‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 15Chapitre 767 sur 1042 · VISITEUR · texte numérisé non relu

VISITEUR

— Voyageur qui parcourt certaines contrées, personne qui vient voir certains objets de curiosité : Les visiteurs du Louvre. L'Italie attire de nombreux visiteurs. Les visiteurs de l'Assistance publique.

— Personne chargée d'une inspection, d'un examen détaillé : Les visiteurs de la douane. Les visiteurs des denrées alimentaires.

— Hist. relig. Religieux chargé d'inspecter certains couvents de son ordre, il Visiteur apostolique, Légat du pape chargé de parcourir certaines contrées pour y examiner l'état de la religion.

— Kr.-maçonn. Frère étranger admis dans une loge.

— Adjectiv. : Frère visiteur. Père visiteur d'un ordre religieux.

V1SMES DU VALGAV (Anne-Pierre-Jacques VK), né à Paris en 1745, mort à t'audebec eu 1819. Il était sous-directeur des fermes, lorsqu'il acquit pour douze années le privilège de l'Académie royale de musique en 1778. Il engagea la première troupe de bouffons qu'on ait entendue à Paris et fit entendre en France les ouvrages d'Anfossi et de Paisiello . La représentation des deux ouvrages de Piccini, Roland et Atys, fut le signal des intrigues qui ruinèrent de Vismea. Gluckistes, raimsles, lui istes se liguèrent contre lui; il fut contraint de résilier son bail, tout en restant administrateur, et enfin, en 1780, le privilège de l'Opéra lui fut retiré. Il fut toutefois renommé directeur en mars de l'année 1800, mais, au mois de décembre de la même année, son titre fut supprimé. On lui doit : Pasilogie (Paris, 1806, in-8») ; Eléonore d'AmboUe, duchesse de Bretagne, roman historique (Pans, 1807, 2 vol. in-12); Recherches nouvelles sur l'origine et la destruction des pyramides d'Egypte (Piu-is, 1812, in-8°); la Double récompense, Eugène et Lanvut, opéras-comiques. — Sa femme, Jeanue-Jlippoiyte Moyroud, né à Lyon vers 1767, possédait un talent remarquable sur le piano et écrivit la musique de Praxitèle, opéra qui fut représenté eu 1800.

V1SMES (Alphonse-Denis-Marie de), dit de Sniui-Alpboiiae, auteur dramatique français, frère du précèdent, né à Paris eu 1746, mort en 1792. 11 fut successivement officier d'artillerie, lecteur du cabinet du prince de Coudé, fermier général «directeur général des fermes pour la partie des salines. Il fit représenter à l'Académie royale de musique : les Trois âges de t'opéra, en un acte, avec musique de Grétry (1778) ; Amadis de Gaule, de Quinault, réduit à trois actes (1779) ; Relié, etc.

VISMIE s. f. (vi-smî). Bot. Genre d'arbre3 et d'arbrisseaux, de la famille des hypéricinées, tribu des éludées, comprenant une vingtaine d'espèces, qui habitent l'Afrique et l'Amérique tropicales.

VISNAGE s. m. ( vi-sna-je ). Bot. Syn. d'AMMi, genre d'ombellifères. Il Ou dit aussi

VISNAGUE.

— Enoycl. Le visnage commun , appelé aussi ammi visnage, fenouil annuel, herbe aux gencives ou aux cure-dents, est une plante annuelle, k feuilles ires-découpées en segments linéaires; ses fleurs sont blanches; a la maturité, sou ombelle est contractée, et ses rayons soudés eu une sorte de réceptacle presque charnu. Celte plante se trouve dans le midi de l'Europe et habite surtout les pâturages maritimes. On la cultive quelquefois dans les jardins. Toutes ses parties, ssjs fruits surtout, sont acres et aromatiques. Les Orientaux emploient les rayons de ses ombelles en guise de cure-dent, et aussi pour donner à leur haleine une odeur agréable. La plante est usitée en médecine comme stomachique, carminative, einménugogue, stimulante et diurétique.

VISNÉE s. f. (vi-sné — de Visne, botan. portug.). Bot. Genre d'arbrisseaux, de la famille des terustrcemiacées, tribu des terustrœmiées, dont l'espèce type croît aux lies Canaries, u Syn. de barbacénië, autre genre de végétaux.

— Eacyct. La visitée mocanère est un arbrisseau d'environ 2 mètres de hauteur, à feuilles alternes, coriaces, ovales, dentées, k fleurs solitaires sur de courts pédoncules axillaires; le fruit est une baie sèche, k trois loges, couronnée par le limbe persistant du calice. Cet arbrisseau croit aux îles Canaries. Son fruit est comestible et se vend sur les marchés du pays. D'après Bory de Saint-

VISS

Vincent, on en fait par décoction un sirop épais, agréable au goût, et qu'on emploie en place du miel dans le traitement de certaines maladies. D'après Berthelot, on l'administre encore avec succès comme styptique. Cet arbrisseau se rencontre quelquefois dans nos cultures ; il exige la serre tempérée et se propage aisément de graines, de boutures et de marcottes.

VISO (mont), la Vesulus mons des Romains, montagne des Alpes Cottiennes, sur la limite du département français des Hautes-Alpes et de la province italienne de Saluées, formant la ligne de faite entre le Rhône et le Pô. Son point culminant s'élève à 3,840 mètres au-dessus du niveau de la mer. Le Viso donne naissance au Pô. Le col du Viso fut, dit-on, traversé par Bellovèse, puis par Anuibal, lors de leur descente en Italie.

VISON s. m. (vi-zon). Mamm, Nom d'une espèce de martre : Le vison du Canada ressemble beaucoup à la fouine. (Buff.)

— Encvcl. Le vison a pour caractères spécifiques : les grands poils du corps bruns, plus ou moins teints de fauve et luisants noirs pardessous ; un duvet très-doux, très-touffu, de couleur cendrée, claire, depuis la racine jusqu'à la pointe, qui a une teinte fauve pâle; queue peu touffue, médiocrement longue, de couleur noire; pieds garnis de poils. Longueur de la tête et du corps, otn,40. Le vison vit sur les bords des eaux et habite sous terre. Sa femelle produit trois ou quatre petits par portée. Sa nourriture consiste en poissons, oiseaux aquatiques, rats, souris, moules, œufs de tortue, etc. Quelquefois il pénètre dans l'intérieur des habitations rurales et y commet les mêmes dégâts que les fouines, les belettes et les putois. Sa fourrure est soyeuse et très-estimée. La patrie de cette espèce est le Canada, ou d'une manière plus générale le nord des Etats-Unis. Lesson l'indique comme propre au Poitou et à la Saintongejmais c est par erreur que ces localités ont été indiquées.

VISON-VISO loc. adv. (vi-zon-vi-zu — du lat. visum, a voir ; visu, à être vu). Fam. En face, vis-à-vis : Comme ils sont logés visonvisu, ils se tarabustent toujours sur le chapitre de leurs femmes. (La l'ont.)

VISORIUM s. m. (vi-zo-ri-omm — du lat.

visus, vu). Typogr. Appareil lixé à la casse, où le compositeur plaçait et fixait la copie pour l'avoir sous les yeux pendant son travail, mais qui est aujourd'hui à peu près abandonné.

VISOYE s. f. (vi-zol). Comm. Variété de châtaigne des environs de Périgueux.

VISQUEUX, EUSE adj. (vi-skeu-eu-ze — lat. viscosus; de viscum, gui, baie du gui, glu, gluau, qui est aussi le type du français gui.) Qui adhère aux corp3 et y forme une couche molle et gluante : Humeur visqueuse. Lorsque les poissons sont hors de l'eau, leurs conteurs se fanent, leur suc visqueux se dessèche. (Lacép.) La fourche, dans les terres compactes et visqueuses, remplace la bêche avec avantage. (Kaspail.) u Qui est couvertd'uu enduit gluant: Une peau visqueuse. Les murailles étaient suantes et visqueuses comme si des limaçons les eussent engluées de leur bave. (Th. Gaut.)

— s. in. Erpét. Reptile du genre cécilie, qui habite l'Inde et l'Amérique.

— Syn. Vinqcicui, gluant. V. GLUANT.

VISSAGE s. m. (vi-sa-je — rad. visser). Techn. Action de visser ; Le vissage d'une serrure. Il Défaut que présentent quelquefois les pièces de poterie façonnées sur le tour, et qui consiste en des lignes ou sillons plus ou moins sensibles, qui, partant de la base du vase, s'élèvent en spirale comme les pas d'une vis : Le vissage provient des pressions inégales exercées par te tourneur, soit avec les doigts, soit aoec t'éponge; il nuit à la pureté du trait, occasionne du gauche et donne quelquefois lieu à des fissures. (Brongniart.)

V1SSCHER (Rœmer ou Romain), poète holluudais, né à Amsterdam en 1547, mort à Alkinaar en 1620. Commerçant et à la tête d'une belle fortune, il consacrait ses loisirs aux lettres, et on peut le considérer comme un des créateurs de la langue néerlandaise actuelle. On a de lui : un recueil d'emblèmes (Zinuepoppen) [Amsterdam, 1614, in -4"] et un recueil d'epigranimes {Brabbeiinghen) [Leyde, 16.., in-12).

VISSCHER (Anne), artiste et poste hollandaise, fille du précédent, née à Amsterdam en 1587, morte dans la même ville en 1651. Douée des talents les plus variés, elle composait des chansons et des poésies, était une excellente musicienne et s'adonnait à la peinture et a la gravure. Anne épousa Bouth van Wesel. He.usius, qui avait un vif attachement pour elle, a célébré ses charmes et son esprit dans des pièces de vers flamands.

VISSCHER (Marie-Tesselschade), artiste et poëte hollandaise, sœur de la précédente, née k Amsterdam en 1597, morte dans la même ville en 1649, Plus belle que sa sœur, elle était poëte, musicienne et douée d'infiniment d'esprit. Huyghens, Barlseus et Hooft lui adressèrent des vers et des lettres. Admirée, chantée, elle se vit entourée d'une cour d'admirateurs. Elle épousa à vingt-six ans

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