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La voirie de Paris est réglementée par une législation spéciale ; toutes les rues de la capitale sont soumises au régime de la grande voirie. A Paris, c'est le préfet de la Seine qui délivre les alignements et qui accorde les permissions nécessaires à l'établissement des ouvrages en saillie. Le préfet est assisté par des commissaires voyers. Pour la sûreté de la circulation, si active à Paris, il importait de prendre des mesures spéciales. Voici quelles sont les principales défenses qui sont faites aux propriétaires, et qu'on trouve dans l'ordonnance du 24 décembre 1823 : Il est défendu d'établir des barrières fixes au devant des maisons, tantdans les rues et places que sur les boulevards, à moins qu'elles ne soient reconnues nécessaires à la propreté et qu'elles ne gênent point la circulation. Dans aucun cas, la saillie de ces barrières ne doit excéder lm,50. On ne peut placer des bancs au devant des maisons que dans les rues qui ont au moins 10 mètres de largeur. Les bancs doivent être en pierre, ne pas dépasser l'alignement de la base des bornes et être établis, dans toute leur longueur, sur maçonnerie pleine et chanfreinée. 11 est également défendu de construire des perrons en saillie sur la voie publique. Il est permis d'établir des bornes aux angles saillants des maisons formant encoignure de rue ; mais lorsque ces encoignures seront disposées en pan coupé de 0m,6U au moins et de 1 mètre de largeur au plus, une seule borne sera placée au milieu du pan coupé. On ne peut établir de grands balcons que dans les places et carrefours et dans les rues de 10 mètres de largeur et au-dessus, et leur établissement n'est autorisé qu'après une enquête de commodo et incommoda. Aucuns tableaux, enseignes, montres, étalages et attributs quelconques ne seront suspendus, attachés ni appliqués, soit aux balcons, soit aux auvents. On peut néanmoins placer sous les auvents des tableaux ou plafonds en bois, à la condition qu'ils soient posés dans une direction inclinée. Tout étalage formé de pièces d'étoffe disposées en draperie et guirlande et formant saillie est interdit au rez-de-chaussée. Aucun tuyau de poêle ne peut déboucher sur la voie publique. Les perches et étendoira des blanchisseuses, teinturiers, dègraisseurs, ee-uverturiers, etc., ne peuvent être établis que dans des rues écartées et peu fréquentées, et après enquête. Les éviers pour 1 écoulement des eaux ménagères sont permis, mais leur orifice extérieur ne doit pas s'élever à plus de 0™,10 au-dessus du pavé de la rue. Aucune construction en encorbellement n'est tolérée. La hauteur des façades des maisons bordant les voies publiques est déterminée par la largeur légale de ces voies. Cette hauteur, qui est mesurée du trottoir ou du pavé au pied des façades des bâtiments, et prise dans tous les cas au milieu de ces façades, ne peut excéder, y compris les entablements, attiques et toutes les constructions à plomb du mur de face, savoir : llm,70 pour les voies publiques au-dessous de 7m,80 de largeur ; 14m, 60 pour les voies publiques de 7'" ,80 et au-dessus jusqu'à 9<n,75; n™,55 pour les voies publiques de 9m,75 et au-dessus. Enfin, la plus grande hauteur des bâtiments est fixée k 20 mètres dans les rues ou boulevards de 20 mètres de largeur et au-dessus, mais à la charge par les constructeurs de ne faire, en aucun cas, au-dessus du rez-de-chaussée plus de cinq étages carrés, entre-sol compris (décret du 27 juillet 1859). Le premier établissement du numérotage des maisons est fait par la ville, mais sua entretien est k la charge des propriétaires; la ville de Paris supporte, en outre, les frais d'inscription du nom des rues; cette dépense est, du reste, h la charge de toutes les communes. Mais les propriétaires dont les maisons sont situées à l'encoignure des rues doivent disposer leurs constructions de manière à permettre le placement de l'inscription du nom de la rue.
Aux termes du décret du 26 mars 1852, dans tout projet d'expropriation pour l'élargissement, le redressement ou la formation des rues de Paris, l'administration a la faculté de comprendre la totalité des immeubles atteints, lorsqu'elle juge que les parties restantes ne sont pas d'une étendue ou d'une forme qui permette d'y élever des constructions salubres; dans ce cas, l'indication des parties est faite sur le plan soumis à l'enquête, et il est fait mention du projet de l'administration dans l'avertissement dressé conformément à la loi du 3 mai 1841. Les parcelles de terrain acquises en dehors des alignements et non susceptibles de recevoir des constructions salubres sont réunies aux propriétés contiguës, soit k l'amiable, soit par l'expropriation de ces propriétés. Tout constructeur de maisons doit, avant de se mettre à l'œuvre, nonseulement demander l'alignement, mais encore le nivellement de la voie publique au devant de son terrain. Il doit, en outre, adresser à l'administration un plan et des coupes cotés des constructions qu'il projette et se soumettre aux prescriptions qui lui seront faites dans l'intérêt de Sa sûreté publique et de la salubrité. Vingt jours après cette transmission au secrétariat de la préfecture de la Seine, le constructeur peut, s'il ne lui a été notifié aucune injonction, commencer ses travaux d'après son plan. Tout architecte constructeur doit remettre à la préfecture une coupe géologique des fouilles pour fondation de bâtiment. Toute construction nouvelle
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dans une rue pourvue d'égonts doit être disposée de manière à y conduire les eaux pluviales et ménagères. La façade des maisons doit être constamment tenue en bon état de propreté. Sur l'injonction qui sera faite par l'autorité municipale au propriétaire, celui-ci devra gratter, repeindre ou badigeonner sa maison au moins une fois tous les dix ans, à peine d'une amende qui ne pourra excéder 100 francs. Les propriétaires riverains des voies publiques empierrées ont à supporter les frais de premier établissement des travaux, d'après les règles qui existent à l'égard des propriétaires riverains des rues pavées. Toutes ces dispositions, que contient le décret du Zt mars 1852, ont été appliquées à un grand nombre de villes, sur leur demande, par des décrets spéciaux, rendus dans ta forme des règlements d'administration publique.
— Voiries d'immondices. On porte dans ces voiries des ossements d'animaux, des débris de charognes, des débris de végétaux, des cendres, des débris minéraux de dernière espèce et des boues. A Paris, où l'on enlève chaque jour 400 à 500 mètres cubes d'immondices, il existait, il y a une vingtaine d'années, trois dépôts d'immondices: à l'entrée de Vincennes, à Montrouge et à Clichy. Les réclamations énergiques des habitants du. voisinage les ont fait supprimer complètement. Il est cependant beaucoup de villes où ces voiries d'immondices existent encore. Elles sont k ciel ouvert, disposées en amas, entourées de flaques d'eau croupissante, le tout dégageant, surtout pendant les chaleurs, une odeur infecte. Ces émanations peuvent amener de graves accidents. Dans les villes où l'on est encore obligé de conserver les voiries comme dépôts intermédiaires publics, on peut en faire disparaître la plupart des inconvénients par une construction convenable. Les dispositions que l'on doit chercher à obtenir sont les suivantes : l<> un triage convenable des matières k leur arrivée , triage qui a pour but de séparer les matières les plus azotées de celles qui le sont moins; 2» un écoulement facile des eaux qui sortent du dépôt , écoulement qui doit avoir lieu dans des canaux fermés ; 3<> l'enfouissement des matières les plus azotées et le3 plus infectes pour les convertir en terreau. Chevallier a proposé de renfermer les immondices dans de grands bâtiments fermés, munis de cheminées d'aérage. Ce moyen, certainement excellent, serait inapplicable dans beaucoup de localités, à cause de leur prix de construction et d installation. Relativement aux dépôts privés de gadoue, on ne peut les supprimer complètement, a'ttendu qu'il est nécessaire que les immondices subissent une fermentation putride suffisante avant d'être bons à employer commo engrais; il faudra leur appliquer, autant que possible, les règles que nous avons tracées plus haut; nous ajouterons seulement, en terminant, que l'ordonnance do 1839 a réglé quelques-unes des conditions a observer.
Cette ordonnance range les voiries dans les établissements insalubres de première classe ; elle oblige de les établir à 200 mètres au moins de toute habitation , k 100 mètres des grandes routes ou des routes départementales. Les matières doivent être étendues sur le sol, dans les vingt- quatre heures qui suivent leur apport aux champs. Les fumiers ordinaires, qui proviennent des chevaux, des vaches et des moulons , ne sont pas compris dans cette classe d'immondices.
— Voiries de matière* fécales. Les voiries de matières fécales constituent un mal nécessaire, et ou ne pourra probablement pas les supprimer complètement. Les matières doivent, en effet, être enlevées du sein des villes et conduites dans un endroit spécial, dans le but de constituer un dépôt où l'industrie et l'agriculture viennent prendre des matières premières destinées k être utilisées. Les matières fécales destinées à constituer ces voiries, ces dépôts temporaires, sont celles de l'homme et des animaux carnivores; car celles qui proviennent des animaux herbivores sont loin de donner les mêmes produits infects par la décomposition ; aussi peuvent-elles être conservées dans to voisinage des habitations, jusqu'à ce qu'elles aient éprouvé la fermentation qu'il est nécessaire de leur laisser subir avant de les employer comme engrais. L'étude des voir i es de matières fécales, k Paris, éclairera beaucoup la question hygiénique qui s'y rapporte. Nous suivrons ici M. Tardieu, dans l'exposé qu'il en a fait. De 1726 k 1781, il y avait k Paris trois voiries do matières fécales , une dans le faubourg Saint-Germain, une dans le faubourg Saint-Marceau une à Montfaueon.
En 1781, cette dernière tut seule conservée; des réclamations nombreuses fondées sur son insalubrité reconnue conduisirent enfin l'administration municipale à la supprimer, et k la remplacer par l'état de choses actuel, qui' nous semble devoir être donné comme modèle k toutes les grandes villes. A Paris, la voirie de matières fécales est composée de deux parties : 1<> un dépotoir situé au port d'embarquement, k la Villette, et qui sert au déversement et au départ des matièros ex- ' traites par la vidange des fosses ; 2° une voirie dans la forêt de Bondy, où sont entraînées, d'une part, les matières liquides par l un conduit souterrain, et, d'autre part, les
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matières solides par des bateaux naviguant sur 3e canal. Four bien comprendre le mécanisme ingénieux de la voirie nouvelle , il faut savoir qu'une ordonnance de police du S novembre 1851 exb/e deux conditions qu'il est indispensable de remplir pour que la vidange et le départ des fosses se fassent avec le plus de salubrité possible. D'après cette ordonnance, la séparation des matières solides et des matières liquides doit avoir lieu dans la fosse même, et, de plus, les matières contenues dans cette fosse doivent être désinfectées avant d'en avoir été extraites. Le dépotoir est formé d'un bâtiment central contenant neuf galeries parallèles de citernes placées au-dessous et de conduits destinés soit à amener l'eau du canal de l'Ourcq, soit a transmettre les parties liquides à Bondy par un canal souterrain. Il y a deux machines à vapeur destinées à refouler dans ce dernier les matières liquides versées dans les galeries et, de là, dans les citernes, pour les conduire jusqu'à Bondy; elles ont de plus pour but de puiser l'eau dans le canal pour aider au refoulement et à l'expulsion des produits liquides. Ces diverses opérations ont lieu la nuit. La vidange se fait dans le bâtiment où sont situées les galeries, et toutes les précautions sont tellement bien prises, qu'aucune odeur ne peut sortir au dehors. La Hoirie de Bondy est située sur les bords du canal, au-dessus du village de Bondy. Elle est encadrée de tous côtés par la forêt, qui forme une sorte d'abri naturel contre les émanations. Cette voirie a l kilomètre de longueur ; tous les liquides qui arrivent par les conduits souterrains sont immédiatement conduits dans une fabrique de sels ammoniacaux établie au nord de la voirie, et ce n'est qu'aprés avoir été épuisés que ces liquides sont repris par une conduite de retour qui les ramène dans la Seine, où ils se perdent à la hauteur de Labriche, près de Saint-Denis ; quant aux parties solides, elles sont soumises à la dessiccation et converties enpoudrette; cette dernière opération se fait même dans les voiries particulières; aux environs de Paris, il y en a plusieurs, parmi lesquelles on peut citer comme ayant une certaine importance celles de Bercy et de La Chapelle. Dans le nord de la France et dans quelques pays étrangers , on se sert pour remplacer nos voiries de citernes à engrais. Les matières extraites des latrines sont directement transportées dans des fosses bien closes, où on Jes laisse séjourner plus ou moins longtemps, pour ensuite, sans aucune préparation, être directement enlevées et répandues dans le sol. Ces citernes ne donnent aucune odeur; le seul inconvénient qu'elles présentent résulte des émanations fétides qui s'échappent lors du chargement et du déchargement de l'engrais. Ces établissements ne sont donc ni insalubres ni dangereux, comme on l'a prétendu.
— Causes d'insalubrité des voiries. Nous suivrons encore Ttudieu dans l'étude de ces conditions, dont il fait cinq classes : l° l'emplacement sur lequel la voirie est établie. C'est ainsi que le rapprochement plus ou moins grand des habitations, les vents régnant habituellement et pouvant porter ces émanations fétides dans la direction de ces dernières, sont autant de conditions désavantageuses dont on doit tenir compte dans l'établissement d'une voirie; 2° le sol peut être sec ou humide, il peut être perméable ou imperméable; la perméabilité est surtout une des conditions les plus désavantageuses. C'est ainsi qu'autrefois la voirie de Montfaucon était établie sur un sol perméable et gypseux ; les liquides fétides filtraient et allaient infecter une partie des puits et même des caves du faubourg du Temple; 3<> la nature des matières. M. ïardieu cite à cet égard des faits bien curieux et d'après lesquels les matières présentent des qualités différentes, suivant qu'elles viennent de quartiers pauvres ou de quartiers riches, tl'ha- Iwtations isolées ou de casernes , etc. .11 ressort en particulier de ces faits que les matières sont d'autant plus fétides qu'elles proviennent de quartiers plus pauvres; 4° le système de vidange. La séparation préalable dans la fosse des matières solides et des matières liquides, l'arrivage isolé des unes et des autres à la voirie, enfin la désinfection préalable dans la fosse même sont les conditions les plus avantageuses pour que l'insalubrité soit la moins grande possible; 60 le mode d'exploitation des voiries; c'est ainsi qu'il est incontestable que l'insalubrité sera d'autant moins grande quelemodese rapprochera davantage de celui employé a Paris. Les dépôts de matières fécales ne peuvent être organisés partout connue dans les grandes cités, ou au moins dans les villes d'une certaine importance. Il y a une foule de localités où le système ancien des voiries de matières fécales est nécessairement en vigueur. 11 y a donc lieu de s'occuper de leurs conditions d'insalubrité et des moyens d'y remédier. Dans le système ancien, les matières Sont déposées dans des fosses plus ou moins vastes, plus ou moins profondes et elles y dégagent des ferments de vapeur putride. Pour y remédier, on doit chercher soit k conduire les matières liquides oaus des puisards absorbants, soit a les diriger par des conduits souterrains, et, autant que possible, dans les cours d'eau qui ne traver&ent pus ensuite les cités d'où proviennent ces
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matières. Il arrive souvent qu'on y jette du terreau usé, de la tourbe, des cendres de tourbe et d'autres matières inertes capables d'augmenter ainsi la quantité d'engrais.
Quant aux matières solides qu'on trouve au fond après l'épuisement des matières liquides, elles doivent nécessairement être étalées sur les terrains voisins des voiries et divisées ensuite au moyen de la herse. Une fois desséchées, elles doivent être passées au crible, puis mises en monceaux plus ou moins volumineux jusqu'à ce qu'elles soient bonnes pour l'agriculture. Pendant ces dernières opérations, les matières dégagent nécessairement des vapeurs fétides qui se répandent surtout dans la direction où soufflent les vents régnants. C'est principalement ce qui arrive quand ces amas, venant à s'échauffer considérablement, éprouvent une fermentation active et se décomposent rapidement. Dans ces cas divers, le dégagement des vapeurs fétides des matières fécales est-il nuisible à la santé? C'est une question qui n'est pas encore complètement résolue. 11 pamlt cependant que l'opinion de Parent-Duchâtelet, bien qu'un peu exagérée, esi au fond vraie, et que ces vapeurs, disséminées dans l'espace, n'ont aucune influence nuisible sur la santé. Pour terminer ce qui est relatif à l'assainissement des matières fécales, il faut dire un mot des désinfectants, que Tardieu classe en deux ordres : 1° ceux qui agissent physiquement en absorbant les gaz putrides; 2» les substances qui agissent chimiquement en modifiant la composition des matières. Cette question de la désinfection des matières fécales et urinaires dans les fosses a pris aujourd'hui une grande importance , car elle se rattache directement à celle des engrais. Dans les procédés actuels, une partie très-notable des substances fertilisantes se trouve perdue, au grand dommage de l'agriculture; aussi l'étude delà transformation iraihédiate des résidus divers en engrais est-elle à l'ordre du jour. Restituer k la terre toutes les matières azotées, salines,etc, qu'elle a données, tel est le problème qui intéresse à la fois et la salubrité et l'économie rurale.
— Voiries d animaux morts. Elles sont destinées à servir de dépôt aux cadavres des animaux domestiques qui ne servent pas â l'alimentation, ou a ceux des animaux comestibles qui, par suite d'une circonstance quelconque et en particulier de leurs altérations, ne sont plus propres à cet usage. Autrefois, ces voiries, et en particulier a Paria, étaient placées k côté des voiries de matières fécales ; on y laissait les chairs dépouillées exposées à l'air ; elles s'y décomposaient et laissaient dégager une masse énorme de vapeurs fétides. C'est en 1812 que les progrès de la chimie industrielle commencèrent à faire changer un tel état de choses, et à Paris il n'existe plus de voirie d'animaux morts ; il n'y a plus que des chantiers d'equarrissage, V. ce mot.
VOIRINE s. f. (voi-ri-ne — du vieux français voire, verre). Double de voirine, Pierre Une qu'on collait sur du verre coloré, pour augmenter son éclat et son épaisseur appareil te.
V01H0L (Théophile, baron), général français, né k Tavaue (Suisse) en 1781 , mort à Besançon eu 1853. Il était commis marchand k Baie , lorsqu'il s'enrôla dans le bataillon auxiliaire du Mont-Terrible. Voirol prit part comme sous-lieutenant à la bataille d'Austerlitz, combattit ensuite à Pultusk et en Espagne, où il fut promu chef de bataillon , et fit la campagne de Russie en 1812. Promu colonel l'année suivante , il se distingua pendant la campagne de France, notamment à Nogent-sur-Seine et à Bar-sur-Aube (1814), et reçut de Napoléon le grade de général de brigade. Pendant les Cent-Jours, Voirol coopéra à la défense de Strasbourg. Au début de la seconde Restauration, il tomba en disgrâce, et son grade de général de brigade lui fut enlevé; mais on le lui rendit en 1823. En 1828, il devint inspecteur de la 9» division militaire. Les campagnes de Belgique, qu'il fit en 1831 et 1832, lui valurent les épaulettes de général de division (1833). Après avoir été commandant des forces militaires de l'Algérie, il reçut le commandement de la 5e division militaire à Strasbourg. Lorsque Louis- Napoléon Bonaparte essaya de soulever la garnison de cette ville, il fie prisonnier le général Voirol, qui fut délivré presque aussitôt. Louis-Philippe lui donna un siège à la Chambre des pairs et des lettres de grande naturalisation (1839) ; toutefois, à la suite du procès de Louis Bonaparte, il fut rappelé de Strasbourg, et quelque temps après il reçut le commandement de la 6e division militaire, qu'il garda jusqu'à la révolution de 1848. Le 17 avril de Ja même année, il fut mis à la retraite.
VOIROIS, ville de France (Isère), ch.-l. de cant., arrond. et à 25 kilom. N.-O. de Grenoble, sur la Morge, au, pied de la montagne de Voyse; pop. aggl., 7,500 hab. — pop. tôt., 10,262 hab. Papeteries , aciéries, taillanderie, fonderie; fabriques de chandelles, toiles, liqueurs; forges. Commerce de til à tisser, chanvre, toile, bestiaux, liqueurs et poterie. Cette petite ville est bien bâtie, propre et assez bien percée. On y voit une belle place d'armes, ornéa d'une fontaine monumentale, et une tour ronde, seul débris d'un ancien château des comtes de Savoie.
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VOIS (René de), théologien français, né a Poitiers en IG65, mort en 1728. Il appartenait à l'ordre des carmes, dont il fut commissaire apostolique en Angleterre et commissaire général en France. On a de lui : Remarques historiques à l'occasion de la sainte hostie miraculeuse de Sainl-Jean-en-Grêve (Paris, 1725-1727, 2 vol. in-12).
YOISE, petite rivière de France. Elle prend sa source sur le plateau de la Beauce (Eure-et- Loir), dans le canton d'Auneau, coule au N.-O., baigne Gallardon , Armenonville et se jette dans l'Eure, à Maiirtenon, après un cours de 45 kilom.
VOISENON (Claude-Henri de Fusée, abbé dk), littérateur français, né au château de Voisenon, près de Melun , en 1703 , mort au même lieu ?n 1775. Il vint au monde trèsdébile et accablé d'infirmités précoces; aussi avait-il coutume de dire •- « La nature m'a formé dans un moment de distraction. » Cela ne l'empêcha pas d'atteindre l'âge de soixantesept ans. Voisenon fit sous la direction de son pe»re, qui se chargea de son éducation, des progrès rapides, et en cinq années il dépassa son professeur. Son goût pour la poésie se révéla de bonne heure, et il avait à peine onze ans quand il adressa une êpître à Voltaire. La réponse qu'il reçut l'encouragea, et il revint à la charge. Ce fut alors que Voltaire lui écrivit: «Vous aimez les vers; je vous le prédis, vous en ferez, et de charmants; soyez mon élève et venez me voir. > Voisenon s'empressa de rendre visite à l'auteur de Candide, et ainsi s'établit une amitié inaltérable entre l'abbé et le grand philosophe, qui l'appelait son cher n«ni Grolucbon. Il allaensuite à Paris, où M*»6 Doublet, sa marraine, le fit admettre dans les meilleures sociétés, où sa vivacité d'intelligence, son fin badinage, le pétillement de sa conversation, qui le faisait qualifier par le marquis de Polignac de Petite poignée do puce* , le classèrent immédiatement parmi les- esprits les plus brillants de l'époque.
Ce fut par l'intermédiaire du comédien Le Grand, auquel il avait communiqué quelques essais informes, que Voisenon aborda le théâtre ; il donna tour à tour l'Ombre de Molière, l'Ecole du monde et le Retour de t'ombre de Molière. La première H la troisième de ces pièces, où 1 esprit abonde, firent bien augurer de l'avenir de l'auteur. Quant à ['Ecole du monde-, ce n'est qu'un titre heureux ; on ne trouve dans la pièce ni action ni intrigue.
En raison de sa faible complexion, son père le poussait k entrer dans les ordres ; il ne se pressait pas de prendre un parti, quand un inconvénient fortuit vint mettre fin à Ses hésitations. Ayant offensé par quelques propos imprudents un officier, il dut se battre en duel et blessa son adversaire. Voisenon, désespéré de cet événement, entra au séminaire et s'adonna à l'élude de la théologie. Henriot, évêque de Boulogne-sur-Mer, sou parent, le fit chanoine de son église, l'ordonna prêtre, puis le fit grand vicaire. Bien que ta profession cléricale ne fut pas absolument sympathique au jeune abbé, il sut se concilier l'estime de la ville et du clergé de Boulogne, qui envoyèrent une députation nu cardinal Fleury pour demander que le grand vicaire fût promu au siège vacant à la mort de Henriot, L'abbé, ayant eu vent de cette démarche si honorable pour lui , se rendit pendant la nuit à Versailles, courut chez le ministre et le supplia de repousser la requèto qui allait lui être présentée par les Boulonais. Le ministre lui donna, au lieude l'évèché, l'abbaye royale de Jard, qui n'obligeait pas à la résidence. Voisenon, redevenu libre, s'adonna de nouveau à la poésie et se remit de plus belle à hanter les cercles littéraires de Paris, deux surtout : celui dont Voltaire et la marquise du Châtelet étaient les chefs, et celui de M11* Quinaut du Frêne, dont faisaient partie, entre autres, Crébillon fils, Fagan, Moncrif, Collé et Duclos. Les membres de cette spirituelle assemblée dînaient tantôt chez le comte de Caylus, tantôt chez Mlle Quinault. Là, chacun payait son écot en prose ou en vers, Voisenon prit une part active à la rédaction des recueils collectifs que publia cette petite Académie, parmi lesquels il en est deux entièrement de lui : les Bals de bois et les Fêtes roulantes; il fit aussi la plupart des contes qu'on réunit en 2 vol. in-,12. L'ancien vicaire général hésitait à écrh'fl de nouveau pour la scène ; ses scrupules fu" rent vaincus par MUe Quinault, qui lui fournit le sujet de la Coquette fixée (1746), pièce qui réussit pleinement, ainsi que le Réveil de Thatie, les Mariages assortis (1744), la Jeune Grecque et divers opéras, l'Amour et Psyché, Eylas et Zélis, Jupiter et Calisto. Voisenon écrivit aussi , a la même époque , des oratorios, les Fureurs de Saûl, les Israélites sur la montagne d'Boreb. Admis à la cour, l'abbé de Voisenon séduisit par les agréments de son esprit le duc de Choiseul, qui voulut lui confier un poste diplomatique ; il refusa en prétextant des motifs de sauté ; le duc, alors, chercha un autre moyen de lui témoigner son estime. Il le fit charger par Louis XV de composer les Essais historiques , travail dont Je roi avait eu l'idée, et obtint pour lui une pension de 6,000 livres sur les affaires étrangères. Voisenon, alors en crédit , sut user de l'amitié du prince et de Mme de Pompadour eu faveur de divers gens de lettres.
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Le duc de Choiseul lui ayant ouvert les archives des affaires étrangères, il y puisa bon nombre de matériaux historiques. Il en résulta des travaux dont nous n'avons que des fragments relatifs aux négociations do la paix d'Utrecht et au ministère de Colbert. L'abbé pouvait, s'il l'eût voulu, se faire nommer historiographe de France, l'emploi étant vacant; mais cela ne le tenta point.
Nous voyons ensuite Voisenon ministre plénipotentiaire, près la cour de France, du .prinee-évèque de Spire, et reprenant > quelques négociations interrompues depuis longtemps, qu'il termina à la satisfaction de l'évêque, de la cour de France, et peut-être à son grand étonnement. »
En 1763 , l'Académie française le choisit pour remplacer le tragique Crébillon. C'était passer du grave au doux, Voisenon fut un académicien modèle pour le zèle, l'exactitude, le jugement et fit les honneurs de la compagnie au roi de Danemark et au prince héréditaire de Brunswick. Son élection n'avait pas marché toute seule. On lui reprochait certains ouvrages licencieux et des contes où, selon l'expression de Laharpe, l'ordure est mise -en calembours. Ces contes, qui ne furent imprimés que clandestinement et se vendirent sous le manteau sont : le Sultan Misapouf (Londres, 1746); Zulmis et Z«imaïde (1747); l'Histoire de la félicite; Thémidore (Amsterdam, 1751); Tant mieux pour elle (Liège. 1760). Il était de plus l'amant en titre de il»» Fa vart, et sa vie n'était pas des plus régulières. A la suite d'une maladie qui le mit en danger de mort , il n'obtint l'absolution que grâce à un recours au pape et à la condition de donner 1,000 écus au sa'mtsiége, 6,000 francs aux pauvres, et de nro« mettre do lire son bréviaire tous les matins, Le pape s'étant montré de bonne composition, l'Académie ne pouvait faire une longue résistance, et l'abbé de Voisenon fut élu, principalement sur la recommandation de Voltaire. Voisenon était habile à lancer le mol et en a fait d'excellents. Exemple : « Henri IV fut un grand roi; Louis XIV fut le roi d'un beat» règne. »
Lorsqu'il se sentit mourir, il partit pour Voisenon, « afin, disaitril, de 8© trouver de putin-pied avec la sépulture de ses pères. » Bienfaisant et charitable, il distribuait, chaque année, le revenu de son abbaye aux pauvres et ne gardait, pour vivre , que la pension de 6,000 livres qu'il devait à Ja protection du duc de Choiseul et quelques rentes. Peu de temps avant de mourir, il constitua un capital de 6,000 livres en faveur des indigents de Voisenon. 11 soutenait aussi plut sieurs pauvres familles catholiques anglaises réfugiées en Fiance.
On a composé plusieurs épitaphes pour l'abbé de Voisenon. Il y en a ttue dans les Mémoires de tiachaumont, qui commence ainsi :
L'académicien Voisenon A rendu son âme légère...
On cite surtout celle qui a Voltaire pour auteur :
Ici gtt ou plutôt frétille Voisenon, frère de Chaulieu.
A sa musft vive et gentille Je ne prétends point dire adieu; Car je m'en vais au même Heu Comme cadet de la famille.
Les Œuvres complètes de l'abbé de Voisenon ont été recueillies (Paris, 1781, 5 vol. in-S°); elles se composent, outre les ouvrages dramatiques et les contes dont nous avons parlé plus haut, (Y Anecdotes littéraires, recueil de jugements et d'èpigranmies sur les contemporains; de Fragments historiques, compilation faite à l'aide des documents tirés des archives étrangères; une édition plus complète parut en 1788 (3 vol. in-8°); de Poésies fugitives, qui sont ce que Voisenon a laissé de meilleur; enfin, de iliscours académiques et de Lettres.
VOISIN, IKE adj. (voi-zain, i-ne — lat.vieimw.'fait de vicus, village, qui appartient au même groupe que le sanscrit vêça, maison, de la racine vie, entrer, le grec oikos , etc. Vicinus signifie' donc proprement qui est du même village). Qui demeure, qui se trouve auprès, en parlant des perionnes : Nous sommes fort voisins, puisque nous demeurons sur le même palier. Nous nous sommes trouvés voisins au théâtre. Les peuples voisins de l'Océan, voyant les grandes marées inonder leurs rivages à la pleine lune, ont dû croire que la lune était cause de tout ce qui arrivait au. monde dans te temps de ses différentes phases. (Volt.) U Qui est situé auprès, en parlant des lieux et des choses : Les village» voisins de Paris. Les grandes inégalités du globe se trouvent voisinkS de l'équateur. (Buif.) Le moulin te plus proche et le marché le plus voisin sont pour ce paysan les bornes de l'univers. (J.-J. Rouss.) Les grands hommes d'un pays sont irés-souvent ignorés dans le pays voisin. (A. Fée.)
— Rapproché par le temps, peu éloigné du moment actuel, d'un moment ou d'un état déterminé : Les siècles voisins de celui d'Auguste. Un malade voisin de ta mort. Un négociant voisin de sa ruine.
— Fig. Peu différent , rapproché par sa nature : La langueur et la mollesse du style sont les écueils voisins de l'élégance. (Mar» monte!.) Le chat et le tigre sont deux espèce*
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frès-voiSTOBS. (Flourens.) Il y a un rire gui est voisin des larmes. (H. Taine.)
Le galimatias est voisin de la pompe.
Boursàult.
— Substanliv. Personne qui demeure ou qui se trouve auprès d'une autre : Un voisin matinal. Eveiller ses voisins. Incommoder ses voisins dans une voiture. Je jouis des bonnes Qualités des voisins et leur passe les mauvaises. (Picard.) Après les parents, de bons voisins sont les meilleurs amis que l'on puisse trouver. (De Thèis.)
C'est un triste et fâcheux destin
Que d'avoir un mauvais voisin.
Perrault.
Hélas ! est-ce une loi sur notre pauvre terre Que toujours deux voisins auront entre eux la guerre T
ÀNDRIEUX.
Un ignorant hérita D'un manuscrit qu'il porta Chez son voisin le libraire :
• Je crois, dit-il, qu'il est bon; Mais le moindre ducaton Ferait bien mieux mon affaire. •
La Fontaine.
— Par ext. Prochain, personne considérée par rapport à une autre : Qui songe à son voisin en ce bas inonde? On blâme en son VOI- SIN les vices que l'on excuse en soi-même. Chacun s'imagine être au-dessus de son voisin. (Le Sage.) Molière me fait plus rire de mes
, voisins, La Fontaine me ramène plus à moimême. (Chiimfoi't.) Personne n'est content de son sort, chacun envie le lot de son voisin : c'est l'éternelle folie de l'homme. (Menière.) Celui-qui brûle ses vaisseaux n'aime pas à voir son voisin radouber les siens, (A. d'Houdetot.) La funfuronnerie du vice, souvent innocente pour le fanfaron, est funeste à ses voisins. (St-Marc Girard.)
... Il n'est point de fou qui, par belles raison», Ne loge son voisin aux Petites-Maisons.
Boileau.
— En voisin, En bon voisin, Comme uu voisin doit ou peut faire , avec amitié ; 5e conduire EN BON VOISIN.
— Prov. Qui a bon voisin a bon matin, Avec des voisins honnêtes, peu tapageurs, on dort tranquille, on vit en paix. Il Bon avocat, mauvais voisin, Les hommes de loi voient partout des procès, et il est dangereux d'écouter leurs conseils. Il Grand clocher, mauvais voisin, Le voisinage des grands est dangereux.
— Argot. Vol au voisin, Vol que l'on exécute dans une boutique, en s'y donnant comme employé dans un établissement voisin.
— SyB. VoUIn, adjacent, aliénant, etc.