‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 15Chapitre 760 sur 1042 · TOUSSENEL · texte numérisé non relu

TOUSSENEL

VIRUÈS (Alonso db), prélat espagnol, mort

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à Tolède en 1545. Il entra dans l'ordre des bénédictins , devint prédicateur de Charles- Quint et, en 1539, suivit ce prince en Allemagne pour y prendre part aux controverses et aux discussions avec les réformateurs. En 1542, il fut nommé évêque des Canaries. On a de lui : Philippicx disputationes XX (Anvers, 1541), recueil de dissertations dirigées contre Philippe Mélanchlhon ; De matrimonio régis Angliss; Cultaliones septem, à l'adresse d'Erasme, qui était cependant l'ami et l'admirateur de l'auteur.

VIRUÈS (Cristobal de), poBte espagnol, né à Valence vers 1545, mort en 1609. C'est, avec Lope de Vega, qui fut un de ses amis, l'écrivain dramatique qui contribua le plu< à l'amélioration de la scène espagnole. Il inaugure la période que l'on regarde ajuste titre comme l'âge d'or du théâtre castillan; mais, empreint encore lui-même d'un peu de rudesse, il semble préparer la transition entre les vieux maîtres et les nouveaux. On lui doit aussi un essai épique considérable.

Presque tous les poètes espagnols ont été, en outre, soldats ou prêtres, et quelquefois les deux, successivement. Viruès était un soldat. Il fit les guerres d'Italie et combattit surtout dans le Milanais; il y atteignit le grade de capitaine; c'est sous le nom de capitaine Viruès qu'il est connu dans les histoires littéraires. Il assista aussi à la bataille de Lapante.

C'est par des comédies et des tragédies qu'il débuta dans les lettres, à Valence. Le théâtre espagnol hésitait encore entre deux écoles, l'école classique, qui poussait à l'imiiation des chefs-u'œuvie grecs, et l'école nationale, qui, ne s'inspirant que de sa fantaisie, devait s'ouvrir une voie bien plus féconde, Viruès hésita aussi entre l':ine et l'autre route; cependant il cherche plutôt à se rapprocher de 1 antique. De 1579 à 1588, il fit jouer cinq pièces, Cassundra, Aturceta, Attila furieux, Sëmiramis et Elisa Dido. Les deux premières sont des compositions extravagantes, des essais d'un génie inculte, pleins toutefois de verve et d'invention, h Attila furieux, par la diffusion de l'action et le nombre des personnages (50 environ), semble se rapprocher de certains drames de Shakspeare. L'action de Sémiramis duie près de quarante ans. Et cependant ce poète désordonné est le créateur d'Etisa Didon, une pièce jetée presque tout entière dans le moule classique, et qu'on regarde comme son chef-d'œuvre. Viruès ne s'est pourtant pas inspiré de Virgile; c'est dans un nuire épisode de la vie de Didon qu'il a cherché le sujet de son drame émouvant, et il ne l'a fait valoir qu'à force d'invention. C'est une œuvre notable pour le temps.

En 1585, lors des plus grands succès dramatiques du capitaine Viruès, Lope de Vega était exilé à Valence. Les deux postes se lièrent d'amitié. L'ambition de rivaliser avec Lope de Vega, maître dans tous les genres, conduisit peut-être Viruès à s'essayer dans le genre épique; mais avec son génie original, il choisit un sujet bizarre, la légende de Gatin, un ermite des solitudes de Montserrat. 11 consacra vingt chauts à cette pieuse histoire, qui par elle-même fournissait à peine les éléments d'un peut conte en vers; c'est assez dire qu'il lui fallut toute la puissance de son imagination créatrice, toute sa fougue de composition pour remplir un cadre aussi vaste. 11 n'a réussi pourtant qu'à faire une chronique rimée plutôt qu'un poème épique ; mais les peintures et les descriptions en sont d'une grande beauté. Malgré ses imperfections et le désordre d'idées poussé paribis jusqu'à l'extravagance, le capitaine Viruès a mérité les éloges qu'ont iaits de lui Lope de Vega et Cervantes.

VIRULENCE s. f. (vi-ru-lan-se — rad. virulent). Nature de ce qui est violent, de ce qui tient du virus : La virulence des humeurs. Aien n'égale la virulknck et la redoutable énergie de l'huile empyreumatique que l'on retire du tabac. (Porret.)

— Fig. Caractère de violence : Des critiques pleines de virulbncb. Il g a dans l'Ecossaise beaucoup moins d'art que d'amertume et de virulbncb. (Laharpe.)

VIRULENT, ENTE adj. (vi-ru-Ian, an-te — rad. virus). Qui est produit pur un virus, qui a l'action violente des virus : Maladie virulente. Humeurs virulentes.

— Fig. Qui est d'une violente énergie : Des attaques, des critiques virulentes.

V1RURE s. f. (vi-ru-re). Mar. Rang de madriers qu'on place bouc à bout, de distance en distance, dans toute la longueur du navire, pour relier les couples dont on forme sa charpente intérieure, il Humeur entre deux virures successives ; Le bâtiment s'est enfoncé d'une virurk.

VIRUS s. m. (vi-russ — mot lat. qui appartient à la même famille que le grec ios pour Fios et le sanscrit vish, vishas,vishum, poison, probablement de la racine vis/t , pénétrer, d'où aussi le grec ieô, iêmi). Principe actif de la contagion : Virus variolique. Virus syphilitique. Virus rabique. Les virus sont les maladies qui ont la plus grande part dans la déyénêraiion de l'espèce humaine. (flluquel.) Les races des champs sont moins étiolées, moins affaiblies par toutes sortes de virus héréditaires que les races des villes. (Cormen.)

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— Fig. Cause, principe de contagion mo* raie : Dès 1830, tout le monde est plus ou moins infecté du virus révolutionnaire, (T. Delord.)

— Encycl. Pathol, Les virus proprement dits sont, selon le sens restreint qu'on attribue aujourd'hui à cette expression, des principes morbides qui ont la propriété de développer sur un sujet sain le mal lui-même auquel ils doivent leur formation. Us constituent une catégorie dans la classe des poisons, venins, etc.; leur état le plus ordinaire est l'état liquide; quelquefois ils affectent l'état gazeux, et quelquefois aussi l'état solide ; c est ce qui arrive, pour le premier cas, lorsqu'il suffit d'entrer dans un local dont l'air est chargé de miasmes varioleux pour contracter la variole, et pour le second, lorsqu'on vaccine un individu avec des croûtes sèches de vaccin délayées dans de l'eau.

Sur la nature des principes virulents, la science en est encore réduite à des hypothèses, ces principes ne s'étant encore révélés jusqu'ici "que par leurs effets et ayant échappe à toutes les recherches de la chimie et de la micrograi'hie. Mais au moins leur existence est-elle incontestable et leurs effets sont-ils assez constants pour les faire distinguer parfaitement des autres poisons et agents délétères; ces effets consistent dans une reproduction, toujours identique, quand elle a lieu, de la maladie qui a produit le virus, quoique la nature du véhicule, tel que la salive dans la rajçe, le'pus dans la variole, etc., n'ait subi aucune altération appréciable. De cetie particularité mystérieuse, beaucoup de puthologistes ont cru pouvoir conclure que les virus n'existent pas comme substances isolables et distinctes de l'organisme, qu'en réalité il n'y a pas de virus, mais seulement des matières organiques virulentes, c'est-à-dire des matières ayant éprouvé un genre purticulier d'altération qui rend leur existence dans le corps incompatible avec la santé. D'après ces théoriciens, les tissus, ou humeurs, devenus virulents ne différent pas en substance des autres; ils . n'en diffèrent que par une modification moléculaire intime que les moyens physiques et microscopiques ne permettent pas de déceler.

Quoi qu'il en soit, tandis que les poisons agissent dans un lieu déterminé et commencent toujours par produire une maladie locale , les matières virulentes agissent sur toutes les parties de l'organisme, infectent toute sa masse et donnent naissance d'emblée à une maladie générale. La mutière empoisonnée renferme un poison que l'on constate ; la matière virulente ne renferma pas de virus; elle ne contient tien de surajouté; elle est métamorphosée an plus profond de Sa constitution moléculaire. Ce qu'il y a de plus remarquable encore, c'est que les substances virulentes n'agissent point par leur masse, mais seulement par leur qualité. Il suffit de la plus petite quantité d'une substance virulente quelconque pour transformer eu matière virulente une grande quantité de matière organisée normale. Du moment qu'une altération virulente a commencé quelque part dans un organisme, elle se continue plus ou moins rapidement, molécule a molécule, de proche en proche, et tout l'organisme se trouve bientôt infecté ; c'est une sorte d'ébranlement pour lequel il a suffi d'une impulsion première quelquefois trèspetite (v. miasme). Bref, l'action des virus est une perturbation, non un empoisonnement. Les parties de l'organisme qui s'infectent le plus facilement sont ceiles qui renferment le plus de matières organiques en état de rénovation, c'est-à-dire les humeurs. Le mode d'action des virus diffère encore de celui des poisons par sa lenteur. Tandis que pour la plupart des poisons l'effet produit se manifeste avec une grande rapidité, il n'en est pas de même pour les virus, et la durée de ce qu'on appelle leur incubation est quelquefois très-considérable. L'incubation est le temps qui s'écoule entre l'introduction, des virus dans l'économie et les premières manifestations extérieures. Pour la vaccine, cette incubation dure de trois à quatre jours; pour la variole de cinq à sept; pour la rougeole de un à deux; pour la pustule maligne de trois à huit; pour le charbon de six à soixante heures. Pour la syphilis et la rage, c'est encore bien plus variable; dans la rage, par exemple, le mal peut couver durant près d'une année après la morsure.

Les virus charbonneux, syphilitique, rabique, etc., se transmettent par inoculation. Ceux de la suette, du choléra, de la dyssentene, du typhus sont transportés par l'air atmosphérique sous forme de miasmes. Enfin il en est qui comportent à la fois ces deux modes, comme ceux de la variole, de lascarlatine et peut-être du choléra.

Nous avons dit que les humeurs sont surtout le siège de la virulence. Or l'altération virulente qui donne à certaines humeurs des propriétés si redoutables ne réside point dans le sérum de ces humeurs, ainsi qu on l'a cru longtemps, mais dans les éléments anatomiques qu'elles. tiennent en suspension. Lorsqu'on prend de ces humeurs et que, par un moyen quelconque, on sépare le sérum et tes éléments solides ou organiques qu'elles tiennent en suspension,ou observe eu inoculantes sérum et ces éléments que les éléments seuls

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reproduisent la maladie virulente , c'est-àdire sont eux-mêmes virulents. Les expériences fuites en 1866 par le célèbre physiologiste Chauveau uvec l'humeur du vaccin, de la variole et de la morve ne laissent aucun doute là-dessus. Le sérum des humeurs virulentes n'est pas doué de l'activité spécifique qui constitue la virulence. Cette activité réside exclusivement dans les corpuscules élémentaires en suspension dans ces humeurs. On n'a pas étudié à ce point de vue la salive de la rage.

Les matières virulentes peuvent conserver pendant longtemps leurs propriétés. Le vaccin , par exemple, se conserve très-longtemps. Des peaux de bêtes atteintes de la morve ou du charbon peuvent communiquer ces maladies plusieurs mois après la mort des animaux.

. La putréfaction, les acides forts, les alcalis, le chlore, les chlorures, la chaleur, etc., détruisent les Dira*.

Dans certains cas les organes et les humeurs ayant subi une altération virulente retournent à l'état normal sous l'induence d'un régime approprié; cela revient k dire que la maladie guérit. Dans d'autres, les désordres sont tels que la mort arrive presque fatalement (rage, morve). Enlin, certains virus, sans mettre la vie en (langer, ne quittent plus l'organisme et l'infectent pour toujours (syphilis.) ; toutefois ces virus s'épuisent quelquefois par leur propre activité. Il existe en effet des cas relativement nombreux de variole mortelle survenus chez des gens vaccinés, de syphilis nouvelle survenue chez des individus parfaitement syphilisés k une certaine époque. Cependant, si le virus syphilitique ne dure quelquefois pas même une génération, il y a des cas où malheureusement il s'étend à plusieurs. Ce phénomène de transmission héréditaire se conçoit assez facilement; il suffit qu'il se soit trouvé une quantité quelconque de matière organique virulente dans la liqueur fécondante du père ou dans le sang de la mère pour qu'une modification virulente identique se soit communiquée au produit de la conception.

Maintenant, de quelle nature est en[soi l'altération qui détermine lu virulence? C'est le secret de l'avenir. Tout ce qu'on peut dire jusqu'à ce jour de probable, c'est que cette altération est une altération isomérique des matières albuminoïdes contenues soit dans le sérum, soit dans les éléments anatomiques des humeurs, altération qui constituerait entre les humeurs virulentes et les humeurs saines une différence analogue k celle qui existe entre le phosphore ordinaire et le phosphore amorphe; le premier est vénéneux, le second ne l'est pas ; c'est pourtant un seul et même corps ; ils ne diffèrent l'un de l'autre que par l'arrangement moléculaire.

VIS s. f. (viss. — Le vieux français vis, viz et le provençal 'viiz signifiaient également escalier tournant en colimaçon. Le mot vis représente le latin vitis, vrille de vigne, pampre, en bas latin vis de pressoir et vis en gi'iiéral. En italien, "le mot vite réunit les acceptions de vigne et de vis. En provençal moderne, vis signifie sarment, jet de la vigile). Techn. et mécari. Pièce cannelée en spirale, que l'on enfonce, en la fusant tourner sur elle-même, soit dans une matrice appelée écrou et taraudée en sens contraire, soit dans un milieu résistant par l'effet combiné de la pression et de la rotation : Une vis en acier, en fer, en cuivre, en bois. Une vis à tête plate, à tête roi.de. Les moutons du Valacnie ont les cornes élevées et tournées en vis. (Cuv.) Il Pièce toute semblable, mais fixe , autour de laquelle on fait avancer ou reculer un écrou, selon qu'on le fait tourner dans un sens ou dans 1 autre : Une vis de pressoir. Il Pas de vis, Tour de spire d'une vis, quantité dont une vis avance ou recule lorsqu'on lui fait exécuter un tour entier sur elle-même : Un pas du vis trèsallongé, il Vis ailée, Celle dont la tête est élargie, pour qu'un puisse la manœuver avec les doigts. Il Vis fraisée, Vis à tête plate en dessus, conique en dessous, destinée à disparaître complètement dans le milieu où on l'enfonce, de façon a laisser une surface unie. Il Vif noyée, Celle dont lu tête ne fuit aucune saillie après qu'elle a été enfoncée. Il Vis en goutte de suif. Celle qui a la télé arrondie en dessus, il Vis femelle^ Nom que l'on donne quelquefois k l'écrou destiné k recevoir une vis proprement dite. Il Vis en blanc, Celle dont le filet n'est pas encore creusé. Il Vis de marteau, Celle qu on manœuvre pour régler la pointe de descente du métier à bas. Il Vis de pression, Celle qui sert à serrer un objet contre un autre. Il Vis de rappel, Vis assujettie k tourner entre deux points fixes, et dont le mou.emeuu de rotation amène ou éloigne un objet taraudé, engagé sur lu vis, mais dispose de façon k ne pouvoir tourner avec elle. Il Vis calante, "Vis disposée dans le pied d'un instrument, et servant k lui donner une position verticale. U Vis différentielle, Axe portant des filets de vis, dont le pas est différent, de sorte que, lorsque l'un se meut dans un écrou, l'autre meut, avec une vitesse différente, un écrou mobile et guidé, dans lequel il est engagé, il Vis sans fin. Vis dont les filets- agissent sur les dents d'une roue placée dans le même plan, et lui impriment un mouvement de rotation dans un sens per-

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pendiculaire à celui de la vis. Il Vis d'Archimède, Maehine élévatoire consistant en un Cylindre incliné, dont l'intérieur est cloisonné jsii spirale, il Vis hollandaise, Sorte de vis d'Arcliimède modifiée en ce sens que le cylindre est fixe, l'axe et les cloisons en spirale se mouvant à l'intérieur.

— Physiq. Vis microrriéirique, Vis dont le pas est très-court, la tête très-large, ce qui permet d'apprécier facilement la quantité dont la tête a tourné et pur conséquent la quantité dont la vis s'est avancée, bien que cette quantité soit très-petite.

— Archit. Escalier à vis, Celui dont les marches sont disposées en spirale, soit qu'elles tiennent par le centre autour d'un axe, ou qu'elles soient fixées par l'autre extrémité sur une paroi cylindrique. Il Vit dessolée. Escalier à vis dont les marches sont soutenues par un noyau central, il Vis de Saint-Gilles, Esclier k vis dont les marches, soutenues par des voûtes d'une coupe particulière, semblent être suspendues dans les airs. U en existe un modèle célèbre dans le prieuré de Saint-Gilles, en Languedoc. Il Vis de colonne, Ligne spirale d'une colonne torse.

— Artill. Vis de pointage, Vis qui sert à régler la direction de l'àme d'une pièce k feu.

— Typogr. Nom donné k la partie de l'arbre d'une presse manuelle, qui a la forme d'une vis , et étendu quelquefois à l'arbre tout entier.

— Moll. Genre de mollusques gastéropodes pectinibranches, de la famille des buoeinoïdes, comprenant plus de cent espèces, répandues dans les diverses mers, et un grand nombre de fossiles des terrains secondaires et tertiaires : L'animal des vis présente de grands rapports avec celui des buccins. (E. Baudement. ) Les vis- sont des coquilles remarquables par leur forme trèsallongée. (Th. de Berneaud.) il Vis de pressoir, Nom d'un turbo et des moules d'encrinites fossiles.

— Encycl. Mécan. Une vis est un cylindre revêtu d'un filet engendré par le mouvement d'une figure polygonale dont le plan passe constamment par l'axe du cylindre et dont un côté s'appuie constamment sur une génératrice de ce cylindre, tandis que l'une de ses extrémités décrit une hélice. On n'emploie guère, pour engendrer le filet, que le triangle ou le rectangle. Les vis k filets triangulaires sont les plus usitées, mais aussi les plus communes ; les vis à filets carrés s'emploient dans les instruments de précision; elles sont plus régulières et supportent plus longtemps la fatigue. Le pas de la vis est la distance de deux spires de l'hélice directrice, comptée sur une génératrice du cylindre. L'écrou est comme le moule de lu vis; le mouvement relatif de l'une des pièces par rapport à l'autre se compose d'une rotation autour de l'axe du cylindre et d'une translation parallèlement k cet axe. Si l'écrou est fixé, la vis, en faisant un tour de 360°, avance d'un pas; si la vis ne peut que tourner autour de son axe et que l'écrou soit mobile le long de cet axe, on fait avancer l'écrou d'un pas en faisant faire un tour k la vis.

— Vis différentielle. Lorsqu'on veut obtenir un mouvement excessivement lent d'une pièce guidée, on se sert d'une tige entourée en deux portions de sa longueur de filets de vis tracés en sens contraires ; l'un d'eux passe dans un écrou fixe et l'autre dans un autre écrou faisant corps avec la pièce mobile. Lorsque lu bis fait un tour, un de ses points s'avance, dans le sens de t'axe, d'un pas du premier filet, et la pièce guidée parcourrait le même chemin, dans le même sens, si elle pouvait tourner eu même temps que la tige ; mais, comme elle est retenue par les rainures, elle remonte d'un pas du second filet, de sorte que, pour un tour de la vis, le chemin parcouru par la pièce n'est que la

Fig. 1.

différence des deux pas; on peut rendre sans inconvénient cette différence aussi petite que l'on veut, tandis que le pas d'une même vis ne pourrait diminuer beaucoup sans que le filet cessât d'ofiMr une résistance suffisante.

— Vis sans fin. La vis sans fin est employée pour transmettre le mouvement entre deux arbres rectangulaires ; le filet n'en occupe que la partie moyenne, les extrémités tournent librement dans deux collets fixes ; elle ne peut prendre aucun mouvement dans le sens de sa longueur. Le filet est généralement carré. L'arbre auquel il faut transmettre le mouvement porte une roue, dont le plan passe par l'axe de la vis, et cette roue est armée de dents qui peuvent se loger dans les creux ménagés entre deux spires consécutives du filet. Lorsque la vis tourne autour de son axe, la tranche du filet, qui se trouve dans le plan de la roue, avance dans le sens de l'axe, et la dent en prise est obligée de marcher dans le même sens. Supposons, pour

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rendre l'explication plus facile, que la roue n'ait pas d'épaisseur; toutes les sections de la vis faites par des plans passant par son axe étant identiques, la rotation de cette vis produit, par rapport à la roue, exactement le même effet que produirait son transport parallèlement à l'axe. L'engrenage de la vis

Fig. a.

sans fin rentre donc dans celui de la crémaillère, c'est-à-dire que le profil de la dent de la roue doit être une développante de cercle. Cela posé, la roue présentant une certaine épaisseur, la surface convexe d'une dent ne peut pas être celle d'un cylindre perpendiculaire au plan de la roue, puisque le plan tangent à lu surface hélicoïdale du filet n'est pas luimême perpendiculaire au plan de cette roue. Supposons que le contact doive toujours avoir lieu sur la section de la dent faite par un plan mené & égale distance des deux fuces ; cette section devra former la développante de cercle dont il est parlé plus haut, et l'on pourra engendrer la surface latérale de la dent par le mouvement d'une droite s'appuyant sur cette développante et qui, lorsque le point où elle la coupe deviendrait le point de contact de la dent idéale avec la section axiale du filet, se confondrait avec la tangente k l'hélice tracée sur le filet à partir du point de contact.

Lorsque la vis a fait un tour, la dent en prise doit se trouver dans la même position où était celle qui était primitivement en contact ; par conséquent, à chaque tour de la vis, il s'échappe une dent de la roue, ou bien un point de la circonférence de cette roue parcourt une de3 divisions formée du plein d'une dent et du creux voisin.

— Vis multiples. L'engrenage de la vis sans fin ne peut être réciproque qu'autant que l'obliquité de l'hélice directrice du filet est assez grande ; mais une trop forte obliquité rendrait le pas excessivement long, et 1 ou ne. pourrait avoir constamment une dent en prise. Pour remédier k cet inconvénient, on peut disposer deux ou trois filets équidistants sur le noyau de la vis; chacun d'eux conduit pendant un demi-tour ou un tiers de tour.

— Vis tangente. La ois tangente est une modification de la vis sans fin; la denture de la roue, au lieu d'être terminée k un cylindre de révolution concentrique ou cylindre primitif, se termine par une gorge en forme de tore embrassant la vis sans tin. On l'emploie dans les machines k diviser, où elle a l'avantage de donner aux deux pièces un contact suffisamment intime pour empêcher le plus petit recul. Wollaston a fait usage de la vis tangente pour l'établissement d'un compteur destiné k enregistrer le nombre de tours faits par un arbre k mouvement très-rapide.

— Equilibre de la vis. Supposons qu'une vis verticale, mobile dans un écrou fixe, supporte un poids P et qu'on lui applique une force Q, au moyen d'une manivelle de longueur a fixée k Sa tête, de manière que le mouvement de cette force par rapport k l'axe soit Qa. On pourra concevoir que la force P soit décomposée en parties appliquées en tous les points de contact du filet et de l'écrou, et que de même le couple Qa soit décomposé en d'autres ayant pour bras de levier les distances des mêmes points de contact k l'axe. Soient A le pas de Ja vis, f la distance d'un des points de contact k l'axe, p la portion de la force P appliquée eu ce point, qt la portion correspondante du moment Qa; l'équilibre du point considéré, qu'on pourra regarder comme placé sur un plan incliné faisant avec l'horizon un angle i dont la tangente serait

cet équilibre exigera la condition

q h ph

* = — ou qo = — .

p. 2itf ïr 2it

En supposant l'équilibre établi de cette manière en chaque point, on aura uue suite d'équations analogues k la précédente, et ces équations ajoutées membre k membre donneront

A lq9 = -ïp

ou

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