‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 15Chapitre 689 sur 1042 · AV · texte numérisé non relu

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Conquête de son empire. L'empereur Pierre Vidal, cela lui paraissait sonner merveilleusement à l'oreille, et il composa à l'avance ses armoiries : un trident d'or sur champ de gueules. Les désastres de la croisade firent s'écrouler ce fantastique empire. Le troubadour quitta la Palestine et y oublia même son impératrice ; du moins, il faut le croire, car il n en fut plus question, et il revint auprès de la vicomtesse de Roque-Martine, de laquelle il obtint enfin le pardon. Une de ses poésies célèbre cet événement remarquable. Mais trop téméraire encore, sans doute, et toujours repoussé, Vidal à la fin se dégoûta de son rôle d'amant platonique et alla porter ses soupirs aux pieds d'une autre dame. Elle était de Carcassoune, s'appelait Etiennette de Penaultier et portait, on ne sait pourquoi, le surnom de Loba, la louve. Conformément aux pratiques amoureuses du temps, Vidal a beaucoup joué sur le surnom bizarre de sa dame; il prend le nom de loup, met un loup dans ses armes et pousse l'extravagance jusqu'à vouloir, comme preuve de son amour, courir les champs et les bols affuble d'une peau de loup. C'était un jeu périlleux; bergers et chiens lui couraient sus k coups de dents et à coups de bâton. Traqué de toutes parts, k moitié assommé, il rentra de ta course folle dans le plus piteux état chez la dame do Peuaultii;r, qui le soigna tout en se moquant de lui et le guérit de ses morsures, mais non de sa folie.

Un autre trait témoigne encore de son dérangement d'esprit. Il avait aimé Raymond VII, comte de Toulouse, son seigneur, et lui était resté attaché par les liens d'une reconnaissance toute particulière. Lorsque, k son retour de terre sainte, il apprit sa mort violente, il montra uue affliction insensée, se vêtit de noir, fit couper la queue et les oreilles à ses chevaux, se rasa la léte, laissa croître sa barbe et ses ongles et voulut que tous ses domestiques en lissent autant. Le malheureux était en ce désordre d'habits et d'intelligence, il semblait même avoir l'esprit troublé à jamais, lorsque vint eu Provence Alphonse d'Aragon. Ce roi parvint à dissiper son chagrin ; il l'emmena avec lui, le fixa k sa cour et le rendit sage même, et à ce point qu'il composa un petit poème sur les Dangers de l'indiscrétion, que personne mieux que lui n'était en état de bien connaître.- Ginguené a donné dans YMistoire littéraire de la Franceune analyse de ce poëme. « On ne croira pas, dit-il, qu'un fou tel que l'était Pierre Vidal put donner des leçons de sagesse. On en trouve pourtant de fort bonnes dans cette pièce, la plus longue de toutes les siennes. » On ne sait s'il mourut à la cour du roi d'Aragon ou s'il vint finir ses jours eu Provence. '

Pierre Vidal, malgré sa folie, fut un maître dans l'art de la poésie recherchée et difficile ; il a une science du rhythme singulière pour son époque et se crée, pour la rime et la facture, des difficultés inouïes dont il se joue avec aisance. Le recueil de ses manuscrits contient environ soixante pièces. Ce sont des chansous amoureuses, un tenson avec Blacas, trois pièces sur les croisades et le petit pofime historique dont nous avons parlé. Ginguené, dansl Histoire littéraire de la France (t. XV), Rayuouard,'Saiiite-Palaye, Nostrudamus et Rochegude ont consacre k P. Vidal d'excellents articles. Frédéric Soulié, dans un de ses meilleurs ouvrages, le Vicomte de Béziers, u ressuscité cette folle et sympathique figure du troubadour.

VIDAL (Raymond), troubadour provençal du Xiie ou du xni<= siècle. L'époque à laquelle il vivait est incertaine. Millot en fait le fils du fameux Pierre Vidai, taudis que l'abbé Rive émet la supposition qu'il fut son père, peutêtre même son aïeul. Cependant, d'après une de ses nouvelles, il vécut k la cour d'Alphonse X, roi de Castille .(1252-1284). Raymond Vidal est, d'après Barbero, l'auteur d'une grammaire, dont Raynouard a inséré le prologue dans son Choix de poésies des. troubadours, ainsi que de deux nouvelles ou contes, dont le style est agréable. L'une a pour litre la Patience en amour, l'autre le Jaloux châtié. Elles ont été publiées toutes les deux par Millot.

VlDAL(Arnaud), poëte français du xivo siècle. Il est le premier qui ait remporté (1324) lu violette d'or au collège de la Gaie science, fondé un an auparavant k Toulouse. Ce prix lui fut décerné pour un poëme consacré à l'éloge de la sainte Vierge et qui est, encore aujourd'hui, conservé dans les registres de l'Académie de Toulouse. La même année, un nouveau poëme en l'iionueur de la Vierge valut à Vidal le diplôme de docteur en gaie science.

VIDAL, jurisconsulte français de la première moitié du xvi« siècle. On ne sait rien sur sa vie, siiio.n que, de 1499 à 1517, il fut avocat k la sénéchaussée de Nîmes, sa ville natale. On a de lui un Tractatus insigiùs et prmclarus decollationibus, longtemps regardé comme l'un des meilleurs ouvrages existant sur la matière. Il a été inséré successivement dans un- recueil de Traités sur les successions (Cologne, 1569, in-fol.) et dans la collection intitulée : Tractatus universi juris (Venise 1588, 18 vol. iu-fol.).

VIDAL (Jacques), peintre espagnol, né k Valmaseda en 1583, mort en 1S15. Bien qu'il

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eût embrassé la carrière ecclésiastique, il ne s'en adonna pas moins avec ardeur k l'étude de la peinture, passa plusieurs années à Rome et revint s'établir k Séville, où il avait été pourvu d'un-eanonicat. Parmi ses toiles les plus remarquables, on cite un Christ et une Vierge, qui furent placés l'un et l'autre dans la cathédrale île Séville par ordre particulier du chapitre. Cet artiste a été surnommé le Vieux, non à cause do son âge, puisqu'il mourut daus sa trente-deuxième année, mais pour le distinguer de son neveu, qui fut également peintre.

VIDAL DE LIENDOtJacquesKditleJenne,

peintre es| aguol, neveu du précédent, né en 1602, mort eu 1648. Comme son oncle, il embrassa l'état ecclésiastique et alla étudier la peinture k Rome. Lorsqu'il revint en Espagne, il jouissait d'une réputation k laquelle mirent le comble les toiles qu'il exécuta dans la sacristie delà cathédrale de Valence et qui représentent le Christ, la Vierge, Saint Jean l'Eoangéliste, la Madeleine, Sainte Catherine, Sainte Inès, Saint Jean- Baptiste, Saint Pierre apôtre et l'Archange saint Michel victorieux du démon. Ce dernier tableau est une copie -très-bien réussie de ceiui de Raphaël, qui est actuellement au musée du Louvre.

VIDAL (Denis), peintre espagnol, né à Valence en 1670, mort dans les premières années du xvm» siècle. Après avoir étudié à Madrid, sous la direction de Palomino, il revint daus sa ville natale, où il exécuta plusieurs travaux avec un succès qui le lit charger, en 1697, de décorer à la fresque les voûtes de l'église Saint-Nicolas. Il représenta des épisodes de la vie de saint Nicolas de Barri et de saint Pierre martyr. Il orna ensuite de ses peintures plusieurs autres églises de Valence, de Téruel, de Vivel et de Colupanar, et mourut k la fleur de l'âge, laissant inachevés les importants travaux qu'il venait d'entreprendre dans la chapelle Notre-Dame, k Tortose,

VIDAL (Barthélemi), médecin français, né aux Martigues en 1741, mort k Marseille en 1805. 11 ut ses études k la Faculté de Montpellier et revint exercer dans sa ville natale, puis alla se fixer k Marseille, où il acquit la réputation d'ua habile praticien, d'un excellent observateur et surtout d'un ami Ou pauvre. Ou lui doit, entre autres écrits ; Dissertation sur la lèpre des Martigues; Essai sur legas animal (Marseille, I8u9, in-8°).

VIDAL (Géraud), graveur français, né k Toulouse eu 1742, mort en 1804; Elève de Simonin et de Baour, il a laisse de bonnes estampes, d'après Fragouard, Monet et autres maîtres. Son chef-d œuvre est la gravure à' Hélène et Pins, tableau de David.

YIDAL, astronome français, directeur da l'observatoire de Toulouse, né k Mirepoix (Ariege), mort en 1811. Il doit principalement sa réputation à la rédaction u'uu catalogue de 888 étoiles australes, inconnues avant lui, et comprises entre la cinquième et la huitième grandeur. On- lui doit aussi un grand nombre d'observations importantes sur Mercure, exécutées k Bon-Repos, où . il avait fait construire un observatoire. Lalaude avait donné à Vidal le surnom deTi-umégisie.

VIDAL (Jérôme-Léon), administrateur et littérateur français, né k Marseille eu 1797. 11 vint de bonne heure k Paris, où il donna des articles k diverses feuilles littéraires, fonda un petit journal intitulé le Diugèite, puis emra,en 1828, k la rédaction de l'ancien Figaro, ou il publia notamment, sous le titra de Esquisses de ta Chambre des députés, une série u'articles qui furent très-remarques. Apres la révolution de juillet 1830, M. Vidal collabora au Constitutionnel et au Temps. Attache vers cette époque au bureau de la rédaction politique et de la direction des journaux au ministère de l'intérieur, il devint, eu 1840, chef de bureau et remplit ces fonctions jusqu'à la révolution de 1848. Il rédigea ulurs le Bulletin de Paris, correspondance écrite daus un sens réactionnaire, destinée aux journaux de province et de l'étranger, et, lors du la formation du comité de ia rue de Poitiers, il devint secrétaire de cette réunion, composée de députés monarchistes. Raillé, en 1851, k l'auteur du coup d'Etat , M. Vidal se fit réintégrer comme chef de bureau au ministère de l'intérieur, puis devint inspecteur général des prisons. Parmi ses ouvrages , nous citerons : Essai sur les bibliothèques administratives (1843, in-8u) ; Note aux conseils généraux sur la révision de la constitution (1850, in-80) ; Note sur l' emprisonnement cellulaire (1853, in-80); Mémoire sur la nouvelle législation pénale et pénitentiaire de l'Angleterre (1856, iu-Sù); Notice sur tes prisons et le nouveau régime pénitentiaire dans le royaume de Sardaigne (1857, in-so) ; Tatiteau des prisons militaires, pénitenciers militaires, ateliers de travaux, etc., en 'France, en Piémont, en Prusse,en Angleterre (1858, in-8») ; l'Espagne eu 1860 (1860, in-12) ; Observations sur un projet de toi pénitentiaire (1863, in-8°); Conseils pour la formation des bibliothèques spéciales, administratives, commerciales (1864, in-8°) ; Aperçu de la législation anglaise sur la servitude pénale (1865, in-i") ; Pisciculture marine (1866, in-S») ; Considérations sur la nécessite d'une loi organique sur les prisons

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(1 870, in-8") ; Mémento sur les peines accessoires (1870, in-S°), etc. Citons encore de lui : la Vie du général Foy ; François Perrin; un abrégé de V Histoire du Languedoc, elei Enlin, sous le pseudonyme de Cérno, il a fait quelques vaudevilles.

VIDAL (François), économiste et hommo politique français, né k Coutras en 1814, mort en 1872. De bonne heure, il s'adonna k l'étude des questions politiques et sociales, lut les ouvrages de Saint-Simon et de Fourier, adopta en partie les doctrines phalanstériennes et, en 1835, il publia son premier ouvrage, sur les Caisses d'épargne. En 1841, M. Vidal obtint, dans les bureaux de la préfecture de la Seine, un emploi qu'il conserva peu de temps. Il devint ensuite rédacteur de la Démocratie pacifique, de laiteuiie indépendante, de la Presse. Partisan de l'intervention de l'Etat dans les rapports du travail et du capital, il défendit ses idées avec un talent digne d'une meilleure cause. Après la révolution de 1848, M. Louis Blanc le fit attacher, en qualité de secrétaire, à la commission d'organisation du travail" qui siégea au palais du Luxembourg, Au commencement de 18*9, il publia, en collaboration avec Tousseiiel, le Travail affranchi, journal hebdomadaire qui eut une courte existence. Lors des élections partielles du 10 mars 1850, M. Vidal, k qui ses travaux de publiciste et ses idées républicaines avaient acquis une grande popularité, fut porté candidat à l'Assemblée législative, k la fois k Paris et dans le Bas-Rhin, Elu dans ces deux départements, il opta pour la Seine, alla siéger k la Montagne et fit une constante opposition à la politique de la majorité et k celle de Louis Bonaparte. Le coup d'Etat du" 2 décem- ' bre 1851 vint briser sa carrière politique. Il dut quitter Paris et, depuis lors, il a vécu dans la retraite. Nous avons de lui : lea Caisses d'épargne ; les Caisses d'épargne transformées en institution de crédii'\ Création d'uleliers de travail (1835, in-S") ; De la répartition des richesses ou De la justice distributive en économie sociale (1846, in-8°), son ouvrage capital, dans lequel il fait, dans un style simple et clair, un examen critique des théories des économistes et des socialistes; Viure en travaillant I Projets, vues et moyens de réformes sociales (1848, in-12); Organisation du crédit personnel et réel, mobilier et immobilier (1851, in-8°) ; Théologie de la religion naturelle (1859, in-12); Quels sont les héritiers légitimes des réformateurs (1874, in-80), etc.

VIDAL (Vincent), peintre français, né 6. Carcassonne en 1812. Elève de Paul Delaroche, cet artiste s'est surtout fait connaître par des dessins au pastel, d'une grâce un peu maniérée, mais généralement d'un joli effet; c'est un des maîtres du genre. Il débuta, au Salon de 1843, par son propre portrait, puis exposa eu 1844 diverses figures d'étude : Frasquita , Néedjmé , Noémi} le Petit Tony, compositions fantaisistes qui lui valurent une 3e médaille. On vit ensuite de lui : YOracle des champs, la Petite curieuse, l'Amour de soi-même, Fatenilza (1845); la Saison des roses. Satisfaction, YFcoutnuse ( 1 846) ; la Saison des fruits, Uue fille d'Eve, ' Péché mignon (1857); l'Ange déchu,Une larme de repentir, Polymnie (1849), toutes compositions agréables, d'une touche spirituelle, qui furent récompensées cette dernière année par une ?e médaille. L'artiste poursuivit ses succès en exposant : Fleurs et bijoux (1852) ; un Portrait de l'impératrice, des Fantaisies (1853) ;les Amours des anges, composition en dtvix épisodes, la Chute et le Itécit; divers portraits très-soignés (1855); un Braconnier breton, la Pluie en Bretagne, Paysans de Plouescat rentrant au logis, la Muse de la paresse (1857); V Angélus en Bretagne, la Muse de ta candeur, la Prière (1859); lu Fil rompu, une Bouquetière (1861); la Ferme en Bretagne, peinture k l'huile ; les Amours des auges, pastel dont le sujet est tiré, coma»; ceux de 1855, du poème de Thomas Moore (1866) ; le 'Troupier breton, Fougères et ajoncs (1868) ; Vues prises en Bretagne (1869) ; l'Automne en Bretagne (1870); Fiévreux bretons, la Bouillie, dessins (1872); une Baratteuse bretonne, Lisière d'une lande (1874); le Portrait du contreamiral Jaurès, les Bords de l'étang de Quimerc'h, peintures k l'huile ; une Bretonne, dessin (1875). Outre ces tableaux, M. Vidal a encore exposé un grand nombre de portraits à l'huile ou au pastel-, il a été décoré en 1852.

VIDAL' (Eduardo-Augusto), poète et littérateur portugais, né à Lisbonne en 1841. U a composé de remarquables poésies et fait paraître des feuilletons hebdomadaires daus le Diario Popular. M.Vidal a publié les ouvrages suivants : Earmoniesedu matin (Lisbonne, 1859), recueil de 51 morceaux lyriques, qui commença la réputation du poëte ; les Feuilles éparses (Lisbonne, 1865), recueil de poésies lyriques et de poèmes dont les plus remarquables sont : Fernando, Beppa, le Lis de la vallée, Magdalena, Champs de l'été (Lisbonne, 1868). Parmi ses écrits en prose, nous citerons : Lettres obscures k Ernest Biester; Guelfes et gibelins, exposé de ses idées sur la poésie et la critique littéraire ; Etudes sur te théâtre; Louis de Camoëns, étude biographique, etc.

VIDAL DB CASSIS (Augusfe), célèbre chi-

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rurgien franc. lis, né au village de Cassis, près de Marseille, le 3 janvier 1803, mort à Paris le 15 avril 1856. Il commença en 1S23 ses études médicales à l'école de Marseille, et, au bout d'un an, il fut nommé interne de l'Hôtel-Dieu de cette ville. Venu à Paris en 1826, il fut nommé interne des hôpitaux et reçu docteur en 1828. A cette époque, Fabre, son compatriote, fonda la Gazette des hôpitaux et lui demanda sa collaboration. En 1829, il concourut pour l'agrégation et échoua à ce concours, aussi bien qu'à celui de 1830; mais en 1832 il devint agrégé, n'ayant encore que vingt-neuf ans. L'année suivante, il fut nommé chirurgien du bureau central. Envoyé à Aix par M. Thiers, pour donner des soins aux cholériques, il fut décoré à son retour et le conseil municipal lui offrit £,000 ou 3,000 francs de livres, qu'il légua à sa mort à la ville qui les lui avait donnés. Etant chirurgien de l'hôpital de Lourcine, il se livra à plusieurs recherches originales. C'est ainsi que, ayant reconnu l'opiniâtreté du catarrhe utérin, il parvint à faire cesser l'écoulement qui en résulte en pratiquant dans l'utérus des injections de nitrate d'argent. Lorsque plus tard il fut nommé chirurgien de l'hôpital du Midi, où il resta jusqu'à sa mort, il continua ses recherches avec une ardeur infatigable. C'est là que, pour maintenir en contact les lèvres d'une plaie dont on veut obtenir la réunion immédiate , il imagina de petites pinces qu'il appela serres-fines, pour les- . quelles l'Académie lui décerna un pris de 2,500 francs. Là aussi il imagina pour la cure radicale de la varicocèle un procédé qui, à lui tout seul, a peut-être donné plus de résultats heureux que tous les autres réunis. C'est la, enfin, qu'ihse consacra à l'élude des maladies vénériennes. Après les avoir longtemps étudiées, il acquit la conviction que les idées professées par M. Ricord n'étaient pas exactes, et il résolut de suivre la inarche opposée. S'appuyant sur l'inoculation, Riuurd professait que, depuis le moment où le pus du chancre est déposé sur une membrane muqueuse au-dessous de l'épidenne, il y a une série non interrompue de phénomènes jusqu'à la réparation complète de l'ulcération. Il pensait encore que l'action du pus inoculé reste locale jusqu'au quatrième ou cinquième jour. D'après ce système, en détruisant le chancre par la cautérisation trois jours après son apparition, le sujet contaminé devait être à l'abri des accidents constitutionnels. Vidal combattit cette opinion, se rangea à l'avis de Hunier, pour lequel l'incubation était un fait incontestable, et soutint que le chancre n'apparaît jamais qu'après une incubation de quelques jours, c'est-à-dire au moment où la constitution est déjà infectée. Il fallut à Vidal une grande certitude pour résister à l'argumentation, à la dialectique puissante de Ricord. Ce dernier regardait comme une - loi immuable la contagion des accidents constitutionnels de la syphilis. S'appuyant sur l'observation clinique, Vidal soutint au contraire la simple possibilité de ces accidents ; il crut même avoir inoculé une plaque muqueuse; plusieurs faits semblables d inoculation ne tardèrent pas à être publiés. Les tribu- . nanx, forcés de prendre partidans laquestion, admirent bientôt lu contagiondes plaques muqueuses de l'enfant à la nourrice. L'opinion se prononçait décidément dans le même sens, mais Ricord ne se tenait pas pour battu ; cependant, après les expériences du docteur Lnnglebert et de l'hôpital Saint-Louis, il se rendit, et aujourd'hui il admet très-bien ce qu'avait annoncé Vidal, la possibilité de la transmission de la syphilis par le produit de la sécrétion des plaques muqueuses. Vidal ne vécut pas assez longtemps pour assister au triomphe de cette idée et pour entendre invoquer son opinion par son adversaire, M. Ricord, qui, en avouant son erreur, regrettait généreusement que Vidal n'eût pas eu, de son vivant, la part de gloire qui devait lui revenir. Voici la liste complète des publications de l'éminent chirurgien : Nouveau procédé pour extraire les calculs de la vessie (taille quadrilatérale) [Paris, 1828, in-4<>j; Quts sunl viabilitatis conditiones (Paris, 1829, iu-4») ; De morbis maxillaris inferioris, a qui' bus potest amputatio hujusce partis et de iiac ablatione sive per accidentia, sive per artem peracta (Paris, 1830. >u-40) ; Z>u diagnostic différentiel des diverses espèces d'angines (Paris, 1832, in-4<>); Essai historique sur Dupnytren (Paris, 1S35, in-S°); Traité de pathologie externe et de médecine opératoire (Paris, 18G1, 5 vol.in-8», avec 600 ligures, 5«> .édition revue par Fano) ; Essai sur un traitement méthodique de quelques maladies de l'utérus (Paris, 1840, in-8") ; Des indications et des contre-indications en médecine opératoire (Paris, 13-11, iu-4°); Du cancer du rectum et des opérations qu'il%peut réclamer (Paris, 1842, in-8°) ; De ta cure radicale du varicocèle par l'enroulement des veines du cordon sperma tique (Paris, 1844, in-go); Des hernies ombilicales et éjiigastriques (Paris, 1848, in-8°) ; Des opérations en plusieurs temps (Paris, 1848, iu-Su) ; Traité des maladies des yeux et des oreilles {Paris, 1S49, m-&o); Des inoculations syphilitiques (Paris, 1840, in-S°); Traité des Maladies vénériennes (Pans, 1853, in-8°). Entin, Vidal a collaboré à presque tous les journaux de médecine, notamment à la Clinique, la Lancette française, la Gazette médicale, la Presse médicale, la Gazette des hôpitaux, le Jjuruul hc'. dovtaduire, l'Union médicale, etc.

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Yidainyn, collège indou de Bénarès. Ce bel établissement est situé à côté de la grande mosquée d'Aureng-Zeyb, qui domine la ville. C'est un vaste bâtiment divisé en /deux cours, entourées l'une et l'autre d'un double étage de galeries couvertes. Du temps du voyage de l'évêque de Calcutta, sir Reginald Heber, le Vidalaya comptait deux cents élèves et dix maîtres entretenus et payés aux frais de l'Etat. On y enseigne à lire, à écrire, l'arithmétique suivant le système indou, le persan, la loi indoue, la littérature sacrée, le sanscrit, l'astronomie de Ptolçmée et l'astrologie. On le voit, dans ce collège public, tout se maintient dans les langes de la routine et des idées absurdes. Il puraît cependant que le gouvernement anglais essaya d'y introduire l'étude de l'anglais et l'enseignement de l'astronomie et des lois du mouvement céleste d'après les théories de Copernic et de Newton ; mais le directeur de la maison s'opposa vivement à cette innovation, prétendant que, d'une part, ces travaux détourneraient les enfants de l'étude du sanscrit et, de l'autre, que l'on se trouverait contrarié incessamment par les préjugés religieux des maîtres. Warren- Hastings est le premier homme politique anglais qui se soit occupé de l'éducation indigène dans l'Inde; c'est Warren-Hastings qui donna le patronage de la compagnie des Indes au médressé (ou collège mahométan) de Calcutta et au Vidalaya (ou collège indou) de Bénarès. Comprenant que les préjugés religieux étaient les seuls sentiments puissants chez ces hommes primitifs et crédules , il voulut poser en fait que l'on devait s'abstenir scrupuleusement de porter la moindre atteinte aux superstitions des natifs et continuer dans toutes ses traditions le système des empereurs de Dehli. C'est pour formuler ces vues qu'il subventionna le médressé et le Vidalaya. La subvention de ce dernier, qui primitivement était de 14,000 roupies, fut bientôt après portée à 20,000 roupies.' Les professeurs du Vidalaya sont tous des brahmes de la plus haute caste; la discipline et les études sont réglées conformément aux prescriptions du Dharma shatra, au chapitre de l'éducation. Voici quelques-unes de ces prescriptions : Au commencement et à la tin de chaque cours, l'élève est tenu de serrer respectueusement les mains de son maître et de venir lui toucher le pied dro'it de son pied droit, le pied gauche de son pied gauche. Il lui est surtout recommandé, au début et à la clôture des leçons, de prononcer la magique syllabe om, car, sans cette précaution, la science glisserait sur son cerveau comme l'huile sur le marbre. L'élève ne doit, sous aucun prétexte, contrevenir aux ordres de son maître, lui parler étant assis et couché, la bouche pleine ou la face détournée de lui; il ne doit jamais censurer, même justement, les ordres de son maître, tourner en dérision ses manières ou son langage, envier sa science, car de pareilles fautes l'exposeraient à revenir sur la terre pour soixante mille ans, sous les espèces d'un âne, d'un reptile ou d'un gros ver.

VIDALIE s. f. (vi-da-lî — de Vidal, savant fr.). Entom. Genre d'insectes diptères, ■ de la famille des uthéricèrcs, tribu desmusoides, dont l'espèce type habite l'Inde.

V1DAME s. m. (vi-da-me — contract. de vice-darne, de vice, et de dame, qui dans l'ancien français n'est pas seulement le représentant du latin domina, damna, donna, maîtresse, mais qui a été aussi employé au masculin dans le sens de seigneur, comme corruption de domino, domno, donno). Féod.

Homme qui tenait les terres d'un évêché ou d'une abbaye, à la condition d'administrer le temporel du titulaire, de commander ses troupes, de rendre la justice civile en son nom dans l'étendue de ses fiefs : L'attachement de Catherine de Médicis pour /e vidame de Chartres vint d'une insulte que ce jeune homme fit à la favorite. (Balz.)

Le vidante

De Conflans

Suit sa dame

A pas lents.

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