‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 15Chapitre 673 sur 1042 · OHNE 60LUM FOB.T1 PATRIA EST, QUIA PATB.IS · texte numérisé non relu

OHNE 60LUM FOB.T1 PATRIA EST, QUIA PATB.IS

« L'homme fort trouve en tout lieu une patrie ; partout, c'est le sol de son père. »

On remarque parmi les habitants de Vevey un grand nombre de goitreux. De Saussure, qui a toujours hésité sur les causes de cette affection, ne sachant si on devait la rapporter à l'eau, à l'air ou à d'autres causes, avait fait cette remarque pour Vevey. Struve le minéralogiste ne balançait pas à expliquer le fait par les mauvaises. eaux des fontaines. Fbel émit du même avis : « Les eaux de fontaine n'y sont pas bonnes, dit-il, et il n'y a aucun autre lieu situé au bord du lac où l'on voie autant de goitres qu'à Vevey. » Dans ces dernières années, on a fait des efforts de tout genre pour y remédier.

Vevey n'a pas d'histoire politique particulière. Elle a subi k pe"u près les mêmes destinées que Lausanne et les autres villes des environs. Fondée par les Gaulois, devenue ensuite une cité romaine, tour à tour envahie et détruite par les barbares, reconstruite sous les>empereurs, agrandie sous les ducs de Zeehringen, elle fut mise à feu et à sang en 1476 par un bailli du Simmenthal pour avoir fourni des secours à Charles le Téméraire , et enfin soumise pendant plusieurs siècles aux Bernois. Vevey regagna son indépendance, comme tout le canton de Vaud, lors des grands événements du siècle dernier.

La situation magnifique de cette ville et la douceur du climat y ont attiré depuis longtemps un grand nombre d'étrangers. Mais ce sont les ouvrages de Jean-Jacques Rousseau qui ont principalement contribué à rendre Vevey célèbre, il faut voir dans les Confessions toutes les raisons qu'il avait d'aimer cette ville, où était née Mme de Warens. En 1732, il avait vingt ans, et, faute d'autre ressource, il donnait des leçons de musique à Lausanne. C'est alors qu'il prit pour Ve- vey un amour extraordinaire. « Comme Vevey, dit-il, n'était qu'à 16 kilomètres de Lausanne, j'y fis une promenade de deux ou trois jours, durant lesquels la plus douce émotion ne me quitta point. Je pris pour cette ville un amour qui m'a suivi dans tous mes voya ges, et qui m'y a fait établir enfin les héros de mon roman. Je dirais volontiers à ceux qui ont du goût et qui sont sensibles ; Allez . a Vevey, visiies le pays, examinez les sites, promenez-vous sur Je lue, et dites si la nature n'a pas fait ce beau pays pour une Julie, pour une Claire et pour un Saint-Preux; mais ne les y cherchez pas. »

On célèbre cinq ou six fois par siècle, à Vevey, une fête populaire, renommée dans toute la Suisse et connue sous le nom de fffte des vignerons. L'origine de cette solennité, dont la mise en scène est originale, est restée incertaine ; tous les documents qui la concernaient ont été brûlés dans le grand incendie qui, eu 1688, dévora les deux tiers de la ville. On sait seulement que, de temps immémorial, il existait à Vevey une société vinicole appelée l'Abbaye des vignerons, qui avait pour devise : Ora et taôora, « Prie et

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