V. Buancas
VILLARS (François de Boivin, baron db), chroniqueur français. V, Boivin.
V1LLAR-SAN-COSTANZO , bourg da royaume d'Italie, province et district de Coui, mandement de Dronero; £,372 hab.
V1LLARS-DU-VAR, bourg de France (Alpes-Maritimes), chef-lieu de cant., airond. et k 13 kiloui. É. de Puget-Thénieis, près de la rive gauche du Var; pop. aggl., 847 hab. — pop. tôt., 849 hab. Récolte et commerce de vins. Ruines du château des Grimaldi de Beuil.
VILLARSIE s. f. (vil-lar-sl — de Villars, botau. fr.). Bot. Genre de plantes, do la famille des geutianées, tribu des ményanthées, comprenant plusieurs espèt-es, qui croissent dans les eaux douces et les marais des diverses régions du globe, n Syn. d'AucTia ou Bardank, genre de carduacees.
— Encycl. Les viltarsies sont des plantes herbacées, vivaces, k feuilles simples, arrondies, longuement pétiolées ; à fleurs généralement jaunes, présentant une corolle profondément divisée en cinq lobes, à base pourvue de poils eorollins ou de petite» écailles, k bords redressés, le plus souvent frangés. La villarsie nyniphoïde, vulgairement faux nymphéa, petit uéuuiar, est une jolie
plante, qui croît dans les eaux douces, comme toutes eelles du même genre. Elle est assez commune dans le nord et le centre de la France, et on la cultive quelquefois dans les bassins et les pièces d'euu de nos jardins, qu'elle orne à La manière des nymphéacées.' Elle fleurit en été. Cette plante possède, mais à un degré plus faible, les propriétés des ményanthes.
VILLARSITE s. f. (vil-lar-si-te — rad. villarsie). Bot. Genre de végétaux fossiles.
VILLA-SAS-GIOVANNI, ville du royaume d'Italie, province de la Calabre-Ultérieure, district de Reggio, chef-lieu de mandement; 3,6-13 hab. Belle fabrique de tissus de soie. Commerce de bois et de bestiaux.
VILLA-SAiSTA-MARlA, bourg du royaume d'Italie , province de l'Abruzze-Citéiïeure , district de JLanciano, chef-lieu de mandement; 2,697 hab.
V1LLASOR , bourg du royaume d'Italie, dans la Sardaigtie, province et district do Cagliari, mandement de Monastir ; 2,321 hab.
VILLASTKLLONE, bourg du royaume d'Italie, province et district de Turin, mandement de Carmagnola; 2,573 hab.
VILLATB (liqueur de). V. LIQUEUR.
VILLATIQUE ou VILLATICQUE adj. (vila-ti-ke — rad. villa). Villageois ; rustique. Il Vieux mot.
VILLATTE (Jean-Louis), général des affranchis de Saint-Domingue, né au Cap en 1751, mort en 1802. Elevé en France, il rit la campagne de l'Indépendance américaine sous le comte d'Estaing, prit part au soulèvement des noirs à l'époque de la Révolution et défendit avec courage le. Cap-Français, attaqué par les Espagnols et les Anglais. Sommé de se rendre par les premiers, il leur envoya des cartouches et du plomb, avec ces mots : ' Réponse a la manière des Spartiates. • Villatte eut des démêlés avec le gouverneur général Laveaux, qui le fit transporter en France sous le Directoire, revint à Saint-Domingue avec le général Leclerc, et mourut peu après.
VILLATTE (Eueene-Casimir), comte d'Oultremont, général français, né à Longwyen 1770, mort en 1834. Sous-lieutenant au début de ia Révolution, il en fit les premières campagnes, devint chef de bataillon et aide de camp de Bernudotte en 1795, puis adjudantcommandant (1799) et général de brigade en 1803. Il prit part aux campagnes de 1805 à 1807, fut promu général de division après la bataille d'Eylau et envoyé, l'année suivante, en Espagne, où il contribua à la défaite du général Blacke et à la prise de Bilbao. Lors du siège de Madrid, il enleva, à la tête de sa division, le château royal de Retiro, mit en fuite, quelques jours plus tard (t3 janvier 1809), les Espagnols retranchés sur les hauteurs d'Uclès , se distingua aux combats de Cuença, de Talavera- de -la- Reyna et de Chiclaiia, et, pendant les campagnes de 1812 et de 1813, fut chargé du commandement de la réserve. Attaqué dans Salamanque , le 26 mai 1813, par un corps de cavalerie, il opéra sa retraite dans un ordre parfait, assista, un mois plus tard, à la bataille de Vittoria, passa ensuite à l'armée du Midi, puis à celle du prince Eugène, en Italie, et, le 1er mars 18H, s'empara de Guastalla. Il se rallia aux Bourbons, après la Restauration, et devint successivement inspecteur général d'infanterie et commandant de différentes divisions militaires.
VILLATTE (Jean-Baptiste), sculpteur, statuaire et dessinateur français, né à Crosses, petit bourg du département du Cher, en 1823. Tout jeune encore, il étudia successivement l'architecture sous M. Juillien, architecte de la ville de Bourges et du département du . Cher, et lu sculpture et la statuaire sous la direction de Théophile Caudron. 11 collabora à la restauration de la cathédrale d'Amiens et au monument que surmonte la statue de Ducange que l'on voit sur la place du Palais de justice de cette ville. Son ardeur pour l'étude l'engagea bientôt à quitter la province pour ia capitale, afin d'y suivre les leçons des grands artistes.
En 1872, ia municipalité de Bourges ouvrit un concours public pour l'érection d'un monument par suite de legs qu'avait faits à sa ville natale le menuisier Coulon. Bon nombre de concurrents, parmi lesquels figurait un élève de l'école de la statuaire de Rome, entrèrent en lice et furent totalement éclipsés par M. Villatte; ce dernier avait présenté, à l'appui de son projet, l'exécution du monument en miniature (aujourd'hui déposée au musée de Bourges). La commission nommée à cet effet classa au premier iraug le projet de M. Villatte.
V1LLAOLT, sieur de Bellefond, voyageur français du xvue siècle. Il partit en 1666 pour l,a Guinée sur un bâtiment de la compagnie des Indes orientales, et visita successivement toutes les localités habitées de cette contrée, depuis le cap Vert jusqu'à la côte d'Or. De retour en France, il y publia sous ce titre» Relation des côtes d'Afrique appelées Guinée avec ia description du pays, mœurs et façci de vivre des habitants (Paris, 1669, in-12), un récit de son voyage, qui renferme un grand nombre de détails curieux et intéressants, et dans lequel l'auteur, bien dill'é-
rent en cela de la plupart des voyageurs de son époque, n'a admis que les faits qui lui ont paru dignes de foi et exempts de merveilleux et d'exagération.
VILLAVERLA, bourg du royaume d'Italie, province de Vicence , district el mandement de Thiène; 2,031 hab.
VILLAVICIOSA, bourg d'Espagne, province et à 42 kilom. N.-E. d'Oviedo, à 1 embouchure du Linarès dans le golfe de Gascogne, où il a un petit port de cabotage trèsfréquenté; 2,000 hab. Exportation de viandes, chaux, charbon de terre, fruits et bois de construction.
VILLAVICIOSA, village d'Espagne, province et à 22 kilom. E. de Gundalaxara ; 950 hab. En 1710, le duc de Vendôme y remporta une victoire qui assura à Philippe Via couronne d'Espagne.
Viliaviciusa (bataille de), gagnée par le duc de Vendôme sur les Autrichiens , le 10 décembre 1710. Philippe V, vaincu à Saragosse par l'archiduc Charles III et le comte de Stahremberg, voyant son trône d'Espagne renversé avant même qu'il eût pu s'y asseoir, lit un appel suprême à son aïeul, Louis XIV, qui, ne pouvant lui envoyer une armée, lui envoya du moins un général ; mais ce général était Vendôme. Charles III ayant quitté l'armée, Stahremberg resta seul en face de son nouvel adversaire. Il ne tarda pas luimême à opérer sa retraite, et, croyant n'avoir rien à redouter d'un ennemi épuisé qui avait reçu un seul homme pour tout renfort, il divisa son armée en plusieurs corps afin de trouver plus facilement des vivres. Lord Stanhope, qui commandait l'arrière-garde, forte de 4,000 à 5,000 Anglais, s'étant arrêté à Brihuega pour assurer le salut de ses bagages et de son butin, se vit presque aussitôt cerné dans cette ville par toute l'armée de Philippe V et de Vendôme. Après un jour de combat, la ville fut forcée et tous les Anglais faits prisonniers. Le lendemain , Stahremberg qui revenait en toute hâte sur ses pas pour dégager son arrière-garde, se heurta contre 1 armée espagnole dans les plaines de Villaviciosa, à 2 lieues de Brihuega. Tout annonçait une action sanglante et décisive, et les courtisans de Philippe V le conjuraient de ne point exposer sa vie. Le due de Vendôme ne fut point de cet avis : « Allons, sire, lui dit-il, quand vous serez k la tête de tant de braves soldats , vos ennemis ne vous résisteront pas. «Philippe V [jrit eu personne le commandement de la droite, rompit et enfonça presque du premier choc la gauche des Autrichiens. Mais au centre, où commandaient respectivement Stahremberg et Vendôme, la victoire fut plus longtemps disputée; Stahremberg soutint -vigoureusement le choc et enfonça même le centre espagnol, composé de nouvelles recrues. On a dit même que Vendôme allait donner l'ordre de la retraite, lorsque la cavalerie espagnole, victorieuse de celle des ennemis, se rabattit sur leur centre, qu'elle enfonça et rompit à son tour. Le désordre dans les rangs autrichiens était devenu irréparable, et Stahremberg se hâta de continuer sa retraite sur l'Aragon , laissant 3,000 morts sur le champ de bataille, 2,000 prisonniers et toute son artillerie. La nuit seule empêcha les Espagnols de rendre son désastre complet. Mais il n'en était pas moins hors d'état de tenir la campagne, avec une armée démoralisée et réduite à 6,000 hommes.
Lorsque la victoire se fut nettement prononcée, Philippe V, excédé de fatigue, manifesta le désir de dormir. « Sire, lui dit Vendôme, je vais vous faire arranger le plus beau et le meilleur lit où jamais roi ait couché. • Et Vendôme fit étendre sous un arbre les drapeaux conquis. Lorsque Louis XIV apprit lheureuse issue de cette bataille où une année constamment vaincue jusqu'alors avait triomphé, parce qu'elle avait eu Vendôme à sa tète, il se contente- de dire : "Voilà ce que c'est qu'un homme de plus. »
Cette révolution si étonnante dans les événements de la Péninsule s'était accomplie en moins de deux mois.
VILLAVICIOSA ou V1LLAVIÇOSA, ville de Portugal, province d'Aleutejo, à 26 kilom. S.-U. d'Elvas, près d'un petit affluent de la Guadiana; 3,400 hab. Cette petite ville est bien bâtie et environnée de plusieurs belles maisons.de plaisance. On y remarque une belle collégiale et l'ancien palais des ducs de Bragance. En 1665, elle soutint un siège contre les Espagnols, qui furent défaits aux environs par le général français Schomberg, qui commandait les Portugais. Cette bataille porte le nom de Montes -Ctaros, du nom de la chaîne de montagnes qui s'étend à l'O. de la ville.
VILLAVICIOSA (Joseph de), inquisiteur et poète espagnol, né à Siguenza en 15S9, mort il Cuença en 1658. A vingt-six ans, il se fit connaître par un poëme héroï-comique en douze chants, la Mosckea (Madrid, 1615), conçu dans le même esprit que la Batrachomyomactiie, et dont le sujet esc la description d'un combat des mouches contre les fourmis. Ce pofime offre une lecture agréable par l'originalité spirituelle des inventions et par la grâce et la facilité du style. Après avoir fait ce sacrifice aux futilités du siècle, Villaviciosa fit des études de droit canonique et
s'enrôla au service de l'inquisition. Etabli jurisconsulte à Madrid, il devint, en 1662, rapporteur du conseil de l'inquisition générale. Seize ans plus tard, il fut nommé inquisiteur des royaume et ville de Murcie, archidiacre d'Alcora, puis inquisiteur et chanoine de Cuença, et enfin archidiacre de Moya.
VI LLAVIEJA, bourg d'Espagne, province et à 12 kilom. S. de Castftllon-de-la-Plana,près de l'embouchure de l'Ujo dans la Méditerranée; 2,100 hab. Sources minérales et bains.
VILLE s. f. (vi-le. — Ce mot vient directement du latin villa, maison de campagne; contraction de vicula, diminutif de vieus, village. Ainsi le français ville signifiait dans l'origine habitation de campagne. On appela plus tard ville, ainsi que le remarque Chevallet, l'ensemble des villages ou hameaux qui formaient ce que nous appelons aujourd'hui des faubourgs. LaciVe'était la partie centrale où se trouvaifrla métropole. Philippe de Comines dit, en parlant d'Amis: « Car lors y avoit murailles et fossez entre la ville et la cité, et porte3 fermans contre ladicte cité, et maintenant est à l'opposite, car la cité ferme contre la ville. > Ces faubourgs, augmentant continuellement d'étendue et d'importance, resserrèrent la cité de tous côtés et finirent par l'étouffer entre les murailles qui gênaient son développement. Alors, l'accessoire étant devenu le principal, on appela ville l'ensemble formé par la ville proprement dite et par la cité. Tel est l'historique des acceptions que revêtit successivement un mot auquel nous donnons aujourd'hui une signification si différente de son acception primitive). Assemblage d'un grand nombre d habitations disposées par rues : Grande ville, Petite ville. Ville murée, fermée. Ville ouverte. Ville forte. Ville marchande.ViLLV capitale. Solon appelait tes villes te réceptacle de la misère humaine. (D'Ablanc.) Une ville trop grande est un membre qui prend toute la nourriture et fait sécher le reste du corps. (Fleury.) Les villes sont des centres de civilisation où la science se meut d'un mouvement perpétuel. (Connen.) il Se dit absolument de la ville que l'on habite ou de la ville voisine : Le chemin de la ville. A lier à ia ville.
Gardez-vous d'imiter ces coquettes vilaines, Dont par toute la ville on chante les fredaines. * Molière.
— Par ext. Habitants d'une ville : Toute la ville est dans la joie.
Assez de sots sans moi feront parler la ville.
Boileau.
Il Se disait, sous l'ancienne monarchie, par opposition à la cour ou aux courtisans : La ville croirait dégénérer en ne copiant pas les mœurs de la cour. (Mass.) La ville dégoûte de la province, la cour détrompe de la ville, et la ville guérit de la cour. (La Bruy.)
Mes yeux sont trop blessés, et la cour et la ville Ne m'offrent rien qu'objets à m'échauffer la bile.
Molière.
— Séjour que l'on fait a la ville; manière de vivre des habitants des villes : La VILLE nous fatigue, la campagne nous ennuie.
— A la ville, Dans une ville ou dans les villes, par opposition à la campagne : Demeurer À la ville. Il y a, À la ville comme ailleurs, de fort sottes gens, des gens fades, oisifs, désoccupés. (La Bruy.) On vit plus longtemps à la campagne qu'k LA ville. (Maquel.) Le phénomène du mirage est plus trompeur encore À la ville qu'au désert. (A. d'Houdetot.) || En ville, Dans la ville, par opposition à chez soi, dans sa maison : Diner en ville. Monsieur n'y est pas, il est en ville.
— Ville éternelle , Titre que l'on donne souvent à Rome. On le donnait déjà à la Rome païenne; les chrétiens le lui ont conservé, mais à un autre titre.
— Ville sainte, Qualification donnée à Jérusalem, k Médine, à La Mecque et à la Rome chrétienne.
— Sergent de ville, Agent de police chargé de veiller à la sûreté des rues et des lieux publics.
— Habit de ville, Celui que l'on met ordinairement lorsqu'on sort de chez soi pour aller dans la ville, il Celui que l'on porte en dehors de l'exercice de ses fonctions : Un magistrat en habit de ville,
— Corps de ville ou simplement Ville , Corps des officiers municipaux : Le corps de ville sortit au-devant du roi. Le roi offrit un diner à la ville.
— Hôtel ou Maison de ville, Edifice municipal où s'assemble le conseil , et où se l'ont généralement les actes de l'état civil :
De nos rentes, pour nos péchés, Si les quartiers sont retranchés, Pourquoi nous émouvoir la bile?
Nous n'aurons qu'A changer de lieu :
Nous allions à Ylit'lelde ville.
Et nous irons à l'Hôtel-Dieu.
De Caillt,
— Faire faire un tour de ville à quelqu'un, Signifiait autrefois le promener et le fouetter dans les carrefours pour le châtier,
— AboiV ville gagnée, Avoir surmonté toutes les difficultés, être maître de la situation : Ne vous flattez pas encore, vous u'avez pas ville gagnée, il Crier ville gagnée , Faire
sonner bien haut un avantage que l'on a ou que l'on croit avoir obtenu.
— Les faubourgs sont plus grands que In ville, Se dit lorsque l'accessoire est plus considérable que le principal.
— Les maisons empêchent de voir la ville, Naïve réflexion critique que l'on met dans la bouche d'un certain provincial qui était venu voir Paris.
— Prov. Ville qui parlemente est à moitié rendue, Une personne n'est pas loin de céder lorsqu'elle écoute les propositions qu'on lui fait. Il Ville prise, château rendu, Un grand avantage obtenu ne laisse aucune difficulté pour obtenir les avantages accessoires.
— Ane. coût, et Hist. Villes d'arrêt, nom donné, avant la Révolution, à une ville ou à un bourg dont les bourgeois avaient le privilège de faire arrêt sur la personne et les biens de leurs débiteurs forains, sans obligation ni condamnation : Paris était VILLE d'arrêt, ii Ville bretesche ou bastelle resche, Nom donné, au moyen âge, à toute ville qui n'avait ni murailles de pierres, ni commune, et qui n'était uéfendue eue par un château on des tours. Il Villes de loi ou de lay, Celles qui avaient les maîtrises , et aussi belles qui avaientuneconimune. il Villesde paix, Villes dont les habitants ne jouissaient pas du droit de guerre, et ne pouvaient se venger de leurs ennemis. Il Villes bonnes ou bonnes villes, Villes qui avaient une commune et des magistrats jurés, et auxquelles un roi avait accordé le droit de bourgeoisie , avec affranchissement de taille : La qualification de bonnes villes date du. commencement du xiv siècle; au siècle dernier, tes rois de France l'accordaient encore à quelques grandes villes, il Villes franches, Se disait en général d'une ville déchargée de toutes sortes d'impôts, quelquefois de celles dont les marchandises ou même quelques sortes de marchandises seulement ne payaient ni droits d'entrée ni droits de sortie. Il Villes jurées, Selon quelques-uns, Villes ayant des magistrats élus par les bourgeois, et qui avaient prêté serment au roi ; selon d'autres, Villes où il y avnit une maîtrise pour les arts et métiers. Il Vitles marchandes, Villes jouissant du droit de foire et de marché, il Ville métropolitaine, au temps des. Romains, Capitale d'une province, et aujourd'hui Siège d'un archevêché. Il Villes municipales, Nom donné par les Romains aux villes qui avaient obtenu de conserver leurs magistrats et leurs lois, il Villes seigneuriales, Avant la Révolution, Villes où le seigneur avait un droit de justice. Il Villes royales, Cehes dont la seigneurie et la justice appartenaient au roi. Il Ville libre, Celle qui se gouverne elle-même, par ses propres magistrats , et ne relève d'aucune puissance. Il Oter ta ville à quelqu'un, Le bunnir de la ville, u Rendre la ville
à quelqu'un, Le rappeler de l'exil. Il Perdre la ville, Etre banni. Il tiavoir la ville, Etre rappelé de l'exil.
— Numism. Médailles de ville, Celles qui ont été frappées par les villes autonomes de l'antiquité.
— Jeux. Jeu de villes, Jeu de billes analogue à celui du pot, mais beaucoup plus compliqué, et dans lequel, au lieu d'un seul trou, les joueurs en emploient cinq, qu'ils appellent, des villes, et qu'ils creusent, l'un au milieu et les autres aux angles d un grand carré tracé sur la terre,
— Typogr. Ouvrages de ville , Ouvrages peu importants et qu'on tire sur un ou deux feuillets, comme prospectus, affiches, annonces, etc.
— Syn. Ville, eli*. V. cité.
— Encycl. Hist. et polit. Nous avons parlé du rôle que jouent les grandes villes au point de vue de la civilisation et du progrès au mot capitale. Le rôle politique des villes en général a été traité aux mots commune et bourgeoisie. Nous nous bornerons ici a parler des villes qui ont reçu certaines dénominations particulières en raison des rôles divers qu'elles ont joués dans l'histoire civile ou religieuse.
— Villes fortes. Autrefois presque toutes les villes étaient fortifiées. On comptait dix mille villes fortes en France; chiffre énorme, et qui devrait surprendre, si l'on ne savait que de simples bourgades avaient et ont même conservé le nom de viltes. Les rues de ces villes fortes étaient garnies à chaque angle de grosses chaînes que l'on tendait pour empêcher l'ennemi d'y pénétrer. Ce système de défense, qui ferait sourire nos zouaves, donnait à une ville le titre de forte. Au coininoncenient de la Révolution française, on voyait encore de ces chaînes dans certains quartiers de la capitale, notamment aux alentours du Chàtelet. De nos jours, le nom de ville forte est confondu avec piace forte.
— Villes impériales. On appelait ainsi , dans l'ancien empire d'Allemagne, des villes qui ne reconnaissaient d'autre souverain que l'empereur et n'appartenaient à aucun chef féodal. Ces villes, par suite de leurs immunités , étaient riches et puissantes; elles étaient gérées en républiques, formaient des Etats distincts et se régissaient elles-mêmes. On leur donnait encore le beau nom de villes libres. Dans l'origine, on avait appelé viltes impériales toutes -les villes qui, ayant été fondées par les empereurs, avaient obtenu
des privilèges ; mais, à la fin du moyen Age, les villes qui se flattaient d'une origine impériale étaient innombrables ; on ne reconnut plus alors d'impérial que le palais ou le château de l'empereur; le reste de la ville devint provincial et appartint à un seigneur féodal. Quelques grandes villes restèrent seules villes impériales et s'enrichirent rapidement, grâce à de nombreuses prérogatives. D'abord gouvernées par des préfets impériaux, ecclésiastiques ou séculiers, elles obtinrent de s'administrer elles-mêmes, ce qui fut un grand pas vers l'indépendance; puis elles acquirent des droits de judicature assez sérieux, puisqu'elles nommaient ellesmêmes leurs juges et qu'elles composaient leurs tribunaux à leur guise. Enfin, elles se créèrent des codes particuliers.
Dès le xt siècle, Cologne et Aix-la-Chapelle jouissaient déjà de presque tous ces privilèges, et les empereurs les protégeaient avec sollicitude, tandis que les villes féodales, appartenant aux vassaux, étaient aussi pauvres qu'esclaves. Mais bientôt les villes" impériales devinrent assez puissantes pour porter ombrage au pouvoir, et la plupart d'entre elles s affranchirent de toute dépendance. Elles s'associèrent et formèrent des Etats de l'empire.
Il y eut, dans les premiers temps, quelques contestations entre elles à propos des préséances, et cette querelle ne fut jamais bien terminée. Les villes libres ou impériales puisaient leur richesse dans le commerce. Elles formèrent presque seules la fameuse union de la hanse, imaginée par Lubeck en 1241, et qui fut bientôt fortifiée par l'acceptation de quatre-vingts villes. Ces villes se firent toujours, grâce à leur sage esprit de liberté, remarquer par leur amour de l'ordre. Haïes de la noblesse, qu'elles n'aimaient guère, elles soutinrent toujours les empereurs, et leur fournirent, en tout temps, des sommes considérables contre leurs vassaux.
Au xive siècle, la guerre se déclara entre les villes et la noblesse ; on en vint aux mains. Les villes perdirent deux batailles en 1388, a "Wuyl et k Worms. C'en fut assez pour les intimider et pour leur faire acheter la paix à tout prix; quelques villes même retombèrent sous le joug féodal. Mais, au siècle suivant, les villes impériales se relevèrent et, en 1439, elles se sentirent assez puissantes pour s'enguger entre elles, par un traité, k ne reconnaître pour empereur que celui qui confirmerait leurs privilèges. Bientôt un grand nombre de villes perdirent leur liberté par suite de leur réunion à la France, à la Prusse, à la Hollande, à la Suisse, etc. Au siècle dernier, on comptait encore cinquante et une vitles qui portaient le titre d impériales.
On le voit, les villes impériales eurent des fortunes, diverses. La paix de Westphalie leur avait assuré le droit de siéger et de voter dans les diètes impériales et dans les assemblées du cercle, et toutes les villes où les diètes se tenaient obtinrent le privilège d'être impériales. Leur régime intérieur variait à l'infini : ici il était démocratique, là aristocratique. En 1803, presque toutes les villes impériales perdirent leur indépendance ; il ne resta que Hambourg , Augsbourg, Nuremberg, Lubeck, Brème êtFruncfort-sur-le-Mein. Deux ans plus tard, la paix de Presbourg enleva ses droits à Augsbourg, Puis la création de la Confédération du Rhin vint les enlever également à Francfort et à Nuremberg, Enfin, en 1810, Napoléon détruisit rindépepdance des trois villes de Hambourg, Brème et Lubeck, qui portaient le nom de villes hanséatiques. En 1815, ce titre leur fut rendu, ainsi qu'à Francfort- Bur-le-Mein.
— Villes libres. En Allemagne, les villes libres n'étaient autre chose que les villes impériales; on s'accorde généralement néanmoins à donner le nom de libres à des cités dont les immunités remontaient au temps de la domination romaine, et qui n'eureut que fort peu de rapport avec les villes impériales, dont l'origine est bien postérieure. Au temps de l'empire romain , certaines villes des bords du Rhin se gouvernaient en républiques et étaient k peu près indépendantes. Elles ne rendaient hommage et ne prêtaient serment de fidélité à aucun empereur, ne payaient pas de contributions à l'empire et n'étaient point comprises dans les possessions impériales. En 1815, on vit reparaître cet ancien titre, et voici dans quelles circonstances : les villes de Hambourg, Brème et Lubeck, aucieunes villes impériales, avaient été incorpurées à la France en 1810 et n'avaient cesse, depuis cette époque, de combattre Bonaparte ; le congrès de Vienne crut devoir récompenser leur patriotisme en les déclarant villes libres, ainsi que Francfort-sur-le-Mein, résidence du prince primat. Ce congrès accorda le même titre à la ville de Cracovie, en la plaçant sous la protection de la Russie, de l'Autriche et de la Prusse.
Cracovie ou Crakow fut la première à perdre son titre de ville libre, car, en 1846, à la suite d'une insurrection avortée, elle fut incorporée au territoire autrichien; quant aux villes libres d'Allemagne, l'invention des fusils à aiguille leur a uoùté la liberté.
— Villes de refuge. V. kkftjge,
— Villes sacrées. On donnait ce nom dans
l'antiquité aux villes placées spécialement sous la protection d'une divinité. Presque toutes les villes célèbres, ayant été fondées sous l'inspiration de la religion, étaient des villes sacrées. Babylone signifie ville de Dieu ; Hiéropolis, Diospolis, Héliopolis rappellent, par leurs noms, une origine semblable. « Ilion, dit Voltaire, était toute divine; elle fut bâtie par Neptune. Le palladium lui assurait la victoire sur tous ses ennemis. La Mecque, devenue si fameuse, plus ancienne que Troie, était sacrée. Ad«n ou Eden, sur le bord méridional de l'Arabie, était aussi Sacrée que La Mecque et plus antique. Chaque village avait ses oracles, ses prophéties, qui lui assuraient une durée éternelle, un empire éternel, des prospérités éternelles. Outre le nom particulier que chaque métropole s'était donné et auquel elle joignait toujours les épithètes de divin, de sacré, elle avait un nom secret et plus sacré encore, qui n'était connu que d'un petit nombre de prêtres auxquels il n'était permis de le prononcer que dans les cas d'extrême danger , comme le nom de Jéhovah chez les Hébreux, de peur que ce nom, connu des ennemis, ne fût invo-. que par eux ou qu'ils ne l'employassent à quelque conjuration, ou qu'ils ne s'en servissent pour engager le dieu tutélaire à se déclarer contre la ville. »
Les Carthaginois d'Annibal étaient fort intrigués du nom secret de Rome. Scipion était aussi curieux de connaître le dieu caché auquel était vouée Carthage. On a conservé l'évocation qu'il fit en abordant en Afrique aux divinités inconnues qui protégeaient la rivale" de Rome : « S'ifest un dieu ou une déesse qui ait pris sous sa protection le peuple et la ville de Carthage, je vous vénère, je vous demande pardon, je vous prie de quitter Carthage, ses places, ses temples; de leur laisser la crainte, la terreur et le vertige, et de venir à Rome avec moi et les miens. Puissent nos temples, nos sacrifices, notre ville, notre peuple, nos soldats vous être plus agréables que ceux de Carthage 1 Si vous en usez ainsi, je vous promets des temples et des jeux. «
En Judée, les villes sacrées étaient nombreuses. C'était d'abord Jérusalem, puis, et à partir de l'établissement des Hébreux dans la terre promise, les quarante-huit villes de ta tribu de Lévi, qui étaient en même temps des lieux de refuge, et plus tard \a& villes oà l'on avait fondé des écoles rabbiniques, par exemple Lydda. Samarie s'estimait aussi une ville sacrée. A cet égard", le mont Garizim jouit longtemps d'une réputation qui fut une des suites du schisme religieux entre Jérusalem et Samarie. Les Grecs donnaient en ténéral le nom de sebaslé, auguste, sacrée, leurs villes saintes.
Le christianisme n'a transmis que très-faiblement à ses fondations ce caractère religieux. Les noms de saints donnés à un grand nombre de localités attestent seulement qu'un monastère, une église, une chapelle furent autrefois bâtis sous ce vocable. Cependant les lieux" de pèlerinage, comme Notre-Damede-Lorette , Saint-Jacques-de-Compostelle, Fourvières, peuvent être, k la rigueur, considérés comme des villes sacrées ; mais nous sommes bien loin d'y attacher la même superstition que les Russes à Smolensk et à Moscou, les deux villes saintes, et les musulmans à La Mecque. Les Indous possèdent également quelques miles sacrées, objets de leur vénération.
— Hygiène. L'hygiène des villes a fuit , comme l'hygiène générale, de grands progrès, et il est même étrange que des peuples civilisés aient attendu si longtemps avant d'être fixés sur les conditions de salubrité de leurs demeures. Autrefois, dans nos climats, et maintenant encore dans beaucoup de pays chauds, il n'y avait et il n'y a que des rues étroites, où ne pénètrent ni la chaleur ni le soleil et où règne une humidité constante. Ou pense ainsi se prémunir contre la chaleur trop grande en été et la froid trop vif en hiver. En admettant que ce moyen soit efficace, quoique ce soit fort contestable, par combien d'inconvénients et de maladies ne rachète-t-ou pas ce léger avantage ? Le défaut d'air, de lumière et de chaleur, uni à l'humidité, détermine, dans la population agglomérée de ces ruelles étroites, les scrofules , les' tubercules et des maladies chroniques de toute espèce. On peut également se demander si ce n'est pas à la disparition, du sein de nos cités, de ces cloaques infects que l'on doit la cessation de ces terribles épidémies qui, au moyeu âge, décimaient si souvent les populations agglomérées.
11 résulte des conditions qui constituent la salubrité d'une demeure, en général , que celles que l'on doit rechercher pour la salubrité d une ville sont les suivantes : 10 rues très-larges, droites et bien aérées; 2° rues pavées et munies de trottoirs latéraux, le long desquels ou, mieux encore, sous lesquels coulent les ruisseaux ; 3° les promenades, les places et les squares doivent être multipliés autant que possible; des arbres doivent garnir toutes les grandes voies de communication ; 4" l'enlèvement des boues et des immondices en hiver, l'arrosage en été doivent être observés strictement; 5° les établissements insalubres ou dangereux seront relégués à la circonférence, dans un périmètre assez éloigné; 6» les maisons se-
ront disséminées le plus possible et ne dépasseront pas une hauteur raisonnable. Si toutes ces conditions ne peuvent pas être réalisées à la fois, les autorités municipales ne doivent rien négliger pour en hâter autant que possible la réalisation progressive.
Ville noire (la), roman, par M™6 George Sand (Paris, 1861). Cet- ouvrage est un retour de l'auteur vers ce qu'on pourrait appeler la littérature philosophique. Toutefois, dans la Ville Noire, l'idée se déduit toute seule par la suite des faits. Les personnages mis en scène n'appartiennent que de bien loin, il est vrai, au monde réel, et les événements auxquels on assiste seraient ioin d'être intéressants , s'ils ne tiraient leur charme que de leur vraisemblance. L'auteur nous conduit au milieu d'une ville noircie par la fumée de plusieurs centaines d'usines qu'alimente un "impétueux torrent, au bruit duquel vient se joindre celui des marteaux de forge, Etienne Lavaute, dit Sept-Epées, est un des plus habiles travailleurs de la ville Noire. Son intelligence et sa bonne conduite l'ont rapidement signalé à l'attention des patrons, qui se le disputent, et cependant Sept-Epées est triste; depuis quelque temps, il se décourage et n a plus de goût au travail. C'est qu'il a l'esprit et le cœur au-dessus de son éducation, et qu'il souifre de son infériorité sociale. Avec 1 âge, l'ambition lui est venue; il voudrait devenir patron à son tour et faire fortune. En outre, il aime la plus belle et la plus aimable fille de la ville Noire, Tonine Gaucher, que sas camarades, rendant justice k ses charmes et à la noblesse de ses manières, ont surnommée la Princesse. Tonine est plieuse dans une papeterie ; elle aussi, elle se sent supérieure a la position qu'elle occupe, mais elle a juré de n'en jamais sortir, car sa sœur, pour avoir voulu faire un riche mariage avec le premier industriel du pays, est morte victime de son ambition. Cependant Sept-Epées veut à tout prix devenir quelque chose; il se sent des idées en tête, de ia vigueur aux bras, du courage et de la volonté pour lutter contre les obstacles, et, malgré son amour pour Tonine, il n'écoute que son ambition. La divergence de leurs idées sépare profondément les deux amants, et Sept-Epées quitte un beau matin la ville Noire, laissant Tonine sur le poinX de se marier avec le médecin de l'endroit. Il parcourt la France, l'Italie, l'Allemagne, s'instruisant partout où il en trouve les moyens et ne négligeant rien pour arriver à sortir du prolétariat, auquel sa naissance semble l'avoir condamné. Il n'y réussit qu'à moitié. Chemin faisant, pourtant, il rencontre plusieurs fois l'occasion de s'enrichir. Sa belle mine et son intelligence lui valent certaines propositions de mariage très-avantageuses; mais il les repousse toutes, car, malgré lui, le souvenir de Tonine le poursuit, et il ne peut se décider U être infidèle à son premier amour. Néanmoins, après deux ans de voyages eu- tous sens, il se fixe en Allemagne, où il est sur le point de consentir à épouser une riche veuve, sa patronne, lorsqu'il reçoit une lettre de la ville Noire. On lui apprend que Tonine est tombée dans la plus affreuse misère et qu'une horrible maladie l'a défigurée à tout jamais et rendue infirme. Si un ami ne vient à son secours , elle court risque de mourir, faute d'argent et de soins. Mais, en même temps, la lettre ajoute que la pauvre fille n'a jamais pu se décider au mariage. Sept-Epées oublie de pleurer, tant cette dernière nouvelle le remplit de joie ; il sent qu'il aime Tonine plus que jamais, et, dès le soir, il se met en route pour la ville Noire. A peine arrivé, il court chez la jeune fille, prêt à lui offrir le produit de ses économies; mais il a été trompé; Tonine n'a jamais été malade; elle est toujours la plus belle et la plus gracieuse fille du pays; en outre, elle est riche, car son beau-frere est mort lui léguant sa fortune et sa manufacture, qu'elle dirige à la grande satisfaction des ouvriers dont elle est la protectrice et l'amie. Est-il besoin d'ajouter qu'elle épouse Sept-Epées? Nous avons omis de citer un personnage qui n'est pas le moins intéressant parmi ceux qui animent cette sorte de pastorale industrielle : c'est Audebert, un ouvrier poiite, qui, à force de rêver et de forger dans sa tête mille projets de réforme sociale plus insensés les uns que les autres, finit par tomber dans la démence et va de porte en porte mendier son pain, qu'il paye avec des sonnets, des odes et des epithalunies; folie peu dangereuse, mais qui n'eu est pas moins triste. En résumé, la Ville Noire mérite une place à part dans l'œuvre de l'auteur.
Ville de garnison (une), roman da M. Alfred Assollant (1832), L'auteur n'aime pas la guerre ; il l'a combattue avec acharnement dans des articles de journaux, des brochures, des livres d'histoire et même des romans. Les militaires lui sont fort peu sympathiques,.et cette peinture de leurs mœurs est bien faite pour nous engager à partager ses sentiments. Un jeune homme, Olivier Morand, entraîné pur son amour pour M"o iiarie-Thérèse Baleinier, ia plus jolie personne de Longueville, accepte, dans ce séjour retiré, la rédaction d'un journal indépendant. Le malheur veut qu'eu arrivant il tombe entre les bras d'un lieutenant de dragons, son camarade de collège, Léopold Leduc, et
renoue amitié avec lui. Les deux condisciples se trouvent bientôt rivaux, car Leduc adresse aussi ses hommages à Mlle Baleinier. En dépit de la séduction exercée sur les femmes par l'uniforme, le jeune écrivain a des chances de réussir; mais il a compté sans les cancans de la pension et du café des officiers. Déjà Leduc s'est battu en duel avec M. Vernon, un vieilard, le tuteur de Marie-Thérèse ; d'autres actes sanglants se préparent. Une belle limonadière écrit à Thérèse une lettre anonyme pour lui fnire croire qu'elle est la sœur d'Olivier. La pauvre enfant se désole et refuse sa main, qu'elle avait accordée la veille au jeune écrivain. Olivier suppose qu'il y a quelque dragon sous jeu et s'en retourne plein de colère lorsque, chemin faisant, il voit massacrer un pauvre diable par des soldats. U épanche sa bile dans un article menaçant contre la garnison. Les officiers veulent couper les oreilles au pékin. Un duel s'ensuit, dans lequel Olivier est blessé à mort. Sa seule consolation est de rendre le dernier soupir entre les bras de Mlle Baleinier, qui a découvert la fausseté de la lettre anonyme et qui vient lui fermer les yeux. Un vieillard blessé, un père de famille assassiné, un journaliste tué en duel, voilà d'illustres souvenirs du séjour des dragons à Longueville I Telle est évidemment la morale du livre de M. Assollant : partout où un régiment tient garnison, l'honneur des femmes et la vie des hommes sont en danger. C'est un peu excessif, mais la thèse est soutenueavecespritetl'onn'en demande pas davantage.
VILLE-D'AVRAY, village et commune de France (Seine-et-Oise), cant. de Sèvres, arrond. et a 6 kilom. N. -K.de Versailles, k l'entrée S.-O. du parc de Saint-Cloud; 1,120 hall. Ville-d'Avray commence à figurer dans les anciennes chartes dès le xmB siècle; la localité est dénommée Villa-Davren ou Ville- Davré. Elle eut sans doute pour origine une propriété particulière, dont il est impossible de préciser la date de fondation. Auxivs siècle, on voit la terre de Ville-d'Avray passer dans la maison de Dangeau, dont un membre, Milon de Dangeau, doyen de Chartres et chanoine de Paris, la légua plus tard (143l) aux célestins de Paris. Ville-d'Avray paraît n'avoir été encore k cette époque qu'un trèsfaible hameau dépendant de Sèvres et de Saint-Cloud. Ce n'est guère que vers la fin du xvo siècle qu'on la trouve classée au nombre des cures de Paris. La seigneurie, rachetée en 1778 par Louis XVI, fut par lui érigée en baronnie au profit de Marc-Antoine Thierry, mestre de camp et intendant du garde - meuble. C'est à ce personnage qu'est due la construction du château qui existe encore aujourd'hui, sauf la salle de spectacle et la chapelle, qui ontdisparu. L'église actuelle de Ville-d'Avray a également Antoine Thierry pour fondateur. C'est un édifice sans grande valeur architecturale, construit de 1785 k 1787 et restauré en 1830. Mais il possède plusieurs peintures et objets d'art qui méritent de fixer l'attention. Nous . citerons d'abord plusieurs modèles de statuaire : le modèle en plâtre de la S la tue de saint Louis exécutée par Pradier pour la ville d'Aiguës -Mortes; celui d'une Vierge exécutée pour Avignon et celui du Mariage de la Vierge exécuté pour l'église de la Madeleine, de Paris, par le mémo artiste ; celui du Baptême du Christ de Rude (le marbre est également à la' Madeleine) ; enfin, celui du Christ montrant ses plaies à la Madeleine, par Duret. Les peintures sont plus importantes encore : citons Saint Jérôme, de M. Corot (un des hôtes de Ville-d'Avray), paysage historique d'un grand style; quatre grandes fresques du même auteur, Adum et Eve chassés au paradis terrestre, Sainte Madeleine repentante, retirée à ta Sainte-Baume, le Baptême du Christ, le Christ au jardin des Oliviers. M. Chambellan a orne les pendentifs du chœur des images des Quatre évangétisles (1844); enfin, la décoration de la partie supérieure des latéraux consiste en tieux fresques exécutées en 1854 par M.. Richomme : le Repos de la sainte Famille et Saint Nicolas apparaissant à des marins battus par la tempête. Deux autres fresques du même auteur sont placées k l'entrée de l'église, audessous de lu tribune : Jésus portant sa croix et l'Entrée de Jésus à Jérusalem. Mentionnons enfin deux figures d'anges par An t. Moine. A l'extrémité du viltagu, on voit une source, désignée encore sous le nom de fontaine du Roi, i pour celte raison, dit l'abbô Lebeuf, que son eau est réputée la meilleure des environs de Paris et que le roi n'en boit point d'autre. Cette fontaine est enfermée, mais cependant elle coule par un tuyau pour la commodité des passants. » Louis XIV faisait, en effet, réserver cette eau pour sa consommation particulière, et ses successeurs agirent de même jusqu'à l'époque de la Révolution. En 315, Ville-d'Avray fut le théâtre d'un de nos plus glorieux épisodes militaires : les Prussiens, chassés par le général Exelmans , opéraient leur retraite sur ce village, quand ils rencontrèrent le général de Pire) qui, par un feu bien nourri, détruisit presque entièrement les deux régiments de Brandebourg et de Pomérunie, élite du corps de Bulow. Aujourd'hui, Ville-d'Avray doit k sa situation pittoresque, aussi bien qu'à ses nombreuses facilités de. communication aveo
Paris, d'être pendant la belle saison le rendez-vous de la population parisienne aisée, banquiers, agents de change, membres du barreau, etc.
VILLE-ÉVRARD (la), hameau de France (Seine-et-Oise), commune de Neuilly-sur- Marne, k 15 kilom. de Paris. Asile d'aliénés. Cette petite localité fut occupée par les Allemands lors de l'investissement de Paris en septembre 1870. Le 21 décembre suivant, le général Vinoy fit enlever aux Saxons Lu Ville-Evrard et Neuilly-sur-Marne pendant qu'on attaquait Le Bourget et qu'on y livrait un sanglant combat. Dans ta nuit du 21 au 22, le général d'artillerie Biaise occupait La Ville-Evrard avec une petite troupe et, entouré de ses officiers, il se réchauffait à un grand feu, lorsqu'on entendit tout à coup les sons perçants d'une corne prussienne. On courut aux armes; mais, en ce moment, une décharge dirigée par des mains invisibles vint jeter la mort dans nos rangs. Le général Biaise et quelques officiers tombèl'entmortellementblessés. Des Saxons avaient été oubliés dans les caves de Ville-Evrard, et ils tiraient par des soupiraux. Les caves furent aussitôt cernées et la plupart de ces hommes massacrés.
' V1LLEEN-TARDENOIS, bourg de France (Marne), chef-lieu de canton, arrond. et à 25 kilom. S.-O. de Reims ; pop. aggl., 487 bab. — pop. tôt., 495 hab. Fabrication de lainages.
V1LLE-SOR-TOURBE, bourg de France (Marne), chef-lieu de canton., arrond. et à 14 kilom. N.-O. de Sainte-Menehould ; pop. aggl., 552 hab. — pop. tôt., 56S hab. Tissage de toiles.
VILLE (Jean-Ignace de La), diplomate français, né vers 1690, mort en 1774. Il entra dans l'ordre des jésuites, chez qui il avait été élevé, jjuis le quitta pour rentrer dans le monde. Il devint alors précepteur des fils du marquis de Fénelon, avec qui il se rendit en Hollande, gagna ses bonnes grâces par son esprit insinuant, devint le secrétaire de ce diplomate et fit si bien qu'il le remplaça dans les Pays-Bas comme ministre plénipotentiaire en 1744. Rappelé en France, de La Ville obtint plusieurs riches bénéfices et l'emploi de premier commis au ministère des affaires étrangères. Bien qu'il n'eût absolument rien écrit, il fut nommé, en 1746, membre de l'Académie française. Comme il avait conservé d'expeliemes relations avec les jésuites, il prit constamment leur défense lorsqu'il fut question d'expulser de France cette dangereuse association. De La Ville venait d'être nommé directeur des atfaires étrangères et évêque in partibus de Tricomie, lorsqu'il mourut. Ce diplomate médiocre a travaillé à la rédaction des Mémoires touchant la possession et les droits respectifs des couronnes de France et d'Angleterre en Amérique (1755, 4 vol. in-4o) et traduit de l'anglais VJEtat des possessions de Sa Majesté Britannique en Allemagne (1760, in- 12).
VILLE (Ghiron-François, marquis db), général italien. V. Villa.
VILLE (Antoine, chevalier de), ingénieur français. V. Devillk.
VILLE, en allemand Weiler, ancien bourg de France (Bas-Rhin), chef-lieu de canton, arrond. et à 17 kilom. N.-O. de Schlestadt, sur le Giessen;- 1,255 hab. Ville a été cédé à l'Allemagne par le traité de Francfort (10 mai 1871) et fait depuis partie de l'Alsace-Lorraioe. Fabrication de toiles de coton, moulins, fours à chaux, forges et martinets. Récolte et commerce de fourrages et de vins estimés.
V1LLEBÉON (Pierre de Nemours, plus communément de), homme d'Etat français, né vers 1210, mort en J270. Fils d'un chambellan du roi, il fut lui-même revêtu de cette charge vers 1238 et sut à tel point mériter la confiance de saint Louis, que ce prince le nomma ministre d'Etat. Villebéon suivit, en 1249, sou souverain dans sa première croisade, fit preuve d'une grande bravoure au siège de Belin, en 1253, et, de retour en France l'année suivante, fut plus avant que jamais dans les bonnes grâces du roi. Il sutdignement justifier cette faveur et ne se servit de l'autorité presque illimitée dont il jouissait que pour le bien de l'Etat et la réforme des abus. 11 suivit de nouveau saint Louis en 1270, dans son expédition contre Tunis, et, quoique déjà avancé en âge, il y fit preuve de la plus brillante valeur. Par son testament, saint Louis l'avait choisi pour l'un des exécuteurs de ses dernières volontés j mais il ne survécut que quelques jours à ce prince, et son corps dut être rapporta en France avec celui de son souverain.
V1LLEBON, village et commune de France (Eure-et-Loir), cant. de La Loupe, arrond. et à 32 kilom. de Nogent-le-Rotrou ; 144 hab. On y remarque un beau château classe au nombre des monuments histùi ' jdes. Cet édifice, construit par Jean d'Kstouville, fut rebâti en 1607 par Sully, qui y habita pendant dix-sept ans. Le château de Villebon, construit sur le modèle de la Bastille, a la forme d'un parallélogramme, entouré de fossés remplis d'eau et flanqué k chaque extrémité d'une tour crénelée- Deux autres tours moins importantes s'élèvent au milieu de la façade et défendent la porte d'entrée, qui s'ouvre en-
tre elles et qui est précédée d'un pont-levis. A l'intérieur, une cour carrée est ornée à chaque angle d'une tourelle élégante qui sert de cage d'escalier. Dans les appartements, éclairés par des fenêtres ornées de sculptures, on remarque principalement la chambre où mourut Sully le 22 décembre 1641; la chambre de Henri IV, avec les meubles de cette époque; un portrait original du roi; une statue en marbre de Sully; des tapisseries de la fin du xvi& siècle, etc. Derrière le château s'étend un parc magnifique, et près d'un des angles une chapelle construite par la famille d'Estouville , dans le style flamboyant.
VILLEBRUM1ER, bourg de France (Tarnet-Garonne), chef-lieu de cant., arrond. et à 18 kilom. S.-E. de Montauban, près de la rive droite du Tarn; pop. aggl., 488 hab. — pop. tôt., 697 hab.
VILLEBRUNE (Jean- Baptiste Lbfbbvre de), philologue français. V. Lbfebvre de
ViLLËBRCNE.
V1LLECOURT (Clément), prélat français, né à Lyon en 1787. Il reçut les ordres sacrés en 1811, fut successivement curé de Bagnols, aumônier en chef de l'hôpital général de Lyon, chanoine de Meaux et grand vicaire de ce diocèse (1S23), puis de celui de Sens (1832), et, trois ans plus tard, fut promu k l'evêcbé de La Rochelle. Créé, en 1855, cardinal par Pie IX, à condition de résider à Rome, il résigna son siège épiscopal. On a de lui, entre autres ouvrages : Histoire des carmélites de Compiègne, conduites à l'échafaud sons la Terreur (1835) ; Oraison funèbre du cardinal de C/teverus (1836); une traduction des Lettres spirituelles de saint Lignori, etc.
VILLEDIKU, petite ville de France (Manche), chef-lieu de cant., arrond. et k 22 kilom. N.-E. d'Avranches, sur la Sienne; pop. aggl., 3,521 hab. — pop. tôt., 3,572 hab. Quincaillerie, laminoirs pour objets en cuivre, dentelles, mégisseries, toiles et crins. Commerce de chevaux, céréales. On y remarque une belle église paroissiale, renfermant une chaire chargée de sculptures et quelques tableaux de mérite. Ruines d'un château fort.
VILLEDIEB, bourg de France (Indre), canton de Buzançais, arrond. et a, 13 kilom. de Châteauroux; pop. uggl., 1,206 hab. — pop. tôt., 2,310 hab. Fabriques de produits chimiques, porcelaine; moulins. On y voit l'emplacement de deux camps romains.
VI LLED1EU (la), bourg de France (Vienne), chef-Heu de cant., arrond. et à Xi kilom. S. de Poitiers ; pop. aggl., 410 hab. — pop. tôt., 435 hab. Eglise paroissiale avec façade romane.
VILLED1EU (Alexandre DE), poète, grammairien, mathématicien, astronome et philosophe, né à Villediçu, en Normandie, dans la seconde moitié du xn» siècle, mort avec le titre de chanoine de l'église d'Avranches vers 1240. « Ii professa la grammaire à Paris, dit Lebreton, et il mit en vers latins ses leçons grammaticales sous le titre de Doctrinale puerorum, ouvrage qui fut en usage pendant plus de trois siècles dans les écoles et dont il s'est fait k Rouen plusieurs éditions. » Villedieu a également mis en vers un Traité du comput ecclésiastique, un Traité de la sphère, un Abrégé de la Bible, On lui attribue enfin une traduction de3 Actes des apôtres.
VILLEDIEU ( Marie - Catherine - Hortense Desjardins, dite Mm»), femme auteur française. V. Desjardins.
VILLEDO (Michel), architecte français, né aux environs de Limoges en 1580, mort k Paris en 1650. Il eut sous Louis XIII le titre de ■ général des œuvres de maçonnerie et ouvrages de Sa Majesté, » et il a donné son nom k l'une des rues de Paris, construite par lui vers le milieu de la rue Richelieu. Il commença sa fortune dans les années prospères du règne de Henri IV, alors qu'une foule de constructions nouvelles furent entreprises. Il était venu à Paris simple apprenti maçon, et, dit Vigueul-Marville {Mélanges d'histoire et de littérature, tome III), il avait été dans sa jeunesse ■ un de ces petits Limousins qui servent les maçons à Paris et portent l'oiseau dans les ateliers; mais comme il avait beaucoup d'esprit et qu'il considérait tout avec bien de l'attention, il devint un fort habile et riche architecte; Il n'oublia jamais sa première condition, et il avait coutume de dire aux jeunes Limousins : « Courage, en- » fants ; j'ai été pauvre comme vous, deve- ■ nez riches comme moi. • Paris subissait alors une de ces transformations qui, les unes api es les autres, l'ont si profondément modifié. Villedo construisit, sur l'emplacement de la tour de Nesle démolie et de ses dépendances, tout un quartier, qui a depuis été à son tour jeté bas pour la construction du palais Muzarin et de la cour de l'Institut ; le marché aux chevaux du boulevard de l'Hôpital, démoli également à une date plus récente, et diverses maisons de la rue Richelieu, entre autres celle qu'habita le poêle comique Regnard et qui porte aujourd'hui le n« 80, au coin de la rue Feydeau. Ce quartier n'était alors occupé que par des maisons de plaisance, et l'on y voyait encore, du
temps de Regnard, de nombreux maraîchers. Les terrains s'achetaient à un prix peu élevé, et Villedo, qui avait fait de bonnes affaires, put se rendre acquéreur d'un vaste emplacement entre la rue Richelieu et la butte des Moulins, où il ouvrit la rue qui porte son nom. Des maisons qu'il y construisit, celles qui portent les nos 3 et 13 sur le côté gauche, 8, 10 et 12 sur le côté droit, sont tes seules qui ont subsisté. Il avait aussi donné à Richelieu le plan d'un canal demi-circulaire qui, partant du bastion de l'Arsenal, devait aboutir au pont de la Conférence, àl'extrémité du jardin des Tuileries. Ce plan ne fut pas adopté; on lui substitua plus tard celui du canal Saint-Martin.
Villedo laissa un fils, François, qui lui succéda dans la charge de généraldes bâtiments, et une fille, mariée au médecin de La Vigne, frère de M"e de La Vigne, connue par ses relations avec les précieuses.
VILLEFAGNAN, bourg de France (Charente), ch.-l. de canton, arrond. et à 10 kilom. S.-O. de Ruffec, dans une belle plaine ; pop. aggl., 821 hab. — pop. tôt., 1,454 hab. Commerce de bestiaux et de mulets.
VILLEFORE (Joseph-François Bourgolvg du), littérateur français, né à Paris en 1652, mort dans la même ville en 1737. Son existence fut des plus modestes. Il la voua tout entière à l'étude et aux exercices de piété. Ses ouvrages sont : Vie de saint Bernard (Par;s, 1704, in-4») ; Vies des Pères des déserts (Paris, 1706, 5 vol. in-12); Vie de sainte Thérèse (Paris, 1712, in-4°); Anecdotes ou Mémoires secrets sur la constitution Unigenitus (Paris, 1730, 3 vol. in-12), ouvrage supprimé par arrêt du conseil du 26 janvier 1734, ainsi que la Réfutation que Lafitau en avait faite ; Vie de la duchesse de Longuevi lie (i~3$r in-12). Il a traduit aussi les Lettres de saint Bernard et les Oraisons de Cicéron. Villefore était devenu, en 1706, membre de l'Académie des inscriptions et belles-lettres.
VILLEFORT, bourg de France (Lozère), cb.-l. de canton, arrond. et à 46 kilom. S.-E. de Mende, au pied du mont Lozère, sur la Devèze; pop. aggl., 1,308 hab. — pop. tôt., 1,638 hab. Fabrication de grosses draperies, chocolat; tanneries, teintureries; mines' de cuivre et dfc plomb; fonderie. Commerce de châtaignes, vins, sels, soies, blé et farine.
V1LLEFOSSE (Antoine-Marie, baron HÉ- RON du), minéralogiste. V. Héron de Villkfosse.
VILLEFRANCHE ou VILLAFRANCA, bourg de France (Alpes- Maritimes), oh.-J. de canton, arrond. et à 5 kilom. E. de Nice, au fond d'une anse du. golfe de Nice, dans une situation délicieuse ; pop. aggl., 1,563 hab. — pop. tôt., 3,093 hab.Petitport de commerce; arsenal; chantiers de construction. Commerce actif d'huile, oranges, fruits, vins, soie et céréales. Pêche active de thon. Villefranche est dominé parla forteresse de Montalbano, des terrasses de laquelle on jouit d'un beau point de vue.
VILLEFRANCHE-D'ALBIGEOIS, bourg de France (Tarn), ch.-i. de canton, arrond. et à 17 kilom. E. d'AIbi; pop. aggl., 760 hab. — pop. tôt., 1,555 hab. *
VILLEFIIANCHE-DE BELVES , bourg de France (Dordogne), ch.-l. de cant,, arrond. et à 46 kilom. S.-O. de Sarlat, près de l'Amance ; pop. aggb, 1,065 hab. — pop. tôt., 1,641 hab. Autrefois place forte, prise en 1576 par le maréchal de Montluc ; restes des fortifications.
VI LLEFHANCHE - DE - COIVFLENS ou DE CONFLEiNT, ville forte de France (Pyrénées- Orientales) , située à 435 mètres d'altitude, au confluent de la rivière de P'ilholes et de la Têt, à l'entrée d'une gorge qu'elle ferme complètement; 681 hab. Fondée par Guilhem Raymond, comte de Cerdagne, qui l 'érigea en ville par une charte de 1075, Viliefranche, comme les autres villes de France du même nom, doit le sien au grand nombre de privilèges et d'exemptions que lui octroya son fondateur. En 1641, lors de la conquête du Roussillon par Richelieu, elle se rendit aux Français. Plus tard, les Espagnols s'en emparèrent, mais ils ne tardèrent pas à en être chassés de nouveau en 1654, après six jours de siège, par les Français. En 1674, une conspiration se forma à Villefranche , entre les principales familles de la ville, afin de rendre le Roussillou à la domination espagnole. Cette conspiration fut déjouée dans des circonstances romanesques, que M. Joanna racoute ainsi : ■ Doua înez de Llar, fille de l'un des principaux conspirateurs, ayant entendu k travers une cloison qu'on jurait la mort des Français, courut avertir son amant, M. de Perlan, lieutenant du roi. Quelques heures après, les principaux conjurés étaient arrêtés. Le père d'Inez périt de la main du bourreau. Sa tète fut exposée dans une cage de fer, au-dessus de l'une des portes de Villefranche. » En 1793, une nouvelle trahison fit tomber Villefranche entre les mains du général espagnol Crespo. Mais ce dernier en fut chassé vingt jours plus tard. « Le 19 septembre suivant, dit M. Fervel, Giliy, commandant le deuxième bataillon des grenadiers du Gard, reprit Villefranche par un de ces coups d'audace si fréquents à la guerre après une victoire décisive. Arrivé avec iôù hommes suus ses ordres en vue des rem-
parts, Gilly laissa dans la gorge, en avant de Serdinya, le gros de sou monde , disposé de manière à simuler la troupe ta plus nombreuse possible, et, prenant avec lui 60 grenadiers seulement, il s'avance en parlementaire jusqu'aux avant-postes espagnols. Là, il mande le commandant de la place et le somme de se rendre. Une heure après, la garnison de Villefranche défilait entre deux haies de 30 républicains et allait regagner la vallée du Tech. • Les fortifications de Villefranche, œuvre de Vauban, se composent de divers ouvrages très-importants.
Les travaux de la rive droite sont reliés entre eux par des souterrains, et la rive gauche est protégée par un petit fort appelé le Château. Enfin, la montagne Saint-Jacques, haute de 792 mètres, est couronnée d'une vieille tour en ruine et contient d'immenses grottes, connues sous le nom de Corta ou Cava-Bastère et auxquelles on monte par un escalier de 132 marches. Ces grottes ont été appropriées avec soin pour servir de casemates et de magasins. Villefranche, pittoresquement bâtie en marbre rouge , possède plusieurs édifices remarquables. Nous citerons son église, composée de deux vaisseaux parallèles, de hauteur inégale, ayant chacun sou portail de style roman, l'un beaucoup plus large que l'autre et plus orné. Véritable torteresse, la tour carrée de l'église est encore garnie d'épais créneaux. Enfin, quelques maisons fort anciennes, à fenêtres romanes séparées en deux parties par une colonne à chapiteau sculpté, et deux vieilles tours carrées, derniers vestiges d'édifices disparus, sont les seules autres constructions qui recommandent Villefranche aux archéologues.
VILLEFRANCHE-DE-LABRAGPAIS , ville de France, ch.-l. d'arrond. (Haute-Garonne), située k 170 mètres d'altitude; pop. aggl., 2,302 hab. — pop. tôt., 2,648 hab. L'arrondissement comprend 6 cantons, 93 communes et 57,110 hab. Culture et commerce de céréales, du maïs et du chanvre; oies grasses, etc. Villefranche n'a, pour ainsi dire, qu'une seule rue, continuation de lu grande route qui la traverse dans toute sa longueur. L'histoire de cette ville est des plus sommaires, mais rappelle quelques souvenirs. Fondée k une époque difficile k préciser, mais fort ancienne, détruite pendant la guerre des albigeois, elle fut une des bastides ou places fortes élevées eu 1271 pur Jeanne, comtesse de Toulouse, et par son mari , Alphonse, comte de Poitiers. Villefranche obtint alors des privilèges qui lui valurent son nom actuel (ville affranchie), comme ji plusieurs autres localités de France. En 1355, au cours de la guerre de Cent ans, le prince Noir s'en empara, la pilla et l'inceudia. En 1439, les routiers la saccagèrent. Villefranche a depuis lors perdu complètement son importance militaire. Seule, son église, ' avec sa curieuse façade en brique , semblable k une forteresse féodafe, est d'un grand intérêt pour les archéologues. Elle dut jadis servir à la fois de sanctuaire et de retranchement en cas de siège. Bon Intérieur, d'une distribution médiocre, ne présente aucun détail intéressant.
V1LLEFRANCHE-DE-LONGCHAPT , bourg de France (Dordogne), ch.-l. de caillou, arrond. et k 38 kuoin. N.-O. de Bergerac, sur une colline au pied de laquelle coule le Léchon ; pop. aggl., 420 hab. — pop. tôt., 900 hab. Elève de bestiaux. Mine de houille et fontaine d'eau minérale aux environs.
V1LLBFRANCHE-DE-ROUEKGUE, ville de France, ch.-i. d arrond. (Aveyrou), située à 260 mètres d'altitude, sur la rive droite de l'Aveyron, au confluent de l'Alzon , à 607 kilom. de Paris; pop. aggl-, 6,979 hab. — pop. tôt., 9,312 hab. L'arrondissement comprend 7 cantons, 62 communes et 103,856 hab.
—Histoire, Villefranche fut fondée en 1232 parle comte Alphonse de Toulouse, qui ne négligea rien pour y attirer des habitants. Grâce aux privilèges et exemptions qui lui furent octroyés dès le début, la ville nouvelle prit une importance rapide. Cette importance inquiéta bientôt l'évèque de Rodez, seigneur temporal de cette cite, Vivian de Boyer, qui ne put voir d'un œil indifférent s'élever si près de la capitale du Rouergue une ville dont le comte de Toulouse annonçait l'intentiou de faire le centre administratif de la Provence. Il s'ensuivit un coutlit. L'évèque, usant de l'arme la plus terrible au moyen âge, lança contre Villefranche et les chrétiens qui oseraient s'y fixer les^foudres de l'excommunication. Cette mesure porta ses fruits , et la ville fut désertée en grande partie. Néanmoins, l'excommunication finit par tomber dans l'oubli, et, moins d'un siècle après, nous voyons les bourgeois rassurés construire les murs d'une enceinte fortifiée et l'entourer de fossés. Ce travail, achevé en 1350, n'empêcha pas les Anglais d'entrer en maîtres à Villefranche douze années plus tard et Jean Chandos d'y tenir garnison après le désastreux traité de Bretigny. Les bourgeois montrèrent eu cette occasion leur patriotisme en refusant de prêter obéissance au prince Noir. Celui-ci, irrité, fit attachai l'un des consuls de la ville à la queue d'un cheval et le fit ainsi promener, pour l'exemple, à travers les rues. Villefranche se soumit, des lèvres, mais, son cœur restant français, elle reçut dans ses murs, dés 1369, le bâtard de Lan-
dorre, sénéchal de Rouergue pour le roi de France. Un siècle après, les Anglais étant expulsés définitivement du royaume, Charles Vil vint visiter la cité fidèle (1443). En 1460, une peste terrible la décima. Le fiVau reparut un siècle plus tard, et cette fois exerça de si terribles ravages, que Villefranche fut abandonnée jusqu'en 1561. Les progrès du calvinisme contribuèrent à la repeupler. Les réformés ne tardèrent pas à composer une majorité redoutable, qui voulut imposer ses idées au reste de la population. Le clergé, ayant refusé d'y adhérer, se retrancha dans la grosse tour du clocher et, assiégé, dut entrer en composition. Les calvinistes signalèrent leur victoire par des désordres et des sacrilèges qui, bientôt connus du célèbre Montluc, « le bourreau des huguenots, » l'attirèrent à Villefranche. Il y fit son entrée le 30 mars 1562 et y marqua sa présence par de sanglantes représailles. Trouvant que l'instruction de la procédure contre les cinq chefs calvinistes mis en jugement ne marchait pas assez vite,'il les lit saisir et pendre aux fenêtres de la maison de ville. Montluc ne quitta Villefranche qu'en y laissant pour gouverneur un homme à lui, nommé Valsergues, qui y commit les plus terribles excès. Valsergues fit périr 26 bourgeois, livra les femmes et les filles des protestants à la brutalité de la soldatesque et arrêta pour longtemps le développement de la Réforme. La population se souvint plus tard des maux qu'elle avait dus aux catholiques, en expulsant en 1591 le sénéchal et les officiers du prôsidial, qui tenaient pour les ligueurs, et en reconnaissant Henri IV. Eu 1628,1a peste reparut plus terrible que jamais et sévit pendant cinq mois entiers. Le fléau mit en lumière l'admirable dévouement des trois proconsuls Alury.Segui et Gardes. Les deux derniers y trouvèrent la mort. L'avocat Delcros, les médecins Laval et Bruyères, le vieux Rivière qui, cloué sur un fauteuil par ses infirmités, se faisait porter à bras dans les maisons pestiférées; enfin, le lieutenant criminel, Jean de Poinairol, s'illustrèrent dans, la même épidémie par leur conduite héroïque. Quand le fléau eut cesse, on grava l'inscription suivante sur une pierre du mur du couvent de Sainte-Claire : « Ici reposent les corps d'environ huit mille habitants de Villefranche, qui ont péri de la peste en 1628, .de mai jusqu'à la fin de septembre. Leurs restes sont contenus dans l'enceinte de ces murs. » En outre, pour récompenser et immortaliser le dévouement de Poinairol, la municipalité décida que le portrait du modeste héros serait placé dans la principale salle de l'hôtel de ville et décoré d'un phénix renaissant de ses cendres et d'une inscription qu'on peut lire encore et qui cousacre ce grand souvenir. En 1643 , c'est de Villefranche que partit le signal de la révolte des croquants. On sait que le seul crime de ces malheureux était d'avoir osé s'élever contre les tailles et impôts exorbitants qui les écrasaient. Ils se reliraient, après avoir contraint l'intendant de la province à signer le dégrèvement, quand ils furent surpris par les nobles, que commandaient le due de Noailles et l'évèque de Rodez , accablés et mis en déroute. La révolte finit par des exécutions d'une cruauté inouïe. Avant la Révolution, l'action administrative s'était peu à peu centralisée à Villefranche au préjudice de Rodez. En 1651 , les états du Rouergue s'y réunirent pour la dernière l'ois, et en 1779 nous voyous s'y tenir l'assemblée provinciale, qui s'y fixa définitivement. Cette assemblée ne s'effaça qu'en 1789, devant les états généraux. La Révolution s'accomplit sans désordres à Villefranche, qui fournit a la République de nombreux volontaires. Elle devint alors le chef-lieu d'un arrondissement. Depuis lors , aucun événement digne de remarque n'est venu signaler Bon histoire.
— Monuments. Villefranche possède deux édifices d'un grand intérêt historique et archéologique. Ce sont l'église Notre-Dame et l'ancienne Chartreuse. L'église Notre-Dame, ancienne collégiale de Villefranche et l'un des plus beaux monuments du département, appâtaient au style ogival. Le portail, d'un genre grave et sévère, est remarquable par un beau porche, dont la voûte encadre la porta d'entrée, que surmonte une fenêtre, construction du xvo siècle. 11 sert de base à une grosse tour carrée, soutenue par le mur de la façade et par deux hautes piles. Cette tour, iuuchevée, et qui était primitivement destinée à servir de forteresse, offre plusieurs étages de fenêtres et de balustrades fort riches, et les quatre gros contreforts qui la soutiennent peuvent eux-mêmes passer pour des tours. Elle est ornée daus ses quant» angles d'aiguilles et de clochetons qui se fout remarquer par la richesse de leurs détails. D'après un plan du xvju siècle, qui est parvenu jusqu'à nous, elle devait encore recevoir un étage octogonal et un dôme. Entre l'abside latérale du nord et la grande abside s'élève une tourelle hexagone, couronnée d'une balustrade et d'une Jlèche. A l'intérieur, les absides à pans coupés sont éclairées par de longues fenêtres. Celle du centre présente deux belles roses latérales, l'une à droite, du xivo siècle, l'autre a. gauche, du xve siècle. De simples et longues colonnes eu faisceau, ramifiées à
leur sommet, s'élancent en nervures délicates jusqu'à la voûte. La chaire en pierre (xvo siècle), les riches boiseries du chœur, de la même époque , et plusieurs tapisseries du siècle suivant méritent aussi une mention. Cette église, commencée en 1260, ne fut terminée qu'en 1581, par suite du manque de ressources aussi bien que des continuelles querelles religieuses qui occupèrent si longtemps le midi de la France. L'ancienne Chartreuse, située sur la rive gauche de l'Aveyron et aujourd'hui convertie en hospice, a "conservé quelques remarquables bâtiments du xva et du xvi6 siècle, classés récemment au nombre des monuments historiques. L'église, sans bas-côtés, se termine par un chevet à sept pans et possède des boiseries du xve siècle. Le grand cloître forme quatre galeries à nombreuses arcades et à ouvertures simples, séparées par des contre-forts. De belles portes eu accolade, dont quelquesunes subsistent encore, mettaient les cellules en communication aveu les couloirs. Le petit cloître, qui reste le morceau cupital de l'édifice actuel, forme un carré parfait, dont chaque côté est percé de quatre arcades subdivisées par des meneaux. Une des galeries, d'une dimension double de celle des autres, est divisée en deux nefs par de légères colonnes. Telle qu'elle est, la Chartreuse présente toutes les qualités du style ogival de la dernière période, sans aucun de ses défauts. « La Chartreuse, dit M. Guirondet dans un savant Mémoire archéologique , est un de nos plus beaux édifices, soit qu'on la considère comme monument religieux ou comme monument public. La tour s'anime aux regards dé l'antiquaire j tout rappelle les souvenirs du xve siècle; tout se revêt de ses couleurs : ces cloîtres, soutenus par ces arcades ; ces arceaux do la clef, desquels se détachent tantôt des feuilles d'acanthe , tau tôt des arabesques ; les entrées des cellules, surmontées de pampres et de grappes de raisin d'une extrême délicatesse ; ia colonne du petit cloître, la mosaïque et la chaire du réfectoire découpée en feuillage...; le portique de l'église, les belles pièces de marqueterie qui embellissent sou enceinte, cette coupole élégante, ces ligues harmonieuses qui se dessinent sous les voûtes sacrées; enfin ces vitraux- peints qui, malgré la poussière des siècles et les dégradations de toutgenre, conservent encore leur coloris et leur fraîcheur primitive. • La Chartreuse de Villefranche, construite de 1451 à 1458, devint à la Révolution ia propriété de la ville et reçut la destination qu'elle a conservée jusqu'à nous. On remarque encore à l'intérieur du clolire une fontaine ornée de bas- reliefs, une chaire pratiquée dans l'épaisseur du mur et quelques cheminées de marbre sculptées provenant d'une ancienne maison de la ville. — - Célébrités. Villefranche a vu naître : D'Audiguier, auteur du Vray et ancien usage des duels, qui vivait vers 1017 ; le maréchal de Belle-Isle, mort en 1761, et de nos jours le médecin Dubruel et le célèbre physiologiste Alibert. Laromiguière, l'illustre professeur de philosophie, est né en 1756 aux environs de la même ville.
VILLEFRANCHE -SUR -SAÔNE, ville de
Franee (Rhône), ch.-l. d'mrond. et de canton, à 27 kilom. N.-O. de Lyon, sur le Morgon, et à 3 kiloin. de la. rive droite de la ibaôue; pop. aggl., 11,270 hab. — pop. tôt., 12, 170 hab. L'arrondissement comprend 9 cantons, 129 communes et 175,847 hab. Tribunaux de lE« instance et de commerce ; école normale d'instituteurs primaires, école de commerce; bibliothèque publique. Industrie active ; fabrication de gros tissus de coton, futaines, molletons, couvertures, étoffes, indiennes; filatures; tanneries. Commerce de vins du Beaujolais, chanvre, fil, toile, mercerie, bestiaux, céréales. Cette ville, qui s'étend sur les deux penchants d'une colline peu élevée, est bien bâtie. On y remarque quelques beaux édifices, entre autres l'église Notre -Dame -des- Marais, commencée au XI v« siècle et terminée au xvio; e|le se compose d'une nef et de bas-côtés flanqués de chapelles. Eu 1566, un incendie détruisit la flècùe de la tour qui surmontait cette église; il est question de la rétablir. Citons encore l'hôtel de ville et l'Hôtel-Dieu construit en
On fait remonter la fondation de cette ville jusqu'au milieu du xie siècle, sous flumbert 111, seigneur de Beaujeu. Primitivement, elle porta le nom de Lunna et ne dut sou nom actuel qu'aux franchises qu'elle obtint dans la suite de la part des sires de Beaujeu. Au nombre de ces franchisas, il est curieux de signaler celle qui autorisait les maris à battre leurs femmes jusqu'à effusion de sang, pourvu que la mort ne s'ensuivit pas. Villefranche, sous la protection de ses seigneurs, prit un assez rapide développement, lut entourée de remparts et devint la capitale du Beaujolais; elle eut même une académie célèbre, fondée en 1695.
V1LLEFROY (Guillaume de), orientaliste, "né à Paris en 1690, mort eu 1777. Après avoir terminé ses études au séminaire de Besançon, ou il s'était principalement appliqué à la connaissance des langues sémitiques, il entra dans les ordres et devint secrétaire du duc d'Orléans, tils du Régent, qui lui conféra l'abbaye de Blasiinont. Plein de zèle pour la propagation des idiomes qu'il avait
approfondis, il onvrit chez lui des cours particuliers et fonda en 1744, dans le couvent de la rue Saint-Honoré, une société connue sons le nom de Capucins hébraisants. Puis il fut, en 1752, nommé professeur d'hébreu au collège de France. On a de lui ; Lettre au rév. P... (Paris, 4735, in-4°); Lettres de l'abbé de *** à ses élèves {1750, î vol. in-12). Il a, en outre, fourni des Notices des livres arméniens manuscrits de la Bibliothèque royale à la Bibliotheca bibliothecarwn de Montfaucon ainsi qu'au Compeiidio di memorie concernanti la nazione armena.
VILLEGAGNON ou VILLEGAIGNON (Nicolas
Durand de), amiral français, né à Provins vers l'an 1510, mort h Beauvais, près de NeiJKiurs, en 1571. I) élait neveu du fameux Villîers de l'Isle-Adam, grand maître de l'ordre de Malte. Il fit de bonnes études, sans négliger toutefois les exercices du corps, dans lesquels il acquit une force remarquable. Reçu chevalier de Malte en 1521, il alla faire ses premières armes sur les galères de l'ordre, et là il trouva l'occasion do se signaler. A la suite de Charles-Quint, dans l'expédition d'Afrique, il déploya un courage allant jusqu'à !a témérité. Un jour, devant Alger, s'étant séparé de ses frens, il fut blessé pur- un Maure; mais aussitôt, sélançant sur le cheval de son adversaire, il le saisit au corps et le renversa d'un coup de poignard. Venu à Rome après la guerre pour soigner ses blessures, il mit a profit ces jours de repos pour écrire la relation de la campagne à laquelle il avait participé. Villegagnon fut un des chevaliers qui allèrent nu secours de Marie Smart, dont les Etats étaient menacés par les'Anglais,et il commandait le bâtiment qui amena cette princesse en France en 1548. Ayant appris par la suite que les Turcs voulaient faire le siège de Malte, il en donna avis au grand maître et détendit avec courage, mais sans succès, le fort de Tripoli. De retour en France, il écrivit la relatiun de ce siège et démontra que la perte de Tripoli incombait à la seule négligence de d'Oinedès, grand maître de l'ordre. Nommé vice-amiral de Bretagne par Henri II, il sollicita, à la suite de dissentiments avec le gouverneur de Brest, l'autorisation d'aller fonder une colonie en Amérique, dans le but de conquérir à la France les établissements coloniaux de l'Espagne dans le nouveau monde. En même temps, il s'assura l'appui de l'amiral de Coligny, auquel il avait communiqué son dessein d ouvrir aux protestants un lieu de refuge contre les persécutions. H obtint 10,000 livres pour les premiers besoins des colons, 2 navires abondamment pourvus, sur lesquels il embarqua une compagnie d'artillerie, des soldats et de nobles aventuriers, et prit la nier au Havre le 12 juillet 1555; mais le temps devint très- mauvais; le navire monté par Villegagnon subit une grave avarie et il dut aller relâcher à Dieppe, où il fut abandonné par une partie de ses troupes. Cette défection fut une des causes principales de l'insuccès de l'entreprise. Le 10 novembre, il débarqua à l'embouchure du Ganabara (aujourd'hui le rio de Janeiro). Villegagnon songea à s'établir sur un rocher escarpe, formant île au milieu du détroit, à l'embouchure du fleuve ; mais il dut renoncer à ce projet, car le rocher était envahi par' l'eau à la marée haute. Plus loin, il trouva une île, où il s'établit et qu'il fortifia. Il entra alors en~relations aimcales avec les tribus sauvages du littoral, ennemies des envahisseurs portugais, et écrivit à Coligny pour lui demander des renforts et quelques bons théologiens de Genève. Cependant, l'Ile manquait d'eau potable, le biscuit était en petite quantité, et il fallait vivre des seuls produits locaux, ce qui causa un vif mécontentement aux émigraiits. > Villegagnon, dit Weiss, avait permis les mariages des Français avec les Indiennes, en défendant, sous des peines sévères, tout commerce illicite. Un mauvais sujet, Normand, qui lui servait d'interprète, refusa positivement d'épouser une Indienne, avec laquellle il cohabitait, et il refusa en même temps de s'en séparer. Villegagnon le menaça ue Jui infliger uu châtiment. Celui-ci prit la fuite et forma un complot, dans lequel il eut l'adresse de faire entrer un grand nombre d'Indiens, en les trompant sur les intentions de ses compatriotes. La colonie était menacée des plus grands malheurs, si Villegagnon n'eût déjoué par sa sagesse le plau des conspirateurs. Le calme venait d'être rétabli, lorsque les renforts et les provisionsqu'il avait demandés à Coligny arrivèrent sur 3 navires expédiés aux frais de la eourojine (10 mars 1557;. Us portaient 290 hommes, 6 enfants destinés à apprendre la langue des naturels et cinq jeunes femmes avec une matrone, qui excitèrent surtout l'admiration des Tupinambas.
Bois-le-Comte , neveu de Villegagnon, commandait ces navires, à bord desquels Calvin avait fait embarquer Pierre Ricbier et Guillaume Chartier, ministres protestants, accompagnés de Jean de Léry, à qui l'ou doit une excellente relation de celte expédition, et de plusieurs nobles aventuriers. • Les rivalités d'ambition, les disputes théologiques, les disseriations firent enfin avorter la colonisation,etVillegagnon revinten France. Après de longues et stériles controverses avec Calvin, il représenta en 1568 Tordre de Malte à la cour de France et, quelque temps après,
fut emporté par les infirmités qu'il avait contractées dans le cours de sa vie aventureuse. On a de lui : Caroli V imperatoris expeditio in Africam ad Arginam (Paris, 1542, in-8<>) ; Ad articulas Calviniatix de sacramento eucharisties traditionis responsiones ( Paris , 1560, in -40). Enfin, il a laissé quelques écrits de controverse qui ne peuvent plus offrir aucun intérêt et dont on trouve les litres dans les Mémoires de Niceron (xxn, 322-325).»
V1LLEGARDELLE (François) , publicisto français, né à Miremout en 1810. D'abord
f (artisan du fouriérisme et collaborateur de a Phalange, organe de cette école socialiste, il ne tarda pas h tomber en désaccord avec les phahmstériens sur la question delà distribution de la propriété, se sépaYa d'eux et devint le défenseur des doctrines communistes. Nous citerons, parmi ses écrits : Besoins des communes (1835, in-8°); Accord des intérêts dans l'ussociQtion (1844), où l'auteur expose une théorie analogue à celle qui fut plus tard mise en pratique dans les ateliers nationaux par M. Louis Blanc; Histoire des idées sociales avaut la dévolution on les Socialistes modernes devancés et dépassés par ( les anciens philosophes (1846) ; Pourquoi n'a- ' vons-nous pas ta république? (1851), etc. On doit, en outre, à M. Villegardelle une édition du Code de la nature, de Morelli (1840), et. une traduction de la Cité du soleil, de Cumpanella (1840).
V1LLEGAS (Fernand-Ruiz de), poëte espagnol, né à Burgos. Il vivait au xvio siècle et eut pour maître le savant Louis Vives. Sa famille le destinait à l'état ecclésiastique, mais il résigna un bénéfice dont on l'avait déjà pourvu pour épouser une jeune fille qu'il aimait. L'ayant perdue après quelques mois d'une heureuse union, Villegas chercha une diversion à sa douleur dans les travaux littéraires et dans les voyages. Il vint à cette époque à Paris, où il se lia avec Guillaume Budé. De retour dans sa patrie, il y fut nommé gouverneur de Burgos ; mais, à la suite d'une intrigue, il perdit cette charge. A dater de cette époque, il vécut dans une complète obscurité. Au commencement du xvme siècle, Eman Marti, doyen d'Alicunte, trouva une copie de ses œuvres dans la bibliothèque du comte Caselvi, à Alicante, ei, frappé de l'élégance et de la pureté du style de Villegas, il résolut de les publier; mais les ressources nécessaires lui manquèrent, et ce ne fut que plus de trente ans après qu'André Luma les fit paraître sous ce titre : Ferdinandi Jtttizii Viitegatis Bnrgensis qiw exstant opéra (Venise, 1743, in-4°). Parmi les pièces que ce volume renferme, nous citerons : six Èglognes; un poème épique, intitulé De nuptiis Philippi et lsabell»; des Fables, traduites d'Esope; deux poBmes didactiques, intitulés l'un Sphmra mundi, et l'autre Cybdelomastix; des épltres, des épigramines, des épitaphes, etc. Toutes ces compositions sont remarquables ; les églogues, par leur grâce et leur fialcheur, rappellent celles de Virgile ; les épîtres ne sont pas indignes de figurer auprès de celles d'Horace, et, dans le poème sur le mariage de Philippe, l'auteur s'est véritablement élevé à la hauteur de l'épopée.
VILLEGAS (Esteban-Manuel de), poëte espagnol, DéaNaxera (Vieille-Castiile) en 1595, mort eu 1669. Il fit ses études a Madrid et? à Salamunque. Son talent poétique fut des plus précoces, et à l'âge de quinze ans il avait déjà traduit en vers espagnols les œuvres d'Anacréon et quelques odes d'Horace. A l'âge de vingt-trois ans, il publia, sous le titre d'Amatorias ou àJEroticas (Naxera, 1617, in-4a),un premier recueil de ses poésies, qu'il avait dédiées au roi Philippe III, Il espérait que cet ouvrage lui ferait obtenir à Madrid, où il s'était rendu, un emploi lucratif; mais, trompé dans son attente, il dut se contenter de la modeste place /le receveur des rentes dans sa ville natale, où il vécut dès lors obscurément. A sa mort, il laissa un grand nombre de manuscrits, dont un seul a été publié ; c'est une traduction du Traité de la consolation de Boôce , que l'on trouve dans l'édition des poésies de Villegas, qui a paru en 1774 à Madrid (2 vol. in-8"). Deux satires du même auteur, également inédites, ont été insérées daus le tome IX du Parnasse espagnol. Parmi les écrits de Villegas, c'est sans contredit à sa traduction d'Anacréon que revient le premier rang. Jusqu'à ce jour, la littérature espagnole n'a rien produit en ce genre qui puisse être placé sur la même ligne.
VILLÉGIATURE s. f. (vil-lê-ji-a-tu-re — ital. villeggiatura, substantif du verbe villeggiare, séjourner à lu campagne; de villa, maison de campagne. V. ville). Néol. Séjour que l'on fait à la campagne pour s'y récréer : La villégiature est passée dans les mœurs. (Rigault.)
V1IXBGOMBLAIN (François Racine, seigneur Mi), historien français, né à Blois. Il vivait à la fin du Xvio siècle, suivit la carrière militaire, assista à la bataille de Coutras et fut député pur la noblesse aux états généraux de 1614. Ou a de lui des Mémoires des troubles arrivés en France sous tes régnes des rois Charles IX, Henri 111 et. Henri 1 V, qui furent publics par sou neveu, Rivuudas de Villegomblain (Paris, 1667-1668, 8 vol. in-12). Ces Mémoires, embrassant uue période
de quarante ans (1562 - 1602) , renferment une foule de détails curieux sur les événements de cette époque. On a supprimé dans la plus grande partie des exemplaires les quatre-vingts dernières pages, qui contenaient des passages trop hardis sur Henri IV, " et on les a rempu ces par une fin moins longue. Les exemplaires qui n'ont pas subi celte mutilation sont presque introuvables.
V1LLEGONT1ER (Louis-Spiridion PraIN, Comte de La), administrateur français, né à Fougères (llle-et-Vi!aine) en 1776, mort en 1849. Son père était membre du parlement de Bretagne. Admis a l'Ecole polytechnique en 1794, il en sortit un des premiers de sa
firomotion en 1797. En 1799, il rentra dans a vie privée et resta à. l'écart jusqu'en 1815, époque où il fut nommé sous-préfet. Appelé i. la préfecture da l'Allier en 1816, il s'y lit remarquer par de sages mesures pendant la disette qui sévit cette même année dans le département, devint préfet d'ille-et-Vilaine en 1816, pair de France en 1819, et conserva néanmoins sa préfecture jusqu'en 1824. Deux ans plus tard, La Villeguntier fut nommé premier gentilhomme de la maison du duc 'de Bourbon. En 1830, il prêta serment au gouvernement issu de la révolution de Juillet, conserva son siège à la Chambre vies pairs, vota contre le bannissement des Bourbons, puis soutint la politique gouvernementale jusqu'à la révolutiou de 1648. Rendu alors à la vie privée, il se retira à Fougères, où il mourut peu après. — Son frère, Charles- Marie Frain de La Villegontikr, né à Fougères (llle-el-VillaineJ eu 1777, mort en 1804, étudia la médecine, se lit recevoir docteur en 1804 et se rit remarquer par sa charité et sou dévouement envers les malheureux. 11 mourut des fatigues qu'il avaient éprouvées en soignant les malades pendant uue épidémie.
VILLEHARDOU1N (Geoffroi de), chroniqueur français, né au château de Villeharuouiu, près de Troyes , vers 1155, mort en Thessaiie vers 1213. En sa qualité d'aîné de sa maison, il succéda à sou père dans sa dignité de sénéchal de Champagne sous le comte Thibaut V. Puis, entraîne par l'enthousiasme religieux de l'époque, il s'enrôla dans la quatrième croisaue; niais avant de partir il se rendit avec d'autres députés à Venise, pour obtenir du doge .Datidolo la promesse de transporter les croisés en Palestine, moyennant une forte rétribution.
"Villebardouiu, l'orateur de la députation, obtint ce qu'il demandait, et il fut convenu que les croisés viendraient s'embarquer dans cette ville au mois de juin 1202. Peu après son retour eu France, Thibaut mourut. Villehardouin proposa alors d'offrir le commandement de la croisade au marquis de Montferrat, qui accepta. 11 fut ensuite chargé, avec le comte de Saint-Poi, d engager les croisés à s'embarquer tous à Venise , ce qu'il ne put obtenir, puis il fut employé comme négociateur auprès d Alexis Conuiène pour essuyer de mettre un terme aux différends qui s'étaieiil élevés entre les croises et le jeune empereur. 11 prit ensuite une part biillante à la prise de Coustantiiiople (1204) et reçut de l'empereur Baudouin 1" plusieurs places en Macédoine, avec le titre de maréchal de Roumanie. Après la défaite de Baudouin par les Bulgares, il sauva son armée et servit avec le même dévouement Henri, frère et successeur de ce prince. Villehardoiiin mourut en Thessulie. e>on intéressante Histoire de la conquête de Cousumunople ou Chronique des empereurs Baudouin et Henri est un ues plus vieux monuments de la prose française. Elle lut iiuprin.ee pour la première lois à Venise eu 1573. Publiée par Du (Jauge eu 1657, a\ec ui,e tiauu^tion française, un glossaire et des notes ties-précieuscs, elle a ete reproduite dans divers recueils, notamment uuns les collections des Mémoires relatifs a l'histoire de France.
VILLEHEURNOIS (Charles-Honoré Berthelot ue La) , agent secret des Bourbons.