‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 15Chapitre 766 sur 1042 · V. VIZIR, V1ZIRIAL, VIZIRIAT · texte numérisé non relu

V. VIZIR, V1ZIRIAL, VIZIRIAT

V1S1R-KAN s. m. (vi-zir-kan). Métrol. Mesure de capacité, valant à Leipsig llit,4044, et à Dresde llit,4048.

VISIR-MASS s. m. (vi-zir-mass). Métrol.

Mesure de capacité , valant à Augsbourg Iiit,1772, à Nuremberg llit,H52. •

VISITAND1NE s. f. (vi-zi-tan-di-ne). Religieuse de l'ordre de la Visitation :

Les petits soins, les attentions fines Sont nés, dit-on, chez les uisitandines.

Gresset.

— Encycl. Les visitandines appartiennent à un ordre institué en 1610, à Annecy, par saint François de Sales et Françoise Frémiet, reuve de Christophe de Rabutin, baron de Chantai, en mémoire de la visite que la sainte Vierge fit à sa cousine, Sainte Elisabeth. Ce ne fut, dans l'origine, qu'une congrégation de filles et de veuves qui se donnaient pour mission de visiter et de consoler les malades et les pauvres. En 1618, à l'instigation du cardinal de Marquemont, le pape Paul V érigea cette congrégation en ordre religieux, sous la règle de saint Augustin. Le Père Hélyot nous apprend (Histoire des ordres monastiques, Paris, 1715, t. IV, p. 323) que « saint François de Sales ayant institué cet ordre pour la retraite des filles et femmes infirmes, il ne les a point obligées par les constitutions à de grandes mortifications ni austérités. • La règle des visitandines était assez douce ; elle ne contenait ni abstinences trop prolongées, ni macérations extraordinaires; ■ les religieuses ne pouvaient se livrer à des jeûnes , à des disciplines ou autres austérités corporelles, qu'avec la permission de la supérieure, et si plusieurs ont eu la permission de prendre la discipline, elles la doivent prendre le vendredi, l'espace d'un Ave maris Stella, toutes ensemble, afin d'observer en toutes choses,

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autant qu'il se peut, la communauté. » Il est recommandé aux religieuses d'avoir la plus grande déférence pour la supérieure , de ne rien lui cacher de leurs actions et de leurs pensées les plus intimes. Afin de combattre efficacement l'esprit de propriété, contraire au vœu de pauvreté et au détachement complet des choses de ce monde, dont les religieuses doivent faire profession, il est ordonné que tous les ans elles changeront de chambre, de lit, de croix, de chapelets, d'images et autres choses semblables. Les constitutions de l'ordre divisent les religieuses de la Visitation en trois classes : les choristes, les associées et les domestiques. Les choristes chantent l'office au chœur ; les associées et les domestiques ne sont point obligées à l'office, mais seulement à dire un certain nombre de Pater et d'Ave. Les choristes et les associées sont seules admises h. remplir toutes les charges de la communauté.

La réputation de cette nouvelle institution se répandit daus tous les pays catholiques, notamment en France, en Italie, en Allemagne et en Pologne où l'ordre eoinpta bientôt un grand nombre de maisons. La baronne de Chantai fonda des couvents de la Visitation à Moulins, à Grenoble et à Bourges; en 1619, à la sollicitation de plusieurs personnages illustres et Sur l'invitation de saint François de Sales, elle conduisit ellemême à Paris trois religieuses de son ordre, ?ui demeurèrent pendant quelque temps au aubotirg Saint-Marceau. Cette petite communauté s'accrut en peu de temps dans de telles proportions, qu'en 1620 il fallut la transférer dans une maison plus vaste, située faubourg Saint-Michel ; en 1621, un nouveau déplacement devint nécessaire; les filles de la Visitation allèrent habiter l'hôtel du Petit-Bourbon, situé rues du Petit-Musc et de la Cerisaie. En même temps elles faisaient construire un couvent dans la rue Saint-Jacques. En 1628, l'hôtel du Petit- Bourbon étantà son tour devenu trop étroit, la supérieure, Hélène-Angélique Lhuillier, acheta l'hôtel de Cossé, dont le jardin était contigu à celui des religieuses, et y fit faire les aménagements nécessaires pour l'usage de la communauté. L'église du couvent fut construite aux fiais du commandeur de Sillery, qui en posa la première piorre le 31 octobre 1632. Le U septembre 1634, cette église fut déiiiée, sous le titre des Saints- Anges, par André Fréiniot, archevêque de Bourges, frère de la baronne de Chantai. Ce monument est construit sur les dessins de François Mansard, qui s'inspira du plan de l'église Notre-Dame-de-la-Rotonde, à Rome ; l'architecture en est assez remarquable comme ensemble; toutefois le poriail peut être critiqué et beaucoup de détails de l'intérieur soutd'ungoùtdouteux ; le dôme, d'une grande simplicité, ne manque pas d'élégance ; il est soutenu par quatre arcs entre lesquels des pilastres corinthiens portent une grande corniche régnant dans tout le pourtour ; la porte d'entrée, élevée sur un perron de quinze marches el ornée de deux colonnes corinthiennes fuselées, est sous un des arcs. Le fameux surintendant Nicolas Fouquet, décédé en 1680, fut inhumé dans l'église de la Visitation. La Révolution, qui supprima le couvent, laissa subsister l'église , qui sert, depuis 1802, de temple aux protestants de la confession de Genève.

Outre la maison de la rue Saint-Antoine et celle de la rue Saint-Jacques, les vi.iilan- . dines eurent à Paris, avant 1790, deux autrès établissements. L'un, situé vers Chaillot, avait été fondé en 1651 par Henriette de France , fille de Henri IV et veuve de Charles lof, roi d'Angleterre, dans une maison bâtie par Catherine de Médicis ; l'autre, institué en 1660, par la comtesse d'Enfréville-Cisei, fut d'abord placé dans la rue Montorgueil et transféré, en 1673, dans la rue du Bac. Sur l'emplacement de ce couvent, supprimé en 1790, a été ouvert le passage Sainte- Marie.

Les religieuses de la Visitation* ont encore en France plusieurs établissements ; elles possèdent à Paris, dans la rue d'Enfer, au quartier de l'Observatoire, un couvent considérable dont la chapelle est construite avec beaucoup de goût ; on y voit, entre autres objets précieux , la porte principale de l'appartement particulier de saint François de Sales au palais épiscopal d'Anuecy.

Visitandines (les), opéra-comique en deux actes, paroles de Picard , musique rie Devienne ; représenté à Feydeau le 7 juillet 1792. On ajouta un troisième acte, mais il fut supprimé.- Cette pièce a dû sa célébrité aux circonstances. Les Visitandines eurent la vogue jusqu'à l'époque où ce genre de sujets fut interdit au théâtre. Le livret offre quelques scènes fort comiques ; mais presque partout l'invraisemblance le dispute au mauvais goût. On n'y rencontre aucune situation de nature à émouvoir le spectateur. Le livret du Domino noir a été mieux conçu sous ce rapport par M. Scribe pour le compositeur. La méprise du valet prenant un couvent pour une auberge, le coup de clocha des matines étouffant la voix de l'amant qui veut chanter une romance , la scène des deux ivrognes, contribuèrent au succès de l'ouvrage. Quand on relit la partition des Visitandines, on ne peut qu'attribuer aux idées

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du temps et au choix du sujet le long succès de cet ouvrage. La musique en est plate, commune, sans caractère. Ce sont des airs de vaudeville, des passe-partout. Si on en excepte la romance d'Euphémie, chantée avec accompagnement de harpe :

Dana l'asile de l'innocence,

Amour, pourquoi m'embraser de tes feux?

Eloigne-toi ; la froide indifférence Doit seule régner dans ces lieux,

qui pourrait supporter aujourd'hui les paroles et la musique du rondeau de Belfort : Enfant chéri des dames, de l'air Qu'on est heureux de trouver en voyage , chanté par Frontin, et des couplets du Père Hilarion : Un soir de cet automne ? Les Visilandines ont reparu a l'Opéra-Comique après la Restauration sons le titre de Pensionnat de jeunes demoiselles, le 5 mars 1825, retouchées par Via], et à l'Odéon sous celui-ci : les Français au sérail, le 28 juin 1825, retouchées encore par Hyacinthe Albertin. Le rôle de Frontin a été chanté par Martin. Le Pensionnat a été repris au Théâtre-Lyrique le 11 février

V1SITATEUR, TR1CE S. ( vi-zi-ta-teur, tri-se — dulat. visitare, visiter). Personne qui visite.

. — s. f. Religieuse chargée de visiter les divers monastères de son ordre ou de sa province.

VISITATION s. f. (vi-si-ta-si-on — lat.

visiiatio; de visitare, visiter). Action de faire une visite *, ne se dit que de la visite que Marie fit, pendant sa grossesse, à sa cousine Elisabeth, et de la fête que l'Eglise célèbre en mémoire de cette visite : La Visitation de la Vierge. La fête de la Visitation.

— Tableau, image quelconque représentant la visite de Marie à sa Cousine : La Visitation de Rubens.

— Mort causée par la Visitation de Dieu, Périphrase usitée en Angleterre pour désigner une mort subite.

— Hist. ecclés. Ordre de religieuses fondé par saint François de Sales en 1610: Couvent de la Visitation. -Filles de la Visitation.

— Encycl. Littirg. Il est dit dans l'Evangile que l'ange Gabriel, en annonçant à Marie le mystère de l'incarnation, lui apprit que sainte Elisabeth, sa cousine, qui jusqu'alors avait été stérile , était grosse de six mois ; que Marie alla voir cette parente qui demeurait avec Zacharie, son mari, dans une ville de la tribu de Juda. Il paraît que c'est à Hébron, ville située à 25 ou 30 lieues de Nazareth. Elisabeth n'eut pas plus tôt entendu la voix de sa cousine que, suivant la légende, elle sentit son enfant tressaillir duns son sein. En même temps, elle fut remplie du Saint-Esprit et s'écria : « Vous êtes bénie entre toutes les femmes, et le fruit de vos entrailles est béni. Et d'où me vient cette faveur, que la mère de mon Seigneur vienne à moi ? L'enfant que je porte vient de tressaillir de joie. Vous êtes heureuse d'avoir cru, parce que tout ce qui vous a été dit par le Seigneur s'accomplira. • Ce fut alors que Marie prononça le cantique qui commence par le mot Magnificat (v. ce mot). Après avoir demeuré environ crois mois chez sa. Cousine, elle retourna k Nazareth.

L'institution de la fête de la Visitation est due à saint Bonaventure, général de l'ordre ' de saint François. Il en fit uti décret dans un chapitre général tenu à Pise, l'an 12S3, par toutes les églises de son ordre. Dans le siècle suivant, le pape Urbain étendit cette fête Si toute l'Eglise ; sa bulle, de 1379, ne fut publiée que l'année suivante par Boniface IX, son successeur. Kn H31, le concile de Bàle l'ordonna de même pour toute l'Eglise et en fixa le jour au 2 juillet.

— Hist. eccl. V. Visitandines.

Visitation. Iconogr. L'évangéliste saint Luc raconte ainsi l'épisode de la Visitation ; ■ En ces jours-là Marie, se levant, part et marche avec promptitude dans le pays des montagnes, k une ville de Judée; et elle entra en la maison de Zacharie, et salua Elisabeth. Dès qu'Elisabeth eut ouï la salutation de Marie, l'enfant tressaillit dans son sein , et, remplie du Saint-Esprit, elle s'écria d'une voix forte : « Vous êtes bénie eu-

■ tre toutes les femmes, et le fruit de vos en-

■ trailles est béni... > Et Marie dit : > Mon • âme glorifie le Seigneur 1 • Une des peintures les plus anciennes que nous connaissions de cet épisode est due à Cimabue ; Elisabeth sort eu hâte de sa demeure et se précipite dans les bias de Marie. Derrière eelle-ci se tient une servante, les mains jointes; au fond s'élève une habitation. Entre les deux femmes, l'artiste n'a pas marqué tissez l'opposition d'âge, de condition, de caractère; Elisabeth est trop jeune et Marie ne l'est pas assez; on ne sent point la supériorité de celle-ci sur celle-là. Néanmoins, la simplicité de la scène n'est pas sans grandeur. Giotto a bien surpassé Cimabue , son maître, dans le tableau de la Visitation que l'Acudémie des beaux -arts de Florence a de lui. Il a suivi sou exemple en plaçant une servante derrière la Vierge ; mais il a donné à chaque figure sa dignité relative. Marie relève Elisabeth qui veut s'agenouiller devant «lie, et elle met dans cet acte de eoudescen-

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dance une tendresse pleine de douceur et de bonté. Une joie divine rayonne à travers l'humilité qui enveloppe ces deux figures. Elisabeth s incline profondément devant la vierge. Cette peinture est fort belle et conserve l'empreinte d'un accent religieux trèsvif.

Les artistes de la Renaissance se sont écartés pour la plupart de !a vérité biblique et de la noble simplicité de Giotto. Sous prétexte de représenter la Visitation, ils oiu figuré l'entrevue de deux grandes dames de leur temps, escortées de leurs époux et d'une nombreuse suite d'amies et de servantes. C'est ainsi que Domenico Ghirlandajo, dans une de ses plus belles fresques de Sama-Maria-Novella, à Florence, a placé la Vierge et sainte Elisabeth au milieu de toutes les élégances mondaines et des plus exquises recherches de l'architecture florentine; trois femmes se tiennent derrière Marie, et deux derrière Elisabeth ; au fond, à gauche, se déroule un paysage animé de petites figures accessoires; à droite s'élèvent^ de superbes palais. Ghirlandnjo a traité le même sujet avec plus de simplicité dans un tableau qui est au Louvre et auquel nous consacrons ci-après un article spécial. Andréa del Sarto, dans une peinture de la confrérie du Scalzo, à Florence, a donné une rue même de cette ville pour théâtre à la rencontre de Marie et d'Elisabeth ; celle-ci pose familièrement la main sur l'épaule de la Vierge, qu'accompagne saint Joseph ; trois serviteurs montent les marches du palais. Le Pontorino, dans une fresque que nous décrivons ciaprès, n'a pas groupé moins de quatorze personnes autour des deux figures principales. Giovanni Santi, le père de Raphaël, s est contenté, dans une fresque qui décore l'église Santa-Maria-Nuova, k Fano, de placer deux femmes derrière Elisabeth, et deux autres femmes, ainsi que saint Joseph, derrière Marie; il a, d'ailleurs, transformé en fialais l'habitation de l'épouse de Zacharie, et ui a donné pour horizon les montagnes de i'Ombrie.

Le Pinturicchio a représenté plusieurs fois la Visitation, notamment dans une deschambres de l'appartement Borgia, au Vatican; outre saint Joseph, il a placé derrière la Vierge sept figures parmi lesquelles une mère et un enfant, tandis que, derrière sainte Elisabeth, il a introduit quatre jeunes femmes et deux plus âgées, les unes assises, les autres debout, celles-ci tenant une quenouille, celles-là occupées à d'autres ouvrages domestiques, et devant elles un bambin jouantavec un chien, i Ces différents groupes ont un charme incontestable, dit M. Gruyer, une noblesse instinctive en rehausse la familiarité. Néanmoins, ce sont des intrus qui ont forcé l'accès du sanctuaire. Si l'on regarde en outre la loge qui forme le fond du tableau, si l'on considère les riches arabesques qui décorent les pilastres, on perd complètement les traces des saintes Ecritures et l'on est bien près d'en oublier l'esprit. La Vierge, cependant, avec son visage pâli par le temps, avec sa gorge demi-nue, avec son long manteau bleu qui tombe de sa tête jusqu'à terre, est ravissante, et rarement Pinturicchio s'est élevé à ce degré de beauté. Mais est-ce bien la mère du Verbe ? ■

Le musée des Offices possède un tableau de la Visitation peint par Mariotto Albertinelli ; la Vierge et Elisabeth sont seules en scène, elles se donnent la main et sont toutes deux de profil; Marie est enveloppée dans un manteau bleu qui encapuchonné sa jeune tête ; la vieille Elisabeth a une robe verte, un manteau jaune et un capuchon blanc. Ce tableau est remarquable par son coloris souple et moelleux. Il a été gravé par V. délia Bruna.

Il était réservé à Raphaël de représenter la Visitation avec autant de délicatesse de sentiment que de hardiesse de conception. Nous décrivons ci-apres son tableau. Parmi les autres artistes italiens qui ont peint la Visitation, nous citerons : Cristofano Allori (au palais Strozzi, à Florence), Andréa del Sarto ( gravé par Gio-B. de Cavalleriis , 1572), Michèle Anselmi (église de la Fonte- Giuota, k Sienne), Antonio Veneziano (musée de Modène), Barca (chapelle Pellegrini, à Vérone), le Baroche (musée du Belvédère, gravé par G. van Veen) , Federigo Blanchi (église Saint-Laurent, à Milan), Carlo Bonone (église S.-Maria-in-Vado, à Ferrare), F. Boschi (église S.-Gaetano, à Florence), Buonvicino (gravé par Fr. Ceechin'i, 1799), Calislo de Lodi (église S.-Maria Calchera, k Bre^eia), Annibal (Jarrache ( gravé par Michel Lasne;, Louis Carraehe (église Saint- Dominique, à Bologne), B. Cesi (fresque de la chapelle du palais, à Bologne), le Dominiquin (peinture de la chapelle Nolfi, k Fano, gravé par D. Cunego) , Gaudenzio Ferrari (église Saint-Jacques, à Savone), le Garofalo (palais Doria, à Rome), Luca Giordano (musée du Belvédère), le Guerchin (musée de Rouen et église de Monza), le Guide (gravé par W. de Gheyn), Carie Maratte (église S.-Muria-della-Pace, k Rome, gravures de L. Heckenauer, 1678, et de P. Picault), Gio- Maria Morandi (musée des Offices, gravé par Noël Le Mire), B. Naldini (cathédrale de • Florence ) , Palma le Vieux ( musée du Belvédère) , Ercole Procaccini ( musée de Naples), Salviati (gravé par J. Matham, par Ghisi Mantovauo, parB. Passarolli, etc.), le

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Titien (pinacothèque de Venise, gravé par Viviani), G. Vasari (gravé par Diana Ghhi, 1588), Agostino Veracini ( église S.-Lorenzo, à Florence), Andréa Vicenlino (musée des Offices), etc. Parmi les rares représentations de la Visitation que nous fournit l'école espagnole, nous mentionnerons celles de Vicente de Juanes et de V. Carducchi qui sont au musée de Madrid; le tableau du premier de ces artistes nous fait voir sainte Elisabeth agenouillée aux pieds de la Vierge, taudis que saint Joseph et Zacharie s'embrassent; un valet et un âne complètent la composition.

Un recueil, publié à Rome sous le titre à'Analecta juris pontificiij a donné les indications suivantes au sujet de la manière dont les peintres doivent représenter la Visitation .■ t II faut prendre garde de placer la scène (Tans les champs, puisijue l'Evangile porte expressément que la sainte Vierge entra dans la maison de sainte Elisabeth. Cette maison ne doit pas être un palais qu'on croirait sorti des niains du plus habile architecte du monde. La présence d'un âne n'a rien que de très-plausible; vraisemblablement la sainte Vierge ne fit pas ce grand voyage à pied. Les peintres se plaisent k faire embrasser les deux cousines; cela est communément reçu. Mais il ne faut pas décrire la salutation en présence de saint Joseph et de saint Zacharie ; car, si saint Joseph accompagna son épouse, on doit bien croire. que le colloque de la sainte Vierge et de sainte Elisabeth fut secret , puisque trois mois après, ainsi que nous l'apprenons par l'Evangile, saint Joseph ignorait le mystère de l'incarnation. Une autre erreur serait de peindre saintZacharie conversantavecsaint Joseph ; l'Evangile nous apprend qu'il resta muet jusqu'à la naissance de saint Jean, t Si quelques-unes des erreurs signalées dans le passage qu'on vient de lire ont été commises par des peintres italiens ou espagnols, beaucoup d'autres infractions à la vérité évangélique et à la couleur locale pourraient être relevées dans les peintures de la Visitation qu'on doit aux écoles du Nord , par exemple dans les tableaux de Hans Holbein le vieux (à la pinacothèque de Munich), J. Lievens (au Louvre), Rubens (cathédrale d'Anvers), Th. van Thulden (musée du Belvédère), Johannes Victor (église Saint-Jacques, k An-vers), Martin de Vos (musée de Dijon), etc. Lievens a représenté la Vierge pressant dans ses bras Elisabeth, qui est vêtue d'une longue robe de velours violet garnie^de fourrure et que suit un petit chien blanc; Joseph s'entretient avec Zacharie, qui est debout sur le seuil de sa porte. Dans le tableau de J. Victor, sainte Elisabeth, mi-prosternée, embrasse les flancs arrondis de la jeune épouse mystique; celle-ci est le portrait de la femme de Rubens.

L'ancienne école française a produit quelques bons tableaux de la Visitation ; il y en a un du plus beau style, par le Poussin, au musée de l'Ermitage, et un de Jouvenet, au musée de Madrid. D'autres ont été exécutés par L. de Boullongne (daté de 16S8, vente Fesch), Michel Corneille (gravé par P. Daret), le frère Jean-André (à l'hospice de Toulon), Houasse (musée de Toulouse), Ch. deLafosse (musée de Tours), Lagrenée (musée de Madrid), E. Lesueur (autrefois dans la chapelle de l'hôtel du président Turgot, à Paris), LevieuX (église de la Madeleine, à Aix), Nie. Quentin (musée de Dijon), J. Éstella (gravé par Ch. Audran), H. Fragonard, etc. Parmi les peintres de notre temps, nous citerons : L.-E. Rioult (Salon de 1850), Meynier (Salon de 1874), Félix Barrias (église Notre-Dame, à Clignancourt), Cl. Jacquanil (église Saint-Philippe-du-Roule, gravé par Baudran),Loustau (Salon de 18tîl), Staal (Salon de 1861), Camitmde (église Saint- Etienne-du-Mont , à Paris), Emile Lecomte (Salon de 1819), J.-E. Delauuay (peinture murale au monastère de la Visitation, à Nantes), Claude Thévenin (Salon de 1844), etc.

Visitation (la), tableau de Domenico Ghirlandajo; au Louvre (n<> 204). La Vierge, enveloppée dans un grand manteau bleu, qui tombe jusqu'à terre, se penche modestement vers sainte Elisabeth agenouillée devant elle; l'entrevue se passe sous un vestibule dont les arcades s'ouvrent sur un vaste paysage. Derrière l'épouse de Zacharie, une jeune femme, debout et joignant les mains, s'incline avec respect vers la Vierge ; derrière celle-ci est une autre femme qui se redresse avec dignité, comme pour marquer combien elle a lieu de se glor lier d'être la suivante de la mère du Sauveur, i Ces deux figures accessoires sont admirables, dit M. Gruyer (Iconogr. de la Vierge, II. p. 75); ce sont deux anges moins les ailes; la seconde surtout est d'une beauté k côte de laquelle pâlit la beauté des personnages, principaux. > Le rédacteur du catalogue du Louvre désigne ces deux femmes comme étant l'une Marie Cléophas, mère de saint Jacques le Mineur, l'autre Marie Salomé, épouse de Zébédée.

Ce tableau a été apporté de Florence vers le commencement de ce siècle. On croit que c'est celui qui a été désigné par Vasuri comme ayant été commencé pour l'église de Cestello par Domenico Ghirlandajo et terminé par ses frères Davide et Benedetto.

Visitation (la), tableau de Raphaël ; au

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musée royal, à Madrid. Elisabeth et Marie, accourues avec empressement l'une vers l'autre, se 'sont séparées de leur suite et se rencontrent sur les bords du Jourdain. • Seules, elles com|>Vei>t la scène, dit Emeric David; mais toutes deux offrent le signe extérieur de leur maternité , et leur état très-visible appelle la principale attention du spectateur, comme il parait la principale cause de l'émotion qu'elles éprouvent ellesmêmes. Au premier abord, elles se sont donné mutuellement la main. Elisabeth avance Son bras gauche sur la ceinture de Marie pour l'embrasser et, par le regard le plus animé, en inclinant légèrement son front, elle exprime à sa jeune parente et sa vive affection, et sa joie, et son religieux respect. Dans cette disposition du groupe, l'une des deux saintes femmes laisse voir pleinement le sein où le Sauveur de monde repose, et l'autre recouvre en partie de son bras droit le simple mortel qui doit dire un jour de Jésus: > Je ne suis pas digne de dénouer les ■ cordons de sa chaussure. » Etonnée de son inexplicable position, Marie appuie la main gauche sur son sein et baisse les yeux. Son embarras et son innocence se peignent k la fois sur son visage. Elle n'est pas âgée de plus de quinze ou seize ans. Ses longues paupières noires, en s'abaissaut, rendent plus sensible l'expression de sa modestie. » Les deux figures offrent entre elles un remarquable contraste. Autant la jeune Marie a les formes délicates, autant la vieille Elisabeth a la stature vigoureuse. La femme de Zacharie est chargée d'années, mais n'en est point accablée ; sa taille, que le respect seul incline, deviendrait imposante si elle se redressait; son visage, sillonné de rides, est comme illuminé par la vivacité du retard; ses cheveux sont enveloppés d'une éenarpe en forme de Durban qui vient se rattacher sous le menton; son vêtement se compose d'une robe bleue, retenue k la taille, et d'un manteau brun rouge, noué sur l'épaule gauche ; ses pieds sont chaussés de sandales. Cette femme, qui porte si fièrement son grand âge, est saisie d'allégresse à la vue de la luere du Sauveur. Celle-ci est vêtue d'une tunique violette et d'un manteau rougeàtre attaché sur l'épaule gauche; ses cheveux blonds, noués au-des.-us du front comme dans les statues antiques , se relèvent de chaque côté des tempes et s'étagenl en nattes épaisses reliées par des bandelettes au sommet de la tête ; ses pieds, chaussés de sandales bleues, sont d'un très-beau dessin. Elle se tient droite, le corps légèrement renversé, dans l'attitude d'une femme qui porte le fardeau maternel. Dans le fond du paysage, sur l'autre rive du Jourdain, saint J- ..- Baptiste baptise Jésus, dont les véten.„-nts sont tenus par deux archanges, et au-dessus duquel plane la mystique colombe, tandis qt>-< dans le ciel apparaît le Père éternel, soutenu lui-même par deux anges. On a voulu vjir dans ce dernier sujet une allusion au min de baptême du donataire du tableau, Jeun- Baptiste Brancouio d'Aquila, chambellan du pape; mais la vérité est, comme l'a fait remarquer M. Gruyer, que Raphuôl, en rapprochant la Visitation du baptême de Jésus- Christ, n'a fait que se conformer à une tiadition théologique adoptée par l'art chrétien dès ses origines : « Elisabeth est auprès d~ Marie ce que Jean-Baptiste sera auprès de Jésus-Christ. Jean-Baptiste, figurant le vieux inonde, va naître d'une femme ancienne et stérile ; Jésus-Christ, image de la vie future, repose dans le sein d'une , mère jeune et vierge, >

Tel est ce tableau, dont la conception appartient tout entière à Raphaël, mais à l'exécution duquel on croit qu'un de ses élèves, Francesco Penni, a eu part. On ne trouve pas, eu effet, dans toutes les parties de cette peinture la manière franche, aisée, limpide, qui est celle du maître. Toutefois, il ne faut pas se dissimuler que l'œuvre a dû être fort altérée par les nombreuses restaurations qu'elle a subies. Telle qu'elle est, elle otfre des morceaux excellents. « La tète de sainte Elisabeth, dit Passavant, est surtout d'une extraordinaire beauté de coloris et d'expression. Moins satisfaisante est la téce de la Vierge qui, posée sur un cou mince et grêle, n'a pas dans l'expression cette finesse naïve que l'on est accoutumé à trouver dans les madones de Raphaël. Néanmoins, ceite tète est très-belle et a bien le coloris du maître : grisâtre dans les ombres, rougeàtre dans les uemi-teintes et bleuâtre dans les clairs, La carnation de sainte Elisabeth est beaucoup plus colorée et plus chaude. Le paysage esc d'un faire large et magistral et avec un ton bleu énergique dans les .oiutaîiis. >

Apres avoir longtemps décoré l'église de Saint-Sylvestre, k Aquila, la Visitation fut achetée, en 1655, par le roi Philippe IV d'Espagne, qui la fit placer au palais de l'Ëscurial. Elle prit place au Louvre du temps du premier Empire et fut alors transportée de son vieux panneau sur toile. Elle a été rendue à l'Espagne après 1815. Elle a été gravée par Boucher-Desnoyer (1824), par Esteban Boip, par Normand, etc.

Visitation (la), fresque du Pontorino; dans la cour de l'Auuunziata , k Florence. Marie, jeune et charmante, relève la vieille Elisabeth qui veut s'agenouiller devant elle. Quatorze personnes, d'âges et de sexes uilfe-

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rênts, se tiennent autour de ce groupe principal. On remarque, dans le nombre, une jeune femme, d'une tournure très-élégante, qui porte un paquet sur Ja lête; une autre qui porte son enfant, une troisième qui est assise sur les degrés d'un escalier et dont le gracieux visage est entouré d'une draperie blanche. Derrière Elisabeth , Joseph , appuyé sur un bâton, parait rendre compte à Zaoharie de l'obiet du voyage. A droiie, au premier plan, un beau jeune homme est debout, tenant un grand livre ouvert; près de lui est assis un enfant nu, qui est devenu classique.

Cette peinture, que le Pontormo exécuta à l'âge de vingt- deux ans, peu de temps après être sorti ne l'école d'Andréa del Sarto, se ressent beaucoup du style de ce maître. Vasari en loue beaucoup le coloris plein de • morbidezza » et d'harmonie, et nous apprend que le Pontormo reçut des servites la somme de 16 écus pour ce beau travail I Le dernier des rapins , aujourd'hui , ne consentirait pas à. faire un portrait pour ce prix. La Visitation a été gravée dans VEtruria pittrice (pi. 44) ; il y a en aussi une gravure au trait par Alessandro Chiari. Une copie assez peu exacte de cette fresque se voit au musée du Louvre (no 159); elle a été attribuée au Rosso et a été gravée dans le recueil de Lundon (Vil, pi. 33).

Visitation de In Vierge (la), tableau de Sébastian del Piombo; musée du Louvre (n« 239). La Vierge, accompagnée de deux femmes, est reçue par sainte Elisabeth ; on aperçoit plus loin Zacharie qui descend les degrés d'un palais. On homme, vu de dos, lui annonce 1 arrivée de la Vierge. Dans le fond, à gauche, on voit des fabriques. Le tableau est signé : Sebastianus Venelus faciebat Botnie m.d.xxi. Cette peinture est une des meilleures de Sébastien ; il l'exécutadans tome la force et la maturité de son talent, alors qu'il avait reçu les conseils de Michel-Ange. On admire surtout la tète de laViergeet celle de sainte Elisabeth, d'une irréprochable pureté de dessin. On prétend même, s'il faut en croire le Père Dan, que la tête de la Vierge aurait été peinte par Michel-Ange lui-même. Après avoir longtemps décoré les palais de Fontainebleau, de Versailles et du Louvre, cette Visitation avait été reléguée dans un grenier d'où elle a été retirée sous le premier empire; la peinture a été reportée du panneau sur toile et les raccords nécessaires ont été faits avec beaucoup d'habileté. Cette Visitation a été gravée dans les recueils de Filhol et de Landon, et en manière noire par Louis - Sébastien Dutocq (1866).

VISITE s. f. (vi-zi-te — du lat. oisere, examiner). Action d'aller voir quelqu'un chez lui; se dit surtout d'un déplacement de ce genre fait par civilité ou par devoir : Les visitbs du premier de l'an. Faire une visite. Recevoir des visitbs. La liste des visites que reçoit une dame anglaise est quelquefois de douze cents personnes. (Mme de Staël.) Une femme bien élevée ne reçoit jamais la visite d'un homme dans sa chambre à coucher. (Boitard.)

— Par ext. Personne qui fait une visite : Toutes mes visites m'ont fait défaut. J'attends encore une visite. J'ai congédié toutes mes visitbs. S'il vient une visita, mous dires que je n'y suis pas.

— Action d'un médecin qui va voir un malade pour examiner son état et essayer de le guérir : Attendre la Visite du docteur. Faire payer cher ses visites. Il Tournée des médecins et des élèves dans un hôpital, pour examiner les malades, prescrire un traitement, pratiquer des opérations : L'heure de la visite. Assister à la visite.

— Tournée d'inspection d'une nature quelconque : La visite d'un inspecteur de l'enseignement. La visite pastorale d'un èvêque. La visite d'un provincial de capucins.

— Examen détaillé d'une nature quelconque : Faire la visite d'un navire, d'une construction, d'une charpente.

— Carte de visite, Carré de carton que l'on dépose chez les personnes qu'on ne trouve pas ou que l'on est censé ne pas trouver chez elles, et qui porte le nom du visiteur.

— Visite de condoléance, Celle que l'on fait à- quelqu'un après un malheur qui lui est arrivé, un décès survenu dans sa famille : A Home, les visites de condoléance sont de mauvais goût. (E. About.) Il Visite de digestion, Visita que l'on fait aux personnes chez qui l'on a dîné. Celte locution très-familière est regardée comme peu convenable. |] Visite de cérémonie , Celle que l'un fait en tenue et avec un certain appareil. On disait autrefois Visite en robe détroussée, parce que les dames laissaient traîner les queues de leurs robes dans les visites de ce genre.

— Rendre visite à quelqu'un, Lui faire une visite, aller le voir chez lui. Il Rendre une visite à quelqu'un, Lui faire une visite après en avoir reçu une de lui : La duchesse d York a été à Versailles voir la reine, qui lui rendra demain sa VISITE , et jeudi elle décampera. (M>à<> de Sév.)

— Jurispr. Visite domiciliaire, Inspection d'un domicile que fait la justice, pour y découvrir une personne ou des objets que l'on soupçonne y être cachés. Il Visite des matrones, Examen corporel de cariâmes feni-

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mes, fait par ordre de justice, pour constater un crime dont elles auraient été victimes ou qu'on les soupçonne d'avoir commis.

— Dr. des gens. Droit de visite, Droit que diverses nations se sont accordé les unes aux autres, par des traités, de faire visiter en mer par leurs vaisseaux de guerre les navires marchands qu'ils rencontrent, afin de s'assurer que les navires ne se livrent pas à la traita des noirs : Donner aux Anglais le droit de visite, c'est constituer les Anglais tes gendarmes de la mer, (Dupin.)

— Relig. Acte de dévotion qui consiste à se transporter dans certains lieux pour gagner certaines indulgences attachées à cet acte : La visite des prisonniers. LamsiTKdes églises.

— Modes. Sorte de petit manteau de femme.

— Techn. Visites de monnaies, Pièces frappées, avec des flans ordinaires, à l'occasion des visites des princes dans les ateliers monétaires.

— Econ. domest. Petit fagot de bois sec qui sert à faire rapidement du feu quand on reçoit une visite.

— Ent<>m. Fourmis de visite, Nom donné, dans les contrées tropicales , à des fourmis qui pénètrent en très-grand nombre dans les hubitations et les débarrassent des insectes et des débris de toute nature.

— Encycl. Mœurs et coût. Le savoir-vivre a ses lois, que nul n'est censé ignorer, comme toutes les autres lois, quoiqu'elles ne soient écrites dans aucun code et qu'on ait négligé de les promulguer officiellement. L'usage les a établies, l'étiquette tes a consacrées, et l'on risque, en les transgressant, de passer pour un homme impoli ou mal élevé. Le plus simple est donc de se conformer à l'usage, quelque ennuyeuses et inutiles que soient les corvées qu'il impose.

Au premier rang de ces corvées nous placerons les visites dites de cérémonie. Qu'elles soient tout à fait inutiles et souverainement banales, personne ne le contestera; mais nous ne conseillerons à personne de s'en exonérer sous ce mauvais prétexte. On doit une visite, au jour de l'an, à un certain nombre de personnes, supérieurs, parents, alliés, etc.; après avoir accepté un dîner, après un mariage, une naissance ou un décès dont il vous a été fait part; après une maladie, à toutes les personnes qui vous ont visité ou qui ont fait prendre de vos nouvelles; au moment de quitter pour un certain laps de temps la ville où l'on réside, à toutes les personnes avec lesquelles on est en relation suivie ; au retour, on doit encore une visite aux mêmes personnes; accidentellement, on doit aussi une visite à celles de ses connaissances auxquelles il arrive un accident heureux ou malheureux, coup de fortune ou de disgrâce. L'étiquette a réglé l'ordre et la marche de chacune de ces visites en particulier.

Règle générale, les visites de cérémonie doivent être courtes; dix minutes, un quart d'heure au plus suffisent. On doit même les abréger encore s'il survient une autre personne; n'y eût-il que cinq minutes qu'on est là, l'arrivée d'un visiteur vous autorise à prendre congé; loin d'être une impolitesse, ce prompt départ est une marque de savoirvivre.

Les visites du jour de l'an se font cérémonieusement, en grande toilette ; on doit les faire la veille aux supérieurs et aux grands parents; le jour même aux père et mère, oncles et tantes, sœurs et frères aînés ; dans la huitaine, aux cousins, cousines et autres personnes alliées; dans la quinzaine, aux intimes; dans le mois, aux simples connaissances.

La visite après dîner, dite visite de digestion, se fait obligatoirement dans la huitaine ; si l'on est empêché, il est nécessaire de s'excuser par lettre et non par une simple carte de visite.

La visite de félicitation pour un mariage ou pour une naissance se fait dans la quinzaine; la visite de condoléance mortuaire, dans la huitaine.

Si une personne de vos amis ou de votre connaissance vient d'obtenir un haut emploi, une faveur quelconque, vous devez l'en féliciter au plus lot, soit par lettre, soit en envoyant votre carte; il est de bon goût de ne lui faire visite que plus tard ou même de s'abstenir tout à fait, de peur de passer pour un solliciteur; au contraire, après une disgrâce, un revers de fortune , une visite prompte sera la meilleure preuve de sympathie.

Les visites pour cause de maladie présentent deux catégories distinctes : ou c'est vous qui avez été malade, et vous devez uue »i'site à. tous ceux qui sont venus vous voir ou prendre de vos nouvelles; cette visite doit se faire aussitôt après le rétablissement complet. Dans le cas contraire, rendant »isite à un ami ou à une connaissance malade, ce qu'on doit faire aussitôt qu'on a appris l'événement, il est de bon goût de ne pas insister pour être reçu et de se borner à prendre des nouvelles; en d'autres termes, on ne doit entrer que s'il y a insistance à vous recevoir.

D'autres visites ne sont réglées par aucune étiquette ; ce sont celles que l'on fait régulièrement ou à des époques indéterminées aux

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personnes chez lesquelles on est reçu. Elles dépendent du degré d'intimité où l'on est avec ces personnes; la seule règle, c'est de ne se présenter qu'aux heures où l'on sait pouvoir être reçu, c'est-k-dire dans l'après-midi , et, pour les personnes qui ont par semaine un jour ou deux de réception, seulement ces jours-là.

Les visites dites pour prendre congé, au départ pour la campagne ou pour un voyage, et les visites dites de retour ne se font qu'aux personnes avec lesquelles on est en grande relation; aux simples connaissances, on se contente de porter ou d'adresser par la poste sa carte marquée des lettres P. P. C. ou du mot Retour,

— Visite (cartes de). V. carte

■ — Législ. Visite domiciliaire. Le principe de l'inviolabilité du domicile a été explicitement affirmé par la plupart de nos constitutions et de nos chartes. La constitution consulaire de frimaire an VIII elle-même rendait hommage à l'inviolabilité de la vie privée et du foyer des citoyens en des termes qui ne manquaient pas d'une certaine emphase. La loi du 21 juillet 1791 prenait, à juste titre, un surcroît de précaution pour protéger les demeures privées durant la nuit. Une disposition spéciale du code de procédure, celle de l'article 1U37, tixe la période légale de nuit, qui varie avec les saisons de l'année. On trouvera les détails qui se réfèrent à cette matière dans notre article violation de domicile. Enfin, l'article 184 du code pénal de 1810 complète ce système de garanties en punissant de l'emprisonnement et de l'amende les agents quelconques «le l'autorité qui, même durant le jour, pénétreraient dans un domicile privé contre le gré du maître de la maison, hors des cas où la loi leur permet de s'y introduire et sans observer les formes protectrices qu'elle prescrit.

Les termes dans lesquels est conçue la prohibition de cet article 184 font eux-mêmes pressentir qu'il existe des restrictions et des dérogations au principe de l'inviolabilité du domicile. Ces dérogations se produisent, en matière civile, pour les officiers publics chargés d'intimer des interpellations judiciaires, c'est-à-dire de notifier des exploits ou de procéder à l'exécution des jugements et autres décisions de justice. Des restrictions à la règle de l'impénétrabilité des demeures privées se produisent encore en matière criminelle, quand il s'agit de rechercher les indices des crimes et des délits et d'en saisir les auteurs ou les complices. C'est spécialement dans ce dernier ordre de dérogation au principe que rentre la matière des visites domiciliaires qui forment l'objet de cet article. En règle générale, c'est au juge d'instruction seul, magUtrat investi de la plénitude des attributions de la police judiciaire, qu'il appartient de se livrer à des visites et à des perquisitions à domicile eu vue d'y rechercher la trace et les preuves des délits qui tombent sous l'action de la justice répressive. Les articles 87, 88, 89 et 90 du code d'instruction criminelle déterminent dans quelles conditions et dans quelles formes il doit être procédé par le juge d'instruction à ces perquisitions domiciliaires. L'article 87 est ainsi conçu : «Le juge d'instruction se transportera, s'il en est requis, et pourra même se transporter d'oftice dans le domicile du prévenu pour y faire la perquisition des papiers, effets et généralement de tous les objets qui seront jugés utiles à la manifestation de la vérité, t 11 résulte des termes de cet article que le juge d'instruction peut procéder à une visite domiciliaire, soit sur la réquisition du ministère public, soit d'ofiiee, c'est-à-dire d'une manière spontanée et da son propre mouvement. Ce magistrat, en effet, en même temps qu'il est juge, exerce des fonctions actives, et il peut agir par son initiative propre et sans attendre les réquisitions du procureur de la république. Mais la juge d'instruction ne procède pas en cette matière uniquement d'ofiiee ; l'article 87 porte qu'il peut être requis de faire les perquisitions uu domicile du prévenu. On a agité la question de savoir si ce magistrat est rigoureusement tenu d'obtempérer aux réquisitions qui lui sont faites à cet égard ; hâtons-nous de dire que la jurisprudence s'est pronoucee à peu près unanimement dans le sens de la négative. Le juge d'instruction est avant tout juge et, par conséquent, ne doit d'obéissance hiérarchique a personne; s'il estime dans sa conscience d'homme et déjuge que des perquisitions domiciliaires requises par le ministère publia sont intenipestives'ou inconvenantes, il demeure parfaitement libre de ne point obtempérer aux réquisitions qui lui sont adressées.

L'article 87 que l'on vient d'analyser autorise des perquisitions au domicile du prévenu. L'article 83 va au delà, et il permet au magistrat instructeur de procéder à des investigations domiciliaires même dans la demeure des tiers étrangers à l'inculpation, lorsqu'il existe de sérieuses présomptions que les papiers ou objets quelconques pouvant meure sur la trace du délit recherché ont été recelés au domicile de ces tierces personnes. Les présomptions qui peuvent autoriser cette mesure délicate et même périlleuse sont d'ailleurs, quant à leur consistance et à leur gravité, nécessairement livrées à l'appréciation du magistrat. Du reste, tout

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est ici inévitablement du ressort de la confiance et de la délicatesse personnelle du juge. L'opération est de nature à froisser les plus légitimes susceptibilités. Les investigations dans les papiers du prévenu ou même d'un tiers livrent au magistrat jusqu'aux correspondances les plus intimes et les plus étrangères au crime ou au délit qui fait 1 objet de la poursuite. Pour faire le triage des documents utiles, il peut être obligé de toucher aux plus secrets papiers de famille. Son honorabilité personnelle est la seule ga; rantie qu'il n'y touchera que d'une main discrète et détournera la vue de tout ce qui n'intéresse pas directement l'instruction. On peut penser que cette garantie est complètement insuffisante.

Le juge d'instruction doit rédiger un procès-verbal détaillé des perquisitions domiciliaires auxquelles il procède, et il doit coter et sceller les différentes pièces dont il opère la saisie et qui doivent devenir des éléments de preuve. On a débattu la question de savoir si ie juge d'instruction est obligé de rendre et de rédiger une ordonnance prescrivant la visite domiciliaire à laquelle il se dispose à proeéder. Le code du 3 brumaire an IV exigeait expressément que cette ordonnance préalable fût rendue. Le code actuel d'instruction criminelle est muet sur ce point, et son silence a reçu des interprétations diverses. M. Kélie se prononce pour la nécessité de l'ordonnance, par la raison qu'elle est en soi un des actes de l'instruction qui doit laisser sa trace dans la procédure et qui doit exister matériellement, puisque, de même quo toutes les évolutions et tous les actes du procès, elle pourrait être frappée d'opposition et devenir ainsi l'objet d'un incident du débat. M. Dalloz pense, au contraire, que le procès-verbal que rédige le juge de ses perquisitions à domicile suffit amplement pour présentersur ce point toutes les constatations désirables.

Les visites et perquisitions domiciliaires rentrent exclusivement, avons-nous dit, en règle générale, dans les attributions dujuge d'instruction. Néanmoins, les articles 35 et suivants du code d'instruction criminelle permettent aussi au procureur de la république de procéder à ces mesures délicates d'instruction, mais uniquement dans le cas de flagrant délit et lorsqu'il s'agit de faits pouvant entraîner l'application de peines afflictives et infamantes, c'est-k-dire de peines criminelles et non simplement correctionnelles. La gravité de la prévention motive alors la dérogation à la règle, et la circonstance de flagrant délit appelle d'ailleurs une action immédiate qui peut obliger da passer sur les démarcations ordinaires de la compétence.

Une question d'un réel intérêt, et qui a été débattue avec une certaine chaleur, est cello de savoir si le juge d'instruction peut, pour une visite domiciliaire, se substituer un auxiliaire inférieur de la police judiciaire et déléguer l'opération à un juge de paix ou a un commissaire de police. La négative est soutenue avec force par plusieurs eriminalistes, par M. Hélie notamment. Ces jurisconsultes font remarquer qu'en principe les fonctions publiques doivent être remplies par les magistrats qui en ont été personnellement investis. L'autorité ou une fraction quelconque de l'autorité publique doivent être régulièrement exercées par le magistrat qui eu a reçu le cépôt; l'auto ri lé n'est point communicable, et l'exercice n'en peut être délégué à des agents subalternes que lorsque cette communication ou cette délégation ont été autorisées par une disposition expresse de la loi. Or, en matière de visite domiciliaire, la loi (art. 00, code d'inst. crimin.) n'autorise explicitement la délégation que dans un cas unique, à savoir dans le cas où tes papiers ou objets quelconques sur lesquels il s agit d'opérer une perquisition judiciaire se trouvent en la possession d'une personne domiciliée hors du ressort du magistrat qui procéda à l'instruction. Dans ce cas, et uniquement dans ce cas, l'article 90 donne au magistrat instructeur la faculté de déléguer l'opération, par voie de commission rogatoire, au juge d'instruction de l'arrondissement où la perquisition doit être exécutée. Il importe de se renfermer ici dans les limites exactes de la loi. Les visites domiciliaires sont des mesures d'instruction qui requièrent plus que toute autre du tact et de la discrétion dans le fonctionnaire qui en est chargé; il importe d'éviter qu'elles ne dégenèrenten vexations et en violation brutale* du secret de la vie domestique ; il est donc essentiel de ne pas en charger des agetrts subalternes. D'ailleurs, il est constant que les instructions opérées par voie de délégation sont le plus souvent mat faites. Toutefois, ces règles si saines, et qui semblent commandées par les dispositions mêmes de la loi, sont mal observées dans la pratique. On vise avant tout à 1» célérité dans la procédure et à l'économie dans > les frais, et les juges d'instruction délèguent souvent pour procéder à des visites et à des perquisitions domiciliaires soit le juge de paix du lieu, soit même un simple commissaire de police.

— Mar. Les -navires marchands sont soumis à. plusieurs sortes de visite., soit au moment du départ, pour constater l'état de navigabilité, soit & l'arrivée, pour constater la

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nature des marchandises et percevoir les droits.

Les visites sanitaires sont celles qui sont effectuées par des commissions d'officiers de santé, pour stutuer sur l'état sanitaire d'un navire, afin de décider s'il est nécessaire de le soumettre au régime d'une quarantaine.

La régie a droit de visiter tous les navires et même les vaisseaux de guerre qui entrent dans le» ports et rades du territoire français ou gui en sortent. Elie peut exercer le même droit à l'embouchure et dans le cours des rivières. Les vaisseaux de guerre étrangers sont soumis à des règles particulières que déterminent les traités conclus avec les nations auxquelles ils appartiennent.

La visite en temps de paix a été inaugurée par l'Espagne çt par l'Angleterre ; ces deux puissances étaient aussi jalouses, aussi ombrageuses l'une que l'autre. Le droit de visite a-t-il sauvé l'Espagne? Sauvera-t-il l'Angleterre? Nul navire étranger ou même espagnol ne pouvait s'approcher des côtes américaines sans subir une visite minutieuse. Les Anglais agissent de même. Les maîtres de la mer se ressemblent ; ils sont avures, rapaces, soupçonneux et jaloux ; il sont d'autant plus craintifs que leur surveillance est plus difficile à exercer.

Le droit de visite est l'un de ceux qui ont donné lieu aux controverses les plus vives et qui sont devenues l'une des plus fréquentes occasions de conflit entre les peuples. Il était absolument inconnu à l'antiquité et au moyen âge. Il est bien entendu que nous parions du droit de visite exercé en temps de paix. En temps de guerre il a dû exister de tout temps, car les premières coutumes furent de confisquer tes marchandises transportées sur navires neutres en pays ennemi. Le droit de visite était donc une conséquence inévitable de cet usage. Les plaintes contre le droit de visite commencèrent à s'élever lorsque le mal tendait à s'amoindrir. Jusqu'alors le droit de visite avait été plutôt sous-entendu qu'exprimé ; on n'avait pris aucune mesure pour en réglementer l'usage.

Le traité des Pyrénées (1659) est un des premiers qui se soient occupés de déterminer les formes de la visite. Avant cette époque, Christine, reine de Suède, donnait aux chefs -de ses escadres l'ordre de repousser par la force les tentatives qui seraient faites pour soumettre k la visite les navires dûment escortés.

Deux ans après, la Hollande essayait d'obtenir de l'Angleterre, dans un traité de commerce, la reconnaissance du même principe, mais la politique britannique ne se montra pas disposée k restreindre l'exercice du droit de visite, que, «ans l'intérêt de sadominalion maritime, elle désirait au contraire développer au delà de toutes mesures. D'ailleurs les Hollandais se permettaient souvent d'exercer ce même droit sur tous les navires qui approchaient de leurs côtes.

L'Angleterre a toujours pratiqué l'exercice du droit de visite eu face même des vaisseaux de guerre des puissances neutres convoyant leurs propres navires marchands et répondant d'eux. Toutes les nations maritimes de l'Europe et de l'Amérique ont protesté contre celte prétention; on a vu des vaisseaux neutres soutenir les combats les pjus inégaux et succomber sous la force plutôt que de souffrir celte offense. Jamais peutêtre l'Angleterre ne fut aussi ombrageuse que pendantles guerres delà Révolution et de l'Einpite. Voyant des rivalea dans toutes les autres puissances maritimes, elle les surveillait avec une morgue qui révoltait les esprits les mieux disposés en sa faveur. Hollandais, Espagnols, Danois, Turcs, Italiens, Russes devaient subir la visite. L'Angleterre n'avait d'alliés que sur le continent; en mer, elle n'avait que des rivaux, pour ne pas dire des ennemis, et comme le droit de visite n'avait jamais été bien déterminé, et qu'il l'était encore moins à cette époque, elle en abusait. La paix venue, le peuple britannique voulut encore tyranniser la mer; à cet effet, il inventa l'abolition de la traite, principe qui a produit des résultats meilleurs que les Anglais ne l'avaient espéré.

Le droit de visite réciproque fut établi, notamment entre Français et Anglais, par des traités qui datent de notre Révolution do 1830, et qui permettaient ces visites dans certains parages déterminés, pour parvenir à l'abolition de la traite des noirs. Lorsque l'Angleterre avait l'ait un traité à ce sujet avec une puissance, elle se permettait d'en visiter tous les navires, même lorsqu'ils portaient le pavillon militaire, bien plus pour connaître les ressources des puissances rivales que pour réprimer la traite des nègres. Sous le ministère de M. Guizot, le gouvernement français, voulant rentrer dans le concert européen, consentit un traité qui donnait à l'Angleterre le droit de visiter nos navires sur une vaste étendue de l'Océan, Aussitôt une grande rumeur s'éleva en France, et la Chambre des députés vota à la presque unanimité, dans son adresse en réponse au discours de la couronne, un paragraphe qui blâmait d'avance un traité fait dans de telles conditions. L'opinion publique se prononça avec tant d'énergie (1640) que le ministère n'osa pas ratifier le traité signé par l'ambassadeur. C'est alors que les Anglais soulevèrent la question de savoir si un

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gouvernement pouvait se soustraire aux obligations d'un traité signé. Il fallut donc, pour donner satisfaction à l'opinion publique et aux Anglais, négocier un nouveau traité en vertu duquel la France dut armer autant de navires que la Grande-Bretagne pour croiser Bur les côtes d'Afrique, et, grâce à cet accommodement, elle put échapper, au prix d'énormes sacrifices, à une inspection aussi vexatoire (29 mai 18-15). Les Américains des Etats-Unis, qui ne veulent ni s'immiscer dans les affaires des autres puissances, ni souffrir que ces puissances s'immiscent dans les leurs, ne reconnurent jamais aux Anglais le droit de visiter leurs navires. De grandes discussions s'élevèrent entre les deux gouvernements. Un changement de ministère dans la Grande-Bretagne mit fin à ces querelles, et les Américains réprimèrent longtemps eux-mêmes la traite faite par leurs nationaux.

D'ailleurs, il ne faut pas s y méprendre, le droit de visite est tyrannique en temps de paix. Les Espagnols l'avaient inventé pour maintenir l'Amérique dans l'abrutissement. Les Anglais ont essayé de le conserver pour faire la police secrète des mers. La France ne l'a jamais subi qu'avec indignation. Le second Empire en a presque aboli l'usage. Les Anglais ne nous surveillent plus que dans quelques mers, et encore jamais un capitaine n'est visité sans protester; mais il faut plier sous la loi que 1 Angleterre maintient au prix des plus grands sacrifices. Cette puissance est enfin parvenue, après bien des tentatives inutiles et grâce aux guerres civiles, à faire accepter son droit de visite par les Etats-Unis.

Les Etats-Unis et l'Angleterre ont fini par conclure, le 7 avril 1862, un traité par lequel ces deux puissances s'accordaient mutuellement, pour dix années, le droit de visite et de recherche sur des navires soupçonnés.

Après avoir fait connaître l'historique du droit de visite, nous devons donner un aperçu des formes dans lesquelles il s'exerce ou devrait s'exercer.

M. Cauchy, dans le Droit maritime, distingue trois degrés de vérification ou de contrôle :

1° La production des lettres de mer, passeport naval qui indique la nationalité, le port de départ et la destination du navire.

2° La représentation de chartes parties ou nolissement où se trouvent déclarées l'origine, la nature et la quantité des marchandises.

3° La visite proprement dite ou la recherche directe du contenu du navire, la fouille.

Ce dernier mode de vérification a été comparé à un commencement d'instruction criminelle. C'est celui qui a donné lieu aux nombreuses protestations dont nos nationaux et les étrangers ont fait retentir la presse.

Les lois internationales ont institué la insife en mer, laquelle a pour but unique de s'assurer : l» de la nationalité du navire rencontré ; 20 de vérifier s'il porte des objets déclarés contrebande de guerre chez l'ennemi du croiseur. A cet effet, un coup de canon à poudre tiré par le croiseur, ce qui s'appelle une semonce, avertit le navire rencontré qu'il a une visite à subir. Le capitaine doit aussitôt s'arrêter, recevoir l'officier envoyé à son bord et montrer tous les papiers propres à prouver la nationalité du navire et sa destination. Les navires marchands, placés sous l'escorte d'un bâtiment de guerre, ne sont point soumis à visite; il suffit de la déclaration verbale de l'officier commandant le convoi pour affirmer la nationalité et la parfaite neutralité de tout ce qui navigue sous sa protection. Quant aux navires de guerre, ils ne sont en aucun cas soumis au droit de visite. Ce droit ne peut être exercé que par des navires de guerre ou par des corsaires des puissances belligérantes; et cela seulement dans le territoire maritime de ces puissances ou dans un espace dont l'usage est commun à tous, comme la pleine mer. Lorsque le visiteur le juge convenable, il se contente de faire venir à son bord le capitaine avec tous ses papiers.

• Dès que la semonce est fuite, le navire à qui elle est adressée, ami, allié ou neutre, est obligé d'amener ses voiles, de mettre sa chaloupe en mer et d'envoyer à bord du bâtiment qui a tiré un ou plusieurs de ses hommes avec tous les papiers propres à justifier de quelle nation est le navire semonce. (Bravard, p. 486.) Quand le navire navigue seul, on peut le visiter; mais si l'on n'a pas de soupçons de faux, on doit se retirer sans procéder à aucune visite,

» Hors des ports français, les commandants en chef des vaisseaux de l'Etat ont droit de visite et de police sur tout corsaire. • (Décret du 15 août 1851.)

Voici comment s'exprime Martens : « Le simple pavillon neutre arboré par un navire marchand rencontré n'étant pas une preuve suffisante qu'il n'est pas ennemi, la loi naturelle ne peut refuser aux puissances belligérantes le droit de visiter les navires marchands que leurs vaisseaux de guerre ou leurs armateurs rencontrent dans un lieu où il serait permis de saisir le navire ennemi, et, par conséquent, d'amener de tels vaisseaux, si la preuve qu'ils ne sont pas sujets à confiscation est insuffisante. Mais, d'après le droit des gens universel, la décision du litige survenu entre les sujets des deux nations

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sur la légitimité de cette prise n'appartiendrait à aucune d'elles exclusivement, et, à défaut d'un accommodement à l'amiable, il faudrait établir un tribunal mixte pour la juger. •

Un navire marchand qui se refuse à la visite est suspect et court le risque d'être déclaré de bonne prise. La vente des faux papiers de mer étant souvent pratiquée en temps de guerre, il est surtout essentiel de rechercher si les navires visités n'ont pas plusieurs expéditions destinées à cacher leur véritable caractère, et dont ils peuvent se servir, à leur choix, selon l'occasion. On peut, pour y parvenir, faire ouvrir devant soi, par des hommes du navire visité, les armoires, les bureaux, les écoutilles, les ballots, colis, etc. Enfin, tous les moyens dont peut user un bâtiment pour procédera l'enquête du pavillon d'un navire suspect sont à plus forte raison permis à ce bâtiment, quand il s'agit de faire mettre en panne celui dont il croit devoir effectuer la visite. Toutes ces formalités, qui ont, nous le reconnaissons, leur raison d'être dans certaines circonstances, ne laissent pas que d'être blessantes lorsqu'on les exécute.

Il est une foule d'abus qui tiennent au mode de pratiquer l&visite, lorsqu'on n'y apporte pas des formes polies, lorsque les recherches sont soupçonneuses et inquisitoriales ou blessantes. C'est par là que le droit de visite est devenu l'occasion la plus fréquente de plaintes fondées et de discussions irritantes entre peuples maritimes, car rien ne blesse la susceptibilité des marins comme ces sortes d'avanies.

Vi»itc à Bedlam (une), vaudeville en l acte, de Scribe et Delestre-Poirson, représenté au théâtre du Vaudeville, le 23 avril 1818. Alfred de Roseval, qui adora Amélie , sa jeune femme, se voit forcé d'entreprendre un long voyage. L'absence produit le plus fâcheux effet sur les époux, qui se querellent réciproquement, la plume à la main , et finissent même par se brouiller sérieusement. Amélie va alors habiter un château que son oncle, le baron de Saint-Elme, possède en Angleterre, pi es de Bedlam. Alfred qui, pour essayer d'oublier sa femme, a fait mille extravagances, se propose justement de visiter la célèbre maison de fous. La baron, instruit de ce projet, métamorphose son château en succursale de Bedlam, et y attire Alfred. En effet, Crescendo, un des hôtes du baron, chez qui la passion de la musique tourne à la monomanie, peut aisément passer pour un fou, sans le savoir. Quant à Amélie, guidée par son oncle, elle simule la folie amoureuse avec une telle coquetterie et un charme si irrésistible qu'Alfred devient plus que jamais épris de ses charmes. IL apprend plus tard qu'il est joué et simule à son tour d'avoir perdu la raison, Mais l'amour l'emporte, et les jeunes époux se réconcilient. La première partie de cette pièce rappelait un peu trop le Petit Courrier, joué quelques années auparavant sur le même théâtre, mais les détails étaient charmants et les couplets tournés de main de maître. » Quoique cette pièce soit pleine de réminiscences, disait le critique Martinville, les emprunts y sont disposés avec tant d'art, les scènes si bien disposées, si adroitement filées, il y a tant d'esprit dans le dialogue et les couplets, qu'on ne sera pas tenté de disputer aux auteurs le droit de propriété sur ce qu'ils ont pris dans d'autres ouvrages. Au théâtre, l'heureux emploi légitime l'acquisition, i Une Visite à Bedlam, reprise au théâtre du Gymnase, le 7 mai 1823, avec un grand succès, a charmé l'Europe entière, er les airs de certains couplets sont restés populaires.

Visite de noces (une), comédie en un acte, en prose, de M. Alex. Dumas fils (théâtre du Gymnase, octobre 1871). L'auteur a entrepris de démontrer cette vérité : l'homme se croit jaloux par amour, quand au contraire il est amoureux par jalousie; et voici le moyen scabreux qu'il a employé pour sa démonstration. Un certain de Gigneroy a eu pour maltresse pendant deux ans la comtesse de Morancé; il la quitte pour se marier et n'a guère que cinq minutes de remords. Un an après il lui rend, accompagné de sa femme, d'un bambin de trois mois et de la nourrice, la visite de noces obligatoire. Là il apprend par un ami de la maison, un sceptique du nom de Lebonnaril, que Mm« de Morancé l'a bien vite oublié ; d'abord, de son temps, du temps où il se croyait adoré, elle avait un autre amant, un Espagnol qu'elle aimait bien davantage, sans compter Lebonnard lui-même, qui avait offert ses petits services aussitôt acceptés; maintenant, elle a un Anglais très-riche et vit dans la joie. On croit que ces révélations vont faire mépriser à Gigneroy cette infidèle; pas du tout, il se reprend à l'aimer avec frénésie; il entrevoit ce qu'il a perdu en délaissant une femme que tout le monde se dispute. Là-dessus Mme de Morancé entre et il lui jette à Ja tète les plus sanglants reproches; elle se justifie très-simplement : elle a pris un premier amant parce qu'elle s'ennuyait; un second, parce qu'il était l'ami du premier; un troisième, parce qu'il est bon et riche, etc. En écoutant cette confession le vertige le gagne ; décidément M*1" de Morancé est une maîtresse délicieuse, il lui propose de laisser là femme et enfant et de fuir avec elle n'importe où. Elle feint d'accepter, mais il n'a

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pas tourné les talons qu'elle laisse échapper un : Ah I pouah! significatif. Toutes ces prétendues révélations et confessions ne sont que des mensonges; c'est une comédie imaginée par Lebonnard. Mmo de Morancé est restée sage, après comme pendant sa liaison avec Gigneroy, et Lebonnard a' imaginé cela parce qu'il craignait, chez cette femme tendre, un retour en faveur de celui qu'elle avait aimé. Grâce à cette supercherie, elle a vu le fond de son sac et le déteste maintenant très-cordialement. De son côté, Gigneroy, en apprenant que sa maîtresse est décidément vertueuse, ne se sent plus de goût pour le voyage ; il n'a pas besoin d'une femme honnête, puisqu'il en a déjà une, la sienne. Il emmène tout simplement Lebonnard déjeuner.

Cette pièce est vive et menée, dans ses endroits scabreux, avec une grande habileté.

Vî»i<o de l'amoureux (!•*), chef-d'œuvre de Gabriel Metsu. Une jeune et jolie Hollandaise, en long corsage de velours rouge et jupe de satin blanc brodée d'or, passe ses deux belles mains, avec un geste d'adorable souplesse, sous un filet d'eau qui tombe d'une aiguière d'argent dans un bassin tenu par une servante. Un gentilhomme, habillé de noir et tenant son chapeau à la main, pousse discrètement la porte de la chambre et salue la dame qu'il surprend ainsi à sa toilette : un petit chien aboie amicalement, et la soubrette sourit d'un air qui prouve que le visiteur est assez bien avec la maîtresse. Ce tableau est une des œuvres les plus gracieuses, les plus coquettes, les plus soignées de Mutsu. L'attitude du jeune homme est pleine de distinction, les noirs de son costume sont d'uu ton superbe et sa tète est charmante d1expression à la fois tendre et respectueuse. Lu ligure de la servante, au sourire tin et nurquois, est tenue dans un ton extrêmement fondu et harmonieux qui fait valoir le costume riche et brillant de la maîtresse; le mouvement de celle-ci est tout à fait ravissant et l'expression de son visage est rendue avec un rare bonheur. Ce chefd'œuvre a été gravé dans le reeufil de la galerie de Choiseul; il a passé successivement dans les collections Schuylenburg (La Haye, 1735), Hœirenburg (Amsterdam, 1743), Gaignat (Paris, 1788), Choiseul (1772), Randon de Boisset (1777), Robit (1801), duchesse de Berry (1837), Deuiidoff (San-Donato). A la vente de cetie dernière colleciion, il a été payé 51,000 francs; il n'avait atteint que le prix de 10,000 francs à la vente de la duchesse de Berry, en 1837.

Un tableau de Terburg intitulé : la Visite, a été payé 10,900 francs à la vente de la comtesse Le Hon, en 1861. La même année, une composition de Frans van Mieris portant le même titre a été payée 1.9Î5 francs à la vente Leroy d'Etiolles. Le musée de l'Ermitage possède un autre tableau de Mieris et une composition d'Ochterveld sur un sujet analogue. M. Willems a exposé à Paris, en 1867, un joli tableau repiésemant une dame, en robe de satin rose, petit manteau gris et chapeau à haute forme, et un cavalier en pourpoint jaune, manteau noir et bas blancs, rendant visite à une dame vêtue de satin blanc. M. Accard a peint une Visite sous Louis XV ( Exposit. univ. de 1855); M. Armand Leleux, la Visite de convalescence (1875); M. Biillouin, une Visite d'amateurs (Salon de 1857); M. Lanfunt, de Metz, une Visite chez le brocanteur (Salon de 1853) ; M. de Nittis, une Visite chez l'antiquaire (Salon de 1875); M. Pio Joris, une Visite chez un curé antiquaire (Salon de 1875); M. Plassan, la Visite an tiroir (Salon de 1861) ; H. Bellangé, la Visite du curé (gravée par S. Himely) ; Mme Armand Leleux, la Visite du médecin (Exposit. univ. de 1855); J. Beaume, la Visite du camarade à l'invalide mourant (Salon de 1824) ; D. Wilkie, la Visite inattendue du contrebandier (gravée par F. Bacon) ; H. Morland, la Visite au retour de la campagne (gravée par \V. Nutter, 1789); Fr. Franck, la Visite d'un prince dans le trésor d'une église (au Louvre); Ch. Bauginet, la Visite à la veuve (Salon de 1865); Granet, la Visite pastorale dans un couvent de religieuses à Home (Salon de 1838); Th. Gide, la Visite du pape dans un couvent (Salon de 1867); Henri Decaisne, la Dernière visite de Bapkaêl à son atelier (Salon de 1849): FI. Willeins, la Visite de Marie de Médicis à Rubens (Exposit. univ. de 1867); Hamuion une Visite à l'atelier de ilurilto (gravée par Gauthier) ; H.-VV. Bunbury, la Visite au camp (gravée par J. Bretherton) ; Mme Hersent, la Visite de Sully d la reine le lendemain de la mort de Henri IV (Salon de 1822); H. Dupray, une Visite aux avantpostes en décembre 1870 (Salon de 1874); Jules Vauthier, les Visites du jour de l'an (gravé par N.-F. Bertrand) ; B. Nordenberg, la Visite du jour de l'an chez un prêtre en Norvège (Salon de 1864), etc. Une gravure fort curieuse de Debucourt est intitu.ée : les Visites du premier jour du XIXe siècle.

Visite à l'accouchée (la), tableau de Metsu. Dans une chambre meublée avec luxe, une jeune mère, en corsage de velours rouge bordé d'hermine et jupe de satin blanc, est assise dans un fauteuil et tient sur ses genoux son enfaut emmaillotté dont le berceau est devant elle ; son air de langueur indique

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sa récente maternité. Une amie, élégamment vêtue, vient lui rendre visite. Tout le monde fait accueil k cette visiteuse : le mari de l'accouchée lui présente ses compliments ; une servante lui apporte une chaise et une chaufferette; une vieille femme, assise derrière le berceau, lui sourit de la façon la plus aimable. Metsu a rendu cette scène familière avec une finesse exquise. Les accessoires, qui sont nombreux, sont délicatement et spirituellement traités : on remarque surtout, derrière l'accouchée, sur une table recouverte d'un riche tapis, une aiguière et son plateau, d'un travail admirable. Ce tableau a fait partie de la célèbre collection Braamcamp, à la vente de laquelle il a été payé 1200 florins en 1871.

Une piquante gravure d'Abraham Bosse représente des dames en conversation avec une accouchée à laquelle elles viennent rendre visite. Plusieurs artistes ont traité des sujets analogues. M. Florent Willems , le Meissonier belge , a exposé au Salon de 1844 un tableau intitulé : la Visite à la nourrice, et, au Salon de 1864, une composition des plus importantes intitulée : l'Accouchée, Sous le titre de Visite à la nourrice, des tableaux ont été peints par Aubry (galerie Boittelle), par Mlle Adèle Ferruud (lithographie par Ch. Vo^rt, Salon de 1842), B. Ferrandiz (Salon de 1866), etc. Un tableau de M. Calisch, la Visite à l'accouchée, est au musée Van der Hoop, à Amsterdam. M. Jules Goupil a exposé au Salon de 1865 un tableau intitulé ; Visite à ta jeune mère, et M. Stephens Jacob a exposé en 1873 une toile sons ce titre : Visite au nouveau-né. M. H. Merle a peint la Visite des grands parents (gravée par Annedouche) ; M. Léon Billotte la Visite à la fiancée (Salon de 1864); M. Charles Péerus, lu Visite des parents le lendemain des noces (Salon de 1865) ; M. Fleury-Chenu, la Visite de noces (un nouveau couple urrivant par un temps de neige, dans une carriole de village, et «'arrêtant à la porte d'une famille amie, tableau traité avec beaucoup de finesse et qui a obtenu un grand succès au Salon de 1872), etc.

Vinite de inint Antoine à aaiut Paul l'Ermite (la), tableau de Velazout-z (Madrid). ° Dans une solitude de laThébaîde, dit M. Viardot dans ses Musées d'Espagne, dans une solitude de la Thebaïde dont on dirait que le Poussin lui-même a disposé tous les détails, trois scènes sont représentées : a droite, l'étranger frappe à la porte de la cellule que le solitaire a creusée dans le roc ; au milieu, les deux vieillards en,intime et sainte conférence reçoivent la double ration que leur apporte le corbeau, fidèle et intelligent pourvoyeur; à gauche, suint Antoine prie sur le cadavre de Paul, tandis que deux lions creusent pieusement avec leurs griffes la fosse du défunt. Sauf la pluralité des sujets dans le même cadre, qu'on u proscrite avec raison, mais qui était encore de mise, ce tableau doit être compté parmi les chefs-d'œuvre du genre. Rien de plus admirable que la belle horreur de cette nature sauvage, si ce n'est l'expression de ces deux vénérables têtes et la pantomime de ces miraculeux serviteurs ; au reste, ce paysage, comme tous ceux de Veluzquez, est peint d'une manière entièrement opposée à celle des autres grands paysagistes, de Claude ou de Ruysdael par exemple, dont il faut regarder les œuvres de près et comme à la loupe. Plus semblable à Ruheiib, Veluzquez fait du premier jet; sa toile est à peine couverte, les contours des objets ne sont pas arrêtés ; terre, arbres, ciel, tout est masse et sans détail. Si l'on s'arrête trop curieusement, l'œil ne rencontre, comme dans une décoration de théâtre qu'on touche du doigt, que l'incertitude, la confusion et le chaos. Recule-t-on de quelques pas, les ténèbres se dissipent, les éléments se séparent, les êtres prennent vie, le inonde est de nouveau créé, et la nature est lu, belle, simple et sublime. »

Comme presque tous les ouvrages de Velazquez, ce tableau appartient au musée de Madrid; sa hauteur est de près de 8 pieds, sa largeur de près de 9 pieds.

■ VISITER v. a. ou tr. (vi-zi-té — latin visitare, fréquentatif de visere, mot allié à «ide?e, voir). Aller voir chez lui; faire une visite k : Visiter un ami. Visiter un malade. Visiter ses juges, A Florence, Millon visita Galilée presque aveugle et demi-prisonnier de l'inquisition. (Chateaub.)

— Parcourir eu examinant : Visiter une côte. Visiter un boù fréquenté par les voleurs. Visiter sa cave, il Parcourir, aller voir en voyngeaut : Visiter te nord de l'Asie. Visiter les monuments de la Grèce. Quand Néron visita la Grèce, il n'osa entrer dans Lacèdémone. (Chateaub.)

— Examiner, inspecter dans le détail : Visiter ses papiers. Visiter soji coffre- fort. Visiter ses pistolets. Visiter les bagages des voyageurs. Visiter la plaie d'un blessé.

— Fig. Se montrer, signaler sa présence dans ou chez : Le soleil ne visite jamais ma chambre. Le malheur nous a visites. Depuis longtemps ta famine ne visite plus l'Europe. (F. ISasiiat.)

Si le malheur m'a visité, Si quelquefois mes yeux ont répandu des larmes,

Au jour de In félicité Ces orages léger* prêtaient de nouveaux charmes.

l''liLLEK3.

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— Absol. : Visiter partout. Je n'Ai pas visité dans le grenier.

— Relig. Aller voir par dévotion ou charité : Visiter une église. Visiter les prisonniers. Il Soumettre à quelque épreuve utile pour le salut : Vous êtes malheureuse, c'est • que Dieu vous aime : Dieu ne visite que ses élus.

— Techn. Visiter la lettre, Examiner si un caractère d'imprimerie est bien fondu.

Visiteur, euse s. (vi-zi-teur, eu-ze, — rad. visiter). Personne qui est en visite, qui est chez quelqu'un à qui elle fait une visite : Bien accueillir ses visiteurs. Causer avec une aimable visiteuse. L'art suprême du visiteur est de savoir se retirer à propos. (Boitard.) Il Personne qui aime à faire des visites, qui en fait beaucoup : C'est un grand

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