‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 15Chapitre 744 sur 1042 · V. CONTRAINDRE · texte numérisé non relu

V. CONTRAINDRE

VIOLÉOÏDE s. m. (vi-o-lé-o-i-de — du lat. viola, violette, et du gr. eidos , aspect). Bot. Syn. de noisettie, genre de violacées.

VIOLER v. a. ou tr. (vi-o-lô — lat. violare, dénominatif tiré d'un primitif vio, force, de même famille que vis, force; grec is pour Fis, force, vigueur, nerf, bia, force, biaios, violent, biaô, biazomai, violer, violenter ; lithuanien gyti, recouvrer la santé, guérir, etc. La racine commune de tous ces termes est probablement dans le sanscrit gi, gàyami, vaincre, lequel est évidemment lié à la racine védique gyâ, dompter, surmonter, violenter, opprimer). Commettra un viol sur : Violer une femme, une fille.

. . . Les soldats, ennemis de la paix, Troublèrent la campagne et, saccageant les villes. Par force, en nos maisons, violèrent nos Cites.

RSatiica.

— Dégrader ou forcer d'une manière sacrilège, en parlant d'un objet ou d'un lieu considérés comme sacrés : Violer, un temple. Violer un tombeau. Violer un asile.

— Enfreindre, outrager, agir contre : Violer la loi. Violer son serment. Violer un secret. Violer un droit, un privilège. Violer un traité. Violer les règles de la grammaire. L'un des caractères de la bigoterie est de violer les droits les plus sacrés et tes plus légitimes. (Mol.) Au xivc siècle, les prêtres violaient presque partout la loi du célibat. (Chateaub.) Il faut quelquefois violer tes chartes pour leur faire des enfants. (V. Hugo.) Il y a des lois générales auxquelles l'homme peut se conformer ou qu'il peut violer. (F. Basliat.) Il y a toujours plus de faiblesse que de force à violer la loi. (Fiévée.) Tout ce qui viole ta loi de la nature n'est pas la vérité, (A. Martin.) Imposer une même foi à tous les hommes, c'est violer la toi naturelle et divine, qui a mis la vérité dans les choses et la diversité ddns les esprits. (E. Laboulaye.) La communauté viole l'autonomie de la conscience et l'égalité. (Proudh.) On ne peut sans crime violer son serment. (J. Simon.) C'est violer la justice éternelle que de violer la propriété. (J. Simon.) Jésus violait ouvertement le sabbat et répondait aux reproches qu'on lui en faisait par de fines railleries. (Renan.) Les gouvernements, même tes plus légitimes, ne violiïnt jamais impunément les lois de la justice. (A, Peyrat.)

Quiconque a pu franchir les bornes légitimes Peut «ioier enfln les droits les plus sacrés.

Racine.

— Absol. Faire violence à des femmes ; . Un soldat, à la prise de Berg-op-Zoom, s'écrie : « Je suis las de tuer, je vais violer. ■ On regarda ce propos comme un bon moi. (Vo)t.) "

Comment font les deux mains d'un homme qui viole?

A. Bakbier.

— Syn. Violer, contrevenir, désobéir, etc.

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