V. PHILOSOPHIE
Beaucoup d'autres ouvrages dont le titre commence par le mot vie doivent être cherchés au nom des personnages qu'il s'agit de faire connaître.
Vie est un songe (la), comédie de Calderon, une de ses plus élevées, comme conception et comme poésie (1640). « La vie est le rêve d'une ombre, » dit Pascal ; » La vie est un songe dont la mort est le réveil, • dit Calderon. Après avoir abordé accidentellement cette idée dans une autre pièce , lin celte vie, tout est vérité et tout est mensonge, il en fait le fondement principal d'un drame tout entier. « Vivre, c'est rêver ; l'expérience m'a montré que l'homme qui vit rêve ce qui est •usqu'à son réveil. Le roi rêve qu'il est roi, •t il vit dans ce mirage trompeur; il croit or-
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donner, disposer, gouverner, et ces -hommages qu'il reçoit, la mort les écrit sur le vent ou sur la cendre. Qui voudrait régner, songeant qu'il se réveillera dans la mort? C'est un songe que la richesse du riche, source de tourments; un songe que la souffrance du pauvre, sa misère et sa pauvreté. Les hommes rêvent ce qu'ils sont, et nul d'entre eux ne le sait. Moi, je rêve que je suis ici en prison, et j'ai rêvé hier une autre existence plus douce. La^ie est une ombre, une fiction : le plus grancTbien est chétif ; toute la vie n est qu'un long rêve; le songe lui-même est une illusion ! » Telles sont les paroles que Calderon met dans la bouche de son héros, Sigisraond, un fils de roi, que son père tient enfermé dans une caverne, vêtu de haillons et de peaux de bêtes, chargé de chaînes. Des oracles ont prédit que cet enfant serait la ruine du trône, et, pour échapper k ces prédictions funestes, le roi s'est résolu k le traiter de la sorte. Cependant, un remords le prend ; il ordonne de faire boire un narcotique à Sigismond, de l'habiller somptueusement et de le conduire au palais, où il seoa traité en roi. Le malheureux se réveille sur un lit de pourpre, entouré de courtisans pros- ■ternés. Ses passions brutales, longtemps comprimées, se font jour; il veut tuer de sa main le gentilhomme qui lui servait de geôlier; il jette par la fenêtre un malavisé qui lui résiste, exige des femmes, violente les deux plus belles filles de la cour, Estreila et Rosaura, et devient enfin un véritable danger pour tout le monde. Le roi le fait endormir de nouveau et transporter dans sa prison. Pendant qu'il était roi, une.voix prudente se glissait à son oreille et essayait de le calmer en lui disant : > Souviens-toi que tu songes, Sigismond 1 ■ Rèvait-il alors ou rêve-t-il maintenant? Quelque temps après, des soldats révoltés 'viennent le retirer de sa retraite et l'acclament roi. « C'est un songe, • se dit-il. On l'amène au palais, et son premier mouvement est de menacer de son épée ceux qui lui résistaient la veille. « Et si je rêve 1 » se dit-il. Et il se retient. Les rebelles restent vainqueurs ; mais il se prosterne aux pieds de son père, marie les deux infantes qu'il avait voulu séparer de leurs amants et devient le meilleur des princes , avec la crainte perpétuelle de se retrouver le lendemain dans l'affreuse prison. Caideron a répandu sur toute cette pièce des flots de poésie.
Boissy a imité la pièce du poëte espagnol sous le même titre : la Vie est un songe, dans une comédie en trois actes et en vers libres (Comédie-Italienne, 10 février 1717).
Vie nouvelle (la), comédie en cinq actes", en prose, de M. Paul Meurice (théâtre de l'Odéon, s avril 1867). Raymond La Bastie est lils d'un peintre illustre; mais il ne profite de la gloire acquise par son père que pour mener une vie de désœuvrement et de débauche. Il gaspille sa fortune, déshonore sa jeunesse et en vient k faire un faux pour payer une dette de jeu. Ce faux, il l'a commis à l'aide du nom de son amie, Paule Vernon, élève de son père, qui est devenue une femme célèbre et qui excelle à peindre le paysage et les animaux. Raymond a coupé sa signature au bas d'un dessin qu'elle lui avait donné et l'a apposée sur une lettre de change. Poussé par la honte et le dégoût de la vie, il a recours au suicide et s'empoisonne. C'est chez Paule Vernon qu'il vient râler son agonie, en maudissant ses folies et avouant sa coupable action. Paule l'a déjà pardonné, car elle a déjà payé la fausse lettre de change. Elle ne pense qu'à le sauver. Le jeune docteur Roller, qui aspire k l'amour de Paule, soigne le moribond et le guérit. Mais c'est la cure morale de Raymond que Paule a surtout à cœur ; c'est le paresseux, le désœuvré, le débauché, le fils oublieux de la gloire paternelle, dont elle veut faire un travailleur, un honnête homme, digne du grand artiste qui lui a donné le jour. La convalescence physique et la convalescence morale de Raymond le forcent à rester dans l'hôtel de Paule, à vivre de la vie familière de cette femme supérieure, qui lui rend le courage avec la santé, qui lui crée une < vie nouvelle. •
En soignant ainsi Raymond, Paule s'éprend d'amour pour lui et finit par lui offrir sa main en lui avouant cet amour. Raymond refuse et proteste de son indignité. Il avoue un autre motif de son refus. Une main mystérieuse a payé toutes ses dettes. Quel est ce sauveur? Le inonde croit que c'est Paule. Elle s'en défend ; mais pourtant elle demande k Raymond s'il aurait de la répugnance k accepter une fortune des mains de sa femme. Il répond, non avec son cœur, mais avec le respect humain, qu'on ne peut devoir tout k sa femme, qu'on ne peut se marier pour payer ses dettes. « Ces raisons ne sont rien si vous m'aimez, • réplique Paule. avec la logique passionnée des femmes. Raymond, qui se jetterait dans une fournaise pour Paule, hésite à lui donner sa main si ce geste doit être un contrat. Il admire celle qui l'a sauvé, mais il ne l'aime pas ; il n'a pas tout dit; il n'a pas dit qu'il en aimait une autre. Quelle est- elle ? Une pauvre petite orpheline italienne, Pasqua-Maria, recueillie dans l'atelier comme modèle, pauvre fille farouche comme Mignon, jolie comme elle et en même temps d'un cœur pur, d'un esprit naïf. Le docteur Roller,
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par jalousie contre Raymond, fait connaître a Paule quelle est sa rivale. « Voilà celle que vous aimez et qui vous aime, « s'écrie Paule en poussant Pasqua-Maria devant Raymond interdit. lis nient tous deux et veulent se sacrifier k l'amour de Paule. Raymond peut accepter sans rougir la main de cette dernière, car il apprend que ses dettes n'ont pas été payées par elle, mais grâce à une somme léguée, sous forme de fidèicommis, par son père mourant, qui avait voulu le mettre en garde contre les entraînements de la vie. Le docteur Roller avait tenu ce fait caché pour ne pas détruire l'obstacle que l'opinion publique mettait entre Raymond et sa bienfaitrice; il l'avoue quand il croit enfin son amour sans espoir. Paule n'accepte pas le sacrifice de Raymond et de Pasqua-Maria ; elle se sacrifie elle-même à leur bonheur. Elle gardera la satisfaction d'avoir ouvert à son ami une voie nouvelle ; elle travaillera, elle luttera; peut-être un jour tendra-t-elle la main à Roller; mais M. Paul Meurice a trop le sens du théâtre pour que ce dénoûment puisse s'entrevoir, même dans le lointain. La pièce se termine sur Je sacrifice complet, sans arrière-pensée.
Cette comédie a comme idée dominante la revendication, pour la femme, du droit de sauver par son amour un homme dégradé, de même qu'on accorde à l'homme le droit de relever une femme de ses chutes. Une intrigue bien conduite, pleine de mouvement et de passion donne à cette idée, k ce plaidoyer le charme et les qualités propres à l'œuvre dramatique. La Vie nouvelle a été fort applaudie; le caractère de Paule Vernon a paru surtout nettement et fièrement dessiné. A la lecture même, il saisit et entraîne.
Vie parisienne (la), bouffonnerie musicale en quatre actes et cinq tableaux, paroles de MM. Henri Meilhac et Ludovic Halévy, musique d'Offenbach ; représentée au Pitlais- Royal le 31 octobre 1866. C'est une pièce carnavalesque, qui répond assez mal k son titre. Le vicomte Raoul de Garde-Feu s'est emparé, au débarcadère du chemin de fer, d'un baron suédois dont la femme est fort jolie, et il lui fait les honneurs de la capitale. Alors commence une série de mystifications extravagantes. Le vicomte installe le baron de Gondremark et la baronne dans son propre appartement, en leur faisant accroire qu'ils sont au Grand-Hôtel. 11 improvise une fête en leur honneur chez un certain amiral suisse, dont les invités sont des domestiques travestis. La pièce se termine dans un salon du café Anglais, La partition, écrite sur cette fantaisie burlesque par le fécond musicien, se compose de petits morceaux k la portée du personnel du lieu. On a remarqué le finale du premier acte, un rondeau chanté par Mlle Honorine, une tyrolienne chantée par Mlle Zulma Bouffar, les couplets de la colonelle, du Brésilien et de -la gantière. Hyacinthe, Brasseur, Gil-Pérès, Priston, Lassouche, Mme» Thierret, Moutaland, Paurelle, Massin ont joué dans cette pièce, qui a eu un grand nombre de représentations.
Vie. Iconogr. Le Louvre possède une trèscurieuse peinture de l'école vénitienne, intitulée : Tableau de la vie humaine, et qui est la réalisation pittoresque d'une allégorie attribuée à Cébès, disciple de Socrate. La foule des humains, fils de la Nature et du Temps, se presse k l'entrée de la vie; le Génie, sous les traits, d'un vieillard, les instruit de la route qu'ils doivent suivre. Auprès de la porte est assise sur un trône l'Imposture, .qui les enivre en leur faisant boire la breuvage préparé par l'Ignorance et l'Erreur. Admis dans l'enceinte, ils sont accueillis par des femmes représentant les Opinions, les Passions, les Voluptés; elles les séduisent et leur promettent de les conduire au bonheur. Ils rencontrent bientôt, en effet, la Fortune; la déesse aveugle, debout sur un globe de verre, dépouille les uns et enrichit les autres. L'Intempérance, la Débauche, l'Avarice, la Flatlerie-guettent ceux qui ont reçu quelque don, les nattent, leur promettent une vie exempte de chagrins ; puis, après les avoir trompés par leurs caresses, les ruinent, les déshonorent et les poussent au crime. Alors ils sont livrés au Châtiment, qui a pour satellites la Tristesse, la Douleur, le Deuil, le Désespoir ; ils achèvent ensuite leur existence dans le cachot du Malheur, à moins que le Repentir ne les délivre et ne leur indique la route de l'Instruction qui doit les régénérer. Ceux qui parviennent ainsi à s'affranchir du joug de l'Opinion, de l'Erreur, de l'Ignorance se dirigent vers des hauteurs d'un accès difficile, où deux femmes robustes, la Modération et la Patience, leur tendent les bras et les encouragent à surmonter les obstacles. Après avroir franchi ces rochers escarpés, ils trouvent une autre enceinte, une autre porte, une fraîche prairie, séjour 'des Bienheureux, dont le Bonheur et les Vertus se partagent l'empire. Après s'être purifiés en buvant le breuvage que leur présente l'Etude, accompagnée de la Vérité et de la Persuasion, ils pénètrent enfin dans le séjour de la Science, où habitent la Force, la Justice, l'Intégrité, la Tempérance, la Modération, la Liberté, la Continence, la Douceur; ces Vertus présentent les vovageurs k la Félicité, donfle temple est bâti sur une élévation qui domine toutes les enceintes; assise sur un trône, elle couronne les courageux lutteurs
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qui ont vaincu les Vices, dont les embûches sont semées sous les pas de l'humanité. Ce tableau a été retrouvé en 1848, dans un grenier de la cour des comptes, par M. Jeanron, alors directeur des Beaux-Arts, qui n'a pas craint de l'attribuer au Gioigione; il est digne assurément de ce grand maître par la fermeté de la touche et la solidité des empâtements; mais depuis on a cru devoir écarter cette attribution, en se fondant principalement sur ce que les mots Opus Danieli se lisent sur un volume tenu par un des personnages. ■ Daniel, dit M. Villot, est évidemment le nom ou l'un des noms de l'auteur de cette peinture, dont l'exécution rappelle la manière de Schiavone et de Bonifazio. » Le mot « évidemment • est ici de trop. Danieli opus pourrait être tout aussi bien le titre réel d'un livre, d'un manuscrit, que la signature du peintre. Ce qui est certain, c'est que le nom de Daniel est absolument inconnu dans l'histoire de l'école vénitienne.
N. Poussin a composé une allégorie de la Tifi humaine, beaucoup plus simple et non moins poétique : quatre femmes personnifiant le Plaisir, la Richesse, la Pauvreté et le Travail se donnent la main et dansent au son d'une lyre touchée par le Temps; la Richesse est parée de bijoux et de vêtements précieux ; le Plaisir est couronné de fleurs; la Pauvreté, mal vêtue, a une couronne de feuilles sèches; le Travail a les épaules nues, les bras décharnés et jette à la Richesse un regard d'envie. Cette danse en rond est l'image des vicissitudes continuelles qui arrivent dans la fortune des hommes. Deux enfants, dont l'un tient un sablier, tandis que l'autre joue avec des bulles de savon, font sentir le peu de durée de la vie humaine et de combien de vanité elle est remplie. Sur le devant du tableau, un Terme à double face symbolise le passé et l'avenir. Dans le ciel apparaît le Soleil porté sur son char que précède l'Aurore et que suiventles Heures. Cette composition a été gravée par Volpato, R. Morghen, B. Picart et Dughet.
Un tableau de Michel-Ange, qui appartient à~la National Gallery et qu'on intitule lantôt le Songe de Michel-Ange, tantôt le Drame de la vie humaine, représente un jeune homme nu, s'appuyant des deux mains sur un globe bleu et se retournant en regardant le ciel. Un ange tenant une longue trompette dirigée vers l'oreille du jeune homme annonce la fin du monde et la punition des pécheurs. Ceux-ci sont précipités dans les enfers par l'archange Michel, armé de son glaive. Ce tableau, qui provient du palais Barberiui , a été' gravé par Bonasone, contemporain de Michel-Ange. Le Titien a représenté les Trois âges de la .tv'edansun tableau où des enfants jouent, où un jeune berger et une jeune bergère Se regardent avec l'expression de la plus vive tendresse, et où un vieillard se repose à l'ombre. Des allégories sur la vanité et la brièveté de la vie ont été gravées par J. Matham et par Ravenet, d'après le Titien. Des compositions sur te même sujet ont été exécutées par beaucoup d'autres artistes (v. vanité). Sous ce titre : ie Jtëue de la vie humaine, Gérard Audran a gravé, d'après Ch. Le Brun, une composition représentant un homme couché sur une draperie, au milieu des nuages, et entouré de diverses figures allégoriques; au-dessus de sa tête, on lit ces mots ; In imagine pertransit homo.
M. E. Hébert a exposé au Salon de 1870 un tableau intitulé : le Matin et ie soir de la vie. Une jeune Italienne de seize ans, aux yeux tranquilles, aux lèvres dédaigneuses, aux cheveux châtains dont les lourdes tresses s'enroulent au-dessus des tempes, au col souple, élégant, portant fièrement ia tête, à la taille élancée et robuste, aux jambes et aux bras nus, voilà la jeunesse, 1a force, l'espérance, voilà le Matin de la vie! Debout sur une marche de p. erre, la main gauche sur la hanche, la droite posée sur l'anse d'une cruche de cuivre rouge où tombe l'eau d'une fontaine, cette humble paysanue a une sorte de majesté rustique. Elle est vêtue d'une chemise de toile grossière, qui laisse l'épaule à découvert, et d'une jupe d'indienne blanche dont les dessins lilas ont pâli et déteint. Derrière elle, sur la pierre même où elle est debout, une vieille femme est assise, de profil; elle est enveloppée d'une cape grisâtre, tient de sa main droite un bâton et appuie ia main gauche sur ses genoux, que recouvre un tablier noir. Sa tête appesantie par l'âge s'incline vers la poitrine. Ses cheveux sont incultes et grisonnants, ses joues creuses et flétries, sou œil est sans regard. Elle ne pense plus, elle est plongée dans une somnolence qui engourdit l'àme et émousse les sens. Ce n'est pas encore la nuit, c'est le crépuscule, l'instant où tout s'efface, où les formes s'évanouissent, où, du soleil disparu, il ne reste d'autres traces que quelques vagues rayons égarés dans le ciel; c'est le Soir! M. Hébert a rendu d'une façon pittoresque et saisissante ce contraste de la décrépitude et de la jeunesse. Sa jeune Italienne surtout a une tournure digne de la statuaire. « On ne peut pas dire qu'elle soit jolie; ses traits n'ont ni la pureté ni la régularité de certains types italiens; mais quelle fierté d'expression! quelle noblesse d'attitude I quelle vigueur et quelle souplesse dans les membres I Et comme ce vètementestsuperbementdrapél quels plis simples et élégants I » (Marius Chaumelin, Y Art contemporain.)
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Le musée de La Haye possède une trèsintéressante peinture de Jan Steeti, qu'on intitule quelquefois le Tableau de la vie humaine ou plus simplement la Fête aux huîtres. Dans une vaste salle, une vingtaine de personnes forment des groupes divers; au milieu, un vieillard offre une huître ouverte à une petite fille assise, près de laquelle une jeune femme porte un caniche dans son tablier; à droite, au premier plan, un petit garçon fait danser un chat, et un autre porte un broc et un panier de fruits. 'A gauche, un vieux grand-père tient sur ses genoux un enfant qui tend la main vers une perruche; à côté, une servante accroupie arrose des huîtres posées sur un gril. Dans le fond, un homme qu'on croit être Jan Steen lui-même joue du luth; une femme l'écoute; un gros compagnon rit, son verre à la main ; plus loin, des buveurs et des fumeurs sont attablés, et, au-dessus d'eux, un petit garçon, couché à plat ventre dans une soupente, à côté d'une tête de mort, lance des bulles de savon dans la salle. Ce tableau a été gravé par Ortmann, dans le Musée français, et par Réveil.
Sous ce titre : la Vie humaine, Emmanuel Eichel a gravé une suite de 50 planches. On a de Jan van Luyken une suite de 51 planches représentant les différents Ages de l'homme. Généralement, les artistes qui ont traité ce dernier sujet ont représenté l'homme à quatre âges différents : enfance, jeunesse, maturité et vieillesse. Des compositions &n ce genre ont été peintes par Lancret (à. la National Gallery), J. Raoux (gravé par Beauvarlet), A. de Bay. Citons aussi les gravures de Nie. Bonnart, Melchior Boeksberger, Blootelingh (d'après Bega), etc. J.-Séb. Muller a gravé les Quatre âges de la femme. Quatre compositions sous le même titre ont été lithographiées par Ch. Philipoh et Arnoult. Un tableau de Gérard, intitule les Trois âges, est an musée de Naples : il représente une jeune femme couronnée de fleurs, le bras appuyé sur l'épaule d'un vieillard à barbe blanche; près dfclleest assis son époux, et Bur ses genoux est son enfant. Nicolas de Bruyn a gravé, d'après Martin de Vos, une suite de 9 planches représentant les occupations de l'homme à ses différents âges.
VIE s. f. (vî — lat. via, voie, chemin). Techn. Chemin pratiqué dans un marais salant.
VIE, rivière de France (Orne). Elle prend sa source à l'O. du village de Grand-Val, entre dans le département du Calvados, audessus de Sainte-Foy-de-Montgomery, arrose Vimoutiers, Livarot et tombe dans la Dives, après un cours de 60 kilomètres.
VIE., rivière de France (Vendée). Elle prendsa source près et au S. de Betleville, dans l'arrondissement de La Roche-sur- Yon, coule à l'O., baigne La Chapeile-Palluau, Apremont, Saint-Maixent et se jette dans l'Atlantique, au ponde Saint-Gilles, après uncours de 55 kilom., navigable sur 9 kilomètres.
VIÉDASE ou VIÉDAZE" s. m. (vié-da-ze — On explique ce mot par visage d'âne; il vient en réalité du provençal viet, pénis, et d'axé, d'âne). Pop. Badaud, sot, nigaud, imbécile, avec une nuance plus douce, moins injurieuse que ces divers mots : Il vit un grand viédaze d'évéque sur un beau cheval. (B. de Verville.)
— Bot. Nom donnéàl'aub'erginejdansquelques départements du Midi.
VIÉGE, rivière de Suisse (canton du Valais). Elle est formée par deux petites rivières, la Viége occidentale, qui sort du lac de Goner, et la Viége orientale, qui prend naissance au lac de Saas. Ces deux rivièreyse joignent près de Stalden et forment la Viége proprement dite , qui se déverse dans le Rhône, près du bourg du même nom, dont elle rase les murs. Cette rivière, qui tient beaucoup du torrent, sort fréquemment de son lit, inondant la vallée qu'elle traverse.
VIEHL DEBOISJOL1N (Jacques-François- Marie), littérateur français. V. Boisjolin,
VIEHL DE BOISJOLIN (Claude-Augustin).