TU ET
guerre. C'est elle qui demande pour lui une armure a- Vulcuin; c'est elle nui le console, lorsqu'il va l'implorer au bord de la mer dans ses douleurs; ce sera, elle enfin qui pleurera sur son corps avec les autres néréides et qui transportera ces tristes restes dans les lies Heureuses.
Suivant M. Maury, Achille, fils de Thétis, la déesse nationale de Phthie, rappelle l'idée d'un fleuve. C'est du moins ce qui résulte du sens étymologique du nom du héros, et ce que confirment plusieurs traits de sa légende. Tbéli. et Pelée (ÉPITHALAMK DE), poëme de Catulle, le seul qu'il ait écrit en vers hexamètres. Quoiqu'aucun grammairien de l'antiquité n'ait parlé de l'origine de cet ouvrage, on a tout lieu de croire qu'il est imité de quelque poème alexandrin. Catulle a beaucoup emprunté aux écrivains de cette période, dont le goût artistique , la grâce un peu raffinée convenaient admirablement à son génie délicat et fantaisiste. Le poëme est d'une composition originale et un peu artificielle, qui n'indique pas une source bien classique. Le poète raconte que, lorsque les Argonautes partit eut pour la conquête de la toison d'or, les nymphes et les néréides s'élevèrent à la surface des flots pour voir cette troupe héroïque, et que leurs beaux seins apparurent au-dessus 'des ondes. Ce fut alors que Pelée se sentit pris d'un vif amour pour la belle Théi.s; Thétis partagea cette passion, et le grand Jupiter consentit a les unir. LaThessalie vit alors accourir en foule les mortels et les dieux, conviés aux noces.
Ce sujet ne sert au poète que de cadre pour raconter l'aventure d'Ariane et de Thésée. Le lit nuptial est, en effet, couvert d'un riche tapis sur lequel est brodée toute cette légende. Sans plus tarder, il se lance dans le récit de l'amour que le jeune Athénien inspira à la tille de Minos :
Hune airnul ac cupido conspexit lumine virgo Renia, quam suaves expiram castris odores Lectulus in molli eomplexu matris alebat, Quales Eurotse progigreunt fluminamyrtos...
• La vierge royale le contempla d'un regard amoureux ; elle était dans les bras de sa mère, couchée sur un lit chaste, d'où s'exhalaient de doux parfums, toute semblable à ces myrtes que portent les rives de l'Eurotas. • Cette gracieuse poésie est comme un écho lointain de Théocrite ; puis viennent les combats de Thésée contre le Minotanre, sa. victoire, les transports des deux amants, enfin l'abandon d'Ariane par le héros infidèle. Ariane éperdue, debout sur le rivage, voit s'éloigner le vaisseau qui l'emporte. La poésie de Catulle est toute pleine de peintures et d'images gracieuses; Ariane s'élance au milieu des flots, ■ relevant ses voiles légers qui laissent voir sa jambe mise à nu ; »
Mollia undaiss toUeniem tegmina sur*.
Ici l'artiste faic peut-être un peu de tort au poète passionné; mais bientôt la passion éclate tout entière dans les plaintes éloquentes de la jeune fille abandonnée :
Siccine me patriis avictam, perfide, ab oris, Perfide, deserto liquisti in litlore, Thcseu! Si tibi non cordi fueraht connubia noslra S&va yuod horrebas prisci prmeepta parenlis, Attamer. in veslrat potuisti dveero sedes, Qusî tibi jucunUo fanuilarer serva labore, Candida permutant liquidis vestigia Ijimphit Purpureave tuum comiernens veste cubitei
« Ainsi, tu m'arrachais, perfide, aux rivages paternels, pour in'abandonner sur un rivage désert, perfide Thésée 1 Si mon hymen ne te souriait pas, si tu redoutais les ordres sévères de ton vieux père, lu pouvais ou moins m'ernmener a ta suite dans votre palais ; là, devenue ton esclave, j'aurais eu la joie de te servir, d'arroser doucement d'une eau pure tes pieds blancs, d'étendre sur ton lit les tapis de. pourpre. »
Le châtiment de Thésée aussitôt commence. La fatale nef aux voiles noires que l'infidèle a oublié de remplacer est aperçue de loin par son père, Egée, qui, de désespoir, se précipite dans les Ilots. Les plaintes du malheureux père, dans le poëme de Catulle, sont un des plus beaux morceaux de la muse latine.
L'épisode achevé, Catulle reprend son cadre; il achève de décrire les noces de Thétis et de Pelée. Virgile a beaucoup emprunté à ce poëme, d'une large facture, empreint d'une gi'âee et d'une passion souveraines; il lui doit les éloquentes récriminations de Didon, abandonnée comme Ariane , et n'a pas inèine dédaigné de copier ça et là quelques vers.
ThétU et Pelée, tragédie lyrique en cinq actes, avec un prologue, paroles de Fontenelle, musique de Colasse ; représentée à l'Académie royale de musique le il janvier 1689. La pièce est précédée d'un prologue, où la Nuit, la Victoire et le Soleil dialoguent et chantent les louanges du roi ; on était à la veille de la guerre de la ligue d'Augsbourg, et rien ne faisait encore prévoir que Louis XIV, alors à l'apogée de sa gloire, était sur le point d l'éprouver de longs revers. Ce prologue est uu écho des fêtes de Versailles. La tragédie elle-même est un éeheveau de quatre ou cinq amours enchevêtrées, qui se débrouille on ne sait point trop comment. Pelée aime Thétis, déesse de la mer, et en est aimé; mais il a pour rival Neptune, redoutable concurrence qui force les amants à