VINE
Tune mihi dominit.i.rmtm imperiis hominumque Tôt tantisque minor,quem ter vindicta qualerqua lmposita haud unquam misera formidine privet ?
En touchant l'esclave de la vindicte, le magistrat prononçait une formule déclarant que l'homme allait devenir libre «d'après le droit des Quirites; > il le revendiquait pour la liberté, vindieare in libertatetn. Le maître, qui tenait toujours l'esclave, disait les mots suivants : « Je veux cet homme libre ; Hune hominem liberum volo. » Puis il tournait autour de lui. Enfin, le maître sortait sa main de dessus l'esclave et le laissait aller. Là se terminait cette formalité de l'affranchissement, dont le dernier acte donna lieu à l'expression emisit e manu ou misit manu, il l'a renvoyé hors de sa main. De là vint que l'affranchissement prit en latin le nom de manumissio. L'usage que le magistrat faisait de la baguette appelée vindieta parait avoir eu pour objet de représenter une opposition imaginaire contre l'affranchissement demandé.
V1NDILIS 1NSDLA, nom latin de Belle- Ile.
VIND1NG (Erasme), philologue danois, né eu 1615, mort en 1684. Successivement professeur de grec, de latin et d'histoire à 1 université de Copenhague, conseiller de chancellerie , référendaire près le tribunal suprême, et enfin conseiller d'Etat, il travailla, avec les jurisconsultes les plus éminents de l'époque, à la réformation des lois du Danemark, et c'est surtout à lui qu'il faut attribuer la clarté du style et le bon ordre qui règne dans le code de Christiem V. Outre des commentaires latins sur différentes tragédies d'Euripide et des dissertations sur quelques points de la philologie grecque, on a de lui un travail inséré dans les Antiquités grecques de Gronovius et qui roule sur les Origines et les migrations des peuples de la Grèce antique,
VIND1NG (Paul), philologue danois, fils du précédent, né eu 1658, mort en 1712. Sa vie présente à peu près les mêmes incidents que celle de son père; comme ce dernier, il s'occupa d'études philologiques et publia, entre autres écrits, une traduction latine d'un traité du Talmud, des notes sur Dictys de Crète, différentes dissertations, une notamment sur le Peregrinus de Lucien, etc. — Son fils, Erasme Vinding , mort dans un âge peu avancé en 1723, conseiller royal de justice et de chancellerie, a laissé une traduction latine de la paraphrase d'Eutechnius sur le poëme d'Oppien qui a pour sujet la Chasse aux oiseaux.
VIN DIT A s. m. (vain-di-ta). Ornith. Espèce du canard des côtes de l'Amérique.
VIND1US (Verus) , jurisconsulte romain, qui vivait au us siècle de notre ère. Il mérita
Ear ses talents et ses connaissances étendues i confiance d'Antonin le Pieux et prit part aux travaux de réforme législative exécutés sous le règne de ce prince. Aucun de ses ouvrages ne nous est parvenu, mais son nom est fréquemment cité dans le Digeste.
VINDOBONA, ville de l'empire romain, dans la Pannonie Supérieure. Aujourd'hui Vienne, capitale de l'Autriche.
VINDOMAGUS, ville de la Gaule romaine, dans laNarbounaiSe Vet chez lesVolces Arécotniques. C'est aujourd'hui Le Vigan.
YINDON1S, ville de la Bretagne romaine, dans la Flavie Césarienne, chez les Trinobantes. C'est aujourd'hui Windsor.
VINDON1SSA, ville de la Gaule romaine, dans la Grande Séquanaise, chez les Helvètes. C'est aujourd hui Windisch. Tacite en fait mention (Ûist., liv.VI) et y rixe le quartier de la vingt et unième légion, ce qui est confirmé par une inscription trouvée sur les lieux. Cette position de Vindonissa était liée à plusieurs voies romaines.
VIN-DONNER s. m. Ane. coût. Présent en vin ou en argent que le nouveau marié offrait à ses amis.
VINEA s. f. (vi-né-a — mot lat. qui signif. vigne). Antiq. rom. Espèce de mantelet dont les Romains se servaient dans les sièges.
VINÉAL, ALE adj. (vi-né-al, a-le — du lat. vinea, vigne). Hist. nat. Qui vit ou croît dans les vignes.
VINÉE s.' f. (vi-né — du lat. vinum, vin). Agric. Récolte de vin ; Une bonne vinéb. Une demi'-viNÉE.
— Endroit où l'on fait fermenter la vendange.
VINELLE s. f. (vi-nè-le — dimin. de vin). Petit vin, piquette.
VINER v. a.ou tr. (vi-né — rad.ui'n). Additionner d'alcool, en parlant des vins.
VINER (Charles), jurisconsulte anglais, mort en 1756. Il est surtout connu comme auteur d'un Abrégé complet et général de droit et d'équité (1741 -1751, 24 vol. in-fol.), auquel il consacra, d'après Blackstone, plus de cinquante ans. Cet ouvrage a été réimprimé en 24 vol. in-8°, de 1792 à 1794, et suivi de six volumes supplémentaires (1799-1806), écrits par les jurisconsultes les plus renommés de l'Angleterre. A sa mort, Viner légua 12,000 livres sterling (300,000 fr.) à l'université d'Oxford. Cette somme devait être consacrée à la
VINÉ
fondation d'une chaire, qui porte aujourd'hui le nom de Chaire de Viner [Vinerian professorship), ainsi qu'à celle de bourses gratuites
fiour les étudiants. Ces bourses sont actuelement au nombre de huit, dont deux de 1,250 francs et six de 750 francs. Blackstone fut le premier nommé à la chaire de Viner.
VINET (Elie), érudit français, né près de Barbezieux en 1509, mort à Bordeaux en 1587. Il ouvrit une école dans sa ville natale, puis il passa à Bordeaux et professa au collège de Guienne, dont il devint principal en 1558. On a de lui les ouvrages suivants : la Manière de faire les solaires ou cadrans (Poitiers, 1564, in-4°) ; Discours sur l'antiquité de Bordeaux et de Bourg-sur-Mer {Bordeaux, 1565, in-4»); l'A ntiquité de Sainctes et de Barbezieux (Bordeaux, 1571, in-4°); De logistico libri très (Bordeaux, 1573, in-8°); VArpenterie, livre de géométrie, enseignant à mesurer les champs (Bordeaux, 1577, in-4») ; Tractatus de scliola aquitanica (Bordeaux, 1583, in-12), etc. Il a, en outre, édité les œuvres de Sidoine Apollinaire, d'Eutrope, de Perse, d'Ausone, de Censorinus et de Pomponius Mêla; le Polyhistor de Solin, etc.
VINET (Alexandre-Rodolphe), écrivain et théologien protestant, né à Ouchy, près de Lausanne, en 1797, mort à Clarens le 4 mai 1847. Destiné au ministère évangélique par ses parents, il s'appliqua à l'étude de la théologie, peut-être avec moins d'ardeur qu'à celle de la littérature, qu'il aima jusqu'à sa mort. Un soir, disent ses biographes, pendant qu'il lisait à haute voix une tragédie de Corneille, l'émotion le gagna avec tant de force qu'il fut obligé de quitter brusquement le salon, ne pouvant retenir ses larmes. En 1817, âgé de vingt ans , il fut jugé digne d'occuper la chaire de langue et de littérature françaises du gymnase de Bâle. Deux ans après, il reçut la consécration pastorale à Lausanne, mais sans abandonner le professoral. En 1824, il devint un des collaborateurs du Nouvelliste vaudois, journal créé au milieu des.luttes politiques et religieuses du canton de Vaud, pour faire de l'opposition au gouvernement, hostile à la liberté religieuse dont Vitiet se constitua et resta jusqu'à sa mort le défenseur.
En 1837, il fut rappelé de Bâle et nommé à la chaire de théologie pratique de l'Académie de Lausanne. Dans la suite, il joignit à cet enseignement l'histoire de l'éloquence de la chaire, des leçons qu'il intitulait philosophie pratique du christianisme, et enfin des explications homilétiques sur quelques livres du Nouveau Testament. Depuis 1831, il prenait une part active à la rédaction du Semeur, journal remarquable, dont il assura le succès par des travaux philosophiques et littéraires.
En 1845, Vinet fut appelé à la chaire de littérature française, qu'il dut quitter l'année suivante pour se consacrer à l'organisation des églises indépendantes et à ses publications.
Il exerça le ministère évangélique au milieu des églises naissantes et devint le plus populaire, le premier de leurs prédicateurs, i Où avait devant soi. dit M. Scherer, un homme qui montait en chaire parce qu'il avait quelque chose à dire; on sentait que ce qu'il donnait, c'était sa vie, c'était lui-même... L'humilité, chez lui, enfantait la sinlplicitô, la simplicité produisait le naturel. Point de dogmatique apprise, point de phrases faites, point de jargon religieux, point de passages cousus les uns au bout des autres pour cacher le vide de la pensée ; tout allait à l'édification. »
Parmi les nombreux ouvrages de Vinet, nous citerons : Théologie pastorale (1 vol. in-8°); la Liberté des cultes (l vol. in-8o);AV sai sur la manifestation des convictions religieuses et sur la séparation de L'Eglise et de l'Etat (1 vol. in-8°); Discours sur quelques sujets religieux (1 vol. in-8°); Méditations évangétiqties (1 vol. in-8"); Etudes sur ta littérature française au xix« siècle (3 vol. in-8°) ; Etudes sur Biaise Pascal (1 vol. in-8«). Pascal était son auteur de prédilection. « On n'a rien écrit sur ce sujet, dit Sainte-Beuve, de plus intimement vrai et de plus justement . senti. i Essais de philosophie morale et de morale religieuse (1 vol. in-8°) ; Chrestomathie française (3 vol. in-8») ; Bomiléiique ou Théorie de la prédication (1 vol. in-8°).
Terminons par cette appréciation de Sainte- ; Beuve : « En laissant de côté ce que M. Vinet a publié depuis vingt ans sur des questions religieuses familièresà son pays bien plus qu'au nôtre, on aura encore dans M. Vinet un critique littéraire du premier ordre... Il n'est pas un prosateur ni un poète de reno:n parmi nos contemporains dont M. Vinet n'ait examiné et pesé les ouvrages... Chateaubriand, M"18 de Staël, Lamartine, Victor Hugo, Bôranger, plusieurs de nos historiens , enfin presque tous nos illustres ont tour à tour fixé l'attention du plus scrupuleux et du plus bienveillant des juges... L'ensemble de ces travaux formerait 1 ouvrage le plus ingénieux et le plus complet. » (Sainte-Beuve, Derniers portraits, Paris, 1852.)
VINETIEB s. m. (vi-ne-tié). Bot. Nom vulgaire du genre berberis ou ôpine-vinette. Il On dit aussi vinettier.
VINETTE s. f. (vi-nè-te). Ornith. Nom vulgaire du jaseur. il Nom vulgaire du becflgueen Bourgogne.
VlNG
\ — Bot. Nom vulgaire de l'oseille. Il Epinevinette.Y. ce mot a son ordre alphabétique.
VINEUX, EUSE adj. (vi-neu, eu-ze — lat. vinosus; de vinum, vin). Qui est fort de couleur et de goût, en parlant du vin : Un vin bien vineux.
— Qui a le goût ou l'odeur du vin : Pèche vineuse, Fraise vineuse. Melon vineux.
Odeur vinkuse. Saveur vineuse.
— Qui a la couleur du vin : Rouge vineux. Couleur vineuse.
— Sali de vin : Des serviettes vineuses. Des lèvres vineuses. Eh bien! cette femme perdue, souillée, vineuse, oht dites-moi, que devient-elle quand, une fois à bout de toutes choses, il se trouve qu'elle a épuisé toutes sortes de malversations, de vices, de parjures? (J. Janin.)
— Fertile en vin :
Mais la Nuit aussitôt de ses ailes affreuses Couvre des Bourguignons les campagnes vineuses.
Boile&u.
11 Ce sens est un latinisme.
— Année vineuse. Année fertile en vin.
— Manège. Rouan vineux, Cheval rouan dans la robe duquel le bai domine.
— Vitic. Sarment vineux, Sarment qu'on laisse très-long, pour lui faire porter beaucoup de raisin.
— s. m. Bot. Vineux huilé, Agaric qui a une légère teinte de lie de vin.
VINGEON s. ra. (vain-jon). Ornith. Nom vulgaire du canard siffleur.
— Encycl. Le vingeon est de la taille du canard sauvage, ou d'une taille supérieure. Son plumage est rougeâtre sur le dos et noir en dessous ; la plupart des pennes sont de cette dernière couleur. La tête est ornée d'une huppe de longues plumes soyeuses d'un fauve clair, très-développée chez le mâle, ce qui lui a valu le nom vulgaire de canard siffleur huppé; on l'appelle aussi canard d'Espagne, parce qu'on le regarde comme venant de ce pays. 11 habite, durant la belle saison; les contrées nord-est de l'Europe, d'où il émigré, aux approches de l'hiver, pour les régions méridionales, où il est toujours peu commun. C'est un excellent gibier.
VINQNEUR s. ra. (vain-gneur; gn mil. — rad. vigne). Gardien des vignes, il Vieux mot.
VINGT adj. nura. card. (vain — lat- viginti, même sens). Deux fois dix : Vingt hommes. Vingt femmes. Vingt a?is. A vingt reprises différentes. Il est bien à craindre que celui qui, dès la première vue, vous traite comme un ami de vingt ans, ne vpus traite, au bout de vingt ans, comme un inconnu. (J.-J. Rouss.) Le fanatisme aveugle d'uu sot honnête homme peut causer plus de maux que les efforts de vingt fripons réunis. Grimm.)
Toute Hlle, à vingt ans, a besoin d'un mari.
Destouches.
On peut en un seul jour perdre vingt ans de gloire.
A. Soumet.
— f ar ext. Nombreux : Je vous ai dit vingt fois ce qu'il fallait faire. Je connais vingt personnes qui l ont vu.-X.es abus sont-ils devenus si sacrés qu'on n'en puisse attaquer aucun sans lui trouver vingt défenseurs. (Beaumarch. Je me connais en gasconnades, je lis vingt journaux tous les jours. (E. Laboulaye.)
— Vingt-quatre heures , Un jour ; Nous avons marché vingt-quatre heures, il Dans les vingt-quatre heures, Avant qu'il se soit écoulé un jour entier : Il faut le prévenir dans les vingt-quatre heures.
— Prov. Vingt têtes, vingt avis. Autant de personnes, autant d'opinions , d avis différents :
Vingt tëtet, vingt avis; nouvel an, nouveau goût.
Desmaiiis.
— Adj. num. ordin. Vingtième : Chapitre vingt. Page vingt. Ligne vinùT-daux.
— s. m. Vingtième nombre, deux dizaines : Vingt multiplié par vingt.
— Vingtième jour du mois : Je serai de retour le vingt. Il est parti le vingt- deua:.
— Fam, Maison qui porte le numéro vingt : Il demeure au vingt de la rue Saint-Jacques. Le viNGT-iieu/1 est en démolition.
— Argot. Vingt-deux, Poignard : Jouer du vingt-ueux.
— Jeux. Vingl-et-un, Jeu de cartes dans lequel vingt et un points dans la main l'emportent sur tous les autres hasards : Jouer au vingt-et-hn. U Vingt-quatre, Espèce d'impériale où l'on gagne eu vingt- quatre points : Faire une partie de vingt-quatre.
— Hist. Les vingt-quatre, Grande bande des violons du roi sous Louis XIV et Louis XV.
Il Les vingt-deux, Girondins au nombre de vingt-deux, qui furent proscrits en mai et juin 1793. il Les vingt-cinq, Corps politique de la république de Genève. "
— Typogr. Jn-vingt-quatre, Format dans lequel la feuille d'impression donne £4 feuillets ou 48 pages.
" — Artill. Boulet de vingt-quatre, Boulet qui pèse vingt-quatre livres. Il Canon de vingtquatre, Canon propre à lancer des boulets de vingt-quatre livres : Je trouvai quelques canons de vingt-quatre ajustés sur des affûts sans roues. (Chaicuub.)
— Gramm. Vingt prend un s quand il est multiplié par un uutre nombre exprimé im-
VING
médiatement avant : quatre-vingts, six-vingts, quinze-vingts; à moins qu'il ne soit suivi immédiatement d'un autre adjectif ou détermiuatif numéral servant à compléter le nombre; quatre-vingt-deux ; quatre-vingt-quinze ; à moins encore qu,'il ne soit mis pour vingtième : la page quatre-vingt, l'an mil sept cent quatre-vingt. On écrit encore, sans s, un quinzevingt, c'est-à-dire un des aveugles placés aux Quinze-Vingts.
Pour former le nombre. qui dépasse vingt d'une unité, on dit vingt et un; au-dessus on remplace et par le trait d'union : vingt-deux, vingt-trois, etc. La conjonction et ne sépare pas le nombre vingt et un en deux nombres distincts, d'où il résulte que le substantif placé après doit toujours être au pluriel : vingt et un chevaux, et non pas vingt et un cheval, comme si l'on disait vingt chevaux et un cheval.
— Encycl. Jeux. Vingt-et-un.Le vingl-etun se joue entre un banquier et un nombre indéterminé de pontes, mais, à moins de conventions contraires, chaque joueur tient la banque à son tour. On se sert d'un ou de plusieurs jeux entiers, selon la quantité des pontes. Les cartes ont leur valeur ordinaire, c'est-à-dire que les figures comptent pour dix points et les autres cartes pour ceux qu'elles marquent. Toutefois, par un privilège particulier, les as valent un ou onze, à la volonté des joueurs qui les possèdent. On tire d'abord au sort à qui aura la banque le premier. Ce point décidé, chaque joueur met devant lui, sur la table, en argent ou en jetons, la somme qu'il veut exposer, puis, le banquier, après avoir mêlé et fait couper, le jeu par son voisin de gauche, distribue, en commençant par son voisin de droite, deux cartes à chacun et à lui-même ; non pas a la fois, mais en deux tours, une par une. C'est au joueur placé immédiatement à la droite du banquier qu'appartient le droit de parler le premier. S'il est content de son jeu, parce que les deux cartes qu'il a reçues forment un point assez rapproché de vingt et un, il l'annonce en disant : • Je m'y tiens, » et aussitôt la parole passe au joueur suivant. Si, au contraire, ce premier joueur n'est pas content de son jeu, il peut l'améliorer en demandant une nouvelle carte, et le banquier lui en donne une qu'il prend de dessus le talon, et qu'il met à découvert. Si cette carte ne suffit pas, le joueur est maître d'en demander une ou plusieurs autres, coup sur coup; mais, si, par suite de ces augmentations successives, son jeu se trouve présenter un nombre d'un ou plusieurs points supérieur à vingt et un , il crève immédiatement et donne au banquier l'enjeu qu'il a mis devant lui. Alors le joueur qui vient après lui prend la parole, et ainsi de suite. Le banquier parle le dernier. Comme les pontes, il est libre de s'y tenir ou de se donner une ou plusieurs cartes successivement. S'il s'y tient, il abat son jeu et tous lés joueurs en font autant; alors il paye à chaque joueur qui a un foint supérieur au sien une somme égale à enjeu de ce joueur, et il reçoit, au contraire, les mises de tous ceux qui ont un point inférieur au sien. A égalité de points, le coup est nul entre le banquier et le joueur ou les joueurs qui ont le même point que lui; ils se payent en cartes, c'est-à-dire qu'aucun ne donne rien à l'autre. Si le banquier ne s'y tient pas et se donne des cartes, s'il vient à crever, il paye tout le monde à l'exception de ceux qui ont crevé. Il arrive souvent que, dans la distribution générale, un ponte reçoit deux cartes, comme un dix et un as, ou une figure et un as, dont la réunion forme le point de vingt et un; c'est ce qu'on appelle un vingi-et-un d'emblée. Celui qui a cette chance doit l'annoncer aussitôt, sans attendre son tour de parole, et le banquier lui pave le double de ce qu'il a devant lui, à moins cependant que le banquier n'ait luimême vingt et un d'emblée, auquel cas, le coup étant nul entre eux, ils se payent en cartes. Quand le banquier a vingt et un d'emblée, il abat son jeu, et tous les joueurs qui ne possèdent pas ce point lui donnent le double de leur mise. La banque est finie quand le banquier a employé toutes les cartes. Lorsqu'il n'en re=te plus assez pour faire le tour, le banquier donne d'abord celles qu'il a, puis il prend une poignée de celles dont il s'est déjà servi, mêle, fait couper et achève la tournée.
Le jeu qui précède est le vingt-et-un ordinaire. Le vingt-et-un en poste, qui n'en est qu'une modification, est ainsi nommé parce que les choses s'y passent plus rapidement. 11 se joue de deux manières. Dans la première, le banquier donne deux cartes à chaque joueur, comme ci-dessus, mais à découvert. Dans la seconde, le banquier ne donne qu'une carte, aussi à découvert, à chaque joueur, en sorte qu'il suflit de recevoir un as pour avoir vingt et un. Dans l'une et dans l'autre, on ne demande point de cartes, et le gagnant est celui qui, à défaut de vingt et un, a le point le plus près de ce nombre.
— Vingt-quatre. Le vingt-quatre dérive de l'impériale, dont il suit presque entièrement les règles. Il en diffère surtout en ce qu'on peut y jouer jusqu'à cinq personnes, et que la , retourne y prend le nom de virade. Quand on joue à cinq,, on se sert d'un jeu entier. A quatre, on ote les deux. A trois, on retranche les trois et les deux. Dans tous les cas, chaque joueur reçoit douze cartes. Ou dis-
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tingue le jeu de points et le jeu de figures, qui se font alternativement, dans l'ordre convenu d'avance. Dans le jeu de points, la virade est d'une dame ou de toute nuire figure, et l'on compte l'as, le deux, le trois, le quatre, le cinq, le six et le sept. Au contraire, dans le jeu de figures, la virade est d'un as ou de toute autre petite carte, et c'est le roi, la dame, le valet, le dix et le neuf qui ont le privilège de compter. Il y a aussi deux sortes d'impériales : les unes formées de quatre cartes semblables, comme quatre rois, quatre dames, quatre valets, etc. j les autres consistant dans la. réunion d'au moins cinq cartes principales de même couleur qui se suivent immédiatement. Le point, les impériales et les cartes marquantes valent quatre points chacune. Pour les autres particularités du jeu, on procède comme à l'impériale.
Vingt jour* eu Stella, par le comte de Marcellus (L839). «L'Italie sans la Sicile, a dit Gœthe, ne laisse aucune image dans l'esprit; c'est là qu'est la clef de tout. » C'est cette pensée qui a inspiré a l'auteur l'idée de son excursion. ■ L'Europe est la gloire du inonde ; d'après un autre écrivain, l'Italie celle de l'Europe, la Sicile celle de l'Italie. • C'est aussi un peu Vidée de M. de Mare^llus, qui se complaît à nous raconter les impressions de son voyage de trois semaines dans cette contrée.
L'Italie ne livre ses trésors qu'après une longue intimité, aussi le voyageur ne prétend-il pas nous faire connaître le pays ; il ne vise qu à un but, bien expliquer ce qu'il a vu et compris. Il ne cherche point à briller, il laisse sa plume et sa mémoire courir à l'aventure, et son tableau n'en est que plus accidenté, plus mouvementé. Descriptions, anecdotes, réflexions philosophiques, tout se mêle avec un certain désordre qui est loin d'être désagréable. Tantôt c'est une bonne histoire, comme celle de ce Palermiïain qui, par suite d'événements politiques, se trouve avoir deux femmes entre lesquelles il se partage avec une bonne foi toute chrétienne, avec la permission du roi et du pape ; tantôt c'est l'antiquaire qui nous dépeint avec enthousiasme les ruines splendides de quelque palais ; tantôt c'est l'artiste qui nous arrête devant un marbre ou une toile ; d'autres fois c'est le touriste qui s'anime en face de la belle nature. Ecoutez cette peinture d'une nuit passée en gondole; il y a du peintre et du poëte : v. « On se livre sans réserve aux charmes incomparables d'une belle nuit à Palerme. C'est la lune que nous voyons monter insensiblement au-dessus du Petlegrino, dont elle déguise les formes et ne fuit plus qu'un large piédestal. Les refiets argententles vagues et éclairent doucement les hauts édifices de la marine. Ce sont quelques barques lointaines se balançant sur les flots au souffle des vents du soir; l'onde, à peine agitée, vient mourir sans écume sur la grève, et une vapeur légère revêt au loin le cap Zasafran, sans le dérober entièrement à la vue. C'est la chanson d'amour du matelot sicilien qui retentit dans les airs, imparfaite et sauvage ; on se prend à l'écouter, à contempler cette majestueuse scène et à rêver sans fin... Puis le songe s'envole k la voix du cicérone qui réclame notre attention pour les formes moresques de la cathédrale, revêtue de la douteuse lumière du flambeau nocturne. » Ces lignes suffisent pour déceler l'ajnateur sensible aux beautés de l'Italie; pourquoi faut-il qu'il nous gâte le plaisir de l'écouter par une manie de citations, qui sent son pédant d'une lieue?
Vlug» ou» après, suite des Trois Mousquetaires, publiée par Alexandre Dumas en 1845. A vingt années de distance, comme l'indique le titre, nous retrouvons Athos, Porthos, Aramis et d'Artagnan ; mais les temps ont bien changé et les personnages aussi. Au règne de la force avec Richelieu a succédé celui de la ruse avec Mazarin ; Athos est redevenu te comte de la Fera, Aramis a fait place au chevalier d'Herblay et Porthos est devenu le riche et puissant seigneur du Vallon de Bracieux de Pierrefond. Quant à d'Artagnan, il a .quelque peu grisonné sous le harnais de lieutenant des mousquetaires, mais il est toujours resté la première lame et l'esprit lé plus délié de France. L'heure de la fortune va sonner pour lui. L'aurore de la Fronde se lève, Mazarin éprouve quelques craintes assez fondées au sujet de son épiderme que ces bons Parisiens semblent peu disposés à ménager, et il appelle le lieutenant des mousquetaires à la rescousse. D'Artagnan, tout en méprisant le faquin d'Italien, tente d'attacher à son parti ses amis d'autrefois. Porthos seul se laisse séduire par la perspective d'une baronnie, Athos refuse de s'enrôler sous les drapeaux du ministre italien, Aramis lutte de finesse avec d'Artagnan, et, quoiqu'il jure qu'il ne s'occupe pa3 de politique, fronde en dessous avec fureur pour le3 beaux yeux de Mme de Longueville. Unis, les quatre amis ont triomphé de Richelieu etn'ont point connu de revers ; divisés et dans les camps opposés, ils perdent leur bonheur d'autrefois et s'arrachent plus d'une fois la victoire des mains. La passion politique les arme même les uns contre les autres et, sans la noblesse d' Athos, ils allaient se battre; ils se séparent pour se retrouver bientôt en Angleterre, dans des camps opposés. D'Artagnan et Porthos ont été envoyés à Cromwell par Mazarin, Athos et Arumis sont venus tenter de sauver Char-
VING
les f&r. On Intérêt commun les rassemble de nouveau. Milady, la femme d'Athos, a laissé un tils, Mordaunt, qui a juré de venger sa mère sur ses meurtriers et met au service do t sa haine implacable l'influence dont il jouit auprès du Protecteur, dont il est devenu le confident. Milady semble avoir légué à son fils son génie malfaisant, et ce n'est pas trop de quatre hommes de la valeur des quatre amis pour se mettre à l'abri des atteintes de cette vipère et lui écraser la tête. Vingt fois ils manquent de tomber victimes des pièges tendus par Mordaunt, vingt fois l'adresse de d'Artagnan et leur courage les arrachent à la mort. Ils parviennent enfin à quitter l'Angleterre, mais la haine de Mordaunt les poursuit sur mer; une dernière fois ils glissent entre ses mains et sont enfin délivrés à jamais de ses poursuites. Athos, qu'il a essayé de noyer, lui a planté un poignard dans le cœur ; c est le jugement de Dieu.
Tel est le résumé succinct de la seconde partie de cette trilogie, dont nous verrons le dénoùmeut dans le Vicomte de Bragelonne. Le côté politique est plus accentué que dans les Trois mousquetaires, et les héros du roman y prennent cette fois une part active, au grand jour, et non plus en secret. Les débuts de la Fronde, les désordres de la capitale, la fuite de la cour à Saint-Germain y sont racontés d'une façon saisissante et pleine de verve. Le caractère de Mazarin est dessiné de main de maître ; celui d'Anne d'Autriche, son orgueil d'Espagnole, enté sur son titre de reine et sur sa colère de femme outragée, ne sont pas dépeints sous des couleurs moins vives; Le singulier personnage de Paul de Gondi, le coadjuteur et futur cardinal de Retz, est reproduit dans toute son originalité. Un nouvel acteur, le vicomte de Bragelonne, apparaît sur la scène. Né d'une escapade de la duchesse de Chevreuse et d'une aventure de jeunesse d'Athos, il a la beauté de sa mère et la noblesse de son père et nous nous attachons à lui dès qu'il parait. Un chapitre à part et qui, par la gravité des événements assez dramatiques pour que l'auteur n'ait pas eu besoin de les modifier sensiblement, vaut presque un véritable chapitre d'histoire, c'est la chute et lu mort de Charles 1er. Cette période de l'histoire d'Angleterre est traitée avec talent et la sévérité du ton s'allie parfaitement avec l'importance du sujet. De tels morceaux sont rares chez l'auteur qui, lorsqu'il aborde l'histoire, a toujours l'air d'implorer la muse gasconne bien plutôt que la muse historique,
En un auteur gascon tout a l'humeur gasconne; et, si Alexandre Dumas ne l'est pas, il est digne de l'être, ne fût-ce que pour l'air de sincérité avec lequel il raconte la prétendue captivité de Mazarin, fait prisonnier par nos quatre braves dans son propre palais. C'est, il faut l'avouer, une singulière position pour un cardinal ministre que d'être obligé de sortir de chez lui à califourchon sur un mur. On en rit et l'on est tenté de s'écrier : « Merci, Alexandre Dumas, nous vous reconnaissons là; un peu plus nous allions vous prendre au sérieux 1 ■
Comme dans les Trois mousquetaires, c'est toujours la même rapidité dans le récit, la même vivacité dans le dialogue, interrompu de temps en temps par des tirades chevaleresques. Néanmoins on sent qu'il y a moins de feu et de jeunesse que dans les Trois mousquetaires. On reconnaît qu'ils ont vieilli, ces braves compagnons, et qu'on ne les a retrouvés que vingt ans après.
Vingt mille (PÉTITION DES) , présentée à l'Assemblée législative le 1« juillet 1792 par une députation que conduisait Dupont de Nemours. Elle contenait des protestations fort vives contre la journée du 20 juin et la conduite du maire, Pétion, et delà municipalité parisienne, représentés comme complices de la sédition. Les signatures couvraient 247 pages, mais en réalité étaient loin de s'élever au nombre de 20,000. Ce n'était là qu'une tentative impuissante des rétrogrades contre le mouvement qui allait bientôt emporter lu monarchie. Le peuple et les chefs du parti progressiste eu conservèrent une profonde irritation, et, sous la Terreur, la jqualité de signataire de cette pièce devint un motif de proscription. 11 en est souvent question dans les arrêts du tribunal révolutionnaire, ainsi que de la pétition dite des huit mille , qui avait eu le même caractère de réaction.
VINGTAIN s, m. (vain-tain — rad. vingt). Féod. Droit qui donnait au seigneur la vingtième partie des fruits que produisaient les terres de ses vassaux, ou seulement de quelques-uns de Ces fruits, et qui avait été établi primitivement afin de pourvoir k l'entretien des fortifications du château féodal.
— Comm. Nom d'une ancienne sorte de drap dont la chaîne était composée de deux mille ou vingt fois cent fils. Il On l'appelaic aussi vingt-cent, principalement dans les fabriques du nord et du centre.
— Adjectiv. : Drap VAINGTAIN.
VINGTAIN (Jean-Thomas-Léon), homme politique, né à Paris en 182S. Il étudia la droit, se fit recevoir docteur, mais n'exerça point la profession d'avocat. M. Vingtaiu s'occupa ensuite de littérature et d'agronomie dans une propriété située près de Vitray-sous-Brezolles, et devint, sous l'Empire, membre du conseil général d'Eure-et-Loir.
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A cette époque, il se fit une petite réputation en publiant sous ce titre : De la liberté de ta presse (1860, in-12), un recueil des avertissements, des suspensions et des suppressions encourues par les journaux depuis 1848 jusqu'à 1860 et en donnant quelques spécimens curieux et bouffons de la façon dont l'administration impériale traitait la presse. Attaché au parti orléaniste, adversaire de l'Empire, il fut à ce dernier titre élu député dans , Je département d'Eure-et-Loir, le 8 février 1371, le deuxième sur six par 53,320 voix. Il alla siéger au centre droit dans le groupe des orléanistes et lit partie de la réunion Saint-Marc Girardin. M. Vingtain vota avec ce groupe pour la paix, pour la déchéance del Empire, pour l'installation de l'Assemblée a Versailles, pour l'abrogation des lois d'exil, pour la proposition Rivet, pour l'abrogation des traités de commerce, pour lu suppression do la garde nationale, etc. Jusqu'à la Un de 1872, il appuya le gouvernement de M. Thiers, espérant que cet homme d'Etat aiderait à une restauration de la famille d'Orléans; mais lorsque M. ïhiors se prononça nettement pour que l'on constituât définitive- . ment la République, il se jeta dans lu coalition des trois partis monarchiques qui avait pour but de le renverser. Le 24 mai 1873, il lit partie des quinze députés se disant républicains conservateurs qui signèrent la déclaration Target et dont la défection amena la chute du chef du pouvoir exécutif. A partir de ce moment, M. Vingtain, oubliant qu'il avait jadis professé des idées libérales, se lança à corps perdu dans la voie de la réaction et vota pour toutes les mesures de compression présentées par le gouvernement de combat. Lors des négociations entamées par deux groupes des coalisés pour amener la restauration du comte de Cbambord, M. Vingtain, interrogé par ses électeurs sur ce qu il comptait faire dans des circonstances aussi graves, répondit qu'il « consulterait sa conscience, » car il n'avait accepté aucun mandat impératif. Après l'échec de ces factieuses intrigues, il vota le septennat, continua à appuyer la désastreuse politique du cabinet de Broglie et de ses successeurs et se mit en quête d'inventions législatives pour refouler la démocratie. Non content d avoir présenté un projet de loi des plus réactionnaires sur l'organisation municipale (juillet 1873), il eut l'ingénieuse idée de proposer à la commission des Trente de refondre entièrement lo droit^de suffrage. Selon lui l'électorat n'est pas un droit, mais une fonction, et il doit être basé sur les intérêts et proportionnel aux intérêts. Partarït de ce point de départ, il en arriva à cette conception burlesque : Les électeurs âgés de vingt-cinq ans et ayant deux ans de domicile dans la commune nommeront un sénateur par arrondissement ; mais le sénateur élu devra être choisi parmi les plus forts imposés du département et résider depuis cinq ans dans le département. Les électeurs de la Chambra des députés pourront prendre leurs députés sans qu'aucune condition particulière d'éligibilité soit exigée de ceux-ci, mais ces électeurs devront payer au moins 20 francs de contribution foncière et être domiciliés depuis cinq ans dans la môme commune. Cette proposition grotesque fut le plus beau titre degloire de M. Vingtain, qui vota, en juillet 1874, contre les propositions Casimir Périer et Maleville, et se prononça, le 25 février 1875, contre la constitution républicaine. Après l'expiration des pouvoirs de l'Assemblée nationale, M. Vingtain posa sa candidature au Sénat dans l'Eure-et-Loir, 30 janvier 1876 ; mais son échec, qui était bien mérité, fut complet et il rentra dans la vie privée. Ou lui uoit quelques écrits médiocres -. la Vie publique de Jtuyer-Coliard, avec une préface de M. Al. de Broglie(1858, in-12); Un projet de constitution de deux Chambres législatives (I874f in-8°).
VINGTAINE s. 1. (vam-tè-ne — rad. vingt). Nombre do vingt : Atteindre la vingtaine. - Aller jusqu'à la vingtaine. Il Nombre de vingt environ : Une vingtaine d'années, une vingtaine de francs.
— Vingtaine de mai ou simplement Vingtaine, Temps qui s'écoule du 21 avril au " 10 mai, et qui est regardé comme très-redoutable pour les récoltes, à cause des gelées tardives qui surviennent assez fréquemment durant celte période.
— Constr. Petite corde dont les maçons se servent pour tenir écartés loin des murs les fardeaux qu'on élève, il Petite corde dont on ke sert pour lier des pièces d'échafaudage.
— Graimu. Suivi de la préposition de et d'un substantif pluriel, vingtaine devient un véritable collectif, et il suit les règles données à ce mot collectif.
V1NGT-DEUXAIN s. m. (vuin-tdeu-zaiu).
Comm. Nom d'une ancienne sorte de drap dont la chaîne était composée de deux mille deux ceuts ou vingt-deux fois cent fils. Il On l'appelait aussi vingt-deux-cent, principalement dans les fabriques du Centre et du Nord, il Adject. : Drap vingt-deuxain.
VINGT-HU1TAIN s. m. (vain-tui-tain).
Comm. Nom d'une ancienne sorte de drap, dont la chaîne était composée de deux mille huit cents ou vingt-huit fois cent fils, il On J Appelait aussi vingt-huit-cent, principa-
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lement dans les fabriques du Centre et du Nord. || Adjectiv. . Drap vingt-huitain.
VINGTIEME adj. num. ordin. (vain-tiè-me). Qui occupe un rang marqué par le nombre vingt : La vingtième année. Le vingtième jour du mois, La vingtième maison à droite.
— Qui se trouve vingt fois dans le tout : La vingtième partie d'une somme. L'homme de lettres qui sait le mieux sa langue ne connaît pas. la vingtième partie des mots. (D'Alemb.)
— Substantiv. Personne ou chose qui occupe le vingtième rang : Vous êtes le vingtième sur la liste. Notre maison est la vingtième à droite.
— S. m. Vingtième jour du mois : Je partirai le vingtième d'août, il Ce sens a vieilli; on dit aujourd'hui i.e vingt.
— Vingtième partie d'un tout : Prenez au' hasard dans celle foule un petit journalier qui possède un vingtième d'arpent, vous n'y trouverez point les sentiments du journalier, du mercenaire, (Michelet.) Dans un état de choses normal , te montant des contributions parait devoir être le vingtième du produit total du pays, (Proudh.)
— Impôt égal à la vingtième partie du revenu : Vivent les terres et surtout les terres libres, où l'on est chez soi maître absolu et où l'on ii a pas de vingtième à payer.' (Volt.)
— Gramm. Employé substantivement et suivi de la préposition de et d'un complément, vingtième devient un collectif, et il suit les règles données à ce mot collectif.
Vingt-neuf février (le), drame de Mullner. Ce fut le premier ouvrage dramatique de Mullner. Paru en 1812, il était évidemment inspiré par le Vingt-quatre février de Werner. Do prime abord, Mullner entrait dans l'école des fatalistes, et par l'horrible du drame qu'il mettait en scène les surpassait tous. Le 29 février a toujours été fatal à la famille de Walter Horts, et ce jour, qui ne vient que' toutes les années bissextiles, est marqué chaque fois par un malheur ou par uu crime. Ce jour-là sa maison a brûlé, son père est mort subitement, sa fille a péri sous les glaces de l'étang. Quand le draine commence, pour la quatrième fois revient cette terrible époque, et avec elle une nouvelle catastrophe. L oncle deWal ter Horst revient d'Amérique, il est riche; la famille de son neveu va devenir son héritière; mais alors il apprend, il découvre à Walter Horst lui-même, qui l'ignorait, qu'il a épousé sa propre sœur, Iruit mystérieux d'une faiblesse criminelle de son père. Walter ne peut supporter l'idée d'avoir commis un inceste, et dans son égarement il enfonce un couteau dans le sein du fils né de cette union en s'écriant : « Oui, la mort veut avoir ce que le péché a engendré. » Puis il va se livrer à la justice. Ce dénoûment parut tellement horrible que la censure de Vienne ne voulut pas permettre la représentation de la pièce. Mullner dut faire des changements, et au théâtre son drame fut joué sous le titre de V Illusion (der Wahn). Il publia son Vingt-neuf février en volume et produisit un effet prodigieux. Le talent du poète tragique était incontestable ; on ne pouvait attaquer que la tendance de ses doctrines. On ne s'en lit pas faute, et si le comte de Platen parodia spirituellement les pièces de Grillparzer, Louis Strahlpanzer fit paraître sous le titre d'Eumenides Dûster une parodie fort réussie du Vingt-neuf février.
VINGT-QUATRAIN s. m. (vain-tka-train).
Comm. Nom d'une ancienne sorte de drap, dont la chaîne était composée de deux mille quatre cents ou vingt-quatre fois cent lils. || On l'appelait aussi vingt-o.uatre-cknt, principalement dans les fabriques du Centre et du Nord,
— Adjectiv. ; Drap vingt-quatrain.
Viugt-quaire février (le), drame de Werner. Dans cette pièce, l'auteur a supposé, au milieu des solitudes de la Suisse, une famille de paysans qui s'est rendue coupable des plus grands crimes et que la malédiction du ciel poursuit de père eu fils. La troisième génération maudite produit un homme qui par ses outrages a causé la mort de son père, et dont le fils, presque enfant, après avoir tué sa sœur, sans avoir conscience de l'action qu'il commettait, a disparu. Les travaux de cet homme ont toujours été frappés de malheur depuis ce temps; ses champs sont devenus stériles, ses bestiaux ont péri, la misère l'accable; ses créanciers menacent de s'emparer de sa cabane et de jeter le propriétaire enprison ; sa femme va se trouver seule et sans asile au milieu des neiges éternelles de cette partie des Alpes. Sur ces entrefaites, arrive le fils, absent depuis vingt années, toujours poursuivi par le souvenir du meurtre involontaire qu'il a commis. Il revient chez son père, et, ne pouvant en être reconnu, il veut d'abord lui cacher son nom, pour gagner son affection avant de se dire son fils ; mais le père devient avide et jaloux, dans sa misère, de l'argent que porte avec lui cet hôte, qui lui semble un vagabond suspect; et quand l'heure de minuit sonne, le Vingt-quatre féorier, anniversaire de la malédiction dont la famille entière est frappée, il plonge un couteau dans le sein de son lils. Celui-ci révèle, en expirant le secret de sou incognito à son père, et ce
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malheureux, plein de remords, va se livrer au tribunal qui doit prononcer sur son sort. C'est l'histoire des Atrides transportée dans un misérable chalet des Alpes. Dans ce draine, qui repose sur le dogme du fatalisme, Werner a employé les moyens simples pour produire les effets les plus effrayants, pour émouvoir tout ce qu'il y a de plus hideux dans les remords, dans le crime et dans la pauvreté. Le Destin exécute un de ses arrêts les plus Sévères dans une cabane presque inabordable, isolée au milieu des neiges et des glaciers, où le spectateur assiste à la fin des derniers membres d'une famille indigente de paysans, chargés de la malédiction du ciel, < Ces situations sont terribles, dit Mme de Staël (De l'Allemagne); elles produisent, on ne saurait le nier, uu grand effet; cependant on admire bien plus la couleur poétique de cette pièce, et la gradation des motifs tirés des passions, que le sujet sur lequel elle est fondée. »
VINGT -QUATRIÈME s. m. (vain-tka-triè-me). Sorte d'unité servant à évaluer l'état d'avancement d'un navire en construction : Le vaisseau est aux quatorze vingt -
QUATP.IÈMKS.
VINGTRINIER (Artus-Barthélemy), médecin français, né en 179C. 11 se fit recevoir docteur en médecine à Paris en 1818, puis alla se fixer à Rouen. Nommé quelque temps après médecin adjoint et par la suite médecin en chef des prisons de cette ville , M. Vingtrinier s'est principalement occupé depuis lors de l'étude des questions pénitentiaires et des réformes à apporter à la loi pénale. M. Vingtrinier devint membre de l'Académie de Rouen et de diverses sociétés savantes et littéraires. Nous citerons, parmi ses écrits : Sur l'opération de la pupille artificielle (1818) ; Sur l'action des saignées locales et générales (1826); Notice sur les prisons de Itouen (1826, in-S") ; Sur la théorie de la vision (1828); Sur la réforme des lois pénales (1828) ; Des pénitenciers des enfants (1839); Des prisons et des prisonniers (1840, in-go); Eloge de J.-P. Vigué (1844); Opinion sur lu question de la prédominance des causes morales ou physiques dans laproduction de ta folie (1844, in-8°J ; Des épidémies qui ont régné dans l'arrondissement de Houen (1850, in-8°) ; Des aliénés dans les prisons et devant la justice (1852, in-8u); Réflexions sur les sociétés de secours mutuels (1852, in-S°) ; Du goitre endémique dans le departement.de la Seine-Inférieure (1854, in-Su); Nouvelles observations sur la criminalité en France (1854) ; Des enfants dans tes prisons et devant la justice (1855, in-S°); De ta création d'ateliers libres pour recevoir les libérés sans travail (1871, in-80), etc.
VINGTRINIER (Marie-Emile-Airaé), littérateur et imprimeur français, né à Lyon eu 1812. Tout eu s 'adonnant à la poésie et aux lettres , il s'est l'ait imprimeur dans sa ville natale, où il dirige depuis 1852 la Revue du Lyonnais. M. Vingtrinier est membre de la Société littéraire, du Comité d'histoire et d'archéologie, de l'Institut égyptien et de diverses autres sociétés littéraires ou philanthropiques. Nous citerons, parmi ses écrits : Mazagran (1841, in-8°), poëine publié sous le pseudonyme d'Antonin Vidal; les Voyageuses (1848, in-32), poésies; les Bugésiennes (1849, in-32), recueil de vers; Histoire des journaux de Lyon (1852, in-â°) ; Catalogue de la bibliothèque lyonnaise de M. Custe (1853, in-8o); Fleury-Epinat, peintre (1854, in-18) ; Vieux papiers d'un imprimeur contenant cinq opéras, scènes et récits, Imitations (Lyon, 1859) ; la Tour de Saint-Denis en Bugey (1860, iû-8°); la Dune de (jeierstein ou la Prophétie (I871,in-12); l'Oratoire de Joachim de Alagol (1871, in-S°j; Notice sur Maurice Simounet (1874, in-8u), etc. Il a publié, avec Désiré Monnier : Traditions populaires comparées (1853,'iu-jjo).
VINGT-SIXAIN s. in, (vain-tsi-zain). Comm. Nom d'une ancienne sorte de drap, dont la chaîne était Composée de deux mille six cents ou vingt-six fois cent fils. It On l'appelait aussi vingt-six-cent , principalement dans les fabriques du Centre et du Nord.
— Adjectiv. Drap vingt-sixain.
VINGTUPLE adj. (vain-tu-ple — de vingt, avec la terminaison latine plex, qui indique la multiplication). Vingt fois aussi nombreux, aussi considérable . Les frais de voilwe sont vingtuples de ceux de l'association, (Fourier.)
— s. m. Nombre vingt fois aussi grand : Le vingtuple de 10 est 200.
VINGTUPLER v. a, ou tr. (vain-tu-plé — rad. vingtuple). Rendre vingtuple, vingt fois aussi grand : Vingtupler sou capital. La France, il y a dix siècles, pouvait vingtuplek sa production. (Proudh.)
VINICOLE adj, (vi-ni-ko-le — du lat. wnum, vin; coto, je cultive). Qui s'occupe de la culture de la vigne et de la fabrication du vin : Pays vinicole. Industrie vinicole.
VINICULTURE s. m. (vi-ni-kul-tu-re— du lat. vinum, vin, et de culture). Culture de la vigne, il Peu usité ; viticultuhb est préférable, attendu que l'on cultive non' pas le vin, mais la vigne.
VINIFÈRE adj. (vi-ni-fè-re — du lat. vinum, vin; fera, je porte). Qui produit du vin : Terruin visiytatii.
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— Bot. Qui produit du vin ou une boisson Vineuse : Le sagoutier vinifère.
— s. f. pi. Syn. d'AMPÉLtDÉKS, famille de plantes dicotylédones, ayant pour type la vigne.
VINIFICATEUR s. m. (vi-ni-fi-ka-leur — du lat. vinum, vini; factor, qui fait). Econ. rur. Appareil qui a pour objet d'empêcher le contact de l'air avec le vin, tout en permettant à l'acide carbonique des vins nouveaux de se dégager.^
VINIFICATION s. f. (vi-ni-fi-ka-si-on — du lat. vinum, vini, vin ; facere, faire). Econ. rur. Transformation du suc de raisin en vin; art de faire dti vin.
VINIQUE adj. (vi-ni-ke — rad.oin). Chira. Qui provient du vin : Alcool, éther vinique. Il Se dit d'une série d'acides produits par l'action des acides sur l'alcool.
VIN1T (Charles-Léon), peintre (paysage, intérieurs), né à Paris en 1806, mort dans la même ville en 1862. Homme d'intelligence ouverte à tout, plutôt que spécialiste, Vinit étudia d'abord l'architecture sous Percier, puis la peinture sous Rémond ; enfin il essaya de devenir archéologue et fit pour cela un voyage en Italie et en Orient. Pour calmer son humeur un peu fantaisiste peutêtre, on lui fit accepter la place de secrétaire, qu'occupait son père , à l'Ecole des beaux-arts. Il entra en fonction en 1832. C'est depuis ce moment surtout qu'il a peint les diverses toiles qui composent son œuvre, œuvre modeste, œuvre d'amateur. Mais s'il devait toujours ignorer lu gloire des Claude LorYnin, il a su rendre, comme fonctionnaire intelligent et dévoué, des services à l'art et aux artistes. On a vu de lui au Salon depuis ses débuts : Vues de la cuthèdrale de Palerme (1838); la Chapelle royale de Palerme, le Sphinx et les deux pyramides, la Parrochia, à Palerme ; la Pyramide de Sakarah, le Chœur de Notre-Dame-des-Victoires, le Bazar turc au Caire (1839-1843); un Intérieur de Damielte, ['Entrée d'une mosquée, deux Vues de Venise (18451; le Temple de la Concorde, à Agrigente (1852), etc. Vinit avait eii uno 3° médaille (1838). En 1858, ses longs et loyaux services lui valurent la croix de la Légion d'honneur.
VINNE (Vincent van der), peintre hollandais, né à Harlem en 1029, mort en 1702. Il apprit seul à dessiner en copiant des gravures, puis entra dans l'ateliejr de Fr. Hall, où il fit de grands progrès. Après avoir parcouru l'Allemagne, la Suisse et la France, il revint dans sa ville natale (1555) et S adonna avec un égal succès à tous les genres, peignant tour à tour des scènes historiques, des portraits, des paysages, des animaux, et même faisant des enseignes. Doué d'une extrême facilité, il a laissé un grand nombre de toiles, dont les dernières ont été exécutées avec négligence. On trouve dans ses compositions de la verve, un coloris agréable, un sentiment vrai de la nature. Pendant ses loisirs, il écrivait de petites pièces allégoriques en vers ou en prose. Vinne mourut d'une attaque d'apoplexie.
VINNIUS (Arnold Vinnen, dit), jurisconsulte et professeur hollandais, né en Hollande en 15S8, mort à Leyde le i« septembre 1657. Vinnius se fit remarquer do bonne heure par la pénétration de son esprit, la rectitude de son jugement. Après avoir consacré plusieurs années à l'étude de la législation romaine et des lois de son pays, Vinnius se lit recevoir docteur. A la même époque (1615) paruient ses premières publications sur le droit romain. Loin de suivre les routinières méthodes classiques, Vinnius, sans avoir cependant découvert l'admirable système qui devait faire, cent cinquante ans plus tard, la gloire de Hugo, de Haubold et de Savigny, avait adopté pour ses truvaux un plan plus simple, plus rationnel et plus commode. Il suivait chronologiquement les mutations diverses et si nombreuses de la loi romaine, ses développements, ses progrès, ses tendances toujours plus élevées, surtout sous l'iniluence du christianisme. Vinnius rejetait l'étude purement littérale des textes. Les théories alors nouvelles qu'émettait l'auteur dans son traité De origine et progressu juris romani donnèrent lieu à de vives controverses , qui eurent pour résultat d'attirer l'attention sur lui. Ses adversaires eux-mêmes ne pouvaient lui refuser un grand talent d'enseignement. Vinnius fut nommé en 1619 recteur du collège des Humanités, à La Haye. il avait alors trente et un ans. Cetto nomination, universellement approuvée, était justifiée par les remarquables travaux que Vinnius avait publiés sur les antiquités littéraires, historiques et législatives de Rome, La présence de Vinnius aans ce collège célèbre pendant quatorze ans donna uu nouvel essor aux études. Mais l'enseignement supérieur réclamait cette intelligence si active. En 1633, la chaire de Digeste vacante à l'université de Leyue lui fut offerte, et, malgré son attachement pour le collège de La Haye, Vinnius ne put résister aux instances les plus flatteuses. L'université de Leyda était déjà célèbre à l'étranger; depuis longtemps des étudiants y accouraient d" tous les points de l'Allemagne. L» nomination du, Vinnius, dont les u-avaux étaient célèbres dans l'Europe entière, lui donua uu éclat