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VIIHOYS (Charles-François- Roland Le), architecte, né à Paris en 1716, mort en 1772. Après s'être fait recevoir maître es arts, il se consacra tout entier k l'architecture et, ayant acquis une certaine réputation, fut chargé de la direction de travaux importants, entre autres de la construction du théâtre de Metz (1751). Il se lit connaître, en outre, comme l'inventeur du pantographe de perspective et obtint les titres d'architecte du roi de Prusse et de l'impératrice Marie-Thérèse. Outre des traductions des Eléments de physique de S'Gravesende (1747, 2 vol. in-s") et des Eléments de la philosophie newtonienne de Pimberton (1775, 2 vol. in-8°), on a de lui un Dictionnaire d'architecture civile, militaire et navale, ancienne et moderne et de tous les arts qui en dépendent (Paris, 1770, 3 vol. in-40, avec 101 planches), ouvrage qui laisse à désirer, bien qu'il soit plus complet que celui de d'Aviler.
V1ROFI.AY, village et commune de France (Seine-et-Oise), cant., arrond. et à 3 kilom. E. de Versailles, près du bois de Meudon ; 1,282 hub. Fabrique d'épingles, de bougies. Nombreuses et belles villas.
VIROIS, OISE adj. (vi-roi, oi-ze). Géogr. Habitant de Vire; qui appartient à cette ville ou à ses habitants: Les ViROIS. La population VIROISK.
VIROLAGE s. m, (vi-ro-la-je — rad. viroler). Techn. Action de munir un outil d'une virole. Il Action d'introduire les flans dans la virole où ils doivent être frappés : Le virolaqe s'opère au moyen de la main-poseur.
VIROLE s. f. (vi-ro-le — lat. viriola, dimin. de vi'rïa, espèce de bracelet. Pline nous apprend que ces deux mots latins sont d'origine celtibérique). Techn. Anneau de métal, à surface un peu large, que l'on met au bout de certains objets, pour les empêcher de se fendre, de s'user ou pour tout autre motif : Une virole en cuivre, en fer. La virole d'un manche d'outil, d'un coufeau, d'une canne, d'une masse de mail. Les viroles de fusils, de pistolets sont destinées à tenir la baguette. Il Moulé d'acier dans lequel on place les flans qu'on veut frapper, et qui porte en creux les dessins et caractères qui doivent être reproduits en relief sur la tranche des monnaies.
— Blas. Pavillon ou cercle qui termina le cornet, le huchet ou la trompe.
— Bot. Genre de plantes, de la famille des myristicées, voisin des muscadiers, et comprenant une seule espèce, la virole sébifère.
— Encycl. Bot. La virole sébifère, appelée aussi arbre à suif on muscadier porte-snif, est un arbre d'environ 20 mènes de hauteur, à rameaux nombreux, divergents, étalés, tortueux, couverts d'une écorce rougcàtre, dure, rugueuse, gercée et portant des feuilles alternes, oblongues, acuminées, presque cordiformes, veinées, réticulées, d'un beau vert en dessus, tomenteuses et d'un rouge ferrugineux en dessous. Les fleurs, dioïques, sont réunies en grappes axilhiires et recouvertes d'un duvet roussàtre. Le fruit, semblable à celui du muscadier, est globuleux ou ovoïde, tomenteux, à enveloppe coriace (brou), s'ouvrant en deux valves et laissant voir une noix entourée d'une arille rouge, renfermant une amande huileuse, veinée de rouge et de blanc.
Cet arbre est répandu dans toute la Guyane et notamment à Cayenue; on en distingue plusieurs variétés. Il se plaît dans les terrains humides et se couvre de fleurs et de fruits pendant la saison de l'année qui correspond à notre hiver. En pratiquant des incisions à la tige et aux rameaux, on obtient un suc laiteux, rougeàtre, acre, astringent, assez abondant. On s'en sert pour guérir les apluhes, le scorbut et diverses affections cutanées; on eu imbibe du coton qu'on applique sur les dents pour apaiser la douleur. On l'administre aussi, mélangé avec de l'huila et du jus' de citron, contre les vers auxquels les enfants sont sujets. Mais ce n'est pas seulement au point de vue médical que cet arbre est précieux pour l'humanité. ■ Il l'est surtout, dit M. Lemaire, sous le rapport économique. Son fruit sert à fabriquer de fort bonnes chandelles. Après avoir fait sécher au soleil une plus ou moins grande quantité de ces fruits, on sépara les graines de leurs coques en les foulant avec un rouleau ; après les avoir nettoyées et vannées, un les pile pour eu former une pâte, que l'on fuit bouillir l'espace d'une heure ou deux, en ayant soin de ramasser avec une Spatule le suif qui nage à la surface. Quand celui-ci est figé, on le fond de nouveau pour le clarifier et lui ôter un peu de sa couieur jaunâtre; on le passe alors à travers un tamis, et on en fuit ensuite des chandelles fort en usage dans toute la contrée. On dit que ce suif, par l'acre té de sa nature, ne saurait être employé extérieurement comme le suif animal sur les plaies, les ulcères, etc., sans y causer de l'inflammation. Nous doutons de ce fait, parce qu'il contredirait alors les excellentes propriétés attribuées au suc qui découle de son tronc par incision et a l'huile essentielle qu'on en extrait. »
Quelquefois, on se contente de brasser les amandes pilées dans un chaudron, puis de les mettre k la presse pour en retirer le suif, qui ne tarde pas a. se figer. C'est ordinairement en mars que l'on fait la récolte
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des fruits ou des graines. On a tenté d'introduire aux Antilles cet arbre utile ; mois les essais n'ont pas eu de suite. Sous nos climats, la virole ne peut se cultiver qu'en serre chaude, comme le muscadier.
VIROLE, ÉE (vi-ro-lé) part, pusse du v, Viroler. Muni d'une virole : Manche virole,
— Blas. Se dit des truehets, cors de chasse et trompes, qui ont des viroles d'un émail particulier : De Nesmond ; D'or, à trois cors de chasse de sable, liés et viroles lie gueulas,
VIROLER v. a. ou tr., (vi-ro-lé — rad. virôle). Techn. Munir de viroles : Virolkr un manche d'outil, de couteau, il Introduire dans la virole ; ViROLKR des flans.
VÎHOLET s. m. (vi-ro-lè — rad. virer).
Sorte de petit moulin à vent dont s'amusent les enfants, il Vilebrequin. Il Canne a dard. Il' Vieux dans tous ces sens.
— Mar. Cylindre de sapin long et mince, mobile autour d'un axe, que l'on place debout duiis les corderies, pour changer la direction d'un fil de caret, et dans l'entre-pont pour empêcher le frottement des cordages contre les corps qui les useraient.
VIROLEUR s. m. (vi-ro-leur — rad. virole). Techn. Ouvrier qui fait des viroles pour manches d'outils.
VIRSCALE s. f. (vir-ska-îe). Ane. coût.
Sorte du juridiction, en Flandre,
VIRTUALITÉ s. f. (vir-tu-a-li-té — rad.
virtuel). Caractère de ce qui est virtuel; puissance virtuelle : La virtualité est une puissance et non un fait. La nature de l'homme est formée par une agglomération de virtualités spécialisées en chaque créature.[PL-oudh.)
VIRTUEL, ELLE adj. (vir-tu-èl, è-le — du lat. virtus, force). ' Qui est en puissance et non en acte, qui n'a pas d'effet actuel : Nous wons tous ta faculté virtuulle d'être bons, et par conséquent heureux. (Ch. Nod.)
— Philos, seolast. Distinction virtuelle, Dana la théorie des thomistes, Différence en puissance et non en substance.
— Théol. Intention virtuelle, Intention précédente non révoquée, et en vertu de laquelle on agit, bien qu'elle ne soit pas accompagnée d'un acte formel et actuel de la volonté.
Méd, Qui agit par une cause secrète et
inconnue.
Physiq. Foyer virtuel. Point d'où semblent partir des rayons lumineux ou calorifiques, quoiqu'ils n'en viennent pas effectivement, mais où ils concourraient si on les prolongeait en sens contraire de celui dans lequel ils se propagent, il Image virtuelle, Image résultant de l'ensemble des foyers virtuels fournis par les différents points d'un objet.
— Mécan. Vitesse virtuelle, Déplacement infiniment petit du point d'application d'une force, dans la direction de cette force. Il Moment virtuel, Produit de la force par la vitesse virtuelle.
— Encycl. Mathém. On donne la qualification de virtuel ou virtuelle à une cause, un effet, un résultat dont l'existence est concevable sans que les conditions en soient remplies, qui prendrait naissance s'il y avait lieu, mais qui reste h l'état de pure hypothèse. Ainsi, qu'un solide repose en équilibre sur une surface iixe, la force de frottement qui naîtrait du mouvement, s'il commençait à se produite, sera virtuelle, et cependant elle concourra le plus souvent au maintien de l'équilibre; que les rayons lumineux émanant d'un corps éclairé se réfléchissent sur un miroir de manière à diverger de points situés en arrière de la surface réfléchissante, l'image de l'objet, lieu des points de divergence des rayons réfléchis, sera virtuelle; que l'on considère un solide en repos et qu'on imagine qu'il tende à se mettre en mouvement, les vitesses que prendront ses différents points ne pouvant pas être toutes indépendantes les unes des autres, on courra avoir à les comparer, et ces vitesses nnures seront virtuelles; que l'on suppose des forces s'équilibrant sur un solide libre ou fixé, d'ailleurs en repos, les travaux de toutes ces
' forces seront séparément nuls, mais ils prendraient certaines valeurs si le solide venait à se déplacer d'une manière définie, compatible avec ses liaisons, on peut avoir à comparer entre eux ces travaux, et on les qualifiera de virtuels; l'unité concrète à laquelle on suppose rapportées toutes les grandeurs d'une même espèce qui entrent dans un même calcul algébrique n'est jamais spécifiée; elle n'a qu'une existence virtuelle.
VIRTUELLEMENT adv. (vir-tu-è-le-mun — rad. virtuel). D'une façon virtuelle, en
ferme, en puissance : Le grand mérite di invention première est de contenir virtuellement fouies les autres. (Rigaull.) La vie est virtuellement dans toute semence avec toutes ses conditions et fautes ses lois.(J. Simon.)
VIRTUOSL s. (tlr-tu-o-ze — ital.vtriuoso, de virtù, rertu, mérite; virtuoso signifie proprement'.habile homme). Personne qui a du talent pour les beaux-arts, et particulièrement pour la musique : Le temple du goût était environné d'une foule de virtuoses, d'artistes et déjuges de toutes espèces, qui s'efforçaient d'entrer, mais qui n'entraient pas.
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(Volt.). On peut être une honnête fille et être une vmTuosE.(Destopches.) Les virtuoses font, sous leurs doigts secs' et frêle», Des stradivarius grincer tes chanterelles.
Th. Gautier.
. — Amateur dans un genre quelconque : Napoléon /er fut un grand virtuosb de batailles et de victoires ; toute sa vie est une épopée dans le goût du peuple et des anciens. (Proudh.)
— Encycl. La définition que Castil-BIaze donne du mot virtuose, dans son Bictionnaire de musique, peut sembler au moins singulière ; la voici dans toute son ingénuité '.« Mrtuote. Nom que l'on donne au musicien qui excelle dans la composition, le chant ou I exécution instrumentale.» Or, jamais la qualification de virtuose n'a été donnée à un compositeur. Un virtuose est un artiste habile dans l'exécution matérielle de la musique, soit vocale, soit instrumentale, et nous disons à dessein « dans l'exécution matérielle, » parce que In virtuosité ne va pas au delà et qu'un virtuose très-remarquable peut n'être, sous le rapport du sentiment, de l'âme, de la passion, voire parfois du goût, qu'un artiste médiocre. On peut, à la rigueur, être un grand artiste sans être un virtuose très-habile; on peut savoir chanter ou jouer d'un instrument, avec un style sévère et pur, avec un goût parfait, avec un grand sentiment des nuances, et n'en être pas moins surpassé, au point de vue des difficultés pratiques de l'exécution, par un artiste qui éblouira ses auditeurs par des prodiges de mécanisme, par toutes sortes de broderies, de fioritures, mais qui, d'autre part, sera dans l'impossibilité complète de les charmer, de les toucher, de les émouvoir. Or la musique, art de sensation et d'expression par excellence, est plus faite, on en conviendra, pour charmer, toucher et émouvoir, que pour étonner et éblouir. Tous les casse-cou du monde, exécutés avec un aplomb et un bonheur imperturbables, ne vaudront jamais une simple cantilène chantée par une artiste dont le jeu simple ou émouvant, expressif ou contenu, saura pénétrer jusqu'au fond de votre cœur et vous arracher des larmes. Certainement on a vu des chanteuses aussi habiles que la Malibran sous le rapport de l'exécution vocale proprement dite, mais qui n'avaient ni sa passion fougueuse, ni ses pleurs déchirants, ni son inspiration sublime ; celles-là étaient de grandes virtuoses, celle-ci seule était une grande artiste.
Le public prend parfois le change, dès l'abord, sur la valeur d'un exécutant qui n'a pour lui que les qualités d'une virtuosité brillante et irréprochable, et qui n'y sait pas joindre les facultés naturelles ou acquises, qui font le grand artiste. Mais toujours le suffrage général se prononce au bout de quelque temps pour celui qui rentre dans cette catégorie, et ce n'est que stricte justice. Le premier en effet fonctionne comme un appareil bien établi; le second sent la musique qu'il chante ou exécute.
VIRTUOSITÉ s. f. (vir-cu'-o-zi-té). Caractère, qualités, talent d'un virtuose : Le palefrenier était si hors de lui de /«virtuosité de son maître, qu'il se précipitait par terre et venait lui baiser les pieds. (Champfleury.)
VIUTUS POST NUMMOS (La vertu après l'argent), Mots d'Horace (Epitres, 1. Ier,ép.l, vers 54) :
O cives, cives, tjusrenda pecunia primum est : Virtus post nummos .'
« Citoyens, citoyens, il faut gagner de l'argent d'abord; la vertu ne vient qu'après l'argent 1 »
Le conseil ironique d'Horace a été traduit par Boileau :
L'argent, l'argent, dit-on; sans lui tout est stérile, La vertu sans argent n'est qu'un meuble inutile.
Et par Boursault, dans son Esope à la cour (acte W) ;
La vertu toute nue a l'air trop indigent, Et c'est n'en point avoir que n'avoir point d'argent.
« Quand l'amour effréné des richesses s'empare de tous les esprits, quand on ne vit, qu'on ne respire que pour en acquérir et pour se procurer les jouissances qu'elles donnent; quand une nation mérite le reproche que le poète de l'ancienne Rome faisait à ses contemporains de mettre la vertu- après l'argent, virtus post nummos, alors que deviennent la bonne foi. l'honneur, la noblesse des pensées et 4,tb sentiments?
Krayssinous.
r t)e>i êtres dépourvus de sentiment et de mœurs ne craignent pas de se déshonorer chez les nations où l'argent fait tout pardonner, jusqu'à la violation de la tendresse paternelle et de la piété filiale. Virtus post nummos est la devise des pays où le luxe s'est établi sur la ruine des mœurs. » ' D'Holbach.
■ L'avocat qui exerce, qui possède du talent et de l'instruction, est l'humble serviteur de l'avoué ; c'est le caractère de la féodalité financière : Virtus post nummos. »