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Ac - teur.
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ens. Tan-tôt j'ai la cla - ri - net • te, La flù - te, le cor, tan - tôt le bas-
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Tan - tôt le haut- bois! Quel plai - sir ! quel jour de fê - te! Quand tout
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ça verse à la foie, Quand tout ça verse à la fois, verse à la fois, verse à
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fois, verse
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TOITURE (Vincent), littérateur français, né à Amiens en 15S8, mort en 1848. Il fut élevé à Paris, reçut une éducation distinguée et se tit connaître dès sa jeunesse par quelques poésies latines et par des stances adressées à Gaston d'Orléans, qui dans la suite le combla de bienfaits. Admis à l'hôtel de Rambouillet, il devint un des oracles de ce cercle célèbre, acquit la protection des grands par son esprit et ses flatteries ingénieuses, et fut nommé introducteur des ambassadeurs chez Gaston d'Orléans. Il suivit ce prince en Lorraine, à Bruxelles et dans le Languedoc, rentra avec lui à main armée en France et fut son ambassadeur auprès de la cour d'Espagne, pour obtenir du duc d'Olivarès des secours contre la roi de France (1633). Quand Monsieur se fut réconcilié avec la cour, Voiture rentra en grâce auprès de Richelieu par une lettre où il célébrait la prise de Corbie sur les Espagnols. En 1B3S, il fut envoyé à Florence pour notifier au grand-duc la naissance du fils de Louis XIII, devint maître d'hôtel du roi, interprète des ambassadeurs chez la reine, premier commis du contrôleur général des finances, etc. Ainsi ce bel espiit fut comblé de plus de grâces que tous les grands génies du siècle de Louis XIV ensemble. C'est qu'il possédait au suprême degré l'esprit de son époque, vif, ingénieux, louangeur, maniéré et quintessencié. Les personnages les plus graves en ont subi la séduction, depuis Richelieu jusqu'à la reine Anne d'Autriche. Un mot de lui, un quatrain étaient répétés, commentés et admirés sans réserve dans la haute société, qui composait alors tout le public, et dont il était l'idole. On connaît la fameuse querelle des uranistes et des jobelias; c'est ainsi qu'on nommait à la cour les partisans du sonnet A'Uranie, par Voi-
ture, et ceux de Job, autre sonnet par Benserade. Après de longs débats, le prince de Conti, chef des jobelins, termina cette lutte en disant des deux sonnets :
L'un est plus grand, plus élevé:
Mais je voudrais avoir fait l'autre.
La vérité est qu'ils sont fort médiocres tous les deux, et l'on a peine à concevoir aujourd'hui cet enthousiasme immodéré, qui fut partagé par les esprits les plus éclairés de l'époque, et dont le sévère Boileau lui-même ne fut pas exempt. Les œuvres de Voiture ont été publiées pour la première fois en 1650, deux ans après sa mort. Elles se composent principalement de poésies et de lettres. Les pointes à l'italienne, l'équivoque, les jeux de mots, l'affectation et la recherche en composent la meilleure partie. Plein d'esprit, de facilite et d'instruction, Voiture n'a cependant su tirer d'autre parti de ses talents que de donuer une forme littéraire au caquetage des ruelles, à ce jargon précieux dont Molière a fait justice et qui passait alors pour la dernière expression du sublime. Quelques-unes de ses lettres ne manuuent pus d'agrément.
(Ses poésies ont quelquefois de la grâce, souvent de l'esprit, rarement dû naturel. On. cite ses rondeaux et plusieurstchansons pleines d'une gaieté malicieuse, dont il semble avoir dérobé l'inspiration à Marot. Ce fut lui qui introduisit dans la poésie française les romances à la manière espagnole. Voltaire a fort judicieusement critiqué cet écrivain, et son jugement, empreint des sévérités du bon goût, a reçu la sanction universelle.
Voiture (lkttres dk) [ire édit., 1729: nouvelle édit., par A. Ubicini, 2 vol., 1855]. Recherchées et admirées dos contemporains,
VOIT
dépréciées par la suite, les Lettres deVoiturf, ont reconquis dans l'opinion une estime qu'il ne faudrait pas exagérer. Juger ces lettres : comme une œuvre d imagination ou de philosophie, destinée par l'auteur à subir les vicissitudes d'un livre composa pour l'impression, serait chose inique. Il faut prendre un écrivain tel qu'il est, et ne lui demander que ce qu'il a voulu donner. Les Lettres de Voiture ne sont, après tout, que la gazette de l'hôtel de Rambouillet. C'est déjà quelque chose. Mais, à distance, elles sont plus que le journal intime d'une société élégante et polie ; elles marquent, dans la littérature française, le premier essai de la prose spirituelle et délicate. Obligé d'écrire souvent à des personnes qui n'ont amour ni ajfaù^s ensemble, Voiture n'est admis et toléré dans les salons de la noblesse qu'autant qu'il maintient l'égalité à. force d'esprit et d'agrément; et comme cette société aristocratique ne s'occupe ni de politique ni de philosophie, il se rejette sur ce qui l'intéresse et l'amuse. A tout prix, il lui faut du nouveau, de l'imprévu. Surprendre son monde, l'éblouir, le forcera s'extasier, est sa grande affaire. Enigmes de galanterie, madrigaux alambiqués, compliments parfumés , allusions subtiles , coneetli étincelants, caprices de langage, jeux frivoles d'une vive imagination, tours de force merveilleux, comme telles ou telles épîtres où le blâme est mêlé à l'éloge et la hardiesse à la prévenance, c'est là le fond des Lettres de Voiture. A qui la faute? Supposez-le grand seigneur, ou ambassadeur, ou membre d'un parlement, le correspondant des C<mdé, des Urammont, des La Valette, des d'Avaux, des Montansier, il écrira sur des sujets sérieux avec esprit et enjouement peut-être, mais certainement sans recherche et sans affectation. Les hautes questions sont interdites a Voiture, ou par l'humilité de sa naissance, ou par la constitution politique de son pays, et le voilà réduit à inventer de jolis riens, à découper des paillettes de clinquant. Est-il vrai toutefois que ces Lettres ne contiennent que des bagatelles curieuses? Si l'on veut bien les lire attentivement, on y trouvera aussi des idées et une sensibilité que l'écrivain a dû déguiser sous une forme badine, sa passion devenant ridicule si elle se présentait avec une gravité offensante. Voiture a plus que de l'esprit; il a du tact et du jugement. Du tact, car il change de ton et de couleurs selon les personnes auxquelles il s'adresse ; du jugement, car il comprend, lui le négociateur do Gaston auprès du comte d'Olivarès, la grandeur des desseins de Richelieu, et il se rallie à la politique du cardinal. La preuve qu'il ne s'abuse pas sur la valeur de son badiuage, c'est quil sait causer aussi familièrement.
« 11 créa, dit M. Ubicini, la finesse et la délicatesse de la langue, en même temps que Balzac en créait la pompe et l'éclat. 11 affina le style, assouplit la phrase, inventa des tours, des combinaisons nouvelles et posséda à un certain degré l'art d'écrire, ,. Il n'a pas assez lu, assez réfléchi, assez comparé. Sa vue est faible, et faite pour les horizons étroits. Il n'est rien moins qu'èrudit, bien que ses lettres a Costar tachent à faire entendre le contraire. Les plaisirs et la politique ne lui laissent guère de temps pour l'étude. Ne lui parlez pas des Grecs, il vous répondrait que tout Français de par Francus, descendant d'Hector, n'a garde d'avoir quelque chose à démêler avec les ennemis de ses pères. Les Latins, a la bonne heure ; on voit qu'il les a pratiqués de longue main, d'abord parce qu'il les cite à tout propos, Horace surtout, Virgile, Catulle et Térence. En même temps, il a retenu quelque chose de la manière de Sénèque; il aiguise sa phrase, taille son style à, facéties comme lui et se donne une peine infinie pour ressembler toujours à lui-même : /Yumquam ipsa, semperalia, etsi semper ipsa, juaitâo atia, comme dit Tertullien de la queue du paon. De plus, il s'était nourri des Italiens et des Espagnols, nos maîtres a cette époque... Kn résumé, Voiture n'est nullement 1 homme de tous les temps, comme le sont les écrivains de génie ; il n'est pas même l'homme de son siècle; Souvent le génie se contente, de cela; il est i'hominade la société dans laquelle il vit. Quelquefois l'œil de l'observateur découvre dans l'espace, à des distances infinies, un de ces météores qui brillent pour disparaître, satellite fortuit de quelque monde éphémère. Tel fut Voiture. Il n'a pas de lumière propre ; il reflète, voila toui. Il ne possède guère de son fonds que la grâce et la facilité de son esprit, Aussi n'a-t-il pas fait école; ou si Ton revient à lui de noire temps c'est par amour du pastiche, par gentilhommerie littéraire. Tout au plus pourrait-on dire qu'à quelque cent ans de là il a contribué à former Marivaux. Encore ninié-je mieux la manière de Marivaux, si fine, si déliée, si apprêtée qu'elle soit, si amie de la métaphore et de l'antithèse, et partant si monotone. Au moins y a-t-ii un grain de sentiment mêlé à Ce cliquetis de mots ; ou sent là quelque chose qui remue ; le sang nuance un peu les veines de sa phrase. Elle ne sonne pas le creux comme celle de Voiture. L'up et l'autre ont une délicatesse intime, mais la délicatesse de Voiture vient uniquement de l'esprit ; celle de Marivaux a sa source dans ces terrains vagues qui sont entre l'esprit et le cœur. ■
En résumé, les Lettres de Voiture méritent plus qu'une estime banale. Biles ne peuvent
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être oubliées dans aucune histoire de la littérature française. On est tenu d'expliquer au moins l'engouement des contemporains. Ils y ont vu le premier modèle de la prose enjouée, une fine ironie, une grâce coquette, un badinage de bonne compagnie tout nouveau par la forme et parle ton, quelquefois un naturel parfait, et alors Voiture est un excellent écrivain. Ils y virent aussi sans doute une utile réaction contre le genre ennuyeux si cultivé au xvie siècle.
VOITUBÉE s. f. (voi-tu-ré — rad. voilure). Personnes qui sont ensemble dans une voiture : Et moi d'engager ta voiturêe de donner pour boire au cocher en arrivant. (G. Sand.)
. VOITURER v. a. ou tr. (voi-tu-ré — rad. voiture). Transporter, en parlant des voyageurs et des marchandises : Voiturek par terre, par eau, par charroi, à dos de mulet. Les aunes, les peupliers, les saules sont plus faciles à voitureÊçue tes arbres dont le bois serai/ plus pesant et plus dur. (Huff.) il Mener dans sa voiture : Voulez-vous bien me voiturer jusque chez moi?
— Par ext. Transporter d'un lieu dans un autre, d'une place à une autre : Une de ses mains est posée sur la table; l'autre voiture à sa bouche de petits morceaux élégamment coupés. (Brill.-Sav.) Par la télégraphie, la foudre asservie voitore les messages de l'homme. (Toussenel.)
Nous vous voiturerons par l'air en Amérique.
VOITURIER, 1ÈRE adj. (voi-tu-rié, iè-re — rad. voiture). Qui se rapporte au transport par voitures : Les opérations industrielles, agricoles, extractives, voituriéres. (Proudh.)
— s. m> Ouvrier qui conduit une voiture de transport; industriel qui aune entreprise de transport par voitures : Si le voiturier peut et doit être dit producteur, le commerçant l'est également. (Proudh.)
— Encycl. Sous le nom de voiturier, on comprend non-seulement les rouiiers et les bateliers, mais encore les messagers, les maîtres de coche , les maîtres de poste , les loueurs de voitures, etc. Le voiturier est donc la personne qui se charge du transport des personnes et des marchandises par terre ou par eau.
Nous n'avons point a répéter ce que nous avons dit déjà à notre mot transfort et à plusieurs autres endroits; mais nous ne pouvons nous dispenser de dire quelques mots sur la législation qui régit les voituriers.
Le voiturier est responsable des voyageurs et de?s marchandises, ainsi que des avaries et des pertes. Il est tenu d'avoir un livre sur lequel il doit inscrire la nature et même la valeur des-marchantlises qui lui sont confiées. En outre, il doit être porteur d'une lettre de voiture datée.
Le voiturier, est de plus garant du transport dans le délai déterminé, à moins qu'une force majeure n'ait occasionné le retard".
Le voiturier et le commissionnaire en marchandises, quand on ne s'est pas adressé directement au voiturier pour le transport, ont les mêmes devoirs ; la garantie à laquelle ils sofit astreints est la même.
Les articles 1782, 1783, 1784, 1785, 1786 du code civil , 96 et 108 du code de commerce contiennent les dispositions générales qui dominent toute la matière.
Le vol par un voiturier des choses qui lui ont été confiées est puni de la réclusion. Dans le cas où l'un d'eux aurait falsifié les marchandises, il peut être condamné à l'emprisonnement variant entre un mois et une année, et à, la réclusion si l'altération a eu heu par le mélange de matières malfaisantes.
Le voiturier est un du ces anciens types qui se perdent tous les jours, emportés pur une nouvelle civilisation. Les commissionnaires de roulage, les rouiiers, les charretiers, les conducteurs, les postillons, supplantés par les conducteurs de locomotive, les chefs de gares, etc., ne subsistent plus guère, comme les maîtres de postes, que dans les petites villes provinciales n'ayant pas encore pu obtenir, malgré leurs réclamations, de posséder un chemin de fer.
VÛITURIN s. m. (voi-tu-rain — ital. vetturino; de vettura, voiture). Nom que l'on donne aux cochers de voilures de louage en Italie : Le voiturin chante, avec accompagnement de grelots et de coups de fouet, une délicieuse chanson du pays. (Th. Gaut.) tl Voiture conduite par un de ces cochers : Louer un VOITURIN.
VOÏVODE S. IH. V. VAYVODE.
VOÏVODIE s. f. V. VAYV0DIE.
VOIS s. f. (voi — lat. vox, mot qui représente exactement le sanscrit vaeh, voix, de la racine vach, énoncer, parler, d'où aussi le sanscrit vachas, mot, chant, vachjam, vackanam, discours. Cette racine est aussi conservée dans le latin vocare, appeler, invitare, inviter, conviiium, injure; l'ancien haut allemand wahan, guwahnian, raconter, gimakt, mention ; l'ancien prussien enwac/cemai, nous invoquons, serbe vilcali, vociférer). Sons formés par l'air qui sort des poumons et de la bouche de l'homme; faculté d'émettre ces sons ; Voix forte, puissante, sonore. Voix faible, grêle, mourante. Voix haute, grave, aiguë. Parler à haute voix, à voix basse. Faire
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entendre sa voix. Perdre la voix. Manquer de voix. La voix change dans les hommes à l'âge de puberté. {Buff.'j L'homme a trois sortes de voix, savoir : la votx parlante ou articulée, la voix chantante ou mélodieuse, et la voix pathétique ou accentuée, qui sert de tangage aux passions et qui anime le chant et la parole. (J.-J. Rouss.) En Angleterre, les femmes ne se mêlent jamais aux entretiens à voix haute. (M"" de Staël.) Ecrire au crayon, c'est comme parlera voix basse. (M™e Swetchine.) L'âme peut passer tout entière dans la voix aussi bien que dans le regard. (Lamart.) tl Se dit particulièrement de&.sons émis en chantant et de ta faculté de les émettre : Ce chanteur a une belle voix, manque de voix, gouverne bien sa voix. Les gens qui ont la voix fausse n'entendent pas également bien des deux oreilles. (Buff.) '
— Sons émis par les poumons et modifiés par la bouche des animaux : La voix des oiseaux. La voix du rossignol. La voix du cheval, du chien, du loup. La voix des fauvettes* est facile, pure, légère. (Buff.) La chèvre a quelque chose de tremblant et de sauvage dans la voix. (Chateaub.) Le pinson remplit l'air de sa voix éclatante.
SllCHAUD.
A ces mots, le corbeau ne se sent pas de joie,
Et pour montrer sa belle rote.
Il ouvre un large beo, laisse tomber sa proie.
La Fontaine.
— Son, bruit quelconque : La voix du tonnerre, des flots, des vents, des forêts. Les pins, traversés par la brise, chaulent d'une façon plaintive, mais avec une voix iiea plus douce et plus harmonieuse que les autres arbres. (H. Taine.)
Les cloches dans les airs, de leurs voix argentines. Appelaient à grand bruit les chantres a matines.
Boilëau.
— Par ext. Parole, discours, langage : l>.a voix de Fénelon n'est ni voix d'homme ni voix de femme; mais, comme la voix de la sagesse, elle n'a pas de sexe. (J. Joubert.) Quand la voix d'un ennemi accuse, le silence d'un ami condamne. (Latena.)
Heureux qui dans ses vers sait, d'une voix légère, Passer du grave au doux, du plaisant au sévère,
Boilcau.
Il Conseils, avertissements : Ecouter la voix
d'un ami. Etre docile à la voix de ses parents. t
Pourquoi, sourd à la noix d'une mère immortelle, , Et d'un père éperdu négligeant les avis,
Vais-je chercher la mort tant promise a leur (Us? i
Racine. |
— Vota, suffrage : Mecueillir les voix. Don- ■ ner sa voix à quelqu'un. Aller aux voix. Les I voix sont partagées. Mettre une proposition '. aux voix. !
— Fig. Opinion, sentiment : Le Cid n'a eu j qu'une voix pour lui à sa naissance, qui a été j celle de l'admiration. (La Brny,) Il Influence, ! autorité, crédit : Les peuples gvi n'ont plus de j voix n'en ont pas moins de la mémoire. (B. Ûonst.) De plus en plus les intérêts obtiennent dans la direction de ce monde une voix prépondérante. (Renan.) Il Moyen de se manifester; impulsion qui porte vers, un but» au qui en détourne ; La voix de la conscience. La voix de la justice, de l'honneur, de la vérité. Etouffer la voix du. sang. La voix de la nature est le meilleur conseil que doive écouter un bon père'pour bien remplir ses devoirs. (J.-J. Rouss.) Dans l'ame de tous- les hommes opprimés t il y a une voix sourde qui parle de liberté. (Jouifrdy.) La voix delà nature n'est pas toujours une bonne conseillère. (J. Joubert.) Dans une lutte désespérée, la voix de l'honneur, gui conseille de résister le plus longtemps possible, est toujours bonne à écouter, (Thiers.) La voix du peuple est la loi du pouvoir, en attendant quelle devienne la voix de ta liberté. (Proudh.) La nécessité parle, il faut suivre sa voix.
Delatoucke.
— Vota: de la Renommée, Voix publique, Bruit public : J'ai appris cet événement par la voix de l\ Renommée, il Voix publique, Signilie aussi Opinion, jugement du peuple : Le secret de régner, c'est d'écouter sans cesse celte voix publique qu'on ne méprise pas impunément. (E. l.aboulaye.)
— Poétiq. Déesse aux cent voix, Renommée :
La Déesse aux cent voix ne parle d'autre chose.
La Pontaike.
— De vive voix, En pariant, et non par écrit ou autrement : Donner ses instructions DE vive voix.
— Tout d'une voix, A l'unanimité des suffrages : Me voilà enfin votre confrère dans cette Académie française où ils m'ont élu tout d'une voix. (Volt.)
-- Avoir voix au chapitre, Avoir du crédit, de l'autorité, être écouté : Je me" tais, car je ji'ai pas voix au chapitre.
— Atioir des larmes dans la voix, Parler d'un ton douloureusement ému, attendri.
— Etre en voix , Etre bien disposé pour chanter, avoir accidentellement la voix pure et sonore : Je ne SUIS pas en voix aujourd'hui. (Scribe.)
— Elever la voix, Parler ou chanter pLus haut, et fig: Manifester ses sentiments, dire sa pensée; prendre la parole ; Sous le règnede Louis Xi V, Fénelon seul a osé élever la
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voix. (Mme de Staël.) Est-ceau moment où le critique élève la voix pour parler de haut, qu'il lui est permis de détonner ? (Ste-Beuve,)
— Elever la voix pour, en faveur de, Embrasser hautement les intérêts de : On ne peut trop élever la voix EN kaveur dk l'innocence opprimée. [V oh.) i ,
— Forcer sa voix, L'enfler, tâcher de lui donner plus de force ou d'étendue qu'elle n'en a naturellement : Un chanteur qui force sa voix n'aura bientôt plus de voix.
-** Grossir, sa vois, faire la grosse voix, L'érrfier, la rendre forte ou grave pour effrayé* quelqu'un : Faire la grosse voiX-auœ enfants est un moyen de répression fort usité et fort inutile. Là l là! ne vous presses pas tant de grossir votre voix : qui sait ce que vous serez demain ? (Th. Leeleroq.) Je fais la grosse voix; les gros yeux, enfin comme Sous des dehors mielleux se cache un faux bon*
[bomme, Je suis un faux méchant sous mon masque trompeur.
Dumanoir. ,
— Mus. Chanteur : H y a trop peu de voix dans ce chœur. L'Opéra possède de belles voix de ténor. || Partie dans un morceau qui en a plusieurs devant être chantées chacune par une seule personne : Morceau. à deux, à ■trois, à quatre voix, 4 trais voix égales, a
Voix principale, Celle des parties d'un morceau qui en exprime latnieux le caractère. Il ' Vota: extérieures, Parties les plus aigutis et les plus basses d'un morceau. Il Voix humaine. Jeu d'orgue imitant une personne qui chante. Il Voù: angélique, Jeu semblable à la vow humaine, niais d'une octave en dessus. Il Voix cuivrée, Voix éclatante et dont le timbre rappelle celui des instruments de cuivre. Il Voix fêlée. Voix irréguliere, formée de plusieurs sons simultanés oa successifs discordants.. Il Voi'a: trlatifhe,' Voix de ténor claire, nette, mais dépourvue de ''timbre 61 de mordunt, g Voi* de poitrine, Celle qu'on fait entendre dons le registre naturel de sa voix. Il Voix de tête. Celle qu'on fait entendre hors du registre de. sa voix, en imitant par artifice la voix de femme ou d'enfant.
— Pathol. Voia: croupale, Son particulier et caractéristique que prend la voix des personnes atteintes du croup. Il Voix soufflée, Voix thoracique produite par un souffle bronchique ou caverneux, il Voix chevrotante. Sorte de voix tremblante appelée aussi Èoo- PHONIK. Il Voix convulsive, Voix pénible, saccadée, discordante.
— Ane. coût. Prendre la voix du roi, Faire une proclamation au nom dit roi.
— Chnsse. Donner de la voix, Aboyer, et fig. Clabauder, faire grand bruit :
Que me font, après tout, les vulgaires abois De tous les charlatans qui donnent de la voix ?
A, BAtUiiEn.
— Gramm. Voyeile; son figuré par une voyelle : Voix simple. Voix nasale. Voix articulée, inarticulée. La voix aseformeen ouvrant fort la bouche. (Noël.) Des deux voix qui forment la diphthongue, la première , la plus faible, est appelée smis-dominante, la seconde, paraissant déterminer le son, reçoit le nom de dominante. (J ubin.) Il Formes du verbe propres à exprimer certaines relations de l'action avec le sujet ou avec le complément: Les langues a fi icaines sont extrêmement riches sous te rapport des voix dt< verbe. (A. Maury.J 11 Voix active ou objective, Celle dans laquelle l'action est faite pur le sujet, comme dans les verbes j'aime, je dors, etc. Il Voix passive ou subjective, Celle qui exprime une action reçue par le sujet, comme dans je sais
i aimé, etc. Il Voix moyenne, Celle è^ui exprime I une action faite et reçue par le sujet, comme ■ dans le gr«c touomai, je me lave,'etc; Toutefois cette forme grecque a très-souvent le sens de la voix active.
— Politiq. Voix active, Droit d'élire. Il Voix passive, Capacité pour être élu : En France la voix passive, aussi bien que la voix active, appartien: à tous les citoyens.
— Monnaie. Son que rendent les espèces quand on les jeûe sur le tas, et qui sert à faire apprécier leur qualité.
— Encycl. Physiol. La voix est produite par un appareil particulier, dit appareil do phonation, et dont les organes essentiels sont : 10 le larynx, qui est le générateur du son ; 2» le poumon et la trochee-artere , qui constituent le soufflet et la porte-vent; 3° le pharynx, la bouche et les fosses nasales, qui constituent le tuyau vocal.
L'élément le plus important de la voix est le son, qui est produit par l'air traversant la .glotte. Un son peut être fort ou faible, élevé ou bas et enfin résonner d'une-ceriaine' manière, en sorte que le son d'une ttùte île ressemble pas à celui d'un violon, ni celui d'un violon à celui d'un piano. Le son a ainsi trois qualités : l'intensité, la hauteur et le timbre. La glotte est le lieu de production du son de la voix humaine. C'est la vibration des rubans vocaux ne la glotte, à la manière des instruments à anche, .qui détermine le phénomène en question. Les tons de la uoia: dépendent de la tension variée des rubuns vocaux et de l'étendue variée de leur portion vibrante. Ils dépendent aussi d'une troisième condition, peu étudiée jusqu'ici, à Bavoir> les changements de volume et de densité qu'eu-
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traîne dans les rubans vocaux la contraction des muscles placés dans leur épaisseur.
Les cordes vocales inférieures engendrent ninsi par leurs vibrations, instinctivement et harmoniquement combinées , les différents tous de la voix. Mais quelle est d'une manière précise la partie vibrante initiale? Est-ce toute l'épaisseur de la corde vocale, c'est-àdire la muqueuse, les ligaments thyréo-aryténoïdiens et le muscle du même nom, ou bien est-ce seulement la plus superficielle de ces parties, la muqueuse? Les recherches de M. Fournie (1866) tendent à établir que c'est seulement la muqueuse.
Lorsqu'une ouverture a été pratiquée sur la trachée-artère, au-dessous du larynx, et que l'air ne sort pfùs par le larynx, il en résulte l'aphonie. Dans toutes les lésions qui portent au-dessus du larynx, la voix n'est pas détruite. Ces faits prouvent que la voix a bien son siège dans le larynx. Néanmoins, les parties qui surmontent la glotte ne restent pas étrangères à la production de la voix. Elles la renforcent et concourent à lui donner le timbre qui la caractérise.
Chez l'homme qui parle, une grande quantité de parties entrent en vibration à I unisson du son produit par lu glotte. Non-seulement le pharynx , les fosses nasales, la bouche , mais encore la poitrine et jusqu'aux corps solides sur lesquels repose l'homme, entrent en vibration. Le timbre de la voix résulte de tous ces facteurs, dont il est important d'assigner le rôle précis. La voix du vieillard n'est pas celle de l'adulte. Le développement du larynx et les modifications qu'il subit avec l'âge portent sur la nature des cartilages, qui deviennent moins élastiques et subissent une ossification partielle Les modifications moins profondes, mais si variées, si multiples et si délicates, à l'aide desquelles nous distinguons souvent, sans les voir, les personnes qui nous sont connues, tiennent à des conditions très-complexes, liées à la conformation individuelle du larynx, de la bouche, des fosses nasales et de leurs sinus.
Les rubans vocaux supérieurs du larynx ne sont point nécessaires à ia phonation. Les ventricules du larynx sont, comme toutes les cavités que traverse le son avant de sortir au dehors, destinés à renforcer la voix. Quant à l'épigiotte, elle semble agir à la manière des couvercles élastiques qu'on place audessus des anches dans les tuyaux d'orgue, couvercles qui ont la propriété de rendre le son tremblé sans en changer la hauteur.
Lorsque l'homme parle, c'eSt-à-dire lorsqu'il se sert de la voix articulée, le registre ues sons qu'il emploie est peu varié et ne dépasse pas une demi-octave. Quand il chante, sa voix parcourt-une échelle bien plus étendue. Une bonne voix moyenne est ordinairement de deux octaves à deux octaves et demie. Mais chaque chanteur ne possède qu'un certain nombre de notes en rapport aveu l'organisation de son larynx et qui correspondent aux diverses voix de basse-taille, de baryton, de ténor, d'alto et de soprano. Le son le plus bas de l'échelle des tous de la voix humaine correspond à 160 vibrations par seconde, le plus élevé correspond à 2,048 vibrations. La voix de basse-taille, celle de baryton et celle de ténor appartiennent surtout à l'homme, celles d'alto, de contralto, de mezzo-soprano et de soprano à la femme. Pourtant la castration peut, donner à l'homme une voix de femme, et on rencontre des femmes qui ont une voix de ténor. La voix d'une femme, ce.le d'un enfant et celle d'un adulte présentent des différences manifestes, dues à la nature différente des pièces vibrantes du larynx et à la dimension variée des cordes vocales.
Arrivons maintenant à l'explication de ces expressions : voix de poitrine, voix de fausset, voix claire, voix sombrée. Dans la voix sombrée et dans la voix claire, les changements sont dus au tu; au vocal (pharynx, bouche, fosses nasales), dont la paroi s'altère dans les maladies ou dont on modifie la forme au moyen d'efforts particuliers. La voix de poitrine est cette voix à timbre plein et- sonore, accompagnée d'un frémissement vibratoire de la cage thoraoique, qu'on sent parfaitement en appliquant la main sur la poitrine. La voix de fausset est caractérisée par un son doux et ilûté. Elle met le larynx en possession d'un registre de notes moins éteudu que celui delà voix de poitrine, mais pouvant monter où la voix de poitrine ne peut atteindre. Lorsqu'on observe à l'aide du laryngoscope une personne qui émet un son dans le registre de poitrine, on voit vibrer la corde vocale inférieure dans une certaine portion de sa longueur. Si la personne passe au registre de fausset en continuant a émettre ia même note, on voit : 1° les rubans vocaux s'écarter l'un de l'autre, de manière que la fente linéaire de la glotte est remplacée par une ouverture ovalaire; 2° diminuer la longueur de la portion vibrante des rubans vocaux,
La voix a quelquefois le timbre dit nasonnë. Cela se produit de deux manières : ou bien le son s'échappe par les fosses nasales, tandis que la bouche est fermée; ou bien le son s'échappe par la bouche, tandis que les fosses nasales sont oblitérées. C'est le retentissement de l'air dans les fosses nasales qui détermine le timbre du nusoucement. Le chaut peut se produire en timbre clair ou en timbre sombré. Les Français ne chantent
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guère que dans le premier, qui est le timbre normal. Les causes du timbre sombré, qui donne tant de charme à la voix de quelques chanteurs italiens, sont à peu près inconnues. Dans le timbre sombré, le larynx est trèsabaissé ; le pharynx a, par conséquent, toute sa capacité, et au moment de l'émission de la eot'T, le voile du palais se rapproche légèrement de la base de la langue, de manière que le son, tout en s'échappant par la bouche, va résonner dans la partie supérieure du pharynx, sous la voûte basilaire.
Nous ne répéterons pas ici les remarques que nous avons faites dans notre article émission de la voix, et qui intéressent surtout les chanteurs de théâtre.
Lorsque l'homme porte ses lèvres en avant et les contracte de manière à conserver entre elles une ouverture arrondie, il peut siffler et produire des sons de hauteur diverse et des airs variés. Les lèvres font ici l'office de glotte, car l'air y arrive non résonnant. Ainsi disposées, les lèvres constituent une véritable glotte labiale. Dans le sifflement, le son est plutôt produit par l'écoulement de l'air à travers l'ouverture circonscrite par les lèvres que par une vibration réelle de celles-ci. Elles agissent non comme une anche membraneuse, mais comme formant l'ouverture d'un instrument à vent. Le plus ordinairement, la voix se fait entendre au moment de l'expiration. Le son produit par les lèvres de la glotte traverse les parties supérieures du tuyau vocal, où il prend le timbre qui caractérise la voix, ou bien il devient articulé et donne naissance à la parole. C'est seulement dans les mouvements convulsifs des muscles respiratoires, tels que le rire, le sanglot, le hoquet, etc., que les sons se produisent pendant l'inspiration.
Tel est l'ensemble des données positives qui constituent la théorie de la phonation. C'est un des chapitres les plus difficiles et les plus délicats de la physiologie.il y reste encore bien des obscurités, et cependant les savants les plus éminents en ont fait l'objet de minutieuses et longues recherches. l)odart, Jean Millier, Savart, Longet, Merkel et d'autres y ont attaché leur nom. De nos jours, Segond, Battaille , tous deux chanteurs et physiologistes, Edouard Fournie, etc., y ont consacré un grand nombre d'observations et d'expériences, auxquelles ou doit les plus importantes des vérités que nous avons exposées.
— Pathol. Altération de la voix. La voix et la parole présentent divers troubles et altérations, par suite de la lésion des organes qjii les forment ou par l'effet d'une modification morbide de l'appareil central de l'innervation. La voix devient convulsive, discordante dans plusieurs maladies cérébrales, dans le délire et surtout dans les accès hystériques. Elle est sibileuse et en fausset chez les individus atteints de tétanos. La faiblesse de la voix s'observe dans les affections des organes vocaux et respiratoires, à cause de la gêne et de la douleur qu'occasionne l'exercice de la phonation, et en général dans toutes les maladies aiguës et chroniques à leur dernière période, alors que tous les organes locomoteurs sont frappés d'une prostration ou d'une faiblesse que partagent nécessairement les appareils musculaires de la phonation et de la respiration. L'aphonie est la disparition complète de \avoix. On l'observe dans un certain nombre de maladies (v. aphonie). L'absence de voix articulée ou de langage (mutisme) ne s'observe que dans certains cas, par suite de l'imperfection congéuitale du cerveau ou à cause de la surdité de naissance, qui s'oppose à l'imitation, des sons non entendus. Quant aux altérations de la voix, telles que bégayement, bredouillement, balbutiement, grasseyement, blésité (substitution d'une lettre à une autre), il en a été traité à part.
Il nous reste, pour terminer cet article, à parler de la voix considérée dans la série animale et à dire quelques mots des maladies de la voix.
Les mammifères, les oiseaux, quelques reptiles ont un larynx disposé pour la production des sons; les poissons et les invertébrés n'ont pas de larynx et, par suite, pas de voix. La voix des mammifères sera traitée à part, comme rentrant dans le cadre de l'art vétérinaire. Chez les oiseaux, qui ont deux larynx, la voix est très-étendue- et susceptible de modulations très-variées. Parmi les reptiles, quelques-uns ont une véritable voix. Les grenouilles et les crapauds font entendre ce qu'on appelle le coassement, qui est une sorte de bruit, sourd. Les grenouilles mâles possèdent de chaque côté du cou, sous l'oreille, un appareil de renforcement, consistant en une poche membraneuse, élastique, qui s'ouvre dans la bouche, sur les côtés de la langue et qui se gonfle quand l'animal coasse.
Les insectes, qui respirent par des trachées, n'ont rien qui ressemble à un larynx. Le bruit qu'ils produisent résulte tantôt du frottement de leurs cuisses dentelées contre le bord externe de leurs élytres, tantôt du frottement contre les anneaux de leur abdomen, tantôt du frottement des élytres entre eux ou des anneaux du thorax entre eux. Chez les cigales, le bruit est déterminé par une suite d'oscillations d'une petite membrane sèche située sur les côtés du corps, os-
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dilations produites à l'aide de muscles particuliers.
— Art vétér. Chez nos animaux domestiques, la voix présente des modifications nombreuses, dont les causes tiennent à la fois à la conformation du larynx et à la disposition des cavités situées au-dessus de laglotte. Ces modifications, dont les causes tiennent aussi à la manière suivant laquelle l'appareil vocal est mis en jeu, varient non -seulement d'espèce à espèce, mais encore d'individu à individu et d'un sexe à l'autre. Ainsi, le volume du larynx a une grande influence sur les sons et la force de la voix. Chez les grands animaux, la voix est plus forte et plus grave que chez les petits. Cette différence est frappante quand on compare des espèces de haute stature avec les petites espèces du môme genre, le lion et le chat, par exemple; ou de très-jeunes sujets avec des sujets arrivés h, l'âge adulte. En effet, la voix devient plus forte et plus grave a mesure que les animaux arrivent plus près du terme de leur accroissement et, par conséquent, à mesure que leur appareil vocal augmente de volume. L'organisation propre a chaque espèce entraîne, à elle seule, des différences bien caractérisées ; on en compte un grand nombre : le hennissement du cheval, le braiment de l'âne, le beuglement ou le mugissement du bœuf, le grognement du porc, l'aboiement du chien, le hurlement du loup, le rugissement du lion, le miaulement du chat, etc. Le sexe, l'état de l'appareil reproducteur en déterminent aussi quelquesunes, en général moins sensibles dans les animaux que dans l'espèce humaine. La différence est très-faible, en effet, entre le mugissement du taureau et celui de -la vache, entre le grognement de la truie et celui du verrat, de même qu'entre la voix du chien et de la chienne, du chat et de la chatte, etc. ; la différence n'est pas aussi marquée entre la voix du bœuf et celle du taureau qu'entre la voix de l'homme et celle de l'eunuque. Cependant, le contraste est frappant chez quelques animaux : le cheval hongre et la jument ne hennissent plus guère, tandis que l'âne et le mulet qui jont été mutilés continuent à braire,
Lessolipèdes, dont l'organisation est si remarquablement uniforme, sont loin d'avoir une voix et un larynx semblables pour tous. Le hennissement du cheval consiste en une succession de sons saccadés, d'abord trèsaigus, puis graduellement plus graves, mais toujours très-purs et d'un éclac remarquable. Le hennissement est propre au cheval entier ; le cheval hongre et la j ument ne hennissent pas, si ce n'est très-rarement; alors la voix que ces derniers font entendre diffère assez notablement de celle qui appartient à l'animal entier; elle est plus .brève, plus aiguë et moins éclatante que cette dernière. Le cheval a encore un cri aigu , parfois assez prolongé, mais ordinairement très-court , qu'il fait entendre lorsqu'on le maltraite ou lorsqu'il subit une opération douloureuse. Chez l'âne, la voix ou le braiment diffère essentiellement du hennissement du cheval. Le braiment consiste eu une succession de sons aigus, alternant régulièrement avec des sons très-graves, sur une même octave. On a remarqué que les premiers se forment dans l'inspiration et les seconds dans l'expiration. La voix de l'àile n'offre pas de variétés remarquables; celle de l'ânesse, suivant l'observation de Buffon, est plus claire et plus perçante, et celle de l'âne hongre plus basse que la voix du mâle entier. Quant au mulet, il a une sorte de braiment sonore, mais court. La voix du bardot se rapproche, au contraire, du hennissement.
La voix du cheval se fait entendre dans les maladies aiguës, et notamment dans celles qui affectent les organes respiratoires. Cependant, dans le début d'une maladie trèsredoutable et trop fréquemment mortelle, la lièvre charbonneuse, le cheval entier fait entendre de très-fréquents hennissements.
Le cheval et la jument hennissent quelquefois lors du début et pendant le cours de la rago. Dans ce cas, le hennissement du cheval est altéré et cassé. Cette altération du timbre de la voix est également sensible chez la jument enragée. Pendant les douleurs provoquées par certaines opérations, les chevaux et les juments surtout font souvent entendre un cri perçant, mais bref. Durant le cours des maladies aiguës du pharynx, et surtout du larynx, le hennissemeiit est court, enroué ou voilé. Dans les affections chroniques, et principalement dans celles qui ont amené une altération des cordes vocales et un rétrécissement plus ou inoins marqué de la glotte, la voix du cheval n'est plus aussi pure et parait être nasillée. Ce timbre particulier, ou le constate fréquemment dans la cornage. Il est d'autant plus marqué que le cornage est plus ancien. Le nasillement est toujours très-fort lorsque le cornage a son lieu d'origine dans les cavités nasales et qu'il resuite d un rétrécissement de ces cavités. La voix de l'âne, du mulet et du bardot ne se fait que rarement entendre dans le cours des maladies ; le braiment de l'âne annonce toujours la convalescence. Dans le début des maladies des voies respiratoires, l'âne cherche quelquefois à braire, mais les secousses imprimées dans les appareils de la respira-
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tion occasionnant de la douleur, le braiment est aussitôt interrompu.
Dans l'espèce bovine, la voix du taureau con.-iste tantôt en une série continue de notes basses et rudes; d'autres fois, au contraire, le mugissement commence par une note très-haute, qui passe progressivement au médium. Dans l'un comme dans l'autre cas, la voix s'opère exclusivement pendant l'expiration. Le beuglement de la vache consiste en un cri prolongé occupant le médium et se produisant, comme chez le taureau, pendant l'expiration, mais avec élévation de la tète et ouverture de la cavité buccale. Celui du veau est plus faible et un peu plus grave. Le gros bétail manifeste presque toujours le besoin de manger par des beuglements fréquents. Les vaches nourrices en font surtout entendre lorsqu'elles sont séparées de leur veau. A l'état pathologique, les taureaux et les vaches font, dans quelques cas, entendre des mugissements réitérés dans le début de la lièvre charbonneuse. La rage est aussi fort souvent annoncée par des beuglements brefs et cassés.
Chez le mouton et chez la chèvre , la voix consiste en un bêlement, presque toujours trembloté et sur le même ton. Ce bêlement est grave et bref chez les béliers ; il est aigu chez les agneaux. Les mâles châtrés ne bêlent que très-rarement. La bète à laine ne bêle point lorsqu'elle est malade, si ce n'est à l'approche du début et pendant le cours de la rage. Ce bêlement alors est toujours brefj rauque, bas et semble presque étouffé.
La voix du porc, si remarquable par son timbre et le contraste qui existe entre les sons graves et les sons aigus dont elle résulte, est en rapport avec une organisation tout à fait exceptionnelle de l'appareil laryngien (v. larynx). Le grognement du porc présente plusieurs variétés : il est sourd et répété à de courts intervalles lorsque l'animal est inquiet; il s'élève un peu lorsqu'il est pourchassé; il devient aigu quand il a faim ou qu'il reçoit un coup de pied ; très-aigu au moment où on le saigne. Les sons du grognement sourd sont trop graves pour être parfaitement exprimés par des notes musicales, mais ceux de la voix aiguë pourraient sans doute être notés facilement. Le porc grogne fréquemment lorsqu'il est malade. Ce grognement est presque continuel, sourd et rauque dans le début et le cours de ta rage. Dans 1 angine diphthérique, la voix perçante du porc prend un timbre particulier; elle est rauque et nasillée. Elle offre ce même timbre dans le début du charbon à la gorge. Elle est rauque et étouffée dans l'inflammation rapide et gangreneuse des amygdales et du voile du palais,
La «oiai du chien présente deux états particuliers. L'aboiement consiste en un cri articulé et bref, s'opérant pendant l'expiration et avec ouverture plus ou moins considérable de la gueule, et dont le timbre est variable selon les races et la taille. Le chien aboie fréquemment pendant la nuit, lorsqu'il veille ou qu'il est excité au combat. Sa voix prend alors un timbre animé, et l'aboiement se succède avec rapidité. Des cris prolongés, aigus et déchirants annoncent toujours une vive douleur. Le hurlement constitue un cri prolongé, commençant souvent par quelques aboiements qui se rapprochent et ne forment bientôt plus qu'un cri sourd, continu, prolongé et s'éteignant peu à peu. Ce hurlement sinistre, le chien le fait entendre pendant la nuit, lorsqu'il est inquiet et s'ennuie. U ne faut pas le confondre avec l'aboiement rau-» que et cassé qui annonce le début de la rage. Le chien aboie rarement lorsqu'il est malade et sans inquiétude. Dans les vives douleurs intestinales que ressentent les jeunes chiens affectés d'invagination des intestins, ils font cependant souvent entendre de petits cris plaintifs. Lors du début de la rage, la voix du chien prend un timbre caractéristique. Cette voix n'est ni l'aboiement, ni le hurlement ordinaire, c'est un cri rauque, cassé, étranglé, tenant tout à la fois de l'aboiement et du hurlement. Ce cri sinistre, le chien le fait entendre de temps en temps et le réitère deux et trois fois de suite, soit pendant la jour, soit pendant la nuit, et sans qu'aucune cause appréciable en provoque la manifestation. Il suffit d'avoir entendu une seule fois cet aboiement cassé pour le reconnaître toujours et pour ne jamais le confondre uvec le hurlement du chien en bonne santé. L'aboiement <lu chien enragé, lorsqu'il est provoqué, est sourd, rauque et étouffe; il ne paraît s'opérer que dans le fond de la gorge. Ce timbre particulier de la voix du chien enragé est produit tout à la fois par une influence nerveuse anomale, par une inflammation plus ou moins vive du larynx et sans doute aussi par la difficulté qu'éprouve le chien de faire agir la mâchoire inférieure, qui, comme on Te sait, devient paralysée pendant la période d'augmentation de ta maladie. Chez les oiseaux de basse-cour, le chant du coq, ducauard, de l'oie est souvent enroué dans les phleginasies des organes respiratoires, et notamment du larynx, où la voix se produit.
— Gianim. • Le verbe attributif, dit Sylvestre de Sacy dans sa Grammaire générale, outre l'idée de l'existence avec relation à un attribut, renferme encore l'attribut. Cet attribut exprime toujours ou uno
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action ou une qualité. Dans l'attribut qui exprime l'idée d'une action, cette action peut être considérée par rapport au sujet qui agit et comme produite par lui, et alors l'attribut se nomme actif; ou par rapport à la chose sur laquelle tombe l'action et comme faite sur cette personne ou sur cette chose, abstraction faite de l'agent et de son concours, et alors l'attribut se nomme passif. Dans cet exemple : Je lirai ce livre, ce qui équivaut à Je serai lisant, l'attribut est actif; car lire est ici une action du sujet. Dans cet autre exemple : Ce livre sera lu, l'attribut est passif, car lire est ici une action dont le livre eçt l'objet et qui sera faite sur le lii're par un nutre agent. Si je dis : Ce livre vaut 6 francs, l'attribut est neutre, car vaut signifie est valant, et valant n'est ni actif ni passif. Des deux points de vue différents sous lesquels on peut envisager la même action naissent naturellement deux formes nommées voix, l'une active, l'autre passive. Les langues monosyllabiques, telles que le chinois, n'ont aucune flexion ni aucune forme pour exprimer les voix; l'actif et le passif ne diffèrent en chinois que par leur place ; quelquefois aussi le passif doit y être exprimé par un détour, par exemple : Voir protection, c'est-à-dire Etre protégé, Kianpao.
Les langues agglutinantes ont généralement un grand nombre de tioia:; le verbe turc, entre autres, est capable de produire' une foule de formations qui donnent à lu signification une relation transitive, passive, ^tc. Ces relations sont exprimées a l'aide de certaines syllabes interposées entre le radical et la terminaison du temps ou des personnes.
Ces syllabes pouvant être employées plusieurs à la fois, il en résulte des combinaisons très-nombreuses, qui peuvent être regardées comme formant de véritables toi*. Ce qu'on a coutume de regarder, en hébreu et dans quelques autres langues, comme différentes conjugaisons du même verbe est plutôt une suite de différentes voix. La raison en est que ce sont autant de suites différentes d'inflexions et de terminaisons verbales, entées sur un même radical et différenciées entre elles par la diversité des sens accessoires ajoutés k celui de l'idée radicale commune.
Outre la voix active et la voix passive, le sanscrit a aussi la vota; moyenne, peignant l'action réfléchie sur nous-mêmes ; ht voix causative, indiquant la cause efficiente ; les voix désidéralive et intensitive, inarquant le désir et l'insistance, gradations que les autres langues rendent généralement par des verbes dérivés.
Le verbe- grec a trois voix, Y actif, le moyen ou réfléchi et le passif, ce dernier presque identique au moyen, dont il ne s'écarte qu'au futur et à l'aoriste.
Les Latins ont la voix active et la eoïa; passive, aveu laquelle se confond la voix moyenne, aussi appelée chez eux déponente.
La plupart des langues modernes n'ont que la voix active, et, pour suppléer à la voix passive, elles ont recours k des périphrases composées d'un des temps du verbe être et du participe passé du verbe que l'on veut conjuguer ; quant à la voix réfléchie, el!e3 l'expriment en joignant le pronom réfléchi aux diverses formes de l'actif. La conjugaison du verbe gothique offre encore quelques traces d'une voix passive, qui ont complètement disparu dans les idiomes germaniques plus modernes.
— AUuB, littér. Le» realea d'une voix qui tomba et d une ardeur qui «'éteint, Mots par
lesquels Bossuet termine l'admirable péroraison de son oraison funèbre du prince de Condé : « Au lieu de déplorer la mort des autres, grand prince, dorénavant je veux apprendre de vous k rendre la mienne sainte. Heureux si, averti par ces cheveux blancs du compte que je dois rendre de mon administration, je réserve au troupeau que je dois nourrir de la parole de vie le» restes d'une voix gui tombe et d'une ardeur qui s'éteint. »
Les écrivains font soi.vent allusion k ces magnifiques paroles, qui portent l'âme à la réflexion et respirent une mélancolie grave et touchante.
> La langue française prit dans la bouche de Bossuet un accent qu'elle ne retrouva pas après lui ; mais il en reste un certain écho dans la voix des grands orateurs de la chaire qui lui succèdent sans l'égaler. Ce n'est pas en vain qu'on élève le diapason de l'éloquence d'un peuple. La voix s'éteint, l'orateur passe, mais le diapason reste. »
Lamartine.
• S'il plaît aux chefs quelconques de notre mobile gouvernement de me laisser devenir, comme tant de braves gens beaucoup moins sots qu'on ne le pense, un capitaine en cheveux blancs, je n'accuserai pas ma destinée. Je consacrerai avec bonheur k mou troupeau , pour parler comme un illustre prélat, les restes d'une ardeur prête à s'éteindre. >
P. de Molénbs.
• Personne n'a mieux accentué que Brous-
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sais une parole de dédain , personne n'a mieux fuit vibrer un sarcasme, dardé une invective. Un feu intérieur animait et colorait toutes ses paroles. Quand ce feu n'a plus rien eu k dévorer, Broussais a perdu toute sa force. Ses cours k la Faculté et ses leçons de phrénologte n'ont été que les restés d'une voix gui tombe et d'une ardeur gui s'éteint. ■