‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 15Chapitre 747 sur 1042 · VION · texte numérisé non relu

VION

paraît avoir porté l'art de jouer du violon à ses dernières limites, a

Le nom de Paçanini nous amène à parler des violonistes mêmes, maintenant que nous avons fait connaître la pratique de leur exécution et les obstacles qu'ils ont à vaincre ; car on a dit avec- raison que le violon est, de tous les instruments, le plus difficile à jouer. C'est en Italie que se forma la première école de violon. Cette école eut pour initiateur le célèbre Arcangelo Corelli, qui vécut à la fin du xvnc et au commencement du xvme siècle, et dont les sonates et les concertos sont encore considérés comme des modèles classiques. Après lui vinrentVivaldi et Tartini, ce dernier si justement fameux et dont la renommée fut européenne; puis Nardini, Pugnani, Geminiani, Locatelii, Campagnoii, Galleazzi , Bruni, Mestrino, Porpora, Puppo; puis encore Lolli, Barbella, Diana, Borra, Olivieri, Molino, Traversa, Borghi et enfin le sublime Viotti. C'est cette école qui donna naissance à l'école française; si admirable elle-même et d'un caractère tout difFérent. Dans des temps plus rapprochés, l'Italie produisit le virtuose incomparable qui eut nom Puganini et qui, par le lait de facultés exceptionnelles, poussa si loin les bornes de la difficulté vaincue, que jusqu'à ce jour il n'a pu être non-seulement dépassé, mais atteint. Un peu après lui se produisirent les deux sœurs Milanollo, dont 1 aînée surtout, Teresa, avait un jeu admirable et touchant. Depuis lors, plusieurs violonistes italiens ont obtenu des succès, entre autres MM. Camillo Sivori, Sighicelli, Antonio Bazzini; mais on peut dire que l'Italie est bien déchue sous ce rapport et ne possède plus d'école.

Quant à l'école française, puissante, variée, élégante et noble, elle a été, on peut le dire, l'une des gloires de l'art national. Nous ne voulons parler ni de Baptiste , ni de Guignon, ni de Mondonville, ni de Duinanoir, violonistes nubiles sans doute, mais de peu de portée cependant. Notre école commence en réalitéNà Leclair, qui vivait dans les premières années du xviii» siècle, pour aboutir à Al. Léonard. M. Fétis en a présenté un très-bon tableau, que nous allons reproduire

« Les violonistes français, dit-il, sont célèbres dans toute l'Europe depuis plus d'un siècle. Leclair, dont la manière appartenait à l'école de Corelli, fut le premier qui parvint à lutter sans désavantage avec les grands artistes italiens. La musique qu'il composa pour son instrument fut considérée longtemps comme un modèle classique; elle n'est pas sans difficulté pour les violonistes de nos jours, malgré les progrès immenses qu'on a faits dans l'art de jouer du violon. éuillemain, Pagin et quelques autres qui vinrent après Leclair eurent plus de grâce dans leur jeu, mais moins de largeur dans le style et dans le son. Gaviniès, qu'on a surnommé le Tartini français, fut digne de ce surnom par les grandes proportions de son jeu. L'art du maniement de l'archet, qu'on avait négligé en France jusqu'à lui, pour s'occuper de la main gauche, attira sou attention, et il acquit une habileté que Viotti lui-même admirait. Les études qu'il a publiées, sous le titre des Vingt-quatre matinées, resteront comme un monument de son talent.

■ Après commence ce qu'on peut appeler l'école moderne. Kreutzer (Rodolphe), Kode et Baillot en sont les chefs. Le premier n'avait point fait d'études classiques ; mais son heureuse organisation lui révéla le secret d'une sorte de style chevaleresque , brillant, léger et plein de charme. Plus correct, plus pur, le talent de Rode fut un modèle de perfection. Admirable par la justesse de ses intonations et l'art de chanter sur son instrument, il se faisait aussi remarquer par la prestesse de son doigter; on ne pouvait lui reprocher que de manquer un peu de variété dans le maniement de son archet. Les deux grands talents que je viens de citer n'étaient déjà plus que des souvenirs qui appartiennent à l'histoire de l'art, et Baillot, leur contemporain, Baillot, le répertoire vivant de toutes tes traditions classiques de la France et de l'Italie, Baillot, naguère encore debout, brillait de jeunesse et de verve, grandissait avec l'âge et semblait défier à la fois et le siècle qui venait de finir et celui qui s'avançait. C'est à, ce grtind artiste qu'appartient surtout la gloire d'avoir établi en France l'école de violon la plus brillante qu'il y ait eu en Europe, tant par les élèves qu'il a formés que par l'exemple qu'il a donné il'uu mécanisme admirable et du style le plus élevé. Sa variété d'archet était prudigieuse ; mais l'habileté n'était en lui qu'un moyen de seconder ses inspirations, qui étaient toujours profondes ou passionnées. Baillot donnait surtout l'essor à son talent lorsqu'il exécutait la musique des grands maîties; aussi peut-on at'iii mer qu'il fut le plus varié des viotouistes, lor. que dans la même moirée il faisait L-ntendre des quatuors ou des quintettes ce Boecherini, de Haydn, de Mozart, de Beethoven. Chacun de ces compositeurs prenait sous sa main le caractère qui lui appartient, et l'on croyait entendre successivement des viotonistes différents.

Aux trois grands artistes que nous venons de nommer, il faut joindre Lafont, qui, sans avoir ce qu'on nomme communément de l'école, c'est-à-dire une théorie de l'archet et du doigter, s'était fait, par un travail ussidu,

un jeu remarquable sous le rapport de la justesse, de la douceur des sons et du fini. Les violonistes^ dont il vient d'être ici question ont formé une multitude d'élèves, qui sont devenus des artistes distingués et qui assurent aux orchestres français une supériorité incontestable. \

Dans les énumérations faites par M. Fétis, ce critique a oublié Cartier, qui fut aussi un grand violoniste et qui a laissé les souvenirs d'un artiste de premier ordre. On doit citer aussi, pour le commencement de ce siècle, quelques virtuoses vraiment remarquables:

Blasius , Bertheaume, Guénin, La Houssuye,etc. Parmi les disciples des artistes mentionnés ci-dessus, il faut distinguer surtout Habeneck, Mazas, Thys, Haumann, Labarre, Libon. Aujourd'hui, quoique notre école de violon soit moins florissante que jadis, elle est brillante encore, et les noms de MM. Alard, Charles Dancla, Maurin, Armingaud, Charles Lamoureux, Garcin, sont là pour l'affirmer. L'Italie et la France avaient mis en ligne des artistes admirables, que l'Allemagne ne possédait pas encore un violoniste digne.de ce nom, à l'exception de Jarnowick, qui se fit entendre au Concert spirituel avec un succès véritable. L'école allemande finit par se former pourtant et produisit d'abord Stamitz, Stad, Van Malder, Kennis, Fraenjel. Plus tard, le célèbre Louis Spohr se lit remarquer comme virtuose et comme professeur et fit l'éducation d'un grand nombre d'artistes distingués : Molique , Hartmann , Millier, Antoine Bohrer. Puis vinrent Kalliwotla, Maurer, Joaolnm, Ernst, Wilhelmj, Mme Norman -Neruda et quelques autres.

L'école belge fut des plus brillantes, il y a quarante ans, et fournit à l'Europe plusieurs virtuoses d'un talent exceptionnel. Ce fut d'abord Charles de Bériot., le second époux de la Malibran, artiste au jeu souple, élégant et plein de charme ; puis Artot, mort malheureusement trop jeune ; puis Léonard, artiste sérieux, nourri de l'étude. des classiques, et enfin Henri Vieuxtemps, le violoniste qui, par son jeu sévère et par la façon dont il se jouait des difficultés les plus ardues, s'est le plus rapproché de faganini.

L'Angleterre elle-même, sans jamais avoir eu d'école proprement dite, a produit quelques violonistes d'un talent distingué, parmi lesquels il faut citer; Salomon Cramer, père du pianiste de ce nom, Bartheleman, et le grand compositeur Wallace.

Enfin, | our terminer cette longue liste de viutonistes célèbres, nous citerons, pour l'Espagne, le seul artiste d'une vraie valeur auquel ce pays ait donné le jour, Manfredi.

VlolonUie aveugle (lb), tableau de Wilkie; Galerie nationale, à Londres. Un pauvre musicien ambulant, sa femme et deux enfants arrivent dans la demeure d'un habitant de la campagne; on les accueille avec bonté, et l'humble artiste répond à ce bienfait en jouant ses airs les plus gais. Tous les membres de la famille, depuis le vieux grand-père jusqu'aux plus petits enfants, laissent de leur côté leurs occupations diverses et se pressent autour du joueur de violon avec la joie la plus franche. Les traits sévères du vieillard s'épanouissent au souvenir du temps passé et ramènent le sourire sur son visage ilétii. Le père, robuste ouvrier, marque la mesure avec son doigt, en même temps qu'il chante et qu'il joue avec l'enfant qui est sur les genoux de sa mère ; la bonne femme a même suspendu les préparatifs du dîner. Un jeune garçon, dans l'excès de sa joie, imite, avec une baguette et le soufflet, les mouvements du ménétrier; sa sœur aînée voudrait bien lui faire des remontrances de cette interruption, si elle pouvait s'empêcher ellemême de sourire à cette espièglerie. On connaît aussi le talent imitateur d'un des jeunes membres de la famille par le dessin naïf cloué sur l'armoire. Les deux autres enfants, ia physionomie .brillante de joie, écoutent avec ravissement ces accords harmonieux, sans pouvoir comprendre comment ils soin produits. « L'ensemble de ce tableau est parfait, dit Duchesne ; les groupes, l'expression, lo clair-obscur et le coloris sont également remarquables. » Il fut peinten 1806, avant que l'artiste eût atteint sa vingtième année, pour ^ir G. Beaumont, qui l'a donné à la Galerie nationale. Il a été gravé avec talent par Burnet et par Réveil.

VIOLURATE s. m. (vi-o-lu-ra-te). Chim.

Sel de l'aciae violurique.

— Encycl. V. VIOLURIQUK.

VIOLURIQUE adj. (vi-o-lu-ri-ke). Chim. Se dit d'un acide de la série urique qui a été découvert par Bœyer, et auquel ce chimiste a encore donné le nom d'acide nitrosoburbiturique,

— Encycl. L'acide violurique ou nitrosobarbiturique

C*H3Az304 = C4H3Az2(Az02)03 est un composé de la série urique. Il se produit : l° par l'action de l'acide azotique, de l'acide azoteux ou d'un azotite métallique sur l'acide byduril:que :

C8II6Az40« + HAzOS

Acide Acide

hydurilique. azotique.

= CWAz30'> + CH12Az20* -)- H20

Acide Alloiuut;. Eau.

violurique.

C«H6Az*OB + KAzO* -}- aHAzO*

Acide Azotite Acide

hydurilique. de potassium, azoteux,

= C4H2KAz30*-r-CM12Az80* + 2H20-|-2AzO

Violurate de AUoxane. Eau. Bioxyde

potassium. d'azote.

?o En même temps que d'autres substances, par la réduction partielle de l'acide dilitutique C*H3Az3Os, lorsqu'on chauffe ce dernier corps avec soin après l'avoir mélangé de glycérine, ou lorsqu'on fait agir une solution de cyanure potassique sur le diliturate ferreux.

— Préparation. Pour préparer l'acide violurique, on chauffe de l'acide hydurilique avec de l'eau et de l'azotate de potassium. Il se forme un violurate de potassium bleu foncé, dont on peut accroître la quantité en ajoutant successivement au liquide de petites quantités d'acide acétique, destiné à neutraliser au fur et à mesure la potasse qui devient libre et qui exercerait une. action décomposante, et de nouvelles quantités d'azotate de potassium. Après filtration de l'eau mère, il reste un résidu de violurate potassique, qu'on lave avec une petite quantité d'eau et qu'on mêle ensuite avec une solution chaude de chlorure barytique. Il se précipite du violurate barytique qu'on recueille, qu'on lave et qu'on décompose par la quantité strictement nécessaire d'acide sulfurique. La liqueur, filtrée, évaporée entre 60° et 70°, donne un poids

d'acide violurique pur qui représente les - du

poids de l'acide hydurilique employé.

L'acide violurique cristallise en octaèdres rhombiques jaunâtres brillants, qui renferment une molécule d'eau de cristallisation. Ces cristaux perdent la moitié de leur eau a 100°. L'eau froide les dissout passablement, l'eau chaude les dissout facilement, l'alcool ne précipite pas la solution.

La solution aqueuse d'acide violurique se recouvre rapidement de moisissures et se décompose à la température de l'ébullition. L'acide sec se décompose également par une forte chaleur en répandant des fumées rouges. L'acide azotique le convertit en acide dilitnrique (nitiobarbiturique).

Le brome, agissant sur sa solution aqueuse, le convertit en bromure d'alloxane ou en acide dtbiomobarbiturique, en même temps qu'il se dégage de l'acide bromhydrique et de l'anhydride azoteux :

2C*H3Az»{AzO)03 + 4Bi-s -f- H«0 Acide violurique. Brome. Eau.

= C*H*Br*Azî03 -f- 4HBr + Az203 Acido dibromo- Acide Anhydride

barbiturique. bromhy- azoteux,

driquii.

Chauffé avec le chlorure de chaux, l'acide violurique donne de la chloropicrine.

Chauffé avec une lessive de potasse caustique, il dégage une petite quantité d'ammoniaque et se convertit en acide hydroviolurique , composé qui n'a pas été étudié jusqu'ici.

Chauffé avec la chaux sodée, il perd la totalité de son azote à l'état d'ammoniaque.

Les agents réducteurs, tels que les acides sulfhydrique et iodhydrique, convertissent l'acide violurique en uramile (acide amidobarbiturique) :

CWfAzOJAzW + 2H2S Acide violurique. Acide

sulfhydrique.

= C'H3(AzH2)Az20» + S* -f HSO Uramile. Soufre. Eaih

Avec le siilike d'ammonium, il donne de l'acide sulfurique et du thionurate d'ammonium.

Avec l'acide diliturique, il se combine directement et donne de la violantine. V, ce mot.

— Violurates. L'acide violurique est monobasique. Il décompose les acétates, mais non les chlorures. Ses sels se distinguent par la grande variété et la beauté de leurs couleurs.

Le violurate d'ammonium

C*H2(AzH*)Az3CH

cristallise en prismes obliques anhydres d'un bleu foncé.

Le sel de potassium C*H«KAz304,H20 forme des lamelles ou des prismes bleu foncé, qui se dissolvent dans l'eau plus facilement à chaud qu'à froid, en donnant une solution bleu foncé. Entre 115° et 120°, ce sel perd son eau et devient d'un bleu verdâtre. Sa solution, additionnée d'un excès de potasse, tourne au rouge, par suite peut-être de la formation d'un sel basique. Une solution de violurate potassique dans l'acide chlorhydrique chaud et concentré laisse déposer, par le refroidissement, le composé

(KCI,C*H3Az304)2,HCl,bHSO.

Ce composé se présente en gros prismes efflorescents brillants et incolores, facilement soiubles dans l'eau, peu solubles dans l'alcool; à 100°, ces cristaux perdent de l'eau et de l'acide chlorhydrique et laissent le composé

KCl.CWAzSO».

Le violurate de sodium forme des nodules rouges, composés de courtes aiguilles, faci-" lemeut solubles dans l'eau chaude.

Le violurate de baryum

C8H4Ba"Az608,6H«0 se précipite eu tables quadratiques brillantes

lorsqu'on ajoute du chlorure de baryum à une solution de violurate poiassique. Ce sel est

Ïiresquo insoluble dans l'eau froide ; il perd a totalité de son eau de cristallisation aux environs de 230".

Le violurate de calcium forme des cristaux rouge brique.

Le sel cuivrique est un précipité vert olive amorphe.

Le sel ferreux prend naissance lorsqu'on ajoute de l'acide violurique à une solution aqueuse d'acétate ferreux; il forme une solution bleu foncé, d'où l'alcool le précipite en tables à six pans douées de l'éclat métallique et facilement solubles dans, l'eau, dans laquelle ils régénèrent la liqueur bleue primitive.

Le sel de plomb C8H*Pb"Az608, 411*0 se forme par double décomposition. Il se présente en petits cristaux rouges, qui se foncent encore en couleur par la dessiccation. On obtient un sel basique rougeâtre (renfermant 68 pour 100 de plomb et 0,5 d'oxygène) en précipitant le violurate de potassium par le sous-acétate de plomb.

Le violurate de magnésium

C8H4Mg"Az«08,6H*0 se sépare parle refroidissement d'un mélange fait à chaud d'acétate de magnésium et d'acide violurique en solution aqueuse. 11 forme des cristaux rhombiquesdurs, brillants, rouge pourpre, qui passent au rouge foncé par la dessiccution. Le sel d'argent est un précipité gélatineux violet.

VlO.llÉML (Antoine-Charles du Houx, baron du), général français, né à Fauconcourt (Vosges) en 1728, mort en 1792. Lieutenant à. quinze ans, capitaine à dix-neuf, il assista au siège de Berg-op-Zoom, où il fut blessé, puis aux campagnes de Hanovre et de Corse, devint maréchal de camp en 1770 et partit alors pour la Pologne, où il combattit dans les rangs des confédérés de Bar et prit part à la défense du château de Cracovie. En 1780, il fut envoyé en Amérique comme commandant eu second, sous les ordres de Rochainbeau, et se signala surtout à la prise de New- York, Promu lieutenant général en 1781 , il fut nommé gouverneur de La Rochelle à son retour en France et, en 1789, fut attaché à l'armée réunie à Paris sous les ordres du maréchal de Broglie. Tout dévoué à la royauté, il donna à Louis XVI des conseils énergiques, qui ne furent point suivis. A l'attaque des Tuileries le 10 août 1792, de Viomènil reçut, en défendant la famille royale, une blessure des suites de laquelle il mourut trois mois plus tard. Plusieurs années après sa mort, on fit paraître les Lettres particulières du baron de Viomànil suites affaires de Pologne en 1771 et 1772 (Paris, 1808, in -8o).

VIOMENIL (Charles-Joseph-Hyacinthe du Houx, marquis de), frère du précèdent, maréchal et pair de France, ne à Ruppe (Lorraine) en 1734, mort à Paris en 1827. Entré au Service, il assista k la bataille de Lawfeld et au siège de Berg-op-Zoom, fit la guerre de Sept ans comme aide de camp ds Cbevert et commanda en Corse l'avant-garde du maréchal de Vaux, qui, dans un rapport au roi, lui rendit ce témoignage, que ■ la conquête de la Corse était due à sa valeur. ■ Nommé brigadier en 1770, maréchal de camp en 1780, il combattit en Amérique dans le corps d'armée de Rochambeau et reçut, en 1789, le gouvernement de la Martinique. Il revint en France en 1790, mais il émigra aussitôt pour entrer daus l'armée de Condé, donc il fut un des organisateurs et des meilleurs .soldats. Au licenciement de ce corps, il passa en Russie, où Paul 1er l'éleva au grade de lieutenant général, et se rendit k Lisbonne après la paix d'Amiens. Jean VI lui donna, avec le titre de maréchal général, le commandement de toutes ses troupes, poste qu'il dut quitter, en 1808, par suite de l'invasiou du Portugal par les Français. Réfugié eu Angleterre, il rentra dans sa patrie en 1814, avec Louis XVIII, qui le chargea de l'organisation des volontaires royaux de Vincennes. L'année suivante, au retour de Napoléon de l'ile d'Elbe, lui, vieillard octogénaire, s'honora, au milieu de tant de défections, en restant le dernier à son poste. A la seconde Restauration, il obtint le commandement de la 22» division militaire, puis de la 130, et, le 3 juillet isifi, Louis XVIII lui couféra le bâtou de maréchal,

V10N-DAI.1BRAY (Charles), poète français. V. Dalibray.

VIONNET (Georges), jésuite français, né à Lyon en 1712, mort en 1754. Il professa la rhétorique au collège des jésuites de sa ville natale et en fut, nommé directeur quelques années avant sa mort. On a de lui : Alusieum utimmarium (17.34, in-8°), poëme didactique, qui traite de la connaissance et de l'utilité ues médailles; Xerxès, tragédie représentée en 1747 et imprimée deux ans plus tard ; Berga-ad-Zonam a GaUis expugnuta (Lyon.

VIONNIER s. m. (vi-o-nié). Vitic. Cépage blanc, cultivé dans les vignobles de Côte- Kôtie : Le vionniisr exige une taille tangue, parce qu'il ne charge bien qu'à l'extrémité du sarment. (Morogues.)

— Encycl. Ce cépage fait le fond du vignoble de Condrieux, dont les vins out du

VIOR

corps, du spiritueux, de la sève et un bouquet très-suave. Il est également en majorité dans le vignoble de Château-Grille, commune de Saint-Michel (Loire), dont le vin ne le cède en vien à celui de Condrieux, si ce n'est en réputation. Le raisin est excellent a manger, mais sa qualité vineuse le fait réserver pour la pressoir. Le vionnier concourt avec ia serine à former le vin de Côte- Rôtie. Voici ses caractères distinctifs :

La souche est peu vigoureuse.

Le sarment est faible, de couleur acajou, dur, flexible, fortement strié, peu long, couché; les n<£uds sont écartés, peu saillants. Les bourgeons sont pointus et s'ouvrent au commencement d'avril. Les vrilles sont longues, fines et rameuses ; les feuilles, moyennes tines, à cinq lobes, dont les deux pétiolaires sont peu prononcés. La face supérieure des feuilles est vert clair uni, de même que la face inférieure; les nervures sont fines et jaunâtres; le pétiole est moyen, de couleur jaunâtre, k duvet non persistant.

La fleur résiste à la coulure.

La grappe, belle, allongée, estpourvue d'ailes bien découpées; les grains sont ronds, petits, tellement serrés, qu'ils semblent former plusieurs couches ou séries superposées. Le grain est juteux, très-sucré; la peau en est fine, la maturité tardive; on vendange rarement ce raisin avant le 15 octobre dans le Rhôno. 11 est plus sujet k pourrir que la serine, avec laquelle il est mêlé k Côte-Rôtie.

On distingue trois variétés de vionnier .•

10 Le petit vionnier.

2° Le vionnier jaune.

30 Le vionnier vert; c'est celui dont nous avons donné ci-dessus les caractères distinctifs.

VIONVILLE, ancien village et comm. de France (Moselle), arrond. de Metz ; 450 hab. Ce village, qui a été cédé à la Prusse par le traité de Francfort (10 mai 1871) et qui est compris depuis lors dans l'Alsace-Lorraine, faisait anciennement partie de la province des Trois- Evéchés. Il est situé sur la route de Metz k Verdun par Mars-la-Tour et Manheulles, a 20 kilom. de Metz et à 45 kilom. de Verdun. Le 16 août 1870, Vionville fut le théâtre d'une Sanglante bataille, livrée par les Prussiens à l'année du maréchal Bazaitie, qui fut attaqué à la fois il Vionville et à Doncourt-lez-Couflans, tandis qu'il cherchait à se replier de Metz sur Verdun.

VIORNE s. f. (vi-or-ne — lat. viburnum ; de viere, lier, par allusion à la flexibilité des rameaux). Bot. Genre d'arbrisseaux, de la famille des caprifoliacées, tribu des sambucées, comprenant environ quatre-vingts espèces, qui croissent surtout dans les régions tempérées de l'hémisphère nord : iavioRNK laurier-lin est un grand arbrisseau toujours vert. (P. Duchartre.) Les cultivateurs emploient les VIORNES à peupler et consolider tes haies de clôture, (Th. de Berneaud.) La viORNK cotonneuse est un arbrisseau oui croit fréquemment dans les buissons et les bois taillis, (V. de Boinare.) 11 On trouve quelquefois ce nom employé au masculin. Il Viorne aux pauvres ou simplement Viorne, Nom vulgaire de la clématite commune.

— Encycl. Les viornes sont des arbrisseaux rameux, à feuilles opposées, pétiolées, dentelles ou lobées; les fleurs, blanches ou rosées, groupées en corymbes, présentent un calice persistant, tubuleux-ovoïde, à cinq divisions; une corolle tubuleuse, ou eainpanulée, ou rotacée, à cinq lobes; cinq étamines; un ovaire k trois lobes uniovulés, surmonté de trois stigmates sessiles, obtus; le fruit est une baie ovuïde ou globuleuse, uniloculaire et monospernie paravortement. Ce genre comprend un grand nombre d'espèces, répandues surtout dans les régions tempérées de i'hémisphère nord et qui croissent de préférence dans les lieux montueux et boisés. Quelques-unes se recommandent par leurs applications économiques ou médicales, et beaucoup sont cultivées dans tes plantations d'agrément.

La plupart sont des plantes rustiques et végètent bien en plein air sous nos climats ; toutefois, quelques-unes sont assez délicates pour exiger la serre froide ou tempérée ; d'autres se contentent d'un paillis pendant les grands froids. On les multiplie aisément de semis, de marcottes ou de boutures faites k l'ombre ; quelques espèces ne se propagent bien que par la greffe.

L'écorce des viornes renferme un principe acre, susceptible de produire la vésieation ; elle contient aussi une substance visqueuse, épaisse et gluante qui la fuit employer, ainsi que les jeunes rameaux, pour fabriquer de la glu; on peut la récolter toute l'année; mais elle est rarement employée. Les feuilles passent pour être astringentes et autidyssenlériques. Les fruits renferment un acide qu'on avait d'abord appelé viburnïque, mais dont on a plus tard reconnu l'identité avec l'acide valerianique, amylique ou phocénique. Ils partagent les propriétés médicales des feuilles et servent aussi à faire des gargarismes; on les mange même dans certains pays; on a soin, pour ces divers usages, de les recueillir a leur parfaite maturité.

Laoïor/ie cotonneuse, vulgairement nommée maiicieune, coudre mancienne, bourdaine blanche, bardeau, etc., est un arbrisseau à rameaux flexibles, couverts d'une écorce grisâtre, pubescents et pulvérulents au sommet,

VIOR

portant des feuilles opposées, ovales ou oblongues, dentées, cotonneuses en dessous, à nervures saillantes; les fleurs, blanches, à corolles rotacées, sont disposées en corymbes rameux, terminaux, plans, portés sur des pédoncules cotonneux; le fruit est un petit drupe comprimé , d'abord d'un rouge vif, puis noir k la maturité et couronné par le limbe persistant du calice. Cet arbrisseau est commun en Europe ; il croît surtout dans les bois des pays montueux et fleurit en été. Ses fleurs sont légèrement odorantes, et ses fruits, doux et visqueux, sont recherchés par les oiseaux et même par les enfants; on les regarde comme astringents et rafraîchissants, et on les administre en

fargarismes contre les maux de gorge. Les estiaux mangent ses feuilles, que Ion fait sécher dans certains pays, pour nourrir les chèvres durant l'hiver.

On emploie ses jeunes pousses, en guise d'osier, pour faire des liens et des ouvrages de vannerie; pour cela, on coupe les pieds rez terre tous les deux ans ; dans un bon terrain un peu ombragé, ils produisent des pousses droites et longues de 1 à 2 mètres. Le bois des vieux pieds est blanc, léger et renferme une moelle abondante; le charbon qu'on en obtient peut entrer dans la fabrication de la pondre a canon. L'écorce des racines sert k fabriquer de la glu, et le suc des baies à faire de l'encre. Les feuilles donnent une bonne couleur jaune paille pour teindre la laine. Les cultivateurs emploient quelquefois cette espèce et quelques autres pour regarnir et consolider les haies de clôture. Enfin, on la fait entrer avec avantage dans la composition des massifs des jardins paysagers, où elle produit un bon effet par ses fleurs ou ses fruits; on en aune variété à feuilles panachées. •

La viorne obier, vulgairement obier ou aubier, caillebotte, sureau de marais, est un arbrisseau k rameaux cassants, glabres, à écorce gris cendré, k feuille3 pétiolées, palmées, trilobées, glabres en dessus, blanchâtres et pubescentes en dessous; les fleurs, groupées en corymbe, sont blanches, celles du pourtour beaucoup -plus amples et stériles; les fruits sont d un rouge vif. Cette espèce croît abondamment dans les bois humides et fleurit au milieu du printemps. Reeepée, elle repousse vigoureusement et pourrait servir k peupler en peu de temps les terrains marécageux; on eu fait aussi de bonnes haies défensives. Son bois blanc et mou n'est bon

?u'k brûler; mais le charbon peut servir k aire de la poudre k canon. Ses feuilles sont très-recherchées pur les bestiaux, notamment par les chevaux et les cochons. Ses baies se mangent dans certaines contrées, malgré leur astringence très-marquée. Cette viorne, par l'élégance de son port, la beauté de son feuillage et do ses fleurs, figure avec distinction dans les plantations d'agrément; on recherche surtout les variétés k feuilles panachées et celle dont les fleurs, toutes stériles, forment d'amples corymbes globuleux; cette dernière, bien connue sous les noms vulgaires de boule-de-neige ou rose de Gueldre, produit un très-bel effet dans les itiass'iiifinais il faut la soumettre k une taille très-modérée, ou plutôt se borner a régulariser sa forme en coupant avec la serpette les branches qui prennent trop de développement.

La viorne-tin, vulgairement laurier-tin ou luuretin, est un arbrisseau butssonnant, à rameaux dressés, portant des feuilles ovales oblongues, d'un beau wert foncé, persistantes ; ses fleurs, rouges au dehors, blanches en dedans, groupées en cymes coiymbiformes terminales, se montrent fréquemment k la fin de l'hiver, et le plus souvent il y a une seconde floraison k l'automne; les fruits sont de petits drupes secs, d'un noir bleuâtre. On possède dos variétés k feuilles larges ou arrondies, velues ou luisantes, panachées, k cymes florales plus larges, etc. Originaire du midi de la France, cette espèce demande, dans le Nord, une exposition sèche et un peu ombragée ; il est bon, en hiver, de couvrir le pied d'un bon paillis. Elle prend facilement, par la taille, toutes les formes qu'on veut lui imposer; mais c'est surtout en boule ou en parasol qu'elle produit un bon effet. La viorne rugueuse, de Madère, ressemble beaucoup k la précédente, dont elle se distingue par sa taille plus petite, ses fleurs plus grandes, ses feuilles plus larges ;et son tempérament plus délicat.

Quelques espèces moins importantes méritent néanmoins une mention. La viorne à fruits comestibles ressemble beaucoup k notre viorne obier, mais s'élève moins haut ; ses fruits sont plus gros. Elle croit au Canada, le long des cours d'eau ;on mange ses fruits et on en obtient une boisson vineuse, dont on peut extraire de l'eau-de-vie. La viorne lisse est un grand arbrisseau, k fleurs blanches, qui habite la Caroline ; on fait avec ses feuilles une infusion théiforme qui pusse pour excellente. Les viornes à manchette et à feuilles de prunier, originaires de l'Amérique du Nord, sont rustiques et peuvent croître k peu près dans tous les sols. La viorne de Daourie a des fleurs tubuleuses et jaunâtres ; cette espèce, l'une des plus belles du genre, est très-rustique. La viorne à grosse tète, originaire de la Chine, se fait remarquer surtout par la grosseur de ses capitules.

Parmi les espèces qui, sous le climat de

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