les blanchisseuses, les lingères, les piqueuses de bottines et les fleuristes. Les demandes d'admission sont moins nombreuses à l'asile du Vésinet qu'à celui de Vincennes; cela s'explique par l'empressement de toutes les femmes qui ont un intérieur, une famille, k quitter le plus tôt possible l'hôpital pour rentrer dans le domicile, où leur surveillance et leur activité font défaut. Mais, quand l'asile du Vésinet ne serait utile qu'à ces pauvres femmes isolées, sans parents, sans appui, qui, sortant de l'hôpitul épuisées par la maladie, n'étaieutque trop souvent disposées à ne prendre conseil que de leur désespoir , cet établissement tiendrait une place d'honneur parmi les institutions nées du souffle de la bienfaisance moderne.
VÉSINIER (Pierre), littérateur, membre de lu Commune de Paris, né k Cluny (Saôneet-Loire) en 1826. Son père, qui était huissier, l'envoya au collège de Màcon, où il fit ses études. Après la révolution de 1848, Vésinier écrivit quelques articles dans les journaux de Saône-et-Loire, montra des opinions avancées, et, après le coup d'Etat du 2 décembre 1851, il se rendit en Belgique. Etant passé quelque temps après en Suisse, il y rencontra Eugène Sue, qui le chargea de mettre au net ses manuscrits raturés, mais dont il ne fut point, comme on l'a dit, le collaborateur. Par la suite, il éerivit les Mystères, du monde, les Travailleurs de l'abîme, romans au-dessous du médiocre, et quelques pamphlets, notamment la Vie du nouveau César, qui parut k Genève. Expulsé de Suisse, il"retourna en Belgique. Traduit devant la cour d'assises du Brabant en août 1860, pour la publication de deux pamphlets obscènes, le Mariage d'une Espagnole, qui fut attribué à tort k Moue de Solins, et la Femme de César, Vésinier fut condamné à dix-huit mois do prison et 2,000 francs d'amende. Vers la même époque, il avait fait paraître un livre du même genre, les Nuits de Saint-Cloud, que dei catalogues belges attribuèrent faussement à l'austère Sehceleher, et, en 1861, une brochure intitulée Pie IX (Berlin, -in-S"). Expulsé de Belgique pour avoir soutenu la grève de Charleroi dans le journal la Cigale, il passa en Angleterre, où, dans un précédent voyage, il s'était fait affilier à l'Internationale. De retour en France en 1868, Vésinier devint un des rédacteurs du Rappel, puis de la Réforme. En même temps, il assista aux réunions publiques, où il se fit remarquer par son exaltation, et s'attira une condamnation k quelques mois de prison. Ce fut vers 1869 que Henri Rochefort, faisant allusion à l'extrême difformité physique de Vésinier, malingre, laid et bossu, lui donna le surnom de Racine de bni», qui lui est resté. Lors du procès de Blois (juin 1870), le ministère public lut diverses lettres adressées par Vésinier à quelques membres du parti socialiste. Après la révolution du 4 septembre 1870, Vésinier fut un des fondateurs du club de la salle Ragache et parut souvent dans ceux de la Reine-Blanche et de la Marseillaise, où il poursuivit de ses attaques constantes le gouvernement de la Défense nationale. Il envoya des articles au Courrier
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français, que Vermorel fit reparaître pendant quelques jours. Lors du mouvement qui eut lieu le 31 octobre 1870, il fit partie d'une troupe qui s'empara de la mairie de.Belleville. Arrêté peu après, il fut enfermé à Mazas, traduit devant un conseil de guerre (février 1871) et acquitté. Vésinier devint un des agents actifs du Comité central de la garde nationale ; toutefois, après l'insurrection du 18 mars, il ne signa aucune des proclamations de ce comité. Le 19, il alla s'installer au Journal officiel, prit, le 24, le titre de rédacteur en chef, mais fut remplacé le 26 par M. Lebeau ; puis il fit, dans le Veneur de Félix Pyat, une revue de la presse qu'il intitula le Venin réactionnaire. Candidat à la Commune le 26, dans le I«r arrondissement, il ne fut point élu. Le i avril, il entra à la rédaction de l' Affranchi, publié parPaschal Grousset, et y reproduisit en feuilleton le Mariage d'une Espagnole. Il fonda, dix jours plus tard, le Paris libre, dans lequel il fit paraître, sous le titre de Pilori des mouchards, une nomenclature des individus qui avaient demandé k l'Empire des emplois publics. Il donna au même journal les Proscrits du xixe siècle. Elu membre de la Commune dans le Ier arrondissement aux élections complémentaires du 16 avril, il fut admis, bien qu'il n'eût obtenu que 2,626 voix, sur 22,000 électeurs inscrits. îl fit alors partie de la commission des services publics, devint .un des secrétaires de la Commune et vota avec la majorité, notamment pour la création du comité de Salut public (1" mai). Le 10 mai, il remplaça Longuet comme rédacteur en chef du Journal officiel. A l'Hôtel de ville , il demanda qu'on abolît les titres de noblesse, les distinctions honorifiques et la croix de la Légion d'honneur (17 mai), et signale 24 mai, l'ordre qui prescrivait, au nom de la Commune, d'employer l'incendie pour prolonger la résistance. Etant parvenu» s'échapper lorsque les troupes de Versailles furent maltresses de la plus grande partie de Paris, il retourna en Angleterre. Au mois de mai 1872, il épousa k Londres la fille de Ranvier, ancien membre de la Commune. Le 30 août suivant, il fonda dans cette ville la Fédération , journal révolutionnaire et socialiste, dont il fut le rédacteur en chef. Dans son programme, il annonça qu'il se proposait de propager les idées de la Commune et de démasquer les fourbes, les traîtres et les criminels qui avaient perdu et déshonoré la Commune. Dès son premier numéro, il accusa Eudes d'être un lâche et un voleur, et dans le second il annonça que «la eoteiïo qui se réunit sous la désignation fallacieuse d'assemblée des proscrits a expulsé en masse les rédacteurs de la Fédération. Nous comprenons, ajoute-t-il, qu'elle ne se soit pas jugée digne de conserver parmi elle des honnêtes gens. »
VÉSITARSE adj. (vé-zi-tar-se — contract.
du lat. vesica, vessie, et de tarse). Ornith. Qui a les tarses vésiculeux, pleins de vésicules.
— s. m. pi. Famiile d'insectes hémiptères, dont les tarses sont vésiculeux.
VESLE, rivière de France. Elle prend sa source à Somme-Vesle, dans le département de la Marne, traverse a Mourmelon le camp de Chàlons, baigne Reims et se jette dans l'Aisne, après un cours de 150 kilora.
VESLING (Jean), médecin et anatomiste' allemand, né k Minden (Westphalie)en 1598, mort à Padnue en 1649. Il fit ses études médicales à Vienne, puis voyagea dans le Levant, séjourna en Egypte, visita Jérusalem et se rendit k Venise. Là, il se livra k l'enseignement et fit des cours particuliers d'anatomie et de botanique, dont le succès fut tel qu'il fut nommé, en 1632, premier professeur d'anatomie k l'université de Padoue. Un peu plus tard, il devint encore professeur de botanique et directeur du jardin des plantes de la ville. Il mourut épuisé de fatigue k son retour d'un voyage scientifique dans l'île de Candie. On lui doit les ouvrages suivants : Observationes et nota ad P. Atpini librum de plantis iegypliis (Padoue, 1638, in-4°) ; Syntagma anatomicum (Padoue, 1641, in-8°); Catulogus plantarum borti Patavani (Padoue, 1642, in- 12); De pollitione jEgypiiorum et alise observationes auatomics et epistolse medicx posthumœ (Copenhague, 1664, in-8°).
VESLINGIE s. f. (vé-slain-jî— do Vesling, naturaliste allemand). Bot. Genre de plantes, de la famille des composées, tribu des sénécionées, dont l'espèce type croît dans le nord de l'Afrique. Il Syn. d'AizooN; genre de crassulacées,
VESNÉDAR-BACHI s. m. (vè-sné-dar-bachi). Chef des peseurs du trésor ottoman.
VESDRE , rivière de Belgique, qui prend sa source dans une ramification des Ardennes. Elle passe k Limbourg et à Verviers et se jette dans l'Ourthe ; cours de 50 kitom.
VESONTJO , ville de la Gaule romaine, dans la Grande Séquanaise. C'est aujourd'hui Besançon.
VESOO s. m. (ve-zou). Techn. Liquide qui sort de la canne à sucre quand on l'écrase.
VESOUL, ville de France (Haute-Saône), chef-lieu de département, d'arrondissement et de canton, sur le Dutgeon, au pied d'une montagne conique, tapissée de vignes et dominée par un monument dédié à la Vierge, k 3Gî kilom. E.-S.-E. do Paris, sur le chemin
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de fer de Paris k Mulhouse, pnr 47° 37' 26" da latit. N. et 30 49' 6" do longit. E. : pop. uggl., 6,313 hab. — pop. tôt., 7,716 hab. L'arrondissement comprend 10 cantons, 215 communes et 98,394 hab. Tribunaux de iro nstance, justice da paix; lycée, école normale; chambre consultative d agriculture; société d'agriculture, commerce, sciences et arts. Commerce et industrie : grains, fer, vins, bestiaux, fourrages, cuirs, légumes secs. Foires de bestiaux, chevaux du pays, étoffes, le deuxième jeudi de chaque mois et le 25 novembre. \esoul est construit dans un bassin fertile où coulent deux petites rivières qui y réunissent leurs eaux, et dont les limites sont dessinées par une ceinture do collines peu élevées, sur lesquelles s'étagent de riches vignobles. La montagne conique au pied de laquelle s'étendent et s'enchevêtrent les rues de Vesoul est connue sous le nom de la Motte.
Vesoul doit aux nombreux désastres militaires qui l'ont frappée de ne posséder aucun édifice ancien proprement dit. Nous nous bornerons à mentionner l'église, construite, en 1745, le palais de justice (1765-1770), les casernes (1777), la préfecture (1822). Seul, parmi ces édifices, le palais de justice présente un caractère quelque peu monumental. On a récemment commencé k Vesoul lu formation d'un curieux musée archéologique, où, par m i diverses ontiquitésgallo-romatnes, nous signalerons un tombeau du temps de l'incinération.
Une promenade, plantée en 1775 d'arbres devenus aujourd'hui magnifiques, s'étend au nord-est de la ville.
Le petit monument, dédié k la Vierge, qui domine la Motte appartient au style ogival et contient une statue de la mère du Christ. Ce monument est un témoignage da la reconnaissance des habitants épargnés en 1854 par le choléra.
— Histoire. L'origine de Vesoul (Visolium, Vesulum, Vesulium) est incertaine. Lo nom de cette ville parait pour la.première fois dans les Actes de saint Adelphe (899). A la fin du x,e siècle, Henri, duc de Bourgogne, et Lambert, comte de Châlons, assiègent Vesoul et s'en rendent maîtres. Après la division du comté de Bourgogne en bailliages d'amont et d'aval, Vesoul devint la siège du premier et plus tard d'un présidial. Son histoire militaire est féconde en désastres. En 1360, les éoorcheurs s'emparèrent de la place, en massacrèrent les habitants et livrèrent les maisons k l'incendie. Vesoul ne se releva de ses ruines que pour être do nouveau livrée au pillage par une bande d'Allemands (1309). Peu de temps après , les ducs de Bourgogne augmentèrent les fortitications de la ville. Ces ouvrages, bien que fort importants, n'empêchèrent pas Vesoul de tomber dans les mains des Français au xve siècle, mais la ville ne fut prise qu'après toutes les autres places du comté (1478). Les nouveaux conquérants se vengèrent de cette résistance en incendiant la cité. Dans le cours de la même guerre , l'armée de Louis XI s'empara do Vesoul une seconde fois; mais déjà les Bourguignons l'avaient reconquis, lorsque le traité de Senlis mit fin aux hostilités (1493). lia 1524, Vesoul put tenir tête aux anabaptistes d'Alsace; mais, en 1557, cernée par une armée allemande forte de 10,000 lansquenets et de 1,200 retires et commandée par Polwiller, la place allait subir un assaut terrible, quand une éruption de la source appelée Frais-Puits, causée par une pluie de vingt-quatre heures, inonda subitement la plaine. Les assaillants effrayés de ce débordement crurent à un miracle et se débandèrent en abandonnant armes, vivres et bagages. Quelques années plus tard, les environs de Vesoul fuient misksao par le duc de Wolfgang, qui amenait à Coligny des renforts d'Allemagne (1569). Eu 1586, la peste exerça à Vesoul de si terribles ravages que, moins d'un an plus tard, la ville, au témoignage d'un contemporain, ne contenait pas plus de 50 habitants. Elle se repeupla rapidement, car, en 1595, elle soutint un siège contre Trembleeour, qui commandait une armée de 5,000 à 6,000 Lorrains et Français. Réduit k capituler, Vesoul demeura quelque temps au pouvoir de Trembleeour; mais l'arrivée de don Velasco, connétable de Castiile, qui approchait pour reprendre la place, fut le signal d'une nouvelle lutte. Trembleeour, après une résistance héroïque, qui coûta k Vesoul les plus grands sacrifices, obtint de sortir avec armes et bagages, et l'Espagnol occupa la place. Son premier soin fut de raser la citadelle ; la même année, Henri IV entrait k Vesoul et frappait les bourgeois d'une lourde contribution. La guerre de Trente ans déchaîna sur Vesoul de nouveaux malheurs. Une terrible famine y sévit. Rançonné en 1641 par le comte de Grancey, en 1643 par te comte de La Suse, Vesoul fut assiégé un an plus tard par Turenne, qui souilla sa gloire eu laissant, au mépris de la capitulation , ses soldats accomplir un horrible massacre de femmes et d'enfants dans le couvent des Annonciades. En outre, ses exigences de rançon ruinèrent complètement les habitants. Dans les deux guerres d'invasion, sous le règne de Louis XIV, Vesoul, en» tièrement démantelé, n'essaya pas même do se défendre. Dès lors, jusqu à la-ilu du xvme siècle, ses annales oftVont peu d'intérêt. En 1789, les habitants s'étaat déclarés
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ardemment dans le sens des idées nouvelles, un grand nombre d'entre eux furent victimes d'un attentat odieux, peut-être unique dans l'histoire. M. Ch. Toubiti le résume en ces termes : « De Memmuy, seigneur de Quincey, invita k une fête nationale la garnison et les bourgeois, qui s'y rendirent en grand nombre, et, pendant qu'ils s'abandonnaient au plaisir, cet homme farouche fit sauter son château avec tous ceux qui se trouvaient dedans, au moyen de tonneaux de poudre dont il avait rempli ses caves. Ce crime atroce, dénoncé à l'Assemblée constituante, y excita, ainsi que dans la Fiance entière, une immense indignation. • En 1814, les souverains alliés eurent pendant quelque temps leur quartier général à Vesoul. Enfin, le 18 octobre 1870, Vesoul tomba au pouvoir des Allemands, sous les ordres du général de Werder, et fut occupé jusqu'en 1873.
VESPAS1ANO, bibliophile italien, né à Florence. Il vivait au xvo siècle , exerçait' la profession de libraire dans sa ville natale et possédait une connaissance approfondie de l'hébreu et des langues classiques. Son érudition lui valut l'amitié de plusieurs papes et de plusieurs princes, notamment celle de Côme de Médicis, qui le chargea de recueillir les livres et les manuscrits qui formèrent la bibliothèque Laurentienne. On a de lui : Vies de plusieurs prélats, qu'Ughelli a insérées dans son Italia sacra; Vies des papes Eugène IV et Nicolas V, dans le tome XXV des Jlerum italicarum scriptores de Muratori; divers opuscules devenus inédits, etc.
VESPASIEN (Titus Flavius Vespasianus), empereur romain, né à Réate l'an 7 de notre ère, mort à Cutilies en 79: Fils d'un publicain, il fut élevé dans une métairie de la Toscane, devint édile et préteur sous Caligula, dont il se ménagea la faveur par de basses flatteries, obtint, sous te règne de Claude, le commandement d'une légion et fît la guerre en Germanie, puis en Bretagne (Angleterre), où il soumit une foule de peuplades. Admis aux honneurs du triomphe, nommé peu après consul, il vit baisser sa fortune dans les commencements du règne de Néron, mais il obtint cependant le pioconsulat d'Afrique. Dans cette province, suivant Tacite, il se signala par ses déprédations, revint cependant pauvre et rétablit sa fortune par des spéculations peu honorables pour son caractère. Appelé au commandement de l'armée destinée k réprimer la révolte de la Judée, il soumit presque tout le pays et se préparait à couronner ses conquêtes par la prise de Jérusalem, lorsque la mort de Galba (69) et les luttes d'Othon et de Vitellius inspirèrent aux légions d'Orient la pensée de le proclamer empereur. Revêtu presque malgré lui do la pourpre, il laissa sou lils Titus avec une partie des légions pour achever de' réduire Jérusalem, envoya Mucien pour combattre en Occident les troupes de Vitellius et prit son chemin par l'Egypte, où il se lit reconnaître, pendant qu'Autonius Primus écrasait pour lui, à Crémone, les légions de son rival. Rome et l'Italie l'accueillirent avec enthousiasme, attendant de lui la restauration de l'empire. Il réprima les prétoriens et l'indiscipline des légious, réforma le sénat et l'ordre équestre, porta k 4,000 le nombre des familles sénatoriales, créa de nouveaux patriciens (c'est la dernière promotion de ce genre dont l'histoire fasse mention), ainsi qu'une nouvelle chambre de justice pour la prompte expédition des procès et rétablit les finances épuisées, mais en écrasant les pruvinces d impôts (on sait que les citoyens étaient affranchis de tout tribut) et en employant des moyens honteux qui lui attirèrent une foule de railleries et de traits satiriques. Sa cupidité é.aii, au reste, passée en proverbe. .On connaît ce trait fameux k propos d'un impôt assez étrange qu'il avait établi et dont il plaça, dit-on, le produit sous le nez de Titus en mi demandait ironiquement si cet argent avait une mauvaise odeur. (V. argent.) Sa justice était vénale, et sa concubine, l'ailianchie Cénis, tratiquaitdes faveurs du pouvoir. Suétone nous apprend que ce prince employait à dessein dans les finances des hommus avides, afin d'avoir occasion de les dépouiller ensuite: «Ce sont, disait-U, des éponges qu'il faut laisser remplir pour les presser ensuite. » Il avait-ainsi le profit de leurs exactions et l'honneur de les avoir Déprimées. Il faut dire qu'il employait surtout aux dépenses publiques l'argent qu'il extorquait aux provinces et aux particuliers ; ses dépenses personnelles étaient fort modiques, et il vivait sur le trône avec la simplicité d'un soldat. Quoique d'un caractère doux et modéré, il ordonna cependant le bannissement de Rome de tous les stoïciens, qui déclamaient contre la forme monarchique et prêchaient le rétablissement de la république. L'histoire lui reproche aussi quelques cruautés judiciaires, le supplice du sénateur Helvidius Prisons et sa rigueur envers Sabinus et Eponinç, l'héroïne de l'amour conjugal. Sou règne ne fut cependant pas sans gloire et, après les tyrannies précédentes, parut aux Romains bienfaisant et réparateur. 11 avait, au reste, de grandes qualités comme militaire et comme administrateur, et ses mœurs, sans être d'une austérité exemplaire, tranchaient cependant sur la dépravation de celte époque et de cette société. Lco événements généraux de son règne sont : la guerre des Juifs, terminée par
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son fils Titus (7l); celle des Bataves et des Gaulois, ayant pour chef Civilis, que son général Cerealis termina par la soumission des peuples révoltés (70) ; 1 expédition d'Agricola dans la Grande-Bretagne; la réduction en provinces romaines de la Comagène, de la Lycie, de la Pamphylie, de la Grèce (que Néron avait déclarée libre), de Rhodes, de Samoa et des Iles. Sentant approcher sa fin, il n'en continua pas moins k s'occuper assidûment des affaires publiques et conserva jusqu'au dernier moment la fermeté qui était le fond de son caractère. Au milieu même de ses souffrances, il raillait par avance l'apothéose qui l'attendait, comme tous les empereurs morts : «Je sens bien, disait-il, que je commence k devenir dieu. » Enfin, le dernier moment approchant, il fit un suprême effort pour se lever et se fit habiller en disant : « Il faut qu'un empereur meure debout. • (V. mourir.) Il expira entre les bras de ses officiers. Sous son règne, Rome vit s'élever des écoles publiques, des monuments utiles, et ce Colisée dont les ruines sont encore si imposantes après dix-huit siècles d'existence; le Capitole fut restauré, et des routes magnifiques sillonnèrent tout l'empire.
Voici le jugement que M. Zeller a porté sur ce prince :
« Vespasien était l'homme le mieux fait pour ramener dans les voies civiles l'empire égaré dans les camps. D'origine toute plébéienne, il avait des vertus simples et des habitudes d'ordre. A un certain penchant pour la superstition , il joignait un grand sens pratique. Il était diligent, appliqué, économe, ferme, de bonne humeur. C'étaient lk des qualités dont l'empire avait alors grand besoin; le gouvernement était en effet mal assuré, l'anarchie était au sénat, dans l'armée et dans les provinces... On a reproché surtout l'avarice k la personne et au gouvernement de Vespasien. Cet empereur, excellent administrateur, qui se rendait compte d.'S choses, savait, avant de parvenir à l'empire, que l'Etat avait besoin pour se soutenir d'un revenu de 4,000,000,000 de sesterces. Pour se l'assurer, il renouvela les anciennes taxes et en créa de nouvelles. On ne saurait répéter ce reproche sans faire observer que Vespasien, économe pour lui-même, était large quand il s'agissait de l'empire. A Rome, il éleva ce beau temple de la Paix qui jouit de l'admiration du monde, s'il ne lui assura pas le bonheur. Il dressa l'arc de Titus, il commença le Colisée ; de nombreuses rues furent percées, des aqueducs élevés. Le cens de quelques sénateurs complété, une rente annuelle fondée pour les consulaires pauvres, dans un temps ou les rapides fortunes des affranchis humiliaient la vieille noblesse ; des traitements assurés pour la première fois aux professeurs de rhétorique grecque et latine, des gratifications, des largesses accordées aux poètes, aux artistes, prouvent que Vespasien pensait aussi k satisfaire les besoins inoraux de la société romaine... Il ne réforma point l'oeuvre d'Auguste, gâtée par les successeurs de celui-ci; il la ramena dans des voies équitables. Quoi que pût faire après lui son second fils, Domitien, il prépara le siècle des Antonins. Ce n'est pas une médiocre gloire. >
VESPASIENNE s. f. (vè-spa-zi-ain, i-è-ne — du nom de l'empereur Vespasien, qui avait établi un impôt sur les urinoirs). Nom donné à des sortes de guérites établies dans des lieux fréquentés, pour servir d'urinoirs. Il Nom que l'on avait donné d'abord k des sortes de voitures que l'on essaya d'établir k faris sur les grandes voies de communication et dans lesquelles les passants pouvaient satisfaire leurs besoins naturels.
VESPER s. m. (vè-spèr — mot lat. tiré du gr. espéras, même sens). Astron. Nom que les Latins donnaient k la planète Vénus quand elle paraît après le coucher du soleil, et que les poètes lui donnent encore quelquefois :
Vesper s'avance, il va répandre
Cette clarté mobile et tendre
Qui semble caresser les yeux.
Lebrun.
Vesper commence à rayonner,
Io mugit dans les villages,
Et les pasteurs vont ramener
Leurs troupeaux loin des pâturages.
Beknis.
VESPÉRAL, ALE adj. (vè-spé-ral — du l.i t. vesper, le soir). Qui appartient, qui a rapport au soir : A ma gauche, j'entendais frémir avec une douceur infinie de grands ormes au-dessus desquels la clarté vespérale faisait vivement saillir une grosse tour du xie siècle. (V. Hugo.) Le ciel se teint des rougeurs du soir, les ombres des coteaux s'allongent , une vapeur vespérale estompe le paysage. (P. de Saint- Victor.)
— s. in. Livre d'église qui contient tout ce qui se chante k l'office du soir : Un vespéral noté.
VESPÈRE s. m. (vè-spè-re — du lat. vesperus, qui paraît le soir). Entom. Genre d'insectes coléoptères tétrainères, de la tribu. des leplurètes, comprenant six espèces, qui habitent le midi de l'Europe et le nord de l'Afrique.
VESPÉRIE s. f. (vè-spé-rî — du lat. vesper, soir). Dernier acte que soutenait autrefois un licencié en théologie ou eu inédeciue, uvatu de passer docteur. Il piscussion
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que les élèves soutenaient entre eux dans l'après-dluée.
— S'est dit pour Réprimande, reproches.
— Encycl. Nous trouvons dans les Mémoires de Charles Perrault ce récit très-curieux d'une vespérie : ■ Au mois de juillet de l'année 1651, j'allai prendre des licences à Orléans avec M. Varet, depuis grand vicaire de Mgc l'archevêque de Sens, et avec M. Monjot , qui vit encore. On n'était pas en ce temps-lk si difficile qu'aujourd'hui k donner des licences ni les autres degrés de droit civil et canonique. Dès le soir même que nous arrivâmes, il nous prit fantaisie de nous faire recevoir, et ayant heurté k la porte des écoles sur les dix heures du soir, un valet qui vint nous parler k la fenêtre, ayant su ce que nous souhaitions, nous demanda si notre argent était prêt; sur quoi ayant répondu que nous l'avions sur nous, il nous fit entrer et alla réveiller les docteurs, qui vinrent au nombre de trois nous interroger avec leur bonnet de nuit sous leur bonnet carré. En regardant ces trois docteurs k la faible lueur d'une chandelle dont la lumière allait se perdre dans l'épaisse obscurité des voûtes du lieu où nous étions, je m'imaginais voir Minos, ^Eacus et Rhadamante qui venaient interroger des ombres. Un de nous, k qui l'on fit une question dont il ne me souvient pas, répondit hardiment : Matrimonium est légitima maris et femins conjunctio, individuum vitx consuetudinem continens, et dit sur ce sujet une infinité do belles choses qu'il avait apprises par cœur. On lui fit encore une autre question sur laquelle il ne répondit rien qui vaille. Les deux autres furent ensuite interrogés et ne firent pas beaucoup mieux que le premier. Cependant ces trois docteurs nous dirent qu'il y avait plus de deux ans qu'ils n'en avaient interrogé de si habiles et qui en sussent autant que nous. Je crois que le son de notre argent, que l'on comptait derrière nous pendant que l'on nous interrogeait, fit la bonté de nos réponses. > La facilité des examens d'Orléans était alors proverbiale. Le Boulanger de Chalussay, l'un des ennemis de Molière, a dit de lui, dans Elomire hgpocondre :
En quarante, ou fort peu de temps auparavant,
Il sortit du collège âne comme devant;
Mais son père ayant su que, moyennant finance,
Dans Orléans un âne obtenait sa licence,
Il y mena le sien, c'est-à-dire ce fieux
Que vous voyez ici, ce rogue audacieux.
11 l'endoctora donc moyennant sa pecune, etc.
VESPÉRISER v. a. ou tr. (vè-spé-ri-zé — rad. vespérie). Tancer, réprimander. Il Vieux mot.
VESPERTILIEN, IENKE adj. (vè-Spèr-tili-ain, i-è-ne — rad. vesper tilion). Mamm. Qui ressemble ou qui se rapporte au genre vesperlilion.
— s. m. pi. Tribu de la famille des vespeitilionidés, ayant pour type le genre vespertilion.
VESPERTILION s. m. (vè-spèr-ti-li-ori — lat. vespertilio , chauve-souris ; de vesper, soir). Mamm. Genre de mammifères chéiroptères, type delà famille des vespertilionidés, comprenant plusieurs espèces, qui habitent l'Europe : Les vespertilions sont des chéiroptères insectivores sans membrane nasale. (P. Gervais.) Tous les vespertilions sont nocturnes ou crépusculaires. (E. Desmarest.)
— Ichthyol. Poisson du genre lophie, qui vit dans l'Océan.
— Encycl. Mamm. hes vespertilions présentent comme caractères essentiels : un corps médiocrement allongé ; la tête de grosseur moyenne; le museau camus, très-simple; la gueule très-fendue; les dents le plus souvent au nombre de 32, mais pouvant varier de 30 k 38, savoir : 2 ou 4 incisives k la fcàchoire supérieure, 6 k l'inférieure; 2 canines k chacune; 4 k 6 molaires de chaque côté en haut, 5 ou 6 en bas ; le nez simple, sans membrane ni crête; le chanfrein dépourvu de fossette ; la langue douce; les yeux très- petits, souvent entourés de longs poils, et quelquefois même cachés par les oreilles, qui sont plus ou moins grandes, nues, latérales, k oreillons de forme variable; des abajoues; deux mamelles pectorales; les membres antérieurs beaucoup plus développés que les postérieurs, les uns et les autres réunis par une large membrane eu forme d'aile; le pouce armé d'un onglo crochu; la queue longue, entièrement enveloppée dans la membrane interfémorale, qui est trèsgrande.
Ces chéiroptères sont généralement de petite taille et couverts d'un pelage grisâtre ; peu favorisés sous le rapport du sens de la vue, ils ont par contre celui de l'ouïe très-développé et très-délicat; leurs ailes sont très-grandes et leur vol relativement puissant et étendu. Le genre vespertilion, envisagé dans Son acception la plus large, comprend une cinquantaine d'espèces, dont la détermination laisse beaucoup k désirer. Elles sont répandues dans les diverses régions du globe , mais surtout en Amérique et en Europe; elles sont beaucoup plus rares, du moins dans l'état actuel de nos connaissances, en Asie et en Afrique. L'Europe en possède une vingtaine et, dans ce nombre, les trois quarts environ se trouvent en France. Plusieurs espèces sont devenues le
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type de genres spéciaux, sous les noms de noctule, pipistrelle, sérotine (v, ces mots). Malgré ces démembrements, le nombre des espèces indigènes reste encore assez grand ; nous indiquerons ci-après les plus intéressantes.
• Tous les vespertilions, dit E. Desmarest, sont nocturnes ou crépusculaires; ils passent le jour cachés dans des lieux obscurs, et suspendus par les pieds de derrière, la tête en bas et le corps enveloppé dans la membrane de leurs ailes ; ce n'est que vers le soir qu'ils commencent à voler. Ils sont presque tous insectivores; quelques-uns cependant s'attachent aux animaux et en sucent le sang. Dans les pays froids, ils s'engourdissent pendant l'hiver, et ne sortent de leur retrait© qu'au retour du printemps; dans les pays chauds, ils n'éprouvent pas cet état léthargique. Les femelles ne produisent k chaque portée que peu de petits; la mère les soigne" avec beaucoup de tendresse, et, quund elle prend son vol pour aller chercher sa nourriture, elle les transporte avec elle suspendus par la mamelle, qu'ils sucent, et fortement attachés k son corps au moyen des crochets qui garnissent leurs pouces. Souvent plusieurs femelles se réunissent dans la même retraite, pour y déposer leur progéniture; lorsqu'on cherche à leur enlever leurs petits, elles se défendent avec courage, et font tous leurs efforts pour mordre leurs ennemis. >
Le vespertilion murin a environ 0m,10 de longueur totale et 0m,35 d'envergure; le pelage, gris cendré chez les jeunes, est, chez les adultes, brun roussâtre en dessus, gris jaunâtre en dessous, avec les membranes brunes. Dans un travail monographique sur cette espèce, M. Em.- Rousseau a fait connaître un nouvel appareil glanduleux qui lui est propre, t Cet appareil, dit-il, est situé audessus de l'orifice externe du canal sous-orbitaire, sous la peau; ces glandes mamelonnées sont très-dévoloppées k toutes les époques de la vie ; leurs conduits excréteurs et externes ont leurs embouchures sitiîées de chaque côté des joues, au-dessus de la lèvre supérieure et assez près des narines; si on presse ces conduits, ils laissent suinter une substance butyreuse, blanche ou légèrement colorée en jaune, sortant sous un aspect filiforme et k odeur sui generis. » Cette espèce, assez rare en France, se trouve dans les vieux édifices, les clochers, etc.
Le vespertilion échancré, aussi rare dans notre pays que le précédent, habite les cavernes et les souterrains. Le vespertilion laineux est très-petit; il a été trouvé aux environs de Nîmes; son cri est faible. Le vespertilion aux ailes transparentes, de la même localité, est caractérisé surtout par lu minceur de ses membranes. Le vespertilion k larges ailes habite la campagne et se cache dans les creux des arbres et les trous des vieux ponts. Le vespertilion k moustaches, répandu surtout dans nos provinces do l'Est et en Allemagne, se cache souvent jusque dans nos habitations; son sommeil hivernal est de courte durée. Le vespertilion des marais vole le soir au-dessus des eaux avec une grande célérité ; son cri est fort et imite assez un grincement de dents. Le vespertilion noirâtre se fait remarquer entre ses congénères par la variété assez agréable do ses couleurs. Le vespertilion de Daubenton habite l'Allemagne; il a le vol bus et effleure la terre et l'eau.
Parmi les espèces exotiques, nous signalerons : en Asie, le vespertilion kirivoula ou muscardin volant, qui habite Ceylan; en Afrique , les vespertilions de Nigritie et de Bourbon ; en Amérique, les vespertilions k dos noir, éperonué, à face noire, moine, à ailes bleues, arqué, k queue velue, des diverses parties des Etats-Unis; le vespertilion k grand nez, de la Guyane ; les vespertilions léger et polythrix, du Brésil; le vespertilion rouge, du Paraguay, etc.
Les vespertilions paraissent très-nombreux k l'état fossile, et on en a trouvé dans presque tous les terrains tertinires et les terrains diluviens. L'espèce la plus ancienne est le vespertilio parisiensis , découvert dans les gypses de Montmartre et indiqué par Ouvier dans son Discours sur les révolutions du globe. Les espèces des terrains diluviens se rapprochent beaucoup de celles qui vivent aujourd'hui. On en a signalé deux dans le diluvium de la vallée de la Lahn, connues seulement par des humérus et beaucoup plus petites que la chauve-souris commune. Deux autres viennent des brèches osseuses de Cagliari et d'Amibes : l'une est connue seulement par une demi-mâchoire, l'autre par une mâchoire inférieure. Plusieurs espèces ont été trouvées dans les cavernes de Belgique et étudiées par Schmerling. Ce même genre se trouve fossile au Brésil, et Luud eu indique une espèce dans les cavernes de la proviuce de Minas-Geraes.
VESPERTILIONIDÉ, ÉB adj. (vè-spèr-tili-o-ni-dé — de vespertilion, et du gr. eidos, aspect). Mamm. Qui ressemble ou qui se rapporte au genre vespertilion. Il On dit aussi
VESPERTILIONIDE.
— s. m. pi. Famille de mammifères chéiroptères, ayant pour type le genre vespertilion.
VESPÉTRO s. m. (vè-spé-tro). Sorte de ratafia contenant différents inirrédicnts.
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— Encycl. Le vespétro est une liqueur de table que l'on prépare en faisant macérer huit jours, dans 200 grammes d'eau-de-vie, 60 grammes de graines d'ungèlique, 8 de graines de fenouil, 6 de coriandre, 8 d'anis. On ajoute à la liqueur décantée 500 grammes de sucre dissous dans autant d'eau. Le clairet ou rosolis des six graines diffère peu du vespétro.
VESPIAIRE s. m. (vè-spi-è-re). Ane. coût. Celui qui fait un défrichement.
VESPIEN, IENNE adj. ( vè-spt-ain, i-àne — du lut. vespa, guêpe). Entom. Qui ressemble ou qui se rapporte k la guêpe.
— s. in. pi. Famille d'insectes hyménoptères, ayant pour type le genre guêpe.
VESPIFORME adj. (vè-spi-for-me — du lat. vespa, guêpe, et de forme), Entom. Qui a. la forme d'une guêpe. Il On dit aussi vus-
FOÏOE.
VESPILLON s. m. (vè-spi-llon; // mil. — lat. vespillo; de vesper, soir). Antiq. mm. Esclave qui transportait, pendant la nuit ou sur le soir, les cadavres des gens du peuple pour lesquels on ne pouvait faire des funérailles, il Nom donné k ceux qui, pendant la nuit, violaient les tombes pour y commettre des larcins.
— Encycl, Ces bas officiers mortuaires furent institués k Rome par Numa Ppmpilius et étaient placés sous l'autorité des désignaleurs. Ils avaient pour mission spéciale de porter en terre les corps morts des pauvres yens qui n'avaient pas les honneurs du bûcher. C'était la nuit seulement, ou tout au moins après le coucher du soleil, qu'il leur était permis de procéder aux funérailles, afin de ne pas • souiller la solennité du jour ou interrompre la liesse et commune réjouissance par le convoi d'un particulier. ■ C'était par la même raison qu'ils emportaient sur le tard, avec des torches et des cierges, les vieilles gens qui, selon l'expression de Sénèqne, avaient assez vécu ; les riches étaient
'portés par leurs serviteurs ou leurs amis. Cependant il arriva que, pour certains enterrements d'hommes marquants, les désignateurs requirent l'aide des ve&pillons, et bientôt l'usage fut qu'on eût recours k eux pour tous les enterrements ou brûloments qui avaient lieu les jours de fêtes solennelles et de sacrifices publics. Les vespilluns furent donc les précurseurs des croque-morts, et, comme eux, ils ne dédaignaient pas d'accepter, outre leur salaire , les gratifications qu'on voulait bien leur donner.
VESP1TE adj. (vè-spi-te — du lut. vespa, guêpe). Entom. Syn. de VKSImen, ieNne.
— s. in. pi. Groupe d'insectes hyménoptères, de la famille des vespiens, ayant pour type le genre guêpe.
VEâPOLATK, bourg du royaume d'Italie, province et district de Novare , ch,-l. de mandement; 2,470 hab.
VESPRÉE s. f. (vè-sprô — du lat. vesper, soir). Soirée, iin du jour :
Mignonne, allons voir si la rose, Qui, eu matin, a «oit deelose Sa robe de pourpre au soleil, A point perdu, cette wsprée.
Les plis de sa robe pourprée Et son teint au vostre pareil.
liONSAKD.
Il Vieux mot.
VliSPCCIi. V. Aiiiimc Vbspucb.
Vli&QUE DE PUTTLINGËN, compositeur allemand. V. HoviiS.
VESSARD, ARDE s. (vè-sar, ar-de — rad.
vesse). Pop. Peureux, poltron; personne lâche ou dépourvue d'énergie.
VESSE s. f. (vé-se. — Ce mot, qui est identique à 'l'allemand fiest et k l'anglais fizzle, vient très-probablement du radical vis, qui est aussi dans le latin visiare, vesser, et qui correspond au radical bdes qui est dans le grec ùdeo , vesser, ùdesma, tidolus, vesse, bdullo\\esser,bdeluros, dégoûtant, Ldetussô, dégoûter, Pott compare aussi le radical hezd qui e»tdaus le lithuanien bezda, vesse, bezdu, vesser, et le bohémien bzditi , même sens). Emission de gaz puant, faite sans bruit par l'anus : Faire une vesse. Lâcher une vesse,
— Pop. Grande peur, par allusion aux effets catmiuaiifs de l'effroi : Avoir ta vesse.
VESSE-DE-LOUP s. f. Bot. Nom vulgaire
des lycoperdons : Comme celle des lycopi.des,
la poussière que contiennent les vessi.s-ije-
loup est inflammable. (Palissot deBeauv oU.)
Il On dit aussi vksse-loop.
— Zooph. Espèce de fongite fossile. Il Vessede-loup de mer, Espèce d alcyon.
VESSER v. u. ou intr. (vé-sé — rad. vesse). Lâcher une vesse.
— Pop. Vesser du bec, Avoir l'haleine fétide.
VESSERON s. in. (vè-se-ron). Bot. Un des noms vulgaires de la gesse cultivée.
VESSEUR, EUSE s. (vè-SGur, eu-ze — rad. vesser). Personne qui vesse, qui a l'habitude de vesser.
VESSIE s. f. (vè-sl — du lat. vesica, vessie, ampoule, cloche. Ce mot appartient à la même famille que le sanscrit vasti, vessie et bas-ventre, de la racine vas, habiter et se couvrir, se vêtir. Comparez le latin vas ,
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vase, et le Scandinave vasi, petit sac, veski, besace, poche). Anat. Poche membraneuse où se rassemblent les urines : Col de la vessiu.
— Par ext. Poche quelconque, formée par une membrane mince, et le plus souvent transparente : Les brûlures font élever des vessies. Les ampoules sont des vessies pleines de sérosité.
— Fig. Chose vaine, sans valeur.
— Prendre des vessies pour des lanternes, Croire des choses absurdes, se tromper grossièrement.
— Argot. Femme de mauvaises mœurs.
— Pathol. Catarrhe de vessie. Syn. de
CYSTITE.
— Tidchn. Partie d'un alambic où l'on met les liquides qu'on veut distiller.
— Ichthyol. Vessie natatoire ou Vessie aérienne, Poche natatoire pleine d'air ou de gaz, que l'on trouve dans le corps d'un grand nombre de poissons.
— Acal. Vessie de mer, Nom vulgaire de quelques acalèphes, tels que lavélelle, ta frégate, la galère, etc.
— Encycl. Anat. La vessie est située dans la cavité du petit bassin. Trois tuniques la composent, une tunique séreuse ou péritonéale, une tunique musculeuse et une tunique muqueuse. La tunique péritonéale recouvre incomplètement la vessie, en ce sens que, seules, les faces latérales, la face postérieure et la face supérieure en sont tapissées. La tunique musculeuse est composée de trois couches de fibres, les fibres longitudinales, les libres circulaires et les fibres plexiformes.
Les fibres longitudinales sont les fibres externes; elles recouvrent la tiessi'e„dans toute son étendue, en se portant dans toutes les directions. Les fibres circulaires, qui sont d'une épaisseur plus considérable que les fibres longitudinales, forment la couche moyenne. Cette couche est composée d'anneaux circulaires superposés. Les libres plexiformes, longitudinales et parallèles forment la couche interne de la tunique musculeuse. Quoique les contractions musculaires de la vessie soient soumises à l'influence de la volonté, puisque les nerfs proviennent d'un plexus nerveux mixte, il s'écoule un certain temps entre l'instant où la volonté porte à uriner et celui auquel apparaît l'urine. Cela tient à ce que les fibres musculaires de la vessie appartiennent à l'ordre des fibres lisses, fibres dans lesquelles la contraction ne se produit que lentement.
La tunique muqueuse se forme du prolongement de la muqueuse des uretères, qui prend alors un développement en rapport avec la capacité de l'organe dont elle doit revêtir les parois. Plus tard, cette tunique muqueuse se prolonge elle-même pour former ia muqueuse du canal de l'urètre.
Des artères, des veines, des vaisseaux lymphatiques et des nerfs eutrent dans la composition de la uessie.
Les artères viennent de l'artère hypogastrique et des branches collatérales de cette artère ; elles sont (intérieures , postérieures et inférieures. Les veines se jettent dans la veine hypogastrique ; les vaisseaux lymphatiques se rendent aux ganglions hypogastriques. (M. Suppey et plusieurs auatomistes nient l'existence de ces vaisseaux.) Les nerfs naissent des plexus hypogasiriques formés par le grand sympathique avec les nerfs rachidieus, et directement aussi du plexus sacré.
On considère k la vessie une surface externe et une.surface interne. La surface externe présente : 1<> une face antérieure; 2<> une face postérieure ; 30 deux faces latégles; 4» une face inférieure ; 5" une face supérieure.
10 La face an térieure répond au pubis et aux muscles obturateurs internes. Ou désigne sous le nom de ligaments antérieurs de la vessie deux bandes fibreuses qui naissent de l'aponévrose pelvienne et qui s'étendent de la symphyse à la partie inférieure de l'organe. Chez la femme, la région antérieure dépasse la symphyse du pubis.
2" La face postérieure répond chez l'homme au rectum , chez la femme k l'utérus. Cette face est recouverte en totalité par le péritoine.
3° Les faces latérales , côtoyées par les artères ombilicales, et on outre, chez l'homme, par le canal déférent , sont tapissées par le péritoine. Dans l'état de vacuité de la vessie, les faces latérales n'existent pas , le rapprochement des faces antérieure et postérieure tendant à y substituer deux bords.
4° La face inférieure répond, chez l'homme, au rectum, dont elle est séparée par les vésicules séminales et les canaux déférents. Le péritoine, qui forme sur la ligne médiane le cul-de-sac recto- vésical et, de chaque coté, les ligaments postérieurs de la vessie, en recouvre partiellement le bas-fond, dont l'aponévrose pelvienne et le muscle releveur de l'anus embrassent les parties latérales.
La partie médiane inférieure du bas-fond de la vessie répond, toutefois sans rapport immédiat, à l'uponévrose prostato- périto- "uéale.
La face inférieure dé la vessie répond, chez la femme , au vagin , au col de l'utérus et k