‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 15Chapitre 765 sur 1042 · VISE · texte numérisé non relu

VISE

réaction du monde entier. Cette réaction, sans doute, ne nous épouvante point, car noua avons pour nous ce qui est plus fort qu'elle, un mouvement irrésistible de la civilisation moderne, auquel l'Italie est heureusement associée. Toutefois, prenons garde; il ne faut pas que ce parti de la réaction puisse invoquer contre nous de vraies et légitimes préoccupations de la conscience religieuse. Il ne faut pas que des actes peu réfléchis, des lois faites dans un esprit passionné lui servent de prétexte pour se dire autre chose que ce qu'il est véritablement, un parti de réaction politique. » Le S juillet 1873, M. Viseonti-Venosta conserva le portefeuille des affaires étrangères lors de la formation du cabinet Minghetti. Peu après, il accompagna Victor-Emmanuel dans ses voyages k Vienne et k Berlin. Dans* un banquet que lui olfrii'ent ses électeurs de Tirano en octobre 1874, il lit l'apok>gie du parti modéré, dont il était un des chefs, et montra qu'en suivant le programme tracé par Cavour il avait puissamment contribué k la rénovation, de t'iialie. Au commencement de 1876, le cabinet Minghetti ayant été renversé, M. Viscotui a dunné sa démission de ministre des affaires étrangères.

VISCOSITÉ s. f. (vi-sko-si-té — du lat. viscosus, visqueux). Etat de ce qui est visqueux : La chair crue n'a qu'un inconvénient, c'est de s'attacher aux dents par «a viscosité. (Brill.-Sjv.)

VISDELOO (Claude db), missionnaire français, ne au châieau de Éienassis (Côtes-du- Kord) en 1656, mort à Pondichéry en 1737. Entre à quinze ans chez les jésuites, il étudia assidûment les langues mortes et les langues vivantes; aussi, quand Louis XIV résolut d'envoyer des missionnaires en Chine, Visdelou fut-il clioisi en raison de sa connaissance de l'idiome et de l'écriture du pays. Arrivé dans le Céleste Empire, le missionnaire se mit à débrouiller les annales de Chine et de Tartarie répondant à un espace de vingt-cinq Mèeles (travail qui fut publié sous le titre ^'histoire de ta Tartarie, 1777, 4 vol. in-4°), puis il fut nommé vicaire apostolique et évéquede Claudiopolis. Chassé successivement de Pékin et de Nankin par l'empereur de Chine irrité des empiétements des jésuites, Visdelou se retira à Mitcao et fut ensuite contraint de se réfugier k Pondichéry, où un ordre du régent lui enjoignit de rester jusqu'à sa mort. On a encore de cet auteur : Lettre apologétique à Louis le Grand (Cadix, 1742, iu-80).

VISDOMIM (Eugène), poëte italien, né a Parme vers le milieu du xvia siècle, mort en 1622. Reçu, en 1570, docteur lu utroque, il renonça à la jurisprudence pour s'adonner à la culture des lettres, et sa maison devint bientôt le reudea-vous des braux esprits de l'époque. Il y fonda, en 1574, l'académie des Innominati, qui ne duraque quelques années, mais dont furent membres Guarini, Baldi, Manfredi et le Tasse. Visdoniini devintgouverneur de Novare et secrétaire des ducs Octave et Ranucuio Farnèse, qui l'employèrent à différentes missions diplomatiques. Les seuls, parmi ses écrits, qui aient été imprimés sont' une traduction in ottava rima du po6me de Sunnaznr, Departu Virginia (Parme, 1575, in- 12), et des Sonnets placés en tête de divers ouvrages de ses amis. Il laissa en manuscrit plusieurs tragédies, une traduction d'Homère, un poSuie héroïque, un poërae comique en vingt-huit chants, etc.

VISÉ, ÉE (vi-zé) part, passé du v. Viser. Que l'on cherche à atteindre, à frapper, en parlant d'un but : Toucher le point visé.

— Fig. Que l'on se propose d'atteindre, en parlant d'un résultat : Le succès visé n'a pas été obtenu.

— Fain. Pas mal visé pour un borgne, pour un aveugle. Se dit d'un succès obtenu contre toute probabilité, malgré la maladresse ou l'incapacité de celui qui l'a obtenu. Il Se dit aussi, iroinq., n'un insuccès complet.

VISÉ ou VIZÉ (Jean Donneau de), littérateur français. V. Donneau de Vizé.

VISÉE s. f. (vi-zé — du lat. visus, vue). Direction que l'on donne à son regard pour observer un point : Ligne de visée. Prendre sa visée.

— Fig. But, intention, prétention : Bonaparte, sa première visée de génie passée, n'apercevait plus que de l'urgent et des soldats. (Chateaub.)

Vous voyez de }uel air on reçoit vos joyaux : Croyez-moi, c'est tirer votre poudre aux moineaux. Ellscst sage, elle m'nirae, et votre amour l'outrage; Prenez visée ailleurs, et troussez-moi bagage.

Molière.

VISÉN1E s. m. (vi-zé-nl). Bot. Genre d'arbres, rapporté avec doute à la famille des byttnériacées, et comprenant des espèces qui croissent dans l'Inde et à Java.

VISEH v. a. ou tr. (vi-zé — du lat. visei-e ou visure, fréquentatif de videre, voir). Regarder pouralieindre; diriger son coup vers : Viser le blanc. Viser un oiseau. Viser un homme au cœur, un animal à ta tête.

— Fig. Chercher k atteindre, poursuivre, rechercher : // en est des bonheurs comme des perdrix : quand on les vise de trop loin, on court grand risque de ne pas les atteindre. (a. Karr.)

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— Ahsol. : Viser trop haut. Vistsr de trop loin. Tirer sans viser. L'hypocrite, comme le louche, regarde d'un côté et VISE de l'autre. (Roubaud.) // est toujours ion de viser haut, parce qu'on n'atteint jamais si haut qu'on vise. (St-Marc Girardin.)

— Pratiq. Marquer de son visa : Viser une ordonnance, des lettres de grâce, un passe-port. Viser des livres de commerce. || Citer, renvoyer à : Viser un article du code.

— v. n. ouintr. Viser à, Diriger son coup vers : Viser au blanc. Viser au ccenr. \\ Aspirer k, cherchera atteindre, diriger ses efforts vers: Viser A l'effet. Viskr à la fortune, aux honneurs, au succès. Celui-ci veut s'immortaliser par un i'n-12, celui-làparun in-i<> • un autre, qui a de plus belles inclinations, vise X l'in-folio. (Montesq.) Le courtisan vise également À se faire des patrons et des créatures. (La Bruy.) Dans le mariage, il faut d'abord visera, l'idéal, puis se contenter tiel'im-. complu t ; se proposer le mieu.r. et accepter le moins quand Dieu nous l'envoie. (Mme Necker de Saussure.) Tout ce qui vise a l'effet est de mauvais goût. (Balz.) Rivarol vise, en traduisant, k ce style soutenu déclaré impossible. (Sainte-Beuve.)

Vieille Iris, un homme & carrosse Vous marque de l'empressement ; Vous croyez qu'il vise à la noce, Il ne vise qu'au testament.

SenecS.

Il Tendre vers : La maladie vise à l'hydropisie.

Se ilier v. pr. Etre visé : Un oiseau qui vole ne peut se viser à l'aise.

— Diriger mutuellement son arme l'un contre l'autre : Deux adversaires qui se visent en même temps.

— Syn. Viser, mirer. V. MIRER.

VISETTi (Jacques), poète italien, né à Padoue en 1736, mort après 1812. Il étudia la théologie au séminaire dirigé par le cardinal Rezzonico, pape plus tard sous le nom de Clément XIII, et y devint dans la suite professeur de philosophie, puis d'histoire ecclésiastique. Il fut, en outre, nommé en 1778 à la cure de Sainte-Lucie, qu'il occupa jusqu'à sa mort. Il est surtout connu comme 1 auteur d'une épopée héroïque, intitulée le Triomphe de l'église (1775-1786, 8 vol. in-8°; 1787, 28 édit., 8 vol. in-12), dont il semble avoir puisé l'idée dans l'Apocalypse de saint Jean, et qui obtint beaucoup de succès en Italie.

VISEU,- en latin Verurium, Vicus Aquarius, ville du Portugal, province de Beira, chef-lieu de comarca, k 75 kilom. N.-E. de CoTmbre ; 9,000 hab. Evèehé suffragant de Biaga. Collège. Grande foire au mois de septembre, la plus importante du royaume. Commerce de bijoux, ouvrages d'or et d'argent, draps, bestiaux ; fabriques de coutil, lilaturede soie. Viseu porte le titre de duché.

VISEUR, EUSE s. (vi-zeur, eu-ze — rad.

viser). Personne qui vise.

— s. m. Mar. Appareil servant k vérifier et rectifier divers instruments d'observation.

VISIBILITÉ s. f. (vi-zi-bi-li-té — du lat. visibilis, visible). Qualité, caractère de ce qui est visible : Zo.visibîlitÉ fait défaut à presque tous les gaz.

— Théol. Caractère assigné par les théologiens catholiques comme essentiel k la vraie Eglise, et qui consiste en l'exercice extérieur et notoire de son culte, en la profession ouverte de ses dogmes : Le ministère de la prédication et des sacrements entraine nécessairement la visibilité perpétuelle de l'Eglise. (Gousset.)

VISIBLE adj. (vi-zi-ble — lat. visibilis; de visere, fréquentatif de videre, voir). Que l'on peut voir, qui est sensible à l'organe de la vue : Des corps visibles à l'ail nu. Si l'écriture est le corps visible et persistant du langage, la prononciation en est fdnie\(Ch.Nod.) Pleurer, ou, si mieux on aime, te pleurer est la manifestation visible d'un trouble intérieur. (A. Fée.)

— Par ext. Qui tombe sous les sens, qui peut être perçu par eux: Tout le monde visible n'est qu'un trait imperceptible dans l'ample sein de la nature. (Pasc.) Une langue est la forme apparente et visible de l'esprit d'un peuple. (Villem.)

— Qui reçoit des visites, qui est en état d'en recevoir : Monsieur est-il visible? Je serai visiblis dans une heure.

— Fig. Evident, manifeste, facilement perceptible : Un embarras visible. Uneintention visible. H est visible qu'il s'en repent. Plus un livre rend les sentiments visibles, plus il est littéraire. (H.Tnine.)

VISIBLEMENT adv.(vi-zi-ble-man-^rad.

visible). D'une façon visible, sensible à la vue : La liqueur du thermomètre monte visiblement quandon le porte dans un lieu chaud. (Acad.)

— Fig, D'une façon manifeste, évidente : Etre visiblkmknt embarrassé. Cela est visiblement faux. La lumière est visiblement nécessaire aux plantes. (F. Pillon.)

VISIÈRE s. f. (vi-zi-è-re — de l'ancien fr. vis, visage ; proprement chose qui garantit le visage). Pièce d'un casque percée de trous pour voir et respirer, que l'homme d'armes

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pouvaitbaisser surson visage ou relèvera son gré : Baisser la visière, S'attuqner visières baissées. Recevoir un coup de lance dans la visière. Ajax combat la visière levée et en face du ciel. (Ste-Beuve.)

— Pièce de certaines coiffures qui forma une sorte de petit toit au-dessus des yeux : La visière d'une casquette, d'un shako.

— Fain. Vue, œil : Auoi'r la visière nette, trouble, courte. Il Esprit, pénétration, perspicacité : Les hommes à visière courte. Il Opinion, sentiment :

Ce monsieur bas-normand me choque la tiin'ere.

Reûnard.

11 peste contre vous d'une belle manière, Quand vos déportements lui blessent la visière.

Molière.

— liompreen visière, Rompre sa lance dans la visière de son adversaire. 11 Fig. Rompra brusquement, se séparer sans ménagement, contredire ouvertement : Jean- Jacques, misanthrope parce qu'il était malheureux, rompit en visière avec son sièr.le et, dans ses écrits, prit le contrepied de ce qu'il voyait. (Saint-Mare Girard.)

Je n'y puis plus tenir, j'enrage, et mon dessein Est de rompre en visière ù tout le genre humain.

Molière.

— Techn, Ouverture servant de passage aux essais, dans un fourneau de recuisson.

il Pièce placée à l'arrière du canon d'un fusil et qui sert à régler le tir selon les distances.

VISIF, IVEadj. (vi-ziff, i-ve — du lat. visus, vue). Qui concerne la vue : On est en peine de savoir où réside la puissance visivk, si c'est dans la rétine, ou dans le nerf optique, ou dans le cerveau. (Trév.) il Peu usité.

VISIGA s. m. (vi-zi-ga). Mets que l'on prépaie avec les cartilages de l'esturgeon, dans la Bessarabie.

VISIGOTH ou WISIGOTH, OTE s. et adj.

(vi-zi-go, o-te). Hist. Membre de la nation qui, avec les Ostrogoths, composait le peuple goth. V. WlSIGOTH.

— Par ext. Homme grossier, inculte : Quel malheureux visigoth peut, après Cinna et Andromaque, bannir les vers du théâtre.

(Volt.)

— Adjectiv. Qui appartient, qui a rapport aux Visigoths : Les armées visigothks,

— Fig. Inculte, grossier.

VISI GOTHIQUE, adj. V. wiSieoTHlQUE.

VISIN (Denis-Ivanovitch db), célèbre littérateur russe, né k Moscou en 1745, mort en 1792. Il fit ses études à l'université de' sa ville natale et fut un des élèves désignés pour accompagner à Saint-Pétersbourg le recteur de cette université, qui le présenta au comte Schouwalof. Dans la capitale, Visin se lia avec l'auteur Volkof et avec Lomonossof, dont les conseils eurent une influence décisive sur sa carrière. De retour à Moscou, il débuta dans la littérature en traduisant les fables d'Holberg et le roman philosophique de Terrasson intitulé Sethas, ainsi quel'À/xire de Voltaire, que Visin, k cette époque, admirait autant qu'il le détesta plus tard. Ces essais lui valurent la protection du comte Panin, qui lui donna dans son ministère un emploi, ou plutôt une véritable sinécure qui lui permit de continuer ses travaux littéraires. Peu de temps après, cependant, Visin donna sa démission et mena pendant assez longtemps une existence vagabonde. Ayant repris enfin ses études favorites, Visin entreprit de régénérer complètement le théâtre russe en écrivant des pièces empruntées à la vie et aux moeurs du peuple. Sa première œuvre, le Brigadier, représentée en 1704, obtint un succès remarquable, qui cependant ne sembla pas encourager l'auteur, car ce ne fut que dix-huit ans plus tard qu'il écrivit sa seconde pièce, le Niedorosl ou le Jeune corrompu. Cette oeuvre excita un tel enthousiasme, que le prince Potemkin dit k Visin, après la première représentation : > Il ne vous reste plus rien à faire qu'à vous retirer chez vous et à mourir, car, vivriez-vous éternellement, vous n'écririez jamais rien qui soit de moitié aussi bon que cette pièce. • Visin prit sans doute ce compliment au sérieux, car, k dater de cette époque, il n'écrivit plus rien qui mérite délie mentionné, à part cependant ses Confessions, sorte d'autobiographie dans laquelle il sembla avoir complètement abjuré les idées de sa jeunesse. Les œuvres de Visin ont été publiées à deux reprises, et, quoiqu'elles no renferment, à part les productions que nous avons mentionnées, rien qui soit digne d'être transmis à la postérité, nous ne pouvions passer sous silence le nom du créateur du drame national en Russie.

VIS1NET (Auguste-Théodore), publiciste et économiste, né à Paris en 1797, mort en 1S56. Il était étudiant en droit lorsqu'il s'enrôla, en 1815, parmi les fédérés parisiens. Reçu licencié, il se lit inscrire comme avocat au barreau de Paris, plaida dans diverses causes politiques, notamment pour Asnès, prit part, en 1827, à la fondation de la société politique Aide-toi, le ciel l'aidera, et publia le Manuel de l'électeur dans l'exercice de ses fonctions, où se trouvait en quelque sorte le programme de la société. En 1828, Visinet devint rédacteur en chef du Journal de Rbuen, qui défendit avec chaleur les idées

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libérales. Lors des journées de juillet 1830, le commissaire de police ayant voulu empocher par ordre son journal de paraître, Vi* sinet protesta au nom de la légalité et inten dit l'entrée de ses bureaux à l'agent de police. Sous le règne de Louis-Philippe, il continua k rédiger le Journal de Rouen, duns lequel il prit en main la défense de la liberté commerciale et industrielle, et continua à faire preuve d'un grand esprit d'indépendance. En même temps, il s'adonnait avec succès k l'industrie. Après la chute de Louis- Philippe, Visinet devint lieutenant-colonel de la garde nationale de Rouen et vint sa mettre à la disposition de Cavaignac lors des journées de juin 1848. Celui-ci Je nomma préfet de l'Orne, et il conserva ces fonctions jusqu'au mois de novembre 1849. Il rentra alors définitivement dans la vie privée et reprit, la direction de son journal. On a de lui un recueil d'articles intitulé : Aperçus économiques (1849, in-8°).

VISIOMÉTRE s. m. (vi-zi-o-mè-tre — de vision, et du gr. metron, mesure). Instrument k l'aide duquel on mesure l'étendue de la vue et l'on détermine le choix des verres optiques qui lui conviennent,

VISION s. f. (vi-zi-on — lat. visio; de oidere, voir, qui répond à la racine sanscrite vid, savoir, connaître, rechercher). Physiol, Action de voir, perception opérée par l'organe de la vue : Phénumèue , mécanisme, théorie de ta vision. Vision distincte, confuse. Vision directe, réfléchie, réfractée. On ignore commeut l'acte de la vision donne naissance à la sensation. (Arago.)

— Perception intellectuelle : Lorsque l'homme découvre des idées nouvelles, il ne fait autre ckose que discerner, voir à part, individualiser ce qui auparavant était absorbé dans la vision uniforme du tout. (Lamenn.)

— Perception surnaturelle, par las yeux du corps ou par l'intelligence, de choses que la nature a cachées aux hommes; perception d'objets chimériques : Les visions des prophètes. Les visions des saints. Les visions des magnétisés, des illuminés. Avoir des visions. On est véritablement désespéré de l'accablante monotonie qui règne dans les visions et les miracles des théosophes et des thaumaturges de tous les temps. (Challemel-Lacour.) L'imagination est le miroir des visions et l'appareil de ta vue magique. (Vaillant.)

— Imagination vaine; idée sans fondement réel : Erreur pour erreur, les agréables illusions des poêles valent bien les tristes visions des philosophes. (De Pompignan.) Trembte, malheureux, de prendre les visions de ton cerveau malade pour les clartés de ta science I (Proudh.)

J'aime mieux mettre encore cent arpents au niveau Que d'aller follement, égara dans les nues, Me lasser à chercher des visions cornues.

Boileau.

— Philos. Vision en Dieu, Théorie de Malebranche, d'après laquelle les sensations physiques ne se produiraient pas directement par l'action des corps sur l'âme, mais par un acte divin.

— Théol. Vision béatifique ou intuitive, ou simplement Vision, Perception de l'essence divine, qui, d'après les théologiens catholiques, fait sentir sa présence k peu près comme la vue fait percevoir les objets matériels, et qui passe pour être réservée aux bienheureux comme une récompense : Esprit-Saint, donnez à nos cœurs un essai de la vision dans la foi, un avant-goût de la possession dans l'espérance. (Boss.) Si nous ouvrons les livres saints, nous y trouverons que l'homme est destiné à la vision intuitive de Dieu. (Gousset.)

— Pathol. Hallucination de la vue.

— Encycl. Physiol. et anat. La vue ou la vision estime sensation particulière qui nous décèle la présence des corps en nous fournissant la notion de leur couleur et de leur

• forme. Les corps n'agissent pas directement sur l'œil. 11 y a entie eux et l'œil un fluide particulier destiné à transmettre les rayons lumineux, fluide que les physiciens appellent élher. Trois conditions sont indispensables pour que le phénomène de la vision soit possible, a .savoir : 1° la présence d'un corps lumineux ou éclairé; 2° une membrane sensible sur laquelle l'impression lumineuse sera reçue et sentie; 3° un appareil ou système du lentilles qui rassemble les rayons émanés des objets éclairés et les réunisse sur la membrane sensible. La rétine est cette membrane, et le globe de l'œil est cet appareil. V. ŒIL.

C'est aux mouvements de l'iris que sont subordonnées les contractions et les dilata» tions de la pupille, et cette dernière est la porte d'entrée des rayons lumineux dans l'œil. Les mouvements de l'iris sont complètement involontaires et ne se manifestent que sous l'influence d'un excitant. Certaines substances agissent sur l'iris pour le dilater, comme la beaadone ; d'autres pour le resserrer, comme la strychnine et la fève de Calabar. L'iris sert à graduer en quelque sorte l'intensité de la lumière qui arrive sur la rétine ; c'est le régulateur de la vision. Il ne laisse pénétrer dans l'œil que la quantité de lumière proportionnée k la sensibilité de la rétine. Lorsque l'oeil se dirige sur des objets très-éclaiiés, la pupille se resserre, et, lors-

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qu'il se tourne vers des objets peu éclairés, elle se dilate. Lorsque l'œil cherche à distinguer les objets au milieu d'une obscurité presque complète, la pupille est à son maximum de dilatation. Si l'on approche vivement une lumière d'un œil dont ou ouvre brusquement les paupières, le resserrement de la pupille est porté à son plus haut point.

La membrane nerveuse sur laquelle a lieu l'impression de la lumière étant la rétine, les images des objets doivent nécessairement se former sur la rétine et toujours sur la rétine. Or, dans nos instruments d'optique, l'image formée au foyer se rapproche de la lentille quand l'objet lumineux s'éloigne ; l'image s'éloigne de la lentille, au contraire, quand l'objet lumineux se rapproche. Dès lors, comment se fait-il que dans l'œil l'image coïncide toujours au même point et qu'elle soit toujours à la rétine pour toutes les distances de l'objet? C'est que l'œil s'accommode à toutes les distances de l'objet lumineux par un ensemble de modifications particulières. On a proposé plusieurs théories touchant cette accommodation. Magendie, examinant par transparence l'image d'une lumière au fond de l'œil u'un lapin albinos, et voyant que cette image persistait quand il éloignait ou rapprochait la lumière, conclut de cette expérience que les milieux de l'œil sont tellement disposes que, sans qu'on puisse s'en rendre compte par les lois de la physique, le foyer de l'image est invariable pour toutes les distances de l'objet. Pouillet a émis une théorie qui repose sur l'inégalité de densité et de réfrangibilité des diverses couches du cristallin. Il pense que, parmi les rayons qui traversent le cristallin, il n'y en a qu'une partie qui se réunissent en foyer sur la rétine. Pour les objets rapprochés, les rayons passant par le centre viendraient seuls converger en foyer à la rétine ; pour les objets éloignés, les rayons passant par la circonférence du cristallin feraient seuls aussi la même chose. Dans le premier cas, le rétrécissement de la pupille qui accompagne la vision des objets rapprochés interceptant les rayons marginaux , l'image au foyer résulte de la totalité des rayons réfractés par le cristallin. Dans la vision des objets éloignés, l'élargissement de la pupille permettant aux rayons marginaux de former image à leur point de convergence sur la rétine, les foyers des rayons centraux se trouvent alors situés en avant de la rétine et ne concourent point à la formation de l'image.

De même que le globe oculaire se meut dans l'orbite pour aller en quelque sorte à la recherche des images, de même les milieux réfringents de l'œil se meuvent aussi de quantités infiniment petites, il est vrai, pour se mettre en rapport avec les objets diversement éloignés. Les expériences de Helmholtz, Cramer, Rouget et autres ne laissent aucun doute à cet égard. Quand, d'ailleurs, nous regardons successivement des objets placés à des distances diverses, nous avons parfaitement conscience qu'il s'accomplit dans notre œil un changement accompagné d'un véritable effort. Or, cet elfort est d'autant plus sensible que les objets sont plus rapprochés; il devient même douloureux lorsqu'ils sont très-rapproehés. Si, après avoir regarde fixement pendant longtemps des objets très-rapprochés , nous jetons les yeux sur des objets situés à des distances considérables, nous sentons comme une sorte de détente et de bien-être. La construction optique dé l'œil parait donc disposée de telle sorte que, dans l'état de repos de l'œil, le foyer des rayons lumineux sur la rétine correspond à la vision des objets éloignés, et que l'effort d'accommodation s'opère a mesure que la distance des objets diminue. A mesure que cette distance diminue, la distance de l'image au cristallin augmente. 11 eu résulte que l'effort qui a lieu concorde parfaitement avec les fonctions du muscle tenseur de la choroïde, dont les contractions déforment le cristallin, augmentent son diamètre anteropostérieur et, par conséquent, su réfringence. C'est une locution vulgaire et vraie que de dira que la vision attentive des objets rapprochés tire les yeux.

L'œil aperçoit les corps lumineux placés dans l'espace à des distances très-grandes et s'accommode à l'observation des objets irèsrapproches. Néanmoins, l'accommodation a des limites. Quand l'augmentation des courbures du cristallin est portée à ses dernières limites et que l'objet continue à se rapprocher de l'œil, la vue cesse d'être possible, au moins d'une manière nette. La vision cesse d'être possible pour la plupart des hommes aux distances inférieures à 0m,l. Les myopes voient à des distances plus ou moins inférieures, et les presbytes ne peuvent voir qu'à des distances plus ou moins supérieures.

Nous avons dit que la rétine était le lieu des impressions visuelles. Néanmoins, il existe un point de cet épanouissement nerveux où la sensibilité est sinon absente, du moins très-obtuse. Ce point, situé dans la partie centrale, a été appelé punctum excum. Les rayous qui y arrivent lie sont point annulés en même temps qu'ils produisent leur effet utile, parce que la choroïde et son pigment ne correspondent point à cette région de la rétine, et alors ces rayons, renvoyés par réflexion au travers de la membrane

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qu'ils viennent de traverser, donnent lieu à une contusion qui peut nous faire croire à l'insensibilité d'une portion de la rétine. Une petite expérience assez curieuse rend ce fait sensible. Sur une feuille de papier blanc, dessinez une petite croix et, a 0m,06 environ de distance horizontale, du côté droit, faites une tache noire circulaire de la grandeur d'un pain à cacheter; fermez l'œil gauche et regardez la petite croix avec l'oeil droit; approchez alors lentement le papier de l'œil, et, a un certain moment, quand U s'en trouvera à la distance convenable, la tache noire disparaîtra ; continuez à approcher le papier, et, quand il se trouvera tout près de l'œil, la tache noire redeviendra visible de nouveau. Cela vient de ce que, pendant quelque temps, la tache noire a eu son foyer dans la partie insensible de la réùne.

Le mode intime d'action de la lumière" sur la rétine nous est à peu près inconnu. La rétine étant transparente, il est certain qu'elle est traversée tout entière et en quelque sorte baignée par la lumière. Suivant Helmholtz, l'intensité de l'impression sur la rétine n'est pas toujours en proportion avec l'intensité de la source lumineuse. Au delà d'un certain degré de lumière, nous jugeons mal ou nous ne jugeons plus exactement des changements survenus dans la source lumineuse. C'est dans une faible lumière que ces changements sont le mieux appréciés, et c'est en vertu de cette propriété que les objets blancs nous paraissent le soir beaucoup plus clairs que pendant le jour, par rapport aux corps qui les environnent.

Les ébranlements qui donnent lieu sur la rétine à la sensation de lumière peuvent être déterminés par d'autres excitants que les sources lumineuses. Ainsi, la nuit, en se comprimant le globe oculaire d'avant en arrière ou sur les côtés, on aperçoit des lueurs plus ou moins intenses appelées phosphènes. L'électricité appliquée sur les tempes produit aussi un ébranlement de la rétine qui se traduit par des phénomènes lumineux subjectifs.

La lumière n'agit pas d'une manière instantanée sur l'organe de la vision. L'ébranlement de la rétine dure un certain temps, et, de plus, cet ébranlement a besoin aussi d'un certain temps pour se communiquer au sensorium. Il arrive, en conséquence, que nous pouvons avoir la sensation d'un objet alors que celui-ci a cessé d'impressionner la rétine et que l'objet qui a impressionné la rétine, peut disparaître avant que la sensation soit perçue. Ces particularités dans la durée de l'impression et de la transmission de la lumière donnent naissance à un certain nombre d'illusions d'optique. Ainsi, quand nous imprimons à un corps incandescent un mouvement rapide de rotation, il semble que nous ayons devant les yeux une circonférence continue. Quand une fusée volante s'élève dans les airs, on dirait qu'elle conduit une longue traînée de feu. Quand une voiture se meut avec une grande vitesse, les jantes qui réunissent la circonférence des roues avec les moyeux disparaissent. Dans tous ces cas, l'illusion dépend de la persistance des impressions sur la rétine. On estime à un tiers de seconde la durée des impressions sur la rétine. Inversement, quand un corps mû par un mouvement rapide de translation parcourt un espace égal à son diamètre en un temps moindre que celui de la durée de l'impression sur la rétine, il échappe complètement à la vue. C'est pour cela que nous ne voyons ni une balle ni un boulet au sortir désarmes qui les projettent.

Pour être visibles, les objets doivent avoir une certaine dimension. Quand ces dimensions sont trop faibles, nous n'apercevons les objets qu'au moyen d'instruments grossissants. Voici pourquoi notre œil n'est pas sensible aux objets très-petits, La rétine se compose d'éléments nerveux ayant 3 millièmes de millimètre de diamètre. Or, chacun de ces éléments ne transmet et ne peut transmettre qu'une seule impression en même temps. Il s'ensuit que, quand deux points d'un objet sont assez rapprochés l'un de l'autre pour que l'angle opposé par le sommet qu'ils sous-tendent sur la rétine soit mesuré par une distance inférieure à 3 millièmes de millimètre, ces deux points cesseront d'être visibles séparément et ne donneront lieu qu'à une impression confuse.

L'une des conséquences de la constitution de l'œil, c'est le renversement des images sur la rétine. Comment pouvons-nous voir les objets droits tandis que leur image est renversée au fond de l'œil? Buffon et Lecat prétendent que primitivement nous voyons les objets renversés, et que le toucher et l'habitude nous font rectifier cette erreur. Muller dit que rien n'est renversé quand rien n'est droit, et que les deux idées n'existent que par opposition. Ce redressement est dû, suivant les physiologistes modernes, à une disposition organique des parties qui perçoivent et de l'origine cérébrale du nerf optique.

Une autre question controversée est celle de savoir comment les objets nous paraissent simples du moment que nous avons deux yeux. Ce phénomène n a pas encore reçu d'explication complètement satisfaisante.

On peut compter aussi parmi les illusions d'optique les illusions de coloration. Si l'on place perpendiculairement un écran entre les deux yeux et si l'on reçoit isolément dans

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l'œil gauche un faisceau de lumière rouge et dans l'œil droit un faisceau de lumière verte, on ne perçoit qu'une seule impression, celle de la lumière blanche. 11 en est de même pour tous les faisceaux de lumière qui représentent deux couleurs complémentaires. Les portions identiques des deux rétines ne donnent, en effet, naissance qu'à une seule image, et, celle-ci résultant de la superposition de deux couleurs complémentaires, il en résulte la sensation de la lumière blanche. Ce fait nous explique comment, sous certains angles d'incidence, les signaux de lumière sur les chemins de fer ont pu induire en erreur les conducteurs de train, et leur faire croire à des feux de lumière blanche alors que ces feux étaient diversement colorés.

Les impressions de la rétine sont transmises à l'encéphale par le nerf optique, et rien que par le nerf'optique. Quand celui-ci est coupé, détruit ou comprimé par une tumeur, la vue est nécessairement troublée ou anéantie.

La vision ne fournil que des signes indirects de la distance où se trouvent les objets; nous ne voyons partout qu'une étendue plane, marquée par la délimitation des couleurs, par l'opposition des ombres et de la lumière, par les diverses figures que l'on peut tracer sur un plan. Est-on en présence d'une sphère un peu éloignée, on ne voit pas une sphère, mais un disque circulaire et plan, avec une certaine disposition de teintes et de nuances, de lumière et d'ombre réparties sur cette surface. De même pour tous les solides. L'apparence visible d'un cylindre est une figure plane, composée de deux lignes parallèles interceptées entre deux courbes; celle d'un cône se résout en un triangle à base circulaire, et ainsi de toutes. A chacune des formes solides correspond pour la vue, en même temps qu'une certaine forme plane, une distribution particulière de la lumière et de la couleur. On voit cette couleur, on voit cette forme, et rien de plus. Mais qu'on se déplace et qu'on soumette au toucher le corps qui donne lieu à ces apparences visibles, on trouve sous l'une une sphère, sous une autre un cylindre, sous une troisième un cône, lit à chaque nouvelle expérience on rencontre toujours, unis aux mêmes apparences, les mêmes corps solides. Ces apparences deviennent ainsi les signes de la présence de ce3 corps. C'est par un procédé tout semblable qu'on estime les distances et les mouvements. A chaque degré d'éloignement du même objet correspond une forme visible, toujours la même, mais plus petite ou plus grande, selon que l'objet est plus voisin ou plus proche. Ayant associé, par une constante expérience, à chacune de ces distances une apparence de grandeur, ou juge, si celle-ci est petite, que l'objet est loin; si elle est considérable eu égard aux dimensions habituelles de l'objet, qu'il est près; si elle augmente, qu'il s'approche; si elle diminue, qu'il s'éloigne. La vivacité croissante ou décroissante de la couleur, la confusion ou la distinction des lignes servent de signes secondaires.

Distinguons donc les perceptions de la vue en naturelles et en acquises. Les naturelles sont toujours exactes; mais les acquises, qui ne sont qu'indirectes, ou plutôt qui sont des inductions, non des perceptions, peuvent être fausses. Toutes les illusions d'optique, comme on les appelle, sont des applications illégitimes du principe sur lequel reposent d'ailleurs tous les enseignements de la vue; étant donnée l'apparence visible, qui est le signe, l'esprit conclut à la chose signitiée, laquelle peut quelquefois être absente , et la vue, qu'on accuse, n'est pas alors ce qui nous trompe : nous nous trompons nous-mêmes en tirant d'une sensation normale, origine d'une perception vraie, une induction téméraire.

« Quand l'eau courbe un bâton, ma raison le redresse, ■ a dit La Fontaine. Une raison savante le redresse, une raison plus naïve l' affirme courbé, la vue n'en dit rien. La vue n'offre qu'une image ; elle offre l'image exacte d un bâton plongé en partie dans l'eau : c'est a nous de bien interpréter ce signe.

Nous ne parlerons point ici des différentes perturbations de la vision qu'on peut appeler pathologiques ; nous en avons parlé aux mots

ŒIL et HALLUCINATION.

— Philos. Vision en Dieu. Cette célèbre théorie philosophique de Malebranche est intimement unie à celle des causes occasionnelles (v. occasionnalismb) et à tout le système de ce philosophe idéaliste. Fontenelle disait que le système de Malebranche est tout plein de Dieu. En effet, sa tendance générale est de donner, comme Spinoza, toute activité et toute réalité à Dieu seul, en réduisant par là même le rôle des créatures à une passivité bien voisine du néant. Sans parler ici des créatures matérielles (auxquelles s'applique la théorie des causes occasionnelles), que reste-t-il d'être et de réalité aux créatures spirituelles? C'est ce que prétend expliquer la vision en Dieu.

L'âme, imparfaite, contingente, individuelle et bornée en toutes ses puissances, peut-elle par elle-même penser et agir de quelque manière que ce soit? Croire que l'esprit n'a besoin que de lui-même pour apercevoir les objets et qu'il découvre en soi les choses du dehors, c'est une pensée d'orgueil que Malebranche repousse. « Ne dites pas, s'écrie-t-il, que vous êtes à vous-même vo-

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tre propre lumière. L'âme n'aperçoit en eliemême que ses sentiments et ses propres modifications, mais non les choses du dehors. Elle connaît tous les êtres, elle connaît des choses infinies; comment, étant limitée, les contiendrait-elle éminemment? Etre particulier et contingent, comment apercevrait-elle en elle-même le général et le nécessaire? Dieu seul, qui a tout créé, voit en lui-même, d'une manière spirituelle, l'essence des créatures et leur existence dans les décrets de sa volonté.

» Que reste-t-il donc, sinon de croire que nous voyons toutes les- idées eu Dieu? Dieu a certainement en lui les idées de tous les êtres, puisqu'il les a tous créés; nos espritl sont certainement unis avec lui, puisque nous avons toujours présente l'idée de l'infini, qui est Dieu même, puisque nous apercevons le fini dans l'infini. Dieu est étroitement uni à nos âmes par sa présence, il est le lien des esprits comme l'espuce celui des corps ; donc l'esprit peut voir en Dieu tous les ouvrages de Dieu, à supposer que Dieu veuille qu'il tes y découvre. Il le veut indubitablement, parce qu'il agit par les voies les plus simples. Dieu peut faire voir aux esprits toutes choses en voulant simplement qu'ils voient ce qui est au milieu d'eux-mêmes, c'est-à-dire ce qui, dans lui-même, a rapport à ces choses et les représente; il veut que ce qui est en lui qui les représente nous soit découvert. • Remarquons que Malebranche cherche ici déjà à se mettre en garde contre le repro-'he, qu'il prévoit, de mettre le particulier en Dieu : ■ Nous croyons, dit-il, que l'on connaît en Dieu les choses changeantes et corruptibles, parce qu'il n'est pas nécessaire pour cela de mettre quelque imperfection en Dieu, puisqu'il suffit que Dieu nous fasse voir ce qu'il y a en lui qui a rapport à ces choses. »

Cependant, n'allons pas croire que nous voyons Dieu lui-même; ce n'est pas sa substance que nous saisissons, puisque ce que nous voyons en lui est imparfait, variable, fini, etc. Ce n'est pas non plus les objets euxmêmes que nous voyons de la sorte, mais seulement leurs idées. Ce qui réside en Dieu et ce que nous voyons en lui et par lui, ce n'est pas l'homme, le cheval, l'arbre réels; c'est l'homme intelligible, le cheval intelligible, en un mot des corps seulement intelligibles.

Telle fut la forme première de la vision en Dieu, celle que Malebranche expose dans sa Beckerche de ta vérité; mais c'est dans les Méditations chrétiennes et dans les Entretiens métaphysiques qu'il faut chercher cette doctrine à son plus haut degré de clarté. Ainsi, tandis que, dans la Jïecherche de la vérité, Malebranche semble mériter le reproche de placer en Dieu des choses particulières et contingentes, il établit dans tous ses ouvrages ultérieurs que nous ne voyons en Dieu que le général et l'absolu. Arnaiild veut lui opposer saint Augustin, selon lequel nous ne voyons en Dieu que ce qui est immuable. Malebranche répond que sou opinion est la même que celle de saint Augustin; il ne prend pas le mot uoir dans le sens d'une vue matérielle et sensible, mais dans le sens d'une vue par idée. Or, nous ne voyons par idée que des choses éternelles et immuables, les.nombres, l'étendue, les essences des choses. » J'avoue, dit-il dans les Conversations chrétiennes, que nous voyons en Dieu les vérités éternelles et tes règles immuables de la morale. Un e:-prit fini et changeant ne peut voir en lui-même l'éternité de ces vérilés et l'immutabilité de ces lois, il les voit en Dieu ; mais il ne peut voir eu Dieu des vérités et des choses corruptibles, puisqu'il n'y a rien en Dieu qui ne soit immuable et incorruptible... Voici comment nous voyons eu Dieu ces mêmes choses... Nous ne les connaissons pas comme Dieu même, mais nous les connaissons par le sentiment que Dieu cause en nous à leur présence. Lorsque je vois le soleil, je vois l'idée de cercle en Dieu, et j'ai en moi le sentiment de lumière qui me marque que cette idée représente quelque chose de créé et d'actuellement existant. Ainsi, dans toutes les connaissances sensibles que nous avons des choses corruptibles, il y a idée pure et sentiment. L'idée est dans Dieu, le sentiment est dans nous, mais venant de Dieu. C'est l'idée qui représente l'essence da la chose, et le sentiment fait seulement croire qu'elle est existante, puisqu'il nous porte à croire que c'est elle qui la cause en nous, à cause que cette chose est pour lors présente à notre esprit et non pas la volonté de Dieu , laquelle seule cause en nous ce sentiment. >

— Théol. Vision béatifique ou intuitive. Les docteurs chrétiens distinguent trois manières de voir ou de connaître Dieu; la première, qu'ils .appellent vision abstiactive, consiste à connaître la nature et les perfections de Dieu par la considération de ses ouvrages. C'est la seule manière dont on puisse voir et connaître Dieu dans cette vie.

La seconde manière consiste à voir Dieu immédiatement et en lui-même ; on la nomme vision intuitive ou béatifique; c'est celle dont les saints jouissent dans le ciel. Saint Paul en a donné l'idée lorsqu'il a dit : « Nous voyons à présent comme dans un miroir et d'une manière obscure ; mais alors , après cette vie, nous verrons face à face. «

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La troisième, que l'on appelle vision compréhensîve, ne convient qu'à Dieu infini dans sa nature et dans tous ses attributs ; lui seul peut se voir et se connaître te) qu'il est.

Les Arméniens et les Grecs schismatiques croient que les justes et les saints sortis de ce inonde ne jouiront de la vision intuitive de Dieu qu'après la résurrection générale et le jugement dernier, qu'en attendant ils jouissent du repos dansl attente de leur parfait bonheur. (Jette opinion fut condamnée dans le concile de Florence tenu en H39. Il y fut décidé que les âmes des justes, à qui il ne reste aucun péché à expier, jouissent de la vision béatîfique immédiatement après leur mort.

Visions (les) [Los Suenos], œuvre satirique de l'Espagnol Francisco de Quevedo (xviie siècle). C'est un des livres les plus singuliers, les plus étourdissants de verve, d'âpreté, de satire amère, écrit de ce style si vivant, si coloré qui distingue tout ce qui est sorti de la plume de Quevedo. Ces Visions sont au nombre de six. et, quoique très-variées dans leur forme, ont entre elles un air de parenté ; ce sont des sortes de revues funèbres, passées en songe, dans l'enfer, sous l'escorte de la Mort. Ce serait lugubre sous une autre plume que celle de Quevedo, mais ce grand moraliste est aussi le railleur le plus impitoyable et l'écrivain le plus gai. UAlguacil alyuacilado (V A Iguasil endiablé) bafoue la vénalité des gens de justice, cause si profonde de la désorganisation de l'Espagne ; un diable habite la peau de l'alguazil, mais ces gens-là ont une si triste renommée qu'il ne veut pas qu'on dise qu'il est un alguazil démoniaque, mais un démon alguazilé. La Vision des têtes de mort (el Sueiia de las calmeras) et les Stables de Plulon (las Zahurdas de Pluton) sont deux grandes compositions qui semblent une parodie de VEnfer de Dante; c'est l'enfer aussi, mais un enfer grotesque, fourmillant de têtes grimaçantes. Et pourtant, sous cette forme plaisante, où la raillerie est plus triste que gaie, Quevedo châtie aussi rudement les vices et les passions des hommes; il cloue au pilori les hypocrites et les scélérats d'une main aussi ferme que le vieux poète florentin. La Visite aux facétieux (la Visita de los càistes) est encore une descente aux enfers. Les médecins, les chirurgiens, les apothicaires, Jes avocats, confondus avec les barbiers et les arracheurs de dents, forment à la Mort un cortège ironique, auquel se joint le poète, en curieux. La Mort, cette fois, lui fait voir toutes sortes de personnages de fantuisie, célèbres par leur bonne humeur dans les romans picaresques, don Diego de Noohe, Pedro de Hurdemalas, Jean des Chausses- Blanches, etc., mêlés à des personnages très-réels. C'est une revue très-plaisante. Le Dedans du monde (el Mundo por dentro) poursuit la même satire implacable des vices humains. Le monde, aux yeux du poëte, est comme un fruit d'apparence savoureuse, et plein de poussière. Quevedo l'ouvre et en montre l'intérieur; chaque état a son hypocrisie, ses bassesses; chaque homme ren-..ferme des passions cachées, chaque mot de la langue couvre d'un terme décent des choses houleuses. Nous ne voyons que des apparences, des enveloppes ; il faut regarder, il faut ouvrir et voir ce qu'il y a dedans. La Maison des fous d'amour est la satire la plus fine du désordre mental que causent les passions. Ces compositions sont toutes, au point de vue littéraire, d'une grande beauté ; il est impossible de rencontrer un style plus vif, plus pénétrant, des traits plus cruels et plus acérés. Dès qu'on a pénétré dans ce monde bizarre évoqué par le poëte, son exagération passionnée vous captive, le grotesque et l'exorbitant vous semblent vrais.

Tout est réel, tout est vivant, hommes et bêtes, vices et vertus; mais tout est agrandi ou rapetissé, on n'a devant soi que des masques; il semble qu'on se voie dans ces boules de verre qu'on fait servir à l'ornement des jardins et qui reflètent admirablement les passants et les paysages, mais en les déformant d'une façon grotesque.

^ Quevedo, et ses Visions en particulier, est l'homme qui a eu le plus à souffrir des traducteurs; ses idées originales séduisaient les écrivains, mais bien peu ont résisté a la tentation tt'émonder ce style si touffu, si luxuriant. Presque rien du texte espagnol ne surnage dans la traduction de Lageueste, les Visio)!* de don Francisco de Quevedo (Paris, 1633, in-lî), moins encore dans celle de don Galeo, les Nuits sévillanes ou Visions de don Francisco de Quevedo (Bruxelles, 1770,in-12); ce dernier ne se contente pas de l'abréger, de le rogner de toutes parts, il le travestit de la façon la plus ridicule. Une traduction allemande, sous ce titre bizarre: lesVisiones de don Quevedo, Satyrische Gesicàte Philanders von Siltevalt (Francfort, 1644, 2 vol. in-12), est une amplification assez savante de l'original; mais le traducteur y a mêlé d'autres œuvres, que jamais Quevedo n'a écrites, et n'a pas plus respecté le texte que Lageneste ou don Galeo. C'est bien pour tous ceux-là que le proverbe italien est vrai : Traduttore, tradilorel

Visions du ebaleau de» Pyrénées (LES), roman d'Anne Radcliffe {1803). Ce livre offre une série d'aventures extrêmement romanesques et fantastiques, au milieu desquelles

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défile une procession de personnages divers : des jeunes femmes errantes et persécutées, des brigands, des moines, des religieuses, etc. Le principal personnage de ce drame embrouillé est Victoria, une jeune orpheline qui, à la mort de son père, est élevée avec son frère Alphonse par sa tante, la duchesse de Vicence. Les tuteurs des jeunes orphelins sont des époux bien assortis; la vicomtesse est une femme méchante, débauchée; le comte est vicieux et capable de tout pour satisfaire ses passions. Aussi, dès qu'Alphonse est en âge de prendre du service, quilte-t-il ces mauvais parents ;quant à Victoria, arrivée à l'âge nubile, elle se voit bientôt en butte aux criminelles obsessions de son oncle, le comte de Vicence, et, pour échapper aux dangers que court son honneur, la jeune tille prend la route de l'Espagne, où elle espère retrouver son fr-ère. Au lieu de rencontrer son protecteur, elle tombe aux mains de farouches brigands qui la conduisent au château des Pyrénées, repaire d'une bande nombreuse et redoutable. A sa grande surprise, elle y retrouve le comte de Vicence, qui tente de nouveau de la séduire en lui offrant s;i délivrance pour prix de ses faveurs; mais elle repousse ces propositions honteuses. Le chef de la bande, don Manuel, épris des charmes de sa captive, la sollicite également, tuais avec un égal insuccès; prières, menaces, promesses, tout est inutile. Victoria a des compagnons de malheur, entre autres un vieillard, Sébastien, et un jeune homme, Hippolyte, que don Manuel a réduit à la condition de domestique. Touché de l'infortune de la jeune fille, Hippolyte la sauve et, après mille dangers, ils abordent en Provence, où elle est accueillie par des pères chartreux. On la mène ensuite chez une châtelaine du voisinage, qui n'est autre que la comtesse de Vicence, et les deux femmes se reconnaissent avec stupéfaction. Victoria fait à sa tante le récit de ses aventures depuis leur séparation, et la comtesse, jalouse de la beauté et da la vertu de sa nièce, l'humilie en lui faisant épouser son sauveur Hippolyte, dont la vie, lui fait-elle accroire, est a ce prix.

Quelques jours après, Hippolyte est repris par les brigands et réemprisonné au château des Pyrénées. Ici commence une nouvelle série d'aventures pour Victoria, qui se met à la recherche de son mari ; elle iinit par le retrouver dans un état à faire pitié. Elle rencontre, également captifs des brigands, Alphonse, son frère, don Sébastien et une jeune fille nommée Mathilde, dont les relations avec Hippolyte excitent sa jalousie. C'est ici que les voiles tombent : don Sébastien apprend aux jeunes gens qu'il appartient à 1 une des premières familles de l'aristocratie italienne, qti'Hippolyte et Mathilde sont ses enfants. Rien ne doit plus troubler le bonheur de Victoria, car elle a épousé, non un domestique, mais un gentilhomme, le duc de Païenne, et Mathilde est la sœur et non la maîtresse d'Hippolyte. Alphonse épouse cette aimable jeune personne, et les deux couples réunis vivent désormais heureux. •

On ne peut faire à l'auteur un reproche du manque fréquent de vraisemblance, puisque son genre est de rechercher l'invraisemblable ; on ne peut donc lui demander que de l'intérêt et du style. Ce dernier est simple, animé, large, brillant et poétique, mais l'intérêt ne mérite pas les mêmes éloges. Les personnages sont trop pâles, trop effacés; ceux qui attachent le plus sont les plus vicieux. Le comte de Vicence, par exemple, dans ses obsessions auprès de Victoria, ne manque pas d'une certaine énergie âpre et sauvage qui plaît parce qu'elle est dans la nature. Quant à Victoria, le principal personnage, elle touche par sa beauté, sa jeunesse, sa vertu et ses malheurs, mais c'est une nature par trop impressionnable. La moindre émotion, soit pénible, soit agréuble, lui cause des syncopes et la retient pendant quinze jours au lit. A peine peut-elle faire deux pas sans s'évanouir : évanouissement quand les brigands s'emparent d'elle; évanouissement quand elle entre au château des Pyrénées; évanouissement quand elle revoit dans ce repaire son impudique tuteur; évanouissement quand on la sauve; évanouissement quand elle arrive chez les chartreux ; enfin, elle a des évanouissements pour toutes les raisons, et même sans raison. On remarque d'assez bonnes figures de moines dans cette fiction embrouillée, entre autres celle d'un certain père Anselme , le protecteur de Victoria. Quant aux visions de Victoria dans le château des Pyrénées, elles sont si extraordinaires et si fantastiques, qu'elles dépassent les imaginations des Con~ tes des Fées.

Visio» d'Hébal (la), poëme symbolique de Ballanche (1820, in-8°). Hébal, doué de seconde vue, saisit dans un éclair de la pensée toute l'évolution historique de l'humanité. Ce livre, très sommaire, est le résumé de la philosophie de Ballanche. On y remarque, comme dans les autres ouvrages de l'auteur, une placidité de composition tout à fait particulière, de l'élévation et une pureté presque irréprochable dans le style, mais en même temps quelque chose d'infiniment vague dans les idées. La Vision d'Hébal est demeurée une de ces œuvres qui ne peuvent être adop-

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tées ni même comprises par des lecteurs non accoutumés aux méditations de la philosophie la plus transcendante.

« Et afin que l'immense conception de cet écrivain soit entièrement accomplie, dit M. Mazure, voilà que la Vision d'Hébal, passant dans une revue rapide et comme sous l'influence du vertige ou de l'extase, l'histoire universelle de la race humaine, et se projetant dans l'avenir infini; voilà que cette vision vient achever la pensée du théosophe et se perdre elle-même dans la contemplation des temps derniers, où la perfectibilité indéfinie île ce inonde sera devenue la perfection véritable et infinie. •

Vision d'un bâpital (la), tableau de Fuseli; collection Guildford. Milton, dans son poëme du Paradis perdu, raconte la vision que l'archange Michel offrit aux yeux d'Adam ; c'était le triste tableau des maux sans nombre qui devaient affliger l'humanité. Le passage suivant a servi d inspiration au peintre : « Un lieu de désolation, infect, sombre, une espèce d'hôpital lui apparut; il vit une multitude de malheureux en proie à toutes sortes de maladies : syncopes affreuses, douleurs aiguSs, défaillances, convulsions, épilepsie, frénésie démoniaque, mélancolie, folie lunatique, phthisie languissante, peste cruelle et consomption; enfin l'asthme et l'hydropisie faisant d'affreux ravages. L'agitation était cruelle; on entendait des soupirs lamentables, le désespoir se trouvait à chaque lit, près de tous les malades; la Mort triomphante brandissait son dard sur eux, mais elle tarduit à frapper. • Ce tableau magnifique est regardé comme un des meilleurs de Fuseli. ■ La conception est élevée, dit M. Thoré, le dessin correct, les têtes remplies d'expression et le clair-obscur d'un bon effet. • Il a été fait pour la galerie de Milton et parut à la première exposition du Salon britannique. Ce ne fut, toutefois, qu'après trois délibérations des directeurs de 1 établissement qu'il fut décidé que l'on pouvait sans inconvénient offrir aux yeux du public un si terrible sujet. Evalué alors 7,500 francs, il devint la propriété de sir Thomas Coutts; il appartient maintenant à la comtesse de Guildford et a été gravé par Moïse Haughton et par Réveil (au trait).

Vui«n d'Ezéchiei (la), chef-d'œuvre de Raphaël. V. KsyJCHiEL.

Vision de Cin.rio» IX (la), tableau de M. H. Scheffer. V. Charles IX.

VISIONNAIRE adj. (vi-zi-o-nè-re — rad.

m>ion). Qui s'imagine avoir des visions, des révélations ; qui croit percevoir d'une façon surnaturelle des choses cachées aux hommes : Un moine visionnaire.

— Qui a des idées folles, des imaginations extravagantes : Tout poète est plus ou moins visionnaire, il Fou, extravagant, dépourvu de tout fondement, en parlant d'une idée, d'une imagination :

. . . Dana ses chagrins visionnaires. Il donne a tous des torts imaginaires.

DEUtiB.

— Substantiv. Personne qui croit avoir des visions ; personne qui se livre h des imaginations extravagantes : Les visionnaires ne sont gue des penseurs égarés. (Alibi-rt.) La suite des pensées chez le visionnaire n'est pas la même que dans le raisonneur tranquille. (H. Taine.)

VISIR, VISIRIAJ,, VISIRAT ou VISIRIAT.

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