‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 15Chapitre 745 sur 1042 · V. contrevenir · texte numérisé non relu

V. contrevenir

VIOLESTE1N s. m. (vi-o-lè-stain). Miner.

Roche micacée qui a, dit-on, l'odeur de la violette.

VIOLET, ETTE adj. (vi-o-lè, è-te — du lat. viola, violette, à cause de sa couleur). Qui a la couleur particulière résultant du mélange du bleu et du rouge, comme celle que l'on remarque particulièrement sur la fleur appelée violette : Drap violet. Manteau violet. Couleur violette. Des mains violettes de froid. La pulsatitle est une plante aux jolies fleurs violettes. (H. Berthoud.) Le quarts violet est la véritable améthyste. (Babinet.) , — Devenir violet, Eprouver quelque violent sentiment qui fait changer la couleur du visage : Devenir violet de honte, de peur, de colère.

— Loc. fam. Conte violet, Conte dépourvu de toute espèce de vraisemblance. Aujourd'hui, l'usage a passé du violet à une couleur voisine, et ion dit conte bleu. [| Voir des anges violets, Eprouver quelque éblouissement par l'eifet d'un coup violent et sou-

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dain. il Faire feu violet, Montror une ardeur, une vivacité qui se dément aussitôt, il Ces locutions ont vieilli.

— Entom. Ecailleux violet, Nom vulgaire d'un petit hanneton.

— s. m. Couleur violette : Le violet est la première couleur du spectre solaire. De toutes tes couleurs, le violet a te moins d'éclat. (Rieberand.) Vêtement violet : Le roi était en violet. (Michelet.)

— Art vétér. Nom que l'on donne, dans la Haute-Saône, à une maladie des cochons.

— Entom. Violet évêque, Nom vulgaire du papillon appelé aussi iris changeant.

— Bot. Violet pourpre, Violet d'éuéque, Espèces d'agarics, il Dois violet, Nom vulgaire du palissandre.

— Hortic. Violet d'été, Variété de giroflée.

— s. f. Erpét. Espèce de couleuvre.

— Entom. Petite violette, Espèce de papillon de jour.

— Moll. Nom vulgaire des janihines.

— Hortic. Violette hâtive, Violette tardive, Variétés de pêche. Il Violette ordinaire. Variété de pomme. Il Violette glacée, Variété de pomme, de jacinthe, d'anémone, u Grosse violette longue, Variété de figue.

VIOLET s. m. (vi-o-lè — dimin. de viole). Ancienne espèce de viole.

VÎOLETER v. a. ou tr. (vi-o-le-té — rad. violet. Double le t devant un e muet : Je violette 7 tu violelteras). Techn. Teindre en violet.

VIOLETTE s, f. (vi-o-lè-te — dimin. de l'ancien français viole, qui, comme l'italien, l'espagnol, le provençal viola, vient du latin viola, violette, grec ion pour Fion), Bot. Genre de plantes, type de la famille des violariées, comprenant environ deux cents espèces, qui croissent surtout dans les régions tempérées de l'hémisphère nord, et dont une espèce est très-remarquable par le parfum de ses fleurs.

Il Fleur de la violette odorante : Un bouquet de violettes. L'obscure violette, entièrement cachée, se découvre par ses parfums. (B. de St-P.) La violette nomma la modestie, parce qu'elle exhale ses parfums sous l'herbe, (Ch, Nod.) Il Violette bleue, Nom vulgaire de la broualle élevée. Il Violette de février on de la Chandeleur, Nom vulgaire du perce-neige.

Il Violette de Marie, Nom vulgaire de la campanule à grosses fleurs. Il Violette de mars, Nom vulgaire de la violette, odorante, tl Violette des dames, Violette musquée, Noms vulgaires de la giroflée des jardins, u Violette de serpent. Nom vulgaire de la petite pervenche. U Violette des sorciers, Nom vulgaire de la pervenche, il Violette marine , Nom vulgaire de la grande campanule Il Violette tricolore, Nom botanique de la pensée. Il Bois de violette, Nom donné au bois de palissandre, à cause de sa couleur et de son odeur.

— Par ext. Parfum des flaur3 de la violette odorante : Sentir la violette. Savon parfumé à la violette.

— Encyol. Bot. et hortic. Ce genre, type de la famille des violacées ou violariées, renferme des plantes herbacées, presque acaules, rarement sous- frutescentes, a feuilles alternes, pétiolées et munies de stipules, à fleurs irrégulières, portées sur des pédoncules axillaires courbés au sommet. U comprend plus de deux cents espèces, répandues surtout dans les régions tempérées de l'hémisphère nord, plus rares sous la zone tropicale ou dans l'hémisphère austral. La plus célèbre est sans contredit la violette odorante, qui de tout temps a été chantée par les poêles comme l'emblème de la modestie. C'est à cette espèce que se rapporte presque toat ce qu'on a dit ou écrit sur la violette désignée d'une manière générale. Nous la trouvons mentionnée ou décrite dès la plus haute antiquité, bien que sous le' même nom on ait confondu aussi d'autres plantes. Les anciens attribuaient à la violette une oriyino merveilleuse. « Les uns, dit M. Hœfer, profitant du nom d'ion qu'elle avait reçu des Grecs, ontavancé que Jupiter, ayant métamorphosé en génisse la belle Io, ht naître la violette pour lui procurer une pâture digne d'elle. D'autres supposent que Jupiter, visitant l'Ionie, une nymphe de cette contrée vint offrir à. ce dieu une violette, comme lu fleur la plus chérie de ce pays; de là vient qu'elle était en grande vénération chez les Athéniens, qui se croyaient descendus des Ioniens. » Les Grecs et les Celtes en décoraient la couche de la beauté et le cercueil des jeunes tilles, usage qui s'est conservé en Allemagne jusqu'à nos jours. Les Athéniens s'en couronnaient lu tête dans les festins, croyant qu'elle empêchait l'ivresse. Virgile, quand il pleure la mort de Dapbnis, nous peint, dans le deuil dH la nature, la violette remplacée dans les campagnes par le chardon. Au moyen âge, nous voyons la violette figurer parmi les fleurs destinées par Clémence Isaure à couronner les vainqueurs du gai savoir, et l'historien Froisaart faire trêve à des trayaux plus sérieux pour mettre en vers le plaidoyer de la violette et de l'œillet. Qui croirait qu'à une époque assez rapprochée de nous, cette fleur modeste, mêlée malgré elle à la politique, est devenue le signe de ralliement d'un parti? Sous la deuxième Restauration, elle a été l'emblème du bonapartisme, parce que Napoléon était revenu de l'île d'Elbe en mars, saison des violettes.

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La violette odorante est une plante vivace, à rhizome rampant, noueux, rameux, blanchâtre, muni de nombreuses radicelles fibreuses et chevelues. Les feuilles, toutes radicales ou naissant sur des stolons radicaux trèslongs, croissent par touifes et présentent, à l'extrémité d'un long pétiole, un limbe ovale, arrondi, échancré à la base ou rémforme, d'un vert foncé. Les fleurs, que tout le monde connaît, présentent ordinairement la couleur caractéristique que leur nom rappelle ; plus rarement elles sont d'un bleu pourpré ou même blanches. Leur odeur est des plus suaves. Cette plante est très-répandue en Europe ; elle croît dans les bois, les baies, les buissons, les lieux herbeux ou ombragés, et on la cultive fréquemment dans les jardins, où elle forme de charmantes bordures.

La violeile a produit d'assez nombreuses variétés, dont la fleur peut être bleue, violette , rose ou blanche, simple ou double et plus ou moins grande. Quelques-unes de ces variétés se distinguent assez nettement du typa pour avoir été élevées au rang d'espèces par quelques auteurs; en tout cas, elles méritent une mention spéciale. La violette des quatre saisons diffère de la violette des bois par sa fleur un peu plus grande et plus odorante, mais surtout en ce qu'elle refleurit à diverses époques de l'année, notamment à partir do septembre, et au printemps jusqu'en avril, parfois même en été, aux expositions fraîches et ombragées. « Sa floraison, disent MM. Vilmorin, ne discontinuera même pas de tout l'hiver sur les pieds cultivés en plein air qui se trouveront placés aux expositions chaudes et abritées, surtout lorsque la température sera douce ; mais la floraison d'hiver pourra être assurée contre toute éventualité si on a le soin soit de couvrir de châssis les pieds cultivés eu pleine terre, soit de les lever en motte et de les transplanter sous châssis ou dans des pots et de les soumettre à une culture forcée. » 11 y a aussi une sous-variété de la violette des quatre saisons à fleurs blanches, connue sous le nom de violette de Champldtreux, et une autre, plus remarquable encore, à fleurs doubles. Celle-ci ne trace pas comme les autres ; mais ses souches persistantes prennent un certain développement, s'élèvent au-dessus de terre, se ramilient et ressemblent à de petites tiges, d'où le nom de violette en arbre donné à la plante ; les feuilles sont plus petites que dans le type; les fleurs, au contraire, sont plus grandes et d'un violet noirâtre.

La violette de Parme a aussi des feuilles petites, mais luisantes et d'un vert gai; des fleurs grandes, larges, très-pleines, d'un bleu pâle grisâtre ou d'un bleu très-tendre, avec un peu de blauc au fond; elles ont une odeur très-agréable, mais qui diffère sensiblement de celle des autres violettes. Cette variété est assez délicate; propre aux régions méridionales, elle gèle ou pourrit parfois sous nos climats; on doit deue la planter de préférence dans les terrains les plus sains, aux expositions chaudes et abritées, au midi ou au levant, et la protéger en hiver contre les grands froids. Elle fleurit en septembre et plus abondamment au printemps, mais on peut la forcer de manière à obtenir des fleurs durant tout l'hiver. Ces fleurs sont très-recherchées et ont toujours une valeur bieu supérieure a celle des autres variétés; on leseiuploie surtout pour la confection des bouquets. La violette de Bruneau est encore une jolie et curieuse variété, à fleurs doubles, très-odorantes, à pétales extérieurs violets, taudis que les pétales intérieurs, formant un cteur contourné, sont panachés de blanc et de violet rougeàtre.

La violette ordinaire fleurit de très-bonne heure, souvent dès le mois de février; cotte précocité, jointe à l'odeur suave de ses fleurs, à la rusticité de la plante, à la facilité que présentent sa culture et sa propagation, suf- 11 rait pour expliquer sa diffusion dans les jardins ; mais ce ne sont pas là ses seuls avantages. « Au point de vue de l'ornementation, ajoutent MM. Vilmorin , la violette peut être employée dans une foule de circonstances où peu d'autres plantes réussiraient aussi bien. Elle est surtout recommandable pour tapisser les bosquets, la lisière des bois, les pelouses, etc.; elle se plaît particulièrement sous bois, dans les parties peu couvertes et fraîches ; elle réussit aussi très-bien parmi les buissons, dans les haies, en sorte qu'on pourra utiliser ce genre de clôture à sa culture, qui, dans ces couditionsîne demande aucun soin. On un forme des bordures à l'ombre aussi bien qu'au plein soleil; elle garnit les glacis, les talus, les collines; on peut en disséminer quelques pieds sur les grottes, sur les rocailles, sur les ruines, en les plaçant de préférence aux expositions demi-ombragées ou ombragées. »

La violette réussit à peu près dans tous les sols, excepté dans ceux qui Bont secs ou trop humides. On la propage de graines semées aussitôt après leur maturité eu pépinière; mais le plus souvent la plante se resème d'elle-même; il n'y a qu'à relever les jeunes plants au printemps et à les repiquer. Toutefois, le serais n'est guère employé que

Ïiar les horticulteurs de profession qui vouant obtenir de nouvelles variétés. Ordinairement, on multiplie la violette par éclats de pied ou par stolons ; on fait cette opération tous les deux ou trois ans et à presque toutes les époques de l'année, mais de préférence

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au printemps ou à la fin de l'été et en automne. On soumet aussi avec avantage cette plante à la culture forcée, soit en planches, soit en pots.

En agriculture, la violette n'a d'importance que pour les localités où on la cultive en grand. Cette plante abonde quelquefois dans certains pâturages ; tous les bestiaux la broutent avec plaisir, et ses feuilles fauchées ou broutées repoussent très-facilement.

Les autres espèces du même genre se rapprochent plus ou moins de la violette odorante, soit pour le port et les caractères, soit pour les propriétés médicales, soit pour le mode de culture. Nous nous contenterons de nommer les violettes canine, de Rouen, du Canada, à feuilles en cornet, à feuilles palmées, éperonnée, à deux fleurs, clandestine, à feuilles de polygala, à neuf graines, etc. C'est encore à ce genre qu'appartiennent deux espèces bien célèbres qui, si elles sont sans odeur, permettent à l'horticulture d'en obtenir ce que l'imagination peut concevoir de plus riche en variétés et en couleurs vives; ce sont les violetiestricolOreet de l'Altaï, plus connues sous le nom de pensée. V. ce mot.

— Thérap., Pharm., Art culin. et Parfum. On emploie fréquemment en médecine les fleurs de la violette, quelquefois aussi ses rhizomes ou racines, ses feuilles et ses fruits ou capsules. Les premières ont donné à l'analyse chimique deux acides, du sucre, de la cire, de la chaux, du fer, une matière colorante bleue, rougie par les acides, verdie par les alcalis, et dont on fait un usage journalier comme réactif. Leur principe odorant, suave et doux, mais assez fugace, ne peut être obtenu par distillation ; il faut recourir à l'enfleurage, c'est-à-dire au plantage des fleurs dans un vase plein d'une graisse qui se charge de leur odeur. Les diverses parties de cette plante, et surtout les rhizomes, fournissent une poudre blanche, acre, nauséeuse, analogue à l'émétine et qu'on a nommée viotine ou émëtine indigène. On récolte les rhizomes à l'automne, les feuilles en juin et juillet, les fleurs en mars, par un temps sec et dans la matinée, les fruits un peu avant leur débiscence.

Les fleurs forment un article important du commerce de l'herboristerie, et elles sont d'autant plus estimées que leur dessiccation a été opérée avec plus de soin et n'en a pas altéré les principales qualités, savoir : de retenir une belle couleur et un reste d'odeur ou plutôt d'acquérir une nouvelle odeur particulière et agréable. Pour parvenir à ce but, on doit faire sécher rapidement les violettes soit dans une étuve, soit en les exposant a un courant d'air très-sec. On a renoncé avec raison au procédé recommandé par quelques personnes eu vue d'enlever à ces fleurs une matière verte ou mucilagineuse qui les dispose à la fermentation. Ce procédé consistait à les arroser préalablement d'eau chaude; mais on conçoit que les pétales ainsi mouillés et collés les uns contre les autres se dessèchent plus lentement et conséquemraent subissent plus d'altération que si on les fait sécher en se bornant k les priver de leurs parties accessoires. Une fois sèches, les fleurs de violette doivent être déposées dans des flacons bien secs, alors qu'elles sont encore chaudes et friables. Depuis quelques années, on dessèche les violettes dans des bains de sable. Berjot, de Cuen, en a exposé des échantillons en 1S67 à Paris, remarquables par leur beauté et la vivacité de leur couleur. Les fleurs les plus employées sont celles de la violette cultivée et de ses nombreuses variétés. Ou leur substitue souvent, sans inconvénient du reste, les Heurs des violu calcarata, sudetica, canina et Autres, qui abondent dans les montagnes subalpines du Dauphiué et du Jura.

Bien que la violette sauvage ait des propriétés plus actives et doive, par conséquent, être préférée, on emploie le plus souvent celle qu'on recueille dans les jardins; la plante est même cultivée en grand pour cet objet dans certains pays, notamment auxenvirons de Paris et de Toulouse. Quelquefois ses fleurs, dans le commerce, sont mélangées à celles d'autres espèces. On les a aussi sophistiquées avec les fleurs de l'ancolie, et on les remplace souvent par les racines ou rhizomes de l'iris de Florence, qui possèdent un aronie analogue. On les fait ordinairement sécher avec, le calice; quant aux feuilles, il est préférable de les employerfraîches.

Quand on administre les fleurs, c'est surtout en infusion théiforme ; on en fait aussi des fumigations et un sirop très-souvent employé'pour édulcorer les tisanes, les potions, etc. Ce sirop est en même temps un bon réactif des qualités acides ou alcalines des liquides avec lesquels on le met en contact. On le prépare avec les pétales des fleurs récentes et inondées de leurs onglets ; ces fleurs sont mises à infuser à la dose de 500 grammes dans 1,000 grammes d'eau distillée bouillante. On passe ensuite avec expression, on laisse déposer, on décante et on ajoute à l'infusion du sucre dans le rapport de 190 de ce dernier pour 100 de liqueur. Depuis quelques années, on ne se sert pour la préparation de ce sirop que des fleurs de violette double, qui donnent un produit plus beau. Le sirop de violettes est souvent employé contre la coqueluche. Il est émollient,

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mais il possède, de plus, une action laxativa et incisive que l'on ne trouve pas dans les sirops simplement mucilagineux.' La tisane de violettes se fait en mettant à infuser 8 grammes de fleurs dans 1 litre d'eau bouillante. Cette tisane est le remède banal des gens de la campagne dans une foule d'indispositions. On emploie quelquefois encore le miel violât. Quant h l'eau distillée des fleurs de violette, elle est à peu près abandonnée aujourd'hui. Ces fleurs sont pectorales, émollientes, adoucissantes, mucilagineuses, légèrement calmantes ; aussi tes administre-t-on avec succès dans toutes les irritations de la poitrine et surtout dans la première période des catarrhes pulmonaires, des angines, des affections exanthématiques et de bien d'autres inflammations. Les anciens les ont préconisées contre l'épilepsie, les affections nerveuses et convulsives, les irritations intestinales, etc. On les a regardées encore comme béchiques, diaphorétiques, vomitives, purgatives, etc. La médecine homœopathique les emploie fréquemment, surtout les fleurs doubles, avec lesquelles on prépare une teinture mère. On les remplace quelquefois par les fleurs pectorales douces.

Les feuilles sont souvent employées à l'extérieur en décoction, en fomentations ou en lavements comme émollientes et en cataplasmes comme maturatives. On a employé comme purgatif l'infusion des fruits du mieux des graines; mais ce médicament est aujourd'hui inusité. La racine s'emploie en décoction ou en poudre; elle possède des propriétés émétiques, mais assez faibles et incertaines; préconisée par quelques auteurs comme le meilleur succédané de l'ipécacuaua, auquel elle ressemble pour la forme et la structure, elle est en réalité bien inférieure à celui-ci. Sa vertu réside dans la partie corticale. On l'administre dans les mêmes circonstances', mais on a soin d'élever la dose. Ces propriétés vomitives des rhizomes de violette sont, au reste, connues depuis longtemps. Pendant la campagne d'Egypte, l'ipéca ayant manqué, Bouillon, Lagrange et Boudet le remplacèrent par la racine de violette pulvérisée, aux doses de 2 à 4 grammes en décoc-tiou et en infusion. Coste et Willeinet ont constaté, d'autre part, que cette racine est antidysseutérique. Enfin la poudre de ce rhizome, appliquée sur les muqueuses ou sur la peau dénudée, produit les même accidents inflammatoires que celle de l'ipécacuana, et les tiges, suivant quelques praticiens, sont aussi, quoique plus faiblement, purgatives et vomitives. La violette clandestine est employée, en Pensylvanie, pour la guérison des plaies.

On prépare, dans quelques pays, des gâteaux aux fleurs de violette, d'un goût agréable, et une conserve sucrée ou miellée qui a les mêmes propriétés que le sirop de violettes. Ces fleurs servent aussi à colorer l'eau- devie et les sucreries. Les usages de \a.violette en parfumerie sont suffisamment connus.

Violette (la), opéra-comique en trois actes, musique de Carafa et Leboine ; représenté à l'Opèra-Comique le 7 octobre 1828. Le livret a été écrit par Planard, d'après le roman du comte de Tressan intitulé : Gérard de Nevers. Tout en applaudissant à la facilité mélodique du compositeur, on peut lui reprocher d'avoir laissé, dans cet ouvrage, trop de traces de négligence. Un des motifs de la Violette a servi de thèmu à des variations brillantes, composées pour le piano par Henri Herz ; ces variations ont fait le tour du monde. On ne connaît plus depuis longtemps l'opéra que par le morceau de piano.

VIOLETTE, type de suivante, dans les comédies italiennes. -Ce type, variante de celui de Colombine, fut créé en 1716, à Paris, par Marguerite Rusca. Elle était l'amante obligée d'Arlequin; mais son rôle a fini par se perdre et se noyer dans celui de Colombine, qui a prévalu dans la comédie italienne francisée.

VIOLETTE s. f. (vi-o-lè te — diinin. de viole). Mus. Petite viole.

VIOLEUR, EUSE s. (vi-o-Ieur, eu-ze — rad. violer). Personne qui viole : Un violeur de filles,

VIOL1CEMBALO s. m. (vi-o-H-sain-ba-lo — de viole, et de cymbale). Mus. Sorte de clavecin dont les cordes sont eu boyau.

— Encycl. Cet instrument fut inventé par Jean Haydn , de Nuremberg, en 1609. La forme extérieure du violicembalo est celle d'un piano à queue avec le clavier de six octaves. Les cordes sont toutes harmoniques, c'est-à-dire eu boyaux ; il n'y a qu'une seule corde pour chaque touche. La grosseur des cordes varie selon le but qu'elles sont destinées à remplir; seulement, les six premières dans la contre-basse sont tordues. Ces cordes portent parfaitement l'accord, sans recourir a. une extrême tension; aussi ontelles l'avantage de rester longtemps d'accord, Bans avoir l'inconvénient de se briser facilement. Un levier sur l'extrémité de la touche s'élève horizontalement; ce levier, coulant et obéissant à la main, fait l'office d'élever la corde et de la présenter à l'archet ; il la presse entre sa téta d'ivoire et une barre garnie d'une grosse peau de cerf étendue horizontalement au-dessus. Il faut observer ici : 1° que l'ivoire du levier et la peau de la barre représentent la touche du violon, du violoncelle, etc., et le doigt de

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l'exécutant; 2° que ce levier fixe le point d'accord convenable à la corde en diminuant son étendue naturelle, car cet accord ne pourrait être fixé dans l'état horizontal de la corde elle-même, comme dans les pianos ; 3° que le levier, en tournant sur un point fixe, affermi par un ressort qui, cependant, le laisse libre lorsqu'il commence à se mettre en action, annule l'inconvénient de donner plus d'étendue à la corde, qui deviendrait fausse, et de l'user par une même action trop souvent répétée. L'archet, qui, dans le violicembalo, tire le son des cordes, est composé de fils de soie, cousus à leurs extrémités sur un tissu de laine un peu élevé vers le milieu. Cet archet, étendu horizontalement sur les cordes d'un côté à l'autre de la table d'harmonie , tourne continuellement autour de deux petits cylindres de métal placés aux deux extrémités. Le mouvement de l'archet est imprimé par le pied droit du joueur, qui fait mouvoir une pédale élevée du sol d'environ OffljlÔ; cette pédale communique avec l'archet par le moyen d'une roue en bois placée à la gauche de l'exécutant.

La roue n'est pas apparente, la partie antérieure de l'instrument étant renfermée dans toute sa hauteur pour ne pas être disgracieuse.

Le son se prolonge, dans le violicembalo, autant de temps que la touche est abaissée, et le degré de sa force dépend de la plus ou moins grande pression exercée sur la touche.

VIOLIER s. m. (vi-o-li-é — rad. violette). Bot. Nom vulgaire des violettes :

Bans les dédales verts qui formaient ces halliers, L'herbe tendre, le thym, les humbles violiers Présentaient aux troupeaux une pâture exquise. La Fontaine.

Il Nom vulgaire des giroflées et des maithioles : Je cueillis des violiers jaunes dans les crevasses des pierres fatidiques de l'observatoire de Catherine de Médicis. (G. Saud.) Il

Violier bulbeux, Violier d'hiuer, Noms vulgaires de la perce-neige.

VIOLIER s. m. (vi-o-li-é — rad. viole). Joueur de viole. Il Vieux mot.

Violier de* histoire* romaines (LIi), recueil de contes et de fabliaux empruntés pour la plupart aux Gesta Jïomanorum. Cette compilation date du commencement du xvie siècle ; Al. G. Brunet en a donné une édition récente dans la collection elzévirienne (1 vol. in-12). Ce livre, longtemps oublié, mais si goûté de nos pères, a dans cette édition cent quarante-neuf chapitres, formant chacun un récit distinct ; c'est à peine le tiers de ce qu'offre le recueil complet dans les versions allemandes ou italiennes. Inutile d'ajouter que, malgré le titre d'Histoires, l'anachronisme abonde et la fantaisie règne eu maîtresse. L'écrivain met sans façon Pompée et César au nombre des empereurs romains^ plus loin, il fait de César un contemporain , de Romulus ; Alexandre, Socrate et Marc- Aurèle ont ensemble les relations les plus amicales. Toutefois, la naïveté du langage, une certaine malice bouffonne, de« détails d'observation perdus au milieu d'un conte prolixe charment encore le lecteur. Voici l'un de ces contes, le Venin du péché (xie eh.), qui est ass*z curieux et dont un romancier américain contemporain, Ha-wtorne, a tiré une nouvelle saisissante, à la façon d'Edgar Poe. i Alexandre de Macédoine régna grandement riche, qui avoit pour maître le grant docteur Aristote, l'euseignant en toute doctrine. Cecy oyant, la royne d'Aquillon fist sa fille nourrir de venin, depuis l'heure de sa nativité. Et comme elle fut en l'aage légitime parveuue, tant es toit belle que c'estoit merveilles, tant trescendoit en beaulté que plusieurs en furent infeetz et folz. La royne sa mère l'envoya au roy Alexandre pour en faire sa concubine. Dès quant il l'eut veue, soudainement il fut prins et navré de son amour et vouloit dormir avec elle ; mais Aristote, ce cognoissant, luy dist : Ne faictes ces choses, empereur, car se vous le faictes, dès aussitost vous mourrez et expirerez vos jours pour ce qu'elle a e^tô tout le temps de sa vie de poison alimentée. Je le veux prouver, dit Aristote : cy .près est aulcun malfaiteur qui doit mourir selon la loi pour offense par luy commise ; ordonnez qu'il donne, s'il vous plaist, avec elle pour voir s'il est vraye qu'elle soit empoisonnée. Cela fut faict. Le malfaicteur coucha avec la fille devant tous et incontinent cheut mort et opprimé. » Nos ancêtres avaient l'imagination riche, singulièrement égrillarde et ne reculaient pas devant la crudité de l'expression, comme on voit. On trouvera une traduction de la nouvelle d'Hawtorne dans le feuilleton du Moniteur du 14 septembre 1857.

VIOLINE s. f. (vi-o-li-ne — du lat. viola, violette). Chim. Alcali extrait des fleurs de la vio lette odorante.

VIOLINISTE s. m. (vi-o-li-ni-ste — de J'ital. vioiino, violon). Mus. Se dit quelquefois pour VIOLONISTE.

VIOLIQUE adj. (vi-oli-ke — du lat. viola, violette). Chim. Se dit d'un acide extrait des fleurs de la violette commune.

VIOLIR v. n. ou intr. (vi-o-lir — du lat. viola, violette). Devenir violet : A ces mots, je vis cette femme rougir, pâlir, violir et bleuir de raye. (R. de La Bretonne.) Il Inus.

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VIOLISTE s. m. (vi-o-li-ste). Mus. Joueur de viole.

VIOLLET-LE-DUC (Emmanuel-L.-Nicolns), littérateur, né à Paris en 1781, mort à Fontainebleau en 1857. 11 débuta par des poésies, collabora ensuite au Lycée français, à YEncyctopédie portative, au Dictionnaire de la conversation, puis fut chargé d'administrer les biens de la princesse Adélaïde, sœur de Louis- Philippe. Après la révolution de 1S4S, il vendit une partie de sa bibliothèque et se retira à Fontainebleau. Nous citerons de lui : Nouvel art poétique (1809) ; l'Art de parvenir (1817) ; Précis d'un traité de poétique (1829) ; Précis de l'art dramatique (1S30); Bibliothè~ que poétique (1843-1817, % vol.), catalogua raisonné de morceaux de poésie curieux depuis le xi»o siècle, qu'on peut consulter avec fruit, etc. On lui doit, en outre, de bonnes éditions de lîotrou (18.2,0, 5 vol. in-S°), de Boileau (1821, 4 vol. in-18), de Régnier (1822), avec une excellente introduction intitulée : Histoire de la satire en France. Enfin, il a publié dans la Bibliothèque elzévirienne, de janet, Six mois de la vie d'un jeune homme, sorte de roman autobiographique, et l'Ancien théâtre français (1855, 3 vol. in-12).

VIOLLET-LE-DUC(Eugène-Emmanuel), célèbre architecte, archéologue et écrivain, lits du précédent, né à Paris le 27 janvier 18U. Il prit des leçons d'Achille Leciére et s'adonna de bonne heure à l'étude de l'architecture du moyen âge, pour laquelle il se prit de passion. A vingt ans, il envoya au Salon quelques études remarquables, puis il partit en 1S36 pour l'Italie, visita ensuite la Sicile, étudia particulièrement l'art grec et romain, et revint à Paris en 1 837. Le jeune architecte parcourut ensuite une partie de la France, en dessinant les monuments qui lui semblaient les plus remarquables. Son érudition archéologique lui valut d être attaché en 1840, comme inspecteur, aux travaux de restauration de la Sainte-Chapelle, dirigés par Duban. Cette même année, la commission des monuments historiques le chargea de restaurer l'église abbatiale de Vézelay, puis il restaura successivement l'église de Saint-Père, à Montreale (Yonne), l'hôtel de ville de Saint-Anionin (Tarn-et-Garonne), celui de Narbomie, les églises de Poissy (Seinect-Oise), de Saint-Nuzaire de Carcassonue, de Semur (Côte-d'Oi). Ces diveiS travaux eurent un grand retentissement. En 1845, il obtint, au concours, la restauration de Notre- Dame du Paris, conjointement avec M. Lassu*. Ce travail important, et qui fut remarqué comme il le méritait, le lit appeler en 1846 aux fonctions d'architecte de l'abbaye de Saint-Denis. Eu 1849, la restauration des fortifications de Carcassonne, les embellissements de la cathédrale d'Amiens et de la salle synodale de Sens montrèrent tout ce qu'il y avait d'aptitudes diverses dans son talent vigoureusement développé. M. Viollet- Ie-Duc, à cette époque déjà, a'était acquis une place enviée à la tête des artistes les plus distingués du temps par ses constructions d'un goût parfait, pendant que, d'un autre côté, il s'affirmait le premier archéologue contemporain. En 1853, un décret le nomma inspecteur général du service diocésain un France et lui donna ainsi la haute main sur une partie des basiliques de France. C'est en cette dernière qualité qu'il a restauré, avec autant de talent que de bonheur, Notre-Dame de Châlons-sur-Marne, la cathédrale de Laon et le château de Pierrefonds, si justement admiré. Eu 1863, il fut nommé professeur d'histoire de l'art et d'esthétique à l'Ecole des beaux-arts, que le maréchal Vaillant venait de réorganiser; mais l'année suivante il donna sa démission. Tout en s'adonnant à des travaux si multiples, il publiait des ouvrages que nous mentionnerons plus loin et qui augmentaient encore sa réputation. Au début du siège de Paris en 1870, il organisa la légion auxiliaire du génie, composée du service de M. Alphand, qui en devint colonel, des architectes et ouvriers du bâtiment. M. Viollet-le-Ûuc fut chargé, avec le titre de lieutenant-colonel, de tout le service extérieur. 11 déploya dans ce poste au tantd'énergieque d'activité eleoutribua puis samment aux travaux de la défense. Jusqu'à celte époque, il avait été simplement un savant archéologue, un émineut architecte, aussi bien en cour sous Louis-Philippe que sous Napoléon III; mais, à partir de la guerre, il s'occupa de politique, comprenant, selon son expression, que c'était un devoir pour tous et que la République était devenue le seul gouvernement possible. En même temps, il continua ses travaux d'architecture, fut chargé de la construction de la cathédrale protestante de Lausanne et restaura pour le comte de Paris le château d'Eu. En janvier 1874, il combattit dans une lettre un mémoire de M. Rouher, relativement au musée chinois du palais de Fontainebleau et au musée d'armes du château de Pierrefonds. Peu après s'étant, dans une autre lettre, déclaré libre penseur, il excita contre lui les clameurs du clergé et donna sa démission d'inspecteur général des édifices diocésains, fonctions dans lesquelles il eut pour successeur, à Paris, M. Ballu (B juillet 1874). 11 cessa, en outre, par ordre de M. de Cuinont, d'être architecte des cathédrales d'Amiens, de Clerniont, de Reims et de Paris, et ne conserva que la fonction d'architecte de Saint-Denis,

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relevant de la commission des monuments historiques. Aux élections municipales du 29 novembre 1874, il posa sa candidature républicaine dans la quartier Montmartre contre celle de M. Perriu, et fut élu par 2,009 voix contre 1,526 données à son concurrent. A l'époque des élections législatives du 20 février 1876, il présida un comité de républicains radicaux, qui repoussa la candidature de M. Thiers et décida de voter avec des bulletins blancs.

Indépendamment d'un grand nombre de dessins exécutés [jour ses ouvrages, M. Viollet-le-Duc a exposé aux Salons des aquarelles et des de>sins remarquables qui lui ont valu une 3» médaille en 1834, une 2^ en 1838 et une lr« à l'Exposition universelle de 1855, Nous citerons surtout : Façade d'une maison du xve siècle, Cheminée du xvie siècle, Vues des Pyrénées (1834) ; Façade de l'ancienne chambre des comptes, le Banquet des dames au théâtre des Tuileries (1836) ; Vues des culhédrates de Païenne, de Saiut:Marc, à Venise, d'une chujielle de cette dernière église ; Fragments du Forum de 7'rajan,à fiome(1838); Théâtreantique de Taormine, Vue restaurée du théâtre et de la ville de Taormine (1810); le Baptême du comte de Paris d Notre-Dame (1842); Fortifications de Carcassonne ( 17 dessins) , V Eglise Suint- Nuzuire de celte ville (4 dessins), l'Ancienne église des Jacobins de Toulouse (D des-, siris), Satie synodale de Sens (4 dessins), YEglise de Ncumj-Saint- Sépulcre (3 dessins), k l'Exposition universelle de 1855; Restauration du château de Pierrefonds (1875).

Comme écrivain, M. Viollet-Ie-Duc a fait preuve d'un grand talent, d'une érudition rare, et beaucoup de ses ouvrages comptent parmi les meilleurs du genre. Ils se distinguent par la lumineuse clarté de l'exposition, pur l'esprit de méthode, par un style animé et attrayant, qu'on trouve particulièrement dans les livres où, dopuis quelques années, il s'est attaché k vulgariser au moyeu de la plume et du crayon lu théorie et l'histoire de l'architecture. Indépendamment d'un grand nombre d'articles sur les arts publiés dans le Moniteur, les Débats, le X/AB sièclr, etc. ; outre des notices dans les Monuments anciens et modernes de Gailltubaud, etc., on doit k ce savant artiste, dont le fonds de connaissances est pour ainsi dire inépuisable : Dictionnaire raisonné de l'architecture française du xi« au xvie siècle (Paris, 1854-1869, lo" vol. in-8°), magnifique ouvrage, illustré de gravures ; Essai sur t' architecture mitilaire au moyen âge (1854, in-80); Dictionnaire raisonné du mobilier français de l'époque carlovinoietine à la Renaissance (1855, i»-S°) ; Description de Notre-Dame de Paris (1856, iu-8u), avec M. Guilheniiy ; Lettres adressées d'Allemagne à M. Lance (1856, in-8»); Description du château de Pierrefonds (1857, in-80j; Description du château de Coucy (1858); Entretiens sur l architecture (1858-1868, 2 vol. iu-8°), avec atlas ; Lettres sur la Sicile (1860, in-8u); Cités et ruines américaines (1862, in-8<>, avec atlas), magnifique ouvrage en collaboration avec MM. Ferdinand Denis et Charnay ; Intervention de l'Etat dans l'enseignement des beaux-arts (1864, in-8u); Réponse à M. Vitet à projios de l'enseignement des arts et du dessin (1865, in-8<J)) Chapelles de Notre-Dame de Paris (1867-1868, in-fol., avec planches), en collaboration avec M. Duradon ; Mémoire sur la défense de Paris (1871, in-8<>), avec atlas ; Simple dialogue pour servir d'introduction au Mémoire sur la défense de Paris (1871, iu-8°); Histoire d'une maison (1873, in -8°); Histoire d'une forteresse (1874, in-8"); Exposé des faits relatifs à ta transaction passée entre le gouvernement français et l'ancienne liste civite (1874, in-S0); histoire de l'habitation humaine dans les temps préhistoriques ( 1875, iu-8°); la Fortification passagère dans tes guerres actuelles (1875, in-8u).

Décoré de la Légion d'honneur en 1849, M. Viullut-le-Duo a été promu ot'ticier en 1858 et commandeur en 1869. 11 est depuis 1863 membre de l'Académie royale des beaux-arts de Belgique.

VIOLLET-LE-DUC (Adolphe-Etienne), peintre, frère du précédent, né a Paris eu 1817. Elevé de Léon Fleury, il s'est adonné au paysage et a visité à diverses reprises l'Italie et le midi de la France. Depuis 1844, M. Viollet-le-Duo a exposé de nombreux tableaux aux Salons de peinture. Ses œuvres se recommandent par un faire large, uue exécution simple, une couleur vraie et un sentiment réel de la nature. 11 a obtenu des médailles en 1852, l86l'et 1870. Nous citerons, parmi ses toiles : Vue de Nice (1844); Souvenirs de Normandie, Souvenirs du Piémont (1845); Vue sur la route de Nice, Enoiro>is de Paris (1846) ; Bords du lac de Nemi (1848) ; Vue du lac de Nemi et du village de Genzano (1849); Une ailée de noyers à Fontenay-aux- Roses (1850); Souvenirs de ta vitta Roiyhèse (1852); le Luc Nemi (1853) ; Bords du Loir, Châtaignier à Auruy ^857) ; Grandes eaux à Saint-Cloud, Souvenirs de Sicile (1859); Vue de Nice, Eglise et couvent de Galloro (1861); Bois des Metz, lo Coche (1863); Vue de Cannes et des iles Sainte-Marguerite (1864); Chénes-liéges (1865); Vue d'Antibes, Un déjeuner

!1866); Une clairière (1867); \a.Vatlée de Jouy 1868); le Village et le ravin de Saint-Janet (1869) ; la Vallée de Jouy (1870), un de ses meilleurs tableaux ; la Vallée de Jouy et les coteaux de Saiul-fdarc{\%12); \aslles d' Qyè-

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res, Aux environs de Cannes (1874); la Ferme du Mont (1875); Aqueduc de Bue, le Calvaire d'Yport (1876).

VIOLON s. m. (vi-o-lon — ital. violone, mot dérivé de viola, corrélatif du français viole, V. ce mot. Quant au nom de violon appliqué à une prison, nous en trouvons une explication assez curieuse dansun feuilleton du journal le Droit. Il parait que du temps de Louis XI les nombreux plaideurs qui assiégeaient le temple de Thétnis amenaient avec eux une multitude de gens qui se répandaient dans la salle des pas perdus. Des bandes de spadassins , de clercs et jnèrne d'écoliers venaient se joindre à cette foule et causaient un tumulte journalier. Pour y remédier, un bailli du palais destina une salle basse de la Conciergerie à enfermer temporairement, et seulement pendant les audiences, les plus mutins de cette tourbe de polissons de toutes castes. Seulement, comme cette jeunesse n'avait point maille à partir avec la justice, le bon bailli voulut qu'un violon restât constamment suspendu aux murailles de la prison, pour que les captifs de quelques heures pussent se divertir honnêtement.' Le mot violon ne parait pas aussi ancien que cette explication le' ferait supposer. De plus, on a dit psaltérion avant de dire violon , dans le sens de prison, et il est prouvé que psaltérion a été dit aussi d'un instrument de gène où l'on serrait autrefois les pieds des prisonniers récalcitrants. Le nom de cet instrument de discipline a pu facilement passer à la prison. Quant à son assimilation k un psaltérion, elle a pu se faire par une ressemblance de forme, peut-être aussi parce que l'instrument faisait chanter, c'est-à-dire geindre le patient). Mus. Instrument de musique k quatre cordes, dont on joue avec un archet : Jouer du violon. Tel violon se vend vingtcinq mille francs, et tel autrevingt-cinq francs. (E. de Gir.) u Artiste qui joue du violon : Un premier, un second violon de l'Opéra. Leclair est un célèbre violon désigné comme le successeur de Rameau. (Griinin.) Il Jeu d'orgue k tuyaux. Il Violon d'amour, Violon ordinaire auquel on ajoute quatre cordes de laiton. Il Violon d'auteur, Violon dû à un ancien facteur en renom. Il Symphonie , concert de violon, Symphonie, concert où le violon fait la principale partie.

— Homme sot, impertinent :

Vous êtes, Colletet, un plaisant violon.

[Comédie des Académiciens.) Il Vieux en ce sens.

— Pop. Prison de police qui est contiguBà un poste ou à un corps de garde, et où l'on conduit provisoirement les personnes qui troublent l'ordre public ou qui ont commis quelque crime ou délit dans le voisinage : Se faire mettre au violon. Etre conduit au VIOLON.

— Violon de bourrique, Bàtou, parce qu'il fait danser, met en mouvement les bourri-

— Etre sec comme un violon, Eire très- sec, très -maigre. On disait autrefois être sise

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