‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 15Chapitre 803 sur 1042 · EN VEUX-TU, KN VOILÀ · texte numérisé non relu

EN VEUX-TU, KN VOILÀ

— Interjectiv. Se place à la fin du discours comme pour résumer, pour appuyer ce que l'on vient de dire : Tu me flattes maintenant pour me faire parler; eh bien l je ne parlerai pas, voilà I (G, Sand.) il S'emploie aussi pour appuyer ce qui vient d'être dit, pour reconnaître la difficulté, l'objection qu'on vient d'énoncer : Mais il peut refuser* — Ah! voilà 1

VOILE s. m. (voi-le — lat. vélum, mot qui signifie proprement tissu, comme l'ancien irlandais fiai et l'armoricain gioel, et se rapporte, avec ces derniers termes, & la racine sanscrite vé, vayati, qui paraît la première

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avoir désigné l'action de tisser. Toutefois, plusieurs étymologistes rattachent le latin vélum, voile, ainsi que le verbe velare, voiler, à la racine sanscrite liai, var, couvrir, cacher, qui a produit un assez grand nombre de dérivés dans les langues de la famille indo-européenue. V. à voiles, f. une autre explication). Pièce de linge ou d'étoffe qui sert à couvrir ou à protéger : Statue couverte d'un voile. Pendant les jeux du cirque, un immense voile était tendu au-dessus de l'enceinte. Il Pièce d'étoffe dont certaines personnes, des femmes surtout, se couvrent la tête et le visage : Baisser, relever son voile. Les femmes, en Orient, ne sortent point qu'elles ne soient couvertes d'un voile. (Acad.)

Que ces vains ornements, que ces voiles me pèsent !

Racine.

— > Poétiq. Vêtement considéré connue servant à cacher une partie du corps : Les statues seules peuvent gagner à se montrer sans voiles. Le voilb qui voltige est plus indiscret que le voile qui lombe. (A.hI'Houdetot.)

Chaque voile qui tombe offre un charme de plus. Baour-Loouun.

Il Objet quelconque servant à cacher : L'horizon est caché par un voii.b de nuages. Les paupières sont deux voiles mobiles tendus au devant de l'œil, qu'ils recouvrent et laissent alternativement àdécouvert. (Richerand.)

Il Obscurité; objet qui la produit : Les voiles de la nuit commençaient à se déployer dans les airs. (Barihél.) '

— Objet qui ^ache, qui déguise, qui empêche de comprendre ou de connaître : Le voile de l'ignorance. Le voilb de l'allégorie. Le voile de l'hypocrisie. Publier un livre sous le voile de l'anonyme. La plus profonde iniquité est celle qui se couvre du voile de la piété. (Boss.) La délicatesse cache sous le voile des paroles ce qu'il y a dans les choses de rebutant. (Vauveu.) Si modeste que soit le mérite, si présomptueuse que soit l'intrigue, toute difficulté de les distinguer disparait dès qu'on ne met pas de voiles épais à la publicité, (E. de Gir.)

... Le moindre désir qui l'effleure de l'aile Met un voile de pourpre à la sainte pudeur.

A. de Musset.

— Avoir un voile sur ou devant les yeux, Etre livré à des illusions, être aveuglé.

— Hist. juive. Grand voile qui, dans la temple des Juifs, séparait le saint des saints du reste de l'édifice.

— Liturg. Pièce d'étoffe ornée, que l'on met sur le calice pendant une partie de la messe. Il Pièee d'étoffe dont on couvrait anciennement la tête des néophytes, iiprès l'onction sainte, et qu'ils devaient garder huit jours, comme un symbole de liberté, il Pièce d'étoffe dont l'abbé couvrait la tête de ses- moines pendant l'ordination, et qu'ils ne retiraient qu'au bout du septièmejour, l'ordination étant considérée comme un second baptême. Il Pièce d'étoffe que les religieuses et les novices portent sur leur tête, et dont elles se couvrent le visage : Le voile des professes est noir, celui des novices est blanc. Ce n'est pas en vain qu'on vous donne un voile comme un rempart de votre pudeur, (Boss.) Il Prendre le voile, Entrer en religion, en parlant d'une femme: Elle a pris le voile dans tel couueut,

— Comm. Etoffe dont on fait les voiles des religieuses, et qui sert aussi k d'autres usages : Ilobe, manteau de voile. Doublure de voile.

— Oost.Pied de voile, Bord supérieur d'un voile de femme.

— Er.-maçonn. Nappe. Il On dit aussi grand drapeau.

— Peint. Etoffe noire transparente, qu'on étend sur un tableau, pour en décalquer le dessin.

— Mus. Pièce d'étoffe que l'or, place sur la peau des timbales, pour eu assourdir le son.

— Anat. Voile du palais, Membrane charnue attachée par sa partie supérieure à la voûte du palais, flottante par le bas vers la base delà langue. Il Piliers du voile du palais, Replis membraneux qui se trouvent sur les côtés du voile, et se continuent avec la langue et le pharynx. 0 Voile médullaire supérieur, Valvule de Vieussens. H Voile médullaire inférieur, Bandelette médullaire qui met en communication le cervelet avec les tubercules quadrijumeaux et la moelle épiniere.

— Bot. Syn. de'spATHB et de VOLVA.

— Encycl. Cost. Les femmes grecques, lorsqu'elles sortaient, se voilaient le visage au moyen d'un coin de leur péplum ou de la draperie appelée credemnon, calyptra, etc., usage encore soigneusement conservé par les femmes d'Orient. Les voiles grecs étaient d'une étoffe légère et transparente, fabriquée dans les lies de Cos et d'Amorgos, en Lydie, k Tarente et k Siris, d'où ils prenaient le nom de coa, amorgina et sirina. Cette étoffe se faisait avec la plus belle espèce de lin, le byssus. Les voiles phéniciens étaient teints en pourpre, et ou en exportaic dans la Grèce. Les plus anciens auteurs grecs parlent de voiles. Hésiode en a paré Pandore. Pénélope paraît voilée devant ses prétendants. Phèdre, dans ses ardeurs, supporte

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impatiemment son voila. Les femmes thébaines avaient un voile d'une sorte particulière j elles se l'appliquaient exactement sur la figure comme un masque et le perçaient de deux trous pour les yeux. Chez lés Spartiates, les jeunes filles paraissaient en public découvertes; les femmes mariées seules se voilaient. Toutefois, dans l'antiquité, les femmes obtinrent parfois quelque extension k leurs droits de coquetterie, et l'on voit par des médailles et des pierres gravées qu'elles s'entouraient la tête d'un voile, sans toujours s'en couvrir le visage; femmes et jeunee files devaient pourtant être voilées quand elles sortaient. Leurs uoiïesétaient d'ordinaire teints en rouge ou en pourpre. L'usage du voile existait aussi chez les Celtibériens, chez les peuples de l'Asie Mineure, les Mèdes, les Perses, les Arabes, etc. Dans les cérémonies nuptiales des Grecs et des Romains, la fiancée était couverte d'un voile. Se voiler, s'envelopper la tête était un signe de deuil, dans l'antiquité. Certaines cérémonies religieuses, le respect dû k certaines divinités exigeaient aussi le voile k Rome et en Grèce. tënée se voile pour sacrifier k Minerve, Œdipe pour prier les Euménides; les vestales ont la lête couvertes du suffibulùm pour offrir leurs sacrifices. Les voiles de deuil des Grecs étaient de couleur noire; ceux des Romains étaient blancs. Aux funérailles, chez ces derniers, les fils sont voilés lorsque c'est le père qui est mort, et les filles ont, au contraire, la tête découverte. Les hommes, k Rome, sortaient souvent aussi la tête enveloppée pour toutes sortes de motifs, soit pour ne pas être reconnus ou dérangés, soit pour raison de santé. Toutefois , quand ils rencontraient alors quelque personnage important, ils devaient par respect se découvrir. Le voile fut adopté et conservé par les femmes chez les premiers chrétiens. Elles avaient la tète voilée, non-seulement quand elles sortaient, mais pour prier et prophétiser. Mais le voile, flammeum virginale, fut surtout l'insigne des vierges. Les évèques consacraient les vierges par l'imposition du vuile. Il était simple, court, sans ornements, en laine pourpre. Quelques-unes cependant en portaient de flottants, de couleur violette. Le voile et la prise de voile jouent encore aujourd'hui le même rôle dans les congrégations de femmes qu'aux premiers siècles du christianisme. Les lenimes au moyen âge firent souvent usage du voile comme principal ornement de coiffure, notamment au ixe siècle, ou il enveloppait les épaules et descendait presque k terre ; au xi«s, où elles s'en paraient surtout le dimanche pour aller à l'église. Le voile s'appelait alors le dominical, et les statuts synodaux enjoignaient de l'avoir sur la tête quand on allait communier. Au xm» siècle, les chaperons, les chapels rivalisèrent avec les voiles dans le costume des femmes. A partir de cette époque, l'importance des voiles diminua, et ils commencèrent à devenir ce qu'ils sont actuellement. Les voiles modernes, en étoffe transparente, gaze, tulle, dentelle, servent k préserver le visage du froid ou de la poussière. Ils sont de couleur blanche, noire,, brune ou bleue. Toutefois, en Espagne et dans tous les pays d'Amérique conquis par les Espagnols, le voile est resté la coiffure nationale. Dans tous les pays inahoraétans, les femmes sont toujours strictement voilées lorsqu'elles sortent.

— Hist. relig. Dans les usages sacrés des différents peuples, certains monuments du culte sont ornés ou recouverts de voiles. Ainsi la Caaba, fameux temple des musulmans à La Mecque, est entièrement couverte d'un voile de soie noire, où sonc brochés des versets du Coran, et que le sultan renouvelle chaque année. Il est apporté par la grande caravane des pèlerins, qui se partagent les morceaux du voile de l'année précédente. Les autels des premiers temps du christianisme étaient entourés de voiles que l'on tenait dépliés durant une partie de la messe, afin d'indiquer toute la vénération qu'on portait aux mystères religieux. L'EglUe grecque voilait entièrement le sanctuaire, auquel était consacrée, dans sa liturgie, une oraison dite du voile. En Occident, au xiue siècle, on paraît n'avoir gardé que les voiles latéraux en général, car certaines peintures de cérémonies religieuses font voir aussi le voile postérieur et même un voile antérieur relevé pendant la messe. Les autels furent voiles, sinon en totalité, du moins en partie, jusqu'à la fin. du xvie siècle. Les voiles ou rideaux étaient soutenus par des tringles attachées à des colonnes. En enlevant les rideaux, on laissa subsister parfois les colonnes. Ces voiles étaient faits d étoffes précieuses.

Voile du temple. Ou lit dans le récit de la passion d'après suint Matthieu : • Et Jésus, poussant un grand cri, rendit l'âme. Et aussitôt le voile du temple se déchira en deux, du haut jusqu'au bas ; la terre fut ébranlée, et les pierres se brisèrent. > Ce voile du temple dont il est fait mention dans ce récit était un voile d'étoffe précieuse, suspendu, dans le temple de Jérusalem, entre deux colonnes et séparant le sanctuaire du reste de l'enceiute sacrée. Il se trouvait ainsi outre l'arche, renfermée dans le sanctuaire ou saint des saints, et l'autel sur lequel on brûlait les parfums du sacrifice.

■ Cette circonstance, dit Bergier, a paru

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remarquable aux Pères de l'Eglise. Dieu, disent-ils, témoignait ainsi que le temple de Jérusalem n'était plus le sanctuaire dans lequel il voulait habiter désormais, et que cet édifice serait bientôt détruit; que le culte qu'il y avait reçu allait bientôt faire place à un culte plus pur et plus agréable à ses yeux. Jésus-Christ lui-même l'avait ainsi annoncé à la Samaritaine! ■

— Anat. Voile du palais. Le voile du palais présente une forme à peu près quadrilatère, dont le bord supérieur fait suite au plancher des fosses nasales et à la voûte palatine; le bord inférieur, libre et flottant au-dessus de la basa de la langue, offre sur sa partie moyenne un prolongement appelé luette; les bords latéraux se continuent avec la langue et le pharynx par deux replis musculeux, désignés sous le nom de piliers du voile du palais. L'espace libre compris entre la base de la langue, les piliers et le bord inférieur du voile du palais porte le nom d'isthme du gosier. Lu face antérieure ou buccale du voile du palais est concave et présente sur son milieu un raphé antêropostérieur, qui est la continuation du raphô médian de la Voûte palatine; la face postérieure ou nasale est convexe et prolonge en arrière le plancher des fosses nasales. Les piliers, au nombre de quatre, deux pour chaque côté, sont distingués en piliers nutérieurs et piliers postérieurs. A leur extrémité supérieure, les piliers antérieur et postérieur sont en contact-, tandis qu'à leur extrémité inférieure ils s'éloignent l'un de l'autre et laissent entre eux un espace libre triangulaire, dans lequel se trouve l'amygdale. Le voile du palais est extrêmement mobile, et il doit cette mobilité aux muscles nombreux qui entrent dans sa structure. Ces muscles sont au nombre de douze, disposés symétriquement six de chaque côté; nous no ferons que les nommer ;co sont les muscles paluto-staphylin, péristaphylin interne, péristaphylin externe, occipito-staphylin, pharyngosiaphylin et glosso-staphylin. Les deux derniers contribuent à former en grande partie les piliers antérieur et postérieur du voile du palais. Leur action est d'abaisser cet organe, tandis que les autres muscles, au contraire, le relèvent. L'ensemble des muscles qui forment le uoiïe du palais prend ses insertions mobiles sur une lame fibreuse qui prolonge le plancher postérieur des fosses nasales. La muqueuse buccale revêt la face antérnWe, tandis que la face postérieure est tapissée par la pituitaire. On trouve encore, dans l'épaisseur du voile du palais, des glandes, des vaisseaux et des nerfs. Les artères sont fournies par la palatine et les pharyngiennes; elles sont accompagnées de leurs veines satellites. Les nerfs proviennent du trijumeau et du glosso-pharyngien. Le voile du palais contribue aux modifications de la voix, niais il sert particulièrement à la déglutition ^pendant que le bol alimentaire passe de la cavité buccale dans le pharynx, le voile du palais se relève, s'applique sur l'ouverture des fosses nasales et empêche les aliments et les boissons de pénétrer dans ces cavités.

— Pathol. Le voile du palais est sujet à une anomalie congénitale , c'est la division en deux parties sur la ligne médiane (v.staphyloiîrhaphie). Les autres maladies du voile du palais sont l'inflammation, les ulcérations syphilitiques et mercuiielles (v. angine, chancre, syphilis). On observe encore le cancer du voile du palais, qui coïncide quelquefois avec le cancer des amygdales. On combat cette affection par la cautérisation, la ligature ou l'extirpation. Cette dernière opération peut donner lieu à une hémorragie souvent difficile à un êter. Mais la plus fréquente de toutes ces affections est celle que nous avons décrite au mot luette.

Votie blanc (le), paroles de l'abbé de L'Ecluse, musique de H. Mônpou. Cette romance, pleine de grâce et de distinction dans sa sobriété mélodique, est une des compositions de Monpou qui ont établi le plus solidement sa réputation. On u beaucoup chanté le Voile blanc. Les strophes de l'i.bbé de l'Ecluse sont un peu mignardes et grêles, mais la mélodie du musicien dissimule, comme sous une blanche vapeur sonore, la maigreur de l'idée poétique.

Ândantino.

lcr couplet. Quand ton é-poux, Vieux et ja - loux

inpf^ifeliii

S'en 1 - ra, chû

te-

lai

i 1 hd

A vec ses fou'

EÈ^ÏSËÉp

t=.ta-=t=:t±.

Chas-ser aux loups Dans la fo • ret pro-

ne, Lais - se dans la

bri - se du soir, Sur les créneaux

de ton ma- noir, Comme une é- toile

au fir-ma-ment, Flot-ter un voi -le

blanc,

DEUXIÈME COUPI.ET.

Tu chanteras Tout bas, bien bas.

Tes doux refrains de femme ; Et Ion époux Qui chassa aux loups Ne saura pas, mon urne, Pourquoi, dans la brise du soir.

Sur les créneaux de ton manoir, Comme une e'toile au firmament.

Flotte ton voile blanc!

TROISIÈME COUPLET

Quand, sur la tour, Luira du jour La lumière ennemie, Scchc tes yeux; Et, pour adieux, Jure-moi bien, ma mie.

Que je verrai, quelque autre soir, Sur les créneaux de ton manoir, Comme une étoile au firmament, Flotter ton voile blanc !

VOILE s. f. (voi-le. — Les Latins ne distinguent pas le voile de la voile. Curtius voit dans le latin vélum, qui désigne l'un et l'autre, une contraction de vehelum, proprement ce qui porte, ce qui transporte, ce qui conduit le vaisseau; du verbe vehere, porter, transporter, qui répond à la racine sanscrite vah, même sens, en zend vaz, en grec ocheo, en latin veho, en ancien slave vesli, en lithuanien wesli et voezu, etc. Les dérivés de cette racine sont très-nombreux, et s'appliquent surtout aux véhicules de toute espèce. V. voile s. m.). JAsir. Pièce de toile qu'on déploie le long des mâts ou des antennes, pour recevoir l'effort du vent et faire avancer le navire : Voile carrée, Voile triangulaire. Basses voiles. Voiles de misaine, de perroquet. Plier, déployer les voiles. Serrer, carguer ta voile. Livrer les voiles au vent. Aller à la voile et à la rame.

Le vent avec fureur dans la voile frémit.

Boileau.

Couverte de sa voile blanche; La barque, sous son mât qui penche, Glisse et creuse un sillon mouvant.

Il Orand'voile, Voile enverguée sur la grand'vergue. Il Voile aurique. Voile de forme trapézoïdale, il Voi7e latine, Voile de forme triangulaire. U Fausse voile, Voile aurique d'un bâtiment carré, ti Voiles d'ëtai, Voiles attachées directement sur les étais, au lieu d'être portées par des vergues. Il Voiles d'eau, Voiles attachées si bas qu'elles traînent dans l'eau, il Fin de voile, Se dit d'un navire qui marche bien avec le vent seul : 11 n'y aurait d'autre expédient que d'abandonner tous les vaisseaux gui ne seraient pas fins de voile, ce gui ne se peut pratiquer. (Tourvillc.) il A pleines voiles, Les voiles étant complètement déployées, et fig. Sans restriction, sans obstacle : Naviguer À pleines voiles dans les eaux du pouvoir. Aller A I'Lkines voiles vers sa perte. Il Aller à la voile. Marcher avec l'aide du vent : Quoique leurs pirogues n'aient ni mâts ni vergues, ils attachent quelquefois une chemise à deux avirons en croix et vont ainsi À la voile, avec moins de fatigue qu'à ta rame. (La Pérouse.) Il Mettre à la voile, Déployer les voiles pour partir, il Mettre toutes les voiles dehors, Faire force de voiles, Forcer les voiles, Déployer toutes les voiles pour faire le plus de chemin possible, et fig. User de tous ses moyens, faire les progrès les plus rapides, il Faire voile, Naviguer à la voile :' Paire voile vers l'Afrique, j] Faire de la voile, Augmenter la. voilure, [i Itëgler les voiles, En déployer ce que demande la force du vent.

— Par ext. Navire : La flotte se composait de cinquante voiles.

— Fig. Moyen d'action, de progression : Il vogue vers la fortune et a déployé toutes ses voiles pour atteindre ce rivage désiré. Il est vrai que de l'eau rougie avec du chélif bordeaux n enfle guère les voiles de l'éloquenec anglaise. (V. Jacquerain.)

— Prov. /i faut tendre la voile selon le vent. Il faut régler ses projets selon les moyens de réussite que fournissent los circonstances. ■»

— Navig. fluv. Nom que l'on donne, sur la Meuse, aux trains de bois de construction.

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— Constr. Surface de voiles, Surface de plancher dont les poutrelles sont taillées en dessus de façon à former une courbure.

— Moll. Voile déployée, Voile roulée, Coquilles du genre strombe. il Voi7e latine, Espèce de poulpe.

— Acal. Nom vulgaire des vélelles, genre d'acalèphes.

— Encycl. Mécnn. Parmi les procédés de locomotion et de propulsion des navires, il y en a deux qui ont précédé tous les autres et qui se sont très-probablement succédé de bonne heure dans l'histoire de la navigation ; la marche à la rame et la marche à la voile ont été remarquées chez tous les peuples ; elles ont pris place dans toutes les civilisations, et, tous les hommes observateurs en ont eu l'idée à la vile des oiseaux aquatiques qui se déplacent au moyen de leurs pattes palmées et de leurs ailes ouvertes au vent.

Pline attribue a Icare l'invention de la voile et à Dédale celle du mât et de l'antenne qui servent à la voile de point d'appui; Pausanias donne au père tout le mérite de l'invention et explique que Dédale fit usage de la voile pour éviter, a la faveur du vent, la flotte de Minos et s'enfuir de Crète, On s'est occupé de savoir si les anciens employaient plusieurs voiles sur le même navire ; quelques auteurs n'ont pas cru devoir admettre cette opinion et pensent que « l'idée de voiles superposées, permettant d'employer un moteur toujours puissant, mais toujours proportionné, est assez récente.» (Paris, Construction navale.) Les textes de Pline et de Sénèque prouvent néanmoins que l'usage combiné de plusieurs voiles était fréquent et commun du temps d'Auguste, et il est à supposer que cette question du développement de la voilure dut préoccuper les premiers navigateurs.

La forme et la grandeur relative des voiles ont été l'objet de bien des essais, et suivant les pays les solutions ont été différentes. Les progrès scientifiques de la mécanique maritime n'ont pas encore, permis de se décider d'une manière définitive sur les proportions et la coupe qu'il convient de donner aux différentes parties de la voilure d'un bateau.

La voile carrée est celle que les navires anciens employaient de préférence; on la retrouve sur tous les monuments antiques ; elle portait quelquefois une échancrure dans les navires de guerre. La voile carrée moderne n'est, à proprement parler, qu'un trapèze isocèle dont la plus grande base est à ta partie inférieure. Toutes les voiles superposées d'un mât de navire à voiles carrées forment une sorte de long triangle dont la base, dit M. Jal dans son Glossaire nautique,'' est la ralingue inférieure do la voile basse, et te sommet le triangle qu'on pourrait supposer placé au-dessus d'une voile plus petite que le cacatois. Les chasse-marée, un certain nombre de petits navires et d'embarcations se voilent avec des trapèzes à bases verticales suspendus aux. antennes par un point pris au tiers de la longueur de leurs vergues , et qu'on nomme voiles au tiers. Ces voiles trapézoïdales se retrouvent encore sous le nom d'artimon dans les navires de grandes dimensions.

Les bateaux de la Méditerranée, et notamment ceux de la marine provençale, portent des voiles triangulaires, connues sous le nom de voiles latines. La voile latine était en usage au siècle d'Auguste, et, si les monuments des époques postérieures n'en portent pas de traces, tout fait croire cependant que l'usage s'en est transmis sans interruption depuis cette époque jusqu'à nous. On retrouve les voiles latines au via siècle; les bateaux, génois de saint Louis étaient voilés a la latine.

La voilure est l'ensemble des voiles d'un bâtiment; c'est aussi l'ensemble des voiles sur lesquelles agit le vent à un moment donné et qui concourent à la propulsion du navire.

L'allure d'un bateau à la voile est la direction de sa route par rapport au vent. On peut aller vent arrière ; on navigue alors le vent frappant directement la poupe du navire, parallèlement à la quille; on va vent largue lorsque le vent est k peu près perpendiculaire à la quille et venant d'arrière ; enfin, on va au plus près lorsque l'on reçoit le vent dans ses voiles sous le plus petit angle possible, en se rapprochant autant que possible de la direction du vent. Cette dernière allure est celle qui permet le mieux de juger la coupe et la proportion d'une voilure.

Sous l'action du vent, sensiblement répartie en tous points d'une manière égale, une voile tend à prendre la forme d'une chaînette (v, ce mot). Et comme, d'ailleurs, les voiles sont coupées tet attachées de manière à présenter du mou vers leur partie centrale, elles affectent nécessairement, sous l'action du vent, une forme courbe, bien que le cadre d'attache soit plan ; l'expérience démontre que cette courbure augmente le travail utile dû au choc, lorsqu'elle ne dépasse pas 1 quart de la largeur de la voile.

Nous ne tiendrons pas compte de cette légère courbure des voiles, que nous supposerons .planes. Quand la direction du vent est perpendiculaire au plan de la voile, la résultante des pressions passe par le centre de

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gravité de la surface de la voile^ et par conséquent à une hauteur différente, suivant qu elle est carrée, trapézoïdale ou triangulaire ; ce point varie un peu, suivant que les côtés sont rectilignes ou arqués.

Si la direction du vent est oblique par rapport à la voile, il se forme en avant de celleci une couche mobile et épaisse de molécules réfléchies sur sa surface et qui viennent contrarier l'effet des molécules suivantes. Cette action, contraire à l'action générale du vent, est, en un point déterminé, d'autant plus sensible que ce point est plus sous le vent; la résultante de l'action du vent ne passe plus par le centre de gravité de la voile; elle se trouve un peu en avant de ce centre, du côté d'où vient le vent. Cet écart est d'autant plus grand que le vent est plus oblique.

Il en résulte qu'une voile attachée à un mât passant par le centre de gravité de sa surface et librement exposée à l'action d'un courant atmosphérique se range d'elle-même dans une direction perpendiculaire à ce courant. Si elle n'est pas libre, l'action du vent développe un couple qui exerce son effet dans le sens de ce mouvement de rotation autour de la verticale passant par le centre de gravité.

Soient a l'angle du vent et de la voile, V l'effort oblique du vent. Ce dernier se décompose en deux, l'un dirigé suivant le plan de la voile et représenté par V cos a, qui ne sert aucunement à la propulsion ; l'autre normal au plan de la uoiïe et représenté par Vsin a; c'est l'action totale utile. On ne lient compte que de cette composante, et on considère l'effort réel d'un fluide sur une suiface comme toujours perpendiculaire à cette surface en chaque point.

« Pour se rendre compte de l'effet d'une voile sur un navire, dit à ce sujet M. Lagrené, il faut se rappeler que toute force appliquée en un point quelconque autre que son centre de gravité donne toujours lieu à une force égale et parallèle appliquée au centre de gravité, et à un couple dont le bras de levier est la perpendiculaire abaissée du centre de gravité sur la direction de la force. »

Nous considérerons avec cet auteur les voiles orientées et coupées de l'une des façons suivantes :

Voile brassée carrée avec vent arrière, La voile est coupée par le mât en deux parties égales et orientée dans un plan vertical perpendiculaire à la quille. Nous supposerons le vent parallèle à cette dernière. La résultante des acùons du vent passera par le centre de gravité de la voile et sera remplacée par une force égale et parallèle appliquée au centre de gravité du navire et par un couple. La force agira pour faire avancer le navire suivant le prolongement de la quille. Le couple tend à faire plonger l'avant, et son action sera d'autant plus grande, à surface égale, que le centre de gravité de la voile sera plus élové' Au-dessus du centre de gravité du navire.

Voile brassée carrée avec vent arrière oblique. Supposons que la voile placée dans les mêmes conditions par rapport au navire subisse l'action d'un vent venant de la poupe, mais oblique sur la quille. La résultante des pressions du vent passera par un point diffèrent du centre de gravité de la tioiVe et, par conséquent, se trouvera en dehors du plan vertical de la quille et des centres de gravité du navire et de la voile. Cette force est encore parallèle à la quille. Elle se décomposera dans le plan horizontal qui la contient en une force de même direction rencontrant le mât et un couple horizontal ayant pour bras de levier la distance du mât au point réel d'application de la résultante.

La force appliquée au mât produit "no force d'impulsion appliquée au centre de gravité du navire et un couple tendant h faire plonger la proue du navire.

Quant au couple horizontal, il tend à produire un mouvement de rotation en sens contraire du vent.

En résumé, toute voile brassée carrée qui reçoit d'arrière un vent oblique subit les effets suivants : elle pousse le navire en avant, le fait baisser de l'avant et lui communique un mouvement de rotation autour de la verticale passant par son centre de gravité.

L'action de ce couple a un effet utile dans le cas où. le bateau viendrait à dévier et à recevoir le vent plus obliquement ; l'action de celui-ci sur les ooites tendra à ramener le bateau dans la direction convenable.

Voile orientée obliquement par rapport à la quille. On se rend compte, au moyen do considérations de même nature, des effets résultant de l'action du vent et qui se décomposent de la manière suivante : mouvement de propulsion dans la direction de la quille, mouvement de dérive, mouvement do rotation uutotir de la verticale passant par le centre ue gravité du navire, mouvement de rotation autour de l'horizontale du centra avec immersion de la proue, enfin mouvement d'inclinaison latérale ou de bande.

Ce qui a lieu sur une voile unique se reproduit sur toutes les parties de la voilure. Et pour un navire quelconque, toutes les actions du vent se réduisent à cinq, qui sont les résultantes des actions précédemment indiquées sur chacune des voiles. Le point d'application de la résultante totale qui

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donne lieu a ces cinq mouvements est ce qu'on appelle le centre de voilure. On admet qu'il se confond avec le centre de gravité de 1 ensemble des voiles, ce qui revient & supposer que l'effort exercé sur chaque voile passe par son centre de gravité, ce qui n'a réellement lieu que sous l'action d un vent normal.

Le centre de voilure est alors indépendant de la direction du vent; mais il dépend de la coupe, du nombre, de la position des voiles du navire. On déterminera ce point pour un ensemble de conditions données, en exprimant que le moment de la résultante des actions du vent sur la voilure tout entière est égal, par rapport à trois plans coordonnés, à la somme des moments par rapport à chacun de ces plans de l'action du vent sur chaque voile.

On simplifie habituellement la question, qui serait ainsi encore assez compliquée, et on désigne sous le nom de centre de voilure ia position particulière que l'on obtient pour ce point, en supposant toutes les voiles orientées dans le plan vertical passant par la quille du navire- 11 suflit alors de prendre les moments des actions particulières par rapport k deux axes situés dans ce plan vertical ; on prend généralement pour 1 un d'eux l'horizontale de flottaison et pourTuutre une verticale en dehors de la voilure.

On calcule la surface S de chaque voile ; le moment de l'action qu'elle subit par rapport à l'axe vertical, soit m; le moment par rapport a l'axe horizontal, soit m', et les coordonnées du centre de voilure sont obte-

nues par les quotients — et — r-. On connaît

d'ailleurs, en grandeur et en direction, la résultante totale de la pression du vent sur les diverses voiles.

Les proportions de la voilure doivent être . telles qu'elles permettent d'imprimer au navire la plus grande vitesse compatible avec la sécurité et les conditions de construction. On sait que la résistance est proportionnelle à la surface B2 du maître couple; l'action propulsive est proportionnelle à la surface des voiles S; on aura donc une idée des vitesses imprimées par des voilures différentes

g au moyen du rapport — . On ne peut supposer que S varie entre des limites quelconques. La sécurité de la marche est en quelque sorte mesurée par le couple de stabilité transversale qui prend naissance par le déplacement du centre de pression de l'eau et du centre de gravité du na\ ire. Ce moment de stabilité, variable avec les changements, doit en tout cas être supérieur à celui du couple de bunde dont nous avons indiqué l'action précédemment. Ce couple est proportionnel à S et k la hauteur H du centre de voilure au-dessus du centre de gravité du navire. De là résultent des limites, d'une part pour S, d'autre part pour H.

• Eniin, dit M. Lagrené, la position du centre de voilure dans le sens de la largeur n'est pas non plus indifférente. Si ce centre se trouve en arrière du centre de résistance de la carène, celui-ci est soumis à un couple horizontal qui le rend ardent, c'est-àdire qui t«id à le rapprocher du vent. Si, au contraire, ce sont les voiles de l'avant qui remportent sur celles de l'arrière, le navire devient mou, c'est-à-dire qu'il tend à s'écarter du vent. Dans le premier cas, on dit que le navire a une tendance à lofer; dans le second, qu'il a une tendance à arriver. »

Lo gouvernail sert à détruire ces couples et à obtenir la marche directe du navire. Mais il faut, ù cet effet,que le centre de voilure s'écarte peu du centre deeurèno" afin de rendre moins pénible le travail du gouvernail. Avec un vent très-faible ou une légère brise, ils peuvent se projeter verticalement l'un au-dessous de l'autre ; l'action du gouvernail est inutile; mais, sous l'action d'un vent frais ou d'une forte brise, le mouvement de baniie s'accentuera, les deux centres cesseront d'être situés sur la même verticale, il y aura tendance k lofer et le gouvernail devra être mis barre au vent.

On doit tenir compte, pour les mêmes raisons, de la position longitudinale du centre de voilure, et on s'arrange de telle manière, en général, que le bâtiment soit dans de bonnes conditions, sans qu'on fasse usage du gouvernail par un vent moyen. Un ne connaît pas le centre de résistance de la carène; mais on peut admettre, comme solutipn du problème, que la distance entre le plan moyen du navire et le centre de voiluro doit conserver un rapport constant avec la longueur totale de la ligne de flottaison.

« Les considérations qui précèdent, dit en forme de conclusion M. de Frémonviile [Construction des navires), font voir que la voilure d'un navire ne peut pas être établie d'une manière invariable, mais qu'il faut, au contraire, que le manœuvrier ait la faculté de la modifier dans de très-lurges limites, suivant les circonstances; qu'il puisse lui donner tout son développement par une petite liLse, la réduire lorsque le vent fraîchit et, enfin, faire porter plus ou moins de toile soit à l'avant, soit à l'arrière, Suivant que le navire devient ardent ou mou. » '

La valeur numérique des rapports qui servent a déterminer ta voilure pour les bâtiments da la marine militaire est fixée par

VOIL

un règlement ministériel du 16 juin 1857; les

g valeurs de — sont un peu faibles.

BH

Vaisseaux. Le rapport augmente quand le nombre de canons diminue, et varie de 27,62 pour les navires de 120 canons k 30,30 pour ceux de 74 canons.

Frégates de 60 canons, 36,70 ; de 44 canons, 39.

Corvettes de 32 canons, 37,70; de 18 canons, 48,30.

Bricks de 20 canons, 46,80 ; de 10 canons, 55,20.

Canonnières de 8 canons, 60,90.

Les proportions de la voilure d'un bâtiment à vapeur diffèrent notablement de celles d'un bateau à voiles, et i\ convient encore de distinguer la propulsion à aubes et la propulsion a hélice.

Quant aux embarcations, elles peuvent être gréées et voilées de bien des manières, consacrées par l'expérience. On détermine la surface de la voilure en prenant un rapport particulier constant, suivant chaque espèce d'embarcation; celui de la voilure S a la surface R2 du rectangle circonscrit à la

flottaison.

On donne à ce rapport ^ les valeurs suivantes :

Chaloupes, 3 ; grands canots et canots de service à couples de 10 mètres et au-dessus, 2,50; canots de service de toutes sortes, 2,50; yoles, baleinières, youyous, 1,50.

Pour ce qui est du centre de voilure, la position de ce point, déterminée dans dçs conditions de vent quelconques, diffère peu lorsque la voilure ne change pas de surface sur un navire ; mais, sur les canots dont les voiles ne sont pas symétriques par rapport au mât, le même fait ne se représente plus. Pour une route largue, le centre de voilure est bien plus avant que pour une marche au pl'us près.

Il faut tenir compte de cette variabilité de position dans la manœuvre de l'embarcation. Il faudra s'efforcer encore d'augmenter la surface de voilure eu diminuant la hauteur du centre de gravité autant qu'on peut le faire par l'adoption d'une voile presque rectangulaire, un peu évasée du bas. La voilure de lougre remplit convenablement ces diverses conditions.

Parmi les voiles employées pour les embarcations, il convient de mentionner celles de goélette, de cotre, de chebec, de mistic, •de houuri, des rafiaux. et des yoles à une voile ou à deux voiles.

VOILÉ, ÉE (voilé) part, passé du v. Voiler. Couvert d'un voile : Une statue voilée. Quand tes femmes turques sortent, elles sont toujours voilÉics. (Bufl.) Dans je ne sais quel pays, les femmes sont voilées, et c'est au flair qu'on choisit sa fiancée. (Mm« a. Esquiros.)

— Par ext. Couvert, caché : Un ciel voilé.

Le soleil est voilé, mais son disque invisible Porte un jour tendre et doux sur le monde paisible.

SAlNT-LMdBEILV.

— Fig. Secret, inconnu, tenu caché : Il y a des vices qui ne peuvent être voilés du manteau de l'hypocrisie. (Boiste.) Il Affaibli, rendu moins vif : Des souvenirs voilés par le temps. Il Rendu à dessein obscur, moins cru, plus honnête' : Des termes voilés. Le style d'Alfred de Vigny est pudique et voilé comme son Eloa. (G. Planche.)

Tout y sera voilé, mais de gaze, et si bien Que je crois qu'on n'en perdra rien.

La Fontaine.

— Voix voilée; Voix qui manque de timbre, de sonorité.

— Regard voilé, Regard qui a perdu son éclat : Des regards voilés par les larmes.

— Mar. Se dit de la manière dont un navire porte ses voiles : Bâtiment bien voilé, mal voilé, voilé en brick, en goélette.

— Techn. Déjeté, courbé : Planche voilée par l'humidité. I] Porcelaine voilée , Celle dont la blancheur est ternie par l'effet de la cuisson.

— Bot. Fruit voilé, Celui dont le calice persiste, tout en restant lâche, et n'entoure qu'une partie du fruit.

VOILER v. a. ou tr. (voi-lé — rad. voile). Couvrir d'un voile : Voiler son visage. Voiler une statue.

— Par ext. Couvrir, dérober à la vue: Un nuage a voile le soleil.

Ses paupières jamais sur ses beaux yeux baissées Ne voilaient son regard d'innocence rempli.

Lamartine.

Lune, dis-nous, clière et blanche lumière, Pourquoi voiler ton visage si doux?

t A. Barbier.

— Fig. Cacher ; tenir, rendre secret : Voiler ses desseins. Le temps voile et dévoile tout. (Imbert.) L'excès de l'amour -propre voile l'esprit et dévoile la sottise. (Mlle de Somery.) Voiler une faute sous un mensonge, c'est remplacer une tac/te par un trou. (Petit-Senn.) il Gazer, obscurcir, rendro moins intelligible ; VoiLBR ses expressions. On peut toujours dégager une pensée des muts qui la voilent. (Cbateaub.)

«r v, n, ou intr. Se déjeter, se. courber :

VOIL

Cette planche a voilé. Les parois des chaudières sont sujettes k voiler.

Se voiler v. pr. Devenir voilé, couvert, caché : Le ciel s'est voilé.

Voyez sur cette tour

La lune se voiler comme pour un mystère.

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