‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 15Chapitre 802 sur 1042 · VOGT · texte numérisé non relu

VOGT

revint à Bologne et fut nommé, en 1730, titulaire de la chaire d'anatomie. Ses principaux ouvrages sont : Flnidi nervei historia (Bologne, 1720, in-8°) ; Tavole chronologiche degli nomini illustri dell' universita di Boloyna (1726, in-4").

VOGLIE s. f. (vo-l!e; Il mil. — mot ital. qui signifie volonté). Bon gré, volonté. I) Vieux mot.

— Ane. mar. Rameur de bonne voglie ou simplement Bonne voglie, Rameur qui s'engageait volontairement, par opposition aux forçats.

VOGMARE s. m. (vo-gma-re — island.

vogmar , même sens). Ichchyol. Genre de poissons, de la famille des ténioïdes, qui semble devoir être réuni aux traehyptères.

VOGORIDES (Stefanaki), prince de Valachie, né a Constantinople en 1775, mort en 1862. En 1810, il suivit en Moldavie le prince Charles Callimachi, qui le nomma préfet du district de Galatz. En 1821, il remplaça, avec le titre de caïmacan , Michel Soutzo, puis, l'année suivante, il donna sa démission et revint k Constantinople, où il se concilia la bienveillance du sultan, malgré la défaveur qui, a ce moment, pesait sur les Grecs auprès du gouvernement turc. En 1834, il représenta, dans la capitale de l'empire ottoman, son beau-père, Michel Stourdza, hospodar de Valachie, et devint, l'année suivante, gouverneur de l'Ile de Samos, d'où les exactions de ses agents le firent chasser par la population révoltée. Pour dédommager Vogorides, la Porte lui concéda le titre purement honorifique de prince de Valachie. Cet homme d'Etat était dévoué à la politique anglaise, et, dans les mystérieuses intrigues ourdies k Constantinople, il a joué un rôle mystérieux qu'il est difficile sinon impossible d'éclaireir.

VOGORIDES- KANAKI (Nicolas), homme d'Etat moldave, fils du précédent, né à Jassy en 1821, mort k Bucharest en 1863. Devenu, en 1846, gendre du logothète Kanaki, il joignit à son nom celui de son beau-père et fut nommé, en 1856, ministre des finances de Théodore Balche, élu caïmacan de Moldavie. A la mort de ce prince (1857), Vogorides lui succéda, et, dans la grave question de la fusion des principautés moldo-valaqnes, qui divisait alors la politique européenne, il se déclara violemment contre les unionistes. La réunion des principautés enleva a Vogorides son autorité; il retourna à Constantinople et cherchait à se remettre en évidence, quand la mort le frappa. Cet homme d'Etat fut un des agents les plus actifs de l'Angleterre et de l'Autriche, et, pour lui témoigner la satisfaction de ses services, l'empereur François-Joseph lui avait accordé lu grand'croix de la Couronne de fer.

VOGT (T.-K.-A.), médecin et anaiomiste allemand, né à Gorsleben en 1762, mort en 1807. Il fit ses études médicales à Wittemberg et devint professeur de la Faculté de médecine de cette ville en 1796, suppléant de Leonhardi en 1802 et enfin professeur ordinaire d'anatomie et de physiologie en 1804. Nous citerons, parmi ses écrits : Programma, quo puerperam tanguam personam graviter vulneratam tractari debere ostenditur (1802, in-4«) ; Terrorem pergravem abortus causant esse, nupero exempte probalur (1802, in-4°) ; De habiiu àculi cum habitu cutis maxime cousentiente (IS02, in-4°);'.Oe vitiis systematis chylopoetici mechanids et organicis (1804, in-4°) ; Studium anatomes practicum exponitur (1804, in-4»), etc.

VOGT (Auguste-Georges-Gustave), musicien français, né à Strasbourg en 1781, mort en 1870. Admis au Conservatoire en 1796, il remporta, l'année suivante, le premier prix de hautbois, puis étudia l'harmonie sous la direction de Rey. Attaché, en 1804, k la musique de la garde impériale, il fit avec elle la campagne de 1805. Par la suite, il entra k l'orchestre du théâtre Peydeau, devint professeur adjoint de hautbois au Conservatoire en 1808 et remplaça à l'Opéra, en 1814, Sa- Ientin en qualité de premier hautbois. En 1SÏ9, il fut décoré. Vogt quitta l'Opéra en 1835, mais continua quelques années encore son enseignement au Conservatoire et fit partie de la Société des concerts. On lui doit des Concertos, des Nocturnes, des Sérénades, une grande marche militaire, intitulée la Bordelaise, des Airs variés, etc.

VOGT (Charles), naturaliste allemand, né à Giessen le 5 juillet 1817. Fils d'un naturaliste distingué, il fit ses études au gymnase de Giessen et les termina à l'université de la même ville, où il s'occupa d'abord de médecine et où il travailla six mois dans le laboratoire de Liebig; puis il suivit à Berne son père, qui venait d'obtenir une chaire de clinique à l'université de cette ville. Il y étudia l'anatomie et la physiologie avec le professeur Valentin et, ayant pris ses grades en 1839, se rendit à Neuchâtel, où il fit lu connaissance du célèbre Agassiz, dont il fut le collaborateur pour l'Histoire naturelle des poissons d'eau douce, pour les Poissons fossiles et pour les Etudes sur les glaciers. Presque au même moment, il fit paraître seul d'autres ouvrages : Montagnes et glaciers (Soleure, 1843); Traité de géologie et des pétrifications (Brunswick, 1846; 1866, 30 édit.); Lettres physiologiques (Stuttgard, 1845-1846;

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Giessen, 1862, 3e édit.). En 1844, M. Vogt vint à Paris, où il résida deux ans et vécut dans le commerce des savants ; il partit ensuite pour l'Italie et ne revint qu'en 1847 à Giessen, où on lui offrait une chaire. Lors des événements de 1848, il fut obligé de donner sa démission et se lança dans la politique. Elu à l'Assemblée nationale allemande, il se distingua parmi les orateurs les plus ardents de l'extrême gauche , mais aussi parmi les plus éloquents. Lorsque le Parlement eut été transféré à Stuttgard, il se rendit dans cette ville et soutint la cause nationale jusqu'à la dernière heure. Après la chute de ses espérances, M. Vogt fut obligé de s'exiler. Il se retira à Berne, d'où il alla résider à Nice pour s'y livrer à ses études zoolojçiques. En 1852, il fut nommé professeur d'histoire naturelle à Genève, puis membre du grand conseil et conseiller fédéral. En 1856, il accompagna dans les mers du Nord le prince Napoléon. Depuis lors, il s'est livré à de nombreuses excursions scientifiques et a fait avec un succès extraordinaire des leçons dans diverses villes d'Allemagne, notamment sur les microcéphales et les théories de Darwin, dont il est partisan. Démocrate et libre penseur, ce savant de premier ordre fit partie du petit nombre d'Allemands qui protestèrent contre la guerre de 1870 et contre les annexions violentes de la Prusse. Le 6 septembre 1870, il écrivit à M. Etienne Arago pour le mettre en garde contre des illusions généreuses et pour lui montrer la nécessité d'entamer immédiatement des négociations de paix.. Dans d'autres lettres rendues publiques, il prit le parti des vaincus, sachant qu'il perdrait sa popularité chez les vainqueurs. A partir de ce moment, il a cessé ses tournées scientifiques* en Allemagne, et il est devenu recteur de l'université de Genève. Cet homme éminent, qui mène de front la zoologie, la géologie, la peinture, la politique, enseigne et écrit à son gré dans plusieurs langues et expose les sciences les plus arides avec une netteté, une verve, une profondeur d'aperçus, une hardiesse de vues qui lui assignent un des premiers rangs parmi les savants de notre époque. Outre les ouvrages déjà cités, on a de M. Ch. Vogt : Océan et Méditerranée (Francfort, 1848) ; Recherches sur les animaux qui vivent en société (Francfort, 1851); Scènes de la vie des animaux (Francfort, 1852), ouvrage réédité avec le précédent sous ce titre : Du vieux et du neuf sur la vie des animaux et des hommes (Francfort, 1859, 2 vol.); Superstition et science (Giessen, 1853-1855), ouvrage extrêmement remarquable, dirigé contre Rodolphe Wagner et l'intervention des idées religieuses dans la science; Lettres zoologiques (Francfort, 1851); Y Education artificielle des poissons (Leipzig, 1859) ; Principes de géologie (Bruns- ■wick, 1860); Recherches sur la sécrétion de l'urée (Giessen, 1860), etc. Depuis quelques années, l'attention de M. Vogt s'est portée particulièrement sur la physiologie et sur l'histoire primitive de l'homme, ainsi qu'en témoignent ses ouvrages intitulés : Leçons sur l'homme, sa place dans la création et dans l'histoire de la terre (Giessen, 1863-1864, 3 vol, iu-80) et Des microcéphales ou hommessinges (Brunsv/iek, 1866). Citons enfin de lui : Lettres politiques (1871), traduites en français par M. Marchand, et Lettres physiologiques (1875, in-8»).

VOGT (Gustave), économiste allemand, né a Giessen en 1829. D'abord directeur du bureau fédéral de Berne, il est devenu professeur d'économie politique à l'université de cette ville, 11 est connu par divers écrits relatifs à la science qui fait l'objet de son enseignement.

VOGUE s. f. (vo-ghe. — Ce mot vient du verbe voguer et signifie proprement mouvement d'un navire, puis, figuréinent, cours. Comparez, en vieux haut allemand, la locution in toagâ wesan, être en vogue. V. voguer). Mar. Impulsion donnée à un bâtiment par ie mouvement des rames : Vogue lente. Vogue rapide, pressée, il Vieux en ce sens.

— Fig. Crédit, estime qui a quelque chose de général, et qui met quelqu un en faveur ou en réputation : Il ne suffit pas d'avoir du mérite pour avoir la vogue. (Volt.) Les vogues excessives, les engouements universels n'ont qu'un temps, (Lestiboudois.)

C'est souvent du hasard que naît l'opinion, Et c'est l'opinion qui fait toujours la vogue.

La FoNTiiME.

Il Mode, engouement dont jouissent certains objets et qui les fait rechercher par un trèsgrand nombre de personnes : A défaut de mérite, ce livre a la vogue. Les courses sont aujourd'hui en VOGUE.

— Nom que l'on donne aux fêtes patronales, dans certains départements du Midi : Les fêtes patronales sont nommées vogues dans tes Hautes-Alpes, (A. Hugo.) 11 On dit vote (de votum, vœu, fête votive) dans d'autres départements, et vogue pourrait bien n'être qu une forme corrompue,

— Syn. Vogue, mode. V, MODE.

VOGOE (Léonce, marquis de), homme politique, né à Paris en 1805. A dix- huit ans, il entra comme sous-lieutenant dans un régiment de cavalerie, fit les campagnes d'Espagne et d'Alger et quitta le service après la révolution de juillet 1830, pour ne pas prêter serment au nouveau roi. M. de Vogué, quel-

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que temps après, créa dans le Cher une fonderie, s'occupa en même temps d'agriculture et fut élu, en 1839, membre au conseil général. Bien que notoirement connu comme légitimiste, le marquis de Vogué déclara subitement, après la révolution de 1848, qu'il était républicain, adressa aux électeurs du Cher des circulaires électorales signées Vogué, forgeron, sa fit porter sur la même liste que Félix Pyat et fut élu député à l'Assemblée constituante par 14,321 voix. Là, il vota à peu près constamment avec la droite, se prononça toutefois pour une Chambre unique et pour l'abolition de la peine de mort et appuya la politique de réaction de Louis Bonaparte. Réélu en 1849 à l'Assemblée législative, il accusa de plus en plus son hostilité contre la République, vota notamment la loi du 31 mai contre le suffrage universel et rentra dans la vie privée après le coup d'Etat du 2 décembre 1851. Sous l'Empire, M. de Vogué devint membre de la Société impériale d'agriculture (1863), s'occupa de propagande légitimiste et fut poursuivi pour avoir distribué une lettre du comte de Chambord. Elu député il l'Assemblée de 1871 dans le Cher par 52,000 voix, il alla siéger à la droite légitimiste, ne prit part, comme dans les Assemblées précédentes, a aucune discussion publique, mais appuya constamment de ses votes les mesures hostiles k la République et k la liberté. Il se prononça notamment pour la paix, pour l'abrogation des lois d'exil frappant les deux branches des Bourbons, pour la pétition des évoques, pour le pouvoir constituant de l'Assemblée, contre le retour de la Chambre à Paris, contre la dissolution, pour l'abrogation des traités de commerce. Le 24 mai 1873, il contribua à renverser M. Thiers du pouvoir, donna son appui constant au gouvernement de combat, repoussa la liberté des enterrements civils, vota en faveur de la circulaire Pascal, de l'érection de l'église du Sacré-Cœur, pour le septennat, contre les propositions Périer et Maleville, contre la constitution républicaine du 25 février 1875, pour la loi de l'enseignement supérieur, etc. En janvier 1876, le marquis de Vogué posa sa candidature au Sénat dans le Cirer, mais ne fut point élu, et ne fût pas plus heureux aux élections du 20 février suivant pour la Chambre des députés,

VOGCÉ ( Charles-Jean-Melehior , comte dé), archéologue et Diplomate, parent du précédent, né à Paris en 1829. Il partit en 1853 pour l'Orient, où il resta deux ans, explorant la Syrie et la Palestine, et, après son retour en France, il publia divers ouvrages qui lui valurent d'être nommé membre libre de l'Académie des inscriptions et belles-lettres en remplacement du duc de Luyaes. Le 3 mars 1871, M. Thiers le nomma ambas-.adeur à Constantinople. Le comte de Vogué a rempli ces fonctions jusqu'au 8 mai 1S75, époque où il a été appelé à l'ambassade d'Autriche. On lui doit les ouvrage- suivants : les Eglises de la terre sainte (1860, in-4<>, avec pi.); les Evénements de Syrie (1860, in-8°); Inscriptions hébraïques de Jérusalem (1864, in-Su) ; le Temple du Jérusalem, monographie du Maram-ech-chérif, suivie d'un Essai sur la topographie de la villr sainte (1865, in-8°j; YArchitecture civil? et religieuse, du ier au vue siècle, dans la Syrie centrale (1865-1868, in-4°), avec planches.

VOGUER v. n. ou intr. (vo-ghé. — Ce mot, qui correspond k l'italien vogare, espagnol bogar, portugais et provençal vogar, nager, vient du germanique ; vieux haut allemand wagân, altéré en wogon, se mouvoir, d'où l'allemand wogen, flotter. Le vieux haut allemand wagân est allié au gothique vignn, gavigan, être agité, gavagja, remuer, qui se rattachent à la racine sanscrite vah, porter, conduire, couler, en zend vaz, en grec ocheo pour focheô, en latin veho, en ancien slave vesti, en lithuanien toesti et toesa, etc. Les dérivés de divers genres de cette racine sont très-nombreux et s'appliquent surtout aux véhicules de toute espèce). Mar. Ramer, pousser un bâtiment avec des rames. Ce sens est vieux; mais il est encore usité dans le Midi, il Etre poussé sur l'eau k l'aide de rames : La galère commençait à voguer. i| Naviguer, être poussé sur l'eau par un moyen quelconque, en parlant d'un bâtiment : Le vaisseau, incapable de gouverner, voguait en travers, jouet du vent et ries lames. (B. de St-P.)

Et vogue la nacelle

Qui porte mes amours.

Plan abo.

I! Etre emporté par un bâtiment, en parlant d'un navigateur : C'est lorsque, à travers l'Atlantique, il croyait voguer vers l'Asie, berceau de l'ancien monde, 'que Colomb rencontra un monde nouveau. (Bèranger.)

— Par ext. Avancer sur l'eau, nager : On a remarqué qu'ordinairement les dauphins voguaient contre le vent. (Lacép.)

. . . Sur un beau lac où le feuillage tremble, Deux cygne» dans l'azur au loin voûucnl ensemble. Tb. m Banville.

— Fig. Avancer, progresser dans la vie ou dans un état quelconque : Voguer sur la mer du monde. Voguer dans les grandes eaux du pouvoir. Nous voguons sur un milieu vaste, toujours incertains et flottants, poussés d'un bout vers l'autre. (Pasc.)

voie

Lorsque sur cette mer on vogue à pleines voiles, Qu'on croit avoir pour soi les venta et les étoiles, 11 est bien malaisâ de régler ses désirs.

Qu'importe ? 11 faut rompre le câble ; 11 faut voguer, voyuer toujours, Ramer d'un bras infatigable, Comme vers un port secourante, Vers le gouffre où tombent nos jours.

Sainte-Beuve.

I! Errer, divaguer: Celui-là laisse voguer ses pensées, sans que vos discours arrêtent son esprit distrait. (Boss.) Ainsi voguaient mes pensées, tandis que les chevaux m'emportaient. (Chateaub.)

— Fam. Vogue la galère! En avant et arrive que pourra : Ma foi, vogue la galère 1 Je n'ai pas peur de déranger mes affaires, elles le sont bien. (Scribe.)

— Techn. Faire voguer l'étoffe, En ternies de chapelier, Faire voler sur la claie des matières destinées à faire des capades.

— Substantiv. Art ou action de ramer : Mon père me montra seulement le maniement de la rame à deux mains, le voguer de la barquette', et il m'envoya gagner ma vie à Venise en qualité d'aide gondolier. (G. Sand.)

— v. a. ou tr. Voguer tout, Employer tous les moyens possibles pour obtenir une marche rapide: La Menaçante reçut si rudement ^'Algérienne, qu'elle fut forcée de virer de bord et de s'en retourner à Alger en voguant tout. (E. Sue.)

' — Techn. Voguer l'argile, La préparer avec les mains avant de la mettre sur le tour, il On dit aussi voquer.

VOGUEUB. s. m. (vo-gheur — rad. voguer). Rameur, il Vieux mot.

— Appareil au moyen duquel on peut, sans savoir nager, se soutenir sur l'eau.

VOHIRIE s. f. (vo-i-rî). Bot. Syn. de

VOYRA.

VOI! interj. (voi — autre forme de ouais, introduite par la ressemblance des sons)} Marque l'étonnement ou l'impatience :

J'irais trouver mon juge et lui dirais... — Oui. —

[Voit Et lui dirais : Monsieur... — Oui, monsieur. — Liez- Emoi.

Racinb.

VOÏART (Anne-Elisabeth Petitpain, dite Elïsa), femme de lettres française, née à Nancy en 1786, morte dans la même ville en 1S66. Son père, qui était organiste, étant mort, laissant sa famille dans lu gêne, Elisabeth aida sa mère à élever ses frères et sœurs et reçut de l'impératrice Joséphine une pension de 500 francs. Par la suite, elle épousa Jacques-Philippe Voïart, ancien administrateur des vivres à l'armée de Sarabreet-Meuse. Voïart employait ses loisirs à cultiver les lettres et faisait des vers avec facilité. Il avait d'un premier mariage deux filles, dont l'une devait être un poète distingué, Mme Tastu. Placée dans un milieu littéraire Elisabeth Petitpain y prit le goût des lettres! Femme de beaucoup d'esprit, douée des plus aimables qualités, elle ne tarda pas k être très-recherchée dans le monde et prit rang parmi les femmes les plus distinguées de son temps. Elle débuta par des traductions d'ouvrages anglais et allemands, collabora à l'Encyclopédie des dames, au Livre des cent et un, aux Femmes de Shakspeare, au Dictionnaire de la conversation et publia un certain nombre d'œuvres originales, notamment: l'A Igérien (1816); la Vierge d'Arduenne (1820), roman remarquable; Notice sur Proudhort (L824); la Femme ou les Six amours (1827-1828, 6 vol. in-12), livre qui obtint un ?rix Montyon en 1828; Fridolin (1829, in-S"); a Mariage et l'amour (1834, in-go); Mignonne (1834, 2 vol. in-go); ]„ uore fa enfonts (1836, 8 vol. in-16), avec MmeTtistu; les Enfants de la vallée d'Andlau (1837, 2 vol. in-12), avec la .même; Or, devinez! (1838, 2 vol. in-8°); Jacques Callot (1S41, 2 vol. in-8<>); la Petite chapelle (1845, in-18); la Petite fille vouée au blanc (1845, in-32); Petit Pierre et Pierrette (1845, in-32); le Petit livre vert (1845) ; Médor, le bon chien (ig45) ; le Jour de l'an (1845); le Cheval de bois (1845); [e Bethléem (1848); Aima (1849); le Nid de pinsons (1849). Enfin, on lui doit des traductions des Aveux du tombeau (1817), de Coralie (1820), des Votes du sort (1821), de la Croix du meurtre (1831), etc., d'Auguste Lafontaine; des Nouveaux contes populaires, do miss Edgeworth; du Bobinson suisse, de Wys (1837) ; des Petits livres roses, de Glatz, etc.

VOICE s. f. (voi-se). Agric. Nom qttfe l'on donne, dans l'Anjou, â la vesce cultivée.

VOICH1VE s. f. (voi-chi-ve). Agric. Nom donné, dans les Antennes, à la partie de la grange où l'on conserve les graines.

VOICI prép. (voi-si. — Les deux prépositions voici et voilà équivalent à vois ci ou ici, vois là. Chevallet fait remarquer qu'on écrivait autrefois en deux mots voi ci, voi là, et qu'on plaçait immédiatement après l'impératif voi le pronom représentant la personne ou la chose que l'on voulait indiquer ; ainsi, on disait voi-me ci, voi-me là, voi-le ci, voi-le là,voi-tes ci,voi-les là, voi-vous ci, voi-vouslà, voi-en ci, voi-en là, etc., au lieu de me voici, me voilà, etc. D'autres fois, on mettait le verbe au pluriel : voies ou veezme ci, vecs-

VOIE

me là, etc.). Sert à indiquer un objet présent ou qui s'approche, un objet que l'on montre comme présent : Voict votre argent. Voici le train qui arrive. Me voici. Le voici. Ahl te voici I je t'attendais. Voici votre chemin.

Voici qui vous dira les volontés des cieux.

Racisb.

Il Sert aussi à indiquer ce que l'on va dire : Voici mes raisons. Voici ce qu'il faudra faire.

Voici trois médecins qui ne nous trompent pas : Galté, doux exercice et modeste repas.

Demoustier.

Il Sert à indiquer le moment présent ou celui qui s'approche, un état actuel ou prêt à se réaliser : Votci le moment d'agir. Sauvonsnous, voici la pluie.

— Mis en opposition avec voilà, voici exprime soit un objet ou un moment plus rapproché, soit simplement un objet distinct, lorsqu'on ne considère pas l'éloignement du temps ou du lieu : Voici votre place à côté de moi ; voilà là-bas celle de votre frère. Voici la Madeleine à droite; voilà, à gauche, le palais du Corps législatif.

Un jour tout sera bien, voilà notre espérance; Tout est bien aujourd'hui, voici l'illusion.

Voltaire.

— Voict est souvent suivi d'un verbe, surtout du verbe venir, à l'infinitif; c'est un gallicisme par lequel on annonce comme actuelle l'action marquée par le verbe : Voici venir les frères avec des ornements royaux. (Vaugelas.)

Des maux que j'ai prédits voici venir le temps.

Delille.

Il Voici que, avec un verbe à un mode personnel, a la mêm'e valeur : Voici que votre père arrive.

— Fam. Voici parler, C'est là parler clairement, s'exprimer comme il faut. j| On dit plus ordinairement voilà qui est parler.

— Nous y voici, Indique l'arrivée actuelle ou prochaine dans un lieu vers lequel on tendait; la réalisation ou l'approche d un état prévu, d'une circonstance attendue : Nous Y voici; arrêtez, cocher. Un peu de patience, nous y voici dans cinq minutes. Enfin, nous y voici ; le moment est venu.

— En voici bien d'une autre, Se dit pour exprimer l'arrivée d'une chose tout à fait singulière ou inattendue.

VOID, bourg de France (Meuse), ch.-l. de canton, arrond. et à 8 kilom. S.-É. de Commercy, sur le Fluent: pop. a^gl., 1,266 hab. — pop. tôt., 1,284 hab. Huilories, papeterie; fabrication de fromage à la crème renommé. Commerce de bestiaux et d'huile de navette.

VOIE s. f. (voî — latin via, pour veha, vea, que l'on trouve dans la langue rustique et. qui appartient à la même famille que le sanscrit vaha, route, le gothique vigs, Scandinave vegr, anglo-saxon et ancien allemand weg, etc., et peut-être l'erse uig/t, chemin, route. La racine commune de tous ces termes est dans le sanscrit vah, porter, transporter, conduire, en zend vaz). Route, chemin que l'on suit; endroit par lequel on passe : Voie sûre, commode. Voie dangereuse. Prendre la grande voie, h Se dit particulièrement des grands chemins construits par les Romains : La voie Appienne. La voie Flanmnenne. La voie Flavienne. Suivez l'indestructible voie Appienne, vous trouverez des tombeaux, des aqueducs. (Michelet.)

— Direction que l'on suit en voyageant ou que l'on fait suivre aux objets que l'on expédie : Prendre la voie de terre, la voie de mer. Expédier par la voie de Marseille, de Southampton. il Moyen de transport, de transmission : Ecrire par la voie de la poste. Partir par la voie du coche.

— Intermédiaire : Ecrire au ministre par la vous du préfet.

— Fig, Moyen qui conduit à un but, considéré au point de vue du résultat désiré : La voie du salut, du ciel, du paradis. La voie des richesses, des honneurs. Bien n'est impossible; il y a des VOIES qui conduisent à toutes choses, et, si noua avions assez de volonté, nous aurions toujours des moyens. (La Rochef.) L'analyse est la voie des découvertes. (Condill.) Il Moyen qui conduit k un but, considéré au point de vue de sa nature; sens, caractère de la conduite : Les voies de la douceur, de la sévérité. La voie du bien, dit mat, de l'honneur, de la honte. Il faut toujours tenter les VOIES les plus douces. (Boss.)

La raison, pour marcher, n'a souvent qu'une voie.

Boileao.

— Voie publique, Endroit public préparé pour le transport, le passage des personnes et des voitures d un lieu dans un autre : Les rues, places, chemins, canaux et autres voies publiques. Les objets trouvés sur la voie publique doivent être déposés au greffe. On exige de toutes les voitures un péage modique pour l'entretien des voies publiques, (Volt.)

Il Voie de communication, Travaux exécutés entre divers pays pour aller de l'un dans l'autre : Les routes, canaux, chemins de fer et autres voies de communication. Les voies de communication rapprochent les produits et tes consommateurs. (Alich. Chev.)

— Etre en voie de, Suivre la marche nécessaire pour arriver à : Etre en voie db réussir. Ktrb en vois de se ruiner^ Etre

VOIE

malade, c'est être en voie de mourir. (Raspail.)

— Laisser quelque chose en voie, Ne pas l'enfermer, le laisser hors de sa place : Quand on laisse tout en voie, les plus grands logements sont bientôt insuffisants. Il Loc. vieillie.

— Etre toujours par voies et par chemins, Etre toujours en route, voyager continuellement.

— ■ Relig. Moyens dont Dieu se sert pour l'accomplissement de ses desseins -.Les voies de Dieu sont des voies d'amour. (Lamenn.)

— Ecrit, sainte. Voie large, Chemin de l'enfer, à cause de la facilité que l'on trouve à se damner, il Voie étroite, Chemin du paradis, à cause de la peine que l'on trouve à faire son salut, il Corrompre sa voie, Se souiller de crimes : Il est dit qu'avant le déluge toute chair avait corrompu sa voie.

— Jurispr. Recours, moyen d'action judiciaire : Voie de droit. Voie d'appel. La voie de la requête civile, il Voie de fait, Acte de violence exercé sur ou contre une personne ; violation ouverte du droit d'autrui. Il Par voie parée, En forme exécuioire.

— Administr. Voies et moyens, Ressources de l'impôt : Discuter les voies et moyens du budget de l'année.

— Véner. Chemin parcouru pur le gibier ; ensemble des marques qui trahissent son passage : Les chasseurs distinguent les loups par les pieds, c'est-à-dire par les voies, les traces qu'ils laissent sur ta terre. (BufF.) Il Voie chaude, vive, fumante, Celle où le gibier vient de passer immédiatement, il Voie doublée, Celle sur laquelle la bête est revenue.

Il Voie légère, Celle que les chiens ont de la peine à suivre et Sur laquelle ils dansent. Il Voie surpluée ou surneigée, Celle sur laquelle il a plu ou neigé, il Voie du relevé, Voie déjà vieille. Il Voie de bon temps, Celle qui n'a qu'une heure ou deux. Il Voie de hautes erres, Voie de la veille. Il Mettre sur la voie, Amener sur le chemin que la bête a suivi, et fig. Renseigner, mettre en état d'arriver à son but : Vous ne devinez pas? je vais vous mettre sur la voie. Je n'ai pus fait sa fortune, mais je f'Ai mis sur la voie pour la faire lui-même, il Etre à bout de voie, Se dit des chiens qui s'arrêtent, ne trouvant plus la suite de la voie qu'ils suivaient, il Au fig. S'arrêter faute de moyens pour poursuivie : L'utopiste À bout de voie saisit ta plume et devient un peintre. (Ste-Beuve.) il N'avoir plus ni vent ni voie, Se dit du chien à qui manquent à la fois les traces sur la terre et les émanations dans l'air, et fig. de celui qui est complètement k bout de ressources. Il Assentir la voie, La reconnaître.

— P. et chauss. Distance entre les roues d'un véhicule : La voie des voitures est réglée par des ordonnances de police. Celte charrette a trop peu de voie. Le chemin passait dans des gorges à peine ouvertes à la voie de la calèche. (Chateaub.) Cette carriole a-t-elle la voieî.(V. Hugo.) il Ornières, traces laissées sur fe sol par les roues d'une ou de plusieurs voitures : Quitter ta voie de la calèche. Sortez de ta voie, vous aurez le chemin plus beau.

— Chcm. de fer. Deux lignes parallèles de rails que suivent les trains : Les ch-mins de fer qui n'ont qu'une seule voie offrent de graves dangers de collision. On change de voie au moyen d'aiguilles manœuvrées à la main, il Espace compris entre deux Signes de rails : Traverser ta voie, rester sur la voie au moment du passage du train. Il Voie.ferrée, Che- , min de fer. Il Voie de garage, Bout de voie établi le long de la voie principale, pour recevoir les trains qui doivent se garer pour laisser le passage libre à d'autres trains, il Accessoires de la voie, Ensemble des divers appareils destinés à faire passer un convoi d une ligne sur une autre ou k l'empêcher de quitter sa direction primitive. Il Couvrir la voie, Faire un signal d'arrêt a un train pour éviter une collision avec un train qui le précède sur la même voie.

— Mar. Voie d'eau, Ouverture faite par accident dans la coque du navire et donnant passage à l'eau : Avoir une voie d'eau. Boucher, aveugler une voie d'eau.

— Métrol. Quantité de marchandises équivalant à une charretée ordinaire ou environ 2 stères : Une voie de bois. Une voie de sable, de plâtre, de moellons, il Voie de charbon, Sac de charbon de bois contenant 1 hectolitre. Il Voie d'eau, Deux pleins seaux de porteur d'eau, contenant ensemble 30 litres.

— Techn, Ouverture laissée par le passage de la scie : Cette scie donne trop, ne donne pas assez de voie, il Nom que l'on donne, dans l'industrie drapière, au passage d'une pièce d'étoffe sur l'appareil à lainer : Quand plusieurs voies se sont succédé, dix environ, on renouvelle ordinairement les chardons. (Maigne.) il Nom donné à huit passages successifs de l'étoffe sous l'appareil à calandrer.

— Astron. Voie lactée, Grande trace de lumière blanche et diffuse, qui forme presque un grand cercle de la sphère céleste en passaut dans le voisinage des pôles : La grande bande de la voik lactée n'est autre chose qu'un immense amas d'étoiles extrêmement petites pour nos yeux, et dont ta nature nébuleuse n'est qu'apparente. (A. Maury.)

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— Anat. Canal : Voies urinaires. Voies spermatiques. Voies biliaires. Voies digestives. il Premières voies, Celles des voies digestives qui sont parcourues par le3 aliments et par leurs résidus, il Secondes voies, Ensemble des vaisseaux qui portent le chyle et le sang, produits de la digestion.

— Chim. Manière d'opérer, nature des moyens employés. Il Voie sèche, Opération conduite par le feu, en dehors de l'emploi des liquides : La chimie est parvenue à liquéfier, par la voie sèche, la matière des montagnes primitives, qui sont toutes composées de gneiss, de granit, etc. (G. Cuv.) il Voie humide, Emploi des dissolvants liquide* : La sensation du goût est une opération chimique qui se fait par voie humide. (Brill.-Sav.)

— Syn. Voie, chemin, roule. V. CHEMIN.

— Voie, moyen. V. MOYEN.

— Encycl. Hist. Voies romaines, Les Romains n'ont jamais été surpassés dans ce genre de travaux, qui avait été si négligé en Grèce. Ces immenses routes , véritables artères qui partaient du cœur de l'empire pour répandre la vie et la civilisation jusqu'à ses frontières les plus reculées, s'étendaient, dit Bergier dans ses Grands chemins de l'empire romain, depuis les extrémités occidentales de l'Europe et de l'Afrique jusque sur les rives de l'Euphrate et autres endroits de l'Asie Mineure; de l'une de ces extrémités à l'autre, il y avait vingt à vingt-cinq grands chemins, chacun de 1,500 à 1,600 lieues de développement. Non-seulement ces noies faisaient communiquer les villes entre elles, mais elles aboutissaient mènie jusque dans les villages et dans les plus petites bourgades. Les historiens latins désignent ces routes , suivant leur importance, ainsi qu'il suit : routes publiques, consulaires, prétoriennes, militaires, royales, solennelles. Puis, comme nous t'apprend Isidore de Sévi, le, on les distinguait en voies vicinales, agraires ou privées. On a enfin subdivisé les chemins particuliers en plusieurs : Viler était la route où l'on voyageait à pied ou k cheval ; Vactus était la route pour les voitures de charge et les animaux; la via était la route qui réunissait les deux précédentes et servait pour le transport et le voyage. La premièi e avait 2 pieds romains de largeur, la seconde 4 et la troisième S. Voici comment on procédait pour établir les voies les plus belles et les plus solides, les vix stratB. On indiquait premièrement la largeur de la chaussée par deux sillons parallèles, puis on enlevait tout le terrain meuble sur la surface comprise entre les deux sillons. L'excavation qui en résultait, jusqu'au sol résistant, était comblée avec des matériaux de choix; c'était le pavimentum. Quand on avait bien tassé et bien battu le sol avec des pilons ferrés, on établissait là-dessus la première couche du chemin ; elle se composait de pierres, de moellons plus ou moins volumineux, posés à plat, noyés dans du mortier, mais le plus souvent rangés à sec les uns à côté des autres. On appelait cette couche slalumen. Le second lit, rudus , ruderatto, était un biocage de petites pierres concassées et mêlées avec de la chaux. Si les pierres n'avait jamais servi, on appelait cette couche rudus novum, et rudus redivivum quand elles avaient été déjà mises en œuvre. Le troisième lit, le nucleus, était formé d'un mélange de chaux, de craie, de briques, de tuiles concassées et de terre franche battues ensemble. C'est sur cette couche ainsi faite qu'on plaçait la quatrième, ou summum dorsum, summa crusia, composée de cailloux ou de pierres plates généralement taillées en polygones irréguliers, quelquefois équarries k angle droit. L'a largeur du chemin se divisait en trois parties; celle du milieu, la chaussée, auger, un peu plus large que les autres, était bombée pour que l'écoulement des eaux fût facile. Les deux parties latérales, crepidines, umbones, margines, ou trottoirs, étaient plus élevées que la chaussée et couvertes de cailloux, gompki, ou de dalles. Quand les voies étaient pratiquées sur un remblai, les bords en étaient soutenus par des murs eu maçonnerie. On peut dire, en résumé, que la perfection des routes était toujours en rapport avec l'importance des Communications qu'elles établissaient. Elles prenaient leur nom soit du personnage qui les avait fuit faire, soit du lieu principal où elles aboutissaient." La construutiou des voies était regardée, sous le gouvernement impérial, comme un travail capital, et l'on y consacrait des sommes énormes. Appius Ciaudius, l'an 442 de Rome, fit la plus ancienne voie romaine; elle s'étendait depuis la porte Capèna jusqu'à C'apoue ; elle porte encore le nom de voie Appienne. Dès le temps de César, l'Italie était sillonnée de routes dans tous les sens; mais c'est au règne d'Auguste que se rapportent celles qui ont été exécutées dans les provinces. Agrippa fut chargé d'en faire construire dans les Gaules. On y comptait : la via Domiiia, faite par Doinitius Ahenobartnas, laquelle traversait la Savoie et la Provence; la voie faite par les ordres de Pompée , qui s'étendait depuis l'Italie jusque dans les Gaules, à travers les Alpes; la via Aurélia, qui allait de Civita-Vecchia k Arles; celle d'Emporium, près des Pyrénées, jusqu'au passage du Rhône; enfin, la voie qui aboutissait à Lyon, après avoir passé le val d'Aoste, fut continuée, par Agrippa, dans Quatre* direc-

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tions principales qui conduisaient, suivant Strabon : 1° dans l'Aquitaine, par l'Auvergne; îo au Rhin, près de l'embouchure delà Meuse ; 3° a Laon, par la Bourgogne et la Picardie; 4° à Marseille, pur Narboime. Ce sont là les principales voies; il y en avait un grand nombre d'autres qui, ainsi que nous l'avons dit, mettaient en communication les villes et les bourgs. Pour terminer, nous dirons que les ■ grands chemins romains étaient espacés de mille en mille pas (t,481ra,4B) par des bornes milliaires, milliarii lapides. Ces bornes, rondes ou carrées, étaient dépourvues de chapiteau et avaient de 5 à 8 pieds de hauteur. Des bases cubiques ménagées dans le bloc servaient à les fixer eu terre. Chaque colonne

Ïiortaitune inscription latine faisant connaître e nom du consul ou de l'empereur qui avait fait construire ou réparer la route. On y trouvait ensuite l'indication numérique de la colonne, donnant plusieurs distances soit en milles, soit en lieues; les chiffres sont précédés des lettres M ou M P, qui signifient milliarium et milliarium passuum , mille pas. M. Hayaux du Tilly a publié, en IS75, chez Pilon , éditeur, une balle Carte de la Gaule ancienne, indiquant l'ancienneté et l'importance relatives des «oie* romaines, d'après les Itinéraires d'Antonin et de la Table de Peutinger.

— Chem. de fer. Dans les chemins de fer, on donne le nom de voiek l'ensemble de toutes les constructions exécutées sur la plateforme des terrassements pour permettre la circulation des locomotives et des véhicules à voyageurs et à marchandises. La voie comprend la voie proprement dite et les accessoires de la voie. La voie proprement dite se compose : des rails sur lesquels roulent les machines et les wngons; des traverses qui supportent les rails, et de tous les modes de fixation de rails, tels que coussinets, coins, chevillettes, crampons, etc. Les accessoires de la «oie sont : les changements de voie au moyen desquels on fait passer les voitures ou les machines d'une voie sur une autre; lés croisements de voie, les traversées, les plaques tournantes, les chariots de service, les crues hydrauliques , les grues élévatoires, les signaux, les réservoirs d'eau , etc. La voie des chemins de fer fut d'abord composée de simples bandes saillantes ou plates, que l'on plaçait sur les routes d'exploitation des mines ; mais cette voie unique, composée de deux files de rails seulement, devint insuffisante dès que les chariots durent se croiser ou se dépasser. On posa alors deux voies, ou quatre files de rails, sur toute la longueur de la route, ou, du moins, de distance en distance, sur une partie de la longueur, et on se ménagea les moyens de passer à volonté d'une voie sur une autre. De là naquirent les chemins appelés à double voie, pour les distinguer des premiers, nommés chemins à simple voie. On appelle uoie* d'évitement ou de garage les parties des chemins à une seule voie sur lesquelles on a posé une double voie; cette dernière se raccorde avec la voie principale de circulation au moyen de changements de voie. Sur les chemins à simple voie, les voies d'évitement sont quelquefois disposées de telle sorte" que deux trains, allant ensens contraire, puissent continuer leur marche sans ralentir leur vitesse. Dans ce cas, le départ des deux trains est combiné de manière qu'il ne se rencontrent qu'au point où ils doivent le faire, et, arrivés à ce-point, l'un d'eux passe sur la tioie d'évitement, taudis que l'autre reste sur la voie principale. Dans la construction de la voie d'un chemin de fer, il y a deux choses à considérer : 10 les dimensions de la voie; 2» son mode d'établissement. En France et en Belgique, on a donné in>,<u à lm,45, ou même im,46 de largeur entre les faces intérieures des rails; 110,44 est la distance qui correspond aux faces extérieures du rebord des jantes des roues des véhicules, de sorte qu'en ne donnant à la voie que cette dimension il y aurait un frottement presque continu du boudin des roues sur les rails, qui augmenterait considérablement le travail à demander à la machine. On donne alors quelques millimètres de jeu pour les parties droites, pour éviter ou au moins diminuer ce travail nuisible, et dans les courbes on est obligé de faire varier le jeu de 0",02 à 0"i, 03 ; de sorte qu'en tenant compte de la largeur des' rails, qui est, en général, de 0m,060, on donne im,50 à 1«>,5L de distance entre ces rails , et l'on dit que la voie a lm,50 d'axe en axe. Au chemin do Londres à "Yarmouth, dit Easteru Counties Ruilway, la voie a été établie avec in», 52 de largeur; sur les chemins de Dundie k Arbroath et d'Arbroath à Forfar , cette largeur est de lm,68; sur les chemins d'Irlande et sur celui de Saint-Pétersbourg à Puulosk, on l'a portée k lm,83; sur ceux de Hollande, à 1111,93; enfin, sur le chemin de Bristol, M. Brunel a adopté une voie large de 2m, 13 de dedans en dedans. En Espagne, la largeur de la voie est de lm]70. Le principal but que l'on s'esi proposé en augmentant les dimensions de la voie a été de se ménager la possibilité de construire des machines locomotives plus larges avec des roues d'un plus grand diamètre, munies de chaudières plus puissantes, et, par suite, capables de marcher à des vitesses supérieures. Mais il résulte des travaux d'une commission anglaise, chargée d'étudier la largeur de voie la plus convenable : 10 que

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l'élargissement de la voie ne présente aucun avantage en ce qui concerne la sûreté et le confort des voyageurs; 2» qu'avec les larges voies on pourrait atteindre, il est vrai, de plus grandes vitesses; mais qu'il y aurait danger a dépasser le maximum de vitesse obtenu sur les voies ordinaires de l'a, 50; 3° que cette dernière largeur est préférable pour le transport des marchandises, et qu'elle est mieux appropriée aux exigences du commerce ; 40 qu'il est très-important que, dans un même pays , la largeur de la voie soit uniforme pour qu un chargement puisse faire tout son trajet sans transbordement. Les différences dans la largeur des voies remontent à l'origine des chemins de fer; comme on ne connaissait pas alors le rôle que les nouvelles voies de communication étaient appelées à jouer, chaque ingénieur agissait comme il l'entendait, sans se préoccuper de l'utilité qu'il y aurait à coordonner ses travaux avec ceux de ses voisins. Ailleurs, on adoptait des dimensions particulières afin d'exclure le matériel étranger et de réserver les transports il celui de la compagnie ou du pays que l'on représentait. Depuis que les idées ont pris une direction plus rationnelle, on a émis le vœu que tous les ruilways eussent une largeur uniforme, afin que l'on put aller, par exemple, d'une extrémité de l'Europe a l'.iutre sans être obligé de changer de wagon ; mais l'énormité de la dépense qu'exigerait le remaniement des travaux exécutés s'opposera probablement, pendant plusieurs siècles, à la réalisation de ce grand progrès. La largeur de la voie de la plupart des chemins de fer est de lia, 50 d'axe en axe des rails ou de in», 44 de la face intérieure d'un rail à Celle de l'autre. De i'avis des ingénieurs.les plus compétents, c'est la plus convenable pour le matériel, tel qu'il existe aujourd'hui. Dans les chemins à double note, les voies sont séparées par un espace libre auquel on a donné le nom d'entreuot'e; la largeur de cette dernière est déterminée de façon que, deux convois qui marchent en sens contraire venant à se croiser, il reste entre les caisses des voilures une distance assez grande pour que les marchepieds ne puissent se choquer, que les voyageurs ne puissent se blesser en sortant la tête par la portière, et qu'un homme pris entre ces deux trains puisse circuler ou au moins se garantir contre tout accident. La largeur de l'entre-uote est de l<n,80 sur la plupart des chemins de fer de France et de Belgique; sur le chemin de Lyon; elle est de 2m, 2o ; sur celui de Londres à Birmingham, de 1™,92; sur celui de Bristol, de 111,87, et sur le chemin de Bruxelles k Mons, de î^SO. Cette dernière largeur devrait être adoptée sur toutes les lignes pour pouvoir donner plus de largeur aux caisses des voitures et établir au dehors des galeries qui seraient d'une grande utilité pour le service du contrôle.

Eu général, la voie des chemins de fer se compose de rails en fer, en bois et fer ou en fonte, fixés directement, ou par l'intermédiaire de pièces en fonte, sur des traverses en bois ou des dés en pierre. Ce dernier mode d'établissement a été complètement abandonné, k cause du peu de solidarité qui existait entre les dés. En effet, ceux-ci, n'étant liés que par les rails supportés, se déversaient soit dans le sens du rail, soit latéralement, et déterminaient des ondulations dans la voie, tantôt dans le même sens et tantôt dans un sens contraire ; par suite, la largeur de la voie se trouvait gravement modifiée, et la conséquence de cette modification était ou une augmentation du frottement latéral ou un danger de déraillement. I,e bois, malgré les inconvénients qu'il présente, a été généralement adopté pour remplacer les dés; on en a fait des traverses ou des longrines, qui présentent une assiette suffisante sur le sol, établissent une grande solidarité entre les deux lignes de rails, et offrent une rigidité et une élasticité telles, que, sans donner lieu à des chocs rudos, elles s'opposent efficacement à des dépressions trop marquées. Les rails que l'on employait autrefois, lors de l'apparition des chemins de fer, étaient en fonte; on les a remplacés aujourd'hui par des rails en fer forgé, ou en acier, ou simplement avec des mises d'acier. Les formes ont été modifiées de façon à diminuer le frottement et la résistance à vaincre et à augmenter leur section, sans cependant avoir des points considérables. A cet effet, on les a fabriqués en forme de T simple 01Ï de double T, eu répartissant ainsi aux deux bases la matière travaillant utilement sous le genre d'effort qui les sollicite. Les rails simple T, qu'on appelle encore rails américains et rails Vignolles, donnent leur nom à la voie pour laquelle on les emploie; ainsi, on dit: voie Vignolles, Les rails à double T, encore appelés rails à double champignon, donnent également leur coin à la voie qu'ils forment; ainsi, on dit : voie à double champignon. Ces champignons peuvent être égaux ou inégaux ; les premiers permettent le retournement après l'usure de l'un d'eux, celui qui a primitivement servi au roulement; mais cet avantage est bien discuté et ne paraît vraiment pas réel, quand on réfléchit que la partie encastrée dans le coussinet est soumise k un martèlement continuel, qui déforme la surface de ce champignon, i'écrase et le rend, pour ainsi dire, impropre à un roulement dans de bonnes conditions. On donne aux rails un léger bombement à la partie supérieure, pour

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rapprocher le point de. contact de la jante des roues coniques des véhicules de la ligne médiane de la surface supérieure, et, par suite', pour réduire autant que possible le mouvement d'oscillation latérale des machines, connu sous le nom de mouvement de lacet. Les rails se posent généralement suivant une inclinaison, intérieure à la voie, de 1/20 de leur hauteur. Cette inclinaison, qui a pour but, avec le bombement du champignon supérieur, de diminuer encore le mouvement de lacet, s'oppose aussi aux efforts qui tendent à produire le déversement extérieur; dans les courbes, cette inclinaison de 1/20 est à peu prés la direction de la résultante de la force centrifuge, oui tend à faire sortir les véhicules de la voie, et du poids des véhicules, agissant toujours suivant le sens de la pesanteur, c'est-a-dire verticalement. On désigne encore quelquefois la uoi'e par le nom donné à différentes formes de rails ; tels sont les rails Brunel, Barlow, etc.; ainsi on dit : voie Brunel, voie Barlow, etc. Ce dernier système est complètement abandonné aujourd'hui à cause de son peu d'élasticité et de stabilité. On rencontre encore quelques exemples de la voie Brunel, qui, comme la précédente, commence k disparaître; on peut citer comme application de ce système : les chemins d'Auteuil, de Dôle k Salins, une partie de ceux du Midi et celui de Gray à Saint-Dizier. Dans cas dernières années, on a essayé différents systèmes de voie, parmi lesquels nous citerons celui qu'on doit à M. Barberot. Dans cette voie, le coussinet qui supporte les rails n'existe plus ; ce dernier repose directement et sans intermédiaire sur la traverse dans une entaille pratiquée suivant la moulure du champignon, et il est soutenu de chaque côté par doux cales ou coins en bois debout, coupées selon la forme du rail du côté où elles s'arc-boutent contre lui, et appuyées de' l'autre côté dans une entaille qui permet de les serrer et de les retirer sans efforts. Les principaux avantages de ce système, essayé avec succès au chemin de Strasbourg et sur le chemin de Rouen, se résument de la manière suivante : la voie est plus douce, elle est moins coûteuse d'établissement, l'entretien en est plus facile, les vis qui retiennent les cales ne sont pas exposées k se soulever et à se détacher comme les chevillettes. Dans le système ordinaire, les rails glissent le long des coins, suivant la direction du mouvement ; dans la voie Barberot, au contraire, plus la charge qui vient fouler les rails est pesante, plus ils sont étreints entre les deux cales qui agissent sur eux comme deux pinces d'un levier. Pour assurer une certaine stabilité k l'ensemble de la uoie et mettre les traverses à l'abri de l'humidité et des influences atmosphériques, on enveloppe ces dernières dans une couche épaisse do ballast, en ayant soin de leâ faire porter pur tous leurs points sur une première couche servant de fondation k la uoie. Les accessoires de la voie, ou, à proprement parler, le matériel de la voie, représentent les engins nécessaires k l'exploitation d'une ligue do fer; les appareils dont ils se composent ayant été traités aux mots qui servent à les dénommer, nous renvoyons à chacun d'eux pour l'élude de leur ensemble et des diverses combinaisons adoptées.

— Juiispr. Voies de fait. On désigne sous le nom de voies de fait toutes les actions qui blessent une personne, dans sou corps, dans son honneur, ou dans ses biens, ou qui seulement contrarient ses prétentions, comme violence, dommage, méfait injurieux, mauvais traitement, construction ou destruction d'ouvrages, dégradation, détérioration, spoliation, trouble dans la possession, etc. Merlin adopte cette définition, en ajoutant que, dans une acception plus étroite et plus ordinaire, le mot voie de fait se dit de tout acte par lequel on exerce, de son autorité privée, des prétentions'ou des droits contraires aux droits et aux prétentions d'autrui. « il ne faut pas confondre, dit-il, la violence avec la voie de fait. Toute violence est voie de fait, mais toute voie de fait n'est pas violence.»

Les voies de fait commises contre des particuliers constituent des crimes, des délits ou des contraventions, selon l'intention de celui qui en est l'auteur et aussi suivant les résultats. La loi a du, pour chaque classe d'infractions punissables, rechercher la criminalité relative de telle ou telle action afin d'établir le plus ou moins de gravité de la peine. Toutes les législations ont essayé d'apprécier ainsi le degré de culpabilité , qui dépend toujours d'une foule de circonstances variables, telles que la cause occasionnelle, la force physique de l'agent, son intention avant et pendant la voie de fait, la position de la victime, les résultats accidentels, etc.

Sous la loi romaine, la seule action de pousser simplement quelqu'un n'était considérée que comme une injure réelle, et il fallait qu'il y eût eu une douleur causée pour qu» l'acte fût qualifié de coup. Elle établissait ea même temps des distinctions d'après la condition des personnes et leurs rapports respectifs.

Sous l'ancienne législation française, les voies de fait qui avaient lieu lorsqu'on frappait ou maltraitait quelqu'un « en lui donnant un coup de pied ou de poing, ou eu le frappant avec une canne, bâton, fouet, arme de plomb, pierre ou autres armes offensives qui

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peuvent blesser, • étaient réputées injures réelles exercées sur la personne. La loi française considérait comme plus grave la voie de fait commise en donnant 1 un soufflet ou tout autre coup sur le visage, surtout entre personnes qualifiées; > plis graves encore, ■ les blessures qui occasionnent la perte de quelque membre ou l'affaiblissement de quelques parties du corps dans la personne de 1 offensé, comme quand on frappe quelqu'un de coups de bâton, de pierre, ou autrement, sur la tête; ou quand on le blesse au visage avec un vase de verre, ou de terre, ou en lui jetant de la chaux dans les yeux pour le rendre aveugle. » (Jousse, Justice criminelle.)

Les voies de fait punissables subissent d'autres distinctions sous la législation de 1791. Les simples voies de fait, qualifiées do violences légères, étaient punies d'une amende et de quelques jours de détention. Lorsque la personne maltraitée était rendue incapable de vaquer pendant plus de quarante jours à aucun travail corporel, le coupable était puni de deux années de détention. Toute mutilation commise dans la personne du pore et de la mère naturels" ou légitimes, ou de tout autre ascendant légitime des coupables , était punie de la peine de vingt années de fers. La peine de mort était portée contre le crime de castration.

Les auteurs du code de 1810 ne se dissimulaient point la difficulté qu'il y avait < k apprécier dans celte partie la juste mesure de la gravité du crime et de la perversité de son auteur. • En conséquence, le code pénal a disposé :

Article 309. Sera puni de la peine de la réclusion, tout individu qui aura fait des blessures ou porté des coups, s'il est résulté da ces actes de violence une maladie ou incapacité de travail personnel pendant plus de vingt jours.

Article 310. Si le crime mentionné an précédent article a été commis avec préméditation ou guet-apens, la peine sera celle des travaux forcés à temps.

Article 311. Lorsque las blessures ou les coups n'auront occasionné aucune maladie ni incapacité de travail personnel de l'espèce mentionnée en l'article 309 , le coupable sera puni d'un emprisonnement d'un muis à deux ans et d'une amende de 1 G francs a 200 francs. S'il y a eu préméditation ou guet-apens, l'em-

Frisonnement sera de deux ans à cinq ans, et amende de 50 francs à 500 francs.

Article 312. Dans les cas prévus par les articles 309, 310 et 311, si le coupable a commis le crime envers ses père ou mère légitimes, naturels ou adoptifs, il sera puni ainsi qu'il suit : si l'article auquel le cas se référera prononce la prison et l'amende, le coupable subira la peine de ta réclusion ; si l'article prononce la peine de la réclusion , il subira celle des travaux forcés à temps; si l'article prononce la peine des travaux forcés k temps, il subira celle des travaux forcés k perpétuité.

Article 316. Toute personne coupable du crime de castration subira la peine des travaux forcés à perpétuité. Si la mort en est résultée avant 1 expiration des quarante jours qui auront suivi le crime, le coupable subira la peine de mort.

Le code de 1810 s'est ensuite occupé des causes d'atténuation. Il a prononcé un simple emprisonnement de six jours k deux mois, avec amende de 16 francs k 100 francs, pour les blessures faites involontairement. Il a déclaré excusables les coups et blessures provoqués par des violences graves envers les personnes ou nécessités par le besoin de la défense de l'habitation ; il excusa également la castration immédiatement provoquée par un outrage violent à la pudeur; enfin, il a regardé comme licites les blessures ou coups occasionnés par la nécessité actuelle de la légitime défense de soi-même ou d'autres.

Certaines de ces dispositions ont été modifiées en 1832 par les réviseurs du code. Ainsi, l'article 309 prononce seulement la peine des travaux forcés k temps, lorsque les coups ou blessures volontaires ont involontairement causé la mort; et L'article 310 a été complété par une disposition punissant des travaux forcés à perpétuité, dans le cas de préméditation ou de guet-apens, l'homicide involontaire causé par des blessures volon taires. Quant k la peine d'emprisonnement prononcée par l'article 311 pour les blessures n'ayant point occasionné une maladie ou incapacité de travail personnel de plus de vingt jours, elle a été abaissée au minimum de six jours; elle est même facultative.

MM. Chauveau etHélie critiquent justement

les bases sur lesquelles notre code actuel a

établi ces distinctions et démontrent combien

' son incrimination entière est incomplète. • La

Qualification des violences, lorsqu'elle se onde uniquement sur les suites qu'elles ont eues, ne peut se justifier que par ce seul motif, qu'en général le délit acquiert une gravité plus grande de la gravité du préjudice qu'il a causé; et, en effet, indépendamment de ce dommage qui semble appeler, k raison de son importance, une réparation plus efficace, on ne peut nier que sa gravité ne Suit un indice de la volonté qui a dirigé les coups, et, par conséquent, do la perversité de 1 auent. Mais cet indice est loin d'être infaillible, et la gravité des résultats peut être purement accidentelle. La loi n'exige qu'une condition de moralité, c'est que L'agent ait

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frappé volontairement, c'est-à-dire avec la' ■volonté de fi'iipper et de blesser. Mais voulait-il ne donner qu'un coup léger, voulait-il faire un mal plus grave, cherchait-il à estropier sa victime, à la mutiler? La loi n'a point demandé compte de ces nuances de la criminalité. Les résultats plus ou inoins graves des coups portés servent seuls à la graduer ; or, que de causes accidentelles peuvent se jeter k 6-avers l'événement et en modifier les résultats I L'agent doit-il être responsable de la:constitution débile de la victime, du hasard qui a dirigé les coups, de la blessure qu'elle s'est faite en tombant, du manque de soins, de l'imprudence du malade, de 1 impéritie du médecin? Doit-il, dans un sens contraire, bénéticier de la bonne constitution de l'homme qu'il a frappé avec une méchante intention, et de l'habileté de l'homme de l'art qui a su abréger sa maladie par les soins? N'est-il pas évident que la loi, en faisant abstraction de ces circonstances accidentelles, substitue une justice apparente à la justice réelle, et se remet au hasard du soin de mesurer le châtiment à la gravité du délit? Il est juste, toutefois, d'ajouter que le système des circonstances, sans effacer le vice de la loi, en a modifié les effets, puisqu'il permet d'avoir égard, dans une certaine mesure, aux circonstances du fait pour la fixation de la peine. » MM. Chauveau et Hélie justifient ces observations en citant à l'appui certaines législations étrangères: la loi brésilienne, qui aggrave îa peine lorsqu'il y a mutilation d'un membre ou d'un organe, lorsqu'il résulte une difformité de la blessure; la loi de Naples, qui augmente également la peine si la personne lésée est restée estropiée ou mutilée ; le code de Prusse, qui élève jusqu'à six années la peine de la réclusion, lorsque l'offenseur s'est réellement proposé la mutilation qui a été effectuée ; le code des Etats-Unis, qui considère comme une circonsianee aggravante de la blessure le fait d'avoir défiguré la personne blessée ou de lui avoir causé quelque infirmité permanente.

Les voies de fait contre les personnes sans coups et blessures et sans injures verbales sont qualifiées par la loi de violences légères. D'après le code pénal de 1791, les blessures qui avaient été fuites volontairement, mais qui ne portaient point les caractères prévus par la loi, pouvaient donner lieu à des dommages et intérêts et k des peines correctionnelles, sur lesquelles il était statué d'après les dispositions du décret sur la police correctionnelle. Le code du 3 brumaire an IV a été plus loin. Aux ternies de l'article 605, sont punis des peines de simple police les auteurs de rixes et attroupements injurieux ou nocturnes, voies de fuit ou violences légères, pourvu qu'ils n'aient blessé jou frappé personne et qu'ils ne soient pas notés oomme sans aveu, suspects ou malintentionnés, auquel cas ils ne peuvent être jugés que par le tribunal correctionnel.

Notre code pénal actuel n'a point prévu les violences légères qui peuvent avoir lieu sans coups ni blessures. Ces violences doivent-elles, à raison du silence de la loi, rester impunies, bien qu'elles puissent souvent être fort désagréables à ceux qui en sont l'objet? Merlin admet la négative. Sa doctrine se trouve consacrée par un arrêt de la cour de cassation du U avril l82lv maintenant la condamnation prononcée contre un sieur Charlier, qui, sans lui avoir porté aucun coup, sans lui avoir fait la moindre blessure, avait saisi une jeune fille par derrière , sur la place publique, et lui avait rempli la bouche de son. Le fait de cracher au visage de quelqu'un a été également jugé punissable ar la cour de Toulouse (arrêt du 21 septemre 1849).

Trois cas qui peuvent être assimilés aux violences légères ont été prévus par le code pénal, qui punit d'une amende et quelquefois de la prison ceux qui ont imprudemment jeté des immondices sur des personnes; ceux qui ont jeté des pierres ou autres corps durs ou des immondices contre les maisons, édifices ou clôtures d'autrui, ou dans les jardins ou enclos, et ceux qui ont volontairement jeté sur quelqu'un des corps durs ou des immondices; enfin, les auteurs ou complices de bruits ou tapages injurieux ou nocturnes troublant la tranquillité des habitants. V. tapage.

Aux termes de l'article 279 du code, tout mendiant ou vagabond qui s'est livré à quelque voie de fuit envers les personnes est puni de la réclusion, sans préjudice de peines plus fortes, s'il y a lieu, k raison du genre et des circonstances de la violence.

Certains jurisconsultes distinguent deux sortes de voies de fait : les voies de fait réelles, qui consistent k usurper matériellement des droits qu'on n'a pas, et les voies de fait personnelles, qui sont celles dont nous avons parlé plus haut.

La loi pénale ne réprime point les voies de fait purement personnelles. Ainsi, le conseil d'Etat a décidé que le fait d'avoir repris possession par violence de la maison dont on a été judiciairement expulsé ne tombe sous aucune disposition pénale ; mais une peine devrait être appliquée si ce fait était accompagné de bris de clôtures.

— Les voies de fait commises sur les animaux. 11 existe dans certains Etats de l'Allemagne, en Suisse, en Angleterre, des insti-

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tutions protectrices pour les animaux, et des dispositions pénales ont été édictées contre 1 ceux qui se rendent coupables de mauvais traitements envers eux. La Société protectrice des animaux en France s'est établie en 1846, avec l'approbation du gouvernement. En 1849, parut une loi de police, due à l'initiative du général de Grammont, et qui est connue sous le nom célèbre de loi Grammont. Elle complète les dispositions actuelles du code pénal sur la matière.

— Linguist: La voie lactée est trop remarquable dans le ciel pour n'avoir pas de tout temps attiré l'attention des hommes ; aussi les noms qu'on lui a donnés sont-ils aussi anciens que variés. Mais presque tous se rattachent a l'idée d'une route céleste, image si naturelle qu'elle se retrouve chez plusieurs peuples d origine diverse.

Il est donc déjà très-probable, d'après cela, que les anciens Aryasl ont conçue de la même manière, mais on peut appuyer cette probabilité de quelques indications plus spéciales et plus décisives.

Dans le Rigvêda, il est plus d'une fois question des pantlianô dévayânâs, ou des chemins qui amènent les dieux quand ils descendent du ciel pour venir assister aux sacrifices, et Colebrooke présume que l'on entendait par là la voie lactée.

Cela est certain pour la suravit/ti ou route des dieux, appelée dans les épopées vipula nakshatramûrya, la vaste route des étoiles, et qui traverse le svargalôka, ou monde du ciel.

C'est sans doute aussi la voie lactée, comme la route que suivaient les âmes pour aller dans l'autre monde, qu'il faut entendre sous le nom du chemin de Yama, le dieu des morts, ou du chemin d'Aryamar , le souverain du monde des bienheureux.

C'est ici surtout que l'on.peut signaler quelques analogies remarquables chez les peuples congénères.

D'après une croyance populaire répandue chez les Germains et les Slaves, les âmes s'échappaient du corps sous la forme d'oiseaux, et c'est par suite de la même idée que les Lithuaniens appellent la voie lactée, pankszcziâ kéias, le chemin des oiseaux, c'est-H-dire des âmes. (Grinim, D. Afyth., 214, 478.)

En bas allemand, un' de ses noms est kaupat-kulipfmd, le chemin des vaches.

Ce nom s'explique d'abord par l'assimilation

?ue l'on faisait des vaches aux étoiles. Une ois les étoiles comparées à un troupeau de vaches célestes, on était conduit à voir dans la voie lactée le chemin qu'elles suivent pour aller au pâturage et en revenir.

Le sanscrit gàvithi n'a pas, il est vrai, ce sens, et s'applique à une portion de l'orbite lunaire, tandis que la voie lactée est appelée suraviihi ou déuayâna, le chemin des dieux.

Le synonyme de gàvithi eztgopalha, qui ne s'est trouvé jusqu'à présent que comme titre d'un brdhmana, ou traité de théologie védique. Mais ici Kuhn signale une remarquable coïncidence dans le bas allemand kanpathuhpfad, exactement le sanscrit gôpatha, et qui est un des noms populaires de la voie lactée. {Zeitsch.f. d. Spr. F. II. 311.)

Ce rapprochement n'est appuyé d'ailleurs par aucun autre exemple connu, mais Pictet soupçonne que le galaxias kuklos, circulus tacteus des Grecs, la voie lactée, a tiré son origine d'une idée analogue, celle du lait que les vaches aux mamelles pleines laissaient couler en marchant, et que, plus tard seulement, s'est formé le mythe du lait répandu par Junon en allaitant le petit Hercule.

Peut-être qu'une connaissance plus complète et plus étendue de la littérature védique achèvera d'éclaircir cette question.

Du reste, il est possible de donner encore une autre explication de ce nom de chemin des vaches, et si l'on songe au rôle assigné à la vache en tant que conductrice des âmes, dans les épopées indiennes aussi bien que dans la mythologie Scandinave, on peut croire aussi que, après leur avoir fait traverser la rivière Vâitarani et le pont des Morts, elle était censée les accompagner au ciel par la voie lactée, le chemin de Yama et d'Arzaman, ce qui justifierait fort bien les noms de gôpatha et de kaupat.

A la divinité païenne, le moyen âge chrétien substitua un saint, et la galaxie devint le chemin de Saint-Jacques, en espagnol camino di Sant - Yago , en allemand Jacobstrasse, etc.

Les Kymria l'appelaient encore, d'après quelques traditions mythiques, llwybr caer gwdion, la rouie de l'enceinte de Gwdion, un de leurs anciens dieux du ciel sans doute.

De même que les Scandinaves l'appelaient vetrarbrant, le chemin de l'hiver, ils la nommaient aussi heol y yioynt, le chemin du vent.

— Astron. La nébuleuse la plus remarquable entre toutes est celle à laquelle appartient notre soleil avec tout son cortège de planètes. Les anciens l'ont désignée sous le nom de dois lactée, qui lui est resté.

Elle se présente à nos yeux, dans les nuits sereines, comme un immense anneau de matière lumineuse, qui fait le tour du ciel et se détache en gris cendré sur le fond noir du firmament, comme une voie magistrale, ou comme un fleuve, tantôt large, tantôt rétréci, parsemé d'Iles et hérissé de rochers, d'où le nom que lui donnaient les astronomes arabes de fleuve céleste.

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La largeur et l'intensité lumineuse de la voie lactée sont très-variables : en certains endroits, près de l'équateur, elle mesure 16° et 220 ; mais, à ce point, elle est divisée en deux branches. Sa plus grande largeur d'une seule pièce est entre Orion et le Petit Chien. Partout ailleurs, elle mesure à peine 3°" ou 4". La lueur de la voie lactée est à peu près égale sur toute son étendue; cependant on distingue des endroits obscurs, suivis de points très-lumineux, comme le Sac à charbon à côté de la Croix du Sud.

D'après les observations de William Herschel, la voie lactée aurait la forme d'une lentille un peu aplatie. Vers le milieu de cette lentille, et enfoncé dans le sens de son épaisseur, se trouve notre soleil, qui, en comparaison de tant d'astres admirables, paraît une des plus petites étoiles.

Le vif éclat de la voie lactée dans les parages des constellations d'Oriôn, du Navire, du Centaure et du Grand Chien, où les étoiles sont plus brillantes que partout ailleurs, nous prouve que notre monde est sensiblement rapproché du pôle austral, et que notre soleil n'est pas placé au vrai centre de la lentille, mais un peu plus près de la Croix du Sud. A cette zone appartient l'Alpha du Centaure, l'étoile la plus rapprochée de notre inonde.

Au bord extrême de la voie lactée, il y a encore des parties nébuleuses que les meilleurs télescopes n'ont pu résoudre en étoiles. William Herschel a calculé que ces nébuleuses étaient 2,000 fois plus éloignées de nous que l'Alpha du Centaure, l'étoile la plus rapprochée de la terre. Or, l'Alpha étant 226,400 l'ois plus éloigné de la terre que le soleil, dont la distance est de 38,000,000 de lieues, en multipliant ce chiffre par 226,400 on a la distance d'Alpha k la terre, qui est de

8,603,200,000,000 de lieues;

lequel chiffre, étant multiplié ensuite par 2,000, donne pour les nébuleuses irréductibles de la «oie lactée une distance, de 17,206,400,000,000,000 de lieues.

La lumière, qui parcourt 77,000 lieues par seconde et nous arrive en huit minutes dixsept secondes du soleil, en trois ans et demi de l'Alpha, en vingt-deux ans de Sirius, met plus de sept mille ans pour nous arriver des nébuleuses irréductibles de la voie lactée.

C'est dans lauoj'e lactée que se trouvent condensées le plus grand nombre d'étoiles. Entre Béta et Gamma du Cygne, il y a un point éclatant de lumière, où, dans l'espace de 5° (la grandeur d'un disque quatre l'ois grand comme la lune), se trouve réuni un amas d'étoiles qui dépasse le nombre de 330,000.

A l'aide de bons télescopes, ou a pu compter sur le parcours de la voie lactée jusqu'à 18,000,000 d'étoiies.

Voie lacico (la), tableau du Tintoret; dans la collection du comte de Darnley, en Angleterre. Le fils d'Alcmène , cramponné à la gorge de Junon, fait jaillir de cette gorge divine comme des fusées laiteuses qui éclatent en étoiles sur la voûte azurée. Mercure, suspendu dans les airs, le corps enveloppé d'une draperie flottante, cherche à arracher le petit Hercule du sein de la déesse. Celle-ci, jeune et charmante, écarte les bras pour exprimer sa surprise ; elle est nue, jetée en travers de la toile sur des draperies et des nuées; trois Amours voltigent autour d'elle, l'un tenant une flèche, l'autre un arc et le troisième une écharpe. Deux paons, oiseaux consacrés à Junon, et l'aigle de Jupiter tenant la foudre dans ses serres complètent cette composition, qui est une des plus vigoureuses et des plus hardies du Tintoret. « La Voie lactée est une peinture qui touche k l'excellent, dit M. Ch. Blanc ; elle sans douta bizarre de lignes et maniérée en haine du trivial ; mais, grand Dieu! la belle couleur! Elle est nourrie, riche, et néanmoins transparente, discrète, claire, et cependant profonde. «Ce tableau a fait partie de la galerie du duc d'Orléans; il a été gravé dans le recueil de cette galerie célèbre et sur bois dans l'Histoire des peintres de toutes tes écoles.

Le même sujet a été traité par Rubens, dans un tableau qui est au musée royal de Madrid et qui a été lithographie dans la collection des tableaux de ce musée publiée par Madrazo.

Voie lactée (la) OU Junon allaitant Hercule,

Museo del Rey, Madrid. Ce tableau représente la voie lactée ou plutôt sa formation mythologique, lorsque Junon, sur l'avis de Mercure, donne le sein au petit Hercule, qui aspire si fortement que plusieurs ruisseaux de lait jaillissent dans l'empyrée.

Une goutte de lait dans la plaine éthérée

Tomba, dit-on, jadis du haut du firmament.

La Nuit, qui sur son char passait en ce moment,

Vit ce pâle sillon sur sa mer azurée,

Et, secouant les plis de sa robe nacrée.

Fit au ruisseau céleste un lit de diamant.

Telle est la poétique traduction du miracle antique par Alfred de Musset. Poète, lui aussi, Rubens l'a rendu par un chef-d'œuvre de grâce et de coloris. Le beau corps de Junon est supporté par des nuages qui l'entourent vaporeusement, et la déesse fait jaillir de son sein d'albâtre quatre petits filets de son lait divin. Le petit Hercule se précipite sur cette bienfaisante liqueur qui doit lui assurer l'immortalité ; le reste tombe dans le firma-

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ment et se change en scintillantes étoiles. Derrière la déesse est son char traîné par des paons. Le dessin de cette composition est, en outre, d'une finesse et d'une distinction qui manquent Souvent aux plus gracieuses compositions de Rubens; elle a été gravée par Réveil dans le Musée français.

VOIGT (Godefroi), théologien et physicien allemand, né k Delitsch, en Misnie, en 1644, mort à Hambourg en 1682. Il fit de brillantes études et soutint à Altenbourg une thèse qui fut si remarquée que, à vingt-trois ans, on lui confia le rectorat de l'école de Gustrow. En 1680, il fut nommé recteur de l'école de Saint-Jean, k Hambourg. Parmi sea nombreux écrits, nous citerons : Curiositatet phjsics (Gustrow, 1668, in-8«); Delicix physiae (Rostock, 1671, in - 8" ) ; Antiquiiaies Grxcorum nondum c/iristianorum ecctesiasticiB (167S, in-4°); Amusements de la physique (Leipzig, 1694); TUysiasteriologia (Hambourg, 1709, in-S").

VOIGT (Jean), érudit allemand, né à Beverstaedt (Hanovre) en 1695, mort à Brème en 1765. Il étudia la théologie à Wittembourg, devint ensuite prédicateur à Hornebourg et enfin fut attaché à la cathédrale de Brème. Ses principaux ouvrages sont : Histaria litteraria Conslantini Magni (Hambourg, 1720, in -8o); Bibliotheca hssresiologica (1723, 2 vol. in-8°); Histoire de la Réforme à Hornebourg (Stade,' 1725, in-fol. ); il/ojiunieiiia ineditu (Brème, 1740, 2 vol. in-S») ; Historia fistutx eucharisties (1740, in-4°).

VOIGT (Jean-Chrétien), médecin allemand, né à Zoppoten, près de Lobenstein, en 172G, mort k Schwarzaeh en 1310. Il fit ses études médicales à Erlang, fut reçu docteur en 1750 et pratiqua son art k Schwarzaeh. Outre plusieurs articles fournis à la Gazette de Lobenstein, il a publié plusieurs ouvrages, parmi lesquels nous citerons: De lepra (Rrhin-^a, 1750, in-4o); Nolanda circa lactis iiaturant (Schwarzaeh, 1773, in-8°) ; Physikalische Bemerkuugen ueber die Bienen und eine ihrer Krankheilen (1775, in-8°).

VOIGT (Chrétien-Dieudouné dk) , homme d'Etat allemand, né à Allstedt en 1743, mort en 1819. Il étudia la droit à l'université d'Iéna, exerça, de 1770 k 1777, les fonctions de badli dans sa ville natale et fut appelé k cette époque k Weimar, en qualité de conseiller du gouvernement. Le duc Charles- Auguste l'éleva successivement aux plus hautes dignités, jusqu'au pone de ministre d'Etat, et lui accorda des lettres de noblesse. 11 vécut dans l'intimité la plus étroite avec Musœus, Wieland, Herder, Schiller et Gœthe, et contribua, de concert avec eux, à faire de la cour et de la ville de Weimar le centre littéraire et artistique ie plus remarquable de l'Allemagne à cette époque. O. Jahn a publié les Lettres de Gœthe à Chrétien-Dieudouné de Voigt (Leipzig, 1868).

VOIGT (Chrétien-Dieudonné de), homme d'Etat allemand, filidu précédent, né en 1774, mort en 1813. Il fut élevé à Weimar, sous la direetiao de Herder, étudia le droit k l'université d'Iéna et devint, en 1796, assesseur .près la régence de Weimar, puis successivement archiviste intime et conseiller intime flu gouvernement (1806). 11 fut, en outre, chargé d'enseigner le droit au prince héritier Charles-Frédéric et remplit, en 1801 et en 1804, deux missions à Saint-Pétersbourg, où il né-

focia le mariage de ce prince avec la grandeuchesse Marie Paulovna. 11 mourut à Weimar, des suites de l'effroi que lui avait causé son arrestation et sa translation k Erfurt, sur l'ordre du maréchal Ney.

VOIGT (Jean-Charles-Guiliaume), minéralogiste allemand, oncle du précédent, ué k Allstedt en 1732, mort en 1821. Il étudia d|abord le droit k Iéna, puis, cédant aux goûts qu'il avait pour les sciences naturelles, la minéralogie en particulier, suivit, de 1776 k 1779, les cours de l'Académie des mines de Freiberg. En 1780, il exécuta, aux frais du grand-duc, dans le duché de Weimar, une exploration dont il a rendu compte dans ses Voyages minéralogiques (Dessau et Weimar, 1782-1785, 2 vol.). Puis il accompagna, en qualité de naturaliste, le grand-duc dans ses excursions et fit aussi, aux frais du princeévêque de Fulda, l'exploration minéraiogique de son diocèse. Mais ses travaux eurent principalement pour objet des recherches sur le basalte et sur les fossiles. Lorsque Werner eut fait connaître ses nouvelles idées sur le basalte, qu'il regardait comme étant d'origine neptunique, Voigt prit une part active à la querelle que cette théorie provoqua dans le monde des minéralogistes. En 1785, il fut nommé secrétaire des raines et, trois ans plus tard, conseiller des mines k llniemiu. On a encore de lui : Trois lettres sur l'urologie (Weimar, 1785), réédité sous le titre de Manuel de minéralogie pratique (Weimar, 1792); Voyage minératogique aux mines de houille et aux basaltes de la Êesse (Weimar, 1802); Histoire du charbon de terre, de la houille et de la tourbe (Weimar, 1802, 2 vol.), ouvrage qui fut couronné par l'université de Gœtùngue ; Histoire de l'exploitation des mines d'Ilmenau (Sondershauson, 1821).

VOIGT (Bernard-Frédéric), libraire allemand, fils du précédent, né k Weimar en 1787, mort en 1859. Il ouvrit en 1811, k Son-

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dershauseil, une librairie, qu'il transféra suc- j cessiveraent à Ilmenau et à Weimar (1834), ! et fut, en outre, député de cette ville aux états du duché. Parmi les ouvrages qu'il a publiés, il faut citer le Théâtre des arts et métiers, dont plus de 300 volumes avaient paru en 18G8, et le Nouveau nécrologe des Allemands (années I à XXX, 1S23-1S52).

VOIfiT (Jean- Henri), mathématicien allemand, né h Gotha en 1751, mort en 1823. Son existence tout entière consacrée au travail n'offre aucune particularité biographique intéressante. En 1774, il fut nommé professeur de mathématiques au gymnase de sa ville; puis il obtint, en 1802, une chaire à l'université. Ses principaux écrits sont : Principes de mathématiques pures (léna, 1791, in-8°); Essai d'une nouvelle théorie du feu (1793, in-8°); Principes fondamentaux des mathématiques appliquées (1794, in-8°); Manuel d'astronomie populaire (Weimar, 1799, m-8°); Théorie générale de la température (Rudolstadt, 1808); Développements cosmographiques des principales notions nécessaires à la connaissance du cielet duglobe terrestre (Weimar, 1810, in 8").

VOIGT (Jean), historien allemand, né à Betlenham (Saxe) en 1788 , mort en 1803. Bien que destine par son |iëre k l'art médical, il fil, ses études de philosophie et de théologie à l'université d léna. En 1809, il fut appelé à Halle, comme professeur particulier, et trois ans après il recevait l'agrégation. Kn 1815, il publia son premier ouvrag.r, le Pape Grégoire VII et son temps, puis, en 1818. une Histoire de la ligue lombarde en Allemagne. Vers 1828, il fit, aux frais du gouvernement, .un voyage avec mission de se livrer à des recherches historiques pour une histoire de l'ordre Teutonique qu'il se proposait de publier. L'année suivante, il tit paraître sa notice De Lacertarum societate (la société des Lézards, ordre de chevalerie rival des Teutons). 11 obtint, en 1822, une chaire d'histoire moderne k l'université de Kcenigsberg et publia, deux ans après, dans la même ville, les Annales ou Chronique de Johann Lindenblau. La même année parut son Histoire de M arien bourg et, de 1827 à 1829, une Histoire de la Prusse depuis tes temps tes plus reculés jusqu'à la fin de la domination de l'ordre Teutonique. Nous citerons encore ,de Voigt : les Tribunaux de Westphalie dans leurs rapports avec la Prusse (Kcenigi-berg, 1830) ; Codex diplomaticus prussicus (1836-1853, 6 vol.); Correspondance des savants tes plus distingués de l'époque de la Jiéformalion avec Albert de Prusse (1846) ; Manuel df l'histoire de Prusse jusqu'à la Héformation (1842-1843); Table nominale des fonctionnaires de i ' ordreTeutonique, grands maîtres, etc. (1843) ; le Margrave Albert-Alcibiude de Brandebourg-Kulmbach ( Berlin- , 1852); Histoire générale de l'ordre Teutonique dans tous les puys de l'Allemagne (Berlin, 1857-1859, 2 vol.); la Conquête de la Nouvelle- Marche, but et succès de la politique de Brandebourg, sous les électeurs Frédéric /or et Frédéric II (1863). Voigt avait éorit en 1861 son Autobiographie pour la Bibliothèque na- . iionale allemande.

VOIGT (Georges), historien allemand, fils du précédent, né à Kcenigsberg en 1827. Il étudia la philologie et l'histoire à l'université de sa ville natale et y fut reçu docteur en 1851. Il avait eu pour maîtres Drumann, Schubert et surtout son père, qui l'avait initié h l'élude du moyen âge et qui avait fait avec lui deux grands voyages scientifiques. Après être devenu, en 1855, conservateur de la bibliothèque de l'université de Kcenigsberg, M. Voigt fut appelé à Munich, en qualité de professeur honoraire, et fut chargé d'y publier, sous la direction de M. de Sybel, les actes de la diète germanique. Eu 1860, ii fut nommé professeur d'histoire k Rostouk, d'où il a passé, avec le même titre, k Leipzig en 1866. On a de lui : la lienaissance de l'antiquité classique ou le Premier siècle des humanités (Berlin, 1859) et JEnea Silvio Piccolomini, pape sous le nom de Pie II, et son époque (Berlin, 1856-1863,3 vol ), ouvrage d'une haute portée historique. Il a, en outre, fourni un grand nombre d'excellents articles au Journal historique publié par de Sybel.

VOIGTEL (Charles-Edpuard-Richard), architecte allemand, né k.Magdebourgen 1829. Il étudia son art à l'Académie d'architecture de Berlin, fit exécuter différents travaux hydrauliques à Berlin, à ûirschau et k Posen, et fut chargé, en 1853, de diriger la construction d'une église sur les bords du Rhin. Là il se lia avec Zwirner, architecte de la cathédrale de Cologne, dont la faible santé exigeait le concours d'un aide et qui, en 1855, s'adjoignit M. Voigtel eu cette qualité. Les travaux affluèrent entre les mains de ce dernier ; il fut chargé de faire construire la tour du milieu, qui a plus de no mètres de hauteur, et le toit en bronze du corps principal de l'édifice. Zwirner étant mort en septembre 1861, ce fut M. Voigtel qui le remplaça. Il poursuivit la construction de la cathédrale) qui fit des progrès rapides sous sa direction. Pendant les unnées 1862 et 1863, on déplaça le mur de séparation entre le chœur et la nef, on termina le toit du dôme, la tour du milieu, toute la partie centrale de la cathédrale et les voûtes de la grande nef; le toit provisoire fut démoli, et les nouvelles mosaïques sur verre de la nef furent exécutées et mises en place. En 1864 commença la

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construction de la tour du nord, qui doit avoir 155 mètres de hauteur. Dans le même intervalle furent démolies les constructions qui masquaient la cathédrale, et l'espace qu'elles couvraient auparavant fut transformé, d'après les plans de M. Voigtel , en une belle place publique, ornée de terrasses, d'escaliers, de fontaines et de jardins. Outre cette œuvre immense, qui suffirait pour établir la réputation d'un artiste, M. Voigtel a encore fourni les plans d'un grand nombre d'églises et d'édifices publics dans le grandduché de Posen; il a restauré la belle église de Sinzig, l'église des Minorités, k Cologne, le château deMoyland, etc. ha fonderie pour la construction de la cathédrale (Dombauhûtte), qu'il dirige à Cologne, est un établissement artistique modèle et a déjà exercé une .heureuse influence sur les progrès dé cette branche de l'art. En 1862, il a été nommé inspecteur général des travaux d'architecture au ministère du commerce et des travaux publics et il a reçu, en 1864, le titre d'inspecteur royal d'architecture.

VOIGTIEs. f. (voi-gtt— de Voigt, savant allem.). Bot. Syn.de fulcadée et de rothia. genres de composées,

VOIGTLAND, en lutin Terra Advocatorum, pays de l'Allemagne du Nord, comprenant une partie de la Saxe Royale, cercle de Zwickau, des grands-duchés de Saxe-Weimnr ei de Saxe-Gotha. Plauen en était le chef-lieu.

VOILÀ prép. {voi-la. — V. voici). Sert à désigner un objet que l'on montre, mais qui est généralement un peu éloigné; cette dernière circonstance n'est cependant pas de rigueur, et le sens du mot voilà peut être identique à celui de tioi'ci: Voila là-bas notre maison de campagne. Vous cherchez un livre '/ le voilà. Voila le train qui arrive. Il Sert aussi a désigner ce que l'on vient de dire ou ce qui vient d'être fait : Toujours plus de souffrance que de jouissance, voilà la différence commune à tous, (J.-J. Rouss.) Comment l'homme peut-il être heureux? Voilà ce que l'on se demande. (J.-J. Rouss.) Lu soif de l'or, voilà le principe des crimes et des malheurs. (Klorian.) Mystère, amour et pudeur, voilà la femme. (Beauehêne.) Aimer et n'occuper, voilà le vrai bonheur.

Demoustier.

— Sert aussi à désigner une personne présente ; un moment, un état actuel ; une action ou une manière d'être réalisée et indiquée comme ayant succédé à une autre : Voilà l'heure gui sonne. Me voilà, je suis à vos ordres.

Comme te uotldfait! Je t*ai vu si joli!

La Fontaine.

Vous voild togote- d'une plaisante aorle !

Molièrk.

Il Désigne aussi un moment ou un état prochain, donné hyperboliquement comme réalisé : Nous voilà à la ville; cinq minutes seulement. La vieillesse? je lavais, m'y voilà. (Mme d0 Sév.)

— Mis en opposition avec voici, voilà désigne un objet plus éloigné, ou seulement un objet différent ; Voici ma maison, VOILÀ la sienne. Voici un livre' pour vous, en voilà un autre pour votre père.

— Voilà tout indique qu'il n'y a rien autre que ce que l'on a dit ;

Ce que j'ai dit, ce n'est pas pour affaires, C'est pour causer, et voild tout.

Scribe.

— Voilà, Suivi d'un verbe k l'infinitif, désigne une action que l'on qualifie immédiatement ou qui est approuvée, si cette appréciation ne suit pas : Voilà agir en habile homme. Voilà parler comme un sauvage.

Voilà parler,-au moins. Souffrir, agir, voilà vivre, voilà être homme. (J. Simon.) li Voilà que, Suivi d'un verbe à un mode personnel, indique une action passée ou actuelle, qui arrive soudainement : Voilà <w'U se mit à pleuvoir. Voilà Qu'il pleut.

— Fam. Ne voilà-t-il pas ou simplement Voilà-t-il pas , ou même Voilà pas, ludique une action capable de causer de la surprise : Ne voilà-t-il pas, voilà-t-il pas, voilà pas qu'il se fâche à présent!

Voilà-t-il pas monsieur qui ricane déjà.

Molière.

Il Elliptiq. Il n'y a pas là de quoi s'emporter, se lbiinaliser, s'étouner : Qu'est-ce que c'est, reprit l'archidiacre , que cet individu dont vous avez déchiré la robe? — Ah bah! une mauvaise cape de Montaigu! Voilà-t-il-pas 1 (V. Hugo.)

— En veux-tu, en voilà, Sert à indiquer une grande quantité d'objets : Il m'en a donné

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