‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 15Chapitre 674 sur 1042 · VEXA · texte numérisé non relu

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travaille, » et que c'était elle qui organisait îa fête. Les archives de cette société ont u'un manuel de 1647 le mille-

péri; on n'a conservé qu'un manui et une coupe de Bucchus portant

sime de 1618 et ornée des écussons des ab bés. Quelques historiens prétendent que les religieux du couvent de Haut-Cret défrichèrent les rocs buissonneux de La Vaux, et les terres, alors incultes, des environs de Vevey, pour y implanter la vigne. Voulant récompenser les vignerons de leurs labeurs, les moines de Haut-Cret avaient coutume de les rassembler à Vevey, chaque année, à l'époque des vendanges, et leur accordaient le plaisir d'une procession par la ville, procession accompagnée de chants sacrés et pro-, fanes, en patois du pays, dans laquelle les cultivateurs portaient leurs instruments aratoires et qui était suivie d'un banquet où l'on n'épargnait pas le vin.

Peu à peu, dans la célébration de la fête, on s'écarta de la simplicité primitive et de nouveaux ornements y furent sans cesse ajoutés. La procession devint un véritable cortège allégorique et mythologique. Bacchus sur un tonneau, Cerès et Paies en étaient les personnages obligés. En 1797, la fête des vignerons fut très-brillante, elle le fut aussi eu 1819, après une interruption de vingt-deux ans, causée tant par les événements politiques qui ébranlèrent l'Europe, que par une suite d'années calamiteuses. En 1833, elle fut célébrée avec plus d'éclat encore et de magnificence; vingt mille spectateurs environ assistèrent à cette cérémonie, mélange bizarre de traditions mythologiques, de pratiques chrétiennes, de vieilles coutumes, de danses, de chants, de banquets et de représentations dramatiques dans lesquels figuraient plus de cinq cents acteurs, dont les costumes étaient appropriés à leurs rôles et d'une élégance remarquable. En 1846, la fête des vignerons fut célébrée k Vevey avec une .pompe et un luxe plusgrands encore; quantité de curieux affluèrent de toutes parts, de France surtout, et un grand nombre de journalistes parisiens allèrent y représenter la presse; on en vit des comptes rendus dans tous les journaux : nous les résumons brièvement.

Le cortège se divise d'ordinaire en neuf groupes; le premier, qui ouvre la inarche et reçoit dans ses rangs le conseil de la Société, est celui des bergers et jardiniers; il se compose des vignerons notables , mêlés à des bergers et bergères, jardiniers et jardinières en costumes pittoresques ; le second est ta troupe de Paies; la déesse, entourée de prêtresses et de canéphores, est portée par quatre nymphes, accompagnées de faucheurs et de faneuses ; le troisième est composé de bouviers conduisant un char où Sont rangés tous les ustensiles des chalets et des laiteries suisses; des vaches et leurs conductrices sont mêlées à ce groupe; le quauieme est formé de quarante jeunes gens entourant un drapeau; le cinquième, celui des vignerons du printemps, se compose des vignerons lauréats, de forgerons, de rémouleurs et d'efleuilleuses; le sixième, appelé troupe de Cérès, et for;né de semeurs, de moissonneurs et de glaneuses, entoure la déesse aux blonds épis; le septième, appelé troupe de Bacclius, comprend des sacrificateurs, un grand prêtre, et a pour centre le dieu du vin, monté sur un tonneau, escorté de faunes et de bacchantes , et accompagné du vieux Silène titubant sur son âne; le huitième, vignerons d'automne, est composé de inessiers ou gardes champêtres, de deux vignerons portant la grappe, de Jéricho, de vendangeurs et de tonneliers; le crieur du vin porte un bouquet de houx; le neuvième enfin, appelé la noce villageoise, est composé de musiciens revêtus de l'ancien costume suisse, d'un faiseur de gaufres avec Son fourneau, du baron et de la baronne, vêtus à l'ancienne mode des seigneurs féodaux, de l'époux et de l'épousée, de vieillards avec leurs femmes, d'amis et d'amies faisant cortège et conduisant un char qui porte le trousseau. Un détachement du Suisses avec hallebardes ferme la marche.

Le but pratique de la fête, ce sont les récompenses et les primes accordées aux meilleurs vignerons. Une couronne , une médaille d'honneur et vingt-cinq primes sont distribuées solennellement aux lauréats, désignés par une commission et joignant à l'intelligence et au travail une moralité irréprochable.

La fête dure deux jours et se termine par un banquet monstre, dressé sur la grande promenade de la ville, et auquel prennent part, avec les lauréats, la Société vinicole et les autorités de la ville, tous ceux qui ont figuré dans le cortège.

VEXANT, ANTE adj. (vè-ksan, an -te — rad. vexer). Fain. Qui vexe, qui contrarie, qui taquine : Procédé vexant. Réponse vexante.

VEXATEUR, TRICE adj. (vè-ksa-teur, tri-se — rad. vexer). Qui commet, qui cause des vexations : Pouvoir vexaTEUr. Administration VeXATRICE.

— Substantiv. Personne qui vexe.

VEXATION s. f. (vè-ksa-si-on — lat. vexatio; de vexare, vexer). Action de vexer, de tourmenter, de persécuter : Exercer, commettre des vexations. Etre exposé aux vexations. A peine les Turquins furent-ils morts

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que les nobles accablèrent le peuple de toutes les vexations imaginables. (Machiavel.) Plus d'une àme qui a traversé les plus rudes épreuves a été brisée par une succession d'ignobles vexations. (Cosse de Blessington.)

VEXATOIRE adj. (vè-ksa-toi-re — du lat.

vexare, tourmenter). Qui vexe, qui a le caractère d'une vexation : Mesure vexatoire. Il ne sera pas dit que j'aie laissé passer un article vexatoire pour la liberté de la presse sans avoir au moins protesté contre. (Chateaub.) Tout si/stème vexatoire porte la peine de ses vexations. (B. Const.)

VEXER v. a. ou tr. (vè-ksé — lat. vexare, proprement secouer, ballotter, tirailler. C'est

e fréquentatif du verbe vehere, tirer, traîner, porter, qui correspond a la racine sanscrite vah, porter, conduire, en zend vaz, en grec ocheô, en gothique vigan, en ancien slave vesti, en lithuanien weszti et toezu, etc.). Tourmenter, inquiéter, persécuter ; Vexer ses administrés, ses subordonnés, ses inférieurs.

Mes aïeux jamais dans leurs terres

N'ont vexé les serfs indigents.

EÉRANOER.

Il Taquiner, fatiguer, contrarier : Il me vexe avec ses questions. Ce temps-là me vexe affreusement.

— Absol. : En passant toujours dans le parti qui triomphe, on ne perd jamais le plaisir de dominer et de viîxer. (Boisle.)

Se vexer v. pr. Etre contrarié, se fâcher : C'est un homme qui se vexe de la moindre chose.

— Syn. Vexer, molester,, persécuter, etc. V. MOLESTER.

VEXILLA s. f. (vè-ksil-la — du lat. vcxillutn, étendard). Moll. Genre de mollusques gastéropodes, du groupe des pourpres.

VEXILLAIRE adj. (vè-ksil-lè-re — latvcxitlarius ; de vexillum, étendard). Qui a la forme d'un étendard.

— Mar. Signaux vexillaires, Signaux d'enseignes, de pavillons.

— Bot. Se dit d'un mode particulier de préfloraison dans lequel un pétale est ployé en deux, de manière à recouvrir tous les autres, comme dans les fleura des légumineuses.

— s. m. Antiq. rom. Porte-enseigne à qui était confié le vexillum. Il Nom donné aux vétérans qui, tirés d'une légion pour être incorporés dans une autre, y combattaient sous un vexillum spécial.

— Bot. Genre d'arbrisseaux grimpants, de la famille des légumineuses, tribu des phasôolées, comprenant cinq ou six espèces, qui croissent dans l'Amérique tropicale.

Voiiiio régi*, premiers mots d'une hymne religieuse composée par Fortunat. V. hymne.

VEX1LLAT10N s. f. (vè-ksil-la-si-on — lat, vexitlatio; de vexillum, étendard). Antiq. rom. Corps de vétérans ou de cavaliers combattant sous le même vexillum.

VEX1LLE s. m. V. VEXILLUM.

VEXILLÉ, ÉE adj. (vè-ksil-lé — du lat.

vexillum, étendard). Hist. nat. Qui est muni d'un organe en forme d'étendard.

VEXILLUM s. m. (vè-ksil-lomm — mot lat. formé de vehere, porter). Antiq. Etendard des armées romaines. et pavillon des vaisseaux. Il On dit aussi vexillb.

— Encycl. Quand les historiens latins se servent du mot vexillum, en parlant des premiers siècles de la république romaine, ils l'appliquent à l'étendard du manipule ; mais on voit, chez les mêmes historiens, que ce mot désigna plus tard l'étendard de la cohorte dans l'infanterie et celui de la turtne dans la cavalerie. Voici quelle fut, en général, la forme du vexillum : un petit carré d'étoffe en laine, suspendu par les deux coins supérieurs à un bâton fixé en croix au-dessous du fer d'une lance. Au temps de l'empire, le vexillum fut surmonté d'un aigle et porta à la hampe le portrait du prince régnant. On étendit alors le sens du mot vexillum, et il signifia tin étendard quelconque, excepté l'aigle sacré de la légion. Nous trouvons, par exemple, chez Tacite les expressions suivantes : vexillum tironum [Annales, II, 78), le vexillum des soldats nouvellement recrutés; Germanica vexilla (Histoires, I, 31), les vexillums des Germains; equitum vexilla (Hist., II, 2), les vexillums des cavaliers; Manipuli ante cceptam ieditionem... vexilla couve tlunt[Ann., 1,20), "les manipules, avant le commencement de la sédition, arrachent les vexillums. » Les poètes chrétiens, par suite du sens général qu'avait pris le mot vexillum, l'employèrent pour signifier l'étendard de la croix ; ainsi , on trouve dans l'hymne célèbre de Fortunat :

Vexilla régis prodeunt; Fulget crucis myslerium...

Les navires romains avaient des vexillums qui se plaçaient à la poupe. 11 y eut, en outre, des vexillums donnés comme récompenses militaires, ainsi que les couronnes et les colliers.

VEXIN, en latin Vulcassinus paguS, pays

fertile de l'ancienne France, qui s'étendait

depuis la rivière d'Andelle jusqu'à l'Oise et

qui se divisait en Vexin français et en Vexin

normand, séparés par la rivière de l'Epte ;

le premier dépendait de la ci-devaut province

VEYS

de l'Ile-de-France, le second de la Normandie, Le Vexin français, qui avait pour capitale Pontoise, est aujourd'hui compris dans les départements de l'Oise et de Seine-et- Oise; le second, avec Gisors pour capitale, fait actuellement partie des départements de l'Eure et de la Seine-Inférieure. Habité sous les Romains par les Vélioeasses, ce pays fit" partie plus tard du domaine de la couronne jusqu'au moment où Dugoberl 1er ]e donna k l'abbaye de Saint-Denis. Vers 720, il reçut la titre de comté, dont une partie passa aur. ducs de Normandie par le traité de Suint- Clair-sur-Epte eu 912; le reste fit retour à la couronne. Cette dernière partie, aliénée en 112a par Louis VI en faveur de Guillaume Cliton, fut définitivement réunie à la couronne de France à la mort de Cliton en 1128.

VEZE

YEYLE, petite rivière de France (Ain).

Elle sort d'un étang du pays de Dombes, près de Chalamont, se dirige au N.-O., puis à l'O., baigne Dompierre, Pont-de-Veyle, et se jette dans la Saône vis-k-vis de Mâcon, après un cours de 75 kilom.

VEYNES, bourg de France (Hautes-Alpes), chel'-lieu de cant,, arrond. et à 22 kilom. O. de Gap, sur le Buech; pop. aggl.,- 1,243 hab. — pop. tôt., 170S hab. Tanneries, fabrication de draps, scieries, biscuits estimés. Commerce de laines et de bestiaux. On y voit quelques raines d'anciennes fortifications et une belle église paroissiale, qui fit autrefois partie d'un monastère de templiers.

VEYRAC, bourg de France. V. Vayrac.

VEYRAT (Jean-Pierre), poète savoisien, mort dans sa province vers 1845. « Pauvre, abandonné', dit la notice d'un compatriote, et laissant une ve.uve, il n'eut pas même un ami pour l'accompagner a. sa dernière demeure; on ne marqua même pas d'une pierre le coin de terre où reposent ses os l Veyrat est cependant le prince de nos poètes. » On manque de détails sur l'existence de cet écrivain. Tout ce qu'on sait, c'est qu'il vécut misérable et affamé ; c'était un rêveur. Le temps est passé de ces lakistes élégiaques; il faut aujourd'hui que, comme tous les ouvriers de la main ou de la pensée, le publiciste gagne sa vie dans l'activité. Ce littérateur a publié deux ouvrages en vers. Le premier, la Coupe de l'exil, est le tableau fidèle de sa vie agitée ; on 3' voit, comme dtrns une eau limpide et transparente, se refléter ses pensées, ses sentiments, son caractère. A la fois philosophe et religieux, Veyrat donne souvent de sévères leçons, des. enseignements solides que tempère et adoucit toujours le langage . de la poésie. Le second ouvrage de Veyrat, intitulé Station poétique à Ilautecombe, est encore plus digne d'éloge. Veyrat n'eut pas le temps de le publier en entier; il fut complété après sa mort. C'est dans cette dernière œuvre qu'on peut étudier sa vie douloureuse et son gén.e. Parmi les pièces les plus remarquables de ce recueil, on cite surtout le Lis au désert.

VEYRE-MONTON, bourg de France (Puyde-Dôme), chef-lieu de cant., arrond. et à 15 kilom. S.-E. de Clermoiit-Ferratid, au pied delà collinedeMonton; pop. aggl'., I,6l3hab. uop. 10t., 2,025 hab. Vinaigreries, papeterie ; construction de machines. Restes d anciennes fortifications. Eglise paroissiale avec portail gothique.

VEYS1E (-Daniel), théologien anglais, mort dans la première moitié du xixfl siècle. Reçu, en 1783, docteur en théologie à l'université d'Oxford, il remplit dans diverses localités les fonctions pastorales et finit par devenir recteur à Plymtree. On a de lui : la Doctrine de saint Jean et la foi des premiers chrétiens (Oxford, 1791); la Doctrine de l'expiation (1791); Préservatif contre le sociuia7iisme (1809J; Défense du préservatif contre l'unitarisme, en réponse à L. Carpenter (1810); Dissertation grammaticale sur l'article prépositif' grec (1819).

VEYSSIÈHE DE LACROZE (Mnthurin), érudit et orientaliste français, né à Nantes en 1061, mort en 1739. Doué d'une vive intelligence, il l'accrut encore par une forte éducation ; mais dégoûté de l'étude, à quatorze ans, par l'excessive sévérité de son précepteur, il s'embarqua pour la Guadeloupe dans l'intention d'y apprendre le commerce. Pendant son séjour dans cette île, Veyssière se familiarisa avec les langues anglaise, espagnole et portugaise, puis il retourna dans sa ville natale en 1677. Là, il étudia pendant quelque temps la médecine, dont il ne tarda pas à se fatiguer, et il entra, en 1682, dans le couvent des bénédictins de Saumur, où, pendant plusieurs années, il put satisfaire le guùt passionné qui lui était revenu pour l'étude. Mais, à la suite d'une querelle avec son supérieur, Veyssière prit la fuite pour échapper à la prison dout on l'avait menacé, arriva à Bâle en 1096 et y embrassa le protestantisme. Peu après, il se rendit k Berlin, où il eut d'abord assez de mal à se tirer d'atfaire; toutefois, il devint, tannée suivante, bibliothécaire de l'électeur; mais les appointements attachés k cette place étaient si modiques qu'il se vit forcé, pour se créer des ressources suffisantes, de se charger en même temps de l'éducation du margrave de Schwedt. En 1774, la protection de Leibniz lui fit obtenir une chaire à l'université d'Helmstsedt; mais, pour l'occuper, il fallait professer la foi lu-

thérienne, et Lacroze se refusa à un nouveau changement de religion. Le sort, qui semblait s'acharner après lui, parut enfin se lasser de le persécuter. Il fut chargé de l'éducation de la princesse royale de Prusse, qui devint plus tard inargravine de Baireuth, et, grâce k 1» protection de son élève, il put cumuler avec cette place celle de professeur au collège français de Berlin, en même temps que ses appointements de bibliothécaire étaient aug- mentes. On a de Veyssière de Laeroze plu-' sieurs ouvrages qui annoncent une profonde érudition, un esprit pénétrant et une mémoire peu ordinaire. Nous citerons, entre autres : Actes et titres de ta maison de Bouillon (1698, in-12) ; Dissertations historiques sur divers sujets (1707, in-8°) ; Vindicim veterum scriptoruni contra Harduinum (1708, in-8°); Entreliens sur divers sujets d histoire, de littérature, de religion et de critique (1711, iu-12) ; Histoire du christianisme des Indes (1724, in-8°), le meilleur de ses ouvruges^ Histoire du christianisme d'Ethiopie et d'Arménie (1739, in-8<>); Thésaurus epistolicus Lacrosianus (1742-1746, 3 vol. in-4«), recueil publié par le professeur Uhle; Lexicon sgyptiucolatinum (Oxford, 1775, in-4°), que l'université d'Oxfurd fit publier à ses frais. Veyssière de Lacroze a laisse, en outre, en manuscrit un Dictionnaire arménien, un Dictionnaire slavo-latin et un Dictionnaire syriaque, ainsi que différents opuscules. Jordan a fait parai* tre une Histoire de la vie et des œuvres de M. de Lacroze (Amsterdam, 1741, in-8»).

VEZ, village et comm. de France (Oise), cant. de Crépy-eu-Valois, arrond. et à 32 kilom. de Senlis; 390 hab. Fabrication d'amidon et do fécule. Vez, aucieuue capitale du Valois, possédait autrefois un vaste château fort, dont les restes présentent un des plus beaux spécimens de l'architecture au xmp et au xive siècle; il reste encore de cette forteresse, restaurée sous Charles VI, l'enceinte extérieure, la porte k plein cintre, accompagnée de tourelles, et un bâtiment appelé le vieux château, garni d'une galerie à mâchicoulis avec tourelles et dents de soie. La tour, .haute de 24 mètres etdont lesmursont 6»' ,50 d'épaisseur, date de 1360.

VÈZE s. f. (vè-ze — autre forme du mot vesse). Sorte de cornemuse anciennement en usage dans le Poitou.

V ,ZELAY, anciennement Veseliacum, bourg et comm. de France (Yonne), ch.-l. de cant., arrond. et k 15 kilom. d'Avallon, sur une montagne, près de la Cure; pop. aggl-, 698 hab. — pop. tut., 1,053 hab. Hospice. On remarque dans le bourg quelques anciennes maisons. A l'extrémité de lu grande rue qui le traverse, au sommet de la montagne, sur la place de la Madeleine, s'élève l'ancienne église abbatialede la Madeleine, classée parmi les monuments historiques. Cet édifice fut commencé vers la liu uu xie siècle, termine eu 1Ï04 et souvent modifie. H a été entièrement restauré par M. Viollet-le-Duc il y a quelques années. L'église, qui a 125 mètres de longueur, se compose de deux parues distinctes, dont l'une a été ajoutée vers le milieu du xii° siècle à l'églisa primitive et porte ■ le nom d'église des Catéchumènes. On entre par trois portes dans l'église principale, qui comprend une nef aux fenêtres en plein cintre et des collatéraux. Les portes sont décorées de sculptures extrêmement remarquables. Le choeur, surhaussé, a une voûte et des arcades ogivales et est uu beau spécimen d'architecture bourguignonne. (Sous le chœur se trouve une crypte soutenue par douze colonnes. Des quatre Wochers que possédait jadis l'église, un seul subsiste dans la partie méridionale du transsept. Du haut de ce clocher, on jouit d'une vue admirable, d un énorme développement. Citons encore léglise Saint-Maruii et les ruines de l'église des Cordeliers. 11 ne reste plus rien de /ancien palais abbatial ; mais la belle salle eapilulaire de l'ancienne abbaye subsiste encore. Ancienne capitale du Morvati, Véaeluy possédait uu monastère fondé eu 821 par Gérard de Roussilloii pour des religieuses bénédictines, et qui fui sécularisé eii-1538. Le 31 mars 1146, le roi Loms VII réunit à Vezelay un concile présidé par saint Bernard et ou fut résolue une nouvelle croisade. Philippe-Auguste et Richard Cœur de Lion eurent dans cette petite ville uue entrevue au moment où ils partirent pour la Palestine. Les habitants de Vèzelay luttèrent longtemps pour se constituer en commune. Augustin Thierry a décrit longuement cette lutte intéressante dans ses Lettres sur l'histoire de France. En 1569, les protestants se rendirent maîtres de Vézelay, que les catholiques ne purent reprendre.

Vé>eiay (abbaye dk), ancienne et puissante abbaye, supprimée et détruite k la Révolution. Il n'en reste que la magnifique chapelle, dite église de la Madeleine. Sa fondation remonte au IX» siècle. Vers' 862, un monastère de filles vouées à la règle de saint Benoit s'ètablit au bas de la montagne; il fut saccagé et détruit par les Sarrasins, et Gérard de Roussillon le réinstalla dans l'enceinte même du château de Vézelay. 11 conserva la rè- . gle de saint Benoît, mais remplaça les religieuses par des moines, réforme commandée par la nouvelle situation du couvent au milieu d'une place de guerre. L'abbaye fut, en outre, exempte de tous les droits seigneuriaux sur le territoire du fondateur

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et libre de toute autre juridiction que celle de la cour de Rome. C'est à l'époque de la reconstruction du monastère qu'on place communément le transport à Vézelay d'un corps, réputé celui de sainte Madeleine, qui aurait, suivant la tradition religieuse, indiqué par un miracle le choix qu'elle faisait de 1 abbaye de Vézelay. D'autres placent cet événement seulement au xi<= siècle. Plus tard, l'authenticité de ces reliques fut vivement contestée, et un évêqued'Autuninterditmême le culte de sainte Madeleine à Vézelay. Il fallut une lettre du pape Pascal 11 pour l'autoriser et le rendre populaire. Dès ce jour, l'abbaye, en devenant l'objet de nombreux pèlerinages, prit un accroissement rapide. Vers le commencement du xiie siècle, les religieux de Vézelay adoptèrent la réforme de Cruriy et reconnurent la suprématie de ses abbés; mais ils ne tardèrent pas à s'en affranchir. L'abbaye de Vézelay nous offre le tableau curieux de moines guerriers, despotes aussi absolus que les seigneurs féodaux et employant, comme eux, contre leurs serfs récalcitrants la discipline et les moyens militaires. Us eurent a vaincre plus d'une révolte; en 1120 notamment, l'abbé Artaud ayant augmenté les taxes, les vassaux se soulevèrent et le tuèrent dans l'émeute. Le monastère fut brûlé et, suivant la chronique de Saint-Maixent, 1,127 personnes, hommes ou femmes, périrent de mort violente avec l'abbé. En dépit de cette catastrophe sanglante, l'abbaye n'en était pas moins redevenue riche et puissante quelques années plus tard. Elle eut ensuite à soutenir d'ardentes luttes contre l'évèque d'Autun, qui prélendit la soumettre à sa juridiction, et contre le comte de Nevers, qui réclamait sur les domaines du couvent les droits de suzeraineté féodale.

En 1146, le jour de Pâques, l'abbaye vit le roi Louis VII et tous les grands du royaume se réunir dans la vallée d'Asquins, au pied de la montagne; du haut d'une chaire improvisée, saint Bernard harangua cette foule et l'électrisa de son éloquence. On sait quel fut le résultat de ce sermon célèbre; la première cro'usude eut lieu, et, pour perpétuer le souvenir de ce concile, une église qui prit le nom de Sainte-Croix fut fondée à Vézelay et consacrée par le légat du saint-père. Au retour du comte de Nevers, une tentative des bourgeois de Vézelay, serfs de l'abbaye, pour se constituer en commune, avec l'appui du comte (1155), mérite d'être mentionnée. Elle n'aboutit pas ; mais elle a fourni un intéressant sujet d étude à M. Augustin Thierry dans ses Lettres sur l'histoire de Fronce, Prenant pour thème l'insurrection de Vézelay, l'éuiinent historien montre dans cet événement, avec une pénétration merveilleuse, le mouvement des esprits à cette époque et tire d'un fait particulier l'explicatiou d'une de nos plus importantes révolutions. La chute de la commune de Vézelay ne fut qu'un court temps d'arrêt aux vieilles querelles de l'abbaye et des comtes de Nevers, querelles dans lesquelles il serait trop long d'entrer. Le célèbre Thomas Beckel, exilé d'Angleterre, vint prêcher dans l'église abbatiale, devant un immense concours de fidèles, annonçant l'excommunication prochaine du roi Henri II s'il ce désarmait la colère divine par son repentir. Ce fut à Vézelay que Richard Cœur de Lion et Philippe-Auguste se donnèrent rendez-vous avant de partir pour la croisade. Depuis cette époque, l'abbaye de Vézelay n'offre plus que de rares épisodes dignes de remarque. Pendant le xrv« et le xve siècle, la ville appartenait au duc de Bourgogne et reçut quelque temps garnison de troupes anglaises auxiliaires. Eu 1557, à la prière des religieux, l'abbaye fut sécularisée par François 1er ; leurs mœurs, à cette époque, commençaient grandement à se ressentir d'un relâchement marqué, et peut-être est-ce au spectacle de ce relâchement qu'on doit attribuer la ferveur et la rigidité de mœurs du célèbre docteur protestant Théodore de Bèze, né à Vézelay en 1519. L'année 15G0 est signalée par un fait peut-être unique dans l'histoire : Odet, cardinal de Chàtillon, alors abbé de Vézelay, embrassa la Reforme et, obligé de quitter la France, emporta dans son exil les chartes de l'abbaye, disparues depuis cette époque. Pendant les guerres de religion et la même année, Vézelay fut saccagé par les protestants ; la châsse de sainte Madeleine disparut a cette époque et l'église fut convertie en manège et ea écurie ; le monastère ne fut repris par les catholiques qu'à la paix de 1570. En 1601, Erard de Rochefort, abbé de Vézelay, repara l'église, ruinée par la guerre; c'est à lui qu'on doit notamment les belles stalles en bois sculpté qui se voient encore aujourd'hui a l'entrée du chœur. L'avant-dernier abbé, Berthier de Sauvigny, homme de plaisir, trouvant incommode l'ancien et magnifique palais abbatial, situé au midi de l'église et si vaste, dit la chronique, qu'oa pouvait y loger un roi et sa cour sans aeranger un seul serviteur, le lit abattre et remplacer par un château moderne, détruit à la Révolution. En 1790, le chapitre de Vézelay fut supprimé et le cloître fut uéiuoli.

L'église de la Madeleine , seul reste de l'ancien monastère, s'élève au sommet de la montagne et par sa position domine toute la ville. L'aspect extérieur porte les caractères de divers styles; néanmoins, le style roman | y domine et lui donne une sévérité majes- l

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tueuse. La façade n'a jamais été terminée. Les trois nefs de l'église sont indiquées par trois portes en plein cintre, presque dépourvues d'ornementation. Deux tours flanquent le portail; la tour du nord, de style roman, ne dépasse pas le toit de la nef; la tour du midi, romane à sa base, devient gothique à l'étage supérieur. Au-dessus de la porte centrale, le fronton, inachevé, présente une grande ogive à jour, divisée par quatre meneaux et percée de cinq fenêtres d'inégale hauteur. Des statues s'appuient sur ces meneaux. Toute cette partie de la façade est couverte d'ornements d'une richesse et d'une délicatesse inouïes. On n'est pas d'accord sur sa date, l'exécution un peu lâchée des sculptures, le travail des détails indiquant le xrve siècle, et, au contraire, les profils des moulures et la forme des végétaux employés dans l'ornementation trahissent le xm*. Des deux clochers qui autrefois dominaient les transsepts, un seul subsiste aujourd'hui, au midi ; il est de style gothique. Tout le plan de l'édifice est celui d'une basilique fort allongée, avec transsepts à peine indiqués. Il peut se diviser en quatre parties : le narthex, la nef, le chœur et la crypte. Le narthex, ou porche des catéchumènes, est une vaste salle voûtée en ogive, divisée en trois allées par des piliers flanqués de colonnes; au-dessus des allées latérales règne une large tribune qui se pourtourne en longeant le mur de la nef. L'ornementation de cette partie de l'édifice est des plus riches. Du porche des catéchumènes, trois portes sculptées conduisent à la nef. La nef frappe d'abord par son étendue démesurée et son aspect sévère et simple. Point de chapelles latérales; les voûtes, les arcades et les fenêtres affectent la forme du plein cintre; l'ornementation, généralement sobre, ne se multiplie que dans les chapiteaux , d'une grande variété : scènes légendaires, sujets tirés de l'Ecriture, figures fantastiques se déploient avec exubérance. Les hautes arcades delà nef s'appuient sur des piliers plus élancés que dans l'architecture romane du nord. Les fenêtres qui l'éclairent sont séparées des piliers par une longue corniche. « On s'aperçoit, dit Mérimée, à la façon souvent irrégulière dont se contournent les corniches vers la naissance des voûtes, que l'architecte a eu recours a une espèce de tâtonnement pour les construire et que c'est peut-être par l'impuissance d'exécuter des voûtes d'arête qu'il leur a donné la disposition en berceau qu'elles offrent aujourd'hui. » Trois marches conduisent au chœur, dont l'enceinte est formée de grosses colonnes monolithes qui le séparent de ses bas-côtés. On reconnaît la première époque de l'art gothique aux chapiteaux à larges crochets, aux fenêtres en lancette flanquées de longues colonnettes, au triforium à arcades géminées en ogive, s'eacadrant dans des archivoltes cintrées, La crypte est placée sous le chœur ; douze colonnes la soutiennent; les quatre du centre appartiennent à la construction primitive, les autres ont dû être restaurées et peut-être même refaites entièrement depuis la reconstruction du chœur.

L'église de la Madeleine, après avoir" subi les mutilations des protestants, eut encore à supporter de nombreuses dégradations pendant la tourmente révolutionnaire. Elle y résista néanmoins. En ig>9, une de ses tours fut détruite par la foudre. Sous le règne de Louis-Philippe, elle a été classée au nombre des monuments historiques et d'importantes restaurations y ont été effectuées sous la direction de M. Viollet-le-Duc.

VÉZEL1SE, ville et commune de France (Meurthe-et-Moselle), ch.-l. de cant., arr. et à 30 kil. S. de Nancy, au confluent du Brenon et de l'Uvry ; pop. aggl., 1,284 hab. — pop, tôt., 1,326 hab. Cette petite ville est l'ancienne capitale du comté de Vaudemont. On remarque le clocher de son- église, qui date du xv« siècle, et une fontaine du xvic. La culture du pavot fait la principale richesse de ce pays. Patrie du poète Saint-Lambert, du conventionnel Salles et du baron Bourcier, que la Lorraine regarde, avec raison, comme l'un de ses plus grands magistrats.

VÉZÉ.NOBRES, bourg de France (Gard), ch.-l. de cant., arrond. et k 13 kilom. S.-E, d'Alais, sur le versant d'une colline; pop. aggl., 698 hab. — pop. tôt., 1,001 hab. Filatures de soie, fabrication de chapeaux. Débris d'antiquités romaines, vases, aigles, tombeaux, médailles, etc.

VEZÈHE, rivière de France. Elle prend sa source sur le plateau de Millevaches, dans le département de la Corrèze, arrose le N. et l'O. de ce département, coule ensuite dans la partie S.-E. de celui de la Dordogne, coupe le chemin de Périgueux à Ageu et se jette dans la Dordogne à Lemeuil, après un cours de 190 kilom., navigable sur 27 kilom., depuis Montignac jusqu'à son confluent. Cette rivière arrose une belle et pittoresque vallée et reçoit un nombre très-consiiiérabiede filets d'eau et de ruisseaux qui descendent des montagnes voisines; aussi ses eaux diminuentelles très-peu, même pendant les sécheresses de l'été.

VEZÈRB (HAUTE) ou AOVEZÈRE, rivière

de France. Elle prend sa source dans la partie N.-O. du département de la Corrèze, arrondissement de Tulle, parcourt la pariie sep-

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tentrionale de 1 arrondissement de Brive, entre dans le département de la Dordogne, baigne Cubjac et se jette dans l'isle, à 9 kilom. E. de Périgueux, après un cours de 81 kilom.

VEZEUR s. m. (ve-zeur — rad. vèze).

Joueur de vèze, de cornemuse. El Vieux mot.

VEZ1NS, bourg de France (Aveyron), cheflieu de cant-, arrond. et à 27 kilom. N.-O. de Miîbau, près du Viour; pop. aggl., 210 hab. — pop. lot., 1,918 hab. Ancien château du moyen âge.

VEZ1NS, bourg et commune de France (Maine-et-Loire), cant., arrond. et à 14 kilom. de Cholet, à la source de l'Eure ; 2,011 hab. Métiers pour la fabrique de Cholet, tuileries et poteries. Commerce de bœufs, moutons et porcs, toiles et fils. Beau château ; vestiges de voie romaine.

VEZIR s. m. (ve-zir). Orthographe du mot vizir adoptée par quelques orientalistes.

VEZOU1LLER v. n. ou intr. (ve-zou-llé ; Il mil.). Argot. Puer, il Vesouiller du bec, Avoir l'haleine fétide.

VEZOUSE, rivière de France (Meurthe-et- Moselle). Elle prend sa source dans la forêt de Chàtillon, canton de Lorquin, coule de l'E. à l'O., baigne Cirey et Blamont et se jette dans la Menrthe à Lunéville, après un cours de 75 kilom.

VEZZA-D'ALBA, bourg du royaume d'Italie, province de Coni, district d'Alba, mandement de Conegliano ; 2,390 hab.

VEZZAN1, bourg de France (Corse), cheflieu de cant., arrond. et à 30 kilom. S.-E. de Corte; 944 hab. Elève de chevaux et de menu bétail. Exploitation et commerce de bois de construction.

VEZZANO-L1GURB, bourg du royaume d'Italie, province de Gènes, district de Leronte, chef-lieu de mandement; Z,900 hab.

VEZZANO - SUL - CROSTOLO , bourg du royaume d'Italie, province et district de Regïo-neU-Emilia, mandement de San-Polou'Enza; 3,100 hab.

VEZZOS1 (Antoine-François) , biographe italien, né à Arezzo en 1708, mort en 1783. Entré dans la congrégation des théatins, il professa, de 1736 à 1738, la philosophie au séminaire de Ri mi ni, devint, en 1742, professeur de théologie à Rome, puis succéda, dix ans plus tard, à Bottari dans la chaire d'histoire au collège dela;Sapieuce. Dans la suite, il devint supérieur général de son ordre. On a de lui : De laudibus Leonis X oratio (Lîome, 1752, in-4°) ; les Ecrivains des clercs réguliersdits théatins (Rome, 1780, 2 vol. in-4<>), recueil de biographies très-bien écrites et d'une grande exactitude. Vezzosi avait, en outre, publié une édition des Œuvres complètes du cardinal Tommasi (Rome, 1747-1769, 11 vol. in-4°), auxquelles il ajoiut une excellente notice sur la vie et les écrits de ce prélat.

VIA prép. (vi-a — ablatif du lat. via, voie). Par la voie de, en passant par : Départ pour New-York, via. Southumpton.

VIABILITÉ s, f. (vi-a-bi-li-té — rad. viable). Méd. Etat, qualité de l'enfant viable : Les signes de la viabilité sont importants à détermina- en médecine légale.

— Etat des chemins où la circulation peut se faire commodément, qui ne sont pas endommagés d'une manière grave : La viabilité des routes est indispensable pour la rapidité des transactions.

— Encycl. Méd. On appelle viable le fœtus qui est apte à. vivre ou à continuer d'exister hors du sein maternel, de manière à pouvoir parcourir la carrière ordinaire de la vie humaine. Confondre la vie avec la viabilité, ce serait donc une erreur grave; en effet, un fœtus peut, après sa naissance, exécuter pendant quelque temps les principaux actes de la vie organique, mais n'être pas constitué de manière à pouvoir la prolonger, et encore inoins la vie de relation ; comme il peut périr immédiatement après Sa naissance, bien qu'il soit né viable.

En matière civile, les questions de viabilité se présentent toujours comme principales et en quelque sorte exclusives. Selon les articles 725 et 906 du code civil, l'enfant qui naît avec des signes de vie n'est pas réputé" avoir vécu, au moins pour la successibilité, s'il n'est pas viable; eu d'autres mots, eu matière desuccessibilité, on ne doit faire aucune différence entre l'enfant mort-né et l'enfant qui naît et meurt aussitôt. Suivant l'article 314, la légitimité d'un enfant ne peut pas être désavouée parle père si l'enfant né avant le cent-quatre-vingtième jour du mariage n'est pas déclaré viable. Enfin, selon l'article 340, le ravisseur, dans le cas d'enlèvement, peut, sur la demande des parties intéressées, être déclaré père de l'enfant, si l'époque de l'enlèvement se rapporte k celle de la conception.

En matière criminelle, au contraire, les questions ueviabiliténe sont qu'accessoires; car la loi pénale ne demande pas s'il y a eu viabilité, elle demande s'il y a eu avortement ou infanticide, de sorte que les recherches sur la oiabiiité ne fondent moins dans ce cas sur l'époque présumée de la conception qu'exclusivement sur les phénomènes que présente l'organisme individuel, et toujours

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dans ce sens que, la viabilité devenant alors une circpnstance aggravante, elle doit être déclarée réelle avec plus de réserve qu'en matière civile. Nos lois civiles ne font dater la viabilité que du cent-quatre-vingtième jour de la conception ; mais ce ternie préfix est-il rigoureusement exact? Telle est la question qui a été agitée par plusieurs médecins et qui, par sa gravité, mérite la plus grande attention.

Le témoignage des auteurs, a-t-on dit, et des faits authentiques établissent que chez quelques fœtus l'organisation est aussi parfaite à sept mois qu'au terme ordinaire. Il est prouvé incontestablement, selon Levret, qu'il y a des femmes qui accouchent à sept mois d'enfants aussi forts et aussi vigoureux que s'ils en avaient neuf. La Motte en cite des exemples concluants, en ce que l'accouchement de sept mois était héréditaire dans une famille. Or, puisqu'on voit naître à sept mois des enfants aussi bien conformés que ceux de neuf le sont ordinairement, pourquoi quelques-uns ne seraient-ils pas viables avant la première de ces époques? Qui ignore, dit le docteur Hudellet, la variété infinie dans la somme des forces vitales distribuées à chacun au moment de la conception et les modifications nombreuses dont elles sont susceptibles? De cette inégalité ne doit-il pas résulter une activité plus ou moins grande dans la nutrition du fœtus, but unique de ses fonctions, d'où l'accroissement et la perfection plus ou moins rapides de ses orgajies, et par conséquent l'aptitude à jouir de la vie extérieure à des époques variables? Enfin, l'on cite à l'appui de ce raisonnement un certain nombre d'exemples consignés dans les auteurs, où il s^agit de fœtus viables, quoique nés dans le sixième et même dans le cinquième mois de la grossesse (Marc).

VIABLE adj. (vi-a-ble — rad. vie). Se dît d'un fœtus, d un enfant dont les organes sont conformés de façon qu'il puisse vivre : Un enfant né avant le septième mois n'est pas réputé VIABLE.

— Par ext. Qui est organisé, constitué, combiné de façon à pouvoir durer ou aboutir : Catholique, romaine et nobiliaire, la Pologne reçut avec le baptême son arrêt de mort ; elle n'était plus viable. (Proudh.) Toute politique, aujourd'hui, pour être viabliï, o besoin d'être doublée d une philosophie. (Guéroult.)

— Encycl. Méd. V. viabilité.

VIADAGOLA, bourg du royaume d'Italie, province et district de Bologne, mandement de Castelmaggiore; 4,150 hab.

V1ADAMA, ville du royaume d'Italie, province de Crémone, district et àl5kiloiu.S.-E. de Casalmaggiore, chef-lieu de mandement, sur la rive droite du Pô ; 15,000 hab. Fabrication de toiles ordinaires et de grosses toiles à sacs, tanneries, distilleries. Autrefois capitale d'un marquisat du même nom.

V1ADANA (Louis), compositeur italien, né à Lodi vers 1565, mort après 1644. Il entra dans l'ordre de l'étroite observance, visita Rome en 1597 et devint successivement maître de chapelle de la cathédrale de Fano, de la Concordia, dans l'Etat de Venise, et enfin de lacathédrale de Mantoue. Très-habile musicien, il appliqua à l'orgue la basse d'accompagnement continu pour l'accompagnement du chant religieux mélodique et concerté et lui donna, vers 1596, le nom de basse continue. On lui doit un grand nombre de morceaux de musique religieuse, qui ont été publiés de 1591 à 1617. Ils consistent en madrigaux, canzonnettes, psaumes, concertos, motets, messes, vêpres, Magnificat, etc. Un recueil complet de tous ces concertos et motets a été publié sous le titre: Opéra omnia sacrorum concertuum (Francfort, 1620, in-4<>).

V1ADEN ou V1ANE, ville du royaume de Hollande (Luxembourg), sur l'Our, àTkilom. N. de Diekerch; 1,600 hub. Restes d'un ancien château bâti sur un rocher. Fabriques de draps, cuirs, chapeaux. Mines de cuivre.

V1ADRUS, nom latin de I'Ober.

VIADUC s. m. (vi-a-duk — du lat. via, chemin: duco, je conduis). Pont formé d'une suite d arcades, construit pour le passage d'une voie de terre : Construire un viaduc dans unvallon, sur une rivière. '

— Encycl. Le nom de viaduc est plus particulièrement réservé aux grands travaux composés d'arches nombreuses e( élevées, à l'aide desquels les chemins de fer franchissent les vallées profondes. En général ces constructions, dont quelques-unes ont des proportions gigantesques, s'établissent lorsqu'elles sont plus économiques qu'un remblai. La limite ordinaire où la compensation de dépense a lieu est comprise entre les hauteurs de 15 à 18 mètres, à inoins que l'on n'ait de grandes tranchées voisines dont il faudrait mettre les déblais en dépôt pour laisser la place au viaduc ; mais dans le cas où il serait nécessaire de faire des emprunts, ou d'augmenter d'une manière notable les déblais d'un tracé, en vue seulement d'avoir des terres pour faire le remblai, le viaduc commence a présenter de l'économie pour les hauteurs précitées. A ces considérations il faut en ajouter d'autres toutes spéciales pour chaque localité, telles que celles de la nature du terrain dans lequel les emprunts Seraient faits, sur lequel 1 ouvrage devrait être

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assis, etc., ainsi que les moyens 3'approvisionntîment des matériaux, leur qualité, les conditions de tracé et de temps d'exécution, etc. Toutes ces considérations doivent entrer dans la question de dépense et dans la comparaison k faire entre les prix du remblai et du viaduc. Les viaducs sont de différentes espèces ; on distingue ceux en bois, en pierre ou en brique, en fonte, en fer forgé et en tôle. Les premiers sont généralement les plus économiques, mais ils sont les moins durables. On distingue encore les viaducs en bois et fer ; avec arcs ou fermes supportant le tablier ou placés audessus du tablier, en totalité ou en partie, le tablier leur étant suspendu ; les viaducs droits avec parapets rigides tout en bois ou droits avec parapets rigides en bois et fer ou avec colonnettes en fonte ou en fer ; les viaducs en pierre ou en briques, en plein cintre ou à voûtes plus ou moins surbaissées ; les viaducs en fer composés d'arcs on fer ou en tôle rivée, de poutres en fer, de tubes en fer, de treillis en fer, suspendus ; et les viaducs enfer et fonte diversement combinés. Les inaducs en bois sont complètement abandonnés pour le passage des chemins de fer, en France et en Allemagne ; en Autriche et en Angleterre, on les emploie encore dans les endroits où la pierre manque et où le fer est rare ; cependant, quand il s'agit de franchir des vallées profondes, on préfère le bois à ces derniers matériaux, d'une part parce que la décomposition n'est favorisée par aucune influence atmosphérique humide, d'autre part à cause de la facilité avec laquelle les ouvrages en charpente se prêtent aux plus .grandes portées et à une construction économique des piles d'une grande hauteur. En Amérique, le bois continue à être employé sur une grande échelle, soit seul, soit allié au fer. Les viaducs en pierre ou en brique, que l'on rencontre en France, en Allemagne, en Angleterre et en Belgique, sont d'une solidité k'toute épreuve et dune durée indéfinie. On en a construit quelques-uns, qui ont été aussi économiques que les viaducs en fonte et en fer ; ceci, il est vrai, à cause des moyens expéditifs usités aujourd'hui et dont on disposait dansées localités. Les viaducs en fonte sont élégants, mais cette matière ne présente pas les mêmes garanties de solidité que le fer forgé. Comme exemple de viaducs en bois avec arcs placés sous le tablier, on peut citer les magnifiques viaducs de Neweastle k North-Shields, formés de planches superposées et clouées ensemble. Parmi les viaducs en pierre construits en Angleterre, il faut compter celui de Durham, dont la hauteur est de 40 mètres, et qui est composé de quatre arches, dont une a 49 mètres d'ouverture et une seconde 45 mètres. En Allemngne, on rencontre celui de GÔkseh, dont la hauteur maxima est de 80 mètres et la longueur de 578 mètres. En France, les principaux viaducs sont : celui de Nogentsur-Mame, sur lequel passe le chemin de fer de Paris à Mulhouse ; ce viaduc, dont les projets ont été rédigés par M. Collet- Meygret, ingénieur des ponts et chaussées, sous la direction de M. Vuigner, ingénieur . en chef de la compagnie des chemins de l'Est, et avec les conseils de M. Mary, inspecteur général, est un des plus beaux monuments de l'art de l'ingénieur; les arches, au nombre de trente dont trois sont en plein cintre, ont B0 mètres d'ouverture et sont établies en meulières reliées par du ciment romain , sa , longueur totale est d'environ 800 mètres, et il a coûté 5,500,000 francs ; le viaduc de la Voulzie, près de Provins, dont la longueur est de 486 mètres, la hauteur de 17 mètres et la profondeur de fondu tion dans la tourbe de 15 mètres; il a coûté 2,200,000 francs; le viaduc de Chaumont, qui permet au chemin de fer de Paris a Mulhouse de traverser la vallée de la Suize et a été exécuté en moins d'une année avec une excessive rapidité ; il est formé de trois étages, comprenant : le

firemier vingt-cinq arches en arc de cercle, e second quarante-six arches en arc de cercle, et le troisième cinquante arches en plein cintre; la hauteur de chaque étage est successivement de 19m,85, 15m,15 et 15 mètres; ce viaduc, dont la longueur est de 606 mètres, a coûté 5,800,878 fr. ; le viaduc de l'Indre, sur lu ligne de Tours à Bordeaux, qui a une longueur de "SlfjSO en couronnement, 59 mètres en plein cintre, 22 mètres de hauteur, et qui a Coûté 2,090,778 fr. ; le grand viaduc sur la Durance, ligne de Marseille à Avignon, dont la longueur est de 533 mètres et qui est revenu à 3 millions ; le grand viaduc sur le Rhône, d'une longueur de 386 mètres, qui a coûté 6 millions. Des documents recueillis par M. Perdonnet, il résulte : que des viadu<.s de 15 à 20 mètres de hauteur coûtent ordinairement de 100 à 150 francs le mètre superficiel, fondations non comprises, et les ui'uduestrès-élevés de 150 à S50 francs. D'après la statistique du ministère des travaux publics publiée en 1865, le nombre des viaducs en France était de 151 à la fin de l'année 1863, soit 1 pour 73 kilomètres environ. Dans ce nombre, 142 viaducs Sont en maçonnerie, 3 en charpente, 5 en métal et 1 en bois et métal. Ces 151 viaducs, qui représentent une longueur totale de 29,419m,45 et une surface en projection verticale de 503,140"", 22, ont dounè lieu k une dépense totale de 79,194,889 francs, soit k 2,68î francs par mètre courant. De ces do-

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