VILE
très quelque chose de leur naïveté première. M. Vilain était plus savant en revenant de Rome, mais moins original. Il reparut uu Salon en 1845 avec deux statues, un Saint Jean, Y Automne, et un bas-relief en marbre, la Bienfaisance. L'année suivante, il exposa Bébé et l'aigle de Jupiter, composition qui montra mieux encore combien il était sous l'influence de l'antique. Dans le Buste d'E~ tienne, qui figurait à la même Exposition, on remarqua plus de sève, de jeunesse et d'ampleur; cette Exposition lui valut une 3» médaille. En 1849, les bustes de Victor Hugo, de Jl/Ho Vilain, du Général Jamain reçurent un accueil très-favorable. La presse, d'une voix unanime, en fit valoir les mérites sérieux. Une 2e médaille et la croix de la Légion d'honneur consacrèrent ce succès et valurent au sculpteur, entre autres travaux, le Fronton du palais de l'Industrie, achevé en 1854. Presque en même temps, l'auteur avait reçu, pour le nouveau Louvre, la commande de plusieurs tympans qui furent exposés en 1856. Dans le même palais, il a fait encore la décoration de deux ou trois portes. Après l'exécution de ces travaux, il eut à faire pour le ministère d'Etat un Marias debout au milieu des ruines de Carthage et une figure de Saint Germain l'Auxerrois, destinée à la décoration de la tour de l'église de ce nom. Quelques Bustes exposés en 1863, entre autres celui de 4/ma Vilain; un groupe, la Musique et la Danse; un Ktéber, en 1864, sont, avec les oeuvres dénommées plus haut, les travaux les plus saillants dus au ciseau de cet artiste et ceux qui résument le mieux sa personnalité.
' VILAINAOB s. m. (vi-lè-na-jo — rad. m'lain). Féod. Condition de vilain, de roturier. Il Habitation de vilain. Il Tenue roturière.
VILAINE, la Vicinovia ou Vidiana des Romains, rivière de France. Elle prend sa source dans le département de la Mayenne, à l'O. d'Ernée," coule au S.-O., entre dans le département d'Ille-et-Vilaine, baigne Vitré, se dirige à l'O., arrose Rennes, prend alors la direction du S. jusqu'au village de Langon, où elle continue sa direction à l'O., en servant de limite aux départements d'Meet-Vilaine et de la Loire-Inférieure, arrose Redon, entre dans le département du Morbihan, qu'elle sépare de celui de la Loireinférieure, baigne la Roche-Bernard et se jette dans l'Atlantique, après un cours de 2S0 kilom., navigable depuis Rennes jusqu'à l'Océan, sur un parcours de 144 kilom.
VILAINEMENT adj. (vi-lè-ne-man — rad.
vilain). D'une façon vilaine, désagréable : Un corps vilainement bâti.
— Malproprement ; Manger vilainement.
Cette cuisinière fait tout vilainement.
— Grossièrement, d'une façon malhonnête:
Parler vilainement. Recevoir vilainement un visiteur.
— Honteusement : Mentir vilainement.
S'enfuir vilainement du champ de bataille. Trahir vilainement ses amis.
— Sordidement, chichement : Se loger VIlainkment. Mazarin ne cessa vilainement de poursuivre son propre gain et son profit. (Stc- Beuve.)
VI LA IUS (Marc-Hilaire), chimiste français, né h Bordeaux en 1720, mort en 1792. Après avoir étudié sous la direction de Rouelle à Paris, il servit dans l'armée de Hanovre comme pharmacien , s'établit apothicaire dans sa ville natale en 1748 et découvrit le kaolin, dont l'emploi donna naissance à la manufacture de porcelaine de Limoges. On lui doit aussi les premiers essais de dessiccation des viandes.
V1LATE (Joachim), agent politique français, né à Ahun (Limousin) en 1768, exécuté a Paris en 1795. Il professa quelque temps les humanités aux collèges de Guéret et de Limoges. S'étant rendu à Paris en 1792, il se lia avec les plus ardents révolutionnaires et joua un rôle actif pendant la journée du 10 août. Après le 31 mai 1793,*il s'atiaclia à Robespierre, prit le nom de Semproulu» Grnccbua et devint juré au tribunal révolutionnaire. Emprisonné au 2 thermidor an II, comme espion des comités, il composa dans sa prison des écrits dans lesquels, dans l'espoir de se sauver, il calomnie ses anciens amis, leur prodigue les épithètes les plus outrageantes, et qui n'ont même pas trouvé créance parmi les réactionnaires .les plus éhontés. Vilate fut condamné à mort et exécuté. On a de lui : De nos maux et des remèdes qu'il faut y apporter (Paris, 1793, in-8") ; Causes secrètes de la révolution du 9 thermidor (Paris, 1795, 2 part. in-8«) ; Mystères de ta mère de Dieu (Catherine ThéotJ dèooilês (Paris, 1795, in-8°).
VILAYET s. m. (vi-la-ië). Division administrative de l'empire ottoman.
VILEBREQUIN s. m. (vi-le-bré-kain — de l'ane. fr. virebrequin, qui est formé de virer, tourner, et de br'equin, mèche. Brequin est pour beurquin, et reproduit le hollandais boreken, petit foret, diminutif de l'ancien haut allemand bora, pora, foret, vrille, ancien allemand bor, pora, de l'ancien allemand poron, percer, anglo-saxon boriau, Scandinave bora, etc.). Teckii. Instrument au moyen duquel on imprime un mouvement de rotation & une mèche, pour percer des trous dans le
bois, la pierre, les métaux : Pline fait honneur aux Gaulois de la découverte du vilebrequin. (De Rémusat.)
— Pop. Jambes en vilebrequin , Jambes torses,
— Mécan. Arbre coudé, dont le coude est articulé à une bielle, de façon que, l'un des deux organes recevant le mouvement de l'autre, le mouvement circulaire du coude imprime à ta bielle un mouvement de va-et-vient, ou vice versa.
— Moll. Nom vulgaire dea vermets.
— Encycl. Mécan. On donne le nom de vilebrequin aux arbres coudés de petit diamètre dont on fait usage dans les pompes et dans les machines à vapeur de faible force, pour donner le mouvement au piston dans les premières, par l'intermédiaire de la bielle, et pour transmettre le mouvement à la poulie de commande dans les secondes, a l'aide également de ia bielle. Le vilebrequin s'emploie toutes les fois qu'il s'agit de transmettre le mouvement à nn arbre au moyen d'une bielle se mouvant dans un plan qui coupe cet arbre en un point quelconque de sa longueur, cas dans lequel il est nécessaire de munir l'arbre d'un coude se comportant, par rapport k la bielle, absolument comme une manivelle. En général, on évite, autant que possible, les vilebrequins dans les machines, tant à cause de leur fragilité que de la difficulté qu'ils présentent dans l'exécution, quand ils sont en fer. Il est cependant des cas où l'on ne peut s'en passer; l'art du forgeron consiste alors à faire suivre au nerf du fer les sinuosités des coudes, de manière qu'il ne soit interrompu en aucune de ses parties. A cet effet, on bat successivement l'arbre à couder entre deux séries d'étampes et de matrices, primitivement planes et dont les dimensions vont en croissant jusqu'à la dernière, qui affecte exactement les dimensions que doit avoir le vilebrequin.
VILEMENT adv. (vi-le-man — rad. biVJ.
D'une manière vile, honteuse : Du même fond d'orgueil donton s'élève fièrement au-dessus de ses inférieurs, ion rampe vilemknt devant ceux qui sont au-dessus de soi. (La Bruy.)
VILENAGE s, m. (vi-le-na-je). Autre forme
du mot VILAINAGB.
VILENÉ adj. m. (vi-le-né — rad. vilato), Blas. Se dit de tout animal mâle dont la verge est d'un émail particulier : Rogemont de Chandée, en Bugey : De gueules, au lion d'or, lampassé, vilené, rf'oîitr.
VILENIE s. f. (vi-Ie-nl — de vilain, qui s'est écrit vilein). Ordure, saleté: Une maison pleine de vilenies.
— Nourriture malsaine , capable de faire du mal : N'achetés pas ces fruits verts, c'est de la vilenie.
— Obscénité, parole honteuse : // ne se plait qu'à dire des vilenies, li Parole grossière et injurieuse : Elle m'a dit cent vilenies de vous.
— Action ou conduite vile et honteuse : La vilenie des courtisans n'empêche pas leur orgueil. La vilenie des esclaves est un produit direct du despote. (V. Hugo.)
— Avarice sordide : Il est d'une vilenie à se laisser mourir de faim.
— Blas. Verge d'un animal : Un lion sans