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la pactie inférieure du corps de ce dernier organe,
5° La face supérieure, dirigée en haut et en avant, est recouverte par le péritoine. Du sommet s'élance l'ouraque, eordon fibreux qui s'étend jusqu'à l'ombilic. Comme les faces latérales, la face supérieure disparaît pour former un bord, dans l'état de vacuité de la vessie.
La surface intérieure de la vessie est revêtue de la membrane muqueuse. Les orifices des deux uretères et de l'urètre en occupent la buse. Ils présentent trois ouvertures placées de manière à offrir l'aspect des trois angles d'un triangle équilatéral, disposition k laquelle on a donné le nom de trigone vésical.
La ligne qui va d'un uretère a l'autre en forme le bord postérieur ; de chaque côté, la prolongation de cette ligne est limitée par le point où l'uretère se fait jour entre les tuniques vésicales.
Les lignes qui vont de l'uretère au canal de l'urètre constituent les bords latéraux.
La vessie atteint une capacité supérieure k la capacité normale chez les personnes qui ont l'habitude de retenir longtemps leurs urines; aussi a-t-on prétendu que les dimensions en étaient plus considérables chez les femmes que chez les hommes. Quelle que soit la valeur qu'il convient d'accorder à cette assertion, il est incontestable que, sous l'influence de distensions extraordinaires, le volume de la vessie est susceptible d'atteindre des proportions incroyables. A mesure qu'elle se remplit, la vessie refoule les organes qui l'environnent et sort de la cavité pelvienne pour se porter dans la région hypogastriqne. 11 est facile, à l'aide de la percussion, d'en constater la présence au-dessus de la symphyse du pubis, qu'elle peut dépasser de om,08 àOm,lo en cas de distensions anomales. Le besoin d'expulser les urines survient en général avant qu'il y ait dans la vessie autant de liquide qu elle en peut contenir. C'est par la contraction de la tunique musculeuse, aidée de la contraction des muscles abdominaux, qu'est déterminée l'émissioi. de l'urine. Les contractions musculaires propres de la vessie sont cependant, k elles seules, capables de provoquer l'expulsion de la plus grande partie du liquide contenu dans sa cavité, et la contraction des muscles abdominaux ne devient nécessaire que pour déterminer la sortie des dernières parties de l'urine. Il arrive cependant que les muscles abdominaux joignent leur action k celle des muscles propres de la vessie dès le début do rémission, lorsque, par exemple, un rétrécissement de l'urètre ou tout autre obstacle au cours de l'urine, ou même la volonté d'en précipiter le jet, réclame un effort de pression plus considérable que dans l'émission normale.
Les muscles du périnée, le muscle bulbocaverneux , l'ischio-caverneux et les muscles de Wilson sont k l'état de relâchement durant les contractions vésicales ou vésicoabdoruinales. Au contraire, ces muscles, réunis autour des parties membraneuses, spon- .gieusea et bulbeuses de l'urètre, se contractent lorsque la vessie cesse de se contracter sous l'influence de sa tunique musculeuse, et ils servent alors k expulser les dernières gouttes d'urine contenues dans l'intérieur de l'urètre.
La vessie se forme au moment où l'étranglement ombilical du fœtus fait un canal de la communication de l'intestin avec Ia vésicule ombilicale. La vésicule allantoïde, se trouvant étranglée par la formation de l'om- I bilic, se divise en deux parties d'un aspect boursouflé et séparées l'une de l'autre par une bande intermédiaire. C'est la partie postérieure de l'étranglement située dans l'abdomen qui doit fournir plus tard la vessie urinuire. Dans le principe , la vessie communique avec le rectum au point où viennent aboutir les trompes et les canaux déférents, c'est-à-dire au point qu'on appelle le cloaque. Ce n'est que plus tard qu'un cloisonnement s'établit entre le rectum et la vessie, de manière k détruire toute communication entre les deux cavités.
— Pathol, et chir. La vessie devient le siège de plusieurs maladies, parmi lesquelles il faut citer la cystite ou inflammation de cet organe (v. ce mot) , les ruptures de la vessie, qui sont constamment mortelles, les déplacements, les kystes et les cancers de ce réservoir, les plaies. Ces dernières sont dues, la plupart du temps, à la présence de Calculs vesicaux, sortes de productions morbides qui peuvent atteindre quelquefois un volume considérable, et dont le séjour irrite la paroi de la vessie ety détermine des plaies qui peuvent aller jusqu'à la perforation. V. les
111013 GRAVKLLE , TAILLE, L1THOTR.ITIE, HERNIE.
Les veines de la vessie se dilatent quelquefois assez pour se rompre et donner lieu au pisseraeut de sang. V. hématurie.
, — JZxstroptrie de la vessie. On donne le nom d exstrophie de la vessie k une difformité caractérisée par l'absence partielle de ia paroi abdominale antérieure, remplacée par la uessie elle-même, ouverte en avant, et dont les deux moitiés, non réunies, sont renversées de chaque cote pour se continuer avec la peau de l'abdomen. Il résulte de cette disposition anomale une tumeur, dont la muqueuse vésicale hersiée constitue la partie
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saillante et sur laquelle deux éminences, qui ne sont autre chose que les orifices des deux uretères, laissent suinter goutte à goutta l'urine déversée dans l'organe. L'exstrophie de la vessie est une difformité congénitale ; elle s'accompagne toujours d'un épispadias dont elle n'est peut-être que le degré extrême. Quelquefois on observe en même temps qu'elle un arrêt plus ou moins considérable dans le développement de la verge, chez l'homme, du vagin chez la fem'me, d'autres fois , le gros intestin s'ouvre dans la vessie exstrophiée, et l'anus fait défaut ; enfin, le pubis peut manquer complètement, et, chez la femme, on a pu constater l'absence de la totalité des organes génitaux.
La plupart des enfants atteints d'exstrophie de la vessie meurent peu de temps après la naissance ; mais on possède de nombreux exemples de sujets ayant vécu fort longtemps avec cette monstruosité.
La marche des sujets atteints d'exstrophie de la vessie est chancelante et incertaine. Quoiqu'ils ne soient pas exempts de désirs, la fécondation n'est pas possible pour eux ; chez quelques-uns, il semblerait même que l'ardeur de l'amour s'augmente en raison de l'impuissance. ■ Leur passion , dit Percy, s'irrite par l'impuissance désespérante et la honteuse nullité de leurs organes; chez eux, l'amour est une véritable fureur. »
La situation de ces malheureux déshérités est horrible. Ils ne peuvent avoir aucune communication avec leurs semblables. Ils exhalent une odeur urineuse infecte ; leurs vêtements, continuellement imprégnés d'urine, sont pour eux un objet de dégoût. L'urine, en contact incessant avec la peau, produit des érysipèles et des ulcérations impossibles à détruire, par suite du renouvellement permanent de la cause qui les produit. Le contact des vêtements détermine des douleurs telles, que les hommes atteints d'exstrophie doivent se résigner k se vêtir de jupons. La fièvre intermittente vient encore compliquer l'état épouvantable de ces misérables, qu elle épuise par la fréquence et In violence île ses accès.
On ignore aujourd'hui encore les causes qui déterminent l'exstrophie de Investie, et ni l'embryogénie ni l'anatoinie pathologique n'ont expliqué son mode de formation d'une manière satisfaisante.
L'exstrophie de la vessie est généralement attribuée à une perturbation pendant la vie fœtale; Boon pensait que l'accumulation de l'urine dans la vessie du fœtus était la cause déterminante de cette monstruosité ; d'autres anatomistes , enfin, ont multiplié le nombre des hypothèses sans résoudre péremptoirement la question. On a opposé k la théorie de l'accumulation de l'urine l'absence de l'urine dans les eaux de l'amnios, les vices de conformation qui compliquent ordinairement l'exstiophie de la vessie.
Une infirmité aussi grave, dont les conséquences sont si fâcheuses pour les malheureux qui en sont atteints, devait nécessairement éveiller la sollicitude des chirurgiens. Malheureusement, ici, l'art se trouve aux prises avec des difficultés telles qu'aucun succès encore n'a pu être enregistré. On a bien cherché à empêcher l'urine de couler sur la peau et de mouiller les vêtements au moyen d'appareils que doivent porter les malades sans jamais les quitter. L'appareil de J urine est le moins imparfait de tous. Brescbet a bien introduit des sondes dans les uretères; mais leur présence a causé des accidents qui ont nécessité leur suppression. Tous ces moyens sont mauvais. Quelque minutieux que soient les soins de propreté, le malade exhale toujours une odeur urineuse repoussante.
C'est a la chirurgie qu'on doit demander d'amoindrir les inconvénients de l'exstrophie vésicale. Le dernier demi-succès obtenu il y a peu de temps par un jeune et habite chirurgien, M. Richard , prouve qu'il serait avantageux qu'on le suivit dans la voie qu'il a ouverte, et engage k ne pas désespérer de voir un jour soulager, d'une manière satisfaisante , une in fi uni lé cruelle et malheureusement trop peu rare;
En 1853, M. J. Roux, médecin en chef de la marine, publia un mémoire dans lequel il exposait un procédé opératoire au moyen duquel il espérait guérir l'exstrophie de la vessie. Pipelet, Breschet, J urine, Dubois, Dupuytren avaient déjà proposé divers moyens plus ou moins rationnels de porter remède k celte triste infirmité. Ces moyens consistaient k remplacer la vessie par un réservoir artificiel, ou k protéger la tumeur au moyen d'une plaque concave de métal ou d'ivoire. Gerdy conseillait d'aviver, dans certains cas, les bords de la plaie et de les réunir au moyen d'une suture enchevillée jusqu'au pubis; et dans d'autres, où la tumeur serait trop considérable, après avoir refoulé celle-ci du côté de l'abdomen de l'extérieur à l'intérieur, d'en disséquer la peau et d'eu réunir les bords au moyen de la suture enchevillée, puis de développer peuk peu la cavité de lauessis au moyen d'une uessie artificielle introduite vide dans le sein de la uessie naturelle, pour dilater peu k peu, après la réunion obtenue, la vessie malade au moyen de la oessie artificielle, que l'on insufflerait, d'obteuir enfin la fermeture de l'urètre sus-pénien on avivant les bords latéraux et en les réunissant sur une.
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sonde au moyen de la suture enchevillée. (Jamain, thèse, Paris , 18-45.)
Le 5 janvier 1852 , M. J. Roux opéra une exstrophie de la vessie par le procédé suivant: il porta au-dessus de la tumeur la peau du scrotum convenablement disséquée, en mettant la surface épidermique en rapport avec la muqueuse de la vessie et en fixant ce lambeau dans une incision demicirculaire pratiquée sur les téguments de l'abdomen. Il lit sortir en bas de cette nouvelle paroi vésicale la verge et la gouttière urétrale, après avoir divisé inférieurement la peau et le prépuce pour remédier à l'épispadias. Le lambeau périt presque entièrement par gangrène, mais il fut possible de dégager la verge du bord inférieur du lambeau, et le malade put faire usage d'un urinoir en caoutchouc vulcanisé, qui le préserva et du contact de l'urine et de l'odeur repoussante qu'il avait jusqu'alors exhalée, en lui permettant de reprendre ses vêtements d'homme.
Enfin, en 1853, M. Richard a tenté de remédier a l'exstrophie de la vessie au' moyen d'une opération remarquable, qui fut malheureusement suivie de la mort du malade. Comme cette tentative opératoire est la plus rationnelle qui ait été faits , comme elle est destinée à servir de guide à des efforts ultérieurs, nous allons donner quelques détails qui ne paraîtront peut-être pas dénués d'intérêt.
Pierre Lecat, âgé de vingt-quatre ans, entra, le l" septembre 1853 , à l'hôpital Saint-Louis. Depuis un an, ce garçon avait quitté le village où il était né et où, sans ressource , il gagnait péniblement son existence. Depuis cette époque, il parcourait la plupart des hôpitaux de Paris pour y chercher la guérison de son infirmité.
La vessie exstrophiée, surmontant le pénis épispadique, avait om,08 de largeur sur 0ni,05 de hauteur. La muqueuse vésicale, bridée par des cicatrices, était très-sensible , ' tantôt peu colorée , quand ce garçon se portait bien; tantôt, au contraire, rouge, et sécrétant des mucosités; il était épuisé par les accès d'une violente fièvre intermittente.
Cette situation était aggravée encore par les inconvénients ordinaires dus à l'écoulement incessant des urines, et ce malheureux avait, jusque dans ces derniers temps, toujours porté des vêtements de femme.
Pierre Lecat resta longtemps dans les salles. Enfin, l'ayant soumis à deux reprises différentes à l'examen de M. le professeur Nélaton, M, Richard résolut de l'opérer.
Le plan général de l'opération arrêté avec M. Nélatou était d'employer, pour couvrir cette vaste surface vésico-urétrale, le procédé décrit pour l'épispadias, avec le lambeau scrotal.
Le 25 octobre, le malade fut anesthésié. Un lambeau abdominal carré fut disséqué et laissé momentanément en place. Les dimensions étaient telles que, rabattu, son bord supérieur, devenu inférieur, arrivait à l'union de la vessie et de l'urètre.
La partie importante de l'opération était !e détachement de toute la moitié antérieure du scrotum. Une incision supérieure fut commencée à l'union du scrotum droit avec la partie latérale de la surface vésicale; elle fut continuée en bas, longeant la base latérale de la vessie, puis l'union du corps caverneux droit avec le scrotum ; elle passa ensuite sous le pénis , entra le scrotum et la base de la lame préputiale, et elle finit en parcourant le même trajet du côté opposé.
En résumé, cette incision détacha la circonférence supérieure du scrotum : 1<> du pourtour vésical; 2* plus bas, du bord des corps caverneux; 3" uu milieu de la base du pénis et du prépuce. Cette première incision, qui se fit vite et séparément, outre qu'elle commençait la limitation du lambeau scrotal, avivait du même coup tout le pourtour de la surface urétro-vésicale que le chirurgien se proposait de boucher plutôt que de couvrir. Une deuxième incision intéressa tout le bord inférieur de la face antérieure des bourses. La bande scrotale disséquée et détachée avait ainsi 0m,û45 de largeur à ses pédicules et de om^î à 0m,075 dans les autres points de son étendue.
Les deux angles inférieurs du lambeau abdominal rabatui furent fixés, par un point de suture entrecoupée, à la jonction de la circonférence vésico-pénienne et de la plaie scrotale. Ces deux angles venaient, sans aucun tiraillement, à l'union de l'urètre et de la vessie, et toute la muqueuse vésicale se trouvait ainsi couverte par la peau du lambeau hypogastrique, dont la face saignante regardait en avant. C'est sur cette face que fut appliqué le lambeau scrotal, qui couvrait de plus, par le reste de son étendue, la gouttière de l'urètre. Toute la portion médiane du bord inférieur du lambeau scrutai fut laissée libre, parce qu'elle devait être la valve supérieure du méat futur; le reste de ce bord fut.des deux côtés, suturé par des filsau bord pénien avivé, ou -plutôt à la partie attenante de la plaie scrotale. Trois petites, sutures fixèrent ainsi le bord supérieur du lambeau scrotal sur la face saignante de l'abdominal. Pendant les trois premiers jours qui suivirent l'opération, le malade eut une violento fièvre nerveuse, passant d'une extrême agitation à un profond abattement. Il fut mis au bain, et le «.u- Q était parfaitement bien. Il
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avait dormi, la fièvre avait cessé et l'appétit était revenu.
Le 29, même état satisfaisant, sommeil paisible, langue naturelle et peau fraîche. Les granulations bourgeonnaient sur les surfaces saignantes et l'urine sortait par le nouveau méat ; tout faisait espérer un heureux dénoûment.
Le 30 octobre au matin , l'état du malade était encore très-satisfaisant.
Le 1er novembre , la nuit a été très-mauvaise ; la langue est sèche, les vomissements sont très- fréquents et la prostration trèsgrande. Il y a des plaques érysipélateuses autour de la plaie abdominale. Duns la journée, l'érysipèle pâlit et la péritonite est évidente. Le malade mourut dans la journée du 3 novembre.
L'autopsie montra tous les signes de la péritonite ; le lambeau scrotal et le lambeau abdominal étaient soudés presque en totalité, à tel point même qu'il fut difficile de les désunir. (Gazette hebdomadaire, 1854, t. I, p. 416.)
M. le professeur Nélaton pense (Eléments de pathologie chirurgicale, t. V,-p. 150) qu'il serait possible, ayant obtenu la réunion ries bords de la vessie, de former l'urètre sus-pénien , en avivant les bords latéraux et en les réunissant sur une Sonde au moyen de la suture enchevillée. Il serait ensuite plus facile de faire usage d'un urinoir en gomme élastique ou en gutta-percha que de tout autre appareil.
Enfin, M. Sédillot, professeur à la Faculté de Strasbourg , exprime ainsi son opinion personnelle (Traité de médecine opératoire, t. II, p. 545, 1853) : «Si je devais tenter une pareille opération (opération de l'exstrophie de la uejsi'ô), je commencerais par tailler un petit lambeau de 0m,01 de largeur sur les trois quarts inférieurs de la circonférence de la tumeur formée par la muqueuse vésicale , afin de la ménager. Je disséquerais cette espèce de bandelette cutanée et je la renverserais en dedans vers la ligne médiane, de manière que la face épidermique en fût tournée en arrière et la face saignante en avant. Je détacherais alors de la paroi abdominale un lambeau dont la grandeur serait calculée de façon à recouvrir toute la face encore à nu de la muqueuse , et j'en affronterais les bords, par quelques points de suture entrecoupée, avec ceux de la bandelette tégumentatre. 11 ne resterait plus qu'à ramener sur les surfaces saignantes un vaste lambeau scrotal, dont la base devrait s'élever de chaque côté au niveau de la partie supérieure de la tumeur , pour éviter toute tendance à un déplacement en bas. Peut-être serait-il avantageux d'enflammer quelques jours d'avance le scrotum, afin d'en prévenir la rétraclilité, qui est excessive. »
— Hypertrophie de la vessie. La vessie hypertrophiée peut acquérir 7 à 8 lignes d'épaisseur, augmentation qui paraîtra prodigieuse si l'on a égard à la ténuité normale de ce réservoir musculo-membraneux. Dans le plus grand nombre des cas, c'est aux dépens de la membrane musculeuse toute seule
2u'a lieu l'hypertrophie, et on ne se fait pas 'idée de la rapidité avec laquelle elle sa produit. C'est qu'aussi rien n'est comparable a la violence des contractions de la vessie irritée et à la fréquence de ces contractions. L'inflammation de la muqueuse du col ou du corps de la vessie, la présence de calculs, la présence d'une sonde, un rétrécissement du col de la vessie, un obstacle quelconque au cours des urines, voilà les causes les plus habituelles de l'hypertrophie, laquelle doit cesser aussi rapidement qu'elle a été produite, par suite du repos de l'organe. La muqueuse de la vessie ne s'épaissit que très-peu dans le cas d'inflammation chronique. Quelquefois des végétations naissent çà et là iluns. divers points de sa surface. Cette hypertrophie, étant consécutive, ne réclame d'autre traitement que celui de la maladie qui l'a produite. On peut engager les malades à opposer toutes les forces de leur volonté aux besoins d'uriner, qui survivent quelquefois à la cause de l'hypertrophie.
— Art vétér. Chez les solipèdes, la vessie représente un ovoïde, dont la grosse extrémité, tournée en avant, forme un cul-de-sae arrondi sur le fond duquel on remarque une espèce de cicatrice, qui provient de l'oblitération de l'ouraque. L'autre extrémité se termine en arrière par un rétrécissement très-prononcé qu'on appelle le col de la vessie, et qui donne naissance au canal de l'urètre. Elle est en rapport, en haut, chez le mâle avec les vésicules séminales, les renflements pelviens des canaux déférents et le rectum; en bas, avec la paroi inférieure du bassin, sur laquelle elle repose ; par côté, aux parois latérales de cette même cavité. Chez la femelle, la vessie répond, en haut, au vagin et à l'utérus, qui sépare tout à fait la vessie du rectum. L'extrémité postérieure ou le col, flanquée de côté par les lobes de la prostate, est fixée par en bas à la symphj'se ischio-pubienne au moyen d'un ligament particulier. Ce lien est un faisceau de fibres élastiques et contractiles qui se détache de la membrane charnue pour se porter en arrière et en bas, après s'être épanoui sur la face inférieure du muscle de Wilson. L'extrémité antérieure ou le cul-de-sac de la vessie répond ordinairement à la courbure
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pelvienne du côlon replié. Ce cul-de-sac est coiffé d'une calotte séreuse qui se prolonge en arrière sur la partie moyenne de l'organe, plus par en haut que par en bus. Cette calotte, continue avec le feuillet pariétal du péritoine, fortement adhérente à la couche charnue de la vessie, constitue le principal appareil de fixité de ce réservoir; sa disposition est exactement semblable en principe à celle des autres membranes séreuses viscérales. Ainsi, le péritoine, après avoir tapissé les parois du bassin, se réfléchit sur les organes contenus dans cette cavité, et en particulier sur la vessie, autour de laquelle il forme un repli orbiculaire. Ce repli donne lui-même naissance à trois replis secondaires, sortes de lames séreuses qu'on est convenu, bien gratuitement, du reste, d'appeler les ligaments de la vessie. L'une de ces lames, impaire et verticale, se fixe sur la partie inférieure du cul-ffe-sac ; il n'est pas rare de la voir se prolonger en avant sur la paroi inférieure de l'abdomen jusqu'à l'ombilic ; elle porte, dit-on, à son bord libre uu mince ourlet, dernier vestige du canal ouraque; si, ce qui semble douteux, cet ourlet existe, il ne peut avoir la signification qu'on veut bien lui attribuer, car l'ouraque n'a point, comme les artères ombilicales, une portion abdominale; il commence seulement au niveau de l'ombilic, pour se prolonger dans le cordon jusqu'à l'allantoïde. Les deux autres lames séreuses, paires et horizontales, s'attachent sur les côtés du cul-de-sac et présentent à leur bord libre un gros cordon, qui n'est autre chose que l'artère ombilicale oblitérée. Grâce à cette disposition du péritoine, la vessie se trouve divisée en deux régions distinctes, l'une antérieure, enveloppée d'un feuillet séreux; l'autre postérieure, se mettant en rapport avec les organes environnants par l'intermédiaire du tissu cellulaire si lâche et si abondant de la région pelvienne. Ce tissu, constamment mêlé à des pelotons de graisse autour du col, se prête, aussi bien que la membrane séreuse de la région antérieure, aux changements de forme et aux déplacements continuels de la poche urinaire.
A l'intérieur, la vessie offre des plis et des rides, plus ou moins marqués suivant son état de plénitude. On y remarque, en arrière, l'ouverture du col, qui communiqua avec le canal de l'urètre, et, un peu plus haut, l'embouchure des uretères. Ces trois orifices circonscrivent un espace triangulaire qui a reçu le nom de trigone vésical. La structure de cet organe est très-simple. Deux membranes en composent, les parois : l'interne est une muqueuse pâle et mince, garnie de follicules simples , continue avec la membrane profonde des uretères et du canal de l'urètre. L'externe musculeuse est formée par des fibres musculaires disposées en tous sens. Dans la région antérieure, cette couche musculeuse est doublée en dehors par le péritoine; dans la région postérieure, elle constitue un sphiDcter autour du col, mais un sphincter mince, peu énergique, et suppléé dans ses fonctions par le muscle de Wilsoti qui enveloppe la portion membraneuse du canal de l'urètre. La vessie reçoit le sang de
Plusieurs sources, mais principalement de artère vésicale. Leurs nerfs viennent du plexus pelvien ou hypogastrique. Les lymphes gagnent les ganglions sous-lombaires.
Chez les quadrupèdes domestiques, le développement de la. vessie est fort intéressant. Cet organe, plus étroit et plus allongé dans le fœtus que chez l'adulte, offre une capacité relativement plus considérable pendant toute la durée de la vie intra-utérine. Il occupe alors la cavité abdominale et s'avance sur la paroi inférieure de cette cavité jusqu'à l'ouverture ombilicale, flanqué par les deux artères de même nom. Son extrémité postérieure est seule engagée dans le bassin; son extrémité antérieure forme un véritable caffc continu avec l'ouraque, comme le col proprement dit avec le canal de l'urètre. A l'époque de la naissance, ce col antérieur se sépare de l'ouraque et se transforme en un cul-de-sac libre; la vessie se relire alors peu à peu au fond de la cavité pelvienne, entraînant avec elle les artères ombilicales, et elle finit bientôt par acquérir la position qu'elle conserve définitivement chez l'adulte.
Le rôle de la vessie, permettant l'accumulation de l'urine et l'expulsion intermittente de ce fluide excrémentitiel, épargne aux animaux la position désagréable dans laquelle ils se fussent trouvés si le liquide sécrété par les reins eût coulé au dehors d'une manière continue, au fur et à mesure de sa production.
Chez les animaux autres que les solipèdes, la vessie se distingue surtout par la grande étendue de l'enveloppe séreuse; cette enveloppe se prolonge, en effet, en arriére, jusque sur le col, et recouvre ainsi l'organe tout entier. Elle manque dans les oiseaux, chez qui les uretères s'ouvrent dans le cloaque.
— Maladies de la vessie. Par sa situation, la vessie semble devoir être à l'abri des offenses extérieures; elle ne saurait, en effet, dans l'état de vacuité, être que très-difficilement atteinte par les causes contondantes, ce qui serait même d'autant plus difficile alors que cette poche, soutenue et disposée de manière à éprouver un déplacement continuel, se porte en arrière quand elle est vide et demeure dans le fond de la cavité du bas-
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sin, jusqu'à ce que, à mesura qu'elle se remplit, elle revienne du côté de l'abdomen. Ce n'est donc guère que lorsque la vessie est dans l'état de plénitude qu'elle peut être atteinte par des violences extérieures exercées sur la région hypogastrique; encore faut-il que ces violences aient un eertain degré de force pour que leur action contondante arrive jusqu'au réservoir urinaire, sans quoi cette action peut s'épuiser, en plus grande partie du moins, sur les tissus intermédiaires qui protègent et défendent l'organe dont il s'agit. En supposant cependant une contusion assez étendue et assez forte pour arriver jusqu'à la vessie, il doit en résulter un afflux sanguin et un engorgement inflammatoire des parois de l'organe, dont le premier effet doit être la difficulté ou l'impossibilité d'expulser l'urine. Toutefois, ce dernier effet pourrait bien ne pas toujours indiquer la contusion de la vessie; il pourrait aussi dépendre de la seule contusion des muscles qui forment les parois de l'abdomen. Si l'on I observait du sang mêlé à l'urine, il y aurait \ déchirure à la membrane interne vésicale et division de quelques vaisseaux. Le traitement est ceiui des contusions en général, combiné avec celui de la cystite. Il est bon d'y joindre l'usage d'une sonde jusqu'à ce que la tiessie ait recouvré la faculté de se contracter.
Par sa situation, la vessie est aussi trèsbien garantie contre les atteintes des corps vulnérants. Les corps piquants ne sauraient parvenir que très-difficilement jusqu'à elle, en pénétrant à travers la partie la plus postérieure de la paroi inférieure de l'abdomen, le raphé, le périnée, la vulve, ou l'anus dans la cas de division de la paroi du rectum. C'est ainsi que la vessie peut être blessée dans des chutes de très-haut sur des corps aigus, surtout lorsque cette poche est pleine, circonstance dans laquelle elle peut être entamée par toutes les lésions qui pénètrent du dehors jusqu'à elle. Si l'organe a été atteint dans sa moitié postérieure seulement, le péritoine est encore ordinairement intact; mais cette membrane est nécessairement entamée toutes les fois que la blessure a lieu dans la moitié" antérieure du réservoir urinaire. Les coups de feu qui brisent les os du bassin sont, dans le chevul de guerre, les causes les plus fréquentes de ces sortes de blessures; mais alors on n'a pas le temps de s'en occuper, et les animaux ne tardent pas à mourir, s'ils ne sont pas sacrifiés. La blessure de la vessie se reconnaît à l'existence d'une plaie près de l'organe, à la direction que cette plaie affecte, à la sortie d'une urine rare et sanguinolente. L'accident est accompagné d une vive douleur dans tout le trajet des voies urinaires, même jusqu'à la tête du pénis dans le mâle, et souvent aussi d'érection du membre. Les signes peuvent être quelquefois équivoques; mais 1 issue d'une certaine quantité d'urine à travers la solution de continuité du dehors vient ordinairement lever tous les doutes. Quand la pluie est nette et directe, l'urine s'écoule librement au dehors sans s'infiltrer dans le tissu cellulaire ; quand , au contraire, la plaie extérieure est petite et celle de la vessie grande, ou que le trajet qui conduit de l'une à l'autre n est pas direct, l'urine s'infiltre dans le tissu cellulaire environnant dans une plus ou moins grande étendue et y détermine des abcès gangreneux qui entraînent la perte de l'animal malade. Enfin, le péritoine peut aussi être blessé, et alors il se forme, dans la cavité abdominale, un épanchement urineux qui empêche l'urine de sortir, même par la plaie extérieure, et l'animal ne tarde pas à succomber à une péritonite. Les blessures de la vessie déterminent, en outre, tous les phénomènes de la cystite; elles donnent lieu, comme on le voit, aux désordres les plus graves. Tous les efforts du traitement doivent consister à prévenir ou combattre les accidents inflammatoires, l'infiltration da l'urine, et à en combattre les effets quand ils ont lieu; malheureusement, les moyens de remplir ces indications ne sont pas tous praticables à l'égard des animaux. Pour remplir la première, on u toute la série des antiphlogistiques; mais pour chercher à prévenir l'infiltration et i'épanchement de l'urine, on n'a pas, comme chez l'homme, la ressource de placer une sonde à demeure. Tout ce qu'on peut faire, c'est de dilater la plaie extérieure, quand elle est petite et que la vessie fournit beaucoup d'urine, afin de procurer à ce liquide un écoulement facile. Lorsque, malgré ce soin, l'infiltration urineuse se fait dans le tissu cellulaire, il est à craindre que tous les moyens soient inutiles. On pourrait tenter des scarifications profondes sur tous les points où l'urine se porte et produit l'inflammation; mais comme l'infiltration continue, il est à craindre que les scarifications ne suffisent pas pour ouvrir une large voie au liquide.
La paralysie de la vessie, très-rare dans les animaux, se montre pourtant chez le che val, dans les longues courses où on ne lui permet pas de s'arrêter pour uriner, La vessie, surchargée d'une trop grande quantité d'urine, perd subitement sa faculté contractile et entraîne en même temps la paralysie de l'arrière- train. L'animal, au milieu de sa course, commence à être peu solide sur ses jambes; il ne tarde pas à tomber et ne peut se relever; les seules extrémités antérieures se meuvent et soutiennent la partie anté-
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rieure du corps, tandis que la partie postérieure reste traînante sur le sol. Quand les accidents se bornent là, ils ne sont pas extrêmement dangereux; mais si les phénomènes ressemblent à ceux de l'ischune, le danger est très-grand, et presque toujours la mort a lieu. Les moyens à opposer à cet état consistent, en général, à vider la vessie et à réveiller ensuite la contraction de cet organe ; il faut réitérer la première opération pendant trois ou quatre jours au moins, car ce n'est qu'au bout de ce délai que la vessie commence à se vider seule. Quand on a le bonheur de réussir dans l'application du traitement, la vessie reprend peu à peu ses fonctions, en même temps que le train de derrière recouvre aussi son action. L'animal ne tarde pas alors à se relever. Un bon régime est propre a le rétablir. Mais il n'en est pas toujours ainsi; dans bien des cas, le danger augmente et laisse peu d'espoir de sauver l'animal. V. CYSTITE , ISCUURIR , INCONTINENCE
n'uRiNE, calculs, etc.
— Rupture de la vessie. Cette rupture, chez nos animaux domestiques, peut être déterminée par des chutes faites de lieux élevés, par des percussions violentes dirigées vers cette poche, tandis qu'elle est distendue par l'urine accumulée en grande quantité, comme dans les cas de rétention d'urine, d'oblitération du conduit urinaire par un calcul on autrement. Ce dernier cas a Heu assez fréquemment chez le bœuf; l'animal atteint de calculs engagés dans le col de la vessie ou dans l'urètre trépigne des pieds de derrière,, se frappe le ventre, cesse de manger et de ruminer, se couche souvent, regarde ses flancs, baisse les reins et la croupe et fait différentes contractions de ces parties ; le pouls est élevé, et, si des secours prompts n'arrivent pas, le bœuf se laisse tomber comme une masse. Enfin, la vessie se déchire, et alors, à l'état de trouble, succède aussitôt un calme qui trompe les personnes peu exercées. L'animal cherche à manger, mais il ne remue pas; il ne meurt que vingt-quatre heures après la rupture de la vessie, et Souvent même il vit encore beaucoup plus longtemps. A l'ouverture, on trouve une grande quantité d'urine épanchée dans l'abdomen. La viande a la saveur et l'odeur de l'urine. La vessie présente, à son fond, une déchirure plus ou moins grande; ses membranes sont épaisses, noires et comme gangrenées. Les viscères qui l'avoisinent sont enflammés. Lorsque ces ruptures ont lieu, l'urine s'épanche le plus souvent dans l'abdomen et y provoque une péritonite mortelle. Les moyens thérapeutiques qui pourraient être indiqués en pareil cas seraient très- incertains et d ailleurs peu applicables à nos animaux domestiques.
— Calculs de la vessie. Les espèces domestiques sur lesquelles on rencontre des calculs dans la vessie sont le cheval, l'âne, le bœuf, le mouton, le porc et le chien.
Chez le cheval, on a ramené ces calculs à cinq xariétès:les blanc jaunâtre, les bruns, les blancs durs, les sèdimenteux et les graviers. Les calculs blanc jaunâtre sont assez fréquents et solitaires, sphériques le plus ordinairement et rugueux à leur surface. Au centre exi!>te un noyau sèdimenteux. Ils ont un poids de 390 à 500 grammes; ils sont formés de carbonate de chaux, de magnésie, d'oxalate de chaux et de matière organique. Les calculs bruns, beaucoup moins volumineux que les précédents, sont sphériques ou ovales et parsemés de petites élevures perpendiculaires à leur surface, encroûtées de cristaux d'oxalate de chaux. Ces calculs, dont la composition est à peu près la même que celle de la variété précédente, atteignent un poids de 96 à 130 grammes. Les calculs blancs durs sont rares, d'une forme ovoïde allongée, à surface lisse, blanche, présentant sur certains points des proéminences et des trous qui se prolongent dans le corps du calcul. Ces calculs pèsent de '240 à 270 grammes. Ils sont constitués par le carbonate et le phosphate de chaux, le carbonate de magnésie et de la matière organique. Les calculs sèdimenteux ont une surface lisse, blanc jaunâtre, et se moulent sur les contours de la vessie; ils sont globuleux inférieurenient et aplatis supérieurement. Ces calculs ne possèdent ni noyau ni couches; ils sont constitués par un agglomérat de sable vésical, auquel le mucus donne une assez grande consistance. Us peuvent atteindre le poids de 3101,500 et sont constitués par du carbonate de chaux, de magnésie et de la matière organique. Quant aux graviers, Us se présentent dans la vessie sous forme d'un magma qui, enlevé et séché, durcit et ressemble en tous points aux calculs sèdimenteux; il en possède aussi les éléments constitutifs.
Chez l'âne, on reconnaît trois variétés de calculs : les brun jaunâtre, les blanc jaunâtre et les blancs durs. Les calculs brun jaunâtre ont uue forme ovale allongée. Leur surface brun jaunâtre est parsemée d'inégalités qui la rendent très-rugueuse. Ils atteignent un poids de 350 grammes et plus et sont constitués par du carbonate, de l'oxalate et du phosphate de chaux, du carbonate de magnésie, de la matière organique et des traces de fer. Les blanc jaunâtre ont une grande analogie avec ceux de la première variété du cheval. Leur surface, blanc jaunâtre, rug-.suse, offre des proéminences tu-
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béreuses, partiellement couvertes d'oxalate de chaux. Leur poids ne dépasse guère 190 à 220 grammes. Leur composition chimique est identique à celle des précédents, sauf le phosphate de chaux dont ils sont dépourvus. Quant aux calculs blancs durs, ils se confondent avec ceux de la troisième variété du cheval.
Dans la vessie du bœuf, on rencontre des Calculs blancs ou bruns; cette dernière nuance provient d'une enveloppe brune, mince, recouvrant la couche périphérique blanche ; ils ont une forme sphérique. Leur surface est inégale, bosselée. Ils sont constitués pur l'acide silicique, le carbonate de chaux et de magnésie, de la matière organique et des traces de fer.
Chez le mouton, on rencontre des granulations blanches, variant du volume d'une tête d'épingle jusqu'à la grosseur d'un pois. A l'état frais, elles sont demi-transparentes, de la consistance d'un magma un peu condensé ; exposées à l'air, elles s?effritent rapidement, se désagrègent et tombent en poussière. Leur élément principal est le phosphate amnioniaco-magnésien.
Chez le porc, on reconnaît cinq variétés de calculs : les blancs rugueux, les crétacés, les noirs, les sèdimenteux et les graviers. Les calculs blancs rugueux atteignent un poids de 60 à 80 grammes ; ils sont composés de'phosphate ammoniaeo-magnésien.de phosphate de chaux, de carbonate de la même base et de matière organique. Les crétacés pèsent de 12 à 40 grammes; le phosphate ammoniaco-magnésien s'y trouve en une proportion plus forte que dans la précédente variété. Les noirs pèsent environ 90 grammes; ils contiennent des traces d'hématine en plus que les autres calculs du même animal. Les sèdimenteux pèsent de 500 grammes à 1,000 grammes. Le phosphate ammoniaco-magnésien en constitue l'élément principal. Les graviers ont avec les calculs sèdimenteux les mêmes rapports que les graviers du cheval.
Dans la vessie du chien, on rencontre quatre variétés de calculs : les grands blanc jaunâtre, les blancs anguleux, les jaunâtres et Ceux qui contiennent de la cystine. Les premiers, d'une forme arrondie, allongée, à surface blanc jaunâtre, rugueuse, peuvent atteindre le poids de 500 grammes. Leur constitution chimique comprend du phosphate ammoniaco - magnésien , du phosphate de chaux, du carbonate de chaux , de l'acide urique et de la matière organique. Les blancs anguleux, beaucoup moins volumineux que les précédents, atteignent rarement le diamètre d'une petite noix. D'une forme anguleuse, ordinairement triangulaire, leur surface lisse est d'un blanc pur. Ils atteignent depuis le volume d'un grain de sable jusqu'à celui d'une noisette. Ils ont la composition de la variété précédente, excepté l'acide urique, dont ils sont toujours dépourvus. Les calculs jaunâtres sont de petits corpuscules arrondis, variant du volume d'une graine de moutarde à celui d'un petit pois ; ils ont une surface jaunâtre, lisse, graisseuse, brillante. Cette variété est la moins commune, ils se uissent entamer comme de la cire et sont exclusivement composés de cystine et de mucus qui agglutine les petits cristaux. Les calculs de cystine ont à peu près la même forme et le même volume que les précédents. Ils sont blancs, rugueux, crétacés et pèsent environ 100 grammes. Outre la cystine, ils donnent, a l'analyse, du carbonate de chaux, une trace de phosphate ammoniaco-magnésien et de la matière organique.
Les calculs ont sur la vessie une action mécanique qui se subordonne k leur constitution physique. Elle devient d'autant plus intense qu'ils sont plus rugueux, plus lourds, que leur masse se trouve être plus considérable et que leur contact avec le col de la vessie, la région sensible par excellence, se multiplie davantage. Des calculs arrondis, lisses, peuvent rester longtemps inaperçus et même ne provoquer aucun désordre; ceux qui sont enehatonnés, immobiles, se trouvent dans le même cas. Ces propriétés sont loin de les rendre inoffensifs, car des calculs petits, par suite de leur grande mobilité, pénètrent dans le col de la vessie, l'obstruent et suscitent des accès de spasme du viscère et se caractérisent par une grande difficulté d'uriner, suivant l'oblitération plus ou moins complète du col de la vessie. L'animal se campe souvent, fait de violents efforts pour uriner. Ces accès peuvent avoir une durée de plusieurs heures, cesser tout à coup et être suivis d'une évacuation, lorsque le calcul se déplace et gagne le fond de la vessie. Des calculs volumineux sont quelquefois accompagnés d'une boiteried'un membre postérieur. Au repos, l'urine s'échappe ordinairement avec moins de difficulté; mais, après des mouvements accélérés, les douleurs augmentent et les urines deviennent sanguinolentes. En explorant la vessie par le rectum, on sent près du col, surtout si elle est vide, la concrétion anomale; cette opération n'occasionne point de douleurs, à moins que la région du col et la prostate ne soient tumétiées et sensibles. Le calcul n'est pas toujours situé dans la portion pelvienne de la vessie; il en occupe aussi le fond, qu'il entraîne au delà du bord abdominal du pubis. Lorsque l'affection cal^ culeuse est ancienne, le pénis, flasque et pendant, b'^se écouler l'urine goutte à goutte ;
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ce liquide, touchant la peau des membres, la corrode, et l'animal finit par tomber dans le marasme.
Ces phénomènes sont plus lents à se développer et sont aussi moins violents chez le bœuf. Les rétentions d'urine sont plus opiniâtres et persistent pendant plusieurs jours sans phénomènes bien saillants, même après la rupture de la uesst'e. L'exploration de la vessie par le rectum est, comme chez !e cheval, un moyen précieux de diagnostic. Le mouton affecté de calculs se livre à des efforts qui n'ont pour résultat que l'échappement de quelques gouttes d'une urine claire et qui, sur la. fin de la maladie, n'aboutissent plus à rien. Alors les animaux se météorisent et expirent bientôt dans une faiblesse extrême. Le chien affecté de calculs gratte le sol, se jette sur le dos, fait de vains efforts pour uriner et pousse des cris plaintifs. Les mouvements désordonnés, les cris, les efforts expulsifs caractérisent aussi les calculs vésicaux du porc. Chez ces petits animaux, on s'assure de leur présence par l'introduction du doigt dans le rectum; en même temps, on relève ta paroi abdominale, que l'on rapproche des vertèbres.
L'affection ealeuleuse de la vessie est une maladie grave ; le danger s'atténue considérablement lorsque le diagnostic est posé à temps et que la chirurgie peut frayer une issue au calcul; il en résulte que le pronostic est des plus défavorables dans les calculs vésicaux.
On a vainement cherché des agents capables de dissoudre les calculs de la vessie; le succès n'a justifié aucun des lithotriptiques préconisés. Ceux qui ont été essayés sur les animaux sont l'eau vinaigrée et l'acide'chlorhydrique dilué. 11 faut donc renoncer à toute tentative de dissolution, qui n'est qu'une perte de temps, et ne pas hésiter à retirer le corps étranger par l'opération (v. cystotomik). Chez la jument, dont l'urètre plus large et plus court permet un accès plus facile dans le réservoir urinaire, on peut extraire par cette voie les petits calculs qui s'engagent dans le col de la vessie Le sable vésical, dans la jument, peut être extrait à l'aide d'une curette et par des injections qui l'évacuent entièrement. Le cheval ne se prête pas a des manipulations de ce genre ; mais on réussirait peut-être par les diurétiques combinés avec des compressions exercées sur la vessie au moyen de la main introduite dans le rectum.
Le calcul éloigné, on a soustrait l'économie à une cause de désordres graves; mais il faut prévenir la récidive. La prophylaxie réside entièrement dans le régime hygiénique; les fourrages, les eaux contenant en minime proportion les sels calcaires, magnésiens et l'acide silicique, l'exercice modéré, le pâturage constituent l'ensemble des moyens les plus propres à éviter la reproduction des concrétions et à mettre un terme aux prétendues diathèses calculeuses.
— Ichthyol. Vessie natatoire des poissons. C'est la poche remplie d'air placée dans l'abdomen des poissons, sous leur épine dorsale, et communiquant ordinairement avec l'estomac ou l'œsophage par un canal particulier. Néanmoins, l'air de la vessie natatoire ne vient pas directement par cette voie de l'atmosphère. Il est le produit d'une sorte de sécrétion opérée dans les parois mêmes de ce réservoir, dont la structure est glanduleuse et très-vasculuire. Nous parlons des fonctions de cet organe au mot ichtbyologii!, tome IX, page 540.
VESS1GON s. m. (vè-si-gon). Art vétér.
Tumeur molle qui se forme au jarret du cheval.
— Encycl. On donne le nom de vessigon à des tumeurs molles dans toute leur étendue, fluctuantes dans certains points, ordinairement indolentes, qui naissent aux parties latérales de l'articulation du jarret du cheval, entre la pointe du caloanéum et la partie inférieure du tibia, snV les côtés des tendons qui viennent à la pointe du calcanéum; ou au-dessus des boulets, de chaque côté des tendons qui passent à la face postérieure des canous ; ou quelquefois à l'articulation du genou. On les nomme vessigous quand on les observe au jarret; on les appelle molettes quand on les observe au-dessus et à côté du boulet. Le nom de vessigon vient sûrement de la ressemblance qu'on a cru remarquer entre ces tumeurs et des espèces de vessies, et leur mollesse leur aura probablement fait donner celui de molette. En général, les vessigous et les molettes ne sont dus qu'à l'inflammation aiguë ou chronique des membranes synoviales, et ils ne constituent par conséquent qu'un symptôme de l'irritation de ces organes.
Les causes des vessigonsse rapportent à des violences extérieures et k des mouvements étendus et brusques, qui distendent les tissus fibreux des articulations ou des gaînes tendineuses, les affaiblissent à la longue, après les avoir irritées, les déchirent même et privent les membranes synoviales de l'appui qu'elles en reçoivent. Ainsi, les coups, les chutes, les contusions, les blessures dans les articulations, le flottement répété des surfaces articulaires, tel qu'il a lieu dans les exercices violents ou trop prolongés, les grandes fatigues, les efforts considérables , l'entorse, les distensions forcées, les actions où le che-
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val est obligé de supporter ou de retenir la . masse du corps ou de maîtriser la charge, tous les mouvements portés au delà de lu force extensive naturelle des articulations ou des tissus qui les entourent sont susceptibles de développer une inflammation capable à son tour de donner lieu à la lésion dont nous nous occupons. Cette inflammation peut naître encore sous l'influence du froid humide, surtout lorsque son action est brusque et circonscrite, ou lorsqu'il agit pendant longtemps d'une manière continue; c'est même ainsi que le séjour prolongé ou l'habitation dans les lieux bas et humides expose les chevaux à contracter des vessigons et des molettes, que ces tumeurs se manifestent par suite de l'action vive du froid et de l'humidité sur les articulations des membres d'un animal en sueur. Dans les chevaux de selle, l'inflammation des membranes synoviales peut être occasionnée par la dureté de la inainndu cavalier, également par des arrêts trop prompts et non prévenus, et plus encore par un état de contention trop longtemps soutenu, comme quand on met le cheval sur les hanches et qu'on cherche à le rassembler. Dans les chevaux d'équipage, c'est aussi la dureté de la main du cocher, les arrêts trop courts, les reculades inconsidérées, les coups de fouet donnés en même temps que l'on retient les chevaux. Il en est de même pour les chevaux de charrette, à cause des efforts que font ces animaux soit en montant, soit en descendant; à cause aussi de la brutalité des conducteurs, qui exigentde leurs chevaux plus qu'ils ne doivent, ou qui les battent à contre-temps ou avant qu'ils soient placés convenablement pour exécuter ce qu'on leur demande. Les marchands de chevaux sont dans l'usage d'avoir des écuries dont le devant est trés-élevé, afin de donner plus d'apparence à leurs chevaux ; à la longue, cette position fatigue beaucoup les jarrets et y fait ainsi naître des vessigons; c est un fait qu'on a eu plusieurs fois occasion d'observer.
Le vessigon, situé entre les condytes du tibia et la corde tendineuse qui passe sur le calcanéum, se montre soit à la face externe du jarret, soit à la fai e interne, mais bien plus rarement, soit à l'une ou à l'autre face en même, temps. Dans le premier et le second cas, il fait saillie d'un côté ou de l'autre ; on le nomme alors vessigon simple. Dans le troisième cas, le vessigon fait saillie de chaque côté du jarret pur deux tumeurs ordinairement d'inégal volume, l'interne étant communément plus grosse que l'externe; le vessigon est alors appelé vessigon chevillé. Lorsque ces tumeurs sont encore peu développées, elles disparaissent pendant la flexion du membre, lorsque celui-ci est levé, et ne reparaissent que dans le moment de l'appui de l'extrémité. D'abord limité par les insertions de la capsule articulaire, le vessigon augmente de volume avec l'nccuinulation de la synovie et peut s'élever plus ou moins. Tous les chevaux en qui les jarrets ne sont pas suffisamment coudés sont beaucoup plus exposés que les autres aux vessigons, surtout quand, trop jeunes encore, ils se trouvent soumis à des travaux pénibles, qui exigent de violents efforts, ou quand on ne les ferre pas convenablement et de manière à établir l'articulation du jarret sur son véritable point de force. Il existe une autre variété de vessigon, plus dangereuse que la précédente et qui a reçu le nom de vessigon soufflé. Ce dernier a son siège sur le tendon d'Achille, ainsi que dans la gaine de ce tendon. C'est une véritable tuméfaction de ces parties, produite par le tiraillement, la dilacération même de quelques-unes des fibres tendineuses, et qui se montre sous une forme d'empâtementqu'on reconnaît au doigt et à l'œil, soit que l'animal ait le membre levé, soit qu'il l'ait appuyé à terre. Cette lésion est te partage des chevaux dont les jarrets sont trop coudés et qu'on emploie prématurément à des travaux ou des services rudes et fatigants. Quelquefois les vessigojis chevillés et soufflés, réunis sur la même articulation, l'enveloppent complètement. Dans ce cas le jarret est dit cerclé; les mouvements en sont très-difficiles, et la boiterie est plus ou moins prononcée. Cette complication rend le mal tout à fait incurable. 11 est important de ne pas considérer comme des vessigons ces tuméfactions inflammatoires et douloureuses du jarret que l'on remarque chez les jeunes chevaux, après de longs voyages qui ont fatigué plus ou moins cette partie; ces engorgements ne présentent ni poche ni réservoir, et il est ainsi peu difficile de les distinguer et de les carac* tériser.
Lorsque ces affections, encore récentes, dépendent de la fatigue, d'efforts considérables, elles disparaissent assez souvent parte seul fait de la cessation de leur cause déterminante. Celles qui sont liées au lymphatisme du jeune âge, entretenu par une alimentation débilitante, disparaissent ordinairement lorsque la dentition est achevée, surtout lorsque les animaux, soustraits au pacage, sont mis au régime de l'avoine. Mais lorsqu'elles sont très-auciennes, les moyens les plus énergiques sont souvent impuissants a las faire disparaître. 11 peut arriver qu'à la suite d'une action irritante, exercée sur la synoviale en hypersécrétion , l'inflammation naisse ou se ravive après s'«fc"> éteinte. Cette inflammation, contenue dans des limites mo-
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dérées, n'est parfois que le prélude de la résolution; mais, plus violente, elle peut amener la suppuration et toutes ses conséquences. On constate parfois dans les articulations des corps flottants, fibreux, cartilagineux, ou même osseux, que l'on croit, en général, formés en dehors de l'articulation, dans laquelle ils tombent en refoulant la capsule en dedans, et après résorption de leur pédoncule. Ils déterminent des douleurs intermittentes ou continues, très-vives, lorsqu'ils viennent à être comprimés entre les os et les parties environnantes.
Le traitement de ces sortes de tumeurs est ordinairement difficile et très-souvent infructueux ; on a employé différents moyens pour les faire disparaître, et presque généralement ils sont demeurés sans résultat; ces lésions sont en effet du nombre des plus rebelles. Cependant, lorsque les tumeurs sont récentes et peu considérables, que les sujets sont jeunes et d'ailleurs bien portants, «1 ne doit pas toujours désespérerde les voir disparaître avec le temps eturi traitementconvenable ; mais, dans les cas même les plus heureux, on remarque que l'articulation qui a été ain>i lésée conserve une grande tendance à la récidive, dès que lescirconstaneesqui en ont provoqué le premier développement se présentent de nouveau. Ainsi, dans le cas où la cause résulte du séjour dans une écurie dont le sol est trop élevé en avant, si ce séjour ne dure pas longtemps et que les chevaux soient changés d'habitation pour être placés dans des écuries dont l'aire n'ait que l'inclinaison nécessaire à l'écoulement des eaux, il n'est pas très-rare de voir les vessigons disparaître et ne plus revenir, à moins que la même cause ne se renouvelle, ou que d'autres causes accidentelles ne surviennent. Il estdes poulains dont les jarrets se trouvent ainsi lésés à cause de certaines saisons ou de certaines localités; une saison plus favorable, le changement de lieu , un accroissement marqué des individus amènent souvent la disparition spontanée des vessigons; on peut aussi y ajouter un traitement local bien indiqué. Si l'on a lieu de croire que las vessigons sont le produit du défaut d aplomb du cheval, une ferrure faite avec méthode peut concourir efficacement au succès du traitement qu'on juge indiqué. Mais lorsque les vessigons, sont anciens, volumineux, et que la membrane synoviale a contracté de l'épaississementou d'autres altérations pathologiques, il est fort à craindre que l'espoir d'obtenir la résorption du liquide épanché ne soit nul.
Si les vessigons sont le résultat de contusions, de blessures ou d'autres violences extérieures, les petites saignées locales ou générales, les topiques étnollients et anodins, les pédiluves aqueux , les boissons blanches nitrées et le repos sont peut-être susceptibles de produire quelquefois de bons effets au début, surtout si l'on insiste sur eux avec persévérance. Si l'on obtient du mieux, on peut alors recourir aux révulsifs appliques aux téguments mêmes qui recouvrent la partie malade. Ces révulsifs consistent en frictions ou applications vésicantes : teinture de cantharides, feux anglais, français, Uniment Boyer, topique James , onguent vésicatoire, onguent do Lebas. Il faut parfois revenir deux, trois, quatre, cinq fois à ces agents à des intervalles de quinze, vingt jours, un mois. Il est bon de les alterner et de faire succéder les plus forts aux moins actifs, et vice versa, suivant l'indication, avant d'arriver au résultat désiré, l.es fondants, frictions de pommade mercurielle double, de protoiodurc, de deutoiodure de mercure, d'iodure de potassium ioduré, de teinture d'iode, alternées entre elles ou avec les précédentes, rendent aussi de bons services, ainsi que des emplâtres de poix fondue avec térébenthine et cire, appliqués chauds sur les tumeurs synoviales et soutenus, lorsque cela est possible, par un bandage compressif. Il faut que les emplâtres restent en place environ quinze jours; ils cautérisent légèrement, compriment, en se desséchant, les tumeurs; c'est sans doute à cette double action que doivent être rapportés leurs bons effets.
Lorsque les agents précédemment énumérés sont reconnus inefficaces, la cautérisation actuelle est le moyen auquel on finit généralement par avoir recours. 11 est véritablement héroïque, mais il a l'inconvénient de laisser à la peau des solipèdes des traces indélébiles. C'est pourquoi on a cherché à substituer à ses deux inodes d'emploi les plus ordinaires, la cautérisation en pointes ou en raies, encore dite inhérente ou transcurrente, d'autres procédés, tels que la cautérisation objective et la cautérisation médiate. Ces deux derniers moyens ne sont pas sans grands inconvénients. Mais quel que soit le mode d'application du feu, lui aussi peut rester impuissant à résoudre les tumeurs synoviales. Pour ce motif et même pour le motif beaucoup moins sérieux des traces qu'il laisse à la peau et que, chez les bêtes de luxe, on doit tenir a éviter, on a fait suivre ou précéder le feu de diverses opérations chirurgicales qui toutes ont pour but de faire évacuer le liquide des poches synoviales et de tarir ensuite, Ou bien de contenir sa sécrétion dans les limites normales. Ces opérations sont : la ponction simple et directe avec le bistouri, le trocart; lu ponction avec le cautère en pointe et l'aiguille à séton; la ponction sous-cutanoo, à I aide du trocart et
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du bistouri; l'incision des tumeurs dans toute leur étendue; la ponction directe ou souscutanée , suivie de l'injection d'un liquide destiné à modifier l'état de la synoviale; enfin l'électricité galvanique et la galvano- . puncture.
VEST s. m. (vèstt — du lat. vestis, vêtement). Féod. Acte par lequel le seigneur foncier ou sa justice investissait l'acquéreur d'un héritage tenu en roture de la possession de cet héritage. I! Droit de vest et devest, Droit qu'on payait au seigneur en prenant possession d'un héritage.
VESTA s. t. (vè-sta — nom mythol.). Astron. Petite planète découverte en 1807, et qui est placée entre Mars et Jupiter.
— Entom. Genre d'insectes coléoptères pentamères, de la tribu des lampyrides, comprenant trois espèces, qui habitent Java et la Bolivie.
— Encycl. Astron. Vesta est la quatrième des petites pianotes qui circulent autour du soleil, entre Mars et Jupiter. Elle fut découverte par Olbers le Î9 mars 1807, à Brème. Sa distance -au soleil est 2.36063, celle de la terre étant prise pour unité; la durée de sa révolution est de 3 ans 63 jours; son excentricité est 0,09018 ; enfin , le plan de son orbite fait un angle de 7" 8' lu" avec le plan de l'écliptique.
VESTA, divinité païenne, probablement d'origine persique, dont l'attribut était le feu et qui était chez les Romains la déesse du foyer domestique. En Crète, elle passait pour la fille aînée de Cronos et de Rhéa,et elle était restée vierge, à l'exemple de Minerve. On lui dédiait à ce titre une génisse âgée d'un an. <s On consacrait à Vesta, dit Creuzer, un feu ■nr, qui ne devait jamais s'éteindre et qui rùlait en son honneur sur l'autel domestique, c'est-à-dire sur le foyer. En effet, de même que la grande déesse du feu, Mithra, agit par un pouvoir invisible dit sein de la terre où elle réside, de même, du fond de la maison où on l'honore, elle répand ses bénédictions sur la maison et la famille entière.»
Le culte de Vesta était confié à des prêtresses qui, dans certains lieux, pouvaient être des veuves; mais, à Rome, les vestales devaient toujours être vierges. Leur principale fonction était d'entretenir le feu sacré; si ce feu venait à s'éteindre, il était aussitôt renouvelé, sans qu'on se servît, pour le rallumer, d'un feu matériel ordinaire. On employait seulement celui qu'on pouvait obtenir par les rayons du soleil, ou par un autre moyen extraordinaire. Plutarque dit que, pour parvenir à ce but, les Romains employaient un vase conique de cuivre, appelé scaphia, -iui avait un petit trou au milieu, prolongé en ornie de cylindre; on mettait au-dessous deux petites planches sèches auxquelles le feu prenait facilement par l'effet du soleil. L'action de ces vases provenait de la réunion des rayons solaires en un seul point. C'est lo même résultat que nous produisons avec nos verres lenticulaires, et l'usage de ce procédé chez les Romains a précédé de beaucoup d'années la célèbre invention des miroirs ardents d'Archimède.
Sextus dit que l'on se servait encore d'une planche sèche, que l'on perforait avec une tarière de fer ; d'autres auteurs disent que l'on frottait rapidement une planche de laurier ou d'olivier contre un morceau de bois do hêtre. Le feu était produit, dans l'un et l'autre cas, par l'action du frottement. Ce moyen est connu, comme on sait, des peuples sauvages et n'a rien de plus extraordinaire que l'usage du briquet et du phosphore. Mais il suffisait à l'imagination superstitieuse du peuple que le procédé employé pour produire le feu sacré différât de celui qui servait pour la production du feu ordinaire.
Le culte de Vesta, établi à Rome par Numa, devint une des grandes institutions de la république et subsista jusqu'à la ruine de l'empire et l'avènement du christianisme ; c'était dans le temple de Vesta qu'était placé le palladium, gage du salut de l'Etat. On la représente portant le palladium, une clef dans une main et un sceptre dans l'autre, et ses médailles portent pour titre : Vesta mater (Vesta, mère de la patrie). Quelques statues de Vesta représentent une matrone tenant de la main droite un flambeau. Sur une médaille, elle est représentée tenant d'une main une sorte de cuiller appelée scapula et de l'autre une pique. Elle est tantôt voilée, tarîtôt sans voile, assise ou debout. V. vestale.
VESTALAT s. m. (vè-sta-la — rad. vestale). Antiq. rom. Corps des vestales. Il Espace de trente ans, pendant lequel les vestales devaient conserver leur virginité.
— Philos, soc. Dans le système de Fourier, Corps de jeunes gens et de jeunes filles vierges.
VESTALE s. f. (vè-sta-le — lat. vestalis, formé de Vesta). Antiq. rom. Nom donné aux prêtresses de Vesta , qui devaient demeurer vierges et entretenir le feu sacré dans le temple de la déesse.
— Par ext. Fille, femme d'une grande chasteté : C'est une vestale, une vraie vestale. Il est peu de vestales.
— Philos, soc. Dans le système de Fourier, Jeune fille vierge qui l'ait partie du vestalat,
— Encycl. Les vestales étaient choisies au-
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tant que possible dans les premières familles et n'étaient point admises au-dessous de six ans ni au-dessus de dix ans. Il fallait qu'elles fussent exemptes de tout défaut corporel. Le temps de leur ministère durait trente années, pendant lesquelles elles devaient garder la chasteté. Les trenie années accomplies, elles pouvaient se dépouiller du sacerdoce et se marier. Elles jouissaient de privilèges et d'honneurs considérables, avaient le droitde tester sans curateur, n'étaient point soumises à la tutelle (les Romaines l'étaient toute leur vie), pouvaient se faire précéder de licteurs et étaient crues en justice sur leur simple parole. Leur présence sauvait la vie au criminel qu'elles rencontraient fortuitement pendant qu'on le menait au supplice. Il y avait des vestales en Italie, notamment chez les Sabins, avant la fondation de Rome. On enattribuel'institution danscettecité àNuma. Il n'y en eut d'abord que quatre; Servius Tullius (ou Tarquin) porta leur nombre à six. Lo collège des vestales, après onze cents ans d'existence, fut aboli par Théodose l'an 3S9. Les dix premières années du service des vestales étaient employées à acquérir les connaissances de leurs devoirs; les dix suivantes, à les mettre en pratique étales observer scrupuleusement, et les dix dernières étaient consacrées à l'instruction des novices. D où il résulte qu'il n'y avait jainais que six vestales en exercice, mais qu'il y avait au moins dix -huit vestales attachées au temple. La grande vestale pouvait être prise sur les six vestales hors d'exercice; elle pouvait également l'être sur les vestales honoraires; car il y avait des vestales honoraires, c'est-àdire des vestales qui, après leur trente années obligatoires accomplies, obtenaient de rester attachées au temple.
La vie des vestales n'avait rien de fort rude ni de fort sévère. Elles étaient, il est vrai, logées dans l'enceinte du temple; mais elles n'y vivaient point en commun ; chacune avait sa maison montée ; elle y recevait ses parents et ses amis, leur donnait à manger et faisait les honneurs de sa table avec plus de liberté qu'une dame romaine n'aurait fait chez elle. S'il arrivait qu'elles eussent besoin de changer d'air, par raison de santé, le grand pontife les remettait entre les mains 0e quelques dames romaines d'une vertu reconnue, qui briguaient cette charge comme un honneur.
L'offre volontaire d'une fille par son père était récompensée pardes honneurs. Suétone, dans la Vie d'Auguste, dit que si, dans ce temps, des pères tâchaient de soustraire leurs enfants au culte dé Vesta par des motifs particuliers, d'autres allaient'au-de vaut du choix public. Ainsi Auguste, en sa qualité de souverain pontife, remercia Fonteius Agrippa et Domitiu3 Pollion d'avoir offert leurs filles. Le choix tomba sur" celle de Pollion, parce que Fonteius avait divorcé avec sa femme. La jeune fille refusée ne resta pas néanmoins sans récompense : Tibère lui assigna une dot de 1 million de sesterces.
Auguste rendit, en l'an 756 de Rome, un édit en vertu duquel on put désormais prendre les vestales même parmi les filles d'affranchis. Il arriva aussi qu'on admit au vestalat Junia, sœur de Silanus, dans un âge plus avance que celui qui était prescrit.
La loi qui pourvoyait au remplacement des vestales dont le temps de service était accompli était la loi Pappia. Le grand pontife, en vertu de. cette loi, choisissait vingt jeunes Romaines, que l'on prenait dans toutes les classes, pourvu seulement qu'elles remplissent les conditions prescrites. Les vingt noms étaient mis dans une urne devant les pontifes assemblés, devant les vestales et en présence du peuple. Le souverain pontife procédait au tirage par le sort ; le premier nom qui sortait de l'urne désignait la vestale, que l'on supposait ainsi choisie par la déesse.
Lorsqu'un père faisait volontairement l'offre de sa fille, ou que, contraint par la loi, il la conduisait lui-même au temple pour qu'elle fut admise dans l'ordre des vestales, il la remettait au souverain pontife assis dans un fauteuil. On appelait cet acte prise de vestale, parce que le pontife prenait la jeune fille dus mains du père et semblait la lui arracher, suivnnt la formule juridique. Il la déclarait aussitôt affranchie de l'autorité, paternelle, sans autre formalité ni cérémonie, et l'emmenait comme prise de guerre.
Sitôt qu'on avait reçu une vestale, on lui coupait les cheveux et on attachait sa chevelure à une branche de lotus, ce qui était regardé comme une marque d'affranchissement et de liberté. La vestale laissait ensuite sa chevelure croître à son gré et flotter sur ses épaules ou lui donnait toutes les formes que l'art et le goût mettaient à son service. Elle recevait un habillement spécial, recouvert d'une tunique de toile très-fine et d'une blancheur éblouissante,- ainsi que d'un long manteau de pourpre qui, en descendant des épaules, laissait l'un des bras à découvert.
Dans les jours de fêtes et pendant les sacrifices, les vestales rehaussaient encore la dignité de leur costume par des ornements extraordinaires. Elles portaient une espèce do turban qui allait jusqu'aux oreilles et ne dérobaitaux regards aucune partie du visage; elles y attachaient des rubans dont quelquesuns flottaient jusqu'au sein.
La principale fonction des vestales étant de
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maintenir nuit et jour, sans interruption, le feu sacré, on doit admettre qu'elles avaient une règle fixe pour se distribuer les heures de service. Chez les Grecs, on conservait le feu dans des lampes où l'on mettait de l'huile une fois par an; une seule garde suffisait pour l'entretenir; mais à Rome, dans le temple de Vesta, les prêtresses maintenaient la feu dans des vases de terre placés sur l'autel, et dans lesquels il fallait mettre à temps les matières nécessaires pour empêcher l'extinction du feu.
Outre la conservation de cette flamme sacrée, les vestales étaient obligées de faire, dans l'intervalle de la nuit, des prières et des sacrifices particuliers , qui rendaient leurj fonctions plus pénibles. « Quelle est cette injustice, disait Sénèque, qui force de jeunés vierges à interrompre leur sommeil pendant la nuit, pour venir faire des sacrifices, tandis que tant de femmes du inonde sont plongées dans un doux et profond repos? » Elles devaient aussi adresser continuellement aux dieux des vœux pour la conservation et la félicité de l'empire romain. Leurs prières étaient considérées comme les plus efficaces pour le salut public.
Tous les ans, au 15 mai, les vestales jetaient dans le T.bre trente petites figures d'hommes faites de jonc ou d'autre matière semblable; ces figurines représentaient, disait on, trente habitants d'Aigos qu'on préten dait s'être noyés dans ce même endroit. Cette cérémonie devait avoir un autre sens que nous ignorons.
Les vestales étaient des conseillères publiques. On les employait souvent pour rétablir la paix dans les familles, pour réconcilier des ennemis, pour suppléer dans certaines conjonctures au silence de la loi. A certains jours de l'année, elles se transportaient chez le pontife-roi ou le grand maître des sacrifices, qui occupait le second rang dans la hiérarchie religieuse des Romains. Elles l'exhortaient à remplir scrupuleusement ses devoirs, à ne point négliger les sacrifices ordonnés par les dieux, à modérer ses passions, à se borner lui-même aux fonctions de son état, en s'isolant de toute affaire civile ou militaire; à faire connaître au peuple le vrai culte, â ne s'entretenir avec lui que de choses relatives aux sacrifices et aux sants mystères ; à se maintenir dans cet esprit de modération et de recueillement convenable à sa qualité de prêtre... Vtgilasne, rex? vigila... Telle était la formule sacrée qu'elles adressaient au pontife-roi :« Veilles-tu, roi? veille... ■ formule qui, dans la bouche des vestales, rappelle singulièrement la parabole des cinq vierges sages de l'Evangile.
Les vestales avaient des fêtes solennelles appelées vestalies, dont la principale était célébrée le 5 juin de chaque année en l'honneur de Vesta.
Les biens des vestales, dit Symmaque, étaient communs avec le peuple dans les temps de disette. Elles nourrissaient une quantité de pauvres incapables de gagner leur vie et ne permettaient pas qu'aucun fût dans la nécessité de mendier. Elles étendaient même leur bienfaisance sur les étrangers indigents , auxquels on fournissait dans un hospice particulier ce qui était nécessaire à leur subsistance. Ce caractère bienfaisant de l'institution des vestales portait non-seulement les empereurs, mais encore les simples citoyens, à faire des dons et des legs en faveur des vestales. C'est ainsi que la jeune Cornelia, ayant été admise dans 1 ordre à la place de la vestale Scanzia, reçut de Tibère un présent de 2,000 sesterces. Une statue fut érigée à la vestale Suffetia pour un champ dont, elle gratifia le peuple romain. Lorsqu'il arriva plus tard qu'elles furent privées do leurs biens par les empereurs, une disette étant survenue, le peuple pensa que les plus tristes effets en auraient été évités si les vestales n'avaient pas été dépossédées.
Les peines auxquelles les vestales étaient soumises étaient aussi terribles que les honneurs qu'on leur rendait étaient grands. Celles qui avaient, par leur négligence, laissé éteindre le feu sacré étaient battues de verges par le grand prêtre. Les vestales infidèles à leur vœu de chasteté étaient, dans le principe, lapidées, tandis que leur complice périssait sous les verges. Tarquin l'Ancien établit un nouveau supplice, il les fit ensevelir vivantes ; cette loi fut souvent exécutée et se maintint pendant neuf cents aus.
Le supplice de la vestale qui manquait au vœu de virginité s'accomplissait avec des formes solennelles. Un deuil général était décrété, les boutiques étaient fermées, toutes les affaires suspendues. Le complice de la coupable, s'il était arrêté, devait mourir sous les coups de fouet; quant à la vestale, on la descendait dans un étroit caveau muté où elle trouvait un petit lit, une lampe allumée, un peu de pain, de l'eau et de l'huile; la pierre de ce sépulcre était refermée sur ello et scellée.
Nos poètes et nos prosateurs font souvent allusion aux vestales, uu feu sacré qu'elles étaient chargées d'entretenir ou au supplice qu'elles encouraient en perdant leur virginité. Notons en passant l'erreur commise par Alexandre Dumas et Jules Simon dans deux des phrases suivantes. Ces écrivains semblent croire qu'on enterrait vivante la vestale qui
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laissait éteindre le feu ; dans ce cas, elle n'était punie que du fouet.
« Bérangcr avait rêvé une pièce dans le genre d'Aristophane et commencé une satire de mœurs contemporaines sous le nom des Hermaphrodites. La jeunesse dorée avait fourni le sujet ; mais le poète lui-même fut mécontent de son œuvre; il l'enterra vivante comme une vestale qui a laissé mourir le feu sacrée »
Alex. Dumas.
■ Dans les grandes manufactures , c'est le moteur qui est tout. Quand le charbon est allumé, il faut que le métier travaille. Et comme les machines ont une valeur considérable dont l'intérêt court même la nuit, il y a des patrons dont l'usine ne chôme jamais, et dont la chaudière ressemble au feu des vestales, qu'on ne devait pas laisser éteindre sous peine de mort. »
Jules Simon.
« Lorsqu'une révolution arrivait dans l'ancien monde, les livres rares , les monuments des arts disparaissaient; la barbarie submergeait une autre fois la terre, et les hommes qui survivaient à ce déluge étaient obligés, comme les premiers habitants du globe, de recommencer une nouvelle carrière. Le flambeau expiré des sciences ne trouvait plus de dépôt de lumières où reprendre la vie. Il fallait attendre que le génie de quelque grand homme vînt y communiquer le feu de nouveau, comme la lampe sacrée des vestales, qu'on ne pouvait rallumer qu'a la flamme du soleil, lorsqu'elle venait à -s'éteindre, i
Chateaubriand.
Toi, qu'aux douleurs de l'horome un dieu caché con- CompHgne sous les cieux de i 'humble humanité, [vie, Passagère immortelle, esclave de la vie
Et reine de l'éternité, Ame, aux instants heureux comme aux heures funè-
Rayonne au fond de mes ténèbres; [bres,
Règne sur mes sens combattus; Oh I de ton sceptre d'or romps leur chaîne fatale, Et nuit et jour, pareille a. l'antique vestale.
Veille au feu sacré des vertus.