V. Huoo
— Couvrir son visage d'un voile : A Madrid, à J.ishonne, les madones baissent les yeux, sb voilent, soupirent. (B. Const.)
— Voiler h soi, couvrir à soi avec un voile : Se voiler le visage.
— Fig. Se déguiser : Les amants se voilent toujours des plus séduisantes apparences. (Boiste.)
— Techn. Se déjeter, se courber, se déformer r Cette planche s'est voilée. Les chaudières en tôle de fer sont sujettes à se voiler sous l'influence d'efforts trop considérables ou inégaux entre eux. (Tourneur.)
— Syn. Voiler, cocher, celer, etc. V. cacher. '
VOILER1B s. f. (voi-le-rl — rad. voile). Mar. Atelier où l'on fait, où l'on répare les voiles. Il Magasin où on les garde.
VOILETTE s. f, (voi-lè-te — dirain. do voile). Petit voile que les dames portent attaché au bord de leur chapeau.
— Mur. Petite voile latioe qu'on grée sutla vergue de mestre, dans les mauvais temps, il On dit aussi velette,
VOILEUR s. m. (voi-leur — rad. voile).
Navig. fluv. Marinier qui conduit, sur la Meuse, les trains de bois appelés voiles.
VOILIER, 1ÈRE adj. (voi-!ié, iè-re — nul. voile). Mar. Se dit d'un bâtiment pour exprimer ses qualités de marche à la voile : Une frégate bonne voiliere.
— Ornith. Se dit des oiseaux, pour exprimer les qualités de leur vol :' Le faucon est
bon VOILIER.
— s. m. Navire considéré au point de vue de son aptitude à aller sous voiles : Un fin voilier. Un bon voilier, h Ouvrier qui fait ou raccommode les voiles. Il Voilier emballeur, Ouvrier qui. au débarquement, ouvre les bulles de marchandises, les répare ou les remplace.
— Ornith. Oiseau considéré au point de vue de la grandeur de ses ailes ou de ht puissance de son vol : Les grands voiliers. Les bons voiliers. La charpente des plus fins voiliers de l'air est une merveille de légèreté, de grâce et de solidité. (Toussenel.)
— Ichthyol. Genre de poissons, de la famille des scotnbéroïdes, Comprenant trois ou quatre espèces de très-grande taille, qui habitent la haute mer: Les voiliers se rapprochent beaucoup des espadons. (E. Baudement.)
— Moli. Nom vulgairo de l'argonaute, il Espèce de poulpe.
— s. f. Géom. Courbe formée par une voile enilée par le vent.
— Encycl. Ichthyol. Les voiliers sont caractérisés surtout par de fausses pinnules et l'absence d'armure à la ligno latérale. Leur nageoire dorsale, très-développée, leur sert en quelque sorte de voile et leur permet de s'aider du vent pour se diriger. Ils se rapprochent beaucoup des espadons par la forme du bec. « Les voiliers, ditE. Baudement, sont des poissons de très-grande taille, qui se servent de leurs armes contre leurs ennemis naturels, les bateines et autres grands cétacés; quelquefois ils prennent les vaisseaux pour ces grands mammifères et pous.-ent leur bec dans la cale avec tant de violence qu'il so rompt et y demeure fixé. Les muséums gardent des débris de bordages où reste enfoncé le fragment du bec qui les a traversés. » V. ISTIOPHORB.
YOlLLEHIEIt (Léon), chirurgien français, né à Chauuioiit (Haute-Marne) en 1816. Il lit ses études médicales à Paris et, après avoir été interne lauréat des hôpitaux, il fut reçu docteur en 1842. Déjà, en 1839, il avait obtenu une médaille d'or pour un mémoire excellent Sur la fièvre puerpérale, dont il avait recueilli les matériaux pendant son internat et qui a été inséré dans le Journal des connaissances médico-chirurgicales. Dans le cours do lu même année, il publia un mémoire Suites luxations du poignet et, en 1841, un autre Sur les fractures de l'extrémité inférieure du radius. Nommé au concours professeur agrégé à la Faculté en 1844, il fut reçu chirurgien des hôpitaux en 1847. Depuis lors, il a été chirurgien de l'hôpital de Lariboisière, de Saint-Louis et de l'Hôtel-Dieu. Il est, en outre, membre de la Société de chirurgie et de la Société médicale d'observation et membre de l'Académie de médecine (1873). M. Voillemier est chargé du cours de clinique des maladies des voies uriuaires. On lui doit la publication des travaux suivants : Mémoire sur l'étranglement de quelques hernies (1844, in-8u); Sur les anévrismes variqueux du pli du bras (1843, in-80); Sur tes grossesses extrautérines (1845); Sur tes accouchements; Sur ta claudication (1844); Des kystes du cou (1851); Clinique chirurgicale (lSeï, in-S°) ; Traité des maladies des voies urinaires (1868. in-8>>); De l'excision d'une partie du périnée (1874, ill-8»).
voilure s, f. (voi-lu re — rad. voile). Mar. Ensemble des voiles d'un bâtiment ou d'un de ses inûts - La voilure d'un brick. La
VOIR
voilure du grand mât. il Ensemble des voile» sous lesquelles navigue un bâtiment : Dimi~ nuer, augmenter la voilure. Vous naviguerez dans les eaux de la frégate angtaise, sous la plus petite voilure possible. (Ë. Sue.)
— Techn. Etat d'un objet voilé, déjeté, déformé : La voilure d'une planche, aune feuille de tôle.
— Encycl. V. voile.
VOINESCO (Jean), homme politique et publiciste roumain, né à Bueharest vers 1810, mort en 1855. Major et aide de camp du prince Ghika en 1840, il entra dans la magistrature après que ce dernier eut été obligé de déposer le pouvoir et devint procureur du divan civil (1843), puis de la cour de révision (1846). Chargé du ministère des affaires étrangères par le gouvernement provisoire de 1848, il fut proscrit peu après et ne réfugia à Paris, où il habita jusqu'à sa mort. Outre un. grand nombre d'articles de critique dans différents journaux roumains, ainsi que des traductions do différentes pièces de Molière, on a de lui : le Tableau historique {1842, in-fol.), ouvrage important traduit de l'allemand; les Arabesques (Paris, 1852), recueil de nouvelles, et Doïnas (Paris, 1855), poésies d'Alcssandri traduites eu français.
VOIR v. a. ou tr. (voir — lat. videre, mot qui représente la racine sanscrite vid, savoir, connaître, explorer, rechercher, etc., d'où le sanscrit vida, vidyû, vëda, vitti, science; vidila, didvas, vêttar, un sage, etc. La signification primitive de vid a-t-ello été celle de voir, au sens physique, comme semblent l'indiquer le grec, le lutin et le litlmailo- » slave? Pictet croit que cela est possible; mais il pense qu'en tout cas la transition nu spirituel remonte à l'époque de l'unité aryenne. Je vois, tu vois, il voit, nous voyons, vous voyez, ils voient; je voyais, nous voyions , je vis, nous vîmes; je verrai, nous verrons; je verrais, nous verrions; vois, voyons, voyez; que je voie, que nous voyions; que je visse, que nous vissions; voyant; vu, vue). Percevoir par le moyen des yeux; saisir, distinguer à distance par l'intermédiaire de la lumière : Voir un homme, un animal, un objet. Voir tes étoiles. Où êles-vousf je ne vous vois pas. Nous aimons mieux voir ceux d qui nous faisons du bien que ceux qui nous en font. (Vauven.) La femme a seule la propriété de voir sans regarder. (Petiet.) Rome est ta seule ville du monde où l'on n'A jamais tout vu. (E. About.)
— Regarder : Voyez un peu cette étoile. Alions voir la foire. Il faudra voir cela au microscope.
— Lire, trouver dans un livre, un écrit : ./'ai vu cela dans Tacite. On voit dans Homère de nombreux détails sur les usages domestiques des anciens.
— Percevoir à l'uide d'un sens autre que la vue : Les aveugles voient avec les doigts. Le chien voit de l'odorat. (Buff.)
— Parcourir, visiter, aller dans : Je n'At jamais vu l'Espagne. Il A vu le monde entier. Les gens qui ont beaucoup vu sont bons d entendre. (Mln« Roland.)
Un souriceau tout jeune et qui n'avait rien vu Fut presque pris au dépourvu.
La Fontaine.
— Etre témoin ou contemporain de, assister ou prendre part a : Il a vu la bataille des Pyramides.
l'ai vu ces maux, et je n'ai pas vingt ans.
VoLTAULE
J'ai trop vu, trop senti, trop aimé dans ma vie,
Lamartine.
J'ai vu l'invasion a l'ombre de nos marbres Entasser ses lourds chariots.