V. Sabara
VILLA.RÉSIE s. f. (vil-la- rè-zl — de Villares, savant espagnol). Bot. Genre d'arbres, de la famille des ilicinées, dont l'espèce type croît au Chili.
VILLARET (Guillaume de), vingtrquatrième grand maître de l'ordre des hospitaliers de Saint-Jean -de-Jérusalem, mort en 1308. Issu d'une des plus anciennes familles de- la Provence, il était prieur de Saint-Gilles en Languedoc, lorsque, en 1300, il fut élu grand maître, en remplacement d'Odon de Pins. Il se trouvait alors en Fiance et il s'empressa de se rendre à Limisso (île de Chypre), qui était alors la résidence du grand maître. Son règne ne présente aucun événement remarquable; mais c'est à lui que revient l'honneur d'avoir conçu le projet de la conquête de Rhodes, que la mort l'empêcha de réaliser. Villaret eut son frère pour successeur.
VILLARET (Foulques de), vingt-cinquième grand maitre de l'ordre des hospitaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem, mort en Languedoc en 1327. Reprenant, dès son élection en 1308, le projet de son frère, il intéressa à sa réalisation le roi de France et le pape, dont il reçut des secours, conduisit ses chevaliers et s'empara de l'Ile presque entière. Il mit ensuite le siège devant la capitale et l'emporta d'assaut (1310), après un siège long et meurtrier, pendant lequel il avait à combattre uonseulement les. assiégés, mais encore une armée de Grecs envoyée contre lui par l'empereur A ndronic II Paléologue. Il eut presque aussitôt à défendre sa conquête contre Othman, sultan des Turcs, qu'il repoussa dans ses Etats. En 1312, l'ordre des Templiers ayant été solennellement aboli par Clément V, Foulques accepta pour son ordre la cession d'une partie de leurs biens. Dès lors, il commença à encourir la haine des chevaliers par ses hauteurs, sa cupidité et le scandale de ses mœurs. Un complot se forma contre lui et se changea en une véritable révolte lorsqu'il voulut sévir. Déposé par les chevaliers et remplacé par Maurice de Pagnac, il en appela au pape; la mort de son rival lui rendit la maîtrise; mais, su» le conseil du souverain pontife, il abdiqua et se retira en France.
VILLARET (Claude), historien, né à Paris vers 1716, mort en 1766. Ii reçut une excellente éducation et, trompantles espérances de ses parents, qui le destinaient au barreau, il s'essaya sans succès dans la littérature, après avoir mené une existence fort agitée. Le dérangement de ses affaires l'obligea à quitter Paris (1748) et à s'enrôler dans une troupe de comédiens de province. Il quitta cette profession eu 1758, publia deux ans plus tard ses Considérations sur l'art théâtral, réfutation assez remarquable de la lettre de Rousseau Sur les spectacles, et obtint une place de premier commis à la Chambre des comptes. Cette position nouvelle changea pour le reste de sa vie le cours de ses habitudes et de ses travaux. Une partie des archives de' la cour avait été précédemment détruite par un incendie, et Villaret fut chargé de remettre en ordre les restes de ce précieux dépôt. Il se passionna pour un travail qui lui permettait de consulter les documents originaux de notre histoire depuis l'époque de saint Louis, et acquit une érudition assez remarquable dans cette partie de la science historique. Chargé par les éditeurs de l'Histoire de France de Velly (mort en 1759), de continuer ce travail, qui ne comptait encore que sept volumes et s'arrêtait à l'an 1329, il le conduisit jusqu'au tome XVII et à l'année 1469, la neuvième du règne de Louis XL On sait que la partie de cette histoire qui (ui appartient est supérieure à ce qui avait été fait par Veily, Le style en est plus élégant, plus animé, les recherches en sont plus neuves et plus profondes. Son appréciation de Louis XI et de ses rigueurs nécessaires envers les seigneurs, ses éclaircissements sur les origines de la Chambre des comptes, du parlement et des Etats généraux, ses observations sur diverses fonctions publiques dans l'ancienne monarchie, sur la situation de la France et de Paris au xiv« siècle, sur les progrès des lettres, des arts, etc., avaient alors un caractère de nouveauté que les travaux de l'école moderne ont fait oublier, mais qui ne doit pas être méconnu. Ou lui reproche cependant la prolixité de ses préambules et retendue de ses digressions, qui sont beaucoup trop nombreuses. L'histoire de Velly et Villaret fut continuée par Garnier. Un a encore de Villaret ; Lettre à M. de V. sur sa tragédie de Mahomet (1742, in-12); le Quartier d'hiver, comédie en un acte, en vers, avec Bretet d'Aucourt (1745, in-8°); Histoire du cœur humain ou Mémoires au marquis de'" (1745, in-12); la Relie Allemande (1745, in-12); Esprit de M. de Voltaire (1759, in-8°); une édition des Ambussudes de MAI. de Nouilles en Angleterre, rédigées par
Vertot (Paris, 1763, 5 vol. in-lî). On lui attribue, en outre, mais sans grand fondement, les trois opuscules suivants ■ Prédictions générales et particulières pour l'année 1741, recueil de traits satiriques, dirigés contre des auteurs et contre des acteurs ; le Cocq ou Mémoires du chevalier V (1742, in-12); Anti- Puméla ou Mémoires de M. D... (1742, in-12).
VILLARET (François), chanteur français, né à Milhauâ (Gard) en 1830. Des parents, qui étaient marchands drapiers en gros, le déci-1 dèrent à venir, dès 1852, à Nîmes, où, tout en se destinant au commerce, il étudia»ta musique sous la direction de M. Rousselot. Il était contre- maître dans une brasserie de Beaucaire quand il se distingua parmi les orphéonistes de cette ville. Il lit bientôt la connaissance à Marseille de M. Brun, qui devint pendant un an son professeur. Cet ancien chef d'orchestre du Grand-Théâtre de Bordeaux organisa pour le mettre en lumière une représentation de Guillaume Tell, qui fut donnée au moment des courses, en mai 1862, avec le concours do ses élèves et de ceux du Conservatoire d'Avignon. Villaret chanta la rôle d'Arnold, etson succès fut si grand qu'on demanda à l'entendre une seconde fois. ■ Une des qualités précieuses du nouveau ténor, dit un biographe, c'est qu'il ne force jamais sa voix ; il n'exagère ni l'accent, ni le geste, ni l'expression. De taille moyenne, large de poitrine et d'épaules, il a un air aisé, une physionomie ouverte et sympathique. • Invité par M. Nogent Saint-Laurens k venir chanter dans son château de Grenouiller à Orange, il charma tellement son auditoire que le député du Loiret se chargea de son avenir.ll l'emmena avec lui k Paris et le conduisit d'abord chez Ambroise Thomas , ensuite chez Alphonse Rover, qui dirigeait alors l'Opéra. 11 eut une audition au mois d'août et fut engagé immédiatement. Il débuta enlin le 20 mars 1863 dans le rôle d'Arnold, qui lui était si familier. Son second début dans les Vêpres siciliennes faillit compromettre sa réputation; il se releva heureusement dans Manrique du Trouvère, surtout à l'andanle du troisième acte et au Miserere, et obtint un véritable triomphe sous les traits d Eléazar de la Juive (novembre 1863). Depuis il n'a pas retrouvé un rôle qui convienne mieux à la nature de sou talent. Il répétait en 1S64 Aménophis de Moïse, quand, au dernier moment, il tomba malade et l'ut remplacé par Warot. Il lit sa rentrée en février 1865 dans Masaniello de la Muette de Portici. Selon Théophile Gautier, p'est bien l'homme du personnage ; il en a la fougue, l'entraînement, et vers la fin, cette sorte d'ivresse qui s'empara du triomphateur populaire et le conduisit à sa perte ; sa belle voix pleine et sonore a bien fait vibrer les chants patriotiques de la pièce, mais dans l'air du Sommeil ou eût pu désirer plus de douceur, de suavité et de caresse. » Il chanta avec non moins de succès, le 21 juillet, Raoul des Huguenots, puis se montra tour à tour dans don Oltavio de Doa Juan , dans Admets d'A/ce.s*«, dans Vasco de Gama de l'Africaine (1866), dans Robert le Diable (1S67), dans don Fernand de la Favorite (1S69), etc.
VILLARET DE JOYEDSB (Louis-Thomas, comte), vice-amiral français, né à Auch en 1750, mort à Venise en 1812. Il était entre dans le corps des gendarmes de la maison du roi ; mais une affaire d'honneur qu'il eut à l'âge de seize ans, et dans laquelle il tua son adversaire, l'obligea à quitter ce corps. I! suivit alors le penchaut décidé qui l'entraînait vers la marine. Embarqué pour les Indes sur l'escadre du bailli de Surfren, il montra une telle bravoure au siège de Poudichéry par les Anglais, que l'amiral le nomma, en 1781, capitaine de brûlot, et lui confia les missions les plus périlleuses. Il lui remit ensuite la commandement de la Noyade, corvette de 18 canons, pour donner avis à une escadre française, dans les parages de Madras, que des forces supérieures anglaises avaient été vues prèsda l'île de Ceylan. • Je vous ai choisi, ajouta-t-il, parce que j'ai besoin d'un homme de tête; sans doute vous serez chassé, et même vous serez pris, mais vous vous battrez bien, et voilà ce que je veux. • En effet, Villaret-Joyeuse, attaqué au retour de sa mission, ne se rendit qu'au moment où il allait couler bas, ayant déjà S pieds d'eau dans la cale. Capitaine de vuisseau au moment de la Révolution, il resta à son poste, bien que ne partageant pas les idées nouvelles. En 1793, il remplaça Morard de Galles comme vice-amiral, par arrêté du comité de Salut public, et fut mis k la tète de l'escadre de Brest, sur la proposition de Jean Bon Saint-André, qui avait dit de lui : < Je sais que Villaret n'est qu'un aristocrate; mais il est brave et il fera son devoir. • Cette escadre se composait de 26 vaisseaux; elle était destinée à protéger un convoi de grains venant d'Amérique. Villaret .mit à la voile, ayant son pavillon sur la Montagne. Le 28 mai, on rencontra la flotte anglaise, forte de 31 vaisseaux, sous les ordres de l'amiral Howe. Pendant toute la journée et celle du lendemain, les Anglais ne purent parvenir » nous eutamer, et furent même obligés de se retirer en toute hâte. Une brume épaisse tint les deux armées kdistanee le 30 etle 31 ; mais, le 18' juin, l'amiral Howe ayant engagé de nouveau le combat, Villaret fut moins heureux ; la Montagne su trouva eutourée par 5 vaisseaux ; elle se dégagea par une résis-
tance. prodigieuse ; mais, au milieu du nuage de fumée où il était.Villaret n'avait pu transmettre ses ordres ; noire ligne avait été rompue, le Vengeur venait do couler bas après une défense héroïque, et cinq de nos navires étaient tombés au pouvoir de l'ennemi. Ou rentra dans le port. 1/amiral eût continué le combat, si Jean Bon Saint-André, qui avait de la Convention l'ordre formel de ménager notre marine, ne s'y fût opposé. Peu après, ie convoi de grains attendu arriva sans encombre, sous la conduite de Vanstabel (v. ce nom). A l'époque où le Directoire préparait une descente en Irlande, Villaret-Joyeuse, prévoyant un insuccès, donna sa démission pour ne pas y prendre part. Nommé, par le département du Morbihan, député au conseil des Cinq-Cents, il se réunit aux Clichieus, fut proscrit avec eux au 18 fructidor, échappa par la fuite, se constitua ensuite prisonnier dans l'Ile d'Oleron, en sortit après le îs brumaire, et reçut de Bonaparte, en 1801, le commandement des forces navales destinées à concourir à la malencontreuse expédition de Saint-Domingue. L'année suivante, il eut le gouvernement général de Sainte-Lucie et de La Martinique, qu'il dut livrer aux Anglais, en 1809, après s'être vaillamment défendu. 11 était tombé dans une sorte de disgrâce, lorsque l'empereur, lui rendant justice, le nomma gouverneur général de Venise, fonctions qu'il remplit jusqu'à sa mort.
VILLAR-FOCCH1ARDO, bourg du royaume d'Italie, proviuce de 'j'uriu, district de Suse, mandement de Bussoleno; 2,268 hab.
VILLARICA, ville du Brésil. V. Ouro- Preto. il Ville du Paraguay. V. Conception.
VlLLARIOS-MASSAlNAS^ourg du royaume d'Italie, dans l'île de Sardaigne, province de Cagliari, district d'Jglesias, mandement de Santadi; 2,450 hab.
VILLAROPEDO, ville d'Espagne, province de Ciudad-Kéal , près de la frontière de la province de Cuença, à 20 kilom. S.-O. de San-Cleiuente, sur le chemin de 1er de Madrid à Albucète; 7,600 hab. Fabrication importante de jarres et de poterie, toiles et grosses draperies.
V1LLAROSA, bourg du royaume d'Italie, dans Ja Sicile, province de Calianizetta, district de Fiuzza-Anuerina, mandement de Culascibetta; 6,757 hab.
VILLARS (François dis), magistrat français, ne à Lyon eu 1514, mort en 1582. Lieutenant au piésidial de sa ville natale, il se signala pendant les guerres contre les huguenots, qui pillaient sa maison en 1562. Uû a de lui un Abrégé du sacrement de l'autel, qui fut publié eu 1594 par un de ses dis.
V1LLAHS (Pierre de), prélat français, né a Lyon en 1517, mort eu 1592, Reçu à Pu.. doue docteur t>i utroque jure (1539;, il embrassa l'état ecclésiastique, et, grâce à la protection du cardinal de Touruou, il obtint une charge de conseiller-clerc au parlement de Parts (1555) et, plus lard (1566), l'èvêché de Mirepoix. Elevé en 1575 k l'archevêché de Vienne et nommé l'année suivante conseiller du roi, il se signala aux états de Blois par ie zèle avec lequel il défendit lus droits de ce prince, et fut député par les états, avec deux autres prélats, auprès du roi de Navarre pour l'engager à rentrer dans le sein de l'Eglise catholique. En 1586, il se démit de son siège en faveur de son neveu et passa ses dernières années dans la retraite. 11 a laissé trois traités ascétiques écrits en latin.
VILLARS (Pierre dk), prélat français, neveu du précèdent, né à Lyon en 1545, mort en 1613. Reçu en 1575 docteur eu Sorbonne,' il succéda la même aimée, sur le s.ége de Mirepoix, à son oncle, qu'il remplaça également, douze années plus tard , comme archevêque de Vienne. Accablé d'intimités, il se démit en 1599 de cette dignité en faveur de son frère Jérôme et se retira a Anuonuy d'abord, puis à Lyon ; il a publié (Lyon, 1598, 2 vol. in-tul.) un recueil de ses écrits, qui consistent en traités latins sur divers points de morale religieuse.
VILLARS (Jérôme vs), prélat français, frère du précédent, mort en 1626. Il était conseiller-clerc au parlement de Furis , chanoine et archidiacre de Vienne, lorsqu'il succéda à son frère comme archevêque de cette ville. 11 joua un grand rôle dans toutes les aflaires religieuses du règne de Henri IV ec fut sur le point d'eue nommé cardinal ; mais Sully lui lit préférer Duperrou. Villars avait eu pour coadjuteur son cousin, Pierre de Villars, qui lui succéda sur le siège archiépiscopal; il l'occupa jusqu'à sa mort (IGG3) et y tut remplacé par son neveu et coadjuteur, Henri de Villaks, qui mourut en lyya, à l'âge de soixante-treize ans. Le siège de Vienne avait été occupé pendant cent dixhuit ans par des membres de la famille de Villars.
VILLARS (Pierre de), lieutenant général français, dit le marquis de Villui-s, né en
1«23, mort à Paris eu ICHS. Il servit en Italie et en Catalogue, avec le titre de lieutenant général, sous la direction du prince de Conti ; puis en butte à l'hostilité de Louvois, il abandonna la carrière militaire, entra dans la diplomatie et occupa successivement les ambassades d'Espague, de Savoie et de'Dane-
mars. De Villars se fit partout estimer pour son esprit et sa probité. 11 était en outre renomme pour sa galanterie auprès des dames (c'est lui que Mlle de Scudery a peint sous les traits d'Orondate dans le Grand Cyrus), et l'on prétend même que M» veuve Scarron ne fut pas insensible k ses agréments physiques. On a de lui : Mémoires de la cour d'Espagne depuis 1679 jusqu'à 1681 (Paris, 1733, in-s°).
VILLARS (Marie Gigault db Bellkfonds, marquise dk), épouse du précédent, née en 1624, morte en 1706. Elle épousa en 1651 le marquis de Villars, qu'elle suivit dans ses diverses ambassades. En Espagne, elle fut en grande faveur auprès de la reine Marie- Louise, épouse de Charles II. De retour en France, elle y vécut dans la meilleure société et s'y distingua surtout par ce que nous appellerions aujourd'hui une grande originalité de manières. « Cette marquise, dit Saint- Simon, était une bonne petite femme, sèche, vive, méchante comme un serpent, de l'esprit comme un démon, d'excellente compagnie, qui avait passé sa vie jusqu'au dernier jour dans les meilleures et les plus choisies de la cour et du grand monde et qui conseillait toujours k son fils de se vanter au roi tant qu'il pourrait, mais de jamais ne parler de soi k personne. ■ Etant à Madrid, Mme da Villars avait écrit à M"1» de Coulanges et à Mme do Sévigné des lettres d'un style facile et agréable, qui renfermaient sur les usages singuliers de la cour de Madrid et sur les événements de l'époque des détails intéressants qui ont gardé jusqu'à nos jours une certaine valeur historique. Cette correspond dance n'a pas été conservée en entier malheureusement, et de toutes les lettres adressées à Mme do Sévigné une seule nous est parvenue. Celles qui étaient adressées à Mme de Coulanges ont été publiées pour la première fois à Amsterdam (1759, in- 12), puis rééditées à Paris en 1762 et, en 1805, dans le recueil de celles de M'«o de Lafayette et de Mme de Tencin.
VILLARS (Louis -Hector, maréchal, duc dk), l'un des plus grands généraux dont s'honore la France, tils des deux précédents, né à Moulins en 1653, mort à Turin en 1734. Il fit ses études au collège de Juilly, entra dans les pages, embrassa très-jeune la carrière des armes et se distingua au passage du Rhin et au siège de diverses places de la Hollande. A dix-neuf ans, il attira par sa bravoure l'attention de Louis XIV, qui dit un jour en le voyant charger l'ennemi : « On ne peut tirer un coup de tusil quelque part que ce petit garçon ne sorte de terre pour s'y trouver. » Envoyé à l'armée de Turenne après la prise de Maastricht, il mérita l'estime da ce grand capitaine, se couvrit de gloire sous Condé, k la sanglante bataille de Senef (1674), et fut nommé par le roi colonel de cavalerie. La campagne de Flandre, sous le maréchal de Luxembourg (1675), celle d'Alsace, sous Créqui, firent éclater de nouveau ses capacités et son courage. La paix de Nimègue(1678) le rendit à l'oisiveté et aux galanteries de la vie de cour. On lui conflaen 1683 l'ambassade de Vienne, et il parvint à détacher l'électeur de Bavière de l'alliance autrichienne jusqu'au moment où la comtesse de Kaunitz s'empara de l'esprit et des sens du jeune prince. Villars dut quitter Munich (où il avait suivi l'électeur) et reçut à Versailles l'accueil le plus distingué. Louvois, qui jusqu'alors l'avait traité avec beaucoup de rigueur, lui donna la charge de commissaire général de cavalerie a la veille de la guerre contre la ligue d'Augsbouig (1689). Envoyé en Flandre la même aunée, il y gagna le grade de maréchal de camp, prit une part glorieuse au combat de Leuze (1691), fut nommé lieutenant général et alla seconder sur le Rhin le maréchal de Joyeuse. Chargé de nouveau de l'ambassade de Vienne après la paix de Ryswick (1697), il lit preuve d'une grande habileté diplomatique au milieu des négociations difficiles qui précédèrent la guerre de la Succession. Au début de cette guerre, il alla servir en Lombardie, sous Villeroy, dont l'incapacité le détermina à solliciter son rappel. Ce fut en 1702 qu'il commanda pour la première fois en chef. Mis à la tête de l'armée du Rhin, destinée k secourir l'électeur de Bavière, allié de la France , investi par les impériaux, il franchit le Rhin à Huningue à travers mille obstacles et écrase le prince de Bade à la sanglante bataille de Friedlingen, après laquelle ses soldats exaltes le proclament maréchal de France sur Je champ de bataille. « J'unis ma voix, lui écrit Louis XIV, à celle de nos braves soldats. » Et il lui envoie le bâton de maréchal, Aprè3 avoir pris Nancy et K.ehl, il entreprit de nouveau d'opérer sa jonction avec l'électeur de Bavière et y parvint k force d'habileté. Mais le dégoût que lui causèrent les irrésolutions de ce prince , dont tous les ministres étaient vendus à l'Autriche, la colère quJil ressentit de voir rejeter son plan hardi de marcher sur Vienne, le déterminèrent k demander son rappel (1703). L'année suivante, il alla soumettre les camisards des C'éveunes, reçut le cordon bleu, l'ut chargé de couvrir les frontières de l'Est, après le désastre de Hochst»dt , reprit l'offensive pendant les campagnes de 1705, 1706 et 1707, força les lignes formidables de Stoilhoi'en, sur la rive du Rhin, pi es de Strasbourg, ec uénôtra jusqu'en Frauconie et en Souabe. 11
conçut alors le hardi projet de faire sa jonction avec Charles XII, maître de la Saxe ; mais le ministre du roi de Suède , Piper, vendu à Marlborongh , lit rejeter par son maître les propositions du général français. Envoyé ensuite en Dauphiné pour prévenir les entreprises du due de Savoie, il fit une campagne en Piémont (1708), passa k l'armée du Nord et livra au prince Eugène et & Marlborongh la meurtrière bataille de Malplaquet, où il fut dangereusement blessé (noâ), au, moment où il croyait sa victoire assurée. Transporté k Versailles, il fut comblé de louanges par le roi, qui le nomma pair du royaume. A peine guéri, il reprit la commandement de sen armée, qu'il dut quitter de nouveau à cause du caractère alarmant que prenaient ses blessures. En 1712, il répara les revers qui avaient mis la France à deux doigts de sa perte en remportant sur le prince Eugène la célèbre victoire de Denain, qu'il compléta par la prise de Marchiennes, de -Douai, du Quesnoy, de Bou-, chain, etc. Après le traité d'Utrecht (1713) que l'Autriche n'avait pas accepté, il continua la guerre contre le prince Eugène, enleva Spire, Landau, Fribourg (1713) et hâta par ses victoires la paix de Rastadt (1714). Membre du conseil de régence à l'avènement de Louis XV, il combattit énergiquement les mesures de Dubois , les opérations de Law, sollicita, mais en vain, le titre de connétable, reprit encore une fois les armes lors de la guerre île la Succession de Pologne, avec le titre de maréchal général, fit de rapides conquêtes dans le Milanais et mourut k Turin k l'âge de quatre-vingt-un ans. Les caractères distinctifs de son génie militaire étaient une extrême justesse de coup d'œil, une rapidité extraordinaire dans l'exécution. Extrêmement avide d'argent, il se montra cependant disposé au sacrifice de sa fortune pour le salut du pays. On lui reproche aussi une jactance et une vanité peu dignes d'un homme qui accomplissait de si grandes choses. On a sous son nom des Mémoires (Hollande, 3 vol. in-12); le premier volume seulement peut être considéré comme étant du maréchal; les deux autres sont d'un abbé Margon, qui faisait trafic de cea sortes de falsifications. Villars avait été reçu membre de l'Académie française vers 1714.
M. Sainte-Beuve a porté sur ce capitaine le jugement suivant :
« Villars avait des ennemis; il les méritait 'par son bonheur à la guerre, qui ne s'était démenti et ne devait se démentir que cette fois, et par cet air de jactance qui accusait des défauts en partie réels, et qui recouvrait des qualités dont les malveillants se gardaient bien de convenir; mais il est bien certain qu'il valait infiniment mieux que n'affectaient de le montrer les mauvais propos des courtisans et des jaloux. Il fut très-beau à Malplaquet et le lendemain. Qualités et défauts, Villars était bien en tout un type parfait de l'officier français tel qu'on l'a vu de tout temps et tel qu'il est encore. Il savait autant et mieux qu'aucun général comment il faut prendre le soldat et toucher en lui le ressort. C'est dans l'une de ces campagnes de Flandre où ie pain manquait et où le prêt ne venait guère, où l'argent, cette étoile de gaieté, ne brillait que par son absence, que, pour dissiper une mutinerie commencée, il eut l'idée de faire battre la générale. Les séditieux, en entendant l'appel accoutumé, coururent aux armes d'un mouvement machinal comme pour combattre l'ennemi. Dans toute sa carrière active antérieure, il a' montré l'instinct et le sentiment de la grande guerre, de brillantes et solides qualités, des talents de plus d'un genre qui le classent comme capitaine k une belle place entre ceux qui viennent après les plus grands. Denuin, le salut de la France, les beaux sièges qui suivent, tout cela est d'un homme heureux, trop heureux pour ne pas être digne des faveurs de la fortune. Il semble que c'est k lui et pas k un autre que Montesquieu a pensé lorsqu'il a dit : « Quand on veut abaisser un général, ■ on dit qu'il est heureux. Mais il est beau que • sa fortune fasse la fortune publique. •
VILLARS (Armand, comte de), général français, frère du précédent, mort en 1712. Il fit, sous les ordres de son frère, les campagnes de 1703 et 1704 en Bavière, fut promu maréchal de camp en 1704, puis chef d'escadre l'année suivante, battit, en 1707, les insurgés de Port-Mahon et lit rentrer l'Ile de Minorque sous la domination du roi d'Espagne. Lieutenant général en 1708, il assista à la bataille de Malplaquet, prit part à la campagne des Flandres , après laquelle il fut nommé gouverneur de Gravelines , et se trouvait au siège de Douai lorsqu'il succomba à une fièvre maligne.
VILLARS (Honoré-Armand, duc de), prince db Martiguks, membre de l'Académie française, fils du maréchal, né en 1702, mort en 1770. Le nom de sou père fut sou seul mérite. 11 lui succéda dans la plupart de ses dignités et même à l'Académie, sans s'être jamais fait connaître par aucune production littéraire. Il se piquait, il est vrai, d'un grand talent dans la déclamation théâtrale ; mais ce n'était point là un titre suffisant pour être admis parmi les immortels. Il était grand ami de Voltaire, qui -cependant à l'occasion ne lui épargnait ni les mots piquants, ni les lines railleries. Promu k la pairie k l'âge de six
ans, il avait obtenu, dix ans" plus tird, !e grade de mestre de camp de cavuleric, et, après avoir fait quelques campagnes en Allemagne et en Italie, était devenu brigadier en 1734. Il passa presque toute sa vie dans son gouvernement de Provence, où il se fit aimer par sa bienfaisance. La Correspondance de Griinm et les Mémoires de Bachaumont l'ont accusé dégoûts infâmes, auxquels Voltaire a fait allusion dans le XVIIle chant de la Pucelle, par les vers suivants :
Tels on a vu Thibouville et Villars, Imitateurs du premier des Césars.
VILLARS (l'abbé DE MONTFACTCON dk), littérateur français , né près de Toulouse en 1635, more en 1673. Venu à Paris en 1667, il tenta d'abord de se faire un nom comme prédicateur; mais comme ses goûts le portaient vers la littérature, il ne turda pas a renoncer à la chaire. 11 publia aussitôt son fameux livre du Comte de Gabalis (Paris, 1670, in-12), qui fit- scandale. Dans le même temps, Villars composa un roman semi- philosophique, semi-historique, qui paraît être une critique des interminables productions des Soujdery et des La Calprenède; nous voulons parler de l'A maur sans faiblesse ou Anne de JJretagne et Almanzaris (Paris, 1771, 3 vol. in-12). En cette même année l'abbé donna une Critique de la Bérénice de M. Racine et de M. Pierre Corneille , qui lui valut le suffrage de Mme de Sévigné. Vinrent ensuite cinq dialogues intitulés : De ta délicatesse (Paris, 1671); c'est un travail apologétique « moins heureux que zélé » des Entretiens d'Aristide et d'Eugeneda Père Bouhours; puis parurent contre Port-Royal des Réflexions sur la vie de la Trappe, une Lettre contre M. Arnault et une Critique des pensées de AL- Pascal, écrits qui lurent assez favorablement accueillis. Les sept Nouveaux entretiens sur les sciences secrètes, suite aux Entretiens du comte de Gabalis et critique de la philosophie de Descartes ou plutôt de l'abus qu'on en faisait, réussirent encore davantage. NoIods que cet ouvrage no parut qu'en 1715, c'est-à-dire quarante-deux ans après la* mort de son auteur. Villars voyait Son talent mûrir et s'élever lorsqu'il périt assassiné sur lu route de Lyon,
VILLARS (Elie Col de), chirurgien français, né k La Rochefoucauld, dans l'Angoumois, en 1675, mort k Paris en 1747. Protestant d'origine, il abjura sa religion en arrivant k Paris où il venait étudier la médecine. Reçu docteur en 1713, il fut nommé peu de temps après professeur de chirurgie k la Faculté de médecine et doyen en 1740. C'est sous le décanat de Col deViilarsque fut reconstruit l'amphithéâtre des Ecoles. Nous avons de lui : Cours de chirurgie (Paris, 1738-1741, 4 vol. in-12); Dictionnaire frmiçaia-lalin des termes de médecine et de chirurgie, avec leur définition, leur division et leur éiymologie (Pans, 1740, in-12).
VILLARS (Dominique), botaniste, ne k Villars, près de Gap, en 1745, mort en 1814. Il commença par herboriser dans les montagnes du Daupniué, du Lyonnais et de la Bourgogne. Reçu élève en chirurgie à l'hôpital de Grenoble en 1771, il ouvrit dans cette ville un couis de botanique et y fonda en 1783 un jardin des plantes. Lors de l'organisation des écoles centrales en 1794, il fut nommé professeur d'histoire naturelle à l'Ecole centrale de l'Isère, puis, en 1805, professeur de médecin» et de botanique à la Faculté de Strasbourg, dont il devint doyen. Ou a de lui : Histoire naturelle des plantes du Dauphiné (1786-1789, 3 vol. in-Su), le premier ouvrage complet qui parut Sur ce sujet ; Mémoire sur ta topographie et l'histoire naturelle (1804 , m-8">) ; Précis d'un voyage botanique en Suisse, dans les Grisons, etc. (1812, iû-s»;.
VILLARS (Honorât db Savoie, comte db Tendk et de), maréchal de France. V.
Tende.
VILLARS (André-Baptiste et Charles de).