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et, en outre, les tourments de la jalousie. Elle croit son cœur mort; mais en ce moment le caractère de M. Paul, pour lequel elle ne ressentait aucune sympathie, se dessine et s'éclaire pour elle d'une façon étrange. Elle admire son intelligence, sous l'influence de laquelle son propre esprit se développe; elle apprend que la vie strictement laborieuse de M, Paul est une vie de sacrifices ausouvenir d'un amour sublime. M. Paul, avec son travail, nourrit la mère, autrefois, opulente, d'une jeune fille qu'il avait aimée et qui était morte au couvent. Les deux natures de Lucy et de Paul, la protestante et le catholique, la rebelle et l'autoritaire, se repoussent et s'attirent tour k tour. Bref, ils laissent par conclure une sorte de traité d'amitié. Lucy s'accoutume déjà k cette affection nouvelle, lorsque, api-ès plusieurs complications, M. Paul quitte Viliette et va aux colonies 'recueillir un héritage pour M™e Walranens, la vieille femme k qui il se dévoue. Encore une fois, Lucy se croit délaissée et se désespère ; mais le « sublime bourru « a pourvu à l'avenir de Lucy. 11 a loué pour elle une charmante maison dans un faubourg de Viliette; il y a installé le matériel d'un pensionnat; puis, au moment où on le croit déjà parti, il va chercher Lucy Snowa et la conduit dans son petit palais de maîtresse de pension, où elle doit, en l'absence de Paul, vivre et assurer son indépendance. Graham Bretton et Polly, qui est la fille unique d'un comte fort riche, se sont mariés. Enfin, comme on le pressent, Paul, après trois ans d'absence aux colonies, épouse Lucy, qui a prospéré dans sa maison d'éducation et qui reste Anglaise et protestante. C'est ainsi que Lucy, demeurée maîtresse d'elle-même, est l'artisan de son bien-être et de son bonheur. Il est vrai que, suivant la méthode de Currer Bell, le bonheur ne lui arrive pas k l'heure qu'elle aurait choisie, ni sous la forme qu'elle aurait rêvée. Tel est le profil de ce long roman. « Au point de vue littéraire, dit M. Forcade, les qualités qui le distinguent sont précisément ce qui échappe à l'analyse. Ce sont les scènes détaillées avec minutie qui donnent aux caractères une vivante et piquante réalité ; c'est le faire de l'auteur, qui relève d'un trait personnel, d'une touche originale et imprévue, les sujets qui paraîtraient les plus vulgaires. Ce sont ces ardeurs d'esprit et de plume qui éclatent k travers le prosaïsme, systématiquement choisi des incidents et des situations. »
VILLECKBANNE,bourgde France (Rhône), ch.-l. de cant,, arrond. et a 8 kilom. E. de Lyon; pop. aggl., 5,928 hab. — pop. tôt., 7,474 hab. Fabriques de bleu d e Prusse, d'acide sulfuricue, d'ammoniaque, de chlorure de chaux ut autres produits, chimiques, do savon, de cierges et de bougies, de vernis, de toiles cirées; filature de soie, etc.
VlLLEUX, EUSE adj. (vil-leu, eu-ze — tut. villosus; de vtllus, poil). Hist. nat. Velu, couvert do poils.
— A.n&t. Membrane villeuse composée, Membrane muqueuse, il Membrane villeuse simple, Membrane séreuse. Il l'issu villeux, Partie du derme du pied du cheval qui est en contact avec la soie et la fourchette.
— Pathol. Cancer villeux, Cancer affectant la forme d'une tumeur couverte de villosités.
— Encycl. En histoire naturelle, on se sert du mot villeux comme synonyme de velu, pour indiquer que l'organe ainsi désigné est recouvert d'un poil fin et court, d'une sorte de duvet ou de laine rare. On distinguait autrefois tes membranes villeuses simples et les membranes villeuses composées ; les premières étaient les membranes séreuses, toujours lisses, et les autres les muqueuses, souvent recouvertes do proéminences semblables k un poil court et désignées sous le nom de villosités. Le tissu villeux était aussi l'ensemble de ces villosités; enfin, on désigne sous le nom de cancer vitleux une variété du cancer qui apparaît sous forme d'une tumeur ou d'une ptaijue ulcéreuse, recouverte d'une villosité qui fait ressembler la partie malade k une sorte de velours rouge.
VILLEVEYRAC, bourg et eomra. de Franco (Hérault), cant. de Mèze, arrond. et k 36 kilom. S.-O. de Montpellier, sur laMoria; pop. aggl., 2,570 hab. —pop. tôt., 2,745 hab. Raffinerie de sucre ; fabrication importante d'eau-de-vie. Aux environs, ancienne abbaye et belle église de Valmagne,
VILLEV1EILLE (Léon), peintre et graveur, né k Paris en 1826, mort en 18G3. Il prit des leçons de Louis Marvy et s'adonna au paysage. Atteint dès son enfance d'un mal incurable, il a laissé dans la plupart de ses œuvres l'empreinte d'une profonde mélancolie. Villevieiile débuta au Salon de 1850 par deux Paysages, puis il exposa la Moulée de Nohaut (1S52) ; Traîne de la vallée Noire par un soir a'/tivef (1853); Un soir d'été sur le bord de la Seine (1855); Soir de novembre, Soir d'été, Mélancolie (1859); ce dernier tableau est le plus remarquable. Dans les derniers temps de sa vie, il visita le midi de la France et l'Afrique. Dessinateur habile, il avait fini par devenir coloriste. Il écrivait un jour I en parlant de lui : • Les marchands de ta- ! bleaux m'ont classé. Je tiens les soleils couchants, les rêveries, et je confectionne les
bords de rivière à l'usage dos cœurs brisés. »
VILLIAUMÉ (Nicolas), historien et économiste français, né à Pont-k-Mousson en 1818. 11 descend, par son père, de Pierre, frère de Jeanne Darc. Son éducation terminée, il alla étudier le droit k Paris, puis se fit inscrire comme avocat au barreau de Nantes, et, s'étant acquis dans cette ville une grande réputation, il fut chargé de défendre, en 1849, devant la cour de Versailles, quelques-uns des accusés du 13 juin. En 1852, après le coup d'Etat, il remplit le même office devant la cour de Lyon. Depuis ce moment, il s'est consacré entièrement à l'histoire et k l'économie politique. Ses principaux ouvrages sont : Histoire de la Révolution française (Paris, 1850, 4 vol. in-8°); Nouveau traité d'économie politique (1857, 2 vol. in-18); V Esprit de la guerre (Paris, 1860, in-18); De l'Espagne et de ses chemins de fer (1860, in-8°); le Salut de l'Italie (1860, in-8°); Histoire de Jeanne Darc (1863, in-18); Nouvelle organisation de la ville de Paris (1871, in-8»).
VILLICU9 s. m. (vil-li-kuss — mot tat. dérivé de villa, maison des champs). Antiq, rom. Esclave chargé de la surveillance des travaux dans une villa.
— Encycl. On traduit d'ordinaire le mot villicus par fermier; mais on donne par lk une fausse idée de celui kqui il s'appliquait, puisque le fermier est un travailleur libre et que le vitlicus était esclave. 11 faut remarquer que le villicus n'était pas employé dans la villa urbaine ou villa de plaisance, mais dans la villa rustique ou villa d'exploitation. Une villa de ce dernier genre correspondait assez bien k une de nos fermes. Elle était placée d'ordinaire au pied d'une montagne boisée, dans un lieu arrosé par une eau courante, k une exposition garantie des vents pernicieux et des miasmes produits par les marais, assez loin d'une route fréquentée afin d'éviter les visiteurs trop nombreux. La maison se trouvait entre deux cours, l'une intérieure pour les chevaux, les bestiaux, les chariots et tous les instruments nécessaires; l'autre, dite extérieure, devant les bâtiments. C'est au commencement de cette cour extérieure que se trouvait l'habitation du villicus, qui pouvait ainsi observer l'entrée et la sortie des employés ou des personnes-étrangères à l'exploitation. Letiiïlicus devait faire exécuter strictement les ordres du maître; il surveillait tous les travaux. Pourtant il n'avait pas k s'occuper des bestiaux, dont le soin était confié au magister pecoris. Il avait sur les esclaves occupés dans la villa une autorité presque complète; il leur donnait des ordres et les maintenait dans le devoir; mais sou principal devoir à lui-même était d'agir envers eux avec modération et de ne pas oublier qu'il restait l'esclave du maître dont il représentait l'autorité. Il ne pouvait s'absenter de la villa que pour aller au marche. Les obligations qui résultaient de l'emploi de vitlicus ont été longuement détaillées par Columelle(XI, 1). Le même écrivain expose ensuite les devoirs qui incombaient k la femme du villicus, que les Romains appelaient la viliica.
Le mot villicus fut aussi employé pour signifier une personne k laquelle était confiée la surveillance de quelque affaira ; il se rendrait assez bien, dans ce sens, par notre mot intendant.
V1LL1É, bourg et commune de France (Rhône), cant. de Beaiijetl, arrond. et a 20 kilom. N. de Villefi'anehe ; pop. aggl., 854 hab. — pop. tôt. 2,571 hab. Récolte et commerce de bous vins.
VILLIERS-LE-SEL, bourg et commune da France (Seine-et-Oise), cant. d'Ecouen, atrond. et à 28 kiloin. E. de Poutoise; 1,365 hab. Corroierie, préparation de baudruche ; pépinières. L'église paroissiale," construction du xhc siècle, est ornée de belles sculptures de la Renaissance. Aux environs, nombreuses villas.
VlLLlEtlS-SUR-MARNE, village et commune de France (Sieiue-et-Oise), cant. dé Boissy-Saint-Lôger , arrond. et a 30 kilom. de Corbeil; 824 hab. Beau château. Combat livré aux armées allemandes par les troupes de la garnison de Paris le 30 novembre 1870. V. Paris (sièges de).
V1LL1ERS- SAINT -GEORGES, bourg de France (Seine-et-Marne), chef-lieu de cant., arrond, et k 14 kiloin. N.-E. de Provins, dans une plaine, près de l'Aubetin; pop. aggù, 503 hab. — pop. tôt., 945 hab. Tuilelenes et fours à chaux. Château féodal du xvo siècle, entouré de fossés et d'un beau parc.
VILLlERS(dom Placide de), historien fran çais, né a Vesoul vers 1640, mort en 1G89. Il entra eu 1655 chez les bénédictins de Luxeuil, où, tout en s'adonnant k des travaux d'érudition, il devint un très-habile fabricant d'orgues. Après avoir été sous-prieur a Morteau et a Dôle, il fut atteint d'une maladie nerveuse et revint k Luxeuil, où il composa le Psautier des affligés; Prières pour une dme en peine, et une histoire de l'abbaye do Luxeuil, intitulée : Chronicoa Luxovieuse (in-fol.).
VILLllillS (Pierre de), littérateur français, né k Cognac en 1648, mort en 1728. Il entra chez les jésuites en 1668 et se distingua tant
comme professeur que comme prédicateur.
Au bout de vingt-trois ans, il quitta la société de Jésus pour embrasser la règle de Cluny et devint prieur de Saint-Taurin. Il s'éblit toujours «donné avec zèle à la culture des lettres et avait écrit un grand nombre d'ouvrages, parmi lesquels nous citerons : Entretien sur tes tragédies de ce temps (Paris, 1675, in-12); Y Art de prêcher (Cologne, [Paris], 168?, in- tï), poème en quatre chants, qui a obtenu plus de trente éditions; liéflexions sur les défauts d'aulrui (Paris, 1691, 2 vol.in-is); De l'amitié, poème satirique contre les faux amis (Amsterdam, 1602, in-8«); Traité delà satire (Paris, 1695), dans lequel l'auteur lançait contre les poètes satiriques des attaques, qui lui firent donner par Boileau le surnom de Mainmore do Cluny ; Entretiens sur les contes de fées et sur quelques autres ouvrages du temps (Paris, 1G99, in-12) ; Vérités satiriques en cinquante dialogues (Paris, 1725, in-12); Poésies de M. D. V. (Paris, 1728 in-12).
V1LL1ËRS (Cosme du Saint-Etienne de), théologien français, né à Saint-Denis en 16S3, mort en 1758. Entré dans l'ordre des carmes à l'âge de dix-sept ans, il professa la philosophie dans différents collèges jusqu en 1727 et, à dater de cette époque, s'adonna à la prédication. Il devint, en dernier lieu, dnfiniteur de son ordre et directeur du -couvent de Sainte-Madeleine, à Orléans. Son principal ouvrage, la Bibliolheca caimelitana (Oiléans, 1752, 2 vol. in-fol.), renferme une l'oule de détails curieux et est un véritable monument d'érudition. On lui doit, en outre, les biographies de deux religieux de son ordre, celles du Père Agriani et du Père Louis Jacob, qui, publiées d'abord séparément, ont été insérées dans la Bibliotheca earmetiiana.
VILLIERS (Jacques-François de), médecin français, né à Saint Maixent en 1727, mort en 1794. Attaché comme chirurgien à l'année d'Allemagne pendant la guerre de Sept ans, il se fit, plus tard, recevoir docteur k Paris et y devint médecin de l'Ecole vétérinaire. On a de lui, entre autres écrits: Eléments de docimastique, traduits du latin de Cruiner (Paris, 1755,4 vol. in-12); Méthode pour rappeler les noyés à la vie (Paris, 1771, in-S") ; Manuel secret et analyse des remèdes de Sutton pour la petite vérole (Paris, 1774, in-8«); la Médecine pratique de Londres (Paris, 1778,in-S°),etc.Il avait, en outre, collabore au Dictionnaire encyclopédique et au Journal de médecine, et terminé la traduction des Aphorismes de Boerhaave, entreprise par Louis.
VILLIERS (Marc-Albert de), littérateur, né à Paiis vers 1730, mort dans la même ville en 1778. Ses étuiles de droit terminées, il se lit recevoir avocat au parlement, puis il renonça au barreau pour embrasser l'état ecclésiastique. Au milieu de ses occupations religieuses, il consacrait toujours quelques heures k !a culture des lettres. On a de lui, entre autres écrits : Apologie du célibat chrétien (Paris, 1762, in-12) ; Principes sur la fidélité due aux rois (Paris, 1771, in-12); Vie de Louis IX, dauphin de France (Paris, 1769, in-12); Dignité de la nature humaine (Paris, 1778, in-12).
VILLIERS (Pierre), littérateur et auteur dramatique français, né en 1700, ninrt en 1849. Il entra d'abord au service, devint capitaine de:dragons, puis se jeta dans la littérature théâtrale. Ses principales pièces sont: Bébéeet Jargon, parodie de Médée; le Bouffe et le tailleur; Jtudomout ou le Petit Don Quichotte; M. Beldam; Poniatowski ou le Passage de l'Elster, uiiniodranie militaire. Villiers a en oture publié : Manuel du voyageur à Paris (1804, in-IC) ; les Braves anciens et modernes (Paris, 1806); la France militaire (Paris, 1824, 2 vol. in-12); différentes pièces de vers, etc.
VILLIERS (Charles-Pelham), magistrat et homme politique anglais, né a Londres en 1S02. Frère de lord Clarendon, iJ fit ses études it Cambridge, puis devint avocat (1827) et fut nommé en 1830 juge d'instruction près la cour de la chancellerie. Elu membre de la Chambre des communes en 1833, il siégea comme son frère dans les rangs des libéraux et, pendant longtemps, il rit chaque année la motion de diminuer les droits sur l'importation des blés étrangers, Depuis lors, M. Villiers a été nommé successivement député lieutenant du Herts (1850), juge avocat général (1852), membre du conseil privé (1853), membre de la commission d'enquête chargée de répartir sur de nouvelles bases la taxe des pauvres, président du. bureau des pauvres (1859), etc.
VILLIERS (George, duc de Buckixguaji), homme d'Etat anglais. "Y. Buckinguam.
VILLIERS DE L'ISLË-ADAM (Jean de), né en 1384, d'une des plus anciennes et des plus illustres maisons de France, mort en 1437. II entra dans la faction de Bourgogne,' surprit Paris en 1418 et y exerça une sanglante domination. Nommé maréchal, il laissa massacrer les Armagnacs, et le duc de Bourgogne s'étant allié aux Anglais, il suivit la fortune de ce prince. Mais il devint, après le meurtre de Jean sans Peur, suspect k Henri V d'Angleterre, qui le fit jeter à la Bastille. Rendu à la liberté après un an de
captivité, il continua de servir les duos de Bourgogne et les Anglais ; mais, a-près la paix d'Arras (1435), il entra au service de Charles VII, reprit Pontoise aux Anglais et concourut à la réduction de Paris. Il fut tué à Bruges, dans une sédition.
VILLIERS DE L'ISLE-ADAM (Philippe de), quarante-troisième grand maître de l'ordre de Saint-3ean-de-Jérusalem, né à Beau vais en 1464, mort a Malte en 1534. Il commandait dans l'Ile de Rhodes lorsque cette lie fut attaquée par Soliman (1522) et 200,000Turcs. Le siège de la capitale est un des plus mémorables dont l'histoire fasse mention. Le grand maître, avec 600chevalierset4,500soldats, se défendit pendant six mois avec le courage le plus héroïque ; mais enfin, trahi par le chancelier d'Amarul, il accepta une capitulation honorable, et, après avoir erré pendant huit ans avec ses chevaliers sans retraite assurée, il obtint de Charles-Quint la cession destlesde Malte etde Gozzo(l530). C'est depuis cette époque que les chevaliers do cet' ordre prirent le nom de chevaliers de Malte. Villiers succomba, dit-on, au chagrin que lui causaient les dissensions de sa communauté.
VILLIERS DE L'ISLE-ADAM (Auguste), littérateur français, né vers 1833. Ses Premières poésies (1856-1858) l'ont fait considérer comme un des poètes de la nouvelle i pléiade éclose sous l'aile de l'éditeur Le- I inerre. Son second recueil, intitulé : Fantaisies nocturnes (Lyon, 1859, in-8°), n'a pas été moins bien accueilli; on a surtout distingué flermoza et les Chants du Calvaire. Il a publié ensuite un roman, Jsis, première partie, et deux drames qui n'ont pas été joués, l'un en trois actes, Elen, l'autre eri cinq actes, Morgan (1862, in-8<>). Le Vaudeville a donné, le 6 mai 1870, dit Théophile Gautier, la Hévolte, pièce en un acte, qui, avant sa représentation, excitait une certaine curiosité, car elle est d'un poète dont les vers montrent du talent, malgré des ex- ; centricités voulues. Ce n'est pas tout ce ' qu'en disaient des amis trop zélés, mais c'est quelque chose. Cela ne ressemble pas aux produits de la fabrique courante, et ce petit drame à deux"personnages et en trois scènes contient une idée. La Dévoile n'est qu'une | esquisse, mais c'est l'esquisse d'un peintre ' qui pourra faire des tableaux s'il a le cou- | rage d'abandonner ces dimensions de saynète auxquelles la jeune école parnassienne Semble prendre plaisir k se restreindre.-» Au concours Michaelis, en 1876, M. Villiers de l'Isle-Adam a obtenu le prix de 2,000 francs pour un dramo en quatre actes en prose, le Nouveau monde.
VILLIERS DU TERRAGE (Paul-Etienne, vicomte), administrateur français, né à Versailles en 1774, mort en 1858. Après avoir servi quelque temps dans l'armée pendant les premières années de la République, il embrassa, en 1795, la carrière administra-
■ tive, occupa sous l'Empire différents emplois, fut, sous la Restauration, préfet successivement des Pyrénées-Orientales, du Doubs et du Gard, et fut élevé à la pairie par Louis- Philippe en 1837. La révolution de 184S mit lin à sa carrière politique. Il a laissé quelques ouvrages, parmi lesquels nous citerons:
, les Loisirs dun ancien magistrat (Paris, 1834) et des Poésies morales et historiques (Paris, 1836, 2 vol.). — Son frère, René- Edouard Villiers du Terrage, né en 1780, mort en 1855, inspecteur général des ponts et chaussées, a publié, outre différents mémoires,insérés dans des recueils scientifiques, une Description du canal de Saint- De-
' nis et du canal Saint-Martin (Paris, 1S24, in-4», avec atlas in-fol. de 14 planches).
I VILLIERSIE s. f. (vi-lièr-si — de Villiers, natur. fr.). Moli. Genre de gastéropodes gymnobranches.
I VILL1FÈRE adj. (vil-li-fè-re — du lat. vil- 1 lus, poil; fero,je porte). Hist. nat. Qui est muni de poils.
V1LLIFORME adj. (vil-li-for-me — du lat. villas, poil, et do forme). Hist. nat. Qui a la forme d'un poil. ""
VILLIJ1PENTA, bourg du royaume d'Italie, province de Mantoue, district et mandement d'Ostiglia; 2,042 hab.
VILLINGEN, ville du grand-duché de Bade, cercle et k 90 kilom. N.-O. de Constance, sur la Brigach; 5,000 hab. Ecole normale primaire, fabrication de draps, toiles, bières; fonderie de cloches, forges de fer, horlogerie, produits chimiques. Autrefois place forte importante.
V1LLIUS TAPPDLUS (Publius) , consul romain, qui vivait au vis siècle de Rome. D'abord édile, il fut envoyé en 549 comme préteur en Sicile, pour défendre cette île contre les Carthaginois. Elu consul en 553, il commanda l'armée romaine dans la guerre contre la Macédoine, où il retourna deux ans plus tard et fit partie des commissaires qui réglèrent les conditions de la paix avec Philippe II, vaincu k Cynocéphale. En 556, il eut k Lysimachie, dans la Tiirace, une entrevue avec Antiochus, roi de Syrie, "qu'il engagea à rendre la liberté aux villes grecques d'Asie. Cette entrevue n'eut aucun résultat, mais elle mit les apparences de la justice et de la modération du côté des Romains. L'année suivante, il se rendit denou-
veau avec des ambassadeurs auprès du roi de Syrie, parvint à rendre Annibal suspect k ce prince et retarda la guerre prête à éclater. L'histoire ne fait plus mention de lui qu'une seule fois, lorsqu'il fut envoyé en Grèce en 558 pour seconder Flaminius, qui préparait l'asservissement de ce pays.
V1LLIUS, amant de Fausta, mort l'an de ' Rome 681. Horace rapporte qu'il'était un des amants de la petite-fille du dictateur Sylla, devenue la femme de Milon, lorsqu'il fut surpris dans la maison de ce dernier et assassiné, selon les uns par Milon, selon d'autres par Longarenus, un de ceux qui partageaient avec lui les faveurs de l'impudique Fausta.
VILLIUS ANNAL1S (Lucius), préteur romain l'an 710 de Rome. Il venait de briguer les suffrages du peuple pour que son fils obtint la questure, lorsqu'il apprit qu'il venait d'être proscrit par les triumvirs Octave, Antoine et Lépide. Villius parvint à se cacher; mais son fils, qui connaissait sa retraite, le livra aux bourreaux et reçut en récompense de son infamie les biens paternels et l'édiliié.
V1LLMANSTRAND, ville de la Russie d'Eu rope, dans la Finlande, gouvernement et à 62 kilom. N.-O. de Viborg, sur le bord méridional du lacSaïnia;a,l07 hab. Aux environs, source minérale. Le 23 août 1741, les Russes y remportèrent une victoire sur les Suédois.
VILLMAR, bourg de Prusse, province de Hesse, dans le ci-devant duché de Nassau, dans le bailliage et à 8 kilom. S.-E. de Runkel, 20 kilom. E. de Limbourg, près de la rive gauche de la Labn; 2,000 hab. Exploitation de marbre, forges à fer. Industrie agricole.
V1LLOIS s. m. (vi-loi — rad. ville). Argot. Village, bourg, hameau.
VILLOISON (Jean-Baptiste d'Anssk de), helléniste, né k Corbeil en 1750, d'une famille d'origine espagnole, mort à Paris en 1805. Bien qu'il se fût principalement appliqué à l'étude des langues orientales, il s'est surtout fait connaître en Europe comme un des plus savants commentateurs des auteurs grecs. 11 parcourut la Hollande, l'Allemagne et l'Italie, à la recherche des anciens manuscrits. A Venise, il découvrit une copie fort précieuse de Ylliade, qui lui permit de rétablir le texte, jusque-là altéré, de ce poème immortel. Jaloux de compléter le monument qu'ifse proposait d'élever à la gloire d'Homère, il accompagna Choiseul-Gouftier, ambassadeur k Constantinople, dans son voyage du Levant, espérant y découvrir un manuscrit de l'Odyssée; mais il fouilla inutilement les bibliothèques les plus célèbres de l'Archipel, celles de Suiyrne et du mont Athos. A l'époque de la Révolution, il se fixa à Orléans et vécut, pour ainsi dire, dans la bibliothèque de la ville, recueillant les notes précieuses qui cou vreiit les livres des Valois, que" l'on conserve & cette bibliothèque. Nommé professeur de littérature grecque au Collège de France, il mourut peu de temjjs après. Voici ses travaux les plus importants: Apollinii lexicon grxcum lliadis et Odyssex (1773, 2 vol. in-4<>); Longi pastoraliwn tibri IV (1778, 2 vol. in-8») ; Anecdota grxca (1781, 2 vol. in-4°) ; Homeri llias ad veteris codicis Veneti fidem recensita (Venise, 1788, gr. in-fol.), chef-d'œuvre d'érudition, le plus beau titre de gloire de ce savant.
VILLON (François), l'un de nos plus anciens poètes, né k. Paris en 1431, mort vers 1489. On ne connait de sa vie que ce qu'il en a laissé échapper ça et là dans ses vers, et elle paraît avoir été peu édifiante. Sa famille était pauvre; dans un rondeau qui lui Kbt attribué, il dit que son père était « cordonnier', mais il n'est pas certain que ce rondeau soit de lui ; quant à sa mère, dans une ballade qui est un petit chef-d'œuvre de naïveté et de sentiment, il lui fait dire : Femme je suis, povrette et ancienne.
Ne riens ne soaj ; oneques lettre ne leuz. François Villon parvint cependant à faire des études assez complètes, peut-être grâce aux libéralités d'un de ses parents, maître Guillaume Villon, dont il parle souvent et qu'il appelle son « plus que père. » On ne sait s'il parvint au grade de maître en théologie, qui était le but suprême des études de ce temps; le legs qu'il fait dans son Petit testament , de sa t nomination de l'Université, » peut n'être qu'une plaisanterie. Ce qui est certain, c'est que Villon appartint k cette catégorie d'étudiants tapageurs pour qui la vie de bohème est pleine d'attraits; les Repues franches, rédigées par un de ses amis, témoignent des bons tours que jouait aux hôteliers et aux marchands la bande joyeuse dont il faisait partie et montrent en même temps qu'il avait aussi peu de scrupules qu'il possédait d'esprit vif et aiguisé:
C'estoit la mère nourricière '
De ceux qui n'avoient point d'argent;
A tromper devant et derrière
Estoit un homme diligent.
(tte Repue franche.) Ce singulier monument littéraire donne toujours Villon comme le chef de cette bande de mauvais sujets, et si l'on songe que plusieurs d'entre eux étaient des coupe-bourses avérés, que quelques-uns, entre autres un nommé Colin de Cayeux, y laissèrent
leur peau, comme dit le poète, pour avoir été i s'esbattre k Ruel, » c est-k-dire pour y avoir fait quelque mauvais coup, on jugera qu'il vivait là en triste compagnie. Lui-même, un peu plus tard, n'échappa qu'à grand'peine à la potence. Toutefois, i! faut se souvenir que la loi était dure alors pour les vi- . lains, et qu'ils encouraient la peine de mort pour ce qui ne serait aujourd'hui que de simples délits.
Villon eut à subir plusieurs condamnations; on en relève trois, d'après ses aveux. Une première fois, il fut condamné k être fouetté, sur la plainte d'une femme qu'il aimait et qu'il appelle tantôt Denise, tantôt Rose et Catherine de Vaucelles. Pour quel motif cette femme obtint-elle contre lui cette condamnation? c'est ce qu'il est impossible de conjecturer, tant il s'explique en termes vagues :
Quand chicaner ma fait Denise,
Disant que je l'avoye mauldite...
De moy, pauvre, je veuil parler;
J'en fus batu, comme a ru telles (comme (linge à la rivière).
Tout nud;jk ne le quiers celer.
Qui me feit mascher ces groiselles,
Fors Katherine de Vauselles?
A la suite de cette mauvaise affaire, le poète composa le Petit testament, où il annonce qu'il quitte Paris et se rend k Angers. Il est peu probable qu'il ait fait ce voyage. Le Petit testament porte la date de 1456, et l'année suivante Villon était détenu, pour un crime ou un délit également ignoré, dans les prisons du Chàtelet de Paris. Il y subit la question de l'eau et fut condamné k mort. Puisque, de son propre aveu, quelques-uns de ses amis furent pendus, on peut croire qu'il avait été impliqué dans la même affaire; imiis ce n'est pas ceriain. Il appela de la sentence et obtint ainsi un délai qu'il mit k profit. Une pièce de vers qu'il composa k l'occasion de la naissance d'une princesse du sang royal, le Dit de la naissance Marie, lui réussit k merveille. Le parlement, k la sollicitation du père de la petite princesse, commua sa peine en celle du bannissement. Il est probante qu'il s'agit de la princesse Marie d'Orléans, fille du duc Charles d'Orléans, le poète, qui voulut protéger un de ses humbles confrères. Ses libéralités ne s'arrêtèrent pas là, car un peu plus tard il lit venir Villon auprès de lui et lui donna une sinécure, comme on en donnait alors aux poètes de cour.
Forcé de quitter Paris momentanément, Fr. Villon se dirigea vers Angers, où il avait peut-être de la famille, car il semble avoir été souvent attiré de ce côté. En route-, il' lui arriva encore une mauvaise affaire; en 1401, il se trouvait détenu, au pain et k l'eau, depuis six ou huit mois, dans les prisons du château de Meung-sur-Loire, par l'évêque d'Orléans, Thibault d'Aussigny. On ne sait encore de quel crime ou de quel délit il s'était rendu coupable ; il ue s'accuse lui-même que de « folle plaisance; » peut-être faut-il entendre par lk quelque plaisanterie sentant l'impiété, ce que le clergé appelle un sacrilège. • Il y a lieu de croire, dit M. P. Jann et, que le délit n'était pas eu rapport avec la punition, car Villon, qui n'a jamais protesté contre sa condamnation au fouet, qui se contente d'indiquer vaguement que le parlement l'avait jugé « par fausserie • (lors de sa condamnation capitale), lit preuve de la plus violente rancune contre Thibault d'Aussigny. Il parait même certain que cette mauvaise affaire ne lui fit pas perdre la faveur de ses protecteurs, Charles d'Orléans et le due de Bourbon. ■ Aucune procédure n'avait été instruite contre lui, et il était des-i tiné à pourrir indéfiniment dans un cul-debaase-fosse, sous le bon plaisir de l'évêque, lorsqu'il fut délivré giàce k un hasard. Louis XI, qui venait de succéder kOharlesVH, passa k ftleung dans l'automne de 1461, logea au château de l'évêque et, suivant l'usage royal, rendit la liberté aux prisonniers.
En sortant des cachots de Meung-sur- Loire, .Villon, parvenu k sa pleine maturité, composa le Grand testament, son chef-d'œuvre, dans lequel il inséra un ceriain nombre de ballades écrites certainement k une époque antérieure et qui donnent une haute idée Ue son talent poétique (v. testament). A partir de cette époque, il dut avoir une existence moins accidentée; mais les renseignements donnes sur lui ou recueillis dans ses œuvres sont contradictoires. Les voyages qu'on lui fait faire k Douai, à Lille, k Saiut- Umer, à Bruxelles et jusqu'en Angleterre ne sont lien moins que prouves. Rabelais [Pantagruet, livre IV) rapporte une réponse hardie qu'il aurait faite au roi d'Angleterre Edouard V, en présence du célèbre médecin Thomas Linacre ; mais Edouard V ne monta sur le tiône qu'en 1483, et Th. Linacre, né seulement eu 1460, n avait encore- aucune célébrité sous ce prince. Ue quelques-unes de ses ballades, on peut inférer que Villor* vécut quelque temps k Blois, k la jour de Charles d'Orléans, dont il dit qu'il recevait des gages; il parle aussi de «gracieux prêts > que lut faisait le duc de Bourbon. Rabelais dit, d'un autre coté, que « maistre François Villon, sur ses vieux jours, se retira à Saiut- Maixent, en Poictou, sous la faveur d'an homme de bien, abbé du dict lieu. Là, pour
donner passe- temps au peupla, entreprit faire jouer la Passion en gestes et langage poictevîn. » Il n'y aurait rien d'étonnant à ce que ■Villon se fut enrôlé dans une troupe de confrères de la Passion et eût ainsi fini sa vie; on peut même conjecturer rie quelques-unes de ses œuvres, comme l'Archer de Bagnolet, petite scène très-originale et faite pour être jouée, qu'il était loin d'être étranger à l'art dramatique ;k diverses époques de sa vie, il dut appartenir à, quelques-unes de ces troupes nomades pour lesquelles il travaillait, ce qui expliquerait ses pérégrinations à travers la France.
« ...Au moment où parut Villon, dit M. A. de Montaiglon, la littérature française en était à une période de transformation; de la poésie générale, elle passait à la poésie personnelle ; ses contemporains, subissant à leur insu cette phase littéraire, s'essayaient' a l'individualité avec plus d'effort que de bonheur; Villon l'atteignit du premier coup; sa force est là, et sa valeur s'augmente de l'intérêt que, sous ce rapport, offraient ses œuvres. Elle est tellement saisissante, qu'elle a été reconnue de tous, et le succès qui l'accueillit ne s'arrêta pas. François I" lui fit l'honneur de faire faire une édition de ses poésies par Clément Marot, qui le combla de ses louanges. Un peu plus tard, il est vrai, l'école de Ronsard protesta. Pasquier condamne Villon, et Du Verdiar s'émerveille que Marot ait osé « louer un si goffe ouvrier et faire eus de r.e qui ne vaut rien; • cela marque moins un manque de goût que la force du préjugé ; la pléiade , qui est en réalité aussi aristocratique que savante, ne pouvait admirer Villon sans se condamner elle-même. Mais, ce moment passé, le charme recommence. Régnier est un disciple de Vîl'on ; Patru le loue; Boileau a, senti quel était son rang; La Fontaine l'admire; Voltaire l'imite; les érudits littéraires du xviic et du xvme siècle, Collelet, le Père Du Cerceau, l'abbé MassieUj l'abbé Goujet, parlent de lui comme il convient, en même temps que Coustelier et Formey le réimpriment, que La Monnoye l'annote et que Lengtet-Dufresnoy prépare une nouvelle édition. Do nos-jours, une justice encore plus éclatante lui u été rendue. Tous ceux qui ont parlé incidemment de Villon, Sainte-Beuve, Saint- Marc Girardin, Chasles, Nisurd, Géruzez, Demogeot, Génin et d'autres encore, l'ont bien caractérisé. En même temps qu'eux, M, Daunou a écrit sur notre poëte une longue étude, insérée dans le Journal des savants, et M. Théophile Gautier, dans l'ancienne Jïevue française, des pages vives, aussi jirjtes quo pleines de verve. Fnfln, en isso, M. Profilet et, en 1856, un professeur altemtiiid, M. Nage!, ont pris Villon pour sujet d'un travail spécial; en 1859, M. Campeaux lui a roiisaiTé un excellent travail.» Plus loin, M. dé Montaiglon, passant légèrement sur le Petit iestnment, « qui n'est que spirituel, » et sur quelques pièces qu'il regrette de trouver dans le Grand testament, ajoute : « Ce n'est pas Ik qu'il faut chercher Villon, mais dans la partie populaire et humaine de son œuvre. "On ne dira jamais assez à quel point le mérite de la pensée et de la fornio y est inestimable. Le sentiment en est étrange et aussi touchant que pittoresque dans sa sincérité; Villon peint piesquesans le savoir, et en peignant il ne pallie, il n'excuse rien; il a même des regrets, et ses torts, qu'il reconnaît en se blâmant, mais dont il ne peut se défendre, il ne les montre que pour ea détourner. Je connais même peu de leçons plus fortes que la -ballade : Tout aux taoernes et aux filles. La bouffonnerie, dans ses vers, se mêle à la gravité, l'émotion à la raillerie, la tristesse k la débauche; le trait piquant se termine avec mélancolie ; le sentiment du néant des choses et des êtres est mêlé d'un burlesque soudain qui en augmente l'effet. Et tout cela est si nature], si net, si franc, si spirituel ; le stylesuit la pensée avec une justesse si vive, que vous n avez pas le temps d'admirer comment le corps qu'il revêt est habillé par le vêtement. Il faut aller jusqu'à Rabelais pour trouver un maître qu'on puisse lui comparer et qui écrive le français avec la science et l'instinct, avec la pureté et la fantaisie, avec la grâce délicate et la rudesse souveraine que l'on admire dans Villon et qu'il a seul parmi les gens de son temps. »
La meilleure édition des Œuvres complètes de F. Villon est celle qu'a donnée M. Jatmet (1867, in-12); elle contient le Petit et lo Grand testament, des Poésies diverses, le Jargon, recueil de vers écrits en argot et qui n'ont pu encore être déchiffrés; un grand nombre de poésies attribuées à Villon et dont l'authenticité est des plus douteuses, et enfin la série des Repues franches, dont François Villon est le héros, mais dont il est impossible qu'il soit l'auteur. Le volume est terminé par un glossaire fort utile pour l'intelligence du poêle.
Villon (François), opéra en un acte, paroles de M. Got, musique de M. F.dmond Membrée; représenté à 1 Académie impériale de musique le 20 avril 1857. Le livretn'était pas des mieux réussis. Dans un jour de bonne humeur, Louis XI a fait grâce de la potence à Villon ; ce pauvre diable, bohémien luimême, a été consolé dans son cachot par une petite bohémienne, nommée Aïka. Son imagination poétique, ses malheurs touchent le
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cœur de la jeune fille, qui lui assure, qu'elle l'aime malgré ses cinquante ans. Villon fait un retour sur lui-même, sur sa vie d'aventures ; il a honte de la faire partager à cette crédule enfant, et il a le courage de refuser le bonheur qu'elle lui offre. Cette magnanimité est peu en rapport avec l'idée qu'on peut se faire du patron des Enfantssans souci. M. Membrée a écrit une partition intéressante, pittoresque et qui renferme des morceaux bien traités, entre autres la ballade si connue : Mais où sont les neiges d'antan?\&s couplets de Gossoyn : S'il est sur la machine ronae, et le chœur de l'orgie : liions, buvons, chantons, compères. Cet opéra a été joué .par Obin, Boulo, MHe Delisle.
Villon (la farce de maîtrk), opéra comique en un acte, musique de M. Th. de Lajarte ; représenté au théâtre de l'Athénée le 31 décembre 1872. On aurait pu tirer un meilleur parti de la vie accidentée du rimeur et faire une farce plus spirituelle et moins lugubre que celle qui consiste à laisser arracher sept dents à un cuisinier par un charlatan, pour lui faire payer le dîner de l'auteur de la Ballade des dames du temps jadis. Si la pièce n'a pas été goûtée, on a remarqué la musique vive et gracieuse que M. de Lajarte a écrite pour elle.
VILLORBA, bourg du royaume d'Italie, province , district et mandement de Trévise ;
VILLOSITÉ s. f. (vil-lo-zi-té -»d'un type lat. viltositus ; de l'adjectif villosus, poilu, lequel vient de villus, poil). Etat des surfaces velues; ensemble des poils qui couvrent une surface ; Toute villosité avait disparu dès longtemps de ses culottes Jaunes. (Th. Gaut.)
— Anat. Petites rugosités nombreuses et serrées, qui couvrent certaines surfaces et leur donnent une apparence veloutée ; Rudolphi et Albrecht Meckel ont dit que dans les villosités intestinales existe un tissu d'une nature particulière, une sorte de spongiosiié destinée à effectuer immédiatement l'absorption alimentaire. (Adelon.)
— Encycl. AnHt. On observe les villosités surtout dans les muqueuses peu riches en glandes ou ayant des glandes sous-muqueuses, comme le duodénum. Chez l'homme et les carnivores, on n'en trouve qu'à partir du pylore jusqu'au bord libre de la valvule iléocœcnle, ainsi que dans les voies biliaires et les canaux hépatiques. Chez les ruminants, il y en a dans le voisinage du cardia. Le gros intestin, l'œsophage, le pharynx, la cavité buccale n'ont pas de villosités ; car il ne faut pas confondre avec les villosités les papilles, cornées ou non, plus ou moins longues, de la langue et autres parties de la bouche chez diverses espèces animales. Les villosités, au point de vue de la forme, se divisent «n simples et en composées. Les villosités simples sont dites coniques, cylindriques, en massue ou foliacées, c'est-à-dire larges et aplaties, terminées ou non en pointes. Les villosités composées sont la plupart des villosités foliacées, dont la surface ou seulement lo bord libre est pourvu de villosités coniques, cylindriques ou en massue. Nous avons déjà fait observer qu'il ne faut pas confondre tes villosités avec les papilles. Les villosités, comme les papilles, sont une dépendance du eborion de la muqueuse, dont elles se détachent en saillie plus ou moins petite. Mais elles sont composées par une plus grande .quantité de matière amorphe et contiennent moins de fibrilles lamineuses. Ces fibrilles sont la plupart longitudinales, empâtées en quelque sorte dans l'épaisseur da la matière amorphe, qui compose en grande partie la villosité. La principale différence, c'est que, selon leur volume, les villosités ont une, deux ou trois artérioles centrales, accompagnées d'un nombre de veines ordinairement double, comme pUssées transversalement, et quelquefois offrent des taches pigmentaires à leur surface externe. Mais ces vaisseaux ne se distribuent pas au centre seulement de l'organe, comme dans les papilles ; il en part de petites branches qui viennent former un réseau serré k la surface même de la villosité, de telle sorte que les capillaires font saillie du côté de la cavité intestinale, dont ils ne sont séparés que par la mince couche d'épithélium cylindrique de cette région. Les interstices laissés entre eux par les capillaires de ce réseau sont .tellemfint étroits, qu'on peut souvent les considérer comme nuls, les conduits étant contigus comme les doigts de la main rapprochés. Au centre de chaque villosité se trouvent un ou plusieurs capillaires lymphatiques, peu réguliers, variqueux, a- parois tres-minces, confondues et adhérentes avec la substance, de la villosité. Ces lymphatiques ne sont pas ramifiés ni anastomosés et commencent par une extrémité close ; ils se jettent dans le réseau sous-muqueux.
VILLOSOGASTRE s. m. (vil-lo-zo-ga-stre — du lat. villosus, velu ; gaslir, ventre). Dot. Nom donné à une orchidée d'Afrique, la blétie velue.
VILLOTEAU (Guillaume-André), musicographe français, né k Bellémo (Orne) en 1759, mort en 1839. Après avoir été enfant de chœur, il -fit ses études au collège du Mans. Sa famille voulant le faire prêtre malgré lui, il.quitta cette ville, fut pendant quelque temps musicien ambulant, s'engagea eu-
VILM
suite dans les dragons, puis revint au Mans, qu'il quitta pour aller à. La Rochelle et de lk h Paris. Sans moyens d'existence, il dut se résigner, pour vivre, à entrer dans les ordres, et, comme il n'avait cessé de s'occuper de musique, il fut attaché au chœur de Notre-Dame. Au début de la. Révolution, il s'empressa de quitter la" soutane et chanta
fendant quelque temps dans les chœurs de Opéra. Ses connaissances musicales lui valurent d'être attaché à la commission scientifique qui suivit Bonaparte en Egypte. Il étudia à fond l'art musical de ce peuple et, de retour en France, il écrivit d'intéressantes dissertations. sur ce sujet, lesquelles parurent dans la Description de l'Egypte.
N'ayant pu obtenir une place à Paris, il se retira à Tours, où il passa le reste de sa vie. On lui doit : Mémoire sur la possibilité et l'utilité d'une théorie exacte des principes généraux de la musique (1807, in-8°) ; Recherches sur l'analogie de la musique avec les arts qui ont pour objet l'imitation du langage (2 vol, in-8«), ouvrage trop abstrait qui n'eut point le succès sur lequel comptait l'auteur.
VILLOTIER OU VILOTIER, 1ÈRE S. (vilo-tié, iè-re). Débauché, libertin : Qu'avezvous donc tant gui vous attache à la vie? — Ahl mille raisons. — Lesquelles? — Lesquelles? L'air, le ciel, le matin, le soir, le clair de lune, mes bons amis les truands, mes gorges-chaudes avec les VILLOTIERBS. (V. -Hugo.) Il Vieux mot.
VILLOTTE s. f. (vi-lo-te — dimin. de ville). Fam. Petite ville: Se retirer dans une
VILLOTTE.
VILLOTTE (Jacques), missionnaire français, né à Bar-le-Duc en 1656, mort aux environs de Nancy en 1753. Entré chez les jésuites, il professa pendant quelque temps, puis tut envoyé en Arménie et déploya un zèle extrême pour la propagation de la religion catholique. Après un long séjour à Ispahan, il revint en France et dirigea plusieurs collèges de sa Société. On lui doit :• Y Arménie chrétienne (Rome, 1780, in-12); Voyages d'un missionnaire en Turquie, en Perse, etc. (Paris, 1730, in-12); Explication de la foi catholique (nu, in-12) ; Abrégé de la doctrine chrétienne (1713, in-12); Commentaires sur les Evangiles (1714, lu-4°).
VILLOUKA s. m. (vil-lou-na). Souverain pontife du soleil chez les anciens Péruviens.
VILLUS s. m. (vil-luas — mot latin qui signifie poil). Bot. Assemblage de poils mous, flexibles, à demi couchés.
VILMAR (Auguste-Frédéric- Chrétien), théologien et littérateur allemand, né en 1800 k Solz (Hesse électorale), mort en 1868. 11 lit ses études théologiques k l'université de Marbourg, fut ensuite précepteur, puis pasteur adjoint jusqu'en 1827, époque où il devint professeur au gymnase d'Hersfeld. Entré, en 1831, dans PAssemblôe des états de la Hesse, il fut, peu de temps après, nommé membre des commissions supérieures de l'Eglise et des écoles et exerça une grande influence sur le développement de l'instruction publique dans l'électoral. Successivement professeur au gymnase de Hanau et directeur de celui de Marbourg (1833), conseiller consistorial et conseiller rapporteur au ministère de l'intérieur (1850), il fut chargé, l'année suivante, d'administrer le diocèse général do la Diemel et de la Schwalm, à la place du surintendant, que son grand âge réduisait à l'inactivité, et lit, en cette qualité, partie de la première Chambre (1852). Il s'efforça d'imprimer k l'enseignement et k la religion une direction rétrograde et rigoureusement orthodoxe, et l'on a même prétendu qu'il avait voulu introduire dans l'Eglise protestante hessoise une sorte de sacerdoce catholique, analogue au puseyisme anglais. En 1855, il fut nommé professeur ordinaire de théologie k l'université de Marbourg, où son enseignement eut pour objet la morale, la dogmatique, I'homiletique, la théologie pastorale et surtout l'explication pratique de la Bible et des Evangiles. Indépendamment d'un grand nombre d écrits de pédagogie et de théologie, tels que Discours sur des questions du temps (Marbourg; 1846), les ouvrages de M. Vilmar, relatifs à l'histoire de l'ancienne littérature allemande, qui ont le plus contribué fe établir Si réputation d'écrivain, sont : la Chronique universetle de Rodolphe d'Ems (Marbourg, 1839); Leçons sur l'histoire de la littérature nationale allemande (Marbourg, 1845; 1868, 2 vol., 12<s édit.), recueil de conférences faites par l'auteur à Marbourg pendant l'hiver de 1843-1844 ; les Antiquités allemandes (Marbourg , 1845) ; Pour ta bibliographie de Jean Fischart (Marbourg, 1846) ; le Petit livre des noms allemands (Francfort, 1864, 5» édit.); Petit manuel pour les amis de la chanson populaire allemande (Francfort, 18G7) ; Vocabulaire du dialecte hessois (Francfort, 1868). De 1848 à 1851, il ava"it publié un journal hebdomadaire, intitulé l'Ami du peuple hessois, qui lui attira de vives attaques de la part des libéraux. Les articles qu'il y avait insérés ont été réunis sous ce titre : Pour l'histoire de la civilisation moderne en Allemagne (Francfort, 1858-1861, 3 vol.). Enfin, il avait fondé en 1861 les Feuilles de théologie spasturales, qui cessèrent de paraître en 1806.
VILMORIN1E s. f. (vil-rao-ri-ni — de Vil-
VIME
morin, agron. fr.). Bot. Genre d'arbrisseaux, de la famille des légumineuses, tribu des phaséolées, dont l'espèce type croit aux Antilles.
V1LNA, ville et gouvernement de la Russie. V. Wilna.
VILONI, rivière da la Russie d'Asie, dans la Sibérie. Elle prend sa source, sons le nom deTchona.dans la partie occidentale du gouvernement de Iakoutsk, par 67° de latit. N. et 102° de longit. E., coule à l'E., reçoit plusieurs petits affluents, prend le nom de Viloni et se jette dans la Lena, k Vilonisk, après un cours de 560 kilomètres.
VILONISK, ville de la Russie d'Asie, dans la Sibérie, gouvernement et à 380 kilom. N.-O. de Iakoutsk, sur la Viloni, h son embouchure dans la Lena. Exploitation de fer et do sel; centre d'un important commerce de zibelines.
VILOTIER, 1ÈRE s. (vi-lo-tié, iè-re). Débauché, libertin. Il On écrit plus souvent vil-
LOTlEa.
VILS, rivière de Bavière. Elle prend sa source dans la partie orientale du cercle de la haute Bavière, près du village de.Hecken, eoule à l'K., entre dans le cercle de la basse Bavière et se jette dans le Danube k Vilshofen, après un cours de 125 kilomètres.
VILSIIOFEN, ville de Bavière, cercle de la basse Bavière, ch. - 1. du bailliage de son nom, à M kilom. N.-O. de Passau, k l'emboucliurede la Vils dans le Danube; 2,372 hab. Commerce de grains et de toiles.
V1LVORDB ou V1LVORDEN, ville de Belgique, province du Brabant méridional, arrond, et à 12 kilom. N.-E.-de Bruxelles, près du canal de Bruxelles; 7,558 hab. Fabrication de tissus de crin, genièvre; brasseries, tanneries; manufacture de tapis etde chapeaux ; carrière de pierres estimées. Cette ville, jadis fortifiée, conserve encore plusieurs débris de ses anciennes fortifications. Maison centrale de réclusion pour tout le royaume, pouvant contenir 2,000 condamnés qu'on exerce à des travaux très-variés.
VIMAIRE ou V1MÈRE s. f. (vi-mè-rô — du lat. vis, force ; major, majeure). Dommage, effet funeste, outrage, injure : Froment de semence craint la vimérk du temps, mais folle graine ne péril point. (G. Sand.) Il Ne se dit plus aujourd'hui que des dommages causés dans les bois par la violence des ouragans.
VIMAR (Nicolas, comte), homme politique français , né k Mézières en 1744, mort en 1829. Avociit au parlement de Rouen à l'époque de la Révolution, il devint successivement procureur de la Commune de cette ville, représentant de la Seine-Inférieure k l'Assemblée législative, meinbtj^du comité central de l'instruction publique, puis du conseil des Anciens (1798), refusa, k deux reprises, le portefeuille de la justice, et, lors de la création du Sénat, fut appelé à faire partie de ce corps. Créé comte par l'Empire, il adhéra à la déchéance de Napoléon et fut ôtové à la pairie après la seconde Restauration.
VIMARCÉ, village et commune de France (Mayenne), cant. ci'Evrou , arrond. et k 51 kilom. N.-E. de Laval; 1,146 hab. On y voit les ruines imposantes du manoir do Cou itallieru, que nous avons décrit t. V, p. 387.
VIMBE s. m. (vain-be). Ichthyol. Nom do divers poissons appartenant l'un au genre corégone, les autres aux genres brème, cyprin et salmone.
— Encycl. La taille du vimbe varie do 0m,30 k om^O; il a la tête petite, allongée, pointue, taillée en coin; les mâchoires dentées, la supérieure proéminente ; le ventre aplati et assez lftrge, s'amincissant vers l'anus en une sorte de tranchant; le dos offrant vers le milieu une saillie un peu aiguë; les écailles grandes et peu adhérentes; la queue fourchue. Sa couleur est noirâtre en dessus, bleuâtre sur les flancs, argentine en dessous. Ce poisson se trouve dans les eaux douces ou saumâires du Nord de l'Europe ; il abonde surtout en Suède, dans le tac Mêler et la rivière de Sala. Sa chair est molle, d'un goût assez agréable, mais un peu fade et remplie de petites arêtes ; c'est un très-bon mets quand elle est fraîche. On la sale pour la conserver.
VIME s. m. (vi-me — lat. vimen, même sens). Bot. Nom de l'osier dans quelques départements.
V1MECARTE (Siefanodoro DA),en latin Vicomercatus, poète italien, né k Milan dans la première moitié du xni« siècle, mort eu 1397. 11 entra fort jeune dans l'ordre des dominicains et deviut.deux ans avant sa mort, professeur de théologie k Milan. Il avait écrit plusieurs ouvrages, mais un seul a été imprimé; c'est le poème intitulé : De gestis in ciuitate Mediolani sub Othone vice-comiti archiepiscopo, que Muralori a publié, d'après deux manuscrits de In bibliothèque ambroisienne, dans le tome 111 des Anecdota, puis dans le tome IX des Scriplores rerum italicarum.
YIME1RO, ville de Portugal, province do l'Estramadure, k 65 kilom. N. de Lisbonne ; 2,000 hab. Défaite des Fiançais commandée par Junot, le 21 août 1808.
VIMB
Yimeiro (bataille de). La capitulation de Baylen avait porté un coup mortel à l'armée française en Espagne et en Portugal. Le 1« août (1808), le roi Joseph avait été obligé de quitter Madrid pour se réfugier k "Vittoria, le jour même ou une 'armée anglaise, sous les ordres de sir Arthur Wellesley, si célèbre depuis sous le nom de lord Wellington, débarquait en Portugal. Le 8 août, sir Arthur Wellesley se mit en marche sur Lisbonne, à la tête de 14,000 à 15,000 hommes, presque entièrement composés d'infanterie et d'artillerie. Il eut soin, avec la prudence qui a toujours si éminemment distingué cet homme de guerre, de longer la mer, de manière à avoir toujours à sa disposition ses approvisionnements et ses : moyens de retraite. Junot, qui commandait l'année française en' Portugal, était à Lisbonne. A. peine eut-il appris le débarquement d'une armée anglaise, qu'il résolut de concentrer ses troupes sur-le-champ et de marcher rapidement sur les ennemis, afin de les rejeter a la mer. Il rappela le général Loison de l'Alentejd, lui ordonna de le rejoindre en passant par Abrantès, et lança le général Delaborde avec sa division à la rencontre des Anglais, afin de les observer, de les harceler, de les contenir au besoin jusqu'à ce que la concentration fût complète.
Le "général Delaborde, vieil officier plein d'énergie et d'expérience, se porta aussitôt en avant par la route de Leiria et arriva le 15 en vue des Anglais, auxquels il livra un urillant combat à Roliça, et dirigea sa marche de manière à rejoindre ie général Loison, venant d'Abrantès, et Junot, arrivant do Lisbonne, tandis que sir Arthur Wellesley prenait position sur les hauteurs deVimeiro, où il fut rejoint par les brigades Anstruther et Acktand. Cette position était critique, car» le revers des hauteurs, taillées à pic sur la mer, ne laissait aux Anglais aucun moyen de retraite. Mais Wellesley comptait sur la solidité de ses soldats, sur sa nombreuse artillerie et sur la supériorité du nombre, car il savait que Junot n'avait pu réunir que 9,000 à 10,000 hommes, tandis qu'il en avait 18,000 à sa disposition.
Le 21 août au matin, Junot arriva en vue des Anglais et reconnut au premier coup d'œii que leur aile gauche était celle qui donnait le plus de prise à l'attaque. Il ordonna aussitôt un mouvement pour renforcer sa droite et s'assurer ainsi l'avantage sur ce point; mais, des hauteurs, sir Arthur Wellesley, se rendant nettement compte des dispositions de Junot, se hâta de rectifier son ordre de bataille.
La lutte, cependant, s'engageait avec beaucoup de vivacité sur notre gauche, pendant que la manœuvre de notre droite s'exécutait. Nos plus grands efforts se portèrent sur le village de Vimeiro, siflié au fond'd'un ravin qui coupait en deux la position des Anglais et formait leur plus forte assise sur ce terrain accidenté. La brigade Thomière marcha droit à l'ennemi, vigoureusement enlevée par son général de division Delaborde ; mais nos soldats avaient trois lignes d'infanterie h percer, et ils n'étaient pas encore arrivés a la première qu'une artillerie formidable d'abord, puis un feu de mousqueterie bien nourri moissonnaient leurs rangs. Le général Kellermann, à la tête d'un régiment de grenadiers, essaya alors d'enlever le plateau de Vimeiro et se fit précéder d'une batterie d'artillerie. En quelques instants, le feu terrible des Anglais l'euff démontée , et une grave blessure renversa le général Foy. Kellermann parvint cependant à déboucher sur le plateau, mais alors il se vit assailli par un fou si épouvantable, qu'il dut se rejeter précipitamment en arrière; 400 dragons, formant toute la cavalerie anglaise, crurent le moment favorable pour se ruer sur notre infanterie et achever sa déroute; ce fut sur eux, au contraire, qu'elle fut vengée ; l'intrépide général Margaron les chargea luimême à la tête de -sa cavalerie et les sabra eu un instant.
Pendant que ces événements se passaient à notre gauche, notre droite se heurtait contre les mêmes obstacles insurmontables :
partout trois formidables ligues à percer, un terrain escarpé, impossible à gravir sous des feux plongeants, et où l'ennemi usait de tous ses avantages, de ceux qui font précisément la force du soldat anglais, tandis que nous n'avioi^ aucun des nôtres. Il était midi, et nous avions déjà perdu 1,800 hommes sans résultat, c'est-à- dire le cinquième de notre effectif. Kn conséquence, Junot, après avoir pris l'avis de ses plus braves officiers, se résigna à donner le signal de la retraite. Tout espoir de rejeter les Anglais à la mer était , désormais perdu; il lie restait plus qu'à, négocier l'évacuation du Portugal aux meilleures conditions possibles. Elles furent réglées par la célèbre convention de Cintra. V. ce mot.
V1MERCATE, bourg du royaume d'Italie, province de Milan, district de Monza, à 24 kiloin. N.-E. de Milan, ch.-l. de mandement, sur la Molgora; 4,106 hab.
VIMÈRE S. f: V. VIMAIRE.
VIMliUR »fc HOCHAMBEAU. V. ROCHAM-