CORBEILLE
H Caractère violent, impétueux , emporter Les hommes de violence et de vengeance ne réussiront jamais à rien d'utile à l'humanité. (Lanienn.)
— Emploi violent de la force : Il n'y a point de violence ni d'usurpation qui ne s'autorise de quelque loi. (Vauven.) Les hommes sont si bêtes qu'une violence répétée finit par leur paraître un droit, (Helvét.) La violence ne convient qu'au despotisme. (Mme de StntJl.) La violence et la fraude fondent tes empires. (Redern.) Onli'est pas un rebelle pour avoir résisté à la violence ou à l'arbitraire. (Dupin.J
La violence est juste où la douceur est vaine.
— Douce violence, Insistance qu'on meta pousser quelqu'un ù quelque chose qui lui plaît.
— Faire violence à, Contraindre par la force : S'il ne veut pas venir, ne lui faites pas violence, li Violer : Faire violence A une femme, il Comprimer, empêcher avec effort : Faihe violence A ses désirs, A sa passion, A son amour, À sa colère. Toute organisation gui fait violence A la liberté individuelle périra pur la liberté individuelle. (Proudli.)
Il Interpréter d'une manière forcée, détourner de son vrai sens : Paire violence A un texte. Faire violence A la loi.
— Se faire violence, Se contraindre avec de pénibles efforts : Plus un homme est amoureux, plus grande est la violence qu'il est obligé de se faire pour oser risquer de fâcher la femme qu'il aime. (H. Beyle.)
— Prov. Mieux vaut douceur que violence, On réussit mieux par la douceur que par la violence, il Le royaume du ciel souffre violence, el les violents te ravissent, Ou ne peut gagner le ciel qu'eu déployant une grande énergie do caractère. Ce proverbe est tiré de l'Evangile.
— Littér. et B.-arts. Crudité, vigueur excessive, effet outré : La violence de l'expression. La violence des contours. L'opposition des tons est, dans ce tableau, d'une violence extrême.
— Encycl. Dr. crim. V. viol.
VIOLENT, ENTE adj. (vi-o-lan, an-te — lat. viotens ; de violare, violer). Qui a une force uu|iéiueusis : Un veut violent. Une vio- LUntk tempête. Une fièvre, une crise violente. Des i emèdes violents. Un violent incendie. Toute uction trop Violente sur te système organique est suivie de prostration. (A. Kiun.) La jusquiame est un poison violent. (A. Karr.) || Qui agit, qui se fait avec une énergie outrée, impétueuse : Des passions violentes. Un amour violent. Un désir violent. Une attaque violente. De violentes rec?mimiiiations. Toutes les pussions violentes sont une espèce de folie, (Boss.j La faiblesse prend souvent des résolutions plus violentes que l emportement. (M'ae de Genlis.)
— Qui se fait par l'emploi de la force : L'Etal romain est le plus fertile en crimes de toute espèce, et surtout en crimes violents. (About.j
— Fmporté, impétueux, irascible ; Un homme violent. Un caractère violent. Les /tommes chauds , violents , sensibles , sont en vcène; ils donnent le spectacle , mais ils n'en jouissent pas. (Dider.) Les âmes violentes ne sentent quavec excès et par contrastes. (11. Taine.)
— Fort, puissant, considérable : Il y a de violents soupçons contre lui. Les grâces de la reine Esttier eurent un effet aussi salutaire, mais moins violent que la beauté de Judith. (Boss.)
■•— Qui est hors nature, qui contrarie le cours ordinaire des choses : Une situation violente. L'état du solitaire est un état violent pour l'homme. (St-Evrem.) Il Qui est forcé, peu naturel, détourné de son vrai sens : Une interprétation violente. Ce peintre aime les poses violentes. ,
— Littér. et B.-arts. Qui a une force, une énergie exagérée : Un style violent. Des expressions violentes. Des tons violents. Une foule d'écrivains s'est égarée dans un style recherché , violent , inintelligible , ou dans la négligence totale de la grammaire. (Volt.)
— Très-extraordinaire, excessif en soa genre : Il a pu dire cela! C'est violent, en vérité. Il est un peu violent d'être battu et de payer l'amende. Cent mille francs cette bicoque, c'est violent!
— Mort violente, Mort résultant de l'emploi de la force ou de quelque brusque accident : Commode et ses successeurs périrent presque tous de mort violente. (Chateaub.)
— Prov. Tout ce qui est violent n'est pas
VIOL
durable, Tout ce qui est excessif, exagéré ne se maintient pas longtemps.
— Techn. Gris violent, Gris très-foncé.
— Substantiv. Personne qui agit avec violence, avec une énergie- extrême : Les violents gouvernent le monde.
— Syn. Violent, Tir. V, VIF.
— Violent, «mporté, fouguenx, 6tC V. EM- PORTÉ.
VIOLENTER v. a. ou tr. (vi-o-lan-té — rad. violent). Contraindre, forcer, faire violence à : Le Parlement, sous Henri VIII, violenta les consciences aussi bien que les personnes. (Mme de Staël.)
Comment! battre une veuve et la violenter!
Keqhabk.
— Traiter avec violence, user violemment de : On peut imposer silence à l'opinion, on ne la violente jamais. (Boiste.) Cette langue française est une rebelle qu'il faut dompter; elle n'obéit qu'à ceux qui la violentent. (Mariv.) Les ouvriers anglais savent l'économie politique et comprennent que violenter les capitaux, c'est supprimer le travail. (H, Taine.)
— Forcer, outrer, exagérer : Il ne faut jamais violenter la nature; il faut l'étudier, la comprendre et la suivre. (J. Simon.)
— Syn. Violenter, contraindre, forcer, etc.